NOTE SUR LA PRÉSENTE ÉDITION

Cette édition a été réalisée avec la permission des Presses de l’Université Laval à partir de l’édition de 1961, par des bénévoles du Cercle latin de la Nouvelle-France. Certaines modifications mineures ont été apportées lorsque jugées nécessaires. Le corrigé des exercices a été réalisé à partir de l’édition américaine, mais adapté pour tenir compte des différences dans les exercices proposés par le traducteur Victor Coulombe. Le corrigé contient beaucoup de matériel nouveau, dont les réponses aux questions de récapitulation.

Le Cercle latin accorde la permission de reproduire ce livre à des fins personnelles ou éducatives, en conservant toutefois la mention de sa provenance accompagnée d’un hyperlien vers le site cerclelatin.org où se trouve l’édition électronique de cet ouvrage. Le lecteur est prié de signaler toute coquille ou erreur à l’adresse suivante: contact@cerclelatin.org ou dans le forum du site.

TOUTE REPRODUCTION À DES FINS COMMERCIALES EST ABSOLUMENT INTERDITE

TABLE DES MATIERES

Leçon 1 - Troisième personne du singulier du parfait actif de l’indicatif; le nominatif et l’accusatif singulier des trois premières déclinaisons

Leçon 2 - Troisième personne du pluriel du parfait actif de l’indicatif; accusatif pluriel des trois premières déclinaisons; propositions du style indirect introduites par quod

Leçon 3 - Ablatif singulier des trois premières déclinaisons; prépositions

Leçon 4 - Récapitulation

Leçon 5 - Ablatif pluriel des trois premières déclinaisons; il y a, plebs

Leçon 6 - Nominatif singulier et pluriel des trois premières déclinaisons

Leçon 7 - Accusatif et ablatif de la quatrième et de la cinquième déclinaison; adjectifs employés comme noms; ablatif sans préposition

Leçon 8 - Récapitulation

Leçon 9 - Nominatif de la quatrième et de la cinquième déclinaison; infinitif présent actif

Leçon 10 - Noms neutres des deuxième et troisième déclinaisons

Leçon 11 - Genres; accord des adjectifs de la classe de bonus; emploi de medius

Leçon 12 - Récapitulation

Leçon 13 - Déclinaison et accord des adjectifs de la troisième déclinaison; plus-que-parfait actif de l’indicatif; adjectifs employés comme noms

Leçon 14 - Indicatif parfait passif; participe passé passif; trois formes (temps primitifs) des verbes

Leçon 15 - Formes des verbes déjà appris; complément d’agent avec ab

Leçon 16 - Récapitulation

Leçon 17 - Ablatif absolu accompagné d’un participe passé passif

Leçon 18 - Génitif des cinq déclinaisons; participes employés comme noms

Leçon 19 - Ille au nominatif, à l’accusatif et à l’ablatif

Leçon 20 - Récapitulation; ordre des mots

Leçon 21 - Hic au nominatif, accusatif et ablatif; plus-que-parfait passif de l’indicatif; suus

Leçon 22 - Troisième personne du singulier de l’indicatif présent actif des quatre conjugaisons

Leçon 23 - Troisième personne du pluriel de l’indicatif présent actif des quatre conjugaisons; verbes en -iunt

Leçon 24 - Récapitulation

Leçon 25 - Is et idem au nominatif, accusatif et ablatif

Leçon 26 - Déclinaison et emploi de qui (trois cas)

Leçon 27 - Quidam, ipse et sui (trois cas)

Leçon 28 - Récapitulation

Leçon 29 - Troisième personne du singulier et du pluriel de l’indicatif présent passif; infinitif présent passif

Leçon 30 - Datif des cinq déclinaisons; mots "en sandwich"

Leçon 31 - Verbes déponents; aller en ville

Leçon 32 - Récapitulation

Leçon 33 - Imparfait actif de l’indicatif des quatre conjugaisons; emploi de l’imparfait

Leçon 34 - Imparfait passif de l’indicatif des quatre conjugaisons; génitif des pronoms

Leçon 35 - Formation et emploi du participe présent; ablatif absolu sans participe

Leçon 36 - Récapitulation

Leçon 37 - Futur de l’indicatif actif et passif des quatre conjugaisons

Leçon 38 - Quis interrogatif au nominatif, au génitif, à l’accusatif et à l’ablatif; infinitif parfait

Leçon 39 - Proposition infinitive en style indirect

Leçon 40 - Récapitulation; ordre des mots

Leçon 41 - Imparfait actif du subjonctif; propositions finales

Leçon 42 - imparfait passif du subjonctif; datif des pronoms; neuf adjectifs irréguliers

Leçon 43 - Plus-que-parfait actif du subjonctif; propositions introduites par cum; emploi des temps au subjonctif

Leçon 44 - Récapitulation

Leçon 45 - Plus-que-parfait passif du subjonctif; propositions indiquant un résultat (consécutives); noms indéclinables

Leçon 46 - Subjonctif présent actif et passif; emploi des temps au subjonctif; subjonctif exprimant l’ordre et la défense; interrogation indirecte

Leçon 47 - Aperçu des première et deuxième personnes des verbes actifs; première et deuxième personnes du présent et de l’imparfait du subjonctif à la voix active

Leçon 48 - Récapitulation

Leçon 49 - Première et deuxième personnes de l’indicatif imparfait actif; tu, tuus

Leçon 50 - Première et deuxième personnes de l’indicatif parfait actif; nos, noster

Leçon 51 - Première et deuxième personnes de l’indicatif présent actif; ego, meus

Leçon 52 - Récapitulation

Leçon 53 - Première et deuxième personnes de l’indicatif futur actif; impératif actif

Leçon 54 - Première et deuxième personnes de velle, nolle, ire

Leçon 55 - Révision des formes actives de la première et de la deuxième personne

Leçon 56 - Première et deuxième personnes de esse, posse, ferre

Leçon 57 - Première et deuxième personnes du parfait passif; subjonctif, parfait et futur antérieur de l’indicatif, a la voix passive

Leçon 58 - Aperçu de la première et de la deuxième personne des temps simples, à la voix passive; première et deuxième personnes du présent et de l’imparfait du subjonctif

Leçon 59 - Récapitulation

Leçon 60 - Première et deuxième personnes de l’indicatif imparfait passif, aliquis, aliqui, -que

Leçon 61 - Première et deuxième personnes de l’indicatif présent passif; les indéfinis quis et qui

Leçon 62 - Première et deuxième personnes de l’indicatif futur passif; le vocatif

Leçon 63 - Révision des formes passives

Leçon 64 - Futur antérieur de Pindicatif et parfait du subjonctif à la voix active; impératif passif

Leçon 65 - Adjectif verbal (participe futur passif) exprimant l’obligation; accusatif d’extension; mille

Leçon 66 - Récapitulation; concordance des temps dans les subordonnées au subjonctif

Leçon 67 - Adjectif verbal exprimant le but; datif d’intérêt (d’appartenance)

Leçon 68 - Le gérondif; datif de destination et d’intérêt

Leçon 69 - Participe et infinitif futur actif; double accusatif

Leçon 70 - Récapitulation

Leçon 71 - Comparatif des adjectifs; comparatifs irréguliers; ablatif de comparaison

Leçon 72 - Formation et comparatif des adverbes; adverbes irréguliers; neutres de la quatrième déclinaison; iste

Leçon 73 - Conditionnelles au mode réel; ablatif de différence

Leçon 74 - Récapitulation

Leçon 75 - Conditionnelles au mode irréel; conjugaison de malle

Leçon 76 - Autres emplois de l’adjectif verbal

Leçon 77 - Verbes impersonnels; ablatif de cause et d’éloignement

Leçon 78 - Récapitulation

Leçon 79 - Le locatif; ablatif de moyen (instrumental et d’agent)

Leçon 80 - Propositions introduites par cum; noms à radical mixte de la troisième déclinaison; règles pour les noms à radical en i

Leçon 81 - Cinq déponents demandant l’ablatif; terminaisons secondes (ou facultatives) de la troisième déclinaison et des verbes

Appendice I - L’emploi du dictionnaire latin et des autres ouvrages traditionnels

Appendice II - Les noms de nombre en latin

PREFACE

Gargantua écrivait à son fils, Pantagruel: "J’entends et veulx que tu apprenes les langues parfaictement: premièrement la Grecque, comme le veult Quintilian; secondement la Latine; et puis l’Hébraicque pour les saintes Lettres et la Chaldaicque et Arabique pareillement". (1) Cette énumération était tout à fait sérieuse. Rabelais lui-même avait appris ces différentes langues.

(1) RABELAIS, Livre II, Pantagruel, chap. VIII.

L’étude des langues anciennes, du latin notamment, a toujours tenu une place considérable dans l’enseignement, jusqu’au XVIIIe siècle. Pour comprendre l’originalité du Latin vivant par la méthode naturelle de l’abbé William G. MOST et du père Victor COULOMBE, s.j., il suffit de reconsidérer sommairement l’histoire de l’enseignement du latin, en particulier depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours.

D’abord, pourquoi et comment enseignait-on le latin dans les collèges jusqu’au XVIIIe siècle? Pour être capable de comprendre les auteurs et de s’exprimer en latin, L’enseignement tout entier se donnait en latin: celui de la langue latine, bien sûr, mais aussi celui de la philosophie, de l’histoire et de la physique. C’est seulement en 1783 qu’on aura l’audace, au collège d’Amiens, d’enseigner la physique en français. Dans la conversation et même au jeu, les écoliers étaient tenus d’employer le latin; celui qu’on prenait à parler le français était puni!

Les méthodes dites "traditionnelles", celles qui sont en usage chez nous, ne sont même pas vieilles d’un siècle, puisque les exercices par lesquels les Jésuites entraînaient leurs étudiants à écrire et à parler latin étaient encore en vogue en 1880. A la fin du XIXe siècle, l’examen d’admission à l’Ecole normale supérieure comprenait encore une composition latine.

La Révolution française, plus précisément la loi du 3 brumaire an IV, avait pourtant opéré un changement radical par l’établissement des Ecoles Centrales. L’objectif fixé pour l’enseignement du latin peut se résumer ainsi: la possession pratique du Latin n’est plus la fin de l’enseignement. L’étude du latin doit servir uniquement à mieux connaître le français.

Dès 1809, cependant, les Ecoles Centrales étaient complètement disparues. Petit à petit, l’étude du latin selon l’esprit et la méthode des anciens collèges reprend sa place. On apprend le latin comme au XVIIe siècle, non seulement pour lire les auteurs, mais aussi pour l’employer en vers comme en prose, et même pour le parler.

Ce n’est que soixante-dix ans plus tard, dans le plan du 2 août 1880 de Jules Ferry, que fut modifiée l’orientation donnée à l’enseignement du latin. Voici le texte de la réforme: "On étudiera désormais le latin pour le comprendre, non pour le parler. Le principe de la réforme est celui-ci: on apprend les langues vivantes pour les parler, et les langues mortes (les langues anciennes) pour les lire". (1) Pour atteindre ce but, les manuels ont eu recours à la méthode analytique. C’était une erreur grave. Faute de l’avoir compris, nous devions déplorer encore en 1960, avec le Rapport de la Commission du Programme de la Faculté des Arts de l’Université Laval, que "nos bacheliers ne possèdent pas suffisamment le latin pour lire les auteurs classiques dans le texte". (2) Le même Rapport de l’Université Laval a d’ailleurs rappelé très clairement le principe de J. Ferry: l’objectif principal de l’étude du latin est "la connaissance authentique et profondément humaine des grandes oeuvres; il importe donc d’arriver rapidement à une connaissance suffisante de cette langue pour pouvoir lire les oeuvres des maîtres". (2)

(1) VIAL, FRANCISQUE, Trois Siècles d’Histoire de l’Enseignement Secondaire, liv. III, chap. II, p. 237.

(2) Rapport de la Commission du Programme de la Faculté des Arts de l’Université Laval, Vol. I, p. 8; Vol. II, T. I, chap. V, p. 20.

Voilà le but, mais par quelle méthode l’atteindre? L’histoire, la psychologie et la linguistique nous répondent: "Pas par la méthode analytique". Par quelle méthode alors? Par la méthode naturelle.

En effet, avec la méthode analytique, on peut apprendre par coeur les déclinaisons, les conjugaisons et les règles de la syntaxe. On peut même être capable d’analyser et de traduire un texte, sans connaître vraiment la langue. Jacques Perret a dénoncé l’erreur de cette méthode grammaire-analyse-traduction de la façon suivante: "S’il n’est d’humanisme concevable que par un contact direct avec les grandes oeuvres du passé, on voit à plein qu’en sacrifiant dans les classes, la lecture, nécessairement intuitive, à l’analyse méthodique, c’est, à brève échéance, l’humanisme lui-même qu’on a frappé". Nous ajouterons avec lui: "Nous ne serions pas étonnés que cette substitution qui a dû être plus d’une fois imprudemment perpétrée fût une des infortunes de notre enseignement du latin et expliquât assez directement l’échec auquel il aboutit chez nos meilleurs élèves trop souvent incapables de lire couramment un texte de quelque étendue". (2)

(2) PERRET, JACQUES, Latin et Culture, p. 32, p. 34.

La connaissance suffisante du latin pour lire les classiques anciens, l’élève de 8e et de 9e (classes appelées Eléments latins et Syntaxe avant le Rapport de Laval) l’acquerra par la lecture dirigée et cursive. C’est là la vraie solution. De plus, ne l’oublions pas, la conversation et la composition sont des compléments nécessaires si nous voulons vraiment posséder une langue.

Soulignons en particulier le rôle de l’intuition et de la répétition dans la lecture dirigée et cursive. Comment les petits Romains apprirent-ils à lire leur langue? Comment un étranger apprend-il à lire une langue seconde? Comment avons-nous appris à lire notre propre langue? C’est surtout par intuition. On nous disait bien le sens de l’un ou l’autre mot. Mais le contexte et le milieu étaient là pour éclairer le sens. Après l’intuition, et de pair avec elle, la répétition. A force de lire des textes semblables, nos automatismes linguistiques se sont développés.

L’abbé MOST a voulu que l’élève parvienne à lire les auteurs dans le texte pedetemptim. Il a préparé lui-même des textes latins nouveaux, textes suivis, textes intéressants, adaptés et progressifs. Ce que Michael West faisait en Orient pour l’enseignement de l’anglais comme langue de culture, l’abbé Most le faisait en Amérique pour le latin. Sa méthode est originale et, à ses cours, il nous rappelait bien qu’elle n’était pas une forme quelconque de la méthode directe. Elle se rapproche davantage de la Méthode naturelle de latin exposée par Mlle Plaut (1), au Congrès d’Avignon. Depuis dix ans, Le Latin vivant par la méthode naturelle obtient des succès remarquables. A l’abbé MOST et au père COULOMBE, nos voeux de succès et nos plus vives félicitations pour le grand pas en avant qu’ils font faire à l’enseignement du latin.

(1) Premier Congrès pour le Latin vivant, Avignon, 1956, p. 111.

LUCIEN GAGNE, C.Ss.R.
Séminaire Saint-Alphonse,
Ste-Anne de Beaupré.

AVANT-PROPOS

Un livre n’est excusable qu’autant qu’il apprend quelque chose
Voltaire

1. Le succès remporté aux Etats-Unis par la méthode naturelle d’enseignement du latin, non moins que notre conviction personnelle de son efficacité, a été à l’origine de la présente traduction des manuels de l’abbé William G. MOST. Nous offrons aujourd’hui au public de langue française le manuel de première année, accompagné du Guide du professeur. Comme nous l’exposerons plus loin, cette traduction en langue française est aussi une adaptation. Les manuels de deuxième et de troisième année paraîtront, au rythme de un par année, en 1962 et en 1963. Le quatrième volume qui termine le cycle, n’est pas encore paru en anglais.

2. Les professeurs et les étudiants qui travailleront avec cette méthode nouvelle trouveront profit à connaître l’esprit et les caractéristiques de la traduction française. Celle-ci comporte certaines particularités qui demandent explication.

3. Disons d’abord un mot de la méthode elle-même. Elle est entièrement nouvelle et en rupture nette avec les méthodes dites traditionnelles d’enseignement du latin; dans sa présentation française, elle est unique a l’heure actuelle. Aux Etat-Unis, une autre méthode s’en approche. Nouvelle également est l’application qu’en a faite l’auteur. L’abbé MOST, professeur de carrière, a lui-même composé en grande partie et rédigé intégralement les textes du manuel de première année. La matière de ces textes a été choisie avec grand soin en tenant compte de l’intérêt des élèves, et arrangée d’après les principes et l’esprit de la méthode adoptée. C’est la première fois que les découvertes récentes de la linguistique structurale ou descriptive ont été mises à profit pour l’enseignement et l’étude du latin. C’est là une tentative nouvelle et audacieuse; et c’est une grande joie pour nous de pouvoir en faire bénéficier les institutions françaises qui dispensent l’enseignement du latin.

4. Nous avons voulu donner, du manuel de première année, une traduction qui fût à la fois exacte et fidèle. L’exactitude porte sur le contenu du texte, la fidélité sur l’esprit qui l’anime. Nous reparlerons de l’exactitude.

5. Une préoccupation constante a été la nôtre. Nous avons cherché à conserver, dans la mesure du possible, les qualités principales qui font le charme de l’exposé de l’abbé MOST: le ton simple et presque familier, si propre à inspirer la confiance; l’allure abandonnée, souvent enjouée, tout à l’opposé du "magister dixit", donnant l’impression ou l’illusion de la facilité et du succès assuré; l’insertion, à point nommé, de moments de détente et même d’hilarité; bref, une atmosphère de joie et de confiance.

6. Il n’était pas question, cependant, d’une traduction servile. Pour plusieurs raisons, une adaptation judicieuse, parfois très difficile, nous a paru préférable à une traduction trop matériellement fidèle: il y a la lettre et l’esprit…​

7. Une édition provisoire, comme l’est celle-ci, nous interdisait des changements soit substantiels, soit trop nombreux. En règle générale, nous avons modifié ou adapté le texte original chaque fois que l’exigeait le passage d’une langue à l’autre, notamment en matière d’explications ou d’exemples grammaticaux. Il est arrivé qu’un exemple illustrant une structure, une fois traduit de l’anglais au français, n’avait plus de portée en latin. C’est pourquoi, de temps à autre, certains exemples ont dû être omis ou remplacés. A une ou deux reprises seulement, le texte original a subi un changement substantiel au point d’être entièrement récrit. Tel fut le cas du premier appendice, traitant de l’usage du dictionnaire.

8. En vue de rendre le texte latin plus intelligible à un esprit français, la ponctuation a parfois été modifiée ou accrue; dans la mesure du possible, l’orthographe des mots latins a été uniformisée et rendue conforme à celle que donne le dictionnaire de F. GAFFIOT.

9. Il a paru avantageux ou nécessaire de modifier légèrement, a quelques endroits, le contenu de l’exposé, modifications aimablement consenties par l’auteur.

10. De nouveau, changements et adaptations n’avaient qu’un but: rendre aussi intelligible et accessible que possible au lecteur français une présentation tout à fait nouvelle, un peu déroutante même à première vue, des faits essentiels de la grammaire latine (1).

(1) Si une forme ou une structure surprend ou semble contredire les normes "classiques" de la langue, qu’on veuille bien se reporter à l’un ou l’autre des ouvrages cités dans la bibliographie initiale.

11. Voici, maintenant, quelques caractéristiques de l’édition française.

L’accent latin — Il fait partie intégrante du mot latin, quoi qu’en pensent certains latinistes attardés: accentus anima vocis. Or, le latin est une langue accentuée, dont le système phonétique repose en partie sur la quantité des voyelles. Apprendre un mot latin, c’est apprendre l’accent qui le caractérise (à condition qu’il soit marqué oralement ou graphiquement). Cette manière d’apprendre l’accent ne suscite aucune difficulté chez le débutant. Par contre, si l’on omet d’apprendre - et de faire apprendre - l’accent latin au moment de l’apprentissage initial de la langue, l’expérience a révélé qu’on ne le possédera jamais parfaitement. Cette constatation, non moins que le souci d’aider élèves et professeurs, nous a poussé à indiquer l’accent, mais non sur tous les mots. Des raisons d’ordre à la fois pratique et pédagogique nous ont dicté cette discrimination. Voici la ligne de conduite suivie:

a) les dissyllabes ne portent pas l’accent, ce dernier tombant toujours sur la syllabe initiale;

b) les polysyllabes (mots de plus de deux syllabes) portent toujours l’accent sur la voyelle de la syllabe accentuée (sous la forme d’un accent aigu), sauf dans les cas où s’applique une des lois générales de l’accentuation latine (que les professeurs feront apprendre à leurs élèves le plus tôt possible); voici les quatre principales:

I) toute voyelle suivie (mais non précédée) d’une autre voyelle est brève: vocalis ante vocalem corripitur (exception: le génitif en -ius);

II) toute voyelle suivie de deux consonnes (sauf une occlusive suivie d’une sonnante, comme dans ténebrae) est longue;

III) toute diphtongue est longue (1);

(1) Comme le savent les professeurs, toute voyelle alternant avec une autre voyelle est brève; par contre la correspondante phonétique d’une diphtongue est longue.

IV) toute enclitique attire l’accent sur la voyelle qui la précède immédiatement.

Enonçons maintenant la règle connue de l'accent latin: en latin, l’accent tombe sur la pénultième si elle est longue, sinon sur l’antépénultième.

12. L’édition française, comme l’édition américaine d’ailleurs, ne contient pas d’illustrations. Bien que souhaitables - et souhaitées par beaucoup de professeurs - elles n’ont pas paru réalisables dans cette édition provisoire. L’édition définitive, prévue d’ici cinq ans, sera illustrée.

13. En vue de rendre cette édition vraiment définitive, nous demandons à tous les professeurs, dans un esprit de fraternelle collaboration, de bien vouloir nous envoyer (au traducteur ou à l’éditeur) leurs suggestions, remarques ou commentaires.

14. Il va de soi, la lecture de cet avant-propos ne dispense pas de l’étude du Guide du professeur. C’est là surtout que les professeurs et autres usagers de la méthode naturelle trouveront réponse à leurs questions ou difficultés.

15. En terminant, nous voulons exprimer notre sincère reconnaissance aux personnes qui nous ont aidé ou encouragé dans notre travail. Il convient de nommer en premier l’auteur du manuel, l’abbé William G. MOST, de Loras College. Son empressement à nous accorder la permission de traduire et d’adapter son manuel n’a eu d’égal que l’inlassable patience et l’extrême obligeance qu’il a déployées pendant tout le temps qu’a duré la collaboration nécessaire à la poursuite de ce travail.

Le R.P. Bertrand LESSARD, c.ss.r., du Séminaire Saint-Alphonse de Sainte-Anne de Beaupré, a été le collaborateur empressé de la première heure. Son enthousiasme contagieux, ses encouragements soutenus, ses conseils spontanés et judicieux auront contribué de façon positive à l’heureux achèvement de cette traduction. Nous lui disons donc un cordial merci.

Enfin, c’est à M. Ralph Hodgson, des Presses de l’Université LAVAL, que revient le mérite d’avoir entrepris et mené à bon terme la publication de ce manuel. L’intérêt sincère et soutenu qu’il a manifesté à l’entreprise, de même que l’activité inlassable et l’aide technique apportées à la réalisation de l’édition, lui assurent un droit particulier à notre reconnaissance.

A tous ces collaborateurs, ainsi qu’à tous ceux qui, un jour, nous ont encouragé et soutenu dans notre tâche, nous exprimons ici notre gratitude.

LE TRADUCTEUR.
Le 6 juillet 1961

PETITE BIBLIOGRAPHIE

à l’usage des professeurs

OUVRAGES GENERAUX

HACQUARD, Georges - Guide romain (Hachette)
Excellent pour les institutions, etc.

LAURAND & LAURAS - Manuel des études grecques et latines, (tome II) Rome (Picard). Irremplaçable

DICTIONNAIRES (ouvrages sur la langue et le vocabulaire)

BORNECQUE & CAUET - Dictionnaire latin-français du baccalauréat (Belin) (Malgré son titre périmé, n’est pas sans mérites: il est sobre et sûr, très utile par ses tableaux)

BREAL & BAILLY - Dictionnaire étymologique de la langue latine (Hachette) (Ouvrage très maniable, un peu vieilli, encore utile)

ERNOUT & MEILLET - Dictionnaire étymologique de la langue latine, 4e éd. (Klincksieck, 1959) (Ouvrage de chevet de tout latiniste, le seul du genre en français; dernier recours en bien des cas)

GAFFIOT, F. - Dictionnaire illustré latin-français (Hachette) (remplace et surpasse tous les ouvrages du même genre. Les articles sur les mots-outils sont une petite somme tant au point de vue lexicologique que grammatical. Dans les classes de lettres, tout élève devrait s’en servir, à condition que le professeur l’initie a son maniement…​)
Une édition abrégée existe.

MEISSNER & PASCAL - Phraséologie latine, 5e éd. (Klincksieck, 1942). (Recueil d’expressions groupées par sujet. Mine pour le professeur, d’un maniement rapide et sûr, grâce à ses tables; contient une liste de proverbes; références précises).

…​à titre de rappel: Petitmangin, Martin, etc. (Mots latins…​)

GRAMMAIRES

ERNOUT & THOMAS - Syntaxe latine (Klincksieck)

ERNOUT, A. - Morphologie historique du latin (ibid.)

NIEDERMANN, M. - Précis de phonétique historique du latin (ibid.)

(trois ouvrages indispensables à tout professeur de latin, que la "méthode naturelle" rend encore plus nécessaires. Les index en permettent un usage rapide.)

... et les grammaires scolaires! Toutes conçues (ou presque) d’après la classique grammaire française. Toutes plus ou moins "complètes" ou "incomplètes" en dépit de leur titre, toujours insuffisantes et partiellement inexactes (plusieurs se répétant ou s’imitant l’une l’autre). Les plus connues - ou les plus recommandables (?): Ragon, Petitmangin, Debeauvais, Janssens (l’éd. ancienne reste encore une mine inépuisable), Janssens & Van de Vorst, Crouzet, Bourgery & Yvon,…​

LECTIO PRIMA

De tertia persóna in número singulári in témpore perfecto
De casu nominatívo et de casu obiectívo in número singulári

MARIE EUT UN …​ (QUOI?)

María habuit parvum agnum.
Agnus fuit albus.
María venit in scholam.
Agnus venit in scholam.
Agnus venit cum María.
Marcus vidit agnum in schola.
Agnus dixit: baa, baa.

habuit - eut
parvus - petit
agnus - mouton
albus - blanc
fuit - fut
venit - vint
schola - école
cum - avec
vidit - vit (a vu)
dixit - dit (a dit)

ON NOUS DECOUVRE

Columbus fuit nauta. Sed Columbus non habuit navem. Columbus venit ad Regínam Isabellam. Columbus dixit: Mundus est rotundus. Mundus non est planus. Regína dedit pecuniam. Columbus non invénit Indiam. Columbus invénit Américam. América non fuit parva.

VOCABULARIUM

dedit - donna
dixit - dit (a dit)
fuit - fut
habuit - eut
invénit - trouva
venit - vint
vidit - vit (a vu)

ad - à, vers
cum - avec
in - dans, sur (à)
non - ne…​pas
sed - mais

agnus, agnum - mouton
mundus, mundum - monde
nauta, nautam - matelot
navis, navem - navire
parva - petite
parvus - petit
pecunia, pecuniam - argent (monnaie)
planus - plat
puella, puellam - petite fille
regína, regínam - reine
rotundus - rond

REFLECHISSONS MAINTENANT

Voici une phrase française: Marc vit le mouton (Marcus vidit agnum). Il y a trois mots importants dans cette phrase: Marc (sujet), vit (verbe), mouton (complément direct). Remarquez que les verbes latins qui précèdent se terminent tous par -it.

Le mot mouton, en français, suit le verbe dont il est le complément direct. En latin, ce n’est pas la place d’un mot qui nous dit qu’il est complément direct: c’est sa terminaison. Un bon nombre des mots que nous avons appris se terminent par -m: c’est la terminaison ordinaire du complément direct. Les uns prennent -am, les autres, -um ou -em.

Voilà pourquoi le Vocabularium donne deux formes. La première est celle du sujet: c’est le cas du nominatif; la deuxième est celle du complément direct: c’est le cas de l’accusatif. Remarquez les différentes terminaisons du nominatif. Nous n’avons pas à nous en occuper aujourd’hui. Remarquez qu’après des mots comme ad, cum et in, on trouve encore d’autres terminaisons, mais sans vous en inquiéter pour le moment. Vous comprendrez bien l’histoire sans cela.

Marcus représente une seule personne: le sujet est donc au singulier. Il n’y a aussi qu'un seul mouton à l’école: il est lui aussi au singulier. S’il y en avait plusieurs, on aurait le pluriel et on aurait trop de moutons.

En conclusion, nous pouvons maintenant dire que le complément direct est à l’accusatif singulier et le sujet, au nominatif singulier.

En latin, il n’y a pas de mot pour traduire: le, la, un, une.

EN RAGOUT: COLOMB ET LE MOUTON!

Columbus non fuit puella. María fuit puella. Columbus non fuit planus. Fuit Columbus rotundus? Columbus non habuit pecuniam. Isabella habuit pecuniam. Isabella non habuit parvum agnum. Isabella habuit pecuniam. Columbus non habuit parvum agnum. María habuit parvum agnum. María non dedit pecuniam. Isabella dedit pecuniam. Sed María non dedit parvum agnum. Isabella non venit in scholam. Columbus non venit in scholam. Columbus venit in Américam. Columbus non venit in Américam cum agno. Columbus non venit in Américam cum Isabella. Isabella non venit in Américam cum Columbo. Isabella non venit in navem. Agnus albus non venit in navem. María non venit in navem. Agnus albus non fuit in India. India non est agnus. India non est navis. Columbus fuit albus. Sed India non fuit alba. Mundus fuit rotundus. Sed India non fuit alba. Mundus fuit rotundus. Sed India non fuit rotunda.

EXERCICE

Trouvez tous les mots français qui ressemblent à ceux du Vocabularium. Ce même exercice reviendra à chaque Vocabularium.

LECTIO SECUNDA

De tertia persóna in número pluráli in témpore perfecto
De casu obiectívo in número pluráli

QUINQUE (5) PORCI, ou LES UNS ALLERENT AU MARCHE, LES AUTRES NON.

Hic (ce) parvus porcus venit in forum. Hic parvus porcus remansit domi. Hic parvus porcus habuit carnes bovínas assas. Hic parvus porcus non habuit. Hic parvus porcus exclamávit: Oui! Oui! Oui! Porci dixérunt: Oink! Oink!

porcus - cochon
forum - marché, forum
remansit - resta
domi - à la maison
carnes bovínas assas - boeuf rôti
exclamávit - s’écria

SOMMAIRE — Les Romains ignoraient la vérité sur la fondation de Rome; ce que Romulus et Rémus ne firent pas, les Etrusques le firent.

Roma fuit urbs magna. Románi amavérunt Romam. Roma fuit antíqua. Románi dixérunt quod Rómulus et Remus fundavérunt Romam. Sed non dixérunt veritátem. In anno millésimo (1000) ante Christum, viri iam fuérunt in terra Romána. Etrusci (les Etrusques) fundavérunt Romam. Etrusci amavérunt Romános. Románi amavérunt terras Románas. Sed non habuérunt urbes magnas.

urbs - ville
magna - grande
amavérunt - aimèrent
quod - que
dixérunt - dirent
fundavérunt - fondèrent
véritas - vérité
fuérunt - furent (se trouvèrent)
vir - homme
iam - déjà
terra - terre

VOCABULARIUM

amávit - aima
amavérunt - aimèrent
exclamávit - s’écria
exclamavérunt - s’écrièrent
remansit - resta
remansérunt - restèrent

domi - à la maison
hic - ce (celui-ci)
quod - que
ante - avant
iam - déjà

annus, um - année
forum, um - marché, forum
magnus - grand
terra, am - terre
urbs, urbem - ville
vir, virum - homme
véritas, veritátem - vérité

REFLECHISSONS MAINTENANT

Les verbes - La dernière fois, nous avons rencontré des verbes qui se terminaient par -it. Ils étaient au singulier. Leur sujet était au singulier. Lorsque le sujet est au pluriel, le verbe aussi doit être au pluriel: nous obtenons le pluriel de ces verbes en changeant la terminaison -it en -érunt. Ne nous demandons pas si le complément direct est au pluriel, il ne change rien au verbe.

Résumons: nous connaissons deux terminaisons de verbe: -it au singulier, -érunt au pluriel.

Les noms - Les noms se présentent dès maintenant avec quatre terminaisons différentes. Le sujet (cas du nominatif) peut être au singulier ou au pluriel; le complément direct (cas de l’accusatif) peut être au singulier ou au pluriel. Laissons de côté, aujourd’hui, la terminaison du sujet; jetons plutôt un coup d’oeil sur les terminaisons du complément direct.

Il existe plusieurs catégories de noms. Voici un nom de chaque catégorie; pour chacune, nous donnerons les terminaisons du complément direct, au singulier et au pluriel.

1

2

3

terram

terras

porcum

porcos

urbem

urbes

Les terminaisons sont donc

-am

-as

-um

-os

-em

-es

Observez que certains mots sont plus longs à l’accusatif qu’au nominatif. Par exemple: véritas, veritátem — urbs, urbem.

NOUS DEVONS DONC APPRENDRE LES DEUX FORMES DE CHAQUE NOM: CELLE DU NOMINATIF ET CELLE DE L’ACCUSATIF.

Les adjectifs — Des mots comme magnus et parvus sont des adjectifs. Ils peuvent avoir différentes formes. Pour le moment, contentons-nous de retenir leur sens, c’est facile, pour le reste nous y reviendrons.

Quod — Faites attention à l’emploi de quod. Jusqu’à présent, nous l’avons rencontré dans les seules expressions: il dit que, il pense que. Le mot français que peut servir à beaucoup d’autres usages. Mais on l’emploie de façon bien différente en latin et en français; il faut apprendre ces emplois un à un. Le quod dont nous parlons sert à introduire le style indirect: il sert à rapporter indirectement, sans guillemets et de façon libre, les paroles ou les pensées de quelqu’un.

ENCORE DU RAGOUT?

María et Marcus vidérunt agnum. Agnus fuit in schola. Marcus et María dixérunt quod agnus fuit in schola. Vidérunt agnum in schola. Non vidérunt Columbum in schola. Non dixérunt quod Columbus fuit in terra Romána. Sed agnus exclamávit in schola. Agnus dixit: baa. Columbus dixit quod agnus dixit baa. Porci non fuérunt in schola. Porci fuérunt in terra Romána. Porci dixérunt: OINK. Porci dixérunt: Oui! Porci non fuérunt albi. Porci fuérunt rotundi. Hic porcus fuit in urbe. Agnus non dixit oink. Columbus non dixit quod agnus dixit oink. Columbus dixit quod agnus dixit baa. Columbus veritátem dixit. Marcus dixit quod agnus dixit oink. Marcus veritátem non dixit. Columbus non hábuit porcos. Agni venérunt in navem. Columbus amávit agnos. Columbus non amávit porcos. Columbus invénit agnos in América. Regína non fuit parva. Regína dedit pecuniam. Marcus amávit puellam.

LECTIO TERTIA

De ablatívo singulári — De praepositiónibus

SOMMAIRE — Au début, des rois étrusques régnaient à Rome. Mais le dernier roi, Tarquin, devint hautain. Les Romains le chassèrent de Rome.

In primis annis Románi habuérunt reges. Reges fuérunt Etrusci. Etrusci erant in throno Románo. Etrusci regnavérunt in terra Romána. Primi reges fuérunt boni. Sed rex últimus fuit malus. Hic rex últimus fuit Tarquinius. Románi non amavérunt Tarquinium. Tarquinius fuit rex malus. Non fuit rex magnus. Rex malus est rex parvus. Tarquinius non fuit magnus. Fuit malus. Ergo Románi non amavérunt Tarquinium regem. Ante Tarquinium reges fuérunt boni. Sed Tarquinius non fuit bonus. Ergo Tarquinius non remansit in terra Romána. Tarquinius non amávit veritátem. Románi dixérunt quod Tarquinius fuit malus. Ergo non remansit in urbe. Sed Románi remansérunt in urbe.

primus - premier
rex - roi
Etrusci - Etrusques
erant - étaient
regnávit - régna
bonus - bon
últimus - dernier
malus - mauvais
ergo - donc
est - est

VOCABULARIUM

est - est
regnávit - régna

quando - quand
ergo - donc

bonus - bon
malus - mauvais, méchant
primus - premier
rex, regem - roi
últimus - dernier

COGITEMUS NUNC (Réfléchissons maintenant)

L’ablatif — Il n’y a pas grand nouveau dans cette leçon. Revoyons un peu ce que nous savons déjà. Voici trois expressions:

in terra Romána

in throno Románo

in urbe

dans lesquelles on trouve le mot in: c’est une préposition. Remarquez la terminaison des mots qui la suivent. Ils sont à un cas particulier: l’ablatif.

L’ablatif a plusieurs emplois. Nous en avons rencontré un: celui où il se construit avec la préposition in (in ne demande pas toujours l’ablatif, comme nous le verrons bientôt). Voici les terminaisons de l’ablatif:

terra

throno

urbe

Il y a trois espèces de noms ici, tout comme au nominatif et à l’accusatif. Les terminaisons que nous avons ici sont toutes au singulier. Ce sont:

-a

-o

-e

Groupons toutes les terminaisons de noms que nous connaissons, en séparant les trois catégories de noms (le vrai nom de ces trois catégories est DECLINAISON):

1

2

3

Singulier

Pluriel

Singulier

Pluriel

Singulier

Pluriel

Accusatif:

am

as

um

os

em

es

Ablatif:

a

o

e

Revenons maintenant aux deux premières leçons et cherchons d’autres prépositions. Quel cas trouvons-nous après cum? TOUJOURS le même cas: cum demande TOUJOURS l’ablatif. Nous avons vu aussi la préposition ad. Quel cas trouvons-nous après ad? TOUJOURS l’accusatif. Cependant, notre vieille amie, la préposition in, demande parfois l’accusatif. Rappelez-vous certaines phrases déjà vues:

María venit in scholam. Columbus venit in Américam.

Maintenant, quelle différence voyez-vous entre ces deux phrases?

  1. María venit in scholam.

  2. María fuit in schola.

Dans la première, Marie va quelque part: elle pénètre dans un lieu. Dans la seconde, Marie ne va nulle part: elle demeure en classe. Elle voudrait bien en sortir…​

Donc, in signifie parfois dans, avec mouvement et changement de lieu: il demande alors l’accusatif; parfois in signifie en ou sur, sans mouvement (vers) et sans changement de lieu: il demande alors l’ablatif. Remarquons toutefois qu’en français, dans et en peuvent s’employer indifféremment dans les deux cas.

En groupant toutes nos prépositions, voici ce que nous obtenons:

  • ad avec l’accusatif, signifie à, vers,

  • ante avec l’accusatif, signifie avant,

  • cum avec l’ablatif, signifie avec,

  • in avec l’accusatif, signifie dans, en (avec mouvement vers),

  • in avec l’ablatif, signifie en, sur, dans (sans mouvement vers).

Relevez, dans les leçons précédentes, tous les emplois de ces prépositions.

UN PEU D’EXERCICE

Etrusci fuérunt reges in terra Romána. Etrusci venérunt in terram Románam. Etrusci fuérunt in terra Romána in anno sescentésimo (600) ante Christum. Columbus venit in terram Americánam. Sed Provinciae Canadenses (devinez…​) non fuérunt in terra quando Columbus venit. Columbus non invénit Provincias Canadenses in América. Fuit Iacóbus Cartier vir bonus? Provinciae Canadenses fuérunt bonae et magnae. Columbus fuit primus vir albus in América. Columbus dixit quod invénit Américam. Iacóbus veritátem dixit. María non dixit quod invénit Américam. María dixit quod invénit agnum album. Dixit quod invénit agnum album in schola. Agnus venit ad scholam. Agnus venit in scholam cum María. Románi non dixérunt quod Etrusci fundavérunt Romam. Agnus non fuit in América quando Columbus venit. Agnus albus non venit in Américam cum Columbo. Agnus albus remansit cum María. Sed agnus albus non remansit domi. Agnus albus venit in scholam cum María. Hic agnus albus fuit primus agnus albus in schola. Hic agnus albus fuit últimus agnus albus in schola. Agnus albus non remansit in schola: agnus exclamávit baa in schola. Ergo Marcus non amávit agnum album. María non amávit porcos. Porci non fuérunt albi.

LECTIO QUARTA

Nihil novi hodie: vetéribus studeámus (Rien de nouveau aujourd’hui: repassons)

SOMMAIRE — Après l’expulsion de Tarquin, ce fut la guerre avec les Etrusques. Les Romains tentent de brûler le pont conduisant à la ville. Les Etrusques essaient de traverser. Horatius les en empêche. Horatius fait un coup d’état.

Postquam Románi expulérunt Tarquinium, bellum habuérunt. Tarquinius enim Etruscus fuit. Ergo Etrusci venérunt ad bellum cum Románis. Etrusci dixérunt quod Románi mali fuérunt: expulérunt Tarquinium. Románi dixérunt quod Tarquinius malus fuit: ergo expulérunt Tarquinium. Bellum non parvum fuit. Bellum fuit magnum. Multi viri magni fuérunt in bello. Viri Románi amavérunt Romam. Exclamavérunt quod Tarquinius malus tyrannus fuit. Viri Románi dixérunt veritátem. Tarquinius fuit tyrannus malus. Etiam rex Etruscus venit cum Tarquinio ad bellum. Rex Etruscus fuit Lars Porsenna. Románi vidérunt exércitum Etruscum. Exércitus Etruscus magnus fuit. Románi vidérunt quod exércitus Etruscus magnus fuit. Sed exércitus Románus etiam magnus fuit. Viri Románi magni fuérunt. Sed viri Etrusci etiam magni fuérunt. Non parvi fuérunt. Ergo viri Románi et viri Etrusci paravérunt ad pugnam. Viri Etrusci dixérunt: Románi mali sunt, expulérunt Tarquinium. Sed Románi dixérunt quod Tarquinius malus fuit. Románi non agni fuérunt: viri fuérunt. Románi fuérunt ad urbem. Stetérunt ad pontem. Etiam Etrusci stetérunt ad pontem Románum. Románi iecérunt ignem in pontem. Vir Románus magnus stetit in ponte. Hic vir fuit Horatius. Amávit Romam. Sed Etrusci venérunt in pontem. Ignis venit in pontem. Pons cécidit in aquam. Horatius etiam cécidit in aquam.

postquam - après que
bellum - guerre
éxpulit - chassa
enim - en effet
etiam - aussi, même
exércitus - armée
parávit - prépara
pugna - bataille
sunt - sont
ad - près de
Románus - romain
stetit - se tint
pons - pont
iecit - lança
ignis - feu
cécidit - tomba

VOCABULARIUM

cécidit - tomba
éxpulit - chassa
iecit - lança
parávit - prépara
stetit - se tint

ad - près de
enim - en effet
etiam - même, aussi
postquam - après que
ubi - où

aqua, am - eau
bellum, um - guerre
exércitus, um - armée
ignis, ignem - feu
pons, pontem - pont
pugna, am - bataille

VIDEAMUS FORMAS VETERES (Repassons les formes connues)

Les verbes. — Repassons les formes verbales déjà apprises: nous n’en avons vu que deux. Elles se terminent par -it et -érunt. C’est la troisième personne du singulier et la troisième personne du pluriel, au temps que nous appelons passé défini ou parfait. Le parfait exprime une action passée (parfois achevée).

Les noms. — Nous connaissons déjà trois formes: le nominatif, l’accusatif, l’ablatif.

Le nominatif est le cas du sujet. L’accusatif est celui du complément direct du verbe. On l’emploie aussi comme complément de certaines prépositions: ad, ante et in (lorsque in signifie à, vers avec mouvement). L’ablatif n’a été employé jusqu’à présent qu’avec certaines prépositions: cum et in (lorsque in signifie dans ou sur sans mouvement). Jusqu’à présent nous ne nous sommes pas embarrassés d’apprendre les terminaisons du nom au nominatif. Mais nous connaissons les terminaisons de l’accusatif des trois déclinaisons:

1. -am

-as

2. -um

-os

3. -em

-es

Nous connaissons les terminaisons de l’ablatif singulier de ces mêmes déclinaisons:

1. -a

2. -o

3. -e

(le mot exércitus - rencontré plus haut - appartient à une autre déclinaison, la quatrième, que nous verrons plus loin).

Propositions: Nous connaissons certaines espèces de propositions dépendantes:

  • nous avons rencontré quod introduisant le style indirect après des verbes d’opinion;

  • nous avons rencontré quando ayant le sens de lorsque;

  • nous avons rencontré postquam signifiant après que (il n’a jamais le sens de après).

Enim — Remarquez cet étrange petit mot. Il signifie en effet mais il ne peut jamais être le premier mot de la phrase. Si je veux dire: En effet, les Romains furent grands, j’écrirai: Románi enim fuérunt magni, mais non pas: Enim Románi fuérunt magni.

NUNC EXERCEAMUS NOS (Maintenant exerçons-nous)

Tarquinius fuit rex malus. Ergo Románi expulérunt regem malum. Sed Tarquinius venit cum Etruscis contra (contre) Romam. Etrusci paravérunt exércitum magnum. Románi etiam paravérunt exércitum magnum. Columbus non venit cum Etruscis. Et agnus albus non venit cum Etruscis. Agnus enim Tarquinium non amávit. Agnus enim dixit baa Tarquinio (à Tarquin). Sed Tarquinius non iecit agnum in aquam. Agnus enim in ponte non fuit. Fuitne Tarquinius in ponte? (Remarque: la petite terminaison -ne est souvent ajoutée au premier mot d’une interrogation, sauf si ce mot est lui-même interrogatif) Non. Tarquinius in ponte non fuit. Horatius in ponte fuit. Sed Horatius non remansit in ponte. Ignis enim in pontem venit. Románi ignem iecérunt in pontem. Etrusci enim in ponte fuérunt. Pons non amávit ignem. Pons ergo cécidit in aquam. Horatius etiam in aquam cécidit. Horatius enim non habuit navem. Horatius non stetit in ponte cum igne. Pons etiam non stetit. Columbus non vidit ignem in ponte. Columbus enim non fuit in ponte, quando ignis venit. Fuitne Columbus in urbe Romána, quando ignis venit? Non. Columbus etiam non fuit in América, quando ignis venit. Columbus non dixit quod fuit in América, quando ignis venit in pontem Románum. Columbus dixit veritátem. Columbus enim non fuit in mundo in illo (cette) anno.

LECTIO QUINTA

De ablatívo pluráli

SOMMAIRE — Les Romains nomment deux consuls à la place des rois. Mais il y a rivalité entre les deux classes dans l’Etat: patriciens et plébéiens. Les plébéiens se retirent sur le Mont Sacré. Mais ils reviennent lorsque les patriciens créent la charge de tribun de la plèbe, pour les protéger.

Románi expulérunt Etruscos. Nunc Etrusci non sunt reges in terra Romána. Románi non sunt reges in terra Romána, sed Románi fecérunt cónsules duos (2). Cónsules fuérunt viri boni. Reges Etrusci fuérunt mali. Sed cónsules non sunt mali, viri magni sunt. Cónsules habuérunt magnam potestátem. In urbe Romána cives pugnavérunt cum cívibus. Románi patricii fuérunt dívites: magnam pecuniam habuérunt. Patricii etiam magnam potestátem habuérunt. Sed plebs Romána fuérunt paúperes. Plebs non habuérunt pecuniam. Plebs non habuérunt potestátem in urbe. Plebs voluérunt potestátem. Plebs voluérunt pecuniam. Patricii non dedérunt pecuniam. Patricii non dedérunt potestátem in urbe. Ergo plebs pugnavérunt cum patriciis. Plebs non remansérunt in urbe. Plebs venérunt in Sacrum Montem. Patricii exclamavérunt: Veníte in urbem! Sed plebs remansit in Monte Sacro. Magni patricii venérunt ad plebem. Dixérunt: VENÍTE! veníte in urbem Románam! Sed plebs remansit in Monte Sacro. Ergo patricii creavérunt officium novum. Creavérunt tribúnos plebis (de la plèbe). Fuérunt duo (2) tribúni plebis. Ergo plebs non remansit in Monte Sacro. Plebs venit in urbem. Plebs venit cum tribúnis. Tribúni magnam potestátem habuérunt. Cónsules habuérunt magnam potestátem. Sed tribúni etiam habuérunt magnam potestátem.

nunc - maintenant
sunt - sont
fecit - fit
consul - consul
potestas - pouvoir
civis - citoyen
patricius - patricien
dives - riche
plebs - plèbe, plébéiens
voluit - voulut
veníte - venez
officium - charge
novus - nouveau
tribúnus - tribun

VOCABULARIUM

fecit - fit
sunt - sont
voluit - voulut

nunc - maintenant

civis, i - citoyen
novus, o - nouveau
potestas, áte - pouvoir

COGITEMUS NUNC

L’ablatif singulier — Jusqu’ici nous avons appris le nominatif et l’accusatif singuliers de chaque nom. Maintenant que nous connaissons le cas de l’ablatif, nous apprendrons, au lieu du nominatif et de l’accusatif singuliers, le nominatif et l’ablatif singuliers. Cette méthode comporte des avantages que nous exposerons plus tard. Le radical est le même à l’accusatif et à l’ablatif, (les noms neutres font exception, comme nous le verrons). L’ablatif singulier nous révélera donc à quelle déclinaison appartient un nom. Consultez la liste qui suit.

L’ablatif singulier nous rend donc un double service: 1) il montre à quelle déclinaison un nom appartient (et, aussi, quelles terminaisons employer); 2) il fait connaître le radical auquel s’ajoutent les terminaisons (c’est-à-dire l’ablatif singulier, une fois retranchée sa terminaison).

Maintenant, pour vous permettre de mettre à jour votre cahier de vocabulaire, voici l’ablatif de tous les noms vus jusqu’à présent:

agnus, o
annus, o
aqua, a
bellum, o
forum, o

ignis, i (parfois e)
mundus, o
nauta, a
navis, i
pecunia, a

pons, ponte
puella, a
pugna, a
regína, a
rex, rege

terra, a
urbs, urbe
véritas, áte
vir, viro

(exércitus appartient à la 4e déclinaison que nous verrons plus loin. L’ablatif est exércitu). Voyons maintenant

l’ablatif pluriel - Voici, pour les trois déclinaisons, les terminaisons de l’ablatif pluriel:

1. -is (nautis)

2. -is (agnis)

3. -ibus (civibus)

Réunissons maintenant les terminaisons de l’ablatif singulier et de l’ablatif pluriel:

1. -a

-is

2. -o

-is

3. -i ou -e

-ibus

Remarquez qu’à l’ablatif singulier de la troisième déclinaison, certains noms se terminent par -i, d’autres par -e. Nous en reparlerons plus tard.

Le gallicisme IL Y A — Remarquez la phrase: Non sunt reges in terra Romána. Nous dirons en français: il n’y a pas de rois chez les Romains. L’expression il y a est explétive et le latin s’en passe facilement. Souvent une phrase latine commence par est ou sunt, que l’on rend en français par il y a.

Plebs — Ce mot est un nom collectif: il est du nombre singulier mais il a un sens pluriel. On pourra donc employer indifféremment un verbe au singulier ou au pluriel. Trouvez-en des exemples dans le texte latin de la leçon d’aujourd’hui.

EXERCEAMUS NOS (Exerçons-nous)

Ubi sunt Románi? Románi sunt in urbe Romána. Suntne plebs in urbe Romána? Non. Plebs non est in urbe Romána. Plebs est in Monte Sacro. Plebs venérunt ex urbe (de la ville). Venérunt in Montem Sacrum. Non remansérunt in urbe. Estne Columbus in Monte Sacro? Non. Columbus non est in Monte Sacro. Columbus non est in urbe. Columbus est in navi. Navis est in aqua. Ubi est agnus? Agnus non est in Monte Sacro. Agnus est in schola. Marcus non voluit agnum in schola. Sed Marcus voluit Maríam. Marcus dixit: O! María est agna parva. Marcus amávit Maríam. María etiam dixit: O! Marcus est agnus parvus. Estne Columbus agnus parvus? Non. Columbus habuit uxorem (épouse). Uxor non dixit: Columbus est agnus parvus. Uxor dixit quod Columbus fuit porcus magnus. Sed uxor amávit Columbum. Et Columbus amávit uxorem. Columbus non fuit porcus magnus. Columbus non fuit porcus parvus. Columbus non fuit porcus. Sed Columbus fuit rotundus. Mundus etiam est rotundus. Agnus etiam est rotundus. Mundus non est planus. Pecunia est rotunda. Ergo mundus est rotundus, et pecunia est rotunda. Estne mundus pecunia? Non. Mundus non est pecunia. Sed viri mali dixérunt quod pecunia est rex in mundo. Horatius habuit pecuniam. Horatius etiam stetit in ponte. Sed pons cécidit in aquam. Ignis cécidit in pontem. Románi pugnavérunt cum Etruscis. Sed patricii etiam pugnavérunt cum plebe. Cives pugnavérunt cum Etruscis. Sed patricii etiam pugnavérunt cum plebe. Cives pugnavérunt cum cívibus.

LECTIO SEXTA

De nominatívo singulári et pluráli (in tribus declinatiónibus)

SOMMAIRE — Les Romains se battent avec les Eques. Pendant cette guerre, l’armée romaine fut prise en embuscade par les Eques. Le Sénat nomme Cincinnatus dictateur. Cincinnatus délivre l’armée romaine. Il va au sénat et résigne sa charge de dictateur, puis retourne à sa terre.

Románi habuérunt bellum cum Aequis. Consul Románus venit cum exércitu Románo ad pugnam. Exércitus Románus pugnávit cum Aequis. Aequi pugnavérunt cum Románis. Aequi viri fortes fuérunt. Ergo viri fortes pugnavérunt cum viris fortibus. Sed exércitus Románus venit in magnum perículum. Viri Románi exclamavérunt: in magno perículo sumus (nous sommes)! Sed viri Románi fortes fuérunt. Sed in urbe Romána fuit senátus Románus. Viri boni fuérunt in senátu Románo. Ergo senátus Románus fecit consilium: Dictatórem creavérunt. Cincinnátus fuit vir bonus, vir fortis. In veritáte, Cincinnátus fuit Románus bonus. Legáti ex senátu venérunt ad Cincinnátum. Cincinnátus fuit in agris. Legáti ex senátu dixérunt quod exércitus Románus in perículo magno fuit. Dixérunt quod senátus creávit Cicinnátum dictatórem. Ergo Cincinnátus non remansit in agris. Cincinnátus fuit dictátor. Cincinnátus venit cum viris fórtibus. Cincinnátus pugnávit cum Aequis. Cincinnátus vicit Aequos. Sed Cincinnátus non remansit dictátor. Cincinnátus non voluit magnam potestátem. Cincinnátus voluit agros bonos. Ergo Cincinnátus venit in senátum. Cincinnátus dixit in senátu quod non voluit magnam potestátem. Cincinnátus venit rursus in agros. Nunc Cincinnátus non est dictátor.

Aequi - les Eques
fortis - courageux
perículum - danger
senátus - sénat
consilium - projet, plan
dictátor - dictateur
creávit - créa (fit)
legátus - légat
ager - champ
ex - de (du)
vicit - vainquit
rursus - de nouveau

VOCABULARIUM

creávit - créa, fit
vicit - vainquit

e, ex (avec l’abl.) - de (du), hors de

ager, agro - champ
consilium, o - projet, plan
fortis - courageux
perículum, o - danger
senátus, u - sénat

NUNC COGITEMUS

Les terminaisons du nominatif. — Depuis quelque temps déjà nous nous servons des terminaisons du nominatif (celles du sujet). Groupons-les sous les trois déclinaisons que nous connaissons déjà.

1

2

3

S

P

S

P

S

P

-a

-ae

-us ou -r

-i

-es

(nauta)

(nautae)

(agnus, ager, vir)

(agni, agri, viri)

Remarquez que nous n’avons pas donné de terminaison pour le nominatif singulier de la troisième déclinaison: il y en a trop. Il faut apprendre chaque mot en particulier. Remarquez également que certains mots déjà vus ne peuvent trouver leur place dans le tableau précédent. Ne vous en inquiétez pas pour le moment, nous les retrouverons plus loin. Nous pouvons bien nous en servir sans connaître toute leur histoire. Mais ne manquons pas d’apprendre le nominatif et l'ablatif singuliers de chaque mot. Nous pourrons les manier facilement, ensuite.

La préposition EX — Remarquez qu’elle apparaît sous deux formes: e ou ex. E s’emploie devant les mots commençant par une consonne; ex, devant ceux qui commencent par une voyelle, parfois aussi devant les deux.

EXERCEAMUS NOS

Románi enim fortes viri fuérunt. Quando pugnavérunt cum Aequis, Románi vicérunt Aequos. Románi venérunt ex urbe ad pugnam. Aequi venérunt ex urbe ad pugnam. Horatius pugnávit cum Etruscis. Etrusci etiam fuérunt viri fortes. Románi fuérunt in magno perículo postquam regem Tarquinium expulérunt. Románi fuérunt in magno perículo quando pugnavérunt cum Aequis. Sed Románi vicérunt Etruscos et Aequos. Cincinnátus fuit dictátor Románus. Sed Cincinnátus non voluit potestátem magnam. Cincinnátus amávit Romam. Cincinnátus fecit consilium bonum. Cincinnátus non remansit dictátor. Plebs non remansit in urbe. Plebs non venit in scholam. Marcus venit in scholam cum María. Agnus venit in scholam cum María. Fuitne Marcus agnus? María dixit quod Marcus fuit agnus. Fuitne Marcus rotundus? Tribúni plebis habuérunt magnam potestátem. Cónsules etiam habuérunt magnam potestátem. Sed cónsules et tribúni plebis non fuérunt viri mali. Fuérunt viri boni. In veritáte fuérunt Románi fortes. Exércitus Románus etiam fuit fortis. Viri fortes fuérunt in exércitu. Horatius stetit in ponte. Pons cécidit in aquam. Porci non cecidérunt in aquam. Porci non amavérunt aquam. Etiam agnus non cécidit in aquam. Sed agnus albus fuit. Porci non albi fuérunt.

LECTIO SEPTIMA

De casu obiectívo et casu ablatívo in declinatiónibus IV et V

SOMMAIRE — Après plusieurs guerres, les Romains n’étaient pas encore en paix. En 390 A.C. les Gaulois envahirent l’Italie. Ils vainquirent beaucoup de peuples et défirent même une armée romaine. Ils entrèrent à Rome et s’emparèrent de tout, sauf du Capitole. Là, les oies tirèrent les Romains de leur sommeil, par leurs cris.

In rebus humánis, perículum non est rarum. Románi bellum habuérunt in multis annis. Románi bellum habuérunt cum Etruscis. Etiam bellum habuérunt cum Aequis. Habuérunt bellum cum multis. Sed Románi fortes fuérunt. Viri magni in exercítibus Románis fuérunt. Ergo Románi vicérunt Etruscos. Etiam vicérunt Aequos. Sed Románi non semper vicérunt. In anno trecentésimo nonagésimo (390) ante Christum, bárbari venérunt ex Gallia in Italiam. Galli fuérunt bárbari. Galli pugnavérunt cum multis in Italia, Galli vicérunt multos. Galli etiam pugnavérunt cum Etruscis. Galli vicérunt Etruscos in pugna. Galli etiam venérunt in terram Románam. Galli pugnavérunt cum exércitu Románo. Galli vicérunt exércitum Románum. In exércitu Románo fuérunt multi viri magni et fortes. Sed Galli etiam fuérunt magni et fortes. Galli vicérunt Romános. Galli venérunt etiam in urbem Románam. Galli cepérunt fere totam urbem. Sed Galli non cepérunt totam urbem. Galli non cepérunt Capitolium. In Capitolio viri fortes fuérunt. Sed viri fortes dormiébant (dormaient) in Capitolio. Viri non audivérunt Gallos in Capitolio. Sed ánseres fuérunt etiam in Capitolio. Ánseres non dormiébant. Ánseres audivérunt Gallos. Ánseres exclamavérunt. Románi audivérunt ánseres.

res - chose
rarus - rare
dies - jour
multus - beaucoup (de)
semper - toujours
bárbari - les barbares
Galli - les Gaulois
cepit - prit
fere - presque
tota - toute
audívit - entendit
anser - oie

VOCABULARIUM

audívit - entendit
cepit - prit, captura

fere - presque
semper - toujours

dies, die (5) - jour
multus - beaucoup (de)
res, re (5) - chose
totus - tout

NUNC COGITEMUS

Adjectifs employés seuls — Remarquez l’emploi de multis dans la phrase suivante: pugnavérunt cum multis, qui signifie: ils se battirent avec beaucoup. Cela veut dire, évidemment: avec beaucoup de peuples ou de nations. En latin, on peut sous-entendre un mot après un adjectif. Il faut alors, en français, suppléer le mot sous-entendu; d’ordinaire, ce sera: hommes, choses, etc.

L’accusatif et l’ablatif des quatrième et cinquième déclinaisons — Jusqu’ici nous n’avons étudié que trois déclinaisons. Nous avons employé quelques mots de la quatrième déclinaison. Il nous faut maintenant regarder ces nouvelles formes de plus près.

4

5

Singulier

Pluriel

Singulier

Pluriel

Accusatif:

exercitum

exercitus

diem

dies

Ablatif:

exercitu

exercitibus

die

diebus

Observez que: 1) à la quatrième déclinaison, l’accusatif singulier a la même terminaison qu’à la seconde déclinaison; 2) l’ablatif pluriel de la quatrième déclinaison a la même terminaison qu’à la troisième; 3) les quatre terminaisons de la cinquième déclinaison, que nous venons de voir, sont les mêmes qu’à la troisième (bien qu’on trouve parfois à la troisième déclinaison un ablatif singulier en -i). Par exception, l’ablatif pluriel de la cinquième déclinaison est en -ébus au lieu de -ibus.

Comment trouver la déclinaison? en jetant un coup d’oeil sur l'ablatif singulier.

1

2

3

4

5

-a

-o

-e ou -i

-u

-e

Y en a-t-il qui se ressemblent? oui. A la cinquième déclinaison, on trouve la terminaison -e qu’on rencontre parfois à la troisième. Mais ce n’est pas un gros problème; peu de mots appartiennent à la cinquième déclinaison. On vous les indiquera en les faisant suivre du chiffre (5), comme pour dies, die (5).

L’ablatif sans préposition — L’ablatif peut s’employer sans préposition; il prend alors des sens divers. Etudiez les exemples suivants:

  1. Románi non vicérunt PECUNIALes Romains ne vainquirent pas PAR L’ARGENT.

  2. Románi fuérunt multi NÚMEROLes Romains furent beaucoup EN NOMBRE.

  3. Románi exclamavérunt VOCE MAGNALes Romains crièrent D’UNE VOIX FORTE.

Remarquez les prépositions que nous pouvons employer en français: par, en, avec. Nous pourrions traduire encore plus strictement, en employant dans le premier exemple: au moyen de l’argent; dans le second: par rapport au nombre; au troisième, on ne peut rien ajouter. Il y a quelques autres emplois de l’ablatif sans préposition, nous les rencontrerons plus loin. Pour le moment, n’oublions pas de recourir à l’une des prépositions suivantes: par, en, avec, chaque fois que nous rencontrerons un ablatif sans préposition. Maintenant, un peu d’exercice.

EXERCEAMUS NOS

Galli exércitum Románum vicérunt. Galli etiam Etruscos vicérunt. Galli non venérunt in Italiam magnis návibus. Galli non venérunt multis návibus. Galli návibus non venérunt. Galli venérunt multis exercítibus. Románi fuérunt magni fortitúdine (abl. s.: courage). Galli etiam magni fortitúdine fuérunt. Galli non vicérunt pecunia. Quando Galli venérunt in Capitolium, ánseres exclamavérunt voce (abl. s.: voix) magna. Románi etiam exclamavérunt voce magna. Románi etiam boni fuérunt consiliis. Galli non fuérunt boni consiliis. Galli mali consiliis fuérunt. Senátus Románus fuit bonus consiliis. Senátus creávit dictatórem. Senátus dixit quod Cincinnátus fuit vir fortis. Cincinnátus Aequos vicit. Cincinnátus Aequos non vicit pecunia. Cincinnátus Aequos non vicit igni. Cincinnátus Aequos vicit fortitúdine. Sed Columbus etiam fuit magnus fortitúdine. Columbus enim in Américam venit. Columbus venit ad Américam návibus. Agnus non venit ad Américam návibus. Agnus ad Américam non venit. Primis diébus Románi bellum habuérunt. Románi multis annis bellum habuérunt. Románi fere semper bellum habuérunt. Románi non pugnavérunt aqua. Románi non pugnavérunt igne. Románi pugnavérunt magnis exercítibus. Roma fuit fortis cívibus fórtibus. Roma fuit magna potestáte. Nunc Roma est magna veritáte Christiána.

LECTIO OCTAVA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE — La légende rapporte comment les lois romaines furent écrites. Au début, seuls les patriciens connaissaient la loi; c’est pourquoi les plébéiens étaient en état d’infériorité. La lutte entre les citoyens s’accrut. A la fin, une délégation fut envoyée en Grèce pour étudier les lois de Solon. Après le retour de la délégation, les lois furent mises par écrit. Les plébéiens se calmèrent, la lutte entre citoyens cessa pour le moment.

Románi narravérunt fábulam de légibus Románis. In primis diébus Románi habuérunt leges. Sed soli patricii scivérunt leges Románas. Plebs non scivit leges. Ergo plebs in perículo fuit. Plebs non amávit perículum. Et plebs non amávit patricios. Plebs dixérunt quod patricii non amavérunt plebem: patricii non scripsérunt leges. Plebs in perículo est, quia patricii non scripsérunt leges. Patricii mali sunt. Non sunt boni. Ergo rursus pugna fuit in urbe. Cives pugnavérunt cum cívibus. Patricii pugnavérunt cum plebe. Plebs pugnávit cum patriciis. In primis diébus, quando plebs pugnávit cum patriciis, plebs non remansit in urbe. Plebs venit in Montem Sacrum. Sed plebs non remansit semper in Monte Sacro. Plebs rursus venit in urbem, quando patricii dedérunt tribúnos plebis. Sed nunc plebs remansit in urbe. Plebs non venit in Montem Sacrum. Plebs non remansit in urbe, quia amavérunt patricios. Plebs remansit in urbe, quia amavérunt Romam. Ergo senátus Románus misit viros in Graeciam. Viri Románi vidérunt leges Solónis (de Solon). Leges Solónis bonae fuérunt. Postquam viri Románi vidérunt leges Solónis in Graecis, rursus venérunt in terram Románam. Rursus venérunt in urbem. Senátus scripsit leges. Plebs rursus vicit patricios. Patricii enim scripsérunt leges. Postquam patricii scripsérunt leges, plebs non habuit pugnam cum patriciis. Plebs non fuit in perículo magno. Plebs scivérunt leges. Leges bonae fuérunt.

de - au sujet de
narrávit - raconta
fábula - légende
lex - loi
solus - seul
scivit - connut
scripsit - écrivit
quia - parce que
misit - envoya

VOCABULARIUM

misit - envoya
scivit - connut
scripsit - écrivit

quia - parce que

fábula, a - légende
lex, lege - loi
solus - seul

RURSUS VIDEAMUS FORMAS VETERES

Nous savons qu’il y a cinq séries de terminaisons pour les noms: nous les appelons les cinq déclinaisons. Nous savons comment distinguer entre elles ces déclinaisons au moyen de l’ablatif singulier (nous ajoutons le chiffre (5) aux noms de la cinquième déclinaison, parce que leur ablatif singulier est en -e comme celui de certains noms de la troisième déclinaison). Un nom ne change jamais de déclinaison: il garde toujours les mêmes terminaisons. Nous avons vu pratiquement toutes les terminaisons de trois cas de chacune des cinq déclinaisons (sauf le nominatif pluriel de la quatrième et de la cinquième déclinaison). Repassons-les toutes.

1

2

3

S

P

S

P

S

P

Nom.

nauta

nautae

agnus

agni

lex

leges

Acc.

nautam

nautas

agnum

agnos

legem

leges

Abl.

nauta

nautis

agno

agnis

lege

légibus

4

5

S

P

S

P

Nom.

senátus

dies

Acc.

senátum

senátus

diem

dies

Abl.

senátu

senátibus

die

diébus

Nous nous rappelons, bien sûr, que le nominatif singulier de la 2e déclinaison peut avoir d’autres formes (comme vir, ager), et que le nominatif singulier de la 3e déclinaison se présente sous différentes formes. A la neuvième leçon, nous apprendrons le nominatif pluriel de la quatrième et de la cinquième déclinaison.

EXERCEAMUS NOS

Románi habuérunt leges multas. Románi fuérunt magni bello. Románi boni fuérunt consiliis. Románi fuérunt boni légibus bonis. Sed primis diébus plebs non scivit leges. Plebs leges bonas voluérunt. Columbus scivit legem. Sed agnus albus non scivit legem: ergo agnus albus venit in scholam. Galli non scivérunt legem Románam, quia Galli non fuérunt Románi. Galli cepérunt fere totam urbem Románam. Galli exclamavérunt voce magna. Galli Romános vicérunt magna potestáte. Sed Galli non cepérunt Capitolium. Viri fortes dormiébant in Capitolio. Sed ánseres non dormiébant. Ánseres audivérunt Gallos. Ánseres voce magna exclamavérunt. Románi pugnavérunt magna fortitúdine. Quando Galli fuérunt in urbe, plebs non pugnávit cum patriciis. Et patricii non pugnavérunt cum plebe. Plebs enim pugnávit cum Gallis. Sed Galli exércitum Románum vicérunt. Galli non remansérunt in urbe. Románi enim Gallos vicérunt pecunia. Cincinnátus non fuit in urbe, quando Galli venérunt. Senátus non misit Cincinnátum in Graeciam. Isabella misit Columbum in Américam. Columbus in Américam venit multis návibus. Sed Columbus non invénit Indiam. Agni albi non fuérunt in návibus. Cincinnátus non fuit in schola. Sed Cincinnátus bonus consiliis fuit. Primis diébus Románi non habuérunt scholas. Sed Románi habuérunt agnos albos. Primis diébus agni albi non fuérunt in schola, quia Románi non habuérunt scholas. Agni albi in agris fuérunt. Marcus non vidit Maríam in Graecia, quia María non fuit in Graecia. Graeci fuérunt in Graecia. Sed Románi etiam fuérunt in Graecia, quando vidérunt leges Solonis. Románi dixérunt quod Graeci fuérunt boni légibus bonis. Solon fuit vir bonus consiliis. Fuitne Columbus Graecus? Non. Columbus venit ex Italia. Graeci fuérunt in Graecia.

LECTIO NONA

De nominatívo in declinatiónibus quarta et quinta.
De infinitívo

Remarque préliminaire: aujourd’hui, nous commençons à utiliser l’infinitif présent. En latin, l’infinitif présent se termine par -re. Traduisez-le par l’infinitif présent français. Exemple: servare - servir.

SOMMAIRE — Rome fut presque constamment en guerre. Les guerres contre les étrangers alternaient avec les guerres civiles. Les Grecs, dans l’Italie du Sud, appelée Grande Grèce, commencèrent à redouter Rome. Ils invitèrent Pyrrhus, roi d’Epire, à détruire Rome. Pyrrhus fit peur aux Romains avec ses éléphants. Mais il n’eut pas de succès, et à la fin il retourna chez lui.

Románi fere semper bellum habuérunt. Quando bellum cum aliis natiónibus non habuérunt, patricii pugnavérunt cum plebe. Quando patricii non pugnavérunt cum plebe, bellum habuérunt cum aliis. Ergo fere semper Roma in bellis fuit. Roma fuit magna bellis. Graeci non solum in Graecia fuérunt: Graeci etiam fuérunt in Italia meridionáli. Dixérunt quod Italia meridionális fuit "Magna Graecia". Graeci timuérunt potestátem Románam. Graeci voluérunt servare urbes Graecas a Románis. Voluérunt deféndere terram Graecam a Románis. Voluérunt serváre terram Graecam a Románis. Ergo Graeci misérunt legátos in Epírum. In Epíro rex fuit Pyrrhus. Graeci rogavérunt Pyrrhum veníre. Pyrrhus venit in Italiam. Venit cum exércitu. Venit etiam cum elephantis. Románi timuérunt elephantos. Románi non vidérunt elephantos ante hoc (cette) bellum. Multi Románi non remansérunt in pugna, quando vidérunt elephantos. Románi voluérunt serváre Romam. Románi voluérunt deféndere terram Románam. Sed Románi dixérunt quod in perículo fuérunt ab elephantis. Románi potuérunt pugnáre cum viris magnis et fortibus. Sed Románi timuérunt pugnáre cum elephantis. Elephanti magni fuérunt, viri parvi fuérunt. Románi non potuérunt stare ante elephantos. Ergo Pyrrhus vicit Romános. Sed Pyrrhus non potuit cápere urbem Románam. Pyrrhus voluit cápere urbem Románam. Graeci rogavérunt Pyrrhum cápere urbem Románam. Sed non potuit. Románi vicérunt Pyrrhum aliis pugnis. Románi pugnavérunt etiam cum elephantis. Voluérunt serváre Romam. Ergo Pyrrhus non remansit in Italia. Pyrrhus venit rursus in Epírum.

alius - autre
natio - nation
non solum - non seulement
meridionális - du sud
timuit - craignit
serváre - sauver
a, ab - de
deféndere - défendre
Epírus - Epire
rogávit - demanda
veníre - venir
potuit - put
stare - tenir
cápere - prendre

VOCABULARIUM

posse, potuit - pouvoir
rogáre, rogávit - demander
serváre - sauver
timére - craindre

non solum - non seulement

alius - autre, un autre

NUNC COGITEMUS

Les infinitifs — Remarquez que dans le Vocabularium, nous donnons maintenant chaque verbe sous deux formes. Il faudra les apprendre toutes les deux. La première est celle de l’infinitif. La deuxième est celle du passé simple (ou parfait), celle qui nous est familière. Remarquez que tous les infinitifs réguliers se terminent par -re (posse est irrégulier, et il y en a peu de ce genre). Remarquez que la voyelle qui précède -re n’est pas toujours la même: on trouve parfois -áre, parfois -ere, et enfin -íre. Nous y reviendrons plus loin. Mais nous devons apprendre dès maintenant l’infinitif des verbes déjà vus dans les huit premières leçons. Ce n’est pas un trop gros travail, car nous n’avons appris qu’environ deux douzaines de verbes. Nous pouvons les apprendre par groupe de douze: douze ici, douze plus loin. Ils ne sont pas difficiles à retenir, parce qu’ils ressemblent étrangement aux formes que nous connaissons déjà; tous se terminent en -re, sauf quelques verbes irréguliers. Pour que ce soit plus facile, donnons-en douze dès maintenant:

amáre, amávit - aimer
audíre, audívit - entendre
cádere, cécidit - tomber
cápere, cepit - prendre
creáre, creávit - créer (faire)
dare, dedit - donner

dícere, dixit - dire
esse, fuit - être (irrégulier)
exclamáre, exclamávit - crier, s’écrier
expéllere, éxpulit - chasser
fácere, fecit - faire
habére, habuit - avoir

Remarquez que l’avant-dernier e, dans la terminaison -ere, de habere, est un e long. C’est pourquoi il porte l’accent; habére. Les autres verbes en -ere n’ont pas l’accent sur ce e mais sur la voyelle précédente, e.g. cápere. Cette différence d’accentuation nous sera utile plus loin. Les infinitifs en -are et en -ire ont toujours l’accent sur le a et sur le i, comme ceci: -áre et -íre.

Le nominatif des quatrième et cinquième déclinaisons — Il n’y a que deux terminaisons à apprendre. Nous connaissons déjà le nominatif singulier de la quatrième, en -us, et celui de la cinquième, en -es. Le nominatif pluriel de ces déclinaisons est semblable à celui du singulier. Par conséquent, nous connaissons déjà presque toutes les terminaisons des cinq déclinaisons; d’autres formes apparaîtront plus loin.

EXERCEAMUS NOS

María voluit vidére agnum. Agnus voluit vidére scholam. Agnus audívit multas res in schola. Sed agnus non audívit porcos in schola. Porci non fuérunt in schola. Marcus voluit amáre Maríam. María voluit cápere Marcum. Isabella potuit dare pecuniam. Románi potuérunt expéllere Gallos ex urbe. Románi Gallos expulérunt pecunia. Cincinnátus voluit esse bonus. Tarquinius voluit esse rex. Exércitus Románus potuit serváre urbem ab exércitu Gallico. Horatius non potuit timére: Horatius fortis Románus fuit. Ánseres voluérunt serváre Romam. Columbus voluit habére naves bonas. Columbus venit in Américam návibus bonis. Pyrrhus habuit multos elephantos. Pyrrhus etiam fuit bonus consiliis. Magna Graecia fuit in Italia meridionáli. Fuitne Magna Graecia magna? Fuitne alia Graecia? Ubi fuit alia Graecia? Fuitne alia Graecia parva? Non, alia Graecia fuit maior quam (plus grande que) Graecia Magna. Ergo quando Graeci dixérunt quod Magna Graecia fuit magna, non dixérunt veritátem: Magna enim Graecia non fuit maior quam Graecia. Fueruntne nautae in Magna Graecia? Utique (oui), multi nautae fuérunt in Magna Graecia. Multi nautae fuérunt etiam in Graecia. Graeci boni nautae fuérunt. Románi etiam boni nautae fuérunt. Venitne Pyrrhus solus ex Epíro? Non. Non venit solus. Venit cum multis viris aliis. Venit etiam cum multis elephantis. Románi non potuérunt amáre elephantos. Románi timuérunt elephantos. Románi non rogavérunt elephantos veníre in urbem. María non rogávit agnum veníre in scholam. Columbus non rogávit porcos veníre in navem.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Maintenant, nous traduirons quelques phrases, du français au latin. C’est évidemment plus difficile que de passer du latin au français. Il y faut plus d’application mais c’est un exercice excellent.

Marie aima le mouton.
Marie voulut trouver le mouton.
Les Romains vainquirent Pyrrhus.

LECTIO DECIMA

De nomínibus neutrálibus

SOMMAIRE — Il y avait en Afrique du Nord une grosse ville commerciale, Carthage, fondée par les Phéniciens du IXe siècle A.C. (Virgile s’est trompé en disant que Didon fonda Carthage au XIIe siècle A.C.). Leurs navires sillonnaient toutes les mers pour porter au loin leur commerce. Rome n’aimait pas le commerce à cette époque. Par contre, les Carthaginois n’aimaient pas le service militaire. Rome préférait l’agriculture au commerce.

In África septentrionáli fuit urbs magna, Carthágo. Carthaginienses fuérunt mercatóres. Multas naves habuérunt. Mercatúram fecérunt cum multis natiónibus. Carthaginienses boni fuérunt mercatúra. Multam pecuniam habuérunt. Poeta Románus, Vergilius, dixit quod Dido fundávit Cartháginem. Sed veritátem non dixit. Colóni ex Phoenicia fundavérunt Cartháginem. (Phoenicia est terra in Asia.) Vergilius putávit quod Dido fundávit Cartháginem in saéculo duodécimo (XII). Sed Vergilius non dixit veritátem. Colóni ex Phoenicia fundavérunt Cartháginem (probabíliter) saéculo nono (IX) ante Christum. Ergo Vergilius non narrávit veritátem: narrávit fábulam. Quia Carthaginienses venérunt ex Phoenicia, Románi dedérunt aliud nomen: Púnici. Carthaginienses fuérunt Púnici. Púnici misérunt naves in multa maria, in multas terras. Carthaginienses etiam habuérunt exércitum. Sed viri Carthaginienses non voluérunt pugnáre: Carthaginienses voluérunt mercatúram fácere, voluérunt habére multam pecuniam. Mercatóres Púnici venérunt etiam in Siciliam. Multae naves venérunt in mari ad Siciliam. Románi non fuérunt magni mercatúra. Románi amavérunt agros. Románi amavérunt pugnáre et fortes esse. Románi fuérunt boni fortitúdine.

septentrionáli - du nord
mercátor - marchand
mercatúra - commerce
colónus - colon
putávit - pensa
saéculum - siècle
nomen - nom
mare - mer

VOCABULARIUM

(Nous donnons ici les treize verbes dont l’infinitif reste à apprendre. Par contre, nous n’apprendrons, cette fois, que trois noms, pour vous donner une chance.)

iácere, iecit - jeter
inveníre, invénit - trouver
míttere, misit - envoyer
paráre, parávit- préparer
regnáre, regnávit - régner
remanére, remansit - rester

scire, scivit - savoir
scríbere, scripsit - écrire
stare, stetit - se tenir
velle, voluit - vouloir (irr.)
veníre, venit - venir
vidére, vidit - voir
víncere, vicit - vaincre

mare, i - mer
nomen, nómine - nom
saéculum, o - siècle

NUNC COGITEMUS

Noms qui se terminent en -a, au nominatif et à l’accusatif pluriels — Un certain nombre de noms se terminent en -a, au nominatif et à l’accusatif pluriels: ils appartiennent à la deuxième et à la troisième déclinaison. (On en trouve quelques-uns dans la quatrième déclinaison. Nous les verrons plus tard.) Nous n’en avons rencontré que sept depuis le début. Les voici, au nominatif et à l’accusatif singuliers et pluriels.

NOMINATIF
et
ACCUSATIF

Singulier

Pluriel

bellum

bella

consilium

consilia

forum

fora

perículum

perícula

saéculum

saécula

mare

maria

nomen

nómina

Tous ces noms sont de la deuxième déclinaison, sauf mare et nomen. Remarquez que le nominatif et l’accusatif singuliers sont semblables. Il en est ainsi des noms neutres de toutes les déclinaisons. Ce qui veut dire qu’à la seconde déclinaison nous rencontrerons quelques nominatifs en -um, et qu’à la troisième déclinaison l’accusatif singulier peut ne pas être en -em.

Remarquez que le nominatif et l'accusatif pluriels de la deuxième et de la troisième déclinaison se terminent tous par -a. De plus, certains se terminent non seulement par -a mais par -ia. Quand devons-nous employer la terminaison -ia?

A la seconde déclinaison, c’est évident: un nominatif singulier en -um entraîne un nominatif et un accusatif pluriels en -a; un nominatif singulier en -ium entraîne un nominatif et un accusatif pluriels en -ia. Exemple: bellum, bella — consilium, consilia.

A la troisième déclinaison, il faut recourir à un truc pour se tirer d’embarras. Les noms qui se terminent par -e, à l'ablatif singulier, prendront la terminaison -a, au nominatif et à l'accusatif pluriels. Les noms qui se terminent par -i, à l'ablatif singulier, prendront la terminaison -ia, au nominatif et à l'accusatif pluriels. Exemple: nomen, nomine, nomina, — mare, mari, maria.

EXERCEAMUS NOS

Románi multa bella habuérunt primis saéculis. Senátus Románus habuit multa consilia bona. Et Roma etiam habuit fora multa. Quia Roma multa bella habuit, etiam habuit multa perícula. Románi habuérunt perícula in pugnis. Etiam habuérunt perícula in mari. Románi enim misérunt naves in multa maria. Carthaginienses etiam misérunt naves in multa maria. Carthaginienses boni mercatúra fuérunt. Sed Románi viri fortes fuérunt. Nomen Románum magnum fuit. Columbus etiam habuit nomen magnum. Et agnus albus habuit nomen magnum. Agnus albus venit in scholam: multi agni non potuérunt veníre in scholam. Tarquinius voluit regnáre in terra Romána. Sed non potuit remanére in terra Romána. Románi potuérunt expéllere Tarquinium. Exércitus Etruscus venit ad urbem. Sed non potuérunt víncere exércitum Románum. Columbus potuit inveníre Américam. Isabella rogávit eum (lui) inveníre Indiam. Columbus non potuit scire Indiam. Non potuit stare in India. Stetit in América. Sed non potuit vidére Canadam in América. Canada non fuit in América quando Columbus venit. Columbus non potuit iácere pecuniam in mare: Columbus non habuit pecuniam. Senátus voluit míttere Romános viros in Graeciam. Viri voluérunt vidére leges Graecas. Leges Graecae fuérunt bonae. Elephanti sunt in África. Suntne elephanti in América? Utique, elephanti sunt in Circo. Elephanti sunt animalia magna. Animal magnum est bonum. Marcus est vir fortis. Sed non potuit iácere elephantum. Sed Marcus potest (peut) stare in navi. Marcus bonus nauta fuit. Mali nautae non potuérunt stare in návibus.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Les Romains furent en danger.
Marc put venir à la ville.
Marc a dit que Colomb fut bon.

LECTIO UNDECIMA

De concordia adiectívi cum substantívo

SOMMAIRE — Il y eut trois guerres puniques. Les Mamertins, une troupe de brigands contrôlant Messine, étaient en guerre avec Hiéron de Syracuse. Les Mamertins demandèrent l’aide de Rome. Cela voulait dire la guerre avec Carthage, qui avait des intérêts commerciaux en Sicile. Carthage, grande puissance maritime, eut l’avantage pendant un certain temps mais Rome la supplanta et gagna la guerre.

Roma gessit tria (III) bella cum Carthágine. Fuérunt ergo tria bella Púnica. Bellum Púnicum est bellum Carthaginiense. Primum bellum Púnicum venit in medio saéculo tertio (III) ante Christum. Messána fuit urbs in Sicilia. Viri mali regnavérunt in Messána. Nomen eórum fuit Mamertíni. Mamertíni pugnavérunt cum Hieróne. Híero fuit rex in alia urbe in Sicilia. Híero fuit rex Syracusárum. Ergo Mamertíni, viri mali, pugnavérunt cum rege Syracusárum. Mamertíni in perículo fuérunt. Mamertíni misérunt legátos ad senátum Románum. Legáti rogavérunt senátum míttere auxilium. Románi misérunt exércitum ad Mamertínos. Sed Carthaginienses non voluérunt Romános esse in Sicilia. Carthaginienses voluérunt mercatúram fácere in Sicilia. Ergo voluérunt expéllere Romános. Ítaque Románi bellum gessérunt cum Carthaginiénsibus. Primum bellum Púnicum fuit. Púnici habuérunt multas et bonas naves. Románi non habuérunt bonas naves. Sed Románi fecérunt naves multas. Misérunt viros fortes multos in naves. Carthaginienses non habuérunt multos fortes viros in návibus. Ergo Románi potuérunt víncere Carthaginienses. Púnici non remansérunt in Sicilia. Púnici dedérunt pecuniam multam. Ítaque Románi vicérunt Carthaginem in primo bello Púnico. Vicérunt anno ducentésimo quadragésimo primo (241) ante Christum. Carthaginienses non amavérunt Romános. Odérunt Romános. Sed Románi laeti fuérunt. Habuérunt victoriam egregiam.

gessit - fit (la guerre)
in medio saéculo tertio - au milieu du troisième siècle
eórum - d’eux
Syracusárum - de Syracuse
auxilium - aide
mercatúra - commerce
ítaque - c’est pourquoi
odit - déteste
laetus - content
egregius - remarquable

VOCABULARIUM

gérere, gessit - faire (la guerre)
(odisse), odit - haïr
(odit n’a pas d’infinitif présent, mais seulement passé)

ítaque - c’est pourquoi

auxilium, o - aide
egregius, a, um - remarquable
laetus, a, um - content
victoria, a - victoire

NUNC COGITEMUS

L’adjectif medius, a, um — Remarquez l’expression suivante: in medio saéculo tertio, au milieu du troisième siècle. Le mot médius, en latin, est un adjectif. Quand il accompagne un nom, nous devons ajouter l’article de, du ou des, en français, entre le mot milieu et le nom qui le suit; nous dirons donc: au milieu de - du - des.

Le genre — Il y a trois genres en latin: le masculin, le féminin et le neutre. En toute langue, le genre grammatical est d’abord déterminé par le sexe de l’être vivant, puis par l’usage. Il en est de même en français et en latin. En plus du genre masculin ou féminin, que nous connaissons en français, il existe un troisième genre, en latin: le neutre, celui des objets inanimés. Mais il faut remarquer qu’en latin, l’espèce, la forme et la déclinaison du nom déterminent aussi le genre. Ainsi, les noms d’arbres sont féminins. Nous n’avons pas à apprendre un à un les genres des noms latins. Quelques règles pratiques nous aideront à déterminer le genre de la plupart des noms latins. Les voici:

  1. Tous les noms de la première déclinaison sont féminins, sauf s’ils désignent clairement un être du sexe masculin. Exemple: nauta (matelot) est évidemment masculin.

  2. Les noms de la deuxième déclinaison qui se terminent par -um sont neutres; les autres, masculins. Exemple: bellum est neutre, agnus est masculin.

  3. A la quatrième déclinaison, les noms en -us sont masculins, à l’exception de domus (maison) et manus (main, troupe).

  4. Les noms de la cinquième déclinaison sont tous féminins, excepté dies, qui est masculin.

  5. Les noms de la troisième déclinaison qui se terminent par -a, -n, -t (ayant tous l’ablatif en -e) ou par -e, -al, -ar (ayant tous l’ablatif en -i) sont neutres. Mais il n’y a pas de règle unique pour distinguer les masculins des féminins, à la troisième déclinaison; il n’y a qu’un moyen: apprendre le genre de chaque nom.

Dans le Vocabularium, nous indiquerons le genre de tous les noms de la troisième déclinaison (et de tous ceux dont le genre n’est pas évident) au moyen d’un adjectif (1).

(1) "C’est l’adjectif qui seul indique d’une manière non ambiguë le genre masculin ou féminin du substantif" A. ERNOUT, Morphologie historique du latin, 3e éd. revue et corrigée. Paris, Klincksieck, 1953, p. 1).

Il est plus facile de retenir deux mots associés que le genre seul. La terminaison de l’adjectif révélera le genre du nom. A titre d’exemples, voici les noms de la troisième déclinaison que nous avons rencontrés jusqu’ici:

bonus civis:

la terminaison -us est masculine (règle 2)

bona lex:

la terminaison -a est féminine (règle 1)

magnum mare:

la terminaison -um est neutre (règle 2)

bonum nomen:

neutre

magna navis:

féminin

bonus pons:

masculin

magna potestas:

féminin

bonus rex:

masculin

magna urbs:

féminin

magna véritas:

féminin

Accord de l’adjectif avec le nom — La liste des terminaisons que nous venons de voir nous amène à étudier une autre règle. Elle ne nous embarrassera pas, car nous l’avons rencontrée au cours des histoires précédentes. La voici: L’adjectif s’accorde avec le nom: 1- en genre, 2- en nombre, 3- en cas. Prenons bonus civis. Le nom civis est masculin, bonus l’est aussi. (Le nom civis est au singulier, bonus l’est aussi.) Civis est au nominatif, bonus l’est aussi. Mais remarquez que bonus NE s’accorde PAS avec civis quant à la déclinaison; bonus suit la deuxième déclinaison pour le masculin et le neutre, et la première pour le féminin, mais il NE suit JAMAIS la troisième déclinaison.

Il y a deux classes d’adjectifs:

  1. celle de bonus, qui possède trois terminaisons et suit les deux premières déclinaisons des substantifs:

    • la deuxième pour le masculin (sur agnus),

    • la première pour le féminin (sur nauta),

    • la deuxième pour le neutre (sur bellum, voir la leçon 10);

  2. celle de la troisième déclinaison, qui suit en tout (pour les trois genres) la troisième déclinaison.

Donc, la classe de bonus prend les terminaisons de la première et de la deuxième déclinaison; la classe de la troisième déclinaison ne prend que les terminaisons de la troisième déclinaison. Nous connaissons presque toutes les terminaisons. Mais repassons, aujourd’hui, celles de la classe de bonus. A la leçon 13, nous verrons la classe de la troisième déclinaison. Voici toutes les terminaisons de bonus (nous les connaissons toutes):

Masculin

Féminin

Neutre

S

P

S

P

S

P

Nom.

bonus

boni

bona

bonae

bonum

bona

Acc.

bonum

bonos

bonam

bonas

bonum

bona

Abl.

bono

bonis

bona

bonis

bono

bonis

Dans le Vocabularium, nous présenterons tous les adjectifs de la classe de bonus de la façon suivante:

bonus, a, um.

Ces trois formes sont celles du nominatif singulier, masculin, féminin et neutre.

Maintenant, pour vous habituer à cette idée d’accord…​

EXERCEAMUS NOS

Roma habuit cives bonos, Roma vicit Cartháginem magnis návibus. Columbus dixit veritátem magnam. Senátus Románus scripsit leges bonas. Naves multae fuérunt in mari magno. Carthágo magna fuit mercatúra multa (les deux derniers mots sont à l’ablatif). Románi expulérunt regem malum. Agnus albus venit in bonam scholam. Mundus est magnus. Románi gessérunt bella multa. Románi odérunt malos cives. Románi voluérunt esse magni. Románi habuérunt nomen bonum. Híero non fuit rex malus. Sed Tarquinius non est rex bonus. Románi iecérunt ignem in magnum pontem. Románi vicérunt potestáte magna. Puella non est parva. Sed agnus parvus est. Carthaginienses voluérunt habére pecuniam multam. Voluérunt habére mercatúram magnam. Boni mercatúra fuérunt. Bello Púnico primo, Románi fecérunt multas naves bonas. Bonae naves fuérunt in máribus multis. Senátus Románus dedit multa egregia consilia. Románi venérunt in urbem magnam. Urbs Romána bona fuit. Carthágo etiam fuit bona urbs.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Colomb sut une grande vérité.
Isabelle eut beaucoup d’argent.
Rome eut de grands citoyens.

LECTIO DUODECIMA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE — Après la première guerre punique, Carthage avait besoin d’argent et de commerce: elle avait payé une forte indemnité à Rome. Hamilcar, père d’Hannibal, alla en Espagne comme général. Hannibal y alla avec lui. D’après la légende, Hannibal posa sa main sur l’autel et jura une haine éternelle à Rome. Lorsqu’il devint général, Hannibal attaqua Sagonte, une ville amie de Rome. Rome demanda le rappel d’Hannibal. On refusa. C’est de nouveau la guerre.

Post bellum Púnicum primum pax fuit. Sed Carthaginienses non habuérunt pecuniam multam. Roma enim accépit aurum multum a Carthaginiénsibus post bellum primum. Carthágo ergo non habuit multum aurum. Necesse fuit inveníre terras novas. Necesse fuit veníre in Hispaniam. Quia in Hispania fuit aurum multum. Et mercatóres Carthaginienses potuérunt fácere mercatúram multam in Hispania. Hánnibal fuit puer Carthaginiensis. Pater Hanníbalis (d’Hannibal) fuit imperátor Carthaginiensis magnus. Pater Hamilcar fuit. Hamilcar fuit vir fortis, et imperátor bonus. Hamilcar fuit bonus consiliis. Románi narravérunt fábulam de Hanníbale. Dixérunt quod Hánnibal, quando in Hispania fuit cum patre Hamílcare, posuit manum in altáre et promísit odium aeternum contra Romános. Fuitne véritas in fábula? Nescímus (nous ne savons pas). Sed Hánnibal, quando vir fuit, gessit bellum magnum cum Románis. Urbs magna fuit in Hispania: nomen urbis (de la ville) fuit Saguntum. Hánnibal voluit cápere Saguntum. Sed Saguntíni amavérunt Romános. Et Románi amavérunt Saguntínos. Ergo Saguntíni misérunt legátos ad Romános. Legáti venérunt in senátum Románum. Legáti Saguntíni rogavérunt auxilium. Rogavérunt Romános veníre exércitu magno. Ergo Románi misérunt legátos in senátum Carthaginiensem. Legáti Románi dixérunt quod necesse fuit revocáre Hanníbalem. Sed Carthaginienses non revocavérunt Hanníbalem. Carthágo odit Romam. Ergo Románi misérunt exércitum magnum contra Hanníbalem. Ítaque gessérunt bellum Púnicum secundum.

pax - paix
accépit - reçut
aurum - or
post - après
necesse - nécessaire
Hispania - Espagne
puer - enfant
pater - père
imperátor - général (d’armée)
posuit - posa
manus - main
altáre - autel
promísit - promit
odium - haine
aeternum - éternelle
contra - contre
revocáre - rappeler

VOCABULARIUM

accípere, accépit - recevoir
pónere, posuit - poser, placer
promíttere, promísit - promettre

contra (avec l’accusatif) - contre
post (avec l’accusatif) - après

aurum, o - or
bonus imperátor, ore - général d’armée
parva manus, u - main
necesse (seule forme) - nécessaire
odium, o - haine
bonus pater, patre - père
bona pax, pace - paix
puer, púero - enfant

ITERUM VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Comment dites-vous en latin: vaincre, tomber, faire, être, donner, prendre, vouloir, envoyer, savoir, jeter?

  2. Donnez la forme correcte de magnus pour chacun des mots suivants:

    1. (ablatif) návibus, légibus, potestátibus, imperatóribus, úrbibus;

    2. (accusatif) reges, maria, pontes, veritátes, consilia, nómina.

  3. Comment dites-vous en latin: ils prirent, ils firent, ils donnèrent, il eut, il trouva, ils voulurent, il posa, ils firent (la guerre)?

NUNC EXERCEAMUS NOS

Hánnibal promísit odium aeternum contra Romános. Románi accepérunt victoriam egregiam. Nomen Románum magnum fuit. Románi non magni fuérunt mercatúra. Sed Carthaginienses magni fuérunt mercatúra. Románi magni fuérunt bello et victoriis. Mercatóres amavérunt habére multum aurum in mánibus. Non est necesse habére aurum multum. Aurum est bonum, sed non est necesse habére aurum. Románi habuérunt bellum cum Carthágine saéculo tertio (III) ante Christum. Pater Hanníbalis fuit imperátor bonus. Columbus posuit aurum multum in naves. Agni enim non amavérunt mare. Agni non fuérunt nautae. Fuitne María nauta? Non, sed Marcus fuit nauta. Et Columbus fuit nauta. Columbus potuit inveníre Américam. Columbus vidit Isabellam in Hispania. Post bellum, Carthaginienses voluérunt inveníre pacem. Pax est bona. Románi non potuérunt habére pacem aeternam. Quando fuit pax in terra Romána? Fere semper bellum fuit. Románi non odérunt bellum. Sed bellum habére fuit necesse. In rebus humánis, pax non semper est. Carthaginienses non semper dixérunt veritátem. Sed etiam Románi non semper dixérunt veritátem. Románi amavérunt veritátem. Sed Románi non semper potuérunt inveníre veritátem. Románi misérunt legátos in senátum Carthaginiensem. Sed Carthaginienses etiam misérunt legátos. Volueruntne Carthaginienses habére pacem? Habuitne Hánnibal elephantos? Utique, Hánnibal habuit multos elephantos. Hánnibal misit multos elephantos contra Romános in pugnis. Sed Románi non timuérunt elephantos. Románi viri fortes fuérunt. Románi potuérunt víncere elephantos. Románi laeti fuérunt, quia victoriam habuérunt.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Quand Hannibal vint-il?
Hamilcar dit que Rome fut mauvaise.
Mais Rome voulut la paix.

LECTIO DECIMA TERTIA

De adiectívis tertiae declinatiónis
De témpore plusquam perfecto

SOMMAIRE — Sagonte tomba. Les soldats pillèrent la ville. Puis ils traversèrent l’Espagne en passant par les Pyrénées et la Gaule; après bien des batailles, ils arrivèrent aux Alpes. Les soldats commencèrent à les franchir, mais seulement après qu’Hannibal eut calmé leurs craintes. En descendant, ils arrivèrent a une falaise abrupte. Comme ils ne pouvaient l’éviter, ils chauffèrent le roc, y répandirent du vinaigre et (rapporte la légende) ouvrirent un chemin. Alors tous, même les éléphants, purent descendre.

Saguntum cécidit. Mílites Púnici venérunt in urbem. In urbe cepérunt multum aurum. Etiam cepérunt alia bona. Sed Hánnibal non voluit remanére. Hánnibal voluit veníre in terram Románam. Ergo Hánnibal et mílites fecérunt iter. Venérunt per Hispaniam. Venérunt trans montes Pyrenaeos in Galliam. Sed Hánnibal non remansit in Gallia. Voluit vidére Romam. Necesse fuit pugnáre fortitúdine magna. Hánnibal ergo, cum milítibus, iter fecit per Galliam. Venérunt ad Alpes. Alpes sunt montes magni. Mílites timuérunt Alpes. Sed Hánnibal fortis fuit. Hánnibal dixit quod non fuit necesse timére Alpes. Mílites laudavérunt Hanníbalem. Non iam timuérunt Alpes. Ítaque ascendérunt montes. Exércitus Románus voluit pugnáre cum Hanníbale in Gallia. Sed non potuérunt, quia Hánnibal non remansit in Gallia. Hánnibal et mílites ascendérunt Alpes. Etiam elephanti venérunt cum Hanníbale et exércitu Púnico. Sed in Álpibus venérunt ad rupem arduam. Mílites non potuérunt descéndere. Elephanti non potuérunt descéndere. Historia Romána scripsit fábulam magnam de rupe ardua. Fábula dixit quod mílites Púnici fecérunt viam in rupe: ignem posuérunt in rupe - rupes mollitur (est fondue) acéto - ítaque viam fecérunt in rupe. Estne véritas in fábula? Probabíliter non est véritas in fábula. Sed - fábula dixit - Hánnibal et exércitus Púnicus descendérunt cum elephantis per viam in rupe.

miles - soldat
bona - biens
iter - voyage
per - à travers
mons - montagne
trans - au-delà
laudávit - loua
non iam - ne…​plus
ascendit - gravirent
rupes ardua - rocher abrupt
descéndere - descendre
de - au sujet
via - chemin
ignis - feu
acétum - vinaigre
probabíliter - probablement

VOCABULARIUM

de (avec l’ablatif) - au sujet de, à partir de
non iam - ne…​ plus
per (avec l’accusatif) - à travers

magnum iter, itínere - voyage
bonus miles, mílite - soldat
magnus mons, monte - montagne
acer, acris, acre, acri - vif, aigu, tranchant
ferox, feróci - cruel, féroce
fortis, e, i - courageux, fort
via, via - chemin, route

NUNC COGITEMUS

Adjectifs de la troisième déclinaison — La plupart des adjectifs de cette catégorie se déclinent sur fortis:

Singulier

Pluriel

Masc. et fém.

Neutre

Masc. et fém.

Neutre

Nominatif

fortis

forte

fortes

fortia

Accusatif

fortem

forte

fortes

fortia

Ablatif

forti

forti

fórtibus

fórtibus

Remarquez qu’au nominatif singulier fortis a deux formes: fortis et forte. Si nous retenons cela, et aussi que l’ablatif est en -i (comme à peu près tous les adjectifs de la 3e déclinaison), nous pouvons découvrir le reste. Car nous savons que le nominatif pluriel neutre sera en -ia. Si nous utilisons la règle connue, d’après laquelle l’accusatif, au neutre, est semblable au nominatif, et au singulier et au pluriel, nous saurons tout de suite que l’accusatif singulier neutre sera forte et le pluriel neutre fortia. Au nominatif singulier, la forme fortis sert pour le masculin et le féminin.

Cependant, quelques adjectifs de la troisième déclinaison ont trois formes au nominatif singulier, comme acer, acris, acre, que nous rencontrons dans le Vocabularium de cette leçon. Alors, que se passe-t-il? Rien de bien différent: cet adjectif suit fortis en tout, et il a, en plus, une forme particulière au nominatif masculin singulier: acer.

Les autres formes suivent celles de fortis, forte.

D’autres adjectifs de la troisième déclinaison n’ont qu’une forme au nominatif singulier, ferox par exemple. La même forme sert pour les trois genres. Comment se déclinent-ils? Nous n’avons qu’à employer les règles connues, et il est impossible de se tromper: l’accusatif singulier masculin et féminin sera ferócem, le neutre sera ferox (comme au nominatif). A l’accusatif pluriel nous aurons: feróces et ferocia (tout comme au nominatif). Pour rendre la chose plus facile, mettons-la en tableau:

Singulier

Pluriel

Masc. et fém.

Neutre

Masc. et fém.

Neutre

Nominatif

ferox

ferox

feróces

ferocia

Accusatif

ferócem

ferox

feróces

ferocia

Ablatif

feróci

feróci

ferócibus

ferócibus

Par conséquent, trois sortes d’adjectifs suivent la troisième déclinaison. Mais il n’y a pas de problème, car seul le nominatif singulier diffère: il peut avoir une, deux ou trois formes.

DANS LE VOCABULARIUM NOUS DONNERONS TOUTES LES FORMES DU NOMINATIF SINGULIER (UNE, DEUX OU TROIS, SELON LES CAS) DE TOUS LES ADJECTIFS DE LA TROISIEME DECLINAISON.

Le plus-que-parfait — Comment disons-nous: il était venu? C’est très simple. Prenez venit qui signifie: il vint, et changez le -it en -erat; avec -erant nous aurons: ils étaient venus. Donc,

vénerat - il était venu

vénerant - ils étaient venus

Nous pouvons faire le même changement avec tous les verbes. Nous appelons ce temps le plus-que-parfait. Dans la série du passé, il se trouve un cran plus loin que le passé simple (dixit).

Adjectifs employés comme nom — A la septième leçon, nous avons vu que nous pouvons employer un adjectif au masculin, sans aucun nom. Mais en français, nous avons ajouté un nom comme: peuples, hommes. Nous allons voir maintenant que nous pouvons faire la même chose avec la forme neutre de l'adjectif. Donc,

bonum

signifie

une chose bonne

malum

"

une chose mauvaise

bonus

"

un homme bon

malus

"

un homme mauvais

boni

"

des hommes bons

bona

"

des choses bonnes

Nous pouvons continuer de la sorte et c’est toujours aussi facile.

EXERCEAMUS NOS

Hánnibal habuit odium acre contra Romános. Románi vícerant Cartháginem in primo bello Púnico. Ergo Carthaginienses feróces fuérunt. In primo bello, Púnici fúerant boni mílites. Hánnibal venit cum exércitu trans montes. Mílites voluérunt aurum multum accípere. Hánnibal promíserat multum aurum. Ergo mílites laeti fuérunt, quando cepérunt Saguntum. Exércitus Románus venit contra Hanníbalem, Senátus misit mílites egregios. Mílites egregii fortitúdine fuérunt. In primo bello Púnico, mílites Románi fúerant in návibus: nunc sunt in Gallia. Sed non potuérunt inveníre Hanníbalem in Gallia. Quia Hánnibal vénerat ad Alpes. Hánnibal fécerat vias multas in rupe ardua. Mílites posúerant acétum in rupe. Elephanti laeti fuérunt: elephanti non voluérunt remanére in Alpibus. Elephanti amavérunt Africam. Elephanti timuérunt ignem. Sed mílites non timúerant ignem. Agnus albus non amávit ignem. Horatius non amávit ignem. Ignis cecíderat in pontem, et Horatius cécidit in aquam. Columbus non odit Isabellam. Isabella déderat pecuniam et naves. María non odit agnum album: agnus albus vénerat in scholam cum María. In schola María víderat Marcum. Marcus non odit Maríam. Et María non odit Marcum.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Marc vit les cruels soldats.
La bataille fut vive.
Il vint avec des hommes courageux.

LECTIO DECIMA QUARTA

De voce passíva in témpore perfecto

SOMMAIRE — Après avoir traversé les Alpes, Hannibal gagna une petite victoire sur Scipion à la rivière du Tessin. Sempronius prit alors le commandement de l’armée romaine. Sempronius était téméraire et impatient, et Hannibal le savait: il lui tendit un piège. Il fit manger ses hommes de bonne heure, et envoya des cavaliers au-delà de la Trébie pour attirer les Romains de l’autre côté. Les Romains n’avaient pas mangé; ils entrèrent dans l’eau froide et essayèrent alors de combattre. D’autres Carthaginois vinrent les prendre par derrière. Hannibal anéantit presque toute l’armée romaine.

Hánnibal et exércitus Púnicus descénderant ex Alpibus. Vénerant in Italiam. In Italia invenérunt exércitum Románum ad flumen Ticínum. Scipio fuit imperátor Románus. Scipio fuit imperátor egregius et acer. Sed Hánnibal vicit Scipiónem et exércitum Románum. Nunc imperátor Románus est Sempronius. Hánnibal scivit quod Sempronius fuit impatiens. Hánnibal ergo fecit insidias. Hánnibal dedit cibum milítibus (aux soldats). Sed mílites Románi non accéperant cibos. Hánnibal ergo misit équites (postquam cibum acceperant) trans flumen Trebiam. Sempronius vidit equites. Románi mílites non accéperant cibum. Sed Sempronius misit mílites Romános contra équites Púnicos. Románi venérunt per flumen. Aqua frígida fuit, et Románi non habúerant cibos. Équites Púnici habúerant cibos ante pugnam. Postquam Románi venérunt trans flumen, necesse fuit pugnáre cum milítibus Púnicis. Pugna ferox fuit. Mílites Púnici acres sunt, sed mílites Románi non accéperant cibos: vénerant per flumen frígidum. Alii mílites Púnici venérunt post Romános. Ergo Románi non potuérunt víncere Púnicos. Hánnibal habuit victoriam egregiam. Non multi Románi remansérunt post pugnam. Románi non fuérunt laeti. Sed mílites Púnici exclamavérunt, quia laeti fuérunt.

ad - près de
flumen - fleuve
impatiens - impatient
insidiae - piège
cibus - nourriture
équites - cavaliers
trans - à travers
frígidus - froid

VOCABULARIUM

trans (avec l’accusatif) - à travers

cibus - nourriture
bonus eques, équite - cavalier
magnum flumen, flúmine - fleuve
frígidus, a, um - froid
insidiae, is (pluriel seulement) - piège

NUNC COGITEMUS

Le parfait passif — Au moyen des formes verbales que nous connaissons déjà, nous pouvons exprimer certaines choses, par exemple: L’armée romaine vainquit ou l’armée romaine a vaincu. En latin, les deux se rendent par: Románus exércitus vicit. Mais supposons que l’armée romaine perde! Nous devrons dire alors: L’armée romaine fut vaincue ou l’armée romaine a été vaincue.

Remarquez la tournure française: nous avons dû ajouter un mot dans chacune des deux phrases françaises. Nous avons ajouté les mots en caractères gras. Veuillez étudier soigneusement ces formes, elles ne sont pas difficiles. Celles qui viennent en premier lieu et que nous avons traduites par des formes ressemblant à vicit, s’appellent actives: elles signifient que l’armée romaine (ou un autre sujet) agit, fait l’action. Celles qui viennent en second lieu expriment le contraire et les rôles sont renversés: l’armée romaine ne fait plus l’action, mais elle la subit. C’est toute une différence! En français, il n’est pas très difficile d’apprendre à distinguer les formes actives des formes passives. En latin, c’est encore plus facile. En latin, la forme active est: vicit (au pluriel vicerunt). La forme passive est: victus est (au pluriel victi sunt).

Comment obtenir ces formes en latin? Nous devons apprendre une nouvelle forme du verbe: elle s’appelle le participe passé. Nous l’employons comme un adjectif avec est ou sunt.

En effet, le mot participe signifie qui prend part à, mais à quoi? Le participe est hybride. Il est moitié verbe: il exprime donc l’idée de quelque chose qui est fait. Il est moitié adjectif: ses terminaisons ressemblent donc à celles d’un adjectif. Par exemple, si je veux dire: Les soldats romains ont été vus, je traduirai: Mílites Románi visi sunt. Visus, le participe, est moitié adjectif: il s’accorde donc avec le sujet, mílites. Mais avec le sujet puellae, (fille), nous aurions: Puellae visae sunt. Ou, pour une seule fille: Puella visa est.

Le parfait passif, à la troisième personne du singulier et du pluriel, est donc formé de deux mots:

  1. le participe troisième forme du verbe;

  2. est ou sunt (du verbe esse).

Les participes pris comme adjectifs — Parfois, ces participes sont employés sans est ou sunt, comme simples adjectifs. Par exemple, exércitus victus peut signifier: l’armée vaincue; fábula scripta peut signifier: une légende écrite.

Les formes de verbes déjà apprises — Nous devons apprendre les participes passés des verbes que nous connaissons déjà. Pour la commodité, nous en dresserons une liste ci-dessous. Et pour que ce soit plus facile, nous donnerons seulement une moitié de la liste à apprendre dans la leçon 15, l’autre moitié dans la leçon 16. Nous n’apprendrons aucune forme nouvelle dans ces leçons. Certains verbes n’ont pas de participe passé, parce que d’ordinaire ils ne s’emploient pas au passif. Dans ces cas, le participe passé est remplacé par le participe futur actif (s’il existe) et nous le signalerons par un astérisque *. Vous n’avez pas à apprendre le futur actif tout de suite, sauf si vous le désirez. Mais nous en aurons besoin un jour.

Infinitif

Parfait actif

Participe passé

Sens

accípere

accépit

acceptus

recevoir

amáre

amávit

amátus

aimer

audíre

audívit

audítus

entendre

cádere

cécidit

* casúrus

tomber

5

cápere

cepit

captus

prendre

creáre

creávit

creátus

créer, faire

dare

dedit

datus

donner

dícere

dixit

dictus

dire

esse

fuit

* futúrus

être

10

exclamáre

exclamávit

exclamátus

crier

expéllere

éxpulit

expulsus

chasser

fácere

fecit

factus

faire

gérere

gessit

gestus

porter, faire

habére

habuit

hábitus

avoir

15

iácere

iecit

iactus

jeter, lancer

inveníre

invénit

inventus

trouver

míttere

misit

missus

envoyer

(odisse)

odit

* osúrus

haïr

paráre

parávit

parátus

préparer

20

pónere

posuit

pósitus

poser, placer

posse

potuit

pouvoir

promíttere

promísit

promissus

promettre

regnáre

regnávit

regnátus

régner

remanére

remansit

* remansúrus

rester

25

rogáre

rogávit

rogátus

demander

scire

scivit

scitus

savoir

scríbere

scripsit

scriptus

écrire

serváre

servávit

servátus

sauver, conserver

stare

stetit

* statúrus

être debout

30

timére

timuit

craindre

velle

voluit

vouloir

veníre

venit

* ventúrus

venir

vidére

vidit

visus

voir

víncere

vicit

victus

vaincre

Vous apprendrez bientôt à reconnaître certaines formes constantes dans les verbes. Remarquez, entre autres, le retour fréquent des terminaisons suivantes: -áre, -ávit, -átus. Et celles-ci également: -íre, -ívit, -ítus. Relevez, dans la liste donnée, tous les verbes qui ont ces formes.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Románus exércitus victus est. Columbus missus est in Américam. Agnus albus non est missus in scholam. Sed agnus venit in scholam. María est missa in scholam. Porci non sunt missi in scholam. Pecunia pósita est in naves. Pecunia accepta est. Galli expulsi sunt e terra Romána. Bellum est promissum. Hánnibal non est captus. Bellum est gestum in Gallia. Mílites expulsi non fuérunt laeti. María est amáta. María etiam amávit Marcum. Marcus amátus est a (par) María. María amáta est a Marco. Iacóbus Cartier amátus est a cívibus Canadae. Cincinnátus amátus est a cívibus Románis. Cincinnátus Romam servávit consiliis bonis. Roma serváta est a Cincinnáto. Pax non promissa est ab Hanníbale. Hánnibal promisit odium aeternum et bellum. Bellum gestum est ab Hanníbale. Hánnibal non captus est a Románis.

DU FRANÇAIS AU LATIN

L’armée punique fut envoyée en Gaule.
Beaucoup d’or fut trouvé.
Les cavaliers furent entendus.

LECTIO DECIMA QUINTA

De participiis passívis

SOMMAIRE — Une année après la bataille de la Trébie, Hannibal vainquit Flaminius. Flaminius ne pensait pas qu’Hannibal traverserait les Apennins au printemps. Mais Hannibal le fit et vint se placer entre Flaminius et Rome. Flaminius le poursuivit, et Hannibal, pour lui tendre un piège, l’entraîna dans un défilé étroit près du lac Trasimène. L’armée romaine fut anéantie.

Románus exércitus victus est ab Hanníbale ad flumen Trebiam. In próximo anno, Hánnibal fecit aliam magnam victoriam. Iam alius consul fuit imperátor Románus. Hic consul fuit Gaius Flaminius. Gaius Flaminius dixit quod Hánnibal non potuit veníre trans montes Apennínos, quia nix fuit in móntibus. Sed Hánnibal non timuit nivem. Hánnibal venit cum exércitu trans montes. Venit inter Flaminium et Romam. Roma timuit. Flaminius timuit. Non voluérunt Hanníbalem cápere Romam. Flaminius ergo venit ad pugnam. Sed Hánnibal rursus fecit insidias. Hánnibal amávit pugnáre insidiis. Flaminius et exércitus Románus venérunt per angustias. Hánnibal posúerat mílites Púnicos post angustias in insidiis. Ítaque quando exércitus Románus venit ex angustiis, invenérunt mílites Púnicos in insidiis. Mílites Púnici fuérunt ante et etiam post exércitum Románum. Románi mílites pugnavérunt. Viri fortes fuérunt. Sed non potuérunt víncere mílites Púnicos. Púnici enim fuérunt ante Romános. Et etiam fuérunt post Romános. Románi mílites vix potuérunt vidére mílites Púnicos, quia nébulae fuérunt ad Lacum Trasímenum. Ergo exércitus Románus fortis victus est ab Hanníbale. Hánnibal rursus vícerat Romános. Hánnibal fuit imperátor bonus et fortis.

próximus - prochain, suivant
iam - maintenant
trans - à travers, au-delà
nix - neige
inter - entre
insidiae - piège
angustiae - défilé
vix - à peine, difficilement
nébula - brume, brouillard
lacus - lac

VOCABULARIUM

Apprenez les formes des 17 premiers verbes de la leçon 14.

NUNC COGITEMUS

Rien de vraiment nouveau aujourd’hui: assimilons ce que nous avons appris dans la dernière leçon. Mais il serait bon de remarquer le nouveau sens que la préposition a, ab peut avoir: employée avec un verbe passif, elle signifie par. Nous en avons déjà vu plusieurs exemples, comme Exércitus victus est ab Hanníbale (l’armée fut vaincue par Hannibal).

NUNC EXERCEAMUS NOS

Marcus victus est a María. Marcus enim amávit Maríam. Marcus dixit quod María fuit agna parva. Dixitne María baa? Non. Et María etiam dixit quod Marcus fuit agnus parvus. María amáta est a Marco. In schola, parvus agnus albus audítus est; dixit enim: baa. Et in foro, hic parvus porcus audítus est: dixit enim: OUI! Cincinnátus est creátus dictátor. Sed Cincinnátus non voluit esse dictátor. Multa (beaucoup de choses) dicta sunt a Cincinnáto. Multa dicta sunt a senátu Románo. Sed Cincinnátus etiam fecit multa et magna. Multa et magna facta sunt a Cincinnáto. Cincinnátus fuit magnus fortitúdine et consiliis. Tarquinius expulsus est a Románis. Tarquinius voluit remanére in urbe, sed non acceptus est. Pecunia non est hábita a Columbo. Sed pecunia est hábita ab Isabella. Isabella dedit multas naves bonas. Horatius stetit in ponte Románo. Pons factus est a Románis. Sed ignis est iactus in pontem. Et pons cécidit in flumen. Románus exércitus venit in insidias ad Lacum Trasímenum. Hánnibal vicit Romános insidiis. Multi Románi iacti sunt in lacum. Exércitus Románus audítus est ab Hanníbale. Sed exércitus Púnicus non est audítus a Románis: Púnici enim fuérunt in insidiis. Multa bona consilia facta sunt a senátu Románo. Multi mílites feróces fuérunt in exércitu Púnico. Hánnibal et elephanti descendérunt via. Elephanti non fuérunt animalia parva. Elephanti fecérunt itínera magna: venérunt enim trans Alpes cum Hanníbale. Potuitne Hánnibal iácere elephantum trans Alpes? Non. Hánnibal fuit vir fortis. Fuit etiam imperátor fortis. Sed etiam imperátor fortis non potuit iácere elephantos. Sed Hánnibal potuit iácere agnum in flumen. Et etiam potuit iácere alia animalia. Mahomet voluit montem veníre: sed mons non venit. Ergo Mahomet venit ad montem. Potuitne Iacóbus Cartier iácere pecuniam trans flumen? Utique, senátus enim Canadensis potuit etiam iácere pecuniam trans océanum Atlánticum.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Cincinnatus fut prié de venir.
Marc parut (i.e. fut vu) aimer Marie.
La légende fut écrite.

LECTIO DECIMA SEXTA

Iterum nihil novi hodie: sed studeámus participiis passívis

SOMMAIRE — Après le désastre du lac Trasimene, Q. Fabius Maximus fut nommé dictateur. Il savait qu’il ne pouvait risquer une bataille rangée; il se contenta de petites escarmouches. Cette tactique ne plut pas: on le surnomma "Le Temporisateur". L’année suivante, deux consuls furent nommés à la place de Fabius. Si on en croit Tite-Live, Paulus soutint les vues de Fabius, mais non Varron. Hannibal, étant donné que chaque consul commandait une journée à son tour, attendit le tour de Varron et l’entraîna dans une bataille à Cannes. Ce fut un autre désastre, un des pires de toute l’histoire romaine.

Postquam exércitus Románus victus est ad Lacum Trasimenum, vir magnus creatus est dictátor Románus: Quintus Fabius Maximus. Fabius vidit quod non potuit víncere Hanníbalem statim. Ergo Fabius voluit expectáre. Quia Fabius semper voluit expectáre, Románi dedérunt novum nomen: vocavérunt Fabium "Cunctatórem". Románi non vidérunt quod Fabius bonum faciébat (faisait). Sed necesse fuit expectáre. Hánnibal voluit pugnáre magnam pugnam cum exércitu Románo. Cives Románi voluérunt magnam pugnam cum Hanníbale. Sed bonum fuit expectáre. Fabius voluit víncere consilio bono. Fabius ergo expectávit. Fabius non pugnávit. Sed cives Románi non amavérunt expectáre. Dixérunt: Fabius non est bonus imperátor. Ergo proximo anno (217 A.C.) elegérunt duos (II) cónsules: Lucium Aemilium Paulum, et Gaium Terentium Varrónem. Nam iam habuérunt Fabium dictatórem. Scriptor Románus, Livius, dixit quod Aemilius Paulus non voluit pugnáre cum Hanníbale, sed Varro voluit pugnáre. Dixitne veritátem Livius? Non est clarum. Sed, secundum Livium, Hánnibal voluit pugnáre - et Hánnibal scivit quod Paulus non volébat pugnáre, sed Varro volébat. Paulus et Varro fuérunt imperatóres in alternis diébus. Ítaque, quando Varro fuit imperátor, Hánnibal parávit ad pugnam. Et Varro fecit pugnam cum Hanníbale. Sed Hánnibal fuit imperátor bonus. Et Varro non fuit imperátor bonus. Ergo Hánnibal íterum vicit Romános. Pugna facta est ad Cannas.

statim - aussitôt
expectáre - attendre
vocávit - appela
Cunctátor - Temporisateur
elégit - choisit
nam - car
scriptor - écrivain
clarus - clair
secundum - selon
alternus - alternant
íterum - de nouveau

VOCABULARIUM

Apprenez les verbes qui restent de la leçon 14.

NUNC COGITEMUS

Une fois de plus, rien de nouveau aujourd’hui - le latin est facile, n’est-ce pas? Mais apprenez bien vos participes!

NUNC EXERCEAMUS NOS

Pax non promissa est. Sed pax est bona. Mílites Románi paráti sunt ad pugnam. Imperátor enim promísit pugnam acrem. Mílites etiam acres sunt et fortes. Non voluérunt remanére in urbe, voluérunt pugnáre cum Hanníbale. Fabius rogátus est pugnáre. Roma serváta est a Fabio. Primis diébus, Roma serváta est ab Horatio. Horatius enim pugnávit in ponte. Horatius cécidit in flumen, quia ignis cécidit in pontem. Hánnibal vicit Romános, quia Románi non accéperant cibum. Columbus voluit inveníre Indiam, sed invénit Américam. Ítaque India non est inventa a Columbo. Agnus albus inventus est in schola. Fuitne necesse habére agnum in schola? Non. Non est necesse habére agnos in schola. Sed necesse est habére púeros et puellas in scholis. Estne necesse habére porcos in foro? Non est necesse…​ Románi sunt in foro. Et Marcus Porcius Cato est in foro. Cato fuit Románus fortis et magnus. Cato habúerat magnam potestátem in urbe. Cato pugnávit in multis bellis. Cato fuit ferox contra Cartháginem. Cato dixit quod necesse fuit víncere Cartháginem. Carthágo habuit magnam potestatem in mari. Carthágo fuit fortis návibus. Sed Roma fuit fortis exércitu magno. In primo bello Punico Roma vicerat Carthaginem. Sed in bello Púnico secundo Carthágo fere vicit Romam. Roma fere victa est ab Hanníbale. Mílites Púnici fuérunt in insidiis. Románi venérunt in insidias. Románi iacti sunt in lacum; lacus fuit frígidus. Aqua frígida fuit. Malum est esse in aqua frígida. Sed etiam malus est esse in aqua cálida (chaude).

DU FRANÇAIS AU LATIN

Hannibal fut vaincu par les Romains.
Mais il avait vaincu les Romains dans plusieurs batailles.
Hannibal fut un général courageux.

LECTIO DECIMA SEPTIMA

De ablatívo absolúto

SOMMAIRE — Après Cannes, Hánnibal resta au sommet de sa puissance deux ou trois ans. Mais Rome connut alors des succès. Marcellus prit plusieurs villes. Scipion fut particulièrement remarquable. Après quelques victoires en Espagne, il fut nommé consul. Il voulut porter la guerre en Afrique. Le Sénat consentit, à condition qu’il payât lui-même les soldats. Il y alla et obtint, de plus, l’aide de Masinissa, roi de Numidie. Ils coupèrent les approvisionnements en vivres de Carthage. Carthage rappela Hannibal. Scipion le défit à Zama. La guerre prit fin.

Postquam victi sunt ab Hanníbale ad Cannas, Románi non habuérunt victorias magnas per tres (III) annos. Sed post tres annos Marcellus factus est consul Románus. Marcellus cepit áliquas (quelques) urbes. Sed Scipio Africánus fuit máximus imperátor Románus in últimis annis. Scipio enim vicit exércitum Púnicum in Hispania. Post victorias in Hispania, Scipio factus est consul. Scipio voluit bellum fácere in África. Sed senátus Románus non voluit míttere exércitum Románum in Áfricam. Quidam (certains) senatóres dixérunt: "Non est necesse míttere exércitum in Áfricam; Hánnibal enim, imperátor Púnicus, est in Italia". Sed Scipio nihilóminus voluit míttere exércitum in Áfricam. Ergo senátus dedit potestátem míttere exércitum in Áfricam. Sed non dedérunt pecuniam pro exércitu. Ergo alii Románi pecuniam dedérunt pro expeditióne. Scipio posuit mílites in naves, et navigavérunt in Áfricam multis návibus. In África fuit Masinissa rex. Masinissa fuit rex Numidiae (de Numidie). Masinissa dedit auxilia. Scipio et Masinissa interclusérunt Cartháginem a frumento. Ergo Carthágo pacem rogávit. Etiam Hanníbalem in Áfricam revocavérunt. Ítaque Hánnibal et exércitus Púnicus rursus in Áfricam venérunt. Hoc facto (ceci fait) Carthaginienses pacem non servavérunt. Sed Scipio fuit imperátor magnus. Scipio vicit Hanníbalem in pugna ad Zamam. Ergo pax facta est. Roma vícerat Cartháginem in bello Púnico secundo. Carthágo dedit multam pecuniam et multas naves.

máximus - le plus grand
nihilóminus - néanmoins
pro - pour, en faveur de
navigávit - navigua
auxilia - renforts
interclúsit - coupa
frumentum - blé
revocávit - rappela

VOCABULARIUM

interclúdere, -clúsit, -clúsus - couper (quelque chose à quelqu’un, le priver de)
navigáre, -ávit, -átus - naviguer
revocáre, -ávit, -átus - rappeler

nihilóminus - néanmoins
pro (avec l’abl.) - pour, en faveur de

auxilia, is (pluriel de auxilium) secours, renforts (militaires)
frumentum, o - blé
máximus, a, um - le plus (très) grand

NUNC COGITEMUS

L’ablatif absolu — Les Romains avaient le sens pratique: ils affectionnaient les raccourcis. Aussi trouve-t-on dans leur langue des tours de phrase vraiment ramassés. L’ablatif absolu en est un. Il peut surprendre à première vue, mais on s’y habitue facilement.

Remarquez qu’en français on peut dire: Ceci étant le cas, continuons. Les mots en italique forment une construction absolue. En latin, nous faisons la même chose, mais nous la mettons à l’ablatif (et les constructions de ce genre sont plus variées qu’en français): Rege expulso, Románi pugnavérunt. Il existe, il est vrai, une traduction littérale, mais lourde et peu française; elle peut servir tout au plus de point de départ:

Le roi ayant été chassé, les Romains combattirent.

Remarquez ce qui arrive aux deux mots rege et expulso. On traduit rege tout simplement par: le roi; mais le participe expulso devient: ayant été chassé. Bien que peu française, la formule ayant été fournit un bon point de départ et elle aide à comprendre le sens. Veuillez apprendre par coeur une phrase contenant un ablatif absolu, et sa traduction française. Prenez la phrase précédente, ou faites-en une vous-même. Si vous en apprenez une par coeur, elle vous servira de modèle.

Cette première traduction est lourde et un peu obscure - et nous avons dit, de plus, que les Romains aimaient les raccourcis - nous pouvons donc la rendre plus alerte et plus explicite. Nous avons le choix!

  1. Lorsque (ou: après que) le roi fut chassé, les Romains combattirent.

  2. Parce que (ou: puisque) le roi fut chassé, les Romains combattirent.

  3. Bien que le roi fût chassé, les Romains combattirent.

  4. Si le roi était chassé, les Romains combattaient.

Vous trouverez très avantageux d’apprendre par coeur un groupe de phrases comme les précédentes; à tout le moins, retenez les mots en caractères gras: lorsque, après que, parce que, bien que, si.

Il existe, de plus, une cinquième manière de traduire la même phrase; elle n’est pas indispensable, mais offre un tour souvent commode. Ici, nous faisons de l’ablatif absolu une proposition indépendante et l’unissons au reste de la phrase par et.

Exemple: Le roi fut chassé et les Romains combattirent.

Ces notions sur l’ablatif absolu sont extrêmement importantes: il n’y a presque pas de page d’auteur latin courant qui ne contienne au moins un ablatif absolu. Ce n’est pas difficile, il s’agit de s’y habituer. Essayez dès maintenant, vous verrez…​

EXERCEAMUS NOS

Pace facta, mílites venérunt in urbem. Románis victis, Carthaginienses laeti fuérunt. Hanníbale viso, Fabius non voluit pugnáre. Agno viso, porci dixérunt: OINK! Urbe capta, Marcellus misit legátos ad Fabium. Bello gesto, pax rursus venit. Pecunia iacta trans flumen, Iacóbus Cartier laetus fuit. América inventa, Columbus accépit aurum multum. Fabio rogato, legáti venérunt rursus in senátum. Roma serváta, Cincinnátus voluit veníre in agros. Frumento in naves pósito, Columbus navigávit in Américam. Porcis captis, mílites cibos habuérunt. Agno ex schola expulso, Marcus laetus fuit: non enim amávit audíre: baa. Amávit vidére Maríam. Milítibus parátis, Fabius iter fecit. Baa-baa dicta, agnus laetus fuit. Scipióne misso in Áfricam, senátus accépit pacem. Sagunto capto, mílites Púnici accepérunt aurum multum.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Colomb navigua vers (in) le nouveau monde.
Carthage a été privée de blé.
Masinissa reçut beaucoup d’or.
Beaucoup d’or ayant été reçu, les soldats furent contents.
Bien que les Romains fussent vaincus, Hannibal ne fut pas content.
Parce que beaucoup de blé avait été reçu, les hommes appelèrent le général.

LECTIO DECIMA OCTAVA

De casu possessívo

SOMMAIRE — La seconde guerre punique fit de Rome la plus grande puissance du monde méditerranéen. Mais Rome eut encore beaucoup de guerres, entre autres avec les Macédoniens et avec Antiochus, roi de Séleucie. Puis les autres puissances apprirent à craindre Rome. Ainsi, lorsque Antiochus IV envahit l’Egypte, un sénateur romain, Popilius, lui ordonna de partir. Antiochus demanda le temps de réfléchir. Popilius traça autour de lui un cercle dans le sable et exigea une réponse avant de le laisser sortir du cercle. Une autre fois, il suffit d’un ordre de Rome pour empêcher Prusias, roi de Bithynie, de s’emparer de Pergame.

Post bellum Púnicum secundum, Carthágine victa, Roma habuit potestátem máximam in toto mundo. Sed necesse fuit gérere multa alia bella. Románi gessérunt bella cum Macedonia, cum Rege Antíocho (Antíochus fuit rex in Seleúcia) et cum Graecis. Sed etiam reges scivérunt quod in perículo fuérunt, quando bellum cum Roma gessérunt. Exempli gratia (par exemple), Antíochus rex, in saéculo secundo ante Christum, voluit cápere Aegyptum. Sed unus ex senatóribus Románis, Popilius nómine, venit ad regem Antíochum in Aegypto. Popilius, in nómine Romanórum, iussit regem Antíochum discédere ex Aegypto. Hoc (ceci) dicto, Antíochus dixit quod voluit deliberáre. Popilius ítaque scripsit círculum in aréna circum Antíochum. Popilius dixit quod necesse fuit non discédere ex círculo ántequam daret (avant de donner) responsum. Hoc (cela) audíto, Antíochus rex statim discessit ex Aegypto. Sed potestas magna est visa etiam, quando rex Prusias Bithyniae (de Bithynie) voluit cápere Pérgamum. Prusias non cepit Pérgamum. Prusias remansit in terra Bithyniae. Prusias scivit quod necesse fuit timére potestátem Románam. Et Prusias scivit veritátem: Románi fuérunt máximi potestáte in toto mundo. Quando Roma iússerat, necesse fuit fácere iussa.

totus - entier
unus - un
iussit - ordonna
discédere - partir
deliberáre - réfléchir
aréna - sable
circum - autour de
ántequam - avant de
responsum - réponse
statim - aussitôt

VOCABULARIUM

deliberáre, -ávit, -átus - réfléchir
discédere, -cessit, -cessúrus - partir
iubére, iussit, iussus - ordonner

antequam (conjonction) - avant que, de
circum (avec l’accusatif) - autour de

aréna, a - sable
responsum, o - réponse

NUNC COGITEMUS

Le complément déterminatif — Le complément déterminatif est le complément introduit par du, de la, des, en français. Tous les noms latins ont des terminaisons propres au complément déterminatif (c’est le cas appelé génitif). Nous le formons en remplaçant la terminaison de l’ablatif singulier par celle du complément déterminatif, comme ceci:

1

2

3

S

P

S

P

S

P

nautae

nautárum

agni

agnórum

legis

legum

3

4

5

S

P

S

P

S

P

civis

civium

senátus

senátuum

diéi

diérum

Ainsi agni signifie du mouton (comme dans la phrase: la queue du mouton). Remarquez que nous avons donné deux mots comme exemples de la troisième déclinaison. Au génitif singulier, les deux se terminent par -is. Mais au pluriel, on trouve les terminaisons -um et -ium. Pourquoi? Cela dépend de l’ablatif singulier. Les noms qui ont l’ablatif singulier en -i (de même que les adjectifs) auront leur complément déterminatif en -ium au pluriel. Ceux qui l’ont en -e, auront seulement -um au pluriel. C’est simple, n’est-ce pas? Et peu importe le genre; les trois genres de la troisième déclinaison ont les mêmes terminaisons au génitif, cas du complément déterminatif: -ium ou -um selon l’ablatif singulier. Nous avons déjà vu que les neutres de la troisième déclinaison qui sont en -i, à l’ablatif singulier, sont en -ia au nominatif et à l’accusatif pluriels; maintenant nous voyons que ces mêmes noms prennent -ium au génitif pluriel. C’est le i qui l’emporte!

Les adjectifs, eux, suivent les mêmes déclinaisons que les noms. Aussi les adjectifs de la classe de bonus prendront-ils les terminaisons suivantes:

-i

-órum

(au masculin)

-ae

-árum

(au féminin)

-i

-órum

(au neutre).

Les adjectifs de la troisième déclinaison ayant presque tous l’ablatif en -i, nous pouvons dire que leur génitif sera en -is et en -ium. Mais certaines terminaisons du génitif ressemblent aux terminaisons de quelques autres cas. Ainsi, nautae peut être ou bien le génitif singulier, ou bien le nominatif pluriel. Mais la manière dont ils sont employés nous montrera bientôt comment les reconnaître. Ce n’est pas aussi difficile qu’en français, où le mot de est mis à toutes les sauces. A titre d’exercice, trouvez d’autres terminaisons qui se ressemblent.

Participes employés comme noms — Remarquez la dernière phrase de l’histoire précédente: necesse fuit facere iussa. Le mot iussa est le neutre pluriel (nominatif ou accusatif) du participe passé de iubére. Nous savons que bona peut signifier: des choses bonnes; de même, iussa peut vouloir dire: des choses commandées. Par conséquent, fácere iussa signifie: faire des choses commandées.

EXERCEAMUS NOS

Magna fuit potestas Romae. Mílites Carthaginis fortes fuérunt. Pecunia accepta, Columbus navigávit in návibus Isabellae. Cincinnátus habuit potestátem dictatóris. Sed etiam agri Cincinnáti fuerunt boni. Maríae agnus venit in scholam. Hic agnus dixit: baa. Sed in schola fuit etiam alius agnus Maríae - hic agnus non dixit: baa. Marcus enim fuit etiam agnus Maríae: María enim vocávit Marcum agnum parvum. María visa, Marcus laetus fuit. Marcus amávit Maríam. Marcus fuit amátor Maríae. In diébus Horatii, Románi fuérunt fortes. Sed etiam fuérunt fortes in diébus Popili. Popilio audíto, Antíochus discessit ex Aegypto. Rex Antíochus fecit iussa. Popilius enim habuit potestátem senátus Románi. Senátus Románus habuit magnam potestátem. Etiam potestas exércitus Románi fuit magna. Et potestas tribunórum plebis fuit magna. Tribúni plebis fuérunt viri fortes. Potestas patriciórum fuit magna. Sed patricii non semper fecérunt bona: ergo plebs voluit discédere ab urbe. Legáti patriciórum venérunt ad plebem. Rogavérunt plebem veníre rursus in urbem. Sed plebs non voluit veníre, ántequam accepérunt potestátem. Ergo patricii dedérunt tribúnos plebis. Tribúnis accéptis, plebs venit in urbem. Popilius dixit quod necesse fuit audíre responsum Antíochi statim. Voluit audíre responsum Antíochi, ántequam Antíochus veníret (pût sortir) ex círculo in aréna scripto. Popilius accépit responsum Antíochi statim. Antíochus statim discessit ex Aegypto. Nonne potestas Romanórum fuit magna? In Aegypto fuit frumentum multum. Antíochus voluit habére frumentum Aegypti, sed Románi etiam voluérunt habére frumentum Aegypti.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Le père du matelot était venu.
La puissance du Sénat fut grande.
Popilius ordonna à Antiochus de sortir.
Bien que l’or du navire eût été saisi, le général ne partit pas.
Avant que les matelots de Rome arrivent, il n’y eut pas de bataille.
La puissance de Rome fut grande.
Antiochus fut roi de Séleucie.

LECTIO DECIMA NONA

De tribus cásibus pronóminis ILLE

SOMMAIRE — Marcus Porcius Caton terminait tous ses discours au sénat par ces mots: Il faut détruire Carthage. Rome craignait Carthage, depuis qu’Hannihal avait presque ruiné Rome. Et elle détestait Carthage. Le Sénat commença à croire Caton. Carthage fit la guerre à Masinissa sans la permission de Rome, violant ainsi le traité. Rome envoya des délégués demander à Carthage de déposer les armes. Carthage accepta. (à suivre)

Marcus Porcius Cato fuit vir fortis. Sed Cato odit Cartháginem. Roma iam vícerat Cartháginem in primo et in secundo bello Púnico. Sed Hánnibal fere vícerat Romam. Ergo multi Románi timúerant Cartháginem. Hanníbale victo, Románi timuérunt etiam victam Cartháginem. Quia timuérunt Cartháginem, et quia Hánnibal fere vícerat Romam, fácile fuit odisse Cartháginem. Cato ergo odit Cartháginem. Cato fuit censor Románus. Cato etiam habuit oratiónes multas in senátu Románo. Cato dixit multa in senátu Románo contra Cartháginem, etiam contra Cartháginem victam. In fine omnis oratiónis, Cato semper dixit: necesse est delére Cartháginem. Ergo senátus Románus saepe audívit: necesse est delére Cartháginem. Catóne saepe audíto, etiam senátus dixit: necesse est delére Cartháginem.

fácile - facile
odisse - hair
habére oratiónem - donner un discours
finis - fin
delére - détruire
saepe - souvent
debuit - aurait dû
licentia - permission
sine - sans
depónere - déposer
arma - armes

Carthágo fecit bellum cum Masinissa, rege Numidiae. Sed Carthágo non debuit fácere bellum in África sine licentia Romanórum. Carthágo non voluit fácere bellum. Sed Masinissa fuit malus. Fere necesse fuit gérere bellum cum rege Numidiae. Ergo Carthaginienses fecérunt bellum.

Románus senátus audívit quod Carthágo fécerat bellum sine licentia Romanórum. Ergo senátus dixit: necesse est delére Cartháginem. Ítaque senátus misit cónsules cum exércitu ad Carthaginienses. Cónsules dixérunt: senátus Románus iussit Carthaginienses depónere arma. Consúlibus audítis, Carthaginienses fecérunt iussa. Timuérunt enim potestátem Romae.

(On continuera demain - Continuábitur cras)

VOCABULARIUM

debére, debuit, debitus - devoir
delére, delévit, delétus - détruire
depónere, -pósuit, -pósitus - déposer

saepe - souvent
sine (avec l’abl.) - sans

fácilis, e, i - facile
bonus finis, e (gén. plur.: -ium) - fin
omnis, omne, i - tout, chaque
magna orátio, -ióne - discours
(oratiónem habére - donner un discours)

NUNC COGITEMUS

Le nominatif, l’accusatif et l’ablatif de ILLE — Les formes de ille ressemblent presque toutes à celles de bonus:

Masculin

Féminin

Neutre

S

P

S

P

S

P

Nom.

ille

illi

illa

illae

illud

illa

Acc.

illum

illos

illam

illas

illud

illa

Abl.

illo

illis

illa

illis

illo

illis

Ille diffère-t-il de bonus? Seulement trois des formes données sont différentes: ille, au nominatif masculin singulier, et illud (à deux reprises), au nominatif et à l’accusatif neutres singuliers. Donc, dans ce tableau, nous n’avons vraiment que deux formes à apprendre. En fait, si nous apprenons le singulier de la première rangée: ille, illa, illud, nous savons tout. Car la première des formes nouvelles, ille, se trouve dans cette rangée. La deuxième, illud, s’y trouve également. La troisième n’est qu’une répétition de la deuxième, d’après la règle connue: le nominatif et l’accusatif neutres sont semblables. C’est peu à retenir.

Que signifie ille? Il peut s’employer comme adjectif ou comme pronom.

Adjectif

Pronom

ille vir - cet homme
illud bellum - cette guerre

ille - il, celui-là
illa - elle, celle-là
illud - il (impersonnel), cela

EXERCEAMUS NOS

In illis diébus, Románi gessérunt bellum cum Antíocho, rege Seleúciae. Popilius, senátor Románus venit ad illum regem. Popilius iussit Antíochum discédere ex Aegypto. Popilio audíto, Antíochus discessit ex illa terra. Ubi est ille agnus albus? Ille est in schola. Sed non debuit veníre in scholam. Marcus non amávit agnos in schola: Marcus amávit Maríam in schola. Ille dixit quod illa est agna parva. Dixitne Marcus veritátem? Omnes pueri in schola vidérunt Marcum et Maríam. Sed non vidérunt porcos in schola. Porci fuérunt in foro. Illi porci dixérunt OINK! Cur (pourquoi) dixérunt porci illud? Quia non potuérunt dícere baa. Marcus dedit frumentum pro agno Maríae. Illi reges fuérunt boni. Senatóres Románi sunt boni consiliis. Omnes senatóres habuérunt oratiónes in senátu. Agnus albus audívit illas oratiónes. Sed agnus non dixit baa in senátu. Agnus voluit esse bonus. Ergo illi senatóres amavérunt agnum. Cato in senátu dixit quod necesse fuit delére Cartháginem. Ergo Carthágo vénerat ad finem. Finis diérum Cartháginis vénerat. Carthágo deléta est. Hánnibal non potuit serváre illam urbem. Rex Bithyniae non potuit serváre Cartháginem. Rex Bithyniae non potuit stare contra potestátem Romanórum. Debuit fácere iussa.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Où est cet homme?
Marie voulut trouver ce mouton.
Les hommes de Rome furent courageux.
Caton voulut qu’ils (illos) détruisent la ville.
Cet homme n’aima pas le discours.
Quand ce discours eut été donné, Caton partit.
Par un grand discours, il détruisit la ville.

LECTIO VICESIMA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE — Après que les Carthaginois eurent déposé leurs armes, les délégués romains annoncèrent que le Sénat ordonnait de détruire la ville: on leur permettrait de la reconstruire, mais à dix milles plus à l’intérieur. C’était la ruine pour une ville commerciale. Carthage, sans armes, résista. Le siège dura trois ans. Les femmes donnèrent leurs cheveux pour fabriquer des câbles pour les catapultes. Mais il n’y avait pas d’espoir. A la fin, la ville céda: une tache à la réputation de Rome. La même année, les Romains détruisirent aussi Corinthe: l’emplacement resta désert pendant un siècle.

Heri audívimus de prima parte belli Púnici tertii. Marcus Porcius Cato saepe in senátu Románo díxerat: necesse est delére Cartháginem. Carthágo fécerat bellum cum Masinissa, rege Numidiae. Bello facto, senátus Románus míserat cónsules ad Carthaginienses. Cónsules iússerant illos depónere arma; consúlibus audítis, Carthaginienses deposuérunt arma.

heri - hier
audívimus - entendîmes
pars - partie
quid - quoi, que
licet - il est permis
aedificáre - construire
fémina - femme
fórtiter - courageusement
(capillus - chevelure)
capilli - cheveux
caput - tête
catapulta - catapulte
lacéssere - harceler
eodem (abl.) - même

Sed quid dixit senátus Románus? Postquam viri Cartháginis deposuérunt arma, senátus dixit: necesse est delére Cartháginem. Licet aedificáre novam urbem, sed non ad mare. Carthaginienses boni mercatúra fuérunt: necesse est habére urbem ad mare. Ergo Carthaginienses, sine armis, bellum gessérunt cum Románis. Bellum factum est in anno centésimo quadragésimo nono (149) ante Christum. Per tres (III) annos Carthaginienses fórtiter pugnavérunt. Féminae Carthaginienses etiam dedérunt capillos cápitis pro catapultis. Etiam féminae Carthaginienses fortes fuérunt. Sed non potuérunt víncere Romános. Románi enim multi fuérunt. Románi bona arma habuérunt. Carthaginienses non habuérunt bona arma: omnia arma déderant Románis (aux Romains). Non fuit fácile pugnáre sine armis. Ergo Románi delevérunt Cartháginem. Nihil illíus (de cette) urbis remansit: omnia deléta sunt. Románi mali fuérunt. Non debuérunt delére Cartháginem. Masinissa etiam malus fuit. Non debuit lacéssere Cartháginem.

Eódem anno, Románi etiam delevérunt Graecam urbem, Corinthum. Nemo remansit in illo loco per centum annos (100).

VOCABULARIUM

aedificáre, -ávit, -átus - construire
lacéssere, -cessívit, -cessítus - harceler
licet (présent impersonnel) - il est permis

fórtiter - courageusement

capillus, o - chevelure
capilli, is - cheveux
magnum caput, cápite - tête
fémina, a - femme
locus, o (au pluriel, devient neutre: loca) - lieu, endroit
nemo, némine - personne
bona pars, parte (gén. plur.: * partium) - partie
quid - quoi, que

* La plupart des noms d’une syllabe, à la troisième déclinaison, ont l’ablatif singulier en -e mais le génitif pluriel en -ium.

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Déclinez deux mots (bon exercice!): bonus vir, ille vir (omettez le génitif et le datif de ille), illud caput, pars magna.

  2. Relevez toutes les prépositions qui demandent l’ablatif, parmi celles que nous avons vues jusqu’à présent.

  3. Comment dites-vous: de la mer, des mers; du citoyen, des citoyens; du pouvoir, des pouvoirs; du discours, des discours; du mouton, des moutons?

NUNC EXERCEAMUS NOS

UN NOUVEL ORDRE DE MOTS EN LATIN - Les Romains n’employaient pas toujours les mots dans le même ordre, comme nous le faisons en français. Aujourd’hui, nous commencerons à nous entraîner sérieusement à un nouvel ordre de mots latin. Il nous étonnera un peu au début, mais nous deviendra vite familier. En voici un exemple: María agnum habet - Marie a un mouton.

Remarquez que nous trouvons les trois mots dans l’ordre suivant: 1- le sujet; 2- le complément direct; 3- le verbe. N’allez pas refaire cet ordre mentalement: apprenez plutôt à vous y habituer afin de vous y sentir à l’aise, un peu comme les Romains. C’est facile, et vous trouverez du plaisir à l’essayer. Si vous êtes obligés de déplacer les mots la première fois, d’accord, mais revenez vite au texte et relisez la même phrase plusieurs fois en latin telle qu’elle est, sans penser à la traduction française. Vous constaterez que vous pouvez suivrre facilement la pensée dans le texte latin.

Magna pars legatórum Romanórum in urbem venérunt. Románi Cartháginem vidérunt. Románi arma vidére voluérunt. Carthaginienses non debuérunt bellum sine licentia Romanórum gérere. Sed Masinissa, rex Numidiae, malus fuit: semper Cartháginem lacessívit. Románi etiam Corinthum delevérunt. Graeci enim cum aliis Graecis semper pugnavérunt. Graeci etiam cum Roma pugnavérunt. Roma non amávit semper pugnáre. Ergo Corinthum Románi delevérunt. Corinthus fuit urbs magna in Graecia. Corinthus multos mercatóres et multos nautas habuit. Carthágo etiam multas naves habúerat. Sed nunc omnes naves Cartháginis delétae sunt. Nunc Carthágo non iam est urbs. Nemo in illo loco remansit. Ergo Carthágo nihil est. Et Corinthus non iam est urbs. Corinthus nihil est. Ergo estne Carthágo Corinthus? Non est fácile dicere. Suntne agni in illa urbe? Non sunt: illa enim urbs non est. Ubi est Horatius? Horatius in ponte fuit. Ergo Horatius in flumine est. Sed Horatius pugnáverat fórtiter contra Etruscos. Horatius Romam servávit. Cincinnátus etiam pro Roma fórtiter pugnávit. Cincinnátus enim in agris remanére volúerat, sed senátus Románus ad illum legátos misit. Dictatórem illum creavérunt. Sed Cincinnátus non voluit remanére dictátor: in agris esse voluit. Cincinnátus enim agnos amávit. Sed malos viros non amávit: viri mali Romam odérunt. Viri mali delére Romam voluérunt. Sed Cincinnátus illos delévit. Viri mali deléti sunt a Cincinnáto. Viris malis delétis, Roma pacem habuit. Sed non per multos annos. Alii enim viri mali venérunt.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Cherchez la femme…​ (il est nécessaire de trouver la femme).
Une grande partie des soldats vint.
Ils combattirent sans la permission (licentia) des Romains.
Cette femme est courageuse.
Une grande partie des soldats a été vue.
Les Romains vinrent avec une grande puissance.
Les délégués de Rome leur ordonnèrent de déposer les armes (arma).

LECTIO VICESIMA PRIMA

De tribus cásibus pronóminis HIC
De témpore plusquamperfecto in voce passíva

SOMMAIRE — Tibérius Gracchus, bien que patricien de naissance, était sympathique aux pauvres: beaucoup d’entre eux avaient été cultivateurs mais avaient perdu leur terre, dans l’impossibilité où ils étaient de rivaliser avec les grandes fermes et le travail des esclaves. A Rome, ils trouvèrent peu d’ouvrage et peu rémunéré: concurrence des esclaves là aussi. Le Sénat s’opposa à la loi destinée à donner des terres aux pauvres. Gracchus, cependant, la présenta à l’assemblée populaire. Ses mesures allaient contre la coutume et les intérêts des sénateurs. Quelques-uns d’entre eux soulevèrent la foule et le tuèrent.

Tiberius Gracchus fuit patricius nativitáte. Sed motus est misericordia pro paupéribus, Viri enim paúperes multi fuérunt in urbe Romána. Illi paúperes habúerant agros. Paúperes non potúerant remanére in agris. Habúerant enim parvos agros. Sed dívites habuérunt magnos et multos agros. Dívites habuérunt multos servos. Servi non accepérunt pecuniam pro labóribus. Ergo paúperes non potuérunt tenére agros suos. Paúperes venérunt in urbem. Sed etiam in urbe fuérunt multi servi. Paúperes non voluérunt esse servi. Sed fere nihil accepérunt pro labóribus in urbe. Et fere nemo voluit condúcere illos.

nativitáte (abl.) - de naissance
motus - touché
misericordia - pitié
dívites - les riches
servus - esclave
labor - travail
tenére - conserver
suus - leur(s)
condúcere - louer
proposuit - présenta
re vera - en fait
erant - étaient
comitia tribúta - assemblée du peuple
quidam - certains
turba - bande
interfécit - tua

Tiberius Gracchus ergo voluit dare agros paupéribus (aux pauvres). Ítaque proposuit legem novam in senátu. Sed senatóres non amavérunt novam legem. Per legem novam enim senatóres debuérunt dare partem agrórum suórum paupéribus. Senatóres enim tenuérunt multos agros públicos. Illi agri re vera non erant agri senatórum: erant agri públici. Sed senatóres non voluérunt dare illos agros paupéribus. Quia senatóres non voluérunt novam legem, Gracchus venit in comitia tribúta. Plebs in comitiis tribútis voluérunt habére novam legem Gracchi. Gracchus etiam fecit multa alia quae (que) senátus non amávit. Ergo quidam senatóres fecérunt turbam. Illa turba interfécit Tiberium Gracchum.

VOCABULARIUM

erant - étaient
interfícere, -fécit, -fectus - tuer
movére, movit, motus - émouvoir, toucher
propónere, -posuit, -pósitus - proposer, présenter
tenére, tenuit, tentus - tenir, conserver

multus labor, labóre - travail, labeur
misericordia, a - pitié
servus, o - esclave
senátor, óre - sénateur
suus, a, um - son, sa, ses, leur(s)
verus, a, um - vrai, réel
re vera - en fait, en réalité

NUNC COGITEMUS

Le nominatif, l’accusatif et l’ablatif de hicHic est le copain de ille. Ille signifie celui-là, et hic signifie celui-ci. Les formes de hic sont presque aussi faciles.

Masculin

Féminin

Neutre

Nom.

hic

hi

haec

hae

hoc

haec

Acc.

hunc

hos

hanc

has

hoc

haec

Abl.

hoc

his

hac

his

hoc

his

Ce qui brouille un peu le tableau, c’est l’addition de la lettre c à certaines désinences. Sans cela, on verrait facilement que hunc et hanc se terminaient jadis par -um et -am. L’ablatif singulier hoc et hac se reconnaît facilement, si on enlève le c. Mais il faut admettre que les trois formes du nominatif singulier hic, haec, hoc sont vraiment originales, tout comme le neutre pluriel haec. Mais nous ne trouverons pas cela trop difficile; hic est tellement employé, même par le plus modéré des Romains, que nous y serons vite habitués.

Le plus-que-parfait passif — Nous savons comment former le parfait passif: nous nous servons de la troisième forme du verbe en ajoutant le mot est ou sunt. Si nous voulons le plus-que-parfait passif, nous remplaçons est (ou sunt) par erat (ou erant). Comme ceci:

Románus exércitus victus erat - l’armée romaine avait été vaincue.

Multi mílites interfecti erant - beaucoup de soldats avaient été tués.

Rappelez-vous que, pour former le plus-que-parfait actif, nous avions également employé erat et erant; mais, à l’actif, ils servaient de terminaison et n’étaient pas des mots distincts. Exemple: vícerat, vícerant.

Suus — Rappelez-vous cette phrase du texte: non potuérunt tenére agros suos - ils ne purent conserver leurs champs. Suus peut signifier: son propre, sa propre, leur propre, etc. Le mot propre n’est pas nécessaire, mais c’est le sens exact de suus.

Mais si l’expression leurs champs signifiait non pas leurs propres champs mais les champs de quelqu’un d’autre (par exemple, des sénateurs), nous ne pourrions alors pas employer suus. Il nous faudrait un autre mot que nous verrons plus loin. (Au cas où la curiosité vous travaillerait, le voici: eius, au singulier, eorum, au pluriel. Mais ces mots ne sont pas des adjectifs, ce sont les formes du génitif d’un pronom. En conséquence, ils ne s’accordent ni en genre, ni en nombre, ni en cas, comme suus le fait. Evidemment, le genre de eorum, earum, eorum est différent).

En résumé, pour traduire: il ne pouvait pas conserver son propre champ, on emploie suus; pour traduire: il ne pouvait pas conserver son champ (celui d’un autre), on emploie eius, etc.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Hic vir est pater Columbi. Ille vir est pater Maríae. Ubi est Marci pater? Marcus in schola est: Maríam vidére voluit. Ergo cum agno albo in scholam venit. Gracchus novam legem proposuit, sed senatóres hanc legem non amavérunt. Plebs novam legem amávit. Hoc est verum. Sed, re vera, non omnes agri fuérunt agri senatórum. Quando senatóres de agris "suis" dixérunt, veritátem non semper dixérunt. Multi agri re vera fuérunt agri públici. Haec véritas est. Ergo senatóres agros públicos tenére non debuérunt. Hos paupéribus dare debuérunt. Nova lex iussit senatóres dare agros publicos paupéribus. Quidam senatóres fuérunt viri mali: Tiberium Gracchum interfecérunt. Hic enim novam legem proposuit. Ubi sunt María et Marcus? Hic in schola est. Sed illa in schola non est. Illa agnum inveníre voluit, sed non potuit. Agnus enim in schola cum Marco fuit. Ergo María debuit veníre ad agnum suum parvum. Columbus naves suas amávit. Ad Américam illis navigávit. Fuitne nemo in América in diébus Columbi? Non. Primi Americáni fuérunt in América illis diébus. América inventa, Columbus illos Indos vocávit. Sed Indi in India, non in América fuérunt. In América est Indiána. Suntne Indi in Indiána? Quid voluit Columbus inveníre? Indiam inveníre voluit. Quid voluit agnus in schola inveníre? Maríam vidére voluit. Etiam cibum accípere voluit. Cibi non erant hábiti ab agno.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Cet homme est venu.
Que voulut-il?
Il voulut de la nourriture.
Puisque Gracchus avait été tué, les sénateurs purent conserver leurs champs.
Les champs des sénateurs furent vraiment grands.
Ils eurent de grandes souffrances (dolor, souffrance).
Beaucoup d’hommes furent les esclaves des patriciens.

LECTIO VICESIMA SECUNDA

De témpore praesenti actívo

SOMMAIRE — Gracchus s’était rendu coupable de quelques méfaits ou, tout au moins, d’actes contraires à la tradition. Mais le meurtre de Gracchus montra que le Sénat était corrompu. Le cas de Jugurtha le montra davantage. Jugurtha avait des droits sur le tiers de la Numidie, mais il tua un de ses associés et chassa l’autre. Ce dernier, Adherbal, en appela au Sénat. Le Sénat, probablement après qu’on lui eut graissé la patte, donna à Adherbal la partie la plus pauvre de la Numidie, Peu après le siège de Cirta, Jugurtha tua Adherbal. C’était un affront, mais le Sénat ne voulut encore rien faire.

Diébus Tibéri Gracchi senátus Románus corruptus erat. Tiberius ambitiósus fúerat: fecit quaedam mala. Fecit quaedam etiam contra consuetúdinem. Sed senátus non debuit interfícere illum. Hoc re vera monstrávit corruptiónem senátus Románi. Erat etiam alius Gracchus, Gaius nómine. Tiberio interfecto, Gaius non timuit. Hic etiam proposuit legem de agris. Sed hic etiam non potuit contra senátum pugnáre. Sed corruptio senátus praesertim monstráta est in bellum cum Iugurtha.

corruptus - corrompu
quaedam - des choses
consuetúdo - tradition
monstrávit - montra
praesertim - surtout
audívimus - nous avons entendu (parler de)
filius - fils
nepos - neveu
orientális - orientale
occidentális - occidentale
melior - meilleure

Audívimus de Masinissa, rege Numidiae. Filius Masinissae erat Micipsa. Quando Micipsa mortuus est (mourut), Hiempsal et Adherbal erant filii Micipsae, Iugurtha erat nepos Micipsae. Iugurtha debuit accípere partem Numidiae cum filiis Micipsae. Sed Iugurtha interfécit Hiémpsalem. Hiémpsale interfecto, Iugurtha expulit Adhérbalem ex Numidia. Adherbal rogávit senátum Románum míttere auxilium. Sed senátus dedit partem orientálem Numidiae illi (à lui) et partem occidentálem Iugurthae (à Jugurtha). Iugurtha probabíliter déderat aurum; pars enim occidentális erat melior.

(à suivre demain - continuábitur cras)

VOCABULARIUM

monstráre, -ávit, -átum - montrer

praesertim - surtout

bona consuetúdo, ine - tradition
filius, o - fils
melior, melius, óre - meilleur
occidentális, e, i - occidental
orientális, e, i - oriental

NUNC COGITEMUS

L’indicatif présent, à la troisième personne du singulier — Dernièrement, nous avons appris les formes de l’infinitif présent actif: nous avons vu que tous les infinitifs se terminaient par -re. Mais la voyelle qui précède la finale -re varie. Cette différence des voyelles nous fait connaître quatre catégories différentes de verbes, que nous appelons les quatre conjugaisons. On les reconnaît à leur terminaison (nous appelons terminaison, ici, les deux dernières syllabes, formées de la finale -re et de la voyelle qui la précède). Nous avons donc les conjugaisons suivantes:

1. -áre

2. -ére

3. -ere

4. -íre

Remarquez qu’il y a une différence de quantité - et donc d’accent - entre la deuxième et la troisième conjugaison. E est long, dans la deuxième, bref, dans la troisième.

Pour obtenir la troisième personne du singulier de l’indicatif présent actif, enlevez les terminaisons -áre, -ére, -ere, -íre et ajoutez:

1. -at

2. -et

3. -it

4. -it

Remarquez que la voyelle de ces terminaisons est la même qu’à l’infinitif, sauf à la troisième conjugaison. Voici donc un exemple pour chacune des conjugaisons:

1. parat

2. habet

3. ponit

4. venit

NUNC EXERCEAMUS NOS

Marcus scholam aedíficat. Marcus vult (présent irrégulier de voluit - veuillez le retenir) vidére Maríam in schola. Agnus albus etiam vult habére scholam. Agnus in scholam veníre vult. Roma multas consuetúdines bonas habet. Nemo potest expéllere agnum ex schola. Servus pecuniam non habet. Miles sine armis pugnáre non potest. Habetne Columbus bonas naves? Utique, Columbus habet illas. Columbus illis návigat. Tiberius Gracchus novam legem propónit. Nova lex agros pro paupéribus dat. Senátus novam legem non amat. Senátus Gracchum interfícere vult. Horatius in ponte stat. Ignis in pontem cadit. Horatius in aquam cadit. Sed Etrusci veníre in urbem non potuérunt. Quid vocat María Marcum? Illa vocat illum "Agnus parvus". Potestne Marcus dícere baa? Hic parvus porcus carnes bovínas assas (voyez la leçon 2) habet. Hic parvus porcus nihil habet. Hic parvus porcus "oui, oui" dicit. Exércitus Románus Cartháginem fortitúdine vincit. Sed Carthaginienses fórtiter pugnavérunt. Non est fácile pugnáre contra Carthaginienses. Hánnibal enim, imperátor Carthaginiensis, est vir magnus. Columbus uxórem (épouse) habet. Quid dicit uxor? Vocatne illum "parvus agnus"? Non. Uxor Columbi habet magnam vocem (voix). Uxor Columbum vocat porcum. Porcus enim rotundus est. Eratne Columbus rotundus? Hamilcar manum Hanníbalis in altáre ponit. Hánnibal odium aeternum promittit contra Romam et Romános, fábula Romána dicit haec. Suntne haec vera? Verum est quod Hánnibal bellum cum Románis gessit. Hánnibal Romános fere vicit. Sed Scipio Romam servat.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Scipion prépare les soldats.
Colomb montre ses navires.
Adherbal reste dans la partie orientale de la Numidie.
Il prépare une armée.
Le roi d’Afrique a beaucoup d’esclaves.
Le Sénat avait reçu beaucoup d’or de Jugurtha.
Puisqu’il a reçu de l’or, le Sénat ne veut pas combattre contre cet homme.

LECTIO VICESIMA TERTIA

De témpore praesenti in persóna tertia pluráli

SOMMAIRE — Le Sénat, probablement acheté, ne voulut pas punir Jugurtha. Mais le peuple exigea la guerre. Ce fut une fausse guerre, suivie d’une fausse capitulation. Et bientôt Jugurtha exaspéra même le Sénat par des assassinats perpétrés à Rome. La guerre reprit, mais avec peu de succès. Finalement, le peuple élut Marius consul et le nomma commandant. Marius abandonna le recours aux conscrits; il recruta des volontaires en leur promettant terres et salaires. L’armée fut ainsi plus fidèle à sa personne qu’à Rome.

Senátus iam monstráverat corruptiónem suam. Iugurtha enim interfécerat Adhérbalem. Sed senátus, probabíliter quia accéperat aurum ab Iugurtha, vult fácere nihil. Senátus debet puníre Iugurtham. Sed plebs, in comitiis tribútis, exclamant: senátus iniustus est. Senátus debet bellum movére cum Iugurtha. Necesse est puníre illum. Ergo senátus, coactus a plebe, movit bellum. Sed exércitus Románus non pugnávit fórtiter contra Iugurtham. Et Iugurtha non pugnávit fórtiter contra Romános. Senátus enim non vult bellum cum Iugurtha. Et hic non vult bellum cum Roma. Simulavérunt bellum. Finis belli venit anno centésimo undécimo (111) ante Christum. Mox Iugurtha interfécit virum, quando in urbe Romána erat. Magna audacia erat. Ítaque Roma rursus movit bellum cum Iugurtha. Etiam senátus nunc ira motus est contra Iugurtham.

puníre - punir
iniustus - injuste
coactus - poussé
simulávit - feignit
mox - bientôt
audacia - audace
ira - colère
delectus - levée, conscription
modus - manière
speráre - espérer
fácile - facilement

Sed Roma non habet victoriam statim. Ítaque plebs creávit novum imperatórem: fecit Marium imperatórem. Marius electus est consul pro anno centésimo séptimo (107). Marius non voluit habére mílites ex delectibus. Mílites ex deléctibus non voluérunt pugnáre. Marius voluit habére mílites melióres. Ítaque promísit agros et pecuniam; hoc modo accépit mílites melióres. Hi mílites voluérunt pugnáre fórtiter. Voluérunt accípere bonos agros et pecuniam multam a Mario. Ítaque hi mílites amavérunt Marium. Speravérunt accípere pecuniam et agros ab illo, non a Roma. Ergo mílites Mari vicérunt Iugurtham.

VOCABULARIUM

cógere, -égit, -actus - pousser, contraindre
puníre, -ívit, -ítus - punir
simuláre, -ávit, -átus - feindre
speráre, -ávit, -átus - espérer

mox - bientôt

delectus, u - levée, conscription
iniustus, a, um - injuste
ira, a - colère
modus, o - mesure, manière, façon

NUNC COGITEMUS

L’indicatif présent, à la troisième personne du pluriel — A la dernière leçon, nous avons appris à former la troisième personne du singulier de l’indicatif présent, de chacune des quatre conjugaisons.

Il est aussi facile de trouver la troisième personne du pluriel de presque tous les verbes: nous enlevons simplement la terminaison de l’infinitif (-are, etc.) et nous ajoutons:

1. -ant

2. -ent

3. -unt

4. -iunt

Reprenons les exemples de la leçon précédente et nous aurons:

1. parant

2. habent

3. ponunt

4. veniunt

Mais quelques verbes seulement causent un peu de tracas. Ils appartiennent à la troisième conjugaison, mais empruntent à la quatrième la terminaison -iunt. Jusqu’à présent, nous n’avons pas rencontré beaucoup de ces verbes: exactement cinq. Les voici:

accipiunt

(de accípere)

capiunt

(de cápere)

faciunt

(de fácere)

iaciunt

(de iácere)

interficiunt

(de interfícere)

Comment reconnaître ces verbes, lorsque nous les rencontrerons? C’est facile. Quand un de ces verbes se présentera, le Vocabularium donnera la forme -iunt avant les trois autres formes ordinaires; par exemple, vous trouverez accipere présenté de la façon suivante:

accipiunt, accípere, accépit, acceptus - recevoir

Mais si le verbe n’appartient pas à cette catégorie, on ne donnera que les trois formes ordinaires.

Voluit — Ce verbe possède certaines formes irrégulières; nous en connaissons l’infinitif: velle. Nous l’avons employé à la troisième personne du singulier du présent: vult. La troisième personne du pluriel est plus facile; c’est tout simplement volunt.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Románi Iugurtham puníre volunt. Bellum movére cum illo volunt. Marius est imperátor bonus. Marius sperat fácere exércitum meliórem. Marius non voluit cógere mílites pugnáre deléctibus: Marius mílites voluntarios habére voluit. Ille agros et pecuniam multam promisit. Quia pecuniam accipiunt, mílites amant Marium. Multa bona faciunt. Iaciunt Iugurtham ex Numidia. Urbes Numidiae capiunt. Exércitus voluntarius melior est. Románi pro Roma pugnáre debent. Sed Románi non iam pugnáre amant. Senátus bellum cum Iugurtha símulat. Iugurtha bellum etiam símulat. Senátus et Iugurtha pugnáre non volunt. Senátus corruptus est. Senátus etiam corruptiónem suam monstrávit, quando Gracchum interfécit. Gracchus vir bonus erat, amávit Romam. Paúperes amávit. Sed senatóres voluérunt pecuniam multam habére. Sed Marcus et Maria invicem (se) amavérunt. Et amavérunt etiam agnum album. Columbus non erat iniustus. Columbus inveníre Indiam voluit. Columbus et nautae naves suas amant. Cincinnátus non iniustus fúerat. Románi in antiquis diébus iniusti non fuérunt. Illi Románi Romam amavérunt; non amavérunt pecuniam et aurum. Hoc modo servavérunt Romam. Galli Romam víncere voluérunt. Sed Romam non possunt víncere; Roma fortis est. Mílites Románi ex deléctibus in illis diébus erant fortes. Illi Románi antiqui pro Roma pugnáre voluérunt. Pecuniam et agros dare non erat necesse. Sed diébus Mari Románi pugnáre non voluérunt. Antiqui Románi fuérunt melióres.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Ils prennent beaucoup de villes.
Que jettent-ils dans la rivière?
Marius et les siens (sui) (s’en) viennent.
Marius et Sylla combattent courageusement.
Il parla avec grande colère.
Jugurtha prétend aimer le Sénat, mais en réalité il ne l’aime pas.
Par la conscription, ils contraignent ces hommes à venir dans l’armée.

LECTIO VICESIMA QUARTA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE — Mithridate, roi du Pont, petite région d’Asie Mineure, commença à dévaster le pays. Il envahit la province romaine d’Asie et tua le légat. Sylla, ancien lieutenant de Marius, reçut le commandement contre Mithridate. Mais, pendant qu’il faisait route vers l’Asie, on lui retira son commandement. Sylla marcha sur Rome et tua ceux qui avaient machiné son rappel. Mais il ne put trouver Marius. (à suivre)

In Asia Minóre est terra parva, Pontus nómine. Rex Ponti erat Mithridátes. Sed ille voluit víncere multas terras. Ítaque bellum movit cum aliis terris in Asia Minóre, In hoc témpore, Románi habuérunt provinciam in parte occidentáli Asiae Minóris. Vocavérunt hanc provinciam Asiam. Sed re vera "Asia" erat solum pars parva Asiae Minóris. Mithridátes etiam interfécit legátum Románum in hac provincia. Mithridátes dixit: "Románi amant aurum". Ítaque Mithridátes infúdit aurum cálidum in guttur Románi.

tempus - temps
provincia - province
solum - seulement, ne…​que
infúdit - versa
cálidus - chaud
guttur - gosier
dubium - doute
ingenium - talent
pars - partie
dum - pendant que
abest - est absent
amícus - ami

Sine dubio necesse erat bellum habére cum Mithridáte. Románi ergo faciunt Sullam imperatórem contra Mithridátem. Sulla fúerat legátus in exércitu Mari in bello lugurthíno. Sulla erat patricius nativitáte, et vir magni ingenii. Sulla non iam amat Marium: Marius est ex parte plebis, Sulla est ex parte senátus.

Sed Sulla factus est imperátor contra Mithridátem. Sulla ergo discessit ex urbe cum exércitu magno. Dum Sulla abest ex urbe, tribúnus plebis, Sulpicius nómine, propónit novas leges. Una (une) lex revocat Sullam et facit Marium imperatórem. Sulla audívit de nova lege. Ergo Sulla venit rursus ad urbem cum exércitu suo. Sulla interfécit Sulpicium et multos amícos Sulpicii. Sed non póterat inveníre Marium.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

abesse, afuit, afutúrus - être absent
infundere, -fúdit, -fúsus - verser dans

dum - pendant que

cálidus, a, um - chaud
dubium, o - doute
magnum guttur, ure - gosier
ingenium, o - talent, don naturel
longum tempus, ore - temps

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Comment dites-vous: il pousse, ils poussent; il montre, ils montrent; elle demande, ils demandent; il est absent, ils sont absents; il veut, ils veulent; elle reçoit, ils reçoivent; il envoie, elles envoient; il jette, ils jettent?

  2. Déclinez ensemble les mots suivants: magnus rex orientális; bonus delectus; mala consuetúdo; caput cálidum.

  3. Comment dites-vous: il avait été trouvé, ils avaient été trouvés; il avait été donné, ils avaient été donnés; il avait été fait (gérere), ils avaient été faits?

NUNC EXERCEAMUS NOS

Románi aurum amant, hoc dicit Mithridátes. Ergo Mithridátes aurum in guttur dat. Auro accepto, habuit ille Románus caput cálidum? Estne bonum amáre aurum? Viri boni aurum amáre non debent. Res melióres amáre debent. Estne Asia Minor parva? Non, non est parva. In Asia Minóre est Asia; Románi enim vocant provinciam suam "Asia". Et haec provincia Romána in Asia Minóre erat. Ergo Asia in Asia Minóre erat. Dum Sulla ex urbe abest, quid facit Marius? Marius potestátem habére vult. Sed Sulla etiam potestátem habére vult. Ergo Roma bellum civíle habet. Mílites Mari Romam amavérunt. Sed etiam Marium amavérunt; agros et pecuniam a Mario, non a Roma, speravérunt. Etiam mílites Sullae amavérunt Romam. Sed amavérunt Sullam; et agros et pecuniam a Sulla, non a Roma, speravérunt. Hoc modo Roma póterat bellum civíle habére. Si (si) cives amant Romam solam, non possunt movére civíle bellum. Roma enim bellum civíle non amat. Eratne bellum civíle in Státibus Foederátis Américae? Utique. In América, Status Confoederáti pugnavérunt cum Státibus Foederátis. Malum est habére bellum. Sed non iam est bellum in América. América habet bellum cum aliis natiónibus. América nunc cum Communistis pugnat. Communistae Américam delére volunt. In antiquis temporibus, Cincinnátus Romam servávit. Sed in América sunt Cincinnáti. Primi cónsules Románi Tarquinium expéllere voluérunt. Sed Tarquinius Romam puníre voluit, quia Roma illum expúlerat. Sed Románi monstravérunt quod Romam amavérunt: fórtiter pugnavérunt. Etrusci in urbe non iam rémanent. Remanére non licet. Régibus expulsis, Románi non habuérunt pacem, quia necesse erat semper pugnáre cum aliis natiónibus. Pax in hoc mundo non est aeterna.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Tarquinius chassé, Rome eut la guerre.
Il était patricien de naissance.
Ils disent que Jugurtha veut la paix.
Aussi longtemps (dum) qu’il y a un doute, ils ne veulent pas (nolunt) rappeler le légat.
Il fut fait dictateur, non en raison de (abl. seul) son talent naturel, mais en raison de l’abondance du travail.
Ils se battent en ce moment avec les communistes.
Même les bons n’ont pas la paix éternelle en ce monde.

LECTIO VICESIMA QUINTA

De tribus cásibus pronóminum IS et IDEM

SOMMAIRE — Marius s’était enfui en Afrique. Après avoir imposé sa volonté par l’armée, Sylla partit en direction de l’est. Il combattit les forces de Mithridate en Grèce, mais enleva aussi à la Grèce beaucoup de ses trésors. Il s’en alla ensuite en Asie et vainquit Mithridate. Mais la victoire ne fut pas décisive. Sylla, toutefois, voulait retourner à Rome au plus tôt. En son absence, la guerre civile et les assassinats s’étaient accrus. Son retour en augmenta encore le nombre.

Sulla vénerat in urbem cum exércitu et interfécerat Sulpicium et multos amicos Sulpici. Sed non invénerat Marium: Marius enim eváserat in Áfricam. Sulla ergo discessit ad Orientem cum exércitu contra Mithridátem. Sed ántequam venit in Asiam Minórem, Sulla venit per Graeciam. Mithridátes habuit exércitum in Graecia. Sulla ítaque pugnávit cum illo in Graecia. Sulla cepit multas Graecas urbes. Sed Sulla etiam rapuit multas res pretiosas ex Graecia. Deinde Sulla navigávit in Asiam Minórem. Ibi fecit multa proelia secunda. Sulla vicit Mithridȧtem, sed non omnino fregit potestátem illíus. Sulla enim non timuit Mithridátem, sed timuit Marium et amícos Mari in urbe. Sulla debuit frángere potestátem Mithridátis, sed hoc non fecit. Mithridates enim potuit pugnáre, postquam Sulla discessit.

evásit - s’enfuit
rapuit - enleva
deinde - ensuite
pretiósus - précieux
ibi - là
proelium - combat
secundus - heureux
fregit - brisa
inter - entre
trucidátio - massacre
vita - vie
quotidie - chaque jour
proscriptus - proscrit

In urbe, dum Sulla erat in Oriente, bellum civíle fúerat inter amícos Mari et senátum. Multi Románi interfecti erant, Marius enim vénerat in urbem cum exércitu. Per quinque (V) dies, trucidátio fúerat in urbe. Decem millia (10,000) interfecti erant.

Ergo, quando Sulla venit in urbem, rursus bellum civíle venit. Marius non iam erat in urbe. Marius non iam erat in hac vita. Sed Sulla quotidie posuit in foro nómina proscriptórum: Sulla dixit "licet interfícere hos proscriptos". Ergo fere quinque (V) millia interfecti sunt.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

evádere, -ásit, -ásus - s’enfuir
frángere, fregit, fractus - briser
rapiunt, rápere, rapuit, raptus - prendre, enlever, s’emparer de

ibi - là
inter (avec l’acc.) - entre, parmi
omníno - complètement, tout à fait

Mithridátes, e, malus - Mithridate
proelium, o - combat
secundus, a, um - deuxième (qui suit), prospère
vita, a - vie

NUNC COGITEMUS

ISIs, ea, id peut être pronom ou adjectif démonstratif. Pronom, il signifie: il, elle, eux; adjectif démonstratif, il signifie: ce (cet, cette), ceci, cela. Les formes ne sont pas difficiles à apprendre:

Singulier

Pluriel

m.

f.

n.

m.

f.

n.

Nom.

is

ea

id

ei (ii)

eae

ea

Acc.

eum

eam

id

eos

eas

ea

Abl.

eo

ea

eo

eis (iis)

eis

eis

Quelles formes diffèrent de celles de la classe de bonus? Deux seulement: is et id (évidemment le nominatif et l’accusatif neutres sont semblables…​ mais c’est normal). Par conséquent, il suffit d’apprendre par coeur les trois formes de la première ligne, le reste nous est connu. N’est-ce pas que le latin est facile?

Quelle différence y a-t-il entre is, ea, id, signifiant ceci ou cela, et hic ou ille? Is est beaucoup moins fort; en fait, il n’arrive pas à signifier clairement ceci ou cela.

IdemIdem signifie le même. Il est facile à décliner, il suffit d’ajouter -dem à is, ea, id:

idem

éadem

idem

eidem

eaedem

éadem

eumdem

eamdem

idem

eosdem

easdem

éadem

eódem

eádem

eódem

eisdem

eisdem

eisdem

Remarquez que nous ne maintenons pas les deux d. Aussi n’écrivons-nous pas iddem mais idem. Nous ne disons pas non plus isdem mais idem. Parfois eumdem s’écrit eundem et eamdem peut s’écrire eandem.

Danger! Il est dangereux de connaître un mot latin! Prenons notre vieil ami secundus. On ne vous l’a jamais présenté officiellement, mais nous nous sommes dit qu’il signifiait second…​ et c’est bien cela! Parfois cependant, un bon vieux mot peut nous faire des surprises inattendues! Ainsi secundus a aussi le sens de favorable ou prospère. Donc, en latin, il faut surveiller même ses amis.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Úrbibus captis, Sulla res pretiósas rapuit. Roma capta, Sulla multos cives interfécit. Cur (pourquoi) eos interfécit? Quia amíci Mari erant. Amíci Sullae pecuniam dívitum habére voluérunt. Sed Sulla et Marius viri mali fuérunt: re vera non Romam amavérunt, se (s') amavérunt. Verus Románus Romános non intérficit, bellum civíle in terra sua non movet; verus Románus contra alias natiónes, quando necesse est, pugnat, sed non contra Romam. Sed Sulla Marium non interfécit. Sulla Marium interfícere volúerat, sed non póterat. Cur? Quia Marius non solum in Áfricam evásit, sed etiam ex hac vita evásit. Ergo Marius ex mánibus Sullae evásit. Agnus albus non evásit ex mánibus Maríae, sed in scholam venit. Sed porci in scholam non venérunt: agnus et porcus non sunt idem. Agnus dicit baa, porcus dicit oink. Agnus etiam albus est, sed porci non albi sunt. Porci lutum (boue) amant. Agni lutum non amant. Vita porcórum non fácilis est: non semper habent carnes bovínas assas, debent esse in luto, debent fere semper dicere oink, et postquam ex hac vita discessérunt, debent esse cibi pro nobis (nous). Ergo Marcus motus est misericordia pro porcis. Ergo Marcus porcos amávit. Sed amávit etiam Maríam. Ergóne fuit María porcus? Non. María, dicit Marcus, est agna parva. Estne agnus proscriptus a Sulla? Non. Sulla enim non vult interfícere agnos. Sulla vult interfícere Romános.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Les mêmes hommes viennent.
Marc le vit.
C’était la guerre entre les citoyens.
Bien que la puissance de Mithridate n’eût pas été brisée, Sylla retourna à la ville.
Car Sylla craignit Marius et voulut tuer beaucoup d’amis de Marius.
Sylla enleva d’Athènes (Athénis) beaucoup d’objets précieux.
Il revint (venit rursus) alors d’Italie sur ses navires.

DEBROUILLONS-NOUS

Sulla in urbem, quia Marium timuit, rursus venit. In foro Románo, postquam Sulla urbem cepit, quotidie nómina proscriptórum a Sulla sunt pósita. Magna cum trucidatióne multi, quia non erant amíci Sullae, sunt interfecti a Sulla.

LECTIO VICESIMA SEXTA

De tribus cásibus relatívi pronóminis QUI

SOMMAIRE — Les proscriptions de Sylla firent périr environ 5000 hommes. Il devint aussi dictateur à vie. Il révisa la constitution pour raffermir le Sénat corrompu. Il abdiqua en 79 et mourut en 78. Pompée avait bien servi sous Sylla. Il reçut le titre de "Grand". En 70, il fut consul avec Crassus; ensemble ils défirent le travail de Sylla sur la constitution. Après ce consulat, Pompée augmenta encore sa renommée dans des guerres contre les pirates de Cilicie, Mithridate, Tigrane et les Juifs.

Sulla ergo et amíci Sullae interfecérunt fere quinque millia civium Romanórum. Fecérunt haec in anno octogésimo secundo (82) ante Christum. Eodem anno, Sulla factus est dictátor. Cincinnátus fúerat dictator per paucos dies. Sulla amávit senátum, sed non amávit plebem. Ergo Sulla fecit multas leges. Hae leges fecérunt potestátem senátus maiórem. Sed Sulla non debuit fácere potestátem senátus maiórem. Senátus enim corruptus erat. Sed Sulla erat caecus. Postquam leges multas (multae ex eis erant malae) fecit, Sulla deposuit dictatúram in anno septuagésimo nono (79). In anno septuagésimo octávo (78) discessit ex hac vita.

pauci - peu de
maior - plus grand
caecus - aveugle
dictatúra - dictature
títulus - titre
humílitas - humilité
quamquam - bien que
imperium - commandement
piráta - pirate

In exércitu Sullae fúerat Gnaeus Pompéius. Is fórtiter pugnáverat pro Sulla contra amícos Mari. Pro his labóribus accéperat títulum "Magnus". Pompéius enim non amávit humilitátem. Sed postquam Sulla discessit ex hac vita, Pompéius fécerat nomen suum magnum multis bellis. Pompéius etiam factus est consul pro anno septuagésimo (70). Crassus fuit consul cum Pompéio. Crassus fúerat legátus Sullae. Sed Pompéius et Crassus, quamquam fúerant amíci Sullae, delevérunt fere omnes leges novas Sullae. Ítaque omnes labóres Sullae ad nihil venérunt! Post hunc annum septuagésimum ante Christum, Pompéius accépit alia impéria extraordinaria: pugnávit contra pirátas Ciliciae, contra Mithridátem, contra Tigránem, et contra Iudáeos.

VOCABULARIUM

quamquam - bien que

caecus, a, um - aveugle
imperium, o - commandement
maior, maius, maiore - plus grand
pauci, ae, a, is (pluriel seulement) - peu de

NUNC COGITEMUS

Le pronom relatif QUIQui, quae, quod signifie: qui, lequel, laquelle, que. Les terminaisons de ce pronom sont comme un pot-pourri:

Singulier

Pluriel

m.

f.

n.

m.

f.

n.

Nom.

qui

quae

quod

qui

quae

quae

Acc.

quem

quam

quod

quos

quas

quae

Abl.

quo

qua

quo

quibus

quibus

quibus

Les seules formes vraiment nouvelles sont les trois du haut: qui, quae, quod. Les autres nous sont toutes assez connues; la difficulté vient de ce qu’elles sautent de l’une à l’autre des trois premières déclinaisons. Le féminin se conduit bien, comme il convient à une dame! suivant la première déclinaison presque partout. Mais les hommes et les animaux sont plus changeants (et alors que devient la donna e mobile?)

L’ablatif pluriel est celui de la troisième déclinaison: quibus.

Le nominatif et l’accusatif neutres singuliers - quod - se comporte au moins comme un neutre normal, ainsi que le pluriel quae. Le pluriel masculin qui et quos est régulier, comme l’ablatif singulier quo. Mais quem est tout à fait excentrique, un peu moins cependant que le nominatif singulier qui. Comme le Vocabularium d’aujourd’hui ne comprend que cinq mots, nous pouvons faire un effort de mémoire.

Comment s’emploient les relatifs? — Il y en a qui se servent de leurs relations pour emprunter de l’argent…​ mais observons plutôt l’exemple suivant: Marcus vidit Maríam, quae amávit agnum; Marc vit Marie, qui aima l’agneau.

Remarquez le genre, le nombre et le cas de quae. Il est au nominatif, parce qu’il est sujet de amávit. Mais il est au féminin singulier, parce qu’il se rapporte à Marie. Nous appelons Marie l’antécédent. Et voici la règle: le pronom relatif s’accorde avec son antécédent: en genre (masc., fém. ou neutre), en nombre (singulier ou pluriel), mais non en cas (nominatif, accusatif, etc.). Alors, pour nous entraîner, remarquons bien l’emploi des relatifs et des antécédents dans les phrases qui vont suivre.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Marius Marium amávit. Sulla Sullam amávit. Sed Cincinnátus Romam, quae urbs bona fuit, amávit. Pompéius, qui in exércitu Sullae fúerat, leges Sullae delévit. Agnus, qui in schola erat, dixit: María est puella bona. Quid dixit porcus qui in foro erat? Dixitne oui, oui? Utique. Et vidit alium porcum, qui carnes bovínas assas habúerat. Sed porcum qui habuit carnes porcínas assas non vidit. Quia non est porcus qui habuit carnes porcínas assas. Sulla multos Romános interfécit. Sed is qui multos alios interfécerat, non interfectus est. Marius e mánibus Sullae evásit. Marius in África erat. Asia est terra quae est minor quam (plus petite que) Asia Minor. Quia Asia est provincia Romána quae in parte occidentáli Asiae Minóris est. Mithridátes Asiam Románam cápere voluit. Mithridátes erat rex qui magnam potestátem habuit. Sulla potestátem Mithridátis frángere debuit, sed hoc non fecit. Sulla enim amícos Mari qui in urbe erant, puníre voluit. Sed non omnes amíci mali sunt. Marcus enim habuit amícam quae habuit agnum qui habuit vellus (toison) album. Marcus erat amícus huius (de cette) amicae. Amíca erat María. Marcus et María non mali fuérunt. Agnus non malus fuit (quamquam venit in scholam, id quod non debuit fácere). Et agnus habuit vellus quod non malum fuit (album fuit vellum). Ubi est legátus Románus qui aurum cálidum in guttur accépit? Ille non iam est in Asia: auro accepto habuit caput cálidum et discessit. Sed non in hac vita est. Vita enim non est bona, quando vir aurum in gutture habet. Sed vir qui hoc fecit (qui aurum infúdit) est vir malus.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il vit le général qui combattit contre Mithridate.
Peu de moutons viennent à l’école.
Les pirates qui prirent César (Caésarem) ont été tués.
Ceux qui haïrent Sylla furent tués par les hommes de Sylla.
Pompée fut l’homme que les pirates ne purent vaincre.
Pompée reçut une grande puissance par une nouvelle loi.
Ceux qui furent aveugles ne purent voir.

DEBROUILLONS-NOUS

Nomen "Magnus", quia fórtiter pugnávit, accépit Gnaeus Pompéius. Etiam multa imperia extraordinaria, quia dux bonus erat, a senátu Románo accépit. Hoc modo contra pirátas qui perículum in mari fécerant pugnávit. Etiam Iudaéos, qui in terra sancta fuérunt, in imperium Románum idem Pompéius duxit (fit entrer).

LECTIO VICESIMA SEPTIMA

De tribus cásibus pronóminum: QUIDAM et IPSE et SUI

SOMMAIRE — César naquit en 100 A.C. Il apprit de Marius et de Sylla comment un homme fort pouvait s’emparer du pouvoir. Il était du côté de Marius. Il épousa la fille de Cinna, un des chefs du clan de Marius. Sylla lui ordonna de divorcer; César refusa et dut fuir. Une fois pris, des ami le firent relâcher. César fit voile vers Rhodes, pour y apprendre l’art oratoire sous Molon. En route, il fut pris par des pirates. Il paya une rançon et s’échappa. Mais, avant d’aller à Rhodes, il prit d’autres navires, s’empara des pirates et les crucifia tous, comme il le leur avait promis.

Sed primo saéculo ante Christum fuérunt multi viri magni, inter hos erat Gaius Iulius Caesar. Caesar venit in hunc mundum in anno centesimo (100) ante nativitátem Christi. Bellum civíle inter Marium et Sullam áccidit in iuventúte Caésaris. Caesar erat ex parte Mari. Ex exemplo Mari et Sullae, Caesar dídicit quod vir audax cum exércitu póterat cápere Romam et fácere omnia quae voluit. Anno octogésimo tertio (83), Caesar duxit filiam Cinnae in matrimonium. Cinna erat amícus Mari. Sulla ergo motus est ira. Sulla iussit Caésarem relínquere hanc uxórem. Sed Caesar negávit. Necesse erat fúgere ex urbe. Caesar ergo fugit in montes. Sed inventus est ab amícis Sullae, et ductus est ad Sullam. Sulla voluit puníre Caésarem. Amíci Caésaris rogavérunt Sullam, et non punívit Caésarem. Sed Sulla dixit: "Multi Marii sunt in illo viro".

áccidit - arriva
iuventus - jeunesse
exemplum - exemple
dídicit - apprit
audax - audacieux
duxit - conduisit
filia - fille
matrimonium - mariage
relínquere - abandonner
uxor - épouse
negáre - refuser
fúgere - fuir
autem - cependant
magister - maître
ars - art
piráta - pirate

Sed Caesar non remansit in urbe. Postquam autem Sulla discessit ex hac vita, Caesar venit rursus in urbem. Sed voluit esse orátor magnus. Ergo navigávit ad ínsulam Rhodum, in qua erat magister magnus rhetóricae artis, Molo. Sed navis, in qua Caesar erat, capta est a pirátis. Necesse erat dare multam pecuniam pirátis (aux pirates). Hoc modo Caesar evásit ex mánibus piratárum. Sed, ántequam navigávit ad ínsulam in qua Molo erat, Caesar voluit puníre pirátas. Ítaque invénit naves alias et invénit pirátas. Crucífixit omnes: hoc enim promíserat, quando erat in captivitáte piratárum.

VOCABULARIUM

accídere, áccidit - arriver
díscere, dídicit - apprendre
dúcere, duxit, ductus - conduire
(dúcere in matrimonium - épouser)
fugiunt, fúgere, fugit, *fugitúrus - fuir

autem - cependant, or (toujours en deuxième place)

bona ars, arte (gén. plur. -ium) - art, métier
audax, áci - audacieux
Caesar, are - César
bona iuventus, úte - jeunesse (époque de la vie)
magister, tro - maître

NUNC COGITEMUS

Quidam — Le mot français certain est un mot détestable. En effet, ce mot exprime parfois exactement ce qu’il signifie, quelque chose de certain, de sûr, e.g.: je suis certain que c’est vrai. Mais, d’autres fois, rien de moins certain! c’est quelque chose d’indéterminé, e.g.: un certain homme s’en vient. Le latin, lui, possède deux mots et il emploie certus quand il s’agit de quelque chose de certain, de sûr. Mais, quand la chose est indéterminée, comme dans le deuxième exemple, le latin emploie quidam.

Quidam se décline facilement: ajoutez simplement le suffixe -dam au relatif qui, quae, quod. Parfois le m de la désinence qui précède le -dam se change en n, mais pas toujours. Cependant, le nominatif et l’accusatif neutres singuliers peuvent être quoddam ou quiddam. Quoddam est la forme adjective (lorsqu’il modifie un nom). Quiddam est la forme pronominale (lorsqu’il est seul). Car quidam peut être soit adjectif, soit pronom.

Ipseipse se décline exactement comme ille, à l’exception du nominatif-accusatif neutre singulier, qui est ipsum. Le latin est presque trop facile!

Emploi de ipseIpse signifie: lui-même, elle-même, eux-mêmes, elles-mêmes, moi-même, toi-même, etc. En d’autres termes, ipse est un fortifiant; il ajoute le suffixe -même à tout pronom en français. Exemples:

Ipse venit - il vint lui-même; ipsa venit - elle vint elle-même;

Caesar ipse interfécit eos - César les a tués lui-même.

Mais que dire de ceci: César s’est tué? Peut-on employer ipse pour soi-même ici? Non. Ceci n’est pas la même chose. Dans cette phrase, le pronom se renvoie au sujet, nous l’appelons donc un réfléchi. Lui-même ne fait pas partie du sujet (car, s’il en faisait partie, il ne pourrait pas y renvoyer). Aussi avons-nous besoin d’un mot nouveau, et ce mot est se: Caesar interfecit se. Comparez avec les exemples précédents. Là, le mot lui-même, elle-même, etc., ne renvoie pas au sujet. Il ne peut pas y renvoyer, car il en fait partie. Mais examinez cette phrase-ci: Caesar ipse interfecit se - César lui-même s’est tué. Nous les avons tous les deux maintenant. Il serait bon d’apprendre cette phrase par coeur (ou une semblable).

Les formes de SE — Puisque se n’a que quatre formes, il serait bon de les apprendre dès maintenant.

pas de nominatif

génitif:

sui

datif:

sibi (cas nouveau que nous verrons bientôt)

accusatif:

se (ou sese)

ablatif:

se (ou sese)

Le singulier et le pluriel ici sont semblables. Parfois ipse renforce se: Caesar interfécit seipsum. Et maintenant que notre causette est terminée,

EXERCEAMUS NOS

Quidam viri ad Sullam ipsum venérunt. Dixérunt quod Caesar ipse in montes fúgerat. Sulla enim Caésarem puníre voluit sed Caesar fugit. Non voluit se dare Sullae (à Sylla). Caesar erat vir audax qui filiam Cinnae in matrimonium dúxerat. Hoc fécerat quamquam Cinna ipse erat vir magnus ex parte Mari. Marius ipse non est interfectus a Sulla. Et Marius se non interfécit. Marius modo naturáli discessit ex hac vita. Postquam Marius discessit, Cinna ipse erat vir máximus inter Mariános. Sulla ergo iussít quosdam viros inveníre Caésarem ipsum. Sed inveníre eum non erat fácile. Caésare invento, hi viri ad Sullam venérunt. Caesar ipse etiam venit. Sulla ira motus est contra Caésarem, Sulla eum puníre voluit, sed Caesar etiam quosdam amícos habuit. Hi amíci Sullam ipsum pro Caésare rogavérunt. Sulla Caésarem non interfécit. Caesar ipse etiam multa bona fecit: non interfécit omnes inimícos (ennemis) suos. Sed pirátas interfécit. Pirátae enim navem in qua Caesar erat céperant. Caesar ipse multam pecuniam dare coactus est. Sed postea (plus tard) Caesar venit rursus ad pirátas qui accéperant pecuniam a se. Venit ad eos aliis návibus, et eos interfécit, Caesar artem rhetóricam dícere voluit: esse orátor máximus voluit. Molo erat magister bonus artis rhetóricae. Caesar ipse factus est orátor bonus. Sed etiam imperátor máximus erat, imperátor bonus bonas oratiónes ad mílites suos habére debet. Caesar hoc fecit. Sed Marcus etiam orátor bonus erat: Marcus enim multas oratiónes ad Maríam ipsam habuit. Marcus dixit: María est agna parva. Et María ipsa dixit: O! Marcus est orátor bonus. Agnus etiam quasdam oratiónes quas Marcus ad Maríam fecit audívit. Quid dixit agnus ipse? Fácile est dícere. Sed agnus ipse amávit Maríam. María agnum non interfécit. Et agnus sese non interfécit. Agnus qui in schola erat voluit accípere suum B.A.

DU FRANÇAIS AU LATIN

César épousa Cornélie.
Sylla fut en colère (ému de colère).
Il fut nécessaire de fuir dans les montagnes.
Il y a certains hommes en Italie qui veulent détruire Rome.
Ils veulent eux-mêmes le faire.
Beaucoup furent mis (conduits) en danger par de mauvais hommes.
César ne voulut pas se tuer - Cassius le fit pour lui.

DEBROUILLONS-NOUS

Caesar duxit filiam Cinnae, quem Sulla non amávit, in matrimonium. Caésarem, quia hoc fecit, Sulla interfícere voluit. Sed non debuit Sulla Caésarem velle interfícere. In domo sua hic bellum habuit. Uxórem enim habuit. His audítis, quid dixit Sulla? Quod multi Marii in illo viro sunt dixit.

LECTIO VICESIMA OCTAVA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE — César fut consul avec Bibulus, en 59. Il forma le premier triumvirat avec Pompée et Crassus. La fille de César épousa Pompée. Mais César voulut une plus grande réputation militaire et on lui donna la Gaule, comme province, avec quatre légions. Il s’y rendit après son consulat.

Caesar factus est consul pro anno quinquagésimo nono (59). Collega Caésaris erat Bíbulus. Sed Bíbulus non erat vir magnus, Caesar ergo habuit fere omnem potestátem. Caesar, Pompéius, et Crassus facti sunt amíci. Vocavérunt se "Triúmviri". Id est, fecérunt primum Triumvirátum. Hi tres fecérunt omnia quae voluérunt fácere in urbe. Pompéius enim et Caesar erant viri militáres magni. Crassus erat vir divitissimus in urbe. Non ergo erat diffícile rápere omnem potestátem. Pompéius duxit Iuliam in matrimonium. Iulia erat filia Caésaris. Hoc modo novum vínculum creátum est inter Caésarem et Pompéium.

collega - collègue
triúmviri - triumvirs
tres - trois
divitissimus - très riche
diffícilis - difficile
vínculum - lien
maius - neutre de maior
amor - amour
consulátus - consulat
quattuor - quatre
olim - jadis, autrefois
divísus - divisé
anser - oie

In hoc témpore, Caesar erat bonus imperátor, sed voluit fácere nomen maius. Pompéius enim, multis natiónibus victis, erat máximus imperátor. Et Caesar non habuit magnum amórem humilitátis. Caesar ergo voluit accípere magnam provinciam et magnum exércitum post consulátum suum. Provincia Caésaris erat Illýricum et Gallia. In exércitu quem accépit, Caesar habuit quattuor legiónes: cum his legiónibus Caesar venit in Galliam. Pompéius et Crassus autem non venérunt in Galliam: remansérunt in urbe. Exércitu in Galliam ducto, Caesar invénit quod Gallia erat divísa in tres partes. Galli pugnavérunt saepe inter se. Caesar etiam scivit quod Galli olim céperant Romam, id est fere totam urbem, sed ánseres servavérunt Capitolium.

VOCABULARIUM

divídere, -vísit, vísus - diviser

olim - jadis, autrefois
nondum - pas encore

magnus amor, óre - amour
consulátus, u - consulat
diffícilis, e, i - difficile
quattuor (indéclinable) - quatre
tres, tria, tribus (sans singulier) - trois
vínculum, o - lien, chaîne

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Déclinez ensemble: quidam vir, María ipsa, quoddam vínculum, idem exércitus (omettez le génitif et le datif de quidam, ipsa, quoddam et idem).

  2. Comment dites-vous en latin: il arrive (se produit), ils apprennent, ils reçoivent, ils prennent, ils combattent, ils viennent, ils ont?

  3. Comment dites-vous en latin: il avait été brisé, il avait été pris, elle avait été rappelée?

EXERCEAMUS NOS

Gallia divísa in partes tres, Románi pacem nondum habuérunt. Caesar ergo Gallos víncere voluit. Post consulátum suum, Caesar exércitum accépit. In exércitu erant quattuor legiónes. Nomen collegae Caésaris erat Bíbulus. Bíbulus novas leges quas Caesar proposuit non amávit. Bíbulus ergo domi remansit. Caesar autem in senátu erat. Caesar filiam habuit: nomen filiae erat Iulia. Pompéius Iuliam amávit, et eam in matrimonium duxit. Iulia ergo erat uxor Pompéi. Pompéius et Caesar inter se pugnáre volúerant. Sed Iulia prohibuit (empêcha) eos: Iulia enim ipsa cum Pompéio pugnáre voluit. Sed postquam Iulia ex hac vita discessit, Pompéius cum Caésare pugnávit. Magnum habuérunt bellum. Caesar enim magnam potestátem habuit, sed maiórem potestátem habére voluit. Pompéius etiam magnam potestátem habuit, sed maiórem voluit. Voluítne Caesar divídere Romam in duas partes? Non. Non erat necesse, quia Gallia iam divísa erat in tres partes. Caesar ipse non voluit habére quinque partes: duo enim et tres sunt quinque. Agnus in tres partes non est divísus. Maria ením agnum esse cibum pro se non voluit. Agnus enim multa scivit, quia semper in schola erat. Agnus etiam suum B.A. accépit. Columbus etiam uxórem in matrimonium duxit. Uxor Columbi amávit eum, sed uxor in Américam cum Columbo non venit. Uxor enim non voluit vidére regiónem Canadensem Américae. Sed Columbus ipse hanc regiónem vidére non voluit: Iacóbus enim Cartier nondum hanc regiónem invénerat. Iacóbus enim Cartier nondum in América fuit, nondum in hac vita fuit. Sed Columbus dídicit quod América non fuit parva.

DU FRANÇAIS AU LATIN

César est-il celui qui divisa la Gaule en trois parties?
César a fui dans les montagnes.
Les hommes audacieux apprennent dans (a) le danger.
Il y eut une fois une petite fille qui fut appelée (employez le passif) Marie.
Marc est l’homme qui veut épouser Marie.
Marc fut pris dans les liens de l’amour.
Beaucoup de dangers survinrent quand César fut consul.

DEBROUILLONS-NOUS

Bíbulus, dum in senátu Románo multas leges novas proposuit Caesar, domi remansit. Magnas et bonas oratiónes, quas senatóres amavérunt, in senátu habuit Caesar. Oratiónibus hábitis, exércitum accépit et in Galliam eum duxit. Sed in urbe remansit Pompéius. Amóre Iuliae captus, Pompéius nihil hoc témpore contra Caésarem fecit.

LECTIO VICESIMA NONA

De témpore praesenti in persóna tertia vocis passívae

SOMMAIRE — César voulut conquérir la Gaule pour supprimer la menace constante contre Rome. Mais, sachant ce que Marius et Sylla avaient fait, lui aussi voulut avoir une grosse armée dévouée à sa personne. Peut-être entrevoyait-il un conflit avec Pompée. Il passa neuf ans en Gaule, envahit même la Germanie et la Bretagne, mais n’y fit aucune conquête définitive. A Rome, Pompée commença à être jaloux (Julie était morte) et se mit à tramer la ruine de César.

Quia Caesar scivit quod Galli olim céperant Romam, voluit víncere ipsos, Románi enim semper timúerant Gallos. Caesar etiam voluit habére exércitum magnum; scivit ea quae Marius et Sulla fecérunt cum exercítibus, Marius enim et Sulla habuérunt exércitus qui exspectavérunt praemia ab illis, non a Roma, ítaque hi exércitus semper fecérunt omnia quae Marius et Sulla iussérunt; etiam cepérunt Romam ipsam. Caesar probabíliter potuit praevidére bellum cum Pompéio; ítaque voluit habére exércitum virórum qui exspectavérunt praemia ab ipso, non a Roma. Talis exércitus pugnáret (combattrait) etiam in bello civíli.

exspectáre - attendre
praemium - récompense
praevidére - prévoir
talis - tel
tenuit - tint
meridionális - du sud
ínsuper - de plus
nec - et ne…​pas
invidia - jalousie

Caesar erat in Gallia per novem (9) annos. In his annis vicit omnem Galliam. Ante hoc tempus, Románi tenúerant solum parvam partem Galliae, partem quae vocáta est "Provincia". Illa provincia erat in Gallia meridionáli. Caesar etiam venit trans flumen Rhenam in Germaniam. Ínsuper navigávit in Britanniam. Sed non vicit omnem Britanniam. Nec vicit omnem Germaniam. Germáni enim et Británni fuérunt viri fortes. Verum est quod quidam Británni victi sunt. Sed non omnes. Diffícile est tenére Britanniam.

Sed Pompéius remánserat in urbe. Ille audívit de victoriis magnis Caésaris. Victoriis Caésaris audítis, Pompéius motus est invidia contra Caésarem. Uxor enim Pompéii (quae fúerat filia Caésaris) discésserat ex hac vita. Pompéius ergo fecit consilia contra Caésarem:, voluit delére Caésarem.

VOCABULARIUM

expectáre, -ávit, -átus - attendre
praevidére, -vídit, -vísus - prévoir

ínsuper - de plus
nec (neque) - et ne…​ pas
nec…​nec - ni…​ni

invidia, a - jalousie
meridionális, e, i - du sud
praemium, o - récompense
talis, e, i - tel

NUNC COGITEMUS

L’indicatif présent passif, à la troisième personne du singulier et du pluriel — Nous avons appris comment former la troisième personne du singulier et du pluriel de l’indicatif présent, à la voix active. Par exemple, nous disons, au singulier: Caesar vincit Galliam - César vainc la Gaule.

Maintenant, nous devons apprendre à dire: César est vaincu. Et c’est facile. Ajoutez simplement les deux lettres -ur aux terminaisons actives. Les terminaisons de la troisième personne du singulier sont:

1. -atur

2. -etur

3. -itur

4. -itur

Au pluriel nous aurons:

1. -antur

2. -entur

3. -untur
3. -iuntur (parfois, comme à l’actif)

4. -iuntur

Vraiment, le latin est trop facile!

L’infinitif présent passif — Nous savons maintenant comment dire trouver: inveníre. Comment arriver à dire: être trouvé? C’est très simple: partout, sauf à la troisième conjugaison, remplacez le e final de l’infinitif actif par i. Nous obtenons alors:

1. parári

2. habéri

4. inveníri

A la troisième conjugaison, la lettre i remplace la terminaison -ere, comme ceci:

3. cápere - capi

Le sens de chacun de ces verbes est devenu:

1. être préparé

2. être possédé

3. être pris

4. être trouvé.

Et maintenant,

EXERCEAMUS NOS

Hánnibal a Románis capi non vult. Sed elephanti Hanníbalis a Románis non iam timentur. Románi elephantos quos Pyrrhus habuit timuérunt; sed Románi diebus Pyrrhi nondum elephantos víderant. Nunc elephanti saepe a milítibus Románis videntur. Multi Románi his proeliis interficiuntur, sed Roma non potest deléri: Románi dicunt quod Roma aeterna est. Viri qui in máribus multis návigant a pirátis intérfici possunt. Sed etiam pirátae capi possunt. Multi pirátae a Pompéio capiuntur et interficiuntur. Sed Pompéius ipse cápitur a Iulia. Cornélia, filia Cinnae, in matrimonium a Caésare dúcitur. Quia hoc fecit, Caesar a Sulla non amátur. Praemia a milítibus Caésaris exspectantur. Caesar dicit quod pecunia illis (leur) debétur. Ítaque mílites Caésarem amant. Caesar a milítibus amátur. Pro eo fórtiter pugnant. Sed etiam pro Roma pugnant. Sed pecunia a Caésare datur. Quidam dicunt quod Roma dat pecuniam, verum dicunt; sed Caesar rogat senátum dare pecuniam. Ignis iácitur in pontem in quo Horatius stat. Horatius ergo seipsum in aquam iacit. Cincinnátus dictátor creátur. Cincinnátus vidétur (semble) esse vir bonus. Et non solum vidétur, re vera est vir bonus, verus Románus. Vir qui bonus est non vult vidéri bonus, vult esse bonus. Omnes tales esse debent. Multum aurum a Carthaginiénsibus habétur: Carthaginienses enim boni mercatóres sunt. Multa pecunia a bonis mercatóribus accípitur. Sed pecuniam amáre non est bonum. Pecunia amári non debet. Amor pecuniae est vínculum quod viros in terra tenet.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Hannibal doit être tué.
Les soldats sont conduits dans la ville.
De bons arts sont appris à l’école.
Par envie (abl. seul) beaucoup de bons hommes sont tués.
Il semble être un bon homme.
De tels hommes se trouvent (passif) en tout pays.
Ils ne sont vus ni en Afrique ni en Italie.

DEBROUILLONS-NOUS

Antíquis in tempóribus, Roma, quae etiam in illis diébus urbs non parva fuit, fere tota a Gallis est capta. Caesar ítaque, qui magnam voluit habére potestátem, exércitum accépit et in illam terram quam Galli tenuérunt venit. Non solum in Galliam, sed etiam in aliam terram in qua viri feróces erant, venit Caesar. Terra haec Germania fuit. Caesar, quamquam omnem, in qua tres partes erant, Galliam vicit, non totam vicit Germaniam.

LECTIO TRIGESIMA

De casu datívo

SOMMAIRE — Le plan de Pompée était de ramener César à Rome privé de toute charge. Alors il pourrait être mis en état d’accusation. Mais César avait le privilège de briguer le consulat pendant son absence. Pompée lui-même ne pouvait pas venir au sénat; il ne voulait pas renvoyer son armée. Mais il se servit de ses amis. Les amis de Pompée poussèrent le Sénat à enjoindre à César de renvoyer son armée pour telle date. Deux tribuns au sénat opposèrent leur veto à cette mesure. Mais le Sénat, violant la constitution, ignora le veto.

Hic est modus quo Pompéius voluit delére Caésarem: voluit cógere eum redíre in urbem sine exércitu et sine magistrátu. Vir enim qui tenet magistrátum, non potest in iudicium vocári. Pompéius voluit accusáre Caésarem. Sed Caesar scivit consilia Pompéi; Caesar ergo rogáverat et accéperat privilegium a plebe: Caesar póterat pétere consulátum quamquam in urbe non erat. Pompéius voluit delére hoc privilegium. Pompéius ipse non erat in senátu Románo in hoc témpore; Pompéius enim habuit exércitum. Necesse erat aut dimíttere exércitum aut non veníre in senátum. Pompéius non voluit dimíttere exércitum, quia praevídit bellum cum Caésare. Ergo Pompéius ipse non venit in senátum; sed amíci Pompéi venérunt in senátum pro eo.

redíre - revenir
magistrátus - charge
iudicium - procès, tribunal
accusáre - accuser
pétere - briguer
aut…​aut - ou…​ou
dimíttere - renvoyer
explicávit - expliqua
inimícus - ennemi
intercédere - opposer son veto
decrétum - décret

Caesar míserat epístulam ad senátum, in qua explicávit id quod voluit. Etiam explicávit privilegium quod habuit a plebe. Quamquam haec vera erant, inimíci Caesaris in senátu habuérunt oratiónes multas contra Caésarem. His oratiónibus audítis (et quia multi inimíci Caésaris erant in senátu), senátus iussit Caésarem dimíttere exércitum ante certum diem.

Sed in senátu fuérunt etiam duo tribúni plebis. Hi erant amíci Caésaris. Hi duo tribúni intercédunt. Senátus ergo debuit revocáre decrétum contra Caésarem. Tribúni habúerant hanc potestátem ex témpore in quo plebs discessit ex Roma in Montem Sacrum. Sed senátus non voluit revocáre decrétum. Senátus corruptus erat: non facit id quod debet fácere. Quid ergo debent tribúni fácere? Quid debet Caesar ipse fácere? (continuábitur)

VOCABULARIUM

accusáre, -ávit, -átus - accuser
dimíttere, -mísit, -missus - renvoyer
explicáre, -ávit, -átus - expliquer
pétere, petívit, petítus - demander, chercher, briguer
redíre, rediit, *reditúrus (redeunt à la troisième personne du pluriel du présent) - revenir, retourner

aut…​aut - ou…​ou
aut - ou

inimícus, o - ennemi (ennemi personnel)
iudicium, o - jugement, tribunal, procès

NUNC COGITEMUS

L’emploi du datif — Le dernier des cas d’usage habituel que nous devons apprendre est le datif, cas du complément indirect. Le datif exprime plusieurs idées rendues en français par à ou de. Remarquez la différence entre ces deux phrases:

  • Venit ad urbem - il vint à la ville;

  • Dedit praemium milítibus suis - il donna une récompense à ses soldats.

En français les deux phrases contiennent le mot à. Pourtant, dans l’une on emploie ad et l’accusatif, dans l’autre on emploie le datif sans préposition. Pourquoi? Parce que dans la première phrase quelqu’un s’en va quelque part, il y a mouvement d’une place à une autre; mais dans la deuxième phrase, il n’y a pas mouvement d’une place à une autre. Par conséquent, l’idée exprimée par à se rend:

  • quand elle indique le mouvement d’une place à une autre - par ad et l’accusatif;

  • quand elle n’indique pas le mouvement d’une place à une autre - par le datif.

Les différentes formes du datif — Voici les désinences des cinq déclinaisons (quel que soit le genre des mots):

1

2

3

nautae

nautis

agno

agnis

míliti

milítibus

4

5

senátui

senátibus

diéi

diébus

Remarquez qu’au pluriel, les datifs ressemblent aux ablatifs; ainsi, des dix nouvelles désinences, cinq ne sont pas vraiment nouvelles.

Au singulier, il y a chevauchement. Comme exercice, trouvez à quelles formes ressemblent les datifs singuliers.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Mots "en sandwich" — A la leçon 20, nous avions appris une nouvelle recette concernant l’ordre des mots dans la phrase. Nous avions appris la construction suivante: María agnum habuit. Il est probable que nous sommes presque tous, en ce moment, assez habitués à cette construction. Avant longtemps, cet ordre de mots nous paraîtra vraiment facile.

Parfois (mais moins souvent), nous rencontrerons un mot pris "en sandwich", comme ceci: Caesar magnum habuit exércitum - César eut une GRANDE armée. Remarquez ce qui se produit. Nous prenons l’expression magnum exercitum, nous la divisons et nous insérons entre les deux mots un autre mot: habuit. Certains écrivains emploient cette tournure uniquement pour produire un effet; cet effet ressemble beaucoup à celui que produit l’emploi de majuscules dans le mot GRANDE. D’autres l’emploient souvent, par simple goût personnel. Essayez de découvrir quelques exemples de mots "en sandwich" dans le texte suivant:

Marius multa praemia milítibus déderat. Sulla ergo etiam aurum et agros amícis suis dedit. Caésari non erat diffícile haec fácere. Pompéius est inimícus Caésari. Caésaris enim potestátem delére vult. Pompéius etiam exércitum habet. Ítaque non licet Pompéio veníre in senátum. Sed licet Caésari pétere consulátum quamquam in urbe non est. Plebs Caésari tale privilegium déderat. Tribúni senátui explicáre voluérunt quod Caesar hoc privilegium habére debuit. Caesar ipse hoc témpore non in Gallia erat, Caesar erat in Italia: erat in parte meridionáli provinciae suae. Erat in urbe quae Ravenna vocátur. Caesar sine magistrátu in urbem Románam redíre non voluit: scivit quod Pompéius vocáre eum in iudicium voluit; sed Caesar, dum habuit magistrátum, non póterat in iudicium vocári. Pompéius invidia contra Caésarem motus est. Caesar enim nomen magnum sibi in Gallia fécerat. Pompéius etiam nomen magnum habuit, sed non voluit Caésarem esse maiórem. Bonus civis non debet dícere talia: bonus civis amórem pro urbe sua habére debet. Roma in magno erat perículo, quia Caesar et Pompéius inter se pugnavérunt. Roma Pompéio magnam déderat potestátem, etiam Caésari magnam dedit potestátem. Hi duo inter se pugnáre non debent. Nec Caesar nec Pompéius debet hoc fácere. Cincinnátus cum senátu non pugnávit. Agnus cum María non pugnávit. Sed Marcus pugnávit cum María. Marcus Mariam amávit, sed Maria dixit quod agnus in schola remanére debuit, et Marcus dixit quod non debuit. Sed Marcus hoc dícere non debuit, quia Marcus ipse erat agnus (María hoc dixit).

DU FRANÇAIS AU LATIN

César retourna à la ville.
Il apprit à combattre.
Les tribuns expliquèrent la lettre au sénat.
Beaucoup de récompenses sont données aux soldats.
Ils retournent maintenant en Italie.
C’est la ville d’où ils ont fait voile (navigáre).
Il est facile d’expliquer la chose (res) à César.

DEBROUILLONS-NOUS

Caésari, quia vir bonus fuerat, et multa pro Roma fécerat, plebs Romána magnum déderat privilegium. Hoc privilegio potuit Caesar consulátum pétere quamquam in Gallia, non in urbe, erat. Sed invidia motus est vir qui debuit amícus Caésari esse: Pompéius. Hic ítaque pópulum Románum rogávit privilegium delére Caésaris. His audítis, Caesar ad senátum epístulam, in qua omnem explicávit rem, misit.

LECTIO TRIGESIMA PRIMA

De verbis deponéntibus

SOMMAIRE — Les tribuns allèrent trouver César. Il déclara la constitution violée et franchit le Rubicon. La plupart des villes lui ouvrirent volontiers leurs portes. Le Sénat et Pompée s’enfuirent de Rome. Pompée se rendit à Brindes et fit voile vers la Grèce. César ne put le poursuivre, faute de navires. Alors il se rendit en Espagne, où les légats de Pompée avaient une armée. Dans l’intervalle, des navires furent construits pour César.

Senátus fécerat rem malam: égerat contra intercessiónem tribunórum. His factis, tribúni fugérunt ad Caésarem. Caesar ergo dixit: "Senátus egit contra leges. Necesse est deféndere leges". Flumen Rúbico erat finis meridionális provinciae Caésaris. Lex dixit quod Caesar non debuit iter fácere trans Rubicónem cum exércitu, sed senátus iam égerat contra leges. Caesar ergo dixit quod debuit deféndere leges. Caesar duxit exércitum suum trans Rubicónem. Sed non necesse erat pugnáre statim: óppida enim Italiae aperuérunt portas Caésari sine pugna.

egit - agit
intercessio - veto
defendere - défendre
finis - limite, frontière
óppidum - ville (fortifiée)
porta - porte (de ville)
aperuit - ouvrit
portus - port
nullus - personne, nul
interea - dans l’intervalle

Pompéius et senátus audivérunt quod óppida aperúerant portas Caésari sine pugna. His audítis timuérunt remanére in urbe. Fere omnes senatóres et amíci fugérunt ex urbe, et venérunt in partem meridionálem Italiae. Sed Pompéius et exércitus venérunt in quoddam óppidum quod vocátum est Brundisium. Brundisium enim erat portus ex quo naves navigavérunt in Graeciam.

Sed Caesar et exércitus etiam venérunt Brundisium (à Brindes). Voluérunt pugnáre cum Pompeiáno exércitu. Sed non póterant pugnáre cum eis, quia Pompéius posuit mílites suos in naves, et navigávit ad Graeciam. Caesar non póterat sequi (suivre) eos, quia nullae naves remansérunt in illo óppido. Caesar ergo discessit Brundisio (de Brindes), et iter fecit in Hispaniam. In Hispania enim legáti Pompéi habuérunt exércitum alium. Interea naves factae sunt pro Caésare.

(continuábitur)

VOCABULARIUM

ágere, egit, actus - faire, agir, débattre, passer (le temps)
aperíre, -eruit, -ertus - ouvrir
conári, -átus est - essayer, s’efforcer
loqui, locútus est - parler
sequi, secútus est - suivre

interea - dans l’intervalle

nullus, a, um - aucun, nul
óppidum, o - ville (fortifiée)
porta, a - porte (de ville)

NUNC COGITEMUS

Les verbes déponents — Vous aimerez ces verbes, ils n’ont que deux formes au lieu de trois. La raison? ils n’ont que les formes passives et la deuxième forme courante des verbes est exclusivement active; donc, pas de deuxième forme. Aussi avons-nous:

  1. l’infinitif présent passif. Identifiez la conjugaison à laquelle appartient le verbe comme de coutume, e.g. -ári: première conjugaison; -i: troisième conjugaison.

  2. la troisième personne du singulier de l’indicatif parfait passif. Bien que les formes soient passives, le sens reste partout actif. A titre d’exemple, sequi est de forme passive mais son sens est: suivre, non être suivi. Secutus est signifie: il suivit, non il fut suivi.

Se rendre en ville et en revenir — La construction à employer avec les noms de ville est un peu imprévue. On s’attendrait à:

venit ad Romam

ou in Romam

ou ex Roma

ou a Roma

mais on trouvera habituellement:

venit Romam

ou Romam

ou Roma

ou Roma

En d’autres termes, le cas est le même: l’accusatif, pour aller à, et l’ablatif, pour revenir de, mais sans préposition. Parfois, on emploie une préposition lorsqu’il s’agit du voisinage de la ville; par exception, mais non en règle générale, on l’emploie aussi lorsqu’il s’agit de la ville elle-même.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Caesar Pompéium secútus est. Pompéius enim vénerat Brundisium. Caesar etiam venit Brundisium. Sed Pompéius naves habuit. Ítaque, Pompéius Brundisio discessit. Sed Caesar Brundisio per mare discédere non póterat: nullas habuit naves. Caesar ergo eum sequi non conátus est. Quid ergo egit Caesar? Locútus est milítibus: dixit quod debent in Hispaniam veníre. Pompéi enim legáti in Hispania sunt: necesse est víncere legátos Pompéi. Alióquin (autrement) illi legáti possunt veníre ad terga (dos) exércitus. Sed non erat necesse loqui multa milítibus. Mílites Caésarem statim sequuntur. Sperant multa praemia a Caésare accípere, et Caesar multa praemia milítibus suis dare vult. Plebs discessit Roma et in Montem Sacrum venit. Sed postea (plus tard), tribúnis plebis acceptis, plebs Romam rediit. Etrusci Romam cápere conáti sunt, Tarquinio expulso. Sed non potuérunt. Sed Galli non solum conáti sunt, re vera cepérunt Romam, id est, omnem cepérunt urbem, Capitolio excepto (excepté). Conáti sunt etiam Capitolium cápere, sed ánseres magna exclamavérunt voce. Estne porta urbis aperta? Non. Quia Gallos timent. Multa óppida portas Caésari aperuérunt, Caésarem enim non timuérunt, Caesar erat amícus illórum oppidórum. Sed fere omnes senatóres fugérunt Roma. Hi qui fugérunt Roma venérunt Capuam. Capua est óppidum in parte meridionáli Italiae. Nonne erat perículum senatóribus in Capua? Non. Caesar enim non vénerat Capuam.

DU FRANÇAIS AU LATIN

César vient à Rome.
Il fait voile de Brindes.
César vint par la frontière sud de son pays.
Il essaya de parler à César.
Puisque les portes ont été ouvertes, César peut venir dans la ville.
Il parla à ses soldats qui l’avaient suivi.
Aucun navire ne resta à César.

DEBROUILLONS-NOUS

Tribúnis Roma expulsis, senátus ad bellum parávit. Meridionáli in parte provinciae quam habuit Caesar, flumen parvum fuit, quod Rúbico vocátur. Trans hoc flumen suo cum exércitu venit Caesar. Non sunt conáta eum tenére óppida multa, sed parva, quae in via Caésaris erant. Portis apertis, virum quem magnum esse dixérunt, accepérunt. Ex his óppidis quae portis apertis Caésarem accepérunt, non pauci viri Caésarem sunt secúti.

LECTIO TRIGESIMA SECUNDA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE - En Espagne, César battit l’armée de Pompée, commandée par Petreius, Afranius, et Varron. Il retourna alors à Rome, fut fait dictateur, puis consul. Ensuite, il fit voile vers la Grèce. Tout d’abord les choses allèrent plutôt mal, et il dut retraiter en Thessalie. Mais il y défit Pompée. Ce dernier fuit en Egypte et fut assassiné par des soldats égyptiens. César se mêla à la guerre entre Cléopâtre et Ptolémée, puis, par la Syrie et l’Asie Mineure, marcha sur Rome. En route, il vainquit Pharnace, fils de Mithridate. Il envoya alors son fameux télégramme au Sénat.

Quia non habuit naves in quibus posset (il pût) sequi Pompéium, Caesar discessit Brundisio, et iter fecit cum exércitu suo in Hispaniam. Pompéius ipse cum exércitu navigávit in Graeciam. Sed in Hispania fuit exércitus Pompéi magnus. Tres legáti Pompéi duces erant exércitus in Hispania: Afranius, Petreius, et Varro. Caesar mox vicit Petreium et Afranium. Varro etiam se in deditiónem dedit. His exercítibus victis, Caesar discessit ex Hispania et rediit Romam. Ibi Lépidus, qui praetor erat, creávit Caésarem dictatórem. Sed post undecim (XI) dies, Caesar deposuit dictatúram, et consul factus est. In Ianuario, in anno quadragésimo octavo (48), Caesar navigávit in Graeciam. Ibi Pompéius magnum collégerat exércitum. Caesar fere victus est a Pompéio, et coactus est recípere se ad Thessaliam. Thessalia est pars septentrionális Graeciae. Ibi Caesar pugnávit pugnam magnam cum exércitu Pompéi. Pompéius habuit exércitum maiórem, sed mílites Caésaris fortióres (plus courageux) erant. Pompeiáni enim nimiam confidentiam habuérunt. Pompéius ipse, cum multis ex exércitu suo, fugit in montes. Caesar secútus est eos. Pompéius fugit in Aegyptum: putávit enim quod habuit amícos in illa terra. Sed mílites Aegyptii interfecérunt eum. Hoc modo Pompéius, olim magnus imperátor, mortuus est.

dux - chef, commandant
mox - bientôt
deditio - reddition
praetor - préteur
recípere se - se retirer
septentrionális - du nord
collígere - ramasser
nimius - trop grand
confidentia - confiance
putávit - pensa
mortuus est - mourut
mors - mort
soror - soeur
celériter - rapidement
nuntius - messager

Pompéio mortuo, Caesar pugnávit in Aegypto. Rex enim Aegypti, Ptolemaéus, bellum movit cum soróre sua, Cleópatra.

Post finem belli in Aegypto, Caesar iter fecit per Syriam et Asiam Minórem. In hoc itínere vicit Phárnacem, filium Mithridátis. Phárnaces enim auxilium déderat Pompéio. Sed Caesar vicit eum celériter; ergo nuntium misit ad senátum. Nuntius dixit: "Veni, vidi, vici" (Les trois verbes sont à la première personne du singulier de l’indicatif parfait.)

(continuábitur)

VOCABULARIUM

moriuntur, mori, mortuus est - mourir (remarquez la première forme, semblable à capiunt)
putáre, -ávit, -átus - penser
recipiunt, recípere, -cépit, -ceptus - accepter, recevoir
se recípere - se retirer, retraiter

celériter - rapidement

magnus dux, duce - chef
bona mors, morte - mort
nimius, a, um - trop
nuntius, o - messager, nouvelle
septentrionális, e, i - du nord, septentrional
bona soror, óre - soeur

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez les datifs singulier et pluriel de: fortis nuntius, bona mors, dux maior.

  2. Donnez le présent passif, à la troisième personne du singulier et du pluriel de: praevidére, exspectáre, pétere, dimíttere, ágere.

  3. Donnez les formes et le sens, à la troisième personne du pluriel de: mori, sequi, conári, loqui.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Caesar Pompéium celériter secútus est. Pompéius enim a Caésare victus erat in Thessalia (quae est in septentrionáli parte Graeciae). His factis, Pompéius in Aegyptum fugit. Ibi Pompéius interfectus est. Quia interfectus est, necesse erat ex hac vita discédere. Ítaque mortuus est. Phárnaces erat rex in Asia Minóre. Pater Phárnacis fúerat Mithridátes. Mithridátes fórtiter contra multos duces Romános pugnáverat. Sulla cum Mithridáte pugnávit, et eum vicit, sed non omnem potestátem Mithridátis delévit. Sulla enim celériter redíre Romam voluit, quia ibi multos habuit inimícos. Multos in urbe Sulla interfécit. Sulla Caésarem interfícere volúerat, sed non póterat, quia Caesar in monte fúgerat. Sulla non debuit fácere potestátem senátus Románi maiórem. Senátus enim nimiam habuit potestátem. Sed Sulla caecus erat, id est, non póterat veritátem vidére. Senátus diébus Sullae corruptus fuit. Senátus non semper corruptus fuit; diébus antiquis senátus bonus fúerat. Fécerat Cincinnátum dictatórem, et multa alia bona consilia fécerat. Caesar egit suam vitam in primo saéculo ante nativitátem Christi, sed mortuus est ante Christum. Caesar ab inimícis suis interfectus est. Sulla autem non interfectus est; ille mortuus est modo naturáli. Marius etiam mortuus est modo naturáli. Portae mortis apertae sunt Mario: Marius ergo discessit ex hac vita per has portas. Sed agnus non discessit ex hac vita: nemo interfécit agnum. Agnum enim nemo odit.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il est nécessaire de s’en aller ou de rester.
César se retira en Thessalie.
Les hommes reviennent de Brindes.
Beaucoup d’hommes meurent dans le combat.
Ils essayèrent de se retirer dans la ville (fortifiée).
Il pense que César veut parler à Marc.
César dit qu’il vint, vit et vainquit.

DEBROUILLONS-NOUS

Qui ex hac vita per portas discédunt mortis moriuntur. Ex ómnibus bonis quae accípere vir potest, máxime (surtout) bonam pétere mortem a Deo debet. Ex vita enim futúra, nemo hanc in vitam se recípere potest, nec conári potest. Omnia enim quae fácere vult, Deus sine difficultáte fácere potest. Ea enim quae Deus lóquitur, semper áccidunt. Bonum est ergo saepe de hac vita futúra putáre quae finem non habet. Quid boni est Pompéio quod imperátor magnus fuit, si non bonam mortem habuit?

LECTIO TRIGESIMA TERTIA

De témpore imperfecto in persóna tertia singulári et plurálí

SOMMAIRE - Après avoir défait Pharnace, César retourna à Rome, mais non pour longtemps. Car Scipion et Caton avaient réuni une armée en Afrique. Tôt cependant, il les défit. Caton se suicida à Utique. César retourna alors à Rome. Il pardonna à ses ennemis. Il réforma le calendrier. Mais les fils de Pompée levèrent une armée en Espagne. César les défit à Munda. Puis il retourna à Rome en triomphe. Antoine lui offrit une couronne royale.

Phárnace victo, Caesar rediit Romam. Sed non remansit diu in urbe. Scivit enim quod amíci Pompéi, Scipio et Cato, collégerant exércitum magnum in África. Caesar celériter vicit eos. Cato, quia non póterat defendere Uticam, interfécit se. Caesar ergo reversus est Romam, in fine mensis Iulii, anno quadragésimo sexto (46). Quamquam Caesar habuit potestátem máximam, clementiam ostendit inimícis suis. Non odit eos qui pugnáverant pro Pompéio, sed dixit quod non debuit esse differentia inter Pompeiános et Caesariános. Etiam corréxit calendarium: nam diébus illis erat error nonaginta (90) diérum in calendario. Fere habuérunt Iunium in Ianuário!

diu - longtemps
collégit - réunit
reversus est - revint
mensis - mois
clementia - clémence
nam - car
ostendit - montra
corréxit - corrigea
profectus est - partit
celebrávit - célébra
coróna - couronne
festum - fête
quare - pourquoi
an - ou

Sed quamquam ostendit magnam clementiam inimícis, et fécerat nullam differentiam inter Caesariános et Pompeiános, necesse erat pugnáre in novo bello. Pompéius enim habuit duos filios, Sextum et Gnaeum. Hi duo collégerant exércitum novum in Hispania, contra Caésarem. Caesar ergo profectus est in Hispaniam in fine anni quadragésimi sexti. Sed Caesar celériter vicit eos; victi sunt in pugna ad Mundam, in mense Martio, anno quadragésimo quinto (45). Pompeiánis victis, Caesar reversus est Romam, et venit in urbem mense Septembri. Celebrávit triumphum magnum. Re vera, Caesar habuit potestátem regis, sed non habuit nomen regis, nec corónam regálem. Voluitne Caesar accípere corónam regálem? Quidam amícus Caésaris, Marcus Antonius nómine, voluit dare corónam Caésari in quodam festo público. Sed Caesar non accépit corónam. Quare non accépit? Quia non voluit, an quia timuit accípere eam? Diffícile est dícere.

(continuábitur)

VOCARULARIUM

collígere, -légit, -lectus - réunir
osténdere, -tendit, -tensus - montrer, manifester
proficisci, -fectus est - partir
reverti, -versus est - revenir, retourner

an (dans les questions seulement) - ou
diu - longtemps
quare - pourquoi

unus mensis, e - mois

NUNC COGITEMUS

Comment former l’imparfait de l’indicatif? — Partons de l’infinitif, la première forme du verbe, comme nous l’avons fait pour le présent de l’indicatif. Nous enlevons les trois dernières lettres: -áre, -ére, -ere, -íre. (Naturellement, nous enlèverons la terminaison passive des verbes déponents; elle est plus courte -i - à la troisième conjugaison). A la partie de l’infinitif qui reste, le radical, nous ajoutons:

1. -ábat

2. -ébat

3. -ebat

4. -iébat

3. -iébat

Les verbes qui prennent la terminaison -iunt, à la troisième personne du pluriel du présent, se terminent par -iébat, à l’imparfait de l’indicatif.

Pour obtenir les formes de la troisième personne du pluriel, insérez simplement -n avant le -t final.

1. parábat parábant

2. habébat habébant

3. pónebat pónebant

4. audiébat audiébant

3. capiébat capiébant

L’emploi de l’imparfait — L’imparfait et le parfait sont tous les deux des temps du passé. C’est pourquoi, en général, ils correspondent aux formes françaises: il entendait — il entendit — il a entendu. De ces trois traductions, la première rend exactement l’imparfait latin, la deuxième et la troisième, le parfait. Mais quelle est la différence entre ces deux temps? La voici.

Imaginons qu’une bataille se déroule. Deux journalistes en sont témoins. Le premier est équipé d’une caméra, le second, d’un appareil photographique ordinaire. Le premier journaliste pourra projeter son film et, en même temps, raconter l’événement en se servant de l’imparfait. Le journaliste qui n’avait qu’un appareil photographique nous donne l’impression de rapporter l’événement au moyen du parfait: il a pris un instantané. Par conséquent:

  • l’imparfait voit et rend l’action qui se déroule ou se répète: c’est la caméra;

  • le parfait signale seulement qu’un événement s’est produit: c’est un appareil photographique.

Dans le doute, en traduisant du français au latin, employez le parfait. Remarquez de quelle manière ces deux temps seront désormais employés dans les récits qui suivront. (Jusqu’à présent, on a souvent employé le parfait alors qu’on aurait dû employer l’imparfait.)

L’imparfait actif de esse, posse, velle:

erat erant

póterat póterant

volébat volébant

NUNC EXERCEAMUS NOS

Mílites ad pugnam parábant. Caesar cum Pompéio pugnábat. Quare voluit Caesar cum Pompéio pugnáre? Caesar pugnáre non volébat, sed (Caesar dixit hoc) Pompéius et senátus legem Románam non serváverant. Senátus debuit revocáre decrétum suum post intercessiónem tribunórum plebis. Hoc senátus non fecit. His factis, tribúni ad Caésarem fugérunt. Lex non est serváta; ergo Caesar dixit quod necesse erat deféndere leges Románas. Sed quodam die Caesar in urbe erat. Iam omnes inimícos suos vícerat. Iam re vera potestátem regis habébat. Marcus Antonius volébat dare corónam regis Caésari. Caesar non accépit. Marcus rogat Maríam quare Caesar corónam non accépit. Sed María non potest dícere. Quodam die Marcus erat in schola. Agnus non venit in scholam, sed…​ quid áccidit? Tres ex illis quinque porcis venérunt. Marcus exspectábat Maríam et agnum. Marcus re vera volébat Maríam vidére. Non volébat agnum vidére, sed necesse erat: agnus enim semper cum María veniébat. Sed Marcus nec Maríam nec agnum vidit! Tres vidit porcos. Quare alii duo porci non venérunt? Responsum non fácile est, sed unus ex his porcis caput cálidum habuit: víderat enim Caésarem, quando hic (Caesar) in foro erat. Hic porcus Caésari oink díxerat, sed Caesar nullum déderat responsum. Ergo hic porcus caput cálidum habuit. Sed quaestio est: quare alius porcus (id est, porcus secundus) in scholam cum aliis tribus porcis non venit? Causa erat haec: hic secundus porcus Marcum Porcium Catónem in foro víderat. Hic porcus Porcium amávit, ergo in agros Porci Catónis vénerat, et remansit ibi.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il a dit que César venait.
Caton réunissait une armée.
L’armée romaine se retirait en Thessalie.
César, après son retour (être retourné) à Rome, partait bientôt pour l’Afrique.
Pourquoi se préparait-il à la guerre?
Marc-Antoine montrait la couronne à César.
Mais il ne l’acceptait pas.

DEBROUILLONS-NOUS

Multis exercítibus in África victis, Caesar in Italia remanére non póterat. Cato enim, qui illis diébus imperátor exércitus erat, Caésarem non amábat. Quamquam non malus imperátor Cato fuit, semper maior fuit Caesar. Hic ergo celériter illum vicit. Mox in Italiam profectus est Caesar. Ibi conabátur Marcus Antonius regálem dare Caésari corónam. Haec faciébat quodam die festo, quo multi viri in urbe erant. Sed nihil locútus est Caesar de coróna hac.

LECTIO TRIGESIMA QUARTA

De témpore imperfecto in voce passíva
De casu possessívo pronómimum

SOMMAIRE - Beaucoup de sénateurs commencèrent à détester César, tout en paraissant être de ses amis. Ils complotèrent sa mort. Il reçut plusieurs avertissements, mais les ignora. Finalement, au sénat, aux ides de mars, on l’entoura et on l’assassina avec des poignards et des épées. César tomba au pied de la statue de Pompée.

Caesar non accépit corónam ex mánibus Marci Antoni. Sed nihilóminus (néanmoins) quidam senatóres coepérunt odisse Caésarem. Ítaque hi senatóres coniuratiónem fecérunt contra Caésarem. Volébant enim interfícere eum. In hac coniuratióne erant multi qui videbantur (paraissaient) esse amíci Caésaris. Praesertim Marcus Brutus erat amícus Caésaris. Sed odérunt eum, quia putábant quod volébat fácere se regem. Hi coniuratóres paravérunt multas sicas. Quidam scriptóres dixérunt quod hi coniuratóres interfecérunt Caesarem, quia amábant Romam. Probabíliter verum est quod amábant Romam, sed etiam sperábant accípere potestátem magnam. Ergo parábant mortem Caésari.

coepit - commença
odisse - haïr
coniuratio - complot
sica - poignard
scriptor - écrivain
monuit - avertir
monitio - avertissement
idus - ides (15)
vates - devin
cavére - prendre garde
respondit - répondit
pes - pied
statua - statue

Ante diem mortis, multi monuérunt Caésarem de morte. Sed Caesar nihil fecit de his monitiónibus. Coniuratóres voluérunt interfícere eum in senátu, Ídibus Martiis (id est, die décimo quinto mensis Martii). Quidam poéta Británnicus, qui vocátur Shakespeare, scripsit de morte Caésaris. Ille poéta dixit quod in ipso die mortis, quidam vates vidit Caésarem. Vates monuit Caésarem quod debuit cavére Idus Martias. Caesar responsum dedit: "Idus Martiae iam venérunt", et vates respondit: "Idus Martiae venérunt, sed non discessérunt, Caesar!" Caesar ergo venit in senátum. Coniuratóres circumstetérunt eum, interfecérunt eum sicis. Hoc modo Caesar mortuus est. Mortuus Caesar cécidit ad pedes statuae Pompéi. Pompéius cecíderat in bello cum Caésare. Caesar cécidit ad pedes Pompéi!

VOCABULARIUM

cavére, cavit, cautus - prendre garde
—, coepit, coeptus est (sens actif) - commencer
monére, monuit, mónitus - avertir
respondére, respondit, responsus - répondre

mala coniurátio - complot
gladius, o - épée
magnus pes, pede - pied
bonus scriptor, -óre - écrivain

NUNC COGITEMUS

L’indicatif imparfait passif — c’est vraiment trop facile! Vous savez comment former l’imparfait actif; ajoutez simplement les lettres -ur aux terminaisons actives du singulier et du pluriel. Naturellement, les verbes déponents, malgré leurs terminaisons passives, ont un sens actif.

Le génitif des pronoms — Encore quelque chose de trop facile! Nous pensons aux pronoms: hic, ille, ipse, is, idem et qui (ils s’emploient aussi comme adjectifs, nous le savons déjà).

Au génitif pluriel, les terminaisons sont les mêmes que celles de bonus: -órum, -árum, -órum.

Le génitif singulier est encore plus facile; une seule et même terminaison aux trois genres: -íus. Nous aurons donc: huius, illíus, ipsíus, eius, eiusdem, cuius (il vient de qui).

Remarquez particulièrement le petit mot eius. Lui et ses pluriels, eórum, eárum, eórum, remplacent les adjectifs possessifs quand nous ne voulons pas employer le réfléchi. Bien sûr, ce ne sont pas des adjectifs, ce sont des génitifs de pronoms. C’est pourquoi ils ne peuvent s’accorder en genre, en nombre et en cas, comme le font les adjectifs. Mais ils sont très employés. L’adjectif possessif (réfléchi) est suus, nous l’avons vu à la leçon 21. Comparez-le aussi avec le pronom réfléchi de la leçon 27.

Prenez la phrase française: Marc a tué son père. Le père de qui? le français est vague. C’est peut-être le père de Marc, peut-être le père d’un autre. En latin, si c’est le père de Marc, on utilisera suus:

  • Marcus interfécit patrem suum (possessif réfléchi - son propre père); si c’est le père d’un autre, on utilisera eius:

  • Marcus interfécit patrem eius (possessif non réfléchi).

Quand employer eórum? Lorsque nous voulons dire leur sans exprimer le réfléchi, et non leur propre:

  • Mílites interfecérunt patrem eórum (possessif non réfléchi);

  • Mílites interfecérunt patrem suum (possessif réfléchi - leur propre père).

NUNC EXERCEAMUS NOS

Caesar, cuius amíci coniuratiónem fecérunt, interfectus est. Interfecérunt eum multis sicis. Ad statuam eiusdem Pompéi, quem vícerat in bello civíli, cécidit. Quare interfecérunt Caésarem? Quia odérunt eum. Potestátem eius odérunt. Putavérunt quod Caesar esse rex volébat. Erátne hoc verum? Re vera voluit Caesar rex esse? Probábile est, quamquam corónam e mánibus Marci Antoni non accépit. Sed quaestio est haec: quare non accépit? Probabíliter quia iram plebis et senatórum timébat. Viri enim Románi nomen regis odérunt. Olim Románi reges habúerant, sed reges facti sunt mali et audáces. Románi ítaque eos expúlerant; ex illis tempóribus nomen regium odérunt. Semper cavébant virum qui volébat esse rex. Quare ergo amíci Caésaris eum non monuérunt? Re vera, Caesar multas accépit monitiónes; brevi (peu de) témpore ante mortem, vates eum vidit. Vates eum monuit quod debébat Idus Martias cavére. Sed Caesar cavére non volébat. Caesar in senátum venit, et ibi interfectus est. Senatóres laeti facti sunt morte eius. Sed malum pro Roma erat, quia bellum civíle venit. In hoc bello multi cives Románi, multi senatóres, interfecti sunt. Et post bellum civíle, quid accepérunt? Augustus, qui filius adoptívus Caésaris erat, factus est imperátor. Diébus antiquis Romae, vir qui vocabátur imperátor erat solum dux exércitus; sed Augustus non solum exércitum Románum ducébat, erat rex sine nómine regis. Gaius Caesar clementiam inimícis suis osténderat. Augustus Caesar etiam hoc fecit.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il partait pour la Gaule.
Il tombait au pied de la même statue.
Il était tué avec des poignards et des épées.
Beaucoup d’hommes étaient tués par l’épée.
D’autres fuyaient a pied.
César était averti par un devin.
Mais il tombait au pied de Pompée, dont il avait été l’ennemi.

DEBROUILLONS-NOUS

Caésarem, quamquam ex mánibus Marci Antoni corónam non accéperat, senatóres non pauci odisse coepérunt. Virum hunc magnum, qui multa et magna in Gallia pro Roma fécerat, nonne amáre et non odisse debuérunt? Eum amáre debuérunt. Nihilóminus, coniuratióne non parva facta, mortem Caésari paráre sunt conáti. Ídibus ítaque Martiis, quo die in América olim tribúta colligebantur, interfectus est Caesar sicis coniuratórum ad pedes statuae Pompéi. Iam erat ad pedes Pompéi ille ad cuius pedes Pompéius mortuus fúerat!

LECTIO TRIGESIMA QUINTA

De participiis praeséntibus

SOMMAIRE — Cicéron provenait d’une famille de chevaliers. Comme lui et son frère Quintus manifestaient du talent, leur père les envoya à Rome; ils y étudièrent sous Scaevola et Archias. Cicéron se rendit aussi à Rhodes pour y étudier sous Molon, comme le fit César. Puis il revint à Rome et commença à plaider. Il défendit Roscius. Mais il offensa Sylla et, pour raison de santé, se rendit en Grèce. Il y rencontra Atticus.

In diébus in quibus vivébant Caesar et Pompéius, vivébat etiam alius vir Románus, cuius nomen notum est ómnibus. Ille vir erat Marcus Tullius Cícero. Cícero natus est in quodam óppido quod vocabátur Arpínum. Natus est anno centésimo sexto (106) ante Christum. Pater eius non erat ex senátu; Cícero ergo erat vir equestris. Viri equestres (id est, équites) non erant ex senatoria nobilitáte, sed nec erant ex plebe. Erant ex órdine inter senatóres et plebem. Primis diébus Romae, équites re vera habébant equos, et pugnábant ex equis in exercítibus. Sed diébus Cicerónis, équites non debébant habére equos: équites habébant pecuniam multam. Cícero ergo erat ex órdine equestri. Cícero habuit fratrem qui vocabátur Quintus. Pater eórum vidit quod volébant díscere. Ítaque misit eos Romam in scholas bonas. Cícero et frater eius didicérunt multa in scholis. Habuérunt multos magistros claros, inter hos erant Mucius Scaevola et Archias. Legérunt multos libros bonos. Cícero etiam navigávit in ínsulam Rhodum. Dídicit multa de arte rhetórica a Molóne (Caesar etiam dídicit artem rhetóricam in schola Molónis).

vívere - vivre
notus - connu
natus - né
equestris - équestre (de l’ordre des chevaliers)
équites - chevaliers
ordo - ordre, classe
equus - cheval
frater - frère
clarus - illustre
legit - a lu
liber - livre
offendit - offensa
melius - mieux

Post haec Cícero reversus est Romam, et coepit habére oratiónes claras. Defendit Sextum Roscium. Sed etiam offendit Sullam (ille clarus dictátor erat in hac vita illis diébus), et ergo melius erat Cíceróni discédere Roma. Navigávit in Graeciam. Ibi invénit quendam Románum qui vocabátur Átticus: Cícero factus est amícus eius.

(continuábitur)

VOCABULARIUM

légere, legit, lectus - lire
nasci, natus est - naître
nóscere, novit, notus - connaître (mais le parfait signifie: il a appris, et par conséquent, il sait. Ainsi notus signifie: connu.)
vívere, vixit, *victúrus - vivre

clarus, a, um - clair, illustre
equus, o - cheval
liber, libro - livre
bonus ordo, órdine - ordre, rang, classe

NUNC COGITEMUS

Le participe présent — Nous avons déjà vu le participe passé. Nous avons constaté qu’il était moitié verbe, moitié adjectif. Le participe présent, lui aussi, est moitié verbe et moitié adjectif, mais il est au présent et à l’actif, au lieu d’être au passé et au passif, Le sens premier du participe présent est: milites pugnantes - des soldats combattant.

Les terminaisons du participe présent — Elles sont vraiment très faciles à trouver! Prenez l’imparfait du verbe, enlevez-lui le -bat et ajoutez -ns. Exemple:

1. parábat parans

2. habébat habens

3. ponébat ponens

4. audiébat audiens

3. capiébat capiens

Comment se décline le participe présent? — Il suit, comme l’adjectif, la troisième déclinaison. L’ablatif singulier est en -e ou en -i, mais il est un peu moins rigide que les autres adjectifs. Les autres formes sont celles de la troisième déclinaison. Le génitif pluriel en -ium et le neutre pluriel en -ia correspondent tous deux à l’ablatif en -i, non en -e.

parans

parantes

parantia

parantis

parantium

paranti

parantibus

parantem

parans

parantes

parantia

Vraiment, très peu de nouveau, sauf l’ablatif en -e ou en -i.

L’emploi du participe présent — Employez-le tout comme le participe passé, en vous rappelant que c’est un présent actif. Nous pouvons donc l’utiliser comme un adjectif: milites pugnantes - des soldats combattants, ou bien à l’ablatif absolu, dont le sens premier est actif et non passif, comme en français. Revoyez la leçon 17.

L’ablatif absolu sans participe — Le verbe être (est) en latin n’a pas de participe présent (ni de participe passé). Quand nous voulons employer le verbe être à l’ablatif absolu, nous laissons simplement tomber le participe. Exemple: Caésare duce, mílites pugnavérunt fórtiter - César (étant) chef, les soldats combattirent courageusement.

Le gérondif — Si le participe présent français, qui se termine par -ant, est précédé d’une préposition, on ne peut le traduire en latin par le participe présent. Il faut se servir d’une autre forme, le gérondif, qui remplace le participe présent aux cas autres que le nominatif. Quelle est la différence entre les deux? Dans l’exemple suivant: pugnando vicit - en combattant il vainquit, le participe présent français est un complément de moyen, rendu en latin par un nom verbal, qu’on appelle le gérondif. Le participe présent latin ne peut pas être employé comme gérondif.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Caésare imperatóre, mílites laeti erant. Coniuratóribus veniéntibus, Caesar non timébat. Audívit vatem monéntem se, sed in senátum venit. Ibi senatóres exclamantes audívit. Exclamantes interfecérunt eum. Cícero et Quintus fratres (frères) erant. Audivérunt oratóres magnos habentes oratiónes magnas in foro. Volébant esse oratóres. Cícero re vera orátor magnus factus est. Cícero etiam erat vir equestris. Sed equum non habuit: non erat necesse habére equum. Nunc enim, púeri et puellae Americáni oratiónes Cicerónis in scholis legunt. Et quamquam Cícero equum non habuit, púeri et puellae, legentes oratiónes eius, equos habent. Sed Cícero ipse non habuit equum: ipse enim has oratiónes scripserat. Senatóres, audientes has oratiónes, non fecérunt coniuratiónem contra Cicerónem. Cícero enim non voluit esse rex. Senatóribus faciéntibus coniuratiónem contra Caésarem, Cícero nihil fecit. Non amávit Caésarem, sed interfícere eum non voluit. Sed porcis exclamántibus oink, Marcus non fecit nihil. Marcus etiam exclamávit. Marco exclamante, quid fecit María? María magna voce agnum vocávit. Agno veniénte, María laeta erat, María in schola non remansit. María duce, agnus laetus erat. Sempronius erat impatiens. Sempronio cónsule, Hánnibal Romános vicit. Carthaginiénsibus pugnántibus, Románi victi sunt. Sed Scipióne cónsule, Hánnibal ipse victus est. Hánnibal vidit exércitum Románum venientem. Venientes Románi vidérunt exércitum Púnicum. Románis vincéntibus, Hánnibal non laetus erat.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Marc vit venir le mouton.
Entendit-il le mouton crier baa?
Marc professeur, Marie est contente.
Pendant que César vivait, Brutus n’était pas heureux.
Ils le virent venir au sénat.
Il entendait le commandant (chef) lire les ordres.
C’était mieux pour César de partir de Rome.

DEBROUILLONS-NOUS

Quia multam pecuniam habuérunt, diébus Cicerónis équites non debuérunt habére equos. Románi audientes oratiónes huius Cicerónis non habuérunt equos. Potuérunt intellígere (comprendre) has etiam sine equis. Ítaque Románis exclamántibus, Cícero habébat oratiónes multas et vehementes. Cicerónem, quamquam multi ex his qui audivérunt oratiónes eius amavérunt eum, Sulla amávit nec ipsum nec oratiónes eius. Cíceróni ergo melius erat Roma proficisci in Graeciam.

LECTIO TRIGESIMA SEXTA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE - Cicéron revint à Rome après deux ans. Il voulait devenir consul, projet difficile pour un homme né hors de l’ordre sénatorial. Il était plein d’une grande vanité, qui agaçait même les Romains, pourtant peu friands d’humilité. Il fut élu consul en 63 A.C., avec Antoine. Cette année-là se produisit la conjuration de Catilina, un vaurien, épris du pouvoir et perdu de dettes.

Post annos duos, Cícero reversus est Romam, anno septuagésimo séptimo (77). Sulla enim mortuus erat anno septuagésimo octávo. Multas oratiónes claras habuit. Sed voluit esse consul Románus. Via ad consulátum erat diffícilis hómini qui non erat natus in órdine senatório. Tales hómines, qui facti sunt cónsules, sed non nati sunt in órdine senatório, vocantur "homines novi". Id est, novi sunt in consulátu et in órdine senatório. Cícero erat vir equestris. Propter hoc diffícile erat Cíceróni consul fíeri.

via - chemin
homo - homme
talis - tel
propter - à cause de
virtus - vertu
superbus - orgueilleux
superbia - orgueil
comparáre - comparer
tamen - cependant
initium - commencement
peccátum - péché
princeps - chef
fíeri - devenir

Christiani habent magnum amórem virtútis humilitátis. Sed Románi non habuérunt magnum amórem huius virtútis: Románi erant superbi. Románi fere amavérunt superbiam. Sed, quamquam Románi erant superbi, videntur esse húmiles, si comparantur cum Ciceróne. Quamquam Románi non amavérunt humilitátem, tamen non amavérunt superbiam Cicerónis. Et re vera, Sacra Scriptúra dicit quod superbia est initium omnis peccáti.

Cícero electus est consul pro anno sexagésimo tertio (63). Erat coniurátio in hoc anno. Catilína erat princeps coniuratiónis huius. Catilína erat vir malus. Catilína debébat multam pecuniam multis homínibus. Voluit habére máximam potestátem. Catilína conátus erat consul fíeri, sed non potuit. Cícero et Antonius facti sunt cónsules. Catilína ergo voluit interfícere Cicerónem et rápere omnem potestátem. Quid áccidit?

VOCABULARIUM

fiunt, fíeri, factus est - devenir, il arrive (impersonnel. L’infinitif est irrégulier; factus est est, en fait, la dernière forme de fácere: être fait, signifie la même chose que devenir.)
nescíre, -ívit, -ítus - ne pas savoir, ignorer

propter (avec l’acc) - à cause de

bonus homo, -ine - homme (vir signifie l’homme au sens fort, presque synonyme de héros; homo est plus général et signifie simplement être humain et peut se dire également des hommes, des femmes et des enfants)
initium, o - commencement
peccátum, o - péché magnus
princeps, -ípe - chef
superbus, a, um - orgueilleux
via, a - chemin, route
magna virtus, -úte - courage, force, vertu (de: vir)

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Déclinez ensemble: vir pugnans, peccátum maius, fortis equus.

  2. Donnez le génitif singulier et pluriel de: hic liber, éadem via, illa virtus, magnus pes.

  3. Donnez cinq traductions de: Caésare legente librum, mílites non pugnavérunt.

  4. Comment dites-vous: il avertissait, elle essayait, il partait, ils avertissaient, ils essayaient, ils partaient?

NUNC EXERCEAMUS NOS

Humílitas est virtus magna. Estne humílitas virtus máxima? Non. Amor Dei est virtus máxima. Quare Románi humilitátem non amavérunt? Quia nesciébant quod humílitas erat bona. Nesciébant quod virtus erat. Ergo multi Románi superbi erant magna superbia (ablatif). Quare erat Cícero superbus? Quia coniuratiónem Catilínae fregit. Eratne hoc magnum? Magnum erat, sed non máximum. Multi alii Románi res magnas fécerant, etiam res maióres fécerant. Multi Románi (quamquam humilitátem non amavérunt) non amavérunt superbiam Cicerónis. Cícero etiam in exilium (exil) missus est, sed non propter superbiam. Cícero enim multos habuit inimícos. Sed inimíci Cicerónis eum non interfécerunt. Catilína interfícere Cicerónem conatus est, sed non potuit. Cícero enim scire omnia quae Catilína fecit potuit. Inimíci Caésaris eum sicis in senátu interfecérunt. Catilína etiam sicam habuit. Sed Catilína ipse ad Cicerónem cum illa sica non venit: Catilína duos équites Romános ad Cicerónem misit. Hi équites cum Ciceróne loquebantur, sed eum interfícere non póterant. Cícero enim consilia eórum sciébat. Catilína ergo ira motus est. Catilína etiam habuit exércitum in móntibus. Putábat quod hoc modo Romam cápere póterat, sed Roma serváta est. Cícero enim multas oratiónes claras contra Catilínam in senátu habuit. Postquam Catilína primam harum oratiónum audívit, ex urbe discessit. Sed Cícero multos viros qui erant in coniuratióne cum Catilína cepit. Cícero senátum rogávit quid debuit fácere his viris captis: senátus dixit quod eos interfícere debuit. Cícero ergo hos viros captos interfécit. (Re vera, Cícero ipse eos non interfécit, sed alios viros interfícere eos iussit.)

DU FRANÇAIS AU LATIN

Catilina essaya de tuer Cicéron avec un poignard.
Il disait qu’il haïssait Cicéron.
Il voulait la guerre, parce qu’il devait de l’argent à beaucoup d’hommes.
Pourquoi César ne devint-il pas roi?
C’est un homme (de grand courage) dont le courage est grand.
A cause de ses péchés, il était puni.
Il vit Isabelle donner de l’argent à Colomb.

DEBROUILLONS-NOUS

Homínibus qui non in órdine senatório nati erant, ad consulátum via diffícilis erat. Quidam nihilóminus re vera, inter quos erat ipse Cícero, ad hanc venérunt dignitátem. Qui hoc fecérunt novi hómines vocabantur. Anno quo Cícero consul erat, áccidit etiam clara illa Catilínae coniurátio, quam vicit Cícero. Quam propter causam, quamquam ante hoc tempus non húmilis fúerat, iam in superbiam nimiam venit Cícero. Quod initium omnis peccáti superbia est, dícitur in Sacra Scriptúra. Christiánis amántibus hanc virtútem, eam non amávit Cícero, qui non Christiánus erat.

LECTIO TRIGESIMA SEPTIMA

De témpore futúro in tertia persóna

SOMMAIRE - Un des conjurés de Catilina, Curius, était l’ami d’une dame, Fulvie. Fulvie raconta à Cicéron ce qu’elle entendit. Mais Cicéron ne voulait pas arrêter Catilina, faute de preuve légale. Toutefois, grâce à un puissant discours, il effraya Catilina et le fit quitter la ville. Alors, sur le témoignage d’espions gaulois, il fit arrêter les autres conjurés.

Vir quidam bonus ex Gallia dixit: Cherchez la femme, id est, necesse est cavére féminas. Et dixit veritátem. Catilína ipse potest dícere Ciceróni: necesse est cavére féminas. Unus enim ex viris qui fuérunt in coniuratióne Catilínae habuit amícam. Nomen huius féminae fuit Fulvia. Q. Curius, vir in coniuratióne Catilínae, amábat Fulviam. Curius scivit omnia consilia Catilínae. Sed Fulvia semper rogábat eum: Quid facit meus vir magnus nunc? Et Curius narrábat omnia Fulviae. Fulvia celériter narrábat omnia quae audíverat Cíceróni. Hoc modo Cícero sciébat omnia consilia Catilínae. Sed Cícero non póterat probáre haec in foro. Ítaque Cícero non voluit comprehéndere Catilínam. Cícero ipse in magno perículo erat. Catilína enim conátus est interfícere Cicerónem. Sed Cícero, mónitus a Fulvia, semper póterat serváre seipsum.

Gallia - Gaule (France)
amíca - amie
meus - mon
narráre - raconter
probáre - prouver
comprehéndere - arrêter
mónitus - averti
véhemens - véhément
ullus - aucun
difficultas - difficulté
socius - compagnon

Quodam die Catilína venit in senátum. Cícero habuit magnam et vehementem oratiónem contra Catilínam. Cícero ostendit Catilínae quod ipse semper póterat scire, sine ulla difficultáte, consilia quae Catilína faciébat. Cícero dixit quod Catilína debuit discédere Roma, cum ómnibus sociis suis. Catilína, putans quod erat in magno perículo, discessit ex urbe. Sed non solum Fulvia narrábat consilia Catilínae Ciceróni, etiam quidam viri ex Gallia (non dixérunt: cherchez la femme) narravérunt multa de coniuratióne. Hoc modo Cícero sciébat viros qui erant in coniuratióne. Cícero ergo comprehendit multos ex eis.

(continuábitur)

VOCABULARIUM

comprehéndere, -prehendit, -prehensus - arrêter, appréhender
narráre, -ávit, -atus - raconter, dire
probáre, -ávit, -átus - prouver

meus, a, um - mon, mien
socius, o - allié, compagnon
ullus, a, um - aucun
véhemens - emporté, véhément

NUNC COGITEMUS

L’indicatif futur, à l’actif et au passif — Nous avons appris comment former l’imparfait de l’indicatif avec l’infinitif: on remplace la terminaison: -áre, -ére, -ere, ou -ire, par -ábat, -ébat ou -iébat. Avec l’aide des voyelles que nous employons devant -bat, nous pouvons former le futur: en leur ajoutant les désinences du futur: -bit et -bunt (première et seconde conjugaison) ou -t et -nt (troisième et quatrième conjugaison). Nous obtenons donc:

1

2

3

3 (-iunt)

4

parábit

habébit

ponet

capiet

audiet

parábunt

habébunt

ponent

capient

audient

Evidemment ces terminaisons sont actives; elles signifient: il préparera, ils prépareront, etc.

Il est presque aussi facile de former le passif; ajoutez feulement -ur à chacune des terminaisons précédentes. Exemple: habébitur, habebuntur; capiétur, capientur, etc. Le sens du futur passif est également facile: il sera pris, ils seront pris, etc.

Le futur de esse, posse, velle:

erit erunt

póterit póterunt

volet volent

NUNC EXERCEAMUS NOS

Catilína Cicerónem cápere vult, sed Catilína ipse capiétur. Etiam omnes alii qui in coniuratióne sunt capientur. In cárcerem (prison) mittentur. Erunt in cárcere sine ulla spe (espoir). Sed in magno erunt perículo. Cícero enim alios viros ad eos mittet in cárcerem. Hi alii viri illos coniuratóres interficient. Hi coniuratóres enim magnum fecérunt peccátum: Romam delére voluérunt. Catilína est princeps huius coniuratiónis. Sed Cícero non comprehendit eum. Quare? Quia voluit eum discédere ex urbe cum ómnibus sociis. Catilína re vera discédet, sed non omnes socii eius evádent: comprehendentur enim a Ciceróne. Hi socii Catilínae in cárcere interficientur. Et Cícero ipse fiet (de: fiunt) superbus. Cícero ipse enim non amat humilitátem. Cícero non póterat scire quod humílitas virtus magna est. Cícero superbiam máximam habuit. Románi alii humilitátem non amavérunt, sed superbiam máximam Cicerónis non amavérunt. Cícero enim semper de sese loquebátur. Sacra Scriptúra dixit quod superbia est initium omnis peccáti. Cícero etiam multa poémata (poèmes) de se ipse scripsit. Románi haec poémata non amavérunt: Cícero enim non erat poéta bonus. Et poémata eius non erant bona. Ínsuper, Cícero semper de se in his poemátibus loquebátur. Haec poémata non habentur nunc. Bonum est quod non habentur nunc; non est necesse légere ea. Agnus albus, qui erat in schola, Cicerónis poémata non legit: agnus enim ea non amávit. Quid dixit agnus de his poemátibus? Dixit baa! Agnus enim de Marco Porcio Catóne légere voluit. Quinque porci etiam voluérunt de Porcio audíre. Unus ex his quinque porcis in agris Porci fuit.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Ces hommes seront trouvés.
Cicéron les enverra en prison.
Beaucoup de ceux qui sont dans la conjuration seront arrêtés.
Il parlera de lui-même.
Ils ne seront pas vus dans la ville après ce jour.
Ils seront tués par les serviteurs de Cicéron.
Comment (quómodo) Cicéron prouvera-t-il qu’ils sont dans la conjuration?

DEBROUILLONS-NOUS

Narrante Fulvia omnia quae a Curio de coniuratióne audíverat, Cícero coniuratóres comprehéndere et in cárcerem (prison) míttere non voluit. Ciceróne sciente haec omnia, necesse erat posse probáre haec in foro: id quod Cícero voluit, sed non potuit fácere. Aliis ergo modis ágere necesse erat Ciceróni. Contra Catilínam ergo in senátu, multis senatóribus exclamántibus, habuit Cícero oratiónem vehementem. Hac oratióne facta, timére coepit ille Catilína, et Roma non sine multis sociis discessit.

LECTIO TRIGESIMA OCTAVA

De pronómine: QUIS
De témpore perfecto infinitívi

SOMMAIRE — Cicéron possédait maintenant une preuve écrite de la conjuration. Il consulta le Sénat sur cette affaire. César était en faveur de l’emprisonnement à vie. Caton réclamait la peine de mort et l’emporta. Mais Catilina lui-même était en liberté, avec une armée sous ses ordres. Il rencontra l’armée conduite par Pétréius, légat du consul Antoine. Il mourut au combat.

Cícero nunc, quia Galli dedérunt epístulas quas accepérunt a coniuratóribus, potest probáre ea quae scíverat de coniuratióne. Ítaque mittit multos coniuratóres in cárcerem; non omnes mittit in cárcerem, quia multi erant cum exércitu Catilínae. Cícero nunc consulit senátum. Multi senatóres habuérunt oratiónes in senátu de hac re. Caesar voluit tenére coniuratóres in cárcere per réliquam vitam. Sed multi timuérunt fácere hoc, dixerunt enim: "Forsan evádent ex cárcere. Amíci enim eórum venient et liberábunt eos". Oratióne Caésaris hábita, Cato habuit oratiónem suam. Cato voluit interfícere coniuratóres in cárcere. Senátus ergo consilium dedit Ciceróni. Consilium enim Catónis placuit senátui. Cícero ergo iussit hos coniuratóres intérfici in cárcere. Et factum est.

epístula - lettre
carcer - prison
réliquus - le reste de
forsan - peut-être
liberáre - libérer
placuit - il plut
aeger - malade

Sed Catilína ipse non erat in cárcere. Erat cum exércitu suo. Catilína sperábat cápere Romam. Sed Cícero et senátus etiam habuérunt exércitum magnum. Consul Gaius Antonius erat dux huius exércitus. Sed Antonius aeger pédibus erat. Ergo Marcus Petréius (qui erat legátus Antóni) ducébat exércitum. Catilína habuit oratiónem magnam. Dixit milítibus suis quod necesse erat pugnáre fórtiter: "mors enim exspectábit eos qui capientur". Exércitus ergo Catilínae et Catilína ipse fórtiter pugnavérunt in magno proelio. Sed non póterant víncere. Multi interfecti sunt in proelio, inter quos erat Catilína ipse.

VOCABULARIUM

consúlere, -suluit, -sultus - consulter
liberáre, -ávit, -átus - libérer
plácere, placuit, *placitúrus (dat.) - plaire à

forsan - peut-être

aeger, aegra, aegrum - malade
magnus carcer, ere - prison
epístula, a - lettre
réliquus, a, um - le reste de (se construit comme medius, au milieu de. - Voir Leçon 2)

NUNC COGITEMUS

L’interrogatif QUIS, QUID (1) — Il signifie qui? que?. C’est un pronom, c’est pourquoi il s’emploie seul, sans s’appuyer sur un autre
mot comme l’adjectif. Si nous voulons un adjectif interrogatif, comme dans l’expression quel mouton, nous employons tout simplement les formes du pronom relatif qui, quae, quod:

(1) L’édition américaine ne donne pas la forme féminine quae. Remarquons, cependant, que "le féminin quae (interrogatif) est récent et emprunté à qui", mais il figure, comme tel, dans presque toutes les grammaires latines. - Voir ERNOUT & MEILLET, Dictionnaire étymologique de la langue latine, Klincksieck, 1959, 4e éd. (d’où notre citation est tirée).

Qui agnus venit in scholam?
Quae puella fuit in schola?
Quod bellum habuérunt Románi tempore Tarquinii?
(Répondez, s.v.p.)

Mais comment déclinerons-nous le pronom interrogatif? Comme le latin est facile! Ses formes sont celles du pronom relatif, à l’exception de deux:

  • quis au lieu de qui,

  • quid au lieu de quod.

De plus, au singulier, il n’y a qu’une forme pour le masculin et le féminin (comme pour omnis). Nous emploierons donc quem et quo, non quam et qua, à l’accusatif et à l’ablatif. Au pluriel, tout est régulier.

Maintenant, composez vous-même le tableau, au moins au singulier, de tous les cas du pronom interrogatif.

L’infinitif passé — L’infinitif passé actif s’obtient en remplaçant la terminaison de la troisième personne du singulier (du parfait de l’indicatif) -it par -isse. Comme ceci:

paravisse - avoir préparé
habuisse - avoir eu
cepisse - avoir pris.

L’infinitif passé passif s’obtient en employant esse (être) et la forme appropriée du participe passé. Exemple: interfectus esse - avoir été tué.

Catilína dícitur interfectus esse - Catilina passe pour avoir été tué.
Multi dicuntur interfecti esse - Beaucoup passent pour avoir été tués.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Quis est ille vir? Ille est Cícero, quem Catilína interfícere voluit. Sed Cícero dícitur interfecisse multos socios Catilínae in cárcere. Et re vera, intérfici debuérunt. Viri enim mali erant: Romam delére voluérunt. Quid fecérunt? Coniuratiónem fecérunt. Quo témpore coniuratiónem fecérunt? Diébus Cicerónis, id est, in anno sexagésimo tertio (63) ante Christi nativitátem. Cícero ergo senátum consuluit. Quid dixit senátus? Senátus dixit quod coniuratóres interfícere debuit. Qui erant hi coniuratóres? Erant viri mali qui Romam delére voluérunt. Multam pecuniam debébant multis. Bellum civíle voluérunt. Cuius porci sunt in foro? Suntne porci Maríae? Non. María agnum, non porcos habet. Sunt Marci Porci porci. A quo accipiunt cibum? A Marco Porcio cibum accipiunt, ille enim amat eos. Quem vidit Cícero in foro? Catilínam vidit. Catilína sicam parvam habuit. Catilína Cicerónem interfícere volébat. Sed hoc non placuit Ciceróni: Cícero enim intérfici non volébat. Et réliqui viri, qui cum Ciceróne erant, eum interfícere non voluérunt. Cícero enim in medio foro erat. Fulvia Cicerónem monuit quod Catilína coniuratiónem faciébat. Sed Cícero non póterat probáre haec in foro. Epístulas habére erat necesse. A quibus accépit Cícero epístulas? A Gallis. Hi Romam amavérunt. Ínsuper, sperábant accípere praemium maius a Románis quam (que) a coniuratóribus. Et verum erat; re vera, praemia maióra a Ciceróne accipient.

DU FRANÇAIS AU LATIN

De qui les soldats recevront-ils de l’argent?
De Marius, non de Rome.
Qui a averti Cicéron de cela?
On dit que Catilina a (Catilina est dit avoir) tué beaucoup d’hommes.
Il semble avoir consulté beaucoup d’hommes.
Qui a fait quoi?
Sait-il ce qu’ils ont fait?
Qu’a-t-il fait?

DEBROUILLONS-NOUS

Verbis motus Fulviae, Cícero contra Catilínam oratiónem habúerat vehementem, qua illum ex urbe discédere coégit. Nunc autem, quibusdam Gallis etiam scripta de coniuratióne dántibus, in senátum venit Cícero et senatóres rogávit quid fácere de coniuratóribus captis debébat. Illos coniuratóres in cárcere intérfici placuit senátui. Nec Catilína ipse nec alii forsan coniuratóres pauci qui in urbe erant, illis qui in cárcere damnáti erant auxilium dare potuérunt. Magno proelio contra Marcum Petréium, ipse Catilína fórtiter interfectus est.

LECTIO TRIGESIMA NONA

De oratióne oblíqua io modo infinítivo

SOMMAIRE — Cicéron fut loué pour son travail, mais eut beaucoup d’ennemis. Il avait offensé Clodius, patricien de naissance adopté par les plébéiens. Aussi ne pouvait-il être tribun. Il accusa Cicéron d’action illégale, parce qu’il n’avait pas permis aux conjurés d’avoir leur procès devant le peuple. Cicéron se défendit en disant que les conjurés étaient des ennemis de l’Etat.

Catilína interfecto, Cícero multos honóres accépit. Sed non omnes Románi amavérunt Cicerónem. Multi enim, quamquam in coniuratióne ipsa non fúerant, non odérunt consilia Catilínae. Praesertim quidam tribúnus plebis, Clodius Pulcher nómine, odit Cicerónem. Clodius enim fuit patricius nativitáte. Sed Clodius vir malus erat: anno sexagésimo secundo (62) profanáverat mysteria cuiusdam deae quae vocabátur "Bona Dea". Quia Clodius hoc fécerat, Cícero accusávit eum. Sed Clodius dixit quod non fúerat in urbe illo témpore; dixit quod álibi fúerat, in alia urbe. Cícero autem póterat probáre quod Clodius re vera fúerat in urbe illo témpore. Propter hanc causam Clodius odit Cicerónem, et voluit habére vindictam. Ítaque, quamquam iam vir adultus erat, Clodius rogávit familiam plebéiam adoptáre se, quia voluit esse tribúnus plebis. Sed patricii (et Clodius erat patricius nativitáte) non póterant fíeri tribúni plebis. Propter hanc causam Clodius adoptári voluit. Hoc modo Clodius factus est plebéius. (Nomen Clodi fúerat Claudius, sed plebéii semper dicébant litteram o pro au; ergo se vocávit Clodium, non Claudium.) Ergo Clodius, iam plebéius factus, non iam patricius, póterat esse tribúnus plebis; et re vera factus est tribúnus plebis in anno quinquagésimo octávo (58).

honor - honneur
profanávit - profana
mysteria - mystères
dea - déesse
álibi - ailleurs
causa - cause
vindicta - vengeance
adultus - adulte
familia - famille
adoptáre - adopter
plebeius - plébéien
pro - à la place de

VOCABULARIUM

profanáre, -ávit, -átus - profaner

álibi - ailleurs
coram (avec l’abl.) - devant, en présence de

causa, a - cause, cas, motif
Deus, o - Dieu (dea, a - déesse)
magnus hostis, i - ennemi (de guerre)
mysterium, o - mystère, rite

NUNC COGITEMUS

Le style indirect — Prenons la phrase: Dicit quod Caesar venit - il dit que César s’en vient. Il y a une autre façon de dire la même chose: Dicit Caésarem veníre.

Remarquez ce que nous avons fait: Caesar sujet est devenu un accusatif (ce qui est assez illogique, grammaticalement, mais le latin n’est pas toujours logique) et venit - s’en vient (verbe) s’est transformé en infinitif: veníre (ce qui est encore illogique). Quelle est la règle gouvernant cette sorte de construction?

  1. Ne traduisez pas le mot français que;

  2. mettez le sujet de la proposition commençant par que, à l'accusatif;

  3. mettez le verbe de la proposition commençant par que, à l'infinitif.

Cette construction de l’accusatif et de l’infinitif s’appelle habituellement la proposition infinitive. L’infinitif sera-t-il toujours l’infinitif présent? Non. Parfois, on emploie l’infinitif passé: Dicit Caésarem venisse - il dit que César était venu.

Maintenant, si la phrase française, au lieu de commencer par il dit, commence par il disait? Eh bien! c’est plus difficile en français mais non en latin. Voici ce qui se passe en français:

il dit que César s’en vient (Dicit Caésarem veníre) devient

il a dit que César s’en venait (Dixit Caésarem veníre).

Dans la phrase latine Dixit Caésarem veníre, nous avons seulement changé le dicit en dixit. (Il y a d’autres constructions possibles mais elles viendront plus tard.)

Les Romains employaient-ils souvent cette construction surprenante? Certainement; la plupart des premiers écrivains l’employaient presque toujours au lieu de la construction quod venit. Plus tard, les écrivains latins en vinrent à employer l’une ou l’autre indifféremment. Il nous faut donc connaître les deux. Il serait très avantageux d’apprendre par coeur les exemples suivants:

  1. Dicit se agnum amáre - il dit qu’il aime le mouton.

  2. Dixit se agnum amáre - il a dit qu’il aimait le mouton.

  3. Dicit se agnum amavisse - il dit qu’il a aimé le mouton.

  4. Dixit se agnum amavisse - il a dit qu’il a aimé le mouton.

Pour traduire, comparez la phrase (latine ou française) avec ces phrases-modèles. Remarquez d’abord dicit (dixit) ou son équivalent français; ensuite, observez le reste de la phrase et trouvez l’exemple sur lequel elle se modèle. La traduction sera alors facile.

La construction en style indirect suit non seulement dixit mais aussi d’autres verbes signifiant: dire, penser, croire, etc.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Cícero dicit Catilínam esse virum malum (Cícero dicit quod Catilína est vir malus). Dixit Catilínam veníre cum exércitu magno (Dixit quod Catilína veniébat cum exércitu magno). Clodius dixit se álibi fuisse (Clodius dixit quod álibi fúerat). Cícero probávit Clodium in urbe fuisse. Clodius non dixit veritátem. Cícero dixit Clodium non dixisse veritatem. Cícero dicit Clodium profanavisse mystéria "Bonae Deae". Et re vera Clodius fécerat hoc. Clodius odit Cicerónem. Clodius dixit Cicerónem fecisse malum, quia coniuratóres interfécerat sine iudicio coram pópulo. Dixitne Clodius verum? Diffícile est dícere. Sed senátus consilium dedit Ciceróni. Senátus dixit Cicerónem debére interfícere coniuratóres. Et Cícero fecit id quod senátus voluit. Cícero dixit se non velle comprehéndere Catilínam statim; dixit se velle Catilínam discédere ex urbe cum ómnibus sociis. Catilína ergo discessit, sed non omnes socii eius discessérunt cum eo; quidam enim ex eis comprehensi sunt a Ciceróne. Cícero enim epístulis a Gallis acceptis, póterat probáre illos esse coniuratóres contra Romam. Ítaque iecit illos in cárcerem. Cónsulit senátum de eis, et placuit senátui interfícere eos in cárcere. Multi coniuratóres interfecti sunt in cárcere, sed réliqui coniuratóres erant in exércitu Catilínae. Catilína dixit eis necesse esse pugnáre fórtiter pro vita ipsa, et re vera hoc fecérunt. Antonius erat consul in illo anno cum Ciceróne, sed Antonius dixit se non posse pugnáre: dixit se esse aegrum pédibus. Et veritátem dixit.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Antoine fut-il vraiment malade?
Le reste des hommes essaya de les libérer.
Cicéron dit qu’il avertit Catilina.
Ils dirent que Clodius avait profané les mystères de la "Bonne Déesse".
Catilina dit qu’il a vu Curius.
Cicéron dit qu’un procès public n’est pas nécessaire.
Catilina dit qu’ils combattent pour leur vie.

DEBROUILLONS-NOUS

Románi dicébant hanc deam esse "Bonam Deam". Clodium profanavisse mysteria huius deae dixit Cícero. Sed historia dicit etiam hanc "Bonam Deam" non fuisse bonam. Nihilóminus, Románi non sine veritáte Clodium virum malum esse dixérunt. Fuit enim talis. Iam vir adultus factus, Clodius dixit se velle adoptári a familia plebéia. Haec, quia tribúnus plebis fíeri voluit, dixit. Idem Clodius dixit Cicerónem debuisse dare coniuratóribus iudicium coram pópulo, id quod Cícero re vera non déderat.

LECTIO QUADRAGESIMA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

SOMMAIRE - Cicéron dut s’exiler par suite des accusations de Clodius. Il s’en plaignit beaucoup. Il fut rappelé d’exil l’année suivante. Mais il prit peu de part à la vie publique après son retour, bien qu’il dût remplir son terme de gouverneur de Cilicie. Il revint à Rome au moment où éclata la guerre civile entre César et Pompée.

Clodius, olim patricius, iam plebéius et tribunus plebis, accusabat Cicerónem, quia Cícero iússerat coniuratóres intérfici sine iudicio coram pópulo. Cícero re vera hoc fécerat, sed quaestio erat: feceratne hoc iure an non? Multae leges Románae iam scriptae erant; sed lex fundamentális, quae vocátur hodie lex constitutionális, haec lex nullo modo scripta erat in diébus Cicerónis. Diffícile erat ergo scire de hac re. Sed certum erat quod Clodius odit Cicerónem, et propter hanc causam aggressus est eum. Tribúni plebis habébant magnam potestátem in illis tempóribus, et Clodius non solum conátus est míttere Cicerónem in exilium, verum etiam póterat míttere eum. Cícero ergo per legem novam coactus est ire in exilium. Hoc áccidit anno quinquagésimo sexto (56). Cícero ergo affectus est máximo dolore: amávit enim Romam magno amore. Sed lex iussit eum exire et Cícero exívit. Multas epístulas scripsit ex exilio ad amícum suum Átticum. Hae epístulae etiam nunc habentur et legi possunt. Sed Cícero habuit multos bonos amícos in urbe. Hi amíci multa fecérunt pro eo. Per labóres eórum, Cícero revocátus est ab exilio in anno quinquagésimo quinto (55).

ius - droit, loi
hodie - aujourd’hui
certus - certain
aggressus est - attaqua
verum etiam - mais aussi
exilium - exil
ire - aller
affectus - affligé
dolor - douleur, peine
exíre - sortir
gubernátor - gouverneur

Cícero, reversus ab exilio, non iam dedit se vitae publicae. Nihilóminus, iussus est ire in Ciliciam anno quinquagésimo secundo (52). Ibi erat gubernátor Románus. Reversus est in Italiam in fine anni quinquagésimi et venit Romam in initio belli civílis inter Caésarem et Pompéium. Bellum enim civíle coepit in Ianuario anni quadragésimi noni (49).

VOCABULARIUM

afficiunt, affícere, -fécit, -fectus - émouvoir, affecter, toucher
aggrediuntur, ággredi, -gressus est - attaquer
ire, iit, *itúrus - aller (le présent est irrégulier: it et eunt; imparfait: ibat et ibant; futur: ibit et ibunt; participe présent actif: iens, eunti)

hodie - aujourd’hui
non solum…​sed etiam - non seulement…​mais encore

certus, a, um - certain
magnus dolor, óre - douleur, peine
exilium, o - exil
verum ius, iure - droit, (ensemble des) loi(s)

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez le génitif singulier de: quis, qui, idem, dolor, mysterium, ipse, hic.

  2. Déclinez ensemble: malus hostis, homo aeger, réliqui mílites.

  3. Donnez le futur actif et passif de: affícere, ire, liberáre, ággredi, monére, comprehéndere.

NUNC EXERCEAMUS NOS

L’ordre des mots — Nous avons déjà étudié deux tours ou constructions en cette matière: la construction María agnum habet (que nous avons rencontrée dans la leçon 20), et la construction en sandwich, magnum habuit exercitum. Les variétés en sont nombreuses.

Mais, maintenant que nous sommes familiers avec les deux constructions déjà mentionnées, nous pouvons user d’un peu plus de liberté dans la disposition des mots. Prenons, par exemple, les trois mots: María agnum habet, et disposons-les de toutes les façons possibles, et le sens ne changera pas. Nous commençons maintenant à avoir un petit peu d’expérience. Cela peut paraître étrange à première vue; nous en ferons peu, mais nous nous y habituerons tôt.

Amíci Catilínae in cárcerem ibant. In cárcere morientur. Ergo magno affecti sunt dolóre: non enim mori volunt. Sed non possunt dícere se fuisse álibi. Cícero enim epístulas habet ab eis scriptas. Debuitne Cícero dare illis iudicium coram pópulo Románo? Clodius Cicerónem debuisse dixit. Sed hoc non fecit Cícero. Quid est verum in hac re? Non est fácile veritátem inveníre; quamquam enim multae leges Románae iam scriptae erant, lex constitutionális scripta non erat. Quia in exilium ire debébat, Cícero máximo affectus est dolóre. Dixit néminem umquam (jamais) talem dolórem habuisse, sed veritátem non dixit. Cícero enim non erat vir fortis, superbus vir erat. Sed ab exilio revocátus est in anno quinquagésimo quinto (55). Non ergo in exilio per annum totum fúerat. Malum est in exilio esse, sed máximum malum non est. Ítaque Cícero exclamáre non debuit quod nemo umquam tale habuit malum. Quare voluit Clodius adoptári? Quia esse tribúnus plebis voluit. Tribúni plebis creáti sunt in saéculo quinto ante Christum. Plebs enim Romána Roma exíverat et in Montem Sacrum vénerat. Non voluérunt reverti Romam. Sed nuntii ex patriciis rogavérunt eos in urbem rursus veníre. Plebs non venit. Ergo tribúnos patricii dedérunt. Tribúnis acceptis, plebs reversa est. Hi tribúni deféndere plebem contra patricios póterant. Tribúni enim magnam habébant potestátem. Nunc autem Clodius vult magnam habére potestátem. Vult enim vindictam habére, quia Cícero eum accusáverat. Sed esse tribúnus non póterat, quia patricius erat nativitáte. Ergo adoptári a familia plebéia voluit. Agnus albus etiam adoptári voluit. A María adoptátus est. Eratne ergo María agnus? Non. Eratne ergo agnus María? Non. Sed María agnum amávit: agnus enim non solum in scholam venit, verum etiam suum B.A. accépit. Magnus honor erat agno. Talem honórem quinque porci non accepérunt. Sed quinque porci in lingua Gállica (française) loqui póterant: dixerunt enim oui, oui.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Ils iront en prison.
Ils seront bien tristes (émus par une grande douleur).
Il est dur d’aller en exil.
Pourquoi attaquent-ils Rome?
Cicéron dit qu’il est dans une grande douleur (affecté par…​).
Catilina avait-il droit à (ad) un procès public?
Parce qu’il fit ces choses, une grande douleur en résultera (sera) pour lui.

DEBROUILLONS-NOUS

Legem Románam fundamentálem, quae vocatur lex constitutionális, non fuisse scriptam in diébus Cicerónis dicit historia. Et verum est. Sed etiam in his tempóribus modernis non omnes terrae legem constitutionálem scriptam habent. Multi dicunt hanc legem in Britannia, quae est ínsula magna, non scriptam esse. Quam propter causam, Clodius póterat dícere Cicerónem, qui consul erat, contra legem egisse. Dixitne veritátem Clodius? Diffícile dícere est.

LECTIO QUADRAGESIMA PRIMA

De modo subiunctívo in témpore imperfecto actívo
De claúsulis finálibus

SOMMAIRE — Cicéron hésita longtemps, mais finit par se rallier au parti de Pompée (et ne fit presque rien). Après la défaite de Pompée, César lui pardonna généreusement. Alors Cicéron se retira pour écrire. Après la mort de César, il fit plusieurs discours violents contre Antoine. Octave, fils adoptif de César, défit Antoine et devint consul.

Cícero vénerat Romam in initio belli civílis inter Caésarem et Pompéium. Caesar et Pompéius nullum auxilium déderant Ciceróni, quando Clodius aggressus est eum. Cícero non voluit pugnáre in hoc bello. Sed Pompéius dixerat: "si vir non pugnábit pro me, putábitur esse inimícus meus". Cícero ergo venit in castra Pompéi, sed fere nihil fecit. Pompéius, sicut iam dictum est, victus est in hoc bello et coactus est fúgere in Aegyptum; Ibi interfectus est a quibusdam milítibus. Sed Caesar misericordiam magnam habuit: celériter ignovit Ciceróni et etiam dedit licentiam reverti Romam. Sed Cícero non voluit se dare vitae públicae post hoc bellum. Ítaque, per tres vel quatuor (3 ou 4) annos, scripsit multos libros de rebus philosóphicis et rhetóricis.

si - si
castra - camp
sicut - comme
ignóvit - pardonna
licentia - permission
vates - devin
monitio - avertissement
postea - après, dans la suite
avúnculus - oncle

Annus quadragésimus quartus (44), venit, et, in mense Martio, Idus etiam venérunt. Caesar mónitus est a multis, etiam vates monuit eum: "Necesse est cavére Idus Martias!" Sed Caesar respondit: "Idus Martiae venérunt!" - "Sed non discessérunt", dixit vates. Caesar nihil fecit de his monitiónibus: venit in senátum, ibi interfectus est a coniuratóribus. Caésare mortuo, Cícero venit rursus in vitam públicam. Multas oratiónes vehementes habuit contra Marcum Antonium, amícum Caésaris.

Bella civília venérunt post mortem Caésaris. Caesar filium non habuit. Sed adoptáverat Gaium Octavium (qui postea vocȧtus est Augustus). (Iulius Caesar etiam erat avúnculus magnus huius Gai Octávi.) Post mortem Caésaris Octavius venit in Italiam, et pugnávit contra Antonium. Antonius victus est, et fugit trans Alpes. Octavius reversus est Romam, et factus est consul.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

ignóscere, ignóvit, ignótus - pardonner (construit avec le datif et l’accusatif: Caésari multa ignóvit - il pardonna beaucoup à César)

ne - afin que, ne…​pas
postea - après, dans la suite
si - si
sicut - comme, comme si
ut - afin que

avúnculus, o - oncle (maternel; oncle paternel, patruus, o)
licentia, a - permission
bona monitio, óne - avis, avertissement
bonus vates, i - devin, prophète

NUNC COGITEMUS

L’imparfait du subjonctif — Jusqu’ici, nous avons employé les verbes à l’infinitif et à l’indicatif (nous n’avons pas employé l’expression mode subjonctif). Nous devons maintenant apprendre quelques formes du subjonctif; l’imparfait est admirablement facile à construire: ajoutez simplement -t ou -nt à l’infinitif présent actif. Ainsi nous aurons:

1

2

3

4

paráret

habéret

póneret

audíret

parárent

habérent

pónerent

audírent

Mais comment traduire le subjonctif? la traduction varie selon les cas. Aussi devons-nous étudier chaque cas séparément. Parfois, nous le traduisons comme un indicatif, parfois nous employons le subjonctif français. C’est pourquoi il faut apprendre un nombre limité d’emplois du subjonctif.

Les propositions finales — En latin, les propositions finales sont faciles; en voici quelques exemples:

  • Exívit ut vidéret Caésarem - il sortit pour (afin de) voir César.

  • Venit in Italiam ut pugnáret contra Antonium - il vint en Italie afin de combattre contre Antoine.

La tournure négative (pour ne…​ pas, afin que ne…​ pas) s’exprime par ne au lieu de ut: Discessit ne vidéret mortem coniuratórum - il partit, afin de ne pas voir la mort des conjurés.

Nous employons d’ordinaire l’imparfait, dans une proposition finale, après un verbe au passé (dans la phrase citée: DISCESSIT, il partit). La proposition finale est une autre proposition dont il faudrait apprendre un exemple par coeur.

REMARQUE — Nous n’employons jamais ut à la place de quod en style indirect.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Cícero discessit Roma ut iret in exilium. Cícero non voluit ire in exilium. Sed Pompéius non dedit auxilium ne debéret ire in exilium. Consulúerat senátum ut scíret de légibus. Et placuit senátui ut Cícero interfíceret coniuratóres. Cícero ergo iússerat eos intérfici. Ducti sunt in cárcerem ut alii viri possent interfícere eos. Magno dolóre affecti sunt. Sed Cícero non voluit ágere contra leges, contra id quod ius erat. Cícero dixit se habére ius ut fáceret hoc. Non remansit in exilio per totam vitam suam: revocátus est anno quinquagésimo quinto. Cícero etiam erat in bello civíli. Sed remansit in castris Pompéi. Non enim voluit pugnáre. Pompéius victus est et etiam interfectus. Pompéio victo, Caesar ignóvit Ciceróni. Rogávit Cicerónem ut veníret ad se. Cícero in vita pública non remansit. Discessit ut multa scríberet. Scripsit de philosóphia et de arte rhetórica. Post mortem Caésaris Cícero habuit multas oratiónes vehementes. Has habuit ut deléret potestátem Antóni, sed non potuit. Re vera, Antonius delévit non solum potestátem Cicerónis, verum etiam vitam eius. Sed bonum est audíre etiam de antíquis amícis. Columbus voluit habére naves ut navigáret in Américam. Isabella pecuniam dedit ut posset habére naves. Isabella rogávit ut inveníret Indiam. Columbus etiam voluit inveníre Indiam: nihil scivit de América. Et María non rogávit agnum album ut veníret in scholam, et agnus non rogávit Maríam ut licentiam habéret ire in scholam. Agnus venit in scholam sine licentia! Sed María non accusávit agnum, amávit enim eum. Marcus non voluit habére agnum in schola. Sed nihil dixit Maríae de hoc, ne María exclamáret.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il vint pour voir César.
Ils furent conduits en prison afin que des hommes puissent les tuer.
Cicéron fut envoyé en Cilicie pour y être gouverneur (gubernátor).
L’oncle de César l’envoya pour arrêter Cicéron.
Cicéron fit beaucoup de discours pour détruire la puissance d’Antoine.
Il ne dit (employer le parfait) rien à Cicéron, pour que Cicéron ne l’arrêtât pas.

DEBROUILLONS-NOUS

Ut cógeret omnes veníre in castra sua, Pompéius dixit: "Si vir non pugnábit pro me, puniétur". Historia Romána dicit Cicerónem venisse in castra Pompéi, sed ibi fere nihil fecisse. Quia Caésarem non amávit et ne punirétur a Pompéio, in castra venit Pompéi. Nihilóminus, historia dicit Caésarem ignóvisse Ciceróni post bellum. His factis, ex vita pública discessit Cícero et laborábat ut multos de rebus philosóphicis libros scríberet. Ex quibus libris multos viri in nostris (nos) tempóribus legunt. Hi libri etiam imprimuntur (sont imprimés).

LECTIO QUADRAGESIMA SECUNDA

De modo subjunctívo in témpore imperfecto passívo
De datívo casu prónominum

SOMMAIRE — Octave se réconcilia avec Antoine et tous deux, avec Lépide, formèrent le second triumvirat. Des proscriptions suivirent; Cicéron y fut tué. Par la suite, Auguste et Antoine défirent Brutus et Cassius à Philippes, en 42 A. C. Quelques années après, en 36, Auguste vainquit Sextus Pompée en Sicile.

Octavius (qui postea vocatus est Augustus) iam vícerat Antonium. Sed brevi témpore factus est amícus Antóni. Caesar, Pompéius, et Crassus fécerant "Primum Triumvirátum", et vocáti sunt "Triúmviri". Iam Antonius, Octavius et Lépidus fecérunt "Secundum Triumvirátum". Sulla quotidie posúerat in foro nómina proscriptórum. Hoc modo Sulla interfécerat multos hómines. Símili modo hi triúmviri, id est, Antonius, et Octávius, et Lépidus, interfecérunt multos. In quibus erant fere duo millia équitum (2000) et trecenti senatóres (300). Cícero, sicut iam dictum est, habúerat multas et vehementes oratiónes contra Antonium. Propter hanc causam Antonius voluit nomen Cicerónis esse inter proscriptos. Cícero auxilium déderat Octavio; sed nihilóminus, Octavius permisit Antonio ut scríberet nomen Cicerónis inter proscriptos. Mílites Antóni ergo venérunt ut invenírent Cicerónem. Cícero conátus est fúgere, sed mílites secúti sunt eum et cepérunt eum. Servi Cicerónis voluérunt deféndere eum — Cícero enim bonus fúerat servis suis — sed Cícero noluit. Cícero enim dixit necesse esse mori. Mílites decollavérunt eum. Ítaque Cícero mortuus est, die séptimo Decembris, in anno quadragésimo tertio (43) ante nativitátem Christi. Habúerat fere annos sexaginta et quáttuor (64).

brevis - court
quotídie - chaque jour
proscriptus - proscrit
símilis - semblable
permísit - permit
noluit - ne voulut pas
decollávit - décapita
classis - flotte

Augustus et Antonius navigavérunt in Graeciam, et vicérunt Brutum et Cassium in proelio magno ad Philippos. (Brutus et Cassius fúerant in coniuratióne quae interfécit Caésarem.) Hoc proelium factum est in anno quadragésimo secundo (42). In anno trigésimo sexto (36), Augustus vicit Sextum Pompéium; ille enim erat filius Gnaei Pompéi Magni, victi a Caésare in bello civíli. Sextus Pompéius post mortem Caésaris cepit Siciliam classi (abl.) magna. Sextus Pompéius, victus ab Octavio, fugit in Asiam, sed ibi interfectus est in anno trigésimo quinto (35)

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

decolláre, -ávit, -átus - décapiter
nolle, noluit, — - ne pas vouloir (les formes ressemblent à celles de voluit, sauf à la troisième personne du singulier: non vult)
permíttere, -mísit, -missus - permettre (permísit hoc Marco)
proscríbere, -scripsit, -scriptus - proscrire (mettre sur la liste noire)

quotidie - chaque jour

brevis, i - court
magna classis, i (e) - flotte
símilis, e, i - semblable

NUNC COGITEMUS

L’imparfait du subjonctif, voix passive — Pour former le passif, ajoutez simplement les lettres -ur aux formes actives du subjonctif, à la troisième personne du singulier et du pluriel. Exemple: pararétur, pararentur.

Dans le cas des verbes déponents, à quelque chose qui ressemble à un infinitif actif, on ajoute la terminaison -tur. Exemple: conarétur (1), loquerétur (3).

Le datif des pronoms — Nous nous souvenons comme il était facile de trouver le génitif des pronoms: le singulier avait toujours sa terminaison en -ius; le génitif pluriel ressemblait à celui de bonus.

Le datif singulier, lui, est toujours en -i. Exemple: huic, illi, ipsi, ei, eidem, cui. Remarquez la terminaison -i qui est la même aux trois genres. Le datif pluriel ne ressemble plus à bonus mais plutôt à l’ablatif pluriel des mêmes pronoms. Exemple: his, illis, ipsis, eis, eisdem, quibus. La terminaison -is se retrouve aussi aux trois genres.

N. B. Quant au quis interrogatif, il fait lui aussi cui et quibus à tous les genres.

Le génitif et le datif de quelques adjectifs — Il y a neuf adjectifs qui se comportent comme les pronoms, au génitif et au datif singuliers (pour le reste, ils sont réguliers):

Génitif

Datif

alius

alíus (rare; d’ordinaire on emploie alterius)

álii

- autre, d’autre

solus

solíus

soli

- seul

ullus

ullíus

ulli

- aucun

unus

uníus

uni

- un seul, unique

totus

totíus

toti

- tout (l’ensemble)

nullus

nullíus

nulli

- nul, pas un

alter

altérius

álteri

- l’un, l’autre
- l’un (des deux)

uter

utríus

utri

- lequel (des deux)

neuter

neutríus

neútri

- aucun (des deux)

Remarquez que nous avons deux mots dont le sens est presque le même: alius et alter. Les deux signifient autre; mais on emploie alter lorsqu’il ne s’agit que de deux; et alius lorsqu’il s’agit de plus que deux. En effet, les pronoms-adjectifs en -er impliquent dualité.

Remarquez aussi que la liste des nominatifs forme un ensemble assez disparate: il est préférable de les apprendre par coeur dans l’ordre où ils sont donnés (nous les avons tous rencontrés, sauf les trois derniers).

L’accent du génitif singulier tombe sur la lettre i qui est longue, sauf pour altérius, dont l’accent est sur le e.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Omnis potestas data est soli Augusto. Estne bonum uni hómini omnem potestátem dare? Diffícile est dícere. Lépidus et Antonius etiam fuérunt in secundo triumviráto, sed neútri horum data est potestas supréma. Sine ulla difficultáte Augustus factus est imperátor Románus. Antíquis tempóribus imperátor erat vir qui exércitum Románum ducébat. Sed diébus Augusti, imperátor omnes Romános ducébat. Cícero Augusto auxilium déderat, sed Antonius mílites misit ut Cícero decollarétur. Decollatio fit (de: fiunt) quando caput viri movétur de collo (cou) eius. Hoc factum est Ciceróni, ergo necesse erat ut ex hac vita discéderet. Cícero enim sine cápite non póterat loqui: oratiónes vehementes habére voluit. Sed diffícile erat oratiónes sine cápite habére. Cícero ergo, nolens hoc fácere, ex hac vita discessit. Sed hoc áccidit non solum Ciceróni, verum etiam multis aliis homínibus. Alii enim Antonium odérunt, alii Augustum odérunt, alii Lépidum odérunt. Hi omnes proscripti sunt. Erat res nullíus difficultátis interfícere eos. Triúmviri enim máximam habuérunt potestátem. Magnum habuérunt exércitum. Sed etiam classem magnam habuérunt. In classi erant multae naves. Nos sumus (nous sommes) etiam in classi nunc. Sumus ergo naves? Non. Sed naves sunt in mari, et quidam dicunt quod nos sumus etiam in mari. Ergo dicunt quod nos sumus in classi. Fuit quidam magnus (sed malus) vir in Russia. Nomen eius erat "avúnculus Ioséphus". Ille vir non amávit Américam. Multas habuit naves, et magnum exércitum. Américam delére voluit. Libertátem delére voluit.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il envoya des soldats pour parler (employez une forme de loqui) à Cicéron.
Après que ses soldats furent partis, Cicéron ne put parler.
Non seulement les soldats, mais même Cicéron était parti.
Cet homme-ci n’est pas semblable à cet homme-là.
L’homme à qui il donna les noms n’est pas son ami.
A cause de la haine d’Antoine, Auguste envoya des soldats pour tuer Cicéron.
Les noms furent écrits au forum, pour qu’ils (les proscrits) pussent être tués.

DEBROUILLONS-NOUS

Triúmviris inter se pugnántibus, Cícero contra Antonium, qui unus ex triúmviris erat, oratiónes multas et vehementes habuit ut pópulum Románum contra Antonium movéret. Ítaque, ne posset alias tales oratiónes habére, Antonius Octavium rogávit ut licentiam habéret interfícere Cicerónem. Quem decollári permisit Octavius, quamquam Cícero pro ipso multa bona fécerat. Milítibus veniéntibus ut Cicerónem decollárent, servi Cicerónis eum deféndere conáti sunt. Dixérunt enim eum virum non malum fuisse, bonum servis fuisse.

LECTIO QUADRAGESIMA TERTIA

De subiunctívo actívo in témpore plus-quam-perfecto
De cum causáli, concessívo, et temporáli

SOMMAIRE — Auguste, non seulement défit Sextus Pompée, mais il déposséda Lépide de son pouvoir. Ainsi, il ne restait plus que deux triumvirs. Antoine s’amouracha de Cléopâtre, reine d’Egypte. Il divorça d’avec Octavie, soeur d’Auguste. Près d’Actium, Auguste défit Antoine dans un combat naval. Il poursuivit ensuite Antoine et Cléopâtre en Egypte. C’est là qu’ils se suicidèrent, l’année suivante. Pour sa part, Auguste remit le pouvoir au sénat qui le lui rendit bientôt entièrement.

Lépidus erat unus ex triúmviris. Navigávit in Siciliam, cum Augustus pugnáret cum Sexto Pompéio ut auxilium daret Augusto. Augustus vicit Sextum Pompéium (sicut iam dictum est), sed etiam privávit Lépidum potestáte. Lépidus enim, cum Sextus fugisset, conátus est maiórem potestátem cápere. Sed mílites Lépidi deseruérunt eum. Augustus non interfécit Lépidum, misit eum Romam, ibi Lépidus remansit per réliquam vitam suam. Erat póntifex máximus. Iam erant duo soli qui habébant potestátem in mundo Románo: Augustus et Antonius.

cum - lorsque
privávit - déposséda
deseruit - abandonna
esset - subj. de esse
póntifex - prêtre
pulchra - belle
pinguis - gras
pépulit - dispersa

Antonius dúxerat Octaviam in matrimonium. Octavia erat soror Augusti (qui erat Octavius). Sed Antonius navigávit in Aegyptum. In Aegypto vidit Cleópatrem, quae erat regína Aegypti. Videns Cleópatram, Antonius putávit se amáre eam. Antonius putávit Cleópatram esse pulchram, sed re vera erat pinguis. Antonius ergo dimísit uxérem suam, Octaviam. Octavia ira affecta est contra Antonium, et locúta est cum fratre suo, Augusto. Ille motus dolóre et ira, movit bellum cum Antonio. In anno trigésimo primo (31), ad Actium, classis Augusti pépulit classem Antóni. Sed Antonius ipse (et Cleópatra cum eo) evásit ex mánibus Augusti, et iit in Aegyptum. Augustus itaque, in próximo anno (id est, in anno trigésimo), navigávit in Aegyptum. Antonius et Cleópatra, audientes Augustum veníre, interfecérunt se.

Ómnibus inimícis victis, Augustus reversus est Romam. Habuit multas potestátes extraordinarias, a senȧtu acceptas. In anno vigesimo séptimo (27), venit in senátum Romanum, et réddidit omnem potestátem senátui. Sed, non post multos annos, senátus et pópulus Románus réddidit omnem potestátem Augusto.

VOCABULARIUM

péllere, pépulit, pulsus - mettre en déroute, disperser
priváre, -ávit, -átus - priver quelqu’un de, déposséder (avec l’abl.: priváre Maríam agno)
réddere, -didit, -ditus - rendre, remettre

cum - lorsque, après que

pinguis, e, i - gras
magnus póntifex, ice - prêtre
próximus, a, um - très proche, prochain
pulcher, chra, chrum - beau

NUNC COGITEMUS

Le plus-que-parfait du subjonctif actif — Nous avons déjà appris comment former l’infinitif passé actif: on met simplement -isse à la place du -it de la troisième personne du singulier. C’est ainsi que nous avons, par exemple, paravisse. Maintenant, pour former le plus-que-parfait du subjonctif, — à la troisième personne du singulier et du pluriel — ajoutez seulement -t et -nt, et vous aurez: paravisset, paravissent.

Subordonnées introduites par cum — Nous avons déjà employé la préposition cum avec l’ablatif, et elle signifiait avec. Mais le mot cum peut servir aussi de conjonction et il signifie: lorsque (au moment où), bien que, puisque (parce que).

Une conjonction introduit une proposition complète. Exemple: Cum Augustus pugnáret, Lépidus venit - Au moment ou Auguste se battait, Lépide arriva.

Une préposition introduit seulement un mot ou une locution. Exemple: Venit cum milítibusIl vint avec des soldats.

Remarquez que cum peut avoir trois significations passablement différentes: lorsque (au moment où), bien que, puisque (parce que), par exemple:

  1. Cum Lépidus venisset, Augustus misit eum in Italiam. — Lorsque Lépide fut arrivé, Auguste l’envoya en Italie.

  2. Cum Lépidus auxilium dedisset, Augustus privávit eum potestáte. — Bien que Lépide eût aidé Auguste, celui-ci le priva du pouvoir.

  3. Cum Antonius vidisset Cleopátram, putávit se amáre eam. — Parce qu'il avait vu Cléopâtre, Antoine pensa qu’il l’aimait.

Comment rendre le sens de cum en français? Simplement en se basant sur l’idée générale du texte. Mais si vous hésitez, essayez comme ou quand en premier lieu; ce sont les deux traductions les plus vagues et il est probable qu’elles feront l’affaire. Parfois, plus d’une traduction est possible. (Essayez d’autres traductions avec les exemples donnés plus haut.)

Mode introduit par cum — Lorsque cum signifie puisque ou bien que, employez toujours le subjonctif; lorsqu’il signifie quand ou au moment où, employez tantôt l’indicatif, tantôt le subjonctif. Nous en verrons davantage sur ce point plus tard. En attendant, remarquez-en les différents emplois dans les leçons.

Temps du subjonctif — Si le verbe de la proposition principale est â un temps du passé, nous aurons toujours un imparfait ou un plus-que-parfait du subjonctif (si, évidemment, la proposition est au subjonctif). Nous verrons plus tard ce qui arriverait, si le verbe de la principale était à un autre temps que le passé. Quelle différence y a-t-il entre l’imparfait et le plus-que-parfait? Elle saute aux yeux; voici deux exemples:

  • Cum Augustus pugnáret, Lépidus venit. — Comme Auguste se battait, Lépide arriva.

  • Cum Lépidus venisset, Antonius misit eum. — Quand Lépide fut arrivé, Antoine l’envoya.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Antonius Cicerónem proscripsit, cum Cícero fuisset amícus Augusti. Cum mílites Antóni Cicerónem invenissent, decollavérunt eum. Sed Antonius ipse non est decollátus: Antonius se interfécit. Antonius enim regínam Aegypti víderat, quae Cleópatra vocabátur. Antonius putávit se amáre eam; sed verum amórem non habuit. Antonius uxórem suam Octaviam dimísit. Octavius ira motus est, et bellum movit. Eratne Cleópatra pulchra? Antonius putávit eam esse pulchram. Sed hómines in his tempóribus (id est, saéculo vigésimo), non putárent (ne croiraient pas) eam esse pulchram. Erat enim pinguis. Puellae quae nunc pulchrae putantur non debent esse pingues. Sed quid est verum? Vera pulchritúdo non est in córpore solo. Sed hómines in témpore Augusti putábant quod puellae pingues erant pulchrae. Quinque porci etiam pingues sunt. Suntne illi etiam pulchri? Quinque porci sese esse pulchros putant. Si quaestio rogátur: "Suntne hi porci pulchri?" Quid respondent porci? Respondent: Oui, oui! (Sunt enim ex Gallia.) Lépidus, cum Augustus privavisset eum omni potestáte, erat póntifex máximus. Augustus voluit esse etiam póntifex máximus; post mortem Lépidi, pontificátum accépit. Sed non decollávit Lépidum. Noluit hoc fácere, ne multi hómines odissent eum. In antíquis diébus, cum Románi reges ex urbe pepulissent, Etrusci bellum movérunt, ut reges Romae rédderent. Sed Románi accípere reges noluérunt. Propter hanc causam, fórtiter pugnavérunt. Voluérunt libertátem habére. Sed patricii soli plenam (pleine) libertátem habuérunt; plebéii pugnáre debuérunt ut iura a patriciis accíperent.

DU FRANÇAIS AU LATIN

(Employez cum partout où c’est possible.)

Bien que Cicéron eût donné de l’aide à Auguste, Auguste n’aida pas Cicéron.
Antoine haïssait Cicéron, parce que Cicéron avait prononcé des discours contre lui.
Bien que Cicéron ne fût pas un ennemi de Rome, il fut tué par l’épée.
Bien que Cicéron eût été son ami, Auguste permit qu’il fût tué.
Antoine dit (parfait) que Cicéron avait été un ennemi de Rome.
Puisqu’il voyait qu’il était défait, Antoine se tua.
César rendit à Cicéron tous ses droits.

DEBROUILLONS-NOUS

Cum Cicerónem interfecisset, Antonius ipse interfectus est. Cum quidam vir ex Gallia dixisset necesse esse cavére féminas, Antonius non audívit. Antonius enim putávit se amáre Cleópatram, regínam Aegypti. Quae fémina non re vera pulchra fuit, pinguis enim sicut quinque porci nostri (nos) fuit. Sed quidam vir dixit amórem esse caecum, et veritátem dixit. Antonius enim, classi magna facta, pugnávit cum Octavio. Classi magna victa, Antonius et Cleópatra, ne caperentur, sese interfecérunt.

LECTIO QUADRAGESIMA QUARTA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

Augusto imperatóre, Christus natus est in Béthlehem in Iudaéa. Sed nunc tempus est ut relinquátur historia Romána. Bonum erit légere historiam sacram véteris testamenti. Liber primus véteris testamenti vocátur Génesis. In hoc libro narrátur historia creatiónis mundi totíus.

relínquere - délaisser
vetus - ancien, vieux
sacer - sacré
adhuc - encore
Génesis - Genèse (gén. sg. Genéseos, mot grec)
vel - ou
potius - plutôt
requiévit - se reposa
docére - enseigner
coelum - ciel
spíritus - souffle, esprit
super - au-dessus (de)
lux - lumière
separávit - sépara
tenebras - ténèbres
nox - nuit
solúmmodo - seulement
fiat - qu’il soit fait

In principio enim, solus Deus erat, nulla creatúra adhuc facta erat. Scriptor huius libri Genéseos scripsit de septem diébus creatiónis, vel potius de sex diébus creatiónis, in séptimo enim die Deus requiévit ab opéribus suis. Sed sacer scriptor huius libri non voluit dícere quod Deus re vera fecit omnia in septem diébus, forsan illi dies erant re vera multi anni. Sed bonum erat docére hoc modo quod fecit omnia. Ítaque, in primo die Deus creávit coelum et terram. Sed adhuc nihil erat in terra, nulla alia creatúra erat facta. Sed Spíritus Dei erat super aquas. Deus iussit lucem fíeri. Et lux facta est. Et Deus vidit lucem esse bonam. Deus etiam separávit lucem a ténebris. Vocávit lucem diem. Et vocávit ténebras noctem. Haec Deus fecit in primo die creatiónis. Sed Deus non fecit haec cum magno labóre; hómines, quando faciunt opera sua, faciunt ea saepe cum magna difficultáte vel cum labóre magno. Deus lóquitur, et res fit. Si Deus solúmmodo dicit: Fiat, statim factum est. Hoc modo ergo Deus fecit mundum et omnia quae in eo sunt. Iussit: Fiant hae res, et factae sunt. Deus etiam vidit quod ea quae fecit erant bona. Hoc necesse est: Deus enim non potest fácere malum.

VOCABULARIUM

docére, docuit, doctus - enseigner
requiéscere, -quiévit, -quiétus - se reposer
relínquere, -líquit, -lictus - laisser, délaisser

adhuc - encore, jusqu’à présent
solúmmodo - seulement
super (avec l’acc.) - au-dessus de

coelum, o (mais le pluriel est masculin, coeli) - ciel
magna lux, luce - lumière
longa nox, nocte - nuit
magnum opus, ere - oeuvre
vetus, ere - vieux, ancien

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez le subjonctif imparfait, actif et passif de: docére, decolláre, nolle (actif seulement), esse, péllere.

  2. Donnez le plus-que-parfait du subjonctif de: permíttere, proscríbere, priváre, réddere, ignóscere.

  3. Donnez le datif singulier et pluriel de: hic, ille, ipse, idem, quis, qui, is.

  4. Donnez le génitif singulier et pluriel de: hic, ille, ipse, idem, quis, qui, is.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Diébus antíquis Romae, Románi multa gessérunt bella. Sed non solum antíquis diébus, sed fere omni anno Románi bellum gessérunt. Inter alia bella, bella cum Albánis habuérunt. Sed in hoc bello Albáno, duces Románi venérunt ad duces Albanórum. Románi locúti sunt: "Non est necesse ut multi viri ex exércitu Románo interficiantur, et etiam multi ex exércitu Albáno. Románi míttere volunt solúmmodo tres viros bonos et fortes in pugnam, si Albáni idem facient". Hoc consilium Albánis bonum visum est. Ítaque Románi tres viros fortes misérunt. Hi tres Románi Horatii vocabantur. Albáni etiam tres viros fortes misérunt, ut cum tribus Románis pugnárent. Hi tres Albáni Curiatii vocabantur.

In prima parte pugnae, duo ex tribus Horatiis interfecti sunt. Románi mílites qui pugnam vidébant, magno affecti sunt dolóre. Sed etiam ille unus Horatius qui remansit máximo affectus est dolóre. Dixit enim: "O! O! Necesse est timére. Sed adhuc spes (espoir) remanet…​ Quamquam diffícile est interfícere tres, unus solus intérfici potest!" Itaque celériter cúrrere (courir) coepit. Tres Curiatii venérunt ut eum cáperent. Post breve tempus, Románus vidit quod tres Curiatii adhuc sequebantur, sed sequebantur intervallis magnis (à de grands intervalles). Románus ítaque stetit. Primus ex Curiatiis venit: Románus celériter eum interfécit. Sed duo alii adhuc veniébant. Románus ítaque cúrrere celériter coepit. Post breve tempus, vidit duos Curiatios sequi intervallo magno. Stetit ergo. Unus ex réliquis Curiatiis ad eum venit. Románus celériter eum interfécit. Post breve tempus alius Curiatius solus venit ad unum Románum. Románus fortis erat, etiam tertium interfécit Curiatium. Hoc modo Románi Albános vicérunt. Románi servi non sunt facti Albánis. Románi adhuc libertátem habent.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il n’était pas nécessaire que beaucoup de Romains et d’Albains soient tués.
Le Romain s’en alla pour que les Curiaces ne le prennent ni ne le tuent.
Quoiqu’il fût seul, le Romain ne craignit pas.
L’Ancien Testament enseigne que le monde fut créé par Dieu.
Après qu’il eut fait toutes choses, Dieu se reposa le septième jour.
L’oeuvre de Dieu est dencore en train de se faire.
Lorsque le Christ fut né, une grande lumière vint dans le ciel.

DEBROUILLONS-NOUS

Horatius unus, cum alios Horatios duos interfecissent Curiatii, nihilóminus pugnáre voluit. Quamquam enim in perículo sunt magno, boni Románi fortes erunt semper. Ut Roma servarétur, multi ex his fórtibus et bonis viris sunt mortui. Hac ergo in pugna, propter uníus Románi virtútem, non sunt facti Albánis servi Románi. Libertas enim Romae adhuc rémanet.

LECTIO QUADRAGESIMA QUINTA

De subiunctívo passívo in témpore plus-quam-perfecto
De claúsulis consecutívis

In initio creatiónis Deus fecit coelum et terram. Etiam fecit lucem in die primo. Quid fecit in secundo die? Secundo die fecit firmamentum, id est, coelum. Deus fecit firmamentum ut divíderet aquas quae super firmamentum erant ab aquis quae sub firmamento erant. Deinde Deus iussit aquas, quae sub firmamento erant, cólligi in locum unum. Et factum est sicut Deus iússerat. Hoc modo terra facta est, et maria facta sunt. Deus etiam iussit terram proferre herbas. Et terra profert herbas sicut Deus iússerat. Haec facta sunt die tertio. Et Deus vidit omnia esse bona quae fécerat.

sub - sous
deinde - ensuite
proferre - produire
herba - herbe
sol - soleil
luna - lune
signum - signe
avis - oiseau
imago - image
limus - limon
piscis - poisson
inspirávit - souffla
facies - visage, face
spiráculum - souffle
lingua - langue, langage
socia - compagne
imperávit - commanda
comédere - manger
lignum - bois, arbre
scientia - science

Próximo die, id est, die quarto, Deus fecit solem et lunam, ut essent signa diérum et témporum et annórum. Sed adhuc erant nulla animalia in toto mundo. Quinto die ergo Deus fecit animalia in aquis, id est pisces, et fecit etiam aves. Hi omnes etiam boni erant, quia Deus fecit eos. Sexto die Deus fecit animalia quae vivunt in terra. Sed adhuc homo non erat factus. Deus dixit se velle fácere hóminem ad imáginem suam. Ergo fecit hóminem de limo terrae et inspirávit in faciem eius spiráculum vitae. Et Deus vocávit hunc primum hóminem Adam.

In lingua enim Hebráica, terra vocatur "adamah". Sed primus homo Adam factus est de "adamah". Ergo nomen eius erat Adam. Sed adhuc nullus alius homo erat in terra: Adam solus erat. Deus dixit: "Non est bonum quod homo solus est". Deus ergo fecit sociam pro Adam. Fecit primam féminam, cuius nomen erat Eva. Deus posuit Adam et Evam in paradíso. In paradíso habuérunt omnia bona quae voluérunt habére. Sed Deus imperávit eis ne coméderent de ligno scientiae boni et mali.

VOCABULARIUM

comédere, comédit, comésus - manger
imperáre, -ávit, -átus - commander
proferre, * -tulit, -latus - produire

deinde - ensuite
sub - sous (mêmes cas qu’après in: accusatif avec mouvement; ablatif sans mouvement)
tam - tellement

bona imágo, ine - image
lignum, o - bois, arbre
lingua, a - langue, langage
luna, a - lune
signum, o - signe, signal, drapeau
bonus sol, sole - soleil

* Présent: profert, proferunt: remarquez les irrégularités. Tous les composés du verbe ferre font de même.

Noms indéclinables — Remarquez le nom Adam dans la leçon d’aujourd’hui. On ne peut le décliner: il a la même terminaison à tous les cas. Mais le nom Eva se décline. Bientôt nous rencontrerons d’autres noms indéclinables, tels que Cain et Abel. Si nous observons comment ces noms se présentent dans les leçons, nous les retiendrons facilement: inutile de les apprendre par coeur. Certains d’entre eux, bien que déclinables, présenteront un aspect inusité; par exemple, nous constaterons qu'Abraham n’a que les formes suivantes: Abraham, Abrahae, Abrahae, Abraham, Abraham, De nouveau, il suffit de remarquer comment ces noms sont utilisés dans le texte, et vous n’aurez aucune difficulté.

NUNC COGITEMUS

Le plus-que-parfait passif du subjonctif — Il est facile à former: nous employons tout simplement esset ou essent (imparfait du subjonctif de esse) avec le participe passé. Voici par exemple: factus esset - facti essent.

Les propositions consécutives (exprimant l’effet ou la conséquence) — La forme habituelle en français est celle-ci: Il était si bon que tous l’aimaient - Tam bonus erat ut omnes amarent eum. Remarquez que le français emploie l’indicatif, et le latin le subjonctif. Remarquez aussi en français le mot si; bien que fréquent dans ces sortes de propositions, on ne le trouve pas toujours. Parfois on rencontre un autre mot, comme tellement, ou une tournure comme la suivante: Il arriva que César vint au camp - Áccidit ut Caesar veníret in castra. Dans cette phrase, nous ne trouvons pas le mot si ni aucun équivalent, comme tellement: il s’agit quand même d’un résultat. Dans le doute, insérez les mots: de telle sorte que, comme résultat que; s’ils conviennent, il s’agit d’une proposition consécutive (mais s’ils ne conviennent pas, il se peut qu’on ait encore affaire à une consécutive, du genre de accidit ut).

N. B. La forme négative en latin est ut…​ non, et non pas ne.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Cum omnia animalia facta essent, Deus hómines creávit. Deus tam bonus erat ut ad imáginem suam hóminem fáceret. Sacra Scriptúra dixit Deum fecisse hóminem ex limo terrae. Estne ergo verum quod Deus manus duas habet, et limum ex terra accépit, et imáginem ex limo fecit et spíritum in eum inspirávit? Sanctus Augustínus dixit quod Deus manus duas non habet: Deus enim spíritus est. Et spíritus manus non habet. Spíritus corpus non habet. Ergo, dicit Sanctus Augustínus, necesse est dícere Deum re vera hóminem fecisse, sed non est necesse dícere Deum physice (physiquement) fecisse imaginem ex limo et inspiravisse in imaginem ut homo fieret. Sacer enim scriptor huius libri Scripturae docére voluit homines quod Deus hominem fecit. Similiter, Deus féminam fecit, et eam ex primo homine fecit. Sed non est necesse dicere Deum phýsice, mánibus phýsicis, fecisse haec omnia: Deus enim, sicut iam dictum est, manus phýsicas non habet. Deus enim spíritus est.

Quidam hómines in his tempóribus dicunt hóminem descendisse ex simio (singe). Estne hoc verum? Adhuc non clarum est. Deus enim hoc modo hóminem fácere póterat, si voluit. Deus enim permíttere potuit ut corpus hóminis fíeret ex córpore símili. Deinde spíritum inspiráre in hoc corpus simii potuit, ut homo fíeret homo, habens corpus animále, et animam (âme) spiritálem. Quidam viri hodie putant quod iam probátum est hóminem venisse ex simio…​, sed veritátem non dicunt: possíbile est, sed nondum probátum est.

Verum est quod quidam hómines agunt sicut simii agunt: sed hoc non probat hóminem descendisse ex simio, sed fere probat quosdam nondum descendisse…​

DU FRANÇAIS AU LATIN

Catilina était si méchant que Cicéron ne l’aimait pas.
César pardonna à Cicéron, bien qu’il eut combattu contre lui.
Lorsque toutes choses furent créées, Dieu vit qu’elles étaient bonnes.
Dieu ordonna à la terre de produire de l’herbe.
Lorsque le soleil et la lune furent créés (neutre), il n’y avait encore aucun animal sur la terre.

DEBROUILLONS-NOUS

Herbis die tertio creátis, die quarto solem et lunam fecit Deus. Hos fecit ut in coelo essent, ut lucem toti darent mundo. Multis ítaque bonis creátis, nulla adhuc in mundum vénerat creatúra quae Deum bona voluntáte amáre posset. De terra ergo primum creávit Deus hóminem; et e primo hómine féminam. Quos in paradísum deinde posuit Deus.

LECTIO QUADRAGESIMA SEXTA

De subiunctívo actívo et passívo in témpore praesenti

Cum creavisset primos hómines, Adam et Evam, Deus imperávit eis ne comedérent de fructu ligni scientiae boni et mali. Hoc lignum stetit in medio paradíso. Adam et Eva oboedivérunt Deo. Sed non semper oboedivérunt. Quodam enim die, diábolus venit ad Evam. Eva non erat cum Adam illo témpore. Adam enim erat in alia parte paradísi. Eva non timuit diábolum. Diábolus enim venit ad eam in forma serpentis. Diábolus ergo, sub forma serpentis, locútus est cum Eva, et interrogávit eam num Deus imperavisset eis ne coméderent ex omni ligno quod in paradíso erat. Eva respondit quod licébat eis comédere ex omni ligno, sed non ex ligno scientiae boni et mali. Eva etiam dixit quod Deus promíserat eis mortem, si non oboedírent. Diábolus deinde respondit: "Deus non dixit veritátem: Deus enim novit quod si homo cómedit ex hoc ligno, fiet sicut Deus. Homo enim sciet bonum et malum. Homo non moriétur, si cómedit ex hoc ligno."

oboedívit - obéit
Diábolus - diable
serpens - serpent
interrogare - interroger
num - si (interrogatif)
credidit - crut
fructus - fruit
sensit - sentit
nudus - nu
vox - voix
abscondere - cacher

Eva crédidit Diábolo. Vidit enim fructum huius ligni esse pulchrum. Accépit ergo de frúctibus huius ligni…​ et comédit. Deinde Eva dedit partem huius fructus ad Adam. Adam etiam comédit. Sed Diábolus non díxerat veritátem: Adam enim et Eva non facti sunt sicut dei: re vera sensérunt se esse nudos, et timuérunt.

Audivérunt vocem Dei in paradíso. Deus enim vocábat eos. Voce Dei audíta, Adam et Eva conáti sunt abscóndere se. Sed Deus invénit eos. Nihil enim abscónditum est a Deo. Deus interrogávit eos ubi essent. Adam respondit quod timébat, cum nudus esset.

VOCABULARIUM

abscóndere, -it, -itus - cacher
crédere, -idit, -itus - croire (datif de la personne en qui l’on croit)
interrogáre, -ávit, -átus - interroger, questionner
oboedíre, -ívit, -ítus - obéir (datif)
sentíre, sensit, sensus - sentir, constater, comprendre

num - si (interrogation indirecte)

Diábolus, o - diable
magna vox, voce - voix

NUNC COGITEMUS

Le subjonctif présent actif. — Etudiez ces formes:

1

2

3

3 (-iunt)

4

paret

hábeat

ponat

cápiat

aúdiat

parent

hábeant

ponant

cápiant

aúdiant

Remarquez que les dernières lettres de chacun de ces verbes sont, comme à l’indicatif, -t et -nt. Les voyelles qui précèdent immédiatement -t et -nt diffèrent. À la première conjugaison on trouve e; aux trois autres conjugaisons on trouve a. La voyelle i, présente dans les verbes qui se terminent en -iunt, à la troisième personne du pluriel de l’indicatif présent, se retrouve au subjonctif présent pour faire -iat et -ant. Mais le e nous étonne devant le a de la deuxième conjugaison. Le plus simple est donc d’apprendre les formes données ci-dessus.

Le subjonctif présent passif — Ajoutez simplement -ur aux terminaisons précédentes. Exemple: parétur, parentur, habeátur, habeantur, ponátur, ponantur, capiátur, capiantur, etc.

L’emploi du subjonctif présent — Dans les propositions consécutives, nous l’avons vu, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif n’apparaissent que lorsque le verbe principal est à un temps passé. Le subjonctif présent s’emploie si le verbe principal est au présent ou au futur.

Il reste un autre temps du subjonctif, le parfait, que nous verrons plus tard. Nous aurons alors deux couples: le présent et le parfait, lorsque le verbe principal est au présent ou au futur; l’imparfait et le plus-que-parfait, lorsque le verbe principal est à un temps passé. Mais le subjonctif présent s’emploie aussi d’une autre façon.

Le subjonctif optatif (ou de souhait) — En voici deux exemples:

  • Veniat - Qu’il vienne ou puisse-t-il venir.

  • Audiátur - Qu’on l’entende ou qu’il soit entendu.

Remarquez que cet emploi est absolu ou indépendant: le subjonctif optatif peut être le verbe principal. Retenez les traductions qu’on vient de donner; il serait bon d’apprendre par coeur quelques exemples.

Si la phrase est négative, on emploie ne: Ne veniant - Qu’ils ne viennent pas.

L’interrogation indirecte — Remarquez cet exemple tiré du texte précédent: Interrogávit eam num Deus imperavisset…​ - Il lui demanda si Dieu avait ordonné…​ Nous appelons cela une interrogation indirecte, à cause du mot interrogatif num (si). Nous l’appelons indirecte, parce que la question n’est pas posée, mais rapportée (ou suggérée). Il ne faut pas s’en faire à son sujet; nous en parlons seulement pour faire remarquer que dans l’interrogation indirecte, le verbe est habituellement au subjonctif. Mais, parfois, un auteur latin de la Basse Epoque emploiera l’indicatif.

Trouvez un autre exemple d’interrogation indirecte dans le texte précédent.

Le subjonctif des verbes irréguliers

sit, sint

possit, possint

velit, velint

nolit, nolint

NUNC EXERCEAMUS NOS

In initio omnium rerum, Deus coelum et terram creávit. Quo modo omnes res creávit? Deus locútus est. Deus dixit: Fiat terra. Et terra facta est. Etiam iussit: Fiat lux. Et lux facta est. Secundo die ímperat ut sit firmamentum, id est, coelum. Et coelum factum est. Tertio die Deus dixit: Veniant aquae in unum locum, ne terra semper sit in aquis. Aquae ergo in unum locum venérunt, et fecérunt maria. Deus etiam dixit: Próferat terra herbas. Et terra prótulit herbas. Dixit etiam: Herbae faciant fructus suos. Et factum est. Etiam ímperat ut sol et luna sint in coelis, ut dies et nox dividantur. Deus ímperat aquis ut próferant pisces. Et pisces in aquis coepérunt esse. Ímperat ut aves fiant. Et factae sunt.

Deus etiam primum hóminem, cuius nomen erat Adam, fecit. Etiam féminam, uxórem pro Adam, creávit. Nomen huius féminae erat Eva. Deus eos in paradísum posuit. Permíttit eis ut ex omni ligno paradísi cómedant, sed non permíttit ut cómedant ex ligno scientiae boni et mali. Quodam ergo die diábolus ad Evam in paradíso venit. Intérrogat num permittátur eis ut cómedant ex omni ligno paradísi. Eva dicit quod permíttitur comédere ex omni ligno, sed non ex ligno scientiae boni et mali, ne moriantur. Deinde diábolus dicit Deum veritátem non dixisse. Sed Deus non potest non dícere veritátem. Diábolus dícere id quod non verum est, potest. Id quod non verum est, vocátur "mendacium". Et diábolus est pater mendacii. Eva non oboédit Deo: cómedit ex ligno scientiae. Adam idem facit. Sed audiunt vocem Dei interrogantis eos ubi sint. Voce Dei audíta, timent respondére.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Qu’ils obéissent à Dieu afin qu’ils ne meurent jamais.
Le diable demande s’ils connaissent le bien et le mal.
Il ne leur permit pas d’en (de le) manger.
Il demande pourquoi Adam et Eve n’obéissent pas à Dieu.
Puissent-ils ne jamais (nunquam) croire au diable (datif).
Qu’ils n’essaient pas de se cacher de Dieu.
Qu’ils ne mangent pas de l’arbre de la science du bien et du mal.

DEBROUILLONS-NOUS

Primis homínibus iam creátis, ímperat Deus ne ex frúctibus ligni scientiae boni et mali cómedant. Cum iussis Dei oboedírent Adam et Eva, in paradíso habentes bona multa remansérunt. Sed serpens, qui olim ex coelis superbia cecidisset, eos temptávit. "Hómines erunt sicut dii", dixit sub forma serpentis diábolus.

LECTIO QUADRAGESIMA SEPTIMA

De prima et secunda persóna in subiunctívo actívo

Adam et Eva non oboedíverant Deo. Propter hanc causam timuérunt, et conáti sunt abscóndere se a Deo. Sed Deus omnípotens est: tanta est potestas eius, ut nulla creatúra possit abscóndere se a scientia Dei. Deus ergo interrogávit Adam cur non oboedivisset. Adam dixit quod fémina déderat ei malum, id est, fructum ligni scientiae boni et mali. Deus ergo interrogávit féminam, id est, Evam, cur comedisset malum. Eva respondit se comedisse propter serpentem. Dixit enim serpentem fefellisse eam. Serpens enim díxerat: "Homo fiet sicut Deus, si cómedit de fructu huius ligni scientiae boni et mali".

omnipotens - tout-puissant
tantus - si grand
cur - pourquoi
malum - pomme
fefellit - tromper
contérere - écraser
virgo - vierge
mater - mère
spes (5e) - espérance
agrícola - cultivateur
offerre - offrir
pastor - pasteur
secum - cum se
nescíre - ignorer

Deus ergo éxpulit Adam et Evam ex paradíso. Sed prómisit Redemptórem, id est, Christum. "Ille enim Redemptor cónteret caput serpentis." Et etiam quaedam fémina promíttitur a Deo, quae semper inimíca erit serpenti. Haec fémina est Virgo María, quae est mater Christi. Ergo Deus, propter suam magnam misericordiam, dedit spem primis homínibus etiam post peccátum originále.

Adam et Eva habuérunt multos filios et filias. Inter hos erant Cain et Abel. Cain erat agrícola, et labor eius erat in agris. Accépit multos fructus terrae. Ex his frúctibus, Cain offerébat sacrificia Deo. Abel autem erat pastor. Abel ergo offerébat animalia Deo in sacrificiis. Probabíliter Abel offerébat agnos. Sacrificia Abel placuérunt Deo. Sed sacrificia Cain non placuérunt Deo. Cain ergo motus est ira.

Quodam die Cain rogávit Abel ut iret in agros secum. Abel ergo in agros iit cum Cain. Sed, cum essent soli in agris, Cain interfécit Abel. Deus ergo vocávit Cain, et rogávit ubi Abel esset. Cain dixit se nescíre. Sed Cain non póterat fállere Deum. Cain ergo iit in exsilium.

VOCABULARIUM

fállere, fefellit, falsus - tromper
offerre, óbtulit, oblátus - offrir (comparer proferre de la leçon 45)

bonus agrícola, a - cultivateur
malum, o - pomme
bona mater, matre - mère
bonus pastor, óre - pasteur
tantus, a, um - si grand
bona virgo, ine - vierge, jeune fille

NUNC COGITEMUS

Aperçu de toutes les formes actives des première et deuxième personnes — Nous apprendrons sans difficulté à reconnaître les formes actives de la première et de la seconde personne à tous les temps de l’indicatif et du subjonctif, à l’exception du parfait de l’indicatif. Voici un échantillon des désinences personnelles. Apprenez ces formes dès maintenant, elles sont sans cesse en usage. Apprenez d’abord à reconnaître une forme, lorsque vous la rencontrez dans le texte: peu à peu vous apprendrez à l’employer vous-mêmes. Voici les terminaisons:

Singulier

Pluriel

1.

m ou o

- je

mus

- nous

2.

s

- tu

tis

- vous

3.

t

- il

nt

- ils

La plupart de ces terminaisons ne font que remplacer le t de la troisième personne du singulier. Nous apprendrons par l’usage, petit à petit, à utiliser ces formes et même à distinguer le o et le m de la première personne (on trouve m partout, sauf à l’indicatif présent de toutes les conjugaisons et à l’indicatif futur de la première et de la deuxième conjugaison). Maintenant, ajoutons ces terminaisons nouvelles à tous les subjonctifs actifs. A la troisième personne, que nous connaissons déjà, nous appliquons la baguette magique, que voici:

Présent

Imparfait

Plus-que-parfait

pare

m
s
t
mus
tis
nt

habea

m
s
t
mus
tis
nt

parare

m
s
t
mus
tis
nt

paravisse

m
s
t
mus
tis
nt

Et ainsi de suite pour tous les subjonctifs actifs, à tous les temps. Passablement simple!

Le subjonctif des verbes irréguliers — En réalité, ils sont parfaitement réguliers; prenez la troisième personne du singulier: sit, possit, velit, nolit, et appliquez votre baguette magique.

Le pluriel des pronoms de la deuxième personneVos, vestrum, vobis, vos, vobis (vous, de vous, par vous, vous, à vous). (L’adjectif est: vester, tra, trum, votre, lorsqu’il s’agit de plusieurs.)

NUNC EXERCEAMUS NOS

Deus díxerat ad Adam et Evam: Ne comedátis ex fructu ligni scientiae boni et mali. Sed Adam et Eva Deo non oboedivérunt. Serpens Evam fefellit dicens: "Si ex hoc ligno cómedis, eris sicut Deus." Et Eva fefellit Adam. Deus ergo vocávit Adam et Evam, et dixit: "Necesse est ut puniam vos". Malum enim fecérunt non oboedientes Deo. Malum enim erat cómedere malum ex ligno scientiae boni et mali. Comédere malum non erat malum in se, sed malum erat non oboedíre. Deus ergo interrogávit: "Cur non oboediebátis?" Adam dixit: "Diábolus locútus est tam bene (bien) ut crederémus". Etiam Eva conáta est excusáre se. Sed excusatiónes non erant bonae: peccátum commíttere non debuérunt. Peccátum originále commisérunt. "Ante hoc peccátum", dixit Deus, "non erat necesse ut vos discederétis ex hac vita per portas mortis, sed nunc mortem habébitis". Adam ergo interrogávit Deum: "Vidébimus mortem, quia peccávimus, sed videbuntne etiam filii nostri (nos) mortem?" Deus dixit: "Útique, et vos et filii vestri debétis mori. Et nunc, discedátis ex paradíso". Deus etiam ángelo magno imperávit ut staret ad portam, ne Adam et Eva possent rursus veníre in paradísum. Deus dixit ángelo: "Stes in hoc loco, ne hómines possint veníre in paradísum".

Cain et Abel fuérunt filii Adam et Evae. Nati sunt in primis diébus mundi. Sed etiam erant multi alii filii Adam et Evae; Scriptúra enim Sacra non dat nómina omnium hóminum qui in illis tempóribus nati sunt. Non enim necesse est ut omnia illa nómina sciámus. Et Scriptúra id quod non necesse est, non dicit. Sanctus Augustínus dicit quod Sacra Scriptúra vult osténdere quod erant duae urbes: una est urbs Dei, id est, urbs hóminum qui Deum amant. Sed altera urbs est urbs huius mundi. In hac urbe sunt hómines mali, qui se ipsos plus quam (plus que) Deum amant. Sanctus Augustínus etiam multa alia de his duábus úrbibus dixit. Sed non necesse est ut omnia scribȧmus in hac lectióne.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il vous (pluriel) envoie pour que vous preniez Catilina.
Puisque (cum) vous avez commis un péché, Dieu vous a chassés du paradis.
Le diable parle si bien que nous le croyons.
Puissiez-vous ne pas croire le diable!
La puissance de Dieu est si grande que vous ne pouvez vous cacher de Lui.
Caïn crie d’une si forte (grande) voix que nous l’entendons.
Comme Abel était pasteur, il offrait des agneaux.

DEBROUILLONS-NOUS

Ómnium qui nunc in terra vivunt hóminum mater Eva est, et pater Adam. Ut fíerent sicut dii, Deo non oboedivérunt. Sed fefellit eos diábolus. Oblátum ab uxóre malum Adam comédit: quam propter causam a paradíso missi sunt. His factis, Deus adhuc eis misericordiam dare volébat. Redemptor ítaque promíttitur a Deo.

LECTIO QUADRAGESIMA OCTAVA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

Adam et Eva habuérunt multos filios et filias. Et filii eórum habuérunt etiam multos filios et filias. Multi ex his vixérunt per annos plúrimos. Sed non omnes hómines boni erant: plúrimi erant mali, et peccáta multa commisérunt contra Deum. Illi hómines erant magni córpore, sed parvi virtúte. Deus ergo irátus est illis et voluit delére genus humánum de terra.

plúrimus - très nombreux
commísit - commit
corpus - corps
irátus est - se mit en colère
genus - race, genre
caro - chair
mens - esprit
péssimus - très méchant
diluvium - déluge
spíritus - souffle
fac - fais! (un ordre)
arca - arche
tibi - pour toi
tuus - tes
duc - conduis! (un ordre)
imber - pluie

Sed nihilóminus unus homo erat qui placuit Deo. Ille homo vocabátur Noe. Noe erat vir iustus in ómnibus opéribus suis. Noe erat pater trium filiorum. Nómina horum filiórum sunt: Sem, Cham, et Japheth. Sed quia Noe erat iustus, et placuit Deo, Deus non irátus est ei, nec irátus est filiis Noe propter Noe. Ítaque Deus dixit Noe: "Finis universae carnis est in mente mea. Omnes enim hómines facti sunt péssimi. Necesse est ergo ut deleam eos. Ítaque magnum diluvium veniet super omnem terram. Omnes hómines delebuntur. Sed etiam omnia animalia in quibus est spíritus vitae non iam vivent: omnia delebuntur diluvio."

"Sed fac arcam tibi et filiis tuis et uxóribus filiórum. Et duc in arcam animalia ex ómnibus genéribus animalium, ut servári possint in arca." Noe ergo fecit omnia quae Deus imperáverat ei. Deinde Deus dixit ei: "Venias in arcam cum filiis tuis et cum ómnibus animalibus, sicut imperátum est tibi. Post septem dies enim imber máximus veniet super omnem terram. Et omnia animalia quae sunt super terram, ínsuper et omnes hómines, delebuntur de terra."

Noe ergo venit in arcam, et cum eo venérunt tres filii eius, id est Sem, Cham, et Japheth, et cum eis venérunt uxóres eorum. Ínsuper venérunt in arcam animalia omnis géneris, sicut Deus imperáverat Noe.

(continuábitur)

VOCABULARIUM

commíttere, -mísit, -míssus - commettre, confier
fac: singulier de l’impératif (forme du commandement) de fácere (le pluriel est régulier, comme nous le verrons). Il existe quatre formes irrégulières d’impératif singulier: dic, duc, fac, fer (ce dernier vient de ferre, porter, verbe simple d’où proviennent offerre et proferre).
irasci, irátus est - se mettre en colère contre (avec le datif), s’emporter

bona caro, carne - chair
magnum corpus, ore - corps
diluvium, o - déluge
bonum genus, ere - genre, race
bonus imber, imbre - pluie
mea mens, mente (gén. plur.: mentium) - esprit
péssimus, a, um - très méchant, le pire
plúrimus, a, um - très nombreux, le plus grand nombre

VIDEAMUS FORMAS VETERAS

  1. Comment dites-vous: "Mangeons, produisons, croyons, obéissons, trompons"? (Employez le subjonctif) — Comment dites-vous: "Que je mange, que je produise, que j’obéisse, que je trompe"?

  2. Comment dites-vous au subjonctif: il est commandé, caché, demandé (interrogáre), senti, ignoré? — Puis, la même chose au pluriel.

  3. Comment dites-vous au subjonctif: Vous (singulier et pluriel) mangez, commandez, croyez, demandez, sentez, trompez, dites, faites?

NUNC EXERCEAMUS NOS

Adam et Eva, vos tam mali erátis ut peccátum primum committerétis. Vocámus hoc peccátum peccátum originále. Sed non debétis desperáre. Deus enim tantam habet misericordiam ut vobis Redemptórem promittat. Multi ex filiis vestris mali erunt, non omnes sed plúrimi. Inter eos, Cain interfécit Abel, et alii alios interfecérunt. Ítaque témpore Noe, fere omnes hómines mali erant. Noe et filii eius dixérunt: "Ne committámus peccátum. Deus enim bonus est. Ne faciámus ea quae ille non amat." "Noe, Sacra Scriptúra dicit vos esse iustos. Ergo habétis omnes virtútes. Quando enim Sacra Scriptúra dicit hóminem esse iustum, signíficat eum omnes habére virtútes. Ítaque in Scriptúra "homo iustus" hóminem bonum signíficat. Semper faciámus omnia quae Deus vult." Scriptúra lóquitur eodem modo de Sancto Ioseph, qui erat pater putatívus (nourricier) Christi. Scriptúra dicit simplíciter (simplement) quod Ioseph iustus erat, et non necesse est ut aliud dicámus de eo. Noe erat tam iustus ut in arca servarétur. Deus enim dixit ei: "Peccáta hóminum tanta sunt ut necesse sit delére eos." Quo modo faciet Deus diluvium? Magnos mittet imbres super omnem terram. Sed etiam faciet ut mare super terram veniat. Hoc modo factum est diluvium magnum. Omnia animalia deléta sunt hoc diluvio. Suntne pisces deléti? Non. Deus enim dixit necesse esse delére omnia animalia in quibus est spíritus vitae. Sed in píscibus non est spíritus vitae. Pisces enim sunt semper sub aquis. Aqua pisces non delébit. Pisces enim aquam amant.

AUDIAMUS DE AMICIS VETERIBUS

Sed non omnia animalia amant aquam. Quinque enim porci dicunt: "Nullo modo amámus aquam: lutum (boue) amámus." "Sed amíci! Nonne etiam aquam amátis? Quia sine aqua non potestis habére lutum." Unus ex porcis dixit: "Non dicimus quod amámus aquam simplíciter: amámus enim aquam solúmmodo quando in terra est, ut lutum possímus fácere ex terra et aqua." Sed amíci quinque non erant in diluvio, nondum in hac vita erant in illo témpore: alii porci erant in hac vita in témpore diluvii. Hi erant avúnculi porcórum quinque. Multi ex antíquis porcis deléti sunt in diluvio, et mors terríbilis est porco deléri in aquis! Sed duo porci erant in arca, et non interfecti sunt.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Venons dans l’arche.
Dieu est si bon qu’il aime tous les hommes.
Le Christ est le Bon Pasteur, et il mourra pour ses brebis.
Le genre humain était si mauvais que Dieu s’emporta contre lui.
Il envoya de grandes pluies pour les détruire.
Faisons un navire pour Noé et ses fils.
Il arriva que les hommes étaient très mauvais au temps de (in diébus) Noé.

DEBROUILLONS-NOUS

Vobis et filiis navem magnam, quae arca erit, fac: haec dixit Deus Noe. Cum enim péssima peccáta peccavissent hómines fere omnes, ut eos deléret, diluvium misit Deus. E coelis magni venérunt imbres et ex mari aquae multae. Irascebátur enim Deus ira nimia propter pessimórum hóminum peccáta. Noe autem et filiis eius, Deus, cum boni essent, misericordiam dedit.

LECTIO QUADRAGESIMA NONA

De prima et secunda persóna in indicatívo imperfecto et plus-quam-perfecto

Cum Noe et filii eius et uxóres filiórum eius et animalia venissent in arcam, Deus clausit portam arcae. Deinde Deus aperuit coelos, et misit imbres magnos in terram. Etiam fontes maris rupti sunt et aquae maris venérunt super terram. Diluvium máximum factum est. Hómines térriti sunt, et loca alta inveníre conáti sunt ut ab aquis servarentur. Sed aquae magnae semper invenérunt hómines. Et non potuérunt evádere. Noe autem et qui cum eo erant, serváti sunt in arca. Aqua venit etiam super montes altos. Nemo hóminum servátus est nisi ei qui in arca erant cum Noe. Etiam omnia animalia in quibus erat spíritus vitae interfecti sunt in aquis. Sed animalia quae in arca erant serváta sunt. Imbres et diluvium venérunt super terram per quadraginta dies. Et aquae ascendérunt super terram centum et quinquaginta dies (150).

clausit - ferma
aperuit - ouvrit
fons - source
ruptus - rompu, ouvert
térritus - effrayé
altus - haut
nisi - sauf
ascendit - monta
recordátus - se souvint
ventus - vent
minúere - diminuer
euntes - s’en allant
fenestra - fenêtre
corvus - corbeau
columba - colombe
ferre - porter, apporter
ramus - branche, rameau
olíva - olive, olivier
intellégere - comprendre

Deinde Deus recordátus est Noe et omnium qui cum eo erant in arca. Et Deus misit ventum super aquas. Et post dies centum quinquaginta, aquae coepérunt minui super terram. Deus etiam clausit fontes maris, et non iam misit imbres de coelis. Et aquae reversae sunt de terra, euntes et redeuntes. In mense séptimo, in die vicésimo séptimo mensis, arca requiévit super montes Armeniae. In décimo mense, montes coepérunt vidéri. Et post quadraginta dies, Noe aperuit fenestram in arca, et misit corvum ex arca. Etiam dimísit columbam ex arca. Sed columba non invénit locum ubi requiésceret pes eius: columba ergo reversa est ad Noe in arcam. Sed post septem dies, Noe rursus dimísit columbam. Columba reversa est ferens ramum olívae. Noe ergo intelléxit quod póterat stare in terra, ítaque venit ex arca.

VOCABULARIUM

claúdere, clausit, clausus - fermer
ferre, tulit, latus - porter, apporter (mêmes formes que proferre)
recordári, -átus est - se rappeler (avec le génitif)
rúmpere, rupit, ruptus - briser, rompre
terrére, -uit, -itus - effrayer

cur - pourquoi
nisi - à moins que, sauf, si ne …​ pas

altus, a, um - profond
magnus fons, fonte (gén. plur.: ium) - source, fontaine
ventus, o - vent

NUNC COGITEMUS

Première et seconde personnes de l’imparfait et du plus-que-parfait de l’indicatif — Pour obtenir ces formes au subjonctif actif, nous avons employé la baguette magique. Maintenant, pour l’imparfait et et le plus-que-parfait de l’indicatif, utilisons toujours la même baguette: c’est simple comme tout! Et il en est ainsi pour absolument tout imparfait ou plus-que-parfait actif de l’indicatif.

Imparfait

Plus-que-parfait

paraba

m
s
t
mus
tis
nt

habeba

m
s
t
mus
tis
nt

paravera

m
s
t
mus
tis
nt

habuera

m
s
t
mus
tis
nt

Pronom de la deuxième personne du singulier: tu, tui, tibi, te, te (tu, de toi, à toi, par toi, te).

Adjectif singulier de la deuxième personne (lorsqu’il n’y a qu’un seul possesseur): tuus, tua, tuum (ton, ta).

Première et deuxième personnes des verbes irréguliers — Ils sont absolument réguliers à l’imparfait et au plus-que-parfait: prenez simplement les formes de la troisième personne du singulier — erat, fúerat, póterat, potúerat, volébat, volúerat, nolébat, nolúerat — et recourez à la baguette magique comme pour tout autre verbe.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Deus interrogávit Adam: "Cur abscondébas te?" - Et Adam respondit: "Hoc faciébam quia timébam." Sed Adam etiam dícere coactus est quod malum coméderat. Dixit enim Evae: "Tu dabas mihi (à moi) malum." Et Eva serpentem accusávit. Serpens autem alium accusáre non póterat: serpens diábolus erat ipse. "O Eva, quare credébas diábolo?" - "Quia diábolus dixit quod homo fiet sicut Deus, si ex hoc ligno cómedit." - "Sed Eva, nonne scire póteras quod diábolus id quod non verum est dícere amat? Deus díxerat tibi: "Ne comedas ex hoc ligno". Semper fácere debes id quod Deus tibi ímperat. Deus enim bonus est. Sed Deus Redemptórem tibi promittet. Nunc, si facies id quod Deus imperábit, Deus tibi peccátum tuum ignoscet. Ne alia peccáta committas!"

Sed hómines boni esse non amant. Ítaque alter álterum interfécit, id est, Cain Abel interfécit. Cain enim et Abel sacrificia Deo offerébant. Sed sacrificia Cain Deo non placuérunt, sicut sacrificia Abel placuérunt. Cain ítaque dixit Deo: "Cur non amábas sacrificium quod offerébam?" Et Deus dixit: "Quia tu non habébas cor (coeur) bonum." His audítis, Cain rogávit Abel veníre in agros secum. Dixit enim: "Venias in agros mecum (avec moi)." Et cum in agros venissent, et soli essent, Cain interfécit Abel. Sed Cain sese abscóndere non póterat. Deus enim omnia videt. Deus ergo eum interrogávit: "Ubi est Abel?" Et Cain respondit: "Estne necesse ut defendam Abel?" Et Deus dixit: "Putábas quod nemo te vidébat cum Abel interfíceres, sed vidébam te. Deus enim semper omnia videt. Non licébat tibi interfícere Abel. Ergo, discédas ex hac terra! Sed ne timeas. Nemo enim te interficiet. Accipies signum, ne homo te interficiat."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Pourquoi es-tu venu aux champs avec lui?
Il t’envoie pour que tu apportes de l’eau.
Noé, Dieu t’ordonne de faire une arche.
Venons dans l’arche avec Noé.
Les hommes étaient si mauvais qu’ils ne pouvaient entendre ces paroles (haec verba).
Noé, tu faisais un navire pour (de telle sorte) que tu pusses y (in ea) naviguer pendant (per) le déluge.
Puisses-tu avoir beaucoup de bonnes choses avec toi!

DEBROUILLONS-NOUS

Aquis magnis e coelo et mari veniéntibus super terram omnem, multi hómines locum in quo servári possent inveníre conáti sunt, nec póterant. Super omnes enim montes venérunt magni aquae diluvii. Qui in arca erant serváti sunt, ex aliis nemo. Post dies multos, Deus imbres non iam misit, et eórum qui cum Noe in arca erant recordátus est ut ex arca eos dúceret.

LECTIO QUINQUAGESIMA

De prima et secunda persóna in indicatívo perfecto

Cum aquae discessissent de terra, Noe et filii eius, et uxóres filiórum eius egressi sunt ex arca. Sed etiam animalia egressa sunt. Et Noe fecit altáre Dómino. Deinde accépit multa animalia ex eis quae fúerant in arca secum (omnia enim alia animalia in quibus erat spíritus vitae interfecta erant diluvio), et óbtulit sacrificia Deo. Et sacrificia Noe placuérunt Deo. Dóminus ergo promísit Noe quod numquam post illud tempus diluvium delébit omnem terram et omnia viventia quae in ea sunt. Deus etiam dedit signum promissiónis suae: "Verum est quod imbres venient de coelis. Sed ut sciátis quod numquam diluvium delébit omnem terram, arcus meus erit in coelis post imbres. Hoc modo scies Deum semper recordári promissiónis suae."

egressus - sortit
altáre - autel
Dóminus - le Seigneur
numquam - jamais
arcus - arc-(en-ciel)
recordári - se rappeler
turris - tour
cívitas - ville
confídere - se fier
effícere - faire en sorte que
mutávit - changea

Post diluvium, omnis terra habébat solúmmodo linguam unam. Sed cum hómines iter fácerent ad orientáles partes mundi, venérunt in terram Senaar, et voluérunt remanére ibi. Coepérunt ítaque aedificáre turrim máximam. Hi enim hómines superbi erant. Et Dóminus descendit ut vidéret turrim et civitátem quam aedificábant. Sed ópera horum hóminum non placuérunt Deo: confidébant enim in se, et in potestȧte sua. Sed non debuérunt confídere in se. Homo enim non est tam fortis ut possit vívere et ágere sine Dómino. Propter hanc causam, ópera horum non placuérunt Deo. Ítaque Deus punívit eos. Effécit enim ut unus homo non posset intellígere alios hómines. Mutávit linguas eórum. Linguis mutátis, magna confusio erat in illo loco. Multae enim linguae audiebantur, sed nemo póterat alios intellígere. Ítaque hómines discessérunt ex illo loco, et non iam voluérunt aedificáre turrim.

VOCABULARIUM

confídere, -fisus est - se fier à (confidere est un semi-déponent; les formes provenant du présent sont normales, les autres déponentes)
egrediuntur, -gredi, -gressus est - sortir
mutáre, -ávit, -átus - changer

numquam - jamais

magnum altáre, i - autel
arcus, u - arc
magna cívitas, áte - ville, citoyenneté
dóminus, o - maître, seigneur
magna turris, i - tour

NUNC COGITEMUS

La première et la deuxième personne de l’indicatif parfait actif — Nous ne devons apprendre que quatre nouvelles terminaisons (dont l’une est ancienne, en réalité):

i
isti

imus
istis

Maintenant essayons avec n’importe quel verbe:

parav

i
isti
it
imus
istis
érunt

Les verbes irréguliers — Employez les mêmes terminaisons avec: fuit, potuit, voluit, noluit. (Tous les verbes irréguliers ont des terminaisons normales, au parfait.)

Le pluriel des pronoms de la première personnenos, nostrum, nobis, nos, nobis (Pourquoi demander la permission des cinq porcs pour celui-ci?)

Le pluriel des adjectifs de la première personnenoster, -tra, -trum (nos, notre)

NUNC EXERCEAMUS NOS

Quodam die magister in schola nos interrogávit: "Ubi est terra Senaar?" Díximus quod Senaar est in parte orientáli mundi. Noverámus enim quod non in Palestína est, Hebraéi in illa terra (id est, in Palestína) erant. Sed Senaar est ad orientem a Palestína: in Mesopotamia est. "Sed dicas nobis quae sit significatio huius nóminis Mesopotamia. Mesopotamia est nomen Graecum. In lingua Latina dicitur: In medio inter flumina. Haec est significatio nóminis Mesopotamia. In Graeca enim lingua, potamos est flumen, et mesos est medius. Sed, ut dicátur simplíciter, Senaar idem est ac (que) Bábylon. "Nonne tu dixisti nobis, magister, quod Bábylon in lingua Hebraica signíficat confusio?" Útique, hoc dixi: in Babylónia enim áccidit confusio linguárum. Sed in lingua hóminum qui in Babylónia erant, nomen Bábylon signíficat porta Dei. Ítaque, quamquam Babylónii (les Babyloniens) urbem suam vocavérunt porta dei, Scriptúra dicit quod melius est vocáre eam confusio, propter confusiónem linguárum. Re vera, scriptor Sacrae Scriptúrae fecit lusum verbórum (un jeu de mots). "Estne necesse crédere quod diluvium super totum mundum venit, id est, etiam super Américam Septentrionálem et Meridionálem, et super Áfricam, et super omnes alias terras?" Homo potest crédere quod hoc re vera accidit, si vult. Sed Sacra Scriptúra hoc non dicit: Scriptúra enim dicit quod diluvium super totam terram venit: et quaestio est: quid signíficat tota terra? Forsan tota terra signíficat solúmmodo totam terram Mesopotamiae. Hoc non certum est.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Qu’avez-vous fait lorsque vint le déluge?
Nous sommes venus dans l’arche.
Pourquoi vouliez-vous bâtir cette tour-là?
Dieu est si bon que vous devez vous fier à Lui.
Nous avons bâti un autel.
Nous sommes venus pour bâtir la tour.
Nous avons demandé pourquoi vous aviez changé vos plans.

DEBROUILLONS-NOUS

Noe, tu et filii tui Deo sacrificium offerátis. Qui enim omnes alios in aquis delévit, te et tuos servávit. Ut servári possétis, tibi ut arcam fáceres imperávit. In quam cum venissétis, vos ab omni perículo liberávit Deus. In Eo confidátis in Quo misericordia magna est. Et cum vidébitur in coelis arcus, in mentem veniat vestram promissio quam Deus vobis dedit.

LECTIO QUINQUAGESIMA PRIMA

De prima et secunda persóna in indicatívo praesenti

Diluvio finíto, et turri Babylónica relicta, hómines discessérunt in multas terras. Sed memoria diluvii non ita terruit eos ut non commítterent multa peccáta. Ínsuper, facti sunt peióres quam fúerant ante diluvium. Sed Deus promíserat quod numquam diluvium deléret omne genus humánum. Et Deus semper veritátem dicit; hómines saepe dicunt hoc et faciunt illud. Sed Deus verus est.

finítus - fini
ita - tellement
peior - pire
quam - que
vel - ou
millenarium - millénaire
útilis - utile
habitávit - habita
maióres - ancêtres
cólere - adorer
polytheista - polythéiste, adorateur de plusieurs dieux
luna - lune

Sed non omnes hómines péssimi facti sunt: quidam viri adhuc servi Dei erant, inter hos bonos viros erat Abram. Non clarum est in quo anno, vel etiam in quo saéculo, diluvium áccidit. Quidam putant diluvium accidisse in millenario sexto vel quinto ante Christum. Alii putant id accidisse in millenario tertio, sed non útile est putáre de hac re: homo non potest scire. Probábile autem est quod Abram natus est in prima parte saéculi vigésimi ante Christum. Abram habitávit in terra quae vocátur Chaldaéa. Abram natus erat in civitáte cuius nomen erat Ur; Ur erat in parte meridionáli Babyloniae. Maióres Abram colébant multos deos: erant ergo polytheistae. Sed Abram ipse coluit solúmmodo unum Deum. Abram habuit fratrem, cuius nomen erat Aran. Post mortem autem Aran, Abram discessit ex Ur, et venit in Haran. Pater enim Abram (cuius nomen erat Thare) discessit ex Ur, et cum eo venérunt Abram ipse, et uxor Abram (quae erat Sara) et Lot, qui erat filius Aran.

In Haran etiam erant multi polytheistae. Ibi multi hómines coluérunt lunam. Putavérunt enim lunam esse deum, et vocavérunt lunam, in lingua Babylonica, Sin. Erat magnum templum huius falsi dei Sin in Haran. Sed Abram non coluit Sin.

(continuábitur)

VOCABULARIUM

finíre, -ívit, -ítus - finir, achever
habitáre, -ávit, -átus - habiter, demeurer

quam - que
vel - ou, même

maióres - ancêtres (pluriel de maior avec un sens particulier)
peior, peius, peióre - pire

NUNC COGITEMUS

La première et la deuxième personne de l’indicatif présent — A la leçon 22, nous avons appris à former la troisième personne du singulier, à partir de l’infinitif présent, amputé de -áre, -ére, etc. Maintenant, à partir du même infinitif présent, nous apprendrons à former la première et la deuxième personne. Remarquez que nous utilisons ici les mêmes terminaisons personnelles qu’aux autres temps et modes, sauf à la première personne du singulier, alors qu’on emploie la terminaison o. Il faut faire attention à la façon dont se forme la première personne du singulier; le mieux est encore d’apprendre par coeur un modèle pour chaque conjugaison.

par

o
as
at
ámus
átis
ant

hab

eo
es
et
émus
étis
ent

pon

o
is
it
imus
itis
unt

cap

io
is
it
imus
itis
iunt

aud

io
is
it
ímus
ítis
iunt

Remarquez que les verbes de la deuxième conjugaison ont une terminaison en -eo, à la première personne du singulier; ceux qui ont la forme -iunt à la troisième personne du pluriel, sont en -io. On peut deviner les autres formes si l’on connaît la liste des terminaisons: o, s, t, mus, tis, nt. Il n’y a pas beaucoup de travail à faire, ici; il suffit d’apprendre quelques exemples par coeur.

Les pronoms de la première personne du singulierego, mei, mihi, me, me (je, de moi, à moi, par moi, etc.)

Les adjectifs de la première personne du singuliermeus, -a,-um (mon, ma, mes)

Le présent des verbes irréguliers — Nous le verrons plus loin, dans une autre leçon, puisque nous avons déjà à apprendre les formes données plus haut. Mais, si la curiosité vous pousse, en voici quelques-unes:

sum

es

est

sumus

estis

sunt

possum

potes

potest

póssumus

potestis

possunt

volo

vis

vult

vólumus

vultis

volunt

nolo

non vis

non vult

nólumus

non vultis

nolunt

NUNC EXERCEAMUS NOS

Deus vocávit Cain: "Quid facis, Cain?" Cain dixit: "Nihil facio. Quid mihi ímperas ut faciam?" Deus dixit: "Tu fratrem tuum Abel interfecisti. Cur fecisti hoc? Ego interfícere te non volo, sed necesse est ut te puniam. Mitto ergo te in exsilium."

Sed, postquam omnes hómines péssimi facti sunt, Deus etiam Noe vocávit. Noe enim vir iustus erat, quamquam fere omnes alii péssimi facti sunt. Noe Deo dixit: "Faciam (je ferai) omnia quae iubes. Quid ergo fácere debeo?" Et Deus dixit: "Debes arcam fácere. Duc (conduis) in hanc arcam animalia ex ómnibus genéribus animalium quae in terra sunt et in se spíritum vitae habent." (Deus hoc dixit, de spíritu vitae, quia animalia quae sub aquis hábitant non habent in se spíritum vitae.) Noe ergo narrávit haec omnia filiis suis. Dixit enim: "Deus mihi imperávit ut arcam fácerem. Vos etiam mihi auxilium dare debétis, ut in arca servári possítis. Veniátis mecum, ut materiam colligámus." Noe ergo fecit arcam, et in arcam ingressus est. Et imber máximus super omnem terram venit per dies quadraginta et noctes quadraginta. Et Noe dixit: "Magnos vidémus imbres, et diluvium! Deus meus, bonus es (tu es). Me et meos in arca hac servavisti." Et post diluvium Deus dixit: "Pono arcum meum in coelis, ut scire possítis quod semper in memoria habeo promissiónem meam. Numquam delébo omnes hómines aquis diluvii. Verum est quod hómines mali fient, sed alio modo punientur, et non per aliud diluvium."

DU FRANÇAIS AU LATIN

J’envoie un messager pour que vous connaissiez la vérité.
Viens-tu avec moi?
J’ai maintenant le nom d’Abram mais Dieu changera mon nom. Il m’appellera Abraham.
J’habite en Egypte, mais je ne connais pas les dieux de l’Egypte.
Cette terre est tellement bonne que nous ne partirons pas.
Nos ancêtres eurent beaucoup de dieux mais nous avons le seul vrai Dieu.
Nous n’avons pas achevé la tour.

DEBROUILLONS-NOUS

Deus dixit: "Ego omnia quae in hoc mundo sunt feci. Volébam ómnibus homínibus per Adam et Evam, qui hómines primi erant, dare multa bona. Vos autem non permisistis mihi ut ea quae volúeram fácerem. Peccátis vestris péssimis necesse est ut, cum amem vos, vos puniam. Nihilóminus autem, misericordia mea magna vobis Redemptor dábitur."

LECTIO QUINQUAGESIMA SECUNDA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studéámus

Diffícile est bonus esse inter malos. Sed Abram, cum esset in medio tam multórum polytheistárum, adhuc colébat Deum verum. Et Deus locútus est ei, et dixit: "Abram, volo ut discédas ex hac terra tua, et de domo patris tui, et venias in aliam terram, quae ostendétur tibi. Volo enim fácere te in gentem magnam, et benedícere tibi, et fácere nomen tuum magnum." Abram ítaque egressus est ex terra Haran, sicut Dóminus imperáverat ei. Lot venit cum eo. Abram erat vir septuaginta quinque annórum cum egrederétur de Haran. Etiam Sara, uxor Abram, venit cum eis. Venérunt in terram Chanaan. Sed Deus íterum apparuit Abram et dixit ei: "Omnis terra haec erit tua." Et Abram aedificávit ibi altáre Dómino qui apparúerat ei. Sed Abram non remansit in terra illa. Fames enim erat ibi. Descendit ítaque in Aegyptum.

polytheista - polythéiste
cólere - adorer
volo - je veux
gens - nation
benedícere - bénir
íterum - de nouveau
apparuit - apparut
fames - famine
valde - très
dives - riche
ecce - voici
elígere - choisir
circa - autour
stella - étoile
número - en nombre

Sed Abram non semper remansit in Aegypto. Reversus est in terram Chanaan. Lot etiam venit cum Abram ex Aegypto. Et Lot et Abram facti sunt valde dívites. Habuérunt multos agnos et multa alia. Terra non póterat tenére omnes possessiónes eórum. Abram ergo dixit ad Lot: "Ecce, universa terra est coram te. Éligas partem terrae tibi. Si tu éligis unam partem, ego accipiam álteram." Lot ítaque vidit terram quae erat circa Jordánem esse bonam, et habitávit ibi. In illis enim diébus, terra quae est circa Sódoma et Gomorrham valde bona erat multis frúctibus. Dóminus enim adhuc non deléverat illas urbes. Lot fecit domum suam in Sódomis. Sed hómines Sodomítae erant péssimi. Et Deus apparuit íterum Abram et dixit ei: "Vides omnes stellas quae in coelo sunt? Postéritas tua erit maior número quam stellae." Et Abram crédidit Deo.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

apparére, -uit, -itus - apparaître

ecce - voici
íterum - de nouveau
valde - très
satis - assez

dives, ite (gén. pl.: -um, neutre pl: -ia) - riche
magna fames, e - faim, famine

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez la seconde personne (singulier et pluriel) de tous les temps du subjonctif de: aperíre, rúmpere, terrére, mutáre.

  2. Donnez la première personne (singulier et pluriel) de tous les temps de l’indicatif que vous connaissez, des verbes suivants: aperíre, claúdere, finíre, rúmpere, mutáre.

  3. Donnez la première personne (singulier et pluriel) de tous les temps du subjonctif de: aperíre, claúdere, finíre, rúmpere, mutáre.

  4. Résumez les règles qui servent à former la première et la deuxième personne de tous les temps du subjonctif. Faites une règle qui s’applique au plus grand nombre possible d’indicatifs.

NUNC EXERCEAMUS NOS

"Abram, quid facis nunc?" — "Multas res paro ut discédam ex hac terra. Deus enim mihi locútus est." — "Quid dixit tibi Deus?" — "Mihi imperávit ut ex hac terra mea discédam cum ómnibus possessiónibus meis. Ítaque relinquimus omnia quae portári (être emporté) non possunt." — "Cur vult Deus ut hoc faciátis?" — "Deus mihi causam non dixit, sed Eum interrogáre nolui. Satis est mihi ut sciam Deum locútum esse. Si Ille iubet, nos non interrogáre, sed oboedíre debémus. Sed Deus etiam magnam dedit mihi promissiónem. Faciet me in gentem magnam." — "Sed, Abram, non iam es (tu n’es plus) adulescens (jeune homme). Nonne multos annos habes?" — "Non multos, solúmmodo septuaginta quinque annos habeo. Sed, sicut iam dixi, non debémus consideráre difficultátes, quando Deus nobis ímperat: si Ille ímperat, etiam potestátem nobis dabit ut omnia quae iubet faciámus." —"In quam terram discédis?" — "In Palestínam." — "Et ubi est Palestína?" — "Est ad occidentem a terra hac. Illa terra bona nobis erit, quia Deus illam nobis dabit."

PAUCA DE CIVITATE DEI

Sanctus Augustínus scripsit de duábus civitátibus. Dixit haec: Duo amóres aedificavérunt duas civitátes. Unus amor est amor Dei. Hic amor fecit civitátem Dei. Alius amor est amor sui. Hic amor fecit civitátem huius mundi. Cives civitátis Dei non confídunt in se ipsis, confídunt in Deo. Exspectant auxilium ab Eo. Sed cives civitátis huius mundi confídunt in potestáte sua, et návibus, et in exercítibus magnis. Non exspectant auxilium a Deo. Amant res temporáles, et res aeternas négligunt.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Nous quittons cette terre, parce qu’il y a famine.
Bien que mes ancêtres pensaient qu’il y avait beaucoup de dieux, je sais qu’il n’y a qu’un seul Dieu.
J’ai bâti un autel en cet endroit, parce que Dieu m’est apparu.
La famine était si grande que beaucoup d’hommes moururent.
Dieu m’a dit que les Hébreux deviendront grands.
Il est si riche que personne ne l’aime.
Vois-tu les étoiles? Tes fils seront plus nombreux (plus grands en nombre).

DEBROUILLONS-NOUS

Vir bonus Abram, cum inter multos polytheistas esset, visiónem vidit, in qua ei apparuit Deus: iussit eum e terra eórum discédere. Ille, ut oboedíret Dei iussis, venit in Chanaan. Propter famem autem in Aegyptum venit, terram in qua dei multi et falsi ab homínibus esse putabantur. Ille autem unum qui verus Deus est, qui etiam apparúerat ei, amábat.

LECTIO QUINQUAGESIMA TERTIA

De prima et secunda persóna in indicatívo futúro
De imperatívo actívo

Quodam die Abram audívit quod quáttuor reges cepissent Lot. Abram ergo collégit omnes servos suos, et secútus est illos reges. Hoc modo salvávit Lot. Post haec, Melchísedech, qui erat rex Salem, venit ad Abram. Melchisedech erat sacerdos Dei. Ítaque óbtulit sacrificium Deo. In hoc sacrificio offerébat panem et vinum. Hoc modo praefigurábat sacrificium Missae.

salváre - sauver
sacerdos - prêtre
panis - pain
vinum - vin
Missa - Messe
gens - nation
circumcídere - circoncire
foedus - alliance
iérunt - allèrent
Dómine (vocatif) - Seigneur
párcere - épargner
causa (avec le génitif) - à cause de
petitio - demande
perseveráre - continuer
último - enfin

Post haec, Deus íterum apparuit Abram, et mutávit nomen eius. Dixit: "Nomen tuum non iam erit Abram, sed Ábraham. Quia volo fácere te patrem multárum gentium. Iubeo te circumcídere omnes púeros tuos in die octávo post nativitátem eórum. Haec circumcisio erit signum foéderis inter Me et te. Ínsuper, tu et Sara, uxor tua, habébitis filium, et vocábitis nomen eius Isaac."

Cum Ábraham habitáret in Mambre, Deus ipse cum duóbus ángelis venérunt ad eum in forma humána. Ábraham accépit eos in domum suam. Postea Deus discessit, et Ábraham secútus est Eum. Duo ángeli iérunt in Sódoma, sed Dóminus remansit cum Ábraham, et dixit ei: "Hómines qui in Sódomis hábitant péssimi facti sunt. Necesse est ergo delére eos et civitátem eórum." Ábraham autem non amávit peccáta, sed amávit amícos suos, quorum multi habitábant in Sódomis. Ergo rogávit Dóminum dicens: "Dómine, si quinquaginta viri iusti invenientur in Sódomis, parces civitáti illi?" Et Dóminus respondit: "Si in Sódomis invenientur quinquaginta viri iusti, eórum causa non delébo (je ne détruirai pas) hanc civitátem." Ábraham ergo íterum rogávit Dóminum dicens: "Dómine, si in illa civitáte invenientur quadraginta quinque iusti, parces civitáti?" Et Dóminus íterum dedit ei petitiónem eius. Último Dóminus dixit: "Si solúmmodo decem iusti invenientur, non delébo Sódoma."

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

circumcídere, -cídit, -císus - circoncire
párcere, pepercit, párcitus (ou parsus) (avec le datif) - épargner
perseveráre, -ávit, -átus - continuer, persévérer

causa (avec le génitif, suit son complément) - à cause de
último - enfin

Ábraham (gén. et dat. Ábrahae; autres formes: Ábraham)
bonus panis, e - pain
bonus sacerdos, óte - prêtre

NUNC COGITEMUS

La première et la seconde personne de l’indicatif futur — Nous savons qu’à la troisième personne de l’indicatif futur, la première et la deuxième conjugaison sont en -bit et en -bunt, tandis que la troisième et la quatrième sont en -et (-iet) et -ent (-ient). Nous devinons déjà comment se forment la première et la seconde personne.

Sauf à la première personne du singulier, on ajoute simplement -s, -t, -mus, -tis, -nt. La première personne du singulier, elle, prend la désinence -bo à la première et à la deuxième conjugaison et la désinence -am (-iam) à la troisième et à la quatrième.

paráb

o
is
it
imus
itis
unt

habéb

o
is
it
imus
itis
unt

pon

am
es
et
émus
étis
ent

cap

iam
ies
iet
iémus
iétis
ient

aud

iam
ies
iet
iémus
iétis
ient

L’impératif actif — C’est la forme du commandement. Il est facile d’obtenir la deuxième personne du singulier: enlevez seulement les lettres -re de l’infinitif présent actif, comme ceci: para, habe, pone, cape, (les verbes en -iunt ne font pas bande à part ici), audi.

Le pluriel est presque aussi facile, sauf à la troisième conjugaison: ajoutez seulement -te au singulier: parate, habete, audite. A la troisième conjugaison, nous aurons ponite et capite (et non: ponete).

Comment traduire l’impératif? — C’est un ordre: préparez! ayez! placez! prenez! écoutez! etc.

Vous voulez dire: "Ne le faites pas!" c’est-à-dire que vous voulez employer une négation avec l’impératif. Il y a deux manières possibles:

  1. le latin emploie parfois, mais plutôt rarement ne et l’impératif. Exemple: Ne paráte;

  2. le plus souvent, le latin emploiera l’impératif de nolle (ne pas vouloir) suivi de l’infinitif. Exemple: Nolíte veníre - ne veuillez pas venir, ne venez pas.

Le singulier de nolíte est, évidemment, noli.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Dóminus Ábraham vocávit ad se et dixit: "Veni ad Me, Ábraham. Tibi explicábo hanc rem. Olim totum delévi mundum diluvio, quia hómines omnes péssimi facti sunt. Sed etiam illo témpore familiam unam servávi, id est, Noe et filios eius, et uxóres filiórum eius. Noe enim fuit iustus coram Me. Nunc in Sódomis et Gomorrha íterum fere omnes hómines péssimi facti sunt et tu, Ábraham, rogábis me ut illi civitáti parcam (épargner)? Sed nihilóminus, hoc re vera faciam si númerus sufficiens hóminum iustórum in ea invenientur." Ábraham ítaque dixit: "Rogo te, Dómine, ut dicas mihi: Quot (combien) hómines dices satis esse?" Et Dóminus respondit ei: "Si quinquaginta iustos ibi inveniam, civitátes illas non delébo." Sed quinquaginta iusti non sunt inventi. Ábraham autem perseverábat rogans Dóminum. Último Dóminus promísit ei: "Si inveniam decem iustos, urbes illas servábo." Sed etiam decem non inventi sunt.

Ubi erant hae urbes? In parte meridionáli Palestínae erant. Sed nunc in illo loco est Mare Mortuum. Deus enim non solum Sódoma, sed etiam Gomorrham delévit, propter peccáta máxima quae hómines in illis úrbibus faciébant. Multis aliis tempóribus Deus punívit hómines propter peccáta. Saepe Hebraéos punívit, sed ignem de coelis non misit in urbes eórum: alias gentes misit ut contra eos pugnárent exercítibus magnis. Exempli causa, Assýrios et Babylonios misit. Assýrii erant gens (nation) fortis in bello. Omnes hómines terrebantur cum Assýrios vidérent. Non enim póterant stare contra eos. Assýrii autem non omnes Iudaéos interfecérunt: quosdam in pugnis interfecérunt, sed alios e terra eórum in Assýriam portavérunt (transportèrent). Sed Iudaéi in terra nova noluérunt habitáre; Assýriam non amavérunt. Assýrii autem eos non dimisérunt ut in terram Israel redírent.

LEPORES FELINI!

Duo operarii (ouvriers) cenam (diner) comedébant. Panem et carnes habébant. Unus ad álterum locútus est: "Uxor mea carnes bonas mihi dat semper." Et alius interrogávit: "Quales (quelle sorte de) carnes habes?" Cui primus operarius respondit: "Uxor mea capit lépores (lièvres) in nocte." — "Sed quo modo potest uxor tua lépores vidére in ténebris (noirceur)?" — "Non potest eos vidére, sed potest eos audíre cum exclámant." — "Illa potest audire lépores! Sed lépores nihil dicunt!" — "Sed hi lépores re vera exclámant; dicunt enim: miaou, miaou."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Abraham, je n’épargnerai pas cette ville.
J’ai parlé, et je ferai tout ce que j’ai dit.
Place ta main sur l’autel et promets de faire tout ce que je te demanderai.
Nous circoncirons nos fils, parce que Dieu l’a ordonné.
A cause d’Abraham, Dieu épargnera les Hébreux.
Je continuerai de demander à Dieu d’épargner cette ville.
Viens avec nous et nous demanderons à Dieu de nous donner de l’aide.

DEBROUILLONS-NOUS

Lot capto, Abram exércitum ex servis fecit suis ut contra quáttuor reges pugnáret. Quam post victoriam, Melchísedech vini et panis sacrificium óbtulit. Ábrahae habitanti in Mambre, duóbus cum ángelis apparuit Deus. Cui necesse esse delére Sódoma, péssima propter peccáta dixit Deus. Ábraham autem Deum rogáre perseverávit ne illam deléret urbem.

LECTIO QUINQUAGESIMA QUARTA

De prima et secunda persóna in verbis: velle, nolle, et ire

Sed decem iusti non inventi sunt in Sódomis. Ítaque duo ángeli missi sunt ut destrúerent Sodoma. Sed primum venérunt ad Lot. Lot sedébat ad portam civitátis. Ángeli dixérunt ei: "Surge, discéde ab hoc loco, Dóminus enim destruet illum." Illa nocte, Lot venit ad duos iúvenes qui voluérunt dúcere filias Lot in matrimonium et dixit eis: "Dóminus destruet hanc urbem, propter peccáta multa turpia quae hómines in ea committunt." Sed illi iúvenes noluérunt crédere Lot, et putábant eum iocári.

destrúere - détruire
primum - d’abord
sedére - être assis
súrgere - se lever
iuvenis - jeune homme
turpis - honteux
iocári - badiner
mane - le matin
períre - périr
exíre - sortir
morári - s’attarder, retarder
ita ut - de telle sorte que
quasi - comme (si)
voluntas - volonté
respícere - regarder (en arrière)
conversus - changé
sal - sel
certe - certainement

Mane ángeli íterum venérunt ad Lot, et monébant eum ut statim discéderet ne períret cum illa turpi civitáte. Dixérunt: "Uxor tua veniat tecum, et etiam duae filiae tuae exeant." Sed Lot adhuc morabátur, ita ut necesse esset dúcere eum manu, quasi contra voluntátem eius. Ángeli ergo duxérunt Lot et familiam eius e Sódomis, et monuérunt eos ne respícerent post se. Dixérunt: "Nolíte respícere. Si enim hoc faciétis, moriémini (vous mourrez)." Uxor Lot erat curiósa: volébat vidére quid Dóminus fáceret illi civitáti. Respéxit ítaque, et statim conversa est in statuam salis.

Deus misit ignem et sulphur de coelis et destruxit Sódoma et Gomorrham. Locus harum úrbium nunc est sub Mari Mortuo. Id quod áccidit his civitátibus debet monére omnes hómines ne peccáta committant contra Deum. Quamquam enim Deus non semper punit peccáta in hac vita, certe puniet ea in futúra vita.

VOCABULARIUM

Aujourd’hui, nous aurons du bon temps, puisque nous avons appris dernièrement beaucoup de formes nouvelles. Nous nous contenterons d’appliquer ces formes à trois verbes quelque peu irréguliers: velle, nolle, ire.

NUNC COGITEMUS

Velle et nolle: nous en connaissons déjà toutes les troisièmes personnes. Revoyons-les:

Indicatif

imparfait:

volébat

futur:

volet

parfait:

voluit

nolébat

nolet

noluit

Subjonctif

présent:

velit

imparfait:

vellet

nolit

nollet

Le parfait possède ses propres terminaisons, comme les autres parfaits: i, isti, it, imus, istis, érunt.

Les autres formes, données ci-dessus, ne font qu’utiliser la baguette magique:

m
s
t
mus
tis
nt

La première personne du singulier du futur est en -am (non: em), comme le futur de la troisième conjugaison.

Nous n’avons donc à apprendre que l’indicatif présent! Le voici:

volo

volumus

nolo

nolumus

vis

vultis

non vis

non vultis

vult

volunt

non vult

nolunt

Nous y trouvons les terminaisons ordinaires de l’indicatif présent: o, s, t, mus, tis, nt, mais rattachées au radical de façon plutôt imprévue. Nous n’aurons pas de difficulté à reconnaître ces formes. Voulez-vous les utiliser…​ apprenez-les par coeur.

Ire — Dans le Vocabularium de la leçon 40, nous avons appris les troisièmes personnes de l’indicatif de ce verbe.

présent:

it

imparfait:

ibat

futur:

ibit

eunt

ibant

ibunt

L’imparfait et le futur se comportent exactement comme n’importe quel autre imparfait ou futur en -bat et -bit. Mais le présent nous demande d’être attentifs:

eo

imus

is

itis

it

eunt

On dirait plutôt des terminaisons qui cherchent où s’accrocher! Le subjonctif commence par eam, puis recourt à la baguette magique: m, s, t, mus, tis, nt.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Hodie fábulam legámus de Graecia. In Graecia erant quaedam loca quae orácula vocabantur. In his locis falsi dei videbantur responsa dare quaestiónibus. Sed responsa saepe erant nullo modo clara: erant ambigua.

Quidam adulescens (jeune homme) Graecus — vocémus eum Philippum — qui in Phocia habitábat, ad bellum vocátus est. Quae cum audivisset, ad amícum suum Platónem locútus est Philippus: "Plato, cívitas mea ad bellum me vocat, sed nolo ire. Numquam vidi bona veníre ex bello. Ínsuper, mortem timeo. Nondum multos annos habeo, et celériter mori non volo."

His verbis audítis, Plato amíco suo Philippo dixit: "Si vis veritátem de hac re cum certitúdine audíre, consilium dabo (de dare) tibi. Urbs clara est in Graecia, Delphi vocátur. In hac urbe est oráculum (oracle) magnum in quo deus Apollo (nominatif) responsa dat petentibus. Si ad hoc oráculum ibis, et Apollini (datif) sacrificia ófferes, scio quod deus tibi responsum de hoc bello dabit.

Gratias egit (remercia) Platóni Philippus, et in viam suam ibat ad oráculum clarum Apóllinis. Iter non erat longum e domo Philippi. Cum ad oráculum venisset, pecuniam sacerdótibus dedit suam: "Volo hoc scire: ibo ad bellum? et si hoc faciam, redíbo (revenir, un composé de ire: redíre) sine iniuria?"

Vox mysteriósa ex oráculo venit. Philippus non potuit intellígere (comprendre); quaedam enim fémina, quae Pythia vocabátur, locúta est, sed sacerdótes dedérunt ei interpretatiónem. Et hoc erat responsum: Ibis redíbis numquam períbis in armis.

Et nunc, quid putámus? Quid dicit oráculum? Moriétur Philippus?

DU FRANÇAIS AU LATIN

Nous allons à Rome voir César.
Nous ne voulons pas entendre Cicéron.
Tu veux savoir si tu reviendras.
Nous irons afin que le feu ne nous détruise pas.
Levons-nous et partons vite, pour ne pas périr.
Ce que Dieu veut est certainement (certe) bon pour nous.
Nous ne demeurerons certainement pas ici.

DEBROUILLONS-NOUS

Decem iustis in Sódomis non inventis, a Deo missi sunt ut illam urbem destrúerent duo ángeli. Quibus loquéntibus de destructióne urbis, Lot crédidit. Huic autem duo iúvenes, qui in matrimonium filias Lot dúcere voluérunt, crédere noluérunt. Lot enim dixit illis: "Evadámus nos ex ruina urbis huius, ne pereámus omnes cum viris peccatóribus."

LECTIO QUINQUAGESIMA QUINTA

Íterum videámus formas novas actívas

Deus promíserat Ábrahae quod fáceret eum in gentem magnam. Ut impléret hanc promissiónem, Deus dedit ei púerum, cuius nomen erat Isaac. Ábraham ipse erat centum annórum, quando Isaac natus est. Ábraham ergo amávit Isaac multum, quia putábat quod Deus impléret promissiȯnem suam per Isaac. Secundum foedus quod fécerat cum Deo, Ábraham circumcídit púerum octávo die post nativitátem eius.

gens - nation
implére - remplir
secundum - selon
foedus - alliance
plus - plus
tóllere - prendre
adsum - me voici
monstráre - montrer
surrexit - se leva
fili mi - mon fils
ligávit - lia
exténdere - étendre
ántequam - avant que
tángere - toucher
aries - bouc
benedícere - bénir

Sed quodam die Deus vocávit Ábraham. Voluit enim vidére num Ábraham amáret filium suum plus quam Deum. Ítaque Deus dixit: "Ábraham, Ábraham." Ille respondit: "Adsum, Dómine." Et Deus dixit illi: "Tolle filium tuum quem amas, Isaac, et ófferes eum in holocaustum super unum montium quem monstrábo tibi."

Ábraham ergo surréxit et parávit omnia quae necessaria erant ad hoc sacrificium. Isaac fecit iter cum patre suo Ábraham. Et fecérunt iter per tres dies. Et die tertio vidérunt montem quem Deus monstráverat. Ábraham ergo imperávit servis suis ut remanérent in quodam loco. Ipse et puer Isaac ascendérunt. Isaac portábat ligna pro holocausto. Ábraham ipse portábat ignem et gladium. Et cum iter fácerent, Isaac interrogávit patrem suum: "Pater, habémus ligna, ignem, et gladium; sed ubi est víctima pro holocausto?" Cui Ábraham respondit: "Ne timeas, fili mi, Deus ipse dabit víctimam pro holocausto." Cum venissent ad locum sacrificii, Ábraham tenuit et ligávit Isaac, et posuit eum super ligna. Et extendens manum, parátus erat interfícere púerum suum. Sed, ántequam posset tangere filium gladio, ecce, ángelus vocávit eum et dixit: "Ábraham, ne extendas manum tuam in filium tuum. Nunc enim novi quod times Deum, et non pepercisti filio tuo propter Deum." Ábraham ergo respéxit post se, et vidit aríetem. Hunc cepit, et óbtulit in holocaustum pro púero suo. Deus íterum locútus est ei: "Quia fecisti hanc rem, et non pepercisti filio tuo, benedícam tibi, et faciam te in gentem magnam, et omnes gentes terrae benedicentur in te, quia oboedivisti voci meae."

VOCABULARIUM

adesse, -fuit, -futúrus - être présent
ligáre, -ávit, -átus - lier
tángere, tétigit, tactus - toucher
tóllere, sústulit, sublátus - prendre, enlever, elever

secundum (avec l’accusatif) - selon

plus, plure (neutre au singulier; pluriel: plures, plura, plurium) - plus de, une plus grande quantité de

VIDEAMUS FORMAS VETERAS IN PERSONA 1a ET 2a

Nous pouvons maintenant résumer les formes actives de la première et de la seconde personne:

  1. L’indicatif parfait possède ses propres terminaisons: -i, -isti, -it, -imus, -istis, -érunt

  2. A l’actif, tous les subjonctifs, l’imparfait et le plus-que-parfait de l’indicatif utilisent la baguette magique:

m
s
t
mus
tis
nt

  1. L’indicatif futur:

    • 1ère et 2e conjugaisons: bo, bis, bit, bimus, bitis, bunt

    • 3e et 4e conjugaisons: am, es, et, émus, étis, ent (cápere et audíre prennent -iam, etc.)

  1. L’indicatif présent:

1ère conjugaison:

o, as, at, ámus, átis, ant

2e conjugaison:

eo, es, et, émus, étis, ent

3e conjugaison:

o, is, it, imus, itis, unt (pónere)

io, is, it, imus, itis, iunt (cápere)

4e conjugaison:

io, is, it, ímus, ítis, iunt

Dans l’ensemble donc, à l’actif (à l’exception de l’indicatif parfait) nous avons: o ou m, s, t, mus, tis, nt (o à l’indicatif présent et au futur de la première et de la deuxième conjugaison, ailleurs m).

EXERCICE

  1. Donnez, à l’actif, la deuxième personne du singulier de tous les temps de l’indicatif et du subjonctif de: habitáre, tenére, míttere, rápere, scire.

  2. Donnez, à l’actif, la première personne du singulier de tous les temps de l’indicatif et du subjonctif des mêmes verbes.

  3. Faites la même chose, à la première personne du pluriel, avec tous les verbes de votre propre liste.

NUNC EXERCEAMUS NOS

"Cur vis interfícere me?" rogávit Isaac. "Hodie enim tecum egressus sum ut sacrificium Deo ófferrem, sed nescívi quod ipse déberem sacrificium esse. Estne re vera bonum ut hoc fiat? Nonne satis est animalia ófferre?" Cui Ábraham respondit: "Deus mihi imperávit ut te in (en) holocaustum ófferrem, fili mi. Verum est quod Deus mihi magnam promissiónem fecit dicens: "Faciam te in gentem magnam", et vidétur mihi quod promissio debet per te impléri. Sed confídere Deo debémus. Omnia enim quae Ille promísit certe nobis venient. Deus enim non solum verus est, sed est Véritas ipsa. Ítaque, fili mi, confidámus in Eo. Quamquam enim te interficiam, Deus fácere potest ut a mortuis surgas. Ipse enim est Dóminus vitae et mortis, et nihil est diffícile Ei. Debémus semper dícere: "Fiat voluntas (volonté) Eius."

Sed hoc modo Deus voluit tentáre (éprouver) Ábraham. Non enim re vera voluit Deus sacrificium humánum: Deus enim sacrificia humána próhibet. Et Deus non tentávit Ábraham, quia Ipse (id est, Deus) nescíret virtútem Ábrahae: Deus enim omnia novit, et nihil potest ab Eo abscondi. Sed, haec ímperans, Deus monstráre voluit ómnibus nobis magnum exemplum fidei (de foi) et oboedientiae. Ábraham enim vocátus est "Pater omnium credentium", id est, pater omnium hóminum qui credunt Deo. In hoc sensu Deus promísit Ábrahae: "In te benedicentur omnes gentes." Non enim necesse est ut homo sit filius Ábrahae secundum carnem, id est, ut sit Iudaéus nativitáte. Sed necesse est imitári fidem Ábrahae; hoc modo, sensu spiritáli, nos póssumus esse filii eius, et benedictiónem, quam Deus promísit ei, recípimus.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Allons, afin de trouver Abraham.
Nous ne voulons pas demeurer dans cet endroit.
Il est nécessaire que je lui parle.
Je veux (bien) faire tout ce qu’il me demande.
Il m’a envoyé pour que j’apprenne la vérité.
Lorsqu’il eut élevé la main, Dieu lui ordonna de ne pas toucher à son fils.
Ne voulez-vous pas m’entendre?

DEBROUILLONS-NOUS

Ábraham post filii nativitátem eius vocávit Deus, ut eumdem sacrificáret filium ímperans. Ómnibus quae hoc ad sacrificium necessaria erant parátis, ad locum quem monstráverat Deus cum filio est profectus pater. Filium autem ántequam interfícere posset, per ángelum ne víctimam tángeret parátam, Ábrahae imperávit. Magnam quod benedictiónem daret Ábrahae promísit Deus.

LECTIO QUINQUAGESIMA SEXTA

De prima et secunda persóna in verbis: esse, posse et ferre

Ábraham senex erat, et multos iam annos habuit. Vocávit ítaque unum ex servis suis et dixit ei: "Ego iam senex sum, et Dóminus benedíxit mihi in multis. Sed, ante mortem meam, volo inveníre uxórem bonam pro filio meo Isaac. Sed, ne accipias uxórem ei de filiis quae hábitant in hac terra, eas ad terram meam unde discessi et áccipe ibi uxórem pro filio meo Isaac."

senex - vieux
sum - je suis
inveníre - trouver
filia - fille
eas (subj. de ire)
unde - d’où
mulier - femme
cólere - adorer
gens - nation
implére - remplir
voluntas - volonté
hauríre - puiser
orávit - pria
camélus - chameau
parentes - parents
fac (impératif de fácere)

Respondit servus: "Quid faciam si mulier nolet redíre mecum in hanc terram: debeo ego dúcere filium tuum in terram Haran unde tu venisti?" Et Ábraham dixit: "Nullo modo, hómines enim qui hábitant in Haran multos deos colunt. Nolo filium meum habitáre cum illis. Sed ínsuper, Deus promísit mihi quod fáceret me in gentem magnam in terra hac. Debeo implére voluntátem eius."

Ítaque servus discessit, et iter fecit in Haran. Cum ad urbem esset, servus vidit mulíeres egredientes ut haurírent aquam. Servus Ábrahae autem hoc modo ad Deum orávit: "Dómine Deus, fac misericordiam cum dómino meo Ábraham. Ego ítaque rogábo puellas has ut dent (de dare) mihi aquam. Puella ergo quae dicet mihi: Etiam camélis tuis aquam dabo, illa sit puella quam Tu, Dómine, paravisti filio dómini mei. Hoc modo sciam voluntátem tuam."

Servus non finíverat oratiónem suam ad Dóminum, et ecce, puella pulchra, cuius nomen erat Rebecca, venit ad eum. Ítaque, cum servus petivisset aquam ab ea, Rebecca dixit: "Etiam camélis tuis aquam dabo."

Hoc modo invénit servus Ábrahae uxórem bonam pro Isaac. Parentes enim Rebeccae, audientes omnia quae accíderant, dixérunt: "Voluntas Dómini Dei clara est: redeat Rebecca tecum, ut sit uxor bona filio dómini tui."

VOCABULARIUM

cólere, -uit, cultus - adorer, rendre un culte, cultiver
implére, -évit, -étus - emplir, remplir

unde - d’où

filia, a - fille
magna gens, gente (gén. plur.: -ium) - nation, race, peuple
bona voluntas, áte - volonté

NUNC COGITEMUS

Les formes de esse — Nous connaissons déjà les troisièmes personnes de esse:

Indicatif

présent:

est, sunt

imparfait:

erat, erant

futur:

erit, erunt

parfait:

fuit, fuerunt

Subjonctif

présent:

sit, sint

imparfait:

esset, essent

plus-que-parfait:

fuisset, fuissent

En partant de la plupart de ces formes, nous pouvons trouver la première et la seconde personne. Il va de soi que l’indicatif parfait ressemble aux autres parfaits. Partout, sauf au présent et au futur de l’indicatif, on utilise la baguette magique suivante:

m
s
t
mus
tis
nt

Le futur est presque régulier

ero
eris
erit
érimus
éritis
erunt

L’indicatif présent est assez irrégulier

sum
es
est
sumus
estis
sunt

Les formes de posse — Sauf à l’infinitif, ce verbe n’est que le verbe esse précédé des préfixes pot- et pos-:

  • on emploie pot- devant les formes qui commencent par e. Exemple: pótero, potes, potest, etc.

  • on emploie pos- devant les formes qui commencent par s. Exemple: possum, póssumus, possunt, etc.

Seul l’indicatif présent est un peu déroutant (il saute d’une forme à l’autre):

possum

póssumus

potes

potestis

potest

possunt

Les autres formes sont faciles, comme le subjonctif présent possim (conforme à la baguette). Rédigez un tableau du reste.

Les formes de ferre — Ce verbe ressemble à un verbe régulier de la troisième conjugaison, à l’exception de l’indicatif présent. Nous avons donc: l’imparfait de l’indicatif, ferébam; le futur, feram, feres, etc.; le présent du subjonctif, feram, feras, etc.; l’imparfait, ferrem, ferres, etc. Voici l’indicatif présent:

fero

ferimus

fers

fertis

fert

ferunt

Ces formes sont faciles a reconnaître; pour les composer, n’oubliez pas de laisser tomber la voyelle de liaison à la deuxième et à la troisième personne du singulier, et a la deuxième personne du pluriel: c’est tout.

NUNC EXERCEAMUS NOS

"Ubi sumus?" dixérunt quinque porci. "Sumus in foro", respondit unus ex eis. "Vólumus audire Cicerónem. Cicero enim habébit oratiónem vehementem." Sed alius porcus dixit: "Ille? Nullo modo. Nólumus audíre eum. Inflátus est magno vento. Erimus aegri si audímus illum. Sed audíte me, amíci mei: si nos vólumus fácere rem magnam, ut simus veri porci, et ut honórem demus (de dare) géneri nostro, consilium habeo. Hodie alius orátor habébit oratiónem. Hic orátor amat nos, et dedit nobis magnum honórem: habet enim nomen nostrum. Certe, nemo est ex vobis qui nesciat hóminem de quo dico: dico de Marco Porcio Catóne. Ille vult esse consul Románus. Nos debémus fácere omnia quae póssumus ut ille re vera fiat consul. Cato enim promísit quod si fiet consul, omnes hómines nullas alias carnes cómedent nisi carnes bovínas assas. Cato etiam dixit in senátu: "Audíte me, amíci mei. Nos veri Románi sumus. Ergo faciámus legem novam; ne Románi cómedant alias carnes nisi carnes bovínas assas." Et parvus porcus dixit: "Si habébimus hanc legem, non iam in magno perículo erimus. Laborémus (travaillons) ergo, et audiámus Catónem nostrum."

Sed agnus dixit: "María et ego venímus quotidie in scholam. In schola díscimus multa. Melius enim est nos esse in schola quam in foro. In foro enim audíre póssumus Catónem et Cicerónem. Sed in nostra schola audímus Marcum. María saepe dicit Marco: "Marce, tu es parvus agnus meus." Forsan verum est, sed numquam audívimus Marcum dicentem "baa". Nescio quid María significáre velit. Marcus enim vidétur esse homo."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il est préférable (mieux) de voir César que de voir cinq porcs.
Vous êtes un bon orateur.
Vous pouvez l’entendre souvent.
Je suis un serviteur d’Abraham, qui est un homme bon.
J’apporterai de l’eau pour tes chameaux.
Nous pouvons toujours faire ce que Dieu ordonne.
Sa volonté est toujours bonne pour nous.

DEBROUILLONS-NOUS

Suam ante mortem, ut filio uxórem inveníret bonam, in terram ex qua vénerat servum misit Ábraham. Qui dóminum quid faciat si mulier cum eo redíre nolet, intérrogat. Cui ille ne mulíerem veníre cogat, ímperat. Qui servus, ut patris celériter voluntátem impléret, est in Haran profectus. Uxórem pro filio bonam Rebeccam, quae camélis aquam dedit, invénit. Dei qui bonus est voluntáte accidérunt haec.

LECTIO QUINQUAGESIMA SEPTIMA

De prima et secunda persóna in perfectis passívis

Isaac et Rebecca duos filios habuérunt, quorum nómina erant Esau et Iacob. Esau autem irascebátur, quia Iacob accéperat benedictiónem patris Isaac per simulatiónem. Rebecca ítaque, videns iram Esau, timuit ne interfícere vellet Iacob. Vocávit ergo Iacob, et monuit eum ne morarétur, sed celériter discéderet dicens: "Iráscitur tibi Esau. Timeo ne te interfícere conétur. Fuge ítaque in Haran, ad Laban fratrem meum. Post dies paucos reverti póteris."

simulatio - feinte
morári - retarder
frater - frère
campus - champ
lapis - pierre
dormíre - dormir
scala - échelle
cacúmen - sommet
ita - ainsi
numeráre - compter
renováre - renouveler
foedus - alliance
Hebraícus - hébraïque

Iacob ergo profectus est in Haran, et cum iter fáceret, nox invénit eum in quodam campo. Tulit ítaque lápidem, et ponens eum sub cápite suo, dormívit. Et cum dormíret, vidit visiónem magnam: scala stabat in terra, et cacúmen huius scalae coelum tangébat. Ángeli Dei ascendébant et descendébant per scalam; Dóminus Deus ipse in coelo erat, et locútus est ad Iacob: "Ego sum Dóminus Deus Ábrahae, patris tui, Deus Isaac. Terram in qua dormis tibi et filiis tuis dabo." Deus promíserat Ábrahae quod filii eius essent multi, ita ut nemo posset numeráre eos. Deus renovávit idem foedus cum Iacob, et dixit: "In te omnes gentes terrae benedicentur".

Post haec Iacob surréxit et dixit: "Re vera Dóminus est in hoc loco, et ego nesciébam. Terríbilis est locus hic: nihil enim aliud est nisi domus Dei et porta coeli!" Iacob ítaque vocávit nomen loci illíus Bethel, id est, domus Dei. "Beth" enim in lingua Hebraíca est "domus" et "El" est Deus.

VOCABULARIUM

dormíre, -ívit, -ítus - dormir
morári, -átus est - retarder, s’attarder
numeráre, -ávit, -atus - compter

ita - ainsi

campus, o - champ, plaine
bonum foedus, ere - pacte, alliance, traité
bonus frater, tre - frère

NUNC COGITEMUS

Les première et deuxième personnes des parfaits passifs — Nous avons appris, il y a longtemps, à composer la troisième personne du parfait et du plus-que-parfait passif, à l’indicatif et au subjonctif. Maintenant que nous connaissons les formes de la première et de la deuxième personne de esse, nous pouvons évidemment compléter le tableau et trouver les trois personnes. En voici quelques exemples:

parátus sum, es, est

paráti sumus, estis, sunt

parátus eram, eras, erat

paráti erámus, erátis, erant.

Le subjonctif parfait passif — Puisque parátus sum, etc., nous donne l’indicatif parfait, il est clair qu’en remplaçant sum par sim (subjonctif de esse) nous obtiendrons le subjonctif parfait:

parátus sim, sis, sit

paráti simus, sitis, sint.

L’emploi du subjonctif parfait — D’ordinaire on le trouve dans les propositions subordonnées, lorsque le verbe de la principale est au présent ou au futur. Le subjonctif parfait peut alors exprimer une action achevée, e. g.: Rogat num mílites interfecti sint - Il demande si tes soldats ont été tués.

Nous en verrons davantage dans la révision de la leçon 66. Mais ceci suffit pour le moment: on voit facilement comment le rendre en français. Quant au subjonctif parfait actif, nous l’apprendrons bientôt.

Le futur antérieur passif de l’indicatif — Pour l’obtenir, nous ne faisons qu’ajouter le futur de esse au participe passé, comme ceci:

parátus ero, eris, erit

paráti érimus, éritis, erunt.

Traduction? — J’aurai été préparé, tu auras été préparé, etc. Avant longtemps, nous apprendrons le futur antérieur actif.

NUNC EXERCEAMUS NOS

"Esau, cur locútus es haec verba contra Iacob, fratrem tuum?" — "Quia ille malus est. Benedictiónem quam pater mihi dare voluit, ille accépit." — "Sed nonne tu vendidisti (vendre) illi primogénita (droit d’ainesse) tua quodam die, cum de agris reversus esses?" — "Hoc verum est, sed Iacob non debuit simuláre (simuler) se esse me. Nonne mendacium (mensonge) est dícere id quod non verum est?" — "Útique, sed post haec, tu ingressus es ad patrem tuum, et aliam benedictiónem accepisti." — "Verum est, accépi, sed benedíctio quam fratri meo dedit melior erat." — "Sed rem peiórem de te audívi: nonne conátus es etiam interfícere Iacob?" — "Hoc non sum conátus fácere, sed vellem (je voudrais) interfícere eum!"

Iacob, quare de terra tua egressus es? Et in quam terram profectus es?" — "Profectus sum quia mater mea de ira fratris mei monuit me. Iter ítaque in Haran facio." — "Sed in Haran nonne multi polytheistae sunt?" — "Útique, sed ibi non remanébo. Pater enim meus vult ut uxórem ibi accipiam ex filiábus (filles, ablatif pluriel) Laban, avúnculi mei. Laban enim vir bonus est." — "Puer bonus es, bonam invenias uxórem."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il demande si tu as essayé de le faire.
Jacob, pourquoi es-tu parti de ta propre terre?
J’ai parlé ainsi (employez loqui), parce que je le hais.
Tu as été envoyé par ta mère dans (la terre d') Haran.
Je ne sais pas pourquoi tu as ainsi parlé.
Vous avez été remplis de bonnes choses, parce que vous avez accompli la volonté de Dieu.
As-tu essayé de compter les étoiles?

DEBROUILLONS-NOUS

Cum Iacob benedictiónem quam ipse a patre accípere voluérat, accepisset, eum odit Esau. Ut e domo, ne eum interfícere posset Esau, fúgeret monuit mater Iacob. Aperto in campo, cum in Haran iter fáceret Iacob, invénit eum nox. Quo in loco vidit dormiens magnam a Deo visiónem e coelo scalae descendentis. Hoc sciens modo esse sanctum locum, dedit nomen loco Bethel Iacob.

LECTIO QUINQUAGESIMA OCTAVA

De prima et secunda persóna passíva in subiunctívo

Sunt multa alia de Iacob quae légere póssumus in Scriptúris Sanctis. Sed hodie audíre volumus de duodecim filiis Iacob, et praesertim de uno ex his filiis, cuius nomen erat Ioséphus.

somnium - songe
manípulus - gerbe
circumstáre - se tenir autour
adoráre - adorer
num - est-ce que (voir plus bas)
subícere - soumettre
quasi - comme si
pecus - troupeau
prósperus - prospère
custodíre - garder
somniátor - rêveur
occídere - tuer
prosint - servir

Quodam die fratres Ioséphi fecérunt rem péssimam. Ioséphus venit ad patrem suum Iacob et narrávit ei id quod fratres eius fecérunt. Propter hanc causam fratres eius iráti sunt ei, et coepérunt odisse eum. Ínsuper, Iacob amávit Ioseph plus quam alios: ecce alia causa odii.

Ioseph etiam habuit duo somnia, quae narrávit frátribus suis. Dixit enim: "Audíte somnium meum quod vidi: putábam nos ligáre manípulos in agro. Et manípulus meus surréxit et stetit, sed vestri manípuli circumstantes adoravérunt manípulum meum."

Somnio audíto, fratres eius respondérunt: "Num rex noster eris? An nos subiciémur (être soumis à) tibi?" Post haec, fratres eius sensérunt odium maius contra Ioséphum. Sed Ioseph etiam vidit aliud somnium, et narrávit frátribus suis. Dixit: "Vidi per somnium, quasi solem et lunam et stellas undecim adoráre me." Audito hoc somnio, pater eius dixit: "Quid sibi vult hoc somnium (que signifie-t-il)? Num ego et mater tua et fratres tui adorábimus te super terram?" Pater eius non odit Ioséphum, sed fratres eius odérunt eum.

Quodam die, Iacob vocávit Ioséphum. Qui dixit: "Adsum; quid vis a me?" Et pater respondit: "Veni, mittam te ad fratres tuos, ut videas si omnia próspera sint cum eis et cum pecóribus quae custodiunt." Ioséphus ergo discessit, et secútus est fratres suos, ut vidéret si omnia próspera essent eis et pecóribus. Fratres eius vidérunt eum venientem et dixérunt: "Ecce, somniátor venit! Veníte, occidámus eum, et videámus quid prosint illi somnia eius."

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

adoráre, -ávit, -átus - vénérer, adorer
circumstáre, -stetit, -statúrus - se tenir autour
occídere, -ídit, -ísus - tuer
prodesse, -fuit, -futúrus (avec le datif; composé de esse) - être utile à, servir à
subiciunt, -ícere, -iécit, -iectus - soumettre

num (voir ci-dessous)
quasi - comme si

magnum pecus, ore - troupeau
somnium, o - rêve, songe

Num — Ce mot, que nous venons de rencontrer, est une particule invariable servant à interroger. Elle équivaut à l’expression française est-ce que, lorsqu’on attend une réponse négative. Nous l’avons rencontrée plus haut avec le sens de si. Pour rendre en français la question: num vadis in urbem? nous dirions est-ce que vous allez en ville? (vous n’allez pas en ville?).

La particule enclitique -ne, déjà employée, laisse entendre qu’on ne soupçonne pas quelle sera la réponse. Mais -ne, jointe à non, pour donner nonne, laisse entrevoir une réponse affirmative: Nonne vadis in urbem? - Vous allez en ville, n’est-ce pas?

NUNC COGITEMUS

Aperçu des formes passives des temps simples (à l’exception des parfaits): présent, imparfait, futur — Nous savons que presque toutes les formes actives se terminent par m ou o, s, t, mus, tis, nt. Nous avons vu, également, que les parfaits passifs proviennent du participe passé et d’une forme de esse. Mais tous les temps simples du passif sont formés au moyen d’une seule série de terminaisons:

r, ris, tur, mur, mini, ntur

Nous en connaissons déjà deux sur six, il nous en reste seulement quatre à apprendre. Il est très facile d’apprendre à reconnaître une forme passive. Pour la composer, il faut surveiller quelques points particuliers, aussi en verrons-nous peu à la fois.

Aujourd’hui, nous apprenons la formation du présent et de l’imparfait du subjonctif — Nous employons simplement le vieux truc de la baguette:

pare

r
ris
tur
mur
mini
ntur

habea

r
ris
tur
mur
mini
ntur

parare

r
ris
tur
mur
mini
ntur

habere

r
ris
tur
mur
mini
ntur

et ainsi de suite à toutes les conjugaisons (composez une série d’exemples pour vous-même).

NUNC EXERCEAMUS NOS

Nomen meum est Iacob. Mater mea me vocávit, et in Haran me míttere voluit. His audítis, dixi: "Estne re vera necesse ut ego in Haran proficiscar?" Et mater mea respondit: "Útique, ne a fratre tuo Esau interficiáris. Sed ne moréris, ne moriáris. Fac iter celériter ne ab alio videáris."

Celériter ítaque sum profectus ne vidérer et interfícerer ab illo. Sed aliquando (un jour) redíbo ut matrem meam videam et cum Esau loquar. Nolo enim inimícus ei esse.

AUDIAMUS ALIAM NARRATIONEM

Quidam ex pharisaéis rogávit Iesum ut coméderet secum. Iesus ergo venit in domum huius pharisaéi, et recubuit ut cibum coméderet. Et ecce, mulier mala, quae erat peccatrix, id est, quae multa peccáta committébat in illa civitáte, cum novisset Iesum venisse in domum pharisaéi, tulit alabastrum unguenti et venit in domum ad Iesum. Haec mulier ad pedes Iesu stetit et coepit rigáre pedes eius lácrimis, et ungébat pedes unguento. Sed ille pharisaéus, qui invitáverat Iesum (nomen huius pharisaéi erat Simon), videns hanc peccatrícem ad pedes Iesu, dícere coepit in mente sua: "Hic vir lesus certe non est prophéta, sicut putáveram, quia nescit hanc mulíerem esse peccatrícem!" Sed Iesus vidére póterat ea quae agebantur in mente Simónis, et respondit ei: "Simon, habeo áliquid quod volo dícere tibi." Simon ait: "Dic, Dómine." Et Iesus dixit ei: "Quidam fenerátor habébat duos debitóres qui debébant pecuniam ei. Sed, cum non habérent pecuniam ut sólverent, ille fenerátor dimísit débitum eis. Unus ex eis debúerat quingentos (500) denarios, et alius debúerat quinquaginta (50). Haec ergo est quaestio mea: Quis ex illis debitóribus amávit illum feneratórem plus?" Simon respondit: "Probabíliter ille cui plus dimissum est." Et Dóminus ait: "Veritátem dixisti. Videsne hanc mulíerem? Veni in domum tuam: aquam pédibus meis non dedisti. Sed haec mulier lácrimis rigávit pedes meos. Et caput meum oleo non unxisti. Sed illa unxit pedes meos unguento. Ergo dico tibi: multa peccáta dimittuntur illi, quia amávit multum. Sed is cui minus dimíttitur, minus amat."

recubuit - s’attabla
mulier - femme
peccatrix - pécheresse
alabaster - vase
unguentum - parfum
rigáre - arroser
lácrima - larme
ungébat - oindre
áliquid - quelque chose
ait - dit
fenerátor - usurier
sólvere - payer
denarius - denier
dimíttere - pardonner
oleum - huile

DU FRANÇAIS AU LATIN

Parlons (employer loqui), de peur d’être mis en prison.
Vous étiez si bons que vous étiez aimés de tous.
Combattons bravement, de peur de (pour ne pas) mourir.
Adorons le seul vrai Dieu et non plusieurs dieux.
Puisses-tu être rempli de bonnes choses!
Je ne serai pas un esclave, n’est-ce pas?
Mes ennemis m’ont entouré pour me tuer.

DEBROUILLONS-NOUS

Huius Isaac, de quo iam légimus quod pater eius non nolébat sacrificáre eum, iubente Deo, erant nepótes (petits-fils) duodecim. Inter quos erat Ioséphus qui somnia magna vidit. De uno somnio dixit: "In agro manípulos nos ligantes vidi. Inter quos manípulos meum surrexisse et stetisse, vestros autem meum adoráre." Hoc propter somnium ei fratres iráti sunt.

LECTIO QUINQUAGESIMA NONA

Nihil novi hodie — vetéribus studeámus

Fratres Ioséphi comprehendérunt eum, et ligavérunt eum. Voluérunt occídere eum, et dícere patri suo Iacob: Fera mala devorávit filium tuum Ioséphum. Sed unus ex frátribus Ioséphi, cuius nomen erat Ruben, nolébat interfícere fratrem suum. Sciébat enim quod Ioséphus merúerat nihil mali. Voluit ergo liberáre eum. Sed non póterat simplíciter dícere aliis frátribus: "Volo liberáre Ioséphum." Ergo dixit: "Ne interficiátis ánimam eius, nec fundátis sánguinem eius. Mittámus eum in hanc cisternam véterem." (Non erat aqua in hac cisterna.) Haec verba placuérunt aliis frátribus, et misérunt Ioséphum in cisternam véterem. Sed cum sedérent ut coméderent panem, vidérunt mercatóres venientes. Hi mercatóres erant Ismaelítae, et faciébant iter in Aegyptum. Unus ex frátribus, Iudas, videns hos mercatóres, dixit aliis: "Quid prodest nobis si occidámus fratrem nostrum? Nonne melius est véndere eum Ismaelítis? Hoc modo manus nostrae non polluentur." Cum ergo Ismaelítae venissent ad eos, traxérunt Ioséphum ex cisterna, et vendidérunt eum viginti argénteis (ablatif de prix). Ruben non áderat cum alii fratres vénderent Ioséphum. Cum ergo venisset ad cisternam, et non invenisset fratrem suum, magno dolore affectus est. Sed fratres tulérunt (de ferre) túnicam Ioséphi, et intinxérunt in sánguine haedi quem occíderant. Tunc iérunt ad patrem eius, et monstravérunt ei túnicam intinctam sánguine. Et dixérunt: "Vide, estne haec túnica Ioséphi?" Et pater, motus dolóre máximo dixit: "Fera péssima devorávit filium meum Ioséphum." Ismaelítae autem duxérunt Ioséphum in Aegyptum.

fera - bête sauvage
devoráre - dévorer
merére - mériter
ánima - âme, vie
fúndere - répandre
sanguis - sang
verbum - parole
sedére - s’asseoir
argénteus - argent (monnaie)
véndere - vendre
pollúere - souiller
traxit - retira
intíngere - tremper
haedus - chevreau

VOCABULARIUM

fúndere, fudit, fusus - répandre
merére, -uit, -itus - mériter
trahere, traxit, tractus - tirer, traîner
véndere, -idit, -itus - vendre

ánima, a - âme, vie, souffle
fera, a; ferus, o - bête sauvage
bonus sanguis, ine - sang
verbum, o - parole, mot

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez la deuxième personne du singulier et du pluriel de tous les temps de l’indicatif et du subjonctif de: esse, posse, et ferre.

  2. Donnez la première personne du pluriel du présent, du parfait et du futur antérieur de l’indicatif passif de: fúndere, merére, adoráre.

  3. Donnez la deuxième personne du singulier du présent et du plus-que-parfait du subjonctif passif de: cólere, implére, ferre.

  4. Donnez la deuxième personne du pluriel du présent et de l’imparfait du subjonctif passif de: numeráre, habére, occídere, finíre.

AUDIAMUS DE TERRA AEGYPTI

Amícus noster, Ioséphus, a frátribus suis vénditus est. Mercatóres Ismaelítae eum in terram Aegypti ducunt. Ítaque, nos etiam ingrediámur in hanc terram, ut eum videámus. Ubi est Aegyptus? Est in África. Non est terra magna, sed est terra valde antíqua. In media terra est flumen magnum, cuius nomen est Nilus. Hoc flumen necessarium est in Aegypto: omni anno hoc flumen diluvium parvum facit super magnam partem terrae. Sine hoc diluvio annuáli (annuel) Aegyptii non possent (ne pourraient pas) cólere agros suos, non possent habére panem et alios cibos necessarios. Nam in parte septentrionáli terrae, ad Mare Mediterraneum, terra imbres (pluies) moderátos áccipit. Sed aliae partes Aegypti fere numquam imbrem accipiunt. Ergo diluvium annuále flúminis Nili valde necessarium est. Sed ecce, vir Aegyptius ad nos venit. Interrogémus eum de terra hac. Amice! (ami) Veni ad nos. Quis es? — "Nomen meum est Ptahotep." — Nomen novum est: numquam tale nomen audívimus. Quid signíficat? — "Ptah est magnus deus in terra Aegypti. Ptah enim est intellectus et lingua omnium deórum. Haec sufficiant de prima parte nóminis mei. Secunda pars, id est, hotep, signíficat "satis est". Ergo totum nomen signíficat: Satis est pro Ptah, vel, in aliis verbis: Placet Ptah." — Sed vólumus scire quid signíficet id quod tu dicis: "Ptah est lingua omnium deórum." — "Diffícile est hanc rem explicáre, sed conábor (j’essaierai). Ptah est potestas per quam omnes alii dei imperáre possunt. Ptah ergo est super omnes alios deos. Habémus enim multos alios deos. Etiam ipse rex noster est deus magnus."

(Cras audiémus plura de Aegypto)

PSITTACUS (perroquet) DIXIT ##%*??!!!

Quaedam bona fémina, Margaríta nómine, psíttacum habébat. Sed psíttacus, qui olim cum nautis navigáverat, semper multa verba profána (mots vulgaires) dicébat. Margaríta verba profána audíre non amábat, et propter hanc causam, omni die domínica (dimanche) psíttacum ponébat in cavea (cage) et eum tegébat (couvrait), ne in die domínica psittacus talia verba díceret. Sed quadam hebdómada (semaine), in feria secunda (lundi), Margaríta vidit ministrum (un ministre) venientem ad domum suam. Celériter ítaque psíttacum in cavea posuit et texit eum. Post haec, minister in domum venit, et loquebátur cum Margaríta, quando vox querens (plaintive) e cavea audiebátur: "Unam ##%*??!!! brevem hebdomadam!!!"

DU FRANÇAIS AU LATIN

Essayons d’apprendre tout ce que nous pouvons sur cette terre.
Un homme vient. Voyons s’il connaît beaucoup de choses sur cette terre.
Parlons à cet homme.
Nous serons en danger, si nous demeurons ici.
Nous avons été traînés en prison, bien que nous ne le méritions pas.
Ne répandons pas son sang, vendons-le à ces hommes.
Croiront-ils nos paroles?

DEBROUILLONS-NOUS

Idem patriarcha aliud etiam narrávit somnium: se vidisse quasi solem et lunam et stellas úndecim adoráre se. Quibus audítis interrogávit pater num ipse et mater et fratres debérent adoráre illum super terram. Frátribus autem eius irascéntibus hanc propter causam, pater Ioséphi non est irátus. In Aegyptum ut servus fíeret vendidérunt eum fratres eius.

LECTIO SEXAGESIMA

De prima et secunda persóna in indicatívo imperfecto
De pronómine: áliquis

Ígitur Ioséphus ductus est in Aegyptum, emitque eum Pútiphar, princeps exércitus. Sed Deus erat cum Iosépho et benedíxit ei. Ioséphus habitábat in domo dómini sui. Et Deus benedíxit domui Putíphari propter Ioséphum. Ioséphus ipse placuit Putípharo, et datum est ei ut administráret omnia negotia domus illíus. Sed uxor Putíphari odit Ioséphum, et accusávit eum crímine falso. Pútiphar crédidit verbis uxóris suae, et iecit Ioséphum in cárcerem. Sed Deus erat cum Iosépho, et dedit ei gratiam in conspectu príncipis cárceris.

ígitur - donc
emit - acheta
-que - et
administráre - gérer
negotium - affaire(s)
crimen - accusation
gratia - faveur
conspectus - vue (aux yeux de)
pistor - boulanger
pincerna - échanson
calix - coupe
vitis - vigne
propágo - branche
uva - raisin
pressit - pressa
restitúere - rétablir
ántea - auparavant

In hoc cárcere erant multi alii viri. Inter hos erant duo servi regis. Unus ex his fúerat pistor regis. Alius fúerat pincerna regius (ille ferébat calicem vini ad regem). Hi duo vidérunt somnia quadam nocte, et narravérunt somnia sua Iosépho. Pincerna narrávit somnium suum: "Vidébam coram me vitem in qua erant tres propágines in quibus uvae erant. Habui cálicem Pharaónis in manu mea, et pressi uvas in cálicem et dedi cálicem Pharaóni."

Ioséphus autem respondit ei: "Haec est interpretátio somnii: tres propágines, tres adhuc dies sunt. Post hos dies Pharao recordábitur tui et ministerii tui, et restituet te in locum tuum, et dabis ei cálicem secundum officium tuum, sicut ántea faciébas. Sed, cum venies in domum Pharaónis, rogo te ut loquáris pro me, ut exeam ex hoc cárcere. Quia vénditus sum e terra Hebraeórum a frátribus meis, et innocens missus sum in hunc cárcerem."

VOCABULARIUM

administráre, -ávit, -átus - administrer, gérer
émere, emit, emptus - acheter
restitúere, -ituit, -útus - rétablir, remettre

ántea (adv.) - avant, auparavant

magnus calix, ice - coupe
malum crimen, inis - accusation, charge
gratia, a - faveur, reconnaissance
negotium, o - occupation, affaire(s), peine, tracas

NUNC COGITEMUS

La première et la deuxième personne de l’imparfait de l’indicatif passif — Nous connaissons déjà la troisième personne de l’imparfait de l’indicatif passif et aussi la baguette: r, ris, tur, mur, mini, ntur. Mettez-les ensemble et nous avons ce que nous cherchons:

paraba

r
ris
tur
mur
mini
ntur

Et, puisque tous les imparfaits se ressemblent, point n’est besoin d’écrire ici d’autres exemples (mais écrivez-en quelques-uns à titre d’exercice…​)

Le pronom indéfini áliquis, áliquid — Il signifie quelqu’un, quelque chose. Il se décline exactement comme le pronom interrogatif quis, quid (voyez la leçon 38), sauf au nominatif-accusatif pluriel qui est áliqua et non áliquae. A-t-il le même sens que quidam? Non.

Quidam signifie un certain, quelqu’un ou quelque chose de précis, de bien déterminé, mais qu’on ne désigne pas plus clairement.

Áliquis signifie quelqu’un ou quelque chose, non déterminé mais existant.

L’adjectif indéfini — Ses formes ressemblent à celles du relatif qui, quae, quod, sauf à trois cas où l’on a la forme áliqua: au nominatif féminin singulier, au nominatif et à l’accusatif neutres pluriels. Au nominatif singulier, nous aurons donc áliqui, áliqua, áliquod.

L’enclitique -que — Dans le texte précédent, nous avons rencontré -que signifiant et. Il diffère de et de deux façons:

  1. -que s’ajoute à la fin du mot, mais se traduit avant;

  2. -que unit plus intimement que et: le français n’a qu’un seul et; le latin en a trois, exprimant un lien de plus en plus étroit dans l’ordre suivant: et, ac (atque), -que.

Et est le plus faible des trois, -que le plus fort en fait de liaison: agnus porcíque, le mouton et les porcs (le mouton aimerait autant et!).

NUNC EXERCEAMUS NOS

"Ioséphe, quare in Aegyptum ducebáris?" — "Fratres mei me odérunt." —  "Sed cur te odérunt? Conabáris áliquid mali contra eos fácere?" — "Nullo modo. Sed somnia habui: in uno somnio in agris cum eis eram, et adorábar a manípulis eórum. In áltero somnio a sole, luna, et úndecim stellis colébar." —  "Cum haec eis loqueréris, nonne timébas ne occideréris ab eis?" — "Útique, sed Deus non permísit ut occíderer ab áliquo; solúmmodo permísit ut vénderer servus in Aegyptum. Sed Deus bonus est, faciet ut bona etiam ex his malis meis veniant."

AUDIAMUS PLURA DE TERRA AEGYPTI

Quid loquebáris? Dicisne quod rex tuus est deus? Nos crédere hoc non póssumus: nos enim Hebraéi sumus, et unum verum Deum cólimus. Sed nihilóminus, de rege vestro audíre volumus. Quod est nomen eius? — "Nomen eius est Pharao." — "Et quis erat pater eius?" — "Pater eius etiam erat Pharao: semper enim reges nostros Pharao vocámus. Verum enim nomen eius est nomen sacrum. Non licet nobis pronuntiáre verum nomen eius." - "Quid ergo signíficat hoc verbum Pharao?" — "Signíficat: domus magna. Nemo enim in persóna secunda loqui potest huic regi. Semper dícimus de eo in tertia persóna. Póssumus dícere de "Quodam". Ille enim est etiam ka totíus terrae Aegypti." — "Sed quid significat illud verbum ka?" — "Difficile est explicáre. Pharao enim est, ut ita dicam (pour ainsi dire) ánima terrae huius. Omnia enim per eum vivunt. Sol etiam movétur potestáte eius. Sed etiam est protector Aegypti. Ítaque dúplici (double) sensu dícimus quod ille est ka totíus Aegypti." — "Sed nonne móritur rex vester? et si móritur, quo modo deus esse potest? Deus enim immortális est." — "Rex noster non solum est deus unus: est plures dei. Est Horus, id est, accípiter (épervier), qui est etiam sol in coelis. Sed etiam est Seth. Ítaque rex est duo dómini. Sed post mortem fit alius deus: fit Osíris, qui est deus, rex mortuórum." — "Sed nos crédere nólumus quod ille est deus qui semper rémanet et remanébit in sepulchro. Deus enim vere immortális est. Est rex vivórum et mortuórum."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Vous étiez appelé la grande maison.
Nous étions entendus par tous les hommes sur cette terre.
Joseph, (Josephe) tu as été acheté par des hommes d’Egypte.
Il essaiera d’administrer cette grande terre.
Qu’ils parlent à Joseph, car il rétablira toutes choses.
Je fus envoyé ici à cause d’une fausse accusation (employez l’ablatif sans préposition).
Tu as été rendu à (rétabli dans) la faveur de Pharaon.

DEBROUILLONS-NOUS

Pater materque eius magno affecti sunt dolóre putantes eum interfectum esse, cum re vera in terra Aegypti servus esset. Non solum autem in illa terra servus factus est Ioséphus, verum etiam in cárcerem propter odium uxóris dómini sui missus est. Cui, cum in cárcere esset, narravérunt somnia pincerna pistorque Pharaónis.

LECTIO SEXAGESIMA PRIMA

De prima et secunda persóna in indicatívo passívo praesenti
De pronómine: quis

Ioséphus, in cárcere in terra aliéna, iam interpretátus est somnium principis pincernárum Pharaónis. Sed etiam princeps pistórum Pharaónis narrávit somnium suum, dicens: "Et ego vidi somnium, quod tria canistra farínae habérem super caput meum. Et in uno canistro portábam omnes cibos qui fiunt arte pistoria, et aves coeli comedébant ex eo. Rogo te, ut éxplices mihi interpretatiónem somnii huius." Respondet Ioséphus: "Haec est interpretatio somnii: Tria canistra, tres adhuc dies sunt: post quos aúferet Pharao caput tuum, ac suspendet te in cruce, et aves cómedent carnes tuas."

aliénus - étranger
interpretári (déponent) - interpréter
canistrum - panier
farína - farine
auferre - enlever
suspéndere - suspendre
crux - croix
natalitius (dies) - anniversaire de naissance
convivium - banquet
porrígere - offrir
tamen - cependant
oblítus est - oublia
bos - vache
crassus - gras
pasci - paître
paluster - marécageux
deformis - laid
exílis - maigre
spica - épi
culmus - tige
plenus - plein
oríri - se lever

Et post tres dies natalitius Pharaónis erat, et in convivio Pharao recordátus est pincernae et pistóris qui erant in cárcere. Et restituit álterum in locum suum, ut porrígeret ei cálicem, álterum autem suspendit in cruce. Pincerna tamen oblítus est Ioséphi, et hic remansit in cárcere.

Post duos annos, vidit Pharao somnium. Putábat se stare ad flumen, de quo ascendébant septem boves pulchrae et crassae valde, et pascebantur in locis palústribus. Etiam aliae septem boves venérunt e flúmine, deformes et exíles valde, et septem deformes boves comedérunt septem pulchras boves.

Sed eadem nocte, Pharao vidit et aliud somnium. Septem spicae erant in culmo uno, et plenae et pulchrae erant. Sed aliae septem oriebantur, exíles valde, et septem exíles comedérunt septem pulchras. Post haec, Pharao surréxit a somniis suis, et térritus est. Et misit ad omnes vates in omni terra Aegypti, ut venírent et interpretarentur somnia sua. Sed non póterant.

(continuábitur)

VOCABULARIUM

auferre, ábstulit, ablátus (composé de ferre) - enlever quelque chose (acc.) à quelqu’un (dat.)
oblivisci, oblítus est (avec le gén. ou l’acc.) - oublier
oriuntur, oríri, ortus est - se lever
pasci, pastus est (avec l’abl.) - se nourrir de
suspéndere, -pendit, -pensus - pendre, suspendre

tamen - toutefois, cependant

aliénus, a, um - étranger, peu favorable
bos, bove (masc. ou fém.) - boeuf, vache
bona crux, cruce - croix

NUNC COGITEMUS

Les première et deuxième personnes de l’indicatif présent passif — Ici encore nous utilisons les terminaisons connues: r, ris, tur, mur, mini, ntur. Mais nous devons faire attention à la manière dont elles s’unissent aux verbes. Voici quelques exemples:

par

or
áris
átur
ámur
ámini
antur

hab

eor
éris
étur
émur
émini
entur

pon

or
eris
itur
imur
ímini
untur

cap

ior
eris
itur
imur
ímini
iuntur

aud

ior
íris
ítur
ímur
ímini
íuntur

Remarquez la ressemblance avec les formes actives du présent: dans la plupart des cas, nous remplaçons simplement les terminaisons actives par les passives, avec les mêmes voyelles, sauf que nous ajoutons le -r de la première personne au -o, ce qui nous donne -or. C’est comme si nous remplacions les terminaisons o, s, t, mus, tis, nt par or, ris, tur, mur, mini, ntur.

Remarquez les deux formes en caractères italiques (eris), elles sont irrégulières. On aurait dû trouver -iris dans les deux cas.

La meilleure manière de bien nous entendre avec ces formes, c’est encore de les apprendre par coeur. Mais bornez-vous, pour le moment, à les reconnaître; vous apprendrez avec le temps à les composer vous-mêmes. Comparez-les à celles du subjonctif présent: il existe certaines ressemblances.

Le pronom indéfini quis, quid — Sa déclinaison n’est pas difficile elle ressemble de très près à celle du pronom interrogatif quis, quod, que nous connaissons déjà. Il signifie: quelqu’un, quelque chose.

L’adjectif indéfini qui, quae, quod — Se décline comme le pronom relatif qui, quae, quod.

Emploi de l’adjectif et du pronom indéfinis — Leur sens est assez voisin de celui de áliquis indéfini (et de la forme adjective áliqui); mais le latin emploie quis, quid (pronom et adjectif) seulement après si, nisi, ne, num, an, au lieu de áliquis, áliquid.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Ioséphus vénerat ut fratres suos inveníret, sed cum ad eos venisset, noluérunt ei loqui. Ioséphus ítaque dixit: "Fratres mei, quid vultis? Quare non loquímini mihi? Irascímini mihi? Si quid contra vos feci, dícite mihi quid sit." Sed fratres coepérunt ligáre eum dicentes: "Somniátor es. Videas nunc quid prosint tibi somnia tua." Ioséphus autem: "Cur ligor a vobis? Conámini me interfícere?" Post áliquod tempus fratres vidérunt mercatóres venientes ad se, et vocavérunt eos: "Mercatóres, veníte ad nos. Vultis servum émere?" Sed Ioséphus dixit: "Quid nunc fácitis mihi? Cur vendor his viris?" Illi autem respondérunt dicentes: "Ódimus te. Discéde a nobis, sis servus in Aegypto."

NUNC AUDIAMUS PLURA DE AMICIS NOSTRIS IN AEGYPTO

Dans le texte qui suit, nous employons deux verbes qui se ressemblent fort:
iaciunt, iácere, iecit, iactus - jeter
iacére, iacuit, iacitúrus - être étendu

— Vélimus (nous voudrions) plura de hoc Osíride audíre. Quis erat ille? — Antíquis tempóribus Osíris erat rex in Aegypto. Uxor eius Isis vocabátur. Osíris et Isis hómines agros cólere docuérunt et frumentum comédere; nam ántea hómines in Aegypto alios hómines coméderant. Sed Osíris fratrem habuit, cuius nomen erat Seth. Seth Osíridem óderat, et eum occídere voluit. Ut hoc fáceret, Seth magnum fecit convivium (banquet) et invitávit Osíridem et uxórem eius Ísidem. Cum omnes cibos bonos coméderent in hoc convivio, Seth surréxit et dixit: "Audíte me, amíci mei! Volo magnum dare vobis donum (cadeau). Vidéte hanc arcam (coffre) egregiam in qua homo mortuus poni potest. Uni ex vobis volo hanc arcam dare. Si quis ex vobis eam habére vult, iáceat (s’étende) in hac arca. Ille cui aptíssima (elle convient le mieux) est, eam habébit!" Omnes qui convivio áderant voluérunt iacére in hac arca. Necesse enim est ut corpus mortui hóminis servétur, alióquin (autrement) ka eius vívere non potest. Inter alios, Osíris in hac arca iacébat, et arca ei aptíssima erat! Sed Seth et amíci eius celériter arcam clausérunt, et illam in flumen Nilum iecérunt. Ítaque haec arca, in qua erat Osíris, portáta est (a été transportée) aquis in mare, et in mari portáta est in quamdam urbem Phoeniciae quae Byblos vocabátur. Ibi arca in terra iacta est, et arbor (arbre) magna circa eam crevit (poussa). Sed quid fecit Isis? Isis audívit ubi corpus Osíridis esset, et in Phoeniciam venit. Ibi regem Phoeniciae rogávit ut corpus Osíridis licéret portáre (transporter) íterum in Aegyptum. Rex permísit ei hoc fȧcere. Sed Seth audívit Osíridem íterum esse in Aegypto. Ítaque venit et corpus eius in quatuórdecim (14) partes scidit (coupa). — Sed iam tempus est ut discedámus; audiémus te de hac re cras.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Tu es vendu aux Egyptiens.
Je suis conduit dans une terre étrangère.
Si quelqu’un vous interroge, dites: "Nous suivons Joseph."
Il demande si quelqu’un désire le voir.
Pharaon enlèvera votre tête et les oiseaux s’en nourriront (abl. seul).
Il demanda si quelqu’un oublierait Joseph.
Parce que le roi aime Joseph, nous demeurerons dans ce pays.

DEBROUILLONS-NOUS

Non solum hómines qui in cárcere sunt somnia vidére possunt, ipse enim Pharao nocte quadam duo somnia, quae omnes in terra Aegypti vates non possent interpretári (verbe déponent), vidit. His somniis visis, Pharao térritus est, sed virum qui interpretári posset in cárcere esse nescívit. Ioséphi enim pincerna cuius somnium olim in cárcere explicáverat, oblítus erat.

LECTIO SEXAGESIMA SECUNDA

De prima et secunda persóna in indicatívo passívo futúro
De casu vocatívo

Pharao, rex Aegypti, vocáverat omnes vates in terra Aegypti, ut interpretarentur somnia sua. Sed non póterant. Tum pincerna cuius somnium Ioséphus interpretátus erat, recordátus est Ioséphi, qui adhuc erat in cárcere, et locútus est Pharaóni: "Dómine mi rex, líceat mihi áliquid loqui. Servus tuus olim erat in cárcere, et etiam somnium somniávi. Sed mecum in cárcere erat puer Hebraéus, qui recte explicávit somnium mihi. Ego pollícitus sum quod recordárer eius, sed oblítus sum. Ille póterit interpretári somnium regis." Habet enim magnam sapientiam a Deo.

tum - alors
Dómine mi - mon Seigneur
somniáre - avoir un songe, rêver
recte - correctement
pollícitus - promis
praecípere - ordonner
sapientia - sagesse
addúcere - amener
plenus - plein
ubertas - abondance
implére - remplir
oblivio - oubli
trádere - livrer
cunctus - tout
praetéritus - passé
inopia - disette
pérdere - détruire
inveníre - trouver
sapiens - sage
praefícere - préposer

Rex ergo praecépit ut Ioséphus adducerétur ad se. Cum Ioséphus staret coram rege, Pharao narrávit ei duo somnia. Et Ioséphus respondit: "Duo somnia regis re vera unum sunt. Deus enim osténdere vult ea quae venient in terra Aegypti. Septem boves pulchrae et septem spicae plenae sunt septem anni ubertátis. Sed septem boves exíles et septem spicae exíles, septem anni famis sunt. Et hi anni hoc órdine implebuntur: Ecce primum venient septem anni fertilitátis magnae in universa terra Aegypti: quos sequentur septem anni tantae sterilitátis ut oblivióni tradátur cuncta abundantia praetérita. Fames enim consúmet omnem terram, et magnitúdo inópiae perdet magnitúdinem ubertátis. Deus misit duo somnia tibi, ut osténderet firmitátem consilii sui: quia haec omnia sine áliquo dubio venient super terram hanc. Nunc ergo inveniat rex virum sapientem et industrium, et praeficiat eum terrae Aegypti. Et hic vir praeficiat alios viros per cunctas regiónes, et servétur quinta pars (1/5) fructuum per septem annos fertilitátis. Et omne frumentum sit sub potestáte Pharaónis, et servétur in úrbibus. Hoc modo praeparétur futúrae fami septem annórum, ne consumétur terra Aegypti."

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

addúcere, -duxit, -ductus - amener à, influencer
pollicéri, -itus est - promettre
praecipiunt, -ere, -cépit, -ceptus - ordonner
praeficiunt, -ere, -fécit, -fectus - préposer, mettre à la tête de (Ioséphum frumento)
trádere, -didit, -ditus - livrer

tum - alors

inopia, a - besoin, disette
plenus, a, um - plein
sapientia, a - sagesse
magna ubertas, áte - fertilité, abondance

NUNC COGITEMUS

La première et la deuxième personne de l’indicatif futur passif - Comme d’habitude, il nous faut distinguer entre deux sortes de futur: l’un de la première et de la deuxième conjugaison, l’autre des troisième et quatrième conjugaisons.

A la première et à la deuxième conjugaison, il y a une irrégularité: -eris à la deuxième personne du singulier, où nous devrions avoir -iris. Nous avons donc un ensemble de terminaisons exactement semblables à celles du présent de pónere. Les voici:

parab

or
eris
itur
imur
ímini
untur

habeb

or
eris
itur
imur
ímini
untur

comparez avec le présent de ponere

pon

or
eris
itur
imur
ímini
untur

Nous avons donc en tout trois secondes personnes irrégulières au passif: deux au présent: poneris et cáperis, et une au futur: paráberis (ou habéberis, même chose). En face de ces irrégularités, le mieux est encore de les apprendre par coeur: póneris, cáperis, paráberis.

Aux troisième et quatrième conjugaisons, il s’agit seulement de mettre les terminaisons personnelles: r, ris, tur, mur, mini, ntur à la place de celles du futur actif: m, s, t, mus, tis, nt, comme ceci:

pon

ar
éris
étur
émur
émini
entur

cap

iar
iéris
iétur
iémur
iémini
ientur

aud

iar
iéris
iétur
iémur
iémini
ientur

Est-ce que certaines de ces formes ne ressemblent pas à d’autres que nous connaissons? Oui, la deuxième personne du singulier du futur ponéris, ressemble à celle du présent póneris, mais l’accent est différent.

Le vocatif — Lorsque nous appelons quelqu’un par son nom, nous employons le cas du vocatif (de vocare: appeler). Beaucoup de noms n’ont pas de forme spéciale au vocatif; alors nous employons le nominatif. A la deuxième déclinaison seulement, au singulier, nous avons deux terminaisons propres:

  • les noms en -us prennent -e: Marcus, Marce; Dóminus, Dómine;

  • les noms en -ius prennent -i: Porcius, Porci (Marcus Porcius Cato);

  • les adjectifs en -us et en -ius prennent -e: bonus, bone.

Remarquez le vocatif insolite de meus: mi dans l’expression Dómine mi Rex - Mon Seigneur le roi. C’est facile à apprendre: O mi egregie et bone Marce Porci!

NUNC EXERCEAMUS NOS

Ioséphus e cárcere in Aegyptum ductus est, et nunc coram Pharaóne stat. Pharao lóquitur: "Ioséphe, veni ad me." — "Quid vis a me, Dómine mi Rex?" — "Servus meus dicit quod tu conáberis interpretatiónem somniórum meórum dare. Si póteris, non solum e cárcere liberáberis, sed a me honoráberis." Cumque Ioséphus Regi explicavisset de fame futúra, Rex dixit: "Si septem anni famis in hanc terram venient, omnes moriémur." Ioséphus autem respondit: "Si consilium meum sequémini, servabímini et non moriémini. Praeficiat Rex virum qui frumentum servet per annos fertilitátis sub potestáte tua." Et Rex dixit: "Consilium tuum mihi placet: tu vocáberis Salvátor (Sauveur) mundi."

VELIMUS AUDIRE PLURA DE OSIRIDE

Iam audívimus ab amíco nostro Ptahotep quo modo Seth corpus mortui Osíridis invénit, quem Isis e Phoenicia reportáverat (avait rapporté). — Seth scidit corpus Osíridis in quatuórdecim partes, et sparsit (dispersa) partes per terram ad flumen Nilum — Sed quare fecit hoc? — Nescio, sed probabíliter ne Osíris posset esse immortális: homo enim non potest esse immortális sine corpore. Seth enim magno odit odio. Sed dei boni sunt. Non semper permittunt malis ut omnia quae volunt faciant. Ergo magnus deus Ra (qui est sol) duos alios deos misit, id est, Thoth et Anúbis. Hi dei quatuórdecim partes mortui Osíridis ínvenérunt, et partes eius per artem mágicam composuérunt (rassemblèrent). Tum Isis aperuit os eius (sa bouche) et vanno (éventail) flavit (souffla) spiritum in os eius. Hoc modo Osíris vitam recépit, sed non vitam huius mundi: Osíris enim in sepulchro remansit: deus mortuórum est. — Qui manet in sepulchro non vidétur nobis esse deus. Sed quo modo nunc fit rex Osíris? — Rex per mágicas artes fit Osíris. Olim plebs Aegyptíaca has artes nesciébat. Sed nunc omnes sciunt. Ergo per mágicas artes, omnes nos fiémus Osíris post mortem. Tum Ptahotep, non sine superbia, etiam dixit: Ipse etiam fiam Osíris! — Poteratne Osíris vindictam súmere (prendre sa revanche) de Seth? — Osíris et Isis filium habuérunt, cuius nomen erat Horus. Ille Horus post mortem Osíridis natus est. Sed Horus vicit Seth, et regnum sibi accépit. Ínsuper, Horus olim auxilium dedit etiam magno deo Ra. Quam propter causam, Horus in navi solis sedére potest. Omni nocte, haec navis solis návigat in Nilo quae sub terra est. Horus in navi sedet omni nocte, et defendit Ra a monstris quae sub terra sunt.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Nous serons sauvés par Joseph.
Tu seras conduit dans la maison du Pharaon.
Vous serez rétablis à vos postes (locus).
Vous et vos amis, vous m’oublierez.
Nous ne serons pas tués, car le Roi nous aime.
Je ne retarderai pas, mais je partirai promptement.
S’il me demande quelque chose, je promettrai de le faire.

DEBROUILLONS-NOUS

Ioséphum interpretátum (participe de interpretári) somnium praefecit Pharao omni terrae Aegypti. Ille autem explicáverat de septem annis ubertátis futúris, et de septem aliis annis famis futúris. Ut ostenderet firmitátem consilii sui, misit Deus Pharaóni duo quae eamdem significatiónem habérent somnia. Homínibus universae terrae praecépit Ioséphus ut frumentum serváretur in úrbibus sub Pharaónis potestáte.

LECTIO SEXAGESIMA TERTIA

Nihil novi…​ vetéribus studeámus

Consilium Ioséphi placuit Pharaóni et ómnibus ministris eius. Pharao ítaque locútus est ad eos: "Ubi inveníre potérimus talem virum, qui spíritu Dei plenus sit?" Dixitque Pharao Iosépho: "Quia ostendit tibi Deus omnia, quae locútus es, num sapientiórem virum inveníre pótero? Tu eris super domum meam, et ad tui oris imperium, omnis populus oboediet: uno tantum regni solio te praecédam. Ecce, constitui te super universam terram Aegypti."

sapientior - plus sage
os, ore - bouche
tantum - seulement
solium - trône
praecédere - précéder
constituit - établir
ánulus - anneau
currus - char
clamáre - crier
praeco - crieur, héraut
vértere - changer
salvátor - sauveur
circuívit - parcourir
arena - sable
coaequáre - égaler
horreum - grange

Pharao tulit ánulum de manu sua, et dedit eum in manum Ioséphi, vestimentaque melióra dedit ei. Fecitque eum ascéndere super currum suum secundum, clamante praecóne, ut omnes sciant Ioséphum secundam habére potestátem universae terrae Aegypti. Pharao etiam vertit nomen Ioséphi, et vocávit eum lingua Aegyptíaca "Saphaneth-phanee" (Nescímus significatiónem huius nóminis. Scientia enim linguae Aegyptíacae adhuc imperfecta est. Sanctus Hierónymus putábat hoc nomen probabíliter significáre "Salvátor mundi").

Ioséphus erat triginta annórum quando stetit ante Pharaónem. Post haec, Ioséphus circuívit omnes regiónes Aegypti. Venitque fertílitas septem annórum, cum magna abundantia omnium frumentórum. Tantaque fuit abundantia frumenti, ut arénae maris coaequarétur. Iubente Iosépho, multa frumenta pósita sunt in horrea Aegypti, ut servarentur in annos fertilitátis magnae. Venérunt etiam quos Ioséphus praedíxerat septem alii anni magnae famis. Etiam in aliis terris fames valde magna erat.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

circumíre, -íit (-ívit), -*itúrus - parcourir, faire le tour
constitúere, -stituit, -stitútus - établir, décider, fixer
praecédere, -cessit, -*cessúrus - précéder, aller devant
vértere, vertit, versus - tourner, changer, traduire

tantum - seulement

horreum, o - grange
magnum os, ore - bouche
bonus praeco, óne - héraut, crieur

VIDEAMUS FORMAS VETERES

Révision de tous les passifs

  1. Tous les passés passifs (parfait, plus-que-parfait, futur antérieur) emploient simplement le participe passé, suivi de la forme correspondante (présent, imparfait, futur) du verbe esse.

  2. Nous restons donc avec les temps simples du présent, imparfait et futur.

    1. Le présent et l’imparfait du subjonctif, l’imparfait de l’indicatif, utilisent simplement la baguette: r, ris, tur, mur, mini, ntur.

    2. A l’exception de póneris et cáperis, le présent de l’indicatif peut s’obtenir en remplaçant les terminaisons de l’actif: o, s, t, mus, tis, nt par celles-ci: or, ris, tur, mur, mini, ntur.

    3. Le futur de la première et de la deuxième conjugaison s’obtient en remplaçant les terminaisons de l’actif: o, is, it, imus, itis, unt par or, eris, itur, imur, imini, untur.

    4. Le futur de la troisième et de la quatrième conjugaison s’obtient en remplaçant les terminaisons de l’actif: m, s, t, mus, tis, nt par celles-ci: r, ris, tur, mur, mini, ntur.

EXERCICE

  1. Donnez au passif, la deuxième personne du singulier de tous les temps de l’indicatif et du subjonctif de: amáre, tenére, dúcere, vidére.

  2. Donnez au passif, la première personne du pluriel de tous les temps de l’indicatif et du subjonctif de: vértere, dare, merére.

  3. Donnez le vocatif de: Marcus Porcius Cato; Quintus Servilius, bon mouton.

ADHUC PLURA DE REBUS AEGYPTIACIS

Viri Hebraíci duo, amíci nostri, quodam die in terra Aegypti ambulábant (marchaient). Fere hoc modo unus ad álterum locútus est: "Ea quae Ptahotep nobis de Osíride et de régibus Aegypti narrábat, sunt mirabilia (merveilleuses). Sed non possum talia crédere: non enim fácile est crédere illa. Ínsuper prophétae nostri veritátem nobis dicunt: unum tantum esse Deum. Ergo certum est quod rex Aegypti re vera non est deus. Probabíliter quidam ex illis régibus mali sunt. Hodie si vidébimus Ptahotep, interrogábimus eum de hac re. Sed ecce, ibi ille est." — Ptahotep! Veni ad nos. Vólumus plura a te de terra tua audíre.

Ptahotep non odit de terra sua loqui, et de se. Celériter cucurrit (courut) ad amícos nostros: — Quid vultis, amíci mei? Forsan vos etiam vultis esse Osíris post mortem? — Hoc non vólumus. Sed dic nobis de magnis régibus Aegypti. Tu dicis eos esse deos. Nos, qui Hebraéi sumus, crédimus, sicut scis, solúmmodo unum Deum esse. Sed nunc, ne de quaestióne illa loquámur. Habémus aliam quaestiónem: suntne omnes reges Aegypti boni? — Útique, amíci mei: qui enim deus est, quómodo potest non bonus esse? — Ergo omnes reges Aegyptíaci credidérunt narratiónem de Osíride veram esse? — Hoc non nego: non omnes reges haec credidérunt.

(continuábitur cras)

DU FRANÇAIS AU LATIN

Promettras-tu de sauver l’Egypte?
J’essaierai de faire cela.
Il mit du grain dans les granges, pour que nous puissions être sauvés.
Nous savons pourquoi tu as été mis en prison.
Lui ayant donné un anneau, Pharaon mit Joseph à la tête de tout (toute la terre).
Mais le roi lui-même n’avait pas de grain; il leur ordonna de suivre Joseph.
Nous te vendons (tournez par le passif), parce que nous te haïssons.

DEBROUILLONS-NOUS

Ioséphi nomen a Pharaóne in aliud nomen versum est. Nomen novum eius erat: Saphaneth-phanee. Huius verbi significatiónem, cum sit in lingua Aegyptíaca quae quibusdam viris modernis nota est, nescímus. Cum enim multa de hac lingua nóverint, nihilóminus adhuc quaedam quae interpretári non possunt, rémanent. Salvatórem mundi hoc nomen significáre putávit Sanctus Hierónymus (saint Jérôme).

PSITTACUS ET MAGUS (Le perroquet et le magicien)

Quidam bonus magus laborábat in magna navi transatlantica. Omni nocte ostendébat artem suam aliis qui iter faciébant in hac navi. Sed psíttacus, cuius dóminus nauta erat, semper ridébat (riait): "Ille re vera non est magus! Nihil enim potest fácere evanéscere (disparaître) nisi cerevisiam (bière)". Illa nocte venit tempestas (tempête) magna in mari. Navis in qua amíci nostri erant mersa est (fut submergé). Sed magus et psíttacus serváti sunt, tenentes tábulam (planche). Cum ergo illi iam in aquis essent, psíttacus dixit: "Awk. Concédo (j’admets) te esse bonum magum, sed quid fecisti navi?"

LECTIO SEXAGESIMA QUARTA

De indicatívo futúro perfecto et de subiunctívo perfecto
De formis passívis modi imperatívi

Septem anni magnae famis iam áderant. Hómines venérunt ad regem, clamantes se non habére cibum. Pharao autem dicébat: "Ite ad Ioseph: et quidquid ille vobis díxerit, fácite." Etiam in terra Chanaan, in qua habitábat Iacob, pater Ioséphi, fames venit. Ille ergo misit decem ex filiis suis in Aegyptum ut émerent frumentum. Béniamin autem, filium suum mínimum, non misit in Aegyptum, ne quid mali accíderet ei.

quidquid - tout ce que
mínimus - le plus petit (jeune)
simuláre - faire semblant de
suspicári - soupçonner
explorátor - espion
pacíficus - paisible
ferte - apportez!
abíre - s’en aller
sermo - parole
merito - justement
pati - souffrir
peccáre - pécher
exquírere - réclamer
interpres - interprète
flere - pleurer
saccus - sac

Decem filii Iacob venérunt in Aegyptum, et vidérunt Ioséphum. Sed non scivérunt eum esse fratrem suum, forsan putavérunt eum iam mortuum esse. Ioséphus ipse scivit fratres suos, sed, ut probáret eos, non dixit se esse fratrem eórum. Interrogávit eos: "A qua terra venistis?" Qui respondérunt: "A terra Chanaan, ut emámus quae necessaria sunt. Omnes nos filii unius viri sumus. Pater noster duódecim filios habuit, e quibus decem venímus, mínimus cum patre nostro est, et alius non iam super terram est." Ioséphus autem simulábat se suspicári eos: "Re vera vos exploratóres estis, ut videátis munitiónes terrae huius venistis." Et misit eos in cárcerem. Post tres dies eduxit eos e cárcere et dixit eis: "Fácite quae dixi, et vivétis: Deum enim timeo. Si pacífici estis, frater vester unus ligétur in cárcere: vos autem abíte, et ferte frumenta quae emistis in domos vestras, et fratrem vestrum mínimum ad me addúcite ut possim vestros probáre sermónes, et non moriámini." Fratres ergo locúti sunt ad ínvicem: "Mérito haec pátimur, quia peccávimus in fratrem nostrum. Ergo venit super nos haec tribulatio," E quibus unus, Ruben, dixit: "Nonne dixi vobis: Nolíte peccáre in púerum, et non audivistis me? Ecce, sanguis eius exquíritur." Fratres autem nesciébant quod intellígeret Ioséphus, quia per intérpretem loquerétur ad eos. Ioséphus autem flevit, et mox reversus est ad eos. Ioséphus iussit Simeónem ligári, illis praesentibus, et etiam iussit pecuniam poni in saccis eorum. Cum in via essent, vidérunt pecuniam esse in saccis suis. Et timuérunt multum.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

abíre, -iit, -*itúrus - s’en aller
flere, flevit, fletus - pleurer
patiuntur, pati, passus est - souffrir
peccáre, -avit, -*atúrus - pécher

mérito - avec raison, à bon droit, justement

bonus explorátor, óre - espion, éclaireur
mínimus, a, um - le plus petit
bonus sermo, óne - parole, conversation

NUNC COGITEMUS

Le futur antérieur de l’indicatif actif — Nous prenons la deuxième partie du verbe, le parfait actif, et nous remplaçons la terminaison de la troisième personne du singulier par:

ero

érimus

eris

éritis

erit

erint

ainsi:

paráv

ero

parav

érimus

eris

éritis

erit

erint

Remarquez que ces terminaisons ressemblent à celles du futur de esse, sauf à la troisième personne du pluriel: -erint est là au lieu de -érunt.

Traduction: j’aurai préparé, tu auras préparé, il aura…​

Le subjonctif parfait actif — Les terminaisons de ce temps ressemblent à celles du futur antérieur de l’indicatif, sauf à la première personne du singulier: -erim et non -ero. Notez l’accent à la deuxième et troisième personne du pluriel:

Futur antérieur de l’indicatif

Parfait du subjonctif

paravérimus

paraverímus

paravéritis

paraverítis

L’emploi du subjonctif parfait — Nous l’avons déjà vu (il s’agissait du parfait passif) dans la Leçon 57. Mais voyons-le de nouveau, on ne le rencontre d’ordinaire que dans les propositions subordonnées, lorsque le verbe de la principale est au présent ou au futur. Le sens général montrera quelle est la différence entre le présent et le parfait du subjonctif, en passant du français au latin. Etudiez les deux exemples suivants, l’un avec le présent, l’autre avec le parfait du subjonctif:

  • Rogat e qua terra vénerint, Il demande de quelle terre ils sont venus.

  • Rogat ubi sint, Il demande où ils sont.

L’impératif passif — Au singulier les terminaisons sont celles de l’infinitif actif:

amáre

habére

ponere

cápere

audíre

sois aimé!

sois eu!

sois placé!

sois pris!

sois entendu!

Au pluriel, les terminaisons sont celles de la deuxième personne du pluriel de l’indicatif présent passif:

parámini

habémini

ponímini

capímini

audímini

Les verbes déponents prennent les mêmes terminaisons, y compris celles du singulier qui ressemblent à des infinitifs actifs. Par exemple:

lóquere - parle!

loquímini - parlez!

NUNC EXERCEAMUS NOS

Iacob filios suos ad se vocávit, dixitque eis: "Nisi eméritis frumentum nobis in Aegypto, omnes nos moriémur. Proficiscímini ergo celériter." Unus ex filiis eius eum interrogávit: "Pater, quid faciémus, si Rex nolúerit frumentum véndere?" Cui Iacob respondit: "Ferte pecuniam multam vobiscum, et loquímini illi de magna fame in terra nostra. Sed praecipue (principalement) oráte ad Deum nostrum. Si nos omnia quae póssumus fecérimus, Ille nos non relinquet."

Sed in Aegypto Ioséphus primum simulat se eos non novisse, et intérrogat eos num contra Aegyptum vénerint.

DE REGE AEGYPTI HAERETICO

Deinde Ptahotep rem novam dixit: Re vera, unus ex régibus nostris olim factus est haeréticus! — Haeréticus! Hoc valde mirábile est. — Útique; nomen eius fuit Amenhotep quartus. Sed ille rex significatiónem huius nóminis non amávit; nomen enim signíficat: "Satis est pro Amen". Mutávit ítaque nomen suum, et se vocávit Ikhnaton, quod signíficat: "Ille qui agit pro Aton". Aton enim est sol. Ikhnáton dixit quod Aton erat solus Deus; hoc modo símilis vobis Hebraéis erat." — Nos scimus solúmmodo unum verum Deum esse, sed non póssumus dícere quod sol est solus Deus: sol enim non solum non solus deus est, sed etiam sol omníno non est Deus. Deus enim verus vidéri óculis (yeux) mortálibus non potest. Sed si Aton est sol, nonne etiam Ra est sol, et Horus est filius solis? — Útique, veritátem dixistis, sed diversis (divers) modis illi sunt sol. Sed, ut revertámur ad quaestiónem nostram: Ikhnáton dixit solum Aton deum esse. Ergo omnes alii dei, secundum illum non sunt re vera dei: re vera non sunt. Séquitur ut Osíris non sit deus, et nos omnes, qui putámus nos fíeri Osíridem post mortem, nihil érimus. Quam propter causam, omnes boni Aegyptíaci noluérunt verbis Ikhnáton crédere. Ikhnáton Aton colébat, sed omnes alii colébant Ikhnáton et alios deos multos. — Ikhnáton ítaque se esse deum non putávit? — Útique. Videtisne omnes has statuas regum antiquórum? Nonne vidétis divinam maiestátem (majesté) in faciébus (figures) eórum? Sed Ikhnáton iussit statuas picturasque de se fíeri aliis modis; in his statuis Ikhnáton non vidétur esse deus, vidétur esse homo aeger. Sed iam tempus est ut discédam; narrábo vobis plura de hoc rege cras.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il demande pourquoi nous avons essayé de vaincre l’Egypte.
En réalité, nous ne sommes pas venus ici pour vaincre le pays, mais pour acheter du blé.
Puisqu’il nous a avertis, nous devons le craindre.
Nous souffrons ces choses justement, puisque nous avons vendu notre frère.
Joseph s’en alla, pour qu’il pût pleurer.
Je lui demanderai pourquoi Ikhnaton voulait détruire tous les autres dieux.
Pour qu’ils ne le reconnaissent pas (ne connaissent pas), Joseph leur parla par interprète.

DEBROUILLONS-NOUS

Frátribus per intérpretem lóquitur Ioséphus suis interrogatque eos qua ex terra vénerint et quid habére velint. Et iussit eos: "Loquímini mihi de ómnibus quae vultis veritátem et parámini ut faciátis omnia quae vobis díxerim. Cum enim multis videámini viri boni esse, mihi exploratóres esse vidémini. Ut bellum contra nos faciátis venistis."

LECTIO SEXAGESIMA QUINTA

De participiis futúris passivis
De casu obiectívo spatii et témporis

Novem fratres Ioseph, pecunia reperta in saccis, timuérunt accédere ad patrem suum. Timébant etiam de salúte Simeónis, quem Ioséphus coegit manére in Aegypto. Ítaque, dolentes accessérunt ad patrem suum, et narravérunt ei omnia quae accíderant eis in Aegypto. Ómnibus audítis, Iacob doluit vehementer et flevit. Praesertim nolébat míttere Béniamin cum eis in Aegyptum, sicut Ioséphus mandáverat. At necesse erat émere frumentum, ne omnes perírent. Ítaque, magno cum metu, permisit eis ut redírent in Aegyptum cum Béniamin. Misit etiam cum eis multa egregia dona.

repertus - trouvé
accédere - s’approcher de
salus - salut (vie)
manére - demeurer
dolére - s’affliger
vehementer - fortement
mandáre - ordonner
amíttere - perdre
at - mais
metus - crainte
donum - cadeau, présent
cena - dîner
dispensátor - intendant
laváre - laver
pes - pied
continére - retenir
cubiculum - chambre à coucher

Cum eos vidisset, Ioséphus mandávit servis suis ut cenam parárent. Fratres autem térriti sunt, dicentes: "Hic vir vult fácere omnes nos servos suos, propter pecuniam quam repérimus in saccis nostris." Venérunt ítaque ad dispensatórem domus Ioséphi, et narravérunt ei de pecunia reperta in saccis. At ille dixit eis: "Pax vobiscum, nolíte timére: Deus vester, et Deus patris vestri, dedit vobis pecuniam in saccis vestris. Nam pecuniam quam dedistis mihi accépi." Eduxitque ad eos Simeon. Deinde duxit eos in domum et dedit eis aquam ut lavárent pedes suos. Postea Ioséphus ipse venit et interrogávit eos: "Vivitne adhuc pater vester?" Qui respondérunt: "Útique, pater noster, servus tuus, adhuc vivit." At cum Ioséphus vidisset Béniamin, non potuit se continére, sed discessit in cubículum suum et flevit.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

accédere, -cessit, -*cessúrus - aller vers, s’approcher
amíttere, -mísit, -missus - perdre
dolére, -uit, -*itúrus - s’affliger
mandáre, -ávit, -átus - confier, ordonner
manére, mansit, *mansúrus - demeurer
reperíre, ré(p)perit, repertus - trouver, découvrir

at - mais

metus, u - crainte
mille - mille (voir plus bas)
bona salus, -úte - salut, vie sauve

NUNC COGITEMUS

L’adjectif verbal (participe futur passif) — On l’obtient en ajoutant au radical du verbe la terminaison -ndus, qu’on fait précéder des voyelles de liaison de l’imparfait de l’indicatif. Nous pouvons donc prendre n’importe quelle personne de l’imparfait de l’indicatif, e.g. la troisième personne du singulier, lui enlever le -bat et ajouter à la place -ndus. L’adjectif verbal possède toutes les terminaisons de bonus. Exemple:

parandus

habendus

ponendus

capiendus

audiendus

Son emploi — Il exprime l’obligation. Etudiez l’exemple suivant: Hoc est faciendum mihi - il me faut faire ceci. Il est bon de retenir cette façon de traduire l’adjectif verbal, qui convient à tous les cas ordinaires: il faut, suivi de l’infinitif français.

Remarquez que, dans l’exemple précédent, nous trouvons le datif qui exprime l’agent. D’ordinaire nous employons ab et l'ablatif, sauf avec l’adjectif verbal.

Remarquez aussi que l’adjectif verbal est habituellement accompagné d’un verbe à forme personnelle, sorte d’auxiliaire, soit le verbe esse, ou un autre de même nature, tel que vidéri.

Maintenant, remarquez ceci: Hoc est faciendum mihi peut aussi se traduire: Je dois faire ceci. Par conséquent, le pronom latin qui est au datif devient le sujet en français, et nous employons le verbe devoir devant l’infinitif. Grâce à ce tour, nous pouvons traduire de surprenantes expressions latines qu’on ne peut rendre telles quelles en français, parce que certains verbes n’ont pas de passif dans notre langue (en latin, il s’agit de passifs impersonnels), e.g.,

  • Eundum est tibi - Tu dois y aller.

  • Veniendum est mihi - Je dois venir.

C’est une construction vraiment commode, une fois qu’on s’y est habitué. Il y faut un peu d’entrainement, et nous l’aurons…​

L’accusatif d’extension dans l’espace et dans le temps — L’accusatif sans préposition peut exprimer la distance et la durée. Etudiez les phrases suivantes:

  • Erat in cárcere tres dies - il fut en prison (pendant) trois jours;

  • Caesar tria millia passuum castra posuit - César établit son camp à trois mille pas.

Mille — C’est notre mille (1 000) français, mais son comportement est particulier:

  • au singulier, il signifie mille (un millier) mais ne se décline pas, tout en accompagnant le nom comme un adjectif: Mille viri - mille hommes;

  • au pluriel, signifiant plusieurs milliers, il est un nom neutre pluriel de la troisième déclinaison et demande le génitif: tria millia virórum - trois mille hommes (milliers d’hommes).

Il s’écrit parfois milia au lieu de millia.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Iacob, pater duódecim filiórum, dixit filiis suis: "Fames magna iam venit in terram nostram. Sed audívi frumentum esse in Aegypto. Quid ergo faciendum est nobis? Frumentum emendum est in Aegypto. Discedendum est vobis, et in Aegyptum est eundum (de ire) vobis. Dona bona sunt ferenda vobis ad regem terrae illíus, ut ille det vobis sufficientiam omnium bonórum. Non revertendum est vobis sine frumento." Ad quae Simeon respondit: "Pater mi, omnia quae dicis nobis facienda sunt, et nos ea faciémus celériter. Plura verba nunc non sunt dicenda. Statim discedémus."

PLURA DE IKHNATON

Próximo die Hebraéi nostri íterum amícum suum Ptahotep vidérunt. Sine mora (retard) ille ad eos venit, quia multa adhuc remanébant dicenda de rege haerético. Quibus interrogántibus, Ptahotep respondit: "Ikhnaton non conversus est ab haéresi sua: mortuus est in impietáte sua. Post regnum breve regis Smenkh-ka-Re, factus est rex alius vir, vel, ut veritátem dicam, puer. Novus enim rex adhuc puer fuit cum in solium Aegypti veníret. Nomen huius regis fuit Tutankha-ton. Significatio huius nóminis vobis clara est: vos enim linguam nostram scitis, signíficat: "Imágo viva de Aton". Hunc regem, cum puer adhuc esset, sacerdótes Armen coegérunt relínquere vanam religiónem Aton, et redíre ad deum magnum, Amen. Hoc modo "Amen" scriptus est religióni Aton. Et nomen regis mutátum est in Tutankhamen, cuius significatiónem fácile vidére potestis. Ille paucos regnávit annos et mortuus est."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il y a beaucoup de choses à faire.
Pourquoi nous faut-il aller en Egypte?
Nous devrons marcher plusieurs jours et plusieurs milles.
Mais nous devons avoir du blé, ou nous mourrons tous.
Les Egyptiens pensaient que la religion d’Aton devait être détruite.
Il s’ensuit qu’Osiris également n’est pas un dieu.
Ikhnaton ne pensait pas que lui-même devait être vénéré.

DEBROUILLONS-NOUS

Multa millia passuum iter fécerant Ioséphi fratres, ántequam in saccis pecuniam invenérunt. Qua inventa multum doluérunt dixéruntque; "Quid faciendum nobis? Revertendum ad virum magnum illum in Aegyptum? An in terram nostram? Ducendus erit nobis ad eum etiam frater mínimus quem pater amat, Béniamin? Dolendum erit patri nostro, si ille ducendus est."

PSITTACUS (perroquet) SUB AULAEO FERREO (rideau de fer)

Quodam die in Hungaria, miles Rússicus superbus in tabernam (taverne) venit ut bíberet (boire) Vodkam. Et, cum bíberet, vidit et etiam audívit psíttacum. Psíttacus saepe dicébat: "Mors Communistis! (Communista, a - un communiste) Mors Communistis!" Miles vehementer irátus est haec verba audiens, dixitque caupóni (cabaretier): "Cras (demain) íterum in hanc tabernam veniam; si psíttacus iste adhuc in hoc loco est, mors tibi et psíttaco." Caupo timuit multum. Cum ergo Communista discessisset, caupo tollens psíttacum suum, cum dolóre ivit ad sacerdótem, explicavitque ei difficultátem suam. Cui sacerdos respondit: "Fili mi (mon fils), nulla difficultas est. Ego etiam psíttacum habeo. Dabo tibi psíttacum meum, et tuum accipiam." Reversus est ítaque caupo, cum psíttaco sacerdótis. Próximo die, cum novus psíttacus in taberna esset, idem miles Rússicus in tabernam venit, bibitque Vodkam. Cumque bíberet, semper psíttacum spectábat, exspectabatque audíre: "Mors Communistis!" Psíttacus autem haec verba non dixit. Tandem (enfin), cum multam Vodkam bibisset, et nullum verbum ex psíttaco audivisset, miles in ira dixit psíttaco: "Euge, euge (allons)! Mors Communistis!" Et psíttacus celériter respondit ei: "Dóminus det (de dare) tibi id quod rogas, fili mi!"

LECTIO SEXAGESIMA SEXTA

Nihil noví hodie…​ vetéribus studeámus

Ítaque undecim fratres cenam cum Iosépho habuérunt, sed non cognovérunt eum esse fratrem suum. Cogitábant eum esse virum Aegyptíacum qui magnam habébat auctoritátem. Sed etsi hi fratres olim volúerant nocére Iosépho, hic noluit nocére eis. Ínsuper, Ioséphus dedit eis multa bona múnera; sed dedit máxima Béniamin. Et iam tempus erat ut discéderent. Ioséphus ítaque iussit ministros suos implére saccos eórum frumento. Sed etiam iussit pecuniam clam poni in saccis omnium, et in sacco Béniamin poni scyphum suum argenteum.

cena - dîner
cognóvit - connaître
cogitáre - penser
auctóritas - autorité
etsi - bien que
nocére - nuire
munus - présent
clam - secrètement
scyphus - coupe
argenteus - d’argent
cónsequi - atteindre
portáre - transporter
pes - pied
proiécit - jeter
céteri - les autres

Cumque fratres iam iter fácerent in terram suam, misit Ioséphus servos suos post eos. Qui, consequentes fratres, accusavérunt eos, dicentes unum ex eis cepisse scyphum argenteum. Fratres deposuérunt saccos in quibus frumenta portábant, eosque aperuérunt. Ecce in ore sacci Béniamin inventus est scyphus argenteus Ioséphi!

Omnes térriti sunt. Reversi sunt ad domum Ioséphi. Cumque vidissent eum, se in terram ante pedes eius proiecérunt dixeruntque: "Ecce, omnes servi érimus tibi, dómino nostro." Sed Ioséphus respondit: "Nullo modo ita fiat, sed is qui cepit scyphum meum, ille sit servus meus. Céteri, discedátis ad patrem vestrum." Iudas ítaque, accédens ad Ioséphum, voluit clam loqui cum eo, dixitque: "Dómine mi, loquátur servus tuus verbum tecum. Ne irascáris servo tuo. Ego pollícitus sum patri nostro quod servárem vitam huius púeri. Pater enim noster amat eum amóre magno. Nisi puer reversus erit ad patrem nostrum, pater moriétur. Da mihi ut maneam hic, et sim servus tuus pro eo."

VOCABULARIUM

cogitáre, -ávit, -átus - penser
cognóscere, -nóvit, -nitus - apprendre (à connaître), d’où le sens du parfait: connaître, savoir
cónsequi, secútus est - suivre, rejoindre, atteindre
nocére, nocuit, *nocitúrus (avec le datif) - nuire
portáre, -ávit, -átus - porter, transporter

clam - secrètement, à la dérobée
etsi - même si, bien que

magna auctóritas, -áte - autorité, influence, crédit
bonum munus, múnere - charge, fonction, présent, don

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez le futur antérieur actif de l’indicatif de: praecédere, cogitáre, nocére.

  2. Donnez le futur antérieur passif de l’indicatif de: cognóscere, flere, mandáre.

  3. Donnez le subjonctif parfait actif de: manére, accédere, dolére.

  4. Donnez le subjonctif parfait passif de: reperíre, amíttere, constitúere.

  5. Donnez l’impératif présent passif de: amíttere, reperíre, vértere.

Revoyons l’emploi des temps du subjonctif — Maintenant que nous connaissons les quatre temps du subjonctif, complétons nos connaissances sur leur emploi. Une loi gouverne cet emploi: c’est la loi de la concordance des temps (consecutio témporum). Elle est facile et elle nous dit quel temps choisir dans une subordonnée (entre deux temps du subjonctif) d’après le temps du verbe de la principale.

  1. Si le verbe de la principale se rapporte au présent (ou au futur) nous employons le présent ou le parfait (d’après le sens général):

    • Cum Caesar haec sciat, non vult veníre - bien que César connaisse ces choses, il ne veut pas venir.

    • Cum Caesar Galliam vícerit, Románi laeti sunt - parce que César a vaincu la Gaule, les Romains sont contents.

  2. Si le verbe de la principale se rapporte au passé, nous employons l’imparfait ou le plus-que-parfait (toujours d’après le sens général de la phrase):

    • Cum Caesar haec sciret, non voluit veníre - bien que César connut ces choses, il ne voulut pas venir.

    • Cum Caesar Galliam vicisset, Románi laeti erant - parce que César avait vaincu la Gaule, les Romains étaient contents.

Remarque — Les temps des subordonnées des deux premiers exemples sont appelés temps absolus, parce que le verbe de la principale est à un temps du présent ou du futur.

Les temps des deux exemples suivants sont appelés temps relatifs, parce que le verbe de la principale est à un temps du passé. (1)

(1) Sur cette question de temps absolus et de temps relatifs, consulter les diverses grammaires latines, entre autres ERNOUT & THOMAS, Syntaxe latine, Klincksieck, 1951, p. 186s. Voir également GREVISSE, Le bon usage, n° 619, remarque 2.

PHARAO VULT AUDIRE DE VITA IOSEPHI

Quodam die, Pharao cum Iosépho in palatio loquebátur: "Audívi de te, quod servus eras, ántequam somnium meum interpretátus es. Quis véndidit te ut servus esses?" Cui respondit Ioséphus: "Dómine mi rex, quia tu ímperas, véritas dicenda est. Quodam die díxerat pater meus mihi: Eundum tibi. Videndum si omnia bona sint cum frátribus tuis. Cum víderis eos, et invéneris omnia bona esse, redeundum ad me. Revéra fratres meos timébam. Me enim odérunt. Dixi enim in corde meo: Si víderint me fratres mei, forsan ligábor, forsan nocébunt mihi; forsan etiam interficiar ab eis." Et Pharao interrogávit: "Quare timendi erant fratres tibi? Féceras áliquid mali contra eos?" Cui Ioséphus: "Nihil mali féceram. Sed illi malum fécerant, et ego patri meo narrávi. Ínsuper, duo somnia habui. Somnia videbantur significáre quod fratres mei debérent me adoráre super terram." Cui Pharao: "Et nonne somnia vera erant? Revéra adorandus es eis nunc! Sed réliqua narranda de frátribus." Ioséphus ergo narrávit: "Sicut dicébam, timébam fratres. Sed pater meus locútus erat. Facienda erant omnia quae ille voluit. Pater enim a Deo nostro auctoritátem habet. Sed, cum consecútus essem fratres, in perículo eram. Cum enim me vidissent, comprehendérunt et ligavérunt. Sed unus ex frátribus, Ruben, rogávit alios ut me in cisternam mítterent. Postea, mercatóribus euntibus in hanc terram vénditus sum. In hac terra, sicut audivisti, emptus sum a Putipharo. Sed uxor eius accusávit me. Pútiphar ergo me vocávit et dixit: "Estne verum id quod uxor mea dicit? Revéra malum fecisti?" Cui ego: Malum non feci. Nihilóminus, in cárcerem missus sum. Ibi mihi manendum erat multos dies. Duo autem servi vestri somnia etiam habuérunt. Haec interpretátus sum pro eis. Et a pincerna petívi: Cum in palatium íterum véneris, ne obliviscáris mei. Sed loquáris pro me ad regem, ut egrediar ex hoc loco. Nihilóminus, pincerna, cum restitútus esset, mei oblítus est multos dies. Sed in palatium vocátus sum ut interpretȧrer somnium vestrum."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Nous ne savons pas qui était le Pharaon, qui ne connaissait pas Joseph.
Savez-vous pourquoi il voulait nuire aux Hébreux?
Pendant plusieurs années, Joseph avait fait beaucoup de bonnes choses pour l’Egypte.
Néanmoins le peuple souffrait de si grands maux, qu’il demanda à Dieu de le délivrer.
Leur salut était au pouvoir de Dieu.
Pharaon essaya de les rejoindre, mais il ne le put pas.
L’armée du roi d’Egypte fut détruite dans la mer.

DEBROUILLONS-NOUS

Cum Iosépho, fratre suo, quem non cognoscébant, cenam habébant alii fratres. At, cum venisset ut discéderent tempus, iussit Ioséphus poni in saccis eórum íterum pecuniam. Sed, ut vidére posset num adhuc invidia moverentur, iussit ille clam in sacco Béniamin scyphum poni argenteum suum. Consecúti eos ministri Ioséphi, ubi scyphum posuissent interrogavérunt. In Béniamin sacco invento illo, multum doluérunt.

LECTIO SEXAGESIMA SEPTIMA

De gerundívis finálibus
De datívo possessiónis

Ex his verbis Iudae, et etiam ex eis quae alii fratres fécerant, Ioséphus póterat scire fratres suos non iam malos esse, non iam invidiam habére sicut olim habúerant cum vénderent eum in Aegyptum. Ítaque, his audítis, Ioséphus non iam póterat se continére, sed confestim iussit servos suos abíre ne quis adesset praeter fratres. Elevavitque vocem suam, flens multum, ita ut Aegyptii omnisque domus Pharaónis audíverint, et dixit frátribus suis: "Ego sum Ioséphus. Valetne pater meus?" Non póterant respondére fratres, nimio terróre térriti. Ad quos ille sine ira: "Accédite ad me. Ego sum frater vester, quem vendidistis in Aegyptum. Nolíte timére, neque vobis durum videátur quod vendidistis me in his regiónibus: pro salúte enim vestra misit me Deus ante vos in Aegyptum. Iam enim duos annos habúimus famem. Adhuc quinque anni famis venient. Sed Deus misit me ante vos ut habeátis frumentum quo ali possítis in hac fame. Non vestro consilio, sed Dei voluntáte huc missus sum. Deus enim fecit me quasi patrem Pharaónis. Pharao enim dedit mihi magnam potestátem, ut secundus post ipsum regam universam terram hanc. Sed celériter ite ad patrem meum, et dicétis ei: "Haec mandat filius tuus Ioséphus: Deus fecit me dóminum universae terrae Aegypti. Descende ad me, ne moréris, et habitábis in terra Gessen. Ibique te alam: quinque enim anni famis adhuc sunt." Dixitque etiam Ioséphus frátribus suis: "Ecce, óculi vestri et óculi fratris mei Béniamin vident quod os meum loquátur ad vos. Dícite patri meo universam gloriam meam, et omnia quae vidistis in Aegypto. Celériter ágite, et addúcite eum ad me."

continére - retenir
confestim - tout de suite
praeter - excepté
elevávit - éleva
valére - être en santé
durum - dur
álere - nourrir
huc - ici
quasi - comme
régere - gouverner
morári - tarder
óculus - oeil

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

álere, aluit, álitus - nourrir
continére, -tinuit, -tentus - retenir, contenir
régere, rexit, rectus - gouverner
valére, valuit, *valitúrus - être en bonne santé, bien portant

confestim - à l’instant même, tout de suite
praeter (avec l’acc.) - outre, en dehors de, excepté

durus, a, um - dur
óculus, o - oeil

NUNC COGITEMUS

L’adjectif verbal, que nous connaissons déjà, peut servir à rendre l’idée de but. Nous avons déjà vu que le latin peut exprimer le but au moyen de ut suivi du subjonctif. A l’encontre du français, le latin emploie rarement l’infinitif à cette fin. Mais l’adjectif verbal n’est pas plus difficile à manier que l’infinitif: il s’agit de s’y habituer. Exemples: Venit ad videndum Caésarem - il vint pour voir César.

Remarquez que la forme videndum est adjective et s’accorde avec Caésarem. Toute l’expression ad videndum Caésarem est à l’accusatif, demandé par la préposition ad. Remarquez que l’expression complète correspond à un infinitif français suivi d’un complément: pour voir César.

Maintenant, à la place de ad, on trouve d’autres prépositions. Les plus employées sont causa et gratia (en rigueur de terme, ce ne sont pas des prépositions, mais quelque chose d’approchant), qui suivent leur complément au lieu de le précéder comme le fait ad, et demandent le génitif. Exemple: Venit videndi Caésaris causa ou Venit videndi Caésaris gratia. Le sens est toujours: il vint pour voir César.

Nous devons donc dire que ad, causa ou gratia, suivis de l’adjectif verbal, équivalent à un infinitif français exprimant le but. (Certaines autres prépositions s’emploient également avec l’adjectif verbal, mais point n’est besoin de les apprendre maintenant; ce sont surtout: ob, propter, suivis de l’accusatif, pro, suivi de l’ablatif.)

Le datif de possession — Les langues, comme les peuples, diffèrent. Toutes n’expriment pas les mêmes choses de la même façon. Le français préfère dire: Il a un livre. Le latin peut aussi le dire: Habet librum. Mais le latin raffole du tour suivant: Un livre est à lui, lui appartient - Liber est ei.

NUNC EXERCEAMUS NOS

Venérunt in Aegyptum ad emendum frumentum. Sed Ioséphus, fratrum probandórum causa, non dixit se esse fratrem eórum. Misit eos ad patrem suum ad Béniamin reportandum. Cum Béniamin venisset, Ioséphus scyphum, qui ei erat, posuit in sacco Béniamin. Hoc fecit ad eos probandos. Voluit vidére num invidia esset eis.

PHARAO ITERUM CUM IOSEPHO LOQUITUR

Próximo die Pharao íterum cum amíco nostro Iosépho loquebátur: "Ioséphe, iam narravisti mihi quaedam de frátribus tuis. Quot (combien) fratres tibi sunt?" Cui Ioséphus: "Dómine mi rex, úndecim mihi fratres sunt." Et Pharao interrogávit: "Quare venérunt fratres tui in hanc terram?" — "Fames venit in terram eórum, et pater misit eos in terram Aegypti ad emendum frumentum", dixit Ioséphus. Cui rex: "Venérunt omnes fratres in itínere primo? Solúmmodo decem vidi tum." Ioséphus autem explicávit: "Verum est, dómine mi rex, solúmmodo decem venérunt in itínere primo. Pater enim meus magnópere amávit filium mínimum, Béniamin, et noluit míttere eum. Sed nisi fratres meos in terram eórum íterum ad Béniamin in Aegyptum ducendum. Díxeram eis: "Nonne vobis est etiam alius frater?" His audítis, fratres probabíliter timébant et cogitábant de me, quem vendíderant ut servus essem. Sed nescivérunt me: loquébar enim eis per intérpretem." — "Sed audívi", dixit rex, "te posuisse pecuniam íterum in saccis eórum cum reverterentur. Quare hoc fecisti?" — "Revéra", ait Ioséphus, "nolui pecuniam eórum accípere. Non enim odi eos: fratres enim mei adhuc sunt. Et ínsuper, nolui pecuniam accípere pro frumento ad patrem meum alendum." — "Sed nonne etiam audívi", interrogávit rex, "te posuisse scyphum argenteum, qui tibi est, in sacco Béniamin postea, cum discéderet cum aliis frátribus tuis? Quare hoc fecisti? Num volébas eum scyphum tuum habére?" — "Non hoc volui", explicávit Ioséphus, "sed hoc feci ad fratres meos probandos. Volébam vidére num invidia eis adhuc esset contra fratrem meum mínimum. Propter hanc causam ergo imperávi ut scyphus in sacco eius ponerétur. Cum autem illi reversi essent ad palatium, et audivissem eos loquentes, et vidissem illis nullam invidiam esse, non potui me continére. Flendum erat, et flevi."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Allons en Egypte pour acheter du blé.
L’armée vint rapidement pour prendre les Hébreux.
Mais Dieu conduisit les Egyptiens dans la mer pour les détruire.
Joseph n’avait pas d’argent lorsqu’il vint en Egypte.
Maintenant il a beaucoup de bonnes choses.
Joseph ordonna que l’argent soit mis dans leurs sacs pour les éprouver.
Dieu l’envoya en Egypte pour sauver ses frères.

DEBROUILLONS-NOUS

Ad probandos fratres suos fecit haec omnia Ioséphus. Non ad eos qui merúerant pati puniendos persecútus est fratres. Non enim sicut illis, ita Iosépho invidia erat. Illi enim ei ob malam voluntátem suam nocére volúerant, vendentes eum in terram aliénam servum. Ipse autem eis pro malis bona dedit eórum servandórum causa.

LECTIO SEXAGESIMA OCTAVA

De gerundio
De datívo fináli et datívo iudicantis

Post haec, Ioséphus dedit munera bona síngulis frátribus suis, et proficiscéntibus illis dixit: "Ne irascámini in via." Qui ascendentes ex Aegypto, venérunt in terram Chanaan ad patrem suum Iacob, et nuntiavérunt ei, dicentes: "Ioséphus filius tuus vivit, et ipse dominátur in omni terra Aegypti. Quo audíto, Iacob, quasi de gravi somno evígilans, tamen non credébat eis. Illi narravérunt ei omnia de Iosépho et de magna copia omnium rerum quam habébat. Cumque Iacob vidisset omnia quae míserat filius suus, dixit: "Satis est mihi si adhuc filius meus vivit: ibo et vidébo eum ántequam moriar." Profectus est ergo cum ómnibus quae habébat, et filii eius et líberi filiórum eius cum eo. Venérunt ad fines Chanaan, ibique Iacob sacrificium Deo óbtulit. His factis, in visióne noctis, Iacob audívit Deum vocantem se et dicentem sibi: "Iacob, Iacob." Cui respondit: "Ecce, adsum." Dixitque ei Deus: "Ego sum Deus patris tui: noli timére. Descende in Aegyptum, quia in gentem magnam faciam te ibi. Ego descendam tecum in terram illam, et ducam te revertentem. Ioséphus etiam ponet manus suas super óculos tuos."

sínguli - un à un
nuntiávit - annonça
dominári - règne
gravis - lourd
somnus - sommeil
evigiláre - s’éveiller
copia - abondance
líberi - enfants
appropinquáre - approcher
cucurrit - courut
osculári - baiser
tribúere - donner
óptimus - le meilleur
aetas - âge
quot - combien

Cum Ioséphus audivisset patrem suum iam appropinquáre, ascendit ad videndum eum. Vidensque eum, cucurrit et osculátus est eum flevitque multum, Ioséphus etiam nuntiávit Pharaóni patrem suum venisse. Pharao laetus fuit, et mandávit Iosépho tribúere patri suo terras óptimas. Cumque Pharao vidisset Iacob, interrogávit eum de aetáte eius: "Quot sunt dies annórum vitae tuae?" Qui respondit: "Dies mei sunt centum triginta anni, parvi et mali."

(continuábitur)

VOCABULARIUM

appropinquáre, -ávit, -átus (dat.) - approcher, s’approcher
cúrrere, cucurrit, *cursúrus - courir
tribúere, -it, -útus - attribuer, donner

magna aetas, áte - âge
copia, a - abondance, ressources (au plur.: troupes)
gravis, e, i - lourd, sérieux
líberi, is (plur.) - enfants
óptimus, a, um - excellent, le meilleur
sínguli, ae, a (plur. seulement) - un à un, chacun

NUNC COGITEMUS

Le gérondif — Le gérondif est un substantif verbal, moitié nom, moitié verbe (comparez-le avec le participe, moitié verbe, moitié adjectif). Mais il n’a que quelques cas: le génitif, le datif, l’accusatif et l’ablatif singuliers: i, o, um, o (aucune autre forme).

Quels sont ses emplois? — Il y en a deux:

  1. Il sert à exprimer le but, avec ad, e.g.: Venit in silvas septentrionáles ad piscandum - il vint dans les forêts du nord pour pêcher. (Evidemment, nous pourrions aussi avoir: piscandi causa, piscandi gratia, ob piscandum, etc.)

  2. Il sert, comme nom verbal, de substitut à l’infinitif latin (qui ne se décline pas) et correspond souvent au participe présent français précédé de en. Divers tours sont possibles, mais il n’y a pas d’ordinaire de complément direct. Exemples:

    1. Amor piscandi traxit eum in silvas - L’amour de la pêche (de pêcher) l’entraîna dans les bois.

    2. Exspectando, Fabius servávit Romam - En attendant (temporisant), Fabius sauva Rome.

    3. Fabricando fit faber - C’est en forgeant qu’on devient forgeron (prov.).

Le datif d’intérêt et de destination, ou double datif — Ces deux sortes de datif se rencontrent assez souvent ensemble, aussi les appelle-t-on: double datif. En voici un exemple: Hoc est auxilio mihi - Ceci m’est une aide.

Le sens de chacun de ces deux datifs est assez facile à saisir: le premier, auxilio, exprime la destination d’une chose, ce à quoi elle sert; le deuxième, mihi, exprime la personne qui en bénéficie, dans l’intérêt de laquelle la chose existe ou se fait (ceci est destiné à être une aide pour moi). En latin, il s’appelle datívus cómmodi ou iudicantis.

PHARAO ET IACOB

Cum patrem suum vidisset, Ioséphus laetus erat, et cucurrit ad eum videndum. Pharao etiam ipse Iacóbum vidére voluit. Ductus est ítaque in palatium. Pharao locútus est: "Placet mihi valde te vidére. Multa de te audívi a filio tuo. Nonne multos annos habes?" Cui Iacob: "Non multos, solúmmodo centum triginta annos." — "Filius tuus egregius", dixit Pharao, "magna somnia vidit, potuitque interpretári somnia mea. Credo Deum misisse eum salúti omni terrae Aegypti. Vidisti tu etiam somnia áliqua?" — "Útique", respondit lacob, "quadam nocte máximum somnium vidi. Faciébam iter in Haran. Nox me in quodam campo invénit. Lapides (pierres) ítaque tuli, et posui sub cápite meo, dormiendi causa. Et ecce! In somnio vidi scalam (échelle). Scala a terra ascendébat ad coelum ipsum! In scala, ángelos Dei vidi, ascendentes et descendentes per eam. Sed in coelo ipso Dóminum Deum nostrum vidi, et locútus est mihi: Terram hanc, in qua dormis, tibi tribuam, et filiis tuis. Faciam enim te in gentem magnam." — Magnum miráculum erat", respondit Pharao, "sed vellem de hac promissióne Dei tui audíre. Quid fecit Ábraham, pater tuus?" — "Quodam die apparuit ei Deus, et imperávit ut sacrificáret filium suum Isaac. Deus promíserat Ábrahae quod fáceret eum in gentem magnam per Isaac; sed, postea, iussit Isaac duci in montem ut sacrificarétur. Ábraham autem crédidit Deo: Deus enim potest omnia fácere quae vult. Quando Deus lóquitur, credendum est, non interrogandum. Sed, cum filium ligavisset ad occidendum, ángelus Dómini ei apparuit, imperavitque ut cáperet ariétem ad sacrificandum. Non enim interficiendus erat Isaac. Sacrificium enim humánum Deo nostro non placet."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Joseph fut envoyé en Egypte pour le salut de ses frères (double datif).
Beaucoup de nations devaient être vaincues, avant que les Hébreux n’entrent en Palestine.
En restant en Egypte, Joseph devint un grand homme.
L’amour du gouvernement (de gouverner) a perdu beaucoup d’hommes.
Joseph pardonna à ses frères.
Il fut serviteur du roi (dat.).
Jacob était alourdi (lourd) par l’âge, mais grand par ses oeuvres.

DEBROUILLONS-NOUS

Cumque vidisset Ioséphus fratres suos non iam nocendi voluntátem habére, se esse fratrem eórum confessus est: "Quem in Aegyptum vendidistis sum, frater vester. Nec vobis timendum est: salúti enim vobis me in hanc terram misit Deus patrum nostrórum. Mihi autem dedit Deus voluntátem vobis ignoscendi quae fecistis. Omnium bonórum copiam vobis tribuam."

LECTIO SEXAGESIMA NONA

De participio et infinitívo in témpore futúro actívo
De verbis regéntibus dúplicem obiectívum

Post haec, Iacob benedíxit Pharaóni et discessit. Ioséphus autem patri suo agros tribuit in Gessen, parte Aegypti valde fértili. Gratum enim erat Pharaóni iuváre Hebraéos ob mérita óptima Ioséphi. Iacob et céteri Hebraéi habuérunt copiam omnium bonórum. Hoc modo annos septémdecim vixit Iacob. Cum autem cérneret mortem suam appropinquáre, Iacob benedíxit duóbus filiis Ioséphi, Ephraim et Manasse. Post haec Iacob vocávit filios suos, et ait eis: "Veníte ut annuntiem quae ventúra sunt (sur le point d’arriver) vobis in diébus novissimis. Veníte et audíte, filii Iacob, audíte Israel, patrem vestrum." Et locútus est Iacob prophetiam longam de filiis suis et de eis quae ventúra essent eis in diébus novissimis. Inter alia haec dixit, benedícens Iudae: "Non auferétur sceptrum de Iuda, et dux de fémore eius, donec veniat ille qui mittendus est; et ipse erit exspectátio gentium."

benedícere - bénir
gratus - agréable
iuváre - aider
ob - à cause de
céteri - les autres
cérnere - voir
ait - il dit
novissimus - dernier
ventúrus, a, um - à venir
auferre - enlever
femur - cuisse
donec - jusqu’à ce que
usque - jusqu’à
sepelíre - ensevelir
rúere - se précipiter
fácies - face
praecípere - commander
arómata - aromates
condíre - embaumer

Haec prophetía lóquitur de Christo qui ventúrus erat. Pópulus enim Israel semper habuérunt duces suos usque ad tempus in quo Christus venit: illo autem témpore non habuérunt regem Iudáicum, sed regem ex alia terra, ex Idumaea (Idumée): Heródem. Christus re vera est ille quem omnes gentes exspectavérunt.

Prophetía finíta, Iacob imperávit filiis suis ut sepelírent eum in terra Chanaan in loco suo, et mortuus est. Ioséphus, cernens patrem suum mortuum esse, ruit super faciem eius, flens multum. Et praecépit servis suis médicis ut aromátibus condírent patrem suum. Et omnis Aegyptus flevit eum septuagínta dies.

VOCABULARIUM

ait - il dit
benedícere, -dixit, -dictus (parfois avec le datif) - bénir
cérnere, crevit, cretus - voir, discerner, distinguer
iuváre, iuvit, iutus - aider, plaire
rúere, ruit, rutus - tomber, crouler

donec - pendant que, jusqu’à ce que
usque ad -jusqu’à

céteri, ae, a - les autres, le reste
gratus, a, um - agréable

NUNC COGITEMUS

Le participe futur actif — Depuis un certain temps, nous avons rencontré et appris une troisième forme de verbe, qui n’était pas le participe passé. Elle était précédée d’un astérisque ( * ). Toutes se terminaient par -úrus. En fait, cette forme existe pour tous les verbes: on n’a qu’à remplacer le -us final du participe passé par -úrus. Cette forme en -úrus possède toutes les terminaisons de bonus, e.g.: parátus devient paraturus, a, um. Le sens n’est pas difficile à retenir: sur le point de préparer, allant préparer, destiné à préparer.

L’infinitif futur actif — Si nous employons l’infinitif esse (être) avec un participe futur actif, nous avons un infinitif futur actif. N’oublions pas de mettre la bonne terminaison au participe (qui s’accorde en genre, en nombre et en cas). Rappelez-vous qu’une des formes du style indirect emploie l’accusatif suivi de l’infinitif, e.g.:

  • Dicit Caésarem veníre - Il dit que César vient.

  • Dicit Caésarem venisse - Il dit que César est venu.

Maintenant, voici la même forme avec l’infinitif futur:

  • Dicit Caésarem ventúrum esse - Il dit que César viendra.

  • Dixit Caésarem ventúrum esse - Il a dit que César viendrait.

Remarquez la terminaison de ventúrum qui s’accorde avec le sujet de la proposition infinitive, Caésarem. Remarquez aussi que l’infinitif exprime le temps par rapport à celui du verbe principal. Donc:

  • l’infinitif présent exprime une action faite en même temps que l’action du verbe principal;

  • l’infinitif parfait exprime une action faite avant l’action du verbe principal;

  • l’infinitif futur exprime une action faite après l’action du verbe principal.

Le double accusatif — Quelques verbes (que l’usage ou le dictionnaire nous apprendra) peuvent avoir deux compléments à l’accusatif en latin: Rogat Marcum pecuniam - Il demande à Marc de l’argent.

Mais le verbe pétere, qui signifie lui-aussi demander, ne prend pas deux accusatifs: Petit pecuniam a Marco.

DE PROPHETIA IACOB

Tempóribus Véteris Testamenti, Deus pópulo suo multos misit prophétas ad eos iuvandos. Hi prophetae multa quae ventúra erant dixérunt. Sed etiam patriarchae Iacob et Ioséphus prophetias de rebus futúris dedérunt. Quodam die Ioséphus audívit patrem suum aegrum esse. Cogitávit ergo patrem suum moritúrum esse. Et verum erat: Iacob revéra moritúrus erat. Cumque ad eum venisset Ioséphus, Iacob eum monuit de promissiónibus Dei. Deus enim promíserat se factúrum esse eos in magnum pópulum. Dixitque se tributúrum esse eis terram Chanaan. Benedíxit ítaque Iacob duóbus filiis Ioséphi, dixitque gentes magnas ventúras esse ex illis filiis. Etiam praedíxit Deum íterum ductúrum esse pópulum suum ex terra Aegypti in terram Chanaan. Non dixit Ioséphum ipsum habitatúrum esse in terra patrum ipsíus. Ioséphus enim remansúrus erat in Aegypto et moritúrus erat ibi.

Cum ergo Iacob haec dixisset, vocávit etiam alios filios suos ut annuntiáret eis multa ventúra. In benedictióne et prophetia data Iudae, dixit sceptrum non discessúrum esse a Iuda donec veníret ille qui mittendus erat. His verbis vidétur prophetáre pópulum Iudáicum semper habitúrum esse duces suos, donec veníret tempus Christi. Christus enim erat ille qui mittendus erat. Iacob etiam praedíxit multa alia ventúra esse filiis suis. His prophetiis datis, mortuus est Iacob.

Simíliter, Ioséphus ipse, ántequam mortuus est, prophetávit Deum ductúrum esse Hebraeos ex terra Aegypti in terram quam eis promíserat. Scivitne Ioséphus etiam Hebraéos multa passúros esse in terra Aegypti, ántequam discéderent? Diffícile est dícere. Si revéra haec scivit, Sacra Scriptúra non dicit eum praedixisse eos talia passúros esse.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Nous sommes sur le point d’entendre une prophétie.
Il dit que ces choses nous arriveront (viendront) dans les derniers jours.
Ils le pleurèrent 70 jours.
Jacob leur fit une prophétie, (à savoir que) les Hébreux auraient leurs propres chefs jusqu’à ce que le Christ vienne (subjonctif latin).
Jacob vit que la mort viendrait bientôt.
Il plut à Pharaon d’aider les Hébreux.
Joseph courut pour voir son père.

DEBROUILLONS-NOUS

Ioséphus Pharaóni patrem suum ventúrum esse dixit, et Pharaónem bona multa frátribus suis rogávit. Qui illi ut terram óptimam eis daret, imperávit. Iuvit enim Pharaónem iuváre fratres patremque Ioséphi. At, ante mortem suam, prophetíam magnam datúrus erat Iacob, Ioséphi pater, de rebus ventúris. Inter alia de Messia futúro praedíxit nonnulla: eum mittendum esse, cum dux de Iuda non iam esset.

LECTIO SEPTUAGESIMA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

Post mortem patris sui, Ioséphus iit ad Pharaónem, dixitque ei: "Pater meus cupívit sepelíri in terra patrum suórum, in Chanaan. Ascendam igitur, et sepeliam patrem meum ac revertar." Dixitque ei Pharao: "Ascende et sepéli patrem tuum sicut pollícitus es." Cum ergo Iacob condítus aromátibus esset secundum morem Aegypti, Ioséphus profectus est ut iret in terram Chanaan. Et iérunt cum eo omnes senes domus Pharaónis, et multi alii.

cúpere - désirer
ígitur - donc
condítus - embaumé
mos - coutume
senex - vieillard
supplicium - châtiment
súmere - prendre
obsecro - supplier
exércere - exercer
malitia - malice
pronus - prosterné
salvus - sauf
prope - près de
visitáre - visiter
os, osse - os
lóculus - cercueil

Cumque sepelivissent Iacob, reversi sunt in terram Aegypti. Quo mortuo, timentes fratres eius dixérunt: "Ne Ioséphus nunc irascátur nobis, velitque supplicium súmere de nobis ob peccáta nostra, eámus (allons) ad eum." Dixeruntque ei: "Pater tuus praecepit nobis, ántequam morerétur, ut haec tibi in nómine suo dicerémus: "Obsecro ut obliviscáris peccatórum fratrum tuórum, et malitiae quam exercuérunt contra te."

Quibus audítis, flevit Ioséphus. Veneruntque ad eum fratres sui, et proni adorantes in terram dixérunt: "Servi tui sumus." Quibus ille respondit: "Nolíte timére. Num póssumus Dei resistere voluntáti? Vos cogitavistis de me malum: sed Deus vertit illud in bonum, ut exaltáret me, sicut nunc cernitis, et salvos fáceret multos pópulos. Nolíte timére. Ego alam vos et líberos vestros."

Ioséphus vixit in Aegypto cum omni domo patris sui. Vixitque centum decem annos, et vidit filios Ephraim usque ad tertiam generatiónem. Cumque sentíret finem vitae suae prope esse, locútus est frátribus suis: "Post mortem meam Deus visitábit vos, et ascendere vos faciet de terra hac ad terram quam pollícitus est ad Ábraham, Isaac et Iacob. Portáte ossa mea vobiscum de loco hoc." Et mortuus est, et condítus aromátibus, pósitus est in lóculo in Aegypto.

VOCABULARIUM

cupiunt, cúpere, -ívit, -ítus - désirer
exercére, -uit, -itus - exercer, entraîner
súmere, sumpsit, sumptus - prendre (sumere supplicium de eo - le punir, i.e. tirer un châtiment)

igitur - donc
prope - près de

bonus mos, more - coutume, usage (au pluriel - moeurs, caractère)
durum os, osse - os (cf. os, ore - bouche)
bonus senex, sene - vieillard
supplicium, o - châtiment

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Traduisez les phrases suivantes de toutes les façons possibles:

    1. Joseph fut envoyé en Egypte pour sauver ses frères.

    2. Il faut que je l’aide.

  2. Traduisez de deux façons: il a dix frères.

  3. Quel est l’adjectif verbal de: álere, régere, cúrrere, tribúere, benedícere, auferre?

  4. Donnez l’infinitif futur actif de: cérnere, rúere, appropinquáre.

ITER FACIAMUS IN ALIAS TERRAS

Ad Orientem a Iudaéa habitátur terra magna et antíqua. Huius terrae nomen est Mesopotamia. Significatio huius nóminis nobis paucis verbis explicári potest. Est enim nomen Graecum: flumen in Graeca lingua dícitur potamós, et medius in eadem lingua dícitur mesos. Mesopotamia ergo terram quae inter flúmina est signíficat. Et verum est, nam terra duóbus magnis flumínibus irrigátur, scílicet (c’est-à-dire) Tígride et Euphráte. Haec duo flúmina, scílicet Tígris et Euphrátes, terram hanc habitábilem (habitable) faciunt. Quidam hómines in hac terra paradísum fuisse putant. Quorum sententia nec probári nec omníno improbári potest. Certum est hómines hanc habitavisse terram saltem (au moins) quinque millia annórum ante Christi nativitátem.

In Aegypto, flumen Nilus diluvium (inondation) omni anno facit. Aegyptii haec diluvia amant: sine his diluviis, terra eórum nullo modo habitábilis esset (serait). In Mesopotamia etiam diluvia sunt. Saepe haec diluvia sunt bona: praebent (fournissent) aquam ad irrigatiónem necessariam. Sed saepe etiam agros et domos huius terrae delent.

Multae fábulae mirábiles (merveilleuses) in hac terra narrantur. Inter alia, narratiónem épicam de Gílgamesh habent. Quidam hómines putant Homérum scripsisse primum épicum. Sed verum non est: narratio enim de Gílgamesh compósita est multis saéculis (plusieurs siècles) ante poémata Homérica. Cras mirábilem narratiónem de hoc Gílgamesh audiémus.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il faut que la Mésopotamie ait des inondations pour arroser la terre.
L’amour du commandement (de gouverner) est un danger pour beaucoup d’hommes.
Pour nourrir une armée, beaucoup de nourriture est nécessaire.
Il n’y a personne ici, sauf nous, les Egyptiens.
Jacob a dit que le Christ viendrait.
Joseph a dit que les Hébreux quitteraient l’Egypte.
Ses frères craignaient que Joseph ne les punît.

DEBROUILLONS-NOUS

Ad sepeliendum patrem suum in terra patrum eius, ex Aegypto cum multis ex Aegypti senióribus profectus est Ioséphus. Iacob enim moritúrus rogáverat Ioséphum sepulchrum in terra illa. Post haec autem, fratres eius ne illi esset voluntas puniendi se, timébant. Qui timentes ei appropinquavérunt, rogaveruntque ne irascerétur.

LECTIO SEPTUAGESIMA PRIMA

De formis comparatívis et superlatívis
De ablatívo comparatiónis

Post mortem Ioséphi, Hebraéi fuérunt in Aegypto multos annos. Et crevérunt número, ita ut multi Aegyptii mirarentur et timérent. Etiam rex Aegypti animadvertit Hebraéos factos esse numerósos. Post annos multos venit in solium Aegypti Pharao qui ignorábat Ioséphum. Hic rex contemnit Hebraéos et quaesívit quo modo deléret eos. Ait ítaque ad pópulum suum: "Ecce, pópulus filiórum Ísrael multus, et fortior (plus fort) nobis (que nous) est. Veníte, opprimámus eum, ne, si bellum contra nos veniat, transeat ad hostes nostros, et, victis nobis, egrediátur e terra."

crevit - augmenta
mirári - s’étonner
animadvertit - remarqua
ignoráre - ignorer
contémnere - mépriser
quaesívit - chercha
opprímere - écraser
transíre - passer
égredi - sortit
praeposuit - mettre à la tête de
afflígere - charger
onus - fardeau
gráviter - lourdement
statim - aussitôt
párvulus - petit enfant
ábdidit - cacha
sporta - corbeille
cálamus - jonc
ripa - rive
procul - loin
spectáre - regarder

Praeposuit ígitur eis magistros duros, ut afflígerent eos onéribus. Et aedificavérunt Pharaóni duas urbes, Phithom et Rámesses. Cumque magistri duri opprímerent eos, Hebraéi crescébant número, oderantque filios Israel Aegyptii, et affligébant eos.

Cum Pharao animadvertisset Hebraéos, etsi gráviter oppressos, adhuc créscere, mandávit ut omnes púeri Hebraeórum interficerentur statim post nativitátem suam.

Inter alios púeros Hebraéos, natus est unus párvulus pulcher. Mater eius ábdidit eum tres menses post nativitátem eius. Sed post haec, putans se non iam posse serváre puerum, posuit eum in sporta, inter cálamos in aqua ad ripam flúminis Nili. Soror huius púeri stetit procul, et spectábat fratrem párvulum suum.

Ecce, venit filia Pharaónis cum puellis suis, videruntque párvulum. Filia Pharaónis mota est misericordia, videns hunc párvulum, et dixit: "De infántibus Hebraeórum est hic."

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

animadvértere, -vertit, -versus - remarquer, faire une remontrance
contemnere, -tempsit, -temptus - mépriser
créscere, crevit, cretus - croître, augmenter (comparer les temps de cérnere)
mirári, -átus est - s’étonner, admirer
quaérere, quaesívit, quaesítus - chercher
spectáre, -ávit, -átus - regarder

statim - aussitôt

durum onus, ere - fardeau

NUNC COGITEMUS

Le comparatif des adjectifs — En français, un adjectif peut être précédé d’un adverbe de comparaison et se présenter de trois façons:

célèbre

plus célèbre

le plus (très) célèbre.

Nous avons donc un adjectif au positif (célèbre), au comparatif (plus célèbre) et au superlatif (le plus ou très célèbre). Certains adjectifs ont des formes (en fait, il s’agit d’autres mots) différentes pour chaque degré de comparaison, e.g.: bon, meilleur, excellent.

Le latin, lui, possède des terminaisons (ce sont des suffixes) particulières qui remplacent l’adverbe français plus; les voici: -ior, -ius (masculin et neutre). Ils s’ajoutent à l’adjectif après qu’on lui a enlevé la terminaison de l’ablatif singulier (il reste le radical): clarus, claro — clar-ior, clar-ius.

Nous avons déjà rencontré quelques-uns de ces mots, tel que melior; et c’est précisément sur melior que se déclinent tous les comparatifs. Ils appartiennent tous à la troisième déclinaison et ont l’ablatif singulier en -e.

Le superlatif se forme de la même façon, en ajoutant -íssimus, a, um au radical de l’ablatif singulier; il se décline sur bonus.

Nous aurons donc: clarus, clarior, clarissimus, que nous traduirons ainsi:

  • au comparatif: clarior - plus célèbre; passablement célèbre

  • au superlatif: clarissimus - le plus (ou très) célèbre.

Comparatifs et superlatifs irréguliers — Tous les adjectifs ne se modèlent pas sur clarus. Certains font exception:

  1. les adjectifs en -er (comme acer, pulcher) ont leur superlatif en -rimus (qui s’ajoute au nominatif masculin singulier): acerrimus, pulcherrimus;

  2. six adjectifs ont leur superlatif en -limus (qui s’ajoute au radical de l’ablatif singulier):

fácilis

facíllimus

(facile)

diffícilis

difficíllimus

(difficile)

símilis

simíllimus

(semblable)

dissímilis

dissimíllimus

(dissemblable)

húmilis

humíllimus

(humble)

grácilis

gracíllimus

(mince)

  1. plusieurs adjectifs très usités ont des formes inattendues (nous connaissons déjà les plus importants); les voici:

bonus

melior

óptimus

malus

peior

péssimus

parvus

minor

mínimus

multus

plus (plus n’a ni masculin ni féminin singulier)

plúrimus

magnus

maior

máximus

Le complément du comparatif — Comment traduirons-nous le que qui suit un comparatif? De deux façons (au choix):

  1. par quam (même cas après qu’avant): Ioséphus melior est quam Pharao;

  2. par l’ablatif: Ioséphus melior est Pharaóne.

DE POEMATE EPICO: GILGAMESH

Quo témpore compósitum est hoc poema? Nescímus: probabíliter fere saéculo vigésimo secundo (2200) ante Christum. Certe antiquius est poemátibus Homéricis. Sed ad narratiónem ipsam procedámus.

Gílgamesh rex duríssimus erat, qui urbem quae vocabátur Erech regébat. Pauci reges crudelióres erant illo Gílgamesh. Cives ígitur huius urbis, ad liberandos se ipsos, in urbem vocavérunt quoddam monstrum. Nomen huius monstri fuit Eabáni: ille erat semibestia et semíhomo. Gílgamesh (qui etiam fere monstrum erat) factus est amícus huius Eabáni. Hi duo ítaque ex urbe profecti sunt ad venandum (chasser).

Veniunt in silvas (forêt) cedrínas (de cèdre) occidentáles. Ibi terríbile inveniunt monstrum (multa monstra sunt his tempóribus), cui nomen est Humbába. Quidam deus tempestátum, Enlil nómine, Humbábam in hac silva posuit, ad custodiendam (garder) eam. Humbába terríbilis est; at amíci (!) nostri, id est Gílgamesh et Eabáni, terribilióres sunt quam Humbába. Ítaque Humbábam interficiunt! Fere hoc témpore, quamdam mulíerem (femme) vident, vel potius (plutôt) deam quae vocátur Ishtar. Ishtar ítaque, ira mota, quia contempta est a Gílgamesh, mittit aliud monstrum, quod vocátur "taurus (taureau) coelórum", contra eos. Sed Gílgamesh et amícus eius hunc taurum coelórum celériter interficiunt. Quidam poeta dixit: "Etiam in inferno non est furor (rage) furiosior quam mulier quae contempta est." Ítaque, Ishtar facit ut Eabáni aeger fiat et moriátur.

(continuábitur)

DU FRANÇAIS AU LATIN

Gilgamesh est plus cruel que Humbaba.
Etait-il le roi le plus cruel au monde?
Les Hébreux croissaient et devenaient plus nombreux (plus grands en nombre) que les Egyptiens.
Joseph était plus agréable à son père que le reste de ses frères.
En courant rapidement, il échappa à ses ennemis.
Marc est brave, Jules est plus brave, et Auguste est le plus brave de tous.
L’autorité du roi ne doit pas être méprisée.

DEBROUILLONS-NOUS

Peccáta eórum ignoscendo eis monstrávit Ioséphus se illis meliórem esse. Post cuius mortem Hebraéi crescendo celériter facti sunt numerosíssimi. Etsi non erant ipsis Aegyptiis numerosióres, causam dedérunt timendi. Quos rex ipse, ne ad hostes transírent, timuit. Quam propter causam, ut infantes mox post nativitátem interficerentur, imperávit rex.

LECTIO SEPTUAGESIMA SECUNDA

De adverbiis
De nomínibus neutrálibus declinatiónis quartae

Quaedam mulier Hebraeórum ausa erat serváre filium suum párvulum tres menses, etsi Pharao mandáverat ut omnes púeri Hebraeórum interficerentur statim post nativitátem suam. At, post tres menses, non iam póterat abscondere eum, exposuitque eum in sporta in aquam inter cálamos ad ripam flúminis Nili. Filia Pharaónis invenit eum. Eodem témpore soror púeri párvuli spectábat, et cum vidisset filiam Pharaónis desideráre curáre eum, cucurrit celériter ad eam. Cui soror púeri ait: "Vis ut vadam et vocem tibi mulierem Hebraeam, quae curáre possit infántulum?" Quae respondit: "Vade." Puella vadit et vocávit matrem suam, quae erat mater huius párvuli. Ad quam locúta filia Pharaónis: "Áccipe, ait, púerum istum, et ale eum mihi: ego dabo tibi mercédem tuam." Suscépit mulier púerum sine mora, et aluit eum. Post paucos annos, dedit illum filiae Pharaónis. Illa autem adoptávit eum in locum filii, vocavitque nomen eius Móysen dicens: "Quia de aqua tuli eum." (Nomen "Móyses" probabíliter est solúmmodo pars secunda nóminis huius púeri. Multi reges Aegypti habent similia nómina, e.g., Thutmoses. Nunc autem, nomen Thutmoses signíficat: "Thoth est pater eius" vel "natus est ex Thoth". Ergo nomen Móyses forsan significávit: "natus est ex aqua"). Móyses ígitur doctus est omnem sapientiam Aegyptiórum.

mulier - femme
ausa erat - avait osé
abscóndere - cacher
sporta - corbeille
cálamus - jonc
ripa - rive
desideráre - désirer
curáre - prendre soin de
vádere - aller
iste - ce, cet
merces - salaire, récompense
suscípere - prendre
mora - retard

At, postquam Móyses crevit, et vir factus est, ostendit se esse amícum Hebraeórum. Hanc propter causam, Pharao non amávit eum, et Móyses fugit in terram Madian. In terra Madian duxit in matrimonium Sephóram, filiam Jethro.

VOCABULARIUM

audére, ausus sum - oser (remarquez que ce verbe est un semi-déponent)
curare, -ávit, -átus - prendre soin de (prend l’accusatif, non le génitif)
desideráre, -ávit, -átus - désirer, regretter
suscipiunt, suscípere, -cépit, -ceptus - prendre, entreprendre
vádere - aller

mora, a - retard
bona mulier, ere - femme
iste - ce, cet (voir ci-dessous)

NUNC COGITEMUS

La formation des adverbes — Au radical (l’ablatif singulier moins sa terminaison) des adjectifs de la première classe, on ajoute -e. Exemple: clarus - clare.

Au radical des adjectifs de la deuxième classe, on ajoute -iter. Exemple: acer - acriter.

Le comparatif et le superlatif des adverbes — Le comparatif a la même terminaison que le comparatif neutre singulier de l’adjectif. Exemple: clarius - plus clairement.

Le superlatif s’obtient en remplaçant le -us de l’adjectif superlatif par -e: clarissime - très clairement.

Adverbes irréguliers — A l’aide des règles qu’on vient de voir, on tire des adjectifs irréguliers (que nous connaissons déjà) les adverbes correspondants. Toutefois, il existe certaines anomalies:

bene (bien)

melius (mieux)

óptime (très bien)

male (mal)

peius (pire)

péssime (très mal)

(manque)

magis (plus)

máxime (très)

(manque)

minus (moins)

mínime (très peu)

multum (beaucoup)

plus (plus)

plúrimum (le plus)

Les neutres de la quatrième déclinaison — Il y a peu de mots ici; les plus usuels sont probablement genu (genou) et cornu (corne, aile d’une armée). En voici la déclinaison:

genu

genua

genus

genuum

genu

génibus

genu

genua

genu

génibus

Le singulier est monotone et facile à retenir. Le pluriel se comporte comme presque tous les neutres, mais le nominatif-accusatif est en -ua et non en -a. Quelques noms prennent -ubus (non -ibus) au datif et à l’ablatif pluriel.

Domus est un nom féminin, mais chevauchant sur deux déclinaisons, la quatrième qu’il suit assez régulièrement, et la deuxième à laquelle il emprunte quelques terminaisons: domo (abl.), domórum (gén. plur.) et domos (acc. plur.).

Iste se décline comme ille. Il signifie: ce, cet, celui-ci, celui-là, et se rapporte à l’interlocuteur (la personne à laquelle on s’adresse). A ce sens s’ajoute parfois une nuance de mépris.

PLURA DE GILGAMESH

Ántequam cum Humbába pugnárent, Gílgamesh hortátus erat (exhorté) amícum suum Eabáni ne pugnam timéret. Nunc autem Eabáni mortuus est. Gílgamesh patienter eum spectat, sperans eum ad vitam reversúrum esse. Sed Eabáni non revértitur: corpus eius corrúmpitur. Gílgamesh ipse nunc timet: sentit mortem etiam sibi ventúram esse. Proficíscitur ítaque, quaerens quo modo mortem vitet (éviter). Gílgamesh iam de quodam mirábili (merveilleux) viro audívit, qui propinquus (un parent) ei est: Utanapistim. Hic Utanapistim consecútus est immortalitátem. Gílgamesh, per multa monstra, ad fines terrae vadit. Omnes hómines quos videt intérrogat de modo consequendi immortalitátem. Omnes ei nullam esse spem (espoir) dicunt. Ille autem non vult desperáre. Pergit (continue) ítaque, et ad litus (rivage) maris venit. In hoc mari sunt aquae mortis. Quo in lítore navem et magistrum navis ínvenit. Huic persuádet (persuada) ut eum ad Utanapistim portet.

Utanapistim autem ei immortalitátem dare non potest, sed narratiónem ei facit de mirábili diluvio (inondation) ex quo ille et uxor salvi (sauvés) facti sunt. Post hoc diluvium, quidam deus, cui nomen erat Enlil, dedit ad Utanapistim vitam aeternam. Sed tales condiciónes íterum non sunt ventúrae. Utanapistim ígitur non potest dícere Gílgamesh quo modo vitam aeternam cónsequi possit.

Nihilóminus, Utanapistim dicit quod forsan Gílgamesh possit cum morte pugnáre. Ítaque, Gílgamesh pugnáre conátur cum somno (sommeil) mágico (hic somnus re vera est genus mortis). At hic somnus fortior eo est, et Gílgamesh mori coepit.

(continuábitur)

DU FRANÇAIS AU LATIN

Humbaba avait-il plusieurs cornes?
Gilgamesh désira l’immortalité plus que n’importe quoi.
Il essaya même de lutter contre un sommeil magique; il combattit bien, mais le sommeil combattit mieux.
A genoux, il demanda l’immortalité à Utanapistim.
La manière de mourir est connue de (par) tous, mais la manière de vivre éternellement n’est pas connue d’eux.
Gilgamesh ne vit pas cela clairement (clare), et il osa combattre la mort bravement.
Tous les hommes dirent à Gilgamesh: "La mort est un lourd fardeau que les dieux ont donné aux hommes: il n’y a pas d’espoir d’y échapper."

DEBROUILLONS-NOUS

Ausa est filia quaedam ex Hebraéis, quae Moysis soror erat, filiae Pharaónis loqui. Illa enim, genu flectendo puellae Aegyptíacae, num vellet vocári mulíerem ex Hebraéis púeri curandi causa, interrogávit. Qua iubente, ad matrem celériter cucurrit suam Moysis soror. Hoc modo iste in palatio vixit regis Aegypti, sapientiamque Aegypti doctus est.

LECTIO SEPTUAGESIMA TERTIA

De conditiónibus reálibus
De ablatívo differentiae

Móyses ítaque mansit apud Jethro multos annos, et pastor erat. Quodam die, cum gregem duxisset in desertum, ad Horeb, montem Dei, Dóminus apparuit ei in flamma ignis de medio rubi. Cum ergo conspexisset flammam, Móyses dixit: "Vadam et vidébo visiónem hanc magnam, quare non comburátur rubus." Rubus enim videbátur ardére et nihilóminus ínteger manére. Cernens autem Dóminus quod Móyses veníret ad videndum, vocávit eum de medio rubi, et ait: "Móyses, Móyses." Qui respondit: "Adsum." At ille: "Ne appropinques, ait, huc: solve calceamentum de pédibus tuis: locus enim, in quo stas, terra sancta est." Dixitque Deus: "Ego sum Deus patris tui, Deus Ábraham, Deus Isaac, et Deus Iacob."

apud - chez
pastor - pasteur
grex - troupeau
rubus - buisson
conspéxit - vit
combúrere - consumer
ardére - brûler
ínteger - intact
huc - ici
sólvere - délier
calceamentum - soulier
pes - pied
abscóndere - cacher
facies (5) - face
ob - à cause de
duritia - dureté
dolor - douleur, peine
spatiósus - vaste
flúere - couler
lac - lait
mel - miel
immolare - immoler
sic - ainsi

Abscondit Móyses faciem suam; non enim audébat spectáre Deum. Cui ait Dóminus: "Vidi afflictiónem pópuli mei in Aegypto, et clamórem eius audívi ob duritiam eórum qui afflígunt eos. Et sciens dolórem eius, descendi, ut líberem eum de mánibus Aegyptiórum, et ducam de terra illa in terram bonam et spatiósam, in terram quae fluit lacte et melle. Sed veni, et mittam te ad Pharaónem, ut ducas pópulum meum, filios Israel de Aegypto." Dixitque Móyses ad Deum: "Quis sum ego ut vadam ad Pharaónem, et ducam filios Israel de Aegypto?" Qui dixit ei: "Ego ero tecum, et hoc habébis signum quod míserim te: cum dúxeris pópulum meum de Aegypto, immolábis Deo super montem istum."

Ait Móyses ad Deum: "Ecce ego vadam ad filios Israel, et dicam eis: Deus patrum vestrórum misit me ad vos. Si díxerint mihi: Quod est nomen eius, quid dicam eis?" Dixit Deus ad Móysen: "Ego sum qui sum." Ait: "Sic dices filiis Israel: Qui est, misit me ad vos."

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

conspiciunt, conspícere, -spexit, -spectus - voir, apercevoir
flúere, fluxit, *fluxúrus - couler
sólvere, solvit, solútus - délier, payer

apud (avec l’acc.) chez
huc - ici, à cet endroit
ob (avec l’acc.) - a cause de

facies, e (5) - face, visage
ínteger, gra, grum - intact, entier

NUNC COGITEMUS

Les propositions conditionnelles à l’indicatif (mode réel) — Il y a six espèces de phrases dont l’une des propositions débute par si. Essayons d’en apprendre trois aujourd’hui, en en réservant trois pour plus tard. Le mieux est d’imiter des exemples, et même de les apprendre par coeur.

  • Si vénerit (veniet), bonum erit - s’il vient, ce sera bien.

  • Si adest, bonum est - s’il est ici, c’est bien.

  • Si ádfuit (áderat), bonum fuit (erat) - s’il était ici, ce serait bien.

On appelle ces phrases des propositions conditionnelles à mode réel; elles prennent l’indicatif. Remarquez qu’elles peuvent être au futur, au présent ou au passé.

L’ablatif de différence — Nous savons déjà comment traduire que après un comparatif. Par exemple: Il est plus grand que Marc - altior est Marco (ou quam Marcus). Mais comment dirons-nous combien plus grand? Simplement en nous servant de l’ablatif sans préposition: Altior Marco est duóbus pédibus - il est plus grand que Marc de deux pieds. Ou encore: Multo altior quam Marcus est - il est beaucoup plus grand que Marc (plus grand de beaucoup).

GILGAMESH QUAERIT IMMORTALITATEM

Última vice (la dernière fois) Gílgamesh cum quodam somno mágico (qui re vera genus mortis est) pugnáre conátus est. Gílgamesh fórtiter pugnávit, sed somnus multo fortius pugnávit. Ítaque amícus noster fere mortuus est, et re vera mortuus esset (serait mort) nisi uxor Utanapistim, misericordia mota, eum suscitavisset (avait éveillé).

Post haec Gílgamesh discessúrus erat ut in urbem suam reverterétur, at uxor Utanapistim virum suum hortátur (exhorte) ut ei áliquod donum det priusquam discédat. Utanapistim ígitur éxplicat ad Gílgamesh quod herba (plante) mirábilis in fundo (fond) maris inveníri possit. Omnis qui hanc comedit herbam, in iuventútem íterum revértitur. Magnis labóribus Gílgamesh ad fundum maris natat (nage), invenitque hanc herbam. Herba inventa, Gílgamesh statim comédere eam non vult; melius esse putat eam comédere ante óculos pópuli sui in Erech. Profectus est ítaque, et, magnis itinéribus factis, fere ad urbem suam venit. At dies cálidus (chaud) fuit, et Gílgamesh, ad aestum vitandum (éviter la chaleur) vult natáre. Dum natat, herbam mirábilem in ripa relinquit. Sed ecce! serpens quidam ad ripam venit, herbam vidit, comédit, et, depósita cute (peau), revértitur in iuventútem. Quam ob causam serpentes etiam nunc cutem depónere et in iuventútem reverti possunt (non verum est serpentes hoc fácere posse, sed quidam hoc dicunt). At miser (malheureux) Gílgamesh, quid ille fácere potest? Non iam mirábilem habet herbam: moriendum est. Nihilóminus ante mortem, spíritum Eabáni per artes mágicas évocat (évoque). Qui ei multa de regiónibus mortuórum narrat.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Si Gilgamesh trouve la plante, il vivra éternellement.
S’il ne la surveille pas, le serpent la prendra.
C’est pourquoi le serpent a maintenant le pouvoir de ne pas mourir.
Gilgamesh est-il bien meilleur qu’un serpent?
Quelques-uns (certains) des citoyens qu’il gouverne ne le pensent pas.
Si le peuple ne croit pas, que ferais-je?
Il alla dans la mer (pour) chercher la plante.

LECTIO SEPTUAGESIMA QUARTA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

Dixit Móyses Deo: "Non credent mihi pópuli mei, neque audient vocem meam, sed dicent: "Non apparuit tibi Dóminus." Sed Deus dedit Móysi potestátem magnam, ut posset persuádere Hebraéis. Dixit ítaque Deus: "Quid est quod tenes in manu tua?" Respondit: "Virga." Dixitque Dóminus: "Próice eam in terram." Proiécit, et versa est in serpentem, ita ut fúgeret Móyses. Dixitque Dóminus: "Extende manum tuam, et apprehende caudam eius." Qui manum extendit, et versa est in virgam, ita ut Móyses ipse incólumis esset, sine vúlnere. Deus etiam dedit Moysi potestátem faciendi signa alia, imperavitque ei ut faceret ea coram Pharaóne.

persuadére - persuader
virga - verge
proícere - jeter
apprehéndere - prendre
cauda - queue
incólumis - sain et sauf
vulnus - blessure
obviam (adv.) - à la rencontre de
simul - en même temps
congregáre - rassembler
pronus - prosterné
intellexit - comprit
praefectus - commandant, chef
ultra - dorénavant
praebére - fournir
palea - paille
later - brique

Móyses ítaque relíquit Jethro, et iter fecit per desertum. Áaron autem, frater Móysis, mónitus a Deo, venit obviam Móysi in deserto. Móyses et Áaron venérunt simul, et congregavérunt omnes senióres filiórum Israel. Locutusque est Aaron omnia verba quae díxerat Dóminus ad Móysen; et fecit signa coram pópulo, et crédidit pópulus. Audiveruntque quod visitavisset Dóminus filios Israel, et proni adoravérunt. Intellexérunt enim quod Deus re vera locútus erat Móysi.

Post haec ingressi sunt Móyses et Áaron, et dixérunt Pharaóni: "Haec dicit Dóminus Deus Israel: Dimitte pópulum meum, ut sacríficet mihi in deserto." At ille respondit: "Quis est Dóminus, ut audiam vocem eius, et dimittam Israel? Nescio Dóminum, et Israel non dimittam." Praecepit ergo in die illo praefectis óperum dicens: "Ne ultra praebeátis paleas pópulo Hebraeórum ut faciant láteres. Sed ipsi vadant et colligant paleas suas."

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

intellígere, -lexit, -lectus - comprendre
persuadere, -suásit, -suásus (dat.) - persuader
praebére, praebuit, praébitus - fournir, offrir
proiciunt, proícere, -iécit, -iectus - jeter, lancer en avant

obviam (adv. et datif) - à la rencontre de
simul - en même temps
ultra (adv. et préposition, acc.) - au-delà, plus loin; au-delà de

incólumis, e - sain et sauf
magnum vulnus, ere - blessure

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Donnez le comparatif et le superlatif des adjectifs suivants: ínteger, durus, bonus, parvus.

  2. Donnez le comparatif et le superlatif de la forme adverbiale des adjectifs suivants: fortis, pulcher.

  3. Déclinez ensemble: cornu fortius, facies melior.

NARRATIO BABYLONICA DE DILUVIO

In poemate épico de Gílgamesh, Utanapistim de máximo diluvio quod in diébus suis vénerat narrávit. Iam narratiónem in Scriptúris Sacris de diluvio bíblico legimus. Nunc narrandum est de diluvio Babylónico. Postea comparatiónem (comparaison) inter utramque (l’une et l’autre) versiónem faciémus.

Olim dei concilium habuérunt. In hoc concilio de humáno génere deliberavérunt. Quandam ob causam (nihil de peccáto dícitur in versióne Babylónica) dei humánum genus delére volunt, diluviumque míttere statuunt (décider).

Unus ex his deis amícum humánum quem non vult delére habet. Hic deus, cui nomen est Ea (deus aquárum est) ad amícum suum Utanapistim vadit, et eum de diluvio ventúro monet. Ínsuper, Ea mandat ut Utanapistim navem aedíficet, mensurasque (dimensions) navis ei dat. Ímperat etiam ut Utanapistim animalia omnis géneris in navem ducat. Utanapistim omnia sicut Ea mandávit facit, et in navem ingréditur cum uxóre sua, omnibusque animálibus. Imber de coelis dies septem cadit. Omnes alii hómines animaliaque in aquis interfecti sunt. Utanapistim autem, et qui cum eo in navi sunt, salvi (sauf) sunt. Quodam die post imbres, navis in montem qui Nisir vocátur venit. Utanapistim columbam (colombe) et pásserem (moineau) ex navi mittit, sed ad eum revertuntur. Postea cornícem (corneille) emittit ex navi. Cornix non reversa est. Utanapistim ígitur ex navi egréditur, et sacrificium offert. Dei, qui in coelum fúgerant, timentes diluvium, sicut muscae (mouche) - sic enim narrat narratio Babylónica - ad sacrificium descendunt. Sed quidam deus qui vocátur Bel iráscitur, quia Utanapistim ex diluvio incólumis evásit. Nihilóminus alius deus, Enlil, praemia ad Utanapistim dare vult, quia ille genus humánum servávit. Ítaque Enlil ponit Utanapistim et uxórem eius in locum trans aquas mortis, datque eis immortalitátem. (La comparaison avec le récit de l’Ecriture Sainte se fera demain.)

DU FRANÇAIS AU LATIN

Les dieux tinrent conseil et envoyèrent le déluge pour détruire le genre humain.
Si Ea n’avertit pas Utanapistim, il sera détruit lui aussi.
Aaron vint à sa rencontre dans le désert.
Moïse ne comprit pas pourquoi le buisson demeurait intact.
Bel était-il un dieu beaucoup plus grand qu’Ea?
Les dieux descendirent comme des mouches pour recevoir (prendre) le sacrifice.
Utanapistim échappa au danger de la mort dans le déluge.

SPECTACULUM NOVUM

Quidam bonus agrícola, Egbertus nómine, non póterat bene vidére propter debilitátem (faiblesse) oculórum. Iter ergo fecit in urbem ad oculórum médicum (oculiste). Oculórum médicus posuit ante Egbertum lítteras parvas et interrogávit: "Potesne légere has lítteras?" Cui Egbertus respondit: "Non possum." Deinde posuit médicus alias lítteras maióres, et eodem modo interrogávit. Íterum respondit Egbertus se non posse légere illas lítteras. Maióres lítteras íterum posuit médicus, et idem responsum accepit. Último lítteras pedis uníus (d’un pied) posuit médicus, interrogavitque Egbertum: "Certe, nunc légere has lítteras potes?" Cui Egbertus respondit: "Non possum." — "Quómodo (comment) áccidit?" dixit médicus. Et Egbertus respondit: "Nunquam dídici légere."

LECTIO SEPTUAGESIMA QUINTA

De conditionálibus ideálibus
De formis verbi malle

Móyses et Áaron semel vénerant coram Pharaóne rogantes ut concéderet licentiam discedendi Hebraéis. Qui non solum negávit licentiam, verum etiam magis oppressit Hebraéos. Pópulus Israel venit ad Móysen et Áaron, querentes de oppressióne. Deus ítaque mandávit Móysi et Áaron ut íterum venírent ad Pharaónem, ut liberarétur pópulus ab onéribus quae vix sustinére póterant, et ut licentiam habérent egrediendi ex Aegypto.

semel - une fois
concédere - accorder
negáre - refuser
queri - se plaindre
vix - à peine
sustinére - soutenir
frustra - en vain
magus - magicien
devoráre - dévorer
duritia - endurcissement
cor - coeur
prohibuit - défendit
percussit - frappa
plaga - plaie
implévit - remplit
rana - grenouille

Iam Móyses vidit se frustra locutúrum esse verba Pharaóni, nisi etiam mirácula fáceret. Áaron ergo convertit virgam in serpentem coram Pharaóne. Hic autem vocávit magos suos, qui idem fecérunt, sed virga Áaron devorávit virgas eórum.

At Pharao remansit in duritia cordis sui, prohibuitque Hebraéos egredi ex Aegypto. Deus ergo fecit decem signa magna, quae fuérunt decem plagae Aegypti. Áaron venit ad ripam flúminis Nili, percussitque flumen virga sua. Ecce, aqua flúminis facta est sanguis. Pharao autem adhuc durus erat. Post dies septem, Áaron extendit manum suam super flúmina Aegypti, et statim multitúdo magna ranárum venérunt in domos omnium, etiam in palatium regis. Pharao térritus est, vocavitque Móysen et Áaron: "Rogáte Dóminum pro me, ait, ut ranae discédant a me et pópulo meo, et dimittam pópulum tuum." Móyses fecit quae rex petíverat, et ranae discessérunt. At Pharao, videns se populumque suum liberátos esse a ranis, adhuc noluit dimíttere Hebraéos.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

concédere, -cessit, -cessus - céder, concéder
negáre, -ávit, -átus - nier, dire non, refuser
prohibére, -hibuit, -híbitus - défendre, empêcher
queri, questus est - se plaindre
sustinére, -tinuit, -tentus - soutenir, endurer

frustra - en vain
semel - une fois
vix - à peine, avec peine

NUNC COGITEMUS

Les propositions conditionnelles au subjonctif (mode irréel) — Voici trois propositions conditionnelles différentes. Ici encore, le mieux est d’imiter des exemples et même de les apprendre par coeur:

  • hypothèse future, irréalisable: Si veniat (vénerit) bonum sit - s’il venait, ce serait bien;

  • hypothèse présente, irréalisable: Si adesset, bonum esset - s’il était présent, ce serait bien;

  • hypothèse passée, non réalisée: Si adfuisset, bonum fuisset - s’il avait été présent, c’eût été bien.

Remarquez ce qui distingue ces trois sortes de phrases: en latin, le subjonctif; en français, le conditionnel dans la principale et l’indicatif (imparfait ou plus-que-parfait) dans la subordonnée. Remarquez, de plus, comment se présentent les temps en latin: ils sont décalés d’un cran (comme il n’y a pas de futur au subjonctif, nous recourons au présent pour exprimer une hypothèse dans le futur). Si l’hypothèse se rapporte au

  • futur: le latin emploie le subjonctif présent (parfois le parfait) dans la subordonnée;

  • présent: le latin emploie le subjonctif imparfait dans la subordonnée;

  • passé: le latin emploie le subjonctif plus-que-parfait dans la subordonnée.

Le verbe malle (préférer) — Ses formes ressemblent beaucoup à celles de velle - vouloir:

  • indicatif présent: malo, mavis, mavult, málumus, mavultis, malunt;

  • indicatif imparfait: malébam, etc.;

  • indicatif futur: malam, males, etc.;

  • indicatif parfait: malui, -isti, etc.;

  • subjonctif présent: malim, etc.

Les autres formes sont trop évidentes, point n’est besoin de les écrire ici.

COMPARATIO INTER DUAS NARRATIONES DILUVII

Prima facie (à première vue) narratio Babylónica simillima vidétur esse narratióni in Sacris Scriptúris datae. Sed, si diligenter studeámus illis, máximas adesse differentias videámus. In Scriptúris enim diluvium non a multis deis, sed a Deo uno míttitur. Et saepe vidémus hanc differentiam in duábus narratiónibus: Babylónica enim supponit (suppose) polytheismum verum esse. Scriptúra, e contra, omnino monotheistica est. In Scriptúris, diluvium est poena (châtiment, peine) peccatórum hóminum. In Babylonia, e contra, diluvium non dícitur esse poena peccáti. In Scriptúra, unus solus verus Deus monet Noe de diluvio ventúro. In Babylonia unus parvus deus, contra voluntátem aliórum deórum, vult serváre Utanapistim. Mensúrae (dimensions) navis diversae in duábus narratiónibus sunt, sed differentia huius modi non gravis est. Similia sunt ea quae narrantur de ímbribus, de monte Nisir, de ávibus (oiseaux) missis ex arca. Post diluvium, et Noe et Utanapistim sacrificia ófferunt. Sed in Babylonia, vidétur quod sacrificium fere necessarium deis est. In Scriptúra, Deus non eget (a besoin) sacrificiis nostris, et ea habére vult solúmmodo in signum bonárum affectiónum cordis (coeur) humáni. In Babylonia, dei congregantur "sicut muscae", - sunt verba ipsa narratiónis Babylónicae. Nihil tam indignum (indigne) Deo in Scriptúra habétur. In Babylonia, deus Bel iráscitur quod (parce que) Utanapistim ex diluvio evásit. In Scriptúris, Deus non iráscitur: ipse enim, qui solus est Deus, fecit Noe evádere.

Valde magnae ergo sunt differentiae inter utramque (l’une et l’autre) narratiónem. Quid ergo dicendum est de multis rebus simílibus in eis? Véritas in hac re non clara est: forsan utráque (l’une et l’autre) narratio venit ex traditiónibus antíquis. In Babylonia, hae traditiónes mutátae sunt polytheistice (dans le sens polythéiste). In Scriptúra, scriptor humánus, sub inspiratióne divína scribens, omnem vitat (évite) errórem.

DU FRANÇAIS AU LATIN

Si Ea ne l’avait pas averti, Utanapistim serait mort.
La plupart des dieux auraient préféré le tuer.
Si Bel voyait le navire, le détruirait-il?
S’ils n’avaient pas de sacrifices, que feraient les dieux?
Gilgamesh dit: "Si j’étais immortel, je serais heureux."
Pharaon céderait, s’il connaissait la vérité sur Dieu.
Si Pharaon veut me voir, qu’il m’appelle.

LECTIO SEPTUAGESIMA SEXTA

De Gerundivo

Pharao, videns ranas abiisse, íterum indurávit cor suum, nec permisit Hebraéis ut exírent ex Aegypto. At Áaron, iussu Dei, percussit virga sua púlverem terrae. Confestim multa millia cínifum venérunt e púlvere in omnes hómines et in animalia in universa terra Aegypti. Magi Pharaónis conáti sunt edúcere cínifes e terra, nec potuérunt. Et magi Pharaóni dixérunt: "Dígitus Dei hic est." Pharao autem non audívit eos. Indurátum est enim cor illíus. Dixit quoque Dóminus ad Móysen: "Vade ad Pharaónem et dices ad eum: Haec dicit Dóminus: Dimitte pópulum meum, ut sacríficet mihi. Quod si non dimíseris eum, ecce ego mittam in te et in servos tuos et in pópulum tuum et in domos tuas omne genus muscárum. Faciamque mirábilem in die illa terram Gessen in qua pópulus meus est, ut non sint ibi muscae: et scias quod ego Dóminus in medio terrae. Ponamque divisiónem inter pópulum meum et pópulum tuum: cras erit signum istud." Fecitque Dóminus ita. Et venérunt muscae gravissimae in domos Pharaónis et servórum eius, et in omnem terram Aegypti; corruptaque est terra ab huius modi muscis.

induráre - endurcir
cor - coeur
exíre - sortir
jussu - sur l’ordre de
percussit - frappa
pulvis - poussière
cínifes - cousins (insectes)
edúcere - faire sortir
dígitus - doigt
hic - ici
quoque - aussi
quod si - mais si
musca - mouche
fíeri - se faire
pérgere - continuer
verúmtamen - cependant
oráre - demander, prier
egressus - sorti

Vocavitque Pharao Móysen et Áaron et ait eis: "Ite et sacrificáte Deo vestro in terra hac." Et ait Móyses: "Non potest ita fíeri. Sed viam trium diérum pergémus in solitúdinem, et sacrificábimus Dómino Deo nostro, sicut praecépit nobis." Dixitque Pharao: "Ego dimittam vos, ut sacrificétis Dómino Deo vestro in deserto; verúmtamen longius ne abeátis. Rogáte pro me."

Egressusque Móyses a Pharaóne, orávit Dóminum. Qui fecit secundum verbum illíus, et ábstulit muscas a Pharaóne et a servis suis, et a pópulo eius. At cor Pharaónis íterum indurátum est, et non dimísit pópulum.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

induráre, -ávit, -átum - endurcir
oráre, -ávit, -átus - supplier, prier
percutiunt, percútere, -cussit, -cussus - frapper
pérgere, -rexit, -rectus - continuer, aller plus loin

hic (adverbe) - ici
quod si - mais si
quoque (jamais le 1er mot) - aussi

dígitus, o - doigt
multus pulvis, púlvere - poussière

NUNC COGITEMUS

Autres emplois de l’adjectif verbal — Nous avons déjà vu comment employer l’adjectif verbal en -ndus pour exprimer le but après: ad, causa, gratia, et parfois après propter ou pro.

Lorsque l’adjectif verbal n’est pas accompagné de l’une de ces prépositions (ni, évidemment, rattaché à un verbe marquant l’obligation), il peut servir à rendre:

  1. le participe présent français précédé de en et suivi d’un complément;

  2. l’infinitif présent français suivi de son complément, mais dépendant d’un adjectif ou d’un nom dont il est lui-même le complément;

  3. l’infinitif français placé après des verbes signifiant: donner à faire, se charger de faire.

Nombre de cas sont possibles; en voici quelques-uns:

  • Marcus consul factus est donis dandis - Marc devint consul en donnant des pots-de-vin (cadeaux).

  • Brutus interfectus est in liberanda patria - Brutus fut tué en délivrant sa patrie.

  • Curavit pontem faciendum - Il se chargea de faire construire un pont.

Observez comment nous avons traduit ces divers exemples:

  1. d’abord la préposition (s’il y en a une - ou remarquez le cas),

  2. puis la forme en -ndus par le participe présent français en -ant, ou par un infinitif demandé par le verbe précédent,

  3. enfin, le nom latin qui s’accorde avec le gérondif, et qui devient le complément du verbe français.

Essayez de répéter cette expérience de traduction avec chacun des exemples donnés plus haut. L’impression première sera peut-être étrange, mais vous constaterez que cet emploi de l’adjectif verbal en latin offre des raccourcis commodes.

DE PHARAONE ET IUDAEIS

Quodam die, unus ex consiliariis (conseillers) regis ad Pharaónem accessit, et fere hoc modo locútus est ei: "Dómine mi rex, licetne mihi, servo tuo, loqui tibi de rebus magnis faciendis?" Cui Pharao: "Licet, loquáris mihi. Consiliariis audiendis, multa bona fácere póssumus." — "In regno tuo," ait servus regis, "pópulus novus est. Hic pópulus crescit et fit gens magna. Ergo, timor mihi est." — "Sed quare timendum est?" interrogávit rex. "Nonne bonum est ut multos subiectos habeámus? Possunt tribúta (taxes) sólvere; possunt in opéribus magnis faciendis laboráre. Sed, qui sunt hi hómines?" — "Hebraéi vocantur, dómine mi rex." — "Ex qua terra venérunt?" — "Audívi eos venisse in hanc terram multis saéculis ante regnum tuum. Quidam dicunt eos venisse ex Chanaan." Cui rex: "Sed, nonne hómines boni sunt? Quare eos timendos esse credis?" Respondens ítaque consiliarius dixit: "Vidétur quod Hebraéi in terram nostram venérunt témpore quo reges mali hanc terram regébant, dómine mi rex. Id est, venérunt témpore quo reges Aegypti erant hómines qui vocabantur Hyksos. Hi enim reges in Aegypto fuérunt plus quam centum annos. Non erant reges boni. Non enim regnábant per potestátem dei magni qui est in coelis, quem vocámus "Horus". Sed solúmmodo per potestátem altérius dei, "Seth", regnavérunt. Hebraéi autem videntur potestátem magnam habuisse in diébus horum regum malórum."

(continuábitur)

DU FRANÇAIS AU LATIN

En détruisant les navires, les Romains vainquirent Carthage.
Les dieux parlèrent de détruire tous les hommes.
L’art de gouverner les hommes est passablement difficile (employez le comparatif pour exprimer "passablement"; voir leçon 71).
En frappant la poussière, Aaron fit apparaître (fit sortir) des milliers de cousins (cínifes).
Si Pharaon avait craint Dieu, il n’aurait pas endurci son coeur.
Si les Hébreux ne s’étaient pas trouvés à Gessen, auraient-ils eu des cousins (cínifes)?
Dieu préféra envoyer Moise délivrer Son peuple en faisant des miracles.

LECTIO SEPTUAGESIMA SEPTIMA

De verbis impersonálibus
De ablativis causae et separatiónis

Dixit autem Dóminus ad Móysen: "Ingrédere ad Pharaónem, et lóquere ad eum: Haec dicit Dóminus Deus Hebraeórum: Dimitte pópulum meum ut sacrificet mihi. Quod si adhuc impedis eos et rétines eos, ecce manus mea erit super agros tuos, et super animalia vestra. Et faciet Dóminus mirábile inter possessiónes Israel et possessiónes Aegyptiórum, ut nihil omníno pereat ex his quae pértinent ad filios Israel." Statuitque Dóminus tempus, dicens: "Cras faciet Dóminus verbum istud in terra." Fecit ergo Dóminus verbum hoc áltera die. Mortuáque sunt multa animalia Aegyptiórum ex ómnibus genéribus animalium eórum; de animálibus vero filiórum Israel nihil omníno periit. Et misit Pharao ad videndum: nec erat quidquam mortuum de his quae possidébat Israel. Induratumque est cor Pharaónis, et non dimísit pópulum.

impedíre - empêcher
retinére - retenir
pereat (de perire)
pertinére - appartenir
statúere - fixer
possidére - posséder
cor - coeur
cinis - cendre
spárgere - répandre
iumenta - bêtes de somme
úlcera - plaies
oportuit - il fallut

Et dixit Dóminus ad Móysen et Áaron: "Tóllite plenas manus cíneris et spargat cínerem Móyses in coelum coram Pharaóne. Sitque pulvis super omnem terram Aegypti: erunt enim in homínibus et iumentis úlcera in universa terra Aegypti."

Tulérunt ítaque Móyses et Áaron cíneres, steteruntque coram Pharaóne. Et sparsit cíneres Móyses in coelum; factaque sunt úlcera in homínibus et in iumentis. Nec póterant magi Pharaónis stare coram Móyse propter úlcera quae in illis erant et in omni terra Aegypti. Pharao autem ipse mansit adhuc in duritia cordis sui, et noluit dimíttere pópulum Israel de Aegypto. Hoc modo Deus misit per Móysen plagas multas in Pharaónem et in omnem pópulum eius. At oportuit adhuc míttere alias plagas in Aegyptum ántequam Pharao vellet dimíttere filios Israel ex terra illa.

(continuábitur cras)

VOCABULARIUM

impedíre, -ívit, -ítus - empêcher, embarasser
licet, licére, licuit, lícitum est - il est permis
oportet, oportére, oportuit - il faut
pertinére, -tinuit, — - se rapporter à, appartenir
placet, placére, placitum est - il plait, il paraît bon, c’est l’avis de
possidére, -sédit, -sessus - posséder
retinére, -tinuit, -tentus - retenir
statúere, statuit, statútus - établir, décider

multus cinis, cínere - cendre
quisquam, quicquam ou quidquam - (déclinez le quis, non le quam) - quelqu’un, quelque chose

NUNC COGITEMUS

Les verbes impersonnels — Certains verbes n’ont pas d’autres formes que la troisième personne du singulier; leur sujet est il en français. Ces verbes sont toujours impersonnels. (Il y a, comme nous le verrons, plusieurs verbes qui peuvent être employés impersonnellement, mais ils n’ont pas que la troisième personne du singulier.) Voici un exemple:

  • Placuit senatui míttere eos in cárcerem - il a plu au Sénat (ou le Sénat a été d’avis) de les envoyer en prison.

Nous pourrions aussi dire:

  • Placuit senatui ut mitterentur in cárcerem.

Autre exemple:

  • Licet vobis discédere ex Aegypto - il vous est permis de quitter l’Egypte.

On pourrait aussi trouver:

  • Licet ut discedátis ex Aegypto.

Autre exemple:

  • Oportet vos discédere - il faut que vous partiez.

Nous pourrions aussi écrire:

  • Oportet ut vos discedátis.

Remarquez que certains de ces verbes, comme placet et licet, prennent le datif. Remarquez aussi qu’une proposition peut expliciter le sujet il: cette proposition est quelquefois un accusatif suivi de l’infinitif, quelquefois ut et le subjonctif. En général, tout verbe impersonnel peut se construire avec la proposition infinitive (accusatif suivi de l’infinitif). Mais ut et le subjonctif ne se rencontre habituellement qu’avec des verbes exprimant une volonté, un désir, une permission, une décision, ou quelque chose de semblable.

Verbes qui ne sont qu’accidentellement impersonnels (c’est-à-dire parfois, mais pas toujours) — Ils ne sont pas difficiles, en général. Voici un exemple à étudier: Nuntiátur Caésarem adesse - on annonce que César est présent. Mais quelques-uns sont un peu déroutants, par exemple: Ventum est in terram novam - on est venu dans une terre nouvelle. Il est impossible de traduire ventum est littéralement, il signifierait quelque chose d’inintelligible, en français; on remplace il dans la traduction française.

L’ablatif de cause et l’ablatif d’éloignement — Nous savons déjà que l’ablatif sans préposition peut se traduire en français par en, avec ou par. Il faut ajouter deux nouveaux sens: à cause de et de (en partant de). Il est évident que l’ablatif d’éloignement (de) sera souvent accompagné d’une préposition (ab, ex, de), mais pas toujours. Avec les noms de ville, comme nous l’avons déjà vu, il n’y en a presque jamais.

  • Peccátis meis Deus haec fecit - à cause de mes péchés, Dieu a fait cela.

  • Liberávit me omni cura - il me délivra de tout souci.

CONTINUANTUR VERBA PHARAONIS ET CONSILIARII EIUS

"Nunc autem", perréxit consiliarius loquens Pharaóni, "vidétur mihi quod perículum est ex hoc pópulo. Sicut enim dixi, in terram nostram venérunt témpore malórum regum. Sed, ínsuper, hi Hebraéi loquuntur saepe de magno viro ex gente sua, quem vocant Ioséphum. Dicunt hunc virum, Ioséphum, fuisse magnum príncipem sub quodam ex his régibus malis." — "Et quis revéra erat hic Ioséphus?" interrogávit Pharao. Eum nescio." Cui consiliarius: "Ego quoque Ioséphum nescio. Nihilóminus, si quodam témpore hi Hebraéi magnam habuérunt potestátem in terra nostra, nonne perículum est ne, si íterum gentes aliae faciant bellum contra nos, Hebraéi pugnent cum illis contra nos? Crescunt número valde, sicut dixi. Ergo vidétur mihi oportére ut áliquid faciámus de his homínibus. Nunc autem, liceat mihi ut éxplicem consilium novum et bonum de Hebraéis impediendis." Cui rex: "Licet ut éxplices. Semper nos oportet audíre consilia virórum egregiórum. Sed explicandum est consiliuum tuum." — "In parte septentrionáli terrae vestrae, dómine mi rex, olim fuérunt duae urbes bonae. Nunc autem, in eadem parte terrae vestrae, Hebraéi agros possident. Ítaque, si liceat mihi loqui, hoc vidétur bonum: oportet ut rex edictum faciat de his úrbibus íterum aedificandis. Hebraéi cogendi sunt ut labórent in úrbibus faciendis. Si ergo Pharaóni placeat haec imperáre, ego servus tuus statim curábo haec facienda." Cui rex: "Ea quae dixisti bona videntur. Perge, cura statim urbes aedificandas."

DU FRANÇAIS AU LATIN

On ne leur permit pas de sortir de l’Egypte.
Il fallut que Moïse envoyât plus de plaies.
A cause de la guerre, nous ne voulons pas demeurer ici: nous préférons quitter.
Pharaon décida (placére) de les laisser aller, puis endurcit son coeur de nouveau.
A cause des nombreuses plaies, les Hébreux craignirent Dieu.
Moïse échappa-t-il de justesse (difficilement) à la mort en sauvant son peuple?
Mais si Aaron n’avait pas frappé la terre de sa verge, les cousins ne seraient pas venus.

LECTIO SEPTUAGESIMA OCTAVA

Nihil novi hodie…​ vetéribus studeámus

Etiam post úlcera accepta, Pharao noluit dimíttere Israel. Móyses ítaque, iubente Dómino, mane surrexit vaditque ad Pharaónem. Dixitque Móyses: "Haec dicit Dóminus Deus Hebraeórum: Dimitte pópulum meum ut sacríficet mihi. Ut scias quod non sit símilis mei in omni terra, nunc extendens manum percutiam te et pópulum tuum. En pluam cras hac ipsa hora grándinem multam nimis, qualis non fuit in Aegypto a die qua fundáta est, usque in praesens tempus."

mane - le matin
en - voici
grando - grêle
nimis - très
qualis - tel que (comme)
tonitruum - tonnerre
discúrrere - courir de différents côtés
fulgur - éclair
cunctus - tout
desínere - cesser
nequáquam - en aucune manière
quod - parce que
auxit - augmenter

Extendente ítaque Moyse manum suam in coelum, facta est grando in universa terra Aegypti, et Dóminus dedit tonitrua ac discurrentia fúlgura super terram Aegypti. Et percussit grando, in omni terra Aegypti, cuncta quae fuérunt in agris, ab hómine usque ad iumentum. Tantum in terra Gessen, ubi erant filii Israel, grando non cécidit.

Misitque Pharao et vocávit Móysen et Áaron, dicens ad eos: "Peccávi etiam nunc. Dóminus iustus; ego et pópulus meus, impii. Oráte Dóminum ut désinant tonitrua Dei, et grando: ut dimittam vos, et nequáquam hic ultra maneátis."

Egressusque Móyses a Pharaóne ex urbe, tetendit manus ad Dóminum; et cessavérunt tonitrua et grando, nec ultra venérunt super terram. Dóminus fecit haec quod Móyses rogáverat Eum; Pharao autem, videns quod cessavisset grando et tonitrua, auxit peccátum suum; et indurátum est cor eius, nec dimísit filios Israel, sicut praecéperat Dóminus per manum Móysis.

VOCABULARIUM

augére, auxit, auctus - augmenter
cessáre, -ávit, -átus - cesser
desínere, désiit, désitus - cesser, finir, se terminer
téndere, tetendit, tentus (tensus) - tendre, étendre

nimis (adv.) - trop très, excessivement
quod (conj.) - parce que

cunctus, a, um - tout (l’ensemble)
clarum fulgur, fúlgure - éclair

Remarque — Veuillez noter le nouvel emploi de quod (conjonction) dans le sens de parce que. Quod peut encore signifier que (à savoir que) dans le style indirect ou au début des propositions substantives (ce fait que). C’est également une des formes du pronom relatif signifiant que, qui.

VIDEAMUS FORMAS VETERES

  1. Trouvez les principales tournures françaises équivalentes au gérondif et à l’adjectif verbal.

  2. Enumérez les emplois que vous connaissez de l’ablatif sans préposition. Faites-vous des exemples (il serait bon d’en retenir un de chaque type).

  3. Donnez la troisième personne du singulier de tous les temps et modes du verbe malle.

  4. Dites, en vingt mots ou moins, quelles sont les règles, en latin, des conditionnelles réelles et irréelles.

PHARAO DE MOYSE AUDIT

"Vocavistine me, Dómine mi Rex?" dixit senex, qui erat princeps inter omnes consiliarios Pharaónis. "Útique", rex ait, "audívimus virum novum in hanc terram venisse, cui nomen Móyses. Alii consiliarii nostri monuérunt nos de hoc viro. Dicunt eum esse perículo omni terrae Aegypti. Sed nóvimus te fuisse consiliarium patris mei et monuisse eum de pópulo quodam qui dicuntur Hebraéi. Nunc autem, hic Móyses dícitur esse vir ex Hebraéis." — "Vera sunt haec", respondit vetus consiliarius. "Paucis annis ante mortem patris vestri, ad eum veni et persuási ut cógeret hunc pópulum laboráre in labóribus duris. Si haec non monuissem, et si Pharao haec non imperavisset, forsan hi Hebraéi plus aucti essent, et regnum Pharaónis delevissent. Etiam consilium dedi de interficiendis ómnibus púeris Hebraeórum in infantia." — "Quómodo ergo hic vir Móyses non est interfectus?" interrogávit Pharao. — "Mater huius púeri novum consilium ad púerum servandum invénit. Posuit enim eum in sporta in flúmine sacro. Filia regis autem hunc púerum videns, desiderávit eum habére. Ítaque, filia Pharaónis iubente, mater ipsa huius Móysis aluit púerum paucos annos. His annis finítis, puer in palatium regis ipsíus venit, vixitque ibi. Pharao autem nesciébat púerum esse Hebraéum. Cum autem puer crevisset et vir factus esset, ostendit se amáre Hebraéos. Etiam virum Aegyptíacum percussit. Hanc propter causam, fugiendum erat ei in terram Madian. Ibi multos annos remansit. Sed dicunt eum vidisse visiónem Dei Hebraeórum. Deus dixit ei redeundum esse in terram nostram, et Hebraéos ducendos esse ex regno vestro. Melius esset nobis si mortuus esset in flúmine!"

NARRATIUNCULA

Quidam senex (vieillard) per viam ambulans (marcher) vidit quinque púeros cum cane (chien). "Quid fácitis?" interrogávit senex. "Mendacia (mensonges) dícimus", respondit unus ex púeris: "Quisquis (quel que soit celui qui) máximum narrat mendacium, canem hunc habébit." — "Sed ego", dixit senex, "cum puer essem, numquam mendacium dixi." Silentium breve…​; deinde, unus puer ad senem locútus est: "Áccipe eum: canis tuus est."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Si Pharaon n’avait pas péché, les plaies ne se seraient pas produites.
Pourquoi ne décida-t-il (placére) pas de laisser partir Israel?
Pharaon ne les libéra pas des travaux.
Pharaon augmenta son péché en endurcissant son coeur.
Des éclairs, comme (tels que) l’Egypte n’en avait jamais vus auparavant, se produisirent (vinrent) dans tout le pays.
Lorsque Moïse étendait sa main, le tonnerre cessait.
Les éclairs furent aperçus (vus) dans tout le pays, sauf à l’endroit où les Hébreux habitaient.

LECTIO SEPTUAGESIMA NONA

De casu locatívo
De ablatívo instrumenti et persónae agentis

Introiérunt ergo Móyses et Áaron ad Pharaónem et dixérunt ei: "Haec dicit Dóminus Deus Hebraeórum: Usquequo non vis oboedíre mihi? Dimitte pópulum meum ut sacríficet mihi. Sin autem resistis, et non vis dimittere eum: ecce ego indúcam cras locustas in fines tuos et si quid grando non delévit, cómedent locustae. Et implébunt domos tuas et servórum tuórum." Dixérunt autem servi Pharaónis ad eum: "Usquequo patiémur hoc scandalum? Dimitte hómines ut sacrificent. Nonne vides quod períerit Aegyptus?" Revocaveruntque Móysen et Áaron, et Pharao voluit permíttere eis ut solúmmodo viri sine muliéribus et líberis irent et sacrificárent. Statimque eiecti sunt de conspectu Pharaónis.

introívit - entra
usquequo - jusqu’à quand
sin - mais si
resistere - résister
indúcere - faire venir
locusta - sauterelle
eícere - chasser
conspectus - vue (présence)
úrere - brûler
leváre - soulever
festinus - qui se hâte
flare - souffler
arripuit - entraîna
ruber - rouge
ténebrae - ténèbres
ubicumque - partout où
oves - brebis
armentum - troupeau
quicumque - quel que
ut - comme

Extendit Móyses virgam super terram Aegypti; et Dóminus induxit ventum urentem tota die illa et nocte; et mane, ventus urens levávit locustas. Quae ascendérunt super universam terram, vastantes omnia. Quam ob rem Pharao festínus vocávit Móysen et Áaron, et dixit: "Peccávi in Dóminum Deum vestrum et in vos. Sed nunc dimíttite peccátum meum." Móyses ítaque egressus orávit Dóminum. Qui flare fecit ventum ab occidente vehementissimum, et arripuit locustas proiecitque in Mare Rubrum. At Pharao íterum indurávit cor suum, nec dimísit Israel.

Móyses ígitur extendit manum in coelum; et factae sunt ténebrae horríbiles in universa terra Aegypti tribus diébus. Nemo vidit fratrem suum, nec movit se de loco in quo erat. At ubicumque habitábant filii Israel lux erat. Vocavitque Pharao Móysen et Áaron et dixit eis: "Ite, sacrificáte Dómino. Oves tantum vestrae et armenta remaneant." At Móyses negávit se posse ire sine armentis. Dixitque Pharao ad Móysen: "Discede a me, et cave ne ultra videas faciem meam. Quocumque die apparúeris mihi, moriéris." Respondit Móyses: "Ita fiet ut locútus es. Non vidébo ultra faciem tuam."

VOCABULARIUM

flare, flavit, flatus - souffler
introíre, -iit, -*itúrus - entrer
leváre, -ávit, -átus - lever, soulager
úrere, ussit, ustus - brûler

sin - si, au contraire; mais si
ut (avec l’indic.) - comme

quicumque, quaecumque, quodcumque (déclinez seulement le qui) - quel que, n’importe quel
ruber, rubra, rubrum - rouge
ténebrae, is - ténèbres, noirceur

NUNC COGITEMUS

Le cas du locatif — Comme nous l’avons déjà indiqué, les noms de villes ne prennent pas habituellement de préposition devant l’accusatif et l’ablatif, lorsqu’ils signifient vers ou de la ville. Quelque chose de semblable se produit, lorsque le sens est celui de rester dans la ville: nous employons un nouveau cas qui n’existe qu’à la première et à la deuxième déclinaison: le locatif, mais seulement avec les noms de ville et quelques autres mots comme domus et rus (dont le locatif est domi et ruri: à la maison, à la campagne). En voici les terminaisons: 1. -ae, 2. -i. Exemples: Romae - Tarenti. Rarement trouve-t-on in Roma, in Tarento.

Au pluriel et à la troisième déclinaison, on emploie l’ablatif: Athénis.

L’ablatif instrumental (ou de moyen et d’agent). — En général, nous n’avons pas jugé nécessaire de donner des règles particulières concernant l’emploi des prépositions avec l’ablatif: dans la majorité des cas, l’ablatif peut s’employer avec ou sans préposition. Toutefois, voici deux emplois assez constants chez les auteurs:

  1. le moyen ou l'instrument s’exprime par l’ablatif sans préposition (le bas latin utilise parfois de ou ex): Interfectus est gladio - Il fut tué par l’épée.

  2. l'auteur d’une action s’exprime par l’ablatif et la préposition ab: Interfectus est a Marco - Il fut tué par Marc.

Dans les deux cas, il s’agit d’une chose ou d’une action faite soit par une personne, soit par une chose. Devant le nom de la personne, l’emploi de ab est normal; devant celui de la chose, il n’y a pas d’ordinaire de préposition.

PHARAO AUDIT CONSILIUM BONUM

"Licetne ut loquar pauca ad dóminum meum regem?" interrogávit idem vetus consiliarius, cum ad Pharaónem introisset. Cui Pharao: "Licet, sed bréviter. Valde enim moti sumus illis rebus quae factae sunt a viro péssimo, Móyse", "Bréviter faciam," respondit consiliarius. "Ego quoque passus sum multa ab eo. Ipso die in quo Móyses ante vos venit ad petendam licentiam discedendi pópulo suo, timui. Non solum enim frater eius Áaron virgam suam in serpentem convertit, sed etiam, percutiendo flúmine, fecit aquam sacri flúminis in sánguinem! Dixi enim in mente mea: Magno perículo terrae nostrae sunt hi viri! Vidétur quod magni dei pro eis pugnant. Forsan maióres sunt quam dei Aegypti! Sed íterum cogitávi non oportére hoc modo loqui. Deinde, post septem dies, manu extensa super flumen, idem Áaron fecit multitúdinem magnam ranárum veníre. Etiam in palatium sacrum venérunt! Postea, púlvere percutiendo, vocávit Áaron multa millia cínifum e terra. Magi autem vestri hoc non potuérunt fácere, ita ut dícerent: Manus Dei est hic! Cum autem cínifes discessissent, misit Deus eórum muscas in omnem terram Aegypti, sed non in partem terrae ubi hábitant Hebraéi isti! Magno terróri erat mihi cogitáre de his! Post haec multa animalia nostra mortua sunt, sed non animalia Hebraeórum. Deinde Móyses ipse, cínere spargendo in coelum coram Pharaóne, misit úlcera gravia in nos omnes. Ínsuper, extendenda manu, misit idem vir in nos grándinem, locustas, et ténebras horríbiles, quae tamen in partem terrae ubi Hebraéi sunt non venérunt! Ergo, si liceat loqui, hoc dicam: Forsan, ne peióra áccidant terrae nostrae, melius esset ut Hebraéi isti discédant"

DU FRANÇAIS AU LATIN

Il y eut beaucoup de grands hommes à Rome et à Athènes.
César fut tué par Brutus.
Il fut tué avec un poignard.
S’il n’avait pas désiré être roi, aurait-il été tué?
Pharaon dit qu’il ne voulait pas voir de nouveau la face de Moïse.
Dieu envoya des éclairs dans toute l’Egypte, de sorte que le peuple fut effrayé.
A cause des péchés de Pharaon, dix plaies tombèrent (vinrent) sur le pays.

LECTIO OCTOGESIMA

De clausulis introductis praepositióne cum
De variis rebus in declinatióne tertia

Et dixit Dóminus ad Móysen: "Adhuc una plaga tangam Pharaónem et Aegyptum, et post haec dimittet vos, et exíre compellet." Dixitque Dóminus etiam: "Media nocte egrediar in Aegyptum, et moriétur omne primogénitum in terra Aegyptiórum, a primogénito Pharaónis, qui sedet in solio eius, usque ad primogénitum ancillae quae est ad molam, et omnia primogénita iumentórum. Eritque clamor magnus in universa terra Aegypti, qualis nec ante hoc tempus fuit, nec postea futúrus est. Mensis iste, vobis erit principium mensium: primus erit in ménsibus anni. Loquímini ad universum coetum filiórum Israel et dícite eis: Décima die mensis huius tollat unusquisque agnum per familias et domos suas. Sin autem minor est númerus, ut suffícere possit ad vescendum agnum, assúmet vicínum suum, qui iunctus est domui suae, secundum númerum animárum quae suffícere possunt ad esum agni. Erit autem agnus absque mácula, másculus, annículus. Et servábitis eum usque ad quartam décimam diem mensis huius. Immolabitque eum universa multitúdo filiórum Israel ad vésperam. Et sument de sánguine eius, ac ponent sánguinem super utrumque postem, et in superlimináribus domórum in quibus cómedent illum. Et edent carnes nocte illa assas igni, et ázymos panes cum lactúcis agréstibus. Et transíbo per terram Aegypti nocte illa, percutiamque omne primogénitum in terra Aegypti. Erit autem sanguis vobis in signum in dómibus in quibus éritis, et vidébo sánguinem, et transíbo vos, nec erit in vobis plaga delens quando percússero terram Aegypti. Habébitis autem hunc diem in monumentum, et celebrábitis eam solemnem Dómino in generatiónibus vestris."

compéllere - forcer à
primogénitus - premier-né
solium - trône
ancilla - servante
mola - meule, moulin
iumentum - bête de somme
clamor - cri(s), clameur
principium - début
coetus - assemblée
unusquisque - chacun
per - par
suffícere - suffire
vesci - manger
assúmere - prendre avec soi
vicínus - voisin
iunctus - joint
esus - action de manger
absque - sans
mácula - tache
annículus - d’un an
véspera - le soir
uterque - l’un et l’autre
postis - jambage de porte
superlimináre - linteau d’une porte
assus - rôti
ázymus - sans levain
agrestis - sauvage
lactúca - laitue
in (signum) - comme

Factum est autem in noctis medio, percussit Dóminus omne primogénitum in terra Aegypti, a primogénito Pharaónis usque ad primogénitum captívae, quae erat in cárcere. Surrexitque Pharao nocte, et omnes servi eius, omnisque Aegyptus, et factus est clamor magnus in Aegypto. Neque enim erat domus in qua non erat mortuus. Vocatisque Móyse et Áaron nocte, Pharao ait: "Súrgite et egredímini a pópulo meo, vos et filii Israel: ite, immoláte Dómino sicut dícitis, et abeuntes benedícite mihi."

VOCABULARIUM

iúngere, iunxit, iunctus - unir, joindre
vesci (souvent avec l’ablatif) - se nourrir de

absque (avec l’ablatif) - sans

coetus, u - assemblée, foule
mácula, a - tache
mola, a - meule, moulin
principium, o - début
quisque, quaeque, quodque (ou quidque, pronom) - chaque, chacun (unusquisque - un chacun)
vicínus, o (nom ou adj.) - voisin (au neutre: voisinage)

NUNC COGITEMUS

Propositions introduites par cum — Aujourd’hui, il sera bon de revoir et de mettre au point nos connaissances sur les propositions introduites par cum. Nous savons déjà que cum peut être:

  1. temporel: au moment où, lorsque

  2. causal: du moment que, puisque

  3. concessif: bien que

Et nous savons que:

  1. cum causal et concessif se construit toujours avec le subjonctif,

  2. cum temporel se construit parfois avec le subjonctif.

Mais quand, précisément, cum temporel demande-t-il le subjonctif? Recourons à la distinction déjà établie entre les temps absolus et les temps relatifs (voyez la leçon 66): nous trouvons les temps absolus dans la subordonnée, lorsque le verbe de la principale est au présent ou au futur, et les temps relatifs, lorsque le verbe principal est au passé.

Après une principale au présent ou au futur, cum temporel est suivi de l’indicatif. Exemple: Cum Maria in schola loquitur, Marcus audit - Lorsque Marie parle en classe, Marc écoute.

Après une principale au passé, cum temporel est suivi du subjonctif. Exemple: Cum Caesar in Galliam venisset, legati ad eum venérunt - Lorsque César fut venu en Gaule (et parce qu’il était venu), les délégués vinrent le trouver.

Remarque — Si cum marque une simple coïncidence (sans aucune idée accessoire de cause, de concession, etc.), il est suivi de l’indicatif. Exemple: Cum sol oriebatur, Caesar profectus est - Comme le soleil se levait, César partit.

Déclinaison des noms à radical mixte de la troisième déclinaison - Nous connaissons déjà les deux grandes catégories de nom de la troisième déclinaison: ceux qui ont l’ablatif singulier en:

  • i et le génitif pluriel en -ium, le nominatif-accusatif pluriel en -ia;

  • e et le génitif pluriel en -um, le nominatif-accusatif pluriel en -a.

En fait, on y trouve aussi quelques noms hybrides, dont la déclinaison est mixte, parce que leur radical est mixte. Bien que leur ablatif singulier soit en -e, leur génitif pluriel est en -ium. Quels sont ces noms? Malheureusement, il n’y a pas de règle générale ici…​ Notre seul recours est l’expérience et la lecture (abondante!). Retenons tout de même ceci:

  1. on ne trouve dans cette catégorie aucun nom neutre,

  2. mais, par contre, presque tous les monosyllabes (qu’est-ce?) dont le radical se termine par deux consonnes. Exemples:

nox (nocte, noctium)

pons (ponte, pontium)

pars (parte, partium)

arx (arce, arcium)

Noms dont le radical est en i — Comme nous le savons, ces noms ont i à l’ablatif singulier. Quels sont-ils? Voici trois règles qui peuvent nous aider.

  1. Les monosyllabes (noms ayant une syllabe au nominatif singulier) dont le radical se termine, à l’ablatif singulier (une fois i ou e retranchés), par deux consonnes, suivent la déclinaison des noms en i ou la déclinaison mixte. Ils sont du genre masculin ou féminin. Exemples: turris, turri, turrium; gens, gente, gentium; urbs…​

  2. Les parisyllabiques masculins ou féminins (noms ayant le même nombre de syllabes au nominatif et à l’ablatif singulier) dont le nominatif est en -is ou -es, suivent la déclinaison des noms en i. Exemples: navis, navi, navium; sedes, sede, sedium; clades…​

Remarque: seuls les noms qui ont l’accusatif en -im ont conservé l’ablatif singulier en -i; les autres ont généralement e (ou les deux).

  1. Les neutres en -e, -al, ou -ar suivent la déclinaison des noms en i. Exemples: animal, animali, animalium; mare, mari, marium.

Résignons-nous! Il y a, malheureusement, des exceptions à ces règles. Malgré tout, elles aideront notre mémoire.

DE ELIA PROPHETA ET PROPHETIS BAAL

In diébus Elíae prophétae, cum Iudaéi deos falsos et idóla cólerent, Elías ad omnem pópulum Israel locútus est dicens: "Usquequo (jusqu’à quand) claudicátis (vaciller) inter duas partes? Si Dóminus est Deus, sequímini eum: si autem Baal est deus, sequímini illum." Et non respondit ei pópulus verbum. Et ait rursus Elías ad pópulum: "Ego remansi prophéta Dómini solus: prophétae autem Baal quadringenti et quinquaginta (450) viri sunt. Dentur (de dare) ítaque nobis duo boves, et illi éligant (choisir) sibi bovem unum, et in frusta (morceaux) caedentes (couper) super ligna ponant, ignem autem non suppónant (mettre dessous); et ego bovem álterum parábo, et super ligna impónam, ignem autem non suppónam. Invocáte nómina deórum vestrórum, et ego nomen Dómini mei invocábo: et Deus qui per ignem exaudíverit (écouter, être favorable), ipse sit Deus." Respondens omnis pópulus ait: "Óptima propositio!"

Dixit ergo Elías prophétis Baal: "Elígite vobis bovem unum, et paráte primi, quia vos plures estis: et invocáte nómina deórum vestrórum, ignemque non supponátis."

Qui cum tulissent bovem quem déderat eis, invocábant nomen Baal de mane (matin) usque ad meridiem (midi) dicentes: "Baal, exaúdi nos." Et non erat vox, neque qui respondéret. Transiliebantque (sauter par-dessus) altáre quod fécerant.

Cumque iam esset meridies, illudébat (se moquer de) illis Elías, dicens: "Clamáte voce maióre (plus forte); deus enim est, et forsan lóquitur, aut in diversorio (auberge) est, aut in itínere, aut certe dormit (dort), ut excitétur."

Clamábant ergo voce magna, et incidébant se (se couper) secundum ritum suum donec perfunderentur (être couvert) sánguine.

(continuábitur cras)

DU FRANÇAIS AU LATIN

Lorsque Pharaon vit que son propre fils était mort, il appela Moise et Aaron.
Il leur dit qu’il laisserait (permíttere) aller Israël.
Chacun se prépara à quitter l’Egypte de nuit.
Lorsqu’ils eurent mangé l’agneau, ils mirent du sang sur les (jambages de) portes.
Les Egyptiens furent tués par l’ange du Seigneur.
A cause du sang, l’ange ne tua pas les Hébreux.
En sacrifiant l’agneau, les Hébreux furent sauvés.

LECTIO OCTOGESIMA PRIMA

De verbis regéntibus casum ablatívum
De variis terminatiónibus

Pharao déderat pópulo Israel licentiam discedendi ex Aegypto. Illi ígitur surrexérunt nocte, et, portantes ossa Ioséphi, discessérunt. Dóminus autem praecedébat eos ad ostendendam viam per diem in columna nubis et per noctem in columna ignis, ut dux esset itíneris utróque témpore. Numquam defuit columna nubis per diem, nec columna ignis per noctem coram pópulo.

nubes - nuée, nuage
defuit - manquer
nuntiáre - annoncer
immutáre - changer
servíre - être esclave, serviteur de
currus (4) - char
assumpsit - prendre
quidquid - quoi que ce soit
electus - choisi
nequáquam - pas du tout, nullement
tacére - se taire
flare - souffler
siccus - sec
murus - mur
dexter - droit (côté)
laevus - gauche
occúrrere - rencontrer
fluctus - vague
ne …​ quidem - pas même
laudáre - louer

Et nuntiátum est regi Aegyptiórum quod fugisset pópulus; immutatumque est cor Pharaónis et servórum eius super pópulo, et dixérunt: "Quid volúimus fácere ut dimitterémus Israel ne servíret nobis?" Iunxit ergo currum, et omnem pópulum suum assumpsit secum. Tulitque sexcentos currus electos, et quidquid in Aegypto curruum fuit, et duces totíus exércitus. Cumque appropinquasset Pharao, levantes filii Israel óculos, vidérunt Aegyptios post se: et timuérunt valde, clamaveruntque ad Dóminum. Et ait Móyses ad pópulum: "Nolíte timére, state et vidéte res magnas Dómini quas factúrus est hodie. Aegyptios enim, quos nunc vidétis, nequáquam ultra vidébitis in sempiternum. Dóminus pugnábit pro vobis, et vos tacébitis." Profecti sunt ígitur filii Israel ad Mare Rubrum. Cumque extendisset Móyses manum super mare, abstulit mare Dóminus, flante vento vehementi et urente, et vertit in siccum: divisaque est aqua. Et ingressi sunt filii Israel per medium sicci maris; erat enim aqua quasi murus a dextra eórum et a laeva. Persequentesque Aegyptii ingressi sunt post eos. Et ait Dóminus ad Móysen: "Extende manum tuam super mare, ut revertantur aquae ad Aegyptios super currus et équites eórum." Cumque extendisset Móyses manum contra mare, reversum est ad priórem locum. Fugiéntibus Aegyptiis occurrérunt aquae, et involvit eos Dóminus in mediis flúctibus. Ne unus quidem superfuit ex eis. Filii autem Israel perrexérunt per medium sicci maris et laudavérunt Dóminum.

VOCABULARIUM

deesse, defuit, *defutúrus - manquer
immutáre, -ávit, -átus - changer
laudáre, -ávit, -átus - louer
servíre, -ívit, -ítum (avec dat.) - être esclave, serviteur de, servir
tacére, tacuit, tácitus - se taire, garder le silence

ne…​ quidem - pas même (remarquez la place des mots)
déxter, tera, terum - droit, ce qui est à droite
murus, o - mur
siccus, a, um - sec

NUNC COGITEMUS

Verbes déponents demandant l’ablatif — On met à l’ablatif le complément de cinq verbes déponents, que voici:

  • uti, usus est - se servir de: Gladio útitur, il se sert de l’épée.

  • frui, fructus est - jouir de: Pace frúitur, il jouit de là paix.

  • fungi, functus est - s’acquitter de, remplir: Consulátu fúngitur, il s’acquitte de sa tâche de consul.

  • potíri, potítus est - s’emparer de: Terra potítus est, il s’empara du pays.

  • vesci, — - se nourrir de: Carne véscitur, il se nourrit de viande. (Se construit parfois avec l’accusatif.)

En fait, ces verbes sont déponents (ni actifs ni passifs, sans formes propres en latin). Ils expriment une action à laquelle le sujet est intéressé (les verbes actifs désignant une action exercée par le sujet, et les passifs une action subie par le sujet) (1). Ainsi uti, se servir d’une chose à laquelle le sujet est intéressé; fungi, s’acquitter d’une tâche à laquelle le sujet est intéressé.

(1) Voir ERNOUT et THOMAS, Syntaxe latine, Klincksieck, 1951, p. 171.

Terminaisons facultatives de la troisième déclinaison — En plus des terminaisons que nous avons apprises, il en existe d’autres, qui sont parfois employées.

L’ablatif singulier de la plupart des radicaux en i peut aussi être en e (mais l’ablatif singulier des radicaux à consonnes ne peut jamais être en i). Cette règle s’applique aux noms (sauf les neutres), mais non aux adjectifs.

L’accusatif pluriel des radicaux en i peut être en -is (avec un i long) au lieu de -es. E. g., le mot navis peut faire à l’ablatif singulier nave, et navis à l’accusatif pluriel.

Terminaisons facultatives (ou secondes) des verbes — La seconde personne du singulier passif se termine habituellement par -ris, comme nous l’avons vu, aux temps formés sur le présent. Mais, au lieu de -ris, on peut avoir -re. E. g., paráris ou paráre.

La troisième personne du pluriel de l’indicatif parfait actif se termine d’ordinaire par -érunt. On peut aussi avoir -ére (le premier e étant long). E. g., paravérunt ou paravére.

Contraction au parfait et au plus-que-parfait actifs des verbes — On rencontre, surtout au parfait des verbes dont le parfait est en -ávit, -évit, -ívit, certaines contractions:

  • -ávit et -évit perdent le v et la voyelle suivante devant s ou r.

  • -ívit perd le v et la voyelle suivante devant s, il perd aussi v devant r.

INDICATIF

SUBJONCTIF

INFINITIF

Parfait

Parfait

Parfait

amasti

delesti

audisti

amárim

delérim

audíerim

amasse

amastis

delestis

audistis

etc.

etc.

etc.

delesse

amárunt

delérunt

audiérunt

audisse

Plus-que-parfait

Plus-que-parfait

amáram

deléram

audíeram

amassem

delessem

audissem

etc.

etc.

etc.

etc.

etc.

etc.

Futur antérieur

amáro

deléro

audíero

etc.

etc.

etc.

Il y a encore quelques autres contractions que l’on peut rencontrer, comme

nosti

au lieu de

novisti (de nóscere),

norunt

"

novérunt (de " ),

noram

"

nóveram (de " ),

nosse

"

novisse (de " ).

CONTINUATUR NARRATIO DE ELIA PROPHETA

Sed vox non audiebátur, nec áliquis prophétis Baal respondébat. Dixit ítaque Elías omni pópulo: "Veníte ad me." Et accedente ad se pópulo, curávit altáre Dómini, quod destructum erat. Et tulit duódecim lápides (pierres) secundum númerum tribuum (tribus) filiórum Iacob.

Et de lapídibus altáre in nómine Dómini aedificávit; fecitque fossam (fossé) in circúitu (autour) altaris. Et composuit ligna, divisitque bovem et super ligna posuit. Et ait: "Impléte quattuor hydrias (cruches d’eau) aqua (ablatif) et fúndite super holocaustum et super ligna." Et fecérunt hoc ter (trois fois), Elía iubente. Et currébant aquae circum altáre, et fossa repléta est. Cumque iam tempus esset ut offerrétur holocaustum, accédens Elías prophéta ait: "Dómine Deus Ábraham et Isaac, ostende hodie quia (que) tu es Deus Israel, et ego servus tuus, et iuxta (selon) praeceptum tuum omnia verba haec feci. Exaúdi (écoute) me, Dómine, exaúdi me, ut discat pópulus iste, quia (que) tu es Dóminus Deus, et tu convertisti cor eórum íterum."

Cécidit autem ignis Dómini, et vorávit (consuma) holocaustum, et ligna, et lápides, púlverem quoque, et aquam quae erat in fossa, lambens (laper).

Quod cum vidisset omnis pópulus, cécidit in faciem suam, et ait: "Dóminus ipse est Deus, Dóminus ipse est Deus."

DU FRANÇAIS AU LATIN

Comment les Hébreux s’emparèrent-ils de la Terre Sainte?
Ils jouirent de tout ce que le Seigneur leur avait donné.
Rien (traduisez par: pas même une chose) ne leur manquait.
S’ils avaient bien servi le Seigneur, ils seraient demeurés là.
Il faut que nous nous servions bien de ce que Dieu nous a donné.
Bien que l’holocauste ne fût pas sec, le feu du ciel descendit sur lui et le consuma.
Le Seigneur doit être loué grandement (magnópere).

APPENDICE I

Comment se servir du dictionnaire latin et des ouvrages traditionnels

Les dictionnaires latins (et d’autres ouvrages également) ne procèdent pas comme nous l’avons fait dans leur présentation des mots latins. Ils ne donnent pas les formes nouvelles (1) que nous avons apprises, mais d’autres à la place, auxquelles il ne sera pas difficile de nous habituer. Ces différences portent sur les verbes et les noms.

(1) L’enseignement traditionnel a coutume d’appeler temps primitifs ce que l’auteur désigne ici par formes du verbe.

1. Les verbes — Ces ouvrages présentent les verbes sous quatre ou cinq formes, au lieu de trois (2), et dans un ordre différent du nôtre. Même cet ordre varie d’un manuel à l’autre. Parfois, c’est l’infinitif qui vient en premier lieu, parfois la première personne du singulier de l’indicatif présent (selon l’usage courant des dictionnaires latins-français). Et la forme qu’ils ajoutent est précisément cette dernière. Comparez-la à la forme préliminaire que nous avons donnée pour les verbes du type de capiunt.

(2) Déjà Petitmangin réduisait à trois les temps primitifs dans les premières éditions de sa célèbre grammaire, vers 1920 (v. éd. de 1925, p. 26).

Illustrons par quelques exemples ces deux manières de procéder:

la nôtre:

capiunt, cápere, cepit, captum

paráre, parávit, parátus

la leur:

capio, cápere, cepi, captum

paro, parávi, parátum, paráre (ou paro, paráre, parávi, parátum)

la nôtre:

loqui, locútus est

conári, conátus est

la leur:

loquor, loqui, locútus sum

conor, conári, conátus sum (ici encore, l’infinitif vient parfois en dernier lieu)

Remarquons, en passant, que certaines grammaires donnent l’infinitif comme première forme, à la place de la première personne du singulier de l’indicatif présent; par contre, les dictionnaires latins-français donnent toujours cette forme en dernier lieu.

En réalité, si trois formes suffisent, pourquoi en donner quatre ou cinq, et, surtout, pourquoi en apprendre par coeur plus qu’il ne le faut?

Les trois formes que nous avons apprises nous fournissent tous les renseignements nécessaires à nos besoins. Si nous désirons d’autres formes, par exemple la première personne du singulier de l’indicatif présent, nous pouvons la trouver facilement en appliquant les principes déjà appris.

A la place du participe passé que nous donnons, les autres ouvrages donnent habituellement la forme du supin, lorsqu’elle existe. Mais, si nous connaissons l’une, nous pouvons trouver l’autre.

2. Les noms — Nous avons présenté les noms sous la forme du nominatif, suivie de la terminaison de l’ablatif. Les autres ouvrages remplacent cette dernière forme par celle du génitif. Nous pouvons également nous habituer à cet usage sans trop de difficulté. Il y a un inconvénient à donner le génitif à la place de l’ablatif: la terminaison du génitif ne nous dit pas à quel type de déclinaison appartient un mot de la troisième déclinaison, parce qu’elle ne nous révèle pas son radical (il reste donc à essayer de nous débrouiller au moyen de règles semblables à celles que nous propose la leçon 80), De plus, le genre des noms y est indiqué par une lettre intitiale (masculin, féminin, neutre), et non par un adjectif.

Les adjectifs de la classe de bonus s’y présentent avec les trois terminaisons du nominatif singulier, comme dans notre manuel: bonus, a, um. Ceux de la deuxième classe (i. e. de la troisième déclinaison) se présentent de la même manière, moins la forme de l’ablatif singulier (ce qui nous empêche de savoir à quel type de déclinaison appartient l’adjectif).

Les différences ne sont donc pas considérables. L’ancienne méthode impose à la mémoire un peu plus de travail, et fournit moins de renseignements sur la troisième déclinaison.

APPENDICE II

Les noms de nombre en latin

Il existe plusieurs sortes de noms de nombre aussi bien en français qu’en latin. Deux seulement retiendront notre attention pour le moment: les nombres cardinaux et les nombres ordinaux. Les nombres cardinaux sont: un, deux, trois, etc.; les nombres ordinaux: premier, deuxième, troisième, etc., indiquant le rang, l’ordre, etc.

En latin, les nombres ordinaux se déclinent sur bonus, a, um. Les trois premiers nombres cardinaux se déclinent: unus, duo et tres; puis, les noms des centaines à partir de ducenti, ae, a (200). Evidemment, dans les nombres composés, formés de unus, duo et tres, ces derniers se déclinent.

Unus se décline comme les neuf adjectifs irréguliers (génitif singulier en -íus et datif singulier en -i). Duo n’a que certaines formes:

Masc. et neutre: duo, duórum, duóbus, duos (duo), duóbus
Féminin: duae, duárum, duábus, duas, duábus.

NOMBRES CARDINAUX

NOMBRES ORDINAUX

1

unus, a, um

primus, a, um

2

duo, duae, duo

secundus

3

tres, tria

tertius

4

quattuor

quartus

5

quinque

quintus

6

sex

sextus

7

septem

séptimus

8

octo

octávus

9

novem

nonus

10

decem

décimus

11

úndecim

undécimus

12

duódecim

duodécimus

13

trédecim

tertius décimus

14

quattuórdecim

quartus décimus

15

quindecim

quintus décimus

16

sédecim

sextus décimus

17

septéndecim

séptimus décimus

18

duodeviginti

duodevicésimus

19

undeviginti

undevicésimus

20

viginti

vicésimus

21

viginti unus (unus viginti)

vicésimus primus

22

viginti duo

vicésimus secundus

30

triginta

tricésimus

40

quadraginta

quadragésimus

50

quinquaginta

quinquagésimus

60

sexaginta

sexagésimus

70

septuaginta

septuagésimus

80

octoginta

octogésimus

90

nonaginta

nonagésimus

100

centum

centésimus

200

ducenti, ae, a

ducentésimus

300

trecenti

trecentésimus

400

quadringenti

quadringentésimus

500

quingenti

quingentésimus

600

sexcenti

sexcentésimus

700

septingenti

septingentésimus

800

octingenti

octingentésimus

900

nongenti

nongentésimus

1000

mille (plus d’un: millia)

millésimus

CORRIGÉ DES EXERCICES

IX

María agnum amávit.
María agnum inveníre voluit.
Románi Pyrrhum vicérunt.

X

Románi in perículo fuérunt.
Marcus ad urbem veníre potuit.
Marcus dixit quod Columbus fuit bonus.

XI

Columbus magnam veritátem scivit.
Isabella multam pecuniam habuit.
Roma cives magnos habuit.

XII

1. Víncere, cádere, fácere, esse, dare, cápere, velle, míttere, scire, iácere.

2. a. Magnis návibus, magnis légibus, magnis potestátibus, magnis imperatóribus, magnis úrbibus.

b. Magnos reges, magna maria, magnos pontes, magnas vertitátes, magna consilia, magna nómina.

3. Cepérunt, fecérunt, dedérunt, habuit, invénit, voluérunt, posuit, gessérunt.

Quando venit Hánnibal?
Hamilcar dixit quod Roma mala fuit.
Sed Roma pacem voluit.

XIII

Marcus vidit mílites feróces.
Pugna fuit acris.
Venit cum viris fórtibus.

XIV

Exércitus Púnicus in Galliam missus est.
Multum aurum inventum est.
Équites audíti sunt.

XV

Cincinnátus rogátus est veníre.
Marcus visus est Maríam amáre.
Fábula scripta est.

XVI

Hánnibal a Románis victus est.
Sed Romános in multis pugnis vícerat.
Hánnibal fuit imperátor fortis.

XVII

Columbus in mundum novum navigávit.
Carthágo a frumento interclúsa est.
Masinissa multum aurum accépit.
Multo auro accepto, mílites laeti fuérunt.
Románis victis, Hánnibal non fuit laetus.
Multo frumento accepto, viri imperatórem vocavérunt.

XVIII

Pater nautae vénerat.
Potestas senátus fuit magna.
Popilius Antíochum discédere iussit.
Navis auro capto, imperátor non discessit.
Ántequam nautae Romae venérunt, non fuit pugna.
Potestas Romae magna fuit.
Antíochus rex Seleuciae fuit.

XIX

Ubi est ille vir?
María agnum illum inveníre voluit.
Viri Romae fortes fuérunt.
Cato voluit illos urbem delére.
Ille (vir) oratiónem non amávit.
Oratióne illa hábita, Cato discessit.
Magna oratióne, urbem delévit.

XX

1. (Les formes entre parenthèses n’ont pas encore été apprises)

Singulier

Nom.

bonus vir

ille vir

illud caput

pars magna

Acc.

bonum virum

illum virum

illud caput

partem magnam

Abl.

bono viro

illo viro

illo cápite

parte magna

Gén.

boni viri

(illíus) viri

(illíus) cápitis

partis magnae

(Dat.)

(bono viro)

(illi viro)

(illi cápiti)

(parti magnae)

Pluriel

Nom.

boni viri

illi viri

illa cápita

partes magnae

Acc.

bonos viros

illos viros

illa cápita

partes magnas

Abl.

bonis viris

illis viris

illis capítibus

pártibus magnis

Gén.

bonórum virórum

(illórum) virórum

(illórum) cápitum

partium magnárum

(Dat.)

(bonis viris)

(illis viris)

(illis capítibus)

(pártibus magnis)

2. Cum, in, de, pro, sine, e (ex)

3. Maris, márium; civis, cívium; potestátis, potestátum; oratiónis, oratiónum; agni, agnórum.

Necesse est féminam inveníre.
Magna pars mílitum venit.
Sine licentia Romanórum pugnavérunt.
Illa (fémina) fortis est.
Magna pars mílitum visa est (visi sunt).
Románi magna cum potestáte venérunt.
Legáti Romae iussérunt illos arma depónere.

XXI

Hic (vir) venit.
Quid voluit?
Cibum voluit.
Graccho interfecto, senatóres agros suos tenére potuérunt.
Agri senatórum re vera magni fuérunt.
Magnos dolóres habuérunt.
Multi (viri) servi patriciórum fuérunt.

XXII

Scipio mílites parat.
Columbus naves suas monstrat.
Adherbal in parte orientáli Numidiae manet.
Exércitum parat.
Rex Áfricae multos servos habet.
Senátus multum aurum a Iugurtha accéperat.
Auro accepto, senátus contra hunc (virum) pugnáre non vult.

XXIII

Multas urbes capiunt.
Quid in flumen iaciunt?
Marius et sui veniunt.
Marius et Sulla fórtiter pugnant.
Magna cum ira dixit.
Iugurtha senátum amáre símulat, sed re vera non amat.
Delectu hos (viros) cogunt in exércitum veníre.

XXIV

1. Cogit, cogunt; monstrat, monstrant; rogat, rogant; abest, absunt; vult, volunt; áccipit, accipiunt; mittit, mittunt; iacit, iaciunt.

2. (Les formes entre parenthèses n’ont pas encore été apprises)

Singulier

Nom.

magnus rex orientális

bonus delectus

mala consuetúdo

caput cálidum

Acc.

magnum regem orientálem

bonum delectum

malam consuetúdinem

caput cálidum

Abl.

magno rege orientáli

bono delectu

mala consuetúdine

cápite cálido

Gén.

magni regis orientális

boni delectus

malae consuetúdinis

cápitis cálidi

(Dat.)

(magno regi orientáli)

(bono deléctui)

(malae consuetúdini)

(cápiti cálido)

Pluriel

Nom.

magni reges orientáles

boni delectus

malae consuetúdines

cápita cálida

Acc.

magnos reges orientáles

bonos delectus

malas consuetúdines

cápita cálida

Abl.

magnis régibus orientálibus

bonis deléctibus

malis consuetudínibus

capítibus cálidis

Gén.

magnórum regum orientálium

bonórum deléctuum

malárum consuetúdinum

cápitum calidórum

(Dat.)

(magnis régibus orientálibus)

(bonis deléctibus)

(malis consuetudínibus)

(capítibus cálidis)

3. Inventus erat, inventi erant; datus erat, dati erant; gestus erat, gesti erant.

Tarquinio expulso, Roma bellum habuit.
Patricius nativitáte erat.
Dicunt quod Iugurtha pacem vult.
Dum dubium est, illum legátum revocáre nolunt.
Non ingenio sed multo labóre dictátor creátus est.
Nunc cum Communistis pugnant.
Etiam boni (viri) pacem aeternam in hoc mundo non habent.

XXV

Eidem (viri) veniunt.
Marcus eum vidit.
Inter cives bellum erat.
Potestáte Mithridátis non fracta, Sulla in urbem rursus venit.
Sulla enim Marium timuit, et multos amícos Mari interfícere voluit.
Sulla multa pretiósa Athénis rapuit.
Ergo rursus venit ex Italia návibus suis.

Sylla retourna dans la ville, parce qu’il craignit Marius. Les noms des proscrits furent placés quotidiennement par Sylla dans le forum romain après que Sylla prit la ville. Beaucoup d’hommes furent tués par Sylla par un grand carnage, parce qu’ils n’étaient pas les amis de Sylla.

XXVI

Vidit imperatórem qui cum Mithridáte pugnávit.
Pauci agni ad scholam veniunt.
Pirátae qui Caésarem cepérunt interfecti sunt.
Ei qui Sullam odérunt interfecti sunt a viris Sullae.
Pompeius fuit vir quem pirátae non potuérunt víncere.
Lege nova Pompeius magnam potestátem accépit.
Ei qui caeci fuérunt non potuérunt vidére.

Parce qu’il a combattu courageusement, Pompée a reçu le nom "Grand". Parce qu’il était un bon chef, il a aussi reçu du sénat romain beaucoup de commandements extraordinaires. De cette façon, il s’est battu contre les pirates qui avaient fait un danger dans la mer. Ce même Pompée a fait entrer même les Juifs, qui furent en terre sainte, dans le commandement romain.

XXVII

Caesar Corneliam in matrimonium duxit.
Sulla ira motus est.
Necesse fuit fúgere in montes.
Quidam sunt in Italia qui Romam delére volunt.
Ipsi hoc fácere volunt.
Multi in perículum a malis ducti sunt.
Caesar se interfícere noluit - Cassius hoc pro eo fecit.

César épousa la fille de Cinna, que Sulla n’aimait pas. Parce qu’il fit cela, Sulla voulut tuer César. Mais Sulla n’aurait pas dû vouloir tuer César. Celui-ci (César) avait une guerre dans sa maison. Car il avait une épouse. Quand il a entendu ces choses, qu’a dit Sulla? Il a dit qu’il y a beaucoup de Marius dans cet homme-là.

XXVIII

1. (Les formes entre parenthèses n’ont pas encore été apprises)

Singulier

Nom.

quidam vir

María ipsa

quoddam vínculum

idem exércitus

Acc.

quemdam virum

Maríam ipsam

quoddam vínculum

eumdem exércitum

Abl.

quodam viro

María ipsa

quodam vínculo

eodem exércitu

(Gén.)

(cuiusdam) viri

Maríae (ipsíus)

(cuiusdam) vínculi

(eiusdem) exércitus

(Dat.)

(cuidam viro)

(Maríae ipsi)

(cuidam vínculo)

(eidem exércitui)

Pluriel

Nom.

quidam viri

Maríae ipsae

quaedam víncula

idem exércitus

Acc.

quosdam viros

Marías ipsas

quaedam víncula

eosdem exércitus

Abl.

quibusdam viris

Maríis ipsis

quibusdam vínculis

eisdem exercítibus

(Gén.)

(quorumdam) virórum

Mariárum (ipsárum)

(quorumdam) vinculórum

(eorumdem) exercítuum

(Dat.)

(quibusdam viris)

(Maríis ipsis)

(quibusdam vínculis)

(eisdem exercítibus)

2. Áccidit, discunt, accipiunt, capiunt, pugnant, veniunt, habent.

3. Fractus erat, captus erat, revocáta erat.

Estne Caesar vir qui Galliam in tres partes divísit?
Caesar in montes fugit.
Viri audaces a perículo discunt.
Olim fuit puella parva quae María vocáta est.
Marcus est vir qui vult Maríam in matrimonium dúcere.
Marcus in vínculis amóris captus est.
Multa perícula accidérunt dum Caesar consul fuit.

Bibulus est demeuré à la maison pendant que César proposa beaucoup de nouvelles lois dans le sénat. César prononça de grands et bons discours dans le sénat, que les sénateurs ont aimés. À cause de ces discours, il reçut une armée et il la conduisit en Gaule. Mais Pompée est resté dans la ville. Pris par l’amour de Julie, Pompée ne fit rien contre César (pendant) ce temps.

XXIX

Hánnibal intérfici debet.
Mílites in urbem ducuntur.
Artes bonae in schola discuntur.
Multi viri boni invidia interficiuntur.
Vidétur vir bonus esse.
Tales viri in omni terra inveniuntur.
Nec in África nec in Italia videntur.

(Aux) temps anciens, Rome, qui même dans ces jours-là n’était pas petite, a presque toute été prise par les Gaulois. C’est pourquoi César, qui voulut avoir un grand pouvoir, reçut une armée et vint dans cette terre-là que les Gaulois tinrent. César vint non seulement en Gaule, mais aussi dans une autre terre dans laquelle étaient des hommes féroces. Cette terre fut la Germanie (l’Allemagne). César, bien qu’il vainquit toute la Gaule, qui était divisée en trois parties, ne vainquit pas toute la Germanie.

XXX

Caesar in urbem rediit.
Pugnáre dídicit.
Tribúni senátui epístulam explicavérunt.
Multa praemia milítibus dantur.
Nunc ad Italiam redeunt.
Illa est urbs ex qua navigavérunt.
Fácile est rem Caésari explicáre.

La plèbe romaine avait donné un grand privilège à César, parce qu’il avait été un homme bon et il avait fait beaucoup de choses pour Rome. Par ce privilège, César put briguer le consulat bien qu’il était en Gaule, pas dans la ville. Mais l’homme qui dut être l’ami de César (amical à César) a été touché par la jalousie: Pompée. C’est pourquoi celui-ci demanda au peuple romain de détruire le privilège de César. Lorsqu’il entendit ces choses, César envoya une lettre au Sénat dans laquelle il expliqua toute la chose.

XXXI

Caesar Romam venit.
Brundisio návigat.
Caesar trans finem meridionálem provinciae suae venit.
Caésari loqui conátus est.
Portis apertis, Caesar in óppidum veníre potest.
Milítibus suis qui secúti erant ipsum (ou: eum, ou: se) locútus est.
Naves nullae Caésari remansérunt.

Après que les tribuns ont été expulsés de Rome, le Sénat se prépara pour la guerre. Dans la partie sud de la province qu’avait César, il fut un petit fleuve, qui s’appelle le Rubicon. César traversa ce fleuve avec son armée. De nombreuses mais petites villes qui étaient sur le chemin de César n’ont pas essayé de le retenir. Une fois les portes ouvertes, ils accueillirent l’homme qu’ils dirent grand. De ces villes qui ont reçu César les portes ouvertes, des hommes assez nombreux ont suivi César.

XXXII

1.

Singulier

Dat.

forti nuntio

bonae morti

duci maiori

Pluriel

Dat.

fórtibus nuntiis

bonis mórtibus

dúcibus maióribus

2. Praevidétur, praevidentur; exspectátur, exspectantur; pétitur, petuntur; dimíttitur, dimittuntur; ágitur, aguntur.

3. Moriuntur, ils meurent; sequuntur, ils suivent; conantur, ils essayent; loquuntur, ils parlent.

Necesse est aut veníre aut remanére.
Caesar in Thessaliam se recépit.
Viri Brundisio redeunt.
Multi (viri) in proelio moriuntur.
In oppidum se recipere conati sunt.
Putat quod Caesar Marco loqui vult.
Caesar dixit quod venit, vidit et vicit.

Ceux qui quittent cette vie en passant par les portes de la mort, meurent. De tous les biens qu’un homme peut recevoir, il doit surtout demander à Dieu une bonne mort. Car personne ne peut se retirer de la vie future à cette vie, ni essayer. Car tout ce qu’il veut faire, Dieu peut le faire sans difficulté. Car les choses que Dieu dit arrivent toujours. Donc, il est bon de penser souvent à ctete vie future qui n’a pas de fin. Quoi de bon pour Pompée d’avoir été un grand général, s’il n’a pas eu une bonne mort?

XXXIII

Dixit quod Caesar veniébat.
Cato exércitum colligébat.
Exércitus Románus in Thessaliam se recipiébat.
Caesar, postquam Romam reversus est, mox in Áfricam profectus est.
Cur ad bellum parábat?
Marcus Antonius Caésari corónam monstrábat.
Sed eam non accipiébat.

Après qu’il avait vaincu beaucoup d’armées en Afrique, César ne pouvait pas demeurer en Italie. Car Caton, qui était le général d’une armée ces jours-là, n’aimait pas César. Bien que Caton ne fût pas un mauvais général, César fut toujours meilleur. Donc, celui-ci vainquit rapidement celui-là. Bientôt César est parti en Italie. Là Marc-Antoine essayait de donner à César la couronne royale. Il faisait ces choses un certain jours de fête, où beaucoup d’hommes étaient dans la ville. Mais César n’a rien dit au sujet de cette couronne.

XXXIV

In Galliam proficiscebátur.
Ad pedes eiusdem statuae cadébat.
Gladiis et sicis interficiebátur.
Multi (viri) gladio interficiebantur.
Alii pédibus fugiébant.
Caesar a vate monebátur.
Sed ad pedes Pompéi, cuius inimícus fúerat, cécidit.

Des sénateurs assez nombreux ont commencé à haïr César, bien qu’il n’ait pas reçu la couronne des mains de Marc-Antoine. Ne devaient-ils pas aimer et non haïr ce grand homme qui avait fait beaucoup (et) de grandes choses en Gaule pour Rome? Ils durent l’aimer. Néanmoins, ils ont fait une assez grande conjuration et ils ont essayé de préparer la mort à César. Aux ides de Mars, le jour où l’on recueillait autrefois les impôts en Amérique, César a été tué par les poignards des conjurés aux pieds de la statue de Pompée. Maintenant celui-là était aux pieds de Pompée, alors que Pompée était mort à ses pieds.

XXXV

Marcus agnum venientem vidit.
Audivitne agnum dicentem baa?
Marco magistro, María laeta est.
Dum Caesar vivébat (ou: Caésare vivo), Brutus non erat laetus.
Eum in senátum venientem vidérunt.
Imperatórem audiébat legentem iussa.
Melius erat Caésari Roma discédere.

Les chevaliers n’ont pas eu besoin de chevaux dans les jours de Cicéron, parce qu’ils avaient beaucoup d’argent. Les Romains qui entendaient les discours de ce Cicéron n’eurent pas de chevaux. Ils ont pu comprendre même sans chevaux. C’est pourquoi, pendant que les Romains s’exclamaient, Cicéron prononçait beaucoup de discours véhéments. Bien que beaucoup de ceux qui ont entendu ses discours l’aimaient, Sylla n’aimait ni lui-même ni ses discours. Donc, il était mieux pour Cicéron de partir de Rome vers la Grèce.

XXXVI

1.

Singulier

Nom.

vir pugnans

peccátum maius

fortis equus

Acc.

virum pugnantem

peccátum maius

fortem equum

Abl.

viro pugnante

peccáto maióre

forti equo

Gén.

viri pugnantis

peccáti maióris

fortis equi

Dat.

viro pugnanti

peccáto maióri

forti equo

Pluriel

Nom.

viri pugnantes

peccáta maióra

fortes equi

Acc.

viros pugnantes

peccáta maióra

fortes equos

Abl.

viris pugnántibus

peccátis maióribus

fórtibus equis

Gén.

virórum pugnantium

peccatórum maiórum

fortium equórum

Dat.

viris pugnántibus

peccátis maióribus

fórtibus equis

2.

Singulier

Gén.

Huius libri

eiusdem viae

illíus virtútis

magni pedis

Pluriel

Gén.

Horum librórum

eárumdem viárum

illárum virtútum

magnórum pedum

3. Lorsque César lisait le livre, les soldats ne se battaient pas.
Parce que César lisait le livre, les soldats ne se battaient pas.
Bien que César lisait le livre, les soldats ne se battaient pas.
Si César lisait le livre, les soldats ne se battaient pas.
César lisait le livre et les soldats ne se battaient pas.

4. Monébat, conabátur, proficiscebátur, monébant, conabantur, proficiscebantur.

Catilína Cicerónem sica interfícere conátus est.
Dicébat quod óderat Cicerónem.
Bellum volébat quia multam pecuniam multis debébat.
Cur Caesar non est factus rex?
Vir est cuius fortitúdo magna est.
Propter peccáta sua puniébatur.
Vidit Isabellam pecuniam Columbo dantem.

La voie au consulat était difficile aux hommes qui n’étaient pas nés dans l’ordre sénatorial. Certains hommes en fait, parmi lesquels était Cicéron lui-même, arrivèrent à cette dignité. (Ceux) qui ont fait cela étaient appelés des hommes nouveaux. L’année où Cicéron était consul, il arriva cette célèbre conjuration de Catilina que Cicéron vainquit. Pour cette raison, bien qu’il ne fût pas humble avant ce temps, Cicéron est maintenant venu dans un orgueil excessif. On dit dans l’Écriture Sainte que le commencement de tout péché est l’orgueil. Bien que les chrétiens aiment cette vertu, Cicéron, qui n’était pas chrétien, ne l’aimait pas.

XXXVII

Hi invenientur.
Cícero eos in cárcerem mittet.
Multi illórum (ex illis) qui in coniuratióne sunt comprehendentur.
De se loquétur.
Post hunc diem in urbe non videbuntur.
A servis Cicerónis interficientur.
Quómodo probábit Cícero quod in coniuratióne sunt?

Bien que Fulvie ait raconté toutes les choses qu’elle avait entendues de Curius, Cicéron n’a pas voulu arrêter les conjurés et les envoyer en prison. Bien que Cicéron sut toutes ces choses, il était nécessaire de pouvoir prouver ces choses au tribunal: ce que Cicéron voulut, mais il ne put pas le faire. Il était donc nécessaire que Cicéron agisse par d’autres manières. Donc Cicéron fit un discours véhément contre Catilina dans le Sénat, pendant que plusieurs sénateurs s’exclamaient. Quand ce discours a été fait, ce Catilina commença à craindre et il quitta Rome avec beaucoup d’associés.

XXXVIII

Qui agnus venit in scholam? Agnus albus Maríae venit in scholam
Quae puella fuit in schola? María fuit in schola
Quod bellum habuérunt Románi tempore Tarquinii? Bellum contra Etruscos habuérunt

Singulier

m. f.

n.

Nom.

quis

quid

Acc.

quem

quid

Abl.

quo

quo

Gén.

cuius

cuius

Dat.

cui

cui

Pluriel

m.

f.

n.

Nom.

qui

quae

quae

Acc.

quos

quas

quae

Abl.

quibus

quibus

quibus

Gén.

quorum

quarum

quorum

Dat.

quibus

quibus

quibus

A quo accipient mílites pecuniam?
A Mario, non a Roma.
Quis Cicerónem de illo (de illa re) monuit?
Catilína dícitur multos interfecisse.
Vidétur multos consuluisse.
Quis quid fecit?
Novitne quid fecérunt?
Quid fecit?

Touché par les paroles de Fulvie, Cicéron fit un discours véhément contre Catilina par lequel il le poussa à quitter la ville. Mais maintenant, puisque certains Gaulois ont donné même des écrits au sujet de la conjuration, Cicéron vint dans le Sénat et demanda aux sénateurs ce qu’il fallait faire des conjurés captifs. Il plut au Sénat que les conjurés soient tués dans la prison. Ni Catilina lui-même, ni le peu de conjurés qui étaient dans la ville, n’ont pu donner secours à ceux qui étaient condamnés en prison. Dans une grande guerre contre Marcus Petréius, Catilina lui-même a été tué bravement.

XXXIX

Fuitne Antonius re vera aeger?
Réliqui eos liberáre conáti sunt.
Cícero dicit se Catilínam monére.
Dixérunt Clodium profanavisse mysteria Bonae Deae.
Catilína dicit se vidisse Curium.
Cícero dicit non esse necesse habére iudicium públicum.
Catilína dicit eos pro vita pugnáre.

Les Romains disaient que cette déesse était "La Bonne Déesse". Cicéron dit que Clodius a profané les mystères de cette déesse. Mais l’histoire dit aussi que cette "Bonne Déesse" ne fut pas bonne. Néanmoins, ce n’est pas sans vérité que les Romains dirent que Clodius était un homme méchant. Car il fut tel. Déjà devenu un homme adulte, Clodus dit qu’il voulait être adopté par la famille plébéienne. Il dit ces choses parce qu’il voulut deveir tribun de la plèbe. Ce même Clodius dit que Cicéron devait donne aux conjurés un procès devant le peuple, ce que Cicéron en fait n’avait pas fait.

XL

1. Cuius, cuius, eiusdem, dolóris, mystéri (ou mysterii), ipsíus, huius.

2.

Singulier

Nom.

malus hostis

homo aeger

réliquus miles

Acc.

malum hostem

hóminem aegrum

réliquum mílitem

Abl.

malo hoste

hómine aegro

réliquo mílite

Gén.

mali hostis

hóminis aegri

réliqui mílitis

Dat.

malo hosti

hómini aegro

réliquo míliti

Pluriel

Nom.

mali hostes

hómines aegri

réliqui mílites

Acc.

malos hostes

hómines aegros

réliquos mílites

Abl.

malis hóstibus

homínibus aegris

réliquis milítibus

Gén.

malórum hostium

hóminum aegrórum

reliquórum mílitum

Dat.

malis hóstibus

homínibus aegris

réliquis milítibus

3. affíciet, afficiétur; ibit, íbitur; liberábit, liberábitur; aggrediétur, (pas de passif); monébit, monébitur; comprehendet, comprehendétur.

In cárcerem ibunt.
Magno dolóre afficientur.
Diffícile est in exsilium ire.
Cur Romam aggrediuntur?
Cícero dicit se in magno dolóre esse.
Habebatne Catilína ius ad iudicium coram pópulo?
Quia haec fecit, dolor magnus ei veniet.

L’histoire dit que la loi romaine fondamentale, qui s’appelle la loi constitutionnelle, n’était pas écrite dans les jours de Cicéron. Et c’est vrai. Mais même en ces temps modernes, ce ne sont pas toutes les terres qui ont une loi constitutionnelle écrite. Beaucoup (d’hommes) disent que cette loi en Angleterre, qui est une grande île, n’est pas écrite. Pour cette raison, Clodius avait pu dire que Cicéron, qui était le consul, avait agi contre la loi. Clodius dit-il la vérité? Il est difficile de dire.

XLI

Ut vidéret Caésarem venit.
In cárcerem ducti sunt, ut viri eos interfícerent.
Cícero in Ciliciam missus est ut esset gubernátor ibi.
Avúnculus Caésaris eum misit ut Cicerónem comprehénderet.
Cícero multas oratiónes ut potestátem Antóni deléret, habuit.
Ciceróni nihil dixit, ne Cícero eum comprehenderet.

Afin d’obliger les hommes à venir dans son camp, Pompée dit: "Si un homme ne se battra pas pour moi, il sera puni". L’histoire romaine dit que Cicéron est venu dans le camp de Pompée, mais il n’y a presque rien fait. Il est venu dans le camp de Pompée parce qu’il n’a pas aimé César et afin de ne pas être puni par Pompée. Néanmoins, l’histoire dit que César a pardonné Cicéron après la guerre. Après que ces choses ont été faites, Cicéron quitta la vie publique et travaillait pour écrire beaucoup de livres au sujet de choses philosophiques. Les hommes lisent en nos temps beaucoup de ces livres. Ces livres sont encore imprimés.

XLII

Mílites misit ut Ciceróni loquerentur.
Postquam mílites discessérunt, Cícero loqui non potuit.
Non solum mílites, sed etiam Cícero discésserat.
Hic vir non est símilis illi viro.
Vir cui nómina dedit non est amícus eius.
Propter odium Antóni, Augustus mílites misit ut Cicerónem interfícerent.
Nómina scripta sunt in foro ut interficerentur.

Alors que les triumvirs se battaient entre eux, Cicéron fit beaucoup de discours véhéments contre Antoine, afin d’inciter le peuple romain contre Antoine. C’est pourquoi, afin qu’il ne puisse plus faire de tels discours, Antoine a demandé à Octave la permission de tuer Cicéron. Octave permit qu’on lui coupe la tête, bien que Cicéron ait fait beaucoup de bonnes choses pour lui-même. Quand les soldats venaient pour couper la tête de Cicéron, les esclaves de Cicéron ont essayé de le défendre. Car ils ont dit que cet homme n’était pas méchant, qu’il était bon pour les esclaves.

XLIII

Cum Cícero auxilium Augusto dedisset, Augustus Ciceróni auxilium non dedit.
Antonius Cicerónem odit, cum Cícero oratiónes contra ipsum habuisset.
Cum Cícero non esset inimícus Romae, gladio interfectus est.
Cum Cícero fuisset amícus eius, Augustus eum intérfici permísit (permísit ut interficerétur).
Antonius dixit Cicerónem fuisse inimícum Romae.
Cum se victum esse vidéret, Antonius seípsum interfécit.
Caesar omnia iura Ciceróni reddidit.

Puisqu’il avait tué Cicéron, Antoine a lui-même été tué. Bien qu’un certain homme français avait dit qu’il est nécessaire de prendre garde des femmes, Antoine n’écouta pas. Car Antoine crut qu’il aimait Cléopâtre, la reine d’Égypte. Laquelle femme ne fut pas vraiment belle, car elle fut grosse comme nos cinq porcs. Mais un certain homme a dit que l’amour est aveugle, et il a dit la vérité. Car Antoine, ayant assemblé une grande flotte, se battit contre Octave. La grande flotte a été vaincue et Antoine et Cléopâtre se sont tués afin de ne pas être pris.

XLIV

1. Actif: docéret, docérent; decolláret, decollárent; nollet, nollent; esset, essent; pélleret, péllerent.
Passif: docerétur, docerentur; decollarétur, decollarentur; (pas de passif pour nolle); fíeret, fíerent; pellerétur, pellerentur.

2. Permisisset, permisissent; proscripsisset, proscripsissent; privavisset, privavissent; reddidisset, reddidissent; ignovisset, ignovissent.

3.

Singulier

Dat.

huic

illi

ipsi

eidem

cui

cui

ei

Pluriel

Dat.

his

illis

ipsis

eisdem

quibus

quibus

eis

4.

Singulier

Gén.

huius

illíus

ipsíus

eiusdem

cuius

cuius

eius

Pluriel

Gén.

horum

illórum

ipsórum

eorumdem

quorum

quorum

eórum

Non erat necesse ut multi Románi et Albáni interficerentur.
Románus discessit ne Curiatii ipsum cáperent et interfícerent.
Cum solus esset, Románus non timuit.
Vetus Testamentum docet mundum a Deo creátum esse.
Cum omnia fecisset, séptimo die Deus requiévit.
Opus Dei adhuc fit.
Cum Christus natus esset, lux magna in caelo venit.

Bien que les Curiates eussent tué les deux autres Horaces, Horace voulut néanmoins se battre seul. Car quoiqu’ils soient dans un grand danger, les bons Romains seront toujours braves. Beaucoup de ces hommes braves et bons sont morts afin que Rome soit sauvée. Donc, dans cette bataille, à cause de la vertu d’un seul Romain, les Romains ne sont pas devenus les esclaves des Albains (aux Albains). Car la liberté de Rome reste encore.

XLV

Catilína tam malus erat ut Cícero eum non amáret.
Caesar Ciceróni ignóvit, cum contra ipsum pugnavisset.
Cum omnia facta essent, Deus vidit ea esse bona.
Deus terrae imperávit ut herbas proferret.
Cum sol et luna facta essent, adhuc non erant animalia in terra.

Les herbes ont été créées le troisième jour et le quatrième jour Dieu fit le soleil et la lune. Il les fit afin qu’ils fussent dans le ciel, afin qu’ils donnassent de la lumière à toute la terre. Et pourtant si beaucoup de bonnes choses avaient été créées, aucune créature n’était encore venue dans le monde qui pût aimer Dieu d’une bonne volonté. Donc, Dieu créa le premier homme de la terre; et du premier homme, la femme. Ensuite, il les posa dans le paradis.

XLVI

Deo oboediant ne umquam moriantur.
Diábolus intérrogat num bonum et malum sciant.
Ut hoc coméderent non permísit eis.
Intérrogat cur Adam et Eva Deo non oboédiant.
Numquam diábolo credant.
Ne se a Deo abscóndere conentur.
Ne ex ligno scientiae boni et mali cómedant.

Quand les premiers hommes avaient déjà été créés, Dieu ordonne qu’ils ne mangent pas des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Comme Adam et Ève obéissaient aux ordres de Dieu, ils restèrent dans le paradis en ayant beaucoup de bonnes choses. Mais le serpent, qui autrefois est tombé du ciel par orgueil, les tenta. "Les hommes seront comme des dieux", dit le diable sous la forme d’un serpent.

XLVII

Vos mittit ut Catilínam capiátis.
Cum peccátum comiséritis, Deus vos ex paradíso misit.
Diábolus tam bene lóquitur ut ei credámus.
Ne credátis diábolo.
Potestas Dei tanta est ut vos ab eo abscóndere non póssitis.
Cain tanta voce exclámat ut eum audiámus.
Cum Abel pastor esset, agnos offérebat.

Ève est la mère, et Adam le père, de tous les hommes qui vivent maintenant sur la terre. Ils n’ont pas obéi à Dieu, afin qu’ils deviennent comme des dieux. Mais le diable les a trompés. Adam mangea le fruit offert par son épouse: pour cette raison, ils ont été renvoyés du paradis. Si ces choses ont été faites, Dieu voulait encore leur donner sa miséricorde. C’est pourquoi un rédempteur est promis par Dieu.

XLVIII

1. Comedámus, proferámus, credámus, oboediámus, fallámus — Cómedam, próferam, credam, oboediam, fallam.

2. Imperétur, abscondátur, interrogétur, sentiátur, ignorétur — Imperentur, abscondantur, interrogentur, sentiantur, ignorentur.

3. Cómedas, comedátis; ímperes, imperétis; credas, credátis; intérroges, interrogétis; sentias, sentiátis; fallas, fallátis; dicas, dicátis; facias, faciátis.

In arcam veniámus.
Deus tam bonus est ut omnes hómines amet.
Christus bonus pastor est, et pro agnis (suis) moriétur.
Genus humánum tam malum erat ut Deus eis irascerétur.
Magnos misit imbres ut eos deléret.
Faciámus navem Noe et filiis eius.
Áccidit ut hómines péssimi essent in diébus Noe.

Fais un grand navire, qui sera une arche, pour vous et (vos) fils: Dieu dit ces choses à Noé. Car puisque presque tous les hommes avaient commis les pires péchés, Dieu envoya un déluge pour les détruire. Des grandes pluies sont venues du ciel et beaucoup d’eaux de la mer. Car Dieu se mettait en colère à cause des péchés des pires hommes. Mais Dieu donna sa miséricorde à Noé et (ses) fils, parce qu’ils étaient bons.

XLIX

Cur in agros venisti cum eo?
Te mittit ut aquam feras.
Noe, Deus tibi ímperat ut arcam facias.
Veniámus in arcam cum Noe.
Hómines tam mali erant ut haec verba audíre non possent.
Noe, navem faciébas ut in ea per diluvium navigáres.
Multa bona tecum habeas.

Comme les grandes eaux venaient du ciel et la mer sur la terre, beaucoup d’hommes ont essayé de trouver un lieu où ils pourraient être sauvés et ils ne pouvaient pas. Car les eaux du grand déluge vinrent sur toutes les montagnes. (Ceux) qui étaient dans l’arche furent sauvés, personne parmi les autres. Après beaucoup de jours, Dieu n’envoya plus de pluies, et il se rappela de ceux qui étaient dans l’arche avec Noé, afin qu’il les conduisît hors de l’arche.

L

Quid fecistis cum diluvium veníret?
In arcam vénimus.
Cur illam turrem aedificáre voluistis?
Deus tam bonus est ut in eo confídere debeátis.
Altáre aedificávimus.
Ut turrem aedificémus vénimus.
Vos interrogávimus cur consilia mutavissétis.

Noé, que toi et tes fils offriez un sacrifice à Dieu. Car (celui) qui a détruit tous les autres dans les eaux a sauvé toi et les tiens. Pour que vous puissiez être sauvés, il t’a commandé de faire une arche. Quand vous y étiez entrés, Dieu vous a libérés de tout danger. Que vous vous fiiez à Lui en Qui la miséricorde est grande. Et quand on verra un arc dans les cieux, que la promesse que Dieu vous donna vienne dans votre esprit.

LI

Nuntium mitto ut veritátem scias (sciátis).
Venisne mecum?
Nunc habeo nomen "Abram" sed Deus nomen meum mutábit. Vocabit me "Abraham".
In terra Aegypti hábito, sed deos Aegypti nescio.
Haec terra tam bona est ut non discedámus.
Maióres nostri multos deos habuérunt, sed nos unum verum Deum habémus.
Turrem non finívimus.

Dieu dit: "J’ai fait tout ce qui est dans ce monde. Je voulais donner beaucoup de bonnes choses à tous les hommes par Adam et Ève, qui étaient les premiers hommes. Mais vous ne m’avez pas permis de faire les choses que j’avais voulu (faire). À cause de vos très mauvais péchés, il est nécessaire que je vous punisse, bien que je vous aime. Mais néanmoins un Rédempteur vous sera donné grâce à ma grande miséricorde."

LII

1.

Présent

aperias

rumpas

terreas

mutes

aperiátis

rumpátis

terreátis

mutétis

Imparfait

aperíres

rúmperes

terréres

mutáres

aperirétis

rumperétis

terrerétis

mutarétis

Plus-que-parfait

aperuisses

rupisses

terruisses

mutavisses

aperuissétis

rupissétis

terruissétis

mutavissétis

2.

Présent

aperio

claudo

finio

rumpo

muto

aperímus

claúdimus

finímus

rúmpimus

mutámus

Parfait

aperui

clausi

finívi

rupi

mutávi

aperúimus

claúsimus

finívimus

rúpimus

mutávimus

Imparfait

aperiébam

claudébam

finiébam

rumpébam

mutábam

aperiebámus

claudebámus

finiebámus

rumpebámus

mutabámus

Plus-que-parfait

aperúeram

claúseram

finíveram

rúperam

mutáveram

aperuerámus

clauserámus

finiverámus

ruperámus

mutaverámus

3.

Présent

aperiam

claudam

finiam

rumpam

mutem

aperiámus

claudámus

finiámus

rumpámus

mutémus

Imparfait

aperírem

claúderem

finírem

rúmperem

mutárem

aperirémus

clauderémus

finirémus

rumperémus

mutarémus

Plus-que-parfait

aperuissem

clausissem

finivissem

rupissem

mutavissem

aperuissémus

clausissémus

finivissémus

rupissémus

mutavissémus

4. Au subjonctif, on forme le présent en changeant la première voyelle de l’infinitif en son "opposé" (a devient e, e ou i devient a), puis en ajoutant la terminaison de la première personne (-m ou -mus). Les verbes en -iunt conservent le i. On forme l’imparfait en ajoutant les terminaisons de la première personne directement à l’infinitif. On forme le plus-que-parfait en rajoutant les terminaisons au parfait de l’infinitif (-isse).

À l’indicatif, on forme le présent en retranchant le -re de l’infinitif et en ajoutant les terminaisons de la première personne du présent (-o et -mus), mais il faut retrancher la voyelle devant -o. Pour former l’imparfait, on insère -b- (-éb- pour les verbes en -iunt) et on emploie les terminaisons -m et -mus. On forme le parfait en ajoutant à la racine du parfait les terminaisons du parfait (-i, -imus). On forme le plus-que-parfait en rajoutant à la racine du parfait le verbe être à l’imparfait (-eram et -erámus).

Ex hac terra discédimus quia fames in ea est.
Quamquam maióres mei putábant multos deos esse, scio solúmmodo unum Deum esse.
Altáre in hoc loco aedificávi quia Deus mihi apparuit.
Fames tanta erat ut multi morerentur.
Deus mihi dixit quod Hebraei magni erunt.
Tam dives est ut nemo eum amet.
Videsne stellas? Filii tui maiór