NOTE SUR LA PRÉSENTE ÉDITION

Cette édition des Textes latins du programme (classe de sixième) a été réalisée par les bénévoles du Cercle latin de la Nouvelle-France. On trouvera le texte intégral à télécharger gratuitement sur le site cerclelatin.org.

Le Cercle latin accorde la permission de reproduire ce livre à des fins personnelles ou éducatives, en conservant toutefois la mention de sa provenance accompagnée d’un hyperlien vers le site cerclelatin.org où se trouve l’édition électronique de cet ouvrage. Le lecteur est prié de signaler toute coquille ou erreur à l’adresse suivante: contact@cerclelatin.org ou dans le forum du site.

TOUTE REPRODUCTION À DES FINS COMMERCIALES EST ABSOLUMENT INTERDITE

LES TEXTES LATINS DU PROGRAMME

PRÉFACE

On trouvera réunis dans ce volume les textes latins tels que le programme officiel les indique pour la Sixième: un Recueil de textes faciles et gradués et un Epitome historiae Graecae. Nous avons cru devoir, pour suivre une tradition chère à l’Enseignement libre, maintenir dans ce recueil une partie du De viris illustribus urbis Romae, le reste de cet ouvrage étant attribué à la Cinquième. Nous avons ajouté des extraits de l’Epitome historiae sacrae de Lhomond, ne pensant pas qu’on pût renoncer, au moins dans l’Enseignement libre, à un petit livre, difficilement remplaçable, qui a aidé tant de latinistes à faire leurs premiers pas.

Bien que les programmes n’indiquent pas expressément l’auteur du De viris illustribus urbis Romae, il n’est guère douteux qu’il s’agisse de Lhomond. Nous n’avons donc pas cru devoir refaire ce que l’illustre professeur a si bien fait. Il a fallu cependant mettre l’orthographe latine en harmonie avec les principes actuels et corriger quelques tournures condamnées par les grammairiens d’aujourd’hui afin de rendre le texte plus scrupuleusement conforme à la langue de Cicéron et de César1.

A ces deux ouvrages de Lhomond s’ajoutent un Recueil de textes faciles et des extraits d’Epitome historiae Graecae. Les «textes faciles» ne sont pas autrement précisés dans les programmes. S’agit-il d’extraits des auteurs anciens ou de récits composés spécialement pour les enfants? Ceux qui ont cru devoir choisir des textes latins authentiques se sont trouvés acculés à un double inconvénient: ils ont dû défigurer assez piteusement ces textes pour les simplifier, et déflorer malencontreusement un bon nombre de passages connus que les élèves reverront au cours de leurs études. Il est d’ailleurs difficile de pousser la simplification assez loin pour rendre ces textes anciens entièrement accessibles à des débutants de Sixième. Nous avons donc cru devoir composer nous-même ces pages; cette liberté a été mise à profit pour donner aux récits une tournure plus agréable à des enfants d’aujourd’hui. Quand on s’adresse à cet âge, il ne faut pas seulement supprimer les difficultés rebutantes, il convient aussi de rendre attrayants des débuts par eux-mêmes très austères. A la fin seulement de cette partie nous avons placé, à titre d’essai, quelques textes anciens légèrement retouchés. Dans l’Epitome historiae Graecae, au lieu de donner un sec catalogue de noms, de faits et d’idées, nous avons préféré présenter quelques aspects essentiels et un petit nombre d’épisodes caractéristiques.

Pour ce qui est de la langue de ces deux parties, nos collègues en seront juges. Osons dire toutefois que nous n’avons pas voulu que la facilité indispensable en fût due à un décalque barbare du français. Nous avons visé à être simple et clair, mais en respectant le génie de la langue dans laquelle nous écrivions.

L’ordre dans lequel se présentent les quatre parties de cet ouvrage nous semble correspondre à leur degré de difficulté. Cependant, le recueil de textes faciles est un peu à part. Le début en est aussi simple que l’Epitome de Lhomond, mais une gradation plus rapide le conduit assez vite à rejoindre la difficulté du De viris.

Un lexique latin-français termine l’ouvrage. Ne contenant que les mots qui y sont employés et ne donnant, en règle générale, que les sens avec lesquels ils y figurent, il aplanira bien des difficultés.

Des Exercices et des Thèmes d’imitation sont insérés dans le texte même auprès des passages auxquels ils se rapportent. Ceux de l’ Epitome historiae sacrae supposent connue la déclinaison des noms et des adjectifs avec les degrés de comparaison et, en outre, progressivement, les «observations» contenues dans les numéros correspondants de notre première série d’Exercices latins (classe de Sixième, nos 1 à 100). Nous n’avons cru pouvoir aller un peu au delà de ces notions que quand l’élève n’a qu’à transcrire textuellement le mot tel qu’il figure dans le texte latin qu’il â traduit. Ces thèmes ou exercices se rapportent d’ailleurs toujours à des passages très déterminés et très courts et n’emploient que les mots qui s’y trouvent.

Les thèmes et exercices des «Textes faciles» demandent, outre les notions précédentes, l’étude du pronom. Il convient d’y ajouter les quelques «observations» contenues dans les numéros correspondants (observations 100, 103, 107, 120) des Exercices de la première série. Enfin, les thèmes d’imitation de l’Epitome historiae Graecae et du De viris supposent connue au moins la conjugaison.

L’accentuation a été marquée sur tous les mots qui portent le ton sur l’antépénultième; une lecture correctement accentuée est donc possible partout. Dans les cas douteux nous avons suivi de préférence les règles générales; cependant on ne devra pas s’étonner, par exemple, de trouver deinde accentué déinde.

Les renvois sont faits tantôt à notre Grammaire de Première année (classe de Sixième), désignée simplement par G.; tantôt à la Grammaire complète, désignée par G.C.; les chiffres renvoient aux numéros des paragraphes: ces numéros sont les mêmes dans ces deux grammaires.

H. PETITMANGIN

1Voici, à titre d’indication, quelques-unes des tournures de Lhomond que nous avons cru devoir modifier. Ces retouches ont porté surtout sur l’Epitome, un bon nombre d’irrégularités ayant été déjà expulsées du De viris par les éditeurs précédents : formes passives ou déponentes avec fuerat, fuisset, fuisse, au lieu de erat, esset, esse: secutus fuerat, expositi fuerant, caesam fuisse; ad restituendum Tarquinios, au lieu de ad restituendos; manques de concordance peu justifiés dans les périodes conditionnelles: si comedas, morieris; dabo, si concedas; si qui sint, trade eis; des impératifs peu réguliers: ne facito, pour ne feceris; ne timeas, pour ne timueris; subjonctifs peu classiques après postquam, dum (tandis que), propterea quod: invisus erat postquam narravisset; dum irent; propterea quod fuerit plus aequo indulgens; participe en urus sans le verbe sum exprimé ou sous-entendu: ubertatis mox venturae; emploi un peu libre de suus: erat animo anxio quod suus filius esset in redeundo tardior; neque, au lieu de neve: fuge neque sinas; an dans l’interrogation indirecte simple: interrogavit an pater viveret. Pour l’orthographe, nous avons écrit adulescens (p. adolescens), conubium (p. connubium), dicio, condicio (p. ditio, conditio), rettulit (p. retulit), milia (p. millia), cum (p. quum), maerens (p. moerens), ceteri (p. caeteri), artus, (p. arctus), etc.

REMARQUES CONCERNANT L’UTILISATION DES TEXTES DE SIXIÈME

Tout le volume est divisé en courts paragraphes. Sur chacun d’eux, considéré comme un tout indépendant, on pourra faire utilement les opérations suivantes:

1° Après lecture de chaque phrase du paragraphe, faire l’analyse préliminaire des mots (ce qu’on appelle parfois analyse anticipative). Au début, on fera considérer chaque mot séparément en posant des questions de ce genre: quelle espèce de mots? Quel cas? Quel nombre? Quelle fonction? Accord avec quel autre mot? Quelle personne? Quel temps? Quel mode? Quelle voix? Quelle conjugaison? parfois: quel sens? A mesure qu’on avancera dans l’année, on restreindra cette analyse préliminaire aux mots les moins familiers et aux formes les plus importantes. On ne craindra pas ici d’anticiper un peu sur l’étude de la grammaire.

2° On procède à la construction de la phrase: y a-t-il plusieurs propositions? Quel est le mot qui subordonne? Quelles sont les limites de chaque proposition? On construit ensuite chaque proposition dans l’ordre suivant: groupe du sujet, verbe, adverbe s’y rapportant, compléments sans préposition (accusatif, datif, ablatif), compléments avec préposition (dans l’ordre du latin).

3° On traduit en mot à mot en améliorant immédiatement cette traduction littérale lorsqu’elle est incorrecte ou lourde en français. Ce faisant, on complète le commentaire grammatical et l’on signale les latinismes à retenir. On ajoute la traduction correcte de la phrase.

4° Résumé oral rapide du contenu du paragraphe avec rattachement à l’ensemble du récit.

5° Les livres étant fermés, le professeur répète le français de la traduction littérale en s’arrêtant après chaque membre de phrase, parfois après un seul mot, pour demander à un élève de donner immédiatement le latin correspondant. Les élèves se prêtent volontiers à cet exercice très profitable et le réussissent généralement bien. C’est le meilleur thème oral.

6° Les livres étant toujours fermés, on procède à la lecture expressive et accentuée, les mots étant soigneusement réunis en groupes selon le sens: Deus-creavit-caelum-et-terram sex-diebus. De temps en temps on peut arrêter la lecture pour demander à un élève de traduire immédiatement le dernier membre de phrase qui vient de frapper ses oreilles. Cette dernière opération peut être répétée utilement sur le même texte à plusieurs jours d’intervalle.

7° Le professeur peut poser en latin quelques questions très simples auxquelles l’élève répondra également en latin: Quis creavit terrum? Quid creavit Deus? A quo terra creata est? Quanta tempore?

PREMIÈRE PARTIE: EXTRAITS DE L’EPITOME HISTORIAE SACRAE

I. – La création du monde et nos premiers parents.

SOMMAIRE. – 1. Dieu crée le monde. – 2. Dieu crée l’homme. – 3. Le Paradis terrestre. – 4. La désobéissance. – 5. La honte après la faute. – 6. Le serpent est maudit. – 7. Le Paradis perdu.

1. Deus creavit caelum et terram intra sex diebus1. Primo die2, fecit lucem. Secundo die, fecit caelum. Tértio die coegit aquas in unum locum, et eduxit e terrā plantas et árbores. Quarto die, fecit solem et lunam et stellas. Quinto die, aves quae vólitant in áere, et pisces qui natant in aquis. Sexto die, fecit ómnia animántia, postremo hominem, et quievit die séptimo.

2. Deus finxit corpus hóminis e3 limo terrae; dedit illi ánimum viventem; fecit illum ad similitúdinem suam, et nominavit illum Adamum. Deinde immisit soporem in Adamum et detraxit unam e costis ejus dormientis. Ex eā formavit mulierem, quam dedit sóciam4 Adamo; sicque instituit matrimónium. Nomen primae mulieris fuit Eva.

3. Deus pósuit Adamum et Evam in horto5 amoenissimo, qui solet appellari Paradisus6 terrestris. Ingens flúvius irrigabat hortum. Erant ibi omnes árbores jucundae adspectu7, et fructus gustu suaves. Inter eas arbor sciéntiae boni et mali. Deus dixit hómini: «Utĕre frúctibus ómnium árborum Paradisi, praeter fructum árboris sciéntiae boni et mali; nam si comedes illum fructum, moriēris.»

4. Serpens, qui erat callidíssimum ómnium animántium, dixit mulíeri: «Cur non comedis fructum istíus árboris?» Múlier respondit: «Deus id prohíbuit. Si tetigérimus illum, moriemur.» – «Mínime8, inquit serpens; non moriémini, sed éritis símiles Deo, scientes bonum et malum.» Mulier, decepta his verbis, decerpsit fructum et comedit; deinde óbtulit viro, qui páriter comedit.

5. Adamus, fúgiens conspectum Dei, se abscondit. Deus vocavit illum: «Adame! Adame!» Qui9 respondit: «Tímui conspectum tuum, et abscondi me.» – «Cur times, inquit Deus, nisi quia comedisti fructum vétitum?» Adamus respondit: «Múlier, quam dedisti mihi sóciam, porrexit mihi fructum istum, ut éderem.» Dóminus dixit mulíeri: «Cur fecisti hoc?» Quae respondit: «Serpens me decepit.».

6. Dóminus dixit serpenti: «Quia decepisti mulíerem, eris odiosus et exsecratus inter ómnia animántia. Reptabis super pectus, et cómedes terram. Inimicitiae erunt inter te et mulíerem. Ipsa olim10 cónteret caput tuum.» Dixit étiam mulíeri: «Afficiam11 te multis malis; páries líberos in dolore, et eris in potestate viri.»

7. Déinde Deus dixit Adamo: «Quia gessisti morem12 uxori tuae, habebis terram infestam; ea fundet tibi spinas et cárduos. Quaeres ex eā victum cum multo labore, donec ábeas in terram, e quā ortus es.» Tum ejecit Adamum et Evam ex horto, ut ille cóleret terram; et collocavit ángelum, qui praeferebat manu gládium igneum, ut custodiret áditum Paradisi.

Notes: 1. G. 199. Intra sex dies, chez les classiques signifierait: sans dépasser six jours, en moins de six jours. – 2. G. 199. – 3. Le complément avec ex marque la matière dont une chose est faite (G. 115). 4. Attribut, G. 101, note II. – 5. Avec les verbes signifiant «placer» on trouve l’ablatif avec in au lieu de l’accusatif attendu. – 6. D’un mot grec, d’origine orientale, signifiant jardin. – 7. Ablatif du point de vue (G.C. 189). – 8. Au sens d’une forte négation (lexique). – 9. G. 144, comme et is respondit. – 10. Olim se dit tantôt du passé «un jour, autrefois» ou de l’avenir «un jour, plus tard». – 11. Afficere, «frapper» d’une peine. – 12. Gerere morem, latinisme qui revient à: se montrer complaisant pour (datif).

EXERCICE, I, §§ 5-7.

1°. D’après les paragraphes 5 à 7, faire séparément la liste, au nominatif, des noms se déclinant sur rosa, sur dominus, sur templum. – 2°. Par quelle lettre se termine la seconde personne du singulier des verbes au présent et au futur de l’indicatif actif? Donnez des exemples d’après le texte. – 3°. Faire, d’après les paragraphes 5 à 7, la liste des sujets en ajoutant le verbe (exemple: Adamus abscondit, etc.). – 4°. A quel cas se mettent ces sujets de verbes à un mode personnel?

II. – Le Déluge.

SOMMAIRE. – 1. Construction de l’arche. – 2. Le déluge. – 3. Fin du déluge. – 4. Noé sort de l’arche.

1. Postquam númerus hóminum crevit1, ómnia vítia invaluerunt. Quare offensus Deus státuit pérdere hóminum genus dilúvio. Attămen pepercit2 Noemo et líberis ejus, qui colebant virtutem. Noemus, admónitus a Deo, exstruxit ingentem arcam in3 modum navis; linivit eam bitúmine, et in eam induxit par4 unum ómnium animántium.

2. Postquam Noemus ipse ingressus est5 arcam cum cónjuge, tribus fíliis et totidem núribus, aquae maris et ómnium fóntium eruperunt. Simul plúvia ingens cécidit per quadraginta dies et tótidem noctes. Aqua opéruit universam terram, ita ut superaret quíndecim cúbitis6 altissimos montes. Omnĭa absumpta sunt dilúvio; arca autem sublevata aquis, fluitabat in alto7.

3. Deus immisit ventum vehementem et sensim aquae imminutae sunt. Tandem, mense undécimo postquam dilúvium coeperat, Noemus apéruit fenestram arcae et emisit corvum qui non est reversus. Déinde emisit columbam. Cum ea non invenisset locum siccum ubi8 póneret pedem, reversa est ad Noemum, qui extendit manum, et íntulit eam in arcam. Columba rursum emissa áttulit in ore suo ramum olivae virentis, quo finis dilúvii significabatur.

4. Noemus egressus est ex arcā, postquam ibi inclusus erat per annum totum, ipse et família ejus. Eduxit secum aves ceteráque animántia. Tum erexit altare et óbtulit sacrifícium Dómino. Deus dixit illi: «Non delebo jam9 genus hóminum. Ponam arcum meum in núbibus et erit signum foederis, quod fácio vobiscum. Cum obdúxero10 nubes caelo, arcus meus apparebit et recordabor foederis mei11, nec unquam dilúvium erit ad perdendum orbem terrarum.»

Notes: 1. Parfait de cresco. – 2. Parfait de parco. – 3. In marque la direction, la similitude: in modum, à la manière de. – 4. Distinguer par adjectif et par nom neutre; il est ici un nom et signifie «paire, couple». – 5. Les verbes signifiant «entrer» sont assez souvent transitifs directs en latin. – 6. Ablatif de différence, G.C. 137. – 7. Altum (mare), la haute mer, l’eau profonde. – 8. Adverbe relatif de liaison (G. 144) pour ut ibi ou ut in eo. – 9. Non jam avec le futur correspond à «ne… plus désormais». – 10. Obducere aliquid alicui rei, étendre quelque chose sur quelque chose. – 11. Les verbes signifiant «se souvenir» se construisent en latin avec le génitif (G. 165).

EXERCICE, II, §§ 1-4.

1°. Faire la liste des noms de la 3e déclinaison contenus dans les paragraphes 1 à 4, en mettant à part les imparisyllabiques et les parisyllabiques et en donnant chaque fois le génitif singulier en toutes lettres. – 2°. Faire la liste des verbes à la 3e personne du singulier du parfait (forme active) et dire par quelles lettres cette forme se termine.

III. – Vocation d’Abraham.

SOMMAIRE. – 1. Nouvelle corruption du genre humain. – 2. Promesses faites par Dieu à Abraham. – 3. Isaac. – 4. Sacrifice d’Isaac. – 5. Isaac sauvé.

1. Poena dilúvii non detérruit hómines a vítiis; sed brevi facti sunt pejores quam prius. Obliti sunt Dei creatoris2; adorabant solem et lunam; non verebantur parentes; dicebant mendácium; faciebant fraudem, furtum, homicídium; uno verbo2, se contaminabant ómnibus flagítiis.

2. Quidam tamen sancti viri coluerunt veram religionem, inter quos fuit Abrāhamus. Deus fecit foedus cum illo his verbis3: «Exi e domo paterna; désere pátriam; pete regionem quam daturus sum pósteris tuis. Eris pater multarum géntium, ac per te omnes orbis nationes erunt bonis cumulatae. Adspĭce caelum; dinúmera stellas, si potes; tua progénies eas aequabit número4

3. Fílius natus est Abrahamo, qui vocavit eum Isaācum. Postquam Isaacus adolevit, Deus, tentans fidem Abrahami, dixit illi: «Abrahame, tolle fílium tuum únicum quem amas, et immola eum mihi in monte, quem ostendam tibi.»

4. Abrahamus non dubitavit parere Deo jubenti. Impósuit ligna Isaaco5. Ipse vero portabat ignem et gládium. Cum iter fácerent simul, Isaacus dixit patri: «Mi6 pater, ecce ligna et ignis; sed ubinam est hóstia immolanda?» Cui Abrahamus: «Deus, inquit, sibi providebit hóstiam, fili mi.» Ubi7 pervenerunt ambo in locum designatum, Abrahamus exstruxit aram, dispósuit ligna, alligavit Isaacum super struem lignorum, déinde arrípuit gládium.

5. Tum ángelus clamavit de caelo: «Abrahame, cóntine manum tuam! noli8 nocere púero. Jam fides tua mihi perspecta est, cum non pepérceris fílio tuo único; et ego favebo tibi: remunerabo spléndide fidem tuam.» Abrahamus respexit, et vidit aríetem haerentem córnibus inter vepres, quem immolavit loco9 fílii.

Notes: 1. G. 165. – 2. En un mot, bref. – 3. En ces termes. – 4. Ablatif du point de vue (G.C. 189). 5. Au datif comme les compléments de beaucoup de verbes composés de in, au lieu de imposuit in Isaacum (G. 170). – 6. G. 40; de même plus loin fili mi. – 7. Ubi s’emploie comme conjonction: dès que. – 8. Impératif de nolo; on l’emploie beaucoup dans les défenses (G. 170). – 9. Loco (ablatif), à la place de.

EXERCICE, III, §§ 2-5.

1°. Énumérer et mettre au génitif singulier et pluriel tous les noms de la 3e déclinaison qui se rencontrent dans les paragraphes 3 à 5. – 2°. Faire la liste des verbes ayant un complément d’objet direct (exemple: deterruit homines, adorabant lunam) dans les mêmes paragraphes 3 à 5 (on traduira tous les exemples). – 3. D’après ces exemples, dire à quels cas se met en latin le nom complément d’objet direct. – 4. Faire la liste des impératifs à la 2e personne du singulier contenus dans les paragraphes 2 et 3, donner chaque fois l’infinitif correspondant, et tirer une règle de formation de cet impératif.

IV. – Esaü et Jacob.

SOMMAIRE. – 1. Esau vend son droit d’aînesse. – 2. Esau à la chasse. – 3. Rebecca conseille Jacob. – 4. Rebecca prépare le repas d’Isaac. – 5. Isaac bénit Jacob. – 6. Retour d’Esau.

1. Esāus pilosus erat, Jacōbus vero lenis1. Ille fuit venator strénuus, hic autem plácidus et simplex móribus2. Quādam die, cum Jacobus paravisset pulmentum ex3 léntibus, venit Esaus, fessus de via, et dixit fratri: «Da mihi hoc pulmentum, nam rédeo rure4 exanimatus lassitúdine.» Cui Jacobus: «Dabo, si concedes mihi jus primogéniti.» – «Fáciam libenter», inquit Esaus. «Jura ergo», ait Jacobus.

2. Isaācus, qui delectabatur venatione, amabat Esaum. Jacobus vero erat cárior matri5 Rebeccae. Cum Isaacus jam senuisset, et factus esset caecus, vocavit Esaum: «Sume, inquit pháretram et arcum et sagittas. Affer mihi paratum de6 venatione pulmentum, ut cómedam et ápprecer tibi fausta ómnia, ántequam móriar.» Itaque Esaus profectus est venatum7.

3. Rebecca audíerat Isaacum loquentem. Vocavit Jacobum, et: «Affer8, inquit, mihi duos haedos opimos; confíciam pulmentum, quo pater tuus valde delectatur. Appones ei hunc cibum, et bene precábitur tibi.» Jacobus respondit: «Ego véreor id fácere, mater. Esaus est pilosus, ego sum lenis. Si pater me attrectáverit9, succensebit mihi. Ita indignátio patris et damnum mihi evénient pro10 ejus benevoléntia.»

4. Rebecca ínstitit: «Ne timúeris11, inquit, fili mi. Si quid adversi inde sequetur, id totum mihi sumam. Tu vero ne dubitáveris fácere quod júbeo.» Ităque Jacobus ăbiit, et ăttulit matri duos haedos. Illa paravit seni cibum quem nóverat12 suavem esse palato ejus. Déinde induit Jacobum veste fratris; aptavit pellem haedi mánibus ejus et collo. Tum: «Adi, inquit, patrem tuum, et offer illi cibum quem áppetit.»

5. Jacobus áttulit patri suo cibum paratam a matre. Cui Isaacus dixit: «Quisnam es tu13?» Jacobus respondit: «Ego sum Esaus primogénitus tuus; feci quod jussisti, pater; surge, et cómede de venatione meā.» – «Quómodo, ait Isaacus, potuisti invenire tam cito?» – «Inveni, pater; Deus ita vóluit.» Isaacus rursum: «Tune14 es Esaus primogénitus meus? Accede própius ut attrectem te.» Ille accessit ad patrem, qui dixit: «Vox quidem est Jacobi, sed manus sunt Esai.»

6. Isaacus, amplexatus Jacobum, tribuit illi ómnia bona15 primogéniti. Non multo post Esaus rédiit a venatione, et ipse óbtulit patri pulmentum quod paráverat. Cui Isaacus mirans dixit: «Quis est ergo ille qui modo16 áttulit mihi cibum, et cui precatus sum ómnia fausta, tanquam primogénito?» Quod17 aúdiens Esaus édidit magnum clamorem, et implevit domum lamentis.

Notes: 1. Lenis, qui a la peau lisse, non velue. – 2. Ablatif du point de vue (G.C. 189). – 3. Ex marque la matière, G. 115. – 4. G. 193, note. – 5. Matri (suae). – 6. De marque la provenance: avec. – 7. Venatum, supin, G. 62, 244. – 8. G. 60. – 9. Futur antérieur qui correspond à un présent français, G.C. 303, 2°. – 10. Pro, à la place de, au lieu de. – 11. C’est la manière de défendre, G. 213. Si quid (aliquid, G.C. 151). – 12. Plus-que-parfait au sens d’un imparfait. – 13. La place de tu n’est nullement due à l’interrogation. – 14. Tune est composé de tu et de ne, interrogatif, G. 92, 1°. – 15. Tous les avantages. – 16. Adverbe. – 17. Relatif de liaison: audiens autem id (G. 144).

EXERCICE, IV, §§ 15-17.

1°. Faire la liste des adjectifs de la première classe contenus dans les paragraphes 1 à 5, en rangeant à part ceux qui se déclinent sur bonus et ceux qui se déclinent sur niger. – 2°. Faire de même pour les adjectifs de la seconde classe se déclinant sur felix et sur fortis (exemple: lenis, lene). – 3°. Faire séparément la liste des verbes au futur en les rangeant par conjugaison et en indiquant la première personne du présent de l’indicatif (exemple: faciam, facio). – 4°. D’après la liste précédente, indiquez comment se terminent les futurs latins de forme active. – 5°. Déclinez à tous les cas suavis cibus.

V. – Histoire de Joseph.

SOMMAIRE.

Ire partie: Joseph vendu par ses frères. – 1. Enfance de Joseph. – 2. Songes de Joseph. – 3. Ses frères veulent le tuer. – 4. Opposition de Ruben. – 5. Joseph vendu à des marchands. – 6. Jacob le croit mort.

IIe partie: Joseph en Égypte. – 7. Putiphar. – 8. Joseph en prison. – 9. Les songes. – 10. Le songe du grand échanson. – 11. Le songe du grand panetier. – 12. Accomplissement des deux songes.

IIIe partie: Puissance de Joseph. – 13. Songes du Pharaon. – 14. On lui parle de Joseph. – 15. Joseph explique les songes du Pharaon. – 16. Joseph devient l’intendant du roi. – 17. Précautions contre la famine.

IVe partie: Voyage des frères de Joseph. – 18. Jacob envoie ses fils en Égypte. – 19. Joseph les reconnaît. – 20. Il réclame Benjamin. – 21. Siméon reste comme otage. – 22. Jacob refuse de laisser partir Benjamin. – 23. Ses enfants insistent. – 24. Jacob consent au départ de Benjamin.

Ve partie: Voyage de Benjamin. – 25. Arrivée en Égypte. – 26. Joseph interroge ses frères. – 27. La coupe dans le sac de Benjamin. – 28. Arrestation des frères de Joseph. – 29. On trouve la coupe. – 30. Désolation des frères de Joseph. – 31. Judas s’offre à la servitude. – 32. Joseph se fait reconnaître.

VIe partie: Jacob en Égypte. – 33. Joseph demande que l’on amène son père. – 34. Le Pharaon reçoit les frères de Joseph. – 35. Jacob consent à partir pour l’Égypte. – 36. Rencontre de Jacob et de Joseph. – 37. Le Pharaon invite les frères de Joseph à s’établir en Égypte. – 38. Ils s’y établissent.

Ire partie: Joseph vendu par ses frères.

1. Jacobus hábuit duódecim fílios, inter quos erat Josephus. Hunc pater amabat prae céteris. Dederat illi togam textam e filis1 várii coloris. Quam2 ob causam Josephus erat invisus suis frátribus, praesertim postquam narravit eis duplex sómnium quo futura ejus magnitudo portendebatur. Oderant illum tantópere, ut non possent cum eo amice loqui.

2. Haec3 porro erant Josephi sómnia: «Ligabamus, inquit, simul manípulos in agro. Ecce manípulus meus surgebat et stabat rectus; vestri autem manípuli circumstantes venerabantur meum. Póstea vidi in somnis4 solem, lunam et úndecim stellas adorantes me.» Cui fratres responderunt: «Quorsum spectant5 ista sómnia? Num tu eris rex noster? Num subjiciemur dicioni tuae?» Fratres ígitur invidebant ei; et pater rem tácitus considerabat.

3. Quādam die, cum fratres Josephi páscerent greges procul, ipse remánserat domi; Jacobus misit eum ad fratres, ut sciret quómodo se haberent6. Qui videntes Josephum venientem, consilium ceperunt illíus occidendi. «Ecce, inquiebant, somniator venit. Occidamus7 illum et projiciamus in púteum. Dicemus patri: fera devoravit Josephum. Tunc apparebit quid8 sua illi prosint sómnia.»

4. Ruben, qui erat natu máximus, deterrebat fratres a tanto scélere. «Nolīte9, inquiebat, interfícere púerum; est enim frater noster. Demíttite eum pótius in hanc fóveam.» Habebat in ánimo10 liberare Josephum ex eorum mánibus, et illum extráhere e fóvea, ātque ad patrem redúcere. His verbis deducti sunt ad mítius consilium.

5. Ubi Josephus pervēnit ad fratres suos, detraxerunt ei togam, quā indutus erat, et detruserunt eum in fóveam. Déinde cum consedissent ad sumendum cibum, conspexerunt mercatores, qui petebant aegyptum cum camelis portántibus vária arómata. Venit eis in mentem Josephum véndere illis mercatóribus. Qui emerunt Josephum viginti nummis argénteis11, eumque duxerunt in aegyptum.

6. Tum fratres Josephi tinxerunt togam ejus in sánguine haedi, quem occiderant, et miserunt eam ad patrem cum his verbis: «Invénimus hanc togam; vide num toga fílii tui sit.» Quam cum agnovisset pater, exclamavit: «Toga fílii mei est; fera péssima dévoravit Josephum.» Déinde scidit vestem et induit cilícium. Omnes líberi ejus convenerunt ut lenirent dolorem patris. Sed Jacobus nóluit accípere consolationem dixitque: «Ego descendam maerens cum fílio meo in sepulcrum.»

Notes: 1. Ex marque la matière, G. 115. – 2. Relatif de liaison (G. 144): et ob eam causam. – 3. En tête de phrase, le démonstratif est souvent l’équivalent de «voici, voilà». – 4. Pluriel de somnus, sommeil; videre in somnis se dit souvent pour «voir en rêve». – 5. Où tendent, c’est-à-dire où veux-tu en venir avec ces songes. – 6. Se habere, latinisme, voir au lexique. – 7. Subjonctif au sens de l’impératif, G. 56, 2°. – 8. «En quoi», accusatif adverbial, G.C. 164. – 9. G. 213. – 10. Habere in animo (littéralement: avoir dans l’esprit) avoir l’intention. – 11. Ablatif de prix, G.C. 180.

EXERCICE, V, §§ 4-6.

1°. Faire la liste des adjectifs contenus dans les paragraphes 4, 5 et 6; les mettre chaque fois au nominatif masculin singulier et en donner le comparatif et le superlatif. – 2°. Faire la liste des pronoms-adjectifs en indiquant le cas, le genre, le nombre et le nominatif masculin singulier de chacun. – 3°. Faire la liste des prépositions en indiquant leur sens et le cas qu’elles gouvernent (ne pas les répéter). – 4°. Décliner complètement tantum scelus. – 5°. Faire la liste des verbes de ces paragraphes qui sont à la 3e personne du pluriel du parfait de l’indicatif actif et dire comment elle peut être aisément reconnue (traduire chaque fois ces formes).

IIe partie: Joseph en Égypte.

7. Pútiphar aegýptius emit Josephum a1 mercatóribus. Deus autem favit Putíphari propter Josephum: omnia ei próspere succedebant. Quam ob rem2 Josephus bene hábitus est ab hero, qui praefecit eum dómui suae: Josephus ergo administrabat rem familiarem3 Putípharis: ómnia fiebant ad nutum ejus nec Pútiphar ullius negótii curam gerebat4.

8. Josephus erat insigni virtute praeditus. Uxor tamen Putípharis eum accusavit apud virum, qui, nímium crédulus, conjecit Josephum in cárcerem. Erant in eodem cárcere duo ministri regis Pharaonis: alter praeerat pincernis, alter pistóribus. Utrique obvenit divínitus sómnium eādem nocte.

9. Ad quos cum5 venisset Josephus mane et animadvertisset eos tristiores sólito6, interrogavit quaenam esset maestítiae causa. Qui responderunt: «Obvenit nobis sómnium, nec quisquam7 est, qui illud nobis interpretetur. Nonne, inquit Josephus, Dei solius8 est praenóscere res futuras? Narrate mihi sómnia vestra.»

10. Tum prior sic expósuit Josepho sómnium suum: «Vidi in quiete vitem in qua erant tres pálmites; ea paulatim prótulit gemmas; déinde flores eruperunt ac dénique uvae maturescebant. Ego exprimebam uvas in scyphum Pharaonis eique porrigebam.» – «Esto bono ánimo9, inquit Josephus; post tres dies Phárao te restítuet in gradum prístinum; te rogo ut memíneris mei.»

11. Alter quoque narravit sómnium suum Josepho: «Gestabam in cápite tria canistra, in quibus erant cibi, quos pistores solent confícere. Ecce autem aves circumvolitabant et cibos illos comedebant.» Cui Josephus: «Haec10 est interpretátio istíus sómnii: tria canistra sunt dies, quibus11 elapsis Phárao te fériet securi, et affiget ad palum, ubi aves pascentur carne tua.»

12. Die tértio, qui dies natalis Pharaonis erat, spléndidum convívium parandum fuit12. Tunc rex méminit ministrorum suorum13, qui erant in cárcere. Restítuit munus praefecto pincernarum; álterum vero securi percussum14 suspendit ad palum. Ita res15 sómnium comprobavit. Tamen praefectus pincernarum oblitus est16 Josephi, nec illius in se mériti recordatus est.

Notes: 1. On dit en latin: acheter quelque chose «de» quelqu’un. – 2. Pour autem ob eam rem, G. 144. – 3. Remarquer ces périphrases avec res. – 4. Curam gerere, avoir (porter) souci de. – 5. Et cum ad eos (G. 144). – 6. Solito, que de coutume, G.C. 129. – 7. Et est (il n’y a) nemo (G.C. 150). – 8. G.C. 11, 2. – 9. Ablatif descriptif, G. 114. – 10. Le démonstratif revient ici à «voici». – 11. Le relatif de liaison peut être à l’ablatif absolu. – 12. G. 68, 4°. – 13. Pour le génitif, G. 165. – 14. Securi percutere, «frapper de la hache», est l’expression consacrée pour dire «trancher la tête». – 15. Res, la réalité, l’évènement. – 16. G. 165.

EXERCICE, V, §§ 10-12.

Mettre en latin:

§ 10. J’ai vu dans mon rêve la branche, le bourgeon, la fleur, la grappe de la vigne. – Il est (est) dans son ancien rang. – Les grappes étaient (erant) dans trois coupes.

§ 11. Les oiseaux mangeront (comedent) la chair de ta tête. – La nourriture était (erat) dans trois corbeilles. – Il fut effrayé (territus est) par l’interprétation de ces trois songes. – Je connais (novi) l’interprétation de l’autre songe.

§ 12. Le troisième jour était (erat) le jour de naissance du roi. – Le grand échanson prépare (parat ) un festin plus splendide, des festins plus splendides. – Le roi se souvint du chef des échansons et de l’autre ministre. – Le ministre du roi oublia la prison et les services de Joseph. – Le Pharaon restitua à ses ministres leurs charges. – Il eut (habuit) un autre (un second) songe le troisième jour. – Le ministre se souvint (recordatus est) de sa charge dans sa prison.

IIIe partie: Puissance de Joseph.

13. Post biénnium rex ipse hábuit sómnium. Videbatur sibi1 adstare Nilo2 flúmini; et ecce emergebant e flúmine septem vaccae pingues, quae pascebantur in palude. Déinde septem áliae vaccae macilentae exierunt ex eodem flúmine, quae devoraverunt priores. Phárao experrectus rursum obdormivit et álterum3 habuit sómnium. Septem spicae plenae enascebantur in uno culmo, aliaeque tótidem exiles succrescebant et spicas plenas consumebant.

14. Ubi illuxit, Phárao perturbatus convocavit omnes vates aegypti et narravit illis sómnium. At nemo póterat illud interprétari. Tunc praefectus pincernarum dixit regi: «Confíteor peccatum4 meum. Cum ego et praefectus pistorum essemus in cárcere, somniávimus eādem nocte. Erat ibi puer Hebraeus, qui nobis sapienter interpretatus est sómnia; res enim interpretationem comprobavit.»

15. Rex arcessivit Josephum eique narravit utrumque sómnium. Tunc Josephus Pharaoni: «Duplex, inquit, sómnium unam atque eamdem rem significat. Septem vaccae pingues et septem spicae plenae sunt septem anni ubertatis quae mox ventura est. Septem vero vaccae macilentae et septem spicae exiles sunt tótidem anni famis, quae ubertatem secutura est. Itaque, rex, praefice toti aegypto virum sapientem et indústrium, qui partem frugum recondat in hórreis públicis5 servetque diligenter in subsidium6 famis.

16. Regi plácuit consílium. Quare dixit Josepho: «Num quis est in aegypto te sapiéntior? Nemo certe fungetur mélius illo munere. En tibi trado curam regni mei.» Tum detraxit e manu suā ánulum et Josephi digito7 inséruit. Indŭit illum veste byssinā, collo8 torquem aúreum circúmdedit eumque in curru suo secundum9 collocavit. Josephus erat triginta annos natus10 cum summam potestatem a rege accepit.

17. Josephus perlustravit omnes aegypti regiones et per septem annos ubertatis congessit máximam frumenti cópiam. Secuta est inópia septem annorum et in orbe universo fames ingravescebat. Tunc aegýptii, quos premebat egestas, adierunt11 regem postulantes cibum. Quos Phárao remittebat ad Josephum. Hic autem apéruit hórrea et aegýptiis frumenta véndidit.

Notes: 1. On dit en latin «je semble à moi-même» pour «il me semble que je». – 2. Au datif, comme ad (auprès) Nilum (G. 170). – 3. Noter l’emploi de alter et non pas de alius; au contraire plus loin aliae (spicae). – 4. Ma faute, c’est-à-dire ma négligence. – 5. Avec les verbes signifiant «placer, ranger», on trouve habituellement l’ablatif et non pas l’accusatif, parce que la chose est surtout considérée comme demeurant là où on la place. – 6. In avec l’accusatif marque le but: pour (être) un remède. – 7. Au datif. – 8. Datif. – 9. Attribut de eum. – 10. G. 198, 2°. – 11. Adierunt, comme adiverunt, G. 63, 2° et 84*, 6°.

EXERCICE, V, §§ 15-17.

Mettre en latin:

§ 15. La même chose est signifiée (significatur) dans l’un et l’autre songe. – Le roi avait vu (viderat) sept vaches plus grasses et sept épis plus pleins. – Il n’y avait pas (non erat) dans toute l’Égypte un homme plus sage ou plus industrieux que Joseph. – Les greniers publics gardent (servant) les récoltes.

§ 16. Le second conseil de Joseph était sage, plus sage, très sage. – Il donna (dedit) à Joseph un vêtement de lin; il l’orna (ornavit) d’un collier et d’un anneau d’or (G. 100). – Je suis (sum) âgé de dix ans. – Le roi orne (ornat) son cou de colliers d’or et ses doigts d’anneaux.

§ 17. Une plus grande quantité d’aliments se trouvait (erat) dans les greniers de tous les pays. – La famine dura (fut de) une [seule] année. – L’Égypte et tout l’univers souffraient (laborabant) de la famine, de la disette et de l’indigence. – Il amassa le blé dans les greniers des Égyptiens.

IVe partie: Voyage des frères de Joseph.

18. Ex áliis quoque regiónibus conveniebatur1 in aegyptum ad emendam annonam. Eādem necessitate compulsus Jacobus misit illuc fílios suos. Ităque profecti sunt fratres Josephi; sed pater retínuit domi2 natu mínimum, qui vocabatur Benjaminus. Timebat enim ne quid mali3 ei accíderet in itínere. Benjaminus ex eādem matre natus erat, quā4 Josephus; ideoque ei longe cárior erat quam céteri fratres.

19. Decem fratres, ubi in conspectum Josephi venerunt, eum proni venerati sunt. Agnovit eos Josephus nec ipse cógnitus est ab eis. Nóluit indicare statim quis esset5, sed eos interrogavit tanquam alienos: «Unde venistis et quo consilio6?» Qui responderunt: «Profecti sumus e regione Chánaan ut emamus frumentum.» – «Non est ita, inquit Josephus; sed venistis huc ánimo hostili7: vultis explorare nostras urbes et loca aegypti parum munita.» At illi: «Minime8, inquiunt, nihil mali meditamur. Duódecim fratres sumus. Minimus retentus est domi a pátre; álius vero non súperest.»

20. Illud Josephum angebat, quod9 Benjaminus cum céteris non áderat. Quare dixit eis: «Expériar verumne10 dixéritis. Máneat unus ex vobis obses apud me, dum adducatur huc frater vester mínimus. Céteri abite cum frumento.» Tunc coeperunt inter se dícere: «Mérito hoc pátimur. Crudeles fúimus in fratrem nostrum; nunc poenam hujus scéleris lúimus.» Putabant haec verba non intélligi a Josepho, quia per11 intérpretem cum eis loquebatur. Ipse autem avertit se parumper et flevit.

21. Josephus jussit fratrum saccos impleri trítico et pecúniam quam attúlerant reponi in ore12 saccorum; áddidit étiam cibária in viam. Déinde13 dimisit eos praeter Simeonem, quem retínuit óbsidem. Ita profecti sunt fratres Josephi. Cum venissent ad patrem, narraverunt ei ómnia quae sibi accíderant. Cum aperuissent saccos, ut effúnderent frumenta, mirantes repererunt pecúniam.

22. Jacobus, ut14 audivit Benjaminum arcessi a praefecto aegypti, cum gémitu questus est. «Orbum me líberis fecistis: Josephus mórtuus est; Simeon retentus est in aegypto; Benjaminum vultis abdúcere. Haec ómnia mala in me récidunt; non dimittam Benjaminum; nam si quid15 ei adversi accíderit in via, non pótero ei superstes esse, sed dolore oppressus móriar.»

23. Postquam consumpti sunt cibi, quos attúlerant, Jacobus dixit fíliis suis: «Proficiscímini íterum in aegyptum, ut ematis cibos.» Qui responderunt: «Non póssumus adire praefectum aegypti sine Benjamino; ipse enim jussit illum ad se adduci.» – «Cur, inquit pater, mentionem fecistis de fratre vestro mínimo?» – «Ipse, ínquiunt, nos interrogavit num16 víveret pater, num álium fratrem haberemus. Respóndimus ad ea quae sciscitabatur; non potúimus praescire eum dicturum esse: Addúcite huc fratrem vestrum.»

24. Tunc Judas, unus e fíliis Jacobi, dixit patri: «Committe mihi púerum. Ego illum servabo; ego reducam illum ad te. Nisi fécero, hujus rei culpa in me erit. Si voluisses eum statim dimíttere, jam huc rediissemus.» Tandem victus pater ánnuit. «Quóniam ita necesse17 est, inquit, proficiscatur Benjaminus vobiscum; deferte viro múnera et duplum prétium, ne forte errore factum sit, ut18 vobis redderetur19 prior pecúnia.»

Notes: 1. Passif impersonnel, à traduire par «on», G. 70. – 2. G. 193. – 3. Le génitif complément d’un nom neutre se traduit par «en fait de», G.C. 154; quid pour aliquid, G.C. 151. – 4. Après «le même», «que» se traduit par le pronom relatif, G.C. 132. – 5. G. 254. – 6. Ablatif de circonstance à traduire par «avec». – 7. Voir note précédente. – 8. Minime équivaut souvent à une forte négation. – 9. Illud… quod, ce fait que, G.C. 280 et 281, II. – 10. Verum-ne. – 11. On a ici le sens propre de per, «par l’intermédiaire de». – 12. Ablatif après un verbe signifiant «placer», observation déjà faite plusieurs fois. – 13. Noter l’accent, en apparence irrégulier, de ce mot. Dans ce composé, inde est enclitique. – 14. Sens temporel. – 15. Si aliquid, G.C. 151. – 16. Dans l’interrogation indirect num n’a plus le sens spécial qu’il a dans l’interrogation directe; même sens que viveretne. – 17. Cet adjectif ne s’emploie qu’au neutre et seulement à cette forme: necesse est a le sens de opus est. – 18. La proposition avec ut est le sujet logique de factum sit. – 19. On attendrait redditum sit, mais la concordance des temps s’y oppose (G.C. 250).

EXERCICE, V, §§ 22-24.

I. 1°. Faire la liste des verbes contenus dans les paragraphes 22 et 23 en les rangeant en trois catégories: 1) Verbes de forme active; 2) Verbes de forme et de sens passif; 3) Verbes déponents. – 2°. Qu’est-ce qu’un verbe déponent?

II. Mettre en latin:

§ 22. Le gouverneur d’Égypte fait venir (arcessit) les enfants de Jacob. – Je suis (sum) accablé de tous ces maux. – Il se plaignit avec douleur et gémissements.

§ 23. Vous avez fait mention de notre frère. – Nous avons pu amener des aliments à nos frères. – Il a interrogé lui-même de nouveau notre plus jeune frère.

§ 24. Benjamin était un des fils de Jacob. – Porte à ces hommes un présent. – Je garderai ces enfants avec moi. – C’est votre faute (la faute est en vous). – Rendez (reddite) aussitôt l’argent précédent avec des présents, de peur que par hasard vous ne soyez (sitis) fautifs (en faute).

Ve partie: Voyage de Benjamin.

25. Nuntiatum est1 Josepho eosdem viros advenisse et cum eis párvulum fratrem. Iussit Josephus eos introduci domum, et lautum parari convivium. Illi porro metuebant ne arguerentur de pecúnia, quam in saccis repérerant; quare2 purgaverunt se apud dispensatorem Josephi. «Jam semel, ínquiunt, huc venimus; reversi domum, invénimus prétium frumenti in saccis; nescimus quonam casu id factum sit; sed eamdem pecúniam reportávimus.» Quibus dispensator ait: «Bono ánimo3 estote.» Déinde adduxit ad illos Simeonem, qui retentus fuerat.

26. Déinde Josephus ingressus est in conclave, ubi sui eum fratres exspectabant; eum venerati sunt offerentes múnera. Josephus eos clementer salutavit, interrogavitque: «Salvusne est senex ille cujus líberi estis? Vivitne adhuc?» Qui responderunt: «Salvus est pater noster; adhuc vivit.» Josephus autem, conjectis in Benjaminum óculis4, dixit: «Istene5 est frater vester minimus, qui domi6 remánserat apud patrem?» Et rursus: «Deus sit tibi propitius, fili mi»; et ábiit festinans, quia commotus erat ánimo7, et lácrimae erumpebant.

27. Josephus regressus jussit apponi8 cibos. Tum distríbuit eos unicuique fratrum suorum; sed pars Benjamini erat quinque pártibus9 major quam ceterorum. Peracto convívio, Josephus dat negótium dispensatori, ut10 saccos eorum impleat frumento, pecúniam simul reponat et insuper scyphum suum argénteum in sacco Benjamini recondat. Ille fecit diligenter quod jussus erat11.

28. Fratres Josephi profecti erant necdum12 procul ab urbe áberant. Tunc Josephus vocavit dispensatorem domus suae eique dixit: «Perséquere viros illos et cum assecutus eris, illis dicito: «Quare injúriam pro benefício rependistis? Subripuistis scyphum argénteum, quo dóminus meus útitur. Imprŏbe fecistis.» Dispensator ad eos confestim advolavit; furtum exprobravit; rei indignitatem expósuit.

29. Fratres Josephi responderunt dispensatori: «Scelus istud longe a nobis alienum13 est. Nos, ut tute scis, retúlimus bonā fide14 pecúniam repertam in saccis: tantum abest15 ut furati simus scyphum dómini tui. Apud quem furtum deprehensum erit, is16 morte multetur.» Continuo deponunt saccos et apériunt; quos ille scrutatus, invenit scyphum in sacco Benjamini.

30. Tunc fratres Josephi, maerore oppressi, revertuntur in urbem. Adducti ad Josephum sese abjecerunt ad pedes illius. Quibus ille: «Quómodo, inquit, potuistis hoc scelus admíttere?» Judas respondit: «Fáteor; res est manifesta. Nullam excusationem afferre póssumus, nec17 audemus véniam pétere aut sperare18. Nos omnes érimus servi tui.» – «Nequaquam, ait Josephus, sed ille apud quem inventus est scyphus, erit mihi servus: vos autem abite líberi ad patrem vestrum.»

31. Tunc Judas, accedens própius19 ad Josephum: «Te oro, inquit, dómine mi, ut cum bonā veniā me aúdias. Pater únice20 díligit hunc púerum. Nolebat primo eum dimíttere. Non pótui id ab eo impetrare, nisi postquam promisi eum tutum21 ab omni perículo fore. Si rediérimus22 ad patrem sine púero, ille maerore confectus moriētur. Te oro atque obsecro, ut sinas púerum abire meque pro eo addicas in servitutem. Ego poenam, quā dignus est, mihi sumo et exsolvam.»

32. Intérea Josephus lácrimas tenere vix póterat. Quare jussit aegýptios adstantes recédere. Tum flens dixit magnā voce: «Ego sum Josephus! Vivitne adhuc pater meus?» Non póterant respondere fratres ejus, nímio timore perturbati. Quibus ille amice: «Accédite, inquit23, ad me. Ego sum Josephus frater vester, quem vendidistis mercatóribus eúntibus in aegyptum. Nolīte timere; Dei providéntiā id factum est, ut24 ego saluti vestrae consúlerem.»

Notes: 1. G. 70. – 2. Quare peut s’écrire aussi qua re; il est équivalent à et ea, et à cause de cette chose donc: c’est pourquoi. – 3. G. 114. – 4. Ablatif absolu. On remarquera que cette métaphore hardie est commune au latin et au français. – 5. Iste-ne. – 6. G.C. 193. – 7. Ce mot est ajouté simplement pour montrer que commotus est pris au sens moral. – 8. Apponere est le terme spécial pour «servir sur la table». – 9. Pars répond ici à notre mot «fois», c’est l’ablatif de différence, G.C. 137. – 10. Cette proposition joue le rôle d’apposition à negotium, G.C. 281, II. – 11. Quod jussus erat (facere). – 12. Comme et nondum, G.C. 150, note. – 13. Joindre longe alienum. – 14. Ablatif de manière, à traduire par «avec». – 15. Expression impersonnelle (G.C. 294). – 16. Cet antécédent vient après le relatif, G.C. 145, 2° exemple. – 17. Et non. – 18. Sperare (veniam). – 19. Adverbe au comparatif, G. 88. – 20. Littéralement «comme pas un», et non pas «uniquement» (G.C. 136, unus). – 21. Tutus signifiant «à l’abri de», se construit avec ab. – 22. Cet emploi du futur antérieur, là où le français emploie un présent, forme un latinisme courant. – 23. Ce verbe appartient à la proposition précédente, mais on le trouve généralement enclavé ainsi dans le discours direct. – 24. Proposition en apposition à id (G.C. 281, II).

EXERCICE, V, §§ 30-32.

1°. Faire la liste des compléments de verbes ou de prépositions à l’ablatif contenus dans les paragraphes 30, 31 et 32. Donner chaque fois le nominatif.

2°. Faire la liste des pronoms relatifs en indiquant le cas, le genre, le nombre et l’antécédent.

3°. Mettre en latin:

§ 30. Vous n’avez pu apporter aucune excuse de vos crimes. – Il a trouvé (invenit) des coupes chez le frère de son esclave. – Ses (de lui) crimes sont (sunt) manifestes.

§ 31. Il ne voulait pas s’en aller sans les enfants. – Tu es (es) digne de la servitude. – Les enfants étaient (erant) à l’abri de tous les dangers. J’ai obtenu (impetravi) cela (G. 46) de mon maître.

§ 32. Il dit cela (G. 46) d’une voix plus forte (plus grande). – Vous avez vendu votre frère à un marchand qui allait (allant) en Égypte. – Ne répondez pas (ne veuillez pas répondre) amicalement. – Une crainte excessive trouble (perturbat) son (de lui) frère. – Des craintes excessives troublent (perturbant) leurs (d’eux) frères.

VIe partie: Jacob en Égypte.

33. Josephus, haec1 locutus, fratrem suum Benjaminum complexus est, eumque lácrimis conspersit. Déinde céteros quoque fratres collácrimans osculatus est. Tum demum illi cum eo fidenter locuti sunt. Quibus Josephus: «Ite, inquit, properate2 ad patrem meum, eique nuntiate fílium suum vívere et apud Pharaonem plúrimum posse3. Persuadete illi ut in aegyptum cum omni familiā commigret.»

34. Fama de adventu fratrum Josephi ad aures regis pervenit; qui dédit eis múnera ad patrem perferenda4 cum his mandatis: «Addúcite huc patrem vestrum et omnem ejus famíliam, nec multum curate supelléctilem vestram, quia ómnia, quibus vobis opus erit, praebiturus sum5 et omnes opes aegypti vestrae erunt.» Misit quoque currus ad vehendum senem et párvulos et mulieres.

35. Fratres Josephi festinantes reversi sunt ad patrem suum eique nuntiaverunt Josephum vívere et príncipem esse totíus aegypti. Ad6 quem núntium Jacobus, quasi e gravi somno excitatus, obstúpuit, nec primum fíliis rem narrántibus fidem adhibebat. Sed postquam vidit plaustra et dona sibi a Josepho missa, recepit ánimum7 et: «Mihi satis est, inquit, si vivit adhuc Josephus meus. Ibo et videbo8 eum ántequam móriar.»

36. Jacobus, profectus cum fíliis et nepótibus, pervenit in aegyptum et praemisit Judam ad Josephum, ut eum fáceret certiorem9 de adventu suo. Confestim Josephus processit óbviam patri, quem ut vidit, in collum ejus insíliit et flens flentem10 complexus est. Tum Jacobus: «Satis diu vixi, inquit; nunc aequo ánimo11 móriar, quóniam conspectu tuo frui mihi lícuit et te mihi supérstitem relinquo.»

37. Josephus ádiit Pharaonem eique nuntiavit patrem suum advenisse. Constítuit étiam quinque e frátribus suis coram12 rege. Qui eos interrogavit quidnam óperis13 haberent; illi responderunt se esse pastores. Tum rex dixit Josepho: «aegyptus in tuā potestate est; cura ut pater et fratres tui in óptimo loco hábitent et si qui14 sunt inter eos navi et indústrii, trade eis curam pécorum meórum.»

38. Josephus adduxit quoque patrem suum ad Pharaonem, qui, salutatus ab Jacobo, percontatus est ab eo quā15 esset aetate. Jacobus respondit regi: «Vixi centum et triginta annos nec adeptus sum senectutem beatam avorum meorum.» Tunc bene precatus regi, discessit ab eo. Josephus autem patrem et fratres suos collocavit in óptima parte aegypti eisque ómnium rerum abundántiam suppeditavit.

Notes: 1. On résume ce qui vient d’être dit par hoc ou haec, entre lesquels il n’y a presque aucune différence de sens. – 2. Properare, se hâter (d’aller). – 3. Multum posse, avoir beaucoup de pouvoir. – 4. L’adjectif verbal marque ici la destination et non pas l’obligation. – 5. C’est ce qu’on appelle un futur périphrastique, G. 58. – 6. Ad, comme on français «à», avec le sens de «en présence de, à l’occasion de». – 7. A peu près comme nous disons «ses esprits». – 8. C’est une des manières de remplacer l’infinitif, incorrect avec un verbe de mouvement, G. 244. – 9. Dans cette locution, certior n’est plus senti comme un comparatif: certiorem facere, s’informer. – 10. C’est un privilège de la construction latine de pouvoir ainsi rapprocher les mots. – 11. Ablatif de manière. – 12. Constituere coram, mot à mot: placer en face de, présenter, introduire auprès. – 13. Génitif à traduire par «en fait de», G.C. 154. – 14. Si aliqui, G.C. 151. – 15. Ablatif descriptif, G. 114.

EXERCICE, V, §§ 36-38.

1°. Faire la liste des pronoms personnels contenus dans les paragraphes 36, 37 et 38 en conservant leur cas; faire de même pour les démonstratifs, les possessifs, les interrogatifs, les relatifs, les indéfinis, en les classant séparément.

2°. Relever, au fur et à mesure, dans les mêmes paragraphes, tous les verbes, participes et infinitifs compris, et indiquer simplement si ces formes appartiennent à la série du présent, du parfait ou du supin.

3°. Mettre en latin:

§ 36. Jacob envoya en avant ses fils et ses petits-fils. – Il laissa (reliquit) un petit-fils survivant à lui-même (G. 39). – Il sauta au cou (aux cous) de ses enfants et petits-enfants.

§ 37. Il présenta cinq des pasteurs au (en présence du) Pharaon. – Le soin de mon troupeau sera confié (tradetur) à des pasteurs plus industrieux.

§ 38. Quel âge avez-vous (de quel âge êtes-vous, estis). – La vieillesse de mon aïeul fut (fuit) plus heureuse que la mienne.

VI. – Vocation de Samuel.

SOMMAIRE. – 1. Naissance de Samuel. – 2. Dieu parle à Samuel. – 3. Samuel fait connaître à Héli les paroles de Dieu. – 4. La punition d’Héli. – 5. Samuel, dernier juge d’Israël.

1. Cum Heli esset summus sacerdos, natus est Sámuel; hunc adduxit mater ad sacerdotem et óbtulit Dómino, ut in sacrifíciis ministraret. Puer crescebat, egrégiā praeditus indole eratque Deo et homínibus carus. Mater ejus certis tempóribus1 afferebat ei parvam túnicam, quam ipsa confécerat. Heli vero habebat fílios pérditis móribus2, ádeo ut pópulum a colendo Deo3 abdúcerent, nec satis gráviter eos unquam4 reprehendit. Quam ob rem Deus erat et líberis et patri iratus.

2. Quādam nocte5, cum jaceret Heli in léctulo, Dóminus vocavit Samuelem, qui, ratus se a sacerdote arcessi, cucurrit dixitque: «En adsum; vocasti enim me.» At Heli: «Non te vocavi, inquit, fili mi; revértere6 in léctulum tuum.» Idque íterum et tértio factum est. Tandem, mónitus a sacerdote, Sámuel respondit Deo vocanti7: «Lóquere, Dómine; audit enim servus tuus.» Tum Deus Samueli: «Ego, ait, affíciam domum Heli iis malis, quae nemo audire possit quin ei ambae aures tínniant, proptérea quod in líberos suos plus aequo8 indulgens fuit illorumque vítia nímium patienter tulit.»

3. Artĭor déinde somnus Samuelem complexus est, qui dormivit usque mane. Ubi dies illuxit, surgens e léctulo apéruit óstium tabernáculi uti fácere consuéverat. Non audebat autem sacerdoti indicare sermonem Dei. Heli, compellans eum: «Oro te, inquit, et obtestor; indica mihi ea quae dixit tibi Deus. Cave ne me quicquam9 celes eorum quae audivisti.» Jubenti páruit Sámuel illique enarravit ómnia verba Dómini. Cui Heli: «Dóminus. est, sit; fáciat quod ei libúerit.»

4. Paulo post bellum exortum est inter Philistaeos et Hebraeos. Hebraei arcam foederis in pugnam déferunt et cum ea fílii sacerdotis procedunt. Sed quia Deus illis10 erat offensus, area detrimento11 magis quam adjumento fuit. Victi sunt Hebraei, occisi12 fílii sacerdótis; area ipsa capta est. Heli, audito tantae cladis núntio, e sellā décidit et, fractā cervice, mórtuus est.

5. Sámuel fuit postremus Hebraeorum judex, eorumque res13 in summā pace et perpétua tranquillitate administravit.

Notes: 1. Ablatif pour marquer la date, G. 199. – 2. Ablatif descriptif, G. 114. – 3. Comme s’il y avait a colendo Deum (G. 240) – 4. Nec unquam, régulier pour et nunquam. – 5. G. 199. – 6. Ici, revertor, employé au passif comme un déponent. – 7. Vocanti, comme qui vocabat eum. – 8. Plus aequo, comme plus quam aequum est, G.C. 129, note. – 9. Le semi-négatif au lieu de nihil, parce que ne est déjà négatif. Celare se construit avec deux accusatifs, G. 161. – 10. Datif. – 11. G. 174. – 12. Occisi (sunt). – 13. On voit quelle est l’importance du mot res en latin; ici: affaires, intérêts d’un peuple.

EXERCICE, VI, §§ 1-5.

1°. Relever tous les noms de la 3e déclinaison contenus dans les paragraphes 1 à 5; en donner l’ablatif singulier et le génitif pluriel.

2°. Faire la liste des verbes de forme active (donc en négligeant les passifs et les déponents); on donnera seulement l’infinitif. On les classera séparément en quatre conjugaisons.

3°. Relever et traduire toutes les conjonctions de subordination.

4°. Mettre en latin: § 4. Les prêtres s’avancent peu après avec l’arche. – Il apprit (cognovit) l’alliance des Philistins avec les Hébreux. – Après avoir appris un si grand désastre (tourner par l’ablatif absolu), il tomba et [se] brisa (fregit) le cou. – Après avoir pris l’arche (ablatif absolu) les Philistins furent vaincus. – L’arche a été pour nous une aide.

VII. – La jeunesse de David.

SOMMAIRE. – 1. David est appelé auprès de Saül. – 2. Goliath défie les Hébreux. – 3. David s’offre pour le combattre. – 4. Il s’avance contre lui. – 5. David tue le Philistin. – 6. Gloire de David.

1. Saūlem, postquam Dei mandata spréverat, invasit spíritus malus, ita ut ille in furorem saepe incíderet. Tunc aúlici ei suaserunt ut áliquem arcésseret qui cítharam pulsare didicisset1, ad deleniendum aegrum ejus ánimum. Arcessitus est David hujus artis peritus, qui inter ministros régios erat. Ităque simul ac Saulem spíritus malus corripiebat, David cítharam pulsabat, et regis furor considebat..

2. Secutum est bellum cum2 Philistaeis. Cum duae ácies in conspectu essent, Philistaeus quidam, nómine Goliathus, vir mirae magnitúdinis, progressus est ante órdines, et unum ex Hebraeis saepe provocabat ad singulare certamen. Lorica squamata indutus erat. Ocrĕas aeneas in crúribus habebat; cassis aenea caput ejus operiebat et clipeus aeneus tegebat húmeros. Tum Saul magna praemia ei promisit, qui provocantis3 spólia rettulisset. At nemo contra illum exire audebat et Goliathus Hebraeis ignáviam cum irrisu ac ludíbrio exprobrabat.

3. David, commotus ignominiā pópuli sui, se sponte ad pugnandum óbtulit. Ităque adductus est ad Saulem, qui, consideratā ejus aetate4, diffidebat pugnae. «Non póteris, inquit, adulescéntulus5 cum viro robustíssimo pugnare.» Respondit David: «Ne timúeris6, o rex; cum páscerem oves patris mei, leo invasit gregem ovemque corrípuit. Ego illum persecutus occidi et ovem e fáucibus illius erípui. Ursum páriter interfeci. Deus, qui me défendit a leone7 et urso, me quoque a Philistaeo isto defendet.» Tum Saul: «Abi, inquit, cum istā fidúciā; Deus te ádjuvet8

4. Saul ipse sua juveni arma vóluit accommodare; gáleam capiti ejus impósuit, loricā pectus circumtexit, latus gládio accinxit. David vero, iis impeditus armis, quibus non erat assuetus, vix incédere póterat. Quare onus incómmodum depósuit; sumpsit autem pedum pastorale, quo uti consuéverat, et fundam cum quinque lapídibus in sácculo. Sic armatus adversus Philistaeum processit.

5. Accedebat ex adverso9 Goliathus, qui, viso adulescente: «Num, inquit, me canem esse putas, qui10 me cum báculo aggrediaris?» Cui David respondit: «Tu venis ad me cum gládio et hastā et clipeo; ego autem vénio in nómine Dómini exercituum, quem probris ausus es lacéssere.» Tunc misso fundā lápide, Philistaeum in fronte percussit et humi11 prostravit. Currens jacenti12 gládium detraxit, quo caput illi praecidit.

6. Eā re perculsi Philistaei in fugam versi sunt et victóriam Hebraeis concesserunt. Redeunti victori óbviam itum est13. Hebraei gratulantes eum deducunt ad urbem. Ipsae mulieres, dómibus egressae, laudes ejus canebant.

Notes: 1. «Il avait appris», donc «il savait». On ne doit pas employer le verbe scire au sens de savoir faire. – 2. Avec les verbes qui signifient combattre, cum se traduit ordinairement par «contre». – 3. La proposition relative «celui qui» est une traduction fréquente du participe latin. – 4. La proposition à l’ablatif absolu est le plus souvent l’équivalent d’une proposition temporelle «après que». – 5. Adulescentulus n’est pas sujet, mais attribut du sujet. – 6. G. 213. – 7. Le verbe defendere évoque l’idée d’écarter quelqu’un d’un danger, de là la construction avec ab qu’il faut traduire par «contre». – 8. G. 215. – 9. (Venant) du côté opposé. – 10. Qui, comme quoniam tu (G.C. 329), puisque tu; de là le subjonctif. – 11. Humi, locatif, voir lexique et G. 193. – 12. (Ei) jacenti, G.C. 139. – 13. Impersonnel, G. 70 et 84, 6°.

EXERCICE, VII, §§ 1-6.

1°. Mettre au comparatif et superlatif les adjectifs suivants sans en changer le cas, ni le genre, ni le nombre: malus, aegrum, peritus, robusto (ablatif).

2°. Transcrire, d’après les paragraphes 1 à 3, tous les noms communs, en mettant au pluriel ceux qui sont au singulier et réciproquement. On conservera le cas; on signalera, s’il y a lieu, les mots qui ne sont pas usités au singulier ou au pluriel. Exemple: mandata (mandatum), etc.

3°. Mettre en latin: § 4. Le Philistin était accoutumé au casque et à la cuirasse. – Il s’avança avec une houlette de berger et une fronde. – § 5. Il enleva au Philistin [son] glaive, sa lance et (G. 98) son bouclier. – § 6. La femme elle-même, sortie de la maison, chantait sa (de lui) louange.

VIII. – Histoire de Tobie.

SOMMAIRE.

Ire partie: Le vieux Tobie. – 1. Piété de Tobie. – 2. Charité de Tobie. – 3. Il est persécuté par le roi. – 4. Il ensevelit un mort. – 5. Il devient aveugle. – 6. Il fait ses recommandations à sou fils. – 7. Suite de ses recommandations. – 8. La dette de Gabélus.

IIe partie: Voyage du jeune Tobie. – 9. Le jeune Tobie part avec l’ange. – 10. Le poisson du Tigre. – 11. Raguel. – 12. Tobie chez Raguel. – 13. Fiançailles de Tobie. – 14. L’ange se rend seul chez Gabélus..

IIIe partie: Retour du jeune Tobie. – 15. Inquiétude de ses parents. – 16. Le jeune Tobie se met en route. – 17. Rencontre des parents et du fils. – 18. Guérison du vieux Tobie. – 19. L’ange quitte Tobie.

Ire partie: Le vieux Tobie.

1. Inter captivos qui deducti sunt in Assýriam, fuit Tobias. Is ab1 ineunte aetate legem divinam sédulo observabat. Cum2 irent omnes ad vitulos aúreos quos Jeroboamus, rex Israelis, fécerat3 et pópulo adorandos4 proposúerat, hic solus pergebat ad templum Dómini et ibi adorabat Dóminum.

2. Tobias adultus5 uxorem duxit habuitque fílium, quem ab infántiā dócuit timere Deum et ab omni peccato abstinere. In captivitatem ductus eamdem in Deum pietatem semper retínuit; ómnia bona, quae habere póterat, cotidie exsílii sui comitibus impertiebat eosque mónitis salutáribus ad colendum Deum hortabatur. Gabelo cuidam egenti decem talenta6 perhumániter commodavit.

3. Póstea exortus est novus Assyriorum rex, Israelitis infensus, qui eos vexabat, necabat sepelirique vetabat. In hac calamitate Tobias populares suos invisebat, miseros consolans7, egenos ópibus suis juvans et mórtuos sepéliens. Ea res nuntiata est regi, qui jussit Tobiam intérfici et bonis ómnibus spoliari. At Tobias cum uxore et fílio delítuit, sicque regis iram effugit.

4. Die quodam festo, cum domi8 convívium paravisset, misit fílium ut áliquot e sóciis ad prándium invitaret. Reversus fílius nuntiavit patri hóminem Israelitam jacere in foro mórtuum. Exsíliens statim Tobias cadaver occulte portavit domum9, ut illud noctu sepeliret. Amici eum ab hoc offício dehortabantur. At Tobias, magis Deum quam regem timens, id fácere non déstitit.

5. Tobias, in10 praestando sólito offício defatigatus, incúbuit paríeti et obdormivit. Forte ex nido hirúndinum stércora inciderunt in óculos dormientis11 unde caecus factus est. Quam calamitatem Tobias adeo patienter tulit, ut neque illum querentem quisquam audíerit, neque ille eo minus constanter Deum colúerit.

6. Tobias, mortem sibi imminere putans, vocavit fílium suum: «Audi, inquit, fili mi, verba patris amantíssimi. Ea pénitus memóriae tuae infixa haereant, ut vitam sapienter instítuas. Cotídie Deum cógita et cave ne unquam in eum12 pecces ejusque praecepta néglegas. Miserere páuperum13, ut Deus tui misereatur. Quantum póteris, esto benéficus et liberalis. Si tibi magnae opes sunt, multum tribue; si parvae, parum, sed libenter, quóniam beneficéntia hóminem ab aeterna14 morte líberat.»

7. Quod tibi non vis fíeri15, aliis noli fácere. Si quis tibi opus fécerit, statim ei mercedem persolve. Consílium semper a16 viro sapiente exquire. Ne societatem júnxeris17 cum improbis. Cum ex hac vita decéssero, sepelito18 corpus meum. Matrem tuam cole, memor malorum, quae pro te passa est et amoris quo te dilexit; cumque ea supremum diem obíerit, eam pónito mecum in eodem sepulcro19

8. Hoc étiam te20 móneo, fili mi, me commodavisse decem argenti talenta Gabelo, qui nunc commoratur Rage, in urbe21 Medorum.» Tum adulescens patri: «Omnĭa, inquit, ut praecipis mihi, fáciam, pater. Quómodo autem illam pecúniam a Gabelo recipiam, ignoro; nam neque ille me, neque ego illum novi2, neque scio quā viā in Médiam eatur23.» Cui Tobias pater: «Chirógraphum, ait, Gabeli hábeo. Quod24 cum illi exhibúeris, statim reddet pecúniam. Sed quaere hóminem tibi fidelem, qui tibi sit dux viae.»

Notes: 1. C’est ici le sens exact de ab, «à partir de, dès». – 2. Cum, alors que, tandis que, marque l’opposition, de là le subjonctif. – 3. Facere, ici: faire faire, G.C. 201. – 4. L’adjectif verbal marque ici simplement la destination, G.C. 243. – 5. Comme cum adultus fuit. – 6. Le «talent» était une somme d’argent déterminée; on distinguait le talent d’argent et le talent d’or. Il faut se garder de prendre le «talent» pour une monnaie. – 7. Cet emploi du participe présent au nominatif singulier est regardé comme lourd; on ne doit pas en abuser. – 8. G. 193. – 9. G. 193. – 10. In, suivi du gérondif ou de l’adjectif verbal remplaçant le gérondif, peut se traduire «dans l’action de». – 11. (Ejus) dormientis, G.C. 139. – 12. In, avec l’accusatif d’un nom de personne, signifie «pour» ou «contre»; le sens du verbe indique toujours celle de ces deux traductions qui convient. – 13. G. 165. – 14. Après liberare on trouve le simple ablatif ou ab, G. 175. – 15. Fieri, passif de facere, G. 84, 7°. – 16. Ab avec les verbes «demander»; on dit en latin demander «de» quelqu’un. – 17. Expression d’une défense, G. 213. – 18. Impératif futur, G. 212. – 19. Ablatif avec in après un verbe «placer», cas fréquent. – 20. Deux accusatifs compléments d’un même verbe, dont l’un est un pronom neutre, G.C. 160. – 21. Apposition à Rage, G.C. 196. – 22. Sens d’un présent, G.C. 85, note. – 23. G. 70, 2°. – 24. Pour et cum id, G. 144.

EXERCICE, VIII, §§ 1-8.

1°. Faire, d’après les paragraphes 1 à 8, la liste des participes en les rangeant en trois catégories: a) participes présents; b) participes passés de sens actif (déponents); c) participes passés de sens passif. Les transcrire au nominatif masculin singulier seulement et les traduire.

2°. Faire la liste des adverbes et les traduire (s’ils se rencontrent plusieurs fois, ne pas les répéter).

3°. Mettre en latin: § 8. Il faisait tout ce que son père lui commandait. – Cherche un homme plus fidèle. – Je recevrai (recipiam) de cet homme-là cet argent [dont tu parles, G. 41]. – J’ignore en quelle ville demeure (commoretur) maintenant Gabelus.

IIe partie: Voyage du jeune Tobie.

9. Egressus Tobias invenit júvenem stantem et accinctum ad iter faciendum. Quem1 ignorans ángelum Dei esse, salutavit: «Nostine2, ait Tobias, viam quae ducit in Médiam?» – «Novi, inquit, et saepe usus sum hospítio Gabeli, qui ibi hábitat.» Tobias ea3 laetus renúntiat patri, qui arcessitum4 júvenem interrogavit velletne5 esse fílii comes et itíneris sócius, promissā mercede. Júvenis id se velle respondit. Itāque ambo simul profecti sunt et canis eos secutus est.

10. Tobias et ángelus pervenerunt ad flumen Tigrim6. Cum adulescens accessisset ad abluendos pedes, ecce piscis ingens exsíliit, quasi illum devorare vellet. Ad cujus adspectum Tobias pertérritus exclamavit: «Dómine, invadit me!» Cui ángelus: «Appréhende illum et trahe ad te.» Piscis, attractus in ripam, aliquándiu palpitavit et exspiravit. Tunc jussit ángelus fel piscis seponi, tanquam medicamentum salutare. Déinde partem carnis coxerunt, ut in viā coméderent.

11. Ut appropinquaverunt urbi quae vocatur Ecbatana, dixit Tobias ángelo: «Apud quem vis nos deversari in hac urbe?» Cui ángelus: «Est hic, inquit, vir quidam cognatus tuus, nómine Raguel. Is nos hospítio7 excípiet. Habet fíliam únicam, quam te oportet uxorem dúcere8. Pete eam a9 patre, nec dúbito quin postulationi tuae libenter ánnuat. Deus enim has tibi déstinat núptias et omnes Raguelis facultates jure hereditário ad te pervénient.»

12. Eos laetus excepit Raguel. Qui10, conspicatus Tobiam, dixit uxori suae: «Quam símilis est hic adulescens cognato meo!» Tum ad hóspites conversus: «Unde estis, boni júvenes?» Qui responderunt: «Sumus ex11 Israelitis urbis Nínivae.» – «Nostisne12 Tobiam?» – «Novimus.» Tunc Raguel coepit Tobiam laúdibus efferre. Quem interpellans ángelus: «Tobias, inquit, de quo lóqueris, pater istīus est.» Raguel, complexus adulescentem, ait: «Tibi grátulor, fili mi, quia óptimi viri fílius es.» Uxor Raguelis et fília collacrimaverunt.

13. Déinde Raguel jussit apparari convívium. Cum hóspites hortaretur ut discúmberent: «Neque ego cómedam, inquit Tobias, neque bibam, nisi prius fíliam tuam mihi despónderis13.» Cui Raguel: «Deus, profecto meas preces audivit vosque huc adduxit ut ista14 cognato suo núberet. Quapropter noli dubitare quin eam tibi daturus sim uxorem.» Acceptā chartā, fecerunt conscriptionem conjúgii et, laudantes Deum, mensae15 accubuerunt.

14. Raguel Tobiam obtestatus est ut apud se quíndecim dies16 moraretur. Cujus voluntati obtémperans, Tobias rogavit ángelum ut solus adiret Gabelum paternamque pecúniam ab illo recíperet. Ităque angélus, sumptis camelis17, properavit Ragem18, Gabelo chirógraphum réddidit, pecúniam illi créditam recepit eumque ad núptias Tobiae adduxit.

Notes: 1. Et ignorans eum, G. 144. – 2. Notis-ne, G. 92, 1°. – 3. Le pluriel n’est pas en pareil cas très différent du singulier: id ou ea, cela. – 4. Le participe équivaut à une proposition temporelle, G.C. 227. – 5. G. 92, 1°. – 6. Apposition, G. 105. – 7. Ablatif de manière «en hospitalité», donc: à titre d’hôtes. – 8. Littéralement: Conduire (chez soi) comme épouse, donc épouser; uxorem est attribut. – 9. Le latin dit «demander de (ab) quelqu’un» pour «demander à». – 10. Et is, G. 144. – 11. Ex indique la provenance, la catégorie, cf. unus ex militibus, un des soldats. – 12. G. 92, 1°. – 13. Futur antérieur, G.C. 303, 2°. – 14. Ista, celle-ci (dont tu parles), G. 41. – 15. Habituellement accumbere seul signifie «se mettre à table». – 16. A sentir comme un accusatif de durée, G. 198. – 17. Ablatif absolu, G. 229. – 18. G. 193.

EXERCICE, VIII, §§ 11-14.

§ 11. Nous logeons (diversamur) dans la ville chez cet homme, notre parent (G. 105). – Le père de ton épouse te recevra volontiers. – Il faut [que] Tobie épouse la fille unique de Raguel.

§ 12. Nous connaissons ce jeune homme, votre parent. – Connaissez-vous les hôtes de cet excellent jeune homme? – Le jeune homme, ayant aperçu et ayant embrassé [son] père, commença à pleurer.

§ 13. Il invita (jussit) son parent [à] manger et [à] boire. – Ne doute pas que tes prières n’aient été exaucées (auditae sint) par (G. 183) Dieu. – Dieu a amené ici l’épouse qu’il a l’intention de te donner (G. 58, 3°). – Je ne mangerai pas à moins qu’auparavant tu n’aies loué (laudaveris) mes proches.

§ 14. Ayant pris un chameau (tourner par l’ablatif absolu), il alla en hâte aux noces de Gabélus. – Il l’amena à Ragès (G. 193) et lui rendit les chameaux de son (de lui) père. – Il est resté (commoratus est) dix jours chez nous.

IIIe partie: Retour du jeune Tobie.

15. Intérea Tobias pater erat ánimo1 ánxio et sollícito, quod fílius in2 redeundo tárdior esset. Praesertim luctus matris nullo solátio levari póterat. Haec cotídie domo egressa circuibat vias omnes, quā3 fílium suum rediturum esse sperabat, ut procul videret eum venientem.

16. Consumptis4 quindecim diebus, Raguel vóluit Tobiam retinere. Sed Tobias: «Oro te, ait, dimitte me quam primum5; scis enim parentes meos nunc ánimo6 angi meā causā.» Tandem a sócero dimissus cum uxore ad patrem redibat. In itínere dixit illi ángelus: «Statim ut domum ingressus eris, Deum adora et, complexus patrem, lini óculos ejus felle piscis, quod servasti. Tunc sanabuntur óculi ejus teque et caelum pater laetus conspíciet.»

17. Dum Tobias urbi appropinquabat, mater ejus, ut solebat, in vértice montis sedebat, unde prospícere in longinquum7 posset. Vidit illum procul venientem currensque nuntiavit viro suo. Tunc canis, qui simul fúerat in via, praecucurrit et advéniens caudā hero adulabatur. Confestim pater consurgens, datā manu8 servo, processit óbviam fílio. Osculatus est eum coeperuntque ambo prae gaúdio lácrimas fúndere.

18. Cum ambo Deum adoravissent eique grátias egissent, consederunt. Déinde Tobias óculos patris línivit felle piscis. Post dimídiam ferme horam coepit albugo, quasi membrana ovi, ex óculis ejus exire. Quam apprehensam9 fílius extraxit atque ille statim visum recepit. Tunc laeti omnes collaudabant Deum.

19. Déinde Tobias narravit paréntibus benefícia quae accéperat ab itíneris duce, quem hóminem esse putabat. Quare obtulerunt ei dimídiam partem pecúniae quam attúlerant10. Tunc ille dixit eis: «Ego sum Raphael ángelus, unus ex septem qui adstamus ante Deum. Misit me Dóminus ut sanarem te.» Haec locutus, ab illorum conspectu ablatus est nec ultra compáruit.

Notes: 1. Ablatif descriptif, G. 114. – 2. In avec le gérondif, littéralement: «dans l’action de». – 3. Adverbe, G. 191. – 4. Ablatif absolu, G. 229. – 5. Quam primum, le plus tôt possible, G.C. 136, 1er ex.; primus est un superlatif dont le comparatif est prior. – 6. Animo, au point de vue de l’âme, dans leur âme; ce mot s’ajoute aux verbes pour indiquer qu’ils sont pris au sens moral. – 7. Littéralement: vers le lointain, c’est-à-dire au loin. – 8. Ablatif absolu, G. 229. – 9. Ce participe remplace une proposition temporelle: après l’avoir saisie, G.C. 227. – 10. On remarquera que obtulerunt et attulerant n’ont pas le même sujet.

EXERCICE, VIII, §§ 15-19.

1°. Faire, sans traduire, la liste des mots invariables contenus dans les paragraphes 15, 16, 17, 18 et 19, en les classant simplement en adverbes, prépositions, conjonctions de coordination, conjonctions de subordination.

2°. Mettre en latin:

§ 15. La mère espérait que ses fils reviendraient par ce chemin. – Les âmes devenaient (fiebant) plus anxieuses et plus inquiètes tous les jours.

§ 16. Tobie gardait le fiel du poisson, avec lequel il guérit (sanavit) les yeux de son père. – Ton père te verra avec joie (joyeux) au plus tôt.

§ 17. Les serviteurs, qui les voyaient de loin venir, avaient coutume de se lever aussitôt. – Elle voyait la ville et le sommet des montagnes.

§ 18. Une demi-heure après, Tobie rendait grâces à Dieu. – Les taies des yeux sont (sunt) semblables aux pellicules des oeufs.

§ 19. L’homme reçoit (accipit) de ses parents les plus nombreux (G. 31) bienfaits. – La moitié de l’argent a été enlevée par (G. 183) le guide, qui n’a plus reparu.

DEUXIÈME PARTIE: RECUEIL DE TEXTES FACILES

1. – Description de l’âge d’or.

1. Ver erat perpétuum. Zéphyri mollíssimi mulcebant flores natos sine sémine, semper novos et odoratos. Aves in silvis aut in campis nunquam tacebant. Nunquam tristis hiems pastorem cogebat, relictis agris1, in tugúrio suo latēre.

2. Lactis flúmina per rura fluebant. Unusquisque, quantum volebat, inde hauriebat. Ovis et lupus ad eumdem rivum veniebant ad sedandam sitim2. Hómines feris non nocebant, neque homínibus ferae. Nondum hamus pisces fallebat. Cervis, per agros aut silvas ambulántibus, venatores non timendi3 erant.

3. Ipsa terra, sine ullo aratro, sine ullo labore, sponte fruges dabat. Arbŏres escam jucundam homínibus praebebant. Pópuli, in tranquillíssimā pace viventes, inter se non bellabant. Omnes hómines virtutem colebant; nemo propter cupiditatem honorum, vel divitiarum, vel voluptatum, álteri nocere cupiebat.

4. Utĭnam4 illa aetate vixissem! Nam genus humanum póstea multo pejus5 fuit, ferae crudeliores, terra ipsa minus fecunda. Magnam partem anni hiems nunc tenet; caelum solisque splendor densis núbibus plerumque obscurantur; omnes hómines, etiam púeri, laborare debent.

Notes: 1. Ablatif absolu. – 2. Même sens que ad sedandum (gérondif) sitim, G. 235, 240. – 3. G. 185. – 4. G. 215. – 5. Pejus est ici adjectif et minus adverbe.

2. – La mouche et la fourmi.

1. MUSCA. «Tu, formica, sub terra hábitas. Domus tua angusta et obscura est. In solo reptas, victum quaerens labore magno. At ego alis meis procul a terra feror. Ad regias épulas, quanquam non invitata, accedo. Prima ómnium exquisitíssimos cibos delibo. In mánibus aut cápite regis, cum mihi libet, sédeo1

2. FORMICA. «Non nego hoc, quod dicis, verum esse; sed tamen impudéntia tua ómnibus odiosa est. Contra te hómines plúrima venena parant, quia omnes te interfícere tuumque genus omnino delēre cúpiunt. Púeri ipsi te captant et crúciant. Si felix es, ut2 dicis, félicitas tua non diuturna est; nam vivis tantum3 quámdiu sol fervet et aurae sunt tépidae. Ubi frígora hiemis appropinquant et venti gélidi flare incípiunt, vitam amittis. Ego aestate4 laboro, sed híeme, agens vitam quietam et securam, veris réditum exspecto.»

Notes: 1. Sedere, littéralement: «être assis», se dit de l’oiseau ou de la mouche qui «se pose» ou «se perche». – 2. Ut, «comme», avec l’indicatif. – 3. Tantum, seulement. – 4. L’ablatif pour marquer la date, G. 199.

THÈME D’IMITATION, 2, §§ 1-2.

§ 1. Le travail des fourmis est considérable (très grand). – Ta maison est plus grande, mais (sed) plus obscure que la mienne. – La mouche s’approchait des mains du roi. – Il cherche un aliment plus exquis que les repas du roi. – La tête est plus grosse (grande); la main plus étroite. – J’ai vu (vidi) des mouches sur la tête (les têtes) des rois.

§ 2. Cet enfant attrape des fourmis. – Je trouve (puto) la vie de ces fourmis qui travaillent, plus tranquille, plus sûre, plus heureuse même (etiam) que la vie des mouches. – Lorsque (cum, +indicatif) ce vent souffle, l’hiver glacé et le froid odieux approchent. – Les fourmis de cette (ille) espèce sont plus odieuses que les plus odieuses mouches. – Le même poison détruit complètement les mouches. – La crise de cet été est plus tiède; les vents de cet hiver étaient plus glacés. – Les fourmis elles-mêmes sont détruites (delentur) par le même poison.

3. – L’homme et la statue.

1. Homo quidam habebat domi1 cujusdam falsi dei fíctile simulacrum, quod a pátre accéperat. Plúrimum ei confidebat. Ităque solebat id coronis et sertis ornare; ei certis diebus sacrifícia faciebat et odores pretiosíssimos incendebat.

2. Haec non sine causa faciebat; nam multis précibus hunc falsum deum orabat, ut sibi divítias daret. Diu frustra petivit: nam non modo non augebatur ejus res familiaris, sed étiam ipse in dies se pauperiorem fíeri sentiebat.

3. Tandem, falso illi deo iratus, quia preces non audiebat, simulacrum in terram ex alta basi déjicit et frangit. Fracto simulacro, multi aúrei nummi, qui in eo inclusi fúerant2, subito effunduntur. Quos ille gaudens de terra sústulit3.

4. Haec fabella docet malos hómines neque précibus neque mansuetúdine meliores fíeri, sed pótius animadversionis severitate. Non benefáciunt, nisi vi coacti.

Notes: 1. G. 193. – 2. Inclusi fuerant n’est pas synonyme de inclusi erant; il indique que les résultats de l’action d’enfermer avaient cessé à ce moment-là. – 3. De tollo.

4. – L’ombre de l’âne.

1. Demósthenes, ómnium oratorum eloquentíssimus, in contione quādam Atheniénsium orationem habebat1. De gravíssimis rebus, de pace ac bello, dicebat. Cum eos parum attentos videret2, orationis argumentum súbito mutare decrevit.

2. Simulavit se jocari velle remque ridículam narrare coepit. «Homo quidam, inquit, cum vellet hinc Mégaram3 iter fácere, ásinum ejusque ductorem conduxit4. Post solis ortum Athenis profecti sunt.

3. Ităque, cum essent adhuc in itínere, sol ita fervēre coepit ut viator hunc nímium ardorem tolerare non posset. Asinárium ígitur jussit consistere, e jumento desíluit seditque in umbra ásini. Sic commódius se exspectaturum putabat, dum se calor frángeret5.

4. Sed asinárius clamabat sibi injúriam fíeri6; ásinum enim locatum esse, non ásini umbram; novam pecúniam a viatore solvendam esse, si in umbrā ásini quiéscĕre vellet. At viator umbram cum ásino conductam esse affirmabat.»

5. Haec narrante Demósthene7, Athenienses diligenter attendebant; quem finem habuisset8 illud júrgium omnes cognóscere cupiebant. Sed súbito Demósthenes contícuit. Omnĭbus úndique magnā voce rogántibus ut narrare pérgeret: «Quid? o cives, exclamavit, cum de umbrā ásini loquor, attente auditis; cum de salute communi ómnium verba fácio9, áliud ágitis?»

Notes: 1. Orationem habere, faire un discours. – 2. Traduire par l’indicatif. – 3. G. 193. – 4. On distinguera conducere, louer (prendre en location ou à gages) et locare, louer (donner en location). – 5. Se frangere, s’affaiblir, s’atténuer. – 6. Fio sert de passif à facio (G. 84, 7°); bien remarquer le sens de injuria. – 7. Ablatif absolu. – 8. Traduire par l’indicatif, G. 254. – 9. Verba facere, parler, faire un discours.

5. – La première nuit de Robinson dans son île.

1. Nemo vestrum Robinsonis nomen ignorát. Omnes ejus vitae casus aut legistis aut ex áliquo narrante audivistis. Fortasse ipsi ejus sortem inconsideratē optavistis. Vestra certe cupíditas longinqua itínera faciendi sine dúbio illis rebus saepe accensa est, quae illi acciderunt. Credo tamen nullum inter vos recordari quid ei acciderit1, quo in periculo fúerit primā nocte post illud naufrágium, quo in litus insulae suae ejectus est. Proinde ea audite, púeri, quae sum vobis narratūrus.

2. Appropinquante nocte, miser ille júvenis aves imitatus est, quae in silvarum fróndibus nidum cóllocant: in árborem ascendit ad dormiendum, quia somnum ibi tutum sibi fore putabat. Ferae enim in illa insula timendae erant, quae in desertis locis praedam quaerentes errare solent: leones, ursi, serpentes quoque. Membra inter ramos árboris diligenter compósuit, ut sine moléstia dormiret.

3. Mox tam multis et miris rebus, quae eo die accíderant, fatigatus obdormivit. Somnus ejus artíssimus fuit: navis fracta, mórtui sócii, litus maris, in quo jacúerat, ómnia e memória ejus excíderant. In sómniis autem videbat parentes suos ad se manus et bráchia tendentes; ipse, matrem magnā voce vocans, ad eam cursu festinare sibi videbatur2.

4. Sed propter hujus sómnii falsum gáudium, dórmiens páululum exsíluit et ex árbore praecipitavit. In calamitate tamen felix fuit: árborem enim opportune elégerat, cujus rami non multum a terra áberant. Praetérea sŏlum molle gramen vestiebat. Paulisper sub árbore jácuit, quia, e somno repente excitatus, primum, ubi esset, nesciebat.

5. Mox assurrexit; nullā enim córporis parte gráviter laesā, magnum dolorem non sentiebat. Ităque iterum in suum nidum se recepit. Perículo tamen providéntior factus, nonnullos ramos mánibus et brácchiis dórmiens retínuit, donec primi rádii orientis solis eum e somno excitaverunt. Fame tum vehementer eum urgente3 sensit cibum sibi esse statim quaerendum, quo4 pridie omnino carúerat.

Notes: 1. Subjonctif de l’interrogation indirect, à traduire par l’indicatif, G. 254. – 2. Le latin dit «je semble à moi-même faire» pour «il me semble que je fais». – 3. Ablatif absolu. – 4. Relatif de liaison. Eo (cibo enim), G. 144.

THÈME D’IMITATION, 5, §§ 3-5.

§ 3. Des choses étonnantes semblent (videntur) arriver dans le sommeil. – J’ai vu (vidi) mon navire brisé sur le rivage de la mer. – Il appelait avec (par) une voix plus forte (grande) ses compagnons morts.

§ 4. De fausses joies nous sont données (dantur). – Les branches des arbres tombent sur le sol. – Le sol était revêtu (vestitum erat) d’un tendre gazon. – Personne (G. 44) ne choisit le malheur. – Ceux qui dorment (dormiunt) sont les plus heureux.

§ 5. La douleur des mains était plus grande que [celle] des bras. – Les malheurs l’ont rendu (fecerunt) prévoyant, très prévoyant même (etiam). – Il fut tiré (excitatus est) du sommeil par le premier rayon. – Ils cherchent de la nourriture parce que (quia) la faim les presse. – Dans la main qui retenait la branche il sentait (sentiebat) une très grande douleur. – Quelle nourriture cherche-t-il au lever du soleil (le soleil se levant, ablatif absolu)?

6. – La chenille et le limaçon.

1. Limax et eruca felicíssimam vitam una1 agebant. Ambo quidem erant ita deformes, ut intuéntibus2 prope horrorem injícerent. Sed nihilóminus amicítiam inter se júnxerant; sub eodem tecto habitabant; per herbam serpentes, eodem cibo vescebantur.

2. At mox eruca nido volúbili3 se circúmdare coepit. Limax, ab amica relictus, non intellegebat quid fíeret et lácrimis dormientis amicae nidum assídue conspergebat.

3. Paulo post éxiit e nido non foeda illa eruca, quam limax antea nóverat, sed papílio, pulchérrimis splendens colóribus. Quo viso4, limax, qui óculis suis vix credebat, hanc mutationem gratulari5 amicae vóluit.

4. Sed prae admiratione nondum híscere potúerat, cum papílio exclamavit: «Abi hinc a me, taetra béstia!» et avolavit. Limax nunquam póstea amicam suam vidit, nisi e longinquo per prata circum flores volitantem.

5. Fatendum est6 hanc papilionis supérbiam mínime laudandam esse. Sed quis neget7 idem nonnunquam apud hómines accídere? Multi, dívites facti, amicos pauperiores néglegunt aut étiam sibi nunquam notos fuisse símulant.

Notes: 1. Adverbe. – 2. Le participe latin se rend souvent par une proposition relative: «ceux qui…». – 3. Nid qui s’enroule, nid circulaire, expression qui désigne le cocon. – 4. Ablatif absolu avec relatif de liaison (G. 144, 229): eo autem viso. – 5. Gratulari aliquid alicui, féliciter quelqu’un de quelque chose. – 6. G. 70. – 7. G. 56.

7. – Les voyageurs et le trésor.

1. Cum très viatores forte speluncam intravissent1, ingentem thesaurum, a praedónibus ibi congestum, invenerunt. Vix dici potest quanta fúerit2 eorum laetítia.

2. Tum ex eis natu máximus3: «Maneamus, inquit, in hac spelunca thesaurumque inventum inter nos dividamus4. Sed esurimus; prius ígitur quam fiat harum divitiarum partítio, oportet nostrum expeditíssimus in próximam villam ad emendos cibos proficiscatur5

3. «Ibo, respondit natu mínimus, nec diu ábero.» Statimque proficíscitur. Sed dum strénue iter facit6, secum reputare coepit, quómodo fíeri posset ut solus invento thesauro potiretur.

4. Quamvis multa consília vólveret ànimo, quómodo solus duos sócios de médio tólleret7, non reperiebat. Intellegebat tantum se sine dolo nihil profícere posse. Nondum statúerat quid sibi faciendum esset, cum in villam pervenit.

5. Ibi, visis opportune cibis, ad quos emendos missus erat, súbitum ei succurrit consílium. «Nunc, inquit, scio quid mihi faciendum sit: cibos veneno infectos duobus meis sóciis apponam; quibus mórtuis8 solus inventarum divitiarum dóminus supérero.»

6. Illi autem duo qui mánserant in spelunca, símile ipsi consílium iníerant9, ne in tres partes divideretur thésaurus. Sócium, qui cibos emendi causā abíerat, redeuntem occídere decréverant.

7. Ille rédiit hilari vultu10, quo11 mélius sceleratum celaret consílium. Sed in speluncam vix ingressus, a sóciis statim oppressus est vulneribusque confossus intériit.

8. Mox ejus interfectores, quos urgebat fames, in cibos ab eo allatos ávidas manus injecerunt. Sed in totum corpus veneno statim permeante, uterque horrendis dolóribus cruciatus est. Paucis horis12 ambo juxta thesaurum vitam ipsi amiserunt.

Notes: 1. Les verbes qui signifient entrer, ingredi, intrare, sont souvent traités comme transitifs. – 2. G. 254. – 3. Le plus grand par la naissance, c’est-à-dire par l’âge, donc l’aîné, le plus âgé (G.C. 133, ex.). – 4. G. 56, 2°. – 5. Oportet (ut) proficiscatur; pour cette omission de ut, G.C. 276. – 6. Pour le présent après dum, G.C. 324. – 7. Tollere de medio, supprimer, faire disparaître. – 8. Ablatif absolu avec relatif de liaison (G. 144, 229). – 9. Inire consilium, concevoir un projet; ne, de peur que, c’est-à-dire pour empêcher que. – 10. G. 114. – 11. Quo = ut eo, afin que par là, G.C. 290. – 12. Ablatif pour marquer en combien de temps une chose se fait, G. 199.

THÈME D’IMITATION, 7, §§ 5-8.

§ 5. Il est envoyé (mittitur) pour acheter des aliments. – Il sert à son compagnon un aliment empoisonné. – Je sais ce qu’il doit faire. – Vos résolutions sont trop (nimis) soudaines.

§ 6. Nos projets sont tout à fait (très) semblables. – Une partie du trésor demeure dans des cavernes. – Les trois compagnons partagent le trésor pour (en vue de) acheter des aliments.

§ 7. Leur (d’eux) visage est plus joyeux que [celui] de leur compagnon. – Vos desseins étaient criminels. – Il cache sa blessure; ils cachent leurs blessures. – Ses compagnons le criblent (confodiunt) aussitôt de blessures dans la caverne.

§ 8. Le poison se répand aussitôt dans le corps (les corps) des meurtriers. – Ces douleurs sont plus atroces (horrendus n’a pas de comparatif). – Tous deux sont torturés (cruciantur) par une douleur atroce de tout le corps. – Il saisit (arripit) aussitôt la nourriture d’une main avide. – Le trésor est près de tes mains. – Le poison termina (finivit) la vie du meurtrier. – Les mains de l’un et de l’autre sont très avides.

8. – Le lion et la grenouille.

1. Léo, auditis ranae clamóribus1, quos illa magnā voce et ore hiante edebat, primum valde ánimo2 perculsus est. Credebat enim ingens ánimal auctorem esse tanti clamoris. Anĭmo tamen confirmato3, circumspícere coepit et contra illum clamatorem se ad pugnam comparavit.

2. Sed dum suas victórias secum réputat4 et ánimum ad antiquam fortitúdinem révocat, súbito cónspicit de propinquo lacu inter juncos prorepentem ranam. Léo, pudore affectus indignatusque se tam levi de causā5 frustra timuisse, illam pede conculcavit.

3. Multos, insolenter se jactantes, admiratione dignos fácile credas6; quorum cum facta cognóveris, súbito omnem admirationem depones.

Notes: 1. G. 229. – 2. Littéralement: au point de vue de l’âme. Ce mot se joint à beaucoup de verbes pour indiquer qu’il ne faut pas les prendre au sens matériel mais au sens moral: fingere animo, imaginer. – 3. G. 229. – 4. Le présent de l’indicatif est habituel avec dum, G.C. 324. – 5. Ordre habituel des mots pour de causa tam levi. – 6. La seconde personne du singulier, surtout du subjonctif, peut se rendre souvent par «on» (G.C. 148).

9. – Les deux grenouilles.

1. Duae ranae eamdem paludem incolebant. Quā1 solis ardore siccatá, ut aestate fíeri solet, sólitas sedes reliquerunt et álias quaesitum2 profectae sunt.

2. Cum ad profundum púteum venissent: «Hic, inquit una ex eis, cómmode manébimus, neque fácile meliorem locum inveniemus.» Cui respondit áltera: «Placet et mihi locus iste; sed priusquam illo desilimus3, considerandum est qua ratione de hoc púteo póstea exiturae simus4

3. «Recte dicis, inquit illa, quae prior locuta erat, et sapienter ádmones. Scio nihil esse témere aggrediendum5; nam mémini hircum, qui in púteum se demíserat, a vulpe relictum exire non potuisse.»

Notes: 1. G. 144 et 229. – 2. G. 62 et 244. – 3. Ou desiliamus, G.C. 321, note. – 4. Cette périphrase remplace un futur du subjonctif, G.C. 254 et 342. – 5. L’adjectif verbal a toujours le sens passif, même dans les verbes déponents.

10. – L’île des bossus.

1. Fuit olim ínsula (si crédere vultis), cujus íncolae gibbere suo insignes erant: omnes ad unum1 eādem córporis figurā2 nascebantur; nemo in hac ínsulā unquam apparúerat, cui illud dorsi ornamentum deesset.

, 2. Homo quidam in terram illam naufrágio ejectus est, qui córpore erecto incedebat, húmeris3 utrinque sensim pariterque inclinántibus. Magno ad eum concursu facto, omnes stupebant; dígito álii áliis eum ostendebant; risu aut convíciis, ut4 monstrum áliquod, excipiebant.

3. Fuit tamen inter eos philósophus quidam, céleris humanior, qui summotā turbā exclamavit: «Quaenam, o cives, est ista morum rustícitas? Quousque hóspitem innocentem vexábitis? Cur créditis hunc propter áliquod scelus honestíssimo illo nostro gíbbere privatum esse?

4. «Nonne ejus pótius misereri5 debemus, quod hoc communi ómnium ornamento cáreat, quo ipsi gaudemus et gloriamur?» Alĭos irridere aut contémnere noli, ne forte ipse multo magis irridendus aut contemnendus judiceris.

Notes: 1. Latinisme: tous jusqu’au dernier. – 2. G. 114. – 3. Ablatif absolu. – 4. Ut, ne tombant pas sur un verbe, signifie régulièrement «comme». – 5. Ce verbe gouverne le génitif, G. 165.

11. – L’innocent justifié.

1. Agricola cum uxore et filio, úndecim menses nato1, in páupere tugúrio habitabat. Pater et mater domo áliquot horas2 abesse coacti sunt, ut exíguo suo horto óperam darent. Infantem in cunábulis dormientem solum relínquere noluerunt eumque canis sui custódiae commiserunt.

2. Postquam profecti erant3, serpens, quae in ángulo domus delitúerat, ad cunábula reptavit. Ocúlis eminéntibus, inflato collo, horrendo oris hiatu infantem appetebat.

3. At canis intérritus exsíluit et mináciter latrando béstiae terríbilis rábiem in se vertit. Post4 fórtiter resistendo non solum hostem réppulit, sed étiam, collo mórdicus compresso5, confecit.

4. Inter luctandum6 tamen cunábula eversa erant et serpentem morientem obrúerant. Ităque, paterfamílias, cum paulo post unā cum uxore domum se recepit, nihil nisi eversas cunas infantemque nudum humi jacentem et gementem conspexit.

5. Súbitā incitatus irā canemque totius rei causam esse ratus7, priorum meritorum ímmemor, eum statim córripit. Innocentem illum canem ad ripam flúminis trahit gravique saxo ad collum ejus alligato8 in aquam déjicere conatur.

6. Sed res, áliter ac9 putáverat, ei successit. Nam ipse pede lapsus in aquam décidit. Ibi jamjam periturus erat, nisi canis, qui e laxis vinculis sese expedire potúerat, in altum flumen desiluisset dominumque ad ripam nando retraxisset.

7. Sic servatus a cane, rústicus tam benévolum cómitem occídere nóluit datāque véniā domum reduxit. Quo10 ubi primum pervenit, ab uxore audivit quid révéra accidisset. Nam ea serpentem11 occisam invénerat et quid factum esset intelléxerat.

8. Haec fábula docet nihil esse nobis inconsiderate faciendum, ne post breve tempus nímiae festinationis nos poeniteat12.

Notes: 1. G. 198. – 2. G. 198. – 3. Le plus-que-parfait avec postquam, pour marquer un certain intervalle de temps, G.C. 316, note 3°. – 4. Adverbe. – 5. Ablatif absolu. – 6. Inter avec le gérondif signifie «pendant», G.C. 240, note. – 7. Participe très employé de reor, «persuadé que»; il est suivi d’une proposition infinitive. – 8. Ablatif absolu. – 9. Aliter ac, autrement que, G.C. 132. – 10. Quo ubi, relatif de liaison pour ubi eo (adverbe). – 11. Serpens est plus habituellement féminin. – 12. G. 159.

THÈME D’IMITATION, 11, §§ 5-8.

§ 5. Le chien était innocent, très innocent. – Une pierre plus grosse fut attachée (alligatum est) à son cou. – Nous connaissons (novimus) leurs (d’eux) services antérieurs. – Il s’efforce de nous jeter dans le fleuve.

§ 6. Les liens des pieds étaient très lâches. – Les chiens de notre maître nagent dans des fleuves plus profonds. – Les pieds des chiens glissèrent (lapsi sunt). – Nous savons (scimus) nous-mêmes la chose. – Il nageait dans les fleuves les plus profonds. – Il se débarrassa autrement (expedivit) du lien mal serré (lâche).

§ 7. Le chien sauva (servavit) réellement nos compagnons. – Le paysan pardonne (donne le pardon) au chien de son compagnon. – Les paysans pardonnent aux chiens de leurs compagnons. – Le chien dévoué sauve le paysan et tous ses (de lui) compagnons. – Le serpent ayant été tué, le chien fut ramené (reductus est) par (G. 183) les paysans à la maison.

§ 8. Mon temps est court, plus court, très court. Votre récit est plus court, très court. – Sa (de lui) hâte était excessive.

12. – Le lièvre et l’alouette.

1. Alauda quaedam in dumo habitabat, sub quo léporis cubile latebat. Ambo summā amicítiā conjuncti erant. Saepe tamen inter eos oriebantur controvérsiae, leníssimae quidem, quales1 inter amicos fíeri2 solent.

2. Alauda plerumque amici ignáviam increpabat: «Negare non potes, aiebat, te omni témpore vani timoris plénum esse. Si modo rústicus in agris procul appáruit, statim times ne sit venator, ne ad occidendum te véniat.

3. «Si áquilam pennis in áere pendēre3 vides, statim in tuo cubili contracto córpore delitescis aut citatíssimo cursu aufugiendum esse4 putas neque consistis, nisi cum te defecerunt vires.

4. «Si ramus concrépuit aut ingémuit ventus, toto córpore perhorrescis. Si autem canis procul latravit, tum vero5 pavore exanimaris. Nonne te tam stólidae timiditatis pudet6? Quin7 pótius recordaris audaces fortuna juvari?»

5. Ad haec ita respondebat lepus: «Equĭdem fáteor tibi non deesse audáciam, vel etiam fortitúdinem, si hoc praeclaro nómine teméritas tua vocanda est. Sed paulum attende, quaeso, ne res mínime8 laudandas falsis nomínibus imprudenter honestare videaris.

6. «Vix enim orto sole, dum ipse, arrectis interdum aúribus, róscidam herbam haud procul a cubili carpo, tu dumum hunc relinquis et, ad caelum évolans, in médio lúmine tantā tamque clarā voce canis, ut te omnes aúdiant, omnes vídeant9.

7. «Quid sibi velit10 tantus strépitus, mehercule! néscio, nisi forte vis e propinquā silvā celérius ad nos accípitrem advolare et in venatoris ánimo spem redintegrari. Meas quidem non laudandas esse formídines concedo, sed mihi, quod sápiens néscio quis11 dixit, valde placet: bene vixit qui12 bene látuit.»

Notes: 1. Avec qualis, l’antécédent talis est ordinairement sous-entendu: tel que. – 2. Fio sert de passif à facio, G. 84, 7°. – 3. Pendere, être suspendu; on rend l’ensemble de l’expression par «planer». – 4. G. 68, 4° et 70. – 5. Littéralement: mais alors, c’est-à-dire: c’est alors que. – 6. G. 159. – 7. L’interrogation avec quin est une manière pressante de donner un ordre ou un conseil. – 8. Minime, «très peu, le moins», prend souvent le sens de «pas le moins du monde, pas du tout». – 9. L’accusatif te n’est pas répété, G.C. 155. – 10. Sibi velle est un latinisme qui revient à «signifier»: que signifie? – 11. Nescio quis, je ne sais qui, quelconque, est traité en latin comme un pronom indéfini tel que aliquis. – 12. Qui, celui qui.

13. – La sauterelle et les poissons.

1. Erat in prato locusta quaedam, quae, semper novas res videndi cúpida, periculorum contemptum prae se ferebat1. Non enim solum in summis hérbulis libenter sedebat2, sed étiam quasi per3 pontem in harundínibus reptabat, quae in aquas procumbebant.

2. Rivus enim aquae limpidíssimae incitatiore cursu per pratum fluebat. Illa vero magnam voluptatem capiebat, cum4 ex hoc superiore loco pisces vĭdebat ad ripam nando accedentes et inter se5 insequentes aut lapillos in imis nitentes aquis.

3. Quin étiam se multa ália visu6 mirabília vidisse affirmabat. Amicítiam cum píscibus, vetérrimis locustarum hóstibus, se junxisse praedicabat. Si quando7 vento agitabatur harundo, in qua summa8 libenter commorabatur, omni opinione9 majorem aiebat hanc esse voluptatem.

4. Omnĭa dénique faciebat, ut locustis admirationem sui injíceret. Affirmabat céteras, quod essent10 justo timidiores, nunquam potuisse experiri quid esset11 vera félicitas.

5. Haud semel jam accíderat, ut vento abrepta in aquas decíderet, sed felici quodam casu ad terram, tum12 nando, tum volando, semper evádere potúerat. Quibus rebus mirum in13 modum créverat audácia ejus et supérbia. Ităque plerisque ejus prati locustis mínime ignota, multis étiam admirationem imitandique stúdium movebat.

6. Ut álias ad audáciam incitaret, crebro dictitabat: «Audaces fortuna juvat», quasi ipsum legisset Vergílium. Sed quodam die vix orto sole, quā horā pisces cibum quaerentes ad ripam accédere solent, in aquas iterum, et supina quidem, lapsa est.

7. Adnántibus celériter píscibus et infesta jam ora aperiéntibus, clamabat ut eos sui misereret, neve14 vorarent, sed pótius ad ripam véherent. Narrant15 eam a ranā, quae in summā aquā inter ripae juncos speculabatur, voratam esse.

8. Ejus locustae mors céteris útili documento16 fuit. Nam illius calamitate omnes docebantur audáciam non minus quam supérbiam vitandam esse.

Notes: 1. Prae se ferre, prop. porter devant soi, donc: afficher.. – 2. Se percher, se poser. – 3. Le long de. – 4. Cum, avec l’indicatif pour marquer la répétition, G.C. 315. – 5. G.C. 143. – 6. Supin, G. 62. – 7. Pour aliquando, G.C. 151; pour l’indicatif, 303. – 8. Littéralement: sur lequel à son sommet, c’est-à-dire: au sommet duquel, G. 117. – 9. Latinisme, G.C. 129. – 10. Le subjonctif pour rapporter l’opinion d’autrui, G.C. 235. – 11. Subjonctif de l’interrogation indirecte, G.C. 254. – 12. Sens particulier lorsque tum est répété (lexique). – 13. In, jusqu’à. – 14. Neve pour et ne, tandis que neque est pour et non. – 15. G. 149. – 16. G. 174.

THÈME D’IMITATION, 13, §§ 5-7.

§ 5. La plupart des sauterelles volent et nagent. – Ton audace et son orgueil ne me sont nullement inconnus. – Il s’échappe en nageant grâce à (par) un heureux hasard.

§ 6. Le poisson s’approche de la rive dès le lever du soleil. – A quelle heure les poissons cherchent-ils [leur] nourriture? – Ils glissaient (labebantur) à la renverse dans l’eau. – Il répétait qu’il (G. 264) lisait souvent Virgile. – Il répète que (G. 264) les audacieux sont aidés (tournez: être favorisés, juvari) par la fortune.

§ 7. Les poissons s’approchent de la rive en nageant plus rapidement que les grenouilles. – La grenouille crie, ouvrant [sa] bouche à fleur d’eau parmi les joncs. – Les poissons n’ont pas pitié (G. 159) des grenouilles. – On raconte que (G. 264) la sauterelle fut transportée (tournez: avoir été transportée, vectam esse) par les poissons [jusqu’] aux joncs.

14. – Le poète et ses amis.

1. Poeta quidam, cum podagra laboraret, in villam suam, paucis pássuum mílibus ab urbe Lutétiā distantem, concesserat. Huc arcessivit duos poetas, amicos suos, ut eorum sermo sibi solátio1 esset. Sub vésperum venerunt statimque accubuerunt.

2. Eleganter ab hóspite accepti, qui lautíssimum convívium eis parari jússerat, tot hauserunt pócula ut ébrii fíerent2. Déinde, poetarum more de aerumnis vitae humanae diu questi sunt3; postremo ad ripam flúminis Séquanae sine mora pérgere decreverunt ad vitam in aquis finiendam4.

3. Hospes vero qui propter morbum párcius bíberat, nequicquam eos deterrere conatus, desperato eorum consílio se5 accédere simulavit. «Rem faciatis6, inquit, nostrā amicitiā indignam, si e vita, me hic relicto, velitis exire. Me vestrae mortis consortem nolite7 repéllere.

4. Duo poetae, óculis lacrimántibus hóspitem intuentes, se tali amicítiae exemplo valde commoveri dixerunt: eum sane dignum esse8 qui secum unā moreretur. «Sed, inquit ille, podagra impédior ne hac nocte vobiscum ad flumen pergam.

5. «Quin rem in crástinum diem differtis? Spero enim me hujus noctis quiēte refectum facílius vos secuturum9. Vos prima luce expergefaciendos curabo.» Illi se aequum petenti10 denegare non posse dixerunt.

6. Cúbitum11 ígitur discesserunt. Ab hóspitis fámulo primā aurorā somno excitati sunt. Sed cum eos, multo cibo vinoque gravatos, áltior somnus oppressisset, parum áfuit quin12 irati fámulum fústibus male mulcarent, quod suam quietem tam mane turbavisset13.

7. Sui autem consílii omnino immémores, valde mirati sunt, cum hospes ad eos venit monuitque últimum eorum vitae tempus, sicut ipsi decrevissent14, advenisse. – Temeraria consília in crástinum diem differre saepe útile est.

Notes: 1. Tournure appelée double datif, G. 174. – 2. Le temps et le mode sont dus à la conjonction et à la concordance des temps: il faut traduire librement en français par un passé simple. – 3. Bien distinguer queror de quaero. – 4. Le mot français «noyer», vient de necare, tuer; il n’a pas de correspondant exact en latin. – 5. Se est sujet de la proposition infinitive qui est complète après simulare; accedere consilio, agréer une résolution, s’y rallier. – 6. G. 56. – 7. G. 213. – 8. Proposition infinitive dépendant toujours de dixerunt. – 9. Après sperare, «espérer», la proposition infinitive est au futur (G.C. 265). – 10. (Ei) petenti, G.C. 139. – 11. G. 244. – 12. Parum abest quin, il s’en faut de peu que (G.C. 294). – 13. Subjonctif, parce qu’on rapporte la pensée d’autrui, G.C. 285. – 14. Attraction modale et style indirect, G.C. 340, 341.

15. – La mort de Bègue.

1. Balbus1, occiso apro, úndique silvam circumspíciens, ubi esset nesciebat. Equus ejus, lassitúdine confectus, in herba recumbebat; canes, quorum plerique déntibus apri lacerati erant, humi jacebant.

2. Appropinquante nocte2, silva jam tenebris obscurabatur. Undĭque solitudo3, úndique siléntium. Quam in partem4 iret, nullo modo scire póterat. Ităque ad vocandos cómites, quos post se relíquerat, arrepta búcina, aliquóties cécinit.

3. At illi, quos ad se venturos sperabat, non exaudierunt. Sonus autem ad fámulos inimici ejus pervenit, quibus silvae cura commissa erat. Cursu ad eum locum festinaverunt et in hóminem jámdiu notum invisumque strictis gládiis ímpetum fecerunt.

4. Sed quanquam adversus unum sex pugnabant, haud fácilem sibi fore victóriam statim intellexerunt. Nam ille, ad facílius resistendum5, ne a tergo6 circumveniretur, ad árboris truncum se applicáverat. Illi ígitur, cum7 viderent propter virtutem ejus rem gládiis tránsigi non posse, unum ex suis sagittáriis arcessitum8 miserunt.

5. Ita, quem vi non potuerant9, dolo oppresserunt. Balbi autem corpus, detractis armis, in hoc deserto loco relictum est. Intérea paulatim exstinguebatur ignis; plúere incipiebat; vulnerati canes lúgubres edebant ululatus. Victores autem, gaúdio triumphantes cantantesque, per noctis et silvae ténebras domum se receperunt.

Notes: 1. Bègue est un personnage d’un de nos poèmes du moyen âge. Il a poursuivi un sanglier par monts et par vaux. Il l’a finalement atteint et tué, mais il s’est égaré sur les terres de son ennemi Fromont. II allume du feu et attend. – 2. G. 229. – 3. Le verbe sum est souvent sous-entendu, ici erat: régnait. – 4. Direction. – 5. Ad resistendum facilius (adv. G. 88). – 6. Littéralement: du côté du dos, donc: par derrière. – 7. Cum, «étant donné que», sens causal, G.C. 286. – 8. Supin, G. 244. – 9. Sous-entendu opprimere.

16. – Lettre d’un écolier au temps de Néron.

1. aemilius António suo salutem dat1. – Feriarum tempus, jámdiu a nobis exspectatum, nunc haud procul abest. Mox Urbem relinquam. Condiscípuli mei mecum omnes gaudent. Eorum autem me esse credo, qui mérito gaudere possunt, quia magistris labore suo et diligéntia omnino satisfecerunt2.

2. Video3 tamen cessatores4 quosdam non minus laetari. Quamvis non simulata mihi videatur eorum laetítia, ego credo tamen offícii nunquam neglecti consciéntiam laetítiae multum adjícere. Impĭgri discípuli gaúdium fit púrius et plénius, appropinquántibus fériis, etsi non tam aperte fortasse significatur5.

3. Hoc anno linguae Graecae studere6 coepi. Valde laetor quod post paucos menses illústrium scriptorum ópera légere pótero, qui saepe, me audiente7, laudantur. Sed praesertim stúdiis diligenter óperam dare volo, ut paréntibus meis satisfáciam, quibus máximam grátiam habere debeo.

4. Parentes mei Baïas8 me secum ducturi sunt. Eo, ut scis ipse, nobilíssimi Romani quotannis se recípiunt, nímiis aestatis calóribus ex Urbe depulsi. Neque ignoras quam9 illic sit rus amoenum, quam fértiles agri. Propter villarum hortorumque magnificéntiam ómnia ad10 oculorum voluptatem de industriā facta videntur. De mari vero quid dicam11?

5. Quam juvat caerúleum mare contemplari multitudinemque hóminum in arena propter litus ambulántium a prima aurora usque in multam noctem! Princeps et12 hoc anno cum sua matre áderit. Sed ludos, quos facturus esse dicitur, nos non spectábimus. Patri enim meo dísplicent: tália spectácula flagitiosa esse díctitat nostrisque majóribus13 indigna; multi enim gladiatores pugnabunt et inter se trucidabunt14.

6. Sed intéllego me tacenda dícere: proinde, quaeso, caríssime, haec noli15 cuiquam referre. Epistolam meam, ut statim légeris, dele. Tália verba scio periculosa esse, iis moveri iram príncipi, ea multis jam mortis causam fuisse. Sed tibi fido; fido quoque Getae, nostro fidelíssimo et óptimo servo, qui has tibi litteras16 allaturus est.

7. Ad nostra feriarum oblectamenta rédeo: hoc anno in mari nare discam. Hoc mihi propósui: sic fáciam. Sed non jam eādem voluptate, quā17 pridem, lítoris arenam fódiam aut cóngeram. Quo18 natu major fio, eo me illa puerília oblectamenta minus delectant. – Vale et tibi persuade nihil mihi cárius esse te19, praeter parentes meos.

Notes: 1. Formule ordinaire au début des lettres. – 2. Ce verbe signifie proprement «faire assez pour» et se construit en conséquence avec le datif. – 3. Nous avons évité les occasions d’employer l’imparfait épistolaire (G.C. 209). Il ne s’applique d’ailleurs qu’au cas où le fait ainsi présenté risquerait d’appartenir au passé au moment où le correspondant lira la lettre. – 4. Cessare, tarder, être nonchalant, d’où cessator, paresseux. – 5. Sujet: gaudium. – 6. Studeo, prop. je m’applique à, d’où le datif du complément. – 7. Ablatif absolu. – 8. G. 193. – 9. G. 91, 2° cas, 2°. – 10. Ad, pour. – 11. Le subjonctif avec l’interrogation peut signifier «faut-il que je», G.C. 214, 1.– 12. Et ne joignant pas deux termes peut signifier «aussi», G.C. 98, 3°. – 13. Majores, voir lexique. – 14. G.C. 143. – 15. G. 213. – 16. Litterae est toujours au pluriel pour signifier une lettre (missive), G.C. 27, 1°. – 17. Quā pridem (faciebam); pour eādem quā, G.C. 132; ablatif de manière, G. 188. – 18. Plus…​ plus, ou plus…​ moins, sont ordinairement accompagnés en latin de quo…​ eo (G.C. 333). – 19. G. 127.

THÈME D’IMITATION, 16, §§ 4-6.

§ 4. Je serai conduit (ducar) exprès par (G. 183) mes parents à Baies. – Les chaleurs excessives de l’été chassent les nobles Romains hors des villes vers la mer. – Les campagnes sont très agréables et très fertiles.

§ 5. Les mers azurées ne déplaisent à personne. – Dès l’aurore je marche sur le sable le long des rivages. – Nos ancêtres répétaient que ce spectacle est très honteux, – L’empereur se promène avec sa mère à Baïes (G. 193).

§ 6. Il faut taire cela (cela est devant être tu). – Il prononce (il dit) des paroles plus dangereuses. – Nos esclaves sont meilleurs et plus fidèles que les vôtres. – Je me fie à des esclaves excellents (très bons). – Avec (par) de telles paroles il provoque la colère de (à) l’empereur. – Ces esclaves nous sont chers. – Cette lettre est très dangereuse. – Cette lettre fut (fuit) cause de leur (d’eux) mort.

17. – Damon et Phintias.

(PREMIÈRE PARTIE: Deux vrais amis.)

1. Promissa semper servanda eunt, iis exceptis quae quis1 coactus metu fécerit2. Etĕnim fundamentum justitiae fides est, quae nunquam est neglegenda. Cujus3 virtutis claríssima proferuntur exempta. Sic Régulus ad certum supplícium redire máluit quam fidem hosti datam fállere. Tália exempla honori4 sunt géneri humano.

2. Neque id minus mirábile est, quod de duobus philósophis Pythagoréis narratur, Damone et Phíntia. Inter eos orta erat amicítia mínime vulgaris, sed vere perfecta, quam similitudo aetatum, morum studiorumque mirum5 in modum aúxerat.

3. Cum Damon Dionýsio, Syracusanorum tyranno, displicuisset, is ei crimen conjurationis íntulit6. Cápite7 damnatus est eique dies necis destinatus. Philósophus, cum videret tyrannum non posse exorari, paucos sibi tantum dies postulavit, ut suos líberos amicis commendaret, inter eos bona sua divíderet tamque necessário témpore8 quaedam negótia confíceret.

4. Phíntias pro amico óbsidem se óbtulit et tyranno vadem9 dédit ad mortem. Convenit10 ut, si ille non reverteretur ad diem, moriendum esset11 ipsi Phíntiae. Trium dierum spátium Damoni concessum est. Priusquam abiret, lácrimis ubertim manántibus, amicum artē complexus, juravit se ante constitutam supplícii horam rediturum esse.

Notes: 1. Pour aliquis. – 2. Traduire comme fecit. – 3. G. 144. – 4. G. 174. – 5. Constr. in (jusqu’à) modum (degré) mirum. – 6. Crimen alicui inferre, porter une accusation contre quelqu’un. – 7. A mort, G.C. 168. – 8. Necessarium tempus, circonstance critique, cas pressant. – 9. Vadem (se) dedit. – 10. Impersonnel. – 11. Conjugaison périphrastique, G. 68, 4°.

(IIe PARTIE: Le retour.)

5. Solutus vínculis, statim in longinquum rus, in quo negótia ei conficienda erant, proficíscitur. Quae postquam transacta sunt, ad Syracusas íterum omni festinatione contendit. Timebat enim ne se itínera, magnis próximae noctis ímbribus madefacta, morarentur.

6. Satis1 magnum jam itíneris spátium confécerat, cum ad flumen venit, cujus pons, crescente praeter2 modum aqua, abreptus erat. Nullam navículam in propínquis locis vidit, quā3 ad ulteriorem ripam veheretur. In flumen descéndere4 non tutum consílium videbatur et in tale perículum se commíttere non audebat, non quod timeret ipse mortem, sed quod suam vitam Phíntiae saluti necessáriam esse sciebat.

7. In ripa sedens, primum lamentis lacrimisque se dédere5. Cogitabat enim diei dimídiam partem jam effluxisse; etiamsi flumen sine mora transiret, aegre se ad urbem ante constitutam horam perventurum. Tandem, quanquam de omni salute desperabat, offícii sui6 crédidit esse in gúrgitem se immíttere. Praeter spem flumen tranare pótuit, sed exanimatus lassitúdine paulisper in ulteriore ripa jácuit, priusquam ire pérgeret.

8. Silva déinde ei transeunda7 fuit; in quam8 médiam cum pervenisset, latrones in eum invaserunt. Sed desperatione vires suppeditante, gládium destrinxit et uno eorum, qui aggrediebantur, occiso, reliquos duos in fugam conjecit.

9. E silva egressus, valde festinavit. Sed propter itíneris laborem nimiumque solis ardorem vehementer sítire coepit. Víribus exhaustis, toto córpore jam in utramque partem9 vacillante, quasi ébrius esset, haud multum jam áberat, quin concíderet.

10. Sed fortuna juvante vel pótius divino áliquo auxílio, manantis aquae strépitus ad ejus aures pervenit. Quem10 secutus, ténuem fontis venam e saxis erumpentem invenit et, expletā siti paúlulum confirmatus, iterum ad urbem citato gradu contendit.

Notes: 1. Satis s’emploie comme «assez» en français, pour dire «passablement». – 2. Praeter, au delà de. – 3. Quā pour ut ea, G.C. 329. – 4. Constr. Descendere in flumen non videbatur consilium tutum. – 5. Infinitif de narration, à traduire comme un imparfait, G.C. 222. – 6. A peu près comme officium suum esse. – 7. G. 185. – 8. G. 144: sed cum pervenisset in eam mediam (G. 117). – 9. Pars a très souvent le sens de «direction»; cf. en français «de toutes parts». – 10. G. 144.

(IIIe PARTIE: L’arrivée.)

11. At jam non multum témporis ad1 solis occasum supérerat. Anxĭus cogitabat ante crudelis tyranni aedes parari crucem, populumque jam videndi cúpidum ad locum supplícii ex totā urbe convenire. Secum reputabat ómnium cívium iram in se concitatum iri. Sed praesertim Phíntiae desperationem sibi ánimo fingebat, qui ab amico infído se próditum esse móriens quereretur.

12. Círciter mille passus2 ab urbe áberat, jamque turbam congregatam procul videbat, cum ei occurrit libertus quidam ejus; qui simul ac Damonem conspexit, magnā voce clamare3: «Sérius4 venis! Fuge hinc! Frustra festinas: hoc ipso témpore Phíntias, amicus tuus, ad supplícium rápitur. Cum advénies, mórtuus erit aut jamjam moriturus ad vitam revocari non póterit. Tu autem, pópuli invídiae et tyranni ódio simul objectus, vitam amittes neque5 tamen amicum tuum servabis.»

Notes: 1. (Usque) ad. – 2. G.C. 163: accusatif pour marquer la distance. – 3. Infinitif de narration, à traduire par «se mit à crier», G.C. 222. – 4. G. 130. – 5. On doit dire neque au lieu de et non.

THÈME D’IMITATION, 17, §§ 11-12.

§ 11. Le peuple de toute la ville, de toutes les villes est curieux de spectacle (de voir). – Il excite contre lui la colère de ses concitoyens cruels. – Je pense qu’il reste beaucoup de temps. – Le tyran était plus anxieux que les citoyens. – Ils se représentaient le désespoir de leurs amis mourants. – Je désire (je suis désireux de) voir le palais des tyrans.

§ 12. Ils étaient éloignés déjà de deux mille pas de cette ville. – Ils étaient sur le point de mourir. – L’affranchi fuit en vain et trop tard (G. 130). – Il traîne le tyran au supplice en ce moment même. – Il craignait (timeo, es) la rancune du peuple et la haine du tyran. – Il rappelle à la vie son ami [qui était] sur le point de mourir. – Il arrive auprès de (vers) son ami mourant ou plutôt (potius) mort. – La foule rassemblée voyait de loin Damon qui se hâtait (se hâtant, festinans, tis).

13. At Damon précibus et obsecratiónibus, quibus ille utebatur, non tardatur. Celérius étiam, quantum fíeri póterat, progréditur et ómnibus víribus currit ad urbem. Haec enim secum1 dicebat: «Etiam adversante2 fortuna ibo, ut cum eo saltem móriar, quem non, ut vólui ac débui3, a morte liberavi.»

14. Mox, stupéntibus ómnibus, anhelans et púlvere conspersus turbam summovendo viam sibi facit; ad complectendum amicum ádvolat, quem jam carnífices in crucem tollebant. At Dionýsius, qui áderat, tam fidelem firmamque amicítiam miratus, Damoni se ignóscere dixit. Qui fúerint4 ómnium plausus, vix dici potest. Narrat étiam Cicero tyrannum ab eis petiisse, ut se ad amicítiam tértium5 adscríberent.

Notes: 1. «Avec lui-même» pour «en lui-même». – 2. Ablatif absolu; c’est une manière de rendre l’idée de «malgré». – 3. A rendre par des conditionnels, G.C. 219. – 4. G. 254. – 5. Attribut: comme troisième.

18. – Les grues d’Ibycus.

(PREMIÈRE PARTIE: Le crime.)

(La police de caractère utilisée pour ce document n’ayant pas le «y» bref, il sera remplacé par «ÿ»)

1. Multis et gravibus argumentis docemur hómines pios et innocentes, cum1 ab ímpiis et sceleratis vexantur, a diis nunquam néglegi. Eorum inimici vel interfectores saepe in hac ipsā vitā, longā nonnunquam interpósitā morā2, poenas acerbíssimas dederunt3.

2. Cujus rei praeclarum exemplum est, quod4 Ibÿco, summo poetae et músico, áccidit. Nam is Megarā profectus iter faciebat, ut in ludis, qui Corinthi fiebant5, cantu certaret. Apollo enim ei cum6 modulandi vocem, tum fídibus utendi miram artem concésserat.

3. Solus ibat, báculo nitens, et, quae apud certáminis júdices populumque cantaturus erat, ea7 in itínere summissā voce meditabatur. Pauca tantum mília8 pássuum áberat a Corintho proculque árduam illius urbis arcem conspiciebat, cum silvam Neptuno consecratam ingressus est. Sole jam praecipitante, vallis obscúrior fiebat et árborum frondes noctem quamdam viatori offundebant.

4. In caelo per ramos grues tamen vidit, loca calídiora petentes, quarum grex, ut fíeri solet, triánguli formam efficiebat. «Salvete, inquit, o aves! Ego quoque, vestri9 símilis viator, pátriam relíqui et cantu laborem itíneris állevo. Utĭnam hospitale tectum ego quoque, urbem ingressus, invenire possim!

5. In médiam10 tunc fere silvam pervénerat. Ibi latrones armati duo, dispósitis insídiis, sémitam interclúserant, ut praetereuntes spoliarent. Quos ubi11 vidit Ibÿcus, ostendit se resístere velle, sed frustra. Quā enim ratione12 homo paene inermis vim duorum sceleratorum, qui et audacíssimi et ingenti córporum magnitúdine et incredíbili exercitatione in armis essent, a se repéllere póterat13?

6. Frustra deorum hominumque subsídium magnis clamóribus invocavit. Propter solitúdinem loci, ne sperare quidem póterat quemquam14 auditurum esse, nedum opem laturum. Multis confossus vulnéribus cóncidit.

7. Sed priusquam extremum spíritum efflaret, deos precatus est ut ipsi nefárium hoc scelus ulciscendum15 suscíperent: se enim in silva sacra occisum esse16, se pium semper erga deos deorumque cultum fuisse. Grues étiam, silvam transvolantes, de hac caede testatus est. Sed latrones, qui scirent17 se ávium neque indício neque testimónio convinci posse, morientis viatoris stultítiam deridentes, abierunt.

Notes: 1. Cum veut l’indicatif quand il marque répétition: chaque fois que (G.C. 315). – 2. Ablatif absolu. – 3. Voir lexique pour le sens de poenas dare. – 4. (Id) quod, G. 145. – 5. Employé comme passif de facio. – 6. Cum…​ tum, voir lexique. – 7. L’antécédent placé après le relatif, G.C. 145. – 8. Accusatif de distance, G.C. 163. – 9. Vestri et non pas vestrum, G.C. 38, note 3°. – 10. G. 117. – 11. Comme ubi eos vidit, G. 144. – 12. Ce mot a des sens assez divers; il signifie ici «moyen». – 13. Dans ces expressions l’indicatif latin correspond souvent à un conditionnel français, G.C. 219. – 14. Le semi-négatif parce qu’une négation ne…​ quidem est déjà exprimée, G.C. 150. – 15. L’adjectif verbal marque ici une idée d’intention (G.C. 243) avec un verbe signifiant «se charger de». – 16. L’infinitif dépend de l’idée de dire contenue dans ce qui précède (G.C. 281). – 17. Comme quia ii sciebant (G.C. 329).

THÈME D’IMITATION, 18, §§ 5-7.

§ 5. Les brigands dressent des embûches, barrent les sentiers des forêts, dépouillent les passants. – Ils repoussent Ibycus désarmé. – La taille de ces brigands était énorme; [leur] habileté au maniement des armes était incroyable.

§ 6. Les hommes n’entendent (audiunt) pas les cris dans cette solitude; ils ne portent pas secours. – Les dieux sont un grand secours pour l’homme (G. 174). – Il invoquait en vain les dieux et les hommes. – Il n’espérait le secours de personne (G. 44, IV).

§ 7. Les meurtres commis (factus, a, um) dans les forêts sacrées étaient sacrilèges. – Les oiseaux traversent les forêts en volant. – Les brigands rient [de] la dénonciation et du témoignage des oiseaux. – Il se charge (suscipit) de venger le meurtre des voyageurs. – Celui qui rend le dernier soupir est plus pieux envers les dieux. – Le culte des dieux est sacré.

(IIe PARTIE: L’enquête.)

8. Póstero die cadaver dilúculo1 inventum est et ad magistratus delatum. Qui brevi témpore, quis occisus esset, per Corinthium quemdam hóminem, Ibÿci hóspitem, compererunt. Rumore per urbem serpente, magnus fit cívium concursus ad magistratus. Omnes clamabant interfectores hóminis claríssimi et toti Graeciae caríssimi diligenter conquirendos esse et omni cruciatos supplício necandos.

9. Sed res difficíllima erat et spes tenuíssima verum2 patefaciendi ostendebatur. Undĭque enim ex totā Graeciā máxima multitudo hóminum ad spectandos ludos Corinthum3 convénerat. Complures dies4 magistratus multos cives et ádvenas de hac caede interrogaverunt. Omnĭa loca perscrutati sunt, sed nusquam inventi sunt qui tantum scelus in se suscepissent. Nemo apparebat, qui in suspicionem hujus caedis venire5 posset.

Notes: 1. Ablatif de date, G. 199. – 2. Verum, au neutre, au sens concret, au lieu de veritas qui est abstrait: la vérité. – 3. Accusatif de la question quo. – 4. Accusatif de durée, G. 198. – 5. Venire in suspicionem, être soupçonné (G.C. 204).

(IIIe PARTIE: La punition.)

10. Percussores tamen in urbe erant. Quasi impunitatem certam assecuti essent, theatrum ingressi erant. Alter júvenis erat; alter natu major et barbatus. In média turba, in summis1 theatri grádibus, ludorum spectandorum causā2, consídere non dubitáverant.

11. Omnes vária ludorum certámina intenti spectabant, cum forte grues, supra3 consessum volantes, in caelo apparuerunt. A spectántibus ne animadvertebantur quidem, sed casu, seu pótius providéntiā quādam deorum, duos interfectores earum volatus non fefellit4.

12. Quorum unus, risum vix tenens et ad sócium conversus: «Aspĭce, inquit, ecce ádvolant Ibyci testes!» Sed vocem illam, qui5 próximi sedebant, audierunt. Audito Ibÿci nómine, quid dícerent duo illi ignoti, percontati sunt6. Qui7 interrogati cum incerti viderentur, quid8 responderent, in suspicionem statim venerunt.

13. Qui hic áderant, inter se9 hortabantur, ut magistratus in ínfimis theatri grádibus sedentes adirent ac de ea re admonerent. Res ad eos defertur. Illi, in causā tam gravi et obscurā nihil neglegendum rati, ádvenas illos qui de Ibyco et grúibus occulte locuti erant, comprehendi jusserunt.

14. Separatim in víncula conjectos diligenter de ómnibus rebus interrogaverunt. Scire voluerunt cur grues verbis illis commemoravissent, quid eas commemorando significavissent, quo die, quā horā, quā viā Corinthum venissent, quā dénique arte victum quaerere10 solerent.

15. Uterque11 primum falsa et multum inter se discrepántia respondit. Mox urgéntibus úndique judícibus, scelus confiteri coacti sunt. Ita interfectores illi, quanquam in manifesto facínore deprehendi non potúerant, quasi quodam deorum admónitu inventi, débitas scéleris poenas légibus dederunt12.

Notes: 1. G. 117. – 2. Comme ludos spectandi causa. – 3. Ne pas confondre super, sur, avec supra, au-dessus. – 4. Fallere, «échapper à l’attention de». – 5. (Ii) qui. – 6. Après percontari, s’informer, on trouve l’interrogation indirecte. – 7. Ii autem, G. 144. – 8. Dépend de incerti: ne sachant quelle chose, etc. G.C, 981, I, et 254, cas spécial. – 9. Inter se marque la réciprocité, G.C. 143. – 10. Victum quaerere, gagner sa vie. – 11. Uterque évoque l’idée de deux, mais il est considéré comme un singulier (G. 44, 2, 3°). – 12. Poenas dare, voir lexique.

THÈME D’IMITATION, 18, §§ 13-15.

§ 13. Le magistrat était assis sur le premier degré du théâtre. – Ces affaires, qu’il néglige, sont très graves et très obscures. – Ils négligeaient une affaire plus grave et plus obscure. – Il ne faut rien négliger. – Rien n’est grave ou obscur dans cette affaire.

§ 14. Ils voulurent savoir tout (toutes choses). – Que signifiaient vos paroles? – Il mentionnait soigneusement et séparément le jour, l’heure, le chemin. – Ils ont coutume de gagner leurs vies avec de tels métiers.

§ 15. Le juge découvre le crime de l’un et de l’autre. – Tous deux doivent aux juges et aux lois satisfaction de leurs crimes. – Le forfait des meurtriers était plus manifeste. – Les juges [les] pressaient l’un et l’autre de tous côtés. – Les crimes des assassins diffèrent beaucoup les uns des autres (entre eux). – Les deux (l’un et l’autre) meurtriers furent forcés d’avouer par l’avertissement du juge.

19. – Histoire d’Adraste et d’Atys.

(PREMIÈRE PARTIE: La menace de l’oracle.)

1. Croeso, regi Lydiae, fílius erat qui ánimi virtútibus et córporis víribus inter aequales excellebat. Huic júveni nomen erat Atys. Non erat ille quidem regis únicus heres, sed fílius alter, quia mutus erat, patri succédere non póterat.

2. Cum Atys adulescens jam esset1 bellumque jam adversus pátriae hostes gérere coepisset, dei dormientem Croesum sómnio monuerunt fílium natu majorem2 immatura morte esse periturum: hastā enim férreā vulneratum iri eamque3 mortis causam fore.

3. Pater, e somno statim terrore excitatus, vix e cubículo egressus, hastas, gládios, ómnia dénique tela, quae in pariétibus domūs régiae fixa erant, quam primum4 auferri jussit, ne in caput fílii cáderent. Simul eum non certamínibus solum, sed béllicis étiam exercitatiónibus interesse vétuit.

4. Ita calamitatem, de quā sómnio admónitus erat, se vitaturum non solum sperabat, sed étiam confidebat.

Notes: 1. Habituellement on ne doit pas traduire le subjonctif des subordonnées, mais le rendre comme un indicatif en tenant compte du temps. – 2. G. 133. – 3. Attraction pour idque (et id), G.C. 103. – 4. Primum, d’abord; quam primum, le plus tôt possible (G.C. 136).

(IIe PARTIE: Le mystérieux étranger.)

5. Paucis post1 diebus quam haec Croesus províderat, Sardes, quae urbs caput erat regni, homo quidam ignotus advenit. In Phrýgiā natus erat et quidem régiā stirpe; sed, acceptā calamitate, ad Croesum confugiebat petebatque ab eo ut expiaretur.

6. Religione autem sanctum erat, ut, qui supplex esset2, ab eo quem adiisset, statim lustraretur. Neque de pátriā, neque de priore vitā, neque de ipsius purificationis causā interrogandus erat, nisi hac peractā lustratione. Croesus ígitur, postquam fecit, quod ille petebat, quaerere coepit quis esset3, unde profectus esset; déinde, quo scélere se polluisset et cur expiatione ei opus fuisset.

7. Hospes ita respondit: «Adrastus, o rex, mihi nomen est. Górdii sum fílius. Infelici casu fratrem natu majorem imprudens occidi. Ităque a pátre pulsus pátriā cessi et supplex4 ad te confugi.»

8. Tum Croesus: «Ad amicos, inquit, venisti. Si hic apud nos manere volúeris5, nullā re te carere sinemus. Utĭnam tu adversam istam fortunam exsiliumque forti feras ánimo!» Mansit ígitur Adrastus apud Croesum.

Notes: 1. Post est ici adverbe et l’ablatif est un ablatif de différence (G.C. 200, note et 137); joindre postquam. – 2. Subjonctif de l’attraction modale (G.C. 341). – 3. Ce subjonctif et les suivants tiennent à l’interrogation indirecte, G. 254. – 4. Attribut, G. 101, note II. – 5. L’emploi de ce futur antérieur, là où le français met un simple présent, est un latinisme à retenir, G.C. 303, 2°.

(IIIe PARTIE: Le sanglier de Mysie.)

9. Eodem fere témpore, quo ad Croesum vénerat Adrastus, aprum portentosae magnitúdinis in Olympo Mýsio exstitisse nuntiatum est. Ex quo monte incursiónibus in próximos agros saepe factis1, Mysorum fruges rostro evertebat neque2 ab ipsis incolis abstinebat.

10. Illius regionis agricolae, tanquam adversus armatum hostem manu facta3, haud semel eum agréstibus telis adorti erant. Sed neque quicquam4 profécerant et, complúribus occisis multisque vulnéribus acceptis, domum inulti se recípere coacti erant.

11. Ităque legatos ad Croesum miserunt, qui ei nuntiarent5 «aprum immanem in vicino monte exstitisse, qui non bonis solum, sed et vitae cívium noceret; se eum interfícere aliquótiens6 conatos, nequaquam potuisse; venatores ígitur et exercitatíssimos et aetate vigentes mítteret, ut béluam occíderent aut ex agris saltem expéllerent. Tantae autem rem esse difficultatis7, ut non indigna videretur, cui8 ipse praeesset regis fílius.»

12. Sed Croesus, quippe qui9 ea, quae sibi in somno praedicta erant, meminisset, «de fílio quidem eos nihil impetraturos» respondit; «venatores vero se quam plúrimos missurum cum ómnibus quae ad captandas feras úsui essent».

13. Hoc responso dato cum laeti discessissent, Atys, qui10 non ignoraret quid petiissent legati, patrem ádiit: «Pater, inquit, me, multis venatiónibus et bellis jam clarum ántea factum, domi nunc quiéscere ac propémodum delitéscere jussisti; neque quicquam11 ámplius in mea potestate est, nisi ut e régiā in forum eam, rursusque e foro domum me recípiam.

14. «Si tibi, ut decet, mea fama curae12 est, noli, quaeso, prohibere quóminus13 cum aequálibus meis ad opem sóciis ferendam proficiscar. Quod si me domi in ótio manere praestat, hujus rei causam cognóscere, te auctore14, velim.»

Notes: 1. G. 229. – 2. On doit régulièrement employer neque au lieu de et non. – 3. Manum facere, former une troupe, se former en troupe. – 4. Neque quicquam pour et nihil (en rien), G.C. 150 et 164. – 5. Comme ut ei nuntiarent, G.C. 329. – 6. Forme assez fréquente et même plus régulière que aliquoties. – 7. C’est un génitif d’estimation qu’on peut rattacher au génitif descriptif, G.C. 114. – 8. Après «dignus ou indignus», on emploie le pronom relatif, G.C. 125. – 9. Quippe qui, lui qui en effet (toujours subjonctif). – 10. Sens causal, d’où subjonctif (G.C. 329): car il n’ignorait pas. – 11. Et nihil, G.C. 150. – 12. G. 174. – 13. Après les verbes signifiant «empêcher» on emploie quominus, si ces verbes sont accompagnés d’une négation, G.C. 279. – 14. Auctor désigne le «garant», le «répondant», celui qui garantit qu’une chose est vraie; donc: sur ta propre garantie, de ta propre bouche.

THÈME D’IMITATION, 19, §§ 11-14.

§ 11. Un énorme sanglier nuisait aux habitants (incola, ae) des montagnes voisines. – Le roi envoyait un chasseur exercé, jeune et vigoureux, sur la montagne voisine. – Ces affaires sont tellement difficiles! – Les ambassadeurs envoient au roi un sanglier énorme.

§ 12. Je me rappelle ce qu’il me prédisait. – Il n’obtenait rien au sujet des chasseurs. – Il envoie des bêtes sauvages aussi nombreuses que possible. – Cela sert (est à usage) pour prendre la bête sauvage.

§ 13. Ils n’ignoraient pas cette réponse du père. – Beaucoup de chasses et de guerres les avaient rendus (fecerant) plus illustres qu’auparavant. – Je rentre à la maison. – Il se repose à la maison. – L’ambassadeur était presque joyeux.

§ 14. J’ai souci de ta renommée. – Il convient de connaître les gens de son âge. – Je reste chez moi (à la maison) avec mes compagnons. – Il vaut mieux les [en] empêcher.

15. Croesus, commotus hoc óptimae ad1 virtutem índolis indicio, se propter sómnium quoddam de fílii vita timere confessus est; «nullum2, praeter ipsum, fílium sibi esse arbitrari, quod alter, linguā et aúribus captus, in locum patris succédere non posset3

16. Sed Atys: «Quóniam de me, inquit, et de mea vita, pater, sic times, haud équidem hábeo quod4 reprehendam. Attămen me cum apro pugnantem hujusmodi5 perículo obnóxium fore non puto. Me férreā lánceā vulneratum iri tibi praedictum est: quómodo aper, cui manus desunt, adversum me lánceā uti posset? Rostro enim et déntibus istae béluae, non férreis telis occídere solent.»

17. «Cum ferā, non cum armatis viris mihi proelium erit committendum; próinde timorem omittas6 licet.» Croesus paulisper repugnavit, sed tandem, précibus fílii victus, ei proficiscendi potestatem fecit7.

18. Sed nondum omnem curam deposúerat. Adrastum ígitur hóspitem ad se venire jussit et: «Meministi, inquit, te post acceptam magnam calamitatem (quam équidem non exprobrandi causā commémoro) et pátria exterminatum a me expiatum esse et tecto8 receptum? Ex eo témpore me tecum óptimo hospítii jure9 egisse credo.

19. «Ităque, si hómini benefacienti páribus offíciis grátiam referre aequum est, fílium meum venandi causā proficiscentem tibi committo. Ejus fidum custodem te esse volo. Hoc imprimis cave, ne in viā praedones vobis insidientur neve10 inopinantes aggrediantur. Tibi praetérea in venando ostendendae virtutis occásio non déerit: nonne et nóbili généré ortus es et córporis víribus praestas?»

20. Ad quae Adrastus: «Meā sponte, inquit, o rex, ad venandum non profectus essem11. Ita enim scéleris mei, etsi imprudens admisi, consciéntiā exágitor, ut12 nondum me dignum putem qui13 cum aequálibus áliquā voluptate fruar. Sed libenter, te jubente, ibo; praesertim cum tibi, tam bene de me promerenti, áliquid praemii14 me redditurum sperem. Scito fílium tuum, quantum erit in me, ab omni perículo tutum fore.»

Notes: 1. Après les adjectifs on trouve ad signifiant «à l’égard de, pour ce qui concerne». – 2. La proposition infinitive ne dépend plus de confiteri, mais seulement de l’idée de «dire» contenue dans ce verbe, G.C. 281, 1°. – 3. Subjonctif du style indirect. – 4. Latinisme: «je n’ai rien que je» pour «je n’ai rien à». – 5. Comme hujus modi en deux mots. – 6. Licet ut omittas, G.C. 276. – 7. Facere potestatem comme dare potestatem. – 8. Comme in tectum, ablatif de moyen. – 9. L’ablatif signifie ici: d’après, conformément à. – 10. Neve se dit régulièrement pour et ne. – 11. Le subjonctif, dans une proposition principale, doit toujours être traduit; ici, par un conditionnel, G. 56, 216. – 12. Ita…​ ut, au point que. – 13. «Digne de» se rend par dignus qui, G.C. 125. – 14. Ce génitif se traduit commodément par «en fait de», G.C. 154.

(IVe PARTIE: La fatalité s’accomplit.)

21. Atys, paucis post1 diebus, cum custode et sóciis in Mýsiam profectus est. Servi rétia gestabant; canes et álius2 venationis apparatus sequebatur. Cum in montem Olympum advenissent, canum usi sagacitate, aprum illum, de quo famā3 audíerant, brevi témpore4, orto vix sole, invenerunt. Celériter circumfusi béluam adorti sunt.

22. Máxime conspícuus erat Adrastus, qui fortitúdinis ostendendae cúpidus, plúrima jácula in béluam emittebat. Atys ipse, qui5 omnem ignáviae suspicionem a se removere vellet, audácius étiam et própius aprum urgere.

23. Sed inter pugnae tumultum calamitose áccidit, ut jáculum, cúspide férrea praefixum, quod Adrastus emíserat, regis fílium trajíceret. Stupor statim omnes silentiumque defixit. Brevi póstea tanta desperátio ánimos occupavit, ut, intermissā venatione, aprum ipsum omítterent.

24. Quanti tum gémitus facti sint6, fácile est existimare. Sed Adrasti luctum quis ánimo fíngere potest? Quem mórtuo amico7 superincumbentem circumstantes sócii ne attóllere quidem, nedum consolari, póterant. Ex iis tamen qui áderant, unus ad Croesum missus est, qui calamitatem nuntiaret8.

Notes: 1. Post, adverbe avec ablatif de différence, G.C. 200, note, et 137. – 2. Pour l’accord du verbe, G. 107. – 3. Ablatif de moyen. – 4. Ablatif du temps employé (G. 199); on pourrait dire aussi post breve tempus. – 5. Qui pour quia is, d’où le subjonctif (G.C. 329); urgere, infinitif de narration, à traduire comme un imparfait, G.C. 222. – 6. Subjonctif de l’interrogation indirecte, G. 254. – 7. Au datif, comme in mortuo amico, G.C. 170. – 8. Qui pour ut is, avec le subjonctif, G.C. 329.

THÈME D’IMITATION, 19, §§ 21-24.

§ 21. Le gardien et ses (de lui) compagnons partirent (profecti sunt) avec des chiens et des engins (un appareil) de chasse. – Les chiens trouvèrent (invenerunt) des sangliers sur le mont Olympe. – La renommée de ce sanglier était arrivée (advenerat) rapidement et en peu de temps sur ces montagnes. – Les chiens ont du flair (du flair est aux chiens).

§ 22. Ta lâcheté est très remarquable. – Adraste écartait de lui les soupçons par son courage. – Il serre de près (presse) les sangliers trop audacieusement (G. 130). – Il désire (est désireux de) écarter de lui le soupçon. – Il lance des javelots nombreux, plus nombreux sur les sangliers.

§ 23. L’esprit du roi fut saisi (occupatus est) par la stupeur et le désespoir. – La pointe de fer du javelot traversa (transfixit) le sanglier. – Ils interrompaient la chasse. – Le désordre était si grand!

§ 24. Ceux qui étaient couchés sur [leurs] amis morts ne se relevaient même pas. – Il annonce des malheurs aux amis qui l’entourent. – Il envoie un de ses compagnons pour annoncer (G. 240) le malheur.

25. Quā auditā1 calamitate, rex máximo dolore commotus est, non solum propter fílii mortem, sed quod aegre ferebat hóminem a se ómnibus benefíciis ornatum necis causam fuisse. A Jove hospitali2 étiam precabatur, ut tam atrocem injúriam ulcisceretur: cui enim vitam fílii commísisset, eum3 non custodem, sed interfectorem fuisse.

26. Intérea Lýdii júvenes redierunt, Atyn4 mórtuum lecticā ferentes. Adrastus, demisso cápite, eos sequebatur. Cum in conspectu regis ventum esset5, manus protendens Adrastus se amici mànibus inférias immolari jubebat.

27. Tanto luctu conflictari videbatur, ut Croesus, misericórdiā commotus, omnem iram depóneret6. «Nullas, inquit, a te poenas éxigam. Non enim a te hujus calamitatis rátio reposcenda, sed a fortunā, vel pótius a me, qui admónitus a diis non obtemperavi.»

28. Póstea exséquiae peractae sunt magno ómnium ex urbe et ex agris concursu7. Omnes flebant, sed praesertim insignis erat Adrasti dolor. Postquam omnes, qui fúneri interfúerant, domum se recéperant, Adrastus quem post duas8 illas horrendas calamitates vitae taedebat9, se ipse ante sepulcrum jugulavit.

Notes: 1. On voit ici que audire a fort régulièrement le sens de «entendre dire», d’apprendre. – 2. Precari se construit comme le verbe petere (ab aliquo), demander à quelqu’un. Jupiter était le dieu protecteur des lois de l’hospitalité. – 3. L’antécédent vient ici après le relatif (G.C. 145) en tête de la proposition suivante. – 4. On trouve en latin des accusatifs grecs en a ou en n, G.C. 26. – 5. Passif impersonnel (le participe est alors au neutre). – Inferias, attribut. – 6. Deponeret pour la concordance des temps, comme deposuerit; traduire comme deposuit. – 7. Ablatif de circonstance, G. 186. – 8. Le meurtre de son frère et celui d’Atys. – 9. G. 159.

20. – Histoire du berger Gygès.

1. Gyges erat régius pastor. Cum terra discessisset magnis quibusdam ímbribus1, in illum hiatum descendit. aenĕum equum (ut ferunt fábulae) animadvertit, cujus in latéribus fores erant. Quibus apertis2 mórtui vidit corpus magnitúdine inusitatā anulumque áureum in dígito; quem detraxit et ipse índuit. Tum in concílium pastorum3 se recepit.

2. Ibi cum4 pālam ejus ánuli ad palmam convérterat, a nullo videbatur, ipse autem ómnia videbat. Idem rursus videbatur, cum in luce5 ánulum invérterat. Ităque hac opportunitate6 ánuli usus regem, dóminum suum, interemit, sústulit quos7 sibi obstare arbitrabatur; nec in his quisquam facinóribus eum pótuit videre. Sic repente ánuli benefício rex exortus est Lýdiae.

3. Hunc ipsum ánulum si hábeat sapiens, nihil plus sibi licere putaret peccare, quam si non haberet. Honesta8 enim a bonis viris, non occulta quaeruntur. (d’après Cicéron)

Notes: 1. Ablatif de cause. – 2. Ablatif absolu avec le relatif de liaison, G. 144, 229. – 3. Platon explique que cette réunion avait pour but de discuter les rapports à faire au roi sur l’état des troupeaux royaux. – 4. Cum marque ici répétition, de là l’indicatif, G.C. 315. – 5. Ce détail est ajouté parce que l’anneau ne le rend pas visible dans l’obscurité. – 6. Opportunitas, qualité avantageuse, propriété. – 7. (Eos) quos. – 8. Neutre pluriel, G. 46.

21. – Les animaux de la forêt Hercynienne.

1. In Hercýnia silva multa génera ferarum nasci constat, quae in réliquis locis visa non sint1. Est bos cervi figurā2, cujus a3 média fronte inter aures unum cornu éxstitit. Ab ejus summo, sicut palmae, rami diffunduntur.

2. Sunt item animália quae appellantur alces. Harum figura et varietas péllium est consímilis cápreis, sed magnitúdine paulo antecedunt. Mútila córnua et crura sine nodis articulisque habent. Non procumbunt quietis causā neque se erígere possunt, si quo4 afflictae casu conciderunt. His sunt árbores pro cubílibus: ad eas se ápplicant atque ita quietem cápiunt.

3. Cum a venatóribus animadversum est, quo5 se recípere consúerint6, omnes eo loco árbores aut ab7 radícibus súbruunt aut accīdunt. Huc cum se alces reclinaverunt, infirmas árbores póndere suo affligunt atque una ipsae cóncidunt.

4. Tértium genus est eorum qui uri appellantur. Hi sunt magnitúdine8 paulo infra elephantos; spécie et colore et figurā tauri. Magna vis est eorum et magna velócitas: neque hómini neque ferae, quam conspéxerint, parcunt.

5. Hos fóveis captos interfíciunt. Sed assuéscere ad hómines et mansuefíeri ne párvuli quidem excepti possunt. Amplitudo córnuum et figura et spécies multum a nostrorum boum córnibus differt9. Haec studiose conquisita ab labris argento circumcludunt atque in amplíssimis épulis pro póculis utuntur. (d’après César)

Notes: 1. Le subjonctif est dû à l’attraction modale (proposition dépendant d’une infinitive), mais il souligne aussi le sens consécutif de la relative (G.C. 329). – 2. G. 114. – 3. Ab, en partant de; de même pour ab ejus summo et plus loin (§ 5): ab labris. Au lieu de ab ejus summo le bon usage demanderait ab eo summo. – 4. Aliquo, G.C. 151. – 5. Quo, adverbe. – 6. Pour consueverint. – 7. Ab du côté de, par (la racine). – 8. Magnitudine, ablatif de point de rue (G.C. 189); specie, G. 114; tauri au génitif. – 9. G. 107.

22. – La mort de Néron.

1. Nero1, nudo pede atque tunicatus, paenulam obsoleti coloris superínduit, adopertoque cápite equum inscendit, quáttuor solis comitántibus. Statim aúdiit e próximis castris clamorem mílitum. Aúdiit quoque ex óbviis viatóribus quemdam dicentem: «Hi Neronem persequúntur.»

2. Ut ad devertículum ventum est2, quod ad villam ducebat, dimissis equis, inter fruticeta ac vepres per harundinéti sémitam aegre3 ac saepe strata sub pédibus veste ad aversum4 villae paríetem pervenit. Ibi Phaon hortatus est, ut, dum clandestinus intróitus pararetur, in specum egestae arenae5 concéderet. Sed Nero negavit se vivum sub terra iturum.

3. Déinde quádrupes6 per angústias effossae cavernae receptus est in cellam. Ibi decúbuit super lectum módicā cúlcitā vétere pállio stratā instructum. Panem sórdidum oblatum7 aspernatus est; aquae tépidae aliquántulum bibit.

4. Tunc, comítibus ejus instántibus8 ut morte se impendéntibus contuméliis eriperet, scrobem fíeri, aquam et ligna conferri ad curandum cadaver jussit. Flebat atque idéntidem dictitabat: «Qualis ártifex péreo!»

5. Perlatos a cursore codicillos accepit legitque se hostem a senatu judicatum esse et quaeri ut puniretur more majorum. Interrogavit quale id genus esset poenae. Cum comperisset cervicem inseri furcae9, corpus virgis ad10 necem caedi, contérritus est.

6. Duos pugiones, quos secum extúlerat, arrípuit tentataque utriusque ácie, rursus in vaginas11 cóndidit, causatus nondum adesse fatalem horam. Modo12 cómites hortabatur ut lamentari ac plángere incíperent, modo orabat ut se áliquis ad moriendum exemplo juvaret. Interdum segnítiem suam his verbis increpabat: «Vivo túrpiter !»

7. Jamque équites appropinquabant, quibus praeceptum erat ut vivum eum addúcerent. Quod13 ut sensit, ferrum in júgulum adegit. Semiánimis adhuc irrumpenti centurioni et, paenulā ad vulnus appósitā14, in auxílium se venisse simulanti non áliud dixit quam: «Sero15!» Atque in eā voce defecit, exstántibus rigentibusque óculis usque ad horrorem formidinemque viséntium16. (d’après Suétone.)

Notes: 1. L’empereur romain Néron vient d’apprendre coup sur coup que le peuple et le Sénat sont en révolte contre lui, que ses gardes ont déserté leur poste et qu’il ne peut plus sortir de Rome qu’en se cachant. Un de ses affranchis, Phaon, lui offre un refuge secret dans une ferme à quatre milles de la ville. – 2. Passif impersonnel, G. 70, 1°; 147. – 3. Un adverbe est ici coordonné avec un ablatif absolu, parce que tous deux sont équivalents à des compléments circonstantiels. – 4. G. 117. Aversus, situé par derrière, donc du côté opposé à l’entrée. – 5. Un trou de sable tiré, donc: une carrière de sable. – 6. Attribut. – 7. Ce participe équivaut à une relative: qui ei oblatus erat. – 8. Ablatif absolu. – 9. Cette sorte de fourche, placée autour du cou, servait à porter des fardeaux, mais on s’en servait aussi comme d’instrument de supplice. – 10. (Usque) ad. – 11. Le pluriel parce que l’on parle de deux poignards. – 12. Modo…​ modo, «tantôt…​ tantôt». – 13. Ut sensit id. – 14. Ablatif absolu. – 15. Sero signifie souvent «trop tard», aussi bien que serius. – 16. Le latin distingue toujours video de viso.

THÈME D’IMITATION, 22, §§ 4-7.

§ 4. Leur (d’eux) compagnon insistait de temps en temps et pleurait. – La mort l’arracha (eripuit) à l’outrage. – Ils font (faciunt) des trous; ils portent les cadavres; ils les soignent avec de l’eau et du bois (des bois).

§ 5. Il interroge le courrier par lequel le billet a été apporté (perlati sunt). – Le sénat juge les ennemis selon la coutume des ancêtres. – Leurs (d’eux) nuques furent mises (insertae sunt) dans des fourches.

§ 6. Il met au fourreau le poignard qu’il avait apporté avec lui. – L’heure fatale est arrivée (adest). – Son (de lui) compagnon le prie de l’aider (qu’il aide, ut juvet), – Celui qui vit dans la lâcheté, vit honteusement. – L’un et l’autre essaient la pointe des poignards.

§ 7. Ils amenaient le cavalier vivant et les centurions à demi morts (à demi vivants). – Les yeux du cavalier étaient fixes. – Ils appliquent leurs manteaux sur leurs blessures. – Le fer restait (manebat) dans la gorge. – Ils ne disaient pas autre chose aux cavaliers qui entraient.

23. – Les deux centurions de César.

1. Erant in eā legione duo fortíssimi viri, centuriones, Púlfio et Varenus. Hi perpétuas inter se controvérsias habebant, uter1 virtute praestaret. Cum acérrime ante munitiones nostri pugnarent, Púlfio: «Quid dúbitas, inquit, Varene? Quam occasionem probandae tuae virtutis2 exspectas? Hic dies de nostris controvérsiis judicabit.»

2. Haec cum dixisset, procedit extra munitiones et in eam partem hóstium irrumpit, quae confertíssima visa est. Varenus quoque, véritus ómnium existimationem, subséquitur.

3. Púlfio pilum in hostes mittit atque unum ex eis procurrentem trájicit. Hunc percussum et exanimatum scutis prótegunt hostes; in Pulfionem tela universi conjíciunt neque dant regrediendi facultatem. Transfígitur ejus scutum et verutum in bálteo defigitur.

4. Avertit hic casus vaginam et gládium edúcere conanti3 dextram moratur manum. Impeditum4 hostes circumsistunt. Succurrit inimicus illi Varenus et laboranti5 súbvenit. Ad hunc se confestim omnis multitudo hóstium convertit.

5. Varenus, uno interfecto, réliquos paulum propellit. Dum cupídius6 instat, cóncidit. Huic rursus circumvento fert subsídium Púlfio atque ambo incólumes, complúribus hóstibus interfectis, summā cum laude sese intra munitiones recípiunt. Ita tum quoque non judicari pótuit uter utri virtute anteferendus videretur. (d’après César)

Notes: 1. L’interrogation indirecte est amenée par l’idée de «discussions (controversias) pour savoir lequel des deux, etc.». – 2. Ces mots doivent s’expliquer comme s’il y avait quam occasionem exspectas probandi tuam virtutem. – 3. (Ei) conanti, G.C. 139. – 4. (Eum) impeditum. – 5. (Ei) laboranti. – 6. G. 130.

24. – Ce qui n’est pas honorable n’est pas utile.

1. Athenienses, cum Persarum ímpetum nullo modo possent sustinere, statuerunt ut, urbe relicta, conjúgibus et líberis Troezene depósitis, naves conscénderent libertatemque Graeciae classe defénderent. Cyrsilum quemdam, suadentem ut in urbe manerent Xerxemque in moenia recíperent, lapídibus obruerunt. Atqui ille utilitatem sequi videbatur; sed ea nulla erat, répugnante honestate.

2. Themistocles, post victóriam ejus belli, quod cum Persis fuit, dixit in contione «se habere consílium reipúblicae salutare, sed id sciri opus non esse». Postulavit ut áliquem sibi pópulus daret, quicum1 id communicaret. Datus est Aristides.

3. Huic ille dixit classem Lacedaemoniorum clam incendi posse; quo facto2 frangi Lacedaemoniorum opes necesse esse. Quod3 Aristides cum audisset, in contionem magnā ómnium exspectatione4 venit. Dixit perútile esse consílium, quod Themístocles afferret, sed mínime honestum. Ităque Athenienses, quod honestum non esset, id ne útile quidem5 putaverunt; totamque eam rem, quam ne audíerant quidem, auctore Aristide, repudiaverunt. (d’après Cicéron)

Notes: 1. Quicum pour quocum (cum quo, G. 96, 2°). – 2. Ablatif absolu. – 3. Relatif de liaison (G. 144): et cum Aristides audisset id. – 4. Ablatif de circonstance: au milieu de, etc. – 5. Ne…​ quidem ne signifie pas seulement «pas même», mais aussi «pas non plus».

TROISIÈME PARTIE: EXTRAITS DE L’EPITOME HISTORIAE GRAECAE

I. – La Grèce et ses habitants.

La Grèce est un pays très pittoresque et très varié, mais peu fertile et surtout montagneux. Ces caractères ont influencé la race et son histoire.

SOMMAIRE. – 1. Montagnes et plaines. – 2. Fleuves et forêts. – 3. Produits du sol. – 4. Moeurs des habitants. – 5. Aptitudes intellectuelles. – 6. Rôle historique de la Grèce.

1. Omnes Graeciae partes inter se dissimíllimae1 sunt: quasdam alti montes, praeruptis rúpibus horrentes et saepe nive operti, complent. Alĭbi patent campi, sed non ita magni et nonnunquam palúdibus corrupti.

2. Amnes multi per Graeciam fluunt; sed quia plerique parvi sunt, aestate2 saepe submittuntur aut exarescunt. Silvae várias árbores habent, pinus, quercus, fagos; in multis locis ficus, citri, palmae etiam vitesque satis próspere provéniunt.

3. In summā3 tamen parum fértilis erat antiqua Graecia, quanquam fruges a Cérere ipsā incolis datae esse credebantur, sicut a Baccho vitis, a Minervā ólea, a Neptuno equus. Paulum argenti4 quidem et auri e terra effodiebatur; sed Graeci neque cibis5 neque divítiis abundabant.

4. Dura ígitur et parum fructuosa erat agricolarum vita. Ităque, relicto aratro6 multi boves, capras, oves, sues pascebant. Lacte et cáseo et melle plerumque vescebantur. Pastóribus saepe óvium pelles pro vestimentis erant. Sed ii, qui in ora7 maris habitabant, naves conscendebant nautaeque fiebant. Nam haud procul a lítore erant multae insulae, quarum conspectus eos navigandi cúpidos fecerat.

5. Ităque Graeci, agricolarum aut pastorum aut nautarum vitam agentes, non solum corpóribus sanis et válidis8 erant, sed ánimis quoque robur accedebat. Vivebant autem sub splendidíssimo caelo; in prospectu erant amoeni colles, mare caerúleum; ómnia loca venustatis majestatisque plena videbantur9; pulchérrimas res semper ante óculos habebant. Non mirari debemus, cum apud eos artes semper videmus floruisse.

6. Graecia, a qua artes et lítteras hereditate tráditas accépimus10, mérito ceterarum géntium magistra vocari potest. Bene de génere humano méruit.

Notes: 1. G. 30, 2. – 2. G. 199. – 3. Summa est ici un nom, signifiant «somme, ensemble». – 4. G. 91, troisième cas. – 5. G. 175. – 6. Ablatif absolu, G. 229. – 7. Distinguer ora, orae, f. de os, oris, n. – 8. G. 114. Le pluriel en latin parce qu’on parle de plusieurs personnes. – 9. Videri, «sembler»; ce verbe est rarement pris au sens d’un passif de videre. – 10. Accipere ab aliquo, recevoir de quelqu’un.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4.

§ 1. Les plaines et les montagnes sont très différentes. – Les marécages remplissaient et gâtaient une partie des plaines. – Les montagnes sont plus élevées, les plaines sont plus vastes (grandes, G. 31).

§ 2. Nous avons dans nos (G. 40) forêts des figuiers et des citronniers. – Vous aurez facilement des vignes dans cet endroit.

§ 3. Ils croient que (G. 264) Cérès a donné à la Grèce les céréales. – Neptune a donné aux Grecs les chevaux. – Vous abondez en or et en argent. – Tu crois que (G. 264) la Grèce n’est pas très fertile. – Donne-nous un peu d’or.

§ 4. Nous sommes très désireux d’abandonner (G. 235) la charrue afin de (afin que, ut, +subjonctif) nous embarquer. – Les porcs se nourrissent la plupart du temps de lait et de glands (glans, glandis, f.). – La peau des brebis n’est pas très dure. – Ayant quitté ses brebis et ses chèvres (G. 229), il devint laboureur. – Les chèvres ont (G. 173) leurs (G. 40) peaux pour vêtements.

II. – La religion grecque.

Un dieu grec: Jupiter.

La mythologie, c’est-à-dire l’ensemble des traditions religieuses des Grecs, était extrêmement abondante et variée. Certaines légendes se rapportaient à l’origine du monde, d’autres à chaque divinité particulière. Nous donnons comme exemple un résumé de ce qui concerne Jupiter, le principal dieu grec.

SOMMAIRE. – 1. Les principaux dieux grecs. – 2. Naissance de Jupiter. – 3. Jeunesse de Jupiter. – 4. La lutte contre les Titans. – 5. Saturne détrôné. – 6. Le mariage avec Junon. – 7. Jupiter dans le monde physique. – 8. Ses attributions morales. – 9. Le culte de Jupiter. – 10. Le Jupiter de Phidias.

1. Graeci plúrimos1 deos venerabantur. Quaecumque2 enim in rerum naturā vim áliquam habent, homínibus3 aut útilem aut perniciosam, in número núminum ponebantur. Inter omnes autem deos duódecim eminebant: Júpiter, Juno, Apollo, Neptunus, Mars, Vulcanus, Mercúrius, Minerva, Venus, Vesta, Ceres, Diana. Hi magni di vocabantur. Sed Júpiter céteris poténtior habebatur4 et deorum hominumque pater dicebatur. Hujus oríginem et res gestas et cultum nunc explicaturi5 sumus.

2. Deorum antiquíssimus, si poetarum fábulis crédimus, Caelum fuit. Ei successit fílius ejus Saturnus, qui líberos suos, ubi primum6 lucem adspéxerant, vorare consuéverat. Unus tamen e fíliis, cui nomen erat Júpiter, hanc infandam crudelitatem effugit, non quod7 pater ei pepércerit, sed quod mater ejus Cýbele infantem clam in ínsulam Cretam tránstulit Corybantibusque educandum trádidit8.

3. Ibi caprae Amaltheae lacte nutritus est. Vicinorum quoque móntium apes ei mel in os deferebant. Quas9 ut pro benefício10 remuneraretur, póstea aúreo colore tinxisse dícitur. Corybantes autem, ne Saturnus pater infantem in cunis vagientem audiret dolusque matris sic proderetur, cállide providerunt. Etĕnim circum eum locum, ubi11 Júpiter jacebat, pármulis aeneis instructi, quasi ludentes inter se magno strépitu concurrebant.

4. Cum jam adulescens erat12 Júpiter, Titanes adversus Saturnum arma moverunt. Omnes Telluris fílii erant; omnes magnitúdine córporis et víribus insignes. Montes ígitur coeperunt in montes impónere, ut ad caelum véluti scalis ascénderent, Saturnumque ex Olympo, id est13 e deorum sede, detrúderent. Eorum quidam, quibus centum erant brácchia, centum simul saxa, vel fractas pótius rupes, conjiciebat. Sed Júpiter auxílio patri14 profectus, omnes fulmínibus suis e summo caelo, quo15 jam pervénerant, in ima16 Tartara praecipitavit; ibi catenis vinctos17 mons superincumbens ópprimit.

Notes: 1. G. 31. – 2. Quelles que soient les choses qui, donc: tout ce qui; quaecumque pourrait être remplacé par omnia quae. – 3. La place de ce mot devant le premier aut indique qu’il est complément des deux adjectifs. – 4. Habere, «regarder comme». – 5. Explicare, proprement «déployer», d’où «exposer raconter». – 6. Primum, adverbe; joint aux conjonctions cum, ut, ubi, il en modifie le sens. – 7. Non quod, sed quod: non pas, (parce) que, mais parce que; toujours le subjonctif au premier terme. – 8. G.C. 243. – 9. Relatif de liaison, pour eas autem G. 144. – 10. Entendez pro earum beneficio; pro, en retour de. – 11. L’adverbe de lieu remplace souvent le relatif accompagné d’une préposition: ubi pour in quo. – 12. Cum marque une simple simultanéité, de là l’indicatif (G.C. 318). – 13. Id est, c’est-à-dire. – 14. Double datif. G. 174 – 15. Adverbe de lieu équivalent de ad quod. – 16. G. 117. – 17. Ne pas confondre vinctos et victos.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4.

§ 1. Honore les plus puissantes des divinités. – Les Grecs placent au nombre des dieux Apollon, Mars, Vénus et Cérès. – Nous regardons Jupiter comme (G. 101, rem. II) plus puissant que (G. 127) les hommes et tous les autres dieux.

§ 2. Les fils succéderont à leurs pères. – Est-ce que (G. 92, 1°) tu as coutume de dévorer tout ce (toutes les choses, G. 46) que tu as aperçu? – Ce père n’épargnait pas son fils. – Donnez aux Corybantes ce petit enfant à élever (devant être élevé).

§ 3. Nous serons nourris du lait des chèvres et du miel des abeilles. – Tu seras muni d’un bouclier d’or. – Les petits enfants jouaient avec grand bruit.

§ 4. Les jeunes gens voulaient monter sur (in, +accusatif) le sommet de la montagne (G. 117). – Si nous avions (subjonctif) cent bras, nous serions remarquables au point de vue (=par) des forces du corps. – Les rochers eux-mêmes sont brisés par la foudre. – O Jupiter, attache avec une chaîne (G. 186-187) les fils de la Terre.

5. Sed cum Saturnus grátiam pro tanto benefício débitam fílio non rettulisset1, Júpiter eum éxpulit e caelo regnoque exutum in Itáliā regnare jussit. Saturno autem ibi regnante2, illa éxstitit aúrea aetas, saepíssime a poetis celebrata, qua hómines et meliores et feliciores, quam nunc sunt, fuisse putabantur. Terra enim ipsa per se3, nullis aratris culta, ómnia bona ubérrime effundebat.

6. Júpiter Junonem uxorem duxit4, ex quā nati sunt Mars et Vulcanus. Sed álii quoque dii deaeque et heroes Jovis fílii dicuntur. Ex quibus satis sit Apóllinem, Dianam, Herculemque commemoravisse. Juno autem, Jovis uxor, supérbiae singularis erat. Ităque saepe inter cónjuges illos júrgia exsistebant. Quae5 ut vitaret, ille sedem mutabat et saepe in terris inter hómines versabatur. Quin étiam interdum variorum animálium, ut áquilae, vel tauri, vel cycni figuram6 induebat.

7. Mundi autem impérium Júpiter duoque ejus fratres inter se diviserant. Neptuno mare et aquae obtígerant. Pluto inferorum rex factus erat. Caelum ipse Júpiter obtínuit, ubi nubes contráhere, fúlmina contorquere, imbres fúndere, ut libebat, póterat. Si antiquis poetis crédimus, Cyclopes in Sicíliā, sub monte aetnā, illa ígnea et formidanda jácula, quae fúlmina nominamus, diem noctemque7 incudem tundentes, fabricantur. Ideo aeternis ígnibus ardent illius víscera montis, fumusque semper e vértice effúnditur.

8. Júpiter e summo8 Olympo orbem terrarum sapienter regit: impéria domosque tutatur; homínibus malis iráscitur, qui súpplices vel ádvenas vel hóspites vexare audent; exsules tecto9 benigne recípere jubet. Homínibus innocéntibus favet; bonos piosque munéribus cumulare solet. A sceleratis autem non solum méritas poenas éxigit, sed eorum progéniem etiam ignomíniā et calamitate áfficit.

9. Illi deo sacra erat quercus. Ideo fama fuit10 apud Graecos in Dodonaeā silvā quamdam esse quercum, quae sive columbarum in ramis sedéntium gémitu, sive venti per frondem flantis sónitu, sive fontis haud procul ab imā árbore fluentis strépitu orácula fúnderet.

10. Religiosíssimum Jovis templum prope urbem Olýmpiam erat. In hoc fano Graeci omnes Jovis simulacrum, ex auro et ébore11 a Phídia factum, venerabantur. Adĕo pulchra erat illa dei effígies, ut hómines non simulacrum, non artíficis cujusdam exímium opus, sed deum ipsum, in sella regali sedentem adspícere créderent12: tanta erat in vultu grávitas et in omni córporis hábitu majestas. Huic autem deo capris, tauris, vaccis sacrifícia fiebant.

Notes: 1. En général, dans les subordonnées, il faut traduire le temps du subjonctif latin par le temps correspondant de l’indicatif français. – 2. Ablatif absolu, G. 229; qua, ablatif de temps: (époque) où, G. 199. – 3. Elle-même par elle-même, c’est-à-dire toute seule sans secours étranger. – 4. Uxorem ducere, emmener (chez soi) comme épouse, donc: épouser. – 5. Relatif de liaison, pour sed ut ea vitaret. – 6. Voir au lexique. – 7. L’accusatif peut marquer la durée, G. 198. – 8. G. 117. – 9. Tecto, ablatif de moyen; même sens que in tectum (= in domum). – 10. Fama est, la renommée est, c’est-à-dire, on raconte (avec proposition infinitive). – 11. G. 115. – 12. Subjonctif dans une subordonnée: à traduire par le temps correspondant de l’indicatif.

III. – Les légendes mythologiques.

Un héros grec: Thésée.

Les demi-dieux et les héros sont extrêmement nombreux dans la mythologie. Les Grecs appelaient héros tous les personnages de leurs récits légendaires, qu’ils fussent ou non d’origine divine, que leur vie eût été exemplaire ou coupable. L’histoire de ces héros est fort curieuse, mais fort difficile à démêler, parce qu’elle change avec les pays ou les époques. Les plus illustres étaient Hercule, Persée, Jason et Thésée. Nous donnons comme exemple un résumé des aventures de ce dernier.

SOMMAIRE. – 1. Origine de Thésée. – 2. Son enfance à Trézène. – 3. Premiers exploits. – 4. Victoires sur Sinis et Procuste. – 5. Le taureau de Marathon. – 6. Le Minotaure. – 7. Thésée vainqueur du Minotaure. – 8. La mort d’Égée. – 9. Le navire de Thésée. – 10. Les Amazones. – 11. Pirithoüs. – 12. Les centaures. – 13. Voyage aux enfers. – 14. Histoire d’Hippolyte. – 15. Exil et mort de Thésée. – 16. Cimon découvre son tombeau.

1. Théseus eādem aetate vixisse credebatur, quā1 Hércules quocum2 áliquā etiam cognatione conjunctus fuit. aegĕi, Atheniénsium regis, fílius erat; sed quia pulchritúdine córporis viribusque supra modum humanae naturae excellebat, a multis Neptuni fílius esse dicebatur.

2. Apud avum Píttheum Troezene3, in Argólidis urbe, educabatur, sextumque annum vixdum agebat, cum Hércules domum4 regis illius devertit. Tunc púeri fortitudo primum eluxit: Hércules enim leonis Nemeaei pellem, quā in itínere caput humerosque tegebat, in vestíbulo aedium deposúerat; Théseus, in hunc locum ingressus, se vivo leoni occúrrere putavit, statimque, arreptā securi, in béluam invasit.

3. Simul atque e púeris5 excessit corroboratisque víribus júvenis factus est, ad pátriam patremque invisendum profectus est. In itínere autem, suis víribus utíliter usus, cum nonnullis latrónibus manum conséruit. Gigantem quemdam occídit, qui praetereúntibus ictu clavae caput elídere solebat. Scyronem pari supplício affecit, qui viatores in mare praecipitabat.

4. Sinis eodem modo scélerum suorum poenas dedit. Is enim, qui esset6 máximis víribus, binas ad terram curvabat pinus, quibus ex utrāque córporis parte hóminum artus alligabat. Arbóribus déinde súbito remissis, miserorum illorum membra, foede distracta, in sublime dispergebantur. Procrusten7 quoque de médio sústulit8. Crudelis ille vir hóspites suos, quasi benigne accíperet, in lecto suo dormire jubebat. Sed mox jacentes somnoque oppressos invadebat et eos, qui minores erant, ad modum lecti vi extendebat, aut, si majores, partem pedum, quae excedebat, resecabat.

Notes: 1. C’est par le relatif que se traduit le «que» français dans l’expression «de même que». G.C. 132. – 2. Pour cum quo, G. 96. – 3. G. 193 et G.C. 196. – 4. G. 193. – 5. Latinisme pour e pueritia. – 6. Le subjonctif est dû au sens causal, qui esset équivaut à quoniam erat (G.C. 329). – 7. Accusatif de forme grecque (G.C. 26). – 8. De medio tollere, proprement «ôter du milieu», d’où faire disparaître, tuer.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4.

§ 1. Thésée et Hercule étaient de la même époque. – Égée fut roi des Athéniens. – La nature humaine n’excelle pas au point de vue (par) des forces du corps. – Nous croyons qu’il y a entre (G. 95) nous quelque parenté.

§ 2. Nous avions été élevés en Argolide. – Il ira loger dans la ville de Trézène. – Ils avaient couvert leurs têtes. – Lorsque je serai dans ma vingtième (G. 36) année, j’attaquerai un lion dont la peau couvrira mes épaules. – Dépose la hache (G. 19, note) que tu as saisie dans le vestibule.

§ 3. Les enfants affermissaient leurs forces en combattant contre (avec) des jeunes gens. – Un coup de massue peut écraser une tête. – Il a précipité dans la mer un voyageur qui passait.

§ 4. Courbez ces pins. – Attachez un pied des deux côtés. – S’il est (s’il sera) accablé par le sommeil, tu lui ordonneras de dormir sous (sub, +ablatif) un pin.

5. In pátriam redux, ad debellanda monstra, quae tunc plúrima nascebantur, ánimum intendit. Taurum portentosa magnitúdine terríbilem, qui Marathónium agrum foede populabatur, clavā percussit, quam giganti obtruncato eripúerat, vinctumque Athenas adduxit, ut ante Apóllinis aram immolaret1. Sed inter omnes ejus res praeclare2 gestas fácile príncipem locum óbtinet illustris illa victória, quam occidendo Minotauro3 consecutus est.

6. Minos enim devictis quondam Atheniénsibus imperáverat, ut quotannis certum adulescéntium númerum, septenos4 míseros júvenes septenasque puellas, sibi mítterent, quos Minotauro vorandos tráderet5. Minotaurus autem ille horrendum monstrum erat, quod in Labyrintho inclusum humanā carne vescebatur. In córpore humano taurinum6 caput gerebat. Labyrinthus ei a Daedalo aedificatus erat et tam váriis viarum fléxibus implicatus, ut eorum, qui semel in illum locum processissent7, nemo unquam se explicare atque evádere posset.

7. Théseus Minotauri occidendi liberandaeque ab infando tributo pátriae cupiditate tenebatur. Ităque cum tértium8 profecturi essent in Cretam monstro devoti júvenes, Théseus se sine sorte voluntárium cómitem fore profitetur. Ubi ad Cretam appulsa est navis, in Labyrinthum intrépidus intrat; frustra mugientem Minotaurum frustraque repugnantem aggressus obtruncat. Nec tamen viarum erróribus deceptus intériit: ab Ariadna enim, Minois regis fília, cujus benevoléntiam sibi conciliáverat, glomus fili accéperat9. Cujus fili auxílio, quod a limine religáverat et paulatim progrédiens evólverat, fácile rédiens cum sóciis éxitum invenire pótuit.

8. Navem, quā in Cretam vectus erat, nigris instrúxerat velis. aegĕo autem patri promíserat se cándidis10 usurum, si victor rediret. Sed victóriae laetítiā elatus, vela rédiens mutare neglexit. Unde factum est ut11 pater, visā e longinquo Thései nave, quae velis lugubri colore tinctis luctum ostentabat, et desperatā fílii salute, maerore amens de celsā rupe in mare se dedit praecipitem12. Ut vero míseri patris memória oblivione non deleretur, mare illud, in quo períerat, aegaeum a Graecis dictum est.

9. Navis, quā Théseus victor redíerat, ab ejus cívibus diligentíssime servata est. Pretiosum enim victóriae, quae máximam reipúblicae felicitatem attúlerat, monumentum fore videbatur. Singulari ígitur cura, si quid vetustate detérius in eā factum erat, sédulo reficiebant. Etsi ita paulatim omnes partes mutatae erant, eadem tamen semper habebatur13. Ea navis in ínsulam Delum dona vehebat, quae quotannis ab Atheniénsibus Apóllini mittebantur.

10. Théseus, Atheniénsium rex factus, justíssimas leges sanxit. Déinde, hortante Hércule, ad confligendum cum Amazónibus in Orientem profectus est. Bellicosíssima illa gens, quae ex féminis tantum constabat, primo quidem devicta est. Sed póstea Amazones, ad ulciscendam cladem, in Attĭcam irruperunt et cruento certámine repellendae fuerunt.

11. Déinde Piríthous, Lapitharum rex, tam illustris regis cognoscendi cúpidus, hostíliter cum exercitu in Attĭcam14 invasit. Sic fore sperabat, ut15 Théseus cum eo cóngredi cogeretur. Sed cum alter in altérius conspectum venisset, admirátio mútua virtutis viriumque immóbiles detínuit. Ităque postquam paulisper váriā fortunā utrinque pugnatum est, reconciliatā grátiā16, inter se17 amplexati amicítiam junxerunt.

12. Piríthous, Thései auxílio usus, centauros18 devicit, qui in convívio Lápithas male mulcáverant. Piríthous enim Hippodamíam uxorem ducebat vicinosque centauros invitáverat. Sed in médiis núptiis temulenti rixam moverunt et ingentem Lapitharum caedem fecerunt. Centauri illi apud antiquos in monstrorum número habebantur, sed quidam équites eos fuisse putant ádeo exercitatos, ut in equis sedentes unum cum eis corpus effícere viderentur.

Notes: 1. Le complément eum est sous-entendu lorsqu’il est facile à suppléer. – 2. Et non praeclaras, parce qu’il s’agit de modifier le sens du participe gestas; il faut donc un adverbe. – 3. Équivalent de occidendo Minotaurum (G. 234). – 4. Distributif, G. 5 et G.C. 34. – 5. Le subjonctif parce qu’il y a une idée de but (G.C. 329). – 6. L’adjectif au lieu du génitif du nom (G. 115). – 7. Subjonctif par attraction modale (G.C. 341). – 8. Accusatif adverbial; pour la troisième fois (G.C. 33). – 9. Accipere aliquid ab aliquo, recevoir quelque chose de quelqu’un. – 10. Sous-entend, velis. – 11. C’est le passé de fit ut, il arrive que; latinisme à retenir. – 12. Se dare praecipitem, équivalent de se praecipitare. – 13. Sens particulier de habere, regarder comme. – 14. Le latin classique dit invadere in, pour «envahir». – 15. Fore ut, devoir arriver que, périphrase fréquente au lieu de sperabat Theseum coactum iri. – 16. Ablatif absolu: reconciliare gratiam, rétablir les bonnes relations, se réconcilier. – 17. Marque la réciprocité, G.C. 143. – 18. Monstres fabuleux, moitié hommes et moitié chevaux.

THÈME D’IMITATION, §§ 9-12.

§ 9. Conservez, ô citoyens, les vaisseaux avec lesquels nous sommes revenus vainqueurs de (ex, +ablatif) l’île de Délos. – Une partie du cadeau précieux a été changée, cependant il paraît être toujours le même.

§ 10. Hercule exhorta Thésée à (ad, +gérondif ou adjectif verbal, G. 240) combattre en Orient contre (avec) une nation plus belliqueuse. – Pour (ad) venger notre désastre, nous repousserons cette nation qui a envahi l’Attique.

§ 11. J’espère qu’il sera forcé de combattre contre (avec) moi (G. 96, 2°). – L’admiration de ton courage m’a frappé de stupeur (m’a retenu immobile). – Quand on aura combattu, les bonnes relations seront rétablies.

§ 12. Profite de mon aide. – Les noces de Pirithoüs excitèrent une rixe et un massacre se produisit (fut fait), parce que (quod, +indicatif) un Centaure ivre avait maltraité (G. 140) ses voisins. – Les cavaliers et les chevaux, qui semblaient former un seul corps, furent regardés comme (au nombre de) des Centaures.

13. Piríthous Theseusque iter una ad ínferos1 fecerunt, ut Prosérpinam, Plutonis uxorem, vi abdúcerent. Sed hujus consílii eventus eorum optatis parum respondit. Fama est2 Piríthoum a Cérbero voratum esse. Théseus autem vínculis oneratus, sive, ut álii narrant, tantis labóribus fessus, in lápide quodam sedit, neque póstea ullo conatu assúrgere pótuit. In hoc saxo affixus, sine ulla spe abeundi remansisset, nisi Hérculis eodem3 descendentis fortitúdine liberatus esset. Sed ne tunc quidem sese avéllere et erígere pótuit, quin4 partem pellis, quae velut glútine saxo adhaerebat, multo dolore cruciatus amitteret.

14. Fílius Théseo erat, Hippólytus nómine, qui venandi et equitandi stúdio omnino se dedíderat. Huic a novercā5 falsis crimínibus circumvento pater ómnia mala precatus est. Ita etiam stulte crédulus fuit, ut júvenem domo expélleret, Neptunumque ultorem6 invocaret. Eum infelicis voti cómpotem7 fecit deus. Nam cum Hippólytus in lítore maris curru veheretur, jussu Neptuni monstrum ex aquis egressum est, cujus adspectu extérriti equi immoderato cursu aufugerunt. Júvenis, curru everso, per vepres et acuta saxa raptus, mísere périit.

15. Quod ubi rescivit Phaedra, ejus noverca, quae júvenem falso apud patrem accusáverat, crimen a se confictum esse confessa est et póstea se suspendit. Théseus autem, nímiam suam credulitatem detestatus, in exsílium sponte profectus est. Quanquam non desunt scriptores qui contra affirment8 júvenem, aesculápio favente, cui patris dolor miserationem móvisset, a morte revocatum esse. Sed, quidquid id est9, procul a pátriā Théseum mórtuum esse constat.

16. Multo post Athenienses ejus ossa in pátriam redúcere voluerunt. Sed, quo in loco10 jacerent, nemo scire pótuit. Attămen in ínsula Scyro sepulta esse satis constabat. Hoc vero modo inventa esse dicuntur. Cimon, Atheniénsium dux, cum forte in hac ínsula versaretur, áquilam vidit túmulum quemdam rostro assídue percutientem. Quo11 effosso, in arcā lapideā ossa inventa sunt majora quam fert humana natura. Juxta gládius ferreaque láncea jacebant. Cimon ossa Thései esse ratus, ea in Attĭcam réttulit. Templum Athenis aedificatum est magnificentíssimum, cujus12 in pariétibus Thései res gestas et pingendo et fingendo artífices peritíssimi certatim expresserunt.

Notes: 1. Ce mot masculin désigne proprement «ceux d’en bas». Il doit donc être construit comme un nom de personne, G. 197. – 2. Fama est forme une locution verbale qui se construit comme dicunt, «on dit». – 3. Eodem, adverbe de lieu. – 4. Quin, équivalent de ut non, signifie «de telle manière que ne…​ pas» et correspond souvent à «sans que». – 5. Elle s’appelait Phèdre. Notre poète Racine a fait de cette aventure le sujet d’une de ses tragédies. – 6. Attribut, G. 101, note II. – 7. Compos voti, maître de son voeu, se dit de celui dont le voeu est exaucé. – 8. Pour le subjonctif, G.C. 330. – 9. Pour l’indicatif, G.C. 327. – 10. Le relatif et l’interrogatif ont tendance à passer en tête; pour in quo loco. – 11. Relatif de liaison à l’ablatif absolu. – 12. Quand le relatif au génitif dépend d’un complément de circonstance, le français le fait passer après, mais le latin le maintient à sa place: sur les murs duquel, cujus in parietibus.

IV. – Les origines de la civilisation grecque.

Les premiers artistes Orphée.

Les Grecs, peuple éminemment artiste, considéraient leurs premiers poètes et leurs premiers musiciens comme les promoteurs de leur civilisation. De nombreux récits les confirmaient dans cette idée. Le plus célèbre de ces artistes légendaires est Orphée.

SOMMAIRE. – 1. Le talent d’Orphée. – 2. La mort d’Eurydice. – 3. Orphée aux enfers. – 4. Il perd de nouveau Eurydice. – 5. Son chagrin. – 6. Sa mort et sa métamorphose.

1. Multi hómines apud Graecos antiquos propter músicae sciéntiam claríssimi fuerunt longamque sui memóriam reliquerunt. Poetae Orphĕum praesertim carmínibus suis célebrant, qui jucundíssimam vocem lyrae sono jungebat. Narrant eum suavi cantu veloces flúminum cursus1 tardavisse, leones tigridesque et ómnia ferarum généra, crudelitate terribílium, vocis jucunditate mitigavisse. Dícitur etiam árborum ramos in númerum2 movisse rupibusque duríssimis voluptatem attulisse, sive cantando, sive dígitis lyrae nervos pulsando.

2. Accĭdit autem ut Eurýdice, ejus uxor, serpentem in altā herbā latentem calcaret3 et mortífero ejus morsu decéderet. Orphĕus máximum inde dolorem cepit; quem Vergílius, ómnium Romanorum poetarum claríssimus sic commémorat:

Te, dulcis conjux, te solo in lítore secum4,

Te, veniente die, te, decedente canebat.

3. Orphĕus, cui uxor caríssima erat, cum nullum solátium usquam5 invenire posset, eam ab ínferis redúcere decrevit. Ităque per subterráneam speluncam usque ad Stygis ripam penetravit. Ibi cantando rábiem sedavit Cérberi, immaníssimi illius canis, qui vivos ejus loci áditu próhibet. Déinde Plutonis Proserpinaeque aures incredíbili cantus suavitate permulsit eorumque iram précibus placavit. Ei ígitur facultatem secum abducendae Eurýdices concesserunt; jamque, felici hujus audacis facti eventu laetus, uxorem suam ad solis lucem vivorumque sedem per subterráneam illam speluncam reducebat.

4. Sed abducendi facultas eā lege6 data erat, ut sequentem a tergo cónjugem non prius adspíceret, quam ad solis lucem pervenissent. At Orphĕus, sive quia gaúdium immémorem eum praecepti fécerat, sive morae impátiens, óculos ad eam convertit et inconsultā suā temeritate uxorem íterum amisit. Rursus ad Stygem caecā quādam vi retracta est. Simul ac eam rétrahi sensit, manu corrípere7 et retinere frustra conatus, nil nisi cedentes8 infelix árripit auras.

Notes: 1. Le pluriel, parce que fluminum est lui-même au pluriel. – 2. En cadence. In avec l’accusatif peut se traduire ici «dans le sens de, selon, conformément à». – 3. A traduire comme un parfait, G.C. 250. – 4. Secum, avec lui-même, donc «seul». – 5. Usquam, unquam, semi-négatifs, G.C. 150. – 6. Lex, «loi», mais aussi «condition imposée»; ea lege, à cette condition que, sous cette réserve que. – 7. Eam sous-entendu. – 8. Cedentes, qui «cèdent» à la pression, qui ne résistent pas, «insaisissables, impalpables».

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4.

§ 1. Beaucoup d’anciens Grecs célèbrent la musique et la lyre unie aux sons agréables des voix. – Nous raconterons dans notre poème qu’Orphée a apaisé avec le son de sa lyre la cruauté des lions et des tigres. – Les arbres agitaient en cadence leurs (G. 140) rameaux.

§ 2. Elle marcha sur un serpent et mourut de sa morsure. – Orphée rappelait sa douleur en chantant à la chute du jour.

§ 3. Nous ramènerions volontiers (libenter) des (ab, +ablatif) enfers vers la lumière ceux qui nous ont été très chers, si la possibilité de pénétrer jusqu’à la rive du Styx nous était accordée (subjonctif imparfait).

§ 4. Suis par derrière. – Ne tourne pas les yeux vers elle. – Une force invisible entraînait l’épouse d’Orphée parce qu’il avait oublié (été oublieux de) cette condition. – Le malheureux Orphée avait perdu toute joie en perdant l’épouse qu’il ramenait vers la lumière. – La témérité imprudente nous rend (nous fait) impatients de tout retard.

5. Post illam calamitatem, ómnibus gaúdiis amissis, per campos silvasque, acrióribus quam ántea unquam dolóribus cruciatus, solus errabat. Sic ejus luctum Vergílius, tenérrimo ánimo poeta, vérsibus expressit:

Septem illum pérhibent1 totos ex órdine2 menses,

Rupe sub aériā, deserti ad Strýmonis undam,

Flevisse et gélidis haec evolvisse3 sub antris,

Mulcentem tigres et agentem cármine quercus.

6. Tandem mulieres, Bacchi mystéria célébrantes, quia eas contemnebat, amentes irā eum occiderunt et occisum laceraverunt. Ejus cruenta membra in próximi flúminis aquas dejecta sunt. Ovídius poeta totam rerum naturam, mórtuo Orphĕo, misericórdia commotam esse his vérsibus affirmat:

Te maestae vólucres, Orpheu4 te turba ferarum

Te rigidi sílices, tua cármina saepe secutae

Fleverunt silvae.

Apollo autem, cui deo musicorum et poetarum tutela commissa est5 , qui ipse pastoralem cálamum inflat aut plectro lyrae nervos pércutit, Orphĕum in cycnum suavíssime canentem mutavit.

Notes: 1. «On assure»; sur cette manière de rendre «on», G. 149. – 2. Ex ordine, à la suite, de suite; on dit aussi continuos (dies). – 3. Avoir déroulé ces choses, c’est-à-dire: avoir rappelé (dans ses plaintes) ces malheurs. – 4. Vocatif de Orpheus, G.C. 26, note. – 5. A été confiée (et demeure confiée), donc: est confiée G.C. 207.

V. – Les origines de l’histoire grecque.

La guerre de Troie: Achille et Hector.

La plus ancienne guerre dont les Grecs eussent gardé le souvenir était la guerre de Troie. Les Grecs coalisés y avaient été aux prises avec un peuple d’Asie mineure, les Troyens. Le siège de Troie, disait-on, avait duré dix ans. L’épisode le plus fameux est le combat d’Achille, le plus vaillant des Grecs, contre Hector, le plus brave des Troyens (Histoire de l’Orient et de la Grèce, p. 145).

SOMMAIRE. – 1. Achille retourne au combat. – 2. Hector fuit devant Achille. – 3. Hector accepte le combat. – 4. Priam supplie Hector de ne pas s’exposer. – 5. Hector fuit de nouveau. – 6. Il prie Achille de rendre son corps à ses parents. – 7. Achille refuse. – 8. Mort d’Hector.

1. Achilles tandem injúriae ab Agamemnone1 acceptae oblitus erat. Amici enim occisi2 dolor ceterarum molestiarum memóriam omnino deléverat. Nova ígitur arma, a Vulcano facta, quae a matre ei data erant, indúere festinavit et, mílites suos bréviter hortatus, ad pugnam profectus est, ut Patrocli caedem ulcisceretur.

2. Cum Héctore statim cóngredi decréverat. Ităque, simul atque eum conspexit, ei occúrrere vóluit. Sed Hector, qui saepe in médio3 certámine intrépidum se praebúerat, viso Achille, súbitā correptus formídine, in fugam se conjecit. Achilles, qui pedum pernicitate excellebat, eum insecutus est et paene jam consequebatur4, nisi Apollo fugientem5 e conspectu eripuisset.

3. Tum Achilles, valde iratus, álios Trojanos aggressus, agnam eorum stragem fecit. Réliqui salutem fuga petierunt et in urbem se receperunt. Hector tamen ante portam remánserat, neque ultra pedem referre6 volebat, ne glóriam ántea partam, túrpiter hostem vitando, macularet. Forti ígitur ánimo Achillem exspectabat.

4. Priamus, Trojanorum rex Hectorisque pater, e summo muro7 eum animadvertit atque ita allocutus est: «Cave, precor, mi fili, ne cum Achille congrediaris! Si non virtute et ánimi róbore, at córporis víribus tibi longe praestat. Quod si8 ab illo interfectus eris, quis nos póstea tuébitur? Reminíscere, quaeso, mei, patris tui, senectute paene confecti! Miserere matris tuae, quae tibi superesse non póterit! Tuam caríssimam uxorem tuumque párvulum fílium desérere noli!»

5. At Hector, patris précibus neglectis, se eo die aut victurum aut moriturum respondit. Sed ubi Pélei fílium, iram prae se ferentem9, appropinquare vidit, rursus formídine turbatus eum sustinere10 non ausus est. Tantum pugnandi stúdium in Achillis ore eminebat, ut se ei resístere posse vix créderet. Circum Trojae moenia, Achille ácriter insequente, iterum cursu fugit.

6. Sed, ignomíniam tandem véritus, cónstitit et: «Non ámplius, inquit, ut ántea, tibi cedam; tecum jam conflígere audebo. Priusquam tamen manus conseramus11 inter nos convéniat12 ut, qui vícerit, in occisi corpus ne13 saeviat. Ego tuum corpus, si vícero, tuis reddam; próinde jura te eodem modo mecum acturum.»

7. At Achilles irato vultu et minaci voce: «Nunquam, inquit, fiet14 ut cum eo paciscar qui amicorum meorum óptimum et caríssimum occidit et armis éxuit. Num oves cum lupis pacem compónere foedusque fácere possunt? Incólumem te hinc digressurum15 ne speráveris. Hanc ulciscendi occasionem nactus, haud omittam neque tu hódie mortem effúgies. Tuum corpus mox canes avesque dilaniabunt; neque a matre neque ab uxore sepelieris: honore sepulturae te carere volo.»

8. Revera Achilles hosti non pepercit. Juvante Minervā, Héctorem hastā percussit et vitā privavit. Cujus16 corpus ad currum suum religatum primo circum moenia, inspectántibus miseris Trojanis, crudéliter raptavit, déinde ab urbis moenibus in castra Graecorum reduxit. Laceratum tamen mórtui Hectoris corpus, patri Príamo, ómnibus précibus17 petenti et pretiosíssima dona afferenti, sepeliendum18 concessit.

Notes: 1. Ab n’introduit pas ici le complément du passif (G. 177). – 2. G.C. 225. Hector avait tué Patrocle, ami d’Achille. – 3. G. 117. – 4. G.C. 319, note, rem. II. – 5. (Eum) fugientem, G. 139. – 6. Pedem referre, porter le pied en arrière, reculer. – 7. G. 117. – 8. Quod si, et si; quod ici est une simple particule de liaison, littéralement en français «que si». – 9. Latinisme; littéralement «porter devant soi», c’est-à-dire «montrer, laisser bien voir». – 10. Sustinere aliquem, tenir bon contre quelqu’un. – 11. Conserere manus, mêler les mains, c’est-à-dire «en venir aux mains». – 12. Impersonnel. – 13. Ut ne, que…​ ne…​ pas, G.C. 273. – 14. Fit ut, il arrive que, G.C. 274. – 15. Esse sous-entendu, G.C. 265. – 16. Cujus, comme et ejus ou ejus autem, relatif de liaison, G.C. 144. – 17. Par toutes les prières, c’est-à-dire «instamment». – 18. G.C. 243; l’adjectif verbal ne marque pas ici l’obligation, mais la destination.

THÈME D’IMITATION, §§ 5-8.

§ 5. Troublés par la crainte, nous négligeâmes les recommandations (prières) de nos pères. – Je ne crois pas que tu puisses lui résister. – Si tu me poursuis (futur) de nouveau, je fuirai avec ardeur. – Il répondit qu’il n’oserait (infinitif futur) pas approcher.

§ 6. Hector, crains-tu la honte? – Celui qui aura vaincu rendra le corps de celui qui aura été tué. – Je t’ai cédé parce que (quia) je n’ai pas osé en venir aux mains avec toi. – De quelle manière Achille a-t-il agi avec Hector?

§ 7. Le visage d’Achille devint menaçant et sa voix irritée. – Hector avait dépouillé de ses armes l’ami d’Achille. – Quoique (quanquam) un traité eût été fait (quoique un traité ayant été fait, ablatif absolu) et la paix conclue, les loups mirent en pièces les brebis. – Nous avons laissé passer l’occasion de conclure la paix. – Loup, ne mets pas en pièces la brebis.

§ 8. Épargnons les ennemis qui demandent (demandant) la vie. – Les malheureux Troyens regardaient Hector, qui était traîné par Achille autour de la ville. – Il faut apporter (tourner par l’adjectif verbal) des présents plus précieux.

VI. – Les deux principales cités grecques.

Sparte et Athènes (Ire partie): Sparte.

La Grèce antique était divisée en une foule d’États composés pour la plupart d’une seule ville un peu importante qui formait le centre d’un territoire de médiocre étendue. Parmi ces «cités», deux ont joué un rôle prépondérant: ce sont Sparte et Athènes. La constitution et les moeurs de ces deux cités différaient beaucoup; aussi les épisodes de leur rivalité remplissent une partie de l’histoire grecque.

SOMMAIRE. – 1. Situation géographique de Sparte. – 2. Origine des Spartiates. Les ilotes. – 3. Esprit militaire. – 4. Les lois de Lycurgue. – 5. Les moeurs austères. – 6. Le mépris de la mort. – 7. Les lâches à Sparte. – 8. Respect des vieillards. – 9. Éducation des enfants. – 10. Les jeunes filles à Sparte. – 11. Courage des femmes lacédémoniennes. – 12. Quelques exemples. – 13. Absence de littérature à Sparte. – 14. Rôle de Sparte.

1. In médiā Peloponneso1 montes árdui Arcádiam cingunt; a quibus perpétua juga2 usque ad mare tendunt. Inter haec Eurotas flumen, primum e móntibus torrentis instar3 erumpens, in valle déinde satis ampla fluit ad merídiem, ripis junco4 obductis. In planítie léniter acclivi propter5 flúminis ripam Sparta erat, non cohaeréntibus aedíficiis, sed dispersis dómibus vículisque. Propter árduos montes, haud procul vallem claudentes, qui partim nudas et altíssimas rupes ostendebant, partim procera et antiqua némora in lenióribus clivis habebant, totius regionis forma6 pulchérrima erat. Terra in quibusdam locis satis ferax, sed nusquam sine multo labore.

2. Dorienses olim, qui prius in reductis silvestribusque Pindi convállibus habitabant, ad merídiem profecti erant. Primum per angustum Corínthium isthmum transire conati, a Peloponnesi íncolis armorum vi impediti sunt. Sed póstea, brevi freto transmisso, quo Peloponnesus a continenti terra disjúngitur, in eam regionem pervenerunt. Se quidem in antiquam majorum sedem redire affirmabant, cum7 ab Hércule orti essent, qui contra jus olim ex his terris ab Eurýstheo rege pulsus esset8. Ităque finítimos pópulos, tanquam9 véterem ulciscerentur injúriam, paene in servitutem redegerunt agrosque cólere coegerunt, ut victóribus cibos praeberent. Ex quibus ii, qui vocabantur Hilotae, longe misérrimi et contemptíssimi fuerunt.

3. Spartiatae pauciores erant quam ii, quibus imperabant. Ităque, quasi in aliénā et hostili terrā inter ómnia inimica et infesta víverent, armati semper et intenti esse cogebantur. Eis enim timendum erat10, ne finítimi pópuli, quos vi subégerant, ad vindicandam suam libertatem arma ex improviso cáperent. Viris, qui aetate militari11 erant, nullus dies ab illis exercitatiónibus, quae córpora animosque firmant, vácuus erat. Omnes persuasum habebant se pátriae12, non sibi, non paréntibus natos esse. Urbem suam ne moenibus quidem cínxerant, quia cívium péctora pro múris fore putabant.

4. Spartanis reipúblicae forma13 a Lycurgo data erat, qui in Creta et in aegypto et in Asĭa commoratus, perspectis complúrium populorum móribus et légibus, quae14 óptima invénerat, in suam civitatem cóntulit. Ex légibus Lycurgi, omnes Spartiatae inter se aequales erant. Non solum nulli nímias opes congérere, sed ne pecúniae quidem acquirendae óperam dare licebat. Nemo mercaturas fácere, nedum opus servile exercere póterat. Quin étiam leges vetabant Spartiatas ex agro Lacedaemónio exire et in aliénā civitate15 peregrinari, nisi magistrátuum permissu.

5. Ităque, in civitate suā plerumque manentes, ludo campestri tunicati16 utebantur aut armis exercebantur aut in propinquis silvis ac móntibus venabantur. Ne in desídiam luxumque delaberentur, leges providebant. Unusquisque victu símplici contentus, non ámplius quaerebat. Saepe étiam convívia pública inibant, in quibus cibi vilíssimi apponebantur. In his épulis jus17 quoddam nigrum caput18 cenae erat, a scriptóribus non semel commemoratum. Quod cum gustavisset Dionýsius tyrannus negavit se eo delectari. Tum is qui illud cóxerat: «Mínime mirum, inquit; condimenta enim defuerunt.» – «Quae tandem19?» inquit ille. – «Labor in venatu, sudor, cursus ad20 Eurotam, fames, sitis. His enim rebus Lacedaemoniorum épulae condiuntur.»

Notes: 1. Ce mot est féminin, comme beaucoup de noms géographiques de la deuxième déclinaison. – 2. Des sommets continus, c’est-à-dire des chaînes de montagnes. – 3. Ce mot est un nom et s’explique ici comme un attribut, G. 101, note. – 4. Singulier collectif. – 5. Observer, dans deux phrases voisines, deux sens différents de propter. – 6. Regionis forma, paysage. – 7. Cum, sens causal, G.C. 286. – 8. Subjonctif du style indirect. – 9. Tanquam est ici conjonction de subordination: comme si. – 10. Passif impersonnel (G. 70). – 11. G. 114. – 12. G. 169, 173. – 13. Forme de gouvernement, constitution. – 14. Au neutre: les choses que, donc ici les «institutions, les règlements». – 15. L’ablatif parce que le verbe signifie «demeurer à l’étranger». – 16. Revêtus d’une tunique, donc «en simple tunique». – 17. On observera qu’il y a deux mots différents, tous deux neutres. – 18. Caput, ici: mets principal. Cette anecdote est transcrite de Cicéron (Tuscul. 5, 98). – 19. Tandem, donc. – 20. Le long de l’Eurotas. C’est là que se trouvait un terrain d’exercices.

THÈME D’IMITATION, §§ 3-5.

§ 3. Les Spartiates commandaient aux peuples voisins. – Nous pensons que nos armes et nos poitrines tiennent lieu de remparts. – Vous serez forcés de reconquérir votre liberté par les armes. – Tenez pour certain que les âmes sont fortifiées par les exercices du corps.

§ 4. Vous avez examiné les moeurs des Spartiates. – Avez-vous séjourné en Asie? – Nous introduirons dans notre cité les meilleures lois que nous aurons trouvées chez les peuples étrangers. – Les lois n’interdisent à personne d’acquérir de l’argent en faisant du commerce. – Nous sommes sortis du territoire de notre cité avec (par) la permission des lois et des magistrats.

§ 5. Que chacun s’exerce aux armes. – Je chasserai dans la forêt voisine. – Servez une nourriture plus simple dans les banquets publics. – Denys n’aimait pas (ne fut pas charmé par) le brouet noir des Spartiates. – La fatigue (travail) de la course, la faim et la soif sont des assaisonnements qui manquaient la plupart du temps dans les repas des tyrans.

6. His institutis et móribus fortes ac duri facti erant Spartiatae. Apud eos gloriosum habebatur dolorem fácile pati, légibus parère, magistrátuum imperata diligenter éxsequi. Mortem ipsam contémnere solebant: Lacedaemónius quidam1 cujus ne nomen quidem próditum est, cum damnatus ab Ephŏris ad mortem duceretur, non solum colorem non mutavit2, sed vultu hilari atque laeto3 fuisse dícitur. Pari ánimo4 Leónidas in Thermópylis per jocum suis dixit: «Hódie apud inferos fortasse cenábimus.»

7. Sed virtus béllica praesertim in magno honore ac prétio Spartae fuit. Contra5, ignavi ab ómnibus despiciebantur et irridebantur. Qui fugā se incólumes in bello serváverant, ádeo pro níhilo putabantur, ut aegre locum in spectáculis invenirent, ubi6 sederent. Quidam, qui non possent se áliter a cívium contemptu vindicare, morte voluntáriā se vitā privabant.

8. Senes Lacedaemone mirífice colebantur. Ibi extrema aetas dícitur fuisse beátior quam prima aut média, quod auctoritatis plus haberet7, laboris minus. Nusquam certe tanta reveréntia tributa est aetati, quanta8 Lacedaemone; nusquam fuit senectus honorátior. Cum Athenis natu grandis quidam in theatrum venisset9, locus a suis cívibus nusquam dabatur. Cum autem ad Lacedaemónios legatos10 accessisset, qui ludos spectabant, consurrexerunt omnes et illi locum dederunt. A cuncto pópulo plausus eis múltiplex datus est. Unde11 dici solebat Lacedaemonem honestíssimum esse domicílium senectutis.

9. In pueritiā his ártibus et disciplinis instituebantur. Nam leges Lycurgi non tam libris erudiebant juventutem quam labóribus, venando12, currendo, esuriendo, sitiendo, algendo, aestuando. Nonnunquam ita verbéribus púeri caedebantur, ut multus e vulnéribus sanguis exiret: quorum tamen nemo exclamavit unquam, sed ne ingémuit quidem. Cícero, qui haec narrat post multos annos quam gens illa florúerat, Lacedaemone ipse vidit adulescéntium greges, incredíbili contentione certantes pugnis, cálcibus, únguibus, morsu dénique, ut exanimarentur priusquam se victos faterentur.

10. Quam consuetúdinem laborum et dolorum perpessionem Spartiatae etiam in féminas transtulerunt. In céteris enim úrbibus paríetum umbris occultae mollíssimo cultu vivebant. At nihil horum símile13 apud Lacaenas vírgines esse voluerunt. Eis palaestra, sol, pulvis, labor, milítia étiam curae erat.

11. Ităque apud eos exímiā magnitúdine ánimi féminas ipsas fuisse accépimus. Lacedaemóniae enim matronae, occisis fíliis, vúlnera fórtiter inspícere consuéverant14. Si adversos15 vulneratos esse videbant, eorum funus sine lácrimis laetae ducebant. Quos aversos vulnéribus caesos agnoscebant, clam sepeliendos16 curabant.

12. Mater quaedam, fílium vulnéribus confossum intuens, ingémere nóluit, sed ad cómites conversa ita locuta est: «Nonne púlchrius et optabílius est in ácie ánimam efflare, quam in Olýmpio certámine partā victóriā vívere?» Hoc17 autem erat apud Graecos prope majus ac gloriósius quam Romae triumphasse. At ália, fílium in proelio interfectum18 aúdiens: «Idcirco, inquit, eum genúeram, ut mortem pro pátria fórtiter occúmbere non dubitaret.

13. Attămen hoc19 in illa gente reprehénditur, quod litterarum stúdio parum delectata est. Nullus ex Lacedaemóniis commemoratur, qui in egregiorum scriptorum númerum pervénerit. Poémata parum curabant, exceptis Tyrtaei20 carmínibus, quae púeris ediscenda proponebant21. Iis enim juventutem ad perícula adeunda inflammari arbitrabantur. Quin étiam de indústria et tanquam pátrio instituto pauca loqui solebant. Eorum in interrogando vel respondendo brévitas saepe laudata est. Hanc enim dicendi viam22 tenebant, ut plúribus verbis nunquam uterentur, quam necesse esset.

14. Lacedaemónii propter spectatas illas et nobilitatas virtutes Graeciae totius saepe duces electi sunt. Illius belli, quod adversus Persas gestum est, primae eis partes23 sine ulla dubitatione ab ómnibus delatae sunt. Cum Xerxes mari et terra bellum universae íntulit Europae, Eurybíadi, Lacedaemónio hómini, summa24 impérii commissa est. Pausánia duce, qui Lacedaemónius erat, Mardónius, ípsius Daríi regis gener, cum ducentis mílibus péditum et viginti équitum, haud ita magna25 Graecorum manu apud Plataeas fugatus est.

Notes: 1. Anecdote rapportée par Cicéron. – 2. On dit en latin mutare vestem, changer de vêtement. – 3. G. 114. – 4. Ablatif de manière, à traduire par «avec», G. 188. – 5. Adverbe. – 6. Comme ut ibi (G.C. 329). – 7. Le subjonctif ne doit pas être traduit; il est dû à ce qu’on rapporte l’opinion d’autrui. – 8. Quantus, corrélatif de tantus, se traduit simplement par «que». – 9. Cette anecdote est tirée textuellement de Cicéron. – 10. Les ambassadeurs étrangers assistaient aux représentations à Athènes et une place d’honneur leur était réservée. – 11. Unde, d’où, par suite de quoi; traduire: c’est pour cela que. – 12. Le gérondif est ici traité comme un nom à l’ablatif; par le fait de chasser, c’est-à-dire par la chasse. – 13. Nihil simile horum esse apud, etc.; horum au neutre à cause de nihil. – 14. Au sens d’un imparfait, G. 85 (note). – 15. Adversus et aversus s’opposent et, construits attributivement, correspondent à des expressions adverbiales (G. 117): adversus, de face, par devant; aversus, par derrière. – 16.G.C. 243. – 17. Hoc, cela, c’est-à-dire le fait de remporter la victoire aux jeux. – 18. Interfectum (esse), G. 224. – 19. Hoc, ceci, quod (à savoir) que (G.C. 281, II). – 20. Tyrtaeus, Tyrtée, poète grec du VIIe siècle avant J.-C. On le disait originaire d’Athènes. Il en reste quelques fragments. – 21. Proponere aliquid ediscendum, donner quelque chose à apprendre (G.C. 243). – 22. Via, méthode, règle; ut, à savoir que (G.C. 281, II). – 23. Partes, au pluriel, «rôle». – 24. Summa est ici un nom. – 25. Pas tellement grande, donc: assez peu considérable.

THÈME D’IMITATION, §§ 11-14.

§ 11. J’ai appris [par l’histoire] que (G. 264) les femmes lacédémoniennes regardaient courageusement les blessures de leurs fils tués. – Elle prit soin d’ensevelir son fils. – Il fut enseveli secrètement. – Vous avez été blessés par derrière. – Les funérailles seront célébrées (conduites) sans larmes.

§ 12. Il est beau d’avoir triomphé; il est plus beau de mourir (rencontrer la mort) pour la patrie. – La mère n’hésite pas à regarder son fils tué. – Nous refuserons (nous ne voudrons pas) de gémir et nous rendrons l’âme dans le combat, [une fois] la victoire acquise (G. 229).

§ 13. Cet écrivain remarquable était blâmé, parce que (quia) il parlait peu. – Tu m’as interrogé à dessein en (avec) peu de mots. – J’ai toujours suivi cette méthode en répondant (de répondre). – Sois bref (use de peu de paroles). – Il m’a donné un poème à apprendre.

§ 14. La bravoure des chefs lacédémoniens était [bien] connue. – Ils confièrent le premier rôle et le commandement suprême à Pausanias à cause de son (de lui, G. 140) courage éprouvé.

VII. – Les deux principales cités grecques.

Sparte et Athènes (IIe partie): Athènes.

A Sparte austère et guerrière, éprise d’ordre et d’autorité, s’oppose Athènes dont le gouvernement évolue rapidement vers la démocratie et dont l’activité variée se porte volontiers vers les arts.

SOMMAIRE. – 1. L’Attique. – 2. Athènes et l’Acropole. – 3. Origine des Athéniens. – 4. Codrus. – 5. Les Eupatrides. – 6. Le législateur Solon. – 7. Solon et Crésus. – 8. Cléobis et Biton. – 9. Suite de leur histoire. – 10. Pisistrate. – 11. Hipparque et Hippias. – 12. Harmodius et Aristogiton. – 13. Mort d’Aristogiton. – 14. Destinée d’Athènes.

1. Attĭca, in extremā Graeciā sita, ad solem orientem spectat. Magna ex parte1 mari cíngitur, ut paene ínsula sit. Ex extrema ejus parte cónspici possunt ínsulae, quae Cýclades vocantur. Ejus regionis montes mediocri sunt altitúdine2; ex quibusdam3 argentum vel marmor effóditur. Apes ex Hymetti flóribus mel dulcíssimum legebant. Campi non multi4 neque late patentes; saxosum solum parum frumento, óleae pótius vitique aptum est.

2. Athenae urbs in uno ex his campis pósita est. Urbis in hoc loco condendae causa5 fuit rupes quaedam, círciter mille pedes6 longa, alta trecentos, quae arx naturā munită videtur. Ex hac summa rupe, tanquam e spécula, mare procul prospícitur. Ibi antiquorum incolarum fuit domicílium; sed póstea, dómibus in próximo aedificatis, arx tantum fuit, moenibus circúmdata pulcherrimisque templis ornata. Loca, quae circa sunt, duobus parvis flumínibus, aestate saepe siccis, irrigantur; quorum álterum7 propter urbem fluit.

3. Vetus opínio erat8 Atheniénsium majores9 non ex áliis terris venisse, sed ex ipsa terra, quae eos áleret10, natos esse. Multa contra11 indícia várias gentes ex diversis locis in hanc regionem confluxisse declarant. Attĭcae íncolas, ántea dispersos, a rege Théseo in unum locum et in unam civítatem congregatos esse credebant12.

4. Post mórtuum Théseum, Codrus Athenis régnasse dicebatur, qui pro salute cívium mortem oppetiisset. Dorienses enim, qui sedem mutabant, in loca Athenis próxima advénerant et ibi castra posúerant, íncolas expéllere cupientes. Oráculum autem eis victóriam pollícitum erat, dúmmodo Atheniensis regis vitae párcerent. Codrus, qui haec sciret13, mutatā veste, ne agnosceretur, ad hóstium irruéntiam castra accessit et occisus est. Cujus14 cadaver cum agnovissent Dorienses, ab impugnanda urbe15 detérriti sunt.

5. Sed regum auctóritas paulatim imminuta est; optimátium autem potestas crevit. Ii duro império oppressum pópulum tenuerunt. Agros enim, quos céteri cives colebant, fere soli possidebant. Ităque perículum erat, ne16 paúperes cives, aere alieno óbruti, in eamdem condicionem fortunamque venirent, in quā erant apud Lacedaemónios Hilotae. Ex quo rerum statu multae secutae sunt seditiones ac discórdiae.

6. Sed eas vir unus exímia virtute sapientiaque sedavit Solon, aequíssimas leges constituendo. Is ex septem sapiéntibus, qui eādem aetate fuisse dicuntur, sapientíssimus habetur17; nam, non solum civitatis suae princeps praeclarusque legum scriptor, sed exímius quoque poeta fuit. Multas ótiam terras peragravit, ómnium géntium mores cognoscendi cúpidus. Tandem in pátriam se recepit, ubi consíliis prudéntiae plenis cívium quieti consúluit18. Condendis carmínibus usque ad últimum tempus aetatis delectatus est19.

7. Egrégia illius viri responsa, Croeso regi data, referre óperae prétium est20. Cum ad ditíssimum illum regem venisset, ab eo magnífice exceptus est. Croesus omnes ei thesauros suos aperiri divitiasque ostendi jussit. Quibus ómnibus visis21, eum interrogavit num se beatiorem hóminem novisset. At ille respondit Tellum quemdam, civem Atheniensem, sibi felicíssimum ómnium hóminum visum esse: eum enim pro pátria pugnantem in proelio, fusis hóstium cópiis, interfectum esse; pulchérrimos autem et óptimos fílios supérstites reliquisse.

8. Secundum22 Tellum beatíssimos a se judicari dixit duos júvenes, Cléobin Bitonemque, fílios Argiae sacerdotis. Nota fábula est23. Lege jubente, eorum mater curru vehenda erat satis longe ab óppido ad fanum. Ibi enim Argivi Junoni sollemne sacrifícium facturi erant. Sed cum boves, qui currum ducturi erant, in agris morarentur, horaque instaret sacrifícii24, júvenes ad jugum accesserunt25. Ita sacerdos advecta est ad fanum, quod ab urbe ámplius quáttuor mília26 pássuum áberat, fíliis currum ducéntibus.

9. Ad eos concurrerunt Argivi circumstantesque duorum júvenum vires satis mirari27 non póterant. At Argivae mulíeres matri gratulabantur, quod fílios peperisset28 tam válidos víribus quam pietate insignes. Mater, facto famāque filiorum magnópere delectata, precata esse a deā29 dícitur, ut praemium áliquod eis daret pro pietate. Nihil certi petebat, sed quod esset óptimum hómini. Sub noctem, epulati cum matre adulescentes in ipso templo se somno dederunt: póstero mane inventi sunt mórtui. Ităque Solon affirmabat mortem esse óptimam sortem homínibus piis, neque ullum hóminem ante supremum diem felicem dici posse. Haec de sapiéntia Solonis, Heródoto auctore, narrantur.

Notes: 1. Latinisme: en grande partie; on dit aussi magnam partem, G.C. 164. – 2. Ablatif descriptif, G. 114. – 3. Ex quibusdam (montibus). – 4. Sous-entendu sunt. – 5. Comme causa condendi urbem (G. 235). – 6. Accusatif de dimension (G.C. 163). – 7. Alter parce qu’il s’agit de «l’un» (des deux). – 8. Opinio est, locution verbale construite avec la proposition infinitive. – 9. Majores, employé comme un nom: ancêtres. – 10. Subjonctif du style indirect. – 11. Adverbe. – 12. Sujet Athenienses. – 13. Au subjonctif parce que le relatif équivaut à quia is (G.C. 329). – 14. Relatif de liaison: cum autem ejus cadaver. – 15. Comme ab impugnando urbem qui ne serait pas correct. – 16. C’est la construction des verbes craindre, G. 278. – 17. Haberi, passer pour. – 18. G.C. 156. – 19. Delectari aliquid faciendo, se plaire à faire quelque chose. – 20. Operae praemium est, littéralement: c’est le prix de la peine, c’est-à-dire: il vaut la peine. – 21. L’ablatif absolu se trouve avec le relatif de liaison (G. 144). – 22. Préposition. – 23. Cette anecdote est rapportée par Hérodote et par Cicéron. Nous arrangeons le texte de ce dernier. – 24. Joindre hora sacrificii. – 25. Accedere, s’approcher de, ici «s’atteler à». – 26. Accusatif de distance (G.C. 163). – 27. Entendre qu’ils ne «pouvaient se lasser d’admirer». – 28. Pour le subjonctif, G.C. 285 et 287. – 29. Precari ab aliquo ut, demander (avec prières) à quelqu’un que ou de.

THÈME D’IMITATION, §§ 8-9.

§ 8. Tu es le plus heureux après moi. – La loi ordonne qu’ils soient conduits en char à la ville. – Le récit est très connu. – La prêtresse fut conduite par les deux jeunes gens, qui s’étaient attelés au joug. – Le temple est à mille pas de la ville. – Pourquoi (cur) t’attardes-tu dans les champs? L’heure presse.

§ 9. Nous admirions ces adolescents et nous nous réjouissions grandement [en] les admirant. – Vous pouvez le féliciter d’avoir demandé (de ce qu’il a demandé) les meilleures récompenses. – La piété est la meilleure des choses. – Hérodote affirme que (proposition infinitive) le jeune homme fut trouvé mort par [sa] mère dans le temple de la déesse. – Vers la nuit la mère mangea avec ses fils. – Donnez-nous une (quelque) récompense de notre piété. – Nous ne pouvons assez admirer les forces de ces jeunes gens. – Les deux fils pourront être appelés (dits) heureux par leur (G. 140) mère.

10. Quamvis1 Solon firmam stabilemque Atheniénsium rempúblicam légibus suis fecisse videretur, tamen post paucos annos immutata est. Pisístratus enim, pártium populárium fautor, dominatum occupavit. Is quidem non crudelis fuit tyrannus, sed contra pótius clementem erga cives se praebuit. Urbem pulchérrimis utilissimisque aedifíciis ornavit; Homeri libros, ántea confusos2, ita dispósuit, ut nunc habémus; plúrimis etiam comparatis libris, bibliothecam exstruxit, in quam legendi causa3 ventitarent cives.

11. Huic mórtuo successerunt duo fílii4, Híppias et Hipparchus. Ipsi quoque litterarum artiumque studiosi fautores fuerunt. Sed juventutis cupiditátibus elati, vulgi ánimos offenderunt; nonnullos etiam contuméliis affecerunt. Ităque importuníssimi tyranni a plerisque judicati sunt. Duo Athenienses júvenes, Harmódius et Aristogiton, qui ab eis insignem accéperant injúriam5, de eis interficiendis conjuraverunt. Hujus consílii complures sócios sibi conciliaverunt. Ad caedem perficiendam dies festus quidam constitutus est.

12. Harmódius ígitur et Aristogiton pugiones mýrtea fronde texerunt. Déinde, locum petierunt, in quo duo illi civitatis principes sollemnem instruebant pompam, quam ad Minervae templum in arcem erant deducturi. Ibi unum e conjuratis6 viderunt cum Híppia familiáriter colloquentem. Statim se indício próditos esse arbitrati sunt. Paulum ígitur recesserunt et cum in Hipparchum forte incidissent, pugiones in ejus péctore7 defixerunt. Contínuo Harmódius ab illius satellítibus confossus plúrimis vulnéribus cóncidit.

13. Aristogiton autem correptus ad álterum tyrannum dúcitur8. Qui eum in ecúleum imponi et acérrimis tormentis discruciari jubet, donec ómnium sociorum nómina déferat. Sed Aristogiton, quasi minis ac dolóribus victus esset, nullum quidem sócium suum, sed fidíssimos tyranni amicos nominavit. At ille, furore amens, eos statim intérfici jubebat. Cum tandem tacuisset Aristogiton, tyrannus eum interrogavit: «Aliine facinorosi supersunt, quos indicare velis? – Nemo súperest praeter te, respondit Aristogiton; équidem mórior, sed nequaquam inultus; nam amicorum tuorum óptimos ipse vita privasti.»

14. Deleta tyránnide, Athenae omni litterarum et ártium laude floruerunt9. Neque tamen béllica glória illi civitati défuit. Invadentes Persas réppulit et devicit non minore fortitúdine quam Lacedaemónii10. Sed quam glóriam11 Sparta nunquam consecuta est, illa urbs ómnium doctrinarum et ártium inventrix usque ad nostram aetatem dicta est et semper dicetur.

Notes: 1. Non pas simplement «quoique», mais «quelque… que», G.C. 298 et 299, note. – 2. G.C. 226. – 3. G. 96, note. – 4. Filii (ejus). – 5. Ce mot ne doit pas être traduit par «injure», il signifie «tort, injustice». – 6. Comme unum conjuratorum. – 7. Dans cette expression c’est l’ablatif qui est d’ordinaire employé avec in. – 8. Présent historique. – 9. Le verbe au pluriel puisque Athenae est un nom pluriel. – 10. Sous-entendu reppulerunt et devicerunt. – 11. Quam gloriam: l’antécédent a passé dans la relative: gloire que, etc.

VIII. – Un épisode des guerres médiques.

Léonidas aux Thermopyles.

Lorsque Xerxès marcha contre la Grèce au printemps de 480 avant J.-C., il trouva une petite armée grecque postée aux Thermopyles pour lui barrer le passage. Les Thermopyles, «la passe des sources chaudes», formaient un étroit défilé entre la montagne et la mer. La résistance héroïque du Spartiate Léonidas en cet endroit est devenue comme le symbole du sacrifice volontaire du soldat défendant son poste jusqu’à la mort pour obéir à sa patrie (Histoire de l’Orient et de la Grèce, p. 197).

SOMMAIRE. – 1. Léonidas et ses compagnons. – 2. Ils se postent aux Thermopyles. – 3. Arrivée de Xerxès. – 4. Sang-froid des Grecs. – 5. Xerxès s’étonne. – 6. Un cavalier en reconnaissance. – 7. Démarate. – 8. Sommation de Xerxès. – 9. Ordre d’attaque. – 10. Échec des Mèdes, – 11. Les Immortels. – 12. Le lendemain. – 13. Effroi de Xerxès. – 14. Le traître. – 15. Marche de nuit. – 16. Attaque nocturne. – 17. Sombres pressentiments. – 18. Mesures suprêmes. – 19. La fin des héros. – 20. Le tombeau.

1. Leónidae, Spartiatarum regi, imperatum erat1, ut Persarum exércitum a tránsitu Thermopylarum arceret. Is trecentos viros elegit, quos secum edúceret2: omnes média aetate esse vóluit; ómnibus líberi3 erant. Sic eos firmiores constantioresque fore in repellendis hóstibus4 arbitrabatur. Sciebant enim se pugnare ne fílii sui Persarum servi fíerent.

2. Finitimarum quoque géntium mílites, Théspii praesertim et Phócii, fortitúdine pótius quam multitúdine insignes, se cum parvā Leónidae manu conjunxerunt. Omnes in Thermopylarum angústiis consederunt, praeter mille Phócios, qui in vértice montis collocati sunt, ne céteri circumvenirentur.

3. Huc paucis post diebus Xerxes advenit cum ómnibus cópiis, quas in Europam trajécerat. Leónidas ejusque5 commilitones, in adversi montis clivo innumerabília Barbarorum tentória videbant. Quibus6 visis, Graecorum ánimos non modo terror non occupavit, sed contra, inter se7 hortabantur ut fórtiter resísterent.

4. Nonnulli étiam jocabantur: dux Leónidas suis per jocum haec dicebat: «Estote ánimo forti, Lacedaemónii! hódie apud ínferos fortasse cenábimus.» Alĭus cui dictum erat8 caelum solisque lucem prae jaculorum et sagittarum multitúdine obscuratum iri: «Bene est, inquit, in umbra ígitur pugnábimus.»

5. Ipse Xerxes in loco alto sedebat, ex quo parva Graecorum manus cónspici póterat. Cupiebat enim videre, quo modo9 tam pauci viri suorum mílitum ímpetum sustinere ausuri essent. Ut eorum númerum cértius cognósceret, équitem misit, qui10 ad eorum castra quam11 próxime accéderet et ómnia speculatus sibi renuntiaret.

6. Graeci équitem illum viderunt ad se accedentem, sed parum attenderunt quid vellet aut quid fáceret. Nonnulli, qui crines pectebant, hoc fácere ne desierunt quidem. Eques ígitur, cum ómnia perlustrasset12 óculis, ad regem rédiit et quae vidisset13 ei renuntiavit: Graecos paucíssimos esse14; álios in tractandis armis, álios in pectendis crínibus esse occupatos. Quae ómnia rex magnópere miratus est.

7. Ităque Demaratum, Lacedaemónium tránsfugam, qui regis hospes15 in castris Persarum erat, arcessivit et de his rebus interrogavit. At ille: «Tibi, inquit, verum dícere sóleo; ne nunc quidem secus fáciam. Scito víros illos acérrime dimicaturos esse et exércitum tuum tránsitu prohibere sine ullo mortis metu conaturos. Hoc ex16 iis ipsis, quae nunc fáciunt, intéllego. Mos est enim Lacedaemóniis comam ante proelii inítium péctere, caputque étiam coronis exornare, quasi ad laeta17 sint profecturi, sive mors, sive victória sit secutura.»

Notes: 1. Passif impersonnel, G. 70, 147. – 2. Le subjonctif pour marquer le but, l’intention, G.C. 329. – 3. C’est ici un nom: liberi, orum, enfants. – 4. Comme in repellendo hostes qui ne peut se dire (G. 234); in peut alors se traduire «dans le fait de, dans l’action de». – 5. Et non pas sui (G.C. 142, note). – 6. Le relatif de liaison (G. 144) à l’ablatif absolu (G. 229). – 7. G.C. 143; c’est la manière d’indiquer la réciprocité. – 8. Passif impersonnel, G. 70, 147. – 9. De quelle manière, comment. – 10. Qui = ut is (G.C. 329). – 11. Quam avec le superlatif signifie le (plus) possible, G.C. 136. – 12. Forme syncopée, G. 63, 2°. – 13. Subjonctif de l’interrogation indirecte, G. 254; se traduit comme un indicatif. – 14. Proposition infinitive dépendant de l’idée de «dire», contenue dans renuntiavit. – 15. Attribut, G. 101, note II. – 16. Ex, d’après. – 17. Laeta, des choses gaies, c’est-à-dire «un sort heureux».

THÈME D’IMITATION, §§ 5-7.

§ 5. Xerxès assis (étant assis) apercevait la petite troupe des Grecs. – Nous soutiendrons le choc des cavaliers. – Approche très près des Grecs, examine tout (toutes choses) et rapporte-moi leur (d’eux) nombre et la place du camp. – Qu’il s’approche, qu’il examine.

§ 6. Nous le vîmes peigner ses cheveux. – Faites attention. – Ils cessent de manier les armes parce que (quia) ils sont occupés (employer le parfait) à parcourir des yeux le roi. – Je rapporterai au roi tout ce (toutes les choses) que j’aurai admiré.

§ 7. Il interrogea l’hôte du roi au sujet de l’armée. – Ils s’efforcèrent de combattre avec ardeur. – Nous comprendrons les moeurs des Lacédémoniens. – [En] partant pour la victoire ils ornaient leur tête de couronnes. – Vous aviez coutume de combattre sans crainte; nous ne faisons pas autrement. – Nous ne suivrons pas les transfuges.

8. Xerxes Graecorum audáciam, vel pótius insániam mirabatur, qui tantis cópiis resístere pararent1. Ad Leónidam legatum misit qui regis verbis2 díceret: «Si mihi parére volúeris3, tibi totius Graeciae impérium dabo.» At Leónidas se pro pátria mori malle respondit, quam eam servitute opprímere. Tunc epístolam rex ad eum misit, in quā erat scriptum4: «Arma tua mihi trade.» At Leónidas eamdem epístolam referri jussit, his tantum verbis subscriptis: «Huc, si vis, ad ea capienda veni.»

9. Xerxes, quanquam hoc responsum ei iram móverat, mílites tamen suos in castris quáttuor dies5 contínuit. Sperabat Graecos sponte recessuros6; sed, cum in loco manerent, máximas Medorum cópias ad proelium ire eosque vi repéllere jussit.

10. Rex suis milítibus imperáverat ut Spartiatas aut vivos aut necatos sibi tráderent. Ităque atrox fuit pugna. Sed Bárbari Leónidae commilitones loco dejícere non potuerunt. Nonnunquam Spartiatae quidem pedem referebant7 aut, hóstium multitúdine se terreri simulantes, fúgere incipiebant. Sed paulo post repente se convertebant plurimosque hostes, sine órdine insequentes, trucidabant.

11. Xerxes tum praetóriam suam cohortem in Graecorum áciem immisit. Lectíssimi illi mílites Immortales vocabantur erantque totius exércitus firmíssimum robur. Sed eorum vim atque ímpetum8 fácile exceperunt neque loco cesserunt. Póstero die, Xerxes putavit Graecos, qui et9 pauci essent et prídie multas contínuas horas pugnassent, omnino defatigatione confectos esse et armorum pondus vix posse sustinere.

12. Renovata ígitur de íntegro pugna, Barbarorum recentes cópiae adversus Graecos cum10 defessos, tum saúcios decertabant. Tunc, intellégere rex pótuit hóminum quidem multitúdinem in exércitu suo esse, sed paucos viros11. Bárbari enim nihil ámplius profecerunt. Frustra hómines, flagellis armati et post áciem collocati, Bárbaros procédere cogebant neque recédere sinebant.

13. Haud12 semel Graeci victores, pulsis hóstibus, ad castra Medorum accesserunt. Xerxes, qui pugnam spectabat, de sólio ter ad fugiendum pávidus surrexit, cum13 timeret ne ipse interciperetur. Regem, quid sibi tandem faciendum esset, nescientem Graecus homo quidam, pátriae próditor, ádiit. Ille quidem ab ómnibus, quibus cara est pátria, semper detestábilis judicatus est et judicábitur.

14. Sceleratus ígitur ille homo se ejus regionis íncolam esse dixit: sémitam sibi notam esse, quā Bárbari montem tránsgredi et Graecos aversos14 adoriri possent15. Xerxes, occasione praeter spem oblata gavisus, magnam Medorum manum ad vésperam16 proficisci ac noctu montem ascéndere jussit.

15. Medorum agmen, cui Hydarnes a rege praefectus erat, in summum jugum médiā nocte pervenit. Hunc locum mille Phócii tenebant. Appropinquantes Medos audierunt; étenim hóstium ágmine per quercetum ascendente, sicca fólia, quibus solum opertum erat17, sub pédibus sonabant.

16. Phócii vix gáleas loricasque indúerant, cum Medi sese in vértice montis ostenderunt. Nox enim, cum18 fere média esset aestas, nequaquam obscura erat. Bárbari, multis conjectis telis et sagittis, Phócios reppulerunt; iisque neglectis, per álterum montis latus, quod prónius et ídeo brévius erat, descéndere coeperunt.

Notes: 1. Ne pas tenir compte du subjonctif dans la traduction (qui = quia ii, G.C. 329). – 2. Littéralement: avec les paroles du roi, c’est-à-dire au nom du roi. Diceret au subjonctif parce que la proposition finale indique le but (qui = ut is). – 3. Le français emploie le présent (G.C. 309, 2°). – 4. Dans le plus-que-parfait passif, il faut parfois traduire séparément le verbe sum et le participe: il était écrit; c’est une conséquence de la règle, G.C. 207. – 5. G. 198. – 6. Sous-entendu esse. – 7. Pedem referre, porter le pied en arrière, reculer. – 8. Leur violence et leur attaque pour dire: leur violente attaque, c’est ce qu’on appelle l’hendiadyn (G.C. 347). – 9. Et…​ et, d’une part…​ d’autre part, non seulement…​ mais encore. – 10. Cum…​ tum, même sens que et…​ et. – 11. On notera l’opposition de sens entre homo et vir. – 12. Haud tombe régulièrement sur le mot suivant seulement. – 13. Cum, sens causal: étant donné que, parce que; toujours dans ce cas le subjonctif. – 14. Aversos, voir lexique et G. 117. – 15. Subjonctif qu’on peut rendre en français par un conditionnel, mais qui tient seulement à ce que la relative marque le but (G.C. 329). – 16. Ad marque souvent l’approximation: vers le soir. – 17. Traduire séparément le verbe et le participe. – 18. Sens causal, G.C. 286.

THÈME D’IMITATION, §§ 14-16.

§ 14. Les sentiers de la montagne et de tout (totus) le pays nous sont connus. – Je te dis que (proposition infinitive) cet homme est un scélérat. – Les habitants du pays, ayant franchi la montagne par ce sentier, attaqueront les Barbares par derrière. – L’occasion nous est offerte de gravir de nuit la montagne.

§ 15. Le roi le mit à la tête de la troupe. – Nous parvînmes à minuit au sommet du bois de chênes. – Le sol de ce bois de chênes était couvert de feuilles sèches. – Les feuilles craquèrent à l’approche des Mèdes (tourner par l’ablatif absolu).

§ 16. Mets ta cuirasse et ton casque. – Au milieu de l’été (G. 117) les nuits ne sont pas obscures. – Nous lançâmes [ensemble] des traits nombreux et des flèches plus nombreuses encore (etiam). – Les Barbares étaient déjà (jam) sur le côté le plus incliné de la montagne. – Nous avions à peine commencé à descendre, lorsque des traits furent lancés par les Mèdes.

17. Spartiatae, qui in Thermopylarum angústiis erant, se ab hoste circumveniri sub1 lucem cognoverunt. De hac enim re certiores facti sunt a speculatóribus, quos in monte collocáverant. Ii, visis hóstibus, celériter ad suos advoláverant. Sed jam prídie véspere harúspices, inspectis hostiarum extis, mortem imminere monúerant2. Verúmtamen offício non deesse omnes decréverant.

18. Leónidas, ante Medorum adventum, qui a tergo impugnaturi erant, sócios omnes praeter Spartiatas domum3 dimisit, ut pátriae defensioni reservarentur. Sed assignatum munus sibi4 non deserendum putavit. Théspii quoque, qui eum relínquere noluerunt, in loco manserunt ejusque fortunae partícipes fuerunt.

19. Graeci non exspectaverunt, dum Hydarnes cum suis a tergo se osténderet; ultro5 ipsi in hostes ímpetum fecerunt multosque occiderunt. At mox Hydarnes appáruit eosque aversos adortus est. Graeci in próximum túmulum se receperunt. Ibi, quanquam6 desperatā salute diu fórtiter répugnantes, telorum tandem multitúdine oppressi sunt.

20. Hic7 fuit illorum fórtium virorum éxitus, quorum memorábile fácinus ómnibus semper admirationem movebit8. Ubi pro pátria pugnantes occíderant9, ibi sepulti sunt. In eo loco monumentum exstructum est, quod epigramma graecum pernóbile incisum hábuit in basi10. Duo versus Simónidis erant, quos his verbis e Graeco in Latinum convertit Cícero, ómnium Romanorum oratorum eloquentíssimus:

Dic, hospes, Spartae nos te11 vidisse jacentes,

Dum12 sanctis pátriae légibus obséquimur.

Notes: 1. Sub marque aussi le temps, voir au lexique. – 2. Monere veut la proposition infinitive quand il signifie «avertir que» (G.C. 273 et 275). – 3. G. 193. Dans ces expressions domus désigne non seulement la «maison», mais aussi la patrie. – 4. G. 185. Sibi est à la fois complément de assignatum et de deserendum. – 5. Ultro, en prenant les devants, sans attendre. – 6. G.C. 232. – 7. Ce pronom s’emploie au début d’une phrase avec le sens de talis. – 8. G.C. 204. – 9. Distinguer deux verbes occido, l’un avec ĭ bref, l’autre avec ī long. – 10. G. 19, note. – 11. Le latin ne se soucie pas de l’amphibologie grammaticale lorsque le sens est clair. – 12. Dum, «tandis que», conduit aisément au sens causal, «parce que»; pour le présent obsequimur, G.C. 324.

QUATRIÈME PARTIE: EXTRAITS DU DE VIRIS ILLUSTRIBUS

I. – Origine de l’Empire Romain.

1. Enfance de Romulus et de Rémus. – 2. Leur vie parmi les bergers. – 3. Ils rétablissent leur aïeul sur le trône. – 4. Fondation de Rome. – (754 avant J.-C.)

1. Proca, rex Albanorum, duos fílios, Numitorem et Amúlium, hábuit. Numitori, qui natu major1 erat, regnum reliquit; sed Amúlius, pulso fratre2, regnavit. Póstea, ut eum sóbole privaret, nepotes ejus, Rómulum et Remum, adhuc párvulos álveo3 impósitos abjecit in Tíberim, qui tunc forte super ripas erat effusus4; sed, relabente flúmine, eos aqua in sicco5 reliquit. Vastae tum in iis locis solitúdines erant. Lupa, ut fama tráditum est6, ad vagitum accurrit, infantes linguā lambit, úbera eorum ori admovit, matremque7 se gessit.

2. Cum lupa saepius8 ad párvulos véluti ad cátulos reverteretur, Faústulus, pastor régius, rem animadvertit, eos tulit in casam, et Accae Lauréntiae cónjugi dedit educandos9. Qui10, adulti inter pastores, primo11 lúdicris certamínibus vires auxere, déinde venando saltus peragrare coeperunt, tum latrones a rapina pécorum arcere. Quare iis insidiati sunt latrones, a quibus Remus captus est; Rómulus autem vi se défendit. Tunc Faústulus, necessitate compulsus, indicavit Rómulo quis esset12 ejus avus. Rómulus statim, armatis pastóribus, Albam properavit.

Notes: 1. Natu major, littéralement «le plus grand au point de vue de l’âge, c’est-à-dire l’aîné (des deux)», G. 133. – 2. Pulso fratre (suo), ablatif absolu (G. 229). – 3. Alveo, au datif, au lieu de in alveo (G. 170). – 4. Erat effusus doit être traduit comme un imparfait (G. 70). – 5. In sicco comme in sicco loco. – 6. Traditum est, impersonnel passif (G. 70 et 70*). – 7. Matrem, attribut (G. 101* II). – 8. Saepius, G. 130. – 9. L’adjectif verbal marque ici non pas l’obligation, mais la destination: «pour être élevés, à élever» (G.C. 243). – 10. Qui ii autem, relatif de liaison (G. 144). – 11. Primo, deinde, tum, d’abord, ensuite, puis. – 12. Esset, à traduire comme un indicatif (G. 254).

THÈME D’IMITATION, I, §§ 1-2.

§ 1. 1. Amulius chassa son frère Numitor, roi des Albains. – 2. Quel était l’aîné (des deux)? – 3. Ce fleuve se répand sur les rives, mais il se retirera et les laissera à sec. – On rapporte qu’il y avait une louve dans ces solitudes. – 5. Tu te conduiras en roi. – 6. Quand (cum) ce fleuve se sera retiré, vous accourrez.

§ 2. 1. Nous porterons les petits de la louve à Albe, au pasteur Faustulus; nous les lui donnerons à élever. – 2. Les brigands avaient commencé à prendre les troupeaux de ces pasteurs. – 3. Si ces brigands reviennent, nous nous en apercevrons et nous leur tendrons des embûches. – 4. Vous accroîtrez vos forces en parcourant les bois.

3. Intérea Remum latrones ad Amúlium regem perduxerunt, eum accusantes, quasi Numitoris greges infestare sólitus esset1. Remus itaque Numitori a rege ad supplícium tráditus est; at Númitor, considerato adulescentis vultu, haud procul erat quin2 nepotem agnósceret. Nam Remus oris lineamentis erat matri3 simíllimus, aetasque témpori expositionis congruebat. Dum ea res ánimum Numitoris ánxium tenebat, repente Rómulus supervenit, fratrem liberavit, et, Amúlio interfecto, avum Numitorem in regnum restituit.

4. Déinde Rómulus et Remus urbem in iisdem locis, ubi expósiti educatique erant, condiderunt; sed orta est inter eos conténtio uter4 nomen novae urbi daret5 eamque régeret: adhibuere auspicia6. Remus prior7 sex vúltures, Rómulus póstea, sed duódecim, vidit. Sic Rómulus, augúrio victor, Romam vocavit8; et, ut eam prius légibus quam moenibus muniret, edixit ne quis9 vallum transiliret. Quod10 Remus irridens transilivit; eum iratus Rómulus interfecit, his increpans verbis: «Sic deinceps malo afficietur quicumque transíliet moenia mea.» Ita solus potitus est império Rómulus.

Notes: 1. Solitus esset, à traduire comme un indicatif; le subjonctif est voulu par quasi (G. 99, 7°). – 2. Haud procul erat quin, «il s’en fallait de peu que…​ ne; il n’était pas loin de» (G.C. 279*). – 3. La mère de Romulus et de Rémus était Rhéa Silvia, fille de Numitor. – 4. Cette interrogation indirecte s’introduit par suite d’une ellipse: contentio, «une contestation (sur la question de savoir) lequel (des deux)», G.C. 281. – 5. Ces subjonctifs doivent être traduits comme tels, parce qu’ils sont des subjonctifs délibératifs et ne sont pas dus uniquement à l’interrogation indirecte (G.C. 254, cas spécial); donc: «lequel des deux donnerait, etc.». – 6. Les Romains croyaient trouver des indications sur l’avenir ou sur la volonté des dieux en observant le vol, le chant ou l’appétit des oiseaux. Cette observation s’appelait auspicium, augurium; ceux qui étaient spécialement chargés de ces consultations s’appelaient augures. – 7. G. 133. – 8. Vocavit (novam urbem) Romam. – 9. Quis , au lieu de aliquis après si, nisi, ne, num, cum. – 10. Quod = id autem vallum (relatif de liaison, G. 144).

THÈME D’IMITATION, I, §§ 3-4.

§ 3. 1. Le brigand qui avait tué le pasteur et sa femme fut conduit devant (= auprès de, chez) le roi. – 2. Ce roi avait coutume de livrer au supplice les brigands qui attaquaient ses troupeaux. – 3. Comme il ressemblait tout à fait (= était très semblable) à son grand-père, nous le reconnûmes. – 4. Peu s’en fallut qu’il ne tuât son frère; mais quand (postquam) il eut reconnu les traits de son visage, il le conduisit devant son grand-père qu’il rétablit sur le trône.

§ 4. 1. Lequel de ces (deux) noms donnerons-nous à la ville que nous sommes sur le point de fonder en ce lieu? – 2. La ville était munie de remparts et de retranchements. – 3. Celui (quel qu’il soit) qui aura vu douze vautours, s’emparera de la ville. – 4. Une contestation s’étant élevée entre eux, Romulus tua Rémus. – 5. O Romulus, défends à ton frère de prendre (= que ton frère ne prenne) les auspices.

II. – Romulus, premier roi de Rome.

1. Enlèvement des Sabines. – 2. Guerre avec les Sabins. Tarpeia. – 3. Victoire des Romains. – 4. Mort de Romulus – (753 avant J.-C.)

1. Rómulus imáginem urbis magis quam urbem fécerat: déerant íncolae. Erat in próximo1 lucus; hunc asylum2 fecit. Eo3 statim multitúdo latronum pastorumque confugit. Cum vero ipse et pópulus uxores non haberent, legatos ad vicinas gentes misit, qui4 societatem conubiumque péterent. Nusquam benigne legátio audita est; ludíbrium étiam ádditum: «Quidni féminis quoque asylum aperuistis? Id enim compar foret conúbium.» Rómulus, aegritúdinem ánimi dissímulans, ludos parat; indici déinde finítimis spectáculum jubet. Multi convenere stúdio étiam videndae novae urbis, máxime Sabini cum líberis et conjúgibus. Ubi spectáculi tempus venit, eoque5 déditae mentes cum óculis erant, tum, dato signo, vírgines raptae sunt; et haec6 fuit statim causa bellorum.

2. Sabini ob vírgines raptas bellum adversus Romanos sumpserunt, et, cum Romae appropinquarent, Tarpéiam vírginem nacti sunt, quae aquae causā7 sacrorum hauriendae descénderat. Hujus pater Romanae praeerat arci. Titus Tátius, Sabinorum dux, Tarpéiae optionem múneris dédit, si exércitum suum in Capitólium perduxisset. Illa pétiit quod Sabini in sinistris mánibus gerebant, vidélicet ánulos et armillas. Quibus8 dolose promissis, Tarpéia Sabinos in arcem perduxit, ubi Tátius eam scutis óbrui praecepit: nam et9 scuta in laevis habúerant. Sic ímpia prodítio céleri poenā vindicata est.

3. Rómulus adversus Tátium processit, et in eo loco, ubi nunc Romanum forum10 est, pugnam conséruit. Primo ímpetu11 vir inter Romanos insignis, nómine Hostílius, fortíssime dímicans cécidit; cujus12 intéritu consternati Romani fúgere coeperunt. Jam Sabini clamitabant: «Vicimus pérfidos hóspites, imbelles hostes. Nunc sciunt longe áliud esse vírgines rápere, áliud pugnare cum viris.» Tunc Rómulus, arma ad caelum tollens, Jovi aedem vovit, et exércitus, seu forte, seu divínitus, réstitit. Proelium ítaque redintegratur; sed raptae mulíeres, crínibus passis13, ausae sunt se inter tela volántia inferre; et hinc patres, inde viros deprecatae, pacem conciliarunt.

4. Rómulus cum Tátio foedus percussit14, et Sabinos in urbem recepit. Centum ex senióribus elegit quorum15 consílio ómnia ágeret, qui, ob senílem aetatem, senatus vocati sunt. Tres équitum16 centúrias constítuit; plebem in triginta cúrias17 distríbuit. His18 ita ordinatis, cum ad Caprae paludem exércitum lustraret, súbito coorta est tempestas cum magno fragore tonitribusque, et Rómulus e conspectu ablatus est: eum ad deos abiisse vulgo créditum est19; cui rei fidem fecit Próculus, vir nobilis. Orta enim inter patres et plebem seditione, is in concionem processit, et jurejurando affirmavit Rómulum a se visum20 augustiore forma quam fuisset, eumdemque praecípere ut seditiónibus abstinerent et virtutem cólerent. Ita Rómulus pro deo cultus21 et Quirinus est appellatus.

Notes: 1. In proximo = in proximo loco. – 2. Asylum, «un asile», c’est-à-dire un lieu de refuge inviolable où peuvent se rendre les coupables sans craindre d’être poursuivis. – 3. Eo, adverbe de lieu de la question quo. – 4. Qui = ut ii (G.C. 329). – 5. Eo, adverbe de lieu, équivaut ici à ad hoc spectaculum ou huic spectaculo. – 6. Haec par attraction, au lieu de hoc (G.C. 103). – 7. Causā, «en vue de» (G.C. 96, 2°). On pourrait dire aussi: ad hauriendam aquam sacrorum. Aqua sacrorum, «l’eau du sacrifice»; c’est-à-dire dont on se servait dans les sacrifices. – 8. Relatif de liaison (équivalent d’un démonstratif) à l’ablatif absolu (G. 144). – 9. Et. Quand et ne joint pas deux termes, il est adverbe et signifie «aussi, même». – 10. Le forum romain ou simplement le forum, c’était la place principale de Rome. – 11. Primo impetu, «au premier choc». Cet ablatif marque la circonstance (G. 186-189). – 12. Cujus = ejus autem. Constr.: Romani autem consternati interitu ejus. – 13. Passis, participe de pando. – 14. Percutere, ici «conclure», signifie proprement «frapper» parce qu’on frappait une victime en priant les dieux de frapper de même le peuple qui violerait le traité. – 15. Quorum = ut eorum, ce qui explique l’emploi du subjonctif (G.C. 329). – 16. Eques, «cavalier», se traduit par «chevalier» quand il désigne comme ici une classe de citoyens. C’étaient primitivement ceux qui servaient dans l’armée comme cavaliers. – 17. Curia, curie. C’était une division du peuple qu’on a parfois comparée à une paroisse, parce qu’elle constituait un groupement non seulement politique, mais aussi religieux. – 18. His, au neutre, équivaut à his rebus. – 19. Passif impersonnel. – 20. Visum (esse). Augustiore forma, ablatif descriptif (G. 114). – 21. Cultus (est) pro (en guise de, comme) deo.

III. – Numa Pompilius, deuxième roi de Rome.

1. Institutions de Numa. – 2. La nymphe Egérie. – (715 avant J.-C.)

1. Successit Rómulo Numa Pompílius, vir ínclita1 justítia et religione. Is Cúribus2, óppido Sabinorum, áccitus est. Cum Romam venisset3, ut pópulum ferum religione molliret, sacra plúrima instítuit. Aram Vestae consecravit, et ignem in ara perpétuo alendum4 virgínibus dedit. Fláminem Jovis sacerdotem creavit, eumque insigni5 veste et curuli sella ornavit. Duódecim Sálios Martis sacerdotes legit, qui ancília6 quaedam, impérii pígnora, e caelo, ut putabant, delapsa, ferre per urbem, canentes et rite saltantes, solebant. Annum in duódecim menses ad7 cursum lunae descripsit; nefastos8 fastosque dies fecit; portas Jano gémino9 aedificavit, ut esset index pacis et belli: nam apertus, in armis esse civitatem, clausus vero, pacatos circa omnes pópulos significabat.

2. Leges quoque plúrimas et útiles tulit Numa. Quo10 vero majorem institutis suis auctoritatem conciliaret, simulavit sibi cum dea Egéria esse collóquia nocturna, ejusqùe mónitu se ómnia quae ágeret11 fácere. Lucus erat quem médium fons perenni rigabat aqua; eo saepe Numa sine arbitris se inferebat, velut ad congressum deae. Ita12 ómnium ánimos religione ímbuit, ut fides et jusjurandum, non minus quam legum et poenarum metus, cives continerent. Bellum quidem nullum gessit, sed non minus civitati prófuit quam Rómulus. Morbo exstinctus, in Janículo monte sepultus est. Ita duo deinceps reges, ille bello, hic pace, civitatem auxerunt. Rómulus septem et triginta regnavit annos; Numa tres et quadraginta.

Notes: 1. Inclita se rapporte à religione aussi bien qu’à justitia; pour l’accord, voir G. 101. – 2. Curibus, ablatif de la question unde. – 3. Venisset, à traduire comme un indicatif. Cum avec un plus-que-parfait du subjonctif correspond souvent à un participe français: «étant venu à Rome». – 4. Cet adjectif verbal marque la destination: «à entretenir» (G.C. 243). – 5. Insignis, propr. «remarquable», c’est-à-dire «spécial». C’était un grand manteau de laine blanche orné de pourpre et surtout un bonnet surmonté d’une aigrette et nommé apex. – 6. Ces douze boucliers étaient considérés comme le gage (pignus, oris, n.) du salut et de la puissance de Rome. Un seul passait pour être tombé du ciel, mais on en avait fait onze exactement semblables pour rendre plus difficile le vol du bouclier sacré. – 7. Ad, «d’après, selon». – 8. Les jours fastes sont ceux où certaines occupations sont permises; les jours néfastes, ceux où ces occupations sont interdites. Ces jours néfastes étaient originairement ceux qui avaient été signalés par quelque calamité. – 9. Janus est appelé geminus, double, parce qu’il est représenté avec deux visages. – 10. Quo = ut, «afin que». Cette substitution de quo à ut a lieu quand il se trouve un comparatif dans la proposition (G.C. 290). – 11. Ageret, à traduire comme un indicatif. On a le subjonctif parce que cette proposition dépend d’une proposition infinitive (G.C. 341). – 12. Joindre ita, ut, «au point que».

IV. – Tullus Hostilius, troisième roi de Rome.

1. La guerre avec les Albains. – 2. Les Horaces et les Curiaces. – 3. Meurtre de Camille. – 4. Jugement d’Horace. – 5. Destruction d’Albe. – 6. Dernières années de Tullus. – (672 avant J.-C.)

1. Mórtuo Numa, Tullus Hostílius rex creatus est. Hic non solum próximo regi dissímilis, sed étiam Rómulo ferócior fuit. Eo regnante, bellum inter Albanos et Romanos exortum est. Dúcibus Hostílio et Suffétio plácuit1 paucorum mánibus fata utriusque pópuli committi. Erant apud Romanos trigémini Horátii, trigémini quoque apud Albanos Curiátii. Cum iis agunt2 reges ut pro sua quisque pátria dimícent ferro. Foedus ictum est ea lege3, ut unde victória, ibi quoque impérium esset. Ităque trigémini arma cápiunt, et in médium inter duas ácies procedunt. Conséderant utrinque duo exércitus. Datur signum, infestisque armis terni4 júvenes concurrunt.

2. Ut primo concursu increpuere arma, horror ingens spectantes perstrinxit. Consertis déinde mánibus, statim duo Romani álius5 super álium exspirantes ceciderunt; tres Albani sunt vulnerati. Ad6 casum Romanorum conclamavit gaúdio exércitus Albanus. Romanos jam spes tota deserebat. Unum7 Horátium tres Curiátii circumstéterant. Is, quamvis integer, quia tribus impar erat, fugam simulavit, ut síngulos per intervalla8 secuturos separatim aggrederetur. Jam aliquantum spátii9 ex eo loco ubi pugnatum est aufúgerat, cum respíciens videt unum Curiátium haud procul ab se abesse. In eum magno ímpetu redit, et, dum Albanus exércitus inclamat Curiátiis ut10 opem ferant fratri, jam Horátius eum occíderat. Altĕrum déinde, priusquam tértius posset cónsequi, interfecit.

3. Jam sínguli11 supérerant, sed nec spe nec víribus pares. Altérius erat intactum ferro corpus, et geminata victória ferox ánimus; alter fessum vúlnere, fessum cursu trahebat corpus. Nec illud12 proelium fuit. Romanus exsultans male sustinentem arma cónficit, jacentemque spóliat. Romani ovantes ac gratulantes Horátium accípiunt, et domum deducunt. Princeps ibat Horátius, trium fratrum spólia prae se gerens. Cui óbvia fuit soror, quae desponsa fúerat uni ex Curiátiis13, visoque super húmeros fratris paludamento sponsi, quod ipsa confécerat, flere et crines sólvere coepit. Movit14 feroci júveni ánimum complorátio sororis in tanto gaúdio público: stricto ítaque gládio transfígit puellam, simul eam verbis increpans: «Abi15 hinc cum immaturo16 amore ad sponsum, oblita fratrum, oblita pátriae». Sic eat17 quaecumque Romana lugebit hostem!»

Notes: 1. Placere est pris impersonnellement avec une proposition infinitive comme sujet réel. – 2. Agere signifie ici «convenir avec quelqu’un que (ut)». – 3. Ea lege ut, «avec cette condition (lex) que». Constr.: ut imperium esset unde (du côté où) esset Victoria. – 4. Les adjectifs numéraux distributifs s’emploient quand un nombre est répété (G.C. 34, 1°); donc ici: «trois d’un côté et trois de l’autre». – 5. Alius, au lieu de alter qui serait plus régulier puisqu’il s’agit de deux (G. 44, II). – 6. Ad, comme «à» en français, signifie parfois «à l’occasion de, au moment de». – 7. Unus ne signifie pas seulement «un», mais spécialement «seul, un seul». – 8. Per intervalla, «séparément». Le contraire serait simul ou una. – 9. Spatii, complément de aliquantum: «assez de distance, c’est-à-dire assez loin de» (G. 91 et G.G. 163). – 10. Inclamare ut (subjonctif), «crier de (infinitif)». Les verbes d’opinion, c’est-à-dire signifiant dire, croire, savoir (G. 264) expriment parfois une intention et veulent alors ut (G.G. 275). – 11. Singuli, voir plus haut terni (IV, 1, note 4). – 12. Construisez et illud non fuit proelium. – 13. Uni ex Curiatiis ou Curiatiorum (G. 153). Ex, «d’entre». – 14. Movere animum = movere iram, provoquer la colère. – 15. Joindre abi hinc ad sponsum. – 16. Immaturus, déplacé, inconvenant. – 17. Eat = pereat. – Quaecumque Romana, «toute Romaine qui».

THÈME D’IMITATION, IV, §§ 1-3.

§ 1. 1. Sous le règne de Tullus Hostilius, le destin des Albains et des Romains fut confié aux Horaces et aux Curiaces. – 2. Nous savons (scio, is) que là où sera la victoire, là aussi sera la domination (= pouvoir). – 3. Ces jeunes gens ont combattu chacun pour sa patrie. – 4. Les Horaces, auxquels les destinées des Romains avaient été confiées, furent plus audacieux que les Curiaces. – 5. Les deux armées s’avancèrent des deux cotés en se menaçant de leurs armes (= avec des armes menaçantes).

§ 2. 1. Dès que les Romains nous attaquèrent en criant (ensemble) et (que) les armes commencèrent (coepi) à retentir, nous fûmes saisis d’un grand effroi. – 2. N’avez-vous pas (nonne) porté secours aux trois soldats qui avaient été blessés non loin de vous? – 3. Regardez en arrière et voyez la fuite de cette armée que l’espoir a abandonnée. – 4. Dès que nous revînmes sur eux et les attaquâmes séparément, saisis d’effroi, ils s’enfuirent en criant; ils n’étaient pas de force à nous résister.

§ 3. 1. J’ai reçu avec joie le manteau que mes soeurs ont confectionné elles-mêmes. – 2. Tu n’oublieras jamais ta patrie. – 3. Nous le reconduisîmes chez lui, fatigué par cette course et soutenant à peine (= mal) son corps affaibli par deux blessures. – 4. Tirez vos glaives et transpercez ces ennemis, afin que nous vous félicitions en voyant leurs dépouilles sur vos épaules. – 5. Puisque nous sommes inférieurs (= non égaux) à nos ennemis, allons-nous-en.

4. Atrox id visum est fácinus pátribus plebique; quare raptus est in jus Horátius et apud júdices condemnatus. Jam accésserat lictor1 injiciebatque láqueum2. Tum Horátius ad pópulum provocavit3. Intérea pater Horátii senex proclamabat fíliam suam jure4 caesam esse; et, júvenem amplexus spoliaque Curiatiorum ostentans, orabat pópulum ne5 se orbum líberis fáceret. Non tulit pópulus patris lácrimas juvenemque absolvit, magis admiratione virtutis quam jure causae. Ut tamen caedes manifesta expiaretur, pater, quibusdam sacrifíciis peractis, transmisit6 per viam tigíllum, et fílium, cápite adoperto, velut sub jugum7 misit; quod tigíllum sorórium appellatum est.

5. Non diu pax Albana mansit: nam Suffétius, dux Albanorum, cum invidiosum se apud cives videret, quod8 bellum uno9 paucorum certámine finisset, ut rem corrígeret, Veientes ádversus Romanos concitavit. Ipse, ab Tullo in auxílium arcessitus, áciem in collem subduxit, ut fortunam belli experiretur10 ac sequeretur. Qua re Tullus intellecta, dixit clara voce suo11 illud jussu Suffétium fácere, ut hostes a tergo circumvenirentur. Quo aúdito12, hostes térriti victique sunt. Póstera die Suffétius, cum ad gratulandum Tullo venisset, jussu illius quadrigis religatus est, et in diversa13 distractus. Déinde Tullus Albam propter ducis perfídiam díruit, et Albanos Romam transíre jussit.

6. Roma ínterim crevit Albae ruinis; duplicatus est cívium númerus; mons Caelius urbi ádditus, et, quo14 frequéntius habitaretur, eam sedem Tullus régiae15 coepit, ibique déinde habitavit. Auctarum vírium fidúcia elatus, bellum Sabinis indixit; pestiléntia insecuta est; nulla tamen ab16 armis quies dabatur. Credebat enim rex bellicosus salubriora milítiae17 quam domi esse júvenum córpora; sed ipse quoque diuturno morbo est implícitus; tunc fracti simul cum córpore sunt spíritus18 illi feroces, nullique rei deinceps nisi sacris óperam dédit. Mémorant19 Tullum, fúlmine ictum, cum domo conflagrasse. Tullus magnā glóriā20 belli regnavit annos duos et triginta.

Notes: 1. Les licteurs accompagnaient les magistrats pour écarter la foule sur leur passage. Ils portaient les verges et les haches pour exécuter leurs sentences. – 2. Laqueus, «corde» ou «lacet» pour attacher un condamné ou pour l’étrangler. – 3. Provocare ad populum, «en appeler au peuple», c’est-à-dire demander que le procès soit jugé de nouveau par le peuple. – 4. Jure, «à bon droit». L’opinion du vieil Horace a d’autant plus d’importance qu’à Rome le père a droit de vie et de mort sur ses enfants. – 5. Ne, «que ne…​ pas» ou «de ne pas» (G. 273). – 6. Transmittere per viam, «disposer (d’une maison à l’autre) au-dessus de la rue». – 7. Pour humilier les soldats vaincus, le vainqueur les faisait passer sous le joug. C’était une pique placée horizontalement sur deux autres plantées dans le sol. – 8. Quod, conjonction. Quod est suivi du subjonctif parce qu’on rapporte l’opinion des Albains; d’ailleurs cette proposition dépend d’une proposition infïnitive invidiosum (esse) (G.C. 285 et 341). – 9. Uno, voir IV, 2, note 7. – 10. Entendez qu’il a l’intention de se rendre compte (experiri) quel sera le vainqueur et de s’attacher (sequi) au parti de ce dernier. – 11. Constr.: Suffetium facere illud jusso suo. – 12. Quo audito = et ea re audita (ablatif absolu). – 13. In diversa distrahere, «tirer dans des sens contraires», C’est-à-dire «écarteler». – 14. Quo = ut eo, «afin que par là» (G.C. 290). – 15. Regiae, au datif marquant destination: «pour». – 16. Ab, «du côté de, en ce qui concerne»; ab armis sert de complément à quies. – 17. Ces génitifs-locatifs sont à rattacher à la question ubi (G. 193-194). – 18. Spiritus, au pluriel, «sentiments»; Ce mot se dit surtout des sentiments violents d’orgueil, d’enthousiasme, d’emportement. – 19. G. 149: manière de traduire «on». – 20. Ablatif de manière, à traduire par «avec».

THÈME D’IMITATION, IV, §§ 4-6.

§ 4. 1. Cette action barbare sera expiée par des sacrifices. – 2. Il se couvrit la tête lorsque la corde fut jetée sur lui par le licteur. – 3. Je déclare (bien haut) que le jeune homme doit être absous à bon droit. – 4. Il a absous le jeune homme, parce qu’il n’a pas pu supporter les larmes du vieux père. – 5. Horace, approche-toi; licteur, entraîne-le avec ce lacet. – 6. Je te prie de ne pas faire passer ce jeune homme sous le joug.

§ 5. 1. Les ennemis effrayés nous appelèrent à (leur) secours. – 2. Nous écartèlerons le chef des Albains à cause de sa perfidie. – 3. Vous êtes venus pour nous féliciter. – 4. Il nous a dit à haute voix que notre chef avait été écartelé. – 5. A cette nouvelle, nous fûmes effrayés et nous mîmes fin à la guerre. – 6. Les ennemis furent encerclés par derrière et vaincus.

§ 6. 1. Il fut frappé de la foudre sur les ruines de son palais. – 2. Durant la paix comme durant la guerre, il s’occupait de sacrifices. – 3. La peste avait abattu à la fois sa confiance en ses forces et ses violents sentiments (d’orgueil). – 4. De peur (ne, +subjonctif) d’être saisi par la maladie, le roi choisit (= prit) ce séjour. – 5. Quand (postquam) ce roi aura régné deux ans, il déclarera la guerre aux Sabins.

V. – Junius Brutus, premier consul romain.

1. Jeunesse de Junius Brutus. – 2. Brutus condamne ses fils à mort. – 3. Mort de Brutus.

1. Június Brutus, sorore Tarquínii natus, cum eamdem fortunam1 timeret in quam2 frater incíderat, qui ob divítias et prudéntiam erat ab avúnculo occisus, stultítiam finxit: unde Brutus3 dictus est. Profectus Delphos4 cum Tarquínii fíliis, quos pater ad Apóllinem munéribus honorandum míserat, báculo5 sambúceo aurum inclusum deo donum6 tulit. Peractis déinde mandatis patris, júvenes Apóllinem consuluerunt quisnam ex ipsis Romae regnaturus esset7. Responsum est eum Romae summam potestatem habiturum, qui primus matrem oscularetur. Tunc Brutus, perinde atque casu prolapsus, terram osculatus est, quod8 ea communis sit mater ómnium mortálium.

2. Expulsis régibus, duo cónsules creati sunt, Június Brutus et Tarquínius Collatinus, Lucrétiae maritus. At libertas, modo9 parta, per dolum et proditionem paene amissa est. Erant in juventute Romana adulescentes áliquot, sodales Tarquiniorum. Hi de accipiendis10 nocte in urbem régibus colloquuntur, ipsos Bruti cónsulis fílios in societatem consílii assumunt. Sermonem eorum ex servis11 unus excepit; rem ad cónsules détulit. Scriptae ad Tarquínium litterae manifestum12 fácinus fecerunt. Proditores in víncula conjecti sunt, déinde damnati. Stabant ad palum deligati júvenes nobilíssimi; sed prae céteris líberi cónsulis ómnium in se óculos convertebant. Cónsules in sedem processere suam; missique lictores nudatos virgis caedunt, securique fériunt. Supplícii non spectator modo, sed et exactor erat Brutus, qui tunc patrem éxuit13, ut cónsulem ágeret.

3. Tarquínius déinde bello aperto regnum recuperare tentavit. Equítibus praeerat Aruns, Tarquínii fílius; rex ipse cum legiónibus sequebatur. Obvĭam hosti cónsules eunt; Brutus ad explorandum cum equitatu antecessit. Aruns, ubi Brutum agnovit, inflammatus ira: «Ille est vir, inquit, qui nos pátria éxpulit; en ille nostris decoratus insígnibus14 magnífice incedit!» Tum cóncitat calcáribus equum15, atque in ipsum cónsulem dírigit; Brutus ávide se certámini offert. Adĕo infestis ánimis concurrerunt ut ambo hasta transfixi cecíderint; fugatus est tamen Tarquínius. Alter consul Romam triumphans rédiit. Bruti collegae16 funus, quanto17 pótuit apparatu, fecit; Brutum matronae, ut parentem, anno18 luxerunt.

Notes: 1. Fortuna, ae, f., «le sort». – 2. La proposition relative s’emploie régulièrement après idem (G.C. 132). – 3. Ce mot comme adjectif signifie «insensé, stupide», et comme nom «bête brute». – 4. Question quo (G. 193). – 5. Baculo, au lieu de in baculo (G.C. 170). – 6. Donum, attribut (G. 101*, II). – 7. Regnaturus esset, au subjonctif à cause de l’interrogation indirecte. Pour le sens du participe, voir G. 58, 3°. On remarquera que le participe en urus, joint au verbe sum, permet de rendre l’idée du futur au subjonctif; l’interrogation directe serait: quis regnabit? (G.C. 342). – 8. Quod, conjonction; sit est au subjonctif parce que l’auteur rapporte la pensée de Brutus (G.C. 285). – 9. Modo, adverbe, «récemment». – 10. De accipiendis regibus = de accipiendo reges, qui ne serait pas régulier (G.C. 235). L’infinitif, ne pouvant être complément d’une préposition, est remplacé en pareil cas par le gérondif (G. 62). La traduction littérale serait donc: «au sujet du fait de recevoir les rois». La traduction traditionnelle: «au sujet des rois devant être reçus» a le tort de donner un sens inexact au gérondif qui ne marque pas ici l’obligation (G.C. 241). – 11. Unus ex servis = unus servorum (G.C. 153). – 12. Facere manifestum, rendre manifeste. – 13. Patrem exuere, «dépouiller les sentiments de père, renoncer à ces sentiments»; agere consulem, «faire le consul, se comporter en consul». Ces expressions sont empruntées au théâtre. – 14. Insignia, «les insignes»; adjectif pris comme nom. – 15. Equum sert à la fois de complément à concitat et à dirigit (G.C. 155). – 16. Collegae (sui), apposition à Bruti. – 17. Expression elliptique au lieu de: tanto apparatu, quanto (que) potuit (G.C. 332). – 18. Pour marquer la durée on emploie l’accusatif, mais aussi parfois l’ablatif (G. 198).

VI. – Coclès, Scévola et Clélie.

1. Héroïsme d’Horatius Coclés. – 2. Dévouement de Mucius Scévola. – 3. La jeune Clélie.

1. Porsenna, rex Etruscorum, ad restituendos Tarquínios cum infesto exércitu Romam venit. Primo ímpetu Janículum cepit. Non usquam álias ante tantus terror Romanos invasit: ex agris in urbem demigrant; urbem ipsam saepiunt praesídiis. Alĭa urbis pars múris, ália Tíberi objecto tuta videbatur. Pons sublícius1 iter paene hóstibus dédit2, nisi unus vir fuisset Horátius Cocles, illo cognómine3 quod in álio proelio óculum amíserat. Is pro4 ponte stetit, et áciem hóstium solus sustínuit, donec pons a tergo interrumperetur. Ipsa5 audácia obstupefecit hostes; ponte rescisso, armatus in Tíberim desíluit, et incólumis ad suos tranavit. Grata erga tantam virtutem cívitas fuit: ei tantum agri6 datum est quantum uno die7 circumarari potuisset8. Státua quoque in comítio pósita est.

2. Cum Porsenna Romam obsideret9, Múcius, vir Romanae constántiae10, senatum ádiit, et véniam11 transfugiendi pétiit, necem regis repromittens. Accepta potestate, in castra Porsennae venit. Ibi in confertíssima turba prope régium tribunal cónstitit. Stipéndium tunc forte milítibus dabatur, et scriba cum rege pari fere ornatu sedebat. Múcius illum pro12 rege deceptus occídit. Apprehensus et ad regem pertractus, dextram accenso ad sacrifícium fóculo13 injecit, hoc supplícii14 a rea15 éxigens, quod in caede peccasset. Attónitus miráculo, rex juvenem amoveri ab altáribus jussit. Tum Múcius, quasi benefícium remúnerans, ait trecentos sui símiles adversus eum conjurasse. Qua re ille térritus bellum, acceptis obsídibus, depósuit.

Notes: 1. «Le pont Sublicius», littéralement: le pont de bois (sublica, pieu, pilotis). – 2. Entendez: «donna presque passage (et revera dedisset, et aurait donné passage en effet), si etc.» (G.C. 309, II). – 3. Illo cognomine, ablatif descriptif (G. 114); traduire en français «ainsi nommé». – 4. Pro, sens propre: «en avant de». – 5. Ipse distingue et isole, aussi signifie-t-il souvent «à lui seul, à elle seule». – 6. Tantum agri (G. 91, troisième cas). Tantum…​ quantum, «autant…​ que». – 7. Uno die, ablatif pour marquer le temps employé (G. 199). – 8. Circumarari potuisset. On peut traduire par «on» en considérant cette expression comme un passif impersonnel. Mais en réalité le sujet existe, c’est quantum. – 9. A traduire comme un indicatif. – 10. Génitif descriptif (G. 114). – 11. Venia, comme plus bas potestas, «permission, autorisation». – 12. Pro, sens figuré, «à la place de, au lieu de»; voir plus haut (VI, 1, note 4). – 13. Foculo, au datif, au lieu de in foculum, parce que le verbe est composé d’une préposition (G.C. 170). – 14. Hoc supplicii, «cela en fait de châtiment = ce châtiment». – Le pronom neutre peut être accompagné d’un génitif = nihil novi, «rien de nouveau (en fait de chose nouvelle», (G. 154). – 15. Rea (manu). Peccasset, voir plus haut (V, 1, note 8).

THÈME D’IMITATION, VI, §§ 1-2.

§ 1. 1. Le roi vint avec son armée pour s’emparer (= prendre) du Janicule. – 2. S’il arrête l’armée des ennemis, sa statue sera placée au milieu (medius, a, um) de la ville. – 3. Rome aurait été prise, si l’audace d’Horatius Coclés n’avait pas frappé de stupeur l’armée de Porsenna. – 4. Si tu perds un oeil dans le combat, toute la cité te sera reconnaissante. – 5. La ville a livré passage à l’ennemi parce que (quia) elle n’était pas entourée de défenses et (que) les ponts n’avaient pas été coupés.

§ 2. 1. Trois cents jeunes gens, semblables à Mucius Scévola, avaient conspiré contre le roi. – 2. Tu seras saisi et traîné devant le roi. – 3. Si tu désertes, j’ordonnerai que tu sois écarté de nos autels. – 4. Les jeunes gens dirent à Mucius: «Ne tue pas un soldat au lieu du roi.» – 5. Effrayés par ce prodige, Ils vont trouver le roi. – 6. Allumez le réchaud pour le sacrifice. – 7. Nous demanderons l’autorisation d’aller trouver le Sénat.

3. Porsenna Claeliam, vírginem nóbilem, inter óbsides accepit. Cum ejus castra haud procul a ripa Tíberis locata essent1, Claelia, deceptis custódibus, noctu egressa, equum, quem sors déderat, arrípuit, et Tíberim trajecit. Quod2 ubi regi nuntiatum est, primo ille incensus ira Romam legatos misit ad Claeliam óbsidem reposcendam. Romani eam ex3 foedere restituerunt. Tum rex, vírginis virtutem admiratus, eam laudavit, ac parte óbsidum donare se dixit, permisitque ut ipsa quos vellet4 légeret. Productis obsídibus, Claelia virgines puerosque elegit, quorum aetatem injúriae obnóxiam sciebat, et cum iis in pátriam rédiit. Romani novam5 in fémina virtutem novo génere honoris, státua6 equestri, donavere. In summa via Sacra fuit pósita virgo ínsidens equo7.

Notes: 1. A traduire comme un indicatif. – 2. Quod, relatif de liaison (G. 144); il faut donc entendre: sed ubi hoc nuntiatum est, etc. – 3. Ex signifie souvent «d’après, conformément à». – 4. Constr.: ut ipsa legeret (legere, choisir) eo, quos vellet. – 5. Novus, «nouveau» et par conséquent «inusité». – 6. Statua, apposition à novo genere honoris. – 7. Au datif = in equo, voir plus haut (VI, 2, note 13).

VII. – Ménénius Agrippa.

1. Apologue des membres et de l’estomac. – 2. Mort de Ménénius Agrippa. – (495 avant J.-C.)

1. Ménénius Agrippa concórdiam inter patres1 plebemque restítuit. Nam, cum plebs a pátribus secessisset2, quod tributum et milítiam non toleraret3, Agrippa, vir facundus, ad plebem missus est. Qui4, intromissus in castra, nihil áliud quam hoc narrasse fertur: «Olim humani artus, cum ventrem otiosum cérnerent, ab eo discordarunt, conspiraruntque ne manus ad os cibum ferrent, neve5 os accíperet datum, neve dentes confícerent. At, dum ventrem domare volunt, ipsi quoque defecerunt, totumque corpus ad extremam tabem venit: inde appáruit6 ventris haud segne ministérium esse, eumque acceptos cibos per ómnia membra digérere; et cum eo in grátiam redierunt. Sic senatus et pópulus, quasi unum corpus, discórdia péreunt, concórdia valent.»

2. Hac fabula Ménénius flexit hóminum mentes; plebs in urbem regressa est. Creavit tamen tribunos7, qui8 libertatem suam adversus nobilitatis supérbiam defénderent. Paulo post mórtuus est Menénius, vir omni vita páriter pátribus ac plebi carus, post restitutam cívium concórdiam9 cárior plebi factus. Is tamen in tanta paupertate decessit, ut eum pópulus collatis quadrántibus sepeliret10, et locum sepulcro senatus públice daret. Potest consolari paúperes Menénius, sed multo magis docere locupletes quam11 non sit necessária sólidam laudem cupienti nimis ánxia divitiarum comparátio.

Notes: 1. Il faut remarquer ce mot, qui désigne souvent en latin les patriciens et spécialement les sénateurs. La plèbe, c’est-à-dire le simple peuple, n’avait pas tous les droits dont jouissaient les patriciens. Il fallut aux plébéiens deux siècles de luttes pour obtenir une certaine égalité. – 2. Secessisset, voir plus haut (III, 1, note 3). – 3. Non toleraret, il ne supportait pas, c’est-à-dire il trouvait insupportable. – 4. Qui = is autem. – 5. Au lieu de et ne on dit régulièrement neve; neque équivaut à et non. – 6. Impersonnel construit avec une proposition infinitive (G.C. 267). – 7. Les tribuns, magistrats inviolables, pouvaient s’opposer aux actes des autres magistrats. Ils étaient spécialement chargés de protéger la plèbe contre les empiétements des patriciens. – 8. Qui = (ut ii) defenderent. – 9. Post restitutam concordiam, pour dire «après le rétablissement de la concorde»; latinisme fréquent, voir G.C. 225. – 10. Ces imparfaits se traduiront en français comme des parfaits. L’imparfait est ici imposé en latin par la concordance des temps (G.C. 249-250). – 11. Quam, adverbe: «combien, à quel point». Quam vise un adjectif, tandis que quantum tombe sur un verbe.

THÈME D’IMITATION, VII, §§ 1-2.

§ 1. 1. Si le rôle de l’estomac est inutile, les dents, la bouche et les mains se sépareront de lui. – 2. Distribue des aliments à tout le peuple et la concorde sera rétablie. – 3. Nous t’enverrons aux sénateurs; tu leur raconteras qu’autrefois le peuple s’est trouvé en désaccord avec eux. – 4. Si la concorde n’est pas bientôt rétablie, il est manifeste que les sénateurs et le peuple périront par la discorde. – 5. La nourriture est introduite dans la bouche par les mains et elle est broyée par les dents.

§ 2. 1. Je fléchirai le peuple (= les esprits du peuple). – 2. Tu mourras peu après, cher au sénat et au peuple. – 3. Afin de défendre votre liberté, souvenez-vous (memini, isse) que les richesses ne sont pas nécessaires. – 4. Il fut enseveli aux frais du public, parce qu’il avait défendu les pauvres contre l’orgueil des riches. – 5. Ménénius désirait la gloire de rétablir la concorde entre les pauvres et les riches.

VIII. – Coriolan.

1. Caractère de Coriolan. – 2. Exil de Coriolan. – 3. Il cède aux prières de sa mère. – (488 avant J.-C.)

1. Cáius Március, gentis patríciae, a captis Coriolis1, urbe Volscorum, Coriolanus dictus est. Patre orbatus adhuc puer, sub matris tutela adolevit. Sortitus erat a natura2 nóbiles ad laudem ímpetus; sed, quia doctrina non accessit, irae ímpotens obstinataeque pervicáciae fuit. Cum prima stipéndia3 fácere coepisset adulescens, e multis proeliis quibus intérfuit nunquam rédiit, nisi donatus corona aliove militari praemio. In omni vitae ratione4 nihil áliud sibi proponebat quam ut5 matri placeret: cumque illa audiret fílium laudari, aut corona donari videret, tum demum felicem se putabat. Ea oblectanda6 et colenda satiari non póterat. Illa cupiente, uxorem duxit: illíus in aedibus cum uxore habitavit.

2. Coriolanum, post insignem victóriam ejus ópera máxime partam, Postúmius consul apud mílites laudavit: eum militáribus donis onerare vóluit; agri centum júgera, decem captivos, tótidem ornatos equos, centum boves et argenti pondus quantum7 sustinere potuisset offerebat. Coriolanus vero nihil ex his ómnibus accepit, praeter unius hóspitis captivi salutem et equum. Consul factus, gravi annona8, advectum a Sicília frumentum magno prétio dandum pópulo curavit9, ut plebs agros, non seditiones, cóleret10. Qua de causa11 damnatus, ad Volscos concessit, eosque advérsus Romanos concitavit. Imperator a Volscis factus, ad quartum ad Urbe lápidem12 castra pósuit, et agrum Romanum est populatus.

3. Missi sunt Roma ad Coriolanum oratores13 de pace; sed atrox responsum retulerunt. Itĕrum déinde missi, ne in castra quidem14 recepti sunt. Sacerdotes quoque suis ínfulis velati ad eum iverunt súpplices, nec magis ánimum ejus flexerunt. Stupebat senatus; trepidabat pópulus; viri páriter ac mulíeres exítium ímminens lamentabantur. Tum Vetúria, Coriolani mater, et Volúmnia uxor, duos parvos fílios secum trahens, castra hóstium petierunt. Ubi matrem adspexit Coriolanus: «O pátria, inquit, vicisti iram meam, admotis matris meae précibus: cui15 tuam in me16 injúriam condono.» Complexus inde suos, castra movit, et exércitum ex agro Romano abduxit. Coriolanus póstea a Volscis, ut próditor, occisus17 dicitur.

Notes: 1. A captis Coriolis, «par suite de, à cause de la prise de Corioles», voir plus haut (VII, 2, note 9). – 2. Ab marque ici la provenance. – 3. Stipendia mereri ou facere, «gagner des soldes», c’est-à-dire «faire le métier de soldat». Cette expression courante ne doit pas être prise ici à la lettre, car à cette époque, les citoyens faisaient encore campagne à leurs frais. – 4. Ratio vitae, «manière de vie, conduite». – 5. Quam ut, «que ceci, à savoir que». – 6. Ea oblectanda = oblectando eam (G. 235). – 7. (Tantum) quantum, «aussi grand que». – 8. Gravi annona, «dans une disette»; littéralement: «les denrées étant chères, onéreuses». Annona, «récolte de l’année», vient de annus. – 9. Curare aliquid faciendum signifie «faire faire quelque chose», dont curare dandum, «faire donner» (G.C. 243). – 10. Colere (+accusatif), littéralement: «cultiver», c’est-à-dire «s’occuper de». – 11. Qua de causa = sed ea causa. – 12. Les distances à partir de Rome étaient indiquées de mille en mille par des bornes; ad quartum lapidem signifie donc «à quatre milles». Le mille romain (mille doubles pas) valait environ 1480 mètres. – 13. Orator est parfois l’équivalent de legatus, député, ambassadeur. – 14. Joindre ne…​ quidem. – 15. Relatif de liaison (G. 144) = ei enim. – 16. In, avec l’accusatif, signifie au sens figuré «pour» ou «contre». Le contexte indique toujours clairement s’il faut choisir l’une ou l’autre traduction. Parfois, comme ici, il suffit de le rendre par «envers». – 17. Occisus (esse) dicitur.

THÈME D’IMITATION, VIII, §§ 1-3.

§ 1. 1. Nous ne proposons rien d’autre que d’être loués par nos mères. – 2. Si j’étais gratifié d’une couronne, je me considérerais comme très heureux. – 3. Il s’est marié parce que son père le désirait. – 4. Cet enfant grandira sous notre tutelle. – 5. Quoiqu’il soit incapable de retenir sa colère, il honore sa mère. – 6. Il a reçu de la nature un entêtement insurmontable. – 7. Si vous aviez assisté au combat, vous auriez été gratifié d’une récompense.

§ 2. 1. Cette magnifique victoire avait soulevé les Volsques contre les Romains. – 2. Pour cette raison, Coriolan fut nommé général par les Volsques. – 3. Si vous n’acceptez pas ces cent captifs, nous vous offrirons un nombre égal de chevaux (= autant de chevaux) harnachés. – 4. Je ferai donner au peuple dix arpents de terre. – 5. Les Romains se retirèrent après (après que, postquam) avoir dévasté le territoire des Volsques. – 6. Nous n’acceptons rien de tout ce que vous nous avez offert.

§ 3. 1. Nos ambassadeurs ont rapporté la réponse des ennemis. – 2. Il n’embrassa pas même les siens, quoiqu’ils déplorassent la ruine imminente de leur patrie. – 3. On disait que le peuple tremblait. – 4. Les mères traînèrent avec elles leurs enfants pour (= ut, +subjonctif) aller (en) suppliantes au camp des ennemis. – 5. Dès que Coriolan eut emmené son armée hors du territoire romain, il fut tué par les Volsques. – 6. Si tu vaincs sa colère, il te pardonnera ton injustice envers lui.

IX. – Camille.

1. Le maître d’école de Faléries. – 2. Exil de Camille. – 3. Prise de Rome par les Gaulois. – 4. Les oies sauvent le Capitole. – 5. Victoire de Camille sur les Gaulois. – (390 avant J.-C.)

1. Cum Marcus Fúrius Camillus urbem Falérios obsideret, ludi magister plúrimos et nobilíssimos inde púeros, velut ambulandi grátiā eductos, in castra Romanorum perduxit: quibus Camillo tráditis1, non erat dúbium quin Falisci, depósito bello, sese Romanis dedituri essent; sed Camillus perfídiam proditoris detestatus: «Non ad símilem2 tui, inquit, venisti. Sunt belli sicut et3 pacis jura: arma habemus, non adversus eam aetatem cui étiam captis4 úrbibus párcitur, sed adversus armatos qui castra Romana oppugnaverunt.» Denudari5 déinde ludi magistrum jussit, eum, mánibus post tergum alligatis, in urbem reducendum6 púeris trádidit, virgasque eis dedit, quibus7 euntem verberarent. Statim Falisci, benefício magis quam armis victi, portas Romanis aperuerunt.

2. Camillus, post multa in8 pátriam mérita, judício pópuli damnatus exsulatum9 ábiit. Urbe egrédiens, ab diis10 precatus esse dícitur ut, si innóxio sibi ea injúria fíeret, desidérium11 sui fácerent ingratae pátriae quam primum. Neque multo póstea res evenit. Nam Galli Sénones12 Clúsium, Etrúriae óppidum, obsederunt. Clusini, novo bello extérriti, ab Romanis auxílium petierunt. Missi sunt Roma tres legati, qui13 Gallos monerent ut14 ab oppugnatione desísterent. Ex his legatis unus contra jus géntium15 in áciem processit et ducem Sénonum interfecit. Qua re commoti Galli, petítis16 in dedítionem legatis nec impetratis, ad urbem venerunt, et exércitum Romanum apud Allĭam flúvium ceciderunt die décimo sexto calendas17 Augusti: qui dies, inter nefastos relatus, Alliensis dictus est.

Notes: 1. Traditis, ablatif absolu. – 2. Ad (hominem) similem tui. – 3. Et, quand il ne joint pas deux termes, signifie «même, aussi». – 4. Captis, ablatif absolu. – Parcitur est au passif impersonnel; on se rappellera que ce verbe se construit avec le datif. – 5. Denudare, dépouiller de la toge; le mot nudus, «nu», s’applique souvent à celui qui n’est vêtu qua de la tunique. – 6. L’adjectif verbal marque une idée de destination et correspond à l’infinitif français après les verbes qui signifient «donner, livrer, charger» (G.C. 243). – 7. Quibus = ut eis, de là le subjonctif verberarent. – 8. In, envers, voir plus haut in (VIII, 3). – 9. Supin (G. 244). – 10. Avec les verbes qui signifient demander, le nom de la personne «à qui» on demande se construit avec ab (voir plus bas ab Romanis petierunt). G. 177. Precari a ici le sens de «demander en priant». – Ut, voir un peu plus bas. – 11. Facere desiderium, «produire le regret», c’est-à-dire «faire regretter». – 12. Galli Senones, «des Gaulois de la nation des Sénones». – 13. Qui (= ut ii); de là le subjonctif (G. 329). – 14. Ut, «que» (et non «afin que»), comme plus haut precari ut (G. 273). – 15. Jus gentium, littéralement «le droit des nations», que nous appelons le «droit des gens». C’est l’ensemble des obligations qui règlent les rapports des nations entre elles. – 16. Petere aliquem in deditionem, demander qu’on livre quelqu’un. – 17. Cet accusatif s’explique par ante sous-entendu. Les calendes tombent le premier du mois; il s’agit donc ici du 17 juillet.

3. Galli victores paulo ante solis occasum ad1 urbem Romam pervéniunt. Postquam hostes adesse nuntiatum est, juventus Romana, duce Mánlio, in arcem conscendit; seniores2 vero, domos ingressi, adventum Gallorum obstinato ad mortem ánimo exspectabant. Qui3 inter eos curules4 magistratus gésserant, ornati honorum insígnibus5 in vestíbulis aedium ebúrneis sellis6 insedere, ut, cum venisset hostis, in sua dignitate morerentur. Intĕrim Galli, domos patentes ingressi, vident viros ornatu et vultus majestate diis simíllimos. Cum Galli ad eos véluti simulacra, conversi starent, unus ex his sénibus dícitur Gallo barbam suam7 permulcenti scipionem ebúrneum in caput incussisse. Iratus Gallus eum occidit. Ab eo8 inítium caedis ortum est. Déinde céteri omnes in sédibus suis trucidati sunt.

4. Galli déinde ímpetum fácere in arcem státuunt. Primo mílitem, qui tentaret viam, praemiserunt. Tum, nocte sublustri, sublevantes ínvicem et trahentes álii álios, in summum saxum evaserunt, tanto siléntio ut non solum custodes fállerent9, sed ne canes quidem, sollícitum ánimal, excitarent. Ansĕres non fefellere, quibus in summa inópia10 Romani abstinúerant, quia aves erant Junoni sacrae: quae res Romanis saluti11 fuit. Namque clangore ánserum alarumque crépitu éxcitus, Mánlius, vir bello egrégius, céteros ad arma vocans, Gallos ascendentes dejecit. Unde mos iste incessit ut12 solemni pompa canis in furca suffixus feratur13, anser vero velut triumphans in lectica et veste strágula gestetur.

5. Tunc consensu ómnium plácuit14 ab exsílio Camillum acciri. Missi ígitur ad eum legati, atque ipse dictator absens dictus est. Intĕrim fames utrumque exércitum urgebat; at, ne Galli putarent Romanos ea necessitate ad deditionem cogi, multis locis de Capitólio panis jactatus est in hóstium stationes. Ea re adducti sunt Galli ut haud magna mercede obsidionem relínquerent. Pactum est prétium mille pondo15 auri. Nondum omni auro appenso, Camillus dictator intervenit, collectis Romani exércitus relíquiis, auferri aurum de médio16 jubet denuntiatque Gallis ut se ad proelium expédiant. Instrŭit déinde áciem et Gallos internecione occidit. Ne núntius quidem cladis relictus est. Dictator, recuperata ex hóstibus pátria, triumphans urbem ingressus est, et a milítibus parens pátriae, conditorque alter17 Urbis appellatus est.

Notes: 1. Ad, «auprès de» (G. 197). – 2. Le comparatif parce qu’on distingue deux catégories (G. 193). – 3. (Ii) qui. – 4. Ces magistratures sont ainsi appelées parce qu’elles donnaient le droit de siéger sur une chaise curule. Cette chaise est désignée plus loin: sella eburnea. – 5. Ce mot est employé ici comme nom neutre, au sens de «insignes, marques distinctives». – 6. Au datif, au lieu de in sellis (G. 170). – 7. Ce possessif pourrait grammaticalement renvoyer à Galli aussi bien qu’à unus ex senibus; mais le sens n’est pas douteux: il s’agit de la barbe du Romain. – 8. Avec les verbes et expressions qui signifient «commencer par», ab correspond à «par». – 9. Fallerent, excitarent. Ces verbes sont à l’imparfait alors qu’on attendrait le parfait, à cause de la concordance des temps (G.C. 250). – 10. In summa inopia doit s’entendre comme quanquam in summa inipia erant. – 11. Romanis saluti, tournure appelée double datif (G. 174). – 12. Ut, «(à savoir) que», explique le mot mos. – 13. Feratur, gestetur. Ici la concordance des temps n’est pas observée (voir note plus haut dans le paragraphe), parce qu’il s’agit de marquer une chose supposée encore existante au moment où l’auteur écrit. – 14. Placuit, sens impersonnel déjà signalé: «on résolut». – 15. Mille pondo, littéralement: «mille livres d’or en poids (pondo)». Le mot pondo n’est usité qu’à l’ablatif et seulement dans ce genre de locutions. Poids se dit régulièrement pondus, eris, n. – 16. De medio, littéralement: «du milieu», c’est-à-dire «de là». L’or était déjà déposé entre les Romains et les Gaulois chargés de le peser. – 17. Alter, «l’autre», en parlant de deux, par conséquent «le second».

X. – Titus Manlius Torquatus.

1. Manlius sauve son père d’un procès. – 2. Manlius demande à combattre un Gaulois. – 3. Manlius tue le Gaulois. – 4. Il condamne son fils à mort. – (340 av. J.-C.)

1. Titus Mánlius, ob ingénii et línguae tarditatem, a pátre rus1 relegatus fúerat. Cum audisset2 patri diem dictam3 esse a Pompónio, tribuno plebis, cepit consílium rudis quidem et agrestis ánimi, sed pietate4 laudábile. Cultro succinctus mane in urbem, atque a porta confestim ad Pompónium pergit: introductus, cultrum stringit, et, super lectum Pompónii stans, se eum transfixurum5 minatur nisi ab incepta accusatione desistat. Pávidus tribunus, quippe qui6 cérneret ferrum ante óculos micare7, accusationem dimisit. Ea res adulescenti honori fuit, quod ánimum ejus acérbitas paterna a pietate non avertisset, ideoque eodem anno tribunus mílitum factus est.

2. Cum póstea Galli ad tértium lápidem8 trans Anienem flúvium castra posuissent, exércitus Romanus ab urbe profectus est, et in citeriore9 ripa flúvii cónstitit. Pons in médio10 erat: tunc Gallus exímia córporis magnitúdine11 in vácuum pontem processit, et quam12 máxima voce pótuit: «Quem nunc, inquit, Roma fortissímum habet, is procedat ad pugnam, ut eventus ostendat utra gens bello13 sit mélior.» Diu inter primores júvenum Romanorum siléntium fuit. Tum Titus Mánlius ex statione ad imperatorem pergit: «Injussu tuo, inquit, imperator, extra órdinem nunquam pugnáverim14, non si15 certam victóriam videam; si tu permittis, volo isti béluae osténdere me ex ea família16 ortum esse quae Gallorum agmen ex rupe Tarpéia deturbavit.» Cui imperator: «Macte17 virtute, inquit, Tite Manli, esto: perge, et nomen Romanum invictum praesta.»

Notes: 1. Rus, question quo (G. 193). – 2. Cum avec un plus-que-parfait du subjonctif correspond souvent à notre participe passé actif: ayant appris. – 3. Diem dicere, «indiquer un jour», est une expression courante pour dire «citer devant le tribunal, accuser». – 4. Pietate, ablatif de cause. – 5. Transfixurum (esse). Minari, dire en menaçant que, se construit avec la proposition infinitive comme les verbes qui signifient «dire» (G.C. 264). – 6. Quippe qui, «lui qui en effet»; cette locution, qui accentue le sens causal de la relative, demande le subjonctif (G.C. 329). – 7. Micans serait plus conforme à l’usage (G. 224). – 8. Lapidem, voir VIII, 2, note 12. – 9. Citerior, «la plus rapprochée de la ville». L’autre rive se dirait ulterior ripa. Pour l’emploi du comparatif, voir G. 133. – 10. In medio, entendez «entre les deux armées». – 11. Ablatif descriptif (G. 114). – 12. Quam (adverbe) avec le superlatif signifie «le plus possible» (G.C. 136). Quelquefois, comme ici, le verbe «pouvoir» est exprimé; construisez voce maxima quam potuit. – 13. Ablatif de point de vue: «au point de vue de la guerre, du courage». – 14. Le subjonctif parfait équivaut parfois à notre conditionnel employé pour adoucir une affirmation (G.C. 220). – 15. Non si, «pas même si». – 16. Allusion à ce qui a été dit plus haut (IX, 4) du Manlius qui sauva le Capitole. – 17. Macte, vieux mot qui n’est plus employé à l’époque classique que comme une sorte d’interjection accompagnée de l’ablatif: «Bravo pour ton courage», c’est-à-dire «Bravo! Courage!».

THÈME D’IMITATION, X, §§ 1-2.

§ 1. 1. Le père a pris la résolution de reléguer son fils à la campagne. – 2. J’ai appris qu’un tribun du peuple a cité mon père devant le tribunal. – 3. Dès que (ubi) tu auras été introduit, tire ton couteau et menace le tribun. – 5. Ce louable dessein a honoré (= a été à honneur à) Manlius. – 5. Ne soyons pas détournés de notre dessein par l’accusation du tribun. – 6. Si tu me menaces, je te transpercerai avec ce glaive. – 7. Bien que (quanquam) il vît le fer étinceler devant ses yeux, il ne renonça pas à l’accusation.

§ 2. 1. Si vous le permettez, j’établirai mon camp au delà du fleuve. – 2. Le combat a montré lequel de nous (deux) est le plus vaillant. – 3. Le silence régna longtemps parmi les Gaulois. Alors Manlius s’avança au combat. – 4. Il était né de la famille la plus courageuse de Rome. – 5. Arrêtons-nous et établissons notre camp sur la rive du fleuve. – 6. Un poste sera (établi) au milieu du pont.

3. Armant déinde júvenem aequales: scutum capit, Hispano cíngitur gládio1 ad propiorem pugnam hábili. Exspectabat eum Gallus stólide laetus, et linguam ab2 irrisu exserens. Ubi constitere inter duas ácies, Gallus ensem cum ingenti sónitu in arma Mánlii dejecit. Mánlius vero insinuavit sese inter corpus et arma3 Galli, atque uno et áltero ictu ventrem transfodit; jacenti torquem détraxit, quem cruore respersum collo circúmdedit suo. Defíxerat pavor cum admiratione Gallos; Romani álacres óbviam míliti suo progrediuntur, et gratulantes laudantesque ad imperatorem perducunt. Mánlius inde Torquati cognomen accepit.

4. Idem Mánlius, póstea consul factus bello Latino4, ut disciplinam militarem restitúeret, edixit ne quis5 extra órdinem in hostes pugnaret. Forte fílius ejus accessit prope stationem hóstium. Is qui Latino equitátui praeerat, ubi cónsulis fílium agnovit: «Visne, inquit, cóngredi mecum, ut singularis proelii eventu cernatur quanto eques Latinus Romano praestat?» Movit ferocem ánimum júvenis seu ira, seu detrectandi certáminis pudor. Oblitus6 itaque impérii paterni in certamen ruit, et Latinum ex equo excussum transfixit, spóliisque lectis7, in castra ad patrem venit. Extemplo fílium aversatus consul, mílites clássico ádvocat. Qui postquam frequentes convenere: «Quandóquidem inquit, tu, fili, contra impérium cónsulis pugnasti, oportet ut disciplinam poena tua restítuas. Triste exemplum, sed in pósterum salubre juventuti eris. I, lictor, déliga8 ad palum.» Metu omnes obstupuere; sed, postquam, cervice caesa, fusus est cruor, in questus et lamenta erupere. Mánlio Romam redeunti seniores9 tantum óbviam exierunt: juventus et10 tunc eum, et omni déinde vita, exsecrata est.

Notes: 1. Ensis et gládius désignent la même arme; mais le mot ensis est généralement réservé à la poésie. – 2. Ab marque ici le point de départ, donc la cause d’une action; entendez «par raillerie, pour railler son adversaire». – 3. Ce mot désigne spécialement les armes défensives, tandis que tela désigne les armes offensives. Il faut donc entendre ici par arma principalement le bouclier. – 4. Bello latino, ablatif de temps. – 5. Quis, au lieu de aliquis après ne (G.C. 151). – 6. Le verbe déponent obliviscor se construit avec le génitif (G. 165). – 7. Legere signifie ici «recueillir». – 8. Deliga (eum). – 9. Seniores, voir IX, 3, note 19. – 10. Et…​ et, «d’une part…​ d’autre part, non seulement…​ mais encore».

THÈME D’IMITATION, X, §§ 3-4.

§ 3. 1. Prends ton glaive espagnol; nous t’armerons d’un bouclier. – 2. Avançons-nous au-devant des Gaulois. – 3. Le Gaulois se posta entre les deux armées et tira la langue. – 4. Il faut transpercer d’un coup d’épée le cou du Gaulois. – 5. Ce collier sera arrosé de ton sang et je recevrai le surnom de Torquatus. – 6. Glissons-nous entre les deux armées. – 7. Ce glaive était commode pour transpercer le ventre du Gaulois. – 8. Le général, dont le corps était arrosé de sang, gisait parmi ses soldats. – 9. Il reçut de ses soldats joyeux le surnom de Torquatus.

§ 4. 1. Général, rétablissez la discipline. – 2. Si tu veux lutter avec moi, on verra combien je l’emporte sur toi. – 3. Ayant oublié l’ordre du général, il combattit hors des rangs. – 4. La cavalerie, que commandait le jeune homme, s’avança vers les ennemis. – 5. Personne dans la suite ne combattit contre l’ordre du consul. – 6. Une fois qu’il l’eut jeté à bas de son cheval, il lui coupa la tête. – 7. Du moment qu’ils reviennent, voulez-vous que nous sortions à leur rencontre?

XI. – Publius Valérius Lévinus.

1. Pyrrhus bat les Romains. – 2. Générosité de Pyrrhus. – 3. Il oublie les injures des Tarentins. – 4. Pyrrhus et Cinéas. – 5. Ambassade de Cinéas auprès du Sénat romain. – (280 avant J.-C.)

1. Tarentinis, quod Romanorum legatis injúriam fecissent1 bellum indictum est. Quibus auxílio2 venit Pyrrhus, rex Epirotarum, qui genus ab Achille ducebat. Contra Pyrrhum missus est consul Laevinus. Qui, cum exploratores regis cepisset, jussit eos per castra Romana circumduci, tumque3 incólumes dimitti, ut ea quae vidissent Pyrrho renuntiarent. Mox, commissa pugna, cum jam hostes pedem referrent, rex elephantos in Romanorum agmen agi jussit; tuncque mutata est proelii fortuna. Romanos vastorum córporum moles terribilisque super4 adstántium armatorum spécies turbavit. Equi étiam, ad conspectum et odorem beluarum extérriti, sessores excutiebant, aut secum in fugam abripiebant. Nox proelio finem fecit.

2. Pyrrhus captivos Romanos summo honore hábuit; occisos sepelivit. Quos 5 cum adverso 6 vúlnere et truci vultu 7 étiam mórtuos jacere cérneret, manus ad caelum tulisse dícitur cum hac voce: «Ego tálibus viris 8 brevi orbem terrarum subegissem.» Déinde ad urbem Romam magnis itinéribus 9 contendit; ómnia igne et ferro vastavit; ad vicésimum ab urbe lápidem 10 castra pósuit. Pyrrho óbviam venit Laevinus cum novo exércitu; quo viso, rex ait sibi eamdem adversus Romanos esse fortunam quam 11 Hérculi adversus hydram, cui tot cápita renascebantur quot praecisa erant. Déinde in Campániam se recepit; missos a senatu de redimendis captivis legatos honorífice excepit; captivos sine prétio réddidit, ut Romani, cógnita jam ejus virtute, cognóscerent étiam liberalitatem.

3. Erat Pyrrho, útpote12 magno et forti viro, mitis ac placabilis ánimus: solet enim magni ánimi comes esse cleméntia. Ejus humanitatem experti sunt Tarentini. Ii scílicet, cum sero intellexissent se pro sócio13 dóminum accepisse, sortem suam líberis vócibus querebantur, et de Pyrrho multa témere effutiebant, máxime ubi vino incalúerant. Itaque arcessiti ad regem sunt nonnulli, qui de eo in convívio proterve locuti erant; sed perículum simplex conféssio culpae discussit. Nam, cum rex percontatus esset14 num15 ea, quae ad aures suas pervénerant, dixissent16: «Et haec díximus, ínquiunt, rex, et, nisi vinum defecisset, longe plura et graviora dicturi fúimus17.» Pyrrhus, qui malebat vini quam hóminum eam culpam18 videri, subridens eos dimisit.

Notes: 1. Fecissent, à traduire par un indicatif (G.C. 285). – 2. Quibus auxilio, latinisme appelé le double datif (G. 174). – 3. On traduit ordinairement tum par «alors»; mais il faut se rappeler que, dans un récit, il marque très souvent la succession des événements et doit se traduire par «ensuite». – 4. Super, adverbe à joindre à adstantium. – 5. Quos, relatif de liaison (G. 144). Construisez: Cum cerneret quos (= eos). – 6. Adversus signifie «placé en face». Il s’agit donc de blessures reçues par devant. Les blessures reçues par derrière étaient honteuses, car elles indiquaient qu’on avait tourné le dos à l’ennemi. Sur l’ablatif, voir note suivante. – 7. Cet ablatif descriptif (G. 114) est traité comme un adjectif. – 8. C’est un ablatif de moyen; c’est donc très régulièrement que cum est omis, quoique nous traduisions en français: «avec de tels hommes». Le sens est exactement: «au moyen, avec l’aide de tels hommes», et non pas «en compagnie de tels hommes». – 9. Magnis itineribus, littéralement «à grandes étapes», c’est-à-dire «à marches forcées». – 10. Lapidem, voir VIII, 2, note 12. – 11. Quam est un pronom relatif. C’est le pronom relatif qu’on emploie après idem, au sens de «le même que» (G.C. 132). – 12. Utpote, «comme», a le sens causal. Entendez: parce qu’il était, etc. – 13. Pro socio, «à la place de, au lieu d’un allié». Au sens figuré pro signifie «à la place de» ou «pour la défense de». – 14. Cum percontatus esset. Cum, suivi d’un plus-que-parfait du subjonctif peut souvent se rendre par un participe français: «le roi s’étant informé…». – 15. Num dans l’interrogation indirecte signifie simplement «si»; tandis que, dans l’interrogation directe, il indique qu’on attend une réponse négative. – 16. G. 254. – 17. Dicturi fuimus, voir G. 58, 3°. On remarquera que cette périphrase est plus vive que dixissemus, parce qu’elle est plus affirmative. – 18. Eam culpam, par attraction (G.C. 103) au lieu de: malebat id videri culpam vini quam hominum.

4. Pyrrhus ígitur, cum putaret sibi gloriosum fore pacem et foedus cum Romanis post victóriam fácere, Romam misit legatum Cíneam, qui pacem aequis condiciónibus propóneret. Erat is regi famíliaris magnaque apud eum grátia1 valebat. Dícere solebat Pyrrhus se plures urbes Cíneae eloquéntia quam armorum vi expugnasse2. Cíneas tamen regis cupiditatem non adulabatur: nam, cum in sermone Pyrrhus ei sua consília aperiret, dixissetque se velle Itáliam dicioni suae subjícere, respondit Cíneas: «Superatis Romanis, quid ágere destinas, o rex?» – «Itáliae vicina est Sicília, inquit Pyrrhus, nec diffícile erit eam armis occupare.» Tunc Cíneas: «Occupata Sicília, quid póstea acturus3 es?» Rex, qui nondum Cíneae mentem perspicíebat: «In Afrĭcam, inquit, trajícere mihi ánimus est4.» Pergit Cíneas: «Quid déinde, o rex?» – Tum dénique: «Mi Cínea, ait Pyrrhus, nos5 quieti dábimus, dulcique ótio fruemur.» – «Quin tu, respondit Cíneas, isto otio6 jam nunc frúeris?»

5. Romam ítaque venit Cíneas, et domos príncipum7 cum ingéntibus donis circumibat. Nusquam vero receptus est. Non a viris solum, sed et a muliéribus spreta8 ejus múnera. Introductus déinde in cúriam, cum regis virtutem propensumque in Romanos ánimum verbis extólleret, et de condicionum aequitate disséreret, senténtia senatus ad pacem et foedus faciendum9 inclinabat. Tum Appĭus Claúdius, senex et caecus, in cúriam lectica deferri se jussit, ibique gravíssima oratione pacem dissuasit. Itaque responsum10 Pyrrho a senatu est eum, donec Itália11 excessisset, pacem cum Romanis habere non posse. Senatus quoque vétuit captívos omnes, quos Pyrrhus reddíderat, ad véterem statum redire priusquam bina12 hóstium spólia rettulissent. Quare legatus ad regem reversus est. A quo cum Pyrrhus quaereret qualem Romam comperisset, respondit urbem sibi templum, senatum vero consessum regum esse visum.

Notes: 1. Magna gratia valere apud aliquem, «avoir beaucoup d’influence, de crédit auprès de quelqu’un». – 2. Expugnasse, voir G. 63, 2°. – 3. Acturus es, voir G. 58, 3°. – 4. Animus, disposition d’esprit, donc «intention». On a l’infinitif au lieu du gérondif après l’expression animus mihi est, parce qu’elle forme une locution verbale équivalente à volo (G.C. 237). – 5. Constr.: dabimus nos quieti. – 6. Isto otio, de ce repos (dont tu parles). C’est le sens spécial de iste (G.C. 41, 1°). – 7. Principes (sous-entendu civitatis), «les principaux citoyens». – 8. Spreta ( sous-entendu sunt). – 9. Ad suivi du gérondif ne signifie pas toujours «pour», mais souvent «à» avec les verbes qui signifient «être porté à (faire), pousser à (faire)», etc. – 10. Joindre responsum est. Passif impersonnel. – 11. Italia, au lieu de ex Italia, parce que la préposition ex est déjà contenue dans le verbe excedere. – 12. Bina, au lieu de duo parce que le sens est: «chacun deux» (G.C. 34, 1°).

XII. – Caïus Fabricius.

1. Courage de Fabricius. – 2. Sa générosité envers Pyrrhus. – 3. Sa frugalité. – 4. Son désintéressement. – (278 avant J.-C.)

1. Cáius Fabrícius unus fuit ex legatis, qui ad Pyrrhum de captivis redimendis vénerant. Cujus postquam audivit Pyrrhus magnum esse apud Romanos nomen, ut1 viri boni et bello egrégii, sed ádmodum paúperis, eum prae céteris benigne hábuit, eique múnera atque aurum óbtulit. Omnĭa Fabrícius repudiavit. Póstero die, cum illum Pyrrhus vellet exterrere conspectu súbito elephantis2, imperavit suis ut bélua post aulaeum admoveretur Fabrício3 secum colloquenti. Quod ubi factum est, signo dato, remotoque aulaeo repente, bélua stridorem horrendum emísit, et probóscidem super Fabrícii caput suspendit. At ille plácidus subrisit, Pyrrhoque dixit: «Non me hódie magis tua cómmovet bélua quam heri tuum aurum pellexit.»

2. Fabrícii virtutem admiratus Pyrrhus illum secreto invitavit ut4 pátriam deséreret, secum que vellet vívere, quarta etiam regni sui parte oblata. Cui Fabrícius respondit: «Si me virum bonum júdicas, cur me vis corrúmpere? Sin vero malum, cur me ambis5?» Anno interjecto, omni spe pacis inter Pyrrhum et Romanos conciliandae ablata, Fabrícius, consul factus, contra eum missus est. Cumque vicina castra ipse et rex haberent, médicus regis nocte ad Fabrícium venit, eique pollicitus est, si praemium sibi proposuisset, se Pyrrhum veneno necaturum6. Hunc Fabrícius vinctum reduci jussit ad dóminum, et Pyrrho dici7 quae contra caput ejus médicus spopondisset. Tunc rex admiratus eum dixisse fertur: «Ille8 est Fabrícius qui difficílius ab honestate quam sol a suo cursu posset averti.»

Notes: 1. Ut viri boni, «comme étant un homme de bien»; viri boni est au génitif comme apposition à cujus. – 2. Elephantis, au génitif. – 3. Fabricio, au datif, comme complément d’un verbe composé d’une préposition (G. 170). Les Romains virent pour la première fois des éléphants dans leur guerre contre Pyrrhus et nommèrent ces animaux boeufs de Lucanie. – 4. Invitavit ut. Pour éviter une erreur facile à commettre, voir G. 273. – 5. Ambire signifie proprement «faire des démarches auprès de quelqu’un pour se l’attacher». – 6. Necaturum (esse). – 7. La proposition quae spopondisset doit être expliquée de préférence comme une interrogation indirecte: quae, «quelles choses»; mais on remarquera que le subjonctif s’explique aussi par ce fait qu’elle dépend d’une infinitive. – 8. Ille est Fabricius, «voilà bien ce Fabricius».

THÈME D’IMITATION, XII, §§ 1-2.

§ 1. 1. Il commanda d’offrir à Fabricius de l’or et des présents afin de le séduire. – 2. Je n’ai pas été séduit par tes présents; je ne serai pas ému par le cri horrible de cet animal énorme. – 3. Le rideau (une fois) écarté, tu donneras le signal. – 4. Tu entendras (dire) que Fabricius a refusé les présents de Pyrrhus et (qu’il) n’a pas été effrayé par la vue d’un animal énorme. – 5. Si cet éléphant approchait sa trompe de ma tête, je ne serais pas effrayé; je sourirais tranquillement.

§ 2. 1. Je te promets une grande récompense, si tu abandonnes ta patrie pour vivre avec moi. – 2. Un an après, le médecin devint consul. – 3. Tu iras trouver le roi et tu lui diras que tout espoir de paix a disparu. – 4. Sachez (scio, is) que le soleil ne peut être détourné de sa course. – 5. Quoique (quanquam) il le jugeât homme de bien, il voulut le corrompre.

3. Cum Fabrícius apud Pyrrhum1 legatus esset, Cíneam audivit narrantem esse quemdam Athenis qui se sapientem2 profiteretur3, eumdemque dícere ómnia quae faceremus ad voluptatem esse referenda4. Tunc Fabrícium exclamasse ferunt: «Utĭnam id hóstibus nostris persuadeatur, quo5 facílius vinci possint cum se voluptátibus déderint!» Nihil magis ab ejus vita fuit alienum quam voluptas et luxus. Tota ejus supellex argéntea salino uno constabat et patella ad usum sacrorum, quae tamen ipsa córneo pedículo sustinebatur. Cenabat ad focum radices et herbas, quas in agro repurgando6 vúlserat, cum legati a Samnítibus7 ad eum venerunt, magnamque ei pecúniam obtulerunt; quibus respondit: «Quámdiu cupiditátibus imperare pótero, nihil8 mihi ista pecúnia opus erit: hanc ad illos reportate qui ea indigent.»

4. Cáius Fabrícius cum Rufino, viro nóbili, simultatem gerebat9, ob morum dissimilitúdinem, cum ille pecúniae contemptor esset, hic vero avarus et furax existimaretur. Quia tamen Rufinus egrégie fortis ac bonus imperator erat, magnumque et grave bellum ímminere videbatur, Fabrícius auctor fuit10 ut Rufinus consul crearetur. Cumque is déinde Fabrício grátias ágeret, quod se homo inimicus11 cónsulem fecisset: «Nihil est, inquit Fabrícius, quod12 mihi grátias agas, si málui compilari quam venire13.» Eumdem póstea Fabrícius censor factus senatu movit14, quod argenti facti15 decem pondo haberet. Fabrícius omnem vitam in gloriosa paupertate exegit, adeoque inops decessit ut, unde dos filiarum expediretur, non relíquerit16. Senatus patris sibi partes17 desumpsit, et, datis ex cómmuni aerário dótibus, eas collocavit.

Notes: 1. Apud Pyrrhum et plus loin a Samnitibus. Pour l’emploi de ces prépositions avec les noms de personnes, voir G. 197. – 2. Sapientem (esse). – 3. Profiteretur, faceremus. Ces verbes sont au subjonctif, en vertu des règles du style indirect, parce qu’ils dépendent de propositions infinitives (G.C. 335, 341). – 4. Referre ad voluptatem, «rapporter au plaisir», c’est avoir en vue le plaisir en faisant quelque chose. – 5. Quo = ut, quand il y a un comparatif dans la proposition (G. 290). – 6. On remarquera qu’en français le participe précédé de «en» peut avoir des sens différents et correspondre à trois tournures latines; «en lisant» se traduira en latin tantôt par legendo, tantôt par in legendo ou legens. C’est la tournure in legendo qui a créé l’expression française «en lisant». – 7. A Samnitibus, voir note 1. – 8. Nihil, «en rien, nullement» (accusatif adverbial, G.C. 164). – 9. Gerere simultatem, expression toute faite, comme gerere bellum; elle signifie «être brouillé avec quelqu’un, être l’ennemi de quelqu’un». – 10. Auctor signifie «conseiller», l’expression auctor fuit équivaut donc à suasit et se construit avec ut comme ce verbe. – 11. Homo inimicus est un attribut; entendez comme s’il y avait; quanquam homo inimicus erat. – 12. Nihil est quod, «il n’y a pas de raison pour que». On dit avec le même sens: non est quod, non est cur. Ces latinismes fréquents sont à retenir. – 13. Venire, de veneo. Allusion à l’usage de vendre comme esclaves les prisonniers de guerre. – 14. Senatu movere, «écarter du Sénat», c’est-à-dire «rayer de la liste des sénateurs». – 15. Argentum factum, «de l’argent travaillé», c’est-à-dire «de l’argenterie». – Decem pondo, voir IX, 5, note 15. – 16. Reliquerit, exception à la concordance des temps (G.C. 249 et 250). – 17. Partes, au pluriel, a souvent le sens de «rôle».

THÈME D’IMITATION, XII, §§ 3-4.

§ 3. 1. Je t’ai entendu raconter que les envoyés des Samnites offrirent de l’argenterie (= du mobilier d’argent) à Fabricius. – 2. Je n’ai pas besoin d’argent, mais seulement d’herbes et de racines pour dîner. – 3. On raconte que nos ennemis seront facilement vaincus par le luxe et les plaisirs. – 4. Rien ne m’est plus étranger que les passions. – 5. Commandons à nos passions afin que nous puissions plus facilement nous déclarer philosophes (= sages). – 6. J’arracherai les herbes pour nettoyer mon champ.

§ 4. 1. Fabricius était brouillé avec le consul. – 2. Cet homme cupide fut chassé du sénat, quoiqu’il fût bon général. – 3. La guerre nous menaçait et nous ne voulions pas être pillés ou vendus. – 4. Nous conseillâmes au sénat de se charger du rôle des consuls. – 5. Il était tellement voleur qu’il fut chassé du sénat. – 6. Si tu meurs pauvre, le sénat établira tes filles. – 7. Rends grâces à Fabricius; car il n’y avait pas de raison pour qu’il te fît consul.

XIII. – Appius Claudius Caudex.

(263 avant J.-C.; an de Rome 490)

1. Appĭo Claúdio cónsule, coeptum est1 primum adversus Poenos bellum. Cum Messanam, Sicíliae urbem, Carthaginienses et Hiero, rex Syracusanus2, obsiderent, Appĭus Cláudius ad Messanam liberandam missus est. Consul primo ad explorandos hostes nave piscatória3 trajecit fretum inter Itáliam et Sicíliam interjectum. Ad quem venerunt núntii ab Hannone4, Poenorum duce, hortantes ad pacem conservandam5. Cum vero consul nullas condiciones admítteret, nisi Poeni ab oppúgnatione desísterent iratus Hanno exclamavit se non esse passurum Rómanos vel6 manus in mari Sículo ablúere. Non tamen pótuit prohibere quóminus7 Claúdius in Sicíliam legionem tradúceret, et Poenos Messana expélleret. Déinde Híero apud Syracusas victus est. Qui eo perículo térritus Romanorum amicítiam pétiit, et in eorum societate póstea constanter permansit.

Notes: 1. Coepi a aussi un passif coeptus sum qui s’emploie surtout devant un infinitif passif (G.C. 272). – 2. Syracusanus, l’adjectif au lieu du génitif du nom (G. 115). – 3. Les Romains n’avaient encore à ce moment aucun navire de guerre. – 4. Ab Hannone. Pour cet emploi de ab, voir G. 197. – 5. Ad pacem conservandam, voir XI, 5, note 9. – 6. Vel. Quand ce mot ne signifie pas «ou» entre deux termes, il signifie «même» et tombe sur le mot qui suit; c’est par vel qu’on rendrait le gallicisme «fût-ce» ou «ne fût-ce que». – 7. Quominus, «que ne», s’emploie après les verbes qui signifient «empêcher», quand ils sont accompagnés d’une négation ou d’une interrogation (G.C. 279).

XIV. – Caïus Duilius.

1. La victoire navale de Caius Duilius. – 2. Habileté d’Hannibal l’Ancien. – (260 avant J.-C.)

1. Cáius Duílius Poenos navali proelio primus devicit. Is, cum videret naves Romanas a Púnicis1 velocitate2 superari, manus férreas, quas corvos vocavere3, instítuit. Ea máchina Romanis magno úsui4 fuit: nam, injectis illis corvis, hostilem5 navem apprehendebant, déinde, superjecto ponte, in eam insiliebant, et gládio velut in pugna terrestri dimicabant: unde Romanis, qui róbore praestabant, fácilis victória fuit. Inter pugnandum6 triginta hóstium naves captae sunt, trédecim mersae. Duílius victor Romam reversus est, et primus navalem triumphum egit. Nulla victória Romanis grátior fuit, quod7, invicti terra8, jam étiam mari plúrimum possent. Ităque Duílio concessum est ut per omnem vitam, praelucente funali et praecinente tibícine, a cena públice rediret.

2. Hánnibal 9, dux classis Púnicae, e navi in scapham saltu se demisit, et Romanorum manus effugit. Véritus autem ne in pátria classis amissae 10 poenas daret, cívium offensam astútia avertit: nam ex 11 illa infelici pugna priusquam cladis núntius domum perveniret, quemdam ex amicis Cartháginem misit. Qui cúriam ingressus: «Vos, inquit, cónsulit 12 Hánnibal, cum dux Romanorum magnis cópiis maritimis instructus advénerit, num 13 cum eo conflígere débeat?» Acclamavit universus senatus: «Non est dúbium quin confligendum sit 14.» Tum ille: «Fecit, inquit, et victus est.» Ita non potuerunt factum damnare quod ipsi fíeri debuisse judicáverant. Sic Hánnibal victus crucis supplícium effugit: nam eo poenae génere dux, re male gesta 15, apud Poenos afficiebatur.

Notes: 1. Les navires, qui rivalisent de vitesse, sont en quelque sorte personnifiés, de là l’emploi de ab (G. 183). – 2. Velocitate, ablatif de relation qui se traduit par «au point de vue de…». – 3. Vocavere, G. 63, 1° et 149. – 4. Romanis magno usui, G. 174. – 5. Hostilem, l’adjectif au lieu du génitif hostium (G. 115). – 6. Inter pugnandum = in pugna. Inter signifie dans ce cas «pendant, durant». Le gérondif qui suit remplace simplement l’infinitif (G. 62 et G.C. 240). – 7. Quod, conjonction, sens causal. – 8. Dans ces expressions, in, qui s’emploie d’ordinaire à la question ubi devant les noms communs, s’omet régulièrement (G.C. 192). – 9. Cet Hannibal est différent du célèbre Hannibal, qui, plus tard, battit plusieurs fois les Romains. – 10. Le latin dit volontiers «la flotte perdue» pour dire «la perte de la flotte» (G.C. 225). – 11. Ex pugna marque le point de départ, domum, le point d’arrivée; ce sont deux compléments de circonstance de perveniret. – 12. Consulere avec l’accusatif signifie «consulter, demander avis à quelqu’un»; avec le datif, il prend le sens de «veiller sur» (G.C. 156). – 13. Num debeat, G. 254. – 14. Passif impersonnel (G. 70). – 15. Gerere rem, conduire une affaire; de là, avec bene ou male, l’idée de succès ou d’insuccès.

THÈME D’IMITATION, XIV, §§ 1-2.

§ 1. 1. Un joueur de flûte jouait devant (nous), lorsque (cum) nous revenions de dîner. – 2. Vos navires l’emportent en vitesse, les nôtres l’emportent en force. – 3. Cette victoire fut très utile aux Romains et aucune ne leur fut plus agréable. – 4. Saisissez le navire avec la main de fer et la victoire vous sera très facile. – 5. On lui permit de couler tous les navires carthaginois. – 6. Dans un combat naval les Romains prirent ou coulèrent les navires des Carthaginois, qui étaient la première puissance maritime.

§ 2. 1. Est-ce qu’il faut livrer bataille? – 2. Il n’est pas douteux que tu ne sois puni de la perte de la flotte. – 3. Le messager, en sautant dans une barque, avait échappé au supplice. – 4. En cas d’insuccès, nous détournerons par la ruse le mécontentement de nos concitoyens. – 5. Vous ne pouvez le condamner, puisque (quoniam) sa flotte a échappé aux mains des ennemis. – 6. Tu n’échapperas pas à ce genre de châtiment. – 7. Je te consulte (pour savoir) si les Romains doivent combattre contre les forces maritimes des Carthaginois. Seront-ils vaincus?

XV. – Marcus Atilius Régulus.

1. Loyauté de Régulus. – 2. Un serpent extraordinaire. – 3. Pauvreté de Régulus. – 4. Grandeur d’âme de Régulus. – 5. Il est torturé par les Carthaginois. – (267 avant J.-C.)

1. Marcus Régulus Poenos magna clade affecit. Tunc ad eum Hanno Carthaginiensis venit quasi de pace acturus, sed revera ut tempus tráheret, donec novae cópiae ex Afrĭca advenirent. Is ubi ad cónsulem accessit, exortus est clamor, auditaque vox: «Idem huic faciendum esse1 quod paucis ante annis2 Cornélio Romano a Poenis factum erat.» Cornélius porro, per fraudem véluti in collóquium evocatus, a Poenis comprehensus fúerat, et in víncula conjectus. Jam Hanno timere incipiebat, sed perículum cállido dicto avertit: «Hoc vos, inquit, si fecéritis, níhilo3 éritis Afris meliores.» Consul tacere jussit eos qui par pari referri4 volebant, et convéniens gravitati Romanae responsum dédit: «Isto te metu, Hanno, fides Romana líberat.» De pace non convenit5, quia nec Poenus sério agebat, et consul victóriam quam pacem malebat.

2. Régulus déinde in Afrĭcam primus Romanorum ducum trajecit, Clýpeam urbem et trecenta castella expugnavit; neque cum homínibus tantum, sed étiam cum monstris dimicavit. Nam cum apud flumen Bágradam castra haberet, anguis mirae magnitúdinis exércitum Romanum vexabat: multos mílites ingenti ore corrípuit; plures6 caudae vérbere elisit; nonnullos ipso7 pestilentis hálitus afflatu exanimavit. Neque is telorum ictu perforari póterat, quippe qui8 duríssimā squamarum loricā ómnia tela fácile repélleret. Confugiendum fuit9 ad máchinas, et advectis balistis, tanquam arx quaedam10 munita, dejiciendus hostis11 fuit. Tandem saxorum póndere oppressus jácuit; sed cruore suo flumen et vicinam regionem infecit, Romanosque castra movere coegit. Córium béluae, centum et viginti pedes12 longum, Romam misit Régulus.

Notes: 1. La proposition infinitive est introduite ici par l’idée de «dire» contenue dans le mot vox (G.C. 281). – 2. Ante est ici adverbe et l’ablatif est un ablatif de différence (G.C. 137). – 3. Nihilo, «en rien». Ablatif de différence (voir note précédente). – 4. Par pari referre, littéralement: «rendre le pareil pour le pareil», c’est-à-dire «appliquer la peine du talion» ou «rendre la pareille». – 5. Convenit, impersonnel. Non convenit, «on ne s’accorda pas». – 6. Plures est le comparatif de multi (G. 81). – 7. Ipse doit souvent se traduire comme solus. – 8. Quippe qui, «lui qui, en effet». Ces propositions relatives à sens causal se mettent au subjonctif (G. 329). – 9. Confugiendum fuit, passif impersonnel (G. 70). – 10. Quidam s’emploie parfois pour signifier «une sorte de, en quelque façon, pour ainsi dire» et sert ainsi à justifier une comparaison. – 11. Il s’agit du serpent, appelé ainsi parce qu’il tient tête à une armée. – 12. A côté des verbes et des adjectifs on met à l’accusatif le nom qui marque la distance ou la dimension (G.C. 163).

THÈME D’IMITATION, XV, §§ 1-2.

§ 1. 1. Hannon eut peur jusqu’à ce que Régulus l’eût délivré. – 2. Lorsque (cum) le consul fut saisi et jeté dans les fers, une clameur commença à s’élever. – 3. S’il traîne le temps [en longueur], nous en ferons autant (= nous rendrons la pareille). – 4. Peu de jours auparavant, de nouvelles troupes étaient arrivées à Rome. – 5. Si tu fais comme (= la même chose que) les Carthaginois, tu ne vaux nullement mieux qu’eux. – 6. N’aimez-vous pas mieux, en vous taisant, éviter ce danger?

§ 2. 1. Nous enverrons à Rome le monstre que nous avons abattu. – 2. Nous combattrons contre des serpents d’une taille énorme. – 3. Les écailles de cet animal, qui étaient plus dures qu’une cuirasse, écrasaient nos soldats. – 4. La région voisine sera infectée de son haleine pestilentielle. – 5. Si nous n’avions pas amené des machines de guerre, il nous aurait saisis avec sa gueule énorme.

3. Régulo, ob res bene gestas1, impérium in annum próximum prorogatum est. Quod ubi cognovit Régulus, scripsit senátui víllicum suum in agello, quem septem júgerum2 habebat, mórtuum esse, et servum, occasionem nactum, aufugisse, ablato instrumento rústico3, ideoque pétere se4 ut sibi successor in Afrĭcam mitteretur, ne, deserto agro, non esset unde5 uxor et líberi alerentur. Senatus, acceptis lítteris, res quas Régulus amíserat pública pecúnia6 rédimi jussit; agellum colendum locavit7, et alimenta cónjugi ac líberis praebuit. Régulus déinde crebris proeliis Carthaginiénsium opes cóntudit, eosque pacem pétere coegit: quam cum Régulus nollet nisi duríssimis condiciónibus dare, illi a Lacedaemóniis auxílium petierunt.

4. Lacedaemónii Xanthippum, virum belli peritíssimum, Carthaginiénsibus miserunt, a quo Régulus victus est última pernície: duo tantum mília hóminum ex omni Romano exércitu remanserunt; Régulus ipse captus et in cárcerem conjectus est. Déinde Romam de permutandis captivis8, dato jurejurando, missus est, ut9, si non impetrasset, rediret ipse Cartháginem. Qui cum Romam venisset, inductus in senatum mandata expósuit, et primum ne senténtiam díceret recusavit10, causatus se, quóniam in hóstium potestatem11 venisset, jam non esse senatorem. Jussus tamen senténtiam aperire, negavit12 esse útile captivos Poenos reddi, quia adulescentes essent et boni duces, ipse vero jam confectus senectute. Cujus13 cum valuisset auctóritas, captivi retenti sunt.

5. Régulus déinde cum14 retineretur a propinquis et amicis, tamen Cartháginem rédiit; neque vero tunc ignorabat se ad crudelíssimum hostem et ad exquisita supplícia proficisci, sed jusjurandum conservandum15 putavit. Reversum16 Carthaginienses omni cruciatu necaverunt: pálpebris enim resectis, aliquándiu in loco tenebricoso tenuerunt17; déinde, cum sol esset ardentíssimus, repente eductum intueri caelum coegerunt; postremo in arcam lígneam incluserunt, in qua úndique clavi praeaeuti eminebant. Ita, dum fessum corpus, quocumque inclinaret, stimulis ferreis confóditur, vigíliis et dolore contínuo exstinctus est. Hic18 fuit Atílii Réguli éxitus, ipsa19 quoque vita, licet per máximam glóriam diu acta, clárior et illústrior.

Notes: 1. Res bene gestas, voir XIV, 2, note 15. – 2. Septem jugerum, au génitif descriptif (G. 114). – 3. Instrumentum rusticum, l’outillage agricole. – 4. Constr.: se (lui, Régulus) petere ut (que). – 5. Non esset unde, littéralement «n’y eût pas de quoi (nourrir)». – 6. Publica pecunia, entendez: aux frais de l’État. – 7. Locare, «adjuger, mettre en adjudication». L’adjectif verbal peut marquer une idée de destination et correspondre à l’infinitif français après les verbes qui signifient «donner (à faire), charger (de faire)» (G.C. 243). – 8. De permutandis captivis. On n’emploie pas l’infinitif après les prépositions; il se trouve remplacé par le gérondif ou l’adjectif verbal; littéralement: au sujet du fait de racheter les captifs, c’est-à-dire: au sujet du rachat des captifs. – 9. Ut, «à savoir que». Cette proposition avec ut constitue une apposition au mot jurejurando et explique à quoi Régulus s’engage par serment. – 10. Recusare ne, «refuser de» (G. 278). – 11. Venire in potestatem, «tomber au pouvoir de». – 12. Negavit esse utile est la tournure ordinaire en latin au lieu de dixit non esse utile. – 13. Constr.: Cum auctoritas cujus (= ejus) valuisset. – 14. Cum, au sens de «bien que» (G.C. 286). – 15. Conservandum (esse). – 16. Le latin supprime les pronoms quand ils ne sont pas indispensables au sens, surtout près des participes (G.C. 139). – 17. Tenuerunt (eum). – 18. Hic fuit exitus, au lieu de hoc fuit exitus (G.C. 103). – 19. Ipsa vita, à l’ablatif comme complément du comparatif.

THÈME D’IMITATION, XV, §§ 3-5.

§ 3. 1. Vous lui enlèverez son outillage agricole pour la prochaine année. – 2. Dès que nous apprîmes que son intendant avait fui, nous l’écrivîmes à sa femme. – 3. Il demanda secours au Sénat, afin de pouvoir nourrir sa femme et son fils. – 4. Les Carthaginois ayant été contraints d’abandonner leurs champs, Régulus demanda qu’on leur accordât la paix à des conditions très dures. – 5. En raison des succès de Régulus, son domaine fut cultivé aux frais de l’État.

§ 4. 1. Cet homme est si (tam) habile dans [le métier de] la guerre que (ut, +subjonctif) il te vaincra. – 2. Je t’exposerai les instructions du Sénat au sujet du rachat des captifs. – 3. De tous les sénateurs, deux seulement refusèrent de dire leur avis. – 4. Quoique (quanquam) ils fussent tombés aux mains des ennemis, ils disaient qu’ils n’étaient pas des captifs. – 5. Si vous ne faites pas ce serment, vous serez jetés en prison.

§ 5. 1. Nous fûmes forcés de revenir à Carthage et retenus par de cruels ennemis. – 2. Nous n’ignorons pas que la mort de Régulus fut plus glorieuse que sa vie. – 3. Quoiqu’ils fussent percés de pointes de fer, ils tinrent parole. – 4. On nous fit sortir de ce coffre de bois. – 5. Parmi (inter) les plus cruels tourments, les captifs regardaient le ciel. – 6. Nous partîmes pour Carthage par un soleil ardent.

XVI. – Appius Claudius Pulcher.

(250 avant J.-C.; an de Rome 508)

1. Appĭus Claúdius, vir stultae temeritatis, consul adversus Poenos profectus est. Priorum ducum consília palam reprehendebat, seque, quo die1 hostem vidisset, bellum perfecturum esse jactitabat. Antĕquam navale proelium commítteret, auspícia hábuit2; cumque pullárius3 ei nuntiasset pullos non exire e cávea neque vesci, irridens jussit eos in aquam mergi, ut saltem bíberent, quóniam esse4 nollent. Quo facto mílitum ánimos vana religio5 incessit. Commisso déinde proelio, magna clades a Romanis accepta est; quorum octo mília caesa sunt, vigenti mília capta. Quare Claúdius a pópulo condemnatus est. Ea res calamitati6 fuit etiam Claúdiae, cónsulis sorori: nam, cum illa, a ludis públicis rédiens, turba premeretur, dixit: «Utĭnam frater meus víveret classemque íterum dúceret!», significans optare se ut nimis magna cívium frequéntia minueretur. Ob istam vocem ímpiam Claúdia quoque damnata est.

Notes: 1. Quo die, pour se die quo. L’antécédent a passé dans la relative (G.C. 146). – 2. Habere auspicia, comme adhibere auspicia, «consulter les présages», voir I, 4, note 6. – 3. Pullarius, «le pullaire», augure chargé des poulets sacrés. Ces poulets, qu’on emportait à la guerre, passaient pour annoncer les succès ou les revers suivant qu’ils mangeaient avec plus ou moins d’avidité. – 4. Esse = edere, verbe irrégulier. – 5. Vana religio, littéralement «un scrupule sans fondement», c’est-à-dire «une crainte superstitieuse». – 6. Calamitati Claudiae, double datif (G. 174).

XVII. – Paul-Émile et Térentius Varron.

1. Le désastre de Cannes. – 2. Hannibal néglige de profiter de sa victoire. – 3. Énergie des Romains. – 4. La mauvaise foi punie par le Sénat. – (216 avant J.-C.)

1. Hánnibal in Apúliam pervénerat. Adversus eum Roma profecti sunt duo cónsules, Paulus aemílius et Teréntius Varro. Paulo sollers Fábii cunctátio magis placebat; Varro autem, ferox et temerárius, acriora sequebatur consília. Ambo apud vicum1, qui Cannae appellabatur, castra posuerunt. Ibi ínsitam Varroni2 temeritatem fortuna áliquo lévium proeliorum successu alúerat: ităque, invito collega, áciem instruxit, et signum pugnae dédit. Victus caesusque est Romanus exércitus; nusquam3 graviore vúlnere afflicta est respública. Paulus aemílius telis óbrutus cécidit: quem cum4 média in pugna oppletum cruore conspexisset quidam tribunus mílitum: «Cape, inquit, hunc equum, et fuge, aemĭli.» – «Quin5 tu pótius, respondit Paulus, abi; núntia pátribus ut urbem múniant, ac, priusquam hostis victor advéniat, praesídiis firment: tu me pátere6 in hac mílitum meorum strage exspirare.» Alter consul cum paucis equítibus fugit.

2. Hanníbali victori cum céteri gratularentur, suaderentque ut quietem7 ipse súmeret et fessis milítibus daret, unus ex ejus praefectis, Maharbal, mínime cessandum ratus8, Hanníbalem hortabatur9 ut statim Romam pérgeret, die quinto victor in Capitólio epulaturus10. Cumque Hanníbali11 illud consílium non probaretur, Maharbal adjecit: «Víncere scis, Hánnibal, sed victória uti nescis.» Mora hujus diei satis12 créditur saluti fuisse urbi et império. Póstero die, ubi primum illuxit13, ad spólia legenda Poeni insistunt. Jacebant tot Romanorum mília ut missi sint14 Cartháginem tres módii anulorum, qui ex dígitis équitum et senatorum detracti erant. Dein Hánnibal in Campániam devertit, cujus delíciis et ipse et exércitus ardor elánguit.

Notes: 1. Apud vicum question ubi (G. 197). – 2. Varroni = in Varrone, à cause de la préposition contenue dans insitus. – 3. Nusquam, nulle part (ailleurs), c’est-à-dire: en aucune autre circonstance, jamais. – 4. Quem cum = et cum eum (G. 144). – 5. Quin ou quin immo s’emploient pour contredire: «non, mais bien au contraire». – 6. Patere, de patior. – 7. Quietem, à la fois complément de tumeret et de daret (G.C. 155). – 8. Ratus cessandum (esse), voir G. 70. – 9. Hortari ut et plus haut suadere ut, G. 273. – 10. Epulaturus, G. 58, 3°. – 11. Avec le passif de probare, le complément qui devrait se mettre à l’ablatif avec ab, d’après la règle générale (G. 183) se met régulièrement au datif. – 12. Satis tombe sur creditur et signifie «communément». – 13. Illuxit , impersonnel. – 14. Missi sint, dérogation à la règle de concordance des temps. Ce cas se présente assez fréquemment dans les récits historiques et dans les propositions consécutives (G.C. 250, 295).

THÈME D’IMITATION, XVII, §§ 1-2.

§ 1. 1. L’un des tribuns donnera le signal, lorsqu’il aura aperçu l’armée d’Hannibal. – 2. Paul-Émile atteint d’une grave blessure était couvert de sang. – 3. Annonce aux Romains que leur armée a été taillée en pièces. – 4. Préviens (= annonce) les Romains de ranger leur armée [en bataille]. – 5. Je ne souffrirai pas que ce consul, malgré les tribuns, donne le signal, avant que nos soldats ne soient parvenus à Cannes. – 6. Je n’imiterai (= suivrai) pas la témérité innée chez toi; la lenteur du consul me plaît davantage.

§ 2. 1. Il se dirigea aussitôt vers la ville, pour profiter de sa victoire. – 2. Cette résolution le sauva [lui] et son armée. – 3. Cet anneau, que j’ai retiré de mon doigt, sera envoyé à Rome. – 4. Il me conseilla de dîner avec des sénateurs et des chevaliers. – 5. Il n’approuva pas ce conseil et le lendemain tant de soldats furent fatigués que l’ardeur de l’armée s’éteignit. – 6. Dès qu’il fit jour, il nous félicita et nous exhorta à recueillir le butin.

3. Nunquam tantum pavoris Romae fuit quantum ubi acceptae cladis núntius advenit. Neque tamen ulla pacis méntio facta est; immo Varroni, calamitatis auctori, óbviam itum est1, et grátiae ab ómnibus ordínibus actae2, quod de república non desperasset3: qui, si Carthaginiénsium dux fuisset, temeritatis poenas omni supplício dedisset. Dum Hánnibal Cápuae ségniter et otiose agebat4, Romani ínterim respirare coeperunt. Arma non erant: detracta sunt templis et portícibus vétera hóstium spólia. Egebat aerárium: opes suas senatus libens5 in médium6 prótulit, patrumque exemplum imitati sunt équites. Déerant mílites: nómina dederunt7 quidam adhuc praetextati8, id est, juniores annis septémdecim, qui satis vírium ad ferenda arma habere videbantur; empti sunt públice9 et armati servi. Id magis plácuit quam captivos, licet10 minore prétio, redímere.

4. Cum Hánnibal redimendi sui11 cópiam captivis Romanis fecisset, decem ex ipsis Romam ea de re missi sunt; nec12 pignus áliud fídei ab iis postulavit Hánnibal quam ut13 jurarent se, si non impetrassent, in castra redituros14. Eos senatus non cénsuit redimendos, cum15 id parva pecúnia fíeri potuisset: ut milítibus Romanis ínsitum esset aut víncere aut mori. Unus ex iis legatis, e castris egressus, velut áliquid oblitus, paulo post reversus erat in castra, déinde cómites ante noctem assecutus erat. Is ergo, re non impetrata, domum ábiit. Réditu16 enim in castra se liberatum esse jurejurando interpretabatur. Quod ubi17 innótuit, jussit senatus illum comprehendi, et vinctum duci ad Hanníbalem. Ea res18 Hanníbalis audáciam máxime fregit, quod senatus populusque Romanus, rebus afflictis, tam excelso esset19 ánimo.

Notes: 1. Itum est, passif impersonnel (G. 70 et 84, 6°). – 2. Actae (sunt). – 3. Ce subjonctif doit être traduit comme un indicatif; le subjonctif s’emploie avec quod quand on rapporte l’opinion d’autrui (G.C. 285). – 4. Agere, employé sans complément peut signifier «passer son temps». – 5. Libens, l’adjectif au lieu de l’adverbe libenter (G. 117). – 6. In medium, littéralement «au milieu», c’est-à-dire en commun, à la disposition de l’État. – 7. Nomen dare, c’est donner son nom pour l’enrôlement, s’enrôler. – 8. Les jeunes gens portaient la robe prétexte jusqu’à dix-sept ans. – 9. Publice, au nom et aux frais de l’État. – 10. Licet est ici conjonction. – 11. Redimendi sui. C’est le singulier et non le pluriel de l’adjectif verbal qu’on emploie avec le génitif des pronoms personnels sui, nostri , vestri (G.C. 237). – 12. Nec = et non. – 13. Quam ut, «que (ceci, à savoir) que». – 14. Redituros (esse) et plus loin redimendos (esse). – 15. Cum, au sens concessif: «quoique». Quand cum a ce sens, il se construit toujours avec le subjonctif. – 16. Reditu, ablatif marquant la cause, tandis que jurejurando est un ablatif d’éloignement. Jusjurandum s’entend ici de l’obligation créée par le serment. – 17. Quod ubi = sed ubi hoc (G. 144). – 18. Ea res, quod, «ceci, (à savoir) que» (G.C. 181, II, ex. 4). – 19. Esset, à traduire comme un indicatif. Ce verbe est au subjonctif parce que cette proposition ne présente pas le fait en lui-même, mais comme pensé par Hannibal (G. 341). On remarquera aussi le singulier, bien qu’il y ait deux sujets (G.C. 107).

THÈME D’IMITATION, XVII, §§ 3-4.

§ 3. 1. Tandis qu’on armait les esclaves, nous commençâmes à racheter les captifs. – 2. On rendit grâces aux sénateurs d’avoir imité l’exemple des chevaliers. – 3. Si tu désespères de notre armée, tu seras châtié de ta peur. – 4. Si tu vas au-devant des ennemis, nous te donnerons volontiers leurs dépouilles. – 5. Le messager n’avait pas assez de force pour parler (= faire mention) de la défaite subie.

§ 4. 1. Le Sénat ne nous a pas demandé autre chose que de vaincre ou de mourir. – 2. Les soldats romains avaient l’âme si élevée, que (ut) leur audace ne fut pas abattue. – 3. Ce Romain, que le Sénat ne fut pas d’avis de racheter, fut conduit au camp d’Hannibal. – 4. Jurez que vous rejoindrez peu après vos compagnons.

XVIII. – Marcus Claudius Marcellus.

1. Succès de Marcellus contre Hannibal. – 2. Siège de Casilinum. – 3. Constance des assiégés. – 4. Prise de Syracuse. – 5. Mort de Marcellus. – (214 avant J.-C.)

1. Cláudius Marcellus praetor Hanníbalem vinci posse primus dócuit1. Cum enim ad Nolam2 Hánnibal accessisset, spe urbis per proditionem recipiendae, Marcellus, instructa ante urbis portant ácie, cum eo conflixit, et Poenos fudit. Pulsus Hánnibal exércitum ad Casilinum, parvam Campániae urbem, duxit. Parvum erat in ea praesídium, et tamen penúria frumenti efficiebat ut nímium hóminum3 esse videretur. Hánnibal primo cives verbis benignis ad portas aperiendas coepit allícere; déinde, cum in fide Romana perstarent, moliri4 portas et claustra refríngere parat. Tum ex urbe ingenti cum tumultu erumpunt cohortes5 duae intus instructae, stragemque Poenorum fáciunt. Pudor Hanníbalem ab incepto avertit: ítaque, relicto circa Casilinum praesídio, ne omissa res videretur, ipse in hiberna Cápuam concessit, partemque majorem6 hiemis exércitum in tectis hábuit.

2. Mitescente jam hieme, Hánnibal Casilinum rédiit, ubi obsídio continuata oppidanos ad últimum7 inópiae addúxerat. Marcellum cupientem obsessis ferre auxílium Vulturnus amnis inflatus aquis tenebat8; at Gracchus, qui cum equitatu Romana Casilino9 assidebat, farre ex agris úndique convecto complura dólia10 implevit, déinde núntium ad magistratum Casilinum misit, ut excíperet dólia quae amnis deferret. Insequenti11 nocte, dólia médio missa amne defluxerunt. aequáliter inter omnes frumentum divisum12. Id póstero quoque die ac tértio factum est. Re détecta, Hánnibal, catena per médium flumen injecta, intercepit dólia. Tum nuces a Romanis sparsae, quae aqua defluente Casilinum deferebantur, et crátibus excipiebantur. Eo commeatu sociorum necéssitas aliquándiu sublevata est.

3. Postremo ad id13 ventum est inópiae, ut Casilinates lora mánderent, detractasque scutis pelles, quas férvida molliebant aqua; nec múribus aliove animali abstinuerunt. Quidam ex his avarus murem captum máluit ducentis denáriis14 vendere quam eo ipse vesci, leniendae famis grátia15. Utrique, venditori nempe et emptori, sors mérita óbtigit: nam avaro16 fame consumpto non lícuit sua pecúnia frui; emptor vero cibo comparato vixit. Tandem omne herbarum radicumque genus infimis aggéribus múri eruerunt; et, cum hostes locum exarassent, Casilinates raporum semen injecerunt. Miratus Hánnibal exclamavit: «Eone usque17 dum ea nascantur, ad Casilinum18 sessurus sum?» Et qui19 nullam antea pactionem aúribus admíserat, tum demum aequas deditionis condiciones non repudiavit.

Notes: 1. Docuit: docere, au sens de «enseigner que, faire voir que», se construit avec une proposition infinitive (G.C. 264). – 2. Ad Nolam, G. 197. – 3. Il est plus habituel de dire en pareil cas: nimis multi homines (G. 91). – 4. Moliri, ici: remuer avec effort, ébranler. – 5. La cohorte comprenait environ 390 hommes; plus tard, son effectif fut augmenté. – 6. Le comparatif et non le superlatif parce qu’on compare deux parties de l’hiver (G. 133). – 7. L’adjectif est pris ici comme nom, au neutre: le dernier degré; ad ultimam inopiam serait plus conforme à l’usage classique. – 8. Tenebat = retinebat. – 9. Casilino, au datif, comme complément d’un verbe composé de la préposition ad (G. 170). – 10. Le dolium était d’ordinaire un vaste récipient en terre cuite. Peut-être s’agit-il ici de tonneaux de bois. Far, farris, n. comme frumentum. – 11. Insequenti et non insequente, parce que le participe est employé ici comme adjectif (G. 58). – 12. Divisum (est): Omnes désigne les assiégés qui recueillent le froment. – 13. Ad id inopiae, à ce point de disette (G.C. 154). – 14. Denariis, ablatif de prix. – 15. Gratia ou causa, à l’ablatif jouent le rôle de prépositions se construisant avec le génitif et signifient «en vue de» (G. 96). – 16. Avaro, au datif, comme complément de licuit. – 17. Eone usque. Ne est l’adverbe interrogatif (G. 92); eo usque dum signifie littéralement «jusqu’à ce que»; dum, à lui seul, peut avoir ce sens. – 18. Ad s’emploie aussi à la question ubi, pour marquer la proximité (G. 197). – 19. Qui, «lui qui».

4. Póstea, cum Sicília a1 Romanis ad Poenos defecisset, Marcellus, consul creatus, Syracusas, urbem Sicíliae nobilíssimam, oppugnavit. Diuturna fuit obsídio; nec2 eam, nisi post tres annos, cepit Marcellus. Rem confecisset celérius, nisi unus homo ea tempestate Syracusis fuisset. Is erat Archímedes, mirábilis inventor machinarum, quibus ómnia Romanorum ópera3 brevi disturbabat. Captis Syracusis, Marcellus, exímia hóminis prudéntia delectatus, ut cápiti illius parceretur4 edixit. Archímedes, dum in púlvere5 quasdam formas déscribit atténtius6, pátriam suam captam esse non sénserat. Miles praedandi causa7 in domum ejus irrupit, et minantis8 voce quisnam esset eum interrogavit. Archímedes, propter cupiditatem illud investigandi quod requirebat, non respondit. Quapropter a mílite obtruncatus est. Ejus mortem aegre tulit Marcellus, sepulturaeque curam hábuit.

5. Marcellus, recepta Sicília, cum ad urbem9 venisset, postulavit ut sibi triumphanti Romam inire liceret. Id non impetravit, sed tantum ut ovans10 ingrederetur. Prídie, injussu senatus, in monte Albano11 triumphavit; inde ovans multam prae se praedam in urbem íntulit. Cum simulacro12 captarum Syracusarum perlata sunt multa urbis ornamenta, nobiliaque signa quibus abundabant Syracusae. Quae ómnia ad aedem Honoris atque Virtutis cóntulit: nihil in suis aedibus, nihil in hortis pósuit. Insequenti13 anno, íterum adversus Hanníbalem missus est. Túmulus erat inter Púnica et Romana castra, quem occupare Marcellus cupiebat; at prius locum ipse explorare vóluit. Eo cum paucis equítibus profíciscitur; sed in insídias delapsus est, et láncea transfixus occúbuit. Hánnibal inventum Marcelli corpus magnífice sepeliri jussit.

Notes: 1. Ab marque l’éloignement, ad, le rapprochement. – 2. Nec eam cepit = et non cepit eam. – 3. Ce mot désigne souvent les travaux militaires autour d’un camp ou d’une place forte. Il faut l’entendre ici de tous les travaux d’approche, machines de guerre comprises. – 4. Ce verbe se construisant avec le datif, il ne peut être mis au passif que dans la tournure impersonnelle. – 5. C’était la coutume dans l’antiquité de dessiner les figures géométriques dans la poussière avec un bâton. On voit qu’Archimède était occupé à chercher la solution d’un problème de géométrie. – 6. Attentius, comparatif de l’adverbe, sans complément (G. 88 et 130). – 7. Causa, voir plus haut, 3, note 15. – 8. Minantis, entendez: hominis minantis. – 9. Chez les écrivains latins, Rome est souvent désignée simplement par le mot Urbs. – 10. L’ovation était une sorte de triomphe, mais de qualité inférieure. Le triomphateur y était couronné de myrte et non de laurier; il immolait une brebis et non un boeuf. – 11. Cette montagne était à vingt kilomètres environ de Rome. – 12. Dans le triomphe, on portait sur des chars ou des civières des statues qui représentaient les villes ou les nations vaincues. – 13. Insequenti, ablatif en i, parce que le participe est pris ici comme adjectif (G. 58).

LIVRE DU MAÎTRE

Les textes latins du programme (classe de sixième)

PREMIÈRE PARTIE: EXTRAITS DE L’EPITOME HISTORIAE SACRAE

I. – La création du monde et nos premiers parents.

1. Dieu créa le ciel et la terre en six jours. Le premier jour il créa la lumière; le second, le ciel; le troisième, il rassembla les eaux en un seul lieu et fit sortir de la terre les plantes et les arbres. Le quatrième, il fit le soleil, la lune et les étoiles; le cinquième, les oiseaux qui voltigent dans l’air et les poissons qui nagent dans les eaux. Le sixième jour, il fit tous les êtres vivants; en dernier lieu l’homme. Le septième, il se reposa.

2. Dieu créa le corps de l’homme du limon de la terre. Il lui donna une âme vivante, le fit à sa ressemblance et le nomma Adam. Ensuite, il endormit Adam et tira une de ses côtes durant son sommeil. Il en forma la femme, qu’il donna comme compagne à l’homme. C’est ainsi qu’il institua le mariage. Le nom de la première femme fut Eve.

3. Dieu plaça Adam et Eve dans un jardin très agréable, qu’on appelle habituellement Paradis terrestre. Un grand fleuve arrosait ce jardin. Il y avait là tous les arbres qui réjouissent les yeux, tous les fruits qui flattent le goût. Parmi ces arbres se trouvait l’arbre de la science du bien et du mal. Dieu dit à l’homme: «Profite des fruits de tous les arbres du Paradis, à l’exception de ceux de l’arbre de la science du bien et du mal. Car si tu en manges, tu mourras.»

4. Le serpent, qui était le plus rusé de tous les animaux, dit à la femme: «Pourquoi ne manges-tu pas le fruit de cet arbre?» La femme répondit: «Dieu l’a défendu. Si nous y touchons, nous mourrons.» – «Pas du tout, reprit le serpent; vous ne mourrez pas, mais vous serez semblables à Dieu, connaissant le bien et le mal.» La femme, trompée par ces mots, cueillit le fruit, en mangea, puis en offrit à son époux, qui en mangea également.

5. Adam, fuyant la présence de Dieu, se cacha. Dieu l’appela: «Adam! Adam!» Il répondit: «J’ai craint votre présence et je me suis caché.» – «Pourquoi crains-tu, dit Dieu, sinon parce que tu as mangé le fruit défendu?» Adam répondit: «La femme que j’ai reçue de vous pour compagne, m’a donné ce fruit à manger.» Le Seigneur dit à la femme: «Pourquoi as-tu agi ainsi?» Elle répondit: «Le serpent m’a trompée.»

6. Le Seigneur dit au serpent: «Pour avoir trompé la femme, tu seras en butte à la haine et à l’exécration entre tous les animaux. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras la terre. Il y aura inimitié entre toi et la femme. Un jour, elle t’écrasera la tête.» Il dit en outre à la femme: «Je te chargerai de nombreux maux. Tu enfanteras dans la douleur et tu seras soumise à l’homme.»

7. Dieu dit ensuite à Adam: «Puisque tu as cédé par complaisance à ton épouse, la terre sera mal disposée à ton égard. Elle produira pour toi des épines et des chardons. Tu lui demanderas la nourriture au prix de grandes peines, jusqu’à ce que tu retournes dans son sein d’où tu es venu.» Puis Dieu chassa Adam et Eve du jardin pour obliger l’homme à cultiver la terre. Il plaça un ange armé d’une épée flamboyante à l’entrée du Paradis pour en interdire l’accès.

EXERCICE, I, §§ 5-7. – 1°. Se déclinent sur rosa: terra, inimicitia, spina; sur Dominus: Adamus, Deus, carduus, hortus, angelus, gladius, Paradisius; sur templum: malum (un mal). – 2°. La deuxième personne du singulier du présent de l’indicatif se termine par s (comme en français) times, eris, reptabis, paries, habebis, quaeres, es. – 3°. Sujets de verbes: Adamus (abscondit), Deus (vocavit), qui (respondit), Deus (inquit), Adamus (respondit), mulier (porrexit), Dominus (dixit), quae (respondit), Dominus (dixit), inimicitiae (erunt), ipsa (conteret), Deus (dixit), ea (fundet), ille (coleret), qui (praeferebat). – 4°. Il est facile de conclure que tout sujet d’un verbe à un mode personnel est au nominatif.

II. – Le Déluge.

1. Quand les hommes se furent multipliés, tous les vices se développèrent. Dieu, s’en trouvant offensé, résolut de détruire le genre humain par le déluge. Cependant il épargna Noé et ses enfants à cause de leur vertu. Noé, averti par Dieu, construisit une arche de grandes dimensions en forme de navire. Il l’enduisit de bitume et y mit une paire de tous les animaux.

2. Quand Noé lui-même y fut entré avec sa femme, ses trois fils et autant de brus, les eaux de la mer et des fontaines envahirent la terre. En même temps il plut abondamment pendant quarante jours et autant de nuits. L’eau recouvrit toute la terre au point de dépasser de quinze coudées les plus hautes montagnes. Tout fut englouti par le déluge. Quant à l’arche, soulevée par les eaux, elle flottait sur leurs profondeurs.

3. Dieu envoya un vent violent et peu à peu les eaux diminuèrent. Enfin, dix mois après le début du déluge, Noé ouvrit la fenêtre de l’arche et fit sortir un corbeau qui ne revint pas. Ensuite il lâcha une colombe. Celle-ci, n’ayant pas trouvé un endroit sec pour y poser le pied, revint auprès de Noé qui étendit la main et la remit à l’intérieur de l’arche. Lâchée de nouveau, elle apporta dans son bec un rameau d’olivier verdoyant. C’était le signe que le déluge était fini.

4. Noé, avec sa famille, sortit de l’arche après y avoir été enfermé toute une année. Il fit sortir avec lui les oiseaux et tous les autres animaux. Puis il éleva un autel et offrit un sacrifice à Dieu. Dieu lui dit: «Je ne détruirai plus le genre humain. Je mettrai mon arc-en-ciel dans les nuages et ce sera le signe de l’alliance que je fais avec vous. Quand je couvrirai le ciel de nuages, mon arc-en-ciel se montrera, je me rappellerai mon engagement et il n’y aura plus de déluge pour détruire le monde.

EXERCICE, II, §§ 1-4. – 1°. Noms imparisyllabiques: homo, hominis; genus, generis; virtus, virtutis; bitumen, bituminis; par, paris; animans, animantis; conjux, conjugis; fons, fontis; nox, noctis; mons, montis; pes, pedis; foedus, foederis. – Noms parisyllabiques: navis, navis; mare, maris; mensis, mensis; finis, finis; avis, avis; altare, altaris; nubes, nubis; orbis, orbis. – 2°. Troisième personne du singulier du parfait actif: § 1 crevit, statuit, pepercit, exstruxit, linivit, induxit; § 2. cecidit, operuit; § 3. immisit, aperuit, emisit, extendit, intulit, attulit; § 4. eduxit, erexit, obtulit, dixit. Cette forme active se termine donc par un i et un t (it).

III. – Vocation d’Abraham.

1. Le châtiment du déluge ne détourna pas les hommes du vice. Bientôt même ils devinrent pires qu’auparavant. Ils oublièrent Dieu, leur créateur; ils adoraient le soleil et la lune; ils ne respectaient pas leurs parents; ils mentaient, trompaient, volaient, tuaient. En un mot ils se souillaient de tous les crimes.

2. Cependant de saints personnages pratiquaient la vraie religion; parmi eux se trouva Abraham. Dieu fit alliance avec lui en ces termes: «Sors de ta maison paternelle; quitte ta patrie; va dans le pays que j’ai l’intention de donner à tes descendants. Tu seras le père de nombreuses nations et à cause de toi les races de la terre seront comblées de biens. Regarde le ciel; compte les étoiles si tu peux; ta descendance les égalera en nombre.»

3. Un fils naquit à Abraham; il l’appela Isaac. Quand Isaac fut devenu grand, Dieu, voulant éprouver la foi d’Abraham, lui dit: «Abraham, prends ton fils unique, que tu aimes, et sacrifie-le-moi sur la montagne que je te désignerai.»

4. Abraham obéit sans hésitation à l’ordre de Dieu. Il plaça le bois sur les épaules d’Isaac. Quant à lui, il portait le feu et l’épée. Tandis qu’ils marchaient ensemble, Isaac dit à son père: «Mon père, voici le bois et le feu; mais où est la victime qui doit être immolée?» Abraham lui répondit: «Dieu, mon fils, y pourvoira pour lui-même.» Quand ils furent parvenus tous deux au lieu désigné, Abraham éleva un autel, rangea le bois, attacha Isaac sur le monceau de bûches, puis saisit son épée.

5. A ce moment un ange cria du ciel: «Abraham, retiens ta main! Ne fais aucun mal à l’enfant. Je connais bien maintenant ta foi, puisque tu n’as pas épargné ton fils unique. Aussi tu auras mes faveurs: je récompenserai magnifiquement ta foi.» Abraham se retourna et vit un bélier, dont les cornes s’embarrassaient dans les broussailles. Il l’immola à la place de son fils.

EXERCICE, III, §§ 2-5. – 1°. Noms de la troisième déclinaison au génitif singulier et pluriel: mons, montis, montium; ignis, ignis, ignium; iter, itineris, itinerum; pater, patris, patrum; strues, struis, struum; aries, arietis, ariatum; vepres, veprium. – 2°. Tentans fidem (éprouvant la foi); tolle filium (prends ton fils); imposuit ligna (il plaça les bois); portabat ignem et gladium (il portait le feu et l’épée); facerent iter (ils voyageaient); providebit hostiam (il procurera une victime); exstruxit aram (il éleva un autel); disposuit ligna (il arrangea les bûches); alligavit Isaacum (il attacha Isaac); arripuit gladium (il saisit l’épée); contine manum tuam (arrête ta main); remunerabo fidem tuam (je récompenserai ta foi); vidit arietem (il vit un bélier). – 3°. On voit que le nom complément d’objet direct se met à l’accusatif. – 4° Exi (exire), desere (deserere), pete (petere), aspice (aspicere), dinumera (dinumerare), tolle (tollere), immola (immolare): donc cet impératif singulier deuxième personne se forme en retranchant à l’infinitif la syllabe re.

IV. – Esaü et Jacob.

1. Esaü était très velu, tandis que Jacob ne l’était pas. Le premier était un chasseur intrépide, l’autre était paisible et simple (simple au point de vue des habitudes). Un jour que Jacob avait préparé un plat de lentilles, Esaü survint, fatigué d’avoir beaucoup marché, et dit à son frère: «Donne-moi ce plat, car je reviens de la campagne mort de fatigue.» Jacob lui répondit: «Tu l’auras, si tu me cèdes ton droit d’aînesse.» – «Volontiers» dit Esaü. – «Jure-le donc» dit Jacob.

2. Isaac, qui appréciait fort le gibier, aimait Esaü; mais Jacob était le préféré de sa mère Rébecca. Isaac, étant devenu fort vieux et aveugle, fit venir Esaü. «Prends, lui dit-il, ton carquois, ton arc et tes flèches. Apporte-moi un plat confectionné avec le produit de ta chasse, afin que j’en mange et que je te bénisse (je te souhaite toutes les choses prospères) avant de mourir.» Esaü partit donc à la chasse.

3. Rébecca avait entendu les paroles d’Isaac. Elle appela Jacob et lui dit: «Apporte-moi deux chevreaux bien gras. J’en ferai un plat que ton père apprécie beaucoup. Tu lui présenteras ce mets et il te donnera sa bénédiction.» Jacob répondit: «Mère, je n’ose agir ainsi. Car Esaü est velu tandis que je ne le suis pas. Si mon père me touche, il se fâchera contre moi. Il en résultera qu’il s’indignera contre ma conduite et me punira au lieu de me favoriser.»

4. Rébecca insista: «N’aie pas peur, mon fils. Si quelque accident survient, je prends tout sur moi. Pour toi, n’hésite pas à suivre mes ordres.» Jacob s’éloigna donc et apporta à sa mère deux chevreaux. Elle en fit un plat qu’elle savait agréable au palais d’Isaac. Ensuite elle fit revêtir à Jacob les vêtements de son frère et appliqua une peau de chevreau sur ses mains et sur son cou. Puis elle lui dit: «Va trouver ton père et offre-lui le mets qui lui plaît.»

5. Jacob présenta à son père le mets préparé par sa mère. Isaac lui dit: «Qui donc es-tu?» Jacob répondit: «Je suis Esaü, votre fils aîné. J’ai fait, mon père, ce que vous m’avez ordonné. Levez-vous et mangez du produit de ma chasse.» – «Comment, dit Isaac, as-tu pu trouver si vite du gibier?» – « J’en ai trouvé, mon père; c’est Dieu qui l’a voulu.» Isaac reprit: «Es-tu mon fils aîné Esaü? Approche plus près, afin que je te touche.» Jacob s’approcha de son père, qui dit: «C’est à la vérité la voix de Jacob, mais les mains sont celles d’Esaü.»

6. Isaac embrassa Jacob et lui accorda tous les avantages du droit d’aînesse. Peu après Esaü rentra de la chasse et offrit lui aussi à son père le mets qu’il avait préparé. Isaac étonné lui dit: «Quel est donc celui qui m’a apporté tout à l’heure un plat et auquel j’ai donné ma bénédiction comme à mon fils aîné?» A ces mots Esaü fit entendre un grand cri et remplit la maison de ses lamentations.

EXERCICE, IV, §§ 15-17. – 1°. Adjectifs de la première classe: pilosus, strenuus, placidus, fessus, carus, caecus, faustus, opimus, adversus, totus (mais voir G. 44, III, 4°), magnus. – 2°. Adjectifs de la deuxième classe: simplex, lenis. – 3°. Futurs de la première conjugaison: dabo, precabitur; deuxième conjugaison: succensebit; troisième conjugaison: concedes, faciam, conficiam, appones, evenient, sumam, sequetur. – 4°. Les futurs actifs latins (si on néglige les verbes déponents, sont donc terminés en bo, bis aux deux premières conjugaisons et en am, es à la troisième. – 5°. Singulier: suavis cibus, suavis cibi, suavi cibo, suavi cibo, suavem cibum; pluriel: suaves cibi, suavium ciborum, suavibus cibis (dat. et abl.), suaves cibos.

V. – Histoire de Joseph.

1. Jacob eut douze fils, au nombre desquels fut Joseph. Son père l’aimait plus que tous les autres. Il lui avait donné une robe tissée de fils de diverses couleurs. Aussi Joseph était haï de ses 7 frères, surtout quand il leur eut raconté deux songes qui annonçaient sa grandeur future. Ils le détestaient au point qu’ils ne pouvaient parler amicalement avec lui.

2. Voici les songes de Joseph: «Nous étions occupés ensemble, dit-il, à lier des gerbes dans un champ. Voici que ma gerbe se dressait et se tenait debout. Les vôtres l’entourant l’adoraient. Ensuite je vis en songe le soleil, la lune et les étoiles qui m’adoraient.» Ses frères lui répondirent: «A quoi tendent ces songes? Est-ce que par hasard tu seras notre roi? Serons-nous soumis à ta puissance?» Ses frères lui portaient donc envie; quant à son père, il réfléchissait sur tout cela en silence.

3. Un jour les frères de Joseph faisaient paître leurs troupeaux au loin, tandis qu’il était resté à la maison. Jacob l’envoya auprès de ses frères, pour savoir comment ils allaient. En voyant venir Joseph, ils conçurent le dessein de le tuer. «Voici venir, disaient-ils, notre rêveur. Tuons-le et jetons-le dans un puits. Nous dirons à notre père: Une bête sauvage a dévoré Joseph. Alors on verra à quoi lui auront servi ses songes.»

4. Ruben, qui était l’aîné, cherchait à détourner ses frères d’un si grand forfait. «Ne tuez pas cet entant, leur disait-il; car c’est notre frère. Jetez-le plutôt dans cette fosse.» Son intention était de tirer Joseph de leurs mains, de le faire sortir de la fosse et de le ramener à son père. Ces paroles les décidèrent à prendre un parti plus humain.

5. Quand Joseph arriva auprès de ses frères, ils lui enlevèrent la robe dont il était revêtu et le jetèrent dans une fosse. Ensuite, s’étant assis pour prendre leur nourriture, ils aperçurent des marchands qui se rendaient en Égypte avec des chameaux chargés de divers aromates. Il leur vint l’idée de vendre Joseph à ces marchands. Ceux-ci achetèrent Joseph pour vingt pièces d’argent et l’emmenèrent en Égypte.

6. Les frères de Joseph trempèrent sa robe dans le sang d’un chevreau qu’ils avaient tué et l’envoyèrent à son père en lui faisant dire: «Nous avons trouvé cette robe. Voyez si ce n’est pas celle de votre fils.» Le père la reconnut et s’écria: «C’est la robe de mon fils; une affreuse bête a dévoré Joseph.» Puis il déchira son vêtement et revêtit un cilice. Tous ses enfants se réunirent pour adoucir la douleur de leur père. Mais Jacob refusa leurs consolations en disant: «Je vais descendre désolé avec mon fils dans le tombeau.»

EXERCICE, V, §§ 4-6. – 1°. Maximus, de magnus, grand, major, maximus; tantus, si grand, (sans comp. ni superl.); mitius, de mitis, doux, mitior, mitissimus; varia, de varius (comp. et superl. avec magis et maxime); pessima, de malus, mauvais (pejor, pessimus). – 2°. Qui, nominatif masc. sing.; eum, acc. masc. sing. (is); noster, nom. masc. sing.; hunc, acc. fém. sing. (hic); eorum, gén. masc. plur. (is); illum, acc. masc. sing. (ille); his, abl. neut. plur. (hic); suos, acc. masc. plur. (suus); ei, dat. masc. sing. (is); qua, abl. fém. sing. (qui); eum, acc. masc. sing. (is); qui, nom. masc. plur. (qui); eis, dat. masc. plur. (is); illis, dat. masc. plur. (ille); qui, nom. masc. plur. (qui); eum, acc. masc. sing. (is); eum, acc. masc. sing. (is); ejus, gén. masc. sing. (is); quem, acc. masc. sing. (qui); his, abl. neut. plur. (hic); hanc, acc. fém. sing. (hic); tui, gén. masc. sing. (tuus); quam, acc. fém. sing. (qui); mei, gén. masc. sing. (meus); ejus, gén. masc. sing. (is); ego, nom. masc. sing. (ego); meo, abl. masc. sing. (meus). – 3°. Ab, de (détourner de), abl.; in, dans (acc.); in, dans (abl.); ex ou e, (hors) de, abl.; ad, à, vers (acc.); in, dans (acc.); ad, pour (acc.); cum, avec (abl.) – 4°. Tantum scelus, tanti sceleris, tanto sceleri, tanto scelere, tantum scelerus; tanta scelera, tantorum scelerum, tantis sceleribus (dat.-abl.), tanta scelera. – 5°. Detraxerunt (ils ôtèrent), detruserunt (ils jetèrent), conspexerunt (ils aperçurent), emerunt (ils achetèrent), duxerunt (ils conduisirent), tinxerunt (ils trempèrent), miserunt (ils envoyèrent), convenerunt (ils se réunirent). On voit que cette forme est aisément reconnaissable à sa terminaison erunt (parfois ere).

7. L’Égyptien Putiphar acheta Joseph aux marchands. Dieu lui accorda sa faveur à cause de Joseph: tout lui réussissait. Aussi Joseph fut bien traité par son maître, qui le mit à la tête de sa maison. Joseph gérait donc tous les biens de Putiphar: tout se faisait par son ordre et Putiphar ne s’occupait de rien.

8. Joseph était d’une vertu remarquable. Néanmoins l’épouse de Putiphar l’accusa auprès de son mari. Celui-ci, trop crédule, fit jeter Joseph en prison. Il y avait, dans cette même prison, deux ministres du roi Pharaon. L’un était le grand échanson, l’autre, le grand panetier. Tous deux eurent un songe la même nuit par un dessein providentiel.

9. Quand Joseph vint les voir le lendemain matin, il remarqua qu’ils étaient plus tristes que d’habitude et leur demanda la cause de leur affliction. Ils répondirent: «Nous avons eu un songe, et il n’y a personne pour nous l’expliquer.» – «N’est-ce pas à Dieu seul, leur dit Joseph, qu’il appartient de connaître l’avenir? Racontez-moi vos songes.»

10. Le premier raconta ainsi son rêve à Joseph: «Durant mon sommeil j’ai vu une vigne qui avait trois branches; peu à peu des bourgeons y poussèrent; puis des fleurs en sortirent et finalement les grappes y mûrissaient. J’en exprimais le jus dans la coupe du Pharaon et je la lui présentais.» – «Aie bon courage, lui dit Joseph; dans trois jours le Pharaon te rendra ton ancien rang; je te prie de te souvenir alors de moi.»

11. L’autre aussi raconta son rêve à Joseph: «Je portais sur la tête trois corbeilles, dans lesquelles se trouvaient les aliments que les panetiers ont coutume de préparer. Mais voilà que des oiseaux, voletant tout autour, les mangeaient.» – «Voici, lui dit Joseph, l’explication de ce songe. Les trois corbeilles représentent trois jours, au bout desquels le Pharaon te fera trancher la tête et attacher à un poteau où les oiseaux mangeront ta chair.»

12. Le troisième jour, qui était l’anniversaire de la naissance du Pharaon, il fallut préparer un repas splendide. Alors le roi se souvint de ses ministres emprisonnés. Il rendit sa charge au grand échanson; quant à l’autre, après lui avoir fait trancher la tête, il le fit attacher à un poteau. Ainsi se réalisa leur songe. Néanmoins le grand échanson oublia Joseph et ne pensa plus à ses services.

EXERCICE, V, §§ 10-12. – § 10. Vidi in somnio meo, palmitem, gemmam, florem, uvam vitis. – Est in pristino gradu. – Uvae in tribus scyphis erant.

§ 11. Aves capitis tui carnem comedent. – Cibus in tribus canistris erat. – Trium horum somniorum interpretatione territus est. – Interpretationem alterius somnii novi.

§ 12. Tertius dies regis natalis (dies) erat. – Convivium splendidius, convivia splendidiora parat praefectus pincernarum. – Rex, praefecti pincernarum alteriusque ministri recordatus est. – Regis minister oblitus est carceris meritorumque Josephi. – Pharao ministris suis munera restituit. – Alterum somnium habuit tertio die. – Minister in carcere muneris sui recordatus est.

13. Deux ans après le roi lui-même eut un songe. Il lui semblait qu’il était debout au bord du Nil. Et voici que sept vaches grasses sortaient du fleuve et paissaient dans le marécage. Ensuite sept autres vaches maigres sortirent aussi du fleuve et dévorèrent les précédentes. Le Pharaon, réveillé, se rendormit et eut un autre songe. Sept épis remplis de grain naissaient sur une tige unique; des épis vides poussèrent en même nombre et absorbèrent les épis remplis de grain.

14. Dès qu’il fit jour, le Pharaon, troublé, appela tous les devins de l’Égypte et leur raconta son rêve. Mais personne ne pouvait l’expliquer. Alors le grand échanson dit au roi: «J’avoue ma faute. Lorsque j’étais en prison avec le grand panetier, nous eûmes un songe la même nuit. Il y avait là un jeune Hébreu qui nous en donna une explication véridique; car elle se réalisa ensuite.»

15. Le roi fit venir Joseph et lui raconta ses deux songes. Alors Joseph dit au Pharaon: «Ces deux songes ont la même signification. Les sept vaches grasses et les sept épis bien remplis représentent les sept années d’abondance que nous allons avoir. Quant aux sept vaches maigres et aux sept épis vides, ils indiquent un nombre égal d’années de disette qui suivront celles d’abondance. Par conséquent, ô roi, place à la tête de toute l’Égypte un homme sage et industrieux, qui mette en réserve une partie des récoltes dans les greniers publics et les garde soigneusement pour remédier à la disette.»

16. Le conseil plut au roi. Aussi dit-il à Joseph: «Y a-t-il en Égypte un homme plus sage que toi? Personne assurément ne remplira mieux cet office. Je te confie le soin de mon royaume.» Alors il ôta de sa main son anneau et le mit au doigt de Joseph. Il lui fit revêtir une robe de lin, lui mit au cou un collier d’or et le plaça immédiatement après lui sur son propre char. Joseph avait trente ans lorsqu’il reçut du roi la souveraine puissance.

17. Joseph parcourut toutes les parties de l’Égypte et durant les sept années d’abondance il recueillit une très grande quantité de blé. Une disette de sept années survint ensuite qui s’appesantissait sur toute la terre. Alors les Égyptiens, pressés par le manque d’aliments, vinrent demander au roi de les nourrir. Le Pharaon les adressait à Joseph. Celui-ci ouvrit les greniers et vendit du blé aux Égyptiens.

EXERCICE, V, §§ 15-17. – § 15. Eadem res (idem) significatur in utroque somnio. – Rex septem vaccas pinguiores septemque spicas pleniores viderat. – Non erat in tota AEgypto homo sapientior aut magis industrius quam Josephus. – Publica horrea fruges servant.

§ 16. Secundum Josephi consilium sapiens, sapientius, sapientissimum erat. – Byssinam vestem Josepho dedit. – Torque et anulo aureo eum ornavit. Sum decem annos natus. – Rex collum ornat torquibus aureis et digitos anulis.

§ 17. Major ciborum copia in horreis omnium regionum erat. – Fames unius anni fuit. – AEgyptus et universus orbis fame, inopia, egestate laborabant. – Frumentum in horrea AEgyptiorum congessit.

18. Des autres pays, on venait aussi en Égypte pour acheter des denrées. Poussé par la même nécessité, Jacob y envoya ses enfants. Les frères de Joseph se mirent donc en route; mais le père retint à la maison le plus jeune qui s’appelait Benjamin; car il craignait qu’il ne lui arrivât en route quelque accident. Benjamin était né de la même mère que Joseph; aussi lui était-il plus cher que tous ses autres frères.

19. Les dix frères, quand ils furent en présence de Joseph, se prosternèrent devant lui. Joseph les reconnut, mais eux ne le reconnurent pas. Il ne voulut pas révéler immédiatement qui il était et les interrogea comme des étrangers: «D’où venez- vous et quel est votre but?» Ils répondirent: «Nous sommes venus du pays de Chanaan pour acheter du blé.» – «Non pas, leur dit Joseph; vos intentions sont agressives: vous voulez espionner nos villes et les places mal fortifiées de l’Égypte.» Ils répondirent: «Pas du tout; nous n’avons aucune intention mauvaise. Nous sommes douze frères. Le plus jeune a été gardé à la maison par notre père; un autre est mort.

20. Ce qui tourmentait Joseph, c’est que Benjamin n’accompagnait pas ses frères. Aussi leur dit-il: «Je veux voir si vous dites vrai. Que l’un d’entre vous demeure comme otage auprès de moi, jusqu’à ce que votre plus jeune frère soit amené ici. Que tous les autres s’en retournent avec le blé.» Alors ils se mirent à se dire les uns aux autres: «Ce qui nous arrive est juste. Nous avons été sans pitié pour notre frère. Nous voici punis de ce crime.» Ils pensaient que Joseph ne comprenait pas ces paroles, parce qu’il leur parlait avec le secours d’un interprète. Mais lui se détourna un instant et pleura.

21. Joseph fit emplir de blé les sacs de ses frères et placer l’argent qu’ils avaient apporté à l’entrée des sacs. Il ajouta même des provisions pour le voyage. Ensuite il les renvoya, à l’exception de Siméon, qu’il garda comme otage. Ainsi partirent les frères de Joseph. En arrivant auprès de leur père, ils racontèrent tout ce qui leur était arrivé. Lorsqu’ils eurent ouvert leurs sacs pour verser le froment, ils furent étonnés de trouver leur argent.

22. Jacob, en apprenant que le gouverneur de l’Égypte mandait Benjamin, se plaignit en soupirant: «Vous m’avez privé de mes enfants: Joseph est mort, Siméon est retenu en Égypte, vous voulez m’enlever Benjamin. Tous ces malheurs retombent sur moi. Je ne laisserai pas partir Benjamin; car si quelque accident lui arrive en chemin, je ne pourrai pas lui survivre et je mourrai sous l’accablement du chagrin.»

23. Quand ils eurent consommé les provisions qu’ils avaient ramenées, Jacob dit à ses fils: «Retournez en Égypte, pour acheter de la nourriture.» Ils répondirent: «Nous ne pouvons aller trouver le gouverneur de l’Égypte sans Benjamin. Car c’est lui-même qui a ordonné qu’on le lui amène.» – «Pourquoi, demanda leur père, lui avez-vous parlé de votre plus jeune frère?» – «C’est lui-même, dirent-ils, qui a voulu savoir si notre père vivait et si nous avions un autre frère. Nous avons répondu à ses questions. Nous ne pouvions pas deviner qu’il dirait: amenez ici votre frère.»

24. Alors Judas un des fils de Jacob, dit à son père: «Confiez-moi l’enfant. Je serai son gardien; je vous le ramènerai. Si je ne le fais pas, j’en supporterai la responsabilité. Si vous aviez voulu le laisser partir immédiatement, nous serions déjà de retour.» Le père, enfin vaincu, consentit. «Puisque c’est indispensable, dit-il, que Benjamin parte avec vous. Portez à cet homme des présents et un prix double, de peur que ce ne soit par erreur que l’on vous ait rendu votre argent précédent.»

EXERCICE, V, §§ 22-24. – I. 1° Verbes de forme active: audivit, fecistis, vultis, abducere, recidunt, dimittam, acciderit, potero, attulerant, dixit, ematis, responderunt, possumus, adire, jussit, adduci, inquit, fecistis, inquiunt, interrogavit, viveret, haberemus, respondimus, potuimus, praescire, dicturum esse, adducite. – 2°. Verbes de forme et de sens passif: arcessi, retentus est, oppressus, consumpti sunt. – 3°. Verbes déponents: questus est, mortuus est, moriar, proficiscimini, sciscitabatur.

II. § 22. Praefectus AEgypti filios Jacobi arcessit. – Oppressus sum omnibus illis malis. – Cum dolore et gemitibus questus est.

§ 23. Nostri fratris mentionem fecistis. – Nostris fratribus cibos adducere potuimus. – Ipse fratrem nostrum minimum iterum interrogavit.

§ 24. Benjaminus erat unus e filiis Jacobi. – His viris munus deferte. – Mecum pueros illos servabo. – Culpa in vobis est. – Reddite statim priorem pecuniam cum muneribus, ne forte in culpa sitis.

25. On annonça à Joseph que les mêmes hommes étaient arrivés et avec eux leur jeune frère. Joseph les fit introduire chez lui et fit préparer un grand repas. Quant à eux, ils craignaient qu’on ne leur reprochât l’argent qu’ils avaient trouvé dans leurs sacs; aussi se disculpèrent-ils auprès de l’intendant de Joseph. «Nous sommes, dirent-ils, venus ici une fois déjà. Rentrés chez nous, nous avons trouvé le prix du blé dans les sacs; nous ne savons comment cela s’est produit; mais nous avons rapporté cet argent.» L’intendant leur dit: «Ayez bon courage (ne vous inquiétez pas).» Ensuite il les conduisit auprès de Siméon qui était resté en otage.

26. Joseph entra ensuite dans la salle où ses frères l’attendaient. Ils se prosternèrent devant lui en lui offrant des présents. Joseph les salua avec bonté et les interrogea. «Le vieillard dont vous êtes les enfants est-il en bonne santé? Vit-il encore?» Ils répondirent: «Notre père se porte bien; il vit encore.» Joseph, ayant jeté les yeux sur Benjamin, leur dit: «Est-ce là votre plus jeune frère, qui était resté à la maison près de son père?» Et il reprit: «Dieu te soit favorable, mon fils.» Il s’en alla aussitôt, parce qu’il était ému et que ses larmes commençaient à couler.

27. Joseph, une fois revenu, fit servir les mets; puis il les distribua à chacun de ses frères; la part de Benjamin était cinq fois plus considérable que celle des autres. Le banquet terminé, Joseph chargea son intendant de remplir leurs sacs de blé, d’y remettre en même temps l’argent et, en outre, de cacher sa coupe d’argent dans le sac de Benjamin. L’intendant exécuta ponctuellement cet ordre.

28. Les frères de Joseph étaient partis, mais n’étaient pas encore loin de la ville, lorsqu’il fit venir son intendant et lui dit: «Cours à la poursuite de ces hommes et quand tu les auras rejoints, dis-leur: Pourquoi avez-vous commis une injustice en retour d’un bienfait? Vous avez dérobé la coupe d’argent dont se sert mon maître. C’est une malhonnêteté.» L’intendant courut immédiatement après eux; il leur reprocha le vol et leur fit voir l’indignité de cet acte.

29. Les frères de Joseph répondirent à l’intendant: «Ce crime est bien éloigné de nos intentions. Comme tu le sais, nous avons loyalement rapporté l’argent trouvé dans nos sacs tant s’en faut que nous ayons volé la coupe de ton maître. Que celui qui sera découvert comme auteur de ce vol soit puni de mort.» Immédiatement ils mettent leurs sacs à terre et les ouvrent. L’intendant, après les avoir fouillés, trouva la coupe dans celui de Benjamin.

30. Alors les frères de Joseph, pleins d’affliction, reprennent le chemin de la ville. Amenés devant Joseph, ils se jetèrent à ses pieds. Il leur dit: «Comment avez-vous pu commettre ce forfait?» Judas répondit: «Je l’avoue; la faute est manifeste. Nous ne pouvons présenter aucune excuse; nous n’osons demander le pardon ni l’espérer. Nous serons tous tes esclaves.» – «Point du tout, dit Joseph; celui dans le sac duquel la coupe a été trouvée sera mon esclave; vous autres, vous retournerez librement auprès de votre père.»

31. Alors Judas, s’approchant de Joseph, lui dit: «Je vous prie, seigneur, écoutez-moi avec bonté. Notre père aime cet enfant plus que ses autres fils; d’abord, il ne voulait pas le laisser partir. Je n’ai pu le fléchir qu’en promettant qu’il ne courrait aucun danger. Si nous retournons à notre père sans cet enfant, le chagrin le tuera. Je vous prie et vous supplie de le laisser partir et de me prendre comme esclave à sa place. Je prends sur moi et je subirai le châtiment qu’il mérite.»

32. Cependant Joseph pouvait à peine retenir ses larmes. Aussi ordonna-t-il aux Égyptiens qui se trouvaient là de se retirer. Puis tout en pleurs, il s’écria d’une voix forte: «Je suis Joseph! Mon père vit-il encore?» Ses frères ne pouvaient lui répondre, tant la peur les troublait. Il leur dit avec douceur: «Approchez-vous de moi. Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu à des marchands qui se rendaient en Égypte. Ne craignez rien; tout cela est arrivé par la volonté de la Providence, afin que je pourvoie à votre salut.»

EXERCICE, V, §§ 30-32. – 1°. Compléments à l’ablatif: maerore (maeror), veniā (venia), eo (is), periculo (periculum), puero (puer), maerore (maeror), eo (is), qua (qui), voce (vox), timore (timor), providentiā (providentia).

2°. Pronoms relatifs: quibus (dat. masc. plur. fratres Josephi); apud quem (acc. masc. sing. ille); qua (abl. fém. sing. poenam); quibus (dat. masc. plur. fratres); quem (acc. masc. sing. frater vester).

3°. § 30. Nullam vestrorum scelerum excusationem afferre potuistis. – Invenit scyphos apud fratrem servi sui. – Ejus scelera sunt manifesta.

§ 31. Nolebat abire sine pueris. – Servitute dignus es. – Pueri ab omnibus periculis tuti erant. – Hoc impetravi a domino meo.

§ 32. Hoc majore voce dixit. Fratrem vestrum vendidistis mercatori eunti in AEgyptum. – Nolite amice respondere. – Nimius timor ejus fratrem perturbat. – Nimii timores eorum fratres perturbant.

33. Joseph, après avoir ainsi parlé, embrassa son frère Benjamin et l’arrosa de ses larmes. Ensuite il embrassa aussi en pleurant tous ses autres frères. Alors seulement ils osèrent lui parler avec assurance. Joseph leur dit: «Retournez vite auprès de mon père; annoncez-lui que son fils est vivant et qu’il est très puissant auprès du Pharaon. Persuadez-lui de venir s’établir avec toute sa famille en Égypte.»

34. La nouvelle de la venue des frères de Joseph parvint aux oreilles du roi. Il leur donna des présents à porter à leur père en leur faisant ces recommandations: «Amenez ici votre père et toute sa famille; n’ayez pas grand souci de votre mobilier, car je vous fournirai tout ce dont vous aurez besoin et toutes les richesses de l’Égypte seront à vous.» Il envoya, en outre, des voitures pour transporter le vieillard, les petits enfants et les femmes.

35. Les frères de Joseph revinrent en hâte auprès de leur père et lui annoncèrent que Joseph vivait et était le premier personnage de toute l’Égypte. A cette nouvelle, Jacob, comme éveillé d’un profond sommeil, demeura frappé de stupeur et refusa d’ajouter foi au récit de ses enfants. Mais quand il eut vu les voitures et les présents que Joseph lui envoyait, il se ressaisit et dit: «C’est pour moi une raison suffisante si Joseph vit encore. J’irai le revoir avant de mourir.»

36. Jacob, parti avec ses fils et ses petits-fils, parvint en Égypte et envoya Juda auprès de Joseph pour l’informer de son arrivée. Immédiatement Joseph alla à la l’encontre de son père. Dès qu’il le vit, il s’élança à son cou et l’embrassa en pleurant. Alors Jacob s’écria: «J’ai assez vécu! Je puis mourir tranquille, puisqu’il m’a été donné de jouir de ta vue et que je te laisse survivant.»

37. Joseph se rendit auprès du Pharaon et lui annonça l’arrivée de son père. Il présenta aussi au roi cinq de ses frères. Celui-ci leur demanda de quoi ils vivaient; ils répondirent qu’ils étaient pasteurs. Alors le roi dit à Joseph: «Tu es le maître de l’Égypte. Aie soin que ton père et tes frères habitent dans le meilleur pays et s’il s’en trouve parmi eux qui soient actifs et industrieux, confie-leur le soin de mes troupeaux.»

38. Joseph présenta aussi son père au Pharaon. Celui-ci, quand Jacob l’eut salué, lui demanda son âge. Jacob répondit au roi: «J’ai vécu cent trente ans et je n’ai pas atteint l’heureuse vieillesse de mes ancêtres.» Après avoir offert ses voeux au roi, il se retira. Joseph établit son père et ses frères dans la plus riche partie de l’Égypte et leur procura toutes les ressources en abondance.

EXERCICE, V, §§ 36-38. – 1°. Pronoms personnels: mihi, te, mihi, se. – Démonstratifs: eum, ejus, ei, eos, illi, eos, eis, eo, eo, eis. – Possessifs: suo, tuo, suum, suis, tua, tui, suum, meorum, suos. – Interrogatifs: quidnam, qua. – Relatifs: quem, qui. – Indéfini: qui (si qui) pour aliqui.

2° § 36. Profectus (série du sup.), pervenit (parf.), praemisit (parf.), faceret (prés.), processit (parf.), vidit (parf.), insiliit (parf.), flens, flentem (prés.), complexus (sup.), vixi (parf.), moriar (prés.), frui (prés.), licuit (parf.), relinquo (prés.). – § 37. Adiit (parf.), nuntiavit (parf.), advenisse (parf.), constituit (parf.), interrogavit (parf.), haberent (prés.), responderunt (parf.), esse (prés.), dixit (parf.), est (prés.), cura (prés.), habitent (prés.), sunt (prés.), trade (prés.).

§ 38. Adduxit (parf.), salutatus (sup.), percontatus (sup.), respondit (parf.), vixi (parf.), adeptus (sup.), precatus (sup.), discessit (parf.), collocavit (parf.), suppeditavit (parf.).

3°. § 36. Jacob praemisit filios nepotesque suos. – Nepotem sibi superstitem reliquit. – In colla filiorum et nepotum insiliit.

§ 37. Quinque e pastoribus coram Pharaone constituit. – Pecoris mei cura magis industriis pastoribus tradetur.

§ 38. Qua aetate estis? – Mei avi senectus beatior fuit quam mea.

VI. – Vocation de Samuel.

1. A l’époque où Héli était grand prêtre, naquit Samuel. Sa mère l’amena au prêtre et l’offrit au Seigneur pour aider aux sacrifices. L’enfant grandissait avec les meilleures dispositions et se faisait aimer de Dieu et des hommes. Sa mère, à certaines dates, lui apportait une petite robe qu’elle avait tissée elle-même. Quant à Héli, il avait des fils perdus de vices, au point qu’ils détournaient le peuple du culte de Dieu et jamais il ne leur fit de sévères reproches. Aussi, Dieu était irrité contre les fils et contre leur père.

2. Une nuit, tandis que Héli reposait sur son lit, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci, pensant que le grand prêtre l’appelait, accourut et lui dit: «Me voici; car vous m’avez appelé.» Mais Héli lui répondit: «Je ne t’ai pas appelé, mon fils; retourne te coucher.» Le même fait se reproduisit une seconde et une troisième fois. Enfin, sur l’avertissement du prêtre, Samuel répondit à Dieu qui l’appelait: «Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute.» Alors Dieu dit à Samuel: «Je vais accabler la famille d’Héli de tels malheurs, que personne ne pourra les entendre sans en être abasourdi; car il a été trop indulgent pour ses fils et a montré trop de patience pour leurs vices.»

3. Un profond sommeil s’empara ensuite de Samuel et il dormit jusqu’au matin. Quand le jour parut, il se leva et ouvrit comme de coutume la porte du tabernacle. Il n’osait pas révéler au prêtre les paroles de Dieu. Mais Héli lui parla le premier: «Je t’en prie et supplie, révèle-moi ce que Dieu t’a dit. Aie soin de ne me rien cacher de tout ce que tu as entendu.» Samuel obéit à cette injonction et lui répéta toutes les paroles du Seigneur. Héli répondit: «Il est le Seigneur; qu’il fasse ce qui lui plaît.»

4. Peu après une guerre éclata entre les Philistins et les Hébreux. Les Hébreux portent au combat l’arche d’alliance et les fils du grand prêtre s’avancent avec elle. Mais, Dieu étant irrité contre eux, l’arche leur fut plus nuisible qu’utile. Les Hébreux furent vaincus, les fils du grand prêtre tués. L’arche elle-même fut prise. Héli, à la nouvelle d’un si grand désastre, tomba de son siège, se cassa le cou et mourut.

5. Samuel fut le dernier Juge des Hébreux. Son gouvernement fut extrêmement pacifique et paisible.

EXERCICE, VI, §§ 1-5. – 1°. Mots de la troisième déclinaison: sacerdos, sacerdote, sacerdotum; Samuel, e; indoles, e (plur. rare); homo, inis, inum; mater, matre, matrum; tempus, tempore, temporum; mos, more, morum; pater, patre, patrum; sermo, one, onum; foedus, foedere, foederum; clades, e, ium; cervix, ice, icum; judex, judicis, icum; pax, pace (sans plur.); tranquillitas, ate, atum.

2°. Première conjugaison: vocare, indicare, compellare, orare, indicare, celare, enarrare, administrare. – Deuxième conjugaison: habere, jacere, respondere, audere, cavere, jubere, parere, libere. – Troisième conjugaison: adducere, crescere, conficere, abducere, colere, reprehendere, arcessere, currere, dicere, afficere, illucescere, surgere, facere, consuescere, procedere, decidere. – Quatrième conjugaison: audire, tinnire, dormire, aperire.

3°. Conjonctions de subordination: cum, lorsque; ut, afin que; ut, en sorte que; quin, que ne, sans que; propterea quod, parce que; ut, comme; ne, que ne; quia, parce que.

4°. § 4. Paulo post sacerdotes cum arca procedunt. – Cognovit foedus Philistaeorum cum Hebraeis. – Audita tanta clade, cecidit et cervicem fregit. – Arca capta, Philistaei victi sunt. – Arca nobis adjumento fuit.

VII. – La jeunesse de David.

1. Saül, après avoir méprisé les ordres de Dieu, fut envahi par l’esprit du mal, au point qu’il tombait souvent dans des accès de folie. Les courtisans lui conseillèrent de faire venir près de lui, un joueur de lyre pour apaiser son humeur chagrine. On appela David, qui connaissait cet instrument et qui faisait partie de l’entourage du roi. Aussi chaque fois que l’esprit du mal s’emparait de Saül, David jouait de la lyre et la folie du roi s’apaisait.

2. On fit ensuite la guerre aux Philistins. Une fois que les deux armées furent en présence, un Philistin nommé Goliath, qui était d’une taille énorme, s’avança entre les deux lignes et se mit à provoquer souvent les Hébreux à un combat singulier. Il était revêtu d’une cotte de mailles; il avait aux jambes des jambières d’airain; un casque de bronze couvrait sa tête; un bouclier également de bronze protégeait ses épaules. Saül proposa de grandes récompenses à qui rapporterait les dépouilles de cet homme qui provoquait ses soldats. Mais personne n’osait sortir des rangs pour le combattre et Goliath reprochait insolemment et ironiquement aux Hébreux leur lâcheté.

3. David, touché de l’humiliation de son peuple, se présenta spontanément pour combattre. Aussi on l’amena devant Saül, qui, considérant son âge, se montrait peu confiant dans l’issue du combat. «Tu ne pourras, lui dit-il, jeune comme tu l’es, lutter contre un homme aussi vigoureux.» David répondit: «Ne craignez pas, ô mon roi; quand je faisais paître les brebis de mon père, un lion attaqua mon troupeau et enleva une brebis. Je le poursuivis, le tuai, et lui arrachai de la gueule ma brebis. J’ai tué de même un ours. Dieu qui m’a défendu contre ces animaux, me protégera encore contre ce Philistin.» Alors Saül lui dit: «Marche au combat avec cette espérance et que Dieu te soit en aide.»

4. Saül voulut revêtir lui-même David de ses propres armes; il lui mit son casque sur la tête, lui garnit la poitrine de sa cuirasse, et lui attacha son épée au côté. Mais David, gêné par cet armement dont il n’avait pas l’habitude, pouvait à peine marcher. Aussi mit-il à terre ce fardeau incommode; il prit seulement la houlette de berger, qui était son instrument ordinaire, et sa fronde avec cinq pierres dans son sac. Ainsi armé, il marcha contre le Philistin.

5. Goliath s’avançait de son côté. En voyant le jeune homme, il lui cria: «Tu me prends donc pour un chien, puisque tu viens m’attaquer avec un bâton?» David lui répondit: «Tu viens à moi avec le glaive, la lance et le bouclier; pour moi je me présente au nom du Dieu des armées, que tu as osé insulter.» Alors il lança avec sa fronde une pierre qui atteignit au front le Philistin et le renversa par terre. Accourant aussitôt, il enleva son épée au Philistin étendu sur le sol et lui coupa la tête.

6. Les Philistins, profondément troublés par cet événement, s’enfuirent et laissèrent la victoire aux Hébreux. On alla à la rencontre du vainqueur au moment de son retour. Les Hébreux l’escortent jusqu’à la ville en le félicitant. Les femmes elles-mêmes, sorties de leurs maisons, chantaient ses louanges.

EXERCICE, VII, §§ 1-6. – 1°. Comparatifs et superlatifs: malus, pejor, pessimus; aegrum, aegriorem, aegerrimum; peritus, peritior, peritissimus; robusto, robustiore, robustissimo.

2°. Noms communs: mandata (-um); spiritus (-us); furorem (-es); aulici (-us); citharam (-as); animum (-os); artis (-ium); ministros (-um); furor (furores); bellum (-a); acies (-ies); conspectu (plur. inusité); nomine (-ibus); magnitudinis (-inum); ordines (-em); certamen (-mina); loricā (-is); ocreas (-am); cruribus (crure); cassis (cassides); humeros (-um); praemia (-ium); spolia (-ium); ignaviam (-ia); irrisu (plur. inusité); ludibrio (-iis); ignominia (-iis); populi (-orum); aetate (-ibus); pugnae (-is); adulescentulus (-li); viro (viris); rex (reges); oves (ovem); patris (patrum); leo (-ones); gregem (-es); ovem (oves); faucibus (sing. inusité); ursum (-os); leone (-ibus); urso (-is); fiducia (plur. inusité); Deus (dei, dii ou di).

3°. § 4. Philistaeus galeae et loricae erat assuetus. – Processit cum pedo pastorali et funda. – § 5. Philistaeo gladium et hastam et clipeum detraxit. – § 6. Mulier ipsa, domo egressa, ejus laudem canebat.

VIII. – Histoire de Tobie.

1. Parmi les captifs qui furent emmenés en Assyrie se trouvait Tobie. C’était, depuis son enfance, un scrupuleux observateur de la loi divine. Tandis que tous les Hébreux allaient rendre un culte aux veaux d’or que Jéroboam, roi d’Israël, avait fait élever et avait proposés à l’adoration du peuple, lui seul se rendait au temple du Seigneur et l’y adorait.

2. Tobie, devenu un homme fait, se maria et eut un fils, auquel il apprit dès l’enfance à craindre Dieu et à s’abstenir de tout péché. Emmené en captivité, il conserva toujours la même fidélité à ses devoirs envers Dieu. Tous les biens qu’il pouvait avoir, il les distribuait chaque jour à ses compagnons d’exil, qu’il exhortait, par des avertissements salutaires, à honorer Dieu. Un nommé Gabélus ayant eu besoin d’argent, il lui prêta généreusement dix talents.

3. Plus tard, un nouveau roi monta sur le trône d’Assyrie, c’était un ennemi des Juifs; il les persécutait, les mettait à mort et défendait de les ensevelir. Au milieu de cette malheureuse situation, Tobie visitait ses concitoyens, consolant les affligés, soulageant de ses biens les indigents, et ensevelissant les morts. On le dénonça au roi, qui ordonna qu’il fût mis à mort et que tous ses biens fussent confisqués. Mais Tobie se cacha ainsi que sa femme et son fils et échappa ainsi à la colère du roi.

4. Ayant préparé un banquet chez lui à l’occasion d’une fête, il envoya son fils inviter à déjeuner quelques-uns de ses compagnons. A son retour, son fils lui annonça que le cadavre d’un Israélite restait étendu sur une place publique. Tobie sortit aussitôt et rapporta secrètement chez lui le mort pour l’ensevelir de nuit. Ses amis lui déconseillèrent de rendre ce service. Mais Tobie, qui craignait Dieu plus que le roi, ne renonça pas à cette bonne action.

5. Tobie, fatigué par ce service qu’il rendait habituellement, s’appuya contre un mur et s’endormit. D’un nid d’hirondelle, des ordures tombèrent dans ses yeux durant son sommeil et le rendirent aveugle. Tobie supporta si patiemment ce malheur qu’on ne l’entendit jamais se plaindre et qu’il n’en honora pas Dieu moins fermement.

6. Tobie, pensant que sa fin était proche, fit venir auprès de lui son fils. «Écoute, mon fils, lui dit-il, les paroles d’un père qui t’aime tendrement. Garde-les gravées dans ta mémoire, afin d’organiser sagement ta vie. Pense à Dieu chaque jour; évite de pécher contre lui et de négliger ses commandements. Aie pitié des pauvres, pour que Dieu ait pitié de toi. Dans la mesure de tes moyens, sois bienfaisant et généreux. Si tu possèdes de grandes richesses, donne beaucoup; si tu en as peu, donne peu, mais avec bonne volonté, parce que la bienfaisance délivre l’homme de la mort éternelle.»

7. «Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même. Si quelqu’un exécute un travail pour toi, paie-lui immédiatement son salaire. Demande toujours conseil à un homme expérimenté. Ne t’associe pas à des gens malhonnêtes. Quand je serai mort, ensevelis mon corps. Honore ta mère en souvenir des peines qu’elle a éprouvées pour toi et de l’affection dont elle t’a entouré. Lorsqu’elle sera morte, mets-là avec moi dans le même tombeau.

8. Je t’avertis aussi, mon fils, que j’ai prêté dix talents d’argent à Gabélus, qui demeure maintenant à Ragès, ville de Médie.» Alors le jeune homme dit à son père: «Je ferai, mon père, tout ce que tu me commandes. Mais je ne conçois pas comment je pourrai recouvrer l’argent prêté à Gabélus. Car il ne me connaît pas et je ne le connais pas non plus; je ne sais pas d’ailleurs le chemin de la Médie.» Le vieux Tobie lui répondit: «J’ai un billet de Gabélus. Aussitôt que tu le lui présenteras, il te rendra l’argent. Mais procure-toi un homme dont tu sois sûr, pour te guider.»

EXERCICE, VIII, §§ 1-8. – 1°. a) Participes présents: iniens, commençant; egens, ayant besoin; consolans, consolant; juvans, aidant; sepeliens, ensevelissant; exsiliens, s’élançant hors de; timens, craignant; dormiens, dormant; querens, se plaignant. – b) Exortus, ayant apparu; reversus, revenu; mortuus, étant mort; passus, ayant souffert. – c) Deductus, emmené; ductus, conduit; nuntiatus, annoncé; defatigatus, fatigué; factus, fait.

2°. Adverbes: sedulo, soigneusement; ibi, là; semper, toujours; cotidie, chaque jour; perhumaniter, très généreusement; postea, plus tard; sic, ainsi; statim, aussitôt; occulte, secrètement; noctu, de nuit; magis, plus; forte, par hasard; unde, d’où; adeo, tellement; patienter, patiemment; eo minus, d’autant moins; constanter, avec constance; penitus, tout au fond; sapienter, sagement; unquam, jamais; quantum, combien; multum, beaucoup; parum, peu; libenter, volontiers; etiam, même; nunc, maintenant; quomodo, comment.

3°. Faciebat omnia quae pater ei praecipiebat. – Quaere hominem fideliorem. – Ab illo homine istam pecuniam recipiam. – In quā urbe commoretur nunc Gabelus, ignoro.

9. Tobie étant sorti trouva un jeune homme debout et prêt à partir. Ne sachant pas que c’était un ange du Seigneur, il le salua. «Connais-tu, lui dit Tobie, le chemin de la Médie?» – «Je le connais, répondit-il, et souvent j’ai été l’hôte de Gabélus, qui habite en ce pays.» Tobie va raconter le fait à son père. Celui-ci fit venir l’étranger et lui demanda s’il consentait à accompagner son fils et à faire le voyage avec lui, promettant un salaire. Le jeune homme répondit qu’il y consentait. Ainsi donc ils partirent ensemble et le chien les suivit.

10. Tobie et l’ange parvinrent au fleuve du Tigre. Le jeune homme s’en étant approché pour s’y laver les pieds, voici qu’un poisson énorme s’élança comme pour le dévorer. A sa vue Tobie épouvanté s’écria: «Seigneur, il se jette sur moi!» L’ange lui dit: «Saisis-le et tire-le à toi.» Le poisson, tiré sur la rive, s’agita encore quelque temps et mourut. L’ange invita Tobie à mettre de côté le fiel, comme étant un remède salutaire. Ensuite ils firent cuire une partie de la chair, pour en manger durant le voyage.

11. Quand ils approchèrent de la ville qu’on nomme Ecbatane, Tobie dit à l’ange: «Chez qui allons-nous loger dans cette ville?» L’ange répondit: «Il y a ici un de tes parents, nommé Raguel. Il nous donnera l’hospitalité. Il a une fille unique, que tu dois épouser. Demande-la à son père et ne doute pas qu’il n’accueille volontiers ta demande; car Dieu vent que tu fasses ce mariage, et tous les biens de Raguel seront ton héritage (te reviendront par droit d’héritage).

12. Raguel les reçut avec joie. En apercevant Tobie, il dit à sa femme: «Comme ce jeune homme ressemble à mon parent!» Puis se tournant vers ses hôtes: «D’où êtes-vous, bons jeunes gens?» Ils répondirent: «Nous sommes des Israélites de la ville de Ninive.» – «Connaissez-vous Tobie?» – «Nous le connaissons.» Alors Raguel commença à faire un grand éloge de Tobie. L’ange l’interrompit pour lui dire: «Tobie, dont tu parles, est le père de celui-ci» Raguel, embrassant le jeune homme, lui dit: «Je te félicite, mon enfant; car tu es le fils d’un excellent homme.» La femme et la fille de Raguel se mirent pleurer de joie.

13. Ensuite Raguel fit préparer un banquet. Au moment où il invitait ses hôtes à se mettre à table, Tobie lui dit: «Je ne mangerai ni ne boirai, à moins qu’auparavant tu ne me promettes ta fille. » Raguel lui répondit: «Dieu a certainement exaucé mes prières et il vous a amenés ici afin que ma fille épousât son parent. Aussi ne doute pas que je ne sois disposé à te la donner en mariage.» Ils prirent du papier, firent le contrat de mariage et se mirent à table en louant Dieu.

14. Raguel supplia Tobie de rester quinze jours chez lui. Tobie y ayant consenti pria l’ange de se rendre seul auprès de Gabélus et de recevoir de ses mains l’argent dû à son père. L’ange prit donc les chameaux et se rendit en hâte à Ragès. Il remit le billet à Gabélus, reçut de lui l’argent prêté et l’amena aux noces de Tobie.

EXERCICE, VIII, §§ 11-14. – § 11. Deversamur apud hunc virum, cognatum nostrum. – Uxoris tuae pater te libenter excipiet. – Oportet Tobiam Raguelis filiam unicam uxorem ducere.

§ 12. Novimus hunc adulescentem, cognatum vestrum. – Nostisne hujus optimi adulescentis hospites? – Adulescens conspicatus complexusque patrem collacrimare coepit.

§ 13. Jussit cognatum suum comedere et bibere. – Noli dubitare quin preces tuae auditae sint a Deo. – Deus uxorem, quam tibi daturus est, huc adduxit. – Non comedam nisi prius meos cognatos laudaveris.

§ 14. Sumpto camelo, ad nuptias Gabeli properavit. – Adduxit Ragem reddiditque ei patris ejus camelos. – Apud nos decem dies commoratus est.

15. Cependant le vieux Tobie était anxieux et tourmenté du retard que mettait son fils à revenir. Mais surtout la douleur de la mère était inconsolable. Elle sortait tous les jours de la maison pour parcourir les chemins, par lesquels elle espérait que son fils reviendrait, afin de le voir revenir de loin.

16. Au bout des quinze jours, Raguel voulut retenir encore Tobie. Mais celui-ci lui dit: «Je t’en prie, laisse-moi partir au plus tôt; car tu sais que mes parents se tourmentent à cause de moi.» Enfin, son beau-père l’ayant laissé partir, il revint avec sa femme vers son père. Chemin faisant, l’ange lui dit: «Dès que tu entreras à la maison, adore Dieu; puis embrasse ton père et frotte-lui les yeux avec le fiel du poisson que tu as pris. Ses yeux guériront et ton père te verra avec joie ainsi que la lumière du ciel.

17. Tandis que Tobie approchait de la ville, sa mère était assise comme d’ordinaire au sommet d’une colline pour voir de loin. Elle l’aperçut qui arrivait et courut l’annoncer à son mari. Alors le chien, qui avait fait aussi le voyage, courut en avant et à son arrivée flatta de la queue son maître. Le père se leva aussitôt et, s’appuyant sur un serviteur, il alla à la rencontre de son fils; il l’embrassa et ils se mirent tous deux à verser des larmes de joie.

18. Quand tous deux eurent adoré et remercié Dieu, ils s’assirent. Ensuite Tobie frotta les yeux de son père avec le fiel du poisson. Environ une demi-heure après, une taie semblable à la pellicule d’un oeuf se mit à sortir de ses yeux. Le jeune Tobie la saisit et l’en retira. Le vieux Tobie recouvra aussitôt la vue. Tous, pleins de joie, louaient Dieu.

19. Ensuite Tobie raconta à ses parents les services que lui avait rendus son guide, qu’il considérait comme un homme. Aussi ils lui offrirent la moitié de l’argent qu’ils avaient rapporté. Alors il leur dit: «Je suis l’ange Raphaël, un des sept qui se tiennent auprès de Dieu. Le Seigneur m’a envoyé pour te guérir.» Sur ces mots, il disparut et ils ne le virent plus.

EXERCICE, VIII, §§ 15-19. – 1°. Adverbes: interea, praesertim, cotidie, quam primum, nunc, tunc, unde, procul, simul, confestim, deinde, statim. – Prépositions: in, ab, cum, ad, obviam, prae, post, ex, ante. – Conjonctions de coordination: sed, enim, et, atque, quare, nec (et non). – Conjonctions de subordination: ut, statim ut, dum, cum, quasi.

2°. § 15. Mater filios suos redituros (esse) has viā sperabat. – Animi magis anxii et sollicitiores fiebant. – § 16. Tobias piscis fel servabat, quo patris oculos sanavit. – Pater tuus laetus te quam primum conspiciet. – § 17. Servi, qui eos procul venientes videbant, confestim consurgere solebant. – Videbat urbem montiumque verticem. – § 18. Post dimidiam horam, Tobias Deo gratias agebat. – Albugines oculorum membranis ovorum sunt similes. – § 19. Homo a parentibus accipit plurima beneficia. – Dimidia pars pecuniae ab itineris duce ablata est, qui non ultra comparuit.

DEUXIÈME PARTIE: RECUEIL DE TEXTES FACILES

1. – Description de l’âge d’or.

1. Le printemps durait toujours. Les plus doux zéphyrs caressaient des fleurs qui naissaient d’elles-mêmes, toujours nouvelles et toujours parfumées. Les oiseaux dans les forêts et dans les plaines ne se taisaient jamais. Jamais le triste hiver ne contraignait le berger à quitter les champs pour s’enfermer dans sa chaumière.

2. Des fleuves de lait coulaient dans les campagnes et chacun y puisait autant qu’il voulait. La brebis venait avec le loup s’abreuver au même ruisseau. Les hommes ne faisaient aucun mal aux bêtes sauvages, ni les bêtes aux hommes. L’hameçon ne trompait pas les poissons; les cerfs en parcourant les plaines ou les forêts n’avaient pas à craindre les chasseurs.

3. La terre elle-même, sans aucun labour, sans aucune peine, produisait spontanément ses fruits. Les arbres fournissaient aux hommes une nourriture agréable. Les peuples, vivant dans la paix la plus profonde, ne se faisaient pas la guerre. Tous les hommes pratiquaient la vertu; personne ne cherchait à nuire à autrui pour obtenir les honneurs, les richesses ou les plaisirs.

4. Plût au ciel que j’eusse vécu à cette époque! Car dans la suite le genre humain devint moins vertueux, les bêtes sauvages plus cruelles et la terre elle-même moins fertile. L’hiver occupe actuellement une grande partie de l’année, la plupart du temps le ciel et l’éclat du soleil sont obscurcis par d’épais nuages. Tous les hommes, et les enfants eux-mêmes doivent travailler.

2. – La mouche et la fourmi.

1. LA MOUCHE. «Toi, fourmi, tu habites sous terre. Ta maison est étroite et obscure. Tu rampes sur le sol, cherchant péniblement ta nourriture. Mais moi, mes ailes m’emportent loin de la terre. Je m’approche de la table des rois, sans y être invitée. Je goûte la première (de tous) les mets les plus exquis. Je me pose, quand il me plaît, sur les mains ou la tête du roi.»

2. LA FOURMI. «Je ne conteste pas la vérité de tes paroles. Mais pourtant ton impudence est haïssable aux yeux de tous. Les hommes préparent contre toi un grand nombre de drogues, parce que tous désirent ta mort et la destruction absolue de toute ta race. Les enfants t’attrapent et te torturent. Si tu es heureuse, comme tu le dis, ton bonheur dure peu, car tu vis seulement durant le temps où le soleil est chaud et les brises attiédies. Dès que les froids de l’hiver approchent, tu perds la vie. Pour moi, je travaille en été; mais en hiver, j’attends le retour du printemps en menant une vie exempte de trouble et de souci.»

THÈME D’IMITATION, 2, §§ 1-2. – § 1. Maximus est formicarum labor. – Domus tua major meā est, sed obscurior. – Musca accedebat ad manus regis. – Quaerit cibum exquisitiorem regum epulis. – Caput majus est; manus angustior. – Vidi muscas in capitibus regum.

§ 2. Hic puer captat formicas. – Puto vitam harum formicarum, quae laborant, quietiorem et securiorem, feliciorem etiam vitā muscarum. – Cum hic ventus flat, hiems gelida odiosumque frigus appropinquant. – Hujus generis formicae odiosiores sunt odiosissimis muscis. – Hujus aestatis aura tepidior; hujus hiemis venti gelidiores erant. – Ipsae formicae eodem veneno delentur.

3. – L’homme et la statue.

1. Un homme avait chez lui la statue d’argile d’un faux dieu, qu’il avait héritée de son père. Il avait grande confiance en elle. Aussi l’ornait-il habituellement de couronnes et de guirlandes; il lui offrait des sacrifices à des jours déterminés et brûlait devant elle les parfums les plus précieux.

2. Il n’agissait pas ainsi sans raison; car il demandait avec instances la richesse à ce faux dieu. Longtemps il la réclama en vain: non seulement son patrimoine n’augmentait pas, mais il s’apercevait qu’il s’appauvrissait lui-même de jour en jour.

3. Enfin, irrité contre ce faux dieu, qui n’écoutait pas ses prières, il précipita cette statue de son piédestal élevé et la brisa. De la statue brisée, de nombreuses pièces d’or, qui y étaient contenues, s’échappèrent. Il les ramassa avec joie.

4. Ce petit récit nous apprend qu’on n’améliore les méchants ni par les supplications ni par la douceur, mais plutôt en les traitant durement. Ils ne font le bien que quand on les y force.

4. – L’ombre de l’âne.

1. Démosthène, le plus éloquent des orateurs, faisait un discours dans une assemblée d’Athéniens. Il traitait les plus graves sujets, parlant de la paix et de la guerre. Les voyant peu attentifs, il résolut soudain de parler d’autre chose.

2. Il fit semblant de vouloir plaisanter et se mit à raconter une histoire bouffonne et dit: «Un homme, qui voulait aller d’ici à Mégare, loua un âne et son conducteur. Ils partirent d’Athènes après le coucher du soleil.»

3. «Aussi étaient-ils encore en route lorsque le soleil se mit à devenir si ardent que le voyageur fut incapable de supporter cette chaleur excessive. Il ordonna donc à l’ânier de s’arrêter, sauta à bas de sa monture et s’assit à l’ombre de l’âne. Il pensait attendre ainsi plus commodément que la chaleur diminuât.»

4. «Mais l’ânier se mit à crier qu’il lui faisait tort; il avait loué son âne, disait-il, et non pas l’ombre de son âne. Le voyageur devait payer une nouvelle somme pour avoir le droit de se reposer à l’ombre de l’âne. Quant au voyageur, il prétendait avoir loué l’ombre avec l’âne.»

5. Durant ce récit de Démosthène, les Athéniens se montraient fort attentifs. Tous désiraient savoir comment s’était terminée cette discussion. Mais tout à coup Démosthène se tut. Comme on lui demandait de tous côtés de continuer son histoire, il s’écria: « Eh quoi! citoyens, lorsque je vous entretiens de l’ombre d’un âne, vous écoutez avec attention, et lorsque je parle du salut commun, vous êtes distraits.»

5. – La première nuit de Robinson dans son île.

1. Personne d’entre vous n’ignore le nom de Robinson. Tous vous avez lu ou vous avez entendu raconter les aventures de sa vie. Vous avez peut-être vous-mêmes souhaité imprudemment son sort. Ce qu’il y a de sûr, c’est que (certe) votre désir de faire de longs voyages a été souvent sans aucun doute excité par ses aventures. Je crois cependant qu’aucun d’entre vous ne se rappelle ce qui lui arriva et quel danger il courut la première nuit, après le naufrage qui le rejeta sur le rivage de son île. Par conséquent, enfants, écoutez ce que j’ai à vous raconter.

2. A l’approche de la nuit, le malheureux jeune homme imita les oiseaux qui placent leur nid dans le feuillage des forêts: il monta sur un arbre pour dormir, parce qu’il espérait que son sommeil y serait sans danger. Il y avait en effet à craindre dans cette île les bêtes sauvages qui errent ordinairement dans les lieux solitaires pour y chercher une proie: les lions, les ours, ainsi que les serpents. Il disposa soigneusement ses membres sur les branches d’un arbre pour y dormir sans trop de gêne.

3. Fatigué par tous les étranges événements arrivés en cette journée, il s’endormit bientôt. Son sommeil fut très profond. Le naufrage du navire, la mort de ses compagnons, le rivage de la mer où il était resté étendu, tout cela était sorti de sa mémoire. Dans son rêve il voyait ses parents lui tendre les mains et les bras; il lui semblait qu’il appelait tout haut sa mère et qu’il courait la rejoindre.

4. Mais à cause de la joie illusoire que lui donnait ce rêve, il tressaillit légèrement dans son sommeil et tomba de l’arbre. Cependant il eut de la chance dans son malheur. Il avait en effet choisi un arbre dont les branches n’étaient pas fort éloignées du sol. En outre la terre était revêtue d’un gazon moelleux. Il demeura quelques instants étendu sous l’arbre, parce que, réveillé en sursaut, il ne sut tout d’abord où il se trouvait.

5. Bientôt il se releva. N’étant gravement blessé dans aucune partie du corps, il ne ressentait pas de bien grande souffrance. Aussi retourna-t-il à son perchoir. Toutefois, rendu plus prévoyant par le danger, il eut soin de tenir tout en dormant, avec ses mains et ses bras, quelques branches, jusqu’à ce que les premiers rayons du soleil levant le réveillèrent. Comme à ce moment la faim le pressait fortement, il sentit qu’il lui fallait d’abord se mettre en quête de nourriture, car il en avait été complètement privé la veille.

THÈME D’IMITATION, 5, §§ 3-5. – § 3. In somno res mirae accidere videntur. – Vidi navem meam fractam in maris littore. – Voce majore mortuos socios vocabat.

§ 4. Falsa gaudia nobis dantur. – Arborum ramos in terram praecipitant. – Solum molli gramine vestitum erat. – Nemo calamitatem eligit. – Ii qui dormiunt felicissimi sunt.

§ 5. Dolor manuum major erat quam bracchiorum. – Calamitates eum providentem, providentiorem etiam fecerunt. – Cibum quaerunt, quia eos fames urget. – In manu, quae ramum retinebat, maximum dolorem sentiebat. – Quem cibum quaerit oriente sole?

6. – La chenille et le limaçon.

1. Le limaçon et la chenille menaient ensemble une vie très heureuse. Tous deux, à vrai dire, étaient si laids, qu’ils donnaient presque le frisson à ceux qui les regardaient. Néanmoins, ils avaient lié amitié entre eux; ils habitaient sous le même toit; rampant dans l’herbe, ils se nourrissaient des mêmes aliments.

2. Mais bientôt la chenille se mit à s’entourer d’un cocon. Le limaçon, abandonné par son amie, ne comprenait pas ce qui se passait et arrosait constamment de ses larmes le nid où dormait son amie.

3. Peu de temps après sortit du cocon, non pas l’affreuse chenille que le limaçon avait connue autrefois, mais un papillon, resplendissant des plus belles couleurs. A cette vue, le limaçon, qui en croyait à peine ses yeux, voulut féliciter son amie de cette métamorphose.

4. Mais il n’avait pas encore, en raison de son étonnement, ouvert seulement la bouche que le papillon s’écria: «Éloigne-toi de moi, vilain animal!» et il s’envola. Le limaçon ne revit jamais depuis son amie, sinon de loin, tandis qu’elle voltigeait parmi les prés autour des fleurs.

5. Il faut avouer que cet orgueil du papillon ne doit pas être loué. Mais qui nierait que la même chose arrive parfois chez les hommes? Bien des gens, devenus riches, laissent de côté leurs amis plus pauvres qu’eux ou même font semblant de ne les avoir jamais connus.

7. – Les voyageurs et le trésor.

1. Trois voyageurs, entrés dans une caverne, y trouvèrent un trésor considérable que des larrons y avaient entassé. Il est difficile de dire quelle fut leur joie.

2. Alors le plus âgé d’entre eux se mit à dire: « Restons dans cette caverne et partageons entre nous le trésor que nous avons découvert. Mais nous avons faim. Avant donc de procéder au partage de ces richesses, il faut que le plus rapide marcheur d’entre nous aille à la ferme voisine la plus proche acheter des provisions.»

3. «J’irai, répondit le plus jeune, et mon absence ne sera pas longue.» Aussitôt il part. Mais tout en marchant rapidement, il se mit à réfléchir au moyen de s’emparer tout seul du trésor découvert.

4. Il avait beau former toutes sortes de projets dans sa tête, il ne voyait pas comment, à lui seul, il pourrait faire disparaître ses deux compagnons. Il n’avait pas encore arrêté son plan (litt. quelle chose il devait faire) lorsqu’il parvint à la ferme.

5. Là en apercevant justement les provisions qu’il avait mission d’acheter, il eut une inspiration (projet) soudaine: «Je vais servir à mes compagnons des aliments empoisonnés. Quand ils seront morts, je resterai seul possesseur des richesses que nous avons trouvées.»

6. Les deux voyageurs restés dans la caverne avaient de leur côté formé un projet analogue, pour empêcher que le trésor ne fût divisé en trois parts. Ils avaient résolu d’assassiner, à son retour, leur compagnon qui était allé acheter des provisions.

7. Celui-ci revint avec un air tout joyeux, afin de mieux dissimuler son projet criminel. A peine avait-il mis le pied dans la caverne qu’il fut assailli aussitôt par ses compagnons. Criblé de blessures, il mourut.

8. Les meurtriers, pressés par la faim, saisirent bientôt de leurs mains avides (jetèrent leurs mains avides sur) les provisions qu’il avait apportées. Mais le poison se répandant aussitôt dans leurs veines, ils furent l’un et l’autre torturés par d’horribles souffrances. Dans l’espace de quelques heures, ils perdirent eux-mêmes la vie.

THÈME D’IMITATION, 7, §§ 5-8. – § 5. Mittitur ad emendos cibos. – Apponit socio cibum veneno infectum. – Scio quid illi faciendum sit. – Consilia vestra nimis subita sunt.

§ 6. Consilia nostra simillima sunt. – Thesauri pars in speluncis manet. – Tres illi socii thesaurum dividunt ad emendos cibos.

§ 7. Eorum vultus hilarior est quam eorum socii. – Consilia vestra scelerata erant. – Celat vulnus suum; celant vulnera sua. – Ejus socii cura statim vulneribus in spelunca confodiunt.

§ 8. Venenum statim in corpora interfectorum permeat. – Hi dolores magis horrendi sunt. – Uterque cruciatur horrendo totius corporis dolore. – Cibum arripit statim avida manu. – Thesaurus juxta manus tuas est. – Interfectoris vitam venenum finivit. – Utriusque manus avidissimae sunt.

8. – Le lion et la grenouille.

1. Le lion, entendant les cris que la grenouille lançait de toute sa voix et la bouche grande ouverte, en fut d’abord très effrayé. Il croyait en effet que ce cri si puissant provenait d’un très gros animal. S’étant rassuré, il se mit à regarder autour de lui et se disposa à lutter contre ce braillard.

2. Mais tandis qu’il repassait dans son esprit ses victoires et cherchait à retrouver son antique courage, il aperçoit soudain une grenouille qui, venant de l’étang voisin, s’avançait en rampant parmi les joncs. Honteux et plein d’indignation à la pensée qu’il avait pris peur inutilement pour un motif si futile, il l’écrasa sous son pied.

3. On croit facilement dignes d’admiration des gens qui se vantent audacieusement. Mais quand on connaît leur conduite, on renonce aussitôt à les admirer.

9. – Les deux grenouilles.

1. Deux grenouilles habitaient le même marécage. Ce marécage ayant été mis à sec par la chaleur du soleil, comme il arrive ordinairement en été, elles quittèrent leur séjour et se mirent en quête d’un autre.

2. Elles arrivèrent à un puits profond. «Nous serons à l’aise ici, dit l’une; il ne nous sera pas facile de trouver meilleur endroit.» L’autre répondit: «Cet endroit me plaît, à moi aussi; mais avant d’y sauter, il faut examiner comment nous sortirons ensuite de ce puits.»

3. «Tu as raison, dit celle qui avait parlé la première, et ton avertissement est sage. Je sais qu’il ne faut rien entreprendre au hasard; car je me rappelle que le bouc qui était descendu dans un puits y fut laissé par le renard et ne put s’en tirer.»

10. – L’île des bossus.

1. Il y avait autrefois une île dont les habitants étaient caractérisés par leur bosse: tous absolument naissaient conformés de la même manière; jamais on n’avait vu personne dans cette île qui ne portât sur le dos cet ornement.

2. Un homme, à la suite d’un naufrage, aborda dans cette île; il marchait en tenant le corps droit; ses épaules tombaient régulièrement des deux côtés. Il se fit autour de lui un grand rassemblement de gens frappés de stupeur; on se le montrait du doigt; on l’accueillait avec des rires ou des injures, comme s’il s’agissait d’un monstre.

3. Il se trouva là pourtant un philosophe, plus humain que tous ses concitoyens, qui écarta la foule et s’écria: «Que signifie cette grossièreté, ô citoyens? Allez-vous tourmenter longtemps cet étranger innocent? Quelle raison avez-vous de croire qu’il a été privé, pour avoir commis un crime, de l’honorable bosse que nous portons?»

4. «Ne devons-nous pas plutôt le prendre en pitié, lui qui se trouve dépourvu de cet ornement départi à tout le monde, qui fait notre joie et notre fierté?» – Ne raille ni ne méprise les autres, de peur de paraître toi-même beaucoup plus ridicule et méprisable qu’eux.

11. – L’innocent justifié.

1. Un laboureur habitait une pauvre chaumière avec sa femme et son fils âgé de onze mois. Le père et la mère, obligés de s’absenter de chez eux pour quelques heures afin de cultiver leur petit jardin, ne voulurent pas laisser dormir leur petit enfant seul dans son berceau: ils le confièrent à la garde de leur chien.

2. Quelque temps après leur départ, un serpent, qui était resté caché dans l’angle de la maison, s’approcha en rampant du berceau. Les yeux hors de la tête, le cou enflé, la gueule ouverte de façon terrible, il allait sauter sur le petit enfant.

3. Mais le chien, sans s’effrayer, s’élança et ses aboiements menaçants attirèrent sur lui la rage de l’horrible animal. Ensuite, par sa résistance courageuse, non seulement il fit reculer son adversaire, mais encore il le tua en lui mordant énergiquement le cou.

4. Dans la lutte le berceau avait été renversé et avait recouvert le serpent en train de mourir. Aussi, quand le père de famille rentra à la maison avec sa femme, il ne vit que le berceau renversé et le bébé qui geignait nu sur le sol.

5. Saisi d’une colère soudaine et croyant que le chien est seul responsable de l’accident, il oublie ses anciens services et le saisit immédiatement. Il l’entraîne vers la rivière, lui attache au cou une lourde pierre et se met en devoir de le jeter à l’eau.

6. Mais il ne s’attendait guère à ce qui se produisit (la chose réussit autrement qu’il n’avait pensé). Une glissade le fit tomber lui-même dans l’eau. Il allait y périr, quand (si ce n’est que) le chien, qui avait pu se débarrasser de ses liens mal assujettis, sauta dans l’eau profonde et en nageant ramena son maître à la rive.

7. Sauvé ainsi par son chien, le paysan ne voulut pas faire périr un compagnon si fidèle; il lui fit grâce et le ramena à la maison. Dès qu’il y fut de retour, il apprit de sa femme ce qui s’était réellement passé. Elle avait, en effet, trouvé le serpent et s’était rendu compte de ce qui était arrivé.

8. Ce récit nous apprend qu’il ne faut rien faire inconsidérément, de peur que nous n’ayons bientôt à nous repentir de notre précipitation.

THÈME D’IMITATION, 11, §§ 5-8. – § 5. Canis innocens, innocentissimus erat. – Gravius saxum meo collo alligatum est. – Priora eorum merita novimus. – Conatur nos in flumen dejicere.

§ 6. Pedum vincula laxissima erant. – Canes domini nostri nant in altioribus fluminibus. – Canum pedes lapsi sunt. – Ipsi rem scimus. – In altissimis fluminibus nabat. – E laxo vinculo se aliter expedivit.

§ 7. Canis revera comites nostros servavit. – Rusticus comitis sui cani veniam dat. – Rustici comitum suorum canibus veniam dant. – Canis benevolus rusticum ejusque omnes comites servat. – Occisa serpente, canis a rusticis domum reductus est.

§ 8. Tempus breve, brevius, brevissimum est. – Fabula vestra brevis, brevior, brevissima est. – Ejus festinatio nimia erat.

12. – Le lièvre et l’alouette.

1. Une alouette habitait un buisson sous lequel était dissimulé le gîte d’un lièvre. Tous deux étaient liés d’une étroite (grande) amitié. Souvent pourtant des discussions s’élevaient entre eux, mais sans importance, comme il arrive fréquemment entre amis.

2. L’alouette reprochait généralement à son ami sa poltronnerie. «Tu ne peux nier, disait-elle, que tu es sans cesse rempli d’une vaine terreur. Un paysan n’a qu’à se montrer au loin dans la campagne, tu crains immédiatement que ce ne soit un chasseur et qu’il ne vienne pour te tuer.»

3. «Si tu vois un aigle planer dans les airs, immédiatement tu te blottis dans ton gîte ou tu crois devoir t’enfuir à toutes jambes sans t’arrêter, jusqu’à ce que tu sois à bout de forces.»

4. «Lorsqu’un rameau craque ou que le vent gémit, tu frissonnes de tous tes membres. Lorsqu’un chien aboie au loin, oh! alors, tu meurs de peur. N’as-tu pas honte d’une pareille poltronnerie? Pourquoi ne te rappelles-tu pas plutôt que la fortune favorise les audacieux?»

5. A ces reproches, le lièvre répondait: «J’avoue sans doute que tu ne manques pas d’audace ni même de courage, s’il faut donner ce beau nom à ta témérité. Mais prends garde (fais attention de peur que), je te prie, de rehausser maladroitement à l’aide de termes mensongers ce qui ne mérite nullement les louanges.»

6. «A peine le soleil est-il levé, tandis que moi-même, les oreilles dressées de temps à autre, je broute l’herbe humide de rosée non loin de mon gîte, toi, tu quittes ce buisson et prenant ton essor vers le ciel, tu chantes en pleine lumière d’une voix si forte et si claire que tous t’entendent, tous te voient.»

7. «Que signifie ce (si) grand tapage, par Hercule, je n’en sais rien; à moins que tu ne veuilles attirer plus rapidement sur nous l’épervier de la forêt voisine et ranimer l’espoir dans le coeur du chasseur. J’avoue que mes craintes ne méritent pas de compliments, mais ce qu’a dit je ne sais quel philosophe me plaît fort: «Celui qui a su bien se cacher, a bien vécu.»

13. – La sauterelle et les poissons.

1. Dans un pré vivait une sauterelle, qui, toujours désireuse de voir du nouveau, affichait le mépris du danger. Non seulement. elle se posait volontiers au sommet des brins d’herbe, mais elle s’avançait comme sur un pont le long des roseaux qui se penchaient sur les ondes.

2. En effet, un ruisseau très limpide coulait rapidement à travers la prairie. Son grand plaisir était de voir de là-haut les poissons nager vers la rive et se poursuivre les uns les autres ou les petits cailloux briller au fond de l’eau.

3. Bien plus, elle prétendait avoir vu beaucoup d’autres phénomènes surprenants. Elle se vantait d’avoir lié amitié avec les poissons, ces ennemis traditionnels des sauterelles. Si parfois le roseau sur le sommet duquel elle se posait volontiers était agité par le vent, elle disait que c’était un plaisir qu’on ne pouvait imaginer.

4. En un mot, elle faisait tout pour exciter l’admiration des sauterelles. Elle affirmait que les autres, à cause de leur timidité excessive, n’avaient jamais pu savoir ce que c’était que le vrai bonheur.

5. Plus d’une fois elle était tombée dans l’eau, mais grâce à un heureux hasard, elle avait toujours pu s’en tirer, tantôt en nageant, tantôt en volant. Ces accidents avaient accru extraordinairement son audace et son orgueil. Aussi, bien connue de la plupart des sauterelles de la prairie, elle excitait même chez un bon nombre l’admiration et le désir de l’imiter.

6. Pour exciter les autres à l’audace, elle répétait souvent: «La fortune favorise les audacieux», comme si elle avait lu Virgile lui-même. Mais un jour, au lever du soleil, à l’heure où les poissons s’approchent ordinairement de la rive pour chercher leur nourriture, elle tomba de nouveau dans l’eau, et qui plus est, à la renverse.

7. Comme les poissons arrivaient rapidement en nageant et ouvraient déjà des bouches menaçantes, elle leur criait d’avoir pitié d’elle, de ne pas la dévorer, mais de la transporter plutôt vers la rive. On raconte qu’elle fut la proie d’une grenouille qui était aux aguets à fleur d’eau parmi les roseaux de la rive.

8. Sa mort fut pour toutes les autres une profitable leçon. Car son malheur enseignait à toutes qu’il faut éviter l’audace non moins que l’orgueil.

THÈME D’IMITATION, 13, §§ 5-7. – § 5. Pleraeque locustae (ou locustarum) volant atque nant. – Audacia et superbia tua mihi minime ignotae sunt. – Felici quodam casu nando evadit.

§ 6. Piscis ad ripam adnatat vix orto sole. – Quā horā pisces cibum quaerunt? – In aquam supini labebantur. – Dictitabat a se Vergilium saepe legi. – Dictitat audaces fortuna juvari.

§ 7. Pisces ad ripam celerius adnatant quam ranae. – Rana clamat, os summa aqua inter juncos aperiens. – Pisces ranarum non miseret. – Narrant locustam a piscibus vectam esse ad juncos.

14. – Le poète et ses amis.

1. Un poète, qui souffrait de la goutte, s’était retiré dans sa maison de campagne à quelques milles de Paris. Il y invita deux poètes de ses amis pour se distraire en conversant avec eux. Ils arrivèrent le soir et se mirent aussitôt à table.

2. Traités fort bien par leur hôte, qui leur avait fait préparer un excellent repas, ils burent tant et si bien (tant de coupes) qu’ils s’enivrèrent. Puis, à la manière des poètes, ils se mirent à déplorer les misères de l’existence. Finalement, ils résolurent de se rendre sur les bords de la Seine pour se noyer.

3. Leur hôte, qui, en raison de sa maladie, avait bu plus modérément, essaya en vain de les dissuader; il fit alors semblant de se rallier à leur résolution désespérée: «Vous feriez, leur dit-il, une chose peu digne de notre amitié, si vous vouliez sortir de la vie en me laissant ici. Permettez-moi (ne veuillez pas me repousser) de vous accompagner dans la mort.»

4. Les deux poètes, tournant vers leur hôte des yeux pleins de larmes, déclarèrent qu’une semblable preuve d’amitié les touchait profondément: «Vous êtes, lui dirent-ils, vraiment digne de mourir avec nous.» – «Mais, reprit l’autre, la goutte m’empêche de me rendre cette nuit au fleuve avec vous.»

5. «Pourquoi ne différez-vous pas la chose jusqu’à demain? J’espère qu’une fois remis par le repos de cette nuit, je vous suivrai plus facilement. J’aurai soin de vous faire éveiller dès l’aurore.» Les autres déclarèrent qu’ils ne pouvaient rejeter une demande si juste (refuser à lui demandant une chose juste).

6. Ils allèrent donc se coucher. Dès l’aurore, le domestique de leur hôte vint les réveiller. Mais comme, sous l’influence du vin et d’un plantureux repas, ils étaient plongés dans un profond sommeil, peu s’en fallut que dans leur colère, ils ne bâtonnassent le domestique qui (parce qu’il) osait troubler leur repos de si grand matin.

7. Ayant complètement oublié leur projet, ils furent fort étonnés quand leur hôte vint leur représenter que leur dernière heure était arrivée, ainsi qu’ils l’avaient eux-mêmes décidé. – Il est souvent utile de remettre au lendemain l’exécution des résolutions dangereuses.

15. – La mort de Bègue.

1. Bègue, après avoir tué le sanglier, promena les yeux autour de lui sur la forêt, mais ne put reconnaître l’endroit où il se trouvait. Son cheval, épuisé de fatigue, était couché dans l’herbe. Ses chiens, presque tous éventrés par les défenses du sanglier, gisaient à terre.

2. La nuit approchait et la forêt s’emplissait d’ombre. Partout la solitude, partout le silence; impossible de savoir de quel côté aller. Aussi, pour appeler ses compagnons, restés en arrière, il saisit sa trompe et en sonna plusieurs fois.

3. Mais ceux qu’il comptait diriger vers lui ne l’entendirent pas; au contraire, le son arriva aux oreilles des serviteurs de son ennemi, qui étaient chargés de surveiller la forêt. Ils accoururent auprès de lui et, comme ils le connaissaient et le haïssaient depuis longtemps, ils s’élancèrent sur lui l’épée à la main.

4. Bien qu’ils fussent six contre un, ils comprirent immédiatement que la victoire ne leur serait pas facile. Car Bègue, pour résister plus facilement, s’était appuyé au tronc d’un arbre de manière à n’être pas pris à revers. Voyant qu’avec leurs épées ils n’auraient pas raison de son courage (qu’à cause de son courage, la chose ne pouvait être réglée avec les épées), ils envoyèrent l’un d’entre eux chercher des archers.

5. C’est ainsi qu’ils triomphèrent par la ruse de celui qu’ils n’avaient pu vaincre par la force. Le corps de Bègue, dépouillé de ses armes, fut abandonné dans ce lieu désert. Cependant le feu s’éteignait peu à peu; il commençait à pleuvoir; les chiens blessés poussaient de lugubres hurlements. Quant aux vainqueurs, exultant de joie, ils entrèrent chez eux en chantant à travers les ténèbres de la nuit et de la forêt.

16. – Lettre d’un écolier au temps de Néron.

1. Émile salue son ami Antoine. – Le temps des vacances, que nous attendions depuis longtemps, n’est pas éloigné maintenant. Je quitterai bientôt Rome. Tous mes condisciples se réjouissent avec moi. Mais je crois être de ceux qui ont le droit d’être contents pour avoir donné toute satisfaction à leurs maîtres par leur travail et leur application.

2. Je vois pourtant quelques paresseux qui ne se réjouissent pas moins. Bien que leur satisfaction me paraisse sincère, je ne laisse pas de penser que la conscience d’avoir toujours fait son devoir augmente beaucoup le contentement. La joie éprouvée par un élève appliqué devient plus pure et plus complète lorsque les vacances approchent, bien qu’il ne la témoigne peut-être pas aussi ouvertement.

3. J’ai commencé cette année l’étude du grec. Je me réjouis à la pensée que dans peu de mois je serai à même de lire les oeuvres des écrivains illustres qu’on vante souvent en ma présence (moi entendant). Mais surtout je désire travailler avec application pour contenter mes parents auxquels je dois tant de reconnaissance.

4. Mes parents vont m’emmener à Baïes. C’est là, comme tu le sais, que les plus nobles Romains se rendent quand les chaleurs de l’été les obligent à quitter Rome. Tu n’ignores pas combien la campagne y est agréable et les champs fertiles. La magnificence des maisons et des jardins fait que tout y paraît créé exprès pour le plaisir des yeux. Et que dire de la mer? (Que faut-il que je dise?)

5. Qu’il est agréable de contempler la mer azurée et la foule qui se promène sur la plage (sur le sable le long du rivage) depuis l’aube jusque fort avant dans la nuit! L’empereur y sera cette année encore avec sa mère. Mais nous autres, nous n’irons pas voir les spectacles qu’il a, dit-on, l’intention de donner. Ils déplaisent à mon père; il répète que c’est une honte et une chose indigne de nos ancêtres; en effet, beaucoup de gladiateurs y combattront et s’entre-tueront.

6. Mais je me rends compte que je dis là des choses qu’il faut taire: par conséquent, très cher ami, ne répète cela à personne. Détruis ma lettre aussitôt que tu l’auras lue. Je sais que de tels propos sont dangereux, qu’ils excitent la colère de l’empereur et qu’ils ont déjà causé la mort de bien des gens. Mais j’ai confiance en toi, j’ai confiance aussi en Géta, notre fidèle et excellent esclave, qui te portera cette lettre.

7. Je reviens aux plaisirs des vacances. Cette année je vais apprendre à nager dans la mer. C’est mon plan et je l’exécuterai. Mais je ne creuserai et n’entasserai plus le sable de la plage avec le même plaisir qu’autrefois. Plus j’avance en âge, moins je prends de plaisir à ces amusements enfantins. – Porte-toi bien, et sois persuadé que je n’ai rien de plus cher que toi, à l’exception de mon père et de ma mère.

THÈME D’IMITATION, 16, §§ 4-6. – § 4. A parentibus de industria Baïas ducar. – Nimii aestatis calores nobiles Romanos ex urbibus ad mare expellunt. – Rura amoenissima sunt et fertilissima.

§ 5. Caerulea maria nemini displicent. – A prima aurora in arenā propter litora ambulo. – Majores nostri dictitabant hoc spectaculum flagitiosissimum esse. – Princeps cum matre sua Baiis ambulat.

§ 6. Hoc est tacendum. – Periculosiora verba dicit. – Servi nostri meliores fidelioresque sunt quam vestri. – Optimis servis fido. – Talibus verbis iram principi movet. – Servi illi nobis cari sunt. – Periculosissimae sont illae litterae. – Haec epistola mortis eorum causa fuit.

17. – Damon et Phintias.

(PREMIÈRE PARTIE: Deux vrais amis.)

1. Il faut toujours tenir ses promesses, à moins qu’on ne les ait faites sous l’empire de la crainte. En effet, le fondement de la justice est la loyauté, qu’il faut toujours respecter. On cite de fort beaux exemples de cette vertu. C’est ainsi que Régulus aima mieux revenir s’offrir à une mort certaine, plutôt que de manquer de parole à un ennemi. De tels exemples font honneur au genre humain.

2. Non moins admirable est le récit qui concerne deux philosophes pythagoriciens, Damon et Phintias. Il existait entre eux une amitié peu ordinaire, une amitié véritablement parfaite, qui s’était trouvée accrue encore d’une façon surprenante par le fait qu’ils avaient même âge, même caractère et mêmes goûts.

3. Damon ayant déplu à Denys, tyran de Syracuse (des Syracusains), celui-ci l’accusa de conjuration. Il fut condamné à mort et le jour de son exécution fut fixé. Le philosophe, voyant que le tyran était implacable, demanda seulement quelques jours de liberté pour recommander ses enfants à des amis, leur partager ses biens et régler quelques affaires en un cas si pressant.

4. Phintias s’offrit comme otage et se remit entre les mains du tyran comme caution du condamné à mort. Il fut convenu que si l’autre ne revenait pas, Phintias serait exécuté. On accorda trois jours à Damon. Avant de partir, celui-ci, tout en larmes, embrassa avec effusion son ami et lui jura qu’il serait de retour avant l’heure fixée pour le supplice.

(II° PARTIE: Le retour.)

5. Damon, débarrassé de ses liens, part immédiatement pour une propriété éloignée où il avait des affaires à régler. Quand elles furent terminées, il reprit en toute bâte le chemin de Syracuse. Il craignait, en effet, d’être retardé par les chemins que la grande pluie de la nuit précédente avait détrempés.

6. Il avait déjà parcouru une assez grande partie du chemin, lorsqu’il arriva à une rivière dont le pont avait été emporté par une crue démesurée (au-delà de la mesure). Il ne vit aux environs aucune embarcation qui put le transporter sur l’autre rive. Il ne semblait pas prudent de s’engager dans la rivière et il n’osait affronter un pareil danger. Ce n’est pas qu’il craignit pour lui-même la mort, mais il savait que sa vie était indispensable pour sauver celle de Phintias.

7. Assis sur la berge, il s’abandonna d’abord aux larmes et aux gémissements. Il songeait que la moitié de la journée s’était écoulée déjà; même s’il passait sans retard la rivière, il arriverait difficilement pour l’heure fixée. Enfin, quoiqu’il n’eut aucun espoir de salut, il pensa qu’il était de son devoir de s’élancer dans l’eau profonde. Contrairement à son attente, il réussit à traverser la rivière à la nage; mais, mort de fatigue, il resta étendu quelque temps sur l’autre rive avant de reprendre sa route.

8. Il lui fallut ensuite traverser une forêt. Lorsqu’il fut parvenu au milieu, des brigands se jetèrent sur lui. Mais le désespoir lui donnant des forces, il tira son épée et, après avoir tué un de ses agresseurs, il mit les deux autres en fuite.

9. Sorti de la forêt, il redoubla de diligence. Mais en raison de la fatigue du voyage et de la chaleur excessive du soleil, il fut saisi d’une soif intense. Ses forces s’épuisaient; tout son corps commençait à chanceler de côté et d’autre comme celui d’un homme ivre; il était sur le point de s’abattre sur le sol.

10. Mais grâce au hasard ou plutôt à un secours providentiel, le bruit d’une eau courante parvint à ses oreilles. Il suivit sa direction et trouva un mince filet d’eau qui jaillissait des rochers. Un peu ranimé après avoir étanché sa soif, il reprit à grands pas sa marche vers la ville.

(III° PARTIE: L’arrivée.)

11. Il ne restait plus guère de temps avant le coucher du soleil. Anxieux, il songeait qu’à ce moment même on préparait la croix devant le palais du cruel tyran; que déjà le peuple, curieux du spectacle, se rassemblait de toutes les parties de la ville. Il réfléchissait que la haine de tous ses concitoyens allait se tourner contre lui. Mais surtout il se représentait le désespoir de son ami, qui, en mourant, se plaignait d’avoir été abandonné et trahi par un ami déloyal.

12. Il était encore éloigné environ d’un millier de pas de la ville et déjà il apercevait au loin la foule rassemblée, lorsque l’un de ses affranchis vint à sa rencontre. En apercevant Damon, il s’écria: «Tu arrives trop tard! Tu te presses en vain à cette heure même, ton ami Phintias est traîné au supplice. Quand tu arriveras, il sera mort ou, mourant, il ne pourra plus être rappelé à la vie. Quant à toi, objet de la rancune du peuple et de la haine du tyran, tu perdras la vie sans pour cela sauver ton ami.

THÈME D’IMITATION, 17, §§ 11-12. – § 11. Populus totius urbis, omnium urbium populus videndi cupidus est. – Concitat in se suorum crudelium civium iram. – Cogito multum tempus superesse. – Tyrannus magis anxius erat quam cives. – Animo fingebant amicorum suorum morientium desperationem. – Cupidus sum tyrannorum aedes videndi.

§ 12. Jam duo millia passuum ab hac urbe aberant. – Jamjam morituri erant. – Frustra et serius fugit libertus. – Ad supplicium hoc ipso tempore tyrannum trahit. – Invidiam populi tyrannique odium timebat. – Moriturum amicum ad vitam revocat. – Ad amicum morientem vel potius mortuum advenit. – Turba congregata procul Damonem festinantem videbat.

13. Mais Damon ne se laisse pas retarder par les prières et les supplications, auxquelles l’autre recourait. Il avance même plus vite encore, autant qu’il lui est possible, et court de toutes ses forces dans la direction de la ville. Il se disait: «J’irai en dépit du sort, afin de mourir du moins en compagnie de celui que je n’ai pas sauvé de la mort comme je l’aurais voulu et comme je l’aurais dû.»

14. Bientôt, au milieu de la stupeur générale, haletant et couvert de poussière, il s’ouvre un chemin à travers la foule. Il court embrasser son ami que les bourreaux attachaient (élevaient) déjà à la croix. Denys, qui assistait à la scène, étonné d’une amitié si fidèle et si constante, déclara qu’il pardonnait à Damon. Il est difficile de décrire les applaudissements de la foule. Cicéron rapporte même que le tyran leur demanda de l’admettre comme troisième dans leur amitié.

18. – Les grues d’Ibycus.

(PREMIÈRE PARTIE: Le crime.)

1. Beaucoup de preuves frappantes nous montrent que les hommes vertueux et innocents, en butte à la persécution des impies et des scélérats, ne sont jamais abandonnés par les dieux. Leurs ennemis ou leurs meurtriers ont été souvent très durement punis, en cette vie même, et parfois après un long délai.

2. Un exemple célèbre de cette vérité est fourni par l’aventure du grand poète et grand musicien Ibycus. Il partait un jour de Mégare pour prendre part au concours de chant dans les jeux qui se célébraient à Corinthe. Apollon, en effet, lui avait accordé un merveilleux talent pour diriger sa voix et jouer de la lyre.

3. S’appuyant sur un bâton, il marchait seul et préparait à voix basse les chants qu’il devait exécuter devant les juges du concours et devant le peuple. Il n’était plus qu’à quelques milles de Corinthe et il apercevait déjà dans le lointain la citadelle élevée, lorsqu’il entra dans un bois consacré à Neptune. Le soleil était sur son déclin; aussi la vallée devenait plus sombre et le feuillage des arbres répandait sur le poète une sorte d’obscurité.

4. Il vit pourtant dans le ciel, à travers les branches, des grues qui émigraient vers des pays plus chauds et dont la troupe, comme à l’ordinaire, formait un triangle. «Salut, oiseaux! dit-il; moi aussi, voyageur comme vous, j’ai quitté ma patrie et j’allège en chantant la fatigue du voyage. Puissé-je, moi aussi, une fois parvenu à la ville, trouver un toit hospitalier!»

5. Il était alors arrivé au milieu de la forêt. En cet endroit deux brigands armés avaient dressé une embuscade et barré le chemin pour dépouiller les passants. Quand Ibycus les vit, il fit mine de vouloir résister, mais en vain. Comment un homme presque désarmé eût-il pu repousser l’attaque de deux coquins pleins d’audace, d’une taille énorme et merveilleusement habiles à manier les armes?

6. Il appela en vain à grands cris le secours des dieux et des hommes. En raison de la solitude du lieu, il ne pouvait pas même espérer que l’on entendrait, à plus forte raison que l’on viendrait à son aide. Criblé de blessures, il tomba sur le sol.

7. Mais avant de rendre le dernier soupir, il pria les dieux de se charger de la vengeance de ce crime sacrilège n’avait-il pas été frappé dans une forêt sacrée? Ne s’était-il pas toujours montré plein de dévotion à l’égard des dieux et de leur culte? Il prit même à témoin de ce meurtre les grues qui traversaient en volant la forêt. Mais les brigands, sachant qu’ils ne pouvaient être confondus ni par la dénonciation ni par le témoignage des oiseaux, s’éloignèrent en riant de la sottise de leur victime.

THÈME D’IMITATION, 18, §§ 5-7. – § 5. Latrones insidias disponunt, semitas silvarum intercludunt, praetereuntes spoliant. – Ibycum, inermem repellunt. – Horum latronum magnitudo corporis ingens erat; exercitatio in armis erat incredibilis.

§ 6. Homines in illā solitudine clamores non audiunt; opem non ferunt. – Dii magno subsidio sunt homini. – Frustra deos hominesque invocabat. – Nullius subsidium sperabat.

§ 7. Caedes in sacris silvis factae nefariae erant. – Aves transvolant silvas. – Latrones avium indicium et testimonium rident. Caedem viatorum ulciscendam suscipit. – Ille qui ultimum spiritum efflat magis pius est erga deos. – Deorum cultus sacer est.

(II° PARTIE: L’enquête.)

8. Le jour suivant à l’aurore le cadavre fut trouvé et porté aux magistrats. Ceux-ci découvrirent en peu de temps l’identité de la victime grâce à un Corinthien qui était l’hôte d’Ibycus. Le bruit de l’affaire se répandant à travers la ville, les habitants se rassemblèrent en grand nombre autour des magistrats. Tous demandaient à grands cris que l’on recherchât avec soin les meurtriers d’un homme illustre, aimé de toute la Grèce, et qu’on leur infligeât les pires tortures.

9. Mais l’affaire était fort difficile. L’espoir de découvrir la vérité paraissait bien faible; car une grande multitude d’hommes étaient accourus de toutes les parties de la Grèce à Corinthe pour assister aux jeux. Pendant plusieurs jours les magistrats interrogèrent un grand nombre de citoyens et d’étrangers au sujet de cet assassinat. Ils firent des perquisitions partout, mais on ne trouva nulle part ceux qui avaient pris sur eux de commettre un si grand crime. On ne voyait même personne qui pût être soupçonné de ce meurtre.

(III° PARTIE: La punition.)

10. Les assassins étaient pourtant dans la ville. Comme s’ils étaient assurés de l’impunité, ils étaient allés au théâtre. Ils n’avaient pas hésité à s’asseoir au milieu de la foule, sur les gradins supérieurs, pour assister aux jeux.

11. Tous avaient leur attention fixée sur les divers concours, quand justement des grues se montrèrent dans le ciel au-dessus des spectateurs. Ceux-ci ne les remarquèrent même pas; mais par hasard ou plutôt par une disposition providentielle leur passage n’échappa pas aux regards des deux meurtriers.

12. L’un d’eux, retenant à peine son rire et tourné vers son compagnon, lui dit: «Regarde, voila les témoins d’Ibycus!» Mais les gens assis à côté d’eux perçurent cette réflexion. En entendant le nom d’Ibycus, ils demandèrent aux deux inconnus ce qu’ils voulaient dire. Comme ceux-ci semblaient embarrassés par ces questions (incertains quelle chose il fallait répondre), ils excitèrent immédiatement les soupçons.

13. Ceux qui se trouvaient là s’encourageaient les uns les autres à aller prévenir les magistrats assis sur les premiers degrés du théâtre. On leur soumet l’affaire. Eux, persuadés que dans une affaire si importante et si obscure il ne fallait rien négliger, ordonnèrent qu’on arrêtât ceux qui avaient parlé de façon mystérieuse d’Ibycus et des grues.

14. Après les avoir fait emprisonner séparément, ils leur posèrent toutes sortes de questions minutieuses. Ils voulaient savoir pourquoi ils avaient parlé des grues en ces termes, ce qu’ils avaient voulu dire en les citant, quel jour, à quelle heure ils étaient arrivés à Corinthe, quel était leur métier ordinaire (par quel métier ils avaient coutume de gagner leur vie).

15. L’un et l’autre firent d’abord des réponses fausses et très différentes. Puis, comme les juges les pressaient de toutes manières (de toutes parts), ils se trouvèrent forcés d’avouer leur crime. Ainsi ces meurtriers, que l’on n’avait pas pu prendre sur le fait, furent découverts par une sorte d’avertissement des dieux et furent châtiés de leur forfait selon les lois (donnèrent aux lois satisfaction de leur forfait).

THÈME D’IMITATION, 18, §§ 13-15. – § 13. Magistratus in primo gradu theatri sedebat. – Res illae, quas neglegit, gravissimae et obscurissimae sunt. – Rem graviorem obscurioremque neglegebat. – Nihil neglegendum est. – Nihil est, in hac re, grave aut obscurum.

§ 14. Omnia (omnes res) scire voluerunt. – Quid vestra verba significabant? – Diligenter commemorabat separatimque diem, horam, viam. – Talibus artibus victum quaerere solent.

§ 15. Uterque sui sceleris judicibus legibusque poenam debet. – Facinus interfectorum manifestius erat. – Utrumque judices undique urgebant. – Interfectorum scelera multum inter se discrepant. – Uterque interfector judicis admonitu confiteri coactus est.

19. – Histoire d’Adraste et d’Atys.

(PREMIÈRE PARTIE: La menace de l’oracle.)

1. Crésus, roi de Lydie, avait un fils, qui l’emportait sur tous les camarades de son âge par ses qualités physiques et morales. Ce jeune homme se nommait Atys. Ce n’était pas l’unique héritier du roi, mais l’autre fils, étant muet, ne pouvait succéder à son père.

2. Atys était déjà grand, il avait même déjà commencé à faire la guerre aux ennemis de sa patrie, lorsque les dieux avertirent Crésus par un songe durant son sommeil que son fils mourrait prématurément: il serait blessé par une lance de fer et cette blessure serait la cause de sa mort.

3. Le père, réveillé immédiatement par la terreur, était à peine sorti de sa chambre à coucher qu’il ordonna d’enlever au plus tôt toutes les armes offensives suspendues aux murs du palais, de peur qu’elles ne tombassent sur la tête de son fils. En même temps, il lui interdit d’assister non seulement aux combats, mais même aux exercices militaires.

4. Il espérait, il était même sûr d’éviter ainsi le malheur dont il avait été averti en songe.

(II° PARTIE: Le mystérieux étranger.)

5. Quelques jours après que Crésus eut pris ces précautions, un inconnu arriva à Sardes, capitale du royaume. Il était né en Phrygie et même de souche royale; mais il venait se réfugier auprès de Crésus et lui demander de le purifier.

6. La religion exigeait que le suppliant fût immédiatement purifié par celui auquel il recourait: on ne devait pas l’interroger sur sa patrie, ni sur sa vie passée, ni sur le motif de la purification, avant l’accomplissement de cette cérémonie. Crésus, après lui avoir rendu le service demandé, voulut savoir qui il était et d’où il venait; puis, de quel crime il s’était souillé et pourquoi il avait eu besoin de purification.

7. L’étranger lui répondit: «Ô roi, je me nomme Adraste; je suis fils de Gordius. Un hasard malheureux m’a fait tuer sans le vouloir mon frère aîné. Aussi, chassé par mon père, je me suis réfugié comme suppliant auprès de toi.»

8. Crésus alors lui dit: «C’est chez des amis que tu es venu. Si tu désires demeurer ici auprès de nous, nous ne te laisserons manquer de rien. Puisses-tu supporter courageusement ton infortune et ton exil!» Adraste demeura donc auprès de Crésus.

(III° PARTIE: Le sanglier de Mysie.)

9. A peu près en même temps qu’Adraste était venu chez Crésus, on annonça qu’un sanglier d’une taille énorme avait apparu sur l’Olympe de Mysie. De la montagne il faisait de fréquentes incursions dans les campagnes voisines, détruisait avec son groin les récoltes des Mysiens et n’épargnait pas les habitants eux-mêmes.

10. Les paysans de la région, réunis en troupe comme pour combattre un ennemi armé, l’avaient attaqué plusieurs fois avec leurs instruments rustiques, mais sans succès. Plusieurs avaient été tués; il y avait eu de nombreux blessés, et ils avaient dû rentrer chez eux sans avoir tiré vengeance.

11. Ils envoyèrent donc des ambassadeurs à Crésus pour lui dire qu’un sanglier énorme s’était montré sur la montagne voisine, et que, non content de nuire à leurs biens, il mettait en péril la vie des citoyens. Ils avaient, disaient-ils, essayé de le tuer, mais n’avaient aucunement réussi. Ils le priaient donc d’envoyer des chasseurs très expérimentés, jeunes et vigoureux, avec des chiens, pour tuer l’animal ou le chasser tout au moins hors de leurs campagnes. L’affaire était d’ailleurs si difficile, qu’elle méritait d’être conduite par le propre fils du roi.

12. Mais Crésus, se rappelant ce qui lui avait été prédit en songe, répondit que, pour ce qui concernait son fils, ils n’obtiendraient rien. Toutefois, il enverrait des chasseurs aussi nombreux que possible, munis de tout ce qui servait à prendre les bêtes sauvages.

13. Après avoir obtenu cette réponse, les Mysiens se retirèrent joyeux; mais Atys, qui n’ignorait pas ce que les ambassadeurs avaient demandé, alla trouver son père et lui dit: «Mon père, bien que je me sois illustré déjà souvent à la guerre et à la chasse, tu m’as contraint à demeurer en repos à la maison et presque à m’y cacher. Je n’ai d’autre liberté que d’aller du palais à la place publique et de revenir de la place chez nous.»

14. «Si, comme tu le dis, tu te soucies de ma renommée, ne m’empêche pas, je te prie, d’aller avec les gens de mon âge secourir nos alliés. Si cependant il est préférable que je reste paisiblement à la maison, j’en voudrais connaître le motif de ta propre bouche.»

THÈME D’IMITATION, 19, §§ 11-14. – § 11. Aper immanis incolis vicinorum mentium nocebat. – Rex venatorem exercitatum et aetate vigentem in vicinum montem mittebat. – Tantae difficultatis sunt res illae! – Legati ad regem immanem aprum mittunt.

§ 12. Memini quod mihi praedicebat. – De venatoribus nihil impetrabat. – Mittit quam plurimas feras. – Hoc ad captandam feram usui est.

§ 13. Hoc responsum patris non ignorabant. – Multae venationes et bella eos clariores quam antea fecerant. – Me recipio domum. – Domi quiescit. – Propemodum laetus legatus erat.

§ 14. Fama tua mihi curae est. – AEquales suos cognoscere decet. – Domi cum sociis meis maneo. – Eos impedire praestat.

15. Crésus, touché par cette manifestation d’un tempérament généreux, avoua qu’un songe lui faisait craindre pour la vie de son fils. «Il me semble, dit-il, que je n’ai pas d’autre fils que toi, car mon autre enfant, qui est sourd et muet, ne peut me succéder.»

16. Atys répondit: «Je ne saurais te blâmer de craindre pour moi et pour ma vie, ô mon père. Cependant je ne pense pas qu’en luttant, même de toutes mes forces, contre un sanglier, je puisse être exposé à un tel danger. La prédiction assure que je serai blessé par une lance de fer; comment un sanglier, qui n’a pas de mains, pourrait-il s’en servir contre moi? C’est avec leur groin et leurs défenses que ces animaux tuent d’ordinaire.»

17. «C’est à une bête sauvage et non point à des hommes armés que je devrai livrer un combat; par conséquent, tu peux te rassurer.» Crésus, après avoir résisté quelque temps, vaincu enfin par les prières de son fils, lui donna l’autorisation de partir.

18. Cependant le roi, qui demeurait encore soucieux, fit venir son hôte Adraste et lui dit: «Tu te rappelles l’infortune qui t’a frappé; si je t’en parle, ce n’est pas pour te la reprocher; mais tu sais que tu étais exilé de ta patrie et que c’est moi qui t’ai purifié et recueilli chez moi; depuis, je crois avoir observé largement à ton égard les lois de l’hospitalité.»

19. «Si donc il est juste de rendre la pareille à un bienfaiteur, c’est à toi que je confie mon fils au moment où il part pour la chasse: je veux que tu sois pour lui un gardien fidèle. Veille surtout à ce que des brigands ne vous tendent pas d’embûches sur la route et ne vous attaquent pas à l’improviste. D’ailleurs, à cette chasse, l’occasion ne te manquera pas de montrer ta valeur: n’es-tu pas de noble race et fort vigoureux?»

20. A ces paroles, Adraste répondit: «De moi-même, ô roi, je n’aurais pas été à cette chasse; le souvenir de mon crime, involontaire pourtant, me pèse à ce point que je ne me crois pas digne encore de prendre quelque plaisir avec les jeunes gens de mon âge. Néanmoins, sur ton ordre, je partirai volontiers, mû surtout par l’espérance de te récompenser des services que tu m’as rendus. Sache bien que ton fils, autant qu’il sera en mon pouvoir, n’aura aucun péril à redouter. »

(IV° PARTIE: La fatalité s’accomplit.)

21. Peu de jours après, Atys partit pour la Mysie en compagnie de son gardien et de gens de son âge. Derrière eux venaient les chiens et les engins de chasse. Parvenus sur le mont Olympe, ils trouvèrent bien vite, grâce au flair de leurs chiens, le sanglier dont on leur avait parlé. Le soleil venait à peine de se lever. Cernant au plus vite l’animal, ils l’attaquèrent.

22. Adraste surtout se faisait remarquer; c’était lui qui, pour montrer sa bravoure, lançait le plus de traits sur l’animal. Quant à Atys, qui voulait écarter de lui-même tout soupçon de lâcheté, il attaquait plus audacieusement encore et de plus près le sanglier.

23. Malheureusement, dans la mêlée, il arriva qu’un javelot, lancé par Adraste, transperça le fils du roi. Immédiatement tous furent saisis de stupeur et demeurèrent silencieux; mais bientôt un tel désespoir s’empara de leur coeur qu’ils renoncèrent à la chasse et abandonnèrent le sanglier.

24. Il est facile de se représenter quels gémissements furent alors poussés; mais peut-on imaginer la douleur d’Adraste? Il restait étendu sur le cadavre de son ami, et ses compagnons, qui l’entouraient, ne pouvaient même pas le relever, loin de pouvoir le consoler. L’un d’eux cependant fut dépêché à Crésus pour lui annoncer le malheur.

THÈME D’IMITATION, 19, §§ 21-24. – § 21. Custos ejusque socii cum canibus et venationis apparatu profecti sunt. – Canes in monte Olympo aprum invenerunt. – Fama hujus apri celeriter et brevi tempore in illos montes advenerat. – Canibus sagacitas est.

§ 22. Maxime conspicua est ignavia tua. – Adrastus fortitudine a se suspiciones amovebat. – Urget apros audacius. – Suspicionis a se removendae cupidus est. – In apros plura, plurima jacula emittit.

§ 23. Animus regis stupore et desperatione occupatus est. – Jaculi ferrea cuspis aprum transfixit. – Venationem intermittebant. – Tantus erat tumultus!

§ 24. Illi qui amicis mortuis superincumbebant, se ne attollebant quidem. – Circumstantibus amicis calamitates nuntiat. – Ad nuntiandam calamitatem unum ex sociis mittit.

25. En l’apprenant, le roi fut accablé de chagrin, non seulement en raison de la mort de son fils, mais aussi parce que l’auteur de cette mort était un homme comblé par lui de bienfaits. Il demandait même à Jupiter, protecteur des lois de l’hospitalité, de punir une si cruelle injustice car celui auquel il avait confié la vie de son fils ne l’avait pas protégé, mais au contraire assassiné.

26. Cependant les jeunes Lydiens revinrent, ramenant sur une litière le corps d’Atys. Adraste les suivait en baissant la tête. Quand on fut arrivé devant le roi, Adraste, les mains tendues, demandait qu’on l’immolât comme une victime offerte aux mânes de son ami.

27. Il paraissait en proie à un si grand chagrin que Crésus, touché de pitié, oublia sa colère: «Je ne te punirai pas, lui dit-il; ce n’est pas toi qu’il faut rendre responsable de ce malheur, mais plutôt moi, qui, averti plus d’une fois par les dieux, ne leur ai pas obéi.»

28. Ensuite les funérailles furent célébrées au milieu d’un grand concours de gens de la ville et de la campagne. Tous pleuraient, mais la douleur d’Adraste surtout se faisait remarquer. Quand tous ceux qui avaient assisté aux funérailles furent rentrés chez eux, Adraste, las de vivre après ces deux affreux malheurs, se trancha la gorge devant le tombeau.

20. – Histoire du berger Gygès.

1. Gygès était berger au service du roi. A la suite de grandes pluies la terre se fendit et Gygès descendit dans cette crevasse. Il y vit, à ce qu’on raconte, un cheval de bronze avec des portes sur les côtés. Il les ouvrit et aperçut le corps d’un homme de taille extraordinaire qui portait un anneau au doigt. Il enleva et se mit cet anneau. Puis il se rendit à une réunion des bergers.

2. Là, chaque fais qu’il tournait le chaton de la bague vers la paume de sa main, il devenait invisible, tout en continuant lui-même à voir. Il redevenait visible, lorsqu’il remettait en plein jour le chaton à sa place. Aussi, profitant de la propriété de cet anneau, il assassina le roi son maître et supprima ceux qu’il regardait comme faisant obstacle à ses projets. Personne ne put le voir commettre ces forfaits. C’est ainsi que, grâce à cet anneau, il devint roi de Lydie.

3. Si un sage possédait cet anneau, il estimerait qu’il ne lui est pas plus permis pour cela de mal faire que s’il ne l’avait pas. Les hommes de bien, en effet, ont pour but l’honneur et non pas l’impunité (les choses honorables et non les choses cachées).

21. – Les animaux de la forêt Hercynienne.

1. C’est un fait certain que dans cette forêt vivent de nombreuses espèces d’animaux sauvages qu’on ne rencontre pas ailleurs. Il s’y trouve une sorte de boeuf qui ressemble à un cerf et qui porte au milieu du front, entre les oreilles, une seule corne. Le sommet de cette corne se déploie en ramures analogues à des feuilles de palmier.

2. On trouve aussi des animaux appelés «élans». Ils ont la forme et le pelage varié du chevreuil, mais ils sont un peu plus gros. Leurs cornes sont tronquées; leurs membres sont lisses et sans articulation. Ils ne se couchent pas pour reposer et s’ils viennent à tomber par terre, ils sont incapables de se relever. Ils n’ont que les arbres pour repaire: ils s’y appuient et s’abandonnent ainsi au repos.

3. Quand les chasseurs, en suivant leurs traces, ont découvert leur retraite habituelle, ils sapent les racines de tous les arbres de l’endroit ou coupent les troncs de manière qu’ils ne conservent que l’apparence extérieure d’arbres restés debout. Quand les élans s’y appuient comme de coutume, leur poids renverse ces arbres qui n’ont plus aucune solidité et ils tombent eux aussi en même temps.

4. Une troisième espèce est celle des animaux appelés «ures». Leur taille est un peu inférieure à celle de l’éléphant. Ils ont l’apparence, la couleur et la forme du taureau. Ils sont très robustes et très rapides. Ils n’épargnent ni homme ni bête qui se rencontre sur leur passage.

5. On les tue en les faisant tomber dans des fosses. On ne peut d’ailleurs ni les apprivoiser, ni les rendre traitables, même en les capturant très jeunes. Leurs cornes différent beaucoup de celles de nos boeufs aussi bien pour les dimensions que pour la forme et l’apparence. Les Germains recherchent beaucoup ces cornes pour les border d’argent et les employer comme coupes dans les banquets solennels.

22. – La mort de Néron.

1. Néron, pieds nus et portant une simple tunique, jeta sur lui un vieux manteau, se couvrit la tête et monta à cheval, suivi de quatre personnes seulement. Aussitôt il perçut les cris des soldats de la caserne voisine qui souhaitaient sa perte. Il entendit aussi un des passants qu’il rencontra s’écrier: «Voilà des gens qui poursuivent Néron.»

2. Quand on arriva au chemin de traverse qui conduisait à la ferme, on mit pied à terre. Néron suivit, au milieu des broussailles et des arbustes épineux, un sentier qui traversait un terrain envahi par les roseaux; au prix de bien des difficultés et en marchant souvent sur des vêtements étendus, il parvint ainsi derrière les murs de la ferme. Là, Phaon l’invita à se dissimuler dans une carrière de sable en attendant qu’on pratiquât une ouverture secrète par où il entrerait. Mais Néron déclara qu’il ne voulait pas s’enterrer tout vivant.

3. Ensuite il se glissa, en rampant par le passage étroit qu’on avait creusé, jusque dans une petite chambre. Là, il se coucha sur un lit garni d’un maigre matelas, sur lequel était étendu un vieux manteau. Il refusa le pain grossier qu’on lui offrit, mais but un peu d’eau tiède.

4. Ses compagnons l’entouraient et le pressaient de se dérober par la mort aux outrages qui l’attendaient. Alors il ordonna de creuser une fosse, de préparer l’eau et le bois pour rendre les derniers devoirs à son cadavre, tout en pleurant et en répétant: «Quel artiste va mourir en ma personne!»

5. Un courrier lui apporta un billet où il lut qu’il avait été déclaré ennemi public par le Sénat et qu’on le recherchait pour lui infliger le châtiment traditionnel (pour qu’il fût puni selon la coutume des ancêtres). Il demanda en quoi il consistait. Quand il apprit qu’il s’agissait de lui mettre la fourche au cou et de le rouer de coups de verges jusqu’à ce que mort s’ensuivit, la terreur le saisit.

6. Il prit deux poignards qu’il avait emportés avec lui, en tâta la pointe, puis il les remit au fourreau, alléguant que ce n’était pas encore l’heure marquée par le destin. Tantôt il invitait ses compagnons à commencer les lamentations et les gémissements funèbres, tantôt il suppliait qu’on l’aidât à mourir en lui donnant l’exemple. De temps en temps il blâmait sa lâche hésitation en disant: «Il est honteux que je consente encore à vivre.»

7. Déjà approchaient les cavaliers qui avaient l’ordre de l’amener vivant. Quand il s’en aperçut, il enfonça le fer dans sa gorge. Il vivait encore quand le centurion pénétra auprès de lui et appliqua un pan de son manteau sur sa blessure comme pour lui porter secours; il lui dit: «Trop tard!» En prononçant ces mots, il perdit connaissance: il avait les yeux hors de la tête et fixes au point de faire peur et de donner le frisson à ceux qui venaient le voir.

THÈME D’IMITATION, 22, §§ 4-7. – § 4. Eorum comes identidem instabat et flebat. – Mors eum contumeliae eripuit. – Scrobes faciunt; cadavera conferunt; ea aqua et lignis curant.

§ 5. Cursorem, a quo perlati sunt codicilli, interrogat. – Senatus more majorum hostes judicat. – Eorum cervices in furcas insertae sunt.

§ 6. In vaginam pugionem, quem, secum extulerat, condit. – Fatalis hora adest. – Ejus comes eum orat ut se juvet. – Qui in segnitie vivit, turpiter vivit. – Uterque pugionum aciem tentat.

§ 7. Equitem vivum centurionesque semianimes adducebant. – Equitis oculi rigebant. – Ad vulnera sua paenulas apponunt. – Ferrum in jugulo manebat. – Irrumpentibus equitibus non aliud dicebant.

23. – Les deux centurions de César.

1. Il y avait dans cette légion deux braves, qui étaient centurions, Pulfion et Varenus. Ils se querellaient sans cesse sur la question de savoir lequel des deux l’emportait en courage. Un jour que nos soldats soutenaient un combat fort vif devant les retranchements, Pulfion s’écria: «Pourquoi hésites-tu, Varenus? Quelle autre occasion attends-tu pour prouver ton courage? Ce jour tranchera notre différend.»

2. Après avoir ainsi parlé, il sort des retranchements et s’élance dans la direction où les rangs des ennemis semblaient le plus épais. Varenus, craignant pour sa renommée, le suit de près.

3. Pulfion lance un javelot sur les ennemis et transperce l’un d’eux qui accourait en tête des autres. Les ennemis protègent de leurs boucliers ce blessé qui ne donnait plus signe de vie. Tous se mettent à lancer ensemble leurs traits sur Pulfion sans lui permettre de battre en retraite. Son bouclier est percé et un javelot acéré vient se planter dans son baudrier.

4. Cet accident déplaça le fourreau et gêna sa main quand il voulut dégainer son épée. Dans cette situation embarrassée, il se voit entouré d’ennemis. Son rival Varenus vient à son secours et lui prête la main dans cette situation difficile. Immédiatement, c’est contre Varenus que la foule des ennemis tourne ses efforts.

5. Varenus en tue un et fait un peu reculer les autres. Mais tandis qu’il les presse avec trop d’ardeur, il tombe. C’est au tour de Pulfion de se porter au secours de Varenus entouré d’ennemis. Tous deux, après avoir immolé un bon nombre d’adversaires, reviennent sains et saufs derrière les retranchements, au milieu des plus chaudes félicitations. Ainsi, il fut impossible, cette fois encore, de juger auquel des deux appartenait la supériorité en bravoure.

24. – Ce qui n’est pas honorable n’est pas utile.

1. Les Athéniens, absolument hors d’état de résister à l’invasion des Perses, résolurent d’abandonner leur ville, de transporter les femmes et les enfants à Trézène, de s’embarquer eux-mêmes et de défendre sur mer la liberté de la Grèce. Ils lapidèrent un certain Cyrsile qui leur conseillait de demeurer à Athènes et de recevoir Xerxès dans leurs murs. Pourtant cet homme paraissait s’inspirer de leur intérêt: mais leur intérêt ne pouvait être en contradiction avec l’honneur (il n’y avait pas d’intérêt, l’honneur s’opposant).

2. Après la victoire qui termina les guerres médiques, Thémistocle déclara dans l’assemblée qu’il songeait à une mesure avantageuse pour l’État, mais qui devait rester secrète. Il demanda que le peuple lui indiquât un homme auquel il en ferait part. On lui désigna Aristide.

3. Thémistocle lui dit qu’on pouvait incendier secrètement la flotte des Lacédémoniens; ce qui devait nécessairement affaiblir beaucoup leur puissance. Aristide, muni de ce renseignement, se présenta à l’assemblée au milieu de la curiosité générale. Il dit que le projet de Thémistocle était fort avantageux, mais qu’il était contraire à l’honneur. Les Athéniens jugèrent que ce qui n’était pas conforme à l’honneur ne pouvait être non plus favorable à leurs intérêts. Sur l’autorité d’Aristide, ils rejetèrent ce projet, dont ils n’avaient même pas pris connaissance.

TROISIÈME PARTIE: EXTRAITS DE L’EPITOME HISTORIAE GRAECAE

I. – La Grèce et ses habitants.

1. Toutes les parties de la Grèce sont très différentes les unes des autres: certaines sont occupées par de hautes montagnes, hérissées de rochers abruptes et souvent couvertes de neiges. Ailleurs s’étendent des plaines, mais pas très (tellement) grandes et parfois gâtées par des marécages.

2. Beaucoup de rivières traversent (coulent à travers) la Grèce; mais comme (parce que) la plupart sont petites, elles baissent facilement en été ou se dessèchent. Les forêts offrent (ont) des arbres variés, des pins, des chênes, des hêtres; en beaucoup d’endroits les figuiers, les citronniers, les palmiers même et les vignes poussent assez bien (heureusement).

3. Dans l’ensemble pourtant la Grèce antique était peu fertile, bien que l’on crût (G. C. 260) que Cérès elle-même avait donné aux habitants les céréales, comme le vin avait été donné par Bacchus et le cheval par Minerve. On extrayait de la terre un peu d’argent et d’or; mais les Grecs n’abondaient pas en aliments et en richesses.

4. La vie des laboureurs était donc dure et peu avantageuse. C’est pourquoi, abandonnant la charrue, beaucoup élevaient (nourrissaient) des boeufs, des chèvres, des brebis, des porcs. Ils vivaient la plupart du temps de lait, de fromage et de miel. Les bergers avaient souvent les peaux des brebis pour vêtements. Mais ceux qui habitaient sur la côte (bord de la mer) s’embarquaient (montaient des navires) et devenaient marins. En effet, non loin du rivage il y avait beaucoup d’îles, dont la vue leur faisait souhaiter (les avait rendus désireux) de naviguer.

5. Aussi, les Grecs, qui menaient une vie de laboureurs, de bergers ou de marins, non seulement avaient des corps sains et robustes (étaient de corps, G. C. 115), mais leurs âmes étaient pleines d’énergie (la force s’était ajoutée à leurs âmes). D’autre part, ils vivaient sous un ciel splendide; à leur vue s’offraient des collines agréables, une mer azurée; tout le paysage (tous les lieux) semblait plein de grâce et de majesté; ils avaient toujours devant les yeux les plus beaux spectacles (choses). Nous ne devons pas nous étonner de voir que les arts ont toujours fleuri chez eux.

6. La Grèce, qui nous a transmis (dont nous avons reçu) par héritage les arts et les lettres, peut être appelée à bon droit la maîtresse de toutes les nations. Elle a bien mérité du genre humain.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4. – § 1. Campi et montes dissimillimi – Paludes partem camporum complent. – Montes altiores, campa majores sunt.

§ 2. In nostris silvis habemus ficus et citros. – Facile in hoc loci, vites habebitis.

§ 3. Cererem credunt Graeciae fruges dedisse. – Neptunus equos Graecis dedit. – Auro argentoque abundatis. Credis Graeciam non esse fertilissimam. – Da nobis paulum auri.

§ 4. Cupidissimi sumus relinquendi aratri ut naves conscendamus. – Sues lacte plerumque vescuntur. – Ovium pellis non durissima est. – Nauta ero navemque conscendam. – Relictis ovibus et capris, agricola factus est. – Capris suae pelles pro vestimentis sunt.

II. – La religion grecque.

Un dieu grec: Jupiter.

1. Les Grecs adoraient un grand nombre de dieux. Tout ce qui, dans la nature, possède une puissance utile ou nuisible à l’homme, était mis au nombre des divinités. Toutefois, parmi tous les dieux, douze étaient au premier rang: c’étaient Jupiter, Junon, Apollon, Neptune, Mars, Vulcain, Mercure, Minerve, Vénus, Vesta, Cérès, Diane. On les appelait les Grands dieux. Mais Jupiter était considéré comme plus puissant que tous les autres; on l’appelait le père des dieux et des hommes. Nous allons exposer son origine, son histoire et son culte.

2. Si nous en croyons les récits des poètes, le Ciel fut la plus ancienne des divinités. Son fils Saturne lui succéda. Celui-ci avait pris l’habitude de dévorer ses enfants dés qu’ils voyaient le jour. Cependant un de ses fils, nommé Jupiter, échappa à cette abominable cruauté. Ce n’est pas que son père eût voulu l’épargner; mais sa mère Cybèle transporta secrètement le petit enfant dans l’île de Crète et le donna à élever aux Corybantes.

3. Là il fut nourri du lait de la chèvre Amalthée. Les abeilles des montagnes voisines lui déposaient aussi leur miel dans la bouche. Plus tard, pour les récompenser de leurs bienfaits, il les revêtit d’une couleur d’or. Les Corybantes prirent d’habiles précautions pour empêcher Saturne, père de l’enfant, de l’entendre vagir dans son berceau et de découvrir la ruse de sa mère. Autour de l’endroit où Jupiter était couché, après s’être armés de boucliers de bronze, ils se heurtaient les uns les autres avec grand bruit, comme s’ils se livraient à un jeu.

4. Jupiter était déjà un grand garçon, lorsque les Titans se révoltèrent contre Saturne. Ils étaient tous fils de la Terre; tous étaient remarquables pour leur taille et leur vigueur. Ils se mirent donc à entasser montagne sur montagne, dans l’intention d’escalader le ciel comme à l’aide d’une échelle et de chasser Saturne de l’Olympe, c’est-à-dire du séjour des dieux. Certains d’entre eux, qui avaient cent bras, lançaient à la fois cent pierres ou plutôt cent quartiers de rocs. Jupiter partit au secours de son père et, grâce à ses foudres, il les précipita du ciel, où ils étaient déjà arrivés, jusqu’au fond du Tartare. Là, ils sont enchaînés et une montagne, placée sur eux, les écrase.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4. – § 1. Potentissima numinum venerare. – Graeci in numero deorum Apollinem, Martem, Venerem, Cereremque ponebant. – Jovem habemus potentiorem hominibus ceterisque diis.

§ 2. Filii patribus successerunt. – Num omnia quae adspexisti vorare consuevisti? – Pater ille filio non parcebat. – Corybantibus hunc infantem educandum tradite.

§ 3. Caprarum lacte apiumque melle nutriemur. – Aurea parmula instrueris (mieux: instructus eris). – Infantes magno strepitu ludebant.

§ 4. Adulescentes in summum montem ascendere volebant. – Si centum bracchia nobis essent, corporis viribus insignes essemus. – Rupes ipsae fulmine franguntur. – O Jupiter, catena Telluris filios vinci.

5. Saturne n’ayant pas témoigné à son fils une juste reconnaissance pour ce bienfait, Jupiter le chassa du ciel et, après l’avoir dépouillé de son trône, l’envoya régner en Italie. C’est sous le règne de Saturne en ce pays qu’apparut l’âge d’or, si souvent célébré par les poètes. A cette époque les hommes, pensait-on, étaient meilleurs et plus heureux qu’ils ne sont actuellement; car la terre, sans être cultivée par les charrues, produisait d’elle-même tous les biens avec la plus grande abondance.

6. Jupiter épousa Junon, qui fut la mère de Mars et de Vulcain. Mais d’autres dieux, déesses ou héros passent aussi pour fils de Jupiter. Qu’il suffise de citer Apollon, Diane et Hercule. Junon, épouse de Jupiter, était d’un orgueil extraordinaire. Aussi des querelles éclataient souvent entre les époux. Pour les éviter, Jupiter changeait de séjour et passait souvent son temps sur la terre parmi les hommes. Bien plus, parfois il prenait la forme de divers animaux, d’un aigle par exemple, d’un taureau ou d’un cygne.

7. Jupiter et ses deux frères avaient partagé entre eux l’empire du monde. La mer et les eaux étaient échues à Neptune. Pluton était devenu le roi des enfers. Jupiter eut le ciel, où il pouvait à son gré assembler les nuages, lancer la foudre et répandre la pluie. Si nous en croyons les anciens poètes, les Cyclopes fabriquent, en Sicile, sous le mont Etna, en frappant jour et nuit l’enclume, ces traits de feu épouvantables que nous appelons la foudre. C’est pour cela que les entrailles de cette montagne sont dévorées par un feu éternel et que la fumée s’échappe sans cesse de son sommet.

8. Du haut de l’Olympe, Jupiter gouverne avec sagesse le monde entier. Il protège les empires et les familles. Il s’irrite contre ceux qui osent molester les suppliants, les étrangers ou les hôtes. Il ordonne de recevoir avec bienveillance sous son toit les exilés. Il favorise les innocents; il a coutume de combler de ses dons les gens honnêtes et fidèles à leurs devoirs. Quant aux scélérats, non seulement il leur inflige le châtiment mérité, mais il envoie à leurs descendants la honte et le malheur.

9. Le chêne était consacré à ce dieu. C’est pour cela qu’on disait en Grèce qu’un chêne de la forêt de Dodone rendait des oracles soit par le roucoulement des colombes perchées sur ses branches, soit par le bruissement du vent soufflant à travers le feuillage, soit par le murmure d’une source qui coulait près du pied de l’arbre.

10. Le temple le plus vénéré de Jupiter se trouvait aux environs de la ville d’Olympie. Dans ce sanctuaire tous les Grecs vénéraient une statue de Jupiter, exécutée en or et en ivoire par Phidias. Ce portrait du dieu était si beau, que l’on croyait apercevoir non point une statue, non point le chef-d’oeuvre d’un artiste, mais le dieu en personne assis sur un trône royal tant il y avait de gravité dans sa physionomie et de majesté dans tout son maintien. On sacrifiait à ce dieu des chèvres, des taureaux et des vaches.

III. – Les légendes mythologiques.

Un héros grec: Thésée.

1. On croyait que Thésée avait vécu à l’époque d’Hercule, avec lequel il avait quelque lien de parenté. Il était fils d’Égée, roi d’Athènes; mais en raison de sa beauté et de ses forces surhumaines, bien des gens le disaient fils de Neptune.

2. Il fut élevé chez son grand-père Pitthée à Trézène. Il était à peine dans sa sixième année lorsque Hercule vint loger chez ce roi. C’est alors que brilla pour la première fois le courage de l’enfant. Hercule avait déposé dans le vestibule de la maison la peau de lion de Némée dont il se couvrait habituellement la tête et les épaules. Thésée, ayant pénétré dans cette salle, crut avoir affaire à un lion vivant; aussitôt il saisit une hache et attaqua l’animal.

3. Quand il fut sorti de l’enfance et que ses forces accrues en eurent fait un jeune homme, il partit pour aller voir son père et sa patrie. Chemin faisant, il utilisa ses forces en attaquant quelques brigands. Il tua un géant qui assommait habituellement les passants d’un coup de massue. Il châtia de même Scyron, qui jetait les voyageurs à la mer.

4. Sinis fut puni de la même manière pour ses crimes. Doué d’une force prodigieuse, il courbait jusqu’à terre deux pins, y attachait de chaque côté les membres d’un homme; puis il les lâchait soudain, de sorte que les membres de ce malheureux étaient déchirés et projetés en l’air. Il fit disparaître aussi Procuste. Ce misérable faisait coucher ses hôtes dans son lit, comme s’il les accueillait avec bienveillance. Quand ils étaient couchés et endormis, il se jetait sur eux et, s’ils étaient plus petits, les étendait de force à la mesure du lit; ou bien, s’ils étaient plus grands, leur coupait la partie des pieds qui dépassait.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4. – § 1. Theseus Herculesque ejusdem aetatis erant. – AEgeus rex Atheniensium fuit. – Natura humana corporis viribus non excellit. – Aliquam sanguinis cognationem inter nos esse credimus.

§ 2. In Argolide educati eramus. – In urbem Troezenem devertet. – Capita texerant. – Cum vigesimum annum agam, leonem aggrediar, cujus pellis humeros meos teget. – Securim depone, quam in vestibulo arripuisti.

§ 3. Pueri vires corroborabant cum juvenibus manum conserendo. – Clavae ictus caput elidere potest. – Praetereuntem viatorem in mare praecipitavit.

§ 4. Curva has pinus. – Pedem ex utraque parte vinci. – Si somno opprimetur, cum sub pinu dormire jubebis.

5. Revenu dans sa patrie, il s’appliqua à vaincre les monstres qui naissaient alors en grand nombre. Avec la massue enlevée au géant qu’il avait tué, il frappa un taureau rendu redoutable par sa taille prodigieuse, qui ravageait affreusement la plaine de Marathon. Il l’amena à Athènes pour l’immoler devant l’autel d’Apollon. Mais parmi tous ses exploits, la fameuse victoire qu’il remporta en tuant le Minotaure tient aisément la première place.

6. Minos, après avoir vaincu autrefois les Athéniens, leur avait imposé de lui envoyer chaque année un nombre déterminé de jeunes gens, sept garçons et sept filles, pour les donner à dévorer au Minotaure. C’était un monstre horrible qui, enfermé dans le Labyrinthe, se nourrissait de chair humaine. Sur un corps d’homme il portait une tête de taureau. Le Labyrinthe avait été bâti pour lui par Dédale et disposé avec tant de détours enchevêtrés, que pas un de ceux qui avaient une fois pénétré dans ce lieu ne pouvait reconnaître son chemin pour sortir.

7. Thésée était possédé du désir de tuer le Minotaure et de délivrer sa patrie de l’infâme tribut. Aussi comme les jeunes gens voués au monstre se disposaient à partir pour la troisième fois, Thésée s’offre pour les accompagner volontairement sans recourir au tirage au sort. Dès que le navire aborde en Crète, il entre sans trembler dans le Labyrinthe. Il attaque et immole le Minotaure qui mugissait en vain et essayait inutilement de se défendre. Il ne périt pas non plus égaré par les détours du chemin: Ariane, en effet, la fille du roi Minos, dont il avait gagné la bienveillance, lui avait donné une pelote de fil. A l’aide de ce fil qu’il avait attaché à l’entrée et déroulé à mesure qu’il avançait, il trouva aisément la sortie en revenant sur ses pas avec ses compagnons.

8. Il avait muni de voiles noires le navire qui l’avait transporté en Crète. Mais il avait promis à son père Egée que, s’il revenait victorieux, il mettrait des voiles blanches. Mais, au retour, dans l’excès de la joie que lui causa sa victoire, il oublia de changer les voiles. Aussi, en apercevant de loin le navire de Thésée, dont les voiles sombres annonçaient un malheur, son père désespéra du salut de son fils et, affolé par la douleur, se précipita dans la mer du haut d’un rocher élevé. Pour empêcher que le souvenir de ce malheureux père ne sombrât dans l’oubli, les Grecs appelèrent «Egée» la mer où il avait trouvé la mort.

9. Le vaisseau qui avait ramené Thésée victorieux fut conservé avec beaucoup de soin par ses compatriotes. Il semblait devoir être le souvenir précieux d’une victoire qui avait fait le bonheur du pays. Aussi, dès que quelque pièce était détériorée par le temps, on la remplaçait avec un soin extrême. Par suite, peu à peu toutes les parties s’en trouvèrent changées; néanmoins on le considérait toujours comme le même vaisseau. C’est lui qui portait dans l’île de Délos les offrandes que les Athéniens envoyaient chaque année à Apollon.

10. Thésée, devenu roi d’Athènes, établit les plus justes lois. Ensuite, sur le conseil d’Hercule, il partit en Orient pour combattre les Amazones. Cette nation très belliqueuse, qui se composait uniquement de femmes, fut d’abord vaincue. Mais plus tard, les Amazones, pour venger leur défaite, envahirent l’Attique et durent être repoussées par une sanglante bataille.

11. Ensuite Pirithoüs, roi des Lapithes, désirant connaître un si glorieux monarque, pénétra en Attique comme un ennemi avec une armée. Il espérait par là décider Thésée à se mesurer avec lui. Mais quand ils furent en présence, l’admiration réciproque qu’ils conçurent pour leur courage et leur vigueur les retint immobiles. Aussi, après avoir combattu quelque temps sans avantage décisif, ils se réconcilièrent et, après s’être embrassés, devinrent bons amis.

12. Pirithoüs, profitant de l’aide de Thésée, battit les Centaures, qui avaient maltraité les Lapithes à l’occasion d’un banquet. En effet, Pirithoüs épousait Hippodamie et il avait invité ses voisins les Centaures. Mais, au milieu des noces, échauffés par le vin, ils provoquèrent une querelle et tuèrent de nombreux Lapithes. Ces Centaures étaient regardés par les anciens comme des monstres, mais certains pensent que c’étaient des cavaliers si bien entraînés, qu’une fois à cheval, ils semblaient faire corps avec leur monture.

THÈME D’IMITATION, §§ 9-12. – § 9. Servate, o cives, naves quibus victores rediimus ex insula Delo. – Pars pretiosi doni mutata est, idem tamen semper esse videtur.

§ 10. Hercules Theseum ad confligendum in Oriente cum bellicosiore gente hortatus est. – Ad ulciscendam cladem, hanc gentem, quae in Atticam irrupit, repellemus.

§ 11. Spero fore ut mecum congredi cogatur. – Tuae virtutis admiratio me immobilem detinuit. – Postquam pugnatum erit, gratia reconciliabitur.

§ 12. Utere meo auxilio. – Pirithoi nuptiae rixam moverunt caedesque facta est, quod temulentus Centaurus vicinos male mulcaverat. – Equites et equi, qui unum corpus efficere videbantur, in numero Centaurorum habiti sunt.

13. Pirithoüs et Thésée se rendirent ensemble aux enfers pour enlever de force Proserpine, épouse de Pluton. Mais le résultat de ce projet ne répondit guère à leurs espérances. On raconte que Pirithoüs fut dévoré par Cerbère. Quant à Thésée, il s’assit sur une pierre, chargé de chaînes ou, selon d’autres, épuisé par tant de fatigues, et il se trouva ensuite dans l’impossibilité de se relever. Il serait demeuré attaché à cette pierre sans espoir de pouvoir s’en éloigner jamais s’il n’avait été délivré par le courage d’Hercule lorsque ce héros vint au même endroit. Même alors, il ne put s’arracher à la pierre pour se mettre debout qu’en perdant, au milieu de grandes souffrances, une partie de sa peau qui y était restée collée.

14. Thésée avait un fils, nommé Hippolyte, qui s’était adonné entièrement à la chasse et à l’équitation. Sa belle-mère l’ayant chargé de fausses imputations, son père l’accabla de toutes les malédictions. Il fut même si sottement crédule qu’il chassa son fils de la maison et pria Neptune de se charger de sa vengeance. Le dieu exauça son déplorable souhait. Au moment où Hippolyte passait en char sur le bord de la mer, un monstre sortit des eaux sur l’ordre de Neptune. Sa vue effraya les chevaux, qui s’emportèrent. Le char fut renversé, et le jeune homme, traîné parmi les broussailles et les pierres tranchantes, périt misérablement.

15. Quand ce malheur fut annoncé à Phèdre, sa belle-mère, qui l’avait calomnié auprès de son père, elle avoua qu’elle l’avait accusé faussement et se pendit. Quant à Thésée, après avoir maudit son excessive crédulité, il s’exila volontairement. Il ne manque pas d’écrivains qui affirment, au contraire, que le jeune homme fut rappelé à la vie par la faveur d’Esculape, qui fut touché par la douleur du père. Mais, quoi qu’il en soit, il est certain que Thésée mourut en exil.

16. Longtemps après, les Athéniens voulurent ramener ses restes dans sa patrie. Mais personne ne put découvrir l’endroit de la sépulture. Cependant, il paraissait certain que ses restes avaient été ensevelis dans l’île de Scyros. Voici comment ils furent, dit-on, découverts. Cimon, général athénien, se trouvait justement dans cette île, lorsqu’il vit un aigle qui frappait continuellement du bec un tertre en forme de tombeau. En le creusant, on découvrit un cercueil de pierre qui contenait un squelette d’une taille surhumaine. Tout auprès gisaient une épée et une lance de fer. Cimon, persuadé qu’il s’agissait des restes de Thésée, les ramena en Attique. On éleva à Athènes un temple magnifique, sur les murs duquel les peintres et les sculpteurs les plus habiles retracèrent à l’envi les exploits de Thésée.

IV. – Les origines de la civilisation grecque.

Les premiers artistes Orphée.

1. Chez les anciens Grecs beaucoup d’hommes se rendirent célèbres par leur talent musical et laissèrent un long souvenir. Les poètes célèbrent surtout dans leurs vers Orphée, qui unissait au son de la lyre la voix la plus agréable. Ils racontent que le charme de son chant arrêtait le cours des fleuves, que, grâce à l’agrément de sa voix, il apprivoisait les lions et les tigres, ainsi que toutes sortes d’animaux sauvages dont la cruauté est redoutable. On prétend même qu’il faisait s’agiter en cadence les rameaux des arbres et donnait du plaisir aux rochers les plus insensibles, soit en chantant, soit en touchant avec ses doigts les cordes de sa lyre.

2. Il arriva qu’Eurydice, sa femme, marcha sur un serpent caché dans l’herbe et mourut de sa morsure empoisonnée. Orphée en ressentit une grande douleur, que Virgile, le plus célèbre des poètes romains, rappelle en ces termes: «Il te célébrait, ô chère épouse, seul sur le rivage désert aussi bien à l’aurore qu’à la chute du jour.»

3. Orphée, qui aimait beaucoup son épouse, ne pouvant trouver de consolation nulle part, résolut de la ramener des enfers. Par une caverne souterraine, il pénétra jusqu’à la rive du Styx. Là il apaisa, en chantant, la rage de Cerbère, le chien impitoyable qui empêche les vivants d’avoir accès à ce séjour. Ensuite, grâce au charme merveilleux de son chant, il captiva les oreilles de Pluton et de Proserpine; ses prières calmèrent leur colère. Aussi ils l’autorisèrent à emmener avec lui Eurydice. Joyeux de l’heureux succès de son audacieuse entreprise, il ramenait déjà son épouse jusqu’à la lumière du soleil et jusqu’au séjour des vivants.

4. Mais la permission de l’emmener avait été accordée à condition que son épouse marcherait derrière lui et qu’il ne se retournerait pas pour la regarder avant qu’ils ne fussent arrivés à la lumière du jour. Néanmoins Orphée, soit que la joie lui eût fait oublier l’ordre donné, soit qu’il fût incapable d’attendre, tourna les yeux vers elle, et cette imprudente témérité lui fit perdre une seconde fois son épouse. Elle fut entraînée de nouveau vers le Styx par une force invisible. Dès qu’Orphée s’aperçut qu’elle était tirée eu arrière, il essaya en vain de la saisir et de la retenir avec la main; mais le malheureux ne put saisir que l’air impalpable.

THÈME D’IMITATION, §§ 1-4. – § 1. Multi antiqui Graeci celebrant musicam lyramque jucundis vocum sonis junctam. – In carmine nostro narrabimus Orpheum lyrae sono leonum tigridumque crudelitatem mitigavisse. – Arbores in numerum ramos (suos) movebant.

§ 2. Serpentem calcavit et ejus morsu decessit. – Orpheus dolorem suum, decedente die, canendo commemorabat.

§ 3. Libenter ab inferis eos, qui nobis carissimi fuerunt, ad lucem reduceremus, si facultas usque ad Stygis ripam penetrandi nobis concederetur.

§ 4. A tergo sequere. – Oculos ad eam ne converteris (noli convertere). – Caeca quaedam vis Orphei conjugem retrahebat, quia legis illius immemor fuerat. – Infelix Orpheus uxorem amittendo (uxore amittenda), quam ad lucem reducebat, omne gaudium amiserat. – Inconsulta temeritas nos omnis morae impatientes facit.

5. Ayant perdu toute joie depuis ce malheur, il errait seul dans les plaines et les forêts, tourmenté par ma chagrin plus cuisant que jamais. Virgile, poète au coeur très sensible, a décrit ainsi son deuil: «On assure que pendant sept mois de suite, au pied d’un haut rocher, auprès des eaux du Strymon solitaire, il pleura et redit ses malheurs dans une caverne glacée. Les tigres en étaient attendris et les chênes suivaient la cadence de son chant.»

6. Finalement des femmes qui célébraient les mystères de Bacchus et que son dédain rendit folles de colère, le tuèrent et, après l’avoir tué, le mirent en pièces. Ses membres ensanglantés furent jetés dans les eaux du fleuve voisin. Le poète Ovide affirme, dans les vers suivants, qu’à la mort d’Orphée toute la nature fut saisie de pitié. «Orphée, les oiseaux affligés t’ont pleuré, ainsi que la multitude des bêtes sauvages, les roches les plus dures et les arbres qui avaient souvent suivi tes chants.» Apollon, à qui est confiée la protection des musiciens et des poètes, qui lui-même joue de la flûte pastorale ou frappe de l’archet les cordes de la lyre, changea Orphée en un cygne à la voix harmonieuse.

V. – Les origines de l’histoire grecque.

La guerre de Troie: Achille et Hector.

1. Achille avait enfin oublié l’injustice qu’il avait subie de la part d’Agamemnon. Le ressentiment qu’il éprouvait du meurtre de son ami avait effacé complètement le souvenir de tous ses autres ennuis. Il se hâta donc d’endosser les armes nouvelles, fabriquées par Vulcain, que sa mère lui avait données et, après avoir exhorté brièvement ses soldats, il partit pour le combat, afin de venger la mort de Patrocle.

2. Il avait résolu d’attaquer immédiatement Hector. Aussi dès qu’il l’aperçut, il voulut aller à sa rencontre. Mais Hector, qui s’était pourtant montré souvent intrépide dans le combat, saisi à la vue d’Achille d’une crainte soudaine, prit la fuite. Achille, excellent coureur, se mit à sa poursuite et il était déjà sur le point de l’atteindre quand Apollon fit disparaître le fuyard.

3. Achille, très irrité, s’en prit aux autres Troyens dont il fit un grand massacre. Les autres cherchèrent leur salut dans la fuite et se réfugièrent dans la ville. Cependant Hector était resté devant la porte de la ville; il ne voulait pas reculer plus loin, de peur, en fuyant honteusement son ennemi, de souiller la gloire qu’il avait acquise antérieurement. Il attendait donc Achille avec résolution.

4. Priam, roi des Troyens et père d’Hector, l’aperçut du haut du rempart et lui dit: «Évite, ô mon fils, de lutter contre Achille. S’il ne l’emporte pas sur toi en courage et en énergie, ses forces physiques sont de beaucoup supérieures aux tiennes. S’il te tue, par qui serons-nous désormais défendus? Songe à moi, qui suis ton père, moi que la vieillesse accable! Aie pitié de ta mère qui ne pourra te survivre ! N’abandonne pas l’épouse qui t’est si chère et ton jeune enfant !»

5. Mais Hector, sans tenir compte des recommandations de son père, répondit que ce jour-là verrait sa victoire ou sa mort. Toutefois, quand il vit approcher le fils de Pélée, dont la colère était manifeste, troublé de nouveau par la crainte, il n’osa l’attendre de pied ferme. L’ardeur du combat apparaissait si visiblement dans les traits d’Achille, qu’il ne se crut pas en état de lui tenir tête. Il s’enfuit de nouveau et fit en courant le tour des remparts de Troie, serré de près par Achille.

6. Hector, redoutant enfin le déshonneur, s’arrêta et dit: «Je ne vais plus reculer devant toi comme je l’ai fait jusqu’ici. Je vais oser me mesurer avec toi. Cependant, avant d’en venir aux mains, convenons que le vainqueur respectera le corps de celui qui sera tué. Pour moi, si je l’emporte, je rendrai ton cadavre à tes amis. Par conséquent, fais le serment d’agir de même avec moi.»

7. Achille lui répondit d’une voix menaçante et d’un air irrité: «Il est impossible qu’une entente se fasse entre moi et celui qui, après l’avoir tué, a dépouillé de ses armes mon meilleur et mon plus cher ami. Est-ce que par hasard les brebis peuvent conclure la paix et faire un traité avec les loups? N’espère pas t’éloigner d’ici sain et sauf. Je tiens une occasion de me venger: je ne la laisserai pas passer, et toi, tu n’échapperas pas aujourd’hui à la mort. Les chiens et les oiseaux ne tarderont pas à déchirer ton cadavre. Ni ta mère, ni ton épouse ne t’enseveliront: je veux que tu sois privé des honneurs de la sépulture.»

8. Achille n’épargna pas en effet son ennemi. Avec l’aide de Minerve, il frappa Hector d’un javelot et le tua. Il attacha ensuite son cadavre derrière son char et le traîna d’abord cruellement autour des remparts, sous les yeux des malheureux Troyens; ensuite il le ramena des murs de la ville au camp des Grecs. Cependant, il consentit à rendre le corps mutilé d’Hector à son père Priam, qui le demandait avec instances et apportait les plus riches présents, afin qu’on pût lui rendre les derniers devoirs.

THÈME D’IMITATION, §§ 5-8. – § 5. Formidine turbati, patrum nostrorum preces negleximus. – Non credo te ei resistere posse. – Si me rursus insequēris, acriter fugiam. – Respondit se appropinquare non ausurum.

§ 6. Hector, ignominiamne vereris? – Qui vicerit, illius reddet corpus, qui occisus erit (ou occisi corpus). – Tibi cessi, quia tecum confligere non ausus sum. – Quo modo Achilles cum Hectore egit?

§ 7. Achillis vultus minax factus est, et vox irata. – Hector Achillis amicum armis exuerat. – Quanquam, foedere facto et composita pace, lupi oves dilaniaverunt. – Occasionem pacis componendae omisimus. – Lupe, ovem ne dilaniaveris.

§ 8. Hostibus vitam petentibus parcamus. – Miseri Trojani Hectorem inspectabant, qui ab Achille circum urbem raptabatur. Pretiosiora dona afferenda sunt.

VI. – Les deux principales cités grecques.

Sparte et Athènes (1ère partie): Sparte.

1. Au centre du Péloponnèse de hautes montagnes entourent l’Arcadie. Des chaînes s’en détachent qui vont jusqu’à la mer. Entre elles, la rivière de l’Eurotas, sortie des montagnes comme un torrent, coule vers le sud dans une vallée assez large avec des rives couvertes de joncs. Sparte se trouvait sur un terrain en pente douce le long du fleuve. Les édifices n’étaient pas unis les uns aux autres; les maisons et les bourgades étaient répandues çà et là. Les hautes montagnes qui fermaient la vallée à peu de distance, montrant tantôt des rochers dénudés et fort élevés, tantôt, sur les pentes plus douces, de puissantes et vieilles forêts, donnaient à tout le site une grande beauté. La terre était assez fertile en certains endroits, mais partout elle exigeait beaucoup de travail.

2. Les Doriens, qui habitaient primitivement dans les vallons retirés et sauvages du Pinde, s’étaient autrefois dirigés vers le midi. Ils essayèrent d’abord de passer par l’étroit chemin de l’isthme de Corinthe. Mais les habitants du Péloponnèse les en empêchèrent par la force des armes. Plus tard, ils franchirent le détroit qui sépare le Péloponnèse du continent et parvinrent dans cette région. Ils prétendaient revenir dans le séjour de leurs ancêtres, étant issus d’Hercule, qui avait été autrefois injustement chassé de ce pays par le roi Eurysthée. Aussi, comme s’ils avaient à se venger d’une ancienne injustice, ils réduisirent presque en esclavage les peuples voisins et les obligèrent à cultiver les champs pour nourrir les vainqueurs. Parmi ces peuples, les plus malheureux de beaucoup et les plus méprisés furent les Ilotes.

3. Les Spartiates étaient moins nombreux que ceux qu’ils dominaient. Aussi, comme s’ils vivaient dans un pays étranger et hostile, dans une atmosphère de haine et de dangers, ils étaient obligés d’être toujours en armes et sur leurs gardes. Ils avaient toujours à craindre que les peuples voisins, soumis par force, se soulevassent soudain pour reconquérir leur liberté. Les hommes valides ne passaient aucune journée sans se livrer aux exercices qui fortifient le corps et l’âme. Tous étaient persuadés qu’ils étaient nés pour la patrie et non pas pour eux-mêmes ou pour leurs parents. Ils n’avaient pas même fortifié leur ville, dans la pensée que les poitrines des citoyens lui tiendraient lieu de rempart.

4. Lycurgue avait donné à Sparte sa constitution. Il avait séjourné en Crète, en Égypte et en Asie et après avoir étudié les moeurs et les lois de nombreuses nations, il introduisit dans son pays les meilleures institutions qu’il eût découvertes. Selon les lois de Lycurgue, tous les Spartiates étaient égaux entre eux. Aucun d’eux n’avait le droit, non seulement d’amasser des richesses excessives, mais même de s’occuper à gagner de l’argent. Personne ne pouvait se livrer au commerce, à plus forte raison exercer un métier manuel. Bien plus, les lois interdisaient aux Spartiates de sortir du territoire de Lacédémone et de séjourner à l’étranger sans la permission des autorités.

5. Aussi, demeurant la plupart du temps dans leur patrie, ils jouaient en plein air en simple tunique ou s’exerçaient au maniement des armes, ou encore chassaient dans les forêts et les montagnes voisines. Les lois les empêchaient de tomber dans l’oisiveté ou la mollesse. Chacun, se contentant d’une vie simple, ne demandait rien de plus. Souvent même ils se rendaient à des banquets publics, où l’on servait les aliments les plus grossiers. Dans ces repas, le mets principal consistait en un brouet noir, que les écrivains ont plus d’une fois mentionné. Denys le tyran, qui y goûta, ne le trouva pas à son goût. Alors celui qui l’avait préparé lui dit: «Ce n’est pas surprenant; car il y manque des assaisonnements. – Lesquels donc? demanda Denys. – La fatigue de la chasse, la sueur, les courses le long de l’Eurotas, la faim, la soif. Car c’est avec cela que les Lacédémoniens assaisonnent leurs repas.»

THÈME D’IMITATION, §§ 3-5 – § 3. Spartiatae finitimis populis imperabant. – Arma et pectora nostra pro moenibus esse putamus. – Libertatem vestram armis vindicare cogemini. – Persuasum habete animos corporis exercitationibus firmari.

§ 4. Spartiatarum mores perspexistis. – Esne in Asia commoratus? – In civitatem nostram, quas optimas invenerimus leges, conferemus. – Leges neminem vetant mercaturas faciendo pecuniam acquirere. – Ex agro nostrae civitatis exiimus legum magistratuumque permissu.

§ 5. Unusquisque armis se exerceat. – In propinqua silva venabor. – Simpliciorem cibum in publicis conviviis apponite. – Dionysius jure nigro Spartiatarum non delectatus est. – Labor, cursus, fames, sitis condimenta sunt, quae plerumque in tyrannorum epulis defuerunt (mieux que deerant).

6. Ces institutions et ces moeurs avaient rendu les Spartiates pleins de courage et d’endurance. C’était une gloire chez eux que de supporter aisément la douleur, d’obéir aux lois, d’exécuter avec diligence les ordres des autorités. Ils avaient même l’habitude de dédaigner la mort. Un Lacédémonien, dont on ne nous a même pas transmis le nom, après avoir été condamné par les Ephores, marchait au supplice. Non seulement il ne pâlit point, mais on prétend même qu’il garda un visage souriant et joyeux. Avec non moins de courage, Léonidas, aux Thermopyles, dit en plaisantant à ses compagnons: «Ce soir nous dînerons peut-être aux enfers.»

7. Mais le courage guerrier fut surtout honoré et estimé à Sparte. Au contraire, tout le monde méprisait et raillait les lâches. On faisait si peu de cas de ceux qui s’étaient gardés sains et saufs en fuyant durant la guerre, qu’ils trouvaient difficilement une place pour s’asseoir au spectacle. Certains, qui ne pouvaient échapper autrement au mépris de leurs concitoyens, se donnaient volontairement la mort.

8. Les vieillards étaient extraordinairement respectés à Lacédémone. On dit que la vieillesse y était plus heureuse que la jeunesse ou l’âge mûr, parce qu’elle avait moins de peine et plus d’autorité. Ce qu’il y a de sûr (certe), c’est que nulle part l’âge ne fut entouré d’autant de respect qu’à Sparte. Un jour, à Athènes, un vieillard, se présentant au théâtre, ne se vit céder une place par aucun de ses concitoyens. Il s’approcha des ambassadeurs lacédémoniens, qui assistaient aux représentations: aussitôt ils se levèrent tous et lui firent place. Tout le peuple les applaudit longuement. Aussi l’on disait que Lacédémone était le séjour le plus honorable pour les vieillards.

9. C’était selon ces principes et ces méthodes qu’on les formait dans l’enfance. Les lois de Lycurgue ordonnaient qu’on instruisit la jeunesse non pas tant par l’étude des livres que par la chasse, la course, la faim, la soif, le froid, la chaleur. Parfois les enfants étaient frappés de verges, au point que le sang jaillissait en abondance de leurs blessures. Cependant aucun d’eux ne poussa jamais un cri, ou même ne laissa échapper une plainte. Cicéron lui-même, qui nous donne ces détails, vit à Lacédémone, longtemps après que cette nation avait cessé d’être puissante, des troupes de jeunes gens qui luttaient avec une ardeur incroyable à coups de poings et de pieds, en griffant et en mordant, au point qu’ils se faisaient tuer plutôt que de s’avouer vaincus.

10. Les Spartiates imposèrent même aux femmes cette habitude de l’effort pénible et cette endurance à l’égard de la douleur. Dans les autres villes, à l’abri des cloisons de leurs chambres, elles vivaient dans la mollesse. Mais ils ne voulurent voir rien de pareil chez les jeunes Lacédémoniennes. Elles s’occupaient de gymnastique, ne craignant ni le soleil, ni la poussière, ni la fatigue, ni même les exercices militaires.

11. Aussi l’histoire nous apprend que les femmes elles-mêmes montrèrent beaucoup de grandeur d’âme. Quand leurs fils avaient été tués, les Lacédémoniennes avaient coutume de soutenir avec fermeté la vue de leurs blessures. Si elles les voyaient blessés par devant, elles allaient à leurs funérailles joyeuses et sans pleurer. Quand elles les voyaient atteints de blessures par derrière, elles les faisaient enterrer secrètement.

12. Une mère, les yeux fixés sur son fils criblé de blessures, refusa de pousser une plainte, et tournée vers ses compagnes, elle leur dit: « N’est-il pas plus beau et plus enviable de rendre l’âme dans le combat que de vivre après avoir remporté une victoire aux jeux olympiques?» Or, c’était chez les Grecs une gloire presque plus considérable que d’obtenir à Rome le triomphe. Une autre, à qui l’on disait que son fils était mort dans un combat, répondit: «Je l’avais mis au monde précisément pour qu’il n’hésitât pas à donner sa vie pour la patrie.»

13. Cependant on reproche à cette nation de n’avoir pas aimé l’étude des lettres. On ne cite pas un seul Lacédémonien qui soit parvenu au rang d’écrivain distingué. Ils s’intéressaient peu aux poèmes, sauf à ceux de Tyrtée, qu’ils donnaient à apprendre aux enfants. Ils pensaient en effet que ces vers excitaient la jeunesse à ne pas craindre les dangers. Bien plus, ils parlaient habituellement peu, intentionnellement et comme en vertu d’un usage national. On a loué souvent leur brièveté (laconisme) dans la façon d’interroger ou de répondre. Dans leur langage, ils se faisaient une règle de ne pas employer plus de mots qu’il n’était nécessaire.

14. Grâce à ces mérites éprouvés et connus de tous, les Lacédémoniens furent souvent choisis comme chefs de la Grèce. Dans la guerre contre les Perses, le premier rôle leur fut confié par tous sans hésitation. Lorsque Xerxès vint attaquer toute l’Europe sur terre et sur mer, l’autorité suprême fut confiée à un Lacédémonien, Eurybiade. Sous le commandement de Pausanias, autre Lacédémonien, Mardonius, gendre du roi Darius, fut battu près de Platées par une troupe de Grecs assez peu considérable, malgré (avec) ses deux cent mille fantassins et ses vingt mille cavaliers.

THÈME D’IMITATION, §§ 11-14. – § 11. Accepi Lacedaemonias feminas filiorum occisorum vulnera fortiter inspexisse. – Filium sepeliendum curavit. – Clam sepultus est. – Aversi vulnerati estis. – Funus sine lacrimis ducetur.

§ 12. Pulchrum est triumphasse: pulchrius est mortem pro patria occumbere. – Mater filium interfectum intueri non dubitat. – Ingemere nolemus, et animam in certamine, victoria parta, efflabimus.

§ 13. Egregius ille scriptor reprehendebatur, quia pauca loquebatur. – De industria paucis verbis me interrogavisti. – Hanc viam respondendi semper tenui. – Paucis utere verbis. – Poema ediscendum mihi proposuit.

§ 14. Nobilitata erat Lacedaemoniorum ducum virtus. – Primas partes summamque imperii Pausaniae propter spectatam ejus virtutem detulerunt.

VII. – Les deux principales cités grecques.

Sparte et Athènes (2ème partie): Athènes.

1. L’Attique est située à l’extrémité orientale de la Grèce. Elle est entourée en grande partie par la mer; c’est une presqu’île. De sa pointe extrême on peut apercevoir les îles appelées Cyclades. Les montagnes de ce pays sont de hauteur moyenne. On extrait de quelques-unes de l’argent ou du marbre. Les abeilles récoltaient un miel très sucré sur les fleurs de l’Hymette. Les plaines y sont peu nombreuses et n’y ont pas une grande étendue. Le sol, qui est pierreux, est peu favorable au blé; il convient plutôt à l’olivier et à la vigne.

2. La ville d’Athènes est située dans une de ces plaines. Ce qui décida à fonder une ville en cet endroit, ce fut un rocher d’environ mille pieds de long sur trois cents de haut qui semble une citadelle naturelle. Du sommet de ce roc, comme d’un poste d’observation, on aperçoit au loin la mer. C’est là que s’établirent les premiers habitants; mais dans la suite, on construisit des maisons aux environs et le rocher ne fut plus qu’une citadelle entourée de remparts et ornée des plus beaux temples. Les environs sont arrosés par deux petits cours d’eau que l’été dessèche souvent; l’un d’eux coule auprès de la ville.

3. Une ancienne légende disait que les ancêtres des Athéniens n’étaient pas venus d’autres pays, qu’ils étaient nés de la terre même qui les nourrissait. Au contraire, beaucoup d’indices montrent que des races diverses, venant de pays différents, se sont rassemblées en cet endroit. On croyait que c’était le roi Thésée qui avait réuni les habitants, auparavant dispersés, en un seul endroit et en un seul corps de citoyens.

4. On racontait qu’après la mort de Thésée, Codrus, qui sacrifia sa vie pour ses concitoyens, régna à Athènes. Les Doriens émigraient alors: arrivés non loin d’Athènes, ils établirent leur camp en cet endroit, avec l’intention de chasser les habitants. Un oracle leur avait promis la victoire pourvu qu’ils épargnassent le roi d’Athènes. Codrus, qui le savait, se déguisa pour n’être pas reconnu, s’approcha ainsi du camp des envahisseurs et fut tué. Les Doriens, ayant reconnu son cadavre, n’osèrent plus attaquer la ville.

5. Mais le prestige des rois déclina peu à peu, tandis que la puissance des nobles (Eupatrides) s’accroissait. Ceux-ci firent sentir durement leur autorité sur le peuple. Presque seuls ils étaient propriétaires du sol, que cultivaient les autres citoyens. Aussi il y avait lieu de craindre que les pauvres, accablés de dettes, ne fussent réduits à la même condition et au même sort que les Hilotes chez les Lacédémoniens. Cette situation provoqua bien des émeutes et des dissensions.

6. Un seul homme, Solon, grâce à sa vertu et à sa sagesse, sut les apaiser par l’établissement d’une constitution équitable. Il passe pour avoir été le plus sage des Sept sages qui vécurent, dit-on, à la même époque. Il fut, en effet, non seulement le citoyen le plus en vue de son pays et un illustre législateur, mais il se distingua encore comme poète. Il voyagea aussi beaucoup pour connaître les moeurs de tous les peuples. Lorsqu’il rentra enfin dans sa patrie, il employa son expérience à procurer la tranquillité à ses concitoyens. Il se plut à composer des vers jusqu’à la fin de sa vie.

7. Les belles réponses qu’il fit au roi Crésus méritent d’être rapportées. S’étant rendu auprès de ce roi, il fut accueilli avec les plus grands égards. Crésus ordonna qu’on lui ouvrît tous ses trésors et qu’on lui montrât toutes ses richesses. Quand il eut tout vu, le roi lui demanda s’il connaissait un homme plus heureux que lui. Solon répondit que l’Athénien Tellus lui avait paru le plus heureux de tous les hommes; car il était mort pour sa patrie dans un combat où les troupes ennemies avaient été mises en déroute, et il avait laissé après lui de beaux et bons enfants.

8. Il ajouta qu’après Tellus il considérait comme les plus heureux deux jeunes Argiens, Cléobis et Biton, fils d’une prêtresse argienne. C’est une histoire bien connue. La loi exigeait que leur mère fût conduite en char à un sanctuaire assez éloigné de la ville, où les Argiens se disposaient à offrir un sacrifice solennel à Junon. Mais les boeufs qui devaient tirer le char étaient encore aux champs. Comme l’heure du sacrifice approchait, les jeunes gens s’attelèrent au joug. La prêtresse fut ainsi amenée jusqu’au sanctuaire, à une distance de plus de quatre milles, par ses enfants attelés au char.

9. Les Argiens accoururent auprès d’eux. Faisant cercle autour des deux jeunes gens, ils ne pouvaient se lasser d’admirer leur vigueur; quant aux Argiennes, elles félicitaient leur mère d’avoir mis au monde des fils aussi vigoureux physiquement que remarquables pour leur piété filiale. La mère, enchantée de la conduite et de la bonne renommée de ses enfants, pria, dit-on, la déesse de leur donner une récompense en retour de leur piété. Elle ne demandait rien de précis, mais ce qu’il y avait de meilleur pour un être humain. A la tombée de la nuit, les jeunes gens, après avoir mangé en compagnie de leur mère, se couchèrent pour dormir dans le temple même: le matin on les trouva morts. C’est pour cela que Solon affirmait que la mort était un grand bien pour les hommes vertueux et qu’aucun homme ne pouvait être appelé heureux avant sa mort. Voilà ce que, sur la foi d’Hérodote, on raconte de la sagesse de Solon.

THÈME D’IMITATION, §§ 8-9. – § 8. Secundum me beatissimus es. – Lex jubet eos curru in oppidum vehi. – Fabula notissima est. – Sacerdos a duobus juvenibus advecta est, qui ad jugum accesserant. – Templum mille passus abest ab urbe. – Cur in agris moraris? Instat hora.

§ 9. Hos adulescentes mirabamur et mirantes magnopere gaudebamus. – Ei gratulari potestis, quod optima praemia petierit. – Pietas omnium rerum optima est. – Affirmat Herodotus juvenem a matre inventum esse mortuum in deae templo. Sub noctem mater cum filiis epulata est. – Da nobis aliquod pietatis nostrae praemium. – Vires sapientiamque horum juvenum satis mirari non possumus. – Duo filii a sua matre felices dici poterunt.

10. Quelles que fussent la solidité et la stabilité que Solon paraissait avoir données par ses lois à la république athénienne, elle se transforma pourtant peu d’années après. Pisistrate, partisan du régime démocratique, s’empara du pouvoir. Il ne se conduisit pas en cruel tyran; il se montra généreux au contraire envers ses concitoyens. Il orna la ville des plus beaux et des plus utiles édifices. C’est lui qui répartit en livres les oeuvres d’Homère, dans l’ordre où nous les avons aujourd’hui. Il acheta même de très nombreux livres et construisit une bibliothèque où le public pouvait venir s’adonner à la lecture.

11. A sa mort, ses deux fils, Hippias et Hipparque, lui succédèrent. Eux aussi se montrèrent ardents protecteurs des lettres et des arts. Mais s’étant laissés entraîner par les passions de la jeunesse, ils mécontentèrent le peuple. Ils outragèrent même quelques citoyens; aussi furent-ils considérés par la plupart comme de cruels tyrans. Deux jeunes gens d’Athènes, Harmodius et Aristogiton, à l’égard desquels ils avaient eu de graves torts, complotèrent de les assassiner. Ils trouvèrent de nombreux complices et un jour de fête fut fixé pour l’accomplissement du meurtre.

12. Harmodius et Aristogiton cachèrent des poignards sous des branches de myrte. Ensuite ils se rendirent à l’endroit où les deux jeunes chefs de l’État préparaient une procession, qu’ils se disposaient à conduire au temple de Minerve dans la citadelle. Là ils aperçurent un des conjurés qui parlait familièrement avec Hippias. Aussitôt ils pensèrent qu’une dénonciation les avait trahis. Ils se retirèrent donc à quelque distance de cet endroit et, rencontrant par hasard Hipparque, ils lui plongèrent leurs poignards dans la poitrine. Harmodius, criblé de blessures par les satellites du jeune prince, tomba mort.

13. Quant à Aristogiton, il fut saisi et conduit devant l’autre tyran. Celui-ci le fit mettre sur le chevalet de torture et ordonna qu’on lui fit subir les plus cruels tourments jusqu’à ce qu’il eût livré les noms de tous ses complices. Aristogiton, faisant semblant de céder aux menaces et aux souffrances, ne nomma aucun de ses complices, mais les amis les plus fidèles du tyran. Celui-ci, fou de colère, les faisait mettre à mort immédiatement. Lorsque enfin Aristogiton se tut, le tyran lui demanda: «As-tu encore d’autres scélérats à dénoncer? Il ne reste plus que toi, répondit Aristogiton; je meurs, mais non pas sans vengeance, car tu as toi-même ôté la vie à tes meilleurs amis.»

14. Après le renversement des tyrans, les arts et les lettres se développèrent merveilleusement à Athènes. La gloire militaire ne manqua pas pour cela à cette cité. Elle repoussa et battit les Perses au moment de leur invasion, avec autant de courage que les Lacédémoniens. Mais, gloire que Sparte n’obtint jamais, cette ville a été appelée jusqu’à notre époque et sera toujours appelée le berceau des sciences et des arts.

VIII. – Un épisode des guerres médiques.

Léonidas aux Thermopyles.

1. Léonidas, roi de Sparte, avait pour consigne d’empêcher l’armée perse de franchir les Thermopyles. Il choisit trois cents hommes pour les emmener avec lui. Il les prit tous parmi les hommes faits; tous avaient des enfants. Il pensait que de tels hommes mettraient plus de fermeté et de constance à repousser l’ennemi. Ils savaient en effet qu’ils combattaient pour empêcher que leurs fils ne devinssent les esclaves des Perses.

2. Des guerriers de nations voisines, surtout des Thespiens et des Phocidiens, plus remarquables par leur courage que par leur nombre, se joignirent à la petite troupe de Léonidas. Ils se postèrent tous dans le défilé des Thermopyles, à l’exception de mille Phocidiens, qui furent placés au sommet de la montagne, pour empêcher que l’ennemi ne tournât la position des autres.

3. C’est là que se présenta peu de jours après Xerxès à la tête de toutes les troupes qu’il avait fait passer en Europe. Léonidas et ses compagnons apercevaient les innombrables tentes des Barbares en face d’eux sur le flanc de la montagne. A cette vue, non seulement la terreur ne s’empara pas de l’âme des Grecs, mais au contraire ils s’exhortaient réciproquement à résister avec courage.

4. Quelques-uns même plaisantaient. Leur chef, Léonidas, disait en plaisantant à ses soldats: «Soyez braves, ô Lacédémoniens; peut-être dînerons-nous ce soir dans les enfers.» Un autre, à qui l’on avait dit que le ciel et la lumière du soleil seraient obscurcis en raison du grand nombre des traits et des flèches, répondit: «Tant mieux, nous combattrons à l’ombre.»

5. Xerxès était assis en un lieu élevé d’où l’on pouvait apercevoir la petite troupe des Grecs. Il désirait voir comment des hommes si peu nombreux oseraient soutenir le choc de ses soldats. Pour connaître plus exactement leur nombre, il envoya un cavalier avec mission de s’approcher le plus possible de leur camp et de revenir lui rendre compte après avoir tout examiné.

6. Les Grecs virent ce cavalier s’approcher d’eux; mais ils s’inquiétèrent peu de ses intentions ou de ses actes. Quelques-uns, qui étaient en train de se peigner, ne cessèrent même pas. Le cavalier, après avoir tout parcouru des yeux, revint auprès du roi, et lui rendit compte de son examen. Il déclara que les Grecs étaient peu nombreux; que certains étaient occupés à manier leurs armes, d’autres à peigner leurs cheveux. Tout cela étonna beaucoup le roi.

7. Aussi lit-il venir auprès de lui Démarate, transfuge lacédémonien, qui se trouvait dans le camp à titre d’ami du roi, et il l’interrogea sur ces détails. Celui-ci lui répondit: «J’ai l’habitude de te dire la vérité, je n’agirai pas autrement même aujourd’hui. Sache que ces hommes vont combattre avec beaucoup d’ardeur et que, sans aucunement craindre la mort, ils vont essayer de barrer le passage à ton armée. Je m’en rends compte par leur conduite actuelle. Car c’est une habitude chez les Lacédémoniens de peigner leur chevelure et d’orner leur tête de couronnes avant le début du combat, comme si un sort heureux les attendait, soit la mort, soit la victoire.»

THÈME D’IMITATION, §§ 5-7. – § 5. Sedens Xerxes parvam Graecorum manum. conspiciebat. – Equitum impetum sustinebimus. – Accede proxime ad Graecos, omnia speculare, mihique renuntia eorum numerum ac locum castrorum. – Accedat, speculetur.

§ 6. Eum vidimus crines pectentem. – Attendite. – Arma tractare desinunt, quia in perlustrando oculis rege sunt occupati. – Regi renuntiabo omnia, quae miratus ero.

§ 7. Regis hospitem de exercitu interrogavit. – Acriter dimicare conati sunt. – Lacedaemoniorum mores intellegemus. – Ad victoriam proficiscentes, capita coronis ornabant. – Solebas sine metu dimicare, non sem facimus – Transfugas non sequemur.

8. Xerxès s’étonnait de l’audace ou plutôt de la folie des Grecs, qui se disposaient à résister à des troupes si considérables. Il envoya à Léonidas un messager pour lui dire au nom du roi: «Si tu veux m’obéir, je te donnerai l’empire de la Grèce.» Mais Léonidas répondit qu’il aimait mieux mourir pour sa patrie que de la réduire en servitude. Alors le roi lui envoya une lettre qui portait ces mots: «Rends-moi tes armes.» Léonidas lui fit reporter la lettre après avoir simplement écrit au-dessous ces mots: «Viens les prendre.»

9. Bien que cette réponse eût excité sa colère, cependant Xerxès garda encore ses troupes dans son camp durant quatre jours. Il espérait que les Grecs se retireraient d’eux-mêmes. Comme ils ne bougeaient pas, il ordonna à une troupe considérable de Mèdes de marcher au combat et de les repousser par la force.

10. Le roi avait donné l’ordre à ses soldats de lui amener les Grecs vivants ou morts. Ainsi le combat fut-il violent. Mais les Barbares ne purent chasser de leur position les compagnons de Léonidas. Parfois, il est vrai, les Spartiates reculaient, ou bien, feignant d’être effrayés par la multitude des ennemis, ils se mettaient à fuir. Mais, peu après, ils se retournaient soudain et massacraient les ennemis qui les poursuivaient en désordre.

11. C’est alors que Xerxès lança sa garde contre la ligne des Grecs. Ces soldats d’élite s’appelaient les immortels; ils étaient la troupe la plus solide de toute l’armée. Mais les Grecs soutinrent sans peine leur violente attaque. Ils ne reculèrent pas. Le lendemain, Xerxès pensa que les Grecs, qui étaient peu nombreux et avaient combattu la veille durant de longues heures sans interruption, étaient épuisés de fatigue et pourraient difficilement soutenir le poids de leurs armes.

12. Le combat ayant donc recommencé de plus belle, des troupes fraîches de Barbares luttaient contre les Grecs à la fois fatigués et blessés. C’est alors que le roi put se rendre compte qu’il avait dans son armée un grand nombre d’hommes, mais un petit nombre de vrais soldats. En effet les Barbares ne réussirent pas davantage. C’est en vain que des hommes armés de fouets et placés derrière la ligne de bataille, obligeaient les Barbares à avancer et les empêchaient de reculer.

13. Plus d’une fois les Grecs vainqueurs, ayant repoussé les ennemis, s’approchèrent du camp des Mèdes. Xerxès, qui regardait le combat, se leva de son trône trois fois, tout tremblant, pour fuir, dans la crainte qu’il ne fût pris lui-même. Le roi ne savait plus que faire, lorsqu’un Grec, traître à sa patrie, alla le trouver. Cet homme a toujours été et sera toujours regardé comme un abominable scélérat par tous les vrais patriotes.

14. Ce misérable déclara qu’il habitait aux environs; qu’il connaissait un sentier par où les Barbares pouvaient franchir la montagne et prendre à revers les Grecs. Xerxès, ravi de l’occasion qui s’offrait à lui d’une façon si inespérée, fit partir une troupe importante de Mèdes vers le soir avec l’ordre de gravir de nuit la montagne.

15. La troupe des Mèdes, dont le roi avait confié le commandement à Hydarnès, parvint à minuit sur le sommet. Mille Phocidiens occupaient cette position. Ils entendirent les Mèdes approcher, car la troupe ennemie montait à travers un bois de chênes et les feuilles sèches dont le sol était jonché craquaient sous les pieds.

16. Les Phocidiens avaient à peine mis leurs casques et leurs cuirasses, que les Mèdes se montrèrent sur le faîte de la montagne. On était en effet au milieu de l’été et la nuit n’était nullement obscure. Les Barbares, à force de lancer des traits et des flèches, repoussèrent les Phocidiens; puis, sans plus s’en préoccuper, ils commencèrent à descendre par l’autre flanc de la montagne, qui est plus rapide et plus court.

THÈME D’IMITATION, §§ 14-16. – § 14. Semitae montis totiusque regionis notae sunt. – Tibi dico hominem istum sceleratum esse. – Ejus regionis incolae, hac semita montem transgressi, Barbaros aversos adorientur. – Occasio montem noctu ascendendi nobis offertur.

§ 15. Rex eum agmini praefecit. – Media nocte in summum quercetum pervenimus. – Solum querceti foliis siccis opertum erat. — Appropinquantibus Medis folia sonuerunt.

§ 16. Loricam galeamque indue. – Media aestate noctes non obscurae sunt. – Multa tela pluresque etiam sagittas conjecimus. – Barbari jam in proniore latere montis erant. – Vix descendere coeperamus, cum tela o Medis conjecta sunt.

17. Les Spartiates qui se trouvaient dans le défilé apprirent vers l’aurore que l’ennemi tournait leur position. Ils en furent informés par les sentinelles, qu’ils avaient placées dans la montagne. A la vue des ennemis, elles avaient rejoint en hâte leurs compagnons. Mais dès la veille, les devins, après avoir examiné les entrailles des victimes, avaient averti que la mort était imminente. Néanmoins tous avaient résolu de ne pas manquer à leur devoir.

18. Léonidas, avant l’arrivée des Mèdes qui allaient l’attaquer par derrière, renvoya chez eux tous ses alliés sauf les Spartiates, pour les réserver à la défense de la patrie. Mais il estima qu’il n’avait pas le droit d’abandonner le poste qui lui avait été confié. Les Thespiens, ne voulant pas le quitter, demeurèrent aussi et partagèrent son sort.

19. Les Grecs n’attendirent pas qu’Hydarnès se montrât avec ses soldats; ils fondirent les premiers sur les ennemis et en tuèrent un grand nombre. Mais bientôt Hydarnès apparut et les attaqua à revers. Les Grecs se retirèrent alors sur une éminence qui se trouvait près de là. Ils résistèrent encore longtemps en cet endroit bien ne restât aucun espoir de salut. Ils succombèrent finalement sous une grêle de traits.

20. Telle fut la mort de ces braves, dont la conduite mémorable fera toujours l’admiration de tous. On leur donna la sépulture à l’endroit même où ils avaient succombé en combattant pour leur pays. On y éleva un monument, qui portait gravée sur sa base une inscription grecque célèbre. C’étaient deux vers de Simonide, que Cicéron, le plus éloquent des orateurs romains, a traduits du grec en latin de la façon suivante: «Étranger, va dire à Sparte que tu nous as vus étendus morts ici, pour avoir obéi aux lois sacrées de la patrie.»

QUATRIÈME PARTIE: EXTRAITS DU DE VIRIS ILLUSTRIBUS

I. – Origine de l’Empire Romain.

1. Proca, roi d’Albe, eut deux fils, Numitor et Amulius. Il laissa le trône à Numitor qui était l’aîné; mais Amulius chassa son frère et s’empara de la royauté. Ensuite, pour qu’il n’eût pas de descendants, il plaça les petits-fils de son frère, Romulus et Rémus, encore tout jeunes, dans une nacelle et les abandonna au courant du Tibre qui débordait alors. Mais la crue diminuant, l’eau les déposa sur un terrain sec. La solitude régnait alors au loin dans ces lieux. La tradition rapporte qu’une louve accourut à leurs vagissements, lécha les deux enfants, leur donna son lait et se comporta comme une mère.

2. La louve étant revenue à plusieurs reprises auprès des bébés comme si c’étaient ses petits, Faustulus, berger des troupeaux du roi, s’en aperçut. Il rapporta les enfants dans sa cabane et les donna à élever à sa femme, Acca Laurentia. Grandissant ainsi parmi les bergers, ils commencèrent par s’aguerrir en luttant pour s’amuser! Ensuite ils se mirent à parcourir les bois dans leurs chasses; finalement, ils s’opposèrent aux brigands qui venaient voler le bétail. Aussi, ces brigands leurs dressèrent une embuscade et s’emparèrent de Rémus. Quant à Romulus, il recourut à la force pour se défendre. C’est alors que Faustulus se trouva obligé de lui révéler qui était son grand-père. Aussitôt Romulus arma les bergers et se rendit en hâte à Albe.

THÈME D’IMITATION, I, §§ 1-2. – §1. 1. Amulius fratrem1 Numitorem, Albanorum regem, pepulit. – 2. Uter2 natu major erat? – 3. Hoc flumen super ripas effusum est3, sed relabetur et eas in sicco relinquet. – 4. Fama tradit lupam in iis solitudinibus fuisse. – 5. Regem te geres. – 6. Cum relapsum erit hoc flumen, accurretis.

§ 2. 1. Lupae catulos Albam pastori Faustulo feremus, educandosque4 dabimus. – 2. Latrones pastorum illorum pecora capere coeperant. – 3. Si latrones illi revertentur5, rem animadvertemus iisque insidiabimur. – 4. Peragrando6 saltus vires augebitis.

1. Suum serait inutile (Gr. § 139) et ejus serait un solécisme (Gr. § 140). – 2. Uter doit être connu par la grammaire § 42. – 3. Effunditur signifierait «est en train de se répandre»; effusum est marque un état actuel résultant d’une action passée (Gr. § 207). – 4. Eos aussi bien que ei est inutile, Gr. § 139. – 5. Le futur ou le futur passé, Gr. § 303, 2°. – 6. Ou peragrandis saltibus, Gr. § 23.

3. Cependant les brigands conduisirent Rémus en présence du roi Amulius, l’accusant de ravager habituellement les troupeaux de Numitor. Aussi Rémus fut livré par le roi à Numitor pour qu’il le fit périr. Celui-ci, en considérant les traits du jeune homme, faillit reconnaître son petit-fils. Rémus en effet ressemblait beaucoup de visage à sa mère et son âge correspondait au moment où les enfants avaient été abandonnés. Tandis que Numitor était troublé par ce doute, Romulus survint, délivra son frère et, après avoir tué Amulius, remit sur le trône son grand-père Numitor.

4. Ensuite Romulus et Rémus fondèrent une ville dans les lieux où ils avaient été abandonnés, puis élevés. Mais une discussion naquit entre eux sur la question de savoir lequel des deux donnerait son nom à la ville nouvelle et en serait le chef. Ils eurent recours aux auspices. Rémus vit le premier six vautours, Romulus n’en vit qu’après lui, mais ils étaient douze. En conséquence Romulus, favorisé par les présages, donna à la ville le nom de Rome. Comme s’il eût voulu que les règlements, avant même les remparts, la protégeassent, il défendit de franchir l’enceinte. Rémus, par dérision, la franchit d’un saut. Romulus irrité le tua, en exprimant ainsi ses reproches: «Ainsi sera puni désormais quiconque franchira mes remparts.» Romulus se trouva donc seul maître du pouvoir.

THÈME D’IMITATION, I, §§ 3-4. – § 3. 1. Latro, qui pastorem conjugemque ejus1 interfecerat, ad regem perductus est. – 2. Rex ille, latrones qui ejus2 greges infestabant, ad supplicium tradere solebat. – 3. Cum avo simillimus esset3, eum agnovimus. – 4. Haud procul fuit quin fratrem interficeret, sed postquam oris lineamenta agnovit, eum ad avum perduxit, quem in regnum restituit.

§ 4. 1. Utrum eorum nominum urbi dabimus, quam sumus in eo loco condituri? – 2. Urbs moenibus vallisque munita4 erat. – 3. Quicumque vultures duodecim viderit, urbe potietur. – 4. Orta inter eos contentione, Romulus Remum interfecit. – 5. O Romule, edice5 ne frater6 auspicia adhibeat.

1. Et non pas suus. Avec deux mots unis par et on emploie ejus comme s’il s’agissait de deux propositions distinctes (Gr. § 142, note). – 2. Ejus, parce que le possessif renvoie, il est vrai, au sujet de la principale, mais la subordonnée ne représente pas la pensée de ce sujet (Gr. § 141). – 3. Le subjonctif, parce que cum renferme une idée causale: parce qu’il ressemblait (Gr. § 319). – 4. Muniebatur signifierait qu’on était «en train de» la munir (Gr. § 207). – 5. Dicere fait dic à l’impératif, mais les composés ont l’impératif régulier. II en est de même des composés de facio et, généralement, des composés de duco. Au contraire les composés de fero font effer, confer, etc. – 6. Tuus n’est pas nécessaire (Gr. § 139).

II. – Romulus, premier roi de Rome.

1. Romulus avait créé l’apparence d’une ville plutôt qu’une ville véritable: les habitants manquaient. Il y avait dans les environs un bois sacré, il en fit un asile. Une foule de brigands et de bergers y accourut aussitôt. Comme Romulus lui-même et ses sujets n’avaient pas d’épouses, il envoya des députés aux peuples voisins pour demander leur alliance et le droit d’épouser leurs filles. Cette députation ne fut bien accueillie nulle part; on s’en moqua même: «Pourquoi, disait-on, n’avez-vous pas ouvert aussi un asile pour les femmes? Vous auriez ainsi des ménages bien assortis.» Romulus, dissimulant son mécontentement, prépare des réjouissances publiques; il fait annoncer ce spectacle aux peuples voisins. Les gens arrivèrent en foule, curieux qu’ils étaient aussi de voir la ville nouvelle; des Sabins surtout vinrent avec leurs femmes et leurs enfants. Quand ce fut l’heure du spectacle et que toute l’attention y fut fixée aussi bien que les yeux, à un signal donné, les jeunes filles furent enlevées. Ce fut là une cause immédiate de guerre.

2. Les Sabins, pour venger le rapt de leurs filles, entreprirent la guerre contre les Romains. En approchant de Rome, ils rencontrèrent la jeune Tarpéia qui était descendue pour puiser l’eau du sacrifice. Son père commandait la garnison de la citadelle de Rome. Titus Tatius, chef des Sabins, lui laissa choisir le présent qu’elle voudrait, à condition qu’elle fit pénétrer son armée dans le Capitole. Elle demanda ce que les Sabins portaient à la main gauche, c’est-à-dire des anneaux et des bracelets. On le lui promit par fraude et quand elle eut conduit les Sabins dans la citadelle, Tatius la fit périr sous le poids des boucliers: car les Sabins avaient aussi des boucliers à la main gauche. Ainsi cette odieuse trahison fut vite punie.

3. Romulus marcha contre Tatius et engagea le combat à l’endroit où se trouve actuellement le forum romain. Au premier choc, un des Romains les plus remarquables, nommé Hostilius, qui combattait avec beaucoup de courage, mordit la poussière. Sa mort consterna les Romains, qui commencèrent à fuir. Déjà les Sabins criaient: «Nous avons battu ces hôtes perfides, ces ennemis sans courage. Ils se rendent compte maintenant que combattre contre des hommes n’est pas aussi facile que d’enlever des jeunes filles.» Alors Romulus, levant ses armes vers le ciel, promit un temple à Jupiter; dès lors son armée, par l’effet du hasard ou d’une volonté divine, cessa de reculer. Le combat recommence de plus belle. Mais les femmes enlevées osèrent se jeter, les cheveux épars, au milieu des traits qui volaient de tous côtés. Suppliant d’une part leurs pères, de l’autre leurs maris, elles firent cesser la lutte.

4. Romulus conclut un traité avec Tatius et admit les Sabins dans sa ville. II choisit une centaine d’hommes parmi les plus âgés, pour tout administrer d’accord avec eux. En raison de leur âge, ce conseil s’appela Sénat. Il établit trois centuries de chevaliers et partagea le peuple en trente curies. Ces mesures une fois prises, il passait en revue son armée auprès du Marais de la Chèvre quand un orage éclata avec un grand bruit de tonnerre: Romulus disparut. On crut généralement qu’il avait rejoint les dieux. Un noble, du nom de Proculus, confirma cette croyance. Car, à l’occasion d’une violente querelle entre les sénateurs et la plèbe, il se présenta devant l’assemblée et affirma sous serment que Romulus lui était apparu sous une forme plus auguste que de son vivant, et qu’il leur recommandait d’éviter les querelles et de pratiquer la vertu. C’est ainsi que Romulus fut honoré comme un dieu et surnommé Quirinus.

III. – Numa Pompilius, deuxième roi de Rome.

1. Numa Pompilius succéda à Romulus. C’était un homme éminemment juste et pieux. On le fit venir de Cures, petite ville de la Sabine. Établi à Rome, il institua de nombreuses cérémonies religieuses, afin d’adoucir, par le culte des dieux, un peuple encore farouche. Il consacra un autel à Vesta et chargea les Vestales d’y entretenir sans cesse le feu. Il créa, comme prêtre de Jupiter, un Flamine, qu’il honora d’un vêtement particulier et de la chaise curule. II choisit, comme prêtres de Mars, douze Saliens qui portaient périodiquement à travers la ville, avec des chants et des danses rituelles, certains boucliers qu’on regardait comme des gages de puissance venus du ciel. Il divisa l’année en douze mois selon les révolutions de la lune; il institua des jours fastes et néfastes; il fit mettre des portes au temple du double Janus, pour en faire le signe de la paix et de la guerre: ouvert, il avertissait que la cité était sous les armes; fermé, que tous les peuples voisins étaient en paix.

2. Numa établit aussi beaucoup de lois utiles. Afin de donner plus d’autorité à ses institutions, il fit semblant d’avoir des entretiens nocturnes avec la nymphe Égérie, prétendant que toutes ses décisions étaient dictées par elle. Il existait un bois sacré dont le milieu était arrosé par une source intarissable. Souvent Numa y pénétrait sans témoins comme pour une entrevue avec cette déesse. Il sut si bien répandre l’esprit religieux parmi son peuple que les promesses et les serments avaient autant de force que la crainte des lois et des châtiments. Il n’entreprit aucune guerre, mais ne servit pas moins bien sa patrie que Romulus. Mort de maladie, il fut enseveli sur le Janicule. Ainsi deux rois successivement augmentèrent la puissance de la cité, l’un grâce à la guerre, l’autre grâce à la paix. Romulus régna trente-sept ans; Numa quarante-trois.

IV. – Tullus Hostilius, troisième roi de Rome.

1. Après la mort de Numa, Tullus Hostilius fut créé roi. Non seulement il ne ressemblait pas au roi précédent, mais il se montra même plus intraitable que Romulus. Sous son règne une guerre éclata entre les Albains et les Romains. Les deux chefs, Hostilius et Suffétius, décidèrent de confier le sort des deux peuples à la bravoure de quelques combattants seulement. Or, il y avait dans l’armée romaine trois jumeaux, les Horaces; de même chez les Albains, les Curiaces. Les rois convinrent avec eux qu’ils combattraient les uns et les autres pour leur patrie respective. Un traité fut conclu aux termes duquel la suprématie devait appartenir au pays qui aurait la victoire. Les jumeaux des deux pays prennent leurs armes et s’avancent dans l’espace qui séparait les deux armées. Des deux cotés les soldats s’étaient assis. On donne le signal et les deux groupes de trois combattants s’élancent en se menaçant de leurs armes.

2. Quand, au premier choc, les armes retentirent, les spectateurs frissonnèrent. Dès que les combattants furent aux prises, deux Romains tombèrent immédiatement l’un sur l’autre, frappés à mort. Les trois Albains furent blessés. Au moment où les Romains s’affaissèrent, l’armée des Albains poussa un cri de joie. Déjà les Romains perdaient tout espoir. Un Horace, resté seul, était entouré par les trois Curiaces. Quoique sans blessure, il se trouvait plus faible que les trois ensemble; aussi fit-il semblant de fuir pour attaquer à part et individuellement ses adversaires qui allaient le poursuivre avec une vitesse inégale. Sa fuite l’avait déjà passablement éloigné du lieu du combat, lorsque, se retournant, il voit qu’un des Curiaces se rapprochait de lui. Il revient rapidement sur ses pas pour l’attaquer et pendant que l’armée albaine crie aux Curiaces de porter secours à leur frère, Horace l’a bientôt tué. Ensuite il mit à mort le second, avant que le troisième eût pu le rejoindre.

3. Il ne restait plus qu’un combattant de chaque côté; mais ils n’avaient ni la même confiance, ni les mêmes forces. L’un n’était pas blessé; l’autre avançait à peine, épuisé par sa blessure et sa course. Ce ne fut pas même un combat. Le Romain, ivre de joie, achève son adversaire qui pliait sous le poids de ses propres armes. Après l’avoir abattu, il le dépouille. Les Romains triomphants accueillent Horace avec des félicitations et l’accompagnent, jusque chez lui. Horace marchait le premier, portant fièrement les dépouilles des trois frères. A sa rencontre vint sa soeur, qui avait été fiancée à l’un des Curiaces. En voyant, sur les épaules de son frère, le manteau de son fiancé, qu’elle avait confectionné elle-même, elle se mit à pleurer et à dénouer ses cheveux. La douleur de sa soeur, qui contrastait avec la joie publique, souleva la colère de l’intraitable jeune homme. Tirant son glaive, il transperça la jeune fille en lui adressant ces reproches: «Va rejoindre ton fiancé, que tu aimes d’un amour indigne puisque tu en oublies tes frères et ta patrie. Ainsi périsse toute Romaine qui pleurera un ennemi de Rome.»

THÈME D’IMITATION, IV, §§ 1-3. – § 1. 1. Tullio Hostilio regnante, fata1 Albanorum Romanorumque Horatiis Curiatiisque commissa sunt. – 2. Scimus, unde victoria erit, ibi quoque imperium fore. – 3. Juvenes illi pro sua quisque patria2 dimicaverunt. – 4. Horatii, quibus Romanorum fata commissa erant, Curiatiis ferociores fuerunt. – 5. Duo exercitus infestis armis3 utrinque processerunt.

§ 2. 1. Ut nos aggressi sunt Romani4 conclamantes armaque increpare coeperunt, ingenti horrore perstricti sumus. – 2. Nonne tribus illis5, qui haud procul a vobis vulnerati erant, opem tulistis? – 3. Respicientes6 videte fugam illius exercitus, quem spes deseruit. – 4. Ut in eos rediimus separatimque aggressi sumus, horrore perstricti, conclamantes7 aufugerunt: impares enim8 nobis erant.

§ 3. 1. Paludamentum, quod sorores meae ipsae confecerunt, cum gaudio accepi. – 2. Nunquam patriae oblivisceris. – 3. Eum domum deduximus, hoc fessum cursu, fessumque duobus vulneribus corpus male sustinentem. – 4. Gladiis strictis, illos transfigite hostes ut, eorum spoliis super humeros vestros visis, vobis gratulemur. – 5. Quoniam hostibus nostris non pares (ou impares) sumus, abeamus.

1. De préférence le pluriel, puisqu’il s’agit de deux peuples; le latin dit: on leur coupa les têtes. – 2. Cette place de quisque est si habituelle qu’il faut la considérer comme obligatoire. – 3. On pourrait dire cum infestis armis, puisqu’il s’agit de marquer l’accompagnement, mais en pareil cas la suppression de cum est plus ordinaire (Gr. § 188 et note). – 4. Il faut avoir soin de placer conclamantes de manière qu’il ne semble pas se rapporter à nos. – 5. L’antécédent du pronom relatif est souvent accompagné du démonstratif en latin, lorsqu’il serait en français précédé de l’article défini. – 6. Le latin préfère employer le participe là où il y aurait en français deux courtes propositions principales coordonnées par «et». – 7. Conclamantes et non conclamando (Gr. § 239). – 8. Le latin accuse plus fortement que le français les relations entre les idées; de là un emploi plus fréquent des conjonctions de coordination comme enim, autem, igitur, etc.

4. Cet acte parut indigne aux sénateurs comme au peuple. Horace fut donc conduit immédiatement en justice et condamné par ses juges. Déjà le licteur s’était approché de lui et s’apprêtait à le garrotter. Alors Horace en appela au peuple. Cependant le vieux père d’Horace déclarait bien haut que sa fille avait mérité la mort. Prenant dans ses bras le jeune homme et montrant les dépouilles des Curiaces, il priait le peuple de ne pas le priver entièrement d’enfants. Le peuple ne put résister aux larmes du vieillard. Il acquitta le jeune guerrier plutôt par admiration pour son courage que par esprit de justice. Pourtant, afin que le meurtre, qui était indéniable, fut expié, le père fit certains sacrifices, plaça transversalement, d’une maison à l’autre, une poutre et fit passer par-dessous son fils, la tête voilée, comme sous le joug. C’est ce qu’on appela la poutre de la soeur.

5. La paix conclue avec Allie ne dura pas longtemps; car Suffétius, chef des Albains, se voyant impopulaire parmi ses concitoyens pour avoir terminé la guerre par le combat de quelques hommes, excita, pour remédier à sa situation, les Véïens contre les Romains. Quant à lui, lorsque Tullus l’appela à son secours, il fit prendre position à son armée sur une colline pour se rendre compte de la tournure du combat et se rallier au plus fort. Tullus devina cette intention et dit bien haut que Suffétius agissait par son ordre afin de cerner l’ennemi. A ces paroles, les ennemis effrayés se laissèrent vaincre. Le jour suivant Suffètius vint féliciter Tullus, mais celui-ci le fit attacher à un char attelé de quatre chevaux et écarteler. Tullus rasa ensuite Albe pour punir la trahison de son chef et en transporta les habitants à Rome.

6. La destruction d’Albe profita à la grandeur de Rome. Le nombre des citoyens se trouva doublé; on ajouta à la ville le mont Celius, et pour que cet endroit eut un plus grand nombre d’habitants, Tullus y fit bâtir son palais et y demeura désormais. Stimulé par la confiance que lui inspirait l’accroissement de ses forces, il déclara la guerre aux Sabins. Une peste se déclara, mais n’empêcha pas de continuer la guerre. Ce roi belliqueux se persuadait que les jeunes gens se portaient mieux en campagne que durant la paix. Mais il fut lui-même en proie à une longue maladie. Ses tendances guerrières disparurent avec ses forces physiques; il ne s’occupa plus désormais que de sacrifices religieux. On raconte que Tullus, frappé de la foudre, brûla avec son palais. Son règne, que la guerre illustra, dura trente-deux ans.

THÈME D’IMITATION, IV, §§ 4-6. – § 4. 1. Atrox id facinus sacrificiis expiabitur. – 2. Cum laqueus in eum a lictore injectus est, caput adoperuit. – 3. Proclamo hunc1 juvenem jure absolvendum esse. – 4. Juvenem, quia patris senis lacrimas ferre non potuit, absolvit. – 5. Horati, accede; tu lictor, eum isto2 laqueo rape. – 6. Te oro ne hunc juvenem sub jugum mittas.

§ 5. 1. Hostes territi nos in auxilium arcessiverunt. – 2. Albanorum ducem propter perfidiam ejus3 in diversa distrahemus. – 3. Venistis ad gratulandum nobis. – 4. Nobis clara voce dixit ducem nostrum in diversa distractum esse. – 5. Quo audito4 territi5 bellum finivimus. – 6. Hostes a tergo circumventi victique sunt.

§ 6. 1. In regiae suae ruinis fulmine ictus est. – 2. Domi militiaeque6 sacris operam dabat. – 3. Pestilentia ejus fiduciam virium ferocesque spiritus fregerat. – 4. Rex, ne morbo implicaretur7, eam sedem cepit. – 7. Postquam rex ille duos annos8 regnaverit, bellum Sabinis indicet9.

1. L’article a une véritable valeur démonstrative et doit parfois être rendu en un démonstratif. – 2. Iste est un pronom adjectif qui se rattache à la seconde personne (Gr. § 41). – 3. Ejus, Gr. § 140. – 4. Quo audito, à cette nouvelle, à ces mots, de même quo viso, à cette vue, littéralement: cela ayant été vu (quo, relatif de liaison. Gr. § 144). – 5. Le latin préfère réunir en une seule proposition deux propositions principales coordonnées (Gr. § 227*, II). – 6. Voir Gr. § 194*. – 7. Concordance des temps, Gr. § 248. – 8. Ne pas confondre cet accusatif avec l’accusatif du complément direct (Gr. § 198). – 9. Ne pas confondre indicare avec indicere.

V. – Junius Brutus, premier consul romain.

1. Junius Brutus était fils d’une soeur de Tarquin. Craignant le sort de son frère, qui, à cause de ses richesses et de son intelligence, avait été mis à mort par leur oncle, il simula la folie. C’est de là que lui vint le nom de Brutus. S’étant rendu à Delphes avec les fils de Tarquin, que leur père avait envoyés pour offrir des présents à Apollon, il porta, pour le remettre au dieu, de l’or enfermé dans un bâton de sureau. Quand les jeunes gens eurent exécuté les ordres de leur père, ils consultèrent Apollon pour savoir lequel d’entre eux régnerait à Rome. La réponse fut que le souverain pouvoir sur Rome reviendrait à celui qui embrasserait sa mère le premier. Alors Brutus, simulant une chute fortuite, baisa la terre, comme étant la mère commune de tous les humains.

2. Après l’expulsion des rois, on établit deux consuls, Junius Brutus et Tarquin Collatin, le mari de Lucrèce. Mais la liberté, qu’on venait seulement d’obtenir, faillit disparaître par fraude et par trahison. Il se trouvait parmi les jeunes Romains quelques jeunes gens, amis des Tarquins. Ils parlèrent entre eux d’introduire la nuit les rois dans la ville et firent entrer dans leur complot les propres fils du consul Brutus. Un esclave surprit leur conversation et dénonça leur projet aux consuls. Des lettres adressées à Tarquin ne laissèrent aucun doute. Les traîtres furent emprisonnés, puis condamnés. Les jeunes gens des meilleures familles étaient donc attachés au poteau; mais les fils du consul, plus que tous les autres, attiraient les regards. Les consuls vinrent occuper leur place. On envoya les licteurs, qui, après avoir dépouillé les condamnés, les battirent de verges et leur tranchèrent la tête. Brutus était là, qui non seulement assistait à l’exécution, mais qui y présidait. Il cessa ainsi d’être père pour accomplir son rôle de consul.

3. Tarquin essaya ensuite de reconquérir ouvertement son trône par la force des armes. Aruns, fils de Tarquin, commandait la cavalerie; le roi suivait en personne avec l’infanterie. Les consuls vont à la rencontre de l’ennemi. Brutus s’avançait le premier, pour éclairer la marche, avec la cavalerie. Aruns, en reconnaissant Brutus, s’écria plein de colère: «Voilà l’homme qui nous a chassés de notre patrie; il se pavane en portant les insignes de notre rang.» Aussitôt il éperonne son cheval et le pousse vers le consul lui-même. Brutus de son côté recherche passionnément la rencontre. Ils se jetèrent l’un sur l’autre avec tant d’animosité qu’ils tombèrent tous deux percés d’un coup de pique. Cependant Tarquin fut vaincu et le second consul revint triomphalement à Rome. Il célébra aussi magnifiquement que possible les obsèques de son collègue Brutus. Les mères de famille portèrent le deuil de Brutus pendant un an, comme s’il se fût agi de leur père.

VI. – Coclès, Scévola et Clélie.

1. Porsenna, roi d’Étrurie,marcha sur Rome avec une armée prête a l’attaque dans l’intention de remettre les Tarquins sur le trône. Du premier coup, il s’empara du Janicule. Dans aucune circonstance antérieure les Romains n’avaient été effrayés à ce point: ils quittent la campagne pour se réfugier dans la ville; ils entourent la ville de postes de soldats. Une partie de la ville semblait mise à l’abri des attaques par ses remparts, le reste était défendu par le Tibre. Le Pont Sublicius faillit livrer passage aux ennemis; un seul homme s’y opposa, Horatius Coclès, ainsi nommé parce qu’il avait perdu un oeil dans un autre combat. Cet homme se plaça à l’entrée du pont et soutint seul le choc de l’armée ennemie jusqu’à ce qu’on eût coupé le pont derrière lui. Son audace, à elle seule, frappa l’ennemi de stupeur. Le pont une fois coupé, il sauta tout armé dans le Tibre et rejoignit ses compagnons à la nage. La cité lui fut reconnaissante d’un tel trait de courage. On lui donna tout le terrain qu’un laboureur pourrait entourer d’un sillon en une journée. Sa statue fut aussi placée sur le Comitium.

2. Tandis que Porsenna assiégeait Rome, Mucius, homme d’une fermeté toute romaine, alla trouver le Sénat et demanda l’autorisation de passer à l’ennemi, promettant en retour de tuer le roi. La permission accordée, il se rendit dans le camp de Porsenna. Là, il se mêla à la foule qui se pressait autour du tribunal du roi. On payait à ce moment la solde et un secrétaire était assis près du roi avec un vêtement presque semblable. Mucius, trompé par cette ressemblance, le tua au lieu du roi. Saisi et amené devant le roi, il étendit le bras sur un foyer allumé en vue d’un sacrifice, comme pour punir sa main de s’être trompée en frappant. Surpris de cette conduite extraordinaire, le roi fit écarter le jeune homme des autels. Alors Mucius, comme pour le remercier, lui déclara que trois cents jeunes gens aussi résolus que lui avaient juré sa perte. Le roi, effrayé, renonça à la guerre à condition qu’on lui remît des otages.

THÈME D’IMITATION, VI, §§ 1-2. – § 1. 1. Rex ad capiendum Janiculum cum exercitu suo venit. – 2. Si aciem hostium sustinuerit1, ejus2 statua in media urbe ponetur. – 3. Roma capta esset (ou erat3 ) nisi Horatii Coclitis audacia Porsennae exercitus obstupefactus esset. – 4. Si oculum alterum4 in proelio amiseris5, civitas tota tibi grata erit. – 5. Urbs hosti iter dedit quia neque praesidiis saepta6, neque pontes interrupti erant.

§ 2. 1. Trecenti juvenes, Mucii Scaevolae7 similes, adversus regem conspiraverant. – 2. Apprehenderis et ad regem pertraheris. – 3. Si transfugeris8, jubebo te ab altaribus amoveri. – 4. Juvenes Mucio: «Ne occideris9 aiunt10, pro rege militem.» – 5. Hoc miraculo territi regem adeunt. – 6. Foculum ad sacrificium accendite. – 7. Senatus adeundi11 potestatem petemus.

1. Voir Gr. § 303, 2°. – 2. Gr. § 141. – 3. Gr. § 309*, II. – 4. Alter, un (des deux). – 5. Gr. § 303, 2°. – 6. Saepta erat, et non saepiebatur, qui signifierait qu’on était en train de l’entourer (voir Gr. § 70, 3° et 207 où la même distinction est faite entre le présent et le parfait). – 7. Ou Mucio Scaevolae, Gr. § 120. – 8. Le futur antérieur est ici obligatoire, Gr. § 303, 2°. – 9. Ne occidas serait fautif, puisqu’il ne s’agit pas d’une maxime, Gr. § 213. – 10. Aio n’ayant pas de 3° pers. du pluriel au parfait, il convient d’employer ici le présent historique (Gr. § 206). On remarquera en outre qu’il convient d’enclaver ce verbe dans la proposition au style direct, sinon il prendrait le sens d’affirmer, comme il l’a dans le texte. – 11. Ou senatum adeundi, Gr. § 235.

3. Porsenna reçut parmi les otages une jeune fille nommée Clélie. Comme le camp du roi était proche de la rive du Tibre, Clélie trompa les gardes, sortit la nuit, s’empara du premier cheval qu’elle trouva et traversa le Tibre. Quand le roi le sut, il se mit d’abord en colère et envoya à Rome des députés pour réclamer Clélie comme otage. Les Romains la lui remirent conformément au traité. Alors le roi, admirant le courage de la jeune fille, la complimenta, déclara qu’il lui accordait (qu’il la gratifiait de) une partie des otages et la laissa libre de choisir ceux qu’elle voudrait. Quand on lui présenta les otages, Clélie choisit les jeunes filles et les enfants, sachant que cet âge est plus exposé à l’injustice; elle rentra avec eux dans la ville. Les Romains récompensèrent ce courage inusité chez une femme en lui accordant un honneur également inusité, une statue qui la représentait à cheval. En haut de la Voie sacrée fut placé le portrait d’une jeune fille assise sur un cheval.

VII. – Ménénius Agrippa.

1. Ménénius Agrippa rétablit la concorde entre les sénateurs et le peuple. Le peuple s’étant brouillé avec le Sénat parce qu’il trouvait insupportables les impôts et le service militaire, Agrippa, qui avait la parole facile, fut envoyé auprès du peuple. Introduit dans le camp, on raconte qu’il dit simplement ceci: «Un jour les membres du corps humain, voyant le ventre oisif, se brouillèrent avec lui et s’entendirent ensemble pour que les mains cessassent de porter la nourriture à la bouche, pour que la bouche refusât de la recevoir et les dents de la mâcher. Mais en voulant mettre le ventre à la raison, eux-mêmes perdirent leurs forces et le corps tout entier se trouva réduit à dépérir complètement. On vit bien par là que le rôle du ventre n’était pas sans importance et que c’était lui qui distribuait la nourriture reçue dans tous les membres. Aussi se réconcilièrent-ils avec lui. De même le Sénat et le peuple, formant pour ainsi dire un seul corps, périssent par la discorde et trouvent la prospérité dans la concorde.»

2. Ménénius changea, grâce à ce récit, les dispositions du peuple. Les plébéiens retournèrent dans la ville. Cependant ils créèrent des tribuns chargés de défendre leur liberté contre l’arrogance des nobles. Peu après mourut Ménénius; toute sa conduite l’avait rendu cher aussi bien aux sénateurs qu’au peuple; mais le peuple l’aima encore davantage quand il eut rétabli la concorde entre ses concitoyens. Pourtant il mourut si pauvre que le peuple lui rendit les derniers devoirs en recueillant des cotisations d’un quart d’as et que le Sénat dut lui procurer aux frais de l’État un emplacement pour son tombeau. L’exemple de Ménénius peut consoler les pauvres, mais il peut surtout enseigner aux riches combien la recherche excessive de la fortune est peu nécessaire à celui qui désire une renommée solide.

THÈME D’IMITATION, VII, §§ 1-2. – § 1. 1. Si ventris ministerium segne fuerit, dentes, os manusque1 ab eo secedent. – 2. Cibos per omnem plebem digere et concordia restituetur. – 3. Te ad patres mittemus; eis narrabis plebem olim ab eis discordasse2. – 4. Nisi concordia mox restituta erit3, apparet patres plebemque discordia perituros4. – 5. Cibus in os manu fertur dentibusque conficitur.

§ 2. 1. Mentes plebis flectam. – 2. Paulo post morieris, patribus ac plebi carus. – 3. Ut libertatem vestram defendatis, mementote5 divitias necessarias non esse. – 4. Publice6 sepultus est, quia pauperes adversus locupletium superbiam defenderat. – 5. Menenius restituendae inter pauperes locupletesque concordiae, laudem cupiebat.

1. Pour la manière d’unir trois termes Gr. § 98, 1°. – 2. La proposition infinitive après un verbe signifiant «dire», Gr. § 264. Pour la forme syncopée discordasse, Gr. § 63, 2°. – 3. Voir Gr. § 303, 2°. – 4. Pour l’accord, voir Gr. § 101* et aussi § 109. – 5. Ce verbe rentre dans la catégorie de ceux qui signifient «penser». Gr. § 264 – 5. Publice peut, à lui seul, signifier «aux frais du public».

VIII. – Coriolan.

1. Caius Marcius, qui appartenait à une famille patricienne, fut nommé Coriolan à cause de la prise de Corioles, ville des Volsques. Ayant perdu son père dans son enfance, il grandit sous la direction de sa mère. La nature lui avait donné de vives aspirations pour la gloire; mais comme l’éducation ne les modifia pas, il fut d’un caractère emporté et obstiné. Quand dans sa jeunesse il commença à faire partie de l’armée, il ne revint jamais des nombreux combats auxquels il prit part sans avoir mérité une couronne ou quelque autre récompense militaire. Dans toute sa conduite il n’avait d’autre but que de faire plaisir à sa mère. Quant à elle, tout son bonheur consistait à entendre louer son fils ou à le voir obtenir une couronne. II ne pouvait se lasser de lui être agréable et de l’entourer d’égards. Pour obéir au désir de sa mère, il se maria; mais il habita chez elle avec sa femme.

2. Après une victoire importante à laquelle Coriolan avait contribué plus que personne, le consul Postumius fit son éloge en présence des soldats. II voulut le combler de récompenses militaires; il lui offrait un domaine de cent arpents, dix prisonniers, un même nombre de chevaux harnachés, cent boeufs et tout l’argent qu’il pourrait porter. Coriolan n’accepta aucun de ces présents, mais seulement la grâce d’un hôte qui avait été fait prisonnier et un cheval. Devenu consul, dans une période de disette, il fit vendre fort cher au peuple le blé qu’on avait fait venir de Sicile, afin que les citoyens s’occupassent de leurs champs et non pas de troubles politiques. Condamné pour ce fait, il se retira chez les Volsques et les poussa à attaquer les Romains. Mis par les Volsques à la tête de leur armée, il établit son camp à quatre milles de Rome et dévasta son territoire.

3. Rome envoya à Coriolan des députés pour conclure la paix; mais ils ne rapportèrent qu’une réponse impitoyable. Envoyés de nouveau, ils ne furent pas même reçus dans le camp. Les prêtres eux-mêmes, revêtus de leurs bandelettes sacrées, se présentèrent à lui en suppliants et ne réussirent pas davantage à le fléchir. Le sénat était dans l’abattement, le peuple tremblait, les hommes et les femmes pleuraient sur la destruction prochaine de leur ville. Alors Véturie, mère de Coriolan et sa femme Volumnie, conduisant avec elle ses deux jeunes enfants, se rendirent au camp des ennemis. Dès que Coriolan aperçut sa mère, il s’écria: «Ô ma patrie, tu as triomphé de ma colère en recourant aux prières de ma mère: pour l’amour d’elle, je te pardonne le tort que tu m’as fait.» Après avoir embrassé sa famille, il leva le camp et emmena son armée hors du territoire romain. On dit que Coriolan fut plus tard mis à mort par les Volsques qui le considéraient comme un traître.

THÈME D’IMITATION, VIII, §§ 1-3. – § 1. 1. Nihil aliud nobis proponimus, quam ut1 a matribus laudemur. – 2. Si corona doner (ou donarer2), felicissimum me putem (ou putarem). – 3. Cupiente patre uxorem duxit. – 4. Hic puer sub nostra tutela adulescet. – 5. Quamvis3 irae, impotens sit, matrem colit. – 6. A natura obstinatam pervicaciam sortitus est. – 7. Si proelio interfuisses, praemio donatus esses.

§ 2. 1. Insignis4 illa victoria Volscos adversus Romanos concitaverat. – 2. Qua de causa Coriolanus a Volscis imperator factus est. – 3. Si centum illos captivos non acceperis5 tibi totidem ornatos equos offeremus. – 4. Curabo decem jugera populo danda6. – 5. Romani, postquam Volscorum agrum vastaverant7, concesserunt. – 6. Nihil accipimus ex omnibus quae nobis obtulisti.

§ 3 1. Oratores nostri hostium responsum retulerunt. – 2. Suos ne amplexus quidem est, quanquam patriae imminens exitium lamentantes8. – 3. Populus trepidare dicebatur9. – 4. Matres secum filios traxerunt, ut supplices castra hostium peterent. – 5. Ubi Coriolanus exercitum ex agro Romano abduxit, a Volscis occisus est. – 6. Si iram ejus viceris, tuam in se10 injuriam condonabit.

1. Voir Gr. § 131 et 132. – 2. Pour la différence de sens entre doner et donarer, voir Gr. § 216 et 217. – 3. Quamvis plutôt que quanquam, voir Gr. § 299*, 1°. – 4. Pour la place des mots, voir Gr. § 344, 4°. – 5. Voir Gr. § 303, 2°. – 6. Sur cette construction, voir Gr. § 243. – 7. Sur postquam avec le plus-que-parfait, voir Gr. § 316*, 3°. – 8. Voir Gr. § 232. – 9. La tournure dite personnelle est la plus habituelle, Gr. § 260. – 9. Gr. § 140.

IX. – Camille.

1. Au moment où Marcus Furius Camillus assiégeait Faléries, un maître d’école fit sortir de la ville de nombreux enfants des meilleures familles, comme s’il les conduisait en promenade, et les mena dans le camp des Romains. Ces enfants une fois tombés au pouvoir de Camille, on ne pouvait douter que les Falisques, renonçant à la guerre, ne se rendissent aux Romains. Mais Camille eut horreur de cette perfide trahison: «L’homme auquel tu t’adresses, lui dit-il, ne te ressemble pas. Dans la guerre comme dans la paix, il y a une justice à respecter. Nous avons des armes, mais ce n’est pas contre cet âge auquel on fait grâce même dans les villes prises; c’est contre les guerriers qui ont donné l’assaut au camp romain.» Il fit ensuite dépouiller de son manteau le maître d’école et chargea les enfants de le reconduire, les mains liées derrière le dos, jusqu’à la ville; il leur donna même des verges pour le frapper en route. Aussitôt les Falisques, vaincus par cette générosité plus que par les armes, ouvrirent leurs portes aux Romains.

2. Après avoir rendu bien des services à sa patrie, Camille fut condamné par le peuple et dut s’exiler. On dit qu’au moment où il quittait la ville il demanda aux dieux que, si cette condamnation était imméritée, son ingrate patrie se vit contrainte au plus tôt de regretter son départ. C’est ce qui arriva peu après. Car des Gaulois, de la nation des Sénones, vinrent assiéger Clusium, ville d’Étrurie. Les habitants de Clusium, effrayés par cette guerre toute nouvelle pour eux, demandèrent le secours des Romains. Rome envoya trois députés chargés d’inviter les Gaulois à lever le siège. Un de ces députés prit part à un combat contrairement au droit des gens et tua le chef des Sénones. Les Gaulois, fort mécontents de l’affaire, demandèrent qu’on leur livrât les ambassadeurs. Ne les ayant pas obtenus, ils marchèrent sur Rome et taillèrent en pièces l’armée romaine près du ruisseau de l’Allia, le seizième jour avant les calendes d’août (17 juillet). Ce jour, compté désormais comme néfaste, s’appela la journée de l’Allia.

3. Les Gaulois vainqueurs arrivèrent devant la ville de Rome un peu avant le coucher du soleil. Quand la présence des ennemis eut été signalée, la jeunesse romaine, sous le commandement de Manlius, monta dans la citadelle; les hommes âgés, rentrant chez eux, attendirent l’arrivée des Gaulois, bien résolus à se laisser tuer. Ceux d’entre eux qui avaient exercé des magistratures curules revêtirent les insignes de leurs charges et s’assirent à l’entrée de leurs maisons sur des sièges d’ivoire, afin de mourir avec leurs ornements à l’arrivée de l’ennemi. Les Gaulois, en pénétrant dans les maisons ouvertes, aperçoivent des hommes que leurs vêtements et la majesté de leur physionomie faisaient ressembler à des dieux. Tandis que les Gaulois les contemplaient comme s’il s’agissait de statues sacrées, on dit que l’un de ces vieillards frappa de son bâton d’ivoire la tête d’un Gaulois qui lui touchait la barbe. Le Gaulois irrité le tua. Ce fut le commencement du massacre. Tous les autres furent ensuite tués sur leurs sièges.

4. Les Gaulois résolurent alors de donner l’assaut à la citadelle. Ils envoyèrent d’abord un soldat en explorer l’accès. Puis, par une nuit assez claire, en se poussant et en se hissant réciproquement, ils arrivèrent au sommet du rocher; et cela, en faisant si peu de bruit que les chiens eux-mêmes, toujours aux aguets, ne s’éveillèrent pas. Mais ils furent entendus par les oies, que les Romains, malgré l’extrême disette, avaient épargnées parce que c’étaient des oiseaux consacrés à Junon: c’est ce qui sauva les Romains. En effet, réveillé par le cri des oies et leurs battements d’ailes, Manlius, en vaillant guerrier qu’il était, tout en appelant les autres aux armes, repoussa les Gaulois qui escaladaient la citadelle. De là vint la coutume de promener solennellement un chien attaché à une fourche tandis qu’une oie est portée comme en triomphe sur une litière garnie d’un tapis.

5. Tous furent alors d’avis de rappeler Camille d’exil. On lui envoya donc des députés et, bien qu’absent, on le nomma dictateur. Cependant les deux armées souffraient de la famine. Pour ôter aux Gaulois l’idée que cette situation critique pourrait forcer les Romains à se rendre, on jeta, de divers Points du Capitole, des pains dans les postes des ennemis. On amena ainsi les Gaulois à lever le siège moyennant une somme peu considérable. La rançon fut fixée à mille livres d’or. On n’avait pas fini de peser cet or lorsque le dictateur Camille survint avec les restes de l’armée romaine qu’il avait réunis; il ordonne d’enlever l’or et prévient les Gaulois d’avoir à se préparer au combat. Il range ensuite son armée en bataille et anéantit les Gaulois. Il ne resta pas même un homme pour annoncer la défaite. Le dictateur, après avoir reconquis sa patrie sur les ennemis, entra à Rome en triomphateur et fut nommé par ses soldats le père de la patrie, le second fondateur de la ville.

X. – Titus Manlius Torquatus.

1. Titus Manlius avait été relégué à la campagne par son père à cause de son manque d’intelligence et de son peu de dispositions pour l’éloquence. Ayant entendu dire que Pomponius, tribun du peuple, avait cité en justice son père, il prit une résolution digne d’une âme peu cultivée et assez grossière, mais honorable pourtant au point de vue de la piété filiale. Armé d’un poignard, il se rendit un matin à la ville et courut tout droit depuis la porte à la maison de Pomponius. Introduit, il tire son poignard et se penchant sur le lit de Pomponius, il déclare qu’il va l’en percer, s’il ne renonce pas à son accusation. Le tribun, tout tremblant à la vue du poignard qui étincelait à ses yeux, abandonna l’accusation. Cette aventure fit beaucoup d’honneur au jeune homme, car on voyait que la sévérité paternelle n’avait pas éteint chez lui les sentiments de la piété filiale: aussi, la même année, il fut créé tribun des soldats.

2. Plus tard, les Gaulois vinrent établir leur camp à trois milles au delà de l’Anio. L’armée romaine partit de la ville à leur rencontre et s’arrêta sur la rive du fleuve la plus rapprochée de Rome. II y avait un pont entre les deux armées: alors un Gaulois d’une taille extraordinaire s’avança sur le pont laissé libre et de sa voix la plus forte cria: «Que le plus brave d’entre les Romains vienne combattre, afin que l’issue de la lutte montre quel est, des deux peuples, le plus propre à la guerre.» Longtemps les plus distingués parmi les jeunes Romains gardèrent le silence. Alors Titus Manlius quitta son poste pour aller trouver son général. «Jamais, ô mon chef, dit-il, je ne combattrais hors des rangs sans ton ordre, pas même si la victoire m’apparaissait certaine; mais si tu le permets, je désire montrer à cette bête féroce que je descends de celui qui a précipité les Gaulois du haut de la roche Tarpéienne.» Le général lui dit: «Bravo pour ton courage, Titus Manlius! Va et montre qu’un Romain ne peut être vaincu.»

THÈME D’IMITATION, X, §§ 1-2. – § 1. 1. Pater relegandi1 rus filii consilium cepit. – 2. Audivi patri meo a tribuno plebis diem dictam esse. – 3. Ubi introductus eris, cultrum stringe et (ou cultro stricto) tribuno minare2. – 4. Hoc laudabile consilium Manlio honori fuit. – 5. Ne avertamur consilio nostro tribuni accusatione. – 6. Si mihi minatus eris, te hoc3 gladio transfigam. – 7. Quanquam ferrum ante oculos micans4 videbat, accusatione non destitit.

§ 2. 1. Si tu permiseris, castra trans fluvium ponam. – 2. Pugna, uter nostrum5 bello sit melior, ostendet. – 3. Diu inter Gallos silentium fuit; tunc Manlius processit ad pugnam. – 4. Et ea familia, quam Roma fortissimam, habuit6, ortus erat. – 5. Consistamus et in ripa fluvii castra ponamus. – 6. In medio7 ponte statio erit.

1. On pourrait aussi employer l’infinitif en considérant consilium capere comme une locution verbale, voir Gr. § 271*. – 2. Voir Gr. § 158. – 3. C’est hoc et non isto ou illo qui convient ici, Gr. § 41, 1°. – 4. Gr. § 224. – 5. Voir Gr. § 33, 3° et 42, 2°. – 6. Ou simplement ex familia Romae fortissima. – 7. Gr. § 117.

3. Le jeune homme est revêtu de ses armes par ses compagnons: il prend son bouclier, suspend à sa ceinture une épée espagnole, commode pour le corps à corps. Le Gaulois l’attendait avec un contentement stupide et tirait la langue par moquerie. Quand ils eurent pris place entre les deux armées, le Gaulois abattit bruyamment son épée sur l’armure de Manlius. Mais ce dernier se glissa entre le corps et le bouclier du Gaulois et lui perça le ventre à deux reprises. Quand l’ennemi fut étendu par terre, Manlius lui enleva son collier qu’il mit tout sanglant à son cou. La crainte et l’étonnement avaient immobilisé les Gaulois; les Romains, pleins d’ardeur, s’avancent à la rencontre de leur champion et le conduisent à leur général au milieu des félicitations et des louanges. C’est de la que vint le surnom de Torquatus, donné à Manlius.

4. Ce même Manlius, devenu dans la suite consul durant la guerre contre les Latins et voulant rétablir la discipline parmi les soldats, défendit de combattre les ennemis individuellement. Or il arriva que son fils s’approcha d’un poste d’ennemis. Celui qui commandait la cavalerie des Latins, reconnaissant le fils du consul, lui cria: «Veux-tu lutter avec moi, afin que le résultat de ce combat singulier montre combien un cavalier latin l’emporte sur un cavalier romain?» Le jeune homme ne resta pas insensible soit à la colère soit à la honte de refuser le combat. Oubliant les ordres paternels, il s’élance au combat, transperce le Latin après l’avoir renversé de cheval, recueille ses dépouilles et revient au camp se présenter à son père. Le consul, sans daigner le regarder, convoque immédiatement les soldats au moyen d’une sonnerie de trompette. Quand ils furent venus en grand nombre, il dit: «Mon fils, puisque tu as combattu contrairement aux ordres du consul, il faut que, par l’exemple de ton châtiment, tu contribues au rétablissement de la discipline. Tu seras un exemple bien affligeant, mais salutaire néanmoins, pour la jeunesse à venir. Licteur, va l’attacher au poteau.» Tous étaient frappés de stupeur; mais quand la tête eut été coupée et que le sang ruissela, tous éclatèrent en plaintes désolées. Quand Manlius revint à Rome, les vieillards seuls allèrent à sa rencontre. La jeunesse le détesta, non seulement à ce moment-là, mais encore durant tout le reste de sa vie.

THÈME D’IMITATION, X, §§ 3-4. – § 3. 1. Hispano cinge te gladio. Nos scuto te armabimus. – 2. Obviam Gallis progrediamur. – 3. Gallus inter duos acies constitit linguamque exseruit. – 4. Galli collum gladii ictu transfodiendum est. – 5. Torques iste cruore1 tuo respergetur cognomenque Torquati accipiam. – 6. Nos inter duos acies insinuemus. – 7. Ensis ille erat ad transfodiendum Galli ventrem habilis. – 8. Imperator, cujus corpus cruore respersum erat2, inter milites jacebat. – 9. Ab3 alacribus militibus Torquati cognomen accepit.

§ 4. 1. Imperator, militarem disciplinam restitue. – 2. Si mecum congredi volueris, cernetur quanto tibi praestem. – 3. Consulis imperii oblitus extra ordinem pugnavit. – 4. Equitatus, cui juvenis praeerat, ad hostes accessit. – 5. Nemo in posterum contra consulis imperium pugnavit. – 6. Ubi eum ex equo excussit, ejus cervicem cecidit. – 7. Quandoquidem redeunt, visne eis nos obviam exire?

1. Cruor désigne le sang versé, par opposition au sang qui coule dans les veines (sanguis). – 2. L’imparfait est remplacé ici par le plus-que-parfait, de même que le présent par le parfait, Gr. § 207. – 3. Gr. § 177.

XI. – Publius Valérius Lévinus.

1. Les habitants de Tarente ayant maltraité les ambassadeurs romains, la guerre leur fut déclarée. Ils furent secourus par Pyrrhus, roi d’Épire, qui descendait d’Achille. Le consul Lévinus fut envoyé contre lui. Ayant mis la main sur des éclaireurs du roi, il les fit promener dans le camp romain et les renvoya indemnes pour qu’ils renseignassent Pyrrhus sur ce qu’ils avaient vu. Un peu plus tard, une bataille s’engagea et comme les ennemis commençaient à reculer, le roi fit lancer les éléphants sur les troupes romaines. Le sort du combat s’en trouva changé. Les Romains se troublèrent à la vue de ces animaux énormes et à l’aspect redoutable des soldats qu’ils portaient. Les chevaux eux-mêmes, effrayés par la vue et l’odeur de ces bêtes monstrueuses, désarçonnaient les cavaliers ou les entraînaient dans leur fuite. La nuit mit fin au combat.

2. Pyrrhus traita les prisonniers romains avec beaucoup d’égards; il fit ensevelir les morts. En les voyant étendus sur le sol avec des blessures reçues par devant et un air de défi sur le visage, on raconte qu’il tendit les mains vers le ciel en s’écriant: «Avec de tels soldats, j’aurais rapidement conquis l’univers!» Il se dirigea ensuite sur Rome à marches forcées. Tout fut dévasté par le fer et le feu. Il établit son camp à vingt milles de Rome. Lévinus vint à sa rencontre avec une nouvelle armée. En la voyant, le roi dit qu’il était à l’égard des Romains dans les mêmes conditions qu’Hercule à l’égard de l’hydre, dont les têtes renaissaient à mesure qu’il les coupait. Il se retira ensuite en Campanie. Il reçut avec honneur les députés que le Sénat lui envoya pour traiter le rachat des prisonniers. Il les rendit sans rançon, afin que les Romains qui connaissait déjà sa valeur, connussent aussi sa générosité.

3. Pyrrhus, étant un homme de grand mérite et fort brave, n’était par conséquent ni cruel ni intraitable: la clémence est, en effet, l’apanage ordinaire des grandes âmes. Les Tarentins éprouvèrent son humanité. Comprenant un peu tard qu’ils s’étaient donné un maître au lieu d’un allié, ils se plaignaient librement de leur situation, et débitaient sur Pyrrhus bien des jugements imprudents, surtout lorsque le vin les échauffait. Aussi quelques-uns furent appelés devant le roi pour avoir parlé de lui insolemment au cours d’un banquet. Mais le simple aveu de la faute les mit hors de danger. Car le roi leur ayant demandé s’ils avaient réellement dit ce qu’on lui avait rapporté, ils répondirent: «Oui, nous l’avons dit, ô roi, et si le vin n’était pas venu à nous manquer, nous aurions médit de toi beaucoup plus longtemps et plus durement encore.» Pyrrhus, qui préférait que la faute fût rejetée sur l’ivresse plutôt que sur les hommes, les renvoya en souriant.

4. Pyrrhus, persuadé qu’il serait glorieux pour lui de conclure la paix et une alliance avec les Romains à la suite d’une victoire, envoya à Rome comme député Cinéas, chargé de proposer la paix à des conditions fort modérées. C’était un intime du roi et il avait sur lui une grande influence. Pyrrhus disait souvent qu’il avait conquis plus de villes par l’éloquence de Cinéas que par la force des armes. Pourtant Cinéas ne flattait nullement l’ambition du roi. Un jour que dans une conversation Pyrrhus lui découvrait ses projets et lui disait qu’il voulait soumettre l’Italie, Cinéas lui répondit: «Les Romains vaincus, que comptes-tu faire, ô roi? – La Sicile n’est pas loin de I’Italie, dit Pyrrhus, il ne sera pas difficile de la conquérir.» Cinéas reprit: «La Sicile une fois conquise, que feras-tu après?» Le roi, qui ne devinait pas encore l’intention de Cinéas, continua: «J’ai l’intention de passer en Afrique. – Et que feras-tu ensuite?» reprit Cinéas. Le roi dit enfin: « Mon cher Cinéas, nous nous reposerons et nous jouirons d’un agréable loisir. – Pourquoi ne commences-tu pas à en jouir dès maintenant?» répondit Cinéas.

5. Cinéas alla donc à Rome et fit le tour des maisons des principaux citoyens auxquels il offrait de grands présents. On ne le reçut nulle part. Ses présents furent dédaignés non seulement par les hommes, mais même par les femmes. Introduit ensuite dans le lieu de réunion du Sénat, il vanta les mérites du roi et sa bienveillance pour les Romains; il fit ressortir la modération de ses propositions; déjà les sénateurs étaient favorables à la paix et à une entente. C’est alors qu’Appius Claudius, qui était vieux et aveugle, se fit porter en litière au Sénat et là fit un discours plein d’autorité contre la paix. Aussi le Sénat fit répondre à Pyrrhus que, tant qu’il n’aurait pas quitté l’Italie, les Romains ne feraient pas la paix avec lui. Le Sénat défendit aussi de rendre leurs anciens droits aux prisonniers restitués par Pyrrhus, avant qu’ils n’eussent rapporté chacun les dépouilles de deux ennemis. Le député retourna donc auprès du roi. Pyrrhus lui ayant demandé son impression sur Rome, il répondit que la ville lui avait paru un temple et le Sénat une assemblée de rois.

XII. – Caïus Fabricius.

1. Caïus Fabricius était un des ambassadeurs qui vinrent trouver Pyrrhus à propos du rachat des prisonniers. Pyrrhus, ayant entendu dire qu’il était fort connu chez les Romains pour son honnêteté et ses qualités militaires, mais aussi pour son extrême pauvreté, lui témoigna une bienveillance particulière et lui offrit des présents et de l’or. Fabricius refusa tout. Le lendemain, Pyrrhus voulut l’effrayer en lui faisant voir soudain un éléphant. Il donna l’ordre de placer un de ces animaux derrière un rideau pendant que Fabricius s’entretiendrait avec lui. Cela fait, au signal donné, le rideau fut écarté tout à coup et l’animal se mit a pousser un barrissement terrible en agitant sa trompe au-dessus de Fabricius. Celui-ci sourit tranquillement et dit à Pyrrhus: «Ton éléphant ne me trouble pas plus aujourd’hui que ton argent ne m’a séduit hier.»

2. Plein d’admiration pour les vertus de Fabricius, Pyrrhus lui proposa secrètement d’abandonner sa patrie et de vivre auprès de lui; il lui offrait même le quart de son royaume. Fabricius répondit: «Si tu me crois homme de bien, pourquoi cherches-tu à me corrompre? Si au contraire tu me crois mauvais, pourquoi vouloir me gagner?» Un an après, tout espoir d’établir la paix entre Pyrrhