NOTE SUR LA PRÉSENTE ÉDITION

Cette édition de la grammaire de Petitmangin a été réalisée à partir d’une ancienne édition par les bénévoles du Cercle latin de la Nouvelle-France. On trouvera le texte intégral à télécharger gratuitement sur le site cerclelatin.org.

Le Cercle latin accorde la permission de reproduire ce livre à des fins personnelles ou éducatives, en conservant toutefois la mention de sa provenance accompagnée d’un hyperlien vers le site cerclelatin.org où se trouve l’édition électronique de cet ouvrage. Le lecteur est prié de signaler toute coquille ou erreur à l’adresse suivante: contact@cerclelatin.org ou dans le forum du site.

TOUTE REPRODUCTION À DES FINS COMMERCIALES EST ABSOLUMENT INTERDITE

PREFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION (Extrait)

Nous sommes parti de cette idée très simple, qu’une grammaire est faite pour être étudiée et pour être consultée. Ces deux buts ne se confondent nullement. Aussi nous avons donné un texte de syntaxe sans remarques, contenant tout ce que l’élève doit apprendre théoriquement et savoir parfaitement. Parallèlement au texte principal nous avons ajouté les précisions et compléments nécessaires, c’est-à-dire toutes les particularités que l’élève doit, non pas apprendre théoriquement, mais s’assimiler peu à peu par la pratique du thème et de la version. Nous espérons que, grâce à cette séparation bien nette, l’élève ne sera plus découragé par l’obligation d’apprendre une foule de détails dont il ne sent pas l’immédiate utilité, et même qu’il ne peut bien comprendre et aisément retenir que par l’usage.

Dans une grammaire conçue à la fois comme livre à étudier et livre à consulter, la table alphabétique des matières constitue un organe indispensable. On verra que nous nous sommes efforcé de la rendre aussi complète et commode que possible.

Nous n’avons pas indiqué les références pour les exemples cités. Outre que bon nombre de ces textes appartiennent en quelque sorte à la tradition, nous avons cru que la préoccupation pédagogique devait l’emporter sur le souci d’érudition. A quoi bon attribuer à Cicéron ou à César, à propos d’une règle incontestée, trois ou quatre mots arbitrairement découpés dans leur texte? Pour les leur attribuer valablement, il aurait fallu s’interdire toute modification, maintenir telle difficulté accessoire, renoncer à accuser la symétrie avec telle autre règle, en un mot, oublier d’une façon fâcheuse le but essentiel qu’on se proposait.

H. PETITMANGIN.

AVERTISSEMENT POUR LA NOUVELLE ÉDITION

Cette nouvelle édition de la Grammaire de Petitmangin présente un certain nombre de particularités sur lesquelles il convient d’attirer l’attention.

On remarquera d’abord que le format a été modifié: la surface plus ample des feuilles a permis de desserrer et d’aérer le texte, notamment les tableaux (déclinaisons, conjugaisons des verbes, récapitulations, etc.). Les caractères d’imprimerie ont été soigneusement diversifiés pour faire ressortir ce qui, dans les règles ou dans les exemples, devait avoir une importance spéciale, et même, dans l’intérieur des mots, certaines voyelles, sur la brièveté ou la longueur desquelles on voulait insister, ont été ainsi mises en relief.

La numérotation des paragraphes a été gardée, puisque les trois volumes d’Exercices de la même collection renvoient constamment à la Grammaire.

Aussi bien, c’est moins l’ordre des paragraphes qui importait ici que leur contenu même. Il devenait, en effet, urgent de réviser certaines formules (définitions, règles) pour les mettre en accord avec les progrès que la philologie a effectués depuis la mort de Petitmangin, et d’autre part on devait tenir compte des observations fort précieuses que l’expérience pédagogique avait suggérées à bon nombre de nos collègues.

On s’est donc préoccupé de donner aux débutants une présentation aussi claire que possible de règles parfois compliquées, en s’aidant d’exemples très simples et même familiers. On n’a pas ménagé les définitions élémentaires (p. ex. en ce qui concerne le Réfléchi); on a veillé à dissiper ces confusions qui embrouillent l’esprit des enfants pendant toute la durée des classes (p. ex. le Relatif indéfini quicumque). Mais c’est surtout la Syntaxe qui fournit l’occasion de formules renouvelées (p. ex. sur la construction de cum temporel, sur l’emploi du temps dans les propositions consécutives, sur les propositions conditionnelles, etc.). Il fallait songer, non seulement aux enfants qui commencent leurs études latines, mais aussi aux jeunes gens qui les achèvent. Ces derniers, frais émoulus du Baccalauréat, se perdent bien souvent dans les savants ouvrages des maîtres de la Syntaxe: ils ont besoin d’un manuel, d’un répertoire commode, mais tenu au courant des récents travaux scientifiques. Il ne convenait pas que leur vieille grammaire de Petitmangin leur parût sur certains points démodée.

Nos collègues apprécieront nos efforts; ils continueront, nous osons l’espérer, à nous donner, par leurs critiques et leurs conseils, les moyens d’améliorer sans cesse cet instrument de travail.

P.-N. B. et A. P.

1948.

N. B. — Une nouvelle rédaction de la syntaxe du gérondif et de l’adjectif verbal a nécessité quelques changements dans la numérotation des §§ 234 à 244. On voudra bien en tenir compte.

P.-N. B. 1955.

MORPHOLOGIE

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

1. Alphabet. — En latin, les lettres sont les mêmes qu’en français; mais, pour les Latins, i et j, u et v étaient les mêmes lettres, tantôt voyelles, tantôt consonnes; ainsi juvenis s’écrivait IVVENIS. La différence entre les diphtongues æ et œ a une grande importance en latin; dans l’écriture on doit séparer les deux lettres: rosae, proelium.

1*. Parmi les consonnes on distingue: 1° les muettes ou occlusives, dites labiales (b, p, f) ou gutturales (g, c, q, h) ou dentales (d, t); 2° les liquides (l, m, n, r).

2. Prononciation. — La prononciation généralement adoptée en France, y compris la prononciation dite romaine, est loin de reproduire la prononciation ancienne dont voici les règles:

Prononcer u comme ou; détacher les diphtongues (au = aou); conserver toujours à c, g, t, s leur son dur; faire sentir l’aspirée h; supprimer j et v (lettres inventées par les imprimeurs de la Renaissance), ainsi que les voyelles nasales. En outre, et c’est le plus important, bien marquer l’accent tonique5].

3. Syllabes. — Les consonnes se rattachent de préférence à la syllabe suivante: a-ni-mal, pa-tris, ma-gi-stri.

Cependant on coupe les mots composés d’après leurs éléments: trans-eo, abs-tuli.

3*. On ne doit rattacher à la syllabe suivante que des groupes de consonnes qui peuvent commencer un mot latin: ca-stra, mais cir-cen-sis, con-dem-nare.

4. Quantité. — En latin, les syllabes sont longues ou brèves: cōgo, ămo.

La syllabe est toujours longue si la voyelle est suivie de deux consonnes: nōcte, ou d’un x: vīx, ou si elle comporte une diphtongue: pœ̄na.

La syllabe est toujours brève si la voyelle est suivie d’une autre voyelle (ou h): pŭer, vĕho372].

5. Accent tonique. — Dans chaque mot latin, la voix doit s’élever sur une syllabe accentuée:

1° Dans les mots de deux syllabes, toujours la première est accentuée: cógo, je force; vého, je porte;

2° Dans les mots de plus de deux syllabes, le ton (ou accent) est sur l’avant-dernière (pénultième), si elle est longue; sinon il se reporte sur la précédente (antépénultième): natúra, la nature, dómĭnus, le maître.

6. Parties du discours. — Le latin a les mêmes parties du discours (ou espèces de mots) que le français, sauf l’article; par conséquent:

Panis signifie:

le pain (article défini)

un pain (article indéfini)

du pain (article partitif)

Les parties du discours sont variables ou invariables comme en français.

7. Nombres et genres. — Les nombres sont le singulier et le pluriel.

Outre le masculin et le féminin, le latin emploie le genre neutre (neutrum, ni l’un ni l’autre, § 44, II, 2°). Le genre des noms se reconnaît souvent à la terminaison.

Les noms d’êtres vivants sont du genre masculin ou féminin suivant le sens; mais les noms de choses ne sont pas forcément neutres.

Ex.: Agricola, m., le laboureur.

Regina, f., la reine.

Mensa, f., la table.

Les noms de fleuves sont ordinairement du genre masculin.

Ex.: Sequana, m., la Seine.

Tiberis, m., le Tibre.

Les noms d’arbres et de pays sont du genre féminin.

Ex.: Populus, f., le peuplier.

Aegyptus, f., l’Égypte.

Les noms indéclinables sont du genre neutre27, 4°].

Ex.: Nefas, n., le crime.

Instar, n., l’équivalent.

PREMIÈRE PARTIE — LA DECLINAISON

INTRODUCTION À LA DÉCLINAISON

8. Les cas et leur emploi. — On appelle cas les formes différentes que prennent les noms, les adjectifs et les pronoms suivant leur fonction dans la phrase.

La terminaison change seule: ros-a, ros-ae, ros-am. La partie qui ne change pas s’appelle radical, la partie qui change est la désinence.

8*. Le radical est souvent difficile à reconnaître parce que sa dernière lettre est modifiée ou absorbée par la terminaison: le radical leg donne le nominatif lex qui est pour leg-s. Le radical est surtout visible au génitif pluriel: ros-arum.

Il y a en latin six cas: le nominatif, le vocatif, le génitif, le datif, l’ablatif et l’accusatif.

Le nominatif s’emploie comme sujet ou attribut du sujet.

Ex.: Rosa est pulchra, la rose est belle.

Le vocatif s’emploie pour interpeller.

Ex.: O rosa, te admiror, ô rose, je t’admire.

Domine, audi me, Maître, écoute-moi.

Le génitif s’emploie principalement comme complément de nom ou d’adjectif (en français: préposition de).

Ex.: Odor rosae, l’odeur de la rose.

Le datif s’emploie surtout comme complément d’objet indirect (en français: prép. à ou pour).

Ex.: Imbres nocent rosae, les pluies nuisent à la rose.

L’ablatif s’emploie surtout comme complément circonstanciel (en français: prép. de ou par).

Ex.: Ornatus rosā, orné d’une rose (par une rose).

L’accusatif s’emploie surtout comme complément d’objet direct, et aussi comme sujet ou attribut d’une proposition infinitive.

Ex.: Admiror rosam, j’admire la rose.

Après les prépositions, on n’emploie jamais le nominatif, mais tantôt l’ablatif, tantôt l’accusatif95].

9. Déclinaison. — Décliner un mot, c’est énumérer tous ses cas, c’est-à-dire toutes ses formes. Mais la terminaison de tous les mots ne change pas de la même manière: rosa, la rose, fait au génitif ros-ae, de la rose; dominus, le maître, fait domin-i, du maître [9*].

9*. En français la fonction d’un mot se reconnaît par la place qu’il occupe ou la préposition dont il est précédé: La sagesse | de Dieu | a créé | le monde. En latin, la fonction se reconnaît à la forme particulière du mot: sapientia Dei | creavit mundum |. Dei est reconnu comme complément de nom à cause de sa terminaison i. S’il était sujet, il aurait la forme Deus; complément d’objet direct, la forme Deum. On peut donc sans inconvénient changer l’ordre des mots: Dei sapientia mundum creavit343].

10. Déclinaison des noms. — Il y a cinq déclinaisons, c’est-à-dire cinq manières de décliner les noms. On reconnaît à quelle déclinaison appartient un nom par la terminaison du génitif singulier.

La 1re

est en

-ae

rosa

génitif

ros-ae.

La 2e

-i

dominus

domin-i.

La 3e

-is

consul

consul-is.

La 4e

-us

manus

man-us.

La 5e

-ei

dies

di-ei.

11. Déclinaison des adjectifs. — On distingue deux classes d’adjectifs:

La première classe suit la première déclinaison des noms pour le féminin, et la deuxième déclinaison pour le masculin et le neutre:

Nominatif:

bonus

bona

bonum, bon.

Génitif:

bon-i

bon-ae

bon-i.

La deuxième classe d’adjectifs suit la troisième déclinaison pour les trois genres:

Nominatif:

felix (pour les trois genres), heureux.

Génitif:

felic-is (pour les trois genres).

Il y a quelques adjectifs indéclinables: aliquot, quelques; nequam, mauvais.

12. Déclinaison des pronoms. — La plupart des pronoms ont, au singulier, une déclinaison spéciale dont le génitif est en -īus ou -jus [sur i et j, § 1] et le datif en -i pour les trois genres.

Nominatif:

nullus

nulla

nullum, aucun.

Génitif:

nullīus

pour les trois genres

Datif:

nulli

CHAPITRE PREMIER — LES DECLINAISONS DES NOMS ET DES ADJECTIFS

13. Réglé générale. — Dans les déclinaisons des noms et des adjectifs:

1° Le vocatif est semblable au nominatif, sauf dans les noms en -us de la deuxième déclinaison et dans les adjectifs masculins de la première classe.

2° L’accusatif est semblable au nominatif, au singulier et au pluriel de tous les noms neutres. Au pluriel des noms neutres, ces deux cas sont toujours en -a.

3° Le datif et l’ablatif sont toujours semblables au pluriel.

PREMIÈRE DÉCLINAISON

14. La première déclinaison comprend des noms en -a (génitif -ae).

Ces noms sont féminins, sauf ceux qui désignent des hommes ou des fleuves [§ 7].

SINGULIER

PLURIEL

Nom.

Ros-a

la rose

Ros-ae

les roses

Voc.

Ros-ă

(ô) rose

Ros-ae

(ô) roses

Gén.

Ros-ae

de la rose

Ros-ārum

des roses

Dat.

Ros-ae

à la rose

Ros-is

aux roses

Abl.

Ros-ā

de ou par la rose

Ros-is

de ou par les roses

Acc.

Ros-am

la rose

Ros-as

les roses

décliner de même:

Masc.:

nauta, le matelot.

Fém.:

mensa, la table.

Sequana, la Seine.

regina, la reine.

Cinna, Cinna.

Tullia, Tullie.

14*. Le génitif singulier est parfois en -ai: ros-ai pour ros-ae. — Le génitif singulier est en -as dans paterfamilias, père de famille.

Le datif et l’ablatif du pluriel sont en -abus dans filia, fille; dea, déesse, pour éviter la confusion avec filiis, aux fils, et deis, aux dieux.

DEUXIÈME DÉCLINAISON

15. La deuxième déclinaison comprend: 1° Des noms en -us, masculins ou féminins; 2° Des noms en -um, toujours neutres; 3° Des noms en -er, toujours masculins.

Noms en -us et en -um.

Nom.

Domin-us

le maître

Templ-um

le temple

Voc.

Domin-ĕ

(ô) maître

Templ-um

(ô) temple

Gén.

Domin-ī

du maître

Templ-ī

du temple

Dat.

Domin-ō

au maître

Templ-ō

au temple

Abl.

Domin-ō

par le maître

Templ-ō

par le temple

Acc.

Domin-um

le maître

Templ-um

le temple

N. V.

Domin-ī

(les) maîtres

Templ-ă

les temples

Gén.

Domin-ōrum

des maîtres

Templ-ōrum

des temples

Dat.

Domin-is

aux maîtres

Templ-is

aux temples

Abl.

Domin-is

par les maîtres

Templ-is

par les temples

Acc.

Domin-os

les maîtres

Templ-ă

les temples

Les noms propres en -ĭus (i bref) ont le vocatif en -ī: Vergilĭus, voc. Vergilī. Il en est de même pour meus, mon40] et filius, fils: mī filī, mon fils; mais Darīus (i long) fait Darie.       

Noms en -er.

La plupart des noms en -er perdent l’e du nominatif singulier aux autres cas ager, agri, le champ; quelques-uns le conservent: puer, pueri, l’enfant.

N. V.

Sing.

Ager

Plur.

Agr-i

Sing.

Puer

Plur.

Puer-i

Gén.

Agr-i

Agr-orum

Puer-i

Puer-orum

Dat.

Agr-o

Agr-is

Puer-o

Puer-is

Abl.

Agr-o

Agr-is

Puer-o

Puer-is

Acc.

Agr-um

Agr-os

Puer-um

Puer-os

Un seul nom en -ir: vir, viri, l’homme, ainsi que ses composés (comme triumvir) suit cette déclinaison.

15*. Le génitif singulier en -ii est souvent contracté en -i: negotium, affaire, gén. negoti pour negotii. — Le génitif pluriel en -orum est parfois remplacé par un ancien génitif en -ūm: deum au lieu de deorum. Vulgus, vulgaire; virus, poison; pelagus, mer, sont neutres et défectifs.

ADJECTIFS DE LA PREMIÈRE CLASSE (suivant les 1re et 2e déclinaisons).

16. La première classe d’adjectifs comprend: 1° des adjectifs dont le masculin est en -us:

Bon-us, bon-a, bon-um, bon, bonne, bon.

2° des adjectifs dont le masculin est en -er:

perdant le

niger, nigr-a, nigr-um, noir.

pulcher, pulchr-a, pulchr-um, beau

ou gardant le

miser, miser-a, miser-um, malheureux

tener, tener-a, tener-um, tendre

a) Le masculin en -us se décline sur dominus, en -er sur ager ou puer.

b) Le féminin toujours en -a sur rosa.

c) Le neutre toujours en -um sur templum.

SINGULIER

Nom.

bon-us, bon

bon-a, bonne

bon-um, bon

Voc.

bon-e

bon-a

bon-um

Gén.

bon-i

bon-ae

bon-i

Dat.

bon-o

bon-ae

bon-o

Abl.

bon-o

bon-ā

bon-o

Acc.

bon-um

bon-am

bon-um

PLURIEL

N. V.

bon-i, bons

bon-ae, bonnes

bon-a, bons

Gén.

bon-orum

bon-arum

bon-orum

Dat.

 bon-is

bon-is

bon-is

Abl.

Acc.

bon-os

bon-as

bon-a

SINGULIER

N. V.

niger, noir

nigr-a, noire

nigr-um, noir

Gén.

nigr-i

nigr-ae

nigr-i

Dat.

nigr-o

nigr-ae

nigr-o

Abl.

nigr-o

nigr-ā

nigr-o

Acc.

nigr-um

nigr-am

nigr-um

Les pluriels nigri, nigrae, nigra et teneri, tenerae, tenera, se déclinent régulièrement sur boni, bonae, bona.

16*. Cas particulier: satur, satura, saturum, rassasié; gén. saturi, saturae, saturi, etc.

TROISIÈME DÉCLINAISON

17. La troisième déclinaison comprend:

1° des noms imparisyllabiques (c’est-à-dire ayant au génitif une syllabe de plus qu’au nominatif): consul, gén. consulis, le consul.

2° des noms parisyllabiques (ayant le même nombre de syllabes au nominatif et au génitif): civis, gén. civis, le citoyen.

Noms imparisyllabiques (ablatif -ĕ, gén. plur. -um).

18. Ces noms, masculins, féminins ou neutres [18*], ont des terminaisons variées au nominatif singulier. Le génitif (moins -is) donne le radical: homo, homin-is, m., l’homme; lex, leg-is, f., la loi; fulgur, fulgur-is, n., l’éclair; opus, oper-is, n., l’ouvrage.

SINGULIER

N. V.

Consul, m.

Lex, f.

Fulgur, n.

Gén.

Consūl-is

Lēg-is

Fulgŭr-is

Dat.

Consul-i

Leg-i

Fulgur-i

Abl.

Consul-ĕ

Leg-ĕ

Fulgur-ĕ

Acc.

Consul-em

Leg-em

Fulgur

PLURIEL

N. V.

Consul-es

Leg-es

Fulgur-a

Gén.

Consul-um

Leg-um

Fulgur-um

D. A.

Consul-ĭbus

Leg-ĭbus

Fulgur-ĭbus

Acc.

Consul-es

Leg-es

Fulgur-a

18*. Parmi les noms imparisyllabiques: 1° sont masculins, les noms en -or (ou -os), gén. -oris, sauf soror, sœur; uxor, épouse; arbor, arbre, qui sont féminins, et cor (cordis), cœur; aequor, plaine; marmor, marbre; os (oris), bouche, qui sont neutres.

2° Sont féminins les noms en -go (-ginis), -do (-dinis), -tas (-tatis): origo, originis, origine; fortitudo, fortitudinis, courage; veritas, veritatis, vérité.

3° Sont neutres les noms en -men (-minis): lumen, lumière.

Noms parisyllabiques (abl. -ĕ ou -ī, gén. pl. -ium).

19. Ces noms sont terminés en -is, -es, ou -er: civis, is, m., le citoyen; caedes, is, f., le meurtre; imber, bris, m., la pluie. On y ajoute quelques neutres en -e, en -al et en -ar (primitivement en -ale et -are, par conséquent parisyllabiques): mare, is, la mer; animal, alis, l’animal.

SINGULIER

N. V.

Civ-is, m.

Mar-ĕ, n.

Animal, n.

Gén.

Civ-is

Mar-is

Animal-is

Dat.

Civ-i

Mar-i

Animal-ī

Abl.

Civ-ĕ

Mar-ī

Animal-ī

Acc.

Civ-em

Mar-ĕ

Animal

PLURIEL

N. V.

Civ-es

Mar-ia

Animal-ia

Gén.

Civ-ium

Mar-ium

Animal-ium

D. A.

Civ-ĭbus

Mar-ĭbus

Animal-ĭbus

Acc.

Civ-es

Mar-ia

Animal-ia

OBSERVATIONS SUR LA TROISIÈME DECLINAISON

20. Ablatif, accusatif singulier. — 1° L’ablatif singulier est en -i dans les noms neutres parisyllabiques.

2° L’accusatif singulier est en -im et l’ablatif en -i:

a) dans quelques noms géographiques: Tibéris, is, m., le Tibre (acc. Tiberim, abl. Tiberi);

b) dans quelques noms féminins: vis, la violence (vim, vi); sitis, la soif; puppis, la poupe; securis, la hache; tussis, la toux; febris, la fièvre; basis, le piédestal; turris, la tour.

21. Génitif pluriel. — 1° Le génitif pluriel est en -ium dans quelques imparisyllabiques:

a) dans ceux dont le radical se termine par deux consonnes: urbs, urb-is, f., la ville; urbium;

b) dans quelques monosyllabes: nix, nivis, f., la neige, nivium; dos, dotis, f., la dot, dotium; lis, litis, f., le procès, litium; trabs, trabis, f., la poutre, trabium.

2° Il est en -um dans quelques parisyllabiques: pater, -tris, m., le père, patrum; de même mater, f., la mère, et frater, m., le frère; apis, f., l’abeille, fait apum et apium;

3° Il est irrégulièrement en -um dans les noms suivants: parentes, m., parents, parentum; senex, senis, m., vieillard, senum; juvenis, m., jeune homme, juvenum; canis, m. ou f., chien ou chienne, canum; vates, m., devin, vatum.

21*. L’ancien accusatif pluriel en is des noms à radical terminé par -i est quelquefois conservé dans certaines éditions à côté de la forme en -es: civis à côté de cives.

ADJECTIFS DE LA DEUXIÈME CLASSE (suivant la 3e déclinaison).

22. Parmi les adjectifs de la deuxième classe:

1° Les uns, imparisyllabiques, ont au nominatif singulier une seule terminaison (pour les trois genres): felix, heureux, gén. felic-is.

2° Les autres, parisyllabiques en -is, ont deux terminaisons (une pour le masculin et le féminin, la seconde pour le neutre): fortis (m. et f.), forte (n.), courageux.

3° D’autres, parisyllabiques en -er, ont trois terminaisons (une pour chaque genre): acer (m.), acris (f.), acre (n.), vif.

N. V.

Felix

Fortis

fortĕ

Acer

acris

acre

Gén.

Felicis

Fortis

Acris

D. A.

Felici

Forti

Acri

Acc.

Felicem

felix

Fortem

forte

Acrem

acrem

acre

N. V.

Felices

felicia

Fortes

fortia

Acres

acres

acria

Gén.

Felicium

Fortium

Acrium

D. A.

Felicibus

Fortibus

Acribus

Acc.

Felices

felicia

Fortes

fortia

Acres

acres

acria

22*. Parmi les adjectifs en -er on remarquera: celer, rapide qui garde l’e au féminin celeris. D’autres s’emploient comme adjectifs à deux terminaisons: saluber ou salubris, salutaire; tels sont terrestris, terrestre; silvestris, boisé; volucris, d’oiseau; etc.

23. Observations. — L’ablatif est en -i dans les adjectifs, en -e dans les noms; cependant il est en -e:

1° Dans les comparatifs [§ 29] et dans les participes [§ 58].

2° Toujours dans les adjectifs suivants qui ont enoutre le génitif pluriel en -um:

Vetus -teris

abl. vetere

g. pl. veterum

n. pl. vetera, vieux.

Dives -vitis

abl. divite

g. pl. divitum

n. pl. (pas), riche.

Pauper -peris

abl. paupere

g. pl. pauperum

n. pl. (pas), pauvre.

3° Parfois dans les adjectifs imparisyllabiques se rapportant à un nom de personne; mais -e n’est obligatoire que si l’adjectif est pris comme nom.

Ex.: A viro sapiente ou sapienti, par un homme sage.

A sapiente, par un sage.

23*. Irrégularités: compos, maître de, fait compote et compotum; memor, oris, qui se souvient, et inops, opis, pauvre, ont l’abl. en -i, le gén. plur. en -um. Ces trois adjectifs n’ont pas de pluriel neutre en -a.

QUATRIÈME DÉCLINAISON

24. La quatrième déclinaison comprend: 1° Surtout des masculins en -us: exercitus, armée. 2° Quelques féminins en -us: des noms d’arbres et manus main; domus, maison27, 6°]. 3° Quelques noms neutres en -u: cornu, la corne.

N. V.

Man-ŭs, la main

Corn-u, la corne

Gén.

Man-ūs

Corn-ūs

Dat.

Man-ui (rar. manu)

Corn-ui (ou cornu)

Abl.

Man-u

Corn-u

Acc.

Man-um

Corn-u

N. V.

Man-ūs, les mains

Corn-ua, les cornes

Gén.

Man-uum

Corn-uum

D. A.

Man-ĭbus

Corn-ĭbus

Acc.

Man-ūs

Corn-ua

Le datif et l’ablatif du pluriel sont en -ubus dans quelques mots: artus, m., membre, fait artŭbus; de même dans

Acus, f., aiguille.

Lacus, m., lac.

Specus, m., caverne.

Arcus, m., arc.

Quercus, f., chêne.

Tribus, f., tribu.

CINQUIÈME DÉCLINAISON

25. La cinquième déclinaison comprend des noms féminins en -es et un nom masculin: dies, le jour.

N. V.

Di-ēs, le jour

Di-ēs, les jours

Gén.

Di-ēi

Di-ērum

Dat.

Di-ei

Di-ēbus

Abl.

Di-ē

Di-ēbus

Acc.

Di-em

Di-ēs

Dies et res, rĕi, chose, sont les seuls mots qui aient les formes en -erum et -ebus. Dies est aussi féminin au sens de date fixée: die dictā, au jour dit; meridies, midi, est masculin.

SUPPLÉMENT AUX DÉCLINAISONS

1° Noms grecs.

26. Les Latins, en poésie surtout, conservent parfois aux noms tirés du grec certaines formes des déclinaisons grecques. On trouve:

1° Des accusatifs singuliers en -n ou en -a:

Poesis, is, f., poésie,

acc. poes-in (ou poesim).

Socrates, is, m., Socrate,

acc. Socrat-en (ou Socratem).

Aeneas, ae, m., Enée,

acc. Aene-an (ou Aeneam).

Aer, aeris, m., air,

acc. aer-a (ou aerem).

2° Des accusatifs pluriels en -as au lieu de -es:

Heros, herois, m., héros, acc. plur. hero-as (ou heroes).

3° Des génitifs singuliers en -es au lieu de -ae:

Musice, f., musique, gén. music-es, acc. music-en.

4° Des confusions de déclinaisons:

Poema, atis, n., poème,

g. pl. poemat-um ou poemat-orum

d. ab. poemat-ibus ou poemat-is.

Socrates, m., Socrate, voc. Socrat-es ou Socrat-e, génit. Socrat-is ou Socrat-i.

PREMIÈRE DÉCLINAISON

Nom.

Aenē-as, Énée

comet-es, comète

Daphn-e

Voc.

Aene-a

comet-e

Daphn-e

Gén.

Aene-ae

comet-ae

Daphn-es

Dat.

Aene-ae

comet-ae

Daphn-ae

Abl.

Aene-ā

comet-e

Daphn-e

Acc.

Aene-an (Aeneam)

comet-en

Daphn-en

DEUXIÈME ET TROISIÈME DÉCLINAISONS

Nom.

Del-os, Délos

Nom.

poes-is, poésie

Gén.

Del-i

Gén.

poes-eos ou poes-is

Acc.

Del-on (Delum)

Acc.

poes-in

Nom.

Orphe-us, Orphée

Nom. (pluriel)

hero-es, les héros

Voc.

Orph-eu

Voc.

hero-es

Gén.

Orph-ei

Gén.

hero-um

Acc.

Orph-ea

Acc.

hero-as

2° Noms irréguliers.

27. Un certain nombre de noms présentent des irrégularités.

1° Quelques noms sont usités seulement au singulier, d’autres seulement au pluriel:

au singulier

Humus, i, f., terre

Vulgus, i, n., le vulgaire.

Supellex, supellectilis, f., meubles.

au pluriel

Divitiae, arum, f., richesses.

Tenebrae, arum, f., ténèbres.

Athenae, arum, f., Athènes.

Liberi, orum, m., enfants.

Arma, orum, n., armes.

Castra, orum, n., camp.

Moenia, ium, n., remparts.

Fores, forium, f., porte.

2° Certains noms, en passant du singulier au pluriel, changent de genre, de déclinaison ou de sens:

de genre

Locus, i, m., lieu; plur. loci (passages d’auteurs, thèmes de développement) ou loca, n. (localités).

Balneum, i, n., bain; plur. balneae ou balnea, établissement de bains.

de déclinaison

Jugerum, i, n., arpent; gén. plur., jugerum; dat. plur. jugeribus.

Vas, vasis, n., vase; plur. vasa, -orum, bagages.

de sens

Vis, f., violence; plur. vires, forces.

Finis, is, m., terme, fin; plur. fines, territoire.

Copia, ae, f., abondance, plur. copiae, troupes.

Aedes, is, f., temple; plur. aedes, ium, maison.

(Ops), ope, opem, f., secours; opes, um, ressources.

3° Certains noms (défectifs) ne s’emploient pas à tous les cas:

Vis, f., violence; acc. vim, abl. vi, sans autre cas.

Fors, f., hasard; abl. forte, sans autre cas.

4° Quelques noms étant indéclinables [§ 7] ne s’emploient que comme nominatifs et accusatifs singuliers:

Fas, n., chose permise (par la loi divine).

Nefas, n., crime (interdit par la loi divine).

Instar, n., équivalent.

Les adjectifs indéclinables s’emploient aux différents cas:

Homo nequam, un vaurien, gén. hominis nequam.

Quot homines, combien d’hommes, gén. quot hominum.

5° Quelques noms composés déclinent à part leurs éléments:

Respublica, f., l’État,

gén. reipublicae, etc.

Jusjurandum, n., le serment,

gén. jurisjurandi, etc.

Dans pater familias, gén. patrisfamilias, la première partie du mot se décline seule.

6° Quelques noms très usités présentent des irrégularités diverses:

Deus, i, m., Dieu; voc. Deus, nom. plur. dei, dii ou di; dat. abl. plur. deis, ou dis [Cf. § 15*]. Jésus, m., Jésus; acc. Jesum, aux autres cas Jesu.

Domus, f., maison; sing. domūs, domui, domo, domum; plur. domuum ou domorum, domibus, domūs ou domos (domi signifie: à la maisont chez soi).

Bos, m., bœuf; sing. bovis, bovi, bove, bovem: plur. boves, boum, bobus ou bubus.

Jupiter, m., Jupiter; gén. Jovis, dat. Jovi, abl. Jove, acc. Jovem.

Vesper, m., le soir; gén. vesperi, abl. vespere.

Apollo, m., Apollon; gén. Apollinis.

Iter, n., chemin, voyage; gén. itineris.

Requies, ietis, f. repos; acc. requietem ou requiem.

27 bis. Comment connaître la déclinaison d’un nom? — On la reconnaît au génitif, que le dictionnaire donne à la suite du nominatif.

Le génitif peut être en ae, en i ou en s.

Le génitif en ae indique la 1re déclinaison: rosa, rosae.

Le génitif en i indiquera la 5e, si le nominatif est es: dies, diei;

Le génitif en i indiquera la 2e partout ailleurs: dominus, domini; templum, templi.

Le génitif en s indique la 3e si l’s est après un i: civis, civis; consul, consulis; mare, maris.

Le génitif en s indique la 4e si l’s est après un u: manus, manūs; cornu, cornūs.

CHAPITRE II — L’ADJECTIF: COMPARATIF ET SUPERLATIF LES ADJECTIFS NUMÉRAUX

DEGRÉS DE SIGNIFICATION DE L’ADJECTIF

28. Il y a trois degrés de signification dans les adjectifs: le positif, le comparatif et le superlatif.

1° Le positif: doct-us, savant.

2° Le comparatif qui est de supériorité, d’égalité ou d’infériorité.

SUPÉRIORITÉ

ÉGALITÉ

INFÉRIORITÉ

doct-ior
plus savant que

tam doctus quam
aussi savant que

minus doctus quam
moins savant que

3° Le superlatif qui est soit absolu, soit relatif (de supériorité ou d’infériorité).

SUP. ABSOLU

SUP. RELATIF

Qualité portée à un très haut degré:
doct-issimus
très savant

DE SUPÉRIORITÉ
doct-issimus
le plus savant

D’INFÉRIORITÉ
minime doctus
très peu savant

Qualité portée à un très bas degré:
minime doctus
le moins savant

28*. Dans l’usage scolaire, les mots superlatif et comparatif désignent couramment le superlatif et le comparatif de superiorité.

Règle de formation. — A la terminaison -i ou -is du génitif on substitue -ior pour le comparatif, -issĭmus pour le superlatif.

Longus, long

long-ior

long-issimus

Felix, heureux

felic-ior

felic-issimus

Prudens, prudent

prudent-ior

prudent-issimus

Fortis, courageux

fort-ior

fort-issimus

29. Règle de déclinaison. — 1° Le superlatif suit la déclinaison de bonus, bona, bonum; 2° le comparatif suit les noms imparisyllabiques. On remarquera:

a) le neutre singulier en -ius; b) l’ablatif en -e23].

SINGULIER

mas. et fém.

neut.

PLURIEL

mas. et fém.

neut.

N. V.

Doct-ior

Doct-ius

Doct-iores

Doct-iora

Gén.

Doct-ioris

Doct-iorum

Dat.

Doct-iori

Doct-ioribus

Abl.

Doct-iore

Acc.

Doct-iorem

Doct-ius

Doct-iores

Doct-iora

30. Formations particulières. — 1° Les adjectifs en -er forment leur superlatif en -errimus.

Niger, gri, noir

nigr-ior

nig-errimus

Tener, eri, tendre

tener-ior

ten-errimus

Acer, cris, vif

acr-ior

ac-errimus

Pauper, eris, pauvre

pauper-ior

paup-errimus

Cas spécial:

Vetus, veteris, vieux, pas de comparatif; sup. vet-errimus.

2° Cinq adjectifs en ilis ont leur superlatif en -illimus.

Facilis, facile

(et difficilis)

fac-illimus.

Similis, semblable

(et dissimilis)

sim-illimus.

Humilis, bas

hum-illimus.

3° Les adjectifs composés en -dicus, -ficus, -volus forment leurs comparatifs et superlatif en -entior, -entissimus.

Maledicus, médisant

maledic-entior,

maledic-entissimus.

Beneficus, bienfaisant

benefic-entior,

benefic-entissimus.

Benevolus, bienveillant

benevol-entior,

benevol-entissimus.

Mais modicus, modéré, dérivé et non composé, n’a ni comparatif ni superlatif.

4° Un bon nombre d’adjectifs n’ont ni comparatif, ni superlatif, notamment ceux en -ius, -eus, -uus (sauf -quus). On y supplée par magis et maxime.

Pius, pieux

magis pius, plus pieux

maxime pius, très ou le plus pieux

Antiquus, ancien

antiquior

antiquissimus.

31. Formations irrégulières. — 1° Certains adjectifs très usités forment irrégulièrement leur comparatif et leur superlatif:

Bonus, bon

melior, meilleur

optimus

Malus, mauvais

pejor, pire

pessimus

Magnus, grand

major, plus grand

maximus

Parvus, petit

minor, moindre

minimus

Multi, nombreux

plures, plus nombreux

plurimi

Dives, riche

ditior, plus riche

ditissimus63, 2°]

2° Certains comparatifs et superlatifs existent sans positif correspondant:

Prior, le premier (des deux)

primus, le premier

Posterior, le dernier (de deux)

postremus, le dernier

Propior, plus proche

proximus, le plus proche

Deterior, pire

deterrimus, le pire

Potior, préférable

potissimus, le préférable

Superior, supérieur

supremus, suprême

Inferior, inférieur

infimus, le plus bas

Exterior, extérieur

extremus, extrême

Ulterior, ultérieur

ultimus, dernier

31 bis. Observation sur le comparatif et le superlatif. — On devra consulter le dictionnaire pour savoir si tel adjectif est usité au comparatif ou au superlatif, surtout s’il s’agit d’un participe pris comme adjectif. L’usage est capricieux sur ce point. Ainsi:

Novus, nouveau; sans comparatif; superl. novissimus, dernier.

LES ADJECTIFS NUMÉRAUX

1° Adjectifs numéraux cardinaux.

32. Les adjectifs numéraux cardinaux marquent simplement le nombre. On décline seulement:

1° Les trois premiers: unus, un; duo, deux; tres, trois.

2° Les noms de centaines depuis ducenti, deux cents jusqu’à nongenti, neuf cents: cum ducentis militibus, avec deux cents soldats.

Millia (ou mieux milia), milliers, pluriel de mille, mille. Mille est indéclinable, mais milia est un véritable nom qu’on fait suivre du génitif: mille milites, mille soldats; duo milia militum, deux mille soldats (litt.: deux milliers de soldats).

Sescenti, six cents, désigne un nombre indéterminé, comme mille en français dans l’expression: mille regrets.

Mas.

fém.

neut.

Mas.

fém.

neut.

Nom.

Unus

una

unum

Duo

duas

duo

Gén.

Unīus

pour les trois genres

Duorum

duarum

duorum

Dat.

Uni

Duobus

duabus

duobus

Abl.

Uno

unā

 uno

Duobus

duabus

duobus

Acc.

Unum

unam

unum

Duos (duo)

duas

duo

Mas. et fém.

neut.

Nom.

Tres

tria

Ambo

Ambae

Ambo

Gén.

trium

pour les trois genres

tous les deux (se décline sur duo)

D. A.

tribus

Acc.

tres

tria

Nom.

mille milites

duo milia militum

Gén.

mille militum

duorum milium militum

D. A.

mille militibus

duobus milibus militum

Acc.

mille milites

duo milia militum

2° Adjectifs numéraux ordinaux.

33. Les adjectifs numéraux ordinaux marquent le rang. Tous se déclinent: centesimus, a, um, centième.

Quelques-uns s’emploient à l’accusatif ou à l’ablatif comme adverbes.

Ex.: Primum, pour la première fois, d’abord.

Primo, en premier lieu, premièrement.

Tertium, pour la troisième fois (tertium consul, consul pour la troisième fois).

33*. Noter que vingt et unième se dit vicesimus primus; ou encore unus et vicesimus, quand on place les unités avant les dizaines.

3° Les adjectifs numéraux distributifs.

34. Les adjectifs numéraux distributifs sont tous déclinables: bini, binae, bina, deux par deux, deux à la fois. A partir de six, ils sont terminés en -eni (deni, dix à la fois). Il y a lieu de les employer:

1° Chaque fois qu’un nombre est multiplié:

Bis bina sunt quattuor, deux fois deux font quatre.

Ariovistus et Caesar denos equites adduxerunt, Arioviste et César amenèrent (chacun) dix cavaliers.

2° Avec les mots qui n’ont pas de singulier:

Ex.: Bina castra, deux camps.

Mais on emploie en pareil cas uni au lieu de singuli et trini au lieu de terni.

Ex.: Una castra, un camp. Trinae litterae, trois lettres (missives).

4° Construction des noms de nombres.

35. Les nombres se construisent de la façon suivante:

1° De 21 à 99 on peut dire:

Viginti quinque ou quinque et viginti, vingt-cinq.

Vicesimus quintus ou quintus et vicesimus, vingt-cinquième.

2° Au-dessus de 100 on dit comme en français:

Centum viginti quinque, cent vingt-cinq.

Centesimus vicesimus quintus, cent vingt-cinquième.

3° Les nombres composés de 8 et 9 s’indiquent d’ordinaire par soustraction:

Duodeviginti, dix-huit (deux ôtés de vingt).

Undetriginta, vingt-neuf (un ôté de trente).

35 bis. 1° Les dates, les rangs, s’indiquent toujours par le nombre ordinal:

Anno millesimo nongentesimo duodecimo, en mil neuf cent douze; Ludovicus decimus quartus, Louis XIV.

2° On remarquera les constructions suivantes:

21 hommes: homines viginti unus, et non pas viginti unus homines. 3.200 Gaulois; Gallorum tria milia ducenti, ou tria milia ducenti Galli.

Plus (amplius), plus de, minus, moins de, avec ou sans quam, sont sans influence sur le nom de nombre:

Plus ducenti milites occisi sunt, plus de deux cents soldats furent tués.

4° Pour dire environ, à peu près, avec un nom de nombre, on emploie circiter ou circa ou la préposition ad qui devient alors adverbe:

Ex.: Cum circiter quatuor milibus militum, avec environ quatre mille soldats.

5° Le nombre de fois s’exprime en latin par des adverbes; les uns, généralement terminés en -ies (à partir de 5), correspondent aux adjectifs numéraux cardinaux; les autres correspondent aux ordinaux et sont formés par le neutre.

Ex.: Semel, une fois, une seule fois (haud semel, plus d’une fois).

Decies, dix fois; centies, cent fois. Septimum, pour la septième fois33].

36. Tableau des adjectifs numéraux.

CHIFFRES CARDINAUX ORDINAUX DISTRIBUTIFS ADVERBES

1 I

unus

primus

singuli

semel, une fois

2 II

duo

secundus ou alter

bini

bis, deux fois

3 III

tres

tertius

terni

ter, trois fois

4 IV

quattuor

quartus

quaterni

quater

5 V

quinque

quintus

quini

quinquies

6 VI

sex

sextus

seni

sexies

7 VII

septem

septimus

septeni

septies

8 VIII

octo

octavus

octoni

octies

9 IX

novem

nonus

noveni

novies

10 X

decem

decimus

deni, etc.

decies, etc.

11 XI

undecim, onze.

undecimus, onzième.

12 XII

duodecim

duodecimus

13 XIII

tredecim

tertius decimus

14 XIV

quatuordecim

quartus decimus

15 XV

quindecim

quintus decimus

16 XVI

sexdecim

sextus decimus

17 XVII

septemdecim

septimus decimus

18 XVIII

duodeviginti

duodevicesimus

19 XIX

undeviginti

undevicesimus

20 XX

viginti

vicesimus

30 XXX

triginta

tricesimus

40 XL

quadraginta

quadragesimus

50 L

quinquaginta

quinquagesimus

60 LX

sexaginta

sexagesimus

70 LXX

septuaginta

septuagesimus

80 LXXX

octoginta

octogesimus

90 XC

nonaginta

nonagesimus

100 C

centum

centesimus

200 CC

ducenti, ae, a

ducentesimus

300 CCC

trecenti, ae, a

trecentesimus

400 CCCC

quadringenti, ae, a

quadringentesimus

500 D

quingenti, ae, a

quingentesimus

600 DC

sescenti, ae, a

sescentesimus

700 DCC

septingenti, ae, a

septingentesimus

800 DCCC

octingenti, ae, a

octingentesimus

900 DCCCC

nongenti, ae, a

nongentesimus

1.000 M

mille

millesimus

2.000 MM

duo milia

bis millesimus

10.000

decem milia

decies millesimus

50.000

quinquaginta milia

quinquagies millesimus

100.000

centum milia

centies millesimus

500.000

quingenta milia

quingenties millesimus

1.000.000

decies centena milia

millies millesimus

36*. On remarquera: 1° que le chiffre placé à droite s’ajoute: VII, sept (cinq plus deux); au contraire le chiffre placé à gauche se soustrait: IX, neuf (dix moins un).

2° Les milliers s’indiquent parfois par un trait horizontal placé au-dessus du chiffre.

3° Les chiffres romains sont des lettres I, V, X, L, C, D (ou le C renversé); M.

CHAPITRE III — LE PRONOM

37. Classification des pronoms. — On distingue:

1° Les pronoms personnels

(exclusivement pronoms).

2° Les pronoms possessifs

(souvent employés comme adjectifs).

3° Les pronoms démonstratifs

»

4° Les pronoms interrogatifs

»

5° Les pronoms relatifs

»

6° Les pronoms indéfinis

»

Déclinaison. — La plupart des pronoms (sauf les personnels et les possessifs) suivent une déclinaison spéciale qui a, au singulier, le génitif en -īus et le datif en -i pour les trois genres [§ 12].

1° Pronoms personnels.

38. Première et deuxième personnes.

PREMIÈRE PERSONNE

DEUXIÈME PERSONNE

SINGULIER

SINGULIER

Nom.

Ego

je, moi

tu

tu, toi

Gén.

mei

de moi

tui

de toi

Dat.

mihi

à moi, me

tibi

à toi, te

Abl.

me

de ou par moi

te

de ou par toi

Acc.

me

moi, me

te

toi, te

PLURIEL

PLURIEL

Nom.

nos

nous

vos

vous

Gén.

nostri ou nostrum

de nous, d’entre nous

vestri ou vestrum

de vous, d’entre vous

Dat.

nobis

à nous, de ou par nous

vobis

à vous, de ou par vous

Abl.

Acc.

nos

nous

vos

vous

38*. 1° On tutoie toujours en latin et on se nomme le premier: ego et tu, vous et moi.

2° Les pronoms personnels se placent avant la préposition cum, avec: vobiscum, avec vous; secum, avec soi96, 3°].

Nostrum et vestrum sont des génitifs partitifs: unus nostrum, un de nous, d’entre nous; nostri et vestri sont des génitifs ordinaires: memento nostri, souviens-toi de nous.

4° Ordinairement le latin n’exprime pas le pronom sujet: Credo, je crois; si ce sujet est exprimé, il prend une valeur particulière.

Ex.: Ego credo, moi, je crois.

39. Troisième personne et pronom réfléchi. — Il n’existe pas de pronom spécial de la troisième personne. On y supplée par le démonstratif is, ea, id41, 2°].

Mais il existe un pronom réfléchi [39*] qui a les mêmes formes pour tous les genres et tous les nombres [§ 140].

Gén.

sui

de soi

soi peut être remplacé par

lui-même

Dat.

sibi

à soi, se

elle-même

Abl.

se

de ou par soi

eux-mêmes

Acc.

se

soi, se

elles-mêmes

39*. Le pronom réfléchi ne s’emploie que comme complément et représente toujours le sujet du verbe: Brutus se occidit, Brutus se tua; il n’a donc pas de nominatif.

2° Pronoms-adjectifs possessifs.

40. Les pronoms-adjectifs possessifs se tirent des pronoms personnels et se déclinent régulièrement comme les adjectifs (vocatif de meus: mi, § 15).

Meus, a, um, mon, le mien.

Noster, tra, trum, notre, le nôtre.

Tuus, a, um, ton, le tien

Vester, tra, trum, votre, le vôtre.

Suus, a, um, son, le sien, leur, le leur140).

40*. Les pronoms personnels et les possessifs sont quelquefois renforcés par des particules invariables ego-met, moi-même; tu-te, toi-même; se-se, eux-mêmes; sua-pte manu, de sa propre main.

3° Pronoms-adjectifs démonstratifs.

41. Les pronoms-adjectifs démonstratifs sont:

1° Les pronoms hic, iste, ille, qui correspondent:

Hic à la 1re personne:

hic gladius, ce glaive (que je tiens)

Iste à la 2e personne:

iste gladius, ce glaive (que tu tiens)

Ille à la 3e personne:

ille gladius, ce glaive (qu’il tient).

Hic, celui-ci, désigne habituellement un objet plus rapproché; ille, celui-là, un objet plus éloigné. Mais cette règle n’est pas toujours rigoureusement suivie.

2° Le pronom is, ea, id, ce, cet, celui-ci, et ses composés: idem, eadem, idem, le même, le pareil, et ipse, ipsa, ipsum, même (moi-même, toi-même, lui-même en personne).

Iste ajoute souvent, surtout dans les plaidoyers, une nuance de mépris, iste homo, cet homme méprisable; ille exprime souvent l’admiration: praeclarus ille vir, cet homme illustre. Mais chacun des trois démonstratifs: hic; iste, ille, peut, suivant le contexte, exprimer soit le mépris, soit l’admiration.

41*. Hic, haec, hoc peut être renforcé par la particule invariable -ce aux cas suivants: hujusce, hosce, hisce, hasce92, 1°].

41 bis. Tableau des pronoms-adjectifs démonstratifs.

SINGULIER

PLURIEL

Nom.

Hic

haec

hoc

Hi

hae

haec

Gén.

Hujus

pour les trois genres

Horum

harum

horum

Dat.

Huic

His pour les trois genres

Abl.

Hunc

hanc

hoc

Hos

has

haec

SINGULIER

SINGULIER

Nom.

Iste

ista

istud

Ille

illa

illud

Gén.

Istius

pour les trois genres

Illius

pour les trois genres

Dat.

Isti

Illi

Abl.

Isto

istā

isto

Illo

illā

illo

Acc.

Istum

istam

istud

Illum

illam

illud

PLURIEL

PLURIEL

Nom.

Isti

istae

ista

Illi

illae

illa

Gén.

Istorum

istarum

istorum

Illorum

illarum

illorum

Dat.

Istis pour les trois genres.

 Illis pour les trois genres.

Abl.

Acc.

Istos

istas

ista

Illos

illas

illa

SINGULIER

SINGULIER

Nom.

Is

ea

id

Īdem

eadem

ĭdem

Gén.

Ejus

pour les trois genres

Ejusdem

pour les trois genres

Dat.

Ei

Eidem

Abl.

Eo

eo

Eodem

eādem

eodem

Acc.

Eum

eas

ea

Eumdem

eamdem

idem

PLURIEL

PLURIEL

Nom.

Ei ou ii

eae

ea

Idem

eaedem

eadem

Gén.

eorum

earum

eorum

Eorumdem

earumdem

eorumdem

Dat.

Eis ou iis pour les trois genres.

 Eisdem ou iisdem pour les trois genres.

Abl.

Acc.

Eos

eas

ea

Eosdem

easdem

eadem

SINGULIER

PLURIEL

Nom.

Ipse

ipsa

ipsum

Ipsi

ipsae

ipsa

Gén.

Ipsius

pour les trois genres

Ipsorum

ipsarum

ipsorum

Dat.

Ipsi

Ipsis pour les trois genres

Abl.

Ipsum

ipsam

ipsum

ipsos

ipsas

ipsa

4° Pronoms-adjectifs interrogatifs.

42. Les pronoms-adjectifs interrogatifs sont:

Quis (ou qui), dont il faut distinguer deux emplois:

a) comme pronom, quis, qui, quelle personne? quid, quoi, quelle chose?

b) comme adjectif quis (ou qui), quae, quod, quel, quelle?: quod templum, quel temple?

SINGULIER

PLURIEL

Nom.

Quis (qui)

quae

quid (quod)

Qui

quae

quae

Gén.

Cujus

pour les trois genres.

Quorum

quarum

quorum

Dat.

Cui

Quibus pour les trois genres.

Abl.

Quo

quā

quo

Acc.

Quem

quam

quid ou quod

Quos

quas

quae

Quis interroge sur l’identité; qui, sur la qualité: Quis est hic? qui est celui-ci? qui homo, quelle sorte d’homme?

Quis est souvent renforcé par nam ou tandem: quisnam, qui donc? — Pour répondre cf. § 93, 2°.

Uter, utra, utrum, lequel des deux? Gén. utrius et dat. utri pour les trois genres; abl. utro, utra, utro; acc. utrum, utram, utrum.

Le pluriel utri, utrae, utra, s’emploie en parlant de deux catégories de personnes ou de choses.

3° Autres pronoms-adjectifs interrogatifs:

Ecquis, ecquae (ecqua), ecquid (ecquod), y a-t-il quelqu’un qui?

Numquis, numquae, numquid (adj. numquod), est-ce que quelqu’un?

Certains pronoms-adjectifs interrogatifs s’emploient aussi comme exclamatifs: quantus, combien grand!

5° Pronoms-adjectifs relatifs.

43. Les principaux pronoms-adjectifs relatifs sont:

1° Le relatif défini, qui, quae, quod, qui, lequel. Il ne diffère de l’interrogatif que parce qu’il n’a pas les formes quis et quid. Au pluriel, quis = queis est une forme archaïque, usitée en poésie, pour quibus.

SINGULIER

PLURIEL

Nom.

Qui

quae

quod

Qui

quae

quae

Gén.

Cujus

pour les trois genres.

Quorum

quarum

quorum

Dat.

Cui

Quibus pour les trois genres.

Abl.

Quo

quā

quo

Acc.

Quem

quam

quod

Quos

quas

quae

2° Les relatifs indéfinis quisquis (neut. quidquid, rare ou inusité aux autres cas) et quicumque, quaecumque, quodcumque (gén. cujuscumque, dat. cuicumque, etc.), quiconque, quel que soit celui qui: quemcumque osculatus fuero, tenete eum, quel que soit celui que j’aurai embrassé, arrêtez-le.

Quicumque et quisquis sont des pronoms relatifs indéfinis. Ils ont sens de relatifs, et doivent être construits avec un verbe, comme qui, quae, quod.

6° Pronoms-adjectifs indéfinis.

44. Les principaux pronoms-adjectifs indéfinis sont:

I. Les composés de quis ou qui se déclinant sur quis:

Ex.: quacumque ratione, d’une façon quelconque.

Ne pas confondre cet adjectif indéfini avec le relatif indéfini quicumque, étudié plus haut [§ 43, 2°].

Aliquis, aliqua, aliquid (adj. aliquod, neut. plur. aliqua), quelqu’un, quelque, remplacé parfois par quis, qua ou quae, quid ou quod151].

Nom.

Aliquis

aliqua

aliquid (aliquod)

Gén.

Alicujus

pour les trois genres.

Dat.

Alicui

Abl.

Aliquo

aliquā

aliquo

Acc.

Aliquem

aliquam

aliquid (aliquod)

Aliquis est indéterminé: quelqu’un, on.

Ce mot s’emploie peu au pluriel; on emploie plutôt aliquot (indécl.) ou nonnulli, ae, a, quelques, quelques-uns.

Quidam, quaedam, quiddam (adj. quoddam), quelqu’un (que l’on pourrait nommer), un certain (homme), une certaine (chose).

Unusquisque (unaquaque, etc.), ou simplement151*] quisque, quaque, quidque (adj. quodque), chacun, chaque.

Quivis, quavis, quidvis (adj. quodvis) ou quilibet, qualibet, quidlibet, n’importe qui, n’importe quoi.

Quisquam, quidquam ou mieux quicquam, sans féminin, quelqu’un, quelque chose (semi-négatif, § 150).

II. Les pronoms-adjectifs se déclinant sur uter42, 2°]:

Alter, altera, alterum, [l’un], l’autre (en parlant de deux), le second (gén. altérĭus, dat. alteri, pour les trois genres).

Neuter, neutra, neutrum, ni l’un ni l’autre, aucun des deux (g. neutrius, d. neutri).

Uterque, utraque, utrumque, l’un et l’autre, tous les deux [§ 109, 153].

III. Les pronoms-adjectifs se déclinant sur unus32]:

Nullus, a, um, nul, aucun, personne (g. nullius, d. nulli).

Ullus, a, um, quelque (g. ullius, d. ulli) [semi-négatif, § 150].

Alius, a, ud, un autre, l’autre (en parlant de plus de deux), g. alius, d. rare: alii.

Alius…​ alius…​ (au même cas), l’un…​ l’autre…​

Solus, a, um (gén. solius, dat. soli), seul, et totus, a, um (gén. totius, dat. toti), tout entier.

IV. Les pronoms défectifs suivants:

Nemo, m., personne …​ne (seul. dat. nemini, acc. neminem, complété par nullus).

Nihil, n., rien …​ne indéclinable, [§ 27, 4°]. Les formes nihili, nihilo, ne s’emploient que dans quelques expressions [§ 190*] et appartiennent à la déclinaison de nihilum, i, n.

V. Les suivants, qui se déclinent régulièrement:

Omnis, e (plur. neut. omnia), tout, chaque. Accusatif pluriel archaïque: omnis21*].

Plerique, pleraeque, pleraque, la plupart [§ 153].

Ceteri, ae, a, tous les autres, le reste de (ces deux derniers s’emploient aussi au singulier: Cetera Gallia, le reste de la Gaule; pleraque Gallia, la plus grande partie de la Gaule).

Pronoms corrélatifs.

45. Un certain nombre de pronoms-adjectifs se correspondent pour le sens et pour la forme. Les démonstratifs commencent par t, les relatifs ou interrogatifs par q; quant aux indéfinis, ils commencent souvent par ali ou se terminent par cumque332].

Relat. ou interr.

Démonst.

Relat. indéfinis

Indéfinis

Quantus
combien grand?

Tantus
aussi grand

Quantuscumque
quelq. grand que

Aliquantus assez grand

Qualis
quel?

Talis
tel

Qualiscumque
quel que

Qualislibet quelconque

45 bis. Tableau des pronoms corrélatifs.

INTERROGATIFS

DÉMONSTRATIFS

RELATIFS DÉFINIS

RELATIFS INDÉFINIS

INDÉFINIS

Quis? qui?
Qui? quel?
Quid? quoi?
[voir § 42].

Hic, iste, ille, celui- ci, celui-là.
Idem, le même.

Qui, (celui) qui [voir § 43].

Quicumque, ou
Quisquis, quel que soit celui qui, quiconque.

Aliquis (quis),
Alius, nemo, Quivis, quilibet, Quisquam, unusquisque
[voir § 44].

Uter? lequel des deux?42].

Uter, celui des deux qui.

Utercumque, quel que soit celui des deux qui.

Alter, neuter, uterque [voir § 44].

Qualis? quel?

Talis, tel.

Qualis, (tel) que.

Qualiscumque (est), quel qu’(il soit).

Qualislibet, quelconque.

Quantus? combien grand?

Tantus, si grand, aussi grand.

Quantus (aussi grand) que.

Quantuscumque (est), quelque grand qu’ (il soit).

Aliquantus, assez grand.

Quot? (indécl.) combien?

Tôt (indécl.), aussi nombreux, si nombreux.

Quot, (aussi nombreux) que.

Quotcumque (sunt), quelque nombreux qu’(ils soient).

Aliquot, quelques. Quotlibet, n’importe en quel nombre.

Quotus? en quel rang? quantième?

Quotuscumque (est), en quelque rang qu’(il soit).

Quotuslibet, en n’importe quel rang.

SUPPLÉMENT AU PRONOM

Le neutre des pronoms-adjectifs.

46. Le neutre (singulier ou pluriel) des pronoms-adjectifs s’emploie très fréquemment au sens de « chose ».

Ex.: 1. Hoc, cela, cette chose. — 2. Aliquid, quelque chose. — 3. Multa, beaucoup de choses. — 4. Aliud, autre chose. — 5. Nihil, rien, nulle chose. — 6. Cetera, toutes les autres choses, tout le reste.

Mais cet emploi est régulièrement réservé au nominatif et à l’accusatif, c’est-à-dire aux cas où le neutre se distingue des autres genres); aux autres cas on emploie res.

Ex.: 1. Hoc, cela; hujus rei, de cela; his rebus, par ces choses, par cela. — 2. Nihil, rien; nullius rei, de rien, d’aucune chose. — 3. Omnia, tout, toutes choses, gén. omnium rerum.

Nom.

Hoc, cela, cette chose.

Haec, ces choses, cela.

Gén.

Hujus rei, de cela, etc.

Harum rerum

Dat.

Huic rei

His rebus

Abl.

Hac re

His rebus

Acc.

Hoc

Haec

Nom.

Omnia, tout, toutes choses.

Nihil, rien.

Gén.

Omnium rerum

Nullius rei, de rien, etc.

Dat.

Omnibus rebus

Nulli rei

Abl.

Omnibus rebus

Nullā re

Acc.

Omnia

Nihil

Quelques exceptions se rencontrent à l’ablatif: in hoc, sur ce point, pour in hac re; ou bien quand un relatif neutre suit immédiatement: in his omnibus, quae, dans toutes les choses qui.

Ces neutres se traduisent littéralement par chose, mais il faut s’habituer à les rendre par toutes sortes de noms français; hoc pourra signifier suivant les cas, cette parole, cette action, cette conduite, cette aventure, cette affaire, cet objet, etc.

DEUXIÈME PARTIE — LA CONJUGAISON

CHAPITRE PREMIER — GENERALITES. LA CONJUGAISON ACTIVE.

PERSONNES. TEMPS. MODES. VOIX

47. Les personnes. — Il y a en latin trois personnes. On les reconnaît à la terminaison du verbe, car le pronom personnel sujet est d’ordinaire omis [§ 38*, 4°]:

Ex.: Audio, j’entends.Audis, tu entends.

48. Les temps. — Le latin a les mêmes temps que le français. Toutefois le parfait latin correspond à la fois à notre passé simple, composé et antérieur.

Ex.: Delēvi, je détruisis, j’ai détruit, j’eus détruit.

On appelle temps principaux le présent, le futur et le parfait; temps secondaires l’imparfait, le plus-que-parfait et le futur antérieur.

49. Les modes. — Le latin a les mêmes modes que le français, toutefois:

1° Il n’a pas de conditionnel; on y supplée par le subjonctif [§ 56].

2° II a en plus le gérondif et le supin qui remplacent l’infinitif dans certains emplois [§ 62].

50. Les voix (ou formes). — Le latin, outre la voix active et la voix passive, possède la voix déponente qui a la forme passive et la signification active.

LA CONJUGAISON ACTIVE

51. Les quatre conjugaisons. — Il y a en latin quatre conjugaisons:

La 1re a l’infinitif en -āre:

amo, j’aime

am-āre, aimer.

La 2e a l’infinitif en -ēre:

deleo, je détruis

del-ēre, détruire.

La 3e a l’infinitif en -ĕre:  

lego, je lis

leg-ĕre, lire.

capio, je prends

cap-ĕre, prendre.

La 4e a l’infinitif en -īre

audio, j’entends

aud-īre, entendre.

La 3e conjugaison a une forme secondaire pour quelques verbes en -io.

52. Les temps primitifs. — Pour conjuguer un verbe latin, il faut connaître ses temps primitifs, c’est-à-dire ceux dont tous les autres sont tirés.

Les trois temps primitifs sont: le présent (de l’indicatif), le parfait (de l’indicatif) et le supin.

Présent:

am -o

parfait:

amav -i

supin:

amat -um

lĕg -o

lĕg -i

lect -um

52*. En donnant les temps primitifs, il convient d’ajouter la 2e pers. du présent de l’indicatif et l’infinitif. Ces formes ont l’avantage d’indiquer la conjugaison: amo, amas, amavi, amatum, amare.

53. Formation des temps. — A la voix active toutes les formes des verbes se tirent de ces trois temps primitifs ainsi qu’il suit:

I. SÉRIE DU PRÉSENT: Du radical du présent on tire tous les présents et les imparfaits et en outre le futur et le gérondif:

L’imparfait de l’indicatif

am-o: am-abam

Le futur de l’indicatif

am-o: am-abo

Le présent du subjonctif

am-o: am-em

L’imparfait du subjonctif

am-o: am-arem

L’impératif

am-o: am-a

L’infinitif présent

am-o: am-are

Le participe présent

am-o: am-ans

Le gérondif

am-o: am-andi

II. SÉRIE DU PARFAIT: Du radical du parfait on tire tous les parfaits et plus-que-parfaits et en outre le futur antérieur.

Le plus-que-parfait de l’indic.

amav-i: amav-eram

Le futur antérieur

amav-i: amav-ero

Le parfait du subjonctif

amav-i: amav-erim

Le plus-que-parfait du subjonctif

amav-i: amav-issem

Le parfait de l’infinitif

amav-i: amav-isse

III. SÉRIE DU SUPIN: Du radical du supin on tire le participe futur et par conséquent l’infinitif futur:

Le participe futur

amat-um: amat-ūrus

L’infinitif futur

amat-um: amat-ūrum esse

Les quatre conjugaisons ne diffèrent qu’à la série du présent; les terminaisons sont identiques à la série du parfait. Quant au verbe esse, être, qui sert d’auxiliaire comme en français, il a une conjugaison particulière.

54. Conjugaison particulière de esse, être.

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent.

PRÉSENT

sum, je suis

sim, que je sois

ĕs, tu es

sis

ēs, sois

est, il est

sit

sŭmus, nous sommes

sīmus

estis, vous êtes

sītis

este, soyez

sunt, ils sont

sint

IMPARFAIT

ĕram, j’étais

essem (forem), que je fusse, ou je serais

ĕras

esses (fores)

ĕrat

esset (foret)

ĕrāmus

essēmus

ĕrātis

essētis

ĕrant

essent (forent)

FUTUR

ĕro, je serai

ĕris

estō, sois

ĕrit

(esto, soit)

ĕrĭmus

ĕrĭtis

estōte, soyez

ĕrunt

suntō, qu’ils soient

Série du parfait.

PARFAIT

fu i, j’ai été ou je fus

fu ĕrim, que j’aie été

PARTICIPE

fu isti

fu ĕris

Prés. (manque).

fu it

fu ĕrit

Fut. futūrus, a, um, destiné à être (sur le point d’être).

fu ĭmus

fu ĕrĭmus

fu istis

fu ĕrĭtis

fu ērunt

fu ĕrint

INFINITIF

Prés. esse, être.

PLUS-QUE-PARFAIT

fu ĕram, j’avais été

fu issem, que j’eusse été

Fut. fore ou futūrum (futuram, futurum) esse, devoir être.

fu ĕras

fu isses

fu ĕrat

fu isset

Pas. fuisse, avoir été

fu ĕrāmus

fu issēmus

fu ĕrātis

fu issētis

Les composés de esse:

fu ĕrant

fu issent

Abesse, être absent.

Adesse, être présent.

FUTUR ANTÉR.

fu ĕro, j’aurai été

Deesse, manquer.

fu ĕris

Obesse, nuire, etc., se conjuguent sur esse.

fu ĕrit

fu ĕrĭmus

Pour posse et prodesse, voir § 84.

fu ĕrĭtis

fu ĕrint

55. Première conjugaison active: amre (modes personnels)

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: am-o.

PRÉSENT

am o, j’aime

am em, que j’aime ou j’aimerais

am as

am es

am ā, aime

am at

am et

am āmus

am ēmus

am ātis

am ētis

am āte, aimez

am ant

am ent

IMPARFAIT

am ābam, j’aimais

am ārem, que j’aimasse ou j’aimerais

am ābas

am āres

am ābat

am āret

am abāmus

am arēmus

am abātis

am arētis

am ābant

am ārent

FUTUR

am ābo, j’aimerai

am ābis

am āto, aime

am ābit

am āto

am abĭmus

am abĭtis

am ātōte, aimez

am ābunt

am anto (rare)

Série du parfait: amav-i

PARFAIT

amāv i, j’ai aimé ou j’aimai

amāv ĕrim, que j’aie aimé ou j’aimerais

amāv isti

amāv ĕris

amāv it

amāv ĕrit

amāv ĭmus

amāv erĭmus

amav istis

amāv erĭtis

amāv ērunt

amāv ĕrint

PLUS-QUE-PARFAIT

amav ĕram, j’avais aimé

amāv issem, que j’eusse aimé ou j’aurais aimé

amāv ĕras

amāv isses

amāv ĕrat

amāv isset

amāv ĕrāmus

amāv issēmus

amāv ĕrātis

amāv issētis

amāv ĕrant

amāv issent

FUTUR ANTÉR.

amāv ĕro, j’aurai aimé

amāv ĕris

amāv ĕrit

amāv ĕrĭmus

amāv ĕrĭtis

amāv ĕrint

Première conjugaison active: amre (modes impersonnels)

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

am ans, antis58], aimant

Prés.

am āre, aimer

Fut.

amat ūrus, a, um, sur le point d’aimer

Fut.

amat ūrum, am, um esse, être sur le point d’aimer

Pass.

(manque)

Pass.

amav isse, avoir aimé

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

amāt u, à aimer

Gén.

am andi, d’aimer

Acc.

amāt um, pour aimer (inusité aux autres cas) [Synt., § 244-245]

D. A.

am ando, en aimant

Acc.

(ad) am andum, pour aimer [Synt., § 234-240]

Remarques sur la voix active.

56. Le subjonctif. — 1° Notre conditionnel présent se remplace par le subjonctif présent, imparfait ou parfait; notre conditionnel passé se remplace par le plus-que-parfait du subjonctif [§ 216-220].

Ex.: J’aimerais: amem, amarem ou amaverim.

J’aurais aimé: amavissem.

2° Le subjonctif supplée l’impératif à la première et à la troisième personnes [56*].

Ex.: Veniat, qu’il vienne.

Veniamus, venons.

3° Le subjonctif n’à pas de futur; on y supplée par la conjugaison périphrastique [§ 58 et 342]:

Ex.: Laudaturus sim, que je sois sur le point de louer.

56*. On remarquera qu’à l’impératif futur la 2e et la 3e personne du singulier sont semblables. La 3e personne est peu usitée. Pour l’emploi de l’impératif futur, voir § 212.

57. Deuxième conjugaison active: delre (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: dēl-ĕo.

PRÉSENT

dēl ĕo, je détruis

dēl ĕam, que je détruise ou je détruirais

dēl es

dēl ĕas

del ē, détruis

dēl et

dēl ĕat

dēl ēmus

dēl ĕāmus

dēl ētis

dēl ĕātis

dēl ēte, détruisez

dēl ent

dēl ĕant

IMPARFAIT

dēl ēbam, je détruisais

dēl ērem, que je détruisisse ou je détruirais

dēl ēbas

dēl ēres

dēl ēbat

dēl ēret

dēl ēbāmus

dēl erēmus

dēl ēbātis

dēl erētis

dēl ēbant

dēl ērent

FUTUR

dēl ēbo, je détruirai

dēl ēbis

dēl ēto, détruis

dēl ēbit

dēl ēto

dēl ēbĭmus

dēl ēbĭtis

dēl ētōte, détruisez

dēl ēbunt

dēl ento (rare)

Série du parfait: dēlēv-i.

PARFAIT

dēlēv i, j’ai détruit ou je détruisis

dēlēv ĕrim, que j’aie détruit

dēlēv isti     

dēlēv ĕris

dēlēv it

dēlēv ĕrit

dēlēv ĭmus

dēlēv ĕrĭmus

dēlēv istis

dēlēv ĕrĭtis

dēlēv ērunt

dēlēv ĕrint

PLUS-QUE-PARFAIT

delēv ĕram, j’avais détruit

delēv issem, que j’eusse détruit

dēlēv ĕras

dēlēv isses

dēlēv ĕrat

dēlēv isset

dēlēv ĕrāmus

dēlēv issēmus

dēlēv ĕrātis

dēlēv issētis

dēlēv ĕrant

dēlēv issent

FUTUR ANTÉR.

dēlēv ĕro, j’aurai détruit

dēlēv ĕris

dēlēv ĕrit

dēlēv ĕrĭmus

dēlēv ĕrĭtis

dēlēv ĕrint

Deuxième conjugaison active: delre (modes impersonnels).

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

dēl ens, entis58], détruisant

Prés.

del ēre, détruire

Fut.

dēlēt ūrus, a, um, sur le point de détruire

Fut.

dēlēt ūrum, am, um esse, être sur le point de détruire

Pass.

(manque)

Pass.

dēlēv isse, avoir détruit

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

dēlēt u, à détruire

Gén.

dēl endi, de détruire

Acc.

dēlēt um, pour détruire (inusité aux autres cas) [Synt., § 244-245]

D. A.

dēl endo, en détruisant

Acc.

(ad) dēl endum, pour détruire

Remarques sur la voix active (suite).

58. Le participe. — 1° Le participe présent actif se décline comme les adjectifs imparisyllabiques, mais l’ablatif est en -ē23, 1°].

58*. Cependant l’ablatif est en -i quand le participe est employé comme simple adjectif: sub sole ardenti, sous un soleil ardent; mais sole ardente, le soleil étant ardent229].

2° Le participe passé manque à la voix active, on y supplée souvent en tournant par le passif; au lieu de: ayant dit ces mots, il s’en alla, on dira: ces mots ayant été dits [§ 229], il s’en alla.

3° Le participe futur en -urus ne marque pas l’obligation, mais indique seulement qu’on est sur le point de faire ou dans l’intention de faire ou destiné à faire une chose [voir § 68 et Synt. § 233].

4° Le participe futur s’unit ordinairement au verbe sum pour donner une conjugaison périphrastique [§ 56]:

Ex.: Deletūrus sum, je suis sur le point de, je vais détruire.

Deletūrus sim, que je sois ou je serais sur le point de détruire.

Deletūrus eram, j’étais sur le point de, j’allais détruire.

C’est ainsi que se forme l’infinitif futur deleturum esse.

59. Troisième conjugaison active: legre (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: lĕg-o.

PRÉSENT

leg o, je lis

leg am, que je lise ou je lirais, etc.

leg is

leg as

leg ĕ, lis

leg it

leg at

leg ĭmus

leg āmus

leg ĭtis

leg ātis

leg ĭte, lisez

leg unt

leg ant

IMPARFAIT

leg ēbam, je lisais

leg ĕrem, que je lusse ou je lirais

leg ēbas

leg ĕres

leg ēbat

leg ĕret

leg ēbāmus

leg ĕrēmus

leg ēbātis

leg ĕrētis

leg ēbant

leg ĕrent

FUTUR

leg am, je lirai

leg es

leg ĭto, lis

leg et

leg ĭto

leg ēmus

leg ētis

leg itōte, lisez

leg ent

leg unto (rare)

Série du parfait: lēg-i.

PARFAIT

lēg i, j’ai lu

leg ĕrim, que j’aie lu ou je lirais

leg isti

leg ĕris

leg it

leg ĕrit

leg ĭmus

leg ĕrĭmus

leg istis

leg ĕrĭtis

leg ērunt

leg ĕrint

PLUS-QUE-PARFAIT

leg ĕram, j’avais lu

leg issem, que j’eusse lu ou j’aurais lu

leg ĕras

leg isses

leg ĕrat

leg isset

leg ĕrāmus

leg issēmus

leg ĕrātis

leg issētis

leg ĕrant

leg issent

FUTUR ANTÉR.

leg ĕro, j’aurai lu

leg ĕris

leg ĕrit

leg ĕrĭmus

leg ĕrĭtis

leg ĕrint

Troisième conjugaison active: legre (modes impersonnels)

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

leg ens, entis58], lisant

Prés.

leg ĕre, lire

Fut.

lect ūrus, a, um, sur le point de lire

Fut.

lect ūrum, am, um esse, être sur le point de lire

Pass.

(manque)

Pass.

leg isse, avoir lu

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

lect u, à lire

Gén.

leg endi, de lire

Acc.

lect um, pour lire (inusité aux autres cas) [Synt., § 244-245]

D. A.

leg endo, en lisant

Acc.

(ad) leg endum, pour lire

60. Troisième conjugaison secondaire en -io: capio.

INDICATIF

SUBJONCTIF

PARTICIPE

PRÉSENT

cap ĭo, je prends

cap ĭam, que je prenne

cap is

cap ĭas

cap iens, ientis

cap it

cap ĭat

cap īmus

cap iāmus

GÉRONDIF

cap ītis

cap iātis

cap ĭunt

cap ĭant

cap iendi, etc.

IMPARFAIT

cap iēbam, je prenais

Cette conjugaison ne conserve l’i qu’à la série du présent. Sont réguliers:

cap iēbas, etc.

FUTUR

cap ĭam, je prendrai

l’impératif: cape, capĭte

cap ĭes

l’infinitif: capĕre

cap ĭet

le subj. imp.: capĕrem

cap iēmus

cap iētis

Les séries du parfait et du supin cepi, captum sont régulières.

cap ĭent

Les verbes dicĕre, dire; ducĕre, conduire; facĕre (facio), faire; ferre (fero, § 84, 1°), porter, et certains de leurs composés, font à l’impératif: dic, duc, fac, fer.

61. Quatrième conjugaison active: audre (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: aud-ĭo.

PRÉSENT

aud-ĭo, j’entends

aud ĭam, que j’entende ou j’entendrais

aud is

aud ĭas

aud ī, entends

aud it

aud ĭat

aud īmus

aud iāmus

aud ītis

aud iātis

aud īte, entendez

aud ĭunt

aud ĭant

IMPARFAIT

aud iēbam, j’entendais

aud īrem, que j’entendisse ou j’entendrais

aud iēbas

aud īres

aud iēbat

aud īret

aud iēbāmus

aud irēmus

aud iēbātis

aud irētis

aud iēbant

aud īrent

FUTUR

aud ĭam, j’entendrai

aud ĭes

aud īto, entends

aud ĭet

aud īto

aud iēmus

aud iētis

aud ītōte, entendez

aud ĭent

aud iunto (rare)

Série du parfait: audīv-i

PARFAIT

audīv i, j’ai entendu ou j’entendis

audīv ĕrim, que j’aie entendu ou j’entendrais

audiv isti

audīv ĕris

audīv it

audiv ĕrit

audīv ĭmus

audiv erĭmus

audiv istis

audiv erĭtis

audīv ĕrunt

audiv ĕrint

PLUS-QUE-PARFAIT

audiv ĕram, j’avais entendu

audīv issem, que j’eusse entendu ou j’aurais entendu

audiv ĕras

audiv isses

audiv ĕrat

audiv isset

audiv ĕrāmus

audiv issēmus

audiv ĕrātis

audiv issētis

audiv ĕrant

audiv issent

FUTUR ANTÉR.

audiv ĕro, j’aurai entendu

audiv ĕris

audiv ĕrit

audiv ĕrĭmus

audiv ĕrĭtis

audiv ĕrint

Quatrième conjugaison active: audre (modes impersonnels)

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

aud iens, entis58], entendant.

Prés.

aud īre, entendre

Fut.

audit ūrus, a, um, sur le point d’entendre

Fut.

audit ūrum, am, um esse, être sur le point d’entendre

Pass.

(manque)

Pass.

audiv isse, avoir entendu

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

audīt u, à entendre

Gén.

aud iendi, d’entendre

Acc.

audit um, pour entendre (inusité aux autres cas) [Synt., § 244-245]

D. A.

aud iendo, en entendant

Acc.

(ad) aud iendum, pour entendre

Le verbe scire, savoir, fait toujours scito à l’impératif.

Remarques sur la voix active (suite).

62. L’infinitif, le supin et le gérondif. — Ces trois formes du verbe sont de véritables noms qui s’emploient ainsi qu’il suit:

INFINITIF

AU NOM. Fugĕre est turpe, fuir est honteux

A L’ACC. Cupio manēre, je désire rester  [§ 221 bis]

SUPIN

A L’ABL. Mirabile visu, étonnant à voir126]

A L’ACC. Eo lusum, je vais jouer245]

GÉRONDIF

AU GÉN. Tempus legendi, le temps de lire113, 124, 237]

AU DAT. Inutilis scribendo, inutile pour écrire238]

A L’ABL. Castigare ridendo, corriger en riant239]

A L’ACC. Ad dicendum, pour parler240]

Le gérondif est donc comme un infinitif décliné; il en a exactement le sens.

On n’emploie pas l’infinitif, mais le gérondif après une préposition:

Ex.: Deterrere a scribendo, détourner d’écrire.

63. Les terminaisons secondes. — 1° Au parfait, à la troisième personne du pluriel, on trouve -ēre au lieu de -ērunt.

Ex.: Amav-ēre pour amav-ērunt, ils aimèrent.

2° La série du parfait, dans les verbes en -avi, -evi, -ovi, -ivi, présente parfois des formes syncopées (c’est-à-dire abrégées) où v et même vi ou ve disparaissent.

1re conjugaison:

am-asti

pour

am-avisti,

2e conjugaison:

impl-esse

pour

impl-evisse,

3e conjugaison:

pet-ierunt

pour

pet-iverunt,

4e conjugaison:

aud-ieram

pour

aud-iveram.

63*. On remarquera que, dans toutes ces formes syncopées:

vi tombe devant s: audisti est pour audivisti;

ve tombe devant r: noram est pour noveram;

v tombe dans les parfaits en ivi: audieram pour audiveram.

Certains verbes ont même régulièrement ces formes syncopées, comme l’indique le parfait: desino, parf. desii (pour desivi).

Tableau récapitulatif des conjugaisons.

1re CONJUG.

2e CONJUG.

3e CONJUG.

4e CONJUG.

PRÉS. INDIC.

amo

deleo

lego

capio

audio

amas

deles

legis

capis

audis

amat

delet

legit

capit

audit

amāmus

delēmus

legimus

capimus

audīmus

amatis

deletis

legitis

capitis

auditis

amant

delent

legunt

capiunt

audiunt

FUTUR

amabo

delebo

legam

capiam

audiam

amabis

delebis

leges

capies

audies

amabit

delebit

leget

capiet

audiet

amabimus

delebimus

legēmus

capiēmus

audiēmus

amabitis

delebitis

legetis

capietis

audietis

amabunt

delebunt

legent

capient

audient

SUBJ. PRÉSENT

amem

deleam

legam

capiam

audiam

ames

deleas

legas

capias

audias

amet

deleat

legat

capiat

audiat

amēmus

deleamus

legamus

capiāmus

audiāmus

ametis

deleatis

legatis

capiatis

audiatis

ament

deleant

legant

capiant

audiant

IMPÉRATIF

amā

delē

legĕ

capĕ

audī

amāte

delēte

legĭte

capĭte

audīte

CHAPITRE II — LA CONJUGAISON PASSIVE ET DEPONENTE

I. VOIX PASSIVE

64. Les quatre conjugaisons. — Au passif comme à l’actif, les quatre conjugaisons sont caractérisées par la terminaison de l’infinitif:

La 1re est en -āri:

am-āre, aimer

am-āri, être aimé.

La 2e est en -ēri:

del-ēre, détruire

del-ēri, être détruit.

La 3e est en -ī:

leg-ĕre, lire

leg-ī, être lu.

cap-ĕre, prendre

cap-ī, être pris.

La 4e est en -īri:

aud-īre, entendre

aud-īri, être entendu.

65. Les temps primitifs. — Il n’y a que deux temps primitifs au passif, car toutes les formes sont tirées du radical du présent ou du radical du supin.

66. Formation des temps. — 1° La série du présent est la même qu’à la voix active. Dans les temps de cette série la finale o de l’actif est suivie de r, la finale m est remplacée par r.

Amo,

j’aime

amor,

je suis aimé

Amabam,

j’aimais

amabar,

j’étais aimé

Amem,

que j’aime

amer,

que je sois aimé.

2° La série du supin comprend tous les autres temps. Ces temps sont composés, c’est-à-dire formés du participe passé et de l’auxiliaire esse:

Amavi,

j’ai aimé

amatus sum,

j’ai été aimé

Amaveram,

j’avais aimé

amatus eram,

j’avais été aimé

Amavero,

j’aurai aimé

amatus ero,

j’aurai été aimé

Amaverim,

que j’aie aimé

amatus sim,

que j’aie été aimé

Amavissem,

que j’eusse aimé

amatus essem,

que j’eusse été aimé

Amavisse,

avoir aimé

amatum esse,

avoir été aimé.

3° On trouve parfois amatus fui au lieu de amatus sum, amatus fueram au lieu de amatus eram, etc. Il y a alors une légère différence de sens:

Ex.: Janua clausa est, la porte fut fermée (et elle le reste) [§ 70, 3°].

Janua clausa fuit, la porte fut fermée (à ce moment-là, mais elle a été rouverte depuis).

66*. On aura soin de ne pas se laisser tromper par la ressemblance avec le français: amor, je suis aimé; amatus sum, je fus aimé, j’ai été aimé.

67. 1re conjugaison passive: amri (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: am-or

PRÉSENT

am or, je suis aimé

am er, que je sois aimé

am āris

am ēris

am āre, sois aimé

am ātur

am ētur

am āmur

am ēmur

am āmĭni

am ēmĭni

am āmĭni, soyez aimés

am antur

am entur

IMPARFAIT

am ābar, j’étais aimé

am ārer, que je fusse aimé

am abāris

am arēris

am abātur

am arētur

am abāmur

am arēmur

am abāmĭni

am arēmĭni

am abantur

am arentur

FUTUR

am ābor, je serai aimé

am abĕris, tu seras, etc.

am abĭtur

am abĭmur

am abimĭni

am abuntur

Série du supin: amāt-um

PARFAIT

amātus sum, j’ai été ou je fus aimé

amātus sim, que j’aie été aimé

amātus es       

amātus sis

amātus est

amātus sit

amāti sumus

amāti simus

amāti estis

amāti sitis

amāti sunt

amāti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

amatus eram, j’avais été aimé

amatus essem, que j’eusse été aimé

amātus eras

amātus esses

amātus erat

amātus esset

amāti erāmus

amāti essēmus

amāti erātis

amāti essētis

amāti erant

amāti essent

FUTUR ANTÉR.

amātus ero, j’aurai été aimé

 

amātus eris

amātus erit

amāti erĭmus

amāti erĭtis

amāti erunt

1re conjugaison passive: amri (modes impersonnels).

PARTICIPE

INFINITIF

Présent:

(manque)

Présent:

amāri, être aimé

Futur:

(manque)

Futur:

amatum iri, devoir être aimé

Passé:

amatus, a, um, aimé(e)

Passé:

amatum, am, um esse, avoir été aimé(e)

ADJECTIF VERBAL

amandus, a, um, devant être aimée (e), qu’il faut aimer

Remarques sur la voix passive.

68. 1° Les terminaisons secondes. — Les formes passives et déponentes des temps simples en -ris sont parfois en -re:

Ex.: Am-āris ou am-āre, tu es aimé.

Leg-ēris ou leg-ēre, tu seras lu.

Le participe. — Dans les temps composés, le participe est variable et s’accorde comme un adjectif attribut [§ 101]:

Ex.: Urbs servat-a est, la ville fut sauvée.

L’infinitif futur. — Dans amatum iri, amatum est un supin; il est donc invariable.

Ex.: Reus damnatum iri videbatur, l’accusé semblait devoir être condamné.

L’adjectif verbal. — L’adjectif verbal en -dus avec le verbe sum marque une idée d’obligation (on doit, il faut) et forme une conjugaison périphrastique [§ 242, 243].

Ex.: Amandus erat, il devait être aimé, il fallait l’aimer.

Amandum fuisse, avoir dû être aimé.

On évitera avec soin la confusion choquante entre:

1° Le participe en -urus, actif et marquant l’avenir;

2° L’adjectif verbal en -ndus, passif et marquant l’obligation.

68*. On évitera autant que possible dans la traduction du participe en -urus, l’emploi du verbe devoir, qui a l’inconvénient de marquer aussi bien l’obligation que l’avenir; on dira donc de préférence: lecturus, sur le point de lire ou ayant l’intention de lire. Lecturus sum, je vais lire.

69. 2e conjugaison passive: delri (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: del-ĕor

PRÉSENT

del ĕor, je suis détruit

del ĕar, que je sois détruit

del ēris

del eāris

del ēre, sois détruit

del ētur

del eātur

del ēmur

del eāmur

del emĭni

del eāmĭni

del ēmini, soyez détruits

del entur

del eantur

IMPARFAIT

del ēbar, j’étais détruit

del ērer, que je fusse détruit

del ebāris

del erēris

del ebātur

del erētur

del ebāmur

del erēmur

del ebāmĭni

del erēmĭni

del ebantur

del erentur

FUTUR

del ĕbor, je serai détruit

del ĕbĕris

del ebĭtur

del ebĭmur

del ebimĭni

del ebuntur

Série du supin: delēt-um

PARFAIT

delētus sum, j’ai été ou je fus détruit

delētus sim, que j’aie été détruit

delētus es       

delētus sis

delētus est

delētus sit

delēti sumus

delēti simus

delēti estis

delēti sitis

delēti sunt

delēti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

delētus eram, j’avais été détruit

delētus essem, que j’eusse été détruit

delētus eras 

delētus esses

delētus erat

delētus esset

delēti eramus

delēti essemus

delēti eratis

delēti essetis

delēti erant

delēti essent

FUTUR ANTÉR.

delētus ero, j’aurai été détruit

delētus eris       

delētus erit

delēti erĭmus

delēti erĭtis

delēti erunt

2e conjugaison passive: delri (modes impersonnels).

PARTICIPE

INFINITIF

Présent:

(manque)

Présent:

delēri, être détruit

Futur:

(manque)

Futur:

delētum iri, devoir être détruit

Passé:

delētus, a, um, détruit(e)

Passé:

delētum, am, um esse, avoir été détruit(e)

ADJECTIF VERBAL

delendus, a, um, devant être détruit (e), qu’il faut détruire

Remarques sur la voix passive (suite).

70.Emploi de la voix passive [synt., § 201-204]. Seuls les verbes transitifs gouvernant l’accusatif (transitifs directs) ont régulièrement un passif:

Ex.: Deus amat homines, Dieu aime les hommes.

Homines amantur a Deo, les hommes sont aimés de Dieu.

Cependant le latin emploie aussi impersonnellement (sans sujet) le passif, même des verbes intransitifs [synt., § 203]:

Ex.: Pugnatur, on combat (litt.: il est combattu).

L’auxiliaire sum est souvent sous-entendu au passif, surtout aux formes est, sunt, esse [voir Ellipse, § 346]:

Ex.: Nihil agendum (sous-entendu esse) existimabant, ils pensaient qu’il ne fallait rien faire (litt.: rien devoir être fait).

Hostium tria milia capta (pour capta sunt), trois mille ennemis furent pris.

Le présent et le parfait. — Une action actuelle (qu’on est en train de faire) est indiquée par le présent passif, mais un état actuel (résultant d’une action passée) est indiqué par le parfait [§ 207]:

Ex.: Janua clauditur, on ferme (on est en train de fermer) la porte.

Janua clausa est, la porte est fermée (on a fermé la porte et elle reste actuellement fermée).

71. 3e conjugaison passive: leg (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: leg-or

PRÉSENT

leg or, je suis lu

leg ar, que je sois lu

leg ĕris

leg āris

leg ĕre, sois lu

leg ĭtur

leg ātur

leg ĭmur

leg āmur

leg imĭni

leg amĭni

leg ĭmĭni, soyez lus

leg untur

leg antur

IMPARFAIT

leg ēbar, j’étais lu

leg ĕrer, que je fusse lu

leg ebāris

leg erēris

leg ebātur

leg erētur

leg ebāmur

leg erēmur

leg ebamĭni

leg eremĭni

leg ebantur

leg erentur

FUTUR

leg ar, je serai lu

leg ēris

leg ētur

leg ēmur

leg ēmĭni

leg entur

Série du supin: lect-um

PARFAIT

lectus sum, j’ai été ou je fus lu

lectus sim, que j’aie été lu

lectus es       

lectus sis

lectus est

lectus sit

lecti sumus

lecti simus

lecti estis

lecti sitis

lecti sunt

lecti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

lectus eram, j’avais été lu

lectus essem, que j’eusse été lu

lectus eras 

lectus esses

lectus erat

lectus esset

lecti erāmus

lecti essēmus

lecti erātis

lecti essētis

lecti erant

lecti essent

FUTUR ANTÉR.

lectus ero, j’aurai été lu

lectus eris

lectus erit

lecti erĭmus

lecti erĭtis

lecti erunt

3e conjugaison passive: leg (modes impersonnels).

PARTICIPE

INFINITIF

Présent:

(manque)

Présent:

legi, être lu

Futur:

(manque)

Futur:

lectum iri, devoir être lu

Passé:

lectus, a, um, lu(e)

Passé:

lectum, am, um esse, avoir été lu(e)

ADJECTIF VERBAL

legendus, a, um, devant être lu (e), qu’il faut lire

72. Troisième conjugaison secondaire en -ior.

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

cap ĭor, je suis pris

cap ĭar, que je sois pris

cap ēris

cap iāris

cap ēre, sois pris

cap ĭtur

cap iātur

cap ĭmur

cap iāmur

cap imĭni

cap iamĭni

cap imĭni, soyez pris

cap iuntur

cap iantur

IMPARFAIT

cap iēbar, j’étais pris

cap ĕrer, que je fusse pris

cap iebāris

cap erēris

cap iebātur

cap erētur

cap iebāmur

cap erēmur

cap iebamĭni

cap eremĭni

cap iebantur

cap erentur

FUTUR

cap ĭar, je serai pris

La série du supin capt-um est régulière

cap iēris

cap iētur

cap iēmur

cap iemĭni

cap ientur

PARTICIPE

INFINITIF

captus, a, um, pris(e)

Prés. capi, être pris(e)

ADJECTIF VERBAL

Fut. captum iri, devoir être pris

capiendus, a, um, devant être pris(e)

Pas. captum, am, um esse, avoir été pris(e)

Le passif de facio, je fais, est fio, je suis fait ou je deviens [§ 84, 7°].

73. 4e conjugaison passive: audri (modes personnels).

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

Série du présent: aud-ĭor

PRÉSENT

aud ĭor, je suis entendu

aud ĭar, que je sois entendu

aud īris

aud iāris

aud īre, sois entendu

aud ītur

aud iātur

aud īmur

aud iāmur

aud īmĭni, soyez entendus

aud īmĭni

aud iāmĭni

aud iuntur

aud iantur

IMPARFAIT

aud iēbar, j’étais entendu

aud īrer, que je fusse entendu

aud iēbāris

aud irēris

aud iēbātur

aud irētur

aud iēbāmur

aud irēmur

aud iēbāmĭni

aud irēmĭni

aud iēbantur

aud irentur

FUTUR

aud ĭar, je serai entendu

aud iēris

aud iētur

aud iēmur

aud iēmĭni

aud ientur

Série du supin: audīt-um

PARFAIT

audītus sum, j’ai été ou je fus entendu

audītus sim, que j’aie été entendu

audītus es

audītus sis

audītus est

audītus sit

audīti sumus

audīti simus

audīti estis

audīti sitis

audīti sunt

audīti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

audītus eram, j’avais été entendu

audītus essem, que j’eusse été entendu

audītus eras

audītus esses

audītus erat

audītus esset

audīti erāmus

audīti essēmus

audīti erātis

audīti essētis

audīti erant

audīti essent

FUTUR ANTÉR.

audītus ero, j’aurai été entendu

audītus eris

audītus erit

audīti erĭmus

audīti erĭtis

audīti erunt

4e conjugaison passive: audri (modes impersonnels).

PARTICIPE

INFINITIF

Présent:

(manque)

Présent:

audīri, être entendu

Futur:

(manque)

Futur:

audītum iri, devoir être entendu

Passé:

audītus, a, um, entendu(e)

Passé:

audītum, am, um esse, avoir été entendu(e)

ADJECTIF VERBAL

audiendus, a, um, devant être entendu(e), qu’il faut entendre

II. LES VERBES DÉPONENTS ET SEMI-DÉPONENTS

74. Verbes déponents. — Les verbes déponents ont la forme passive, mais ils ont le sens actif:

Ex.: Imitor, j’imite; imitari, imiter.

Les uns sont transitifs directs et gouvernent l’accusatif, d’autres sont transitifs indirects ou intransitifs.

Ex.: Imitor patrem, j’imite mon père.

Morior, je meurs.

On remarquera surtout:

1° Que les déponents ont un gérondif et un participe futur de forme et de sens actifs, un adjectif verbal de forme et de sens passifs.

2° Que le participe passé a régulièrement le sens actif:

Ex.: Imitatus, ayant imité; imitatus sum, j’ai imité.

3° Que le participe passé de quelques déponents peut être pris au sens passif (consulter le dictionnaire).

Ex.: Imitatus, imité ou ayant imité.

74*. Au contraire, quelques verbes de forme active ont un participe passé de forme passive qui garde le sens actif: Cenāre, dîner, cenatus, ayant dîné; jurāre, jurer, jurātus, ayant juré.

75. Verbes semi-déponents. — Ces verbes suivent la conjugaison active pour la série du présent et la conjugaison passive pour la série du supin. Ils ont le sens actif.

Audeo, audes,

ausus sum

audēre, oser.

Gaudeo, gaudes,

gavisus sum

gaudēre, se réjouir.

Soleo, soles,

solitus sum

solēre, avoir coutume.

76. 1re conjugaison déponente: imitor, imitāris, imitātus sum, sur amor67].

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

imĭt or, j’imite

imĭt er, que j’imite

imit āris, imit ātur

imit ēris, imit ētur

imit āre, imite

imit āmur (-amini)

imit -ēmur (-ēmini)

imit amĭni, imite

imit antur

imit entur

IMPARFAIT

imit ābar, j’imitais

imit ārer, que j’imitasse

imit abāris (-abātur)

imit arēris (-arētur)

imit abāmur (-abāmini)

imit arēmur (-arēmĭni)

imit abantur

imit arentur

FUTUR

imit ābor, j’imiterai

imit abāris (-abātur)

imit abĭmur (-abimini)

imit abuntur

PARFAIT

imitātus sum, j’ai imité

imitātus sim, que j’aie imité

imitātus es, est

imitātus sis, sit

imitāti sumus, estis

imitāti simus, sitis

imitāti sunt

imitāti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

imitātus eram, j’avais imité

imitātus essem, que j’eusse imité

imitātus eras, erat

imitātus esses, esset

imitāti erāmus, erātis

imitāti essēmus, essētis

imitāti erant

imitāti essent

FUTUR ANTÉR.

imitātus ero, j’aurai imité

imitātus eris, erit

imitāti erĭmus, erĭtis

imitāti erunt

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

imitans, tis, imitant

Prés.

imitāri, imiter

Fut.

imitatūrus, sur le point d’imiter

Fut.

imitatūrum esse, être sur le point d’imiter

Pass.

imitātus, ayant imité

Pass.

imitātum esse, avoir imité

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

imitātu, à imiter

Gén.

imitandi, d’imiter

Acc.

imitātum, pour imiter

D.A.

imitando, en imitant

Acc.

(ad) imitandum, pour imiter

ADJ. VERB. imitandus, a, um, devant être imité(e), qu’il faut imiter

2e conjugaison déponente: vereor, verēris, verĭtus sum, sur deleor69].

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

ver ĕor, je crains

ver ĕar, que je craigne

ver ēris, ver ētur

ver eāris, ver eatur

ver ēre, crains

ver ēmur (-ēmĭni)

ver eāmur (-eāmĭni)

ver ēmĭni, craignez

ver entur

ver eantur

IMPARFAIT

ver ēbar, je craignais

ver ērer, que je craignisse

ver ēbāris (-ebātur)

ver ērēris (-eretur)

ver ēbāmur (-ebāmĭni)

ver ērēmur (-eremini)

ver ēbantur

ver ērentur

FUTUR

ver ēbor, je craindrai

ver ēbĕris (-ēbĭtur)

ver ēbĭmur (-ēbĭmĭni)

ver ēbuntur

PARFAIT

verĭtus sum, j’ai craint

verĭtus sim, que j’aie craint

verĭtus es, est

verĭtus sis, sit

verĭti sumus, estis

verĭti simus, sitis

verĭti sunt

verĭti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

verĭtus eram, j’avais craint

verĭtus essem, que j’eusse craint

verĭtus eras, erat

verĭtus esses, esset

verĭti erāmus, erātis

verĭti essēmus, essētis

verĭti erant

verĭti essent

FUTUR ANTÉR.

verĭtus ero, j’aurai craint

veritus eris, erit

veriti erĭmus, erĭtis

veriti erunt

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

verens, tis, craignant

Prés.

verēri, craindre

Fut.

veritūrus, sur le point de craindre

Fut.

veritūrum esse, être sur le point de craindre

Pass.

verĭtus, ayant craint

Pass.

veritum esse, avoir craint

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

veritu, à craindre

Gén.

verendi, de craindre

Acc.

veritum, pour craindre

D.A.

verendo, en craignant

Acc.

(ad) verendum, pour craindre

ADJ. VERB. verendus, a, um, devant être craint(e), qu’il faut craindre

3e conjugaison déponente: loquor, loquĕris, locūtus sum, sur legor71].

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

loqu or, je parle

loqu ar, que je parle

loqu ĕris, loqu ĭtur

loqu āris, loqu ātur

loqu ĕre, parle

loqu ĭmur (-ĭmĭni)

loqu amur (-amini)

loqu ĭmĭni, parle

loqu untur

loqu antur

IMPARFAIT

loqu ēbar, je parlais

loqu ĕrer, que je parlasse

loqu ēbāris (-ebatur)

loqu ĕrēris (-ĕrētur)

loqu ēbāmur (-bāmini)

loqu ĕrēmur (-ĕrēmini)

loqu ēbantur

loqu ĕrentur

FUTUR

loqu ar, je parlerai

loqu ēris, loqu ētur

loqu ēmur (-ēmini)

loqu entur

PARFAIT

locūtus sum, j’ai parlé

locūtus sim, que j’aie parlé

locutus es, est

locutus sis, sit

locuti sumus, estis

locuti simus, sitis

locuti sunt

locuti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

locūtus eram, j’avais parlé

locūtus essem, que j’eusse parlé

locutus eras, erat

locutus esses, esset

locuti eramus, eratis

locuti essemus, essetis

locuti erant

locuti essent

FUTUR ANTÉR.

locūtus ero, j’aurai parlé

locutus eris, erit

locuti erimus, eritis

locuti erunt

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

loquens, tis, parlant

Prés.

loqui, parler

Fut.

locutūrus, sur le point de parler

Fut.

locutūrum esse, être sur le point de parler

Pass.

locūtus, ayant parlé

Pass.

locutum esse, avoir parlé

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

locutu, à parler

Gén.

loquendi, de parler

Acc.

locutum, pour parler

D.A.

loquendo, en parlant

Acc.

(ad) loquendum, pour parler

ADJ. VERB. loquendus, a, um, devant être dit(e), on doit parler

3e conjugaison déponente (secondaire): patior, patĕris, passus sum, sur capior72].

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

pat ior, je souffre

pat iar, que je souffre

pat ĕris, pat itur

pat iāris, pat iatur

pat ĕre, souffre

pat imur (-ĭmini)

pat iāmur (-iāmini)

pat ĭmĭni, souffrez

pat iuntur

pat iantur

IMPARFAIT

pat iēbar, je souffrais

pat ĕrer, que je soufrisse

pat iēbāris (-iebatur)

pat ĕrēris (-ĕrētur)

pat iēbāmur (-iēbāmini)

pat ĕrēmur (-ĕrēmĭni)

pat iēbantur

pat ĕrentur

FUTUR

pat iar, je souffrirai

pat iēris, pat iētur

pat iēmur (-iēmĭni)

pat ientur

PARFAIT

passus sum, j’ai souffert

passus sim, que j’aie souffert

passus es, est

passus sis, sit

passi sumus, estis

passi simus, sitis

passi sunt

passi sint

PLUS-QUE-PARFAIT

passus eram, j’avais souffert

passus essem, que j’eusse souffert

passus eras, erat

passus esses, esset

passi eramus, eratis

passi essemus, essetis

passi erant

passi essent

FUTUR ANTÉR.

passus ero, j’aurai souffert

passus eris, erit

passi erimus, eritis

passi erunt

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

patiens, tis, souffrant

Prés.

pati, souffrir

Fut.

passūrus, sur le point de souffrir

Fut.

passūrum esse, être sur le point de souffrir

Pass.

passus, ayant souffert

Pass.

passum esse, avoir souffert

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

passu, à souffrir

Gén.

patiendi, de souffrir

Acc.

passum, pour souffrir

D.A.

patiendo, en souffrant

Acc.

(ad) patiendum, pour souffrir

ADJ. VERB. patiendus, a, um, devant être souffert(e), qu’il faut souffrir

4e conjugaison déponente: partior, partīris, partītus sum, sur audior73].

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

part ior, je partage

part iar, que je partage

part īris, part ītur

part iāris, part iātur

part īre, partage

part īmur (-īmĭni)

part iāmur (-iāmĭni)

part īmĭni, partagez

part iuntur

part iantur

IMPARFAIT

part iēbar, je partageais

part īrer, que je partageasse

part iēbāris (-iēbātur)

part īrēris (-īrētur)

part iēbāmur (-iēbāmĭni)

part īrēmur (-irēmĭni)

part iēbantur

part īrentur

FUTUR

part iar, je partagerai

part iēris, part iētur

part iēmur (-iēmĭni)

part ientur

PARFAIT

partītus sum, j’ai partagé

partītus sim, que j’aie partagé

partitus es, est

partitus sis, sit

partiti sumus, estis

partiti simus, sitis

veriti sunt

partiti sint

PLUS-QUE-PARFAIT

partītus eram, j’avais partagé

partītus essem, que j’eusse partagé

partitus eras, erat

partitus esses, esset

partiti eramus, eratis

partiti essemus, essetis

partiti erant

partiti essent

FUTUR ANTÉR.

partītus ero, j’aurai partagé

partitus eris, erit

partiti erimus, eritis

partiti erunt

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

partiens, ntis, partageant

Prés.

partiri, partager

Fut.

partitūrus, sur le point de partager

Fut.

partitūrum esse, être sur le point de partager

Pass.

partitus, ayant partagé

Pass.

partitum esse, avoir partagé

SUPIN

GÉRONDIF

D. A.

partitu, à partager

Gén.

partiendi, de partager

Acc.

partitum, pour partager

D.A.

partiendo, en partageant

Acc.

(ad) partiendum, pour craindre

ADJ. VERB. partiendus, a, um, devant être partagé(e), qu’il faut partager

CHAPITRE III — CLASSIFICATION DES VERBES LATINS

77. Les verbes latins se classent d’après la formation du parfait, parce que le radical pur y apparaît d’ordinaire mieux qu’au présent:

Radical rup,

parfait rūp-i,

présent ru-m-p-o, je brise

Radical gen,

parfait gēn-ui,

présent gi-gn-o, j’engendre.

Or, on tire le parfait du radical pur de deux manières:

1° Tantôt en ajoutant simplement -ī. Dans ce cas la voyelle du radical pur est allongée ou le radical lui-même est redoublé; souvent aussi la voyelle est changée, a devenant i ou e.

Radical ĕm,

parfait ēm-i,

présent ĕm-o, j’achète.

Radical căd,

parfait cĕcĭd-i,

présent căd-o, je tombe.

Radical ăg,

parfait ēg-i,

présent ăg-o, je pousse.

77*. I. Il y a souvent au présent des lettres de renforcement:

1° Soit une voyelle (a, e, i):

Radical aug,

parfait auxi (aug-si),

présent aug-e-o.

Radical fug,

parfait fug-i,

présent fug-i-o.

2° Soit une consonne (n, m, rarement t):

Radical rup,

parfait rup-i,

présent ru-m-p-o.

Radical flec,

parfait flexi (flec-si),

présent flec-t-o.

3° Soit redoublement du radical:

Radical gen,

parfait gen-ui,

présent gi-gn-o.

4° Soit les lettres sc, isc, esc [verbes inchoatifs, § 356]:

Radical ira,

parfait iratus sum,

présent ira-sc-or.

2° Tantôt en ajoutant les suffixes -si ou -vi (qui devient souvent ui, § 1):

Radical scrib,

parfait scrip-si,

présent scrib-o, j’écris.

Radical si,

parfait sī-vi,

présent sĭ-n-o, je permets.

Radical mon,

parfait mŏn-ui,

présent mŏn-e-o, j’avertis.

Quant au supin, il se forme aussi d’ordinaire du radical pur avec les suffixes -tum et -sum.

77*. II. Le suffixe -tum du supin s’ajoute tantôt directement: ama-tum; tantôt avec i intercalé: dom-i-tum (domare).

Le suffixe -sum est à remarquer surtout:

1° dans les verbes en -do, -to: fusum (fundo), flexum (flecto);

2° dans les verbes en ll ou rr: perculsum (percello); cursum (curro).

78. — Première conjugaison.

1° PARFAITS EN -i:

a) Allongement de la voyelle du radical:

Jūvo, as

jūvi

jūtum

juvāre, aider

Lăvo, as

lāvi

lautum

lavāre, laver

b) Redoublement du radical

Do, as

dĕdi

dătum

dăre, donner

Sto, as

stĕti

stātum

stāre, être debout

Les composés de stare restent de la 1re conjugaison: praesto, as, praestiti (praestitum), praestare, fournir; mais ceux de dăre qui ont deux syllabes passent à la 3e: addo (ad-do), addis; addidi, additum, addere, ajouter; de même: reddo, je rends; trado, je livre; perdo, je perds, etc., au contraire circumdāre, entourer, reste de la première (remarquer la quantité de l’a).

2° PARFAITS EN -vi:

Les parfaits en -vi sont réguliers dans la première conjugaison d’après amo (amāvi); à remarquer:

Poto, as

potāvi

pōtum

potāre, boire

3° PARFAITS EN -ui:

Crepo, as

crepui

crepĭtum

crepāre, craquer

Cubo, as

cubui

cubĭtum

cubāre, être couché

Domo, as

domui

domĭtum

domāre, dompter

Sono, as

sonui

sonĭum

sonāre, résonner

Veto, as

vetui

vetĭtum

vetāre, interdire

Seco, as

secui

sectum

secāre, couper

Tono, as

tonui

tonāre, tonner

79. — Deuxième conjugaison.

1° PARFAITS EN -i:

a) Allongement de la voyelle du radical:

Căveo, es

cāvi

cautum

cavēre, prendre garde

Făveo, es

fāvi

fautum

favēre, favoriser

Mŏveo, es

mōvi

mōtum

movēre, mouvoir

Sĕdeo, es

sēdi

sessum

sedēre, être assis

Possĭdeo, es

possēdi

possessum

possidēre, posséder

Vĭdeo, es

vīdi

visum

vidēre, voir

b) Redoublement du radical:

Mordeo, es

mŏmordi

morsum

mordēre, mordre

Pendeo, es

pĕpendi

pendēre, être suspendu

Spoadeo, es

spŏpondi

sponsum

spondēre, s’engager

Tondeo, es

tŏtondi

tonsum

tondēre, tondre

2° PARFAITS EN -si:

Augeo, es

auxi

auctum

augēre, augmenter

Ardeo, es

arsi

arsum

ardēre, brûler

Haereo, es

haesi

haesum

haerēre, être arrêté

Jubeo, es

jussi

jussum

jubēre, ordonner

Luceo, es

luxi

lucēre, briller

Maneo, es

mansi

mansum

manēre, rester

Rideo, es

rīsi

rīsum

ridēre, rire

Suadeo, es

suasi

suasum

suadēre, conseiller

Torqueo, es

torsi

tortum

torquēre, tordre

3° PARFAITS EN -vi:

Les parfaits en -vi sont réguliers dans la deuxième conjugaison d’après deleo, delē-vi57].

4° PARFAITS EN -ui:

a) Avec le supin en -tum:

Debeo, es

debui

debĭtum

debēre, devoir

Doceo, es

docui

doctum

docēre, enseigner

Habeo, es

habui

habĭtum

habēre, avoir

Misceo, es

miscui

mixtum

miscēre, mêler

Noceo, es

nocui

nocĭtum

nocēre, nuire

Placeo, es

placui

placĭtum

placēre, plaire

Taceo, es

tacui

tacĭtum

tacēre, se taire

Teneo, es

tenui

tentum

tenēre, tenir

b) Sans supin (presque tous les intransitifs):

Floreo, es

florui

(manque)

florēre, fleurir

Horreo, es

horrui

horrēre, frissonner

Lateo, es

latui

latēre, être caché

Pateo, es

patui

patēre, être ouvert

Studeo, es

studui

studēre, s’appliquer à

80. — Troisième conjugaison.

1° PARFAITS EN -i:

a) Allongement de la voyelle du radical:

Ago, is

ēgi

actum

agĕre, pousser

Capio, is

cēpi

captum

capĕre, prendre

Facio, is

fēci

factum

facĕre, faire

Frango, is

frēgi

fractum

frangĕre, briser

Jacio, is

jêci

jactum

jacĕre, jeter

Dejicio, is

dejēci

dejectum

dejicĕre, abattre

Relinquo, is

relīquī

relictum

relinquĕre, quitter

Rumpo, is

rūpi

ruptum

rumpĕre, rompre

Vinco, is

vīci

victum

vincĕre, vaincre

b) Redoublement du radical:

Cădo, is

cĕcĭdi

(casūrus)

cadĕre, tomber

Caedo, is

cĕcīdi

caesum

caedĕre, couper

Căno, is

cĕcĭni

cantum

canĕre, chanter

Curro, is

cŭcurri

cursum

currĕre, courir

Disco, is

dĭdĭci

(discitum)

discĕre, apprendre

Fallo, is

fĕfelli

(falsum)

fallĕre, tromper

Pello, is

pĕpŭli

pulsum

pellĕre, chasser

Pendo, is

pĕpendi

pensum

pendĕre, peser

Posco, is

poposci

poscĕre, demander

Tango, is

tĕtĭgi

tactum

tangĕre, toucher

Tendo, is

tĕtendi

tentum

tendĕre, tendre

Tundo, is

tŭtŭdi

tusum

tundĕre, meurtrir

c) Redoublement disparu:

Fero, fers [§ 84]

tŭli

lātum

ferre, porter

Refero, fers

rettuli

relatum

referre, rapporter

Findo, is

fĭdi

fissum

findĕre, fendre

Scindo, is

scĭdi

scissum

scindĕre, déchirer

Tollo, is

sustŭli

sublātum

tollĕre, enlever

d) Sans changement du radical:

Incendo, is

incendi

incensum

incendĕre, brûler

Portendo, is

portendi

portentum

portendĕre, annoncer

Verto, is

verti

versum

vertĕre, tourner

Solvo, is

solvi

solūtum

solvĕre, délier

Volvo, is

volvi

volūtum

volvĕre, rouler

2° PARFAITS EN -si:

a) Présents en -bo, -po (labiales, § 1*):

Carpo, is

carpsi

carptum

carpĕre, cueillir

Nubo, is

nupsi

nuptum

nubĕre, épouser

Scribo, is

scripsi

scriptum

scribĕre, écrire

b) Présent en -co (cto), -quo, -guo, -uo, -ho (gutturales, § 1*)

Dico, is

dixi

dictum

dicĕre, dire

Duco, is

duxi

ductum

ducĕre, conduire

Flecto, is

flexi

flexum

flectĕre, fléchir

Rego, is

rexi

rectum

regĕre, diriger

Fingo, is

finxi

fictum

fingĕre, façonner

Figo, is

fixi

fixum

figĕre, enfoncer

Fingo, is

pinxi

pictum

pingĕre, peindre

Jungo, is

junxi

junctum

jungĕre, joindre

Spargo, is

sparsi

sparsum

spargĕre, répandre

Coquo, is

coxi

coctum

coquĕre, cuire

Exstinguo, is

exstinxi

exstinctum

exstinguĕre, éteindre

Fluo, is

fluxi

(fluxum)

fluĕre, couler

Struo, is

struxi

structum

struĕre, entasser

Vivo, is

vixi

(victūrus)

vivĕre, vivre

Traho, is

traxi

tractum

trahĕre, traîner

Veho, is

vexi

vectum

vehĕre, porter

c) Présent en -mo, -no, -ro (liquides, § 1*)

Premo, is

pressi

pressum

premēre, presser

Sumo, is

sumpsi

sumptum

sumĕre, prendre

Contemno, is

contempsi

contemptum

contemnĕre, mépriser

Gero, is

gessi

gestum

gerĕre, porter

Uro, is

ussi

ustum

urĕre, brûler

d) Présent en -do, -to (dentales, § 1*)

Laedo, is

laesi

laesum

laedĕre, blesser

Lūdo, is

lūsi

lūsum

ludëre, jouer

Cēdo, is

cessi

cessum

cedĕre, céder

Incedo, is

incessi

incessum

incedĕre, s’avancer

Mitto, is

misi

missum

mittĕre, envoyer

3° PARFAITS EN -vi:

Cupio, is

cupīvi

cupītum

cupĕre, désirer

Peto, is

petīvi

petīitum

petĕre, demander

Quaero, is

quaesīvi

quaesītum

quaerĕre, chercher

Sero, is

sēvi

sātum

serĕre, semer

Sino, is

sīvi

sĭtum

sinĕre, permettre

Sperno, is

sprēvi

sprētum

spernĕre, mépriser

4° PARFAITS EN -ui:

Alo, is

alui

altum

alĕre, nourrir

Colo, is

colui

cultum

colĕre, cultiver

Desero, is

deserui

desertum

deserĕre, quitter

Gigno, is

gĕnui

genĭtum

gignĕre, engendrer

Meto, is

messui

metĕre, moissonner

Pōno, is

pŏsui

pŏsitum

ponĕre, placer

Rapio, is

rapui

raptum

rapĕre, ravir

Sero, is

serui

sertum

serĕre, tresser

Vŏmo, is

vomui

vomitum

vomĕre, vomir

5° VERBES INCHOATIFS [§ 356]

(La plupart n’ont pas de supin).

Cresco, is

crēvi

(crētum)

crescĕre, croître

Nosco, is

nōvi

(nōtum)

noscĕre, connaître

Obstupesco, is

obstupui

obstupescĕre, s’étonner

Evanesco, is

evanui

evanescĕre, disparaître

81. — Quatrième conjugaison.

1° PARFAITS EN -i:

Vĕnio, is

vēni

ventum

venīre, venir

Reperio, is

reppĕri

repertum

reperīre, trouver

2° PARFAITS EN -si:

Haurio, is

hausi

haustum

haurīre, puiser

Sentio, is

sensi

sensum

sentīre, sentir

Vincio, is

vinxi

vinctum

vincīre, enchaîner

3° PARFAITS EN -vi:

Les parfaits en -vi sont réguliers dans la quatrième conjugaison d’après audio, audi-vi61]. Noter pourtant:

Sepelio, is

sepelivi

sepultum

sepelīre, ensevelir.

4° PARFAITS EN -ui:

Apĕrio, is

ăpĕrui

apertum

aperīre, ouvrir

Opĕrio, is

ŏpĕrui

opertum

operīre, couvrir

82. — Verbes déponents et semi-déponents.

PREMIÈRE CONJUGAISON

Les déponents de la première conjugaison sont nombreux. Ils sont tous réguliers d’après imitari76].

Hortor, aris

hortātus sum

hortari, exhorter

DEUXIÈME CONJUGAISON

Fateor, ēris

fassus sum

fatēri, avouer

Reor, ēris

rătus sum

rēri, penser

Vereor, ēris

verĭtus sum

verēri, craindre

Audeo, ēs

ausus sum

audēre, oser

Gaudeo, ēs

gavīsus sum

gaudēre, se réjouir

Soleo, ēs

sŏlĭtus sum

solēre, avoir coutume

TROISIÈME CONJUGAISON

Fungor, ēris

functus sum

fungi, s’acquitter

Labor, ēris

lapsus sum

labi, glisser

Loquor, ēris

locūtus sum

loqui, parler

Mŏrior, ēris

mortuus (moriturus)

mori, mourir

Nanciscor, ēris

nactus sum

nancisci, atteindre

Nascor, ēris

nātus sum

nasci, naître

Obliviscor, ēris

oblītus sum

oblivisci, oublier

Proficiscor, ēris

profectus sum

proficisci, partir

Ulciscor, ēris

ultus sum

ulcisci, venger

Quĕror, ēris

questus sum

quĕri, se plaindre

Utor, ēris

ūsus sum

uti, se servir

Fīdo, is

fisus sum

fidĕre, se fier

QUATRIÈME CONJUGAISON

Experior, īris

expertus sum

experīri, essayer

Metior, īris

mensus sum

metīri, mesurer

Orior, ĕris

ortus sum

orīri, se lever

Orior emprunte quelques formes à la troisième conjugaison: prés, orior, orĕris, orĭtur; impér. orĕre; subj. imp. orĕrentur ou orīrentur. Blandior, je flatte; mentior, je mens; potior, je m’empare de, sont réguliers d’après partior76, 4°].

CHAPITRE IV — VERBES IRRÉGULIERS

83. On distingue parmi les verbes irréguliers:

I. Les verbes irréguliers proprement dits, qui empruntent leurs temps primitifs à des radicaux différents ou s’écartent des conjugaisons régulières.

Fero, fers

tuli

latum

ferre, porter

Edo, edis

edi

esum

edĕre, manger

Sum, es

fui

esse, être

Possum, potes

potui

posse, pouvoir

Prosum, prodes

profui

prodesse, être utile

Volo, vis

volui

velle, vouloir

Nolo, non vis

nolui

nolle, ne pas vouloir

Malo, mavis

malui

malle, aimer mieux

Eo, is

ivi

itum

ire, aller

Fio, fis

factus sum

fieri, devenir

II. Les verbes défectifs, auxquels manquent certaines formes:

coepi, j’ai commencé

n’ont que la série du parfait.

Memini, je me souviens

Odi, je hais

Inquam, dis-je (primitivement subjonctif)

Aio, je dis

Queo, je puis

Quaeso, je vou en prie

Ave, salut!

ne sont employés qu’à l’impératif

Salve, salut!

Vale, adieu!

Age, allons!

Cedo, donne! dis!

III. Les verbes impersonnels, qui s’emploient seulement à la troisième personne du singulier et à l’infinitif.

Ex.: Oportet, il faut.Pluit, il pleut.

I. — VERBES IRRÉGULIERS PROPREMENT DITS

84. — 1° Fero (fers, tuli, lātum, ferre), je porte, se conjugue avec quelques irrégularités à la série du présent.

VOIX ACTIVE

VOIX PASSIVE

INDICATIF

PRÉSENT

fĕro, je porte

fĕror, je suis porté

fers, fert

ferris, fertur

ferĭmus, fertis

ferĭmur, ferimĭni

ferunt

feruntur

IMPARF.

ferēbam, je portais

ferēbar, j’étais porté

ferēbas, etc.

ferebāris, etc.

FUTUR

feram, je porterai

ferar, je serai porté

feres, feret, etc.

ferēris, ferētur, etc.

SUBJONCTIF

PRÉSENT

feram, que je porte

ferar, que je sois porté

feras, ferat, etc.

ferāris, ferātur, etc.

IMPARF.

ferrem, que je portasse

ferrer, que je fusse porté

ferres, ferret

ferrēris, ferrētur

ferrēmus, ferrētis

ferrēmur, ferremĭni

ferrent

ferrentur

IMPÉRATIF

PRÉSENT

fer, porte, ferte, portez

(ferre, sois porté) (ferimini)

FUTUR

ferto, fertōte

MODES IMPERSONNELS

ferre, porter

ferri, être porté

ferendi, ferendo, etc.

ferendus, devant être porté

ferens, entis

Les formes tirées du parfait et du supin sont régulières:

formes actives: tŭlĕram, tŭlĕro, tŭlĕrim, tulissem, latūrus, a, um;

formes passives: lātus, a, um, porté; lātus sum, je fus porté, etc.

Edo (ēdi, ēsum), je mange, est régulier, mais il a quelques formes secondes semblables au verbe sum.

INDIC. PRÉSENT:

edis ou es, tu manges; edit ou est, il mange.

edĭtis ou estis, vous mangez.

SUBJ. IMPARFAIT:

edĕrem ou essem, que je mangeasse.

IMPÉRATIF:

ede ou es, mange.

INFINITIF:

edĕre ou esse, manger.

Sum (es, fui, esse) est un verbe irrégulier dont la conjugaison a été donnée § 54. Ses composés se conjuguent de même [pour leur construction, voir § 170*]:

Absum, abes

afui

(afutūrus)

abesse, être absent

Adsum, ades

adfui (affui)

(adfutūrus)

adesse, être présent.

Desum, dees

defui

(defutūrus)

deesse, manquer

Obsum, obes

obfui

(obfutūrus)

obesse, nuire

Praesum, praees

praefui

(praefutūrus)

praeesse, commander

Intersum, interes

interfui

(interfutūrus)

interesse, être présent

Supersum, superes

superfui

(superfutūrus)

superesse, être de reste

Possum et prosum, composés aussi de sum, offrent seuls quelques particularités.

Dans possum (potes, potui, posse), je puis, le radical pot devient pos devant les formes commençant par s; de plus, l’infinitif est posse.

INDICATIF

SUBJONCTIF

INFINITIF

PRÉSENT

possum

possim

posse

potes

possis

potest

possit

PARTICIPE

possŭmus

possīmus

(manque)

potestis

possītis

possunt

possint

Les formes de la série du parfait se tirent régulièrement de potui:

IMPARFAIT

poteram, etc.

possem, etc.

Ind. potuĕram, potuĕro

Subj. potuĕrim, potuissem

FUTUR

potĕro, etc.

Inf. potuisse

Dans prōsum (prodes, profui, prodesse), je suis utile, prō devient prōd devant les voyelles:

IND. PRÉSENT:

Prosum, prodes, prodest, prosŭmus, prodestis, prosunt.

IND. IMPARF.:

Prodĕram, prodĕras, prodĕrat, etc.

IND. FUTUR:

Prodĕro, prodĕris, prodĕrit, etc.

5° Le verbe volo (vis, volui, velle), je veux, et ses composés: nolo (non vis, nolui, nolle), je ne veux pas, et malo (mavis, malui, malle), j’aime mieux, sont irréguliers à la série du présent.

Nolo est pour non volo. Malo est l’aboutissement des formes magis-volo, mage-volo, mavolo. — On trouve chez les comiques les formes sis (= si vis), sultis (= si vultis).

INDICATIF

PRÉSENT

vŏlo, je veux

nōlo, je ne veux pas

mālo, j’aime mieux

vis

non vis

mavis

vult

non vult

mavult

volŭmus

nolŭmus

malumus

vultis

non vultis

mavultis

volunt

nolunt

malunt

IMPARFAIT

volēbam

nolēbam

malebam

volēbas, etc.

nolēbas, etc.

malēbas, etc.

FUTUR

volam, je voudrai

nolam, je ne voudrai pas

malam, j’aimerai mieux

voles, volet

noles, nolet

males, malet

volēmus, volētis

nolēmus, nolētis

malēmus, malētis

volent

nolent

malent

SUBJONCTIF

PRÉSENT

velim

nolim

malim

velis

nolis

malis

velit

nolit

malit

velĭmus

nolĭmus

malĭmus

velĭtis

nolĭtis

malĭtis

velint

nolint

malint

IMPARFAIT

vellem

nollem

mallem

velles

nolles

malles

vellet

nollet

mallet

vellēmus

nollemus

mallēmus

vellētis

nollētis

mallētis

vellent

nollent

mallent

IMPÉRATIF

(manque)

noli213], nolito

(manque)

nolīte, nolitōte

PARTICIPE

volens (adjectif)

nolens (adjectif)

(manque)

INFINITIF

velle, vouloir

nolle, ne pas vouloir

malle, aimer mieux

Ces verbes n’ont ni gérondif, ni supin. Ils sont réguliers à la série du parfait:

volo

INDICATIF

vŏlui, j’ai voulu, voluĕram, voluĕro.

SUBJONCTIF

voluĕrim, voluissem.

INFINITIF

voluisse, avoir voulu.

nolo

INDICATIF

nōlui, je n’ai pas voulu, noluĕram, noluĕro.

SUBJONCTIF

noluĕrim, noluissem.

INFINITIF

noluisse, n’avoir pas voulu.

malo

INDICATIF

mālui, j’ai mieux aimé, maluĕram, maluĕro.

SUBJONCTIF

maluĕrim, maluissem.

INFINITIF

maluisse, avoir mieux aimé.

6° Le verbe eo (is, īvi, ou ii, ĭtum, ire), je vais:

INDICATIF

SUBJONCTIF

IMPÉRATIF

PRÉSENT

ĕo, je vais

ĕam, que j’aille

is

ĕas

ī, va

it

ĕat

īmus

eāmus

ītis

eātis

īte, allez

eunt

ĕant

IMPARFAIT

ībam, j’allais

īrem, que j’allasse

ības, etc.

īres, etc.

FUTUR

ībo, j’irai

ĭto, va

ībis, etc.

itōte, allez

PARFAIT

ii, je suis allé

iĕrim, que je sois allé

isti

iĕris

iit

iĕrit

iĭmus

ierĭmus

istis

ierĭtis

iērunt

iĕrint

P.-Q.-PARFAIT

iĕram

iissem ou issem

FUTUR ANT.

iĕro

PARTICIPE

INFINITIF

Prés.

iens, euntis, allant

Prés.

īre, aller

Fut.

ĭtūrus, a, um, étant sur le point d’aller

Fut.

itūrum esse, être sur le point d’aller

Pass.

ivisse, être allé

SUPIN

GÉRONDIF

Acc.

ĭtum, pour aller.

Gén.

eundi, d’aller

D. A.

eundo, en allant

Les composés de eo suivent cette conjugaison:

abĕo, s’éloigner;

inĕo, entrer;

adĕo, aborder;

redĕo, revenir;

circumĕo, faire le tour de;

interĕo, mourir;

praeterĕo, laisser de côté;

perĕo, périr;

coĕo, se réunir;

transĕo, passer;

exĕo, sortir;

venĕo, être en vente.

Eo n’a que le passif impersonnel: itur, on va; itum est, on alla; eundum est, il faut aller. Mais quelques composés de eo sont transitifs et ont un passif complet formé régulièrement d’après l’actif:

INDICATIF

SUBJONCTIF

INFINITIF

prés.

adĕor, je suis abordé

prés.

adĕar, adeāris

adīri, être abordé

adīris, adītur

imp.

adīrer, adirēris

adīmur, adīmĭni

PARTICIPE

adeuntur

IMPÉRATIF

adĭtus, a, um

imp.

adībar, adibāris

adīre, sois abordé

fut.

adībor, adibĕris

adimĭni

ADJ. VERBAL

adeundus, a, um

La série du supin est régulière d’après aditus sum.

Fio (fis, factus sum, fĭĕri), je deviens ou je suis fait, sert de passif à facio pour la série du présent.

Les composés de facĭo où ce verbe garde l’a font leur passif en fio: patefacere, ouvrir; patefieri, être ouvert, s’ouvrir. Ceux où facio devient -ficĭo forment leur passif régulièrement: interficere, tuer; interfĭci, être tué.

Les temps composés (factus sum, factus eram, etc.) sont tirés régulièrement de facĭo, ainsi que l’adjectif verbal faciendus, devant être fait.

INDICATIF

SUBJONCTIF

PRÉSENT

fĭo

je deviens ou je suis fait

fĭam

que je devienne ou que je sois fait

fis

fias     

fit

fiat

fīmus

fiāmus

fītis

fiātis

fĭunt

fiant

IMPARFAIT 

fiēbam

je devenais ou j’étais fait

fiĕrem

que je devinsse ou que je fusse fait

fiēbas, etc.

fiĕres, etc.  

FUTUR

fiam

je deviendrai ou je serai fait

fies

fiet

fiēmus

fiētis

fient

PARTICIPE

INFINITIF

Présent

(manque)

Prés.

fiĕri, devenir, être fait

Futur

Fut.

factum iri, devoir être fait

Passé

 factus, a, um devenu (e) ou fait (e)

Pass.

factum esse, être devenu ou avoir été fait

ADJECTIF VERBAL

faciendus, a, um, devant être fait (e), qu’il faut faire

II. — VERBES DÉFECTIFS

85.coepi, j’ai commencé; memĭni, je me souviens; odi, je hais, n’ont que la série du parfait.

Coepi

Memĭni

Odi

INDICATIF

PARFAIT

j’ai commencé

je me souviens

je hais

coepi

memĭni

odi

coepisti

meministi

odisti

coepit

memĭnit

odit

coepĭmus

meminĭmus

odĭmus

coepistis

meministis

odistis

coepērunt

meminērunt

odērunt

P.-Q.-P.

j’avais commencé

je me souvenais

je haïssais

coepĕram

meminĕram

odĕram

coepĕras, etc.

meminĕras, etc.

odĕras, etc.

FUT. ANT.

j’aurai commencé

je me souviendrai

je haïrai

coepĕro

meminĕro

odĕro

coepĕris, etc.

meminĕris, etc.

odĕris, etc.

SUBJONCTIF

PARFAIT

que j’aie commencé

que je me souvienne

que je haïsse

coepĕrim

meminĕrim

odĕrim

coepĕris, etc.

meminĕris, etc.

odĕris, etc.

P.-Q.-P.

que j’eusse commencé

que je me souvinsse

que je haïsse

coepissem

meminissem

odissem

coepisses, etc.

meminisses, etc.

odisses, etc.

IMPÉRATIF

(manque)

memento, souviens-toi

(manque)

INFINITIF

avoir commencé

se souvenir

haïr

coepisse

meminisse

odisse

Coepi, qui a le sens du passé, est suppléé au présent par incipĭo, je commence.

Memĭni et odi ont le sens du présent, il en est de même de novi (de nosco) et de consuēvi (de consuesco). Ce sens s’explique ainsi:

Memĭni, j’ai mis dans ma mémoire = je me souviens,

Odi, j’ai pris en haine = je hais.

Novi, j’ai appris à connaître = je connais.

Consuēvi, j’ai pris l’habitude = j’ai l’habitude.

Il existe un passif coeptus sum qui remplace dans certains cas la forme active [§ 272]. Odi n’ayant pas de passif, on emploie une périphrase: sum in odĭo, je suis haï204].

2° Les verbes inquam, dis-je, et aĭo, je dis, j’affirme, n’ont que les formes suivantes:

INDICATIF PRÉSENT

inquam, dis-je

aio, je dis, j’affirme

inquis, dis-tu

ais,tu dis

inquit, dit-il

ait,il dit

inquĭunt, disent-ils

aĭunt, ils disent

IMPARFAIT

<inquiēbat> disait-il

aiēbam, etc., je disais

FUTUR

inquĭes, diras-tu

(manque)

inquĭet, dira-t-il

PARFAIT

inquit, dit-il

ait, dit-il

3° Le verbe queo (quis, quivi, quire), je puis, et son composé nequeo, je ne puis pas, se conjuguent à la série du présent sur eo84, 6°]: quibam, quibo, etc., mais toutes les formes ne sont pas usitées.

INDICATIF

SUBJONCTIF

INFINITIF

PRÉSENT

Queo, je puis

Queam, que je puisse ou je pourrais

Quire, pouvoir

Quis

Queas

Quit

Queat

Quimus

Queāmus

Quitis

Queātis

Queunt

Queant

IMPARFAIT

Quibam, je pouvais

Quirem, que je puisse

FUTUR

Quibo, je pourrai

PARFAIT

Quivi, j’ai pu

Quivĕrim, que j’aie pu

Quivisse, avoir pu

PL.-Q.-PARF.

Quivĕram, j’avais pu

Quivissem, que j’eusse pu

FUT. ANT.

Quivĕro, j’aurai pu

Pas de participe.

Quaeso, je vous en prie, et quaesumus, nous vous en prions, ne s’emploient que comme incises entre virgules.

Avē (plur. avēte), salut! salvē (plur. salvēte), salut! age (plur. agite), allons! allez! sont des impératifs ainsi que la forme archaïque cĕdo, donne! dis!

III. — VERBES IMPERSONNELS

86. On emploie impersonnellement en latin:

1° Toujours les verbes qui indiquent le temps qu’il fait:

Grandĭnat

grandināvit

grandināre

il grêle

Ningit

ninxit

ningĕre

il neige

Pluit

pluit

pluĕre

il pleut

Tŏnat

tonuit

tonāre

il tonne

2° Toujours les cinq verbes suivants [§ 159]:

Me paenĭtet

paenitŭit

paenitēre

je me repens

Me pĭget

pigŭit

pigēre

je suis ennuyé

Me taedet

(pertaesum est)

taedēre

je suis dégoûté

Me pŭdet

pudŭit

pudēre

j’ai honte

Me mĭsĕret

(miserĭtus sum ou misertus)

miserēre

j’ai pitié

Les verbes de cette catégorie ont un gérondif: pudendo, en ayant honte.

3° Très souvent certains verbes signifiant il est nécessaire, il est convenable, il plaît, etc.

Dĕcet

decuit

decēre

il convient (moralement), il est beau de

Oportet

oportŭit

oportēre

il est opportun de, il faut

Convĕnit

convĕnit

convenīre

il est logique, il convient de

Necesse (adj. neutre invar.) est

il est fatal, nécessaire que

Lĭbet

libŭit, libĭtum est

libēre

il plaît de

Lĭcet

licŭit, licĭtum est

licēre

il est permis de

4° Souvent certains verbes personnels qui prennent alors un sens particulier:

Appāret

apparŭit

apparēre

il est clair (que)

Intĕrest

interfŭit

interesse

il importe

Convĕnit

convĕnit

convenīre

on convient (que)

Juvat

juvit

juvāre

il plaît

Constat

constĭtit

constāre

il est certain

Les verbes de la 3e et de la 4e catégories ont en réalité pour sujet une proposition: decet hoc facere, il convient de le faire, revient à ceci: facere hoc decet, faire cela convient.

5° Quelquefois le passif de certains verbes [§ 70 et 203]:

Vivĭtur, on vit

vivendum est, il faut vivre

Ibātur, on allait

eundum est, il faut aller

Fit, il arrive que

faciendum est, il faut faire

TROISIÈME PARTIE — LES MOTS INVARIABLES

CHAPITRE PREMIER — L’ADVERBE

87. Formation des adverbes. — 1° Beaucoup d’adverbes sont dérivés d’adjectifs par changement de la terminaison (du génitif) en -ē, si l’adjectif est de la première classe:

Doctus, savant

doctē, savamment

Aeger, souffrant

aegrē, avec peine

Parfois l’adverbe est en :

Rarus, rare

rarō, rarement

2° L’adverbe est en -er ou -ĭter, si l’adjectif est de la seconde classe:

Prudens, prudent

prudenter, prudemment

Lĕvis, léger

lĕvĭter, légèrement

3° Dans quelques cas, c’est le neutre du positif qui est employé comme adverbe:

Facilis, facile

facilē, facilement

Il en est de même pour multum, tantum, quantum, solum, plurimum, plerumque, ceterum, etc.

4° Parfois la forme est syncopée (abrégée):

Audax, audacieux

audacter (pour audaciter)

Validus, fort

valdē (pour valide)

5° D’autres adverbes ont des formes variées: en -im: certatim (de certāre), à l’envi, en -itus: divinitus, divinement. Quelques-uns sont plutôt des locutions adverbiales: invicem (= in vicem), tour à tour; praetereā (= praeter eă), en outre, etc.

87*. Beaucoup d’adverbes sont tirés de noms et ont des formes de cas: foras (acc.), dehors (avec mouv.); foris (abl.), dehors (sans mouv.). Autres exemples: 1re décl. frustrā, en vain; unā, ensemble; 2e merito, à bon droit; tutō, sûrement; 3e spontĕ, spontanément; fortĕ, par hasard; jurĕ, à bon droit; 4e diū, longtemps; interdiū, de jour; noctū, de nuit; 5e pridiĕ, la veille. On remarquera surtout le cas appelé locatif (termin. en -i); domi, à la maison, humi, par terre, ruri, à la campagne, [§ 193], ubi, où, heri, hier, etc.

88. Degrés de signification. — Les adverbes en -ē et -ter (et quelques autres) ont un comparatif et un superlatif. Le comparatif a la forme du comparatif neutre de l’adjectif; le superlatif est en -ē:

Doctē, savamment

doct-ius

doct-issimē

Acriter, vivement

acr-ius

ac-errimē

Diu, longtemps

diut-ius

diut-issimē

Les adverbes dérivés d’adjectifs dont le comparatif est irrégulier sont aussi irréguliers dans leurs degrés de signification:

(Bonus)

benĕ, bien

melius

optimē

(Malus)

malĕ, mal

pejus

pessĭmē

(Multus)

multum, beaucoup

plūs

plurĭmum

(Magnus)

magnŏpĕrĕ, grandement

măgis

maxĭmē

(Parvus)

părum, peu, trop peu

minus

minĭmē

89. Adverbes corrélatifs. — Les adverbes corrélatifs sont analogues aux pronoms corrélatifs [§ 45]:

Quā?
par où?

ea
par là

quacumque
partout où

aliqua
quelque part

Quantum?
combien?

tantum
autant

quantumvis
autant qu’on voudra

aliquantum
passablement

Quoties?
combien de fois?

toties
autant de fois

quotiescumque
chaque fois que

aliquoties
plusieurs fois

I. — ADVERBES DE LIEU ET DE TEMPS

90. 1° Les adverbes de lieu répondent aux quatre questions suivantes:

Ubi, où? (sans mouvement)

ubi sum?

où suis-je?

Quo, où? (avec mouvement)

quo vadis?

où vas-tu?

Unde, d’où?

unde venis?

d’où viens-tu?

Quā, par où?

qua exibis?

par où sortiras-tu?

2° Certains adverbes de lieu sont dérivés des pronoms hic, iste, ille, dont ils rappellent le sens [§ 41]:

Hic, ici (où je suis) istic, là (où tu es) illic, là (où il est).

Ces adverbes ont la terminaison:

ic

à la question

ubi:

hic, istic, illic, ici, là.

uc

à la question

quo:

huc, istuc, illuc, ici, là.

inc

à la question

unde:

hinc, istinc, illinc, d’ici, delà.

ac

à la question

qua:

hac, istac, illac, par ici, par là.

Adverbes corrélatifs de lieu.

INTERROGATIFS

DÉMONSTRATIFS

RELATIFS

INDÉFINIS

Ubi? où?

ibi, là, y

ubi, où, là où

alibi, ailleurs

ibīdem, là même

ubicumque, partout où, en quelque lieu que

alicŭbi, qqe part

hic, istic, illic

ubīque, partout

ubĭvis, n’importe où

Quo? où?

eo, , y

quo, où, là où

alio, ailleurs

eōdem, là même

quocumque, partout où

alĭquo, quelque part

huc, istuc, illuc

quolĭbet, n’importe où

Unde? d’où?

inde, de là, en

unde, d’où, de là où

aliunde, d’ailleurs

indidem, de là même

undecumque, de partout où, de qqe lieu que

alicunde, de qqe part

hinc, istinc, illinc

undique, de tous côtés

Quā? par où?

, par là, y

quā, par où, par l’endroit par lequel

aliā, par un autre lieu

eādem, par le même lieu

quācumque, par quelque endroit que

alĭquā, par qqe lieu

hāc, istāc, illāc

quālĭbet par n’importe quel endroit

Adverbes corrélatifs de temps.

INTERROGATIFS

DÉMONSTRATIFS

RELATIFS

INDÉFINIS

Quando? quand?

tum, tunc, alors

cum, lorsque

alĭas, une autre fois

tum…​ tum…​ tantôt…​ tantôt

quando, quand

aliquando, quelquefois

quandocumque, chaque fois que

Quamdĭu? pendant combien de temps?

tamdĭu, aussi longtemps

quamdĭu, tant que

paulisper, parumper, pendant peu de temps.

Quousque, jusqu’à quand?

dĭu, longtemps

dum, donec, quoad, jusqu’à ce que

aliquandĭu, pendant quelque temps.

Quamdūdum? depuis combien de temps?

pridem, depuis longtemps

voir Gr. § 198, 2°.

Quotĭes? combien de fois?

totĭes, autant de fois

quotĭes, chaque fois que

aliquotĭes, quelquefois

Principaux adverbes de temps répondant à la question quando:

hodĭe, aujourd’hui

statim, aussitôt

Jam (passé), déjà, dès lors

heri, hier

mox, bientôt

Jam (présent), maintenant

cras, demain

nuper, récemment

Jam (futur), bientôt, désormais

pridie, la veille

olim, un jour

simul, en même temps

postrīdie, le lendemain

deinde, ensuite

semper, toujours

mane, le matin

nunc, maintenant

nunquam, jamais

vespĕre, le soir

tandem, enfin

saepe, souvent

quotīdie, chaque jour.

Certains adverbes de lieu s’emploient comme adverbes de temps: hic, ici ou à ce moment.

II. — ADVERBES DE QUANTITÉ

91. 1° Au lieu d’un adverbe de quantité, le latin emploie diverses tournures devant un nom:

Premier cas. — S’agit-il d’hommes, d’animaux ou de choses qui se comptent? On emploie un adjectif de quantité:

Combien d’hommes? quot ou quam multi homines?

Beaucoup d’hommes: multi homines (des hommes nombreux).

Peu de livres: pauci libri (des livres peu nombreux).

plures, plura (g. plurĭum), plus de

pauciores, a, moins de

plurĭmi, ae, a, beaucoup de

paucissĭmi, ae, a, très peu de

satis multi, ae, a, assez de

satis pauci, ae, a, assez peu de

nimis multi, ae, a, trop de

nimis pauci, ae, a, trop peu de

tam multi, ae, a, autant de

tam pauci, ae, a, aussi peu de

tot…​ quot (indéclin.), autant que.

Deuxième cas. — S’agit-il de choses qui peuvent se dire grandes ou petites? On emploie d’ordinaire un adjectif signifiant grand ou petit [mais voir 153*]:

Combien de courage? quanta virtus (combien grand)?

Plus de talent: majus ingenium (un talent plus grand).

magnus, a, um, beaucoup de

parvus, a, um, peu de

major, majus, plus de

minor, minus, moins de

maximus, a, um, beaucoup de

minimus, a, um, très peu de

satis magnus, a, um, assez de

satis parvus, a, um, assez peu de

nimis magnus, a, um, trop de

nimis parvus, a, um, trop peu de

tantus, a, um…​ quantus, a, um, autant que.

Troisième cas. — S’agit-il de choses qui ne se comptent pas et ne peuvent se dire petites ou grandes? Alors seulement on emploie l’adverbe, suivi du génitif:

Combien d’eau: quantum aquae

Peu de blé: parum frumenti

Beaucoup de vin: multum vini

Plus de temps: plus temporis

Adverbes de quantité

DEVANT

UN NOM

UN ADJECTIF OU UN ADVERBE

UN VERBE

Choses qui se comptent
multi libri

Choses grandes ou petites
quantus labor

Choses qui ne se comptent pas
quantum aquae

au positif:
quam doctus

au comparatif:
quanto doctior

ordinaire:
quantum amat

d’estime:
quanti aestimat

de prix:
magno constat

Beaucoup

Multi (ae, a)

Magnus (a, um)

Multum

Maxime (ou superlat.)

Multo

Multum

Magni

Magno

Peu

Pauci (ae, a)

Parvus (a, um)

Paulum (un peu)
Parum (peu, trop peu)

Parum [cf § 200]*

Paulo
Aliquanto

Parum

Parvi

Parvo

Plus

Plures (a)

Major

Plus

Magis (ou compar.)

Magis

Pluris

Pluris

Moins

Pauciores (a)

Minor

Minus

Minus

Minus

Minoris

Minoris

Le plus

Plurimi

Plurimus

Plurimum

Maxime (ou superlat.)

Plurimum

Plurimi

Plurimo

Le moins

Paucissimi

Minimus

Minimum

Minime

Minimum

Minimi

Minimo

Autant

Tam multi ou Tot (ind.)

Tantus

Tantum

Tam

Tanto

Tantum

Tanti

Tanti

Combien

Quam multi ou Quot (ind.)

Quantus

Quantum

Quam

Quanto

Quantum

Quanti

Quanti

Assez

Satis multi

Satis magnus

Satis

Satis

Satis

Satis magni

Satis magno

Trop

Nimis multi

Nimius

Nimis

Nimis

Nimio

Nimis

Nimio pluris

Nimio

parum, peu, trop peu de

paulum, un peu de

plus, plus, davantage

minus, moins de

plurimum, beaucoup de

minimum, très peu de

satis, assez de

nimis, trop de

tantum…​ quantum, autant que.

2° On remarquera en outre qu’on emploie:

Combien

tellement

plus

devant les verbes:

quantum

tantum

plus

devant les adjectifs:

quam

tam

magis

devant les comparatifs:

quanto333]

tanto

eo, quo

Ex.: quantum timet, comme (combien) il a peur!

quam bonus est, comme (combien) il est bon!

quanto major, combien (de combien) plus grand!

3° Les adverbes de quantité à forme de génitif indiquent la valeur ou le prix [§ 190 bis]: quanti, à quel prix? pluris, plus cher; minoris, moins cher; tanti, si cher.

91*. Les adverbes de quantité, surtout suivis d’un génitif, s’emploient comme sujets ou comme compléments d’objet direct à la manière de pronoms neutres; mais on ne peut les employer aux autres cas: avec plus de blé se tournera avec une plus grande quantité (vis) de blé: cum majore vi frumenti91, 2e cas].

III. — ADVERBES INTERROGATIFS

92. Pour interroger on emploie surtout:

1° Nĕ, est-ce que? (placé après le premier mot de la phrase), quand on ne prévoit pas si la réponse sera affirmative ou négative.

Ex.: Venisnĕ mecum, viens-tu avec moi ?

Noter les expressions: hicine (= hic + ce + ne), haecine, hocine, n’est-ce pas celui, celle, ce qui?41*].

Nonne, est-ce que…​ ne…​ pas? quand on suppose que la réponse sera affirmative.

Ex.: Nonne venis mecum, ne viens-tu pas avec moi? (c’est-à-dire, tu viens, n’est-ce pas?)

Num, est-ce que…​ par hasard? quand on suppose que la réponse sera négative.

Ex.: Num venis mecum, est-ce que tu viens avec moi par hasard?

Utrum…​ an, est-ce (que)…​ ou bien? quand l’interrogation est double:

Ex.: Utrum venis an manes? viens-tu ou restes-tu? (est-ce que tu viens ou bien restes-tu?)

An se trouve dans une interrogation simple si l’interrogation est oratoire, c’est-à-dire n’attend pas réellement une réponse: An dicis, est-ce que tu prétends…​?

Cur, quare, quid164], pourquoi, pour quelle raison?

Ex.: Quid (cur, quare) me offendisti? pourquoi m’as-tu offensé?

Qui (ancien ablatif = quoi), comment, de quelle façon?

Ex.: Qui fieri potest? comment peut-il se faire?

93. Pour répondre:

1° Au lieu d’employer etiam, ita, oui, non, minime, non, on préfère répéter le mot sur lequel porte la question.

Ex.: Vidistinĕ Romam? Vidi, as-tu vu Rome? Oui.

2° Le mot qui répond à la question doit être au cas voulu par son rôle.

Ex.: Quis te redemit? Jesus Christus, qui t’a racheté? Jésus-Christ.

Ubi habitat? Lugduni194], où habite-t-il? A Lyon.

Quamdiu regnavit? tres annos198], combien de temps a-t-il régné? Trois ans.

IV. — ADVERBES AFFIRMATIFS ET NÉGATIFS

94. Les principaux adverbes affirmatifs et négatifs sont:

Etiam, ita, oui

Non, non, ne…​ pas

Profecto, assurément

Ne…​ quidem, pas même

Sane, certes

Haud, non, ne…​ pas

(nae), certes

Minime, pas du tout.

Certo, certainement

Quidem, certes, à la vérité, du moins, en tout cas.

Non porte sur un mot ou sur toute la phrase, haud porte habituellement sur le mot devant lequel il est placé.

Ex.: Res haud magna, une affaire sans importance.

2° Deux négations produisent une affirmation, restreinte si non précède, absolue si non vient après [150*].

Ex.: 1. Nemo nescit, nul n’ignore (= tout le monde sait). — 2. Non nemo venit, quelques personnes sont venues (litt.: on ne peut dire que personne ne soit venu). — 3. Nemo non venit, tout le monde est venu (litt.: il n’est personne qui ne soit venu).

C’est ainsi que nec non (necnon, neque non), composé de deux négations, n’est pas négatif et signifie: et, aussi, encore.

3° Souvent quidem est corrélatif à une particule marquant l’opposition, comme sed, at, autem, vero, tamen. On peut alors le traduire par sans doute:

Ex.: Impiger quidem est, sed temerarius, il est actif sans doute, mais téméraire.

CHAPITRE II — LA PRÉPOSITION

95. Les prépositions proprement dites ne se construisent qu’avec l’accusatif ou l’ablatif.

1° Avec l’Accusatif.

Ad, vers, pour [96*, 1°]:

Ad urbem, vers la ville

Apud, chez, auprès [96*, 3°]

Apud patrem, chez son père

Ante, devant [96*, 2°]:

Ante portam, devant la porte

Ante, avant:

Ante mortem, avant la mort

Adversus, contre:

Adversus hostem, contre l’ennemi

Circum, autour de:

Circum urbem, autour de la ville

Erga, envers:

Erga parentes, envers ses parents

Inter, parmi, entre:

Inter amicos, parmi des amis

Ob, devant, à cause de:

Ob eam rem, pour ce motif

Post, derrière [96*, 2°]:

Post muros, derrière des murs

Post, après:

Post mortem, après la mort

Praeter, excepté:

Praeter te, excepté toi

Praeter, le long de:

Praeter castra, le long du camp

Propter, le long de:

Propter ripam, le long de la rive

Propter, à cause de:

Propter bellum, à cause de la guerre

Per, à travers:

Per ignem, à travers le feu

Per, par l’intermédiaire de:

Per te, par ton intermédiaire

Per, durant:

Per vitam, durant la vie

Trans, au delà de:

Trans flumen, au delà du fleuve

Autres prépositions gouvernant l’accusatif:

circa, autour de

intra, à l’intérieur de

penes, au pouvoir de

contra, en face, contre

infra, au-dessous de

secundum, selon

extra, en dehors de

juxta, auprès de

supra, au-dessus de

2° Avec l’Ablatif.

A, ab, de, par [96*, 4°]:

Ab urbe, (en s’éloignant) de la ville

Coram, en présence de:

Coram populo, en présence du peuple

Cum, avec:

Cum patre, avec son père

De, de, au sujet de:

De pace, au sujet de la paix

E, ex, en sortant de:

Ex urbe, (en sortant) de la ville

Prae, à cause de:

Prae metu, par crainte

Prae, en comparaison de:

Prae nobis, en comparaison de nous

Pro, devant:

Pro castris, devant le camp

Pro, à la place de:

Pro cibo, en guise de nourriture

Pro, pour la défense de:

Pro patria, pour la patrie

Sine, sans:

Sine dubio, sans doute

3° Avec l’Accusatif ou l’Ablatif.

avec l’accusatif:

avec l’ablatif:

In:

dans, pour ou contre

dans, sur

Sub:

sous (avec mouvement)

sous (sans mouvement)

Super:

au delà de

au sujet de

96. Observations. — 1° In et sub s’emploient avec l’accusatif lorsqu’il s’agit d’entrer dans ou sous quelque chose, avec l’ablatif s’il ne s’agit pas d’entrer.

Ex.: 1. Eo in urbem, je vais à la ville (dans la ville),

2. Ambulat in horto, il se promène dans le jardin.

3. Convertere hominem in lupum, changer un homme en loup (il s’agit dans ce troisième exemple d’un mouvement figuré).

2° Les ablatifs causā, en vue de, et gratiā, pour l’amour de, sont traités comme des prépositions et gouvernent le génitif.

On dit ejus causā, à cause de lui, mais meā, tuā causā, à cause de moi, à cause de toi.

Causā, gratiā et tenus, jusqu’à (abl.), se placent toujours après leur complément; cum, toujours après les pronoms personnels; inter, quelquefois après le pronom relatif.

Ex.: Vincendi causā, en vue de vaincre.Nobiscum, avec nous. — Quos inter, parmi lesquels.

96*. On notera, en outre, que:

Usque ad (jusqu’à) signifie littéralement sans interruption vers. — 2° Ante et post peuvent être adverbes [§ 200*]. — 3° Apud, chez, est remplacé par ad s’il y a mouvement [§ 197]. — 4° Ab peut devenir abs devant te; on emploie toujours ab et ex devant les voyelles ou h, toujours a devant b, p, m, v. — 5° Obviam (ob viam), à la rencontre de, est accompagné d’un datif.

CHAPITRE III — LA CONJONCTION

I. — CONJONCTIONS DE COORDINATION

97. Les conjonctions de coordination servent à ajouter un terme ou un membre de phrase à un autre.

1° Union.

Et, -que (après un mot), et

Nec, neque, ni, et ne…​ pas

Ac, atque, et

Atqui, porro, or

2° Alternatif.

Aut, ou bien (exclusion)

Vel, ou si l’on veut (indifférence)

-ve (après un mot), ou

Sive…​ sive…​, soit…​ soit

3° Opposition.

At, mais

Sed, verum, mais

At vero, mais au contraire

Vero, autem, mais

At certe, mais du moins

Tamen, cependant

4° Motif.

Nam, namque, car

Enim, etenim, en effet

5° Conséquence.

Ergo, igitur, donc

Itaque, quare, c’est pourquoi

Proinde, par conséquent

Quamobrem, c’est pourquoi

98. Observations. — 1° Pour grouper plusieurs termes, on peut

a) Supprimer toute conjonction.

b) Mettre -que après le dernier,

c) Mettre et entre tous les termes:

a) Maria, flumina, montes

mers, fleuves et montagnes

b) Maria, flumina montesque

c) Maria et flumina et montes

Et peut être placé devant le premier terme; et…​ et signifie alors d’une part…​ d’autre part; non seulement…​ mais encore.

Ex.: Et monēre et monēri proprium est verae amicitiae, d’une part donner des conseils, d’autre part en recevoir, c’est le propre de la véritable amitié.

Et, ne reliant pas deux termes, peut signifier aussi, même.

Ex.: Et ipse feci, je l’ai fait, moi aussi.

4° Au lieu de et non on doit dire nec ou neque, à moins que non ne se lie étroitement au mot suivant [§ 150*].

Ex.: Haec profectio et non fuga est, c’est un départ et non pas une fuite.

Remarque. — Dans le cas de deux propositions liées, lorsque la première exprime une défense, la liaison se fait correctement par neve au lieu de neque.

Ex.: Ne dixeris, neve feceris, ne dis pas et ne fais pas. Mais on dira: Non dixit neque fecit, il n’a dit ni fait.

Neque (nec) se traduit par sans, quand la première des deux propositions est affirmative.

Ex.: Legit nec intellegit, il lit sans comprendre.

Autem, vero, enim se placent après le premier mot de la phrase.

Ex.: Ego vero sum paratus, quant à moi, je suis prêt.

98*. 1° Les conjonctions autem, vero, enim se placent après le second mot si le premier est une préposition suivie de son complément: vulgi enim judicium praeferebat suo, il préférait, en effet, le goût du public au sien propre. Quand le second mot est le verbe est (sunt), ces conjonctions occupent parfois aussi la troisième place: factum est autem…​, or il arriva que…​

2° Au lieu de dire beaucoup de pénibles chagrins, on dit en latin de nombreux et pénibles chagrins, multi et graves dolores.

3° Dans quelques expressions, les conjonctions de coordination sont supprimées: velit nolit, qu’il le veuille ou non; huc illuc, çà et là; plus minus, plus ou moins; Gn. Pompeio M. Crasso consulibus, Pompée et Crassus étant consuls [voir Asyndète, § 349].

4° Au lieu de si, on trouve souvent quod si, si. De la même façon: quia, quoniam, cum, ut, ne, ubi, utinam se trouvent parfois précédés d’un quod de liaison: quod quoniam: puisque.

Vel, employé comme adverbe, peut renforcer un superlatif [§ 136, exemple 3].

II. — CONJONCTIONS DE SUBORDINATION

99. Les conjonctions de subordination établissent une dépendance entre des propositions.

1° Cause.

Quod, quia, parce que

Cum (subj.), puisque

Quoniam, puisque

Siquidem (indic.), puisque

2° But.

Ut (subj.), afin que

Quo (subj.), afin que par là

Ne (subj.), afin que ne…​ pas, de peur que

Quin (subj.), que ne…​ pas

Quominus (subj.), que ne…​ pas

3° Conséquence.

Ut (subj.), en sorte que

Ut non, en sorte que ne…​ pas

4° Concession.

Quanquam (indic.), quoique

Quamvis (subj.), quoique, quelque que.

Etsi, tametsi (indic.), quoique

Cum, licet (subj.), quoique, bien que.

5° Condition.

Si, si; sin, mais si

Nisi, si ne…​ pas

Dummodo (subj.), pourvu que

Dummodo ne, pourvu que ne…​ pas

6° Temps.

Cum (indic.), au moment où

Statim ut (indic.), dès que

Cum (subj.), comme, lorsque

Donec (indic.), jusqu’à ce que

Quando (indic.), quand

Quoad (indic.), jusqu’à ce que

Ut, ubi (indic.), dès que

Dum (indic.), pendant que

Postquam (indic.), après que

Dum, jusqu’à ce que

Simul ac, simul cum, simul et (indic.), aussitôt que

Ante (ou prius) quam, avant que

7° Comparaison.

Ut, sicut

(indic.), de même que

Quasi

(subj.), comme si

Quemadmodum

Tanquam

Quomodo

Velut (si)

Les conjonctions qui, dans cette liste, ne sont suivies d’aucune indication de mode (si, nisi, antequam), se construisent tantôt avec l’indicatif [341* II], tantôt avec le subjonctif, suivant les règles exposées dans la syntaxe (voir table alphabétique).

99 bis. Certaines conjonctions peuvent avoir des sens très divers, notamment ut, cum, dum, dont la signification est précisée par le mode du verbe.

AVEC L’INDICATIF

AVEC LE SUBJONCTIF

Ut

1° comme, de même que, § 332, 5

1° afin que, § 289.

2° dès que, § 316.

2° en sorte que, § 291.

3° en admettant que, § 298.

4° à savoir que, que, § 281; 273.

Cum

1° au moment où, § 318.

1° comme ou lorsque, § 319.

2° puisque, § 286.

3° quoique, § 299.

Dum

1° pendant que (ind. prés. § 324)

1° pourvu que, § 313.

2° jusqu’à ce que (fut. ant. § 325)

2° jusqu’à ce que, § 325.

Ex.: Faciam ut jubes, je ferai comme tu l’ordonnes.Esse oportet ut vivas, il faut manger pour vivre (afin que tu vives).

Cum rideo, lorsque (au moment où) je ris.Cum rideam, puisque je ris.

Dum spiro, spero, tant que je respire, j’espère.Exspecta dum veniat, attends que (jusqu’à ce que) il vienne.

CHAPITRE IV — L’INTERJECTION

100. 1° Les interjections servent à interpeller quelqu’un ou à exprimer un sentiment vif:

Interpellation:

O! eho! heus! hé! holà!

Douleur:

Heu! eheu! hei! oh! hélas!

Indignation, menace:

Proh! oh! vae! oh! malheur!

Encouragement:

Eia! eu! euge! bien! allons!

2° A la suite de l’interjection, la personne qu’on interpelle peut être désignée, le motif ou l’objet du sentiment peut être exprimé; on trouve alors les cas suivants:

Nominatif:

En, ecce lupus (ou lupum), voilà le loup!

Vocatif:

Heus, bone, hé, mon bon ami, mon brave!

Datif:

Hei mihi, hélas pour moi!

Vae victis, malheur aux vaincus!

Accusatif:

O me miserum, oh! malheureux que je suis!

Proh deūm fidem, oh! grands dieux!15*].

3° On peut ranger encore parmi les interjections:

Hercule, hercle, mehercle, par Hercule!

Ecastor, mecastor, par Castor!

Pol, edepol, par Pollux!

Macte! allons! bravo!

4° L’accusatif près d’une interjection s’appelle accusatif exclamatif; il peut s’employer seul:

Me miserum, malheureux que je suis!

Le datif, qui se rencontre aussi, est un datif d’intérêt [§ 173].

SYNTAXE

PREMIÈRE PARTIE — SYNTAXE D’ACCORD

RÈGLE GÉNÉRALE. L’accord se fait aussi étroit que possible; par conséquent

1° Un adjectif avec un nom ou un pronom s’accorde en genre, en nombre et en cas.

2° Un nom avec un nom s’accorde en cas.

3° Un verbe avec un nom ou pronom sujet s’accorde en nombre et en personne.

EXCEPTION: Le relatif ne s’accorde pas en cas [§ 108].

I. ACCORD DE L’ADJECTIF

101. Certa pax. Deus est sanctus. — L’adjectif, épithète ou attribut, s’accorde avec le nom.

Ex.: 1. Certa pax, une paix certaine. — 2. Deus est sanctus, Dieu est saint.

Accord avec plusieurs noms.

A) Epithète.

Natus obscuro patre et matre. — S’il y a plusieurs noms, l’épithète s’accorde seulement avec le plus rapproché.

Ex. 1. Natus obscuro patre et matre, né d’un père et d’une mère obscurs.

Ex. 2. Agri omnes et maria ou agri et maria omnia, toutes les terres et toutes les mers.

B) Attribut.

Boni sunt pater et mater. — S’il y a plusieurs noms, l’attribut s’accorde avec l’ensemble comme en français.

Ex.: Boni sunt pater et mater, le père et la mère sont bons.

101*. 1° Pour l’accord de l’attribut, s’il s’agit de personnes, le masculin l’emporte sur le féminin (comme en français) et le féminin sur le neutre.

2° L’attribut se rapporte au sujet non seulement par l’intermédiaire du verbe être, mais encore par des verbes tels que vidēri, paraître; fiĕri, devenir; manēre, rester; existimari, habēri, passer pour être regardé comme, etc. Ex.: Croesus factus est rex Lydiae, Crésus devint roi de Lydie. Avec les verbes précédents l’attribut se rapporte au sujet, mais il peut se rapporter au complément avec creare, créer; reddĕre, facĕre, rendre; habēre, regarder comme, etc. Ex.: creaverunt Scipionem consulem, ils créèrent Scipion consul.

3° L’attribut est souvent, en français, précédé de pour, comme, en qualité de; ces mots ne s’expriment pas en latin (rarement ut, tanquam).

102. Porta murusque sunt valida. — Si les noms sont de différents genres et désignent des choses, l’attribut se met parfois au neutre pluriel.

Ex.: Porta murusque sunt valida, la porte et le mur sont (des choses) solides.

102*. Dans ce cas, l’accord se fait souvent aussi avec le plus rapproché; c’est même la règle lorsque noms de choses et noms d’êtres vivants sont mélangés: Ex. Impedimenta et omnis equitatus secutus est, les bagages et toute la cavalerie suivirent.

103. Haec est mea gloria. — Si l’attribut est un nom et le sujet un pronom neutre, il y a souvent attraction, c’est-à-dire que le pronom devient adjectif et s’accorde.

Ex.: Haec est mea gloria, ceci est ma gloire (au lieu de hoc est mea gloria).

104. Turpe est mentiri. — Pour l’accord, l’infinitif est considéré comme un nom neutre.

Ex.: Turpe est mentiri, il est honteux de mentir (litt.: le mentir est honteux).

II. ACCORD DU NOM (APPOSITION)

105. Urbs Roma. Romulum regem. — Le nom en apposition à un autre nom se met au même cas.

Ex.: 1. Urbs Roma colit Romulum regem, la ville de Rome honore le roi Romulus. (Le latin dit: la ville Rome, le fleuve Tibre, etc.). — 2. Sicilia et Africa provinciae (ou provincia), les provinces de Sicile et d’Afrique.

III. ACCORD DU VERBE

106. Urbs capta est. — Le verbe s’accorde avec son sujet en latin comme en français.

Ex.: 1. Urbs capta est, la ville fut prise. — 2. Tu et frater valetis, ton frère et toi, vous êtes bien portants.

106*. Le verbe s’accorde parfois avec l’attribut si celui-ci est plus rapproché: non omnis error stultitia est dicenda, toute erreur ne doit pas être appelée sottise. — On dit toujours: Athenae urbs capta est, en faisant l’accord avec le nom commun.

107. Senatus populusque Romanus intellegit. — Assez souvent le verbe ne s’accorde qu’avec le sujet le plus rapproché.

Ex.: 1. Senatus populusque Romanus intellegit, le Sénat et le peuple romain comprennent. — 2. Orgetorigis filia atque unus e filiis captus est, la fille et un des fils d’Orgétorix furent pris.

IV. ACCORD DU RELATIF

108. Oratio quam legi. — Le relatif s’accorde en genre et en nombre avec son antécédent, mais son cas est déterminé par sa fonction.

Ex.: 1. Oratio quam legi pulcherrima est, le discours que j’ai lu est fort beau. — 2. Hostis, cujus gladio occisus est, l’ennemi par l’épée duquel il fut tué.

Remarquer que cujus, quorum ne se placent pas comme duquel, desquels, en français, mais au commencement de la proposition relative. Noter aussi que souvent le relatif précède son antécédent [§ 145, 2° et 146]:

Ex.: Cui prodest scelus, is fecit (= is cui), (lit. à qui le crime profite, celui-là en est l’auteur), quelqu’un profite-t-il d’un crime, c’est lui qui l’a commis.

108*. 1° Avec plusieurs antécédents, le relatif suit pour l’accord les règles de l’attribut [§ 101, b]. — 2° Le relatif s’accorde assez souvent avec l’attribut: Vitium, quae dicitur iracundia, le vice qu’on appelle colère. — 3° Le relatif appartient à la proposition relative: par conséquent, une phrase comme: Malheur à qui sera vaincu devient en latin: Malheur à celui qui sera vaincu: Vae illi qui vincetur.

IV. ACCORD SELON LE SENS

109. Civitati persuasit ut de finibus exirent. — L’accord se fait parfois non d’après les formes grammaticales, mais d’après le voisinage ou d’après le sens.

1° D’après le voisinage:

Ex.: 1. Tria milia hominum capti sunt (au lieu de capta), trois mille hommes furent faits prisonniers.

2° D’après le sens:

Ex.: 1. Uterque venerunt, l’un et l’autre sont venus (uterque est un singulier).

2. Triste lupus stabulis, le loup est funeste aux bergeries (litt.: un être funeste).

3. Illa furia, qui…​, cette furie, qui (furia désigne un homme).

Un nom collectif singulier dans la proposition principale amène souvent un accord au pluriel dans la subordonnée.

Ex.: Civitati persuasit ut de finibus exirent, il persuada à la tribu de quitter son territoire.

109*. Dans les auteurs non classiques et chez les poètes, on trouve assez souvent le pluriel employé dans la même proposition avec un sujet collectif au singulier. C’est un hellénisme.

Ex.: 1. Turba ruunt, la cohue se précipite. — 2. Cetera classis fugerunt, le reste de le flotte s’enfuit.

DEUXIÈME PARTIE — SYNTAXE DU COMPLÉMENT

CHAPITRE PREMIER — COMPLÉMENT DU NOM

RÈGLE GÉNÉRALE. — Le complément du nom est tantôt au génitif, tantôt au génitif ou à l’ablatif, tantôt remplacé par un adjectif.

On trouve aussi devant le complément du nom des prépositions; c’est que le nom suggère l’idée d’un verbe qui demanderait cette construction: amor erga parentes, l’affection pour les parents; reditus in patriam, le retour dans la patrie.

I. — COMPLÉMENT AU GÉNITIF

110. Liber Petri. — Le complément du nom, rattaché en français par la préposition de, est d’ordinaire au génitif en latin (génitif possessif).

Ex.: 1. Liber Petri, le livre de Pierre. — 2. Timor hostium, la crainte des ennemis (deux sens: la crainte que les ennemis éprouvent: génitif subjectif; ou font éprouver: génitif objectif).

Le génitif précède fréquemment le nom auquel il se rapporte: Petri liber. Ordinairement on le trouve enclavé entre l’adjectif épithète et le nom: Propter injustam dominatūs cupiditatem, à cause de sa passion désordonnée du pouvoir.

110*. Devant le complément au génitif, il faut parfois rétablir une apposition comme fllius, fils; uxor, femme: servus, esclave; ainsi Marcia Catonis est pour Marcia, uxor Catonis.

111. Hic liber est Petri. — Avec le génitif possessif le verbe esse signifie appartenir à.

Ex.: Hic liber est Petri, ce livre est à Pierre (litt.: celui de Pierre).

111*. On doit employer meus, tuus, noster, vester au lieu du génitif des pronoms personnels: hic liber est meus, ce livre est à moi; mais on dit: liber est mihi, un livre (quelconque) est à moi, j’ai un livre172]. — C’est à moi, à lui de faire telle chose se dit: meum, ejus est facere aliquid.

112. Est regis tueri cives. — Avec le génitif possessif le verbe esse, pris impersonnellement, signifie c’est le propre de, c’est le devoir de.

Ex.: Est regis tueri cives, c’est le devoir d’un roi de protéger les citoyens (on dit aussi: est officium regis, c’est le devoir d’un roi).

113. Tempus legendi. — Là où le complément du nom est en français un infinitif rattaché par la préposition de, le latin emploie le génitif du gérondif [cf. § 62].

Ex.: 1. Tempus legendi, le temps de lire. — 2. Spes in libertate moriendi, l’espoir de mourir libre. [Pour le cas où le gérondif a un complément à l’accusatif, cf. § 235*]

113*. Mais on dit tempus est facere, nefas est facere, il est temps défaire, c’est un crime défaire, parce que tempus est, nefas est sont des locutions verbales.

II. — COMPLÉMENT AU GÉNITIF OU ABLATIF

114. Puer egregiae indolis ou egregia indole. — Quand il marque les qualités d’une personne ou d’une chose, le complément du nom se met au génitif ou à l’ablatif (génitif ou ablatif descriptif).

Ex.: 1. Puer egregiae indolis ou egregia indole, un enfant d’un excellent caractère. — 2. Vir procero corpore, un homme de haute taille. — 3. Res magni laboris, une affaire (qui réclame) beaucoup de travail (génitif d’estimation).

114*. Ces génitifs ou ablatifs peuvent dépendre du verbe esse: hic puer est egregiae indolis, ille vir erat procero corpore. L’ablatif est plus ordinaire que le génitif lorsqu’il s’agit de qualités corporelles ou extérieures.

114 bis. Puer duodecim annorum. — Le génitif exprime encore l’âge, la mesure, la durée.

Ex.: 1. Puer duodecim annorum, un enfant de douze ans. — 2. Fossa viginti pedum, un fossé de vingt pieds. — 3. Iter trium dierum, un voyage de trois jours [§ 366].

III. — COMPLÉMENT REMPLACÉ PAR L’ADJECTIF

115. Proelium Cannense. — Le complément du nom est remplacé par l’adjectif en accord avec le nom, quand il désigne: 1° le lieu d’un événement ou le lieu d’origine d’une personne; 2° la matière ou la nature d’une chose.

Ex.: 1. Proelium Cannense, la bataille de Cannes. — 2. Socrates, vir Graecus, Socrate de Grèce. — 3. Vas aureum (ou ex auro), un vase d’or. — 4. Vox puerilis, une voix d’enfant. — 5. Dies festus, un jour de fête.

CHAPITRE II — L’ADJECTIF ET SES COMPLÉMENTS

I. - EMPLOI DE L’ADJECTIF AU LIEU D’UN NOM OU D’UN ADVERBE

116. Boni bonum publicum curant. — L’adjectif latin peut être employé comme nom.

Ex.: 1. Boni bonum publicum curant, les gens de bien se soucient du bien public — 2. Miscere utile dulci, mêler l’utile à l’agréable. — 3. Bona, les biens; jucunda, les agréments (litt.: les choses agréables).

116*. 1° L’adjectif se joint rarement comme épithète à un nom propre; on dit Scipio, vir fortissimus, le brave Scipion: mais, conformément à l’usage, Cato major, Caton l’ancien133].

2° Pour ce qui est de l’adjectif pris comme nom, on notera qu’au nominatif on trouve surtout ainsi employé le masculin pluriel; au singulier on préfère dire vir bonus, vir sapiens. Aux autres cas on peut dire: res libero digna, chose digne d’un homme libre.

117. Invitus profectus est. — Un complément français de lieu, de temps ou de manière est souvent traduit en latin par un simple adjectif en accord avec le nom.

Ex.: 1. Invitus profectus est, il partit malgré lui (litt.: à regret). — 2. In summa arbore, au sommet de l’arbre. — 3. In imo mari, au fond de la mer. — 4. Primo, medio, extremo mense, au début, au milieu, à la fin du mois.

117*. Ces adjectifs jouent alors le rôle d’attributs et non pas d’épithètes: media hieme, l’hiver étant en son milieu. Si l’adjectif est épithète, le sens change: primo mense pourra signifier au début du mois ou au premier mois.

On emploie surtout avec cette construction attributive:

1° des adjectifs marquant un rapport de lieu; summus, au sommet de; imus, au fond de, au bas de; intimus, au fond de (d’une caverne, p. ex.); medius, au milieu de; primus, au début, à l’entrée de; extremus, au bout de. Remarquer: in summā aquā, à fleur d’eau;

reliquus, le reste de: in reliquā vitā, dans le reste de sa vie;

3° des adjectifs marquant des dispositions de l’âme: invitus, à regret, malgré soi; libens, volens84, 5°], volontiers; prudens, exprès; imprudens, sans le faire exprès; sciens, en connaissance de cause; insciens, à son insu; quietus, tranquillement; laetus, avec joie, etc.

II. — COMPLÉMENTS DES ADJECTIFS

A) Complément au génitif.

118. Avidus laudum. — On emploie le génitif après les adjectifs qui signifient que l’on désire, que l’on possède, que l’on sait (ou les idées contraires).

Ex.: 1. Avidus laudum, avide de louanges. — 2. Studiosus veritatis, zélé pour la vérité. — 3. Dives auri, riche en or. — 4. Peritus rei militaris, expérimenté dans l’art militaire.

118*. Ainsi s’emploient:

1° signifiant «possession»: compos, maître de; impos, qui n’est pas maître de; potens, qui commande à; impotens, incapable de commander à; dives, riche en; inops, pauvre en; fertilis, fertile en; plenus, rempli de.

2° signifiant «connaissance»: conscius, qui sait; gnarus, qui connaît; peritus, expérimenté dans; imperitus et rudis, inexpérimenté dans; inscius et nescius, ignorant de; prudens, qui connaît; insolens, qui n’a pas l’habitude de; memor, qui se souvient; immemor, qui ne se souvient pas.

119. Amans patriae. — On emploie le génitif au lieu de l’accusatif après certains participes lorsqu’ils sont pris comme adjectifs.

Ex.: 1. Amans patriae, aimant sa patrie. — 2. Vixit metuens legum, il vécut dans la crainte des lois. (Mais on dira: metuens leges fugit, craignant les lois, il s’enfuit, parce qu’il s’agit d’un véritable participe).

B) Complément au génitif ou datif.

120. Similis patris ou patri. — On emploie le génitif ou le datif après les adjectifs signifiant semblable ou différent.

Ex.: 1. Similis patris ou patri, semblable à son père. — 2. Terra est communis omnium ou omnibus, la terre est commune à tous.

120*. 1° On construit ainsi: similis, semblable; dissimilis, différent (de préférence avec le génitif, surtout si le complément est un pronom); communis, commun à; proprius, propre à; par, égal à; dispar, inégal; aequalis, contemporain; superstes, qui survit à. — Locutions particulières: communis mihi tecum, commun à toi et à moi; similes inter se, se ressemblant entre eux.

2° Certains écrivains emploient le génitif avec toutes sortes d’adjectifs pour indiquer le «point de vue»: maturus aevi, mûr au point de vue de l’âge; modicus laetitiae, modéré dans sa joie.

C) Complément au datif.

RÈGLE GÉNÉRALE. — Le datif après les adjectifs marque rapprochement ou opposition.

121. Voluptas est inimica virtuti. — On emploie le datif après les adjectifs qui signifient ami ou ennemi, utile ou nuisible.

Ex.: 1. Voluptas est inimica virtuti, le plaisir est ennemi de la vertu. — 2. Iratus mihi abiit, il s’en alla fâché contre moi. — 3. Poeta est utilis urbi, le poète est utile à la cité. — 4. Segnitia est pueris perniciosa, la paresse est dangereuse pour les enfants.

121*. 1° Rapprochement ou opposition: Propinquus (propior, proximus), proche de; vicinus, familiaris, voisin de; amicus, ami de; inimicus, ennemi de; familiaris, intime de; gratus, agréable; fidus, fidèle; contrarius, contraire.

2° Utile ou nuisible: utilis, utile; inutilis, inutile; necessarius, nécessaire; noxius, perniciosus, nuisible; periculosus, dangereux.

122. Natus imperio ou ad imperium. — On emploie le datif ou l’accusatif avec ad après les adjectifs qui signifient aptitude, tendance ou conformité.

Ex.: 1. Natus imperio ou ad imperium, né pour le commandement. — 2. Cibus aptus homini, une nourriture convenable pour un être humain. — 3. Calcei apti ad pedes, chaussures qui vont bien (litt.: convenables pour le pied).

122*. 1° Aptitude: facilis, facile; gravis, difficile; aptus, propre à; opportunus, opportun; accommodatus, convenable pour; idoneus, propre à; habilis, commode.

2° On emploie régulièrement ad avec ceux qui marquent «inclination»: promptus, propensus, pronus, porté à.

3° On dit benevolus in ou erga aliquem, bienveillant pour quelqu’un.

D) Complément à l’ablatif.

123. Dignus laude. — On emploie l’ablatif: 1° après les adjectifs qui signifient digne de, indigne de, satisfait de; 2° après ceux qui marquent abondance ou privation.

Ex.: 1. Dignus laude, digne de louange. — 2. Contentus sua sorte, content de son sort. — 3. Plenus honoribus, comblé d’honneurs. — 4. Vacuus ou liber metu, exempt de crainte.

123*. On construit ainsi: dives, abundans, riche en; refertus, plenus, rempli de (avec plenus le génitif est plus classique, § 118); fertilis, ferax, fécond en; egenus, indigus, inops, pauvre en; viduus, inanis, orbus, privé de. On remarquera que ces adjectifs se trouvent aussi avec le génitif, § 118.

On dit liber metu ou a metu, et même en poésie liber laborum, exempt de peine; alienus, étranger à, veut le génitif ou l’ablatif (surtout avec ab).

E) Latinismes correspondant à l’infinitif français après les adjectifs.

124. Cupidus videndi. — On n’emploie pas l’infinitif en latin après les adjectifs, mais d’ordinaire le gérondif ou l’adjectif verbal.

Ex.: 1. Cupidus videndi, désireux de voir [§ 118 et 237]. — 2. Aptus ferendo oneri, capable de porter un fardeau [§ 122].— 3. Pronus ad ulciscendam injuriam, prompt à venger une injustice [§ 122*, 2° et 234-241].

124*. 1° Paratus, disposé à; assuetus, accoutumé à; doctus, instruit à, se trouvent avec l’infinitif, mais ce sont des participes.

2° Certains écrivains, surtout les poètes, emploient l’infinitif avec toutes sortes d’adjectifs: dignus notari, digne d’être remarqué; piger ferre laborem (Horace), paresseux pour supporter le travail.

125. Dignus qui imperet. — Digne de, indigne de, avec l’infinitif, ont pour correspondants en latin dignus qui, indignus qui, avec le subjonctif. [Voir § 123 et 330*].

Ex.: 1. Dignus est qui imperet, il est digne de commander. — 2. Indignus est cui imperium tradatur, il ne mérite pas que le commandement lui soit confié.

126. Mirabile visu. — On trouve le supin en -u après quelques adjectifs signifiant beau (à voir), facile (à faire), etc. [§ 244].

Ex.: 1. Mirabile visu, étonnant (à voir). — 2. Jucundus auditu, agréable à entendre. — 3. Incredibile dictu, incroyable (à dire).

126*. On trouve cette construction surtout avec difficilis, difficile; honestus, honorable; turpis, honteux. On la trouve aussi après les noms fas et nefas: nefas est dictu, il est impie de dire.

Les autres supins les plus employés ainsi sont: relatu, à rapporter; memoratu, à raconter; factu, à faire. On voit que le supin en -u est, à l’époque classique, une forme qui ne subsiste plus que dans quelques expressions.

III. — COMPARATIF ET SUPERLATIF

A) Complément du comparatif.

127. Doctior Petro ou quam Petrus. — Après un comparatif, le second terme de la comparaison se construit de deux manières:

1° Ordinairement on emploie quam et le second terme se met au même cas que le premier.

Ex.: 1. Paulus est doctior quam Petrus, Paul est plus savant que Pierre. — 2. Dicit Paulus se celerius venisse quam Petrum (s. ent. venisse), Paul dit qu’il est venu plus vite que Pierre.

La construction avec quam est obligatoire après un comparatif formé à l’aide de magis, tam, minus127*, 4°].

2° Au lieu de quam suivi du nominatif ou de l’accusatif on peut employer l’ablatif seul (ablatif de comparaison).

Ex.: 1. Paulus est doctior Petro, Paul est plus savant que Pierre. — 2. Existimo Paulum doctiorem Petro, je juge Paul plus savant que Pierre.

Le complément à l’ablatif du comparatif précède souvent ce dernier:

Ex.: Nihil est tuā oratione sapientius, rien de plus sage que ton discours.

127*. 1° L’emploi du verbe esse est parfois nécessaire après le comparatif, spécialement si le verbe du premier terme ne peut se sous-entendre avec le second: audivi verba Pauli, doctioris quam Petrus est.

2° On n’oubliera pas que les mots inferior, inférieur à, superior, supérieur à, etc., sont des comparatifs et se construisent comme tels: non inferior fuit patre ou quam pater, il ne fut pas inférieur à son père.

3° Pour la suppression de quam avec plus, amplius, minus et les noms de nombre, voir § 35 bis, 3°.

4° Les adverbes au comparatif se construisent surtout avec quam: potius quam, plutôt que, préférablement à.

128. Verior quant gratior. — Quand on compare deux adjectifs ou deux adverbes, on les met tous deux au positif avec magis quam, ou tous deux au comparatif avec quam.

Ex.: Oratio verior quam gratior, ou magis vera quam grata, un discours plus vrai qu’agréable.

128*. Il y a une légère différence de sens entre fortior quam prudentior, plus courageux que prudent et magis fortis quam prudens, plutôt courageux que prudent.

129. Major opinione. — Après un comparatif, certains ablatifs sont équivalents à toute une proposition.

Ex.: 1. Virtus major opinione, une vertu plus grande qu’on ne pense. — 2. Victoria major spe, une victoire plus grande qu’on ne l’espérait (major exspectatione, plus grande qu’on ne l’attendait). — 3. Turba major solito, une foule plus grande que de coutume.

129*. Expressions courantes: plus aequo, justo, plus qu’il n’est convenable, qu’il n’est juste.

130. Senior erat et loquacior. — Sans complément, le comparatif peut signifier passablement, un peu, trop.

Ex.: Senior erat et loquacior, il était passablement âgé et un peu bavard.

130*. On explique parfois ce sens par une ellipse: loquacior aequo, justo ou solito (voir la règle précédente). Mais le comparatif sans complément garde souvent son sens ordinaire; senior et loquacior factus erat peut signifier: Il était devenu plus âgé et plus bavard (s.-e. quam antea, qu’auparavant).

B) Comparatif de disproportion, ressemblance et différence.

131. Major quam pro, major quam ut. — La disproportion entre deux termes (en français trop pour) s’indique en latin par le comparatif suivi de quam pro avec l’ablatif d’un nom ou de quam ut avec une proposition au subjonctif.

Ex.: 1. Laetitia major fuit quam pro victoria, la joie fut trop grande pour une telle victoire. — 2. Canachi signa rigidiora sunt quam ut imitentur veritatem, les statues de Canachus sont trop raides pour imiter la nature (pour être naturelles).

132. Alius est atque erat. Idem qui.Autre que a pour correspondant alius ac ou atque; le même que a pour correspondant idem qui (quae, quod).

Ex.: 1. Alius est atque erat, il est autre qu’il n’était. — 2. Tibi praecipio idem quod ceteris, je te fais la même recommandation qu’à tous les autres.

132*. Avec la négation, on peut dire non alius quam. — On trouve aussi idem ac ou atque, aeque ac, etc. — Quand on emploie idem qui, le relatif se met au cas voulu par son rôle auprès du verbe sous- entendu: iisdem libris utor quibus tu (s.-ent. uteris), je me sers des mêmes livres que toi.

C) Comparatif au lieu du superlatif.

133. Validior manuum. — Le latin emploie le comparatif au lieu du superlatif français quand il s’agit de deux objets ou de deux catégories.

Ex.: 1. Dextera est validior manuum, la main droite est la plus forte des (deux) mains. — 2. Venit prior, il est venu le premier (des deux). — 3. Natu major, l’aîné (de deux). — 4. Infirmiores resistunt validioribus, les plus faibles résistent aux plus forts.

134. Quo non alter major. — Au lieu de dire le plus grand, le latin dit volontiers en comparaison duquel aucun autre n’est plus grand.

Ex.: Rex ille, quo non alter major, misere obiit, ce roi, le plus grand de tous (= qui n’avait pas son pareil), mourut misérablement.

134*. Le relatif est alors toujours à l’ablatif au lieu de quam qui. — Quo avec un comparatif se rencontre en latin dans plusieurs emplois qu’il importe de ne pas confondre: voir § 290*.

D) Le superlatif.

135. Altissima arborum ou ex arboribus. — Le superlatif s’accorde en genre avec son complément et ce complément se met au génitif partitif [§ 153] ou à l’ablatif avec ex.

Ex.: 1. Altissima arborum ou ex arboribus, le plus haut des arbres. — 2. Indus est ex omnibus fluminibus maximum (s.-ent. flumen), l’Indus est le plus grand des fleuves.

135*. On dit aussi: Inter flumina maximum, pulcherrimus ante omnes. — Pour l’accord on trouve des cas d’attraction avec le sujet: Indus est omnium fluminum maximus108*, 2°].

136. Oratio sit quam brevissima. — Le superlatif peut être renforcé de diverses manières.

Ex.: 1. Oratio sit quam brevissima, que le discours soit le plus bref possible. — 2. Unus omnium optimus, le meilleur incomparablement. — 3. Vel minima sentire, percevoir même les plus petites choses. — 4. Longe audacissimus, de beaucoup le plus audacieux. — 5. Fortissimus quisque, tous les plus braves [§ 151*].

E) Ablatif de différence.

137. Uno digito longior. Multo maximus. — Pour indiquer de combien une chose est plus grande ou plus petite, antérieure ou postérieure, etc., on emploie l’ablatif (ablatif de différence).

Ex.: 1. Uno digito longior, plus long d’un doigt. — 2. Multo maximus, de beaucoup le plus grand. — 3. Eo modestior, d’autant plus modeste (multo, paulo, eo, sont des adverbes à forme d’ablatif de différence)91, 2°].

137*. On dit: altero tanto longior, une fois plus long; bis tanto longior, deux fois plus long; uno plures erant, ils étaient un de plus.

CHAPITRE III — LE PRONOM ET SES COMPLÉMENTS

I. — ELLIPSE DES PRONOMS

138. Brevior est hominum vita quam cornicum. — Celui de, celle de employés pour remplacer un nom, ne s’expriment pas en latin: on répète le nom ou, s’il doit être au même cas, on le sous-entend.

Ex.: 1. Brevior est hominum vita quam cornicum, la vie des hommes est plus courte que (celle) des corneilles. — 2. Scipionis orationes meliores sunt orationibus Laelii, les discours de Scipion sont meilleurs que (ceux) de Lélius.

138*. Cette ellipse du nom donne lieu à des expressions abrégées: conferre nostras leges cum Solone, comparer nos lois avec (celles de) Solon. — Même avec une préposition on peut sous-entendre le nom: conferre vitam Caesaris cum Alexandri, comparer la vie de César avec celle d’Alexandre.

139. Lava manus. — Le latin supprime facilement les pronoms personnels et pronoms-adjectifs, surtout les possessifs, quand ils ne sont pas indispensables au sens.

Ex.: 1. Lava manus, lave (tes) mains. — 2. Lavat manus, il lave (ses) mains. — 3. Amo patrem, j’aime (mon) père. — 4. Jacentem invenit, il (le) trouva couché.

139*. On devra donc toujours examiner si le participe se rapporte ou non à des personnes dont il a été question: Cenantes invenit peut signifier selon le cas: il «les» trouva en train de dîner ou il trouva «des gens» en train de dîner.

II. — LE RÉFLÉCHI

139 bis. DÉFINITIONS. — Les pronoms personnels sui, sibi, se sont dits réfléchis parce qu’ils désignent une personne qui se trouve être celle même qui accomplit l’action décrite par le verbe. Ex.: Laudes sibi dat = il se donne des louanges à lui-même. Sibi renvoie le lecteur au sujet de dat.

L’adjectif-pronom possessif suus, a, um peut avoir également cette valeur de réfléchi. Ex.: Suos libros dat = il donne ses propres livres. Suos renvoie au sujet de dat, c’est-à-dire au possesseur même des livres.

Là où se ne convient pas, on emploie le pronom is; là où suus ne convient pas, on emploie ejus, eorum, earum.

RÈGLE. — Il faut distinguer deux cas:

140. Pater amat suos liberos et eorum felicitati consulit. — A) A l’intérieur d’une proposition (principale ou subordonnée) considérée isolément, se et suus renvoient régulièrement au sujet de cette proposition.

Ex.: 1. Petrus se laudat, Pierre se loue. — 2. Pater amat suos liberos et eorum felicitati consulit, le père aime ses enfants et veille à leur bonheur.

141. Rogavit ut sibi parcerent. — B) Dans une proposition subordonnée, se et suus peuvent renvoyer au sujet de la principale, mais à condition que la subordonnée représente la pensée de ce sujet.

Ex.: 1. Eos rogavit ut sibi parcerent, il leur demanda de l’épargner. — 2. Eos rogavit ut liberis suis parcerent, il leur demanda d’épargner ses enfants. — 3. Vulpes negavit se esse in culpa, le renard nia qu’il fût coupable. — 4. Sapiens fert injurias quae ei illatae sunt, le sage supporte les injustices qui lui ont été faites (mais on dira: fert injurias sibi illatas).

141*. La subordonnée représente la pensée du sujet, surtout dans les propositions finales et les complétives.Se et suus, dans une subordonnée, peuvent donc parfois renvoyer aussi bien au sujet de la proposition subordonnée qu’au sujet de la principale (c’est le cas des deux premiers exemples). Le sens ne permet pas d’ordinaire la confusion.

142. Magonem cum classe sua. — Malgré les règles précédentes, on peut toujours employer suus: 1° quand possesseur et possédé sont réunis par cum; 2° à côté de quisque; 3° quand suus signifie son propre, le verbe ayant pour complément la personne même qui est désignée par le possessif.

Ex.: 1. Magonem misit cum classe sua, il envoya Magon avec sa flotte (la flotte de Magon). — 2. In suas quemque civitates dimisit, il les renvoya chacun dans son pays. — 3. Hunc sui cives e civitate ejecerunt, ses (propres) concitoyens l’exilèrent.

4° On dit toujours propter se, à cause de soi; inter se, entre soi; per se, par soi-même; mais Socrates et discipuli ejus, Socrate et ses disciples, comme s’il s’agissait de deux propositions juxtaposées.

142*. Sui, suorum, peut signifier ses soldats, en parlant d’un général; ses enfants, sa famille, ses esclaves, en parlant d’un père de famille; ses concitoyens, en parlant d’un citoyen. Sua veut dire parfois ses biens116].

143. Inter se laudant. — La réciprocité d’une action se marque par inter se, inter vos, etc., sans complément d’objet direct, ou par la répétition de alius ou de alter, autre, comme en français.

Ex.: 1. Petrus et Joannes inter se laudant, Pierre et Jean se louent (réciproquement). — 2. Inter vos laudatis, vous vous louez (mutuellement). — 3. Alii alios diligite, aimez-vous réciproquement (les uns les autres). — 4. Alter alterum diligite, aimez-vous l’un l’autre.

143*. 1° Sibi nocent signifie donc régulièrement: ils se nuisent à eux-mêmes (et non pas réciproquement entre eux); on trouve pourtant sibi invicem nocent, ils se nuisent réciproquement, mais cette tournure n’est pas classique; invicem (mieux in vicem) doit signifier tour à tour.

Inter se ne remplace pas seulement un complément d’objet direct; ainsi: inter se nocent, ils se nuisent réciproquement; inter se discesserant, ils s’étaient éloignés les uns des autres.

III. — LE PRONOM RELATIF

(Accord du relatif, § 108; prop. relatives, § 326)

144. Quem ut viderunt. — En tête d’une proposition, le relatif est souvent un simple relatif de liaison, c’est-à-dire qu’il équivaut à un démonstratif accompagné d’une conjonction de coordination [§ 97].

Ex.: 1. Caesar advenit; quem ut viderunt, aufugerunt, César arriva; dès qu’ils le virent, ils s’enfuirent (quem = et eum). — 2. Centuriones hostes vocaverunt, quorum nemo progressus est, les centurions provoquèrent les ennemis; mais pas un d’entre eux ne se présenta (quorum = eorum autem). — 3. Quae cum ita sint, les choses étant ainsi (quae = haec igitur).

Noter l’emploi du relatif en tête d’une proposition comme complément d’un comparatif qui suit [§ 134].

144*. On trouve fréquemment: qui quanquam, qui quoniam, qui si. — Il serait barbare de joindre igitur, autem, etc., au relatif de liaison; mais on trouve quidem, tamen.

Deux relatifs peuvent être réunis: magna vis est conscientiae, quam qui spernit improbus est, l’autorité de la conscience est grande; celui qui la méprise est un malhonnête homme.

145. Errat qui putat. — Si l’antécédent est un démonstratif, il peut être:

1° sous-entendu (même s’il est à un cas différent de celui du relatif):

Ex.: 1. Errat (sous-ent. ille) qui putat, il se trompe celui qui pense (cf. en français: sauve qui peut). — 2. (s.-ent. ille) Cui minus dimittitur, minus diligit, celui à qui l’on pardonne moins, aime moins.

2° exprimé seulement en tête de la proposition suivante:

Ex.: A quo plurimum sperant homines, ei plurimum inserviunt, les hommes s’attachent surtout à celui dont ils espèrent le plus.

Cette anticipation de la proposition relative sur la principale est extrêmement fréquente en latin.

145*. Qui peut donc signifier celui qui, ceux qui; quem, quos, celui que, ceux que; quod, quae, ce qui, es choses qui, ou ce que, les choses que. — Notez l’ellipse hardie: quod quaeris, respondebo…​, quant à ce que tu me demandes, je répondrai…​

146. Quam quisque norit artem. — L’antécédent passe parfois dans la relative en prenant le cas du relatif.

Ex.: 1. Quam quisque norit artem, in hac se exerceat, que chacun s’applique au métier qu’il connaît. — 2. Quas scripsisti litteras, eae mihi fuerunt jucundissimae, la lettre que tu as écrite m’a fait un très grand plaisir.

146*. Quand deux propositions relatives ont le même antécédent, le second relatif est régulièrement sous-entendu (sauf le cas d’anaphore, § 351), s’il doit être au même cas que le premier; s’il doit être à un cas différent, il est parfois remplacé par un démonstratif. Ex.: Viriathus, quem Laelius fregit ejusque ferocitatem repressit, Viriathe, que Lélius vainquit et dont il abattit l’orgueil.

IV. — LES PRONOMS INDÉFINIS

A) Manière de traduire on.

Avant tout, il faut éviter de considérer le pronom on comme un pronom personnel ordinaire qui se sous-entendrait simplement en latin devant un verbe à la troisième personne du singulier. Le latin n’a pas d’équivalent exact du pronom on, mais il dispose de nombreux tours qui y correspondent. Voici les principaux:

147. Virtus amatur. — 1° On peut employer le passif personnel des verbes transitifs directs et le passif impersonnel des autres [§ 203].

Ex.: 1. Virtus amatur, on aime la vertu (litt.: la vertu est aimée). — 2. Fortiter pugnatum est, on combattit courageusement (litt.: il fut combattu). — 3. Pueri docendi sunt, on doit instruire les enfants. — 4. Moriendum est pro patria, on doit mourir pour la patrie. — 5. Dici potest, on peut dire.

148. Virtutem admiramur. — 2° On peut remplacer on par un sujet approprié au sens.

Ex.: 1. Admiramur virtutem, on admire la vertu (nous admirons). — 2. Homines admirantur virtutem, on admire la vertu (les hommes admirent). —3. Aliquis mihi dixit, on m’a dit (quelqu’un m’a dit). — 4. Nemo hoc dixit, on ne l’a pas dit. — 5. Non recte facit, qui hoc facit, on a tort de le faire.

148*. Quand on emploie la seconde personne du singulier, on met le verbe au subjonctif. Dans les subordonnées, presque toujours l’idée indéterminée de on est rendue ainsi: crederes, on eût cru; dicas, on dirait; difficile est tacere cum doleas, on garde difficilement le silence quand on souffre216* et 217*]

149. Narrant, dicunt, ferunt. — 3° Avec un petit nombre de verbes on peut employer sans sujet la troisième personne du pluriel.

Ex.: 1. Narrant (sous-ent. homines), on raconte. — 2. Dicunt, on dit. — 3. Ferunt, tradunt, on rapporte. — 4. Aiunt, on affirme.

149*. On ne doit pas confondre ce cas avec celui où le sujet, non exprimé, a été suggéré dans les lignes précédentes et n’est indéterminé qu’en apparence: clamabant, on (c’est-à-dire ceux qui étaient là, ceux dont il a été question plus haut) criait. Il est clair que n’importe quel verbe peut se trouver dans ce cas.

B) Quisqnam, quis et alias.

150. Neque quisquam. Major quam quisquam. — Les formes semi-négatives des pronoms (et des adverbes) s’emploient dans des propositions où une négation est déjà exprimée ou seulement suggérée, par exemple après si, ne, vix, la préposition sine et les comparatifs [§ 94, 2°].

Ex.: 1. Eos vocavit, neque quisquam venit, il les appela et personne ne vint. — 2. Sine ullo timore, sans aucune crainte. — 3. Nego esse quemquam, je dis qu’il n’y a personne ou je nie qu’il y ait quelqu’un. — 4. Major quam quisquam, plus grand que personne.

150*. De même qu’on dit neque au lieu de et non et neve (ou neu) au lieu de et ne98, 4°], on doit toujours dire neque quisquam (= et nemo); neque quidquam ou quicquam (= et nihil); neque ullus (= et nullus); neque unquam (= et nunquam); neque usquam (= et nusquam).

151. Si quis venit. — On emploie quis au lieu de aliquis après si, nisi, ne, num, cum, an, ut, ubi, quo, quando. On dit aussi si quando pour si aliquando.

Ex.: 1. Si quis venit, nuntia mihi, si quelqu’un vient, annonce-le-moi. — 2. Timeo ne quod discidium fiat, je crains que quelque désaccord ne se produise.

151*. On observera que la forme qua (de quis remplaçant aliquis) peut être un féminin singulier (pour quae), ex.: si qua civitas, si quelque ville — ou un neutre pluriel (pour quae), ex.: si qua videnda essent, s’il y avait certaines choses à voir.

Unusquisque s’emploie régulièrement pour signifier chacun, mais on le remplace par quisque: 1° près d’un relatif; 2° près du réfléchi [§ 142, 2°]; 3° près du superlatif [§ 136, exemple 5].

152. Alii alio dilapsi sunt. — La répétition de alius à un cas différent, ou d’un adverbe dérivé de alius, forme souvent un latinisme qui exprime la diversité [mais voir § 143].

Ex.: 1. Alii alio dilapsi sunt, ils s’en allèrent, les uns d’un côté, les autres d’un autre. — 2. Alii aliis rebus delectantur, les uns aiment une chose, les autres une autre. — 3. Aliter cum aliis locutus est, il a parlé d’une façon avec les uns, d’une autre façon avec les autres.

V. — COMPLÉMENTS DES PRONOMS

153. Unus militum ou ex militibus. — Les pronoms qui expriment une quantité prise sur un tout se construisent avec le génitif (génitif partitif).

Ex.: 1. Unus militum (ou ex militibus), un des soldats. — 2. Quis vestrum, qui d’entre vous ? (On dit plerique homines ou hominum, la plupart des hommes; d’ordinaire multi, pauci homines, beaucoup, peu d’hommes; toujours uterque consul, l’un et l’autre consul).

153*. Pour les expressions plus de vertu, beaucoup de vertu, etc., voir § 91; on peut dire aussi: plus, multum virtutis. Il y a souvent une nuance particulière dans l’emploi de l’adverbe: magnae copiae, des troupes considérables; multum copiarum, une grande masse de troupes.

154. Quid praemii? Nihil novi. — Un pronom neutre peut avoir pour complément le génitif d’un nom ou d’un adjectif employé comme nom, pourvu que cet adjectif soit de la seconde déclinaison.

Ex.: 1. Quid praemii habuit, qu’a-t-il eu en fait de récompense? — 2. Nihil novi, rien de nouveau (litt.: en fait de chose nouvelle). Mais on dit toujours: nihil mirabile, rien d’admirable; quid pulchrius, quoi de plus beau?

154*. S’il y a un complément, l’adjectif ne peut se mettre au génitif: nihil spe tua dignum, rien qui réponde à ton espérance.

On trouve aussi ce génitif après les adverbes: nusquam gentium, nulle part (parmi les nations); minime gentium, pas le moins du monde; ubi terrarum, en quel endroit (du monde)? quo amentiae progressus es, à quel degré de folie es-tu arrivé?

CHAPITRE IV — COMPLÉMENTS DES VERBES

155. Deus amat virum bonum eique favet. — Un seul complément peut suffire en latin pour deux verbes, mais à condition que ces deux verbes ne réclament pas un cas différent.

Ex.: 1. Deus virum bonum amat et juvat, Dieu aime et favorise l’homme de bien. — 2. Deus amat virum bonum eique favet, Dieu aime et favorise l’homme de bien (favēre se construit avec le datif).

156. Consulo te. Consulo tibi. — Un même verbe admet parfois des constructions différentes: c’est ordinairement parce qu’il a des sens différents.

Ex.: 1. Consulo te, je te consulte; consulo tibi, je veille sur toi. — 2. Hoc tibi manet, voilà ce qui te reste; hoc te manet, voilà ce qui t’attend. (Cependant on dit cogitare rem ou de re, penser à une chose.)

156*. Observer encore: praestare (acc.), fournir, rendre; (dat.) remporter sur; donare aliquid alicui, donner qqe chose à qqn, et donare aliquem aliqua re, gratifier qqn de qqe chose. Le cas avec lequel un verbe est construit fournit donc la principale indication sur son sens, à plus forte raison si le complément est précédé d’une préposition: agere cum aliquo, négocier avec qqn; agere de re, traiter une affaire; actum est de me, c’est fait de moi.

I. — COMPLÉMENTS À L’ACCUSATIF

157. Amo Deum. Studeo grammaticae. — On met à l’accusatif le complément d’objet direct; mais il faut se rappeler que certains verbes, transitifs directs en français, ne le sont pas en latin et réciproquement.

Ex.: 1. Amo Deum, j’aime Dieu. — 2. Musica juvat aegros, la musique plaît aux malades. — 3. Vires me deficiunt, les forces me manquent. — 4. Hoc eum decet, cela lui convient. — 5. Studeo grammaticae, j’étudie la grammaire. — 6. Hoc me fugit, fallit, praeterit, cela m’échappe (j’ignore cela).

157*. Les principaux verbes dont la construction diffère sont: auxiliari, opitulari, succurrĕre, subvenire alicui, secourir qqn; blandiri alicui, flatter qqn; invidēre alicui, envier qqn; favēre alicui, favoriser qqn; parcĕre alicui, épargner qqn; au contraire, decēre aliquem, convenir à qqn; deficere aliquem, manquer à qqn.

158. Minari mortem alicui. — Avec les verbes minari, menacer, et gratulari, féliciter, on met à l’accusatif le nom de la chose dont on menace ou félicite.

Ex.: 1. Minari mortem alicui, menacer quelqu’un de mort. — 2. Gratulari victoriam alicui, féliciter quelqu’un de sa victoire.

158*. Minari signifie proférer des menaces. Quand menacer n’a pas ce sens (donc surtout avec les noms de choses), on emploie imminēre, impendēre, instare (datif): hostes imminent patriae, les ennemis menacent la patrie; periculum mihi imminet, impendet, instat, un danger me menace.

159. Me paenitet culpae meae. — Avec paenitet, piget, pudet, taedet, miseret, on met à l’accusatif le nom de la personne qui éprouve le sentiment et au génitif le motif du sentiment [§ 86, 2°].

Ex.: 1. Me paenitet culpae meae, je me repens de ma faute. — 2. Eum piget et pudet stultitiae suae, il a regret et honte de sa sottise. — 3. Ciceronem taedebat vitae, Cicéron était dégoûté de la vie. — 4. Nos miseret pauperum, nous avons pitié des pauvres.

159*. On emploie la 3e personne devant un infinitif impersonnel: incipit pluĕre, il commence à pleuvoir; par conséquent on dira: incipit me paenitere culpae meae, je commence à me repentir de ma faute. — Autres tournures: non me pudet fatēri, je ne rougis pas d’avouer; Quintus ait se paenitere quod te offenderit, Quintus affirme qu’il se repent de t’avoir offensé.

160. Eadem student. Id te moneo. — L’accusatif neutre d’un pronom peut se joindre comme complément à un verbe transitif indirect ou même à un verbe ayant déjà un complément à l’accusatif.

Ex.: 1. Eadem student, ils étudient les mêmes choses. — 2. Id te moneo, je t’avertis de cela. — 3. Hortatur milites pauca, il adresse quelques exhortations aux soldats.

160*. 1° Au passif, cet accusatif se maintient: multa ostentis admonemur, nous sommes avertis de bien des choses par les présages.

2° Un accusatif rare en latin, fréquent en grec, est l’accusatif de qualification (il s’agit d’un complément de même sens que le verbe, employé même avec des verbes intransitifs, comme en français: dormez votre sommeil): garrire nugas, dire des bagatelles (litt.: bavarder des bavardages); somniare mirum somnium, faire un étrange rêve.

On dit sitire sanguinem, avoir soif de sang, mais pluit lapidibus, il pleut des pierres; pour dulce ridēre, rire doucement, cf. § 164.

161. Doceo pueros grammaticam. — Quelques verbes peuvent recevoir à la fois deux compléments à l’accusatif.

Ex.: 1. Doceo pueros grammaticam, j’enseigne la grammaire aux enfants. — 2. Non celavi fratrem sententiam meam, je n’ai pas caché à mon frère mon opinion.

161*. 1° Tels sont, outre docere et celare: 1° des verbes signifiant demander: rogare, interrogare (surtout dans rogare aliquem sententiam, demander à qqn son avis), orare, precari, poscĕre, flagitare; 2° des verbes composés comme traducĕre, trajicĕre, transmittĕre, faire passer: Caesar traduxit copias fluvium, César fit passer le fleuve à ses troupes.

2° Au passif les tournures changent avec les verbes: Pueri docentur grammaticam, on enseigne la grammaire aux enfants; lit. les enfants sont instruits de la grammaire, est une tournure rare. Le latin se sert habituellement de disco, j’apprends: pueri discunt grammaticam, les enfants apprennent la grammaire. Id mihi celari non potuit ou de ea re celari non potui, on n’a pas pu me le cacher; poscitur a me pecunia, on me réclame de l’argent; interrogatus sententiam, interrogé sur son avis; Belgae Rhenum transducti, les Belges qui avaient passé le Rhin.

3° On notera que doceo signifie instruire qqn; on ne doit donc pas dire sans complément de personne doceo grammaticam, ni grammatica docetur.

Emplois spéciaux de l’Accusatif.

161 bis. RÈGLE GÉNÉRALE. — Un accusatif accompagnant un verbe peut être complément circonstanciel; tels sont:

1° l’accusatif de relation162];

2° l’accusatif de qualification160*, 2°];

3° l’accusatif de distance et de dimension163];

4° l’accusatif adverbial164];

5° l’accusatif de but et de durée193, 198].

162. Lacrimis oculos suffusus. — En poésie surtout, à côté des participes et des adjectifs, on met à l’accusatif le complément qui répond à la question «par rapport à quoi?» (accusatif de relation).

Ex.: 1. Lacrimis oculos suffusus, les yeux inondés de larmes (litt.: inondé de larmes quant aux yeux). — 2. Mercurio similis vocem coloremque, semblable à Mercure pour la voix et le teint.

162*. Cet accusatif est appelé aussi accusatif grec. On l’explique parfois comme un accusatif ordinaire, complément d’un verbe à forme passive, mais à sens actif: percussus pectora, s’étant frappé la poitrine.

163. Abest viginti passus. — A côté des verbes et des adjectifs, on met à l’accusatif le nom qui marque la distance ou la dimension.

Ex.: 1. Abest viginti passus, il est éloigné de vingt pas. — 2. Velum longum tres ulnas, un voile long de trois aunes. — 3. Digitum non discessit, il ne s’éloigna pas (de la largeur) d’un doigt. — 4. Posuit castra duo milia passuum ab hoste, il établit son camp à deux mille pas de l’ennemi.

163*. On trouve aussi l’ablatif: abest viginti passibus. — Quand la distance est exprimée par un mot comme spatium, intervallum ce mot se met à l’ablatif; cependant on trouve iter à l’accusatif. — C’est à cet accusatif marquant l’extension que se rattache l’accusatif de durée, § 198.

164. Magnam partem. — L’accusatif équivaut, dans certaines locutions, à un adverbe (accusatif adverbial).

Ex.: 1. Suevi vivunt magnum partem lacte, les Suèves vivent principalement (en grande partie) de lait. — 2. Quid me offendisti, pourquoi m’as-tu offensé ? — 3. Quid te offendi, en quoi t’ai-je offensé? — 4. Aliquid, en quelque chose; nihil, en rien, nullement; multum, beaucoup, solum ou tantum, seulement.

164*. Autres exemples: id temporis, à ce moment; vicem, instar alicujus, à la manière de qqn; cetera, en tout le reste; omnia, en tout. Cf. § 87 et 87*.

II. — COMPLÉMENTS AU GÉNITIF

165. Memini beneficiorum, obliviscor injuriarum. — On met au génitif le complément d’un très petit nombre de verbes [§ 159]: memini, je me souviens; obliviscor, j’oublie; moneo, admoneo, j’avertis de; misereor, j’ai pitié de.

Ex.: 1. Memini beneficiorum, obliviscor injuriarum, je me souviens des bienfaits, j’oublie les injustices. — 2. Admonui eum periculi ou de periculo, je l’ai averti du danger. — 3. Miserere nostri, aie pitié de nous.

165*. Avec les verbes se souvenir, oublier, on trouve parfois l’accusatif, surtout d’un nom de choses: ut alia obliviscar, pour ne pas parler du reste.

166. Interest regis. Interest ad salutem. — Avec l’impersonnel interest, il importe, il est de l’intérêt de, on emploie le génitif du nom de l’être vivant, mais le nom de la chose se met à l’accusatif avec ad.

Ex.: 1. Interest regis tueri cives, il importe au roi de protéger les citoyens. — 2. Interest ad salutem reipublicae, il importe au salut de l’État.

166*. Refert est quelquefois employé au lieu de interest, avec les mêmes constructions. — Refert et interest sont modifiés par les adverbes multum, parum, magis, nihil, mais on trouve aussi magni, parvi91, 3°].

167. Interest mea, tua. — Avec interest, au lieu du génitif des pronoms personnels, on emploie les ablatifs féminins meā, tuā, suâ, etc.

Ex.: Interest meā, tuā, nostrā (s.-ent. causā), il importe à moi, à toi, à nous.

167*. On dit interest ejus, il lui importe (is n’est pas un vrai pronom personnel, mais un démonstratif, § 39), mais dicebat interesse suā, il disait qu’il lui importait [d’après les règles de se et suus, § 141].

Noter l’expression: interest vestrā, qui patres estis, il vous importe, à vous qui êtes pères.

168. Accusare furti. Multare exsilio. — Avec les verbes qui signifient accuser ou condamner, le nom du crime est au génitif (génitif de cause), mais le nom de la peine à l’ablatif (ablatif de moyen).

Ex.: 1. Accusare aliquem furti, accuser quelqu’un de vol (ou furti crimine, du grief de vol). — 2. Teneri cupiditatis, être convaincu de cupidité. — 3. Damnare capite, condamner à mort. — 4. Multare exsilio, punir d’exil.

168*. On dit aussi accusare de re, damnare capitis. Expressions particulières: damnare in metalla, ad bestias, condamner aux mines, aux bêtes.

Principaux verbes: accusare, incusare, insimulare, accuser; convincere, convaincre; teneri, être convaincu de; damnare, multare, condamner; absolvere, liberare, absoudre; purgare, disculper.

III. — COMPLÉMENTS AU DATIF

168 bis. RÈGLE GÉNÉRALE. — Le datif marque attribution, rapprochement, confrontation, opposition, de sorte que son rôle se rapproche beaucoup de celui des prépositions à ou pour en français [§ 169]; mais son emploi extrêmement développé auprès des verbes composés de certaines prépositions [§ 170] lui donne une importance particulière.

169. Do vestem pauperi. — On met au datif le complément d’objet indirect ou complément d’attribution précédés en français des prépositions à ou pour.

Ex.: 1. Do vestem pauperi, je donne un habit au pauvre. — 2. Nec sibi, nec alteri prodest, il n’est utile ni à lui-même, ni à un autre. — 3. Virtus praestat divitiis, la vertu est supérieure à (= l’emporte sur) la richesse. — 4. Hoc accidit mihi, cela m’est arrivé (= à moi). — 5. Nobis non licet, cela ne nous est pas permis (= à nous). [Voir § 157.]

169*. Les principaux verbes se construisant avec le datif sont ceux qui signifient: 1° donner et dire: dăre, tribuĕre, donner; tradĕre, livrer; praebēre, fournir; negare, refuser; narrare, raconter; respondēre, répondre;

2° être utile ou nuisible: prodesse, conducĕre, expedire, être utile; officĕre, nocēre, nuire; auxiliari, opitulari, secourir; consulĕre, veiller sur156];

3° être supérieur à: antecellĕre, praestare, remporter sur156*];

4° arriver: evenire, accidĕre (se dit des choses imprévues); contingĕre (se dit des choses prévues ou favorables), arriver;

libet, il plaît; licet, il est permis; mais decet, il convient, veut l’accusatif [§ 157].

170. Defuit officio. Adfuit ad judicium. — On met au datif le complément de beaucoup de verbes composés d’une préposition; mais, s’il s’agit d’un mouvement réel, on répète d’ordinaire la préposition.

Ex.: 1. Defuit officio, il a manqué à son devoir. — 2. Adfuit ad judicium, il s’est présenté au tribunal. — 3. Bellum inferre alicui, faire la guerre à quelqu’un. — 4. Bellum inferre in regionem, porter la guerre dans un pays.

170*. On construit ainsi notamment les composés de sum (sauf absum: abesse a patria, être loin de sa patrie) et beaucoup de verbes composés de ad, ante, cum, in, inter, ob, post, prae, sub, super. — On devra se garder de prendre pour des ablatifs les datifs qui accompagnent ces verbes, surtout chez les poètes, qui préfèrent généralement ne pas répéter la préposition contenue dans le verbe: innatare freto (pour in freto), flotter sur la mer; incurrere armentis (pour in armenta), se jeter sur les grands troupeaux; incidere nomen saxis, graver son nom sur les pierres.

171. Haec via ducit ad urbem. — On ne met pas au datif, mais à l’accusatif avec ad, le complément des verbes qui marquent la direction vers un but, l’inclination vers quelque chose.

Ex.: 1. Haec via ducit ad urbem, ce chemin mène à la ville. — 2. Te hortor ad laborem, je t’exhorte au travail. — 3. Ad supplicium trahi, être traîné au supplice. — 4. Hoc ad me pertinet, cela me regarde.

171*. On dit indifféremment scribo ad te ou tibi, je t’écris; mitto ad te ou tibi, je t’envoie.

Emplois spéciaux du Datif.

172. Est mihi liber. — Au lieu de dire: j’ai un livre, le latin dit de préférence: un livre est à moi (datif de possession).

Ex.: 1. Est mihi liber, j’ai un livre [mais hic liber est meus, § 111*]. — 2. Sunt nobis mitia poma, nous avons des fruits mûrs. — 3. Est mihi nomen Petrus ou Petro, je m’appelle Pierre (= j’ai nom Pierre).

Cet emploi justifie une phrase de ce genre:

Ex.: Scutum transfigitur Pulloni (au lieu de Pullonis), le bouclier de Pullon est traversé.

172*. Dans est mihi nomen Petrus ou Petro, on a Petrus par apposition à nomen, Petro par attraction avec mihi.

173. Hominibus, non muribus. — Avec toutes sortes de verbes le datif peut marquer dans l’intérêt ou contre l’intérêt de qui une chose existe ou se fait (datif d’intérêt, en français: pour).

Ex.: 1. Domus aedificatur hominibus, non muribus, on construit une maison pour les hommes et non pour les rats. — 2. Assurgere alicui, se lever pour (en l’honneur de) quelqu’un.

173*. C’est ce datif d’intérêt qui sert de complément à certaines formes passives [§ 185]. C’est lui aussi qu’on trouve dans quelques emplois où il semble purement explétif: at tibi venit ad me Caninius, mais figure-toi que Caninius vint me trouver (Cf. en français: prends-moi le bon parti).

Pour signifiant pour la défense de, à la place de, a pour équivalent pro: pro patria mori, mourir pour la patrie. Signifiant à l’égard de, il a pour équivalent erga ou in et l’accusatif: mea in te benevolentia, ma bienveillance pour toi.

174. Hoc erit tibi dolori. — Au datif d’intérêt peut être joint un second datif qui marque la destination d’une chose (double datif).

Ex.: 1. Hoc erit tibi dolori, ce sera pour toi une cause de douleur (litt.: cela sera pour toi à douleur). — 2. Esse alicui odio, être haï de quelqu’un. — 3. Hoc mihi crimini vertunt, ils m’en font un reproche. — 4. Venire auxilio alicui, aller au secours de quelqu’un (litt.: pour quelqu’un). Cf. le français: être à charge à quelqu’un.

174*. Ce double datif se rencontre souvent avec esse, mais aussi avec dare, vertĕre, tribuĕre, etc., qui ont le sens de imputer à. — Le datif de destination peut être isolé du datif d’intérêt: illud est argumento, cela peut servir de preuve (litt.: est à preuve).

IV. — COMPLÉMENTS A L’ABLATIF

175. RÈGLE GÉNÉRALE. — On met à l’ablatif le complément:

1° des verbes signifiant: a) séparer de et provenir de; b) abonder en ou être privé de; c) se réjouir ou s’afjliger de.

2° de quelques verbes déponents très usités: fruor, fungor, potior, utor, vescor et de l’impersonnel opus est.

1° Verbes signifiant:

a) Séparer de, provenir de.

176. Liberare servitute ou a servitute. — On met à l’ablatif, mais presque toujours précédé de ab, ex ou de, le complément des verbes qui signifient séparer de, éloigner de (ablatif d’éloignement) [§ 123].

Ex.: 1. Liberare servitute ou a servitute, délivrer de la servitude. — 2. Decessit vita ou de vita, il est mort (litt.: il est sorti de la vie).

176*. On se rappellera que l’usage sur ce point est très variable et regarde le dictionnaire bien plus que la grammaire. On peut remarquer seulement qu’on trouve plus souvent ab devant les noms d’êtres vivants, ex devant les noms de choses.

177. Accepi litteras a patre meo. — On met à l’ablatif précédé de ab ou ex le complément des verbes qui signifient demander à, recevoir de, apprendre de (ablatif de provenance).

Ex.: 1. Accepi litteras a patre meo, j’ai reçu une lettre de mon père. — 2. Petere aliquid ab aliquo, demander un objet à quelqu’un; quaerere aliquid ab aliquo, demander un renseignement à quelqu’un. — 3. Id audivi ex amico, j’ai appris cela d’un ami. — 4. Hoc a majoribus accepimus, nous avons appris cela de nos ancêtres.

177*. Au passif, arma petuntur a civibus pourra donc signifier: les armes sont demandées aux citoyens ou par les citoyens.

b) Abonder en, être privé de.

178. Abundat divitiis. Nulla re caret. — On met à l’ablatif sans préposition le complément des verbes qui signifient abonder en ou être privé de123].

Ex.: 1. Abundat divitiis, il abonde en richesses. — 2. Nulla re caret, il ne manque de rien. — 3. Omnes egemus auxilio, nous avons tous besoin de secours. — 4. Se exuere vitiis, se dépouiller (se corriger) de ses défauts.

178*. Tels sont: 1° implēre, cumulare, satiare aliquem aliqua re, combler qqn de qqe chose; privare, spoliare, exuĕre aliquem aliqua re, dépouiller qqn de qqe chose;

abundare, redundare, scatēre, abonder en; carēre, egēre, indigēre, vacare, être privé ou exempt de.

Cependant avec implēre et indigēre on trouve plus souvent le génitif: implēre dolium vini, emplir un tonneau de vin.

c) Se réjouir de, s’affliger de.

179. Gaudeo bonis rebus et doleo contrariis. — On met à l’ablatif le complément des verbes signifiant se réjouir de ou s’affliger de123].

Ex.: 1. Gaudeo bonis rebus et doleo contrariis, je me réjouis des événements heureux et je m’afflige des revers. — 2. Gloriantur sua victoria, ils se glorifient de leur victoire.

179*. On trouve aussi l’ablatif avec les adjectifs de sens analogue: tristis, maestus, anxius, contentus [cf. § 123 et 186].

2° Fruor, fungor, etc., opus est.

180. Fruor otio. Utitur victoria. — On met à l’ablatif le complément de cinq verbes déponents: fruor, fungor, potior, utor, vescor.

Ex.: 1. Fruor otio, je jouis de mon loisir. — 2. Fungor officio, je m’acquitte de mon devoir. — 3. Potior urbe, je m’empare de la ville. — 4. Utitur victoria, il profite (il se sert) de sa victoire. — 5. Lacte vescuntur, ils se nourrissent de lait.

180*. Temps primitifs: Fruor, ĕris, (rar. fruitus ou fructus sum) frui.Fungor, eris, functus sum, fungi.Potior, iris, potitus sum, potiri.Utor, eris, usus sum, uti.Vescor, ĕris, vesci. — Ces verbes étaient primitivement transitifs; aussi on trouve encore usité l’adjectif verbal: fungendus, fruendus, utendus, potiendus.

On trouve quelquefois potior avec le génitif, toujours dans l’expression potiri rerum, s’emparer, être maître, du pouvoir.

181. Mihi opus est amico. — Opus est signifie besoin est; j’ai besoin de quelque chose se dira donc besoin est à moi (datif) de quelque chose (ablatif).

Ex.: 1. Mihi opus est amico, j’ai besoin d’un ami (litt.: besoin est à moi d’un ami). — 2. Nihil opus est nobis simulatione, nous n’avons nul besoin (en rien besoin) de dissimuler.

181*. On dit quelquefois: liber mihi opus est; libri mihi opus sunt, j’ai besoin d’un livre ou de livres; quid tibi opus est? de quoi as-tu besoin?Il faut se hâter se dira: opus est properare, ou, properato ou plus rarement ut properemus.

Ablatif avec le Passif.

(Complément dagent.)

182. RÈGLE GÉNÉRALE. — A propos du complément du verbe passif, indiquant par qui ou par quoi l’action est faite, il y a lieu d’examiner deux choses: 1° S’agit-il d’un nom d’être animé ou d’un nom de chose? 2° S’agit-il d’une forme passive quelconque ou de l’adjectif verbal en dus?

183. Amor a Deo. — 1° On met à l’ablatif précédé de ab le nom d’être animé (comp. d’agent) complément du verbe passif.

Ex.: 1. Amor a Deo, je suis aimé de (ou par) Dieu. — 2. Libri a muribus corroduntur, les livres sont rongés par les rats.

184. Maerore conficior. — 2° On met à l’ablatif seul le nom de chose complément du verbe passif.

Ex.: 1. Maerore conficior, je suis accablé de (ou par le) chagrin. — 2. Sagitta vulneratus est, il fut blessé par une flèche.

184*. Certains mots peuvent désigner tantôt des êtres animés, tantôt des êtres inanimés: multitudo, pars, exercitus, etc.

Les choses peuvent être personnifiées, tandis que des êtres vivants peuvent être considérés comme de simples instruments: vita data est a Natura, la vie a été donnée par la nature; au contraire: equo vehi, être porté par un cheval, aller à cheval.

Bien entendu, les pronoms suivent les mêmes règles que les noms qu’ils représentent: diligor a vobis, je suis aimé par vous.

185. Mihi colenda est virtus. — On met au datif le complément des adjectifs verbaux en -dus. Remarquer qu’en ce cas le datif n’est pas en réalité un complément d’agent, mais conserve sa valeur propre de complément d’attribution.

Ex.: Mihi colenda est virtus, je dois pratiquer la vertu (litt.: la vertu est pour moi à pratiquer) [§ 173 et 243].

185*. On trouve classiquement ce datif avec une forme quelconque du passif, surtout avec le participe; il faut alors se garder de prendre le datif pour un ablatif. Le datif est régulier avec probari: hoc mihi probatur, cela est approuvé par moi.

Emplois spéciaux de l’Ablatif.

185 bis. RÈGLE GÉNÉRALE. — Un nom à l’ablatif, avec un verbe quelconque, peut être complément circonstanciel: 1° de cause; 2° d’instrument; 3° de manière; 4° de point de vue; 5° de prix; 6° de lieu ou de temps; 7° ablatif absolu. [Pour le 6° et le 7°, voir § 191-200 et 228-231.]

186. Lacrimare gaudio. — 1° L’ablatif peut indiquer pourquoi une chose se fait (ablatif de cause).

Ex.: Lacrimare gaudio, pleurer de joie (= à cause de).

187. Ferire gladio. — 2° L’ablatif peut indiquer avec quoi, au moyen de quoi une chose se fait (ablatif d’instrument et de moyen).

Ex.: Ferire gladio, frapper avec une épée. (Jamais avec n’est rendu par cum en ce sens.)

187*. On distinguera donc trois emplois du mot avec: 1° il marque le moyen et alors il ne se traduit jamais par cum, mais par l’ablatif seul; 2° il marque l’accompagnement et se traduit toujours par cum: proficisci cum aliquo, partir avec qqn; 3° il marque la manière, les circonstances: dans ce cas on emploie tantôt cum, tantôt l’ablatif seul.

188. Silentio audire. — 3° L’ablatif avec ou sans cum peut indiquer de quelle manière, dans quelles circonstances une chose se fait.

Ex.: 1. Silentio audire, écouter en silence. — 2. Cum voluptate audire, écouter avec plaisir.

188*. Il faut consulter l’usage sur ce point. D’ordinaire cum est nécessaire si le nom est sans détermination et il est facultatif si le nom est accompagné d’une détermination quelconque (complément ou adjectif).

189. Praestare ingenio. — 4° L’ablatif peut indiquer à quel point de vue on se place, de quelle partie du corps il s’agit (ablatif de relation, cf. § 162).

Ex.: 1. Praestare ingenio, l’emporter en intelligence. — 2. Teneo lupum auribus, je tiens le loup par les oreilles.

190. Constare denario. — 5° L’ablatif peut indiquer à quel prix une chose est estimée, achetée ou vendue (ablatif de prix).

Ex.: Constare denario, coûter un denier.

190 bis. Quanti constat? Parvo. — Si le prix est indiqué par un adverbe on trouve tantôt la forme de l’ablatif, tantôt celle du génitif91, 3°].

Ex.: Hoc quanti constat?Parvo, combien cela coûte-t-il ? — Fort peu.

190*. Selon les verbes employés on trouve magni ou magno, cher; parvi ou parvo, pas cher (consulter le dictionnaire). Toujours, quel que soit le verbe: quanti, combien (cher); tanti, si cher; pluris, plus cher; minoris, moins cher. Avec ces formes, facere prend le sens d’estimer, esse le sens de valoir. — Expression particulière: nihili facere aliquid, ne faire aucun cas de quelque chose.

CHAPITRE V — COMPLÉMENTS CIRCONSTANCIELS DE LIEU ET DE TEMPS

I. — NOMS DE LIEU

191. RÈGLE GÉNÉRALE. — I. On distingue quatre questions de lieu:

1° le lieu où l’on est: ubi es, où es-tu?

2° le lieu où l’on va: quo is, où vas-tu?

3° le lieu d’où l’on vient: unde venis, d’où viens-tu?

4° le lieu par lequel on passe: quā is, par où passes-tu?

RÈGLE GÉNÉRALE. — II. On distingue deux catégories de noms de lieu: 1° les noms de lieu ordinaires; 2° les noms propres de villes, ainsi que rus, domus et humus.

191*. Les noms de quelques petites îles sont assimilés à des noms de villes.

Première catégorie de noms de lieu.

192. Sum in urbe. Eo in urbem. Redeo ex urbe. Eo per urbem. — Avec les noms de lieu ordinaires, on emploie toujours une préposition.

1° Question ubi: on emploie in avec l’ablatif.

Ex.: 1. Sum in urbe, je suis dans la ville. — 2. Ambulat in horto, il se promène dans le jardin (on est ici dans la question ubi, parce qu’il n’y a pas changement de lieu) [§ 96].

2° Question quo: on emploie in avec l’accusatif.

Ex.: 1. Eo in urbem, je vais à (= dans) la ville. — 2. In Galliam proficiscitur, il part pour la Gaule.

3° Question unde: on emploie ex avec l’ablatif.

Ex.: 1. Redeo ex urbe, je reviens de la ville. — 2. Ex Aegypto proficiscitur, il part d’Égypte.

4° Question quā: on emploie per avec l’accusatif.

Ex.: 1. Iter fecit per urbem, il passa par (= à travers) la ville. — 2. Iter fecit per Galliam, il passa par la Gaule.

192*. I. À la question ubi l’ablatif seul est souvent employé quand le nom de lieu est accompagné de totus, omnis ou medius: medio mari, au milieu de la mer. On dit régulièrement terrā marique, sur terre et sur mer.

II. À la question quā on trouve aussi l’ablatif seul et régulièrement avec via et porta: ibam forte viā sacrā, je passais par hasard par la voie sacrée.

Deuxième catégorie de noms de lieu.

193. Sum Carthagine. Eo Romam. Redeo Athenis. — Aux trois premières questions de lieu (ubi, quo, unde) on n’emploie pas la préposition devant les noms propres de villes ni devant rus, domus et humus.

1° Question ubi: ablatif sans in.

Ex.: Sum Carthagine, je suis à Carthage.

Les mots rus, domus, humus prennent la forme ruri, domi, humi: sum ruri, je suis à la campagne; domi, à la maison, chez moi; jacet humi, il est étendu à terre [§ 194*].

2° Question quo: accusatif sans in.

Ex.: 1. Eo Romam, je vais à Rome. — 2. Profectus est rus, domum, il est parti pour la campagne, chez lui.

3° Question unde: ablatif sans ex.

Ex.: 1. Redeo Athenis, je reviens d’Athènes. — 2. Redeo rure, domo, je reviens de la campagne, de chez moi.

193*. Il y a une nuance entre eo domum, je vais chez moi et eo in domum meam, je vais dans ma maison.

194. Sum Romae, Lugduni. — A la question ubi, si le nom propre de ville est un nom singulier de la première ou de la deuxième déclinaison, on le met au locatif dont la forme se confond ici avec celle du génitif.

Ex.: 1. Sum Romae, je suis à Rome. — 2. Natus est Lugduni, il est né à Lyon (mais on dit sum Athenis, parce que Athenae est un nom pluriel).

194*. Ruri, domi, humi sont également des locatifs, de même domi militiaeque, domi bellique, en temps de paix et en temps de guerre. — Un mot au locatif n’admet pas régulièrement d’adjectif s’accordant avec lui, sauf dans quelques expressions comme domi suae, chez lui; est domi meae, il est chez moi.

Remarques sur les noms de lieu.

195. In ipsa Roma. In rure amoeno. — Si les noms propres de villes, ainsi que rus, domus et humus, sont accompagnés d’un adjectif, on doit employer les prépositions.

Ex.: In ipsa Roma habitat, il habite à Rome même. — 2. In rure amoeno, dans une campagne agréable.

195*. On peut dire eo domum regis, je vais chez le roi; mais on dira avec un adjectif qualificatif: eo in pulchram domum regis, je vais dans la belle demeure du roi.

Tableau récupératif de la construction des noms de lieu.

QUESTION ubi

QUESTION quo

QUESTION unde

QUESTION quā

NOMS COMMUNS OU DE PAYS

sum in urbe

eo in urbem

exeo ex urbe

iter facio

in Galliā

in Galliam

e Galliā

per urbem

apud patrem

ad patrem

abeo a patre

per Galliam

NOMS PROPRES DE VILLES

Carthagine

Carthaginem

exeo Carthagine

per Carthaginem

Athenis

Athenas

Athenis

per Athenas

Romae

Romam

Romā

per Romam

in ipsā Romā

in ipsam Romam

ex ipsā Romā

per ipsam Romam

Corinthi, in loco nobili

Corinthum, in locum nobilem

Corintho, e loco nobili

per Corinthum, locum nobilem

pugna ad Cannas

ad Romam

abeo a Romā

LOCUTIONS PARTICULIÈRES

domi, domi meae

domum

domo

terrā, mari

domi Caesaris

domum Caesaris

domo Caesaris

viā sacrā

in vetere domo

in veterem domum

abeo rure

alio itinere

ruri

rus

longe a domo

eādem portā

humi

cado humum (rare) mieux: in terram ou humi (poét.)

tollere humo (poét.) mieux

hoc ponte

in durā humo

tollere de terrā

196. Corinthi, in loco nobili. — Si les noms propres de villes sont accompagnés d’un nom commun, on doit employer la préposition devant le nom commun; de là deux tournures, suivant que le nom commun précède ou suit.

Ex.: 1. Constiterunt Corinthi, in loco nobili, ils s’arrêtèrent à Corinthe, lieu célèbre. — 2. In urbe Corintho, dans la ville de Corinthe [§ 105].

197. Victi sunt apud Cannas. Sum apud patrem. — Avec les noms de lieu, quand il s’agit d’un simple voisinage, et toujours avec les noms d’êtres vivants, on emploie apud, ad, ab.

1° Question ubi: on emploie apud, auprès, chez.

Ex.: 1. Victi sunt apud Cannas (ou ad Cannas), ils furent vaincus à Cannes. — 2. Cenabam apud patrem, je dînais chez mon père. — 3. Hoc legi apud Ciceronem, j’ai lu cela dans (chez) Cicéron.

2° Question quo: on emploie ad, vers, chez.

Ex.: 1. Hannibal profectus est ad Romam, Hannibal marcha sur Rome (où il n’est pas entré). — 2. Eo ad patrem, je vais chez mon père [§ 171].

3° Question unde: on emploie ab, de, d’auprès de.

Ex.: 1. Hannibal a Roma discessit, Hannibal s’éloigna de (d’auprès de) Rome. — 2. A rege, de chez le roi, de la part du roi.

197*. On dit: erat in Cicerone magnum ingenium, il y avait chez Cicéron une grande intelligence (et non pas apud). On notera, en outre, que apud ne peut marquer le mouvement; chez se traduira donc selon les cas par apud ou ad ou in.

II. — NOMS DE TEMPS

197 bis. RÈGLE GÉNÉRALE. — Les compléments circonstanciels de temps peuvent être: 1° à l’accusatif; 2° à l’ablatif; 3° précédés des prépositions ante, post, in.

198. Regnavit tres annos. Quartum annnum regnat. — L’accusatif du nom de temps marque la durée.

1° Avec le nombre cardinal, l’accusatif marque pendant combien de temps une chose a duré ou durera (quamdiu?).

Ex.: Regnavit tres annos, il a régné pendant trois ans.

2° Avec le nombre ordinal l’accusatif marque depuis combien de temps une chose dure (quamdudum?).

Ex.: Quartum annum regnat, il règne depuis trois ans (litt.: la quatrième année). Exception: tres annos natus, âgé de trois ans (né depuis trois ans).

198*. L’ablatif marque aussi parfois la durée: regnavit tribus annis, il a régné trois ans. — Locutions: decimo aetatis anno ou decimum annum agens, dans sa dixième année, à neuf ans; multis annis eum non vidi, je ne l’ai pas vu depuis de nombreuses années.

199. Horā tertiā. Sex diebus. — L’ablatif du nom de temps marque la date ou le temps employé.

1° Avec le nombre ordinal, l’ablatif marque à quel moment, à quelle date une chose se passe (quando?).

Ex.: 1. Horā tertiā, hieme, à la troisième heure, en hiver. — 2. Centesimo anno ante Christum, cent ans avant Jésus-Christ. — 3. Quinto quoque anno, tous les quatre ans (chaque cinquième année).

2° Avec le nombre cardinal, l’ablatif marque en combien de temps on a fait une chose (quanto tempore?).

Ex.: Deus creavit mundum sex diebus, Dieu a créé le monde en six jours.

199*. I. S’il ne s’agit pas d’un nom de temps, pour marquer la date on emploie in (ablatif): in senectute, dans la vieillesse. Avec un adjectif on dit in extrema senectute, mais plus souvent extrema senectute.

D’ailleurs on trouvera l’ablatif seul dans beaucoup d’expressions: principio, au début; primo congressu, au premier choc; pace belloque, en paix et en guerre; memoriā patrum, du temps de nos pères; secundo bello Punico, au temps de la deuxième guerre punique; ludis, au moment des jeux; adventu, à l’arrivée de.

II. Quand le latin emploie un nombre ordinal et le français un nombre cardinal, le latin est d’ordinaire supérieur d’une unité, à moins qu’il ne s’agisse d’un chiffre rond.

200. Ante sex annos. Post tres dies. In posterum diem. — Les noms de temps s’emploient avec les prépositions ante, post, in:

Avec ante, l’accusatif signifie depuis combien de temps une chose est passée.

Ex.: 1. Ante sex annos mortuus erat, il était mort depuis six ans (six ans auparavant). — 2. Ante hos sex annos, il y a six ans.

Avec post, il signifie dans, au bout de combien de temps:

Ex.: Post tres dies proficiscar, je partirai dans (= après) trois jours.

Avec in, il signifie pour quelle date:

Ex.: Eum invitavit in posterum diem, il l’invita pour le lendemain.

200*. Post et ante, pris adverbialement, sont accompagnés de l’ablatif de différence137]: paucis post diebus, peu de jours après; biennio, triennio ante, deux ans, trois ans auparavant. — Remarquez les expressions: ante paucos dies quam, ou paucis diebus antequam, peu de jours avant que. — Pour les dates du mois a. d. VI Kal. Nov. etc., voir § 362.

TABLEAU D L’EMPLOI DES CAS

ACCUSATIF

Complément d’objet direct, § 157-161 [Cf. acc. de qualification, [§ 160*].

Direction vers un but, § 192-193 [Cf. § 245].

Extension dans l’espace, § 163.

dans le temps, § 198.

figurée: acc. de relation, § 161; adverbial, § 164.

Exclamation, § 100, 2°.

GÉNITIF

Possession (génitif possessif, § 110-112).

Division (génitif partitif, § 153).

Description (génitif descriptif, § 114).

Cause (avec paenitet, etc., § 159, 168).

Prix, § 166*, 190 bis.

Remplaçant le locatif, § 193, 194*.

DATIF

Rapprochement ou opposition, § 120-122; § 169-170.

Possession, § 172.

Avantage ou désavantage, § 173 (Cf. 173*, § 183).

Destination ou effet (double datif, § 174).

ABLATIF

proprement dit

Éloignement, séparation, § 123, 176.

Provenance, § 177.

Comparaison, § 127.

ablatif instrumental

Moyen, § 187 (Cf. abl. de prix, § 190; de temps, § 199, 2°).

Cause, § 186 (Cf. abl. avec passif, § 104).

Point de vue (abl. de relation, § 189).

Différence, § 177.

Manière et circonstance, § 188 (Cf. 114*).

remplaçant le locatif

Situation dans le lieu, § 192-193.

Situation dans le temps, § 199, 1°.

Ablatif absolu, § 228-232.

L’emploi des cas est assez compliqué en latin. C’est que cette langue qui s’est fixée à une époque de transition représente un stade intermédiaire entre l’indo-européen primitif, où chaque nom indiquait son rôle par ses formes propres, et les langues modernes, où cette fonction est indiquée par une place particulière ou une préposition. C’est ainsi que le latin a déjà réduit à six les huit cas primitifs, l’ablatif ayant absorbé la plupart des emplois de l’instrumental et du locatif. Par suite, les prépositions interviennent souvent pour préciser les sens de l’accusatif ou de l’ablatif.

TROISIÈME PARTIE — SYNTAXE DE LA PROPOSITION SIMPLE

CHAPITRE UNIQUE — EMPLOI DES VOIX, DES TEMPS ET DES MODES

I. — EMPLOI DES VOIX (ou FORMES)

201. Caesar pontem fecit. — Là où le français emploie divers auxiliaires, le latin, plus concis, se contente souvent de la voix active ou passive.

Ex.: 1. Caesar pontem fecit, César fit faire un pont. — 2. Ex equo eum deripuit, il le fit tomber de cheval. — 3. Quid faciam? que vais-je faire? — 4. Cogor, je me vois forcé. — 5. Fateor, je dois, je puis avouer. — 6. Dico, je veux dire. — 7. Vixerunt, ils ont cessé de vivre.

202. In flumine lavantur. — Là où le français emploie un verbe réfléchi, le latin se contente souvent de la voix passive ou d’un verbe intransitif.

Ex.: 1. In flumine lavantur, ils se baignent dans le fleuve. — 2. Exerceri in re, s’appliquer à quelque chose. — 3. Praeceps fertur in hostem, il s’élance sur l’ennemi. — 4. Murus corruit, le mur s’écroule. — 5. Rapimur cupiditatibus, nous nous laissons entraîner par les passions.

203. Fortiter pugnatum est. — Le latin peut employer sans sujet le passif de tout verbe, même intransitif: c’est le passif impersonnel; le participe est alors au neutre.

Ex.: 1. Fortiter pugnatum est, on combattit courageusement (litt.: il fut combattu). — 2. Dicitur, on dit. — 3. Mihi nocetur, on me nuit. — 4. Faciendum est, il faut faire, on doit faire.

203*. I. A côté de l’infinitif au passif impersonnel, le verbe qui sert d’auxiliaire reste à la forme active: potest fleri, il peut arriver; solet dici, on a coutume de dire; mais avec les impersonnels comme oportet, decet, licet, etc., l’infinitif garde la forme active: non abire licebat, il n’était pas permis de s’éloigner, on ne pouvait s’éloigner.

II. Le passif impersonnel est parfois accompagné d’un complément d’agent: mihi a te nocetur, tu me nuis; nemini ab hoste parcebatur, l’ennemi n’épargnait personne.

204. Esse in odio. Movere admirationem. — Le latin dispose de diverses tournures pour remplacer le passif des verbes qui ne peuvent en avoir régulièrement.

Ex.: 1. Esse in odio alicui, être haï par quelqu’un (odi, je hais). — 2. Movēre admirationem, être admiré, provoquer l’admiration (admirari, admirer). — 3. In suspicionem venire, être soupçonné (suspicari, soupçonner). — 4. Oblivione obrui, être oublié (litt.: être enseveli dans l’oubli).

204*. Des verbes composés de eo, ire, aller, servent de passif à deux composés de dare: vendĕre, vendre, venire (veneo), être vendu; perdĕre, perdre, perire (pereo), être perdu.

II. — EMPLOI DES TEMPS

205. RÈGLE GÉNÉRALE. — L’emploi des temps est généralement le même en latin qu’en français; il suffit de mentionner: 1° le présent historique; 2° le parfait présent; 3° l’imparfait de tentative; 4° l’imparfait épistolaire.

206. Vercingetorix proficiscitur. — 1° Le présent peut s’employer au lieu du parfait pour donner plus de vivacité au récit (présent historique).

Ex.: Vercingetorix obviam Caesari proficiscitur, Vercingétorix s’en va à la rencontre de César.

207. Vixit. Janua clausa est. — 2° Le parfait latin peut correspondre à notre passé simple [§ 48]. En ce cas, il marque seulement une action qui a pris date dans le passé.

Ex.: Tum vēnit nuntius, alors survint un messager.

Lorsque le parfait latin correspond à notre passé composé, il s’emploie pour marquer un état actuel résultant d’une action passée, parfaitement achevée au moment où l’on parle (parfait présent).

Ex.: 1. Vixit, il est mort (litt.: il a vécu, sa vie est achevée). — 2. Janua clausa est, la porte est (actuellement) fermée [§ 70, 3° et 66, 3°]. — 3. Novi (parf. de nosco, chercher à connaître), je sais (litt.: j’ai fini de chercher à connaître).

208. Veniebam, sed prohibitus sum. — 3° L’imparfait, comme en français, insiste sur la durée ou la répétition de l’action; son emploi permet aux historiens d’attirer l’attention sur un tableau.

Ex.: Circumvallare loci natura prohibebat, la disposition du terrain interdisait la circonvallation.

Il peut s’employer aussi pour marquer une simple intention ou l’engagement d’une action (imparfait de tentative).

Ex.: Veniebam, sed prohibitus sum, je me disposais à venir, mais j’en fus empêché.

N. B. — On voit que le parfait et l’imparfait ne sont pas seulement des temps; ils expriment encore ce que les grammairiens appellent aujourd’hui les aspects du verbe.

208*. On trouve assez souvent fuit là où le français emploie l’imparfait, notamment dans la description des hommes: Iphicrates fuit et animo magno et corpore, Iphicrate était à la fois un grand homme et un homme grand.

209. Nihil habebam quod scriberem. — 4° Dans les lettres on emploie souvent le passé au lieu du présent, parce que l’on considère le moment où le correspondant lira la lettre (imparfait épistolaire).

Ex.: Nihil habebam quod scriberem, je n’ai rien à t’écrire (litt.: je n’avais rien).

209*. Le futur antérieur s’emploie parfois au lieu du futur: 1° au sens de j’aurai bientôt fini de. 2° dans l’expression tu vidĕris, tu y pourvoiras, c’est ton affaire.

III. — EMPLOI DES MODES PERSONNELS

210. Les seules propositions qui demandent ici une étude spéciale sont celles qui expriment:

1° Un ordre ou une défense: viens, ne viens pas.

2° Un souhait ou un regret: puisse-t-il venir! Si seulement tu étais venu!

3° Une supposition: il viendrait volontiers (conditionnel français).

1° Ordre et défense.

211. Puer, abige muscas. — Un ordre s’exprime par l’impératif à la deuxième personne et par le subjonctif présent aux deux autres.

Ex.: 1. Puer, abige muscas, esclave, chasse les mouches. — 2. Egredere ex urbe, Catilina, sors de la ville, Catilina. — 3. Abeat proditor, que le traître s’en aille. — 4. Eamus, allons.

211*. Dans les maximes, le subjonctif peut remplacer l’impératif à la 2e personne: sic vivas, sic facias, vis, agis ainsi.

212. Cras petito, dabitur. — Si l’ordre porte sur l’avenir, on peut employer l’impératif futur en -to.

Ex.: Cras petito, dabitur; nunc abi, réclame demain, on te donnera; pour le moment, va-t’en.

212*. C’est l’impératif en -to qu’on trouve d’ordinaire même à la 3e personne dans les textes de lois et les maximes: poemata dulcia sunto, que les poèmes soient agréables. — Les formes scito, sache; sic habeto, tiens pour certain, s’emploient toujours, même sans idée de futur [§ 61]. De même esto, sois.

213. Ne feceris, Noli facere. — Une défense peut s’exprimer de deux manières:

1° Par ne et le subjonctif parfait à la deuxième personne, ne et le subjonctif présent aux deux autres. [§ 98, 4e Rem.]

Ex.: 1. Ne hoc feceris, ne fais pas cela. — 2. Ne timueritis, ne craignez pas. — 3. Ne imitatus sis n’imite pas. — 4. Ne mentiamur, ne mentons pas. — 5. Ne veniant, qu’ils ne viennent pas.

2° par noli, nolite (ne veuille pas, ne veuillez pas) avec l’infinitif.

Ex.: 1. Noli hoc facere, ne fais pas cela. — 2. Nolite mentiri, ne mentez pas.

213*. Dans les maximes générales, on peut exprimer la défense par la deuxième personne du subjonctif présent: ne insultes miseris, n’outrage pas les malheureux. — Il faut s’attendre à trouver en poésie, au lieu de ne feceris: ne fac, ne facias. — Autres tournures: cave dicas, ne dis pas (prends garde de dire), et en poésie: mitte, fuge, parce dicĕre, ne dis pas (litt.: renonce, évite, abstiens-toi de dire).

214. À l’étude des propositions exprimant un ordre ou une défense, se rattachent deux emplois spéciaux du subjonctif: 1° le subjonctif délibératif; 2° le subjonctif de supposition.

Quid faciam? non eam? — 1° Dans une interrogation, la première personne du subjonctif peut signifier qu’on se demande ce qu’on doit faire et se traduire par faut-il que je? (subjonctif délibératif), La négation est non.

Ex.: 1. Quid faciam? non eam? Que faut-il que je fasse (Que faire)? ne faut-il pas que j’y aille ? — 2. Quid facerem? Que fallait-il que je fisse? Que fallait-il faire? [§ 221*].

214*. Le subjonctif délibératif est rare aux autres personnes, mais seulement parce que le sens s’y prête moins: quid faceret? que pouvait-il faire? (litt.: que fallait-il qu’il fît?).

Veniat, ne veniat, quid ad nos? — 2° Le subjonctif latin peut parfois se traduire par supposons que (subjonctif de supposition), La négation est ne.

Ex.: 1. Veniat, ne veniat, quid ad nos? qu’il vienne, qu’il ne vienne pas, qu’est-ce que cela nous fait? (litt.: supposons, admettons qu’il vienne).

2° Souhait ou regret.

215. Utinam diu vivas. Utinam viveret. — Un souhait s’exprime par le présent du subjonctif (cas potentiel) avec ou sans utinam; un regret (c’est-à-dire un souhait qui n’est plus réalisable), par l’imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif (cas irréel) avec utinam. La négation est ne.

Ex.: 1. Diu vivas ou utinam diu vivas, puisses-tu vivre longtemps! — 2. Utinam viveret, si seulement il vivait! (actuellement)! — 3. Utinam ne vixisset, plût au ciel qu’il n’eût pas vécu!

215*. Le subj. parfait peut aussi exprimer un souhait quand le sens le réclame: utinam advenerit, fasse le ciel qu’il soit arrivé!Utinam s’omet rarement devant le subjonctif de regret.

3° Idée de supposition.

215 bis. RÈGLE GÉNÉRALE. — La supposition s’exprime en français par le conditionnel présent ou passé, en latin par le subjonctif. La seule difficulté vient de ce que notre conditionnel présent a un double sens: conditionnel futur et conditionnel présent, ce qui, avec le conditionnel passé, fait en réalité trois cas de supposition:

1er cas: la supposition porte sur l’avenir (potentiel):

possim, je pourrais (dans l’avenir).

2e cas: la supposition porte sur le présent qu’elle contredit (irréel du présent):

possem, je pourrais (dans certaines conditions, mais en fait je ne peux pas).

3e cas: la supposition porte sur le passé qu’elle contredit (irréel du passé):

potuissem, j’aurais pu.

1er CAS: Mode potentiel (au présent du subjonctif).

216. Possim, si velim. — Le subjonctif présent latin correspond à un conditionnel futur pour indiquer une supposition concernant l’avenir, donc possible.

Ex: 1. Possim, si velim, je le pourrais, si je le voulais. — 2. Nemo mihi jure succenseat, nul ne saurait raisonnablement m’en vouloir. — 3. Hunc ego hominem non admirer? cet homme, je ne l’admirerais pas?

216*. Le potentiel à la seconde personne correspond parfois à notre pronom on148*].

2e CAS: Mode irréel du présent (à l’imparfait du subjonctif).

217. Possem, si vellem. — L’imparfait du subjonctif latin correspond à notre conditionnel présent pour indiquer une supposition contraire à la réalité présente.

Ex.: 1. Possem, si vellem, je le pourrais, si je le voulais (mais en fait, actuellement, je ne le veux pas). — 2. Vellem idem gloriari quod Cyrus, je voudrais pouvoir me glorifier de la même chose que Cyrus (c’est impossible).

217*. I. Remarquer qu’une chose peut être absurde ou impossible: il suffit qu’on la suppose provisoirement possible pour que l’emploi du potentiel soit justifié:

Ex.: Si avis fiam, volem: si (simple supposition) je devenais oiseau, je prendrais mon vol.

Si, au contraire, on veut marquer, non pas que la chose est impossible, mais qu’on la suppose telle, on emploie l’irréel:

Ex.: Si avis fierem, volarem: si je devenais un oiseau (mais j’estime cela impossible) je prendrais mon vol.

II. Quelquefois l’imparfait du subjonctif correspond à notre conditionnel passé: quis crederet, qui aurait cru? (qui pouvait à ce moment-là croire?). C’est une sorte de potentiel dans le passé [§ 148*].

3e CAS: Mode irréel du passé (au plus-que-parfait du subjonctif).

218. Potuissem, si voluissem. — Le plus-que-parfait du subjonctif latin correspond à notre conditionnel passé.

Ex.: 1. Potuissem, si voluissem, je l’aurais pu, si je l’avais voulu (mais en fait, je ne l’ai pas voulu). — 2. Romanum quae fregisset acies? quelle bataille aurait abattu les Romains?

Cas particuliers.

219. Hoc facere debebam. — Pour marquer la possibilité, l’indicatif latin remplace le conditionnel français avec les verbes ou locutions signifiant pouvoir ou devoir.

Ex.: 1. Possum, debeo facere, je pourrais, je devrais faire. — 2. Hoc facere debebam ou debui, j’aurais dû le faire. — 3. Audendum fuit, il aurait fallu oser.

219*. En pareil cas, il n’y a pas d’ordinaire de condition exprimée. — On emploie ainsi, outre possum et debeo: 1° oportet, convenit, licet, decet; 2° les adjectifs verbaux en -dus avec esse; 3° quelques locutions comme longum est, il serait long (de dire); melius erat, il eût mieux valu.

220. Non affirmaverim. — Pour adoucir une affirmation, on emploie quelquefois le parfait du subjonctif (cf. en français: je ne saurais).

Ex.: 1. Non affirmaverim, je n’affirmerais pas, je n’ose affirmer, je ne saurais affirmer. — 2. Crediderim, je croirais volontiers, je serais assez porté à croire. — 3. Dixerit aliquis, on dira peut-être.

IV. — EMPLOI DES MODES IMPERSONNELS

1° L’infinitif.

221. RÈGLE GÉNÉRALE. — L’infinitif peut être sujet ou complément d’objet direct d’un verbe [§ 104]:

Ex.: 1. Fugere est turpe, il est honteux de fuir. — 2. Cupio manere, je désire rester [Cf. Remarque].

Mais on ne doit pas l’employer après une préposition [§ 240], ni comme complément d’un nom [§ 113] ou d’un adjectif proprement dit [§ 124-126]. C’est le gérondif (véritable déclinaison de l’infinitif, § 62) qui le remplace dans ces divers emplois.

221*. L’infinitif français précédé d’une préposition doit donc se traduire par la subordonnée correspondante: après avoir fait (= après que, postquam); avant de faire (= avant que, antequam); pour, afin de faire (= afin que, ut); pour avoir fait (= parce que, quia). — Sans et au lieu de, suivis de l’infinitif, se rendent de plusieurs façons: il a vu cela sans pleurer, hoc vidit nec flevit [voir aussi § 293]; il a ri au lieu de pleurer (= bien loin que), tantum afuit ut fleret ut etiam rideret [§ 294] ou adeo non flevit, ut etiam rideret.

REMARQUE. — Quand l’infinitif est complément d’un verbe qui ne marque pas de mouvement [§ 245], on n’exprime pas les prépositions à ou de.

221 bis. Incepit ludere. — Quand l’infinitif est complément d’un verbe qui ne marque pas de mouvement [§ 245], on n’exprime pas les prépositions à ou de.

Ex.: 1. Incepit ludere, il commença à jouer (c.-à-d. il commença son jeu). — 2. Desiit loqui, il cessa de parler (c.-à-d. il cessa son discours).

222. Consul ipse pugnare. — L’infinitif avec un sujet au nominatif peut s’employer au lieu d’un mode personnel dans les narrations vives (infinitif de narration).

Ex.: 1. Consul ipse pugnare, le consul combattait (ou se mit à combattre) en personne. — 2. Alii cedere, alii insequi, les uns de reculer, les autres d’avancer.

222*. I. L’infinitif de narration se reconnaît donc par le cas du sujet (nominatif); il se traduit par un imparfait ou par l’expression se mettre à: omnes clamare, tous criaient, tous se mirent à crier (tous de crier).

II. On trouve aussi l’infinitif exclamatif avec ou sans ne (interrogatif), le sujet étant à l’accusatif; Triumphumne agĕre piratam, un pirate triompher!

2° Le participe.

Il y a lieu d’étudier: A) le participe remplaçant: 1° un nom; 2° une proposition subordonnée; B) le participe à l’ablatif absolu; C) le participe en -urus.

REMARQUE. — Ne pas oublier que le participe peut être:

ou bien un participe présent, indiquant l’action en train de se faire.

Ex.: Illi, sequentes latronem…​ ceux-là, tout en suivant le voleur…​

ou bien un participe passé à sens passif, ou déponent actif, indiquant l’action achevée.

Ex.: Laudati…​ ayant reçu des louanges; secuti latronem, invenerunt…​, ayant suivi le voleur, ils trouvèrent…​

A) Participe remplaçant:un nom;une subordonnée.

223. 1° Le participe peut remplacer un nom:

Ex.: Audientes = les écoutants (La Fontaine), les auditeurs.

2° Le participe se rapportant au sujet ou au complément peut remplacer une proposition complétive [§ 224-225], ou une relative [§ 226], ou une circonstancielle de temps, de cause ou de concession [§ 227].

224. Vidi eum ingredientem. — Après les verbes signifiant voir ou entendre, on emploie le participe ou l’infinitif dans un sens un peu différent avec voir, mais très différent avec entendre.

Ex.: 1. Vidi eum ingredientem, je l’ai vu entrer = au moment où il entrait; vidi eum ingredi, j’ai vu, j’ai constaté qu’il entrait. — 2. Audio te narrantem, je t’entends raconter; audio te narrare, j’apprends (par ouï-dire) que tu racontes.

224*. Il en est de même avec les verbes signifiant peindre et représenter: Xenophon facit Socratem disputantem, Xénophon représente Socrate en train de discuter; Apelles pinxit Alexandrum fulmen tenentem, Apelle représenta Alexandre tenant un foudre. Mais on dira: Plato construi a deo mundum facit, Platon admet que le monde est l’œuvre de la divinité.

225. Sicilia amissa angebat Hannibalem. — Le latin emploie souvent le participe dans des cas où le français emploie un nom abstrait.

Ex.: 1. Sicilia amissa angebat Hannibalem, la perte de la Sicile (litt.: la Sicile perdue) tourmentait Hannibal. — 2. Occisus Caesar scelus videbatur, le meurtre de César paraissait un crime. — 3. Post conditam urbem, après la fondation de la ville.

226. Libros, confusos antea, disposuit. — Le participe est très souvent l’équivalent d’une proposition relative.

Ex.: 1. Pisistratus Homeri libros, confusos antea, disposuit, Pisistrate arrangea les livres d’Homère qui étaient auparavant en désordre. — 2. Male parta male dilabuntur, les biens (qui ont été) mal acquis, ne profitent pas.

226*. En réalité le participe est toujours l’équivalent d’une relative, mais cette relative elle-même peut avoir le sens d’une circonstancielle [§ 326-330].

227. Urbem captam hostis diripuit. — Le participe est très souvent l’équivalent d’une proposition circonstancielle quelconque, surtout de temps, de cause ou de concession [227* I],

1° Circonstancielle de temps (quand, après que):

Ex.: 1. Urbem captam hostis diripuit, après que la ville eut été prise, l’ennemi la pilla [227* II]. — 2. Uva maturata dulcescit, le raisin, quand il a mûri, prend une saveur sucrée.

2° Circonstancielle de cause (parce que):

Ex.: Servilius Maelium regnum appetentem interemit, Servilius fit périr Maelius aspirant (= parce qu’il aspirait) à la royauté.

3° Circonstancielle de concession (quoique, même si):

Ex.: Risum tenēre cupientes, non possumus, même si nous désirons retenir notre rire, nous ne le pouvons pas.

227*. I. Pour les particules qui précisent le sens du participe, voir § 232.

II. Le latin préfère employer le participe là où le français emploie deux coordonnées: l’ennemi prit la ville et la pilla devient l’ennemi pilla la ville prise.

B) Ablatif absolu.

228. RÈGLE GÉNÉRALE. — L’ablatif absolu s’emploie: 1° avec un nom accompagné d’un participe; 2° avec un nom accompagné d’un attribut (sans participe); 3° avec un participe au neutre singulier.

229. Partibus factis. — 1° Un nom à l’ablatif accompagné d’un participe peut former une sorte de proposition particulière, pourvu que le nom ne soit ni sujet, ni complément du verbe de la proposition où il s’insère.

Ex.: 1. Partibus factis, sic locutus est leo, les parts ayant été faites, le lion parla ainsi. — 2. Artes repertae sunt, docente natura, les arts ont été inventés grâce aux indications de la nature elle-même (litt.: la nature enseignant).

229*. I. Le nom à l’ablatif absolu ne doit pas être représenté comme sujet ou complément par un pronom. On ne dira donc pas: urbe capta, hostis eam diripuit, mais urbem captam hostis diripuit. Les exceptions sont rares.

II. Le sujet du participe à l’ablatif absolu peut être sous-entendu: nostros perturbaverunt; rursus resistentibus (s.-ent. nostris), ad pedes desiluerunt, ils jetèrent le désordre parmi les nôtres; mais ceux-ci revenant à l’attaque, ils mirent pied à terre.

III. Pour l’accord, le participe à l’ablatif absolu se rapportant à plusieurs sujets se met habituellement au pluriel s’il s’agit de personnes [voir accord de l’attribut, § 101, A]; s’il s’agit de choses il s’accorde habituellement avec le plus rapproché [voir accord de l’épithète, § 101, B]: matre et conjuge sequentibus, sa mère et sa femme venant à sa suite; auxiliis equitatuque comparato, après s’être procuré des troupes auxiliaires et de la cavalerie.

230. Cicerone consule. — 2° Le verbe sum n’ayant pas de participe ni présent ni passé, l’ablatif absolu peut se rencontrer sans participe. Dans ce cas, l’attribut est surtout un mot indiquant l’âge ou la fonction.

Ex.: 1. Cicerone consule, sous le consulat de Cicéron (= Cicéron étant consul). — 2. Me judice, quand j’étais juge (litt.: moi étant juge). — 3. Nobis pueris, dans notre enfance (= quand nous étions enfants). — 4. Hannibale vivo, du vivant d’Hannibal (= Hannibal étant vivant).

230*. On emploie ainsi: 1° des noms de fonctions, rex, consul, imperator, dux, auctor, iudex, testis, etc.; 2° des noms d’âge: puer, adulescens, senex; 3° des adjectifs tels que hic, ille, tantus, nullus, conscius, frequens, incolumis, invitus, recens, salvus, vivus.

231. Cognito vivere Ptolemaeum. — 3° Le participe neutre à l’ablatif absolu peut avoir pour sujet une proposition entière.

Ex.: Cognito vivĕre Ptolemaeum, lorsqu’on eut appris que Ptolémée vivait (litt.: le fait que Ptolémée vivait ayant été connu).

231*. On trouve surtout employés ainsi: audito, comperto, nuntiato, praedicto, edicto.

Quant à la proposition sujet, ce peut être une infinitive, une complétive avec ut ou une interrogative indirecte. — Parfois le participe est seul: augurato, les auspices ayant été consultés; jurato, après avoir prêté serment. C’est l’origine d’adverbes: consulto, à dessein, etc. [§ 87].

232. Haec simul increpans. — Le sens du participe (ordinaire ou à l’ablatif absolu) est parfois précisé par une particule (adverbe ou conjonction).

Ex.: 1. Haec simul increpans, tout en faisant ces reproches (litt.: faisant en même temps). — 2. Ut re confecta, comme si (dans la pensée que) l’affaire était finie. — 3. Quanquam deterrentibus amicis, quoique ses amis tentassent de l’en détourner (malgré les remontrances de ses amis).

232*. On emploie ainsi: 1° des particules de temps: vixdum, à peine; statim, aussitôt; simul, en même temps; 2° des particules causales; quippe, utpote, parce que; 3° comparatives: quasi, ut, velut, sicut, comme si; 4° concessives: quanquam, etsi, quoique; 5° conditionnelles, nisi, etc.

C) Participe en -urus.

233. Mox profecturus sum. — Le participe en -urus ne marque pas l’obligation, mais indique seulement qu’on est sur le point de faire (qu’on va faire) ou dans l’intention de faire ou destiné à faire une chose.

Ex.: 1. Mox profecturus sum, je vais bientôt partir. — 2. Veniunt castra oppugnaturi, ils viennent dans l’intention d’assiéger le camp. — 3. Opera plurima et mansura, des œuvres très nombreuses et durables (litt.: destinées à durer).

233*. Les bons auteurs n’emploient d’ordinaire le participe en -urus que joint au verbe sum exprimé ou sous-entendu; on évitera de dire venerunt visuri, ils vinrent pour voir; cependant futurus et venturus peuvent être adjectifs et signifier simplement futur: spes venturi boni, l’espoir d’un avantage à venir (futur). — Dans certaines subordonnées le participe en -urus avec esse rend l’idée du conditionnel au subjonctif et à l’infinitif [§ 343].

3° Le gérondif ef l’adjectif verbal.
Note
Les paragraphes qui suivent ayant fait l’objet d’un important remaniement, nous estimons utile de signaler la correspondance entre les numéros de l’édition 1955 et des suivantes et ceux des éditions antérieures à 1955. Au n° 235 actuel correspond le n° 243; à 236, 242; à 237, 236; à 238, 235; à 239, 241; à 240, 237; à 241, 238; à 242, 239; à 243, 240. Les nos 234, 244 et 245 n’ont pas changé.

Quatre questions sont à traiter ici: A) Emploi du gérondif; B) Les deux sens de l’adjectif verbal: destination et obligation; C) Substitution de l’adjectif verbal au gérondif; D) Emplois communs du gérondif et de l’adjectif verbal.

A.

234. Difficultas navigandi. — Le gérondif, rappelons-le, appartient à la voix active. Il n’est autre chose que la déclinaison de l’infinitif considéré comme un nom (cf. en français: le souper, le rire) [§ 62 et 221].

Ex.: 1. Summa erat difficultas navigandi (génitif), la navigation était d’une extrême difficulté. — 2. Crassus disserendo par non erat (datif), Crassus n’était pas en état de discuter. — 3. Homo ad intellegendum est natus (accusatif), l’homme est fait pour comprendre. — 4. Benevolentiam assentando colligere turpe est (ablatif), il est honteux de se procurer la bienveillance par des flatteries.

B.

235. Dedit libros legendos. — 1° L’adjectif verbal, ou participe futur passif, a le sens de destination quand il est attribut du complément direct. Il peut correspondre à l’infinitif français après des verbes signifiant: donner à faire, se charger de faire.

Ex.: 1. Dedit mihi libros legendos, il me donna des livres à lire (= pour les lire). — 2. Puerum educandum suscepit, il se chargea d’élever l’enfant. Au passif: puer educandus ei traditus est, on lui donna l’enfant à élever.

235*. On construit ainsi: 1° idée de donner: mandare, promittĕre, concedĕre, relinquĕre; 2° idée de se charger: accipĕre, suscipĕre, curare.

236. Colenda est virtus. — 2° L’adjectif verbal a le sens d’obligation quand il est attribut du sujet ou épithète.

Ex.: 1. Colenda est virtus, la vertu doit être pratiquée. — 2. Prudentia est rerum expetendarum fugiendarumque scientia, la prudence est la science des choses à rechercher et à éviter.

Quelquefois, il indique plutôt une idée de possibilité.

Ex.: Homo contemnendus, un individu méprisable, tremendus, redoutable, amandus, aimable, deridendus, risible (remarquer l’emploi des suffixes -ible, -able) [351 bis, 3°, b].

236*. Le complément du passif avec l’adjectif verbal est au datif: mihi colenda est virtus, je dois pratiquer la vertu [§ 185].

C.

237. RÈGLE GÉNÉRALE. — Remplacer le gérondif par l’adjectif verbal, c’est simplement faire passer au passif une forme de la conjugaison active (cf. en français: le chasseur tua le loup = le loup fut tué par le chasseur). Pour cela, le nom complément direct sera mis au cas du gérondif, puis on accordera l’adjectif verbal avec lui.

Alors, l’adjectif verbal perd toute idée d’obligation.

Deux cas sont à étudier: 1° quand cette substitution est-elle facultative? 2° quand est-elle obligatoire?

238. Cupidus videndi urbem ou videndae urbis. — 1° Le remplacement du gérondif par l’adjectif verbal est possible et facultatif quand le gérondif a un complément à l’accusatif.

Ex.: 1. Cupidus videndi urbem124] ou videndae urbis, désireux de voir la ville. — 2. Injurias ferendo ou injuriis ferendis laudem meremur, nous méritons la louange en supportant les injustices.

2° Mais le remplacement est obligatoire quand le gérondif est au datif ou après une préposition.

Ex.: 1. Impar ferendo oneri (et non onus), incapable de porter le fardeau. — 2. Ad patriam servandam (et non servandum), pour sauver la patrie. — 3. In scribendā historia (et non scribendo), en écrivant l’histoire.

238*. Avec le gérondif au génitif ou à l’ablatif, on maintient d’ordinaire le complément à l’accusatif quand c’est un pronom ou un adjectif neutre: cupiditas discendi aliquid, le désir d’apprendre quelque chose. Cicéron dit même: in narrando aliquid, pour in narrandā aliquā re, en racontant quelque chose.

D.

239. RÈGLE GÉNÉRALE.— Le gérondif, ainsi que l’adjectif verbal qui le remplace, s’emploient tantôt sans préposition au génitif, au datif et à l’ablatif; tantôt avec des prépositions.

240. Vim dicendi. — 1° Le génitif du gérondif et de l’adjectif verbal s’emploie comme complément des noms et des adjectifs qui veulent le génitif [§ 113, 124].

Ex.: 1. Demosthenes summam vim habuit [§ 208*] dicendi, Démosthène avait une éloquence (= vigueur de parole) souveraine. — 2. Avertendae suspicionis causā96, 2°], en vue de détourner les soupçons. — 3. Dumnorix insuetus navigandi mare timebat, peu habitué à la navigation, Dumnorix avait peur de la mer.

240*. I. C’est l’infinitif qu’on emploie, et non le gérondif, lorsque le nom forme une expression toute faite avec le verbe esse: mos est, c’est la coutume de; tempus est, il est temps de; consilium est, le projet est de.

De même, avec les expressions me paenitet, pudet... [§ 159 et 159*], le verbe complément est à l’infinitif, alors que le nom complément est au génitif: non me pudet fateri, je n’ai pas honte d’avouer; à côté de: eum pudet culpae suae, il a honte de sa faute.

II. Le génitif de l’adjectif verbal (surtout avec esse) marque parfois la destination: exercitus opprimendae libertatis, une armée destinée à écraser la liberté.

III. On remarquera qu’on dit toujours sui, nostri, vestri videndi causā, pour se voir, nous voir, vous voir, l’adjectif verbal restant au singulier neutre.

IV. Latinismes: vis dicendi, l’éloquence, sensus videndi, le sens de la vue, etc.

241. Charta inutilis scribendo. — 2° Le datif du gérondif et de l’adjectif verbal s’emploie avec des adjectifs [§ 121, 124] ou des verbes [§ 169, 170] qui veulent le datif.

Ex.: 1. Charta inutilis scribendo, du papier qu’on ne peut utiliser pour écrire. — 2. Praeesse agro colendo, diriger la culture d’un champ. — 3. Tempus idoneum fructibus colligendis, un temps propice à la récolte des fruits.

241*. Cet emploi assez rare du datif se rencontre: 1° avec des adjectifs comme accommodatus, aptus, natus; 2° avec des verbes comme deesse, manquer à; diem dicĕre, fixer une date; praeficere, préposer à; operam dare, studēre, s’appliquer à; locum capĕre, occuper un endroit pour; 3° spécialement avec esse, être propre à, en état de.

242. Castigat ridendo mores. — 3° L’ablatif du gérondif et de l’adjectif verbal s’emploie pour marquer le moyen [§ 8].

Ex.: 1. Castigat ridendo mores, (la comédie) corrige les mœurs en riant (= par le rire). — 2. Discit legendo, il apprend en lisant (= par la lecture). Mais on dira: ambulat legens, il se promène tout en lisant (simple simultanéité) [§ 224]. — 3. Defendendā pace ou defendendo pacem, en protégeant la paix.

243. Surgere ad dicendum. — 4° Le gérondif et l’adjectif verbal s’emploient après quelques prépositions: ad, pour in, quand il s’agit de, de, au sujet de…​

Ex.: 1. Surgere ad dicendum, se lever pour parler. — 2. Ad oppugnandam Romam, pour assiéger Rome. — 3. Munificus in dando, généreux quand il s’agit de donner. — 4. Deterrere a contemplandis rebus, détourner de la contemplation.

243*. Autres prépositions: voluptas capitur ex discendo, on a du plaisir à apprendre (litt.: par suite de l’action d’apprendre); inter dicendum, tout en parlant; plus rarement in (acc.). en vue de; de, super, circa, au sujet de; ob, en échange de; ante, avant.

4° Le supin.

244. RÈGLE GÉNÉRALE. — Le supin est un véritable nom verbal qui s’emploie à l’accusatif et à l’ablatif. [Pour l’ablatif, cf. § 126.]

Le supin en -u est souvent considéré comme un datif de la quatrième déclinaison [§ 24]. La question est difficile à trancher parce que, dans la plupart de ses emplois, il peut s’expliquer comme un datif d’attribution ou de destination, ou bien comme un ablatif de point de vue.

245. Eo lusum. — L’accusatif du supin s’emploie, au lieu de l’infinitif français, pour marquer le but, après les verbes indiquant un mouvement.

Ex.: 1. Eo lusum, je vais jouer. — 2. Ducor servitum, je suis emmené en esclavage.

245*. On n’oubliera pas que le supin est, en somme, assez rare. On préfère dire, pour marquer le but: venerunt ad ludos spectandos [§ 240], ludorum spectandorum causā237], ut spectarent ludos [§ 289], ils vinrent pour voir les jeux, au lieu de venerunt spectatum ludos.

Le supin en -um peut avoir un complément à l’accusatif comme dans ce dernier exemple. — C’est le supin en -um avec le passif du verbe ire, aller, qui forme l’infinitif futur passif amatum iri.

QUATRIÈME PARTIE — SYNTAXE DES PROPOSITIONS SUBORDONNÉES

PRÉLIMINAIRES — CONCORDANCE DES TEMPS

246. Dans la syntaxe des propositions subordonnées on examine:

1° Comment les subordonnées se rattachent à la principale et spécialement par quelles conjonctions.

2° Quel mode (indicatif, subjonctif ou infinitif) convient au verbe de la subordonnée.

247. Il y a lieu d’étudier séparément:

1° Les propositions complétives qui sont de véritables sujets ou compléments d’objet directs du verbe de la proposition principale.

2° Les propositions non complétives qui indiquent une simple circonstance et sont, par conséquent, moins nécessaires au sens.

247*. Soit la phrase: Coriolan dit qu’il s’éloignait de Rome parce que sa mère l’en avait prié; qu’il s’éloignait de Rome forme la proposition complétive, véritable complément d’objet direct de dit et, par conséquent. essentielle au sens; parce que sa mère l’en avait prié, proposition circonstancielle, utile, mais non essentielle au sens. — Dans il est nécessaire que nous partions, que nous partions est une proposition complétive, véritable sujet de est nécessaire (= notre départ est nécessaire).

Mais il convient d’étudier d’abord la règle de concordance des temps, commune aux propositions subordonnées.

248. RÈGLE GÉNÉRALE. — Quand le verbe d’une proposition subordonnée doit être au subjonctif, quel temps faut-il employer? Pour le savoir il faut tenir compte du verbe de la proposition principale.

249. Scio quid facias, cur veneris. — 1° Le verbe de la proposition principale est-il au présent ou au futur? — On doit employer dans la subordonnée soit le présent, soit le parfait du subjonctif, suivant le sens.

Ex.: Scio quid facias, cur veneris, je sais ce que (quelle chose) tu fais, pourquoi tu es venu [§ 254]. Dans je sais ce que tu faisais, tu faisais ne pourra donc pas se rendre par un imparfait du subjonctif; on devra dire: scio quid feceris.

250. Sciebam quid faceres, cur venisses. — 2° Le verbe de la proposition principale est-il à un temps du passé? — On doit employer dans la subordonnée soit l’imparfait, soit le plus-que-parfait du subjonctif, suivant le sens.

Ex.: Sciebam quid faceres, cur venisses, je savais ce que tu faisais, pourquoi tu étais venu.

Pour traduire: tu as appris combien le bonheur est fragile, on devra donc dire: expertus es quam caduca felicitas esset.

250*. I. Quelques exceptions à la règle de concordance des temps se rencontrent dans les propositions consécutives295] et dans le style indirect335]. Elles sont ordinairement justifiées par des raisons particulières [§ 336*].

II. Au point de vue de la concordance des temps:

1° Le présent historique206] peut être considéré comme un présent ou un passé: scribit Labieno ut instituat (ou institueret) naves, il écrit à Labienus d’équiper des navires. Toutefois, si la subordonnée précède, on considère plutôt le présent historique comme un passé.

2° Le parfait présent207] est considéré comme un présent: Venistisne ut condemnetis Roscium? êtes-vous venus (= êtes-vous là) pour condamner Roscius?

L’infinitif de narration222], équivalent d’un imparfait, est considéré comme un temps du passé.

L’irréel (imparfait du subjonctif) est ordinairement considéré comme un temps du passé.

5° L’irréel [§ 217] et le subjonctif délibératif [§ 214] peuvent s’exprimer dans une subordonnée sans souci de la concordance des temps [§ 342, 2°].

6° Quand la subordonnée dépend d’un infinitif ou d’un participe, la concordance des temps est d’ordinaire imposée par la forme qui est au passé, que ce soit le participe, l’infinitif ou le verbe principal.

Tableau de concordance des temps.

PRINCIPALE AU PRÉSENT OU FUTUR

SUBORDONNÉE MARQUANT

ACTION SIMULTANÉE

ACTION ANTÉRIEURE

ACTION FUTURE

ACTION CONDITIONNELLE

scio, je sais
sciam, je saurai
ut scivero, dès que j’aurai su
cum sciam, quoique je sache

quid facias, ce que tu fais255]
cur venias, pourquoi tu viens

quid feceris, ce que tu as fait) ou faisais
cur veneris, pourquoi tu es venu, ou venais

quid facturus sis, ce que tu feras (quand)
quid facturus fueris, ce que tu auras fait (lorsque)

quid facturus sis, ce que tu ferais (si) (potentiel)
quid faceres, ce que tu ferais (si) (irréel)
quid facturus fueris, ce que tu aurais fait (si) (irr.)

PRINCIPALE AU PASSÉ

SUBORDONNÉE MARQUANT

ACTION SIMULTANÉE

ACTION ANTÉRIEURE

ACTION FUTURE

ACTION CONDITIONNELLE

sciebam, je savais
scivi, j’ai su
sciveram, j’avais su
cum scirem, quoique je susse
cum scivissem, quoique j’eusse su

quid faceres, ce que tu faisais
cur venires, pourquoi tu venais

quid fecisses, ce que tu as ou avais fait
cur venisses, pourquoi tu es ou tu étais venu

quid facturus esses, ce que tu ferais
cur venturus esses, pourquoi tu viendrais

quid facturus esses, ce que tu ferais (si) (pot. + irr.)
quid facturus fuisses, ce que tu aurais fait (si) (irr.)

CHAPITRE PREMIER — LES PROPOSITIONS COMPLÉTIVES

251. Les propositions complétives sont, en français, des interrogations indirectes, des propositions à l’infinitif ou des propositions commençant par que. En latin, leur forme est plus variée et leur étude est un point capital de la syntaxe latine; on distingue:

I. Des propositions interrogatives indirectes.

II. Des propositions à l’infinitif.

III. Des propositions au subjonctif avec ut, ne, quominus ou quin.

IV. Des propositions avec quod.

I. — PROPOSITIONS INTERROGATIVES INDIRECTES

252. Une interrogation est dite directe quand elle est exprimée par la proposition principale (ou indépendante); on la nomme indirecte lorsqu’elle se trouve dans la subordonnée.

Qui est venu? est une interrogation directe. Je demande ou je sais qui est venu, peu importe qui est venu sont des interrogations indirectes. [Pour l’interrogation directe et la manière de répondre, voir § 92-93.]

253. RÈGLE GÉNÉRALE.— On emploie dans l’interrogation indirecte les mêmes pronoms ou adverbes interrogatifs que dans l’interrogation directe.

254. Quaero quis venerit. — Le verbe de l’interrogation indirecte est toujours au subjonctif.

Ex.: 1. Quaero quis venerit, je demande qui est venu (interrog. dir.: quis venit?). — 2. Scimus cur luna deficiat, nous savons pourquoi la lune s’éclipse (interrog. dir.: cur luna deficit?). — 3. Expertus es quam caduca felicitas esset, tu as appris combien le bonheur est fragile. (Dans cet exemple, la complétive, dite interrogative indirecte, a, en réalité, un sens exclamatif.)

Cas spécial: scio quid faciam, je sais ce que je fais ou ce qu’il faut que je fasse (interrogation directe: quid facio ou quid faciam, § 214, 1°).

254*. I. Nescio quis, au sens de n’importe qui, ne constitue pas une interrogation indirecte: nescio quis venit, une personne quelconque est venue. De même, nescio quomodo, d’une manière quelconque, mirum quantum, étonnamment.

II. Quand l’interrogation directe est au futur ou au subjonctif potentiel ou irréel, pour savoir ce qu’elle devient dans l’interrogation indirecte, voir le moyen de rendre le futur ou la possibilité (conditionnel français) au subjonctif, § 342, et consulter le tableau de la concordance des temps (§ 250*).

255. Cogita quid feceris. — Le latin emploie l’interrogation indirecte chaque fois qu’elle est possible, notamment dans beaucoup de cas où le français se contente du pronom relatif.

Ex.: 1. Cogita quid feceris, pense à ce que tu as fait (= qu’as tu fait? penses-y). — 2. Sciebam quid dixisses, je savais ce que tu avais dit (= qu’avais-tu dit? je le savais).

256. Videamus mundusne regatur. — Les adverbes de l’interrogation indirecte étant les mêmes que ceux de l’interrogation directe [§ 253], il s’ensuit que si interrogatif français a pour correspondant ne ou num (si…​ ne…​ pas, nonne).

Ex.: Videamus mundusne regatur deorum providentiā, examinons si le monde est gouverné par la providence divine. — 2. Interrogavit regem num vellet emĕre libros, elle demanda au roi s’il voulait acheter les livres. — 3. Quaero nonne putes me beatum, je te demande si tu ne me juges pas heureux.

256*. I. Le plus souvent, dans l’interrogation indirecte, il y a peu de différence de sens entre num et ne92, 1° et 3°].

II. An se trouve régulièrement dans l’interrogation indirecte simple avec les expressions haud scio an, nescio an, incertum est an, dubito an, qu’on peut traduire par peut-être: haud scio an non fecerit, peut-être ne l’a-t-il pas fait. Haud scio an = je ne sais pas si…​ ne pas; an ici suggère une réponse affirmative.

III. L’adverbe forsitan, peut-être (= fors sit an, hasard serait si) doit être accompagné du subjonctif.

IV. Dans une phrase comme exspectabant si nostri transirent, si n’est pas interrogatif; le sens est: ils étaient sur leurs gardes «pour le cas où» les nôtres passeraient.

257. Rogavit utrum bellum an pacem eligerent. — Dans les interrogations indirectes doubles (en français si…​ ou si…​) on emploie utrum ou ne au premier membre, an au second [§ 92, 4°].

Ex.: Rogavit utrum bellum an pacem eligerent, il leur demanda s’ils choisissaient la guerre ou la paix.

257*. On peut omettre utrum au premier membre et mettre ne ou an au second: rogavit bellum pacemne eligerent (ou bellum an pacem). — Ou non a pour équivalent necne (qqfois annon), doleam necne, nihil interest, que je souffre ou non, peu importe (litt.: il n’importe en rien si…​).

II. — LA PROPOSITION COMPLÉTIVE À L’INFINITIF

A) Ses éléments: sujet, attribut, verbe.

258. Il faut distinguer: 1° la proposition infinitive complète (avec un sujet à l’accusatif); 2° l’infinitif seul (sans sujet).

Premier cas: Dicunt Homerum caecum fuisse, on dit qu’Homère était aveugle (litt.: Homère avoir été aveugle).

Deuxième cas: Vult proficisci, il veut partir.

259. Pour la construction du sujet ou de l’attribut, divers cas se présentent:

Credo me esse utilem. — Quand le sujet de l’infinitif est exprimé, il se met à l’accusatif ainsi que l’attribut qui s’y rapporte.

Ex.: Credo me esse utilem, je crois que je suis utile (= moi être utile).

259*. I. Le sujet de la proposition infinitive est quelquefois au datif, son attribut se met alors au datif ou à l’accusatif: non licet mihi neglegenti ou neglegentem esse, il ne m’est pas permis d’être négligent; necesse est vobis esse fortibus ou fortes, ou encore necesse est vos esse fortes, il est nécessaire que vous soyez courageux.

II. Le sujet et le complément d’une proposition infinitive étant tous deux à l’accusatif, il y a lieu de tourner par le passif pour éviter l’amphibologie. Au lieu de dicis Paulum amare Petrum, on dira dicis Petrum a Paulo amari: mais les Latins ne se préoccupent pas toujours de cette amphibologie (cf. Virgile, Buc., I, vers 5: Resonare doces Amaryllida silvas, qu’on peut expliquer de deux façons).

Volo esse utilis. — Quand le sujet de l’infinitif n’est pas exprimé, l’attribut se rapportant au sujet du verbe principal se met au nominatif.

Ex.: Volo esse utilis, je veux être utile.

Oportet esse utilem. — Quand le sujet de l’infinitif n’est pas exprimé parce qu’il est indéterminé, l’attribut se met à l’accusatif.

Ex.: Oportet esse utilem, il faut être utile.

260. Cervi dicuntur diutissime vivere. — Quand la proposition infinitive dépend d’un verbe passif, son sujet devient ordinairement celui du verbe passif (construction personnelle).

Ex.: 1. Cervi dicuntur diutissime vivere, on dit que les cerfs (= les cerfs sont dits) vivent très longtemps. Au lieu de dicitur cervos, etc. — 2. Appropinquare jussi sunt, on leur ordonna d’approcher.

260*. La construction personnelle est obligatoire avec videri, paraître; jubere, ordonner; vetare, prohibere, défendre; la plus ordinaire avec dicĕre, tradĕre, existimare, putare; l’usage varie avec les autres verbes. La construction impersonnelle est la plus employée aux formes composées de l’adjectif verbal ou du participe: dicendum est, traditum est, etc.

261. Pour le temps de l’infinitif on suit la règle ci-après:

Dicunt Homerum caecum fuisse. — Le verbe de la proposition infinitive est au présent, passé, futur ou conditionnel, suivant qu’il exprime une action présente, passée, future ou conditionnelle par rapport au verbe principal.

Ex.: 1. Credo Deum esse, je crois que Dieu existe (Dieu exister). — 2. Dicunt Homerum caecum fuisse, on dit [§ 149] qu’Homère était aveugle (Homère avoir été). — 3. Credo eum mox venturum, (sous-ent. esse), je crois qu’il viendra bientôt (lui être sur le point de venir) — 4. Pollio Caesarem existimat suos correcturum fuisse Commentarios, Pollion croit que César aurait corrigé ses Commentaires.

N.B. — Pour la construction du conditionnel dans la proposition infinitive, cf. § 339 et 342, 3°.

261*. I. Je crois qu’il venait et je crois qu’il est venu se disent également credo eum venisse (= lui être venu). Mais avec memini, parfait à sens de présent [§ 85], la différence peut se marquer: memini me scribĕre, je me souviens que j’écrivais; memini me scripsisse, je me souviens que j’ai écrit.

II. On notera que ce n’est pas l’infinitif futur, mais le simple infinitif présent qu’on emploie avec les verbes de volonté ou d’activité: vult facere, conatur vincere271], jubet illos facere.

262. Credebant fore ut Roma caperetur. — L’infinitif futur peut être remplacé par la périphrase fore ut ou futurum esse ut et le subjonctif.

Ex.: 1. Credebant fore ut Roma caperetur, ils pensaient (devoir arriver) que Rome serait prise. — 2. Spero futurum esse ut te paeniteat, j’espère que tu te repentiras.

262*. On emploie cette périphrase quand le verbe, n’ayant pas de supin, manque d’infinitif futur ou simplement pour remplacer l’infinitif futur passif: fore ut ametur est plus ordinaire que amatum iri. — On applique en pareil cas la règle de la concordance des temps (credebant…​ caperetur).

B) Emploi de la proposition complétive à l’infinitif.

263. RÈGLE GÉNÉRALE. — Les verbes qui se construisent avec l’infinitif se divisent en trois catégories:

1° Les verbes d’opinion qui veulent la proposition infinitive complète avec un sujet;

2° Quelques verbes de volonté qui veulent la proposition infinitive avec ou sans sujet;

3° Les verbes d’activité qui veulent l’infinitif sans sujet.

1re Catégorie: verbes d’opinion.

264. Dicunt Homerum caecum fuisse. — On emploie la proposition infinitive complète avec les verbes d’opinion, c’est-à-dire ceux qui signifient penser, dire ou apprendre.

Ex.: 1. Dicunt Homerum caecum fuisse, on dit qu’Homère était aveugle. — 2. Alexander dicebat se esse filium Jovis, Alexandre disait qu’il était fils de Jupiter.

264*. Avec ces verbes la proposition infinitive joue le rôle de complément d’objet direct. Tels sont:

arbitrari, putare, sentire, penser; intellegĕre, comprendre;

affirmare, affirmer; narrare, raconter; docēre, apprendre; admonēre, avertir, rappeler que; nuntiare, annoncer; scribĕre, écrire que; negare, dire que ne…​ pas.

scire, novisse, savoir; nescire, ignorare, ignorer;

ferunt, tradunt, on rapporte; scribitur, on relate.

legĕre, apprendre (en lisant); audire, accipĕre, cognoscĕre, apprendre (par oui-dire); meminisse, se souvenir; certior fieri, apprendre que; certiorem facĕre, informer.

Pour les expressions fama est, on raconte; opinio est, on croit, qui se construisent aussi avec la proposition infinitive, voir § 281, I.

265. Promisit se venturum. — On emploie le futur de l’infinitif avec les verbes qui expriment un espoir ou une promesse portant sur l’avenir.

Ex.: 1. Promisit se venturum, il a promis de venir. —2. Juravit se illos interfecturum (esse), il jura de les tuer. — 3. Spero me mox profecturum, j’espère partir bientôt.

265*. Tels sont: sperare, in spe esse, spem habere, espérer; jurare, jurer; promittere, polliceri, promettre. — Après ces verbes, velle, nolle, posse restent au présent: spero posse, j’espère pouvoir, que je pourrai. — L’espérance ou l’assurance peuvent porter sur le présent ou le passé: sperabat alios terreri, il espérait que les autres étaient effrayés.

266. Gaudeo te mansisse. — On emploie la proposition infinitive complète avec les verbes qui expriment un sentiment.

Ex.: 1. Gaudeo te mansisse, je me réjouis que tu sois resté. — 2. Milites querebantur se relictos esse, les soldats se plaignaient d’avoir été abandonnés.

266*. Tels sont: laetari, gaudere, se réjouir; dolere, s’affliger; mirari, s’étonner; indignari, s’indigner; aegre ou moleste ferre, voir avec peine. Autre construction de ces verbes avec quod causal [§ 287].

267. Constat servos fuisse paratos. — On emploie la proposition infinitive complète avec de nombreuses locutions impersonnelles signifiant il est vrai ou il est faux que.

Ex.: 1. Constat servos fuisse paratos ad dimicandum, il est certain que les esclaves étaient disposés à combattre. — 2. Credibile est mundum factum esse hominum causā, on peut croire (il est croyable) que le monde a été fait pour l’homme.

267*. La proposition infinitive joue ainsi le rôle de sujet avec apparet, constat, liquet, convenit, manifestum est, il est clair ou admis que; verum est, falsum est, il est vrai, il est faux que; verisimile est, il est vraisemblable, etc.

2e Catégorie: verbes de volonté.

268. RÈGLE GÉNÉRALE.— I. Parmi les verbes de volonté quelques-uns se construisent avec l’infinitif, mais le plus grand nombre veulent ut ou ne; un petit nombre, comme volo, admettent les deux constructions.

II. Avec les verbes de cette catégorie, le sujet de l’infinitif n’est exprimé que s’il est déterminé et différent du sujet du verbe principal.

269. Jussit illos accedere. — On emploie la proposition infinitive avec ou sans sujet, après quelques verbes de volonté, tels que volo et jubeo.

Ex.: 1. Jussit illos accedere, il leur ordonna d’avancer. — 2. Jussit receptui canere, il ordonna de sonner (pour) la retraite (pas de sujet déterminé). — 3.Volo esse utilis, je veux être utile (même sujet pour l’infinitif que pour le verbe principal) [§ 259, 2°].

269*. I. La proposition joue ainsi le rôle de complément avec jubere, ordonner; velle, nolle, malle; vetare, défendre; pati, sinĕre, permettre; cogĕre, forcer; prohibēre, empêcher.

II. Avec velle, nolle, malle et cupĕre, on peut toujours exprimer un sujet, même s’il n’est pas différent de celui du verbe principal: volo me esse utilem. Avec jubeo on doit donner autant que possible un sujet à l’infinitif en tournant au besoin par le passif: jussit arma parari, il ordonna de préparer les armes.

270. Legem brevem esse oportet. — On emploie la proposition infinitive avec ou sans sujet, après des verbes ou locutions impersonnelles signifiant il est nécessaire ou utile ou équitable que.

Ex.: 1. Legem brevem esse oportet, il faut qu’une loi soit brève. — 2. Decet cariorem esse nobis patriam quam nosmetipsos, il faut que la patrie nous soit plus chère que nous-mêmes. — 3. Aequum est cives parcĕre civibus, il est équitable que des citoyens épargnent leurs concitoyens.

270*. La proposition infinitive joue ainsi le rôle de sujet:

1° avec licet, il est permis; decet, convenit, il convient; delectat, juvat, il est agréable; prodest, il est utile; interest, refert, conducit, expedit, il importe.

2° Avec des expressions composées d’un nom ou d’un adjectif neutre et de est: necesse est, opus est, il est nécessaire; mos est, c’est une habitude; decorum est, il est beau; turpe est, il est honteux; jus est, il est permis ou commandé (par la loi civile); fas est, il est permis (par les dieux, par la loi naturelle).

3e Catégorie: verbes d’activité.

271. Qui mori conantur, vincere possunt. — On emploie l’infinitif sans sujet, en latin comme en français, avec un grand nombre de verbes d’activité, c’est-à-dire signifiant entreprendre de et pouvoir.

Ex.: 1. Qui fortiter mori conantur, vincere possunt, ceux qui s’efforcent de mourir bravement, peuvent vaincre. — 2. Nostros lacessere coeperunt, ils se mirent à harceler les nôtres.

271*. Cette catégorie de verbes comprend principalement:

posse, quire, pouvoir; nequire, ne pas pouvoir; discĕre, apprendre à;

consilium capĕre, statuĕre, decernĕre, constituĕre, prendre la résolution de, décider; audēre, oser; (consilium capere se construit indifféremment avec l’infinitif, le gérondif ou avec ut).

coepisse, incipĕre, instituĕre, commencer à; desinĕre, desistĕre, cesser de, renoncer à;

dubitāre, hésiter à; timēre, verēri, craindre de; erubescĕre, rougir de; morari, tarder à; neglegĕre, omittĕre, omettre de.

272. Timeri coeptus est. — Quand l’infinitif employé avec les parfaits coepi85] et desii (desino) est au passif, ces deux verbes prennent eux-mêmes la forme passive.

Ex.: 1. Timeri coeptus est, il commença à être craint. — 2. Pugnari coeptum est, on commença à combattre. — 3. Hae orationes legi desitae sunt, ces discours cessèrent d’être lus.

272*. Mais on dira: admirari coeperunt, parce que admirari est un simple déponent; de même coepit videri, parce que videri, paraître, n’est plus senti comme passif de videre; de même avec fieri, haberi, mais ici l’usage varie un peu.

III. — PROPOSITIONS COMPLÉTIVES AU SUBJONCTIF

1° Propositions complétives avec ut.

273. Suadeo tibi ut legas. — La proposition complétive avec ut s’emploie avec les verbes qui expriment: une intention ou un effort. La forme négative est ne (rarement ut ne).

INTENTION: 1. Suadeo tibi ut legas, je te conseille de lire; ne legas, de ne pas lire. — 2. Opto ut veniat, je souhaite qu’il vienne. — 3. Te oro ut ignoscas, je te prie de pardonner. — 4. Imperavit suis ut idem facerent, il commanda aux siens d’en faire autant.

EFFORT: 1. Sol efficit ut omnia floreant, le soleil fait tout fleurir. — 2. Homines nituntur ne vitam silentio transeant, les hommes s’efforcent de ne pas passer leur vie dans l’obscurité.

273*. I. Verbes d’intention:

velle, vouloir; optare, souhaiter; imperare, praecipĕre alicui ut, commander à qqn de;

petĕre, rogare, postulare ab aliquo ut, demander à qqn de; orare, precari aliquem ut, prier qqn de;

suadēre, persuadēre, hortari ut, exhorter à;

concedĕre, permittĕre, permettre;

decernĕre, statuĕre, constituĕre ut, décider que;

monēre, admonēre, avertir de (faire).

II. Verbes d’effort:

facĕre, efficĕre, perficĕre, id agĕre ut, faire en sorte que;

obtinēre, impetrare, consĕqui, assĕqui, obtenir que;

adducĕre, impellĕre, pousser à (faire); cogĕre, forcer;

curare, prospicĕre, dare operam ut, veiller à ce que; cavēre, prendre garde que.

274. Saepe fit ut erremus. — La proposition complétive avec ut s’emploie encore avec des verbes ou locutions signifiant il arrive que. La forme négative est alors ut non.

Ex.: 1. Saepe fit ut erremus, il arrive souvent que nous nous trompons. — 2. Saepe fit ut non recte sentiamus, il arrive souvent que nous ne pensons pas juste. — 3. Prope erat (ou res in eo erat) ut pellerentur, ils étaient sur le point d’être chassés. — 4. Multum abest ut ei credamus, il s’en faut de beaucoup que nous le croyions.

274*. La proposition complétive sert ici de sujet. Verbes et locutions:

fit, accidit (se dit des choses imprévues), contingit (se dit des choses prévues ou favorables), evenit, il arrive que; accedit ut, à cela s’ajoute ce fait que;

multum abest ut, il s’en faut de beaucoup que; prope est ut, in eo res est ut, il va bientôt arriver que;

mos est, moris est, consuetudo est ut, c’est une habitude que; in tua potestate est ut, il dépend de toi que.

275. Dic eum venire. Dic ei ut veniat. — Certains verbes d’opinion264] comme dire, annoncer, avertir, expriment parfois une intention et veulent alors ut.

Ex.: 1. Dic eum venire, dis (= annonce) qu’il vient. — 2. Dic ei ut veniat, dis-lui (= ordonne-lui) de venir (= ordonne qu’il vienne). — 3. Caesar scribit Labieno ut instituat naves, César écrit à Labiénus d’équiper des navires, mais: Labienus scribit Caesari naves institutas esse, Labiénus écrit à César que les navires sont prêts.

2° Propositions complétives sans ut.

276. Oportet discas. — La conjonction ut est parfois omise, toujours avec nolo, malo, oportet.

Ex.: 1. Oportet discas, il faut que tu apprennes. — 2. Fac habeas bonam spem, tâche d’avoir bon espoir. — 3. Velim tuam erga me voluntatem conserves, je voudrais que tu conserves tes bonnes dispositions à mon égard.

276*. Il en est de même souvent avec volo, licet, necesse est, avec l’impératif fac, parfois avec rogo, prier, demander de (faire), etc.

3° Propositions complétives avec ne, quominus ou quin.

277. RÈGLE GÉNÉRALE. — Les verbes qui signifient craindre sont toujours construits avec ne; ceux qui signifient empêcher ou refuser veulent tantôt ne, tantôt, s’ils sont accompagnés d’une négation, quominus ou quin.

278. Timeo ne veniat. — La proposition complétive avec ne s’emploie après les verbes signifiant craindre, empêcher ou refuser. La forme négative est ne non.

Ex. 1. Timeo ne veniat, je crains qu’il ne vienne. — 2. Timeo ne non veniat, je crains qu’il ne vienne pas. — 3. Impedior dolore ne plura scribam, la douleur m’empêche d’en écrire davantage. — 4. Cave ne cadas, prends garde de tomber.

278*. Parfois on trouve ut, équivalent de ne non timeo ut veniat, je crains qu’il ne vienne pas (je me demande avec crainte comment il viendra).

Principaux verbes: interdicĕre, défendre de (mais vetare veut la proposition infinitive); prohibēre, impedire, obstare, empêcher de ou que; recusare, refuser de; cavēre, providēre, vidēre, prendre garde; vitare, éviter; dissuadēre, deterrēre, détourner de.

279. Non impedio quominus veniat. — La proposition complétive avec quominus ou quin s’emploie dans des phrases négatives ou interrogatives après les verbes signifiant empêcher, refuser, ne pas douter que.

Ex.: 1. Non impedio quominus veniat, je ne l’empêche pas de venir. — 2. Quid obstat quominus sis beatus? qu’est-ce qui empêche que tu sois heureux? — 3. Non dubito quin sis beatus, je ne doute pas que tu ne sois heureux.

279*. Pour les cas particuliers il faudra consulter le lexique. On construit:

1° avec quominus seulement: non impedio, je n’empêche pas que (de préférence: non prohibeo ne);

2° avec quominus ou quin: non recuso, je ne refuse pas de;

3° avec quin seulement: non dubito quin, je ne doute pas que ou je n’hésite pas à; facere non possum quin, je ne puis m’empêcher de; fieri non potest quin, il est impossible que…​ ne pas; quid est causae quin, qu’est-ce qui empêche que; non se tenere (abstinere) quin, ne pas s’abstenir de; paulum abest quin, non multum abest quin, il s’en faut de peu que; nihil abest quin, il ne s’en faut de rien que.

IV. — PROPOSITIONS COMPLÉTIVES AVEC quod.

280. Bene mihi evenit quod mittor ad mortem. — On peut trouver une proposition avec quod signifiant ce fait que, comme sujet ou complément d’un verbe.

Ex.: 1. Bene mihi evenit quod mittor ad mortem, c’est un bien pour moi d’être envoyé à la mort (litt.: ce fait que je suis envoyé…​ arrive heureusement).

280*. On trouve quod ainsi employé surtout dans les expressions: bene facis quod, tu as raison, tu fais bien de; commode accidit quod, il arrive à propos que, il est heureux que; accedit quod, à cela s’ajoute que; adde quod, ajoute à cela que; praetereo, omitto quod, je laisse de côté ce fait que.

Quod signifie parfois quant à ce fait que et la proposition complétive se rattache, par conséquent, plus librement au verbe principal.

V. — OBSERVATIONS IMPORTANTES

(communes aux propositions complétives).

281. I. Une proposition complétive quelconque s’introduit souvent parce qu’elle est demandée par une idée sous-entendue dans ce qui précède.

Ex.: 1. Vereor quid sit, je me demande avec crainte ce que c’est (= je crains, sous-ent. me demandant, quelle chose. — 2. Exspectatio erat summa quidnam id esset, la curiosité était grande (s.-ent. de savoir) ce que cela signifiait. — 3. Litterae redduntur Caesarem advenisse, on apporte des lettres (annonçant) que César est arrivé. — 4. Tu, ut te corrigas, toi, que tu te corriges! (s.-ent. num fieri potest, peut-il arriver que…​ ?)

II. Une proposition complétive quelconque est souvent annoncée par un démonstratif complément ou sujet du verbe principal. La proposition complétive joue alors le rôle d’apposition auprès du démonstratif, qui marque l’insistance (= voici une chose que).

Ex.: 1. Illud negare non potes, te de re judicata judicasse, tu ne peux nier (ceci: à savoir) que tu as jugé une chose qui l’était déjà. — 2. Illud scire possumus, quam sit bellum cavere malum, nous pouvons savoir jusqu’à quel point il est honorable d’éviter un malheur. — 3. Illud te oro, ut diligentissimus sis, je te demande (ceci, à savoir) d’être très actif. — 4. Homines hac re bestiis praestant, quod loqui possunt, les hommes l’emportent sur les animaux par le fait (par ceci, à savoir) qu’ils parlent.

281*. I. Ce démonstratif est souvent joint à un nom quelconque par une sorte d’attraction: hanc sibi provinciam depoposcit, ut consulem salutatum veniret, il demanda qu’on le chargeât d’aller saluer le consul (litt.: il demanda pour lui ce rôle, ou mieux: ceci comme rôle, à savoir que: etc., § 103).

II. Quant à la forme de la complétive employée appositionnellement, elle est régulièrement celle que réclame le verbe lui-même, comme on le voit par les exemples: negare avec l’infinitif, orare avec ut.

CHAPITRE II — LES PROPOSITIONS NON COMPLÉTIVES

282. Les propositions subordonnées non complétives se répartissent en trois groupes:

I. Les propositions circonstancielles qui expriment une circonstance:

1° de cause (propositions causales).

Ex.: Quoniam nominor leo, parce que je m’appelle lion.

2° de but (propositions finales). Elles expriment l’intention du sujet de la proposition principale.

Ex.: Ut peteret Italiam, pour se rendre en Italie.

3° de conséquence (propositions consécutives). Elles marquent qu’un fait est simplement la conséquence d’un autre fait indiqué dans la proposition principale.

Ex.: Non is es ut metus te revocet, tu n’es pas homme à être arrêté par la crainte.

4° de concession (propositions concessives).

Ex.: Quanquam fessi erant, quoiqu’ils fussent fatigués.

5° de condition (propositions conditionnelles).

Ex.: Possim, si velim, je le pourrais si je le voulais.

6° de temps (propositions temporelles).

Ex.: Ut ingressus est, dès qu’il fut entré.

II. Les propositions relatives qui ajoutent à un nom ou pronom, appelé antécédent, une détermination ou une explication; elles jouent donc le rôle d’adjectifs.

Ex.: Errat qui putat, il se trompe, celui qui pense…​

III. Les propositions comparatives qui expriment une comparaison. Ce sont des espèces particulières de relatives.

Ex.: Qualis pater, talis filius, tel père, tel fils.

I. — PROPOSITIONS CIRCONSTANCIELLES

1° Propositions causales.

283. RÈGLE GÉNÉRALE. — Les propositions causales commencent par quod, quia, parce que; quoniam, du moment que, tantôt avec l’indicatif, tantôt avec le subjonctif, ou bien par cum, puisque, toujours avec le subjonctif [§ 99, 1°].

283*. On trouve aussi quando, quandoquidem, équivalents de quoniam. Dans la proposition principale, la proposition causale est parfois annoncée par propterea, ob eam causam.

284. Quoniam, nominor leo. — On emploie l’indicatif après les conjonctions causales pour exprimer un fait.

Ex.: 1. Primam partem tollo, quoniam nominor leo, je prends la première part, parce que je m’appelle lion. — 2. Tacent, quia periculum metuunt, ils se taisent, parce qu’ils craignent un danger.

285. Expulsus est quod justus esset. — On emploie le subjonctif après les conjonctions causales (surtout quod) pour exprimer l’opinion d’autrui plutôt qu’un fait. Voir les règles du style indirect335 et suiv.].

Ex.: Aristides expulsus est, quod praeter modum justus esset, Aristide fut banni, parce que (sous prétexte que) il était trop juste.

285*. En conséquence, on dira non quo ou non quod (subj.), sed quod (indic.): ingemiscunt, non quod doleant, sed quod omne corpus intenditur, ils (les gladiateurs) poussent un gémissement; ce n’est pas qu’ils souffrent, mais c’est que tout le corps fait un violent effort.

286. Cum id cupias, manebo. — On emploie toujours le subjonctif avec cum causal, c’est-à-dire signifiant du moment que, puisque99 bis et 319].

Ex.: Cum id cupias, manebo, puisque tu le désires, je resterai.

287. Doleo quod te offendi. — Après les verbes de sentiment signifiant se réjouir ou s’affliger, féliciter ou reprocher, on peut employer, au lieu de la proposition infinitive [§ 266], la proposition causale avec quod.

Ex.: 1. Doleo quod te offendi, je suis affligé de vous avoir offensé. — 2. Queruntur quod eos insimulemus, ils se plaignent d’être accusés par nous [quod = parce que, disent-ils, § 285 et § 335].

287*. On trouve aussi quia si le verbe qui suit doit être à l’indicatif. Pour l’emploi du mode on suit la règle § 285. Le motif du sentiment s’indique de préférence par l’indicatif et l’objet du sentiment par le subjonctif: gaudeo quod vales, je me réjouis parce que tu es bien portant; gaudeo quod valeas, je me réjouis de ta bonne santé. On voit que la nuance peut être fort légère; le subjonctif exprime l’objet en tant qu’il est pensé.

2° Propositions finales.

288. RÈGLE GÉNÉRALE. — Toutes les conjonctions qui marquent le but se construisent avec le subjonctif.

289. Ut peteret Italiam. Ne posset agnosci. — On emploie le subjonctif après les conjonctions finales ut, afin que, ne, afin que ne…​ pas, de peur que.

Ex.: 1. Ut peteret Italiam, Dolabella naves comparavit, Dolabella équipa des navires pour gagner l’Italie. — 2. Codrus vestem mutavit ne posset agnosci, Codrus changea de vêtements pour n’être pas (de peur d’être) reconnu.

289*. On trouve aussi ut ne au lieu de ne. — Pour les autres manières d’indiquer le but, cf. 245 et 245*.

N. B. — La règle de la concordance des temps [§ 248] s’applique strictement dans les propositions finales; en effet, elles représentent la pensée, l’intention du sujet de la proposition principale [§ 336*].

290. Quo facilius teneatur.Quo est l’équivalent de ut eo, afin que par là; il s’emploie d’ordinaire quand il y a un comparatif dans la proposition finale.

Ex.: Legem brevem esse oportet, quo facilius teneatur, une loi doit être brève, afin qu’elle soit plus facilement retenue.

290*. On ne confondra pas cet emploi de quo (= ut eo), avec quo signifiant eo autem [cf. relatif de liaison, § 144]: quo libentius id suscipio, je m’en charge d’autant plus volontiers; ni avec quo en corrélation avec eo333]; ni enfin avec quo complément du comparatif [§ 134].

3° Propositions consécutives.

291. RÈGLE GÉNÉRALE. — Les conjonctions qui marquent la conséquence: ut, en sorte que; ut non ou quin, en sorte que…​ ne pas sont suivies du subjonctif.

292. Non is es ut metus te revocet. — La proposition consécutive est d’ordinaire annoncée dans la principale par un corrélatif, soit un pronom comme is ou talis, tel (que), tantus, si grand (que), soit un adverbe comme ita, sic, de telle manière, tam, tantum, adeo, tellement.

Adeo non, ita non…​ ut se traduisent par si peu…​ que.

Ex.: 1. Non is (ou talis) es ut metus te revocet, tu n’es pas tel que la crainte puisse te retenir. — 2. Tam bonus est Deus ut amet homines, Dieu est si bon qu’il aime les hommes (= assez bon pour aimer…​.) — 3. Quorum adeo Sullam non paenitet ut…​, choses que Sylla regrette si peu que…​

292*. Assez pour signifie souvent tellement que: Dieu est assez bon pour = Dieu est tellement bon que. — Quant au gallicisme trop pour, cf. § 131. — Pour is sum qui équivalent d’une consécutive, cf. § 329, 2°.

293. Dies nullus est quin veniat. — Quand la proposition consécutive est négative, elle commence par ut…​ non, en sorte que…​ ne pas, souvent remplacé par quin si la principale est elle-même négative ou interrogative.

Ex.: 1. Veritas tantam potentiam habet ut non subverti possit, la vérité a une telle puissance qu’elle ne peut être anéantie. — 2. Dies nullus est quin veniat, il ne se passe pas de jour qu’il ne vienne (litt.: de telle manière qu’il ne vienne pas, c’est-à-dire sans qu’il vienne).

294. Tantum abest ut…​ ut…​ — L’expression tantum abest, il s’en faut tellement, est suivie d’abord d’une complétive avec ut [§ 274], puis d’une consécutive se rattachant à tantum.

Ex.: Tantum abest ut semper laudetur ut a multis vituperetur, il s’en faut tellement qu’il soit toujours loué que (loin d’être toujours loué), il est blâmé par bien des gens.

294*. On peut rattacher à cette expression l’emploi de la négation nedum qui signifie:

1° avec un subjonctif, à la suite d’une principale négative, bien loin que ou de: eum ferre non possum, nedum amem, je ne puis le supporter, bien loin de l’aimer.

2° sans verbe, encore bien moins, à plus forte raison: tanta multitudo sustineri non poterat, nedum armata, une si grande foule ne pouvait être arrêtée, à plus forte raison alors qu’elle était armée.

Autre expression (chez les écrivains de l’époque impériale): adeo non sustinuerunt, ut pedem referrent, bien loin de soutenir le choc, ils reculèrent (litt.: à tel point ne…​ pas, que).

295. Adeo excellebat Aristides abstinentia ut justus sit appellatus. — Dans les propositions consécutives (à la différence des propositions finales, § 289) on conserve le temps qui conviendrait si elles n’étaient pas subordonnées, sans se soucier du temps de la principale. Ainsi, avec un verbe principal au passé on peut trouver dans la subordonnée:

a) Un verbe au parfait, ce parfait exprimant un fait simplement passé ou un état actuel résultant d’une action passée [§ 207].

Ex.: 1. Adeo excellebat Aristides abstinentiā ut justus sit appellatus, Aristide était d’un tel désintéressement qu’il a été nommé (et reste nommé) le juste. (Parfait présent). — 2. Thorius erat ita non superstitiosus ut illa sacrificia contemneret, ita non timidus ut in acie sit ob rem publicam interfectus, Thorius était si peu superstitieux qu’il méprisait ces sacrifices (imparfait indiquant l’habitude), et si peu craintif qu’il mourut (parfait marquant un fait passé) en combattant pour sa patrie.

b) Un verbe à l’imparfait, cet imparfait insistant sur la durée ou la répétition de l’action [§ 208].

Ex.: Demaratus regi familiaris est factus usque eo ut socius paene regni putaretur, Démarate en vint à une telle intimité avec le roi qu’on le considérait presque comme associé à la royauté.

Toutefois, cet imparfait, et c’est un cas très fréquent, peut n’être employé que par pure concordance [§ 250]. Il correspond alors à l’infinitif français ou à son équivalent en pareil cas, l’imparfait du subjonctif.

Ex.: Quis nostrum tam animo duro fuit, ut Roscii morte non commoveretur? qui de nous eut l’âme assez dure pour n’être pas ému (= pour qu’il ne fût pas ému) par la mort de Roscius?

c) Un verbe au présent: ce présent exprime un fait se passant actuellement, en train de se passer.

Ex.: Urbem sic spoliatam reliquit ut nunc monumenta victoriae non exstent, il laissa la ville dépouillée au point qu’à présent il ne reste pas de témoignages de sa victoire.

4° Propositions concessives.

296. RÈGLE GÉNÉRALE. — Les conjonctions concessives sont suivies les unes de l’indicatif, les autres du subjonctif; elles sont souvent rappelées par tamen, cependant; at certe, du moins; nihilominus, néanmoins, en tête de la proposition principale.

297. Quanquam fessi erant. — Les conjonctions concessives quanquam, etsi, tametsi, quoique, sont suivies de l’indicatif.

Ex.: 1. Quanquam fessi erant, tamen proelium commiserunt, quoiqu’ils fussent fatigués, cependant ils engagèrent le combat. — 2. Etsi nihil erat novi, tamen ad te scribere volui, quoiqu’il n’y eût rien de nouveau, j’ai voulu pourtant t’écrire.

298. Quamvis improbus esset. — Les conjonctions concessives quamvis, quelque…​ que; licet, je veux bien que; ut, en admettant que, sont suivies du subjonctif.

Ex.: 1. Quamvis improbus esset Catilina, tamen fautores habebat, quelque pervers que fût Catilina, il avait pourtant des partisans. — 2. Licet quaeras, non invenies, bien que tu cherches, tu ne trouveras pas (= tu auras beau chercher). — 3. Ut quaeras, non invenies, en admettant que tu cherches, tu ne trouveras pas.

299. Cum dives esse posset. — La conjonction cum au sens de bien que est toujours suivie du subjonctif.

Ex.: 1. Phocion, cum dives esse posset, noluit, bien que Phocion pût être riche, il ne le voulut pas.

299*. On remarquera que les conjonctions concessives ont des sens différents et ne doivent pas être confondues.

Quanquam signifie quoique, tandis que quamvis signifie quelque…​ que et doit régulièrement viser un adjectif ou un adverbe au positif, plus rarement un verbe suggérant une idée de degré comme probare, approuver; cupere, désirer; timere, craindre.Quanquam peut être adverbe et signifier et cependant, du reste, en tête d’une proposition principale: quanquam quid loquor, mais du reste, que dis-je?

Licet est un verbe [§ 86, 3°] et signifie il est permis, je veux bien que; il exige la concordance des temps (par conséquent le présent ou le parfait du subjonctif) [§ 249 et 276].

Etsi, etiamsi, au sens de même si, suivent les règles de si, [§ 301].

4° L’idée concessive se rend encore par quidem: fessi quidem erant, tamen…​ ils étaient à la vérité fatigués, cependant…​ — Pour le participe à sens concessif, cf. § 232.

5° Propositions conditionnelles.

Il y a lieu d’étudier successivement:

A. Les règles communes à si, si; etsi (etiamsi) au sens de même si, quand même297] et nisi au sens de à moins que.

B. Les règles particulières à nisi, sive et quasi.

C. Les règles particulières aux conjonctions signifiant pourvu que (dum, dummodo, modo).

A) Syntaxe de si (etsi, etiamsi, nisi).

300. RÈGLE GÉNÉRALE. — En principe, il n’est nullement nécessaire que la proposition commençant par si corresponde pour le mode et le temps à la proposition principale. Ex.: Dies me deficiet, si velim causam paupertatis defendere, le temps me manquera si je viens à plaider la cause de la pauvreté. Mais cette correspondance de temps et de mode se produisant avec une extrême fréquence, on pourra par commodité, pour le thème, s’en tenir à la règle suivante:

On portera son attention sur la proposition principale en suivant les règles données § 216-218, s’il s’agit d’exprimer la supposition, c’est-à-dire le conditionnel français.

On verra qu’il peut se présenter quatre formes de phrases:

PREMIÈRE FORME (possum, si volo).

301. Le verbe principal est à l’indicatif (ou à l’impératif) en latin comme en français: si veut alors dire du moment que.

302. Possum, si volo. — Quand le verbe principal est à l’indicatif (ou à l’impératif), on emploie l’indicatif après si.

Ex.: 1. Possum, si volo, je le puis, si je le veux. — 2. Si vis pacem, para bellum, si tu veux la paix, prépare la guerre. — 3. Dic, si potes, dis-le, si tu peux. — 4. Quis ego sum saltem, si non sum Sosia, qui suis-je alors, si je ne suis pas Sosie?

302*. Le verbe de la proposition principale peut encore exprimer un souhait: moriar, si tibi concedo, que je meure, si je te cède. La tournure Si vis pacem para bellum s’emploie dans 3 cas: 1. pour exprimer une relation de cause à effet; 2. pour formuler une promesse; 3. pour formuler une menace.

Observations sur la première forme:

303. 1° Poteram, si volebam. — Si, avec l’imparfait ou le plus-que-parfait de l’indicatif, marque la répétition et signifie chaque fois que.

Ex.: 1. Poteram, si volebam, je le pouvais chaque fois que je le voulais. — 2. Si quid invenerant, laeti afferebant, quand ils avaient trouvé quelque chose, ils l’apportaient avec joie.

Potero, si voluero. — Quand le verbe de la proposition principale est au futur, on doit employer après si le futur ou le futur antérieur suivant le sens, le futur antérieur ajoutant au futur simple l’idée d’une action qui sera complètement achevée lorsque l’autre se produira.

Ex.: 1. Potero, si voluero, je le pourrai, si je le veux (litt.: si je l’aurai voulu). — 2. Hunc librum si leges, laetabor, si tu lis (litt.: si tu liras) ce livre, je m’en réjouirai; si legeris = quand tu auras fini de lire, après que tu auras lu.

DEUXIÈME FORME (possim, si velim).

304. Le verbe principal est en latin au potentiel (subjonctif présent), en français au conditionnel présent; si veut dire: si (par supposition) il arrivait que217*].

305. Possim si velim. — Quand le verbe de la proposition principale est au potentiel (présent du subjonctif) on emploie après si le même mode et le même temps.

Ex.: 1. Possim, si velim, je le pourrais, si je le voulais. — 2. Si exsistat ab inferis hodie Lycurgus, gaudeat, si Lycurgue sortait aujourd’hui des enfers, il se réjouirait.

TROISIÈME FORME (possem, si vellem).

306. Le verbe principal est en latin à l’irréel du présent (imparfait du subjonctif), en français au conditionnel présent; si veut dire: si, contrairement à ce qui est,

307. Possem, si vellem. — Quand le verbe principal est en latin à l’irréel du présent (imparfait du subjonctif), on emploie après si le même mode et le même temps.

Ex.: 1. Possem, si vellem, je le pourrais, si je le voulais (c’est-à-dire: si, contrairement à ce qui est, je le voulais). — 2. Si sanus essem, medicum non expeterem, si j’étais en bonne santé (malheureusement ce n’est pas le cas), je ne réclamerais pas le médecin.

QUATRIÈME FORME (potuissem, si voluissem).

308. Le verbe principal est en latin à l’irréel du passé (plus-que-parfait du subjonctif), en français au conditionnel passé; si veut dire: s’il était arrivé que.

309. Potuissem, si voluissem. — Quand le verbe principal est à l’irréel du passé (plus-que-parfait du subjonctif), on emploie après si le même mode et le même temps.

Ex.: 1. Potuissem, si voluissem, je l’aurais pu si je l’avais voulu (litt.: s’il était arrivé que je l’eusse voulu). — 2. Si sanus fuissem, medicum non expetivissem, si j’avais été en bonne santé, je n’aurais pas réclamé le médecin.

309*. Après une période irréelle, la phrase suivante commence souvent par nunc, nunc vero, mais en réalité.

B) Règles particulières à nisi, sive, quasi et tanquam.

310. Nisi videro, non credam.Nisi et si non signifient tous deux si.., ne pas et suivent les mêmes règles que si, mais:

1° C’est nisi qui convient pour traduire excepté si, à moins que:

Ex.: Nisi videro, non credam, à moins que je ne l’aie vu, je ne le croirai pas.

2° C’est si non seul qui convient pour opposer deux suppositions ou quand la phrase reprend avec at certe, du moins.

Ex.: 1. Si feceris, laetabor; si non feceris, ignoscam (ou bien: si minus, ignoscam, 310*, 3°), si tu le fais, je m’en réjouirai; si tu ne le fais pas, je te pardonnerai. — 2. Si dives non sum, at certe non infelix, si je ne suis pas riche, du moins ne suis-je pas malheureux.

310*. 1° Nisi forte (nisi vero), à moins que par hasard, est ironique et veut toujours l’indicatif.

Nisi, si ce n’est, peut se rencontrer sans verbe: est amicitia nihil aliud nisi summa consensio, l’amitié n’est rien autre que (= si ce n’est) un accord complet.

Si minus remplace régulièrement si non, quand le verbe est sous-entendu.

Sin, si autem, sin autem, signifient si au contraire.

311. Sive cogito, sive scribo.Sive (ou seu) répété, soit que, soit que, se construit avec l’indicatif.

Ex.: Sive cogito, sive scribo, illo loco libentissime utor, soit que je réfléchisse, soit que j’écrive, je me tiens volontiers en cet endroit.

312. Quasi omnes te audiant. — Les conjonctions quasi et tanquam, comme si, se construisent avec le subjonctif suivant la règle de concordance des temps [§ 249-250].

Ex.: 1. Loquere semper quasi omnes te audiant, parle toujours comme si tout le monde t’entendait. — 2. Loquebatur semper, quasi omnes eum audirent, il parlait toujours comme si tout le monde l’entendait.

312*. Les autres conjonctions signifiant comme si, ut si, velut (si), perinde ou proinde ac (si), tanquam si, ceu (chez les poètes surtout) se construisent aussi avec le subjonctif, mais ne suivent pas la règle de concordance: hoc habeo, perinde ac (sous-entendu haberem) si non esset, je tiens cela pour non avenu, je regarde cela comme (je le regarderais) s’il n’existait pas.

C) Syntaxe de dum, dummodo, modo.

313. Oderint, dum metuant. — Les conjonctions conditionnelles dum, dummodo, modo, pourvu que, se construisent avec le subjonctif; la négation est ne.

Ex.: 1. Oderint dum metuant, qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent. — 2. Sit summa severitas, dummodo ne varietur gratiā, que la sévérité soit extrême, pourvu qu’elle ne soit pas influencée par la faveur (= pourvu qu’elle soit impartiale).

6° Les propositions temporelles.

314. Il y a lieu d’étudier successivement:

A. la règle commune à toutes les conjonctions de temps;

B. les conjonctions toujours suivies de l’indicatif;

C. la conjonction cum;

D. les conjonctions antequam et priusquam;

E. la conjonction dum.

A) Règle commune à toutes les conjonctions temporelles.

315. Cum palam converterat. — Quand il s’agit d’une action qui se répète, toutes les conjonctions de temps sont suivies de l’indicatif.

Ex.: 1. Cum palam anuli converterat, a nullo videbatur, chaque fois qu’il (Gygès) avait tourné le chaton de la bague, il devenait invisible. — 2. Membris utimur priusquam didicimus, nous nous servons de nos membres avant d’avoir appris. — 3. Cum noctua cecinit, multi pavent, quand une chouette crie, beaucoup de gens ont peur.

315*. Cette règle est commune aux propositions temporelles, conditionnelles303] et relatives. On trouve d’assez nombreuses exceptions avec les conjonctions signifiant jusqu’à ce que ou avant que, mais c’est qu’alors l’écrivain a voulu mettre en relief l’idée d’intention ou de retard322]: Saepe magna indoles virtutis, priusquam reipublicae prodesse posset, exstincta est: souvent une grande âme s’est éteinte avant d’avoir eu le temps d’être utile à l’État. — De nombreuses exceptions se rencontrent à l’époque impériale avec toutes les conjonctions de temps.

Pour le subjonctif que l’on rencontre avec des conjonctions temporelles ou autres, se construisant régulièrement avec l’indicatif, voir § 341*, II.

B) Conjonctions temporelles toujours suivies de l’indicatif.

316. Ut ingressus est, gladium destrinxit. — Les conjonctions quando, ubi, ut, lorsque, dès que; postquam, après que, depuis que; simul atque (ac, cum, et), aussitôt que; donec, quoad, aussi longtemps que ou jusqu’à ce que, sont suivies de l’indicatif.

Ex.: 1. Ut ingressus est, gladium destrinxit, dès qu’il fut entré, il tira son glaive. — 2. Caesar, postquam Ptolemaeum devicit, in Pontum se contulit, César, après avoir vaincu Ptolémée, se rendit dans le Pont. — 3. Simul ac sensit, Romam profugit, aussitôt qu’il s’en aperçut, il s’enfuit à Rome.

316*. On remarquera l’emploi de ces conjonctions (surtout postquam):

1° Avec un présent historique: postquam videt fusas copias, après qu’il eut vu ses troupes en déroute.

Avec un imparfait pour marquer la simultanéité: postquam Antonius adventabat, Catilina iter fecit, à rapproche d’Antoine, Catilina se mit en route.

3° Avec le plus-que-parfait pour marquer un intervalle de temps: postquam ei justa fecerant, reguli convenerunt, quelque temps après lui avoir rendu les derniers devoirs, les princes se réunirent.

Pour le subjonctif qu’on rencontre avec donec et quoad, cf. 315*.

C) Conjonctions temporelles suivies de l’indicatif ou du subjonctif.

a) Syntaxe de cum.

317. RÈGLE GÉNÉRALE. — Cum temporel est suivi tantôt de l’indicatif, tantôt du subjonctif, mais on n’emploie le subjonctif que si le verbe est en latin à l’imparfait ou au plus-que-parfait.

318. Cum Caesar in Galliam venit. — Quand cum signifie au moment où, ou bien depuis le moment où, il est suivi de l’indicatif si le verbe subordonné est au présent, au futur ou au parfait.

Cette expression du temps pur, à laquelle ne s’ajoute aucune nuance explicative, se retrouvera § 321 (antequam, priusquam).

Ex.: 1. Hoc cum dico, legem a me dici intellegi volo, quand je dis ceci, je veux que l’on comprenne que je parle de la loi. — 2. De his rebus, otiosi cum erimus, loquemur, nous parlerons de ces choses quand nous serons de loisir. — 3. Cum Caesar in Galliam venit, erant Aedui, etc. Lorsque César arriva en Gaule, les Éduens étaient, etc. — 4. Vicesimus jam annus (est) cum omnes scelerati me unum petunt, voici la vingtième année (depuis) que tous les scélérats s’acharnent à ma perte.

319. Cum Caesar in Galliam venisset.Cum se construit avec le subjonctif si le verbe subordonné est à l’imparfait ou au plus-que-parfait.

En ce cas le subjonctif marque généralement l’enchaînement des faits et indique que l’un des événements influe sur l’autre; ou bien il donne à la proposition subordonnée temporelle une valeur consécutive291] (= à un moment tel que…​).

Ex.: 1. Cum triginta tyranni Athenas tenerent oppressas, Thrasybulus liberare patriam conatus est, comme les trente tyrans opprimaient Athènes (et parce qu’ils l’opprimaient), Thrasybule entreprit de délivrer sa patrie. — 2. Cum Caesar in Galliam venisset, Helvetii legatos ad eum miserunt, comme César était venu en Gaule (et parce qu’il y était venu), les Helvètes lui envoyèrent des ambassadeurs. — 3. Fuit antea tempus, cum Germani Gallos virtute superarent, il fut jadis un temps où (tel que) les Germains l’emportaient sur les Gaulois par le courage.

Dans la traduction il sera souvent commode, voire plus élégant, d’employer le participe: cum veniret in Galliam, venant en Gaule, lors de son arrivée; cum venisset, étant venu, après son arrivée.

EXCEPTION. — Cependant, quoique suivi de l’imparfait ou du plus-que-parfait, cum est construit avec l’indicatif, quand il exprime:

1° La répétition (= toutes les fois que) [§ 315].

Ex.: Cum cohors impetum fecerat, hostes velocissime refugiebant: chaque fois que la cohorte avait chargé, les ennemis se repliaient en toute hâte (Expression du temps pur).

2° La simultanéité (= pendant le temps que).

Ex.: 1. Cum haec scribebam, putabam…​: au moment où (dans le temps que) j’écrivais cela, je pensais…​ — 2. Cum ver esse coeperat, Verres se dabat labori: c’est quand le printemps avait commencé que Verrès se mettait au travail (Expression du temps pur).

N.B. — On constate quelques infractions, d’ailleurs rares chez les classiques, aux règles données précédemment [§ 318 et 319].

Ex.: Cum adesse non licebat, aderant tamen: à un moment tel qu’il ne leur était pas permis d’être là, ils y étaient cependant. (L’usage classique exigerait liceret.)

319*. On notera aussi les emplois suivants:

1° Cum précédé d’une principale contenant jam, vix ou nondum. L’indicatif est alors de règle: jam ver appetebat, cum Hannibal profectus est, déjà le printemps approchait quand Hannibal se mit en route.

Cum interim (ou interea) signifiant alors que pendant ce temps-là, avec l’indicatif au présent et au parfait et d’ordinaire le subjonctif à l’imparfait et au plus-que-parfait.

b) Syntaxe de antequam et priusquam.

320. RÈGLE GÉNÉRALE. — Antequam et priusquam, avant que, se construisent tantôt avec l’indicatif, tantôt avec le subjonctif.

321. Priusquam ad flumen pervenerunt. — Antequam et priusquam sont suivis de l’indicatif quand ils marquent qu’une action a réellement eu lieu dans le passé (cas réel).

Ex.: Non fugĕre destiterunt priusquam ad flumen pervenerunt: ils ne s’arrêtèrent pas de fuir avant d’avoir atteint le fleuve.

Quand le verbe principal est au futur ou à l’impératif, on construit ces deux conjonctions avec le futur antérieur:

Ex.: De Carthagine vereri non desinam, antequam illam excisam cognovero: je ne cesserai pas de redouter Carthage avant d’avoir appris sa ruine.

321*. Toutefois ce n’est pas le futur simple qu’on emploie avec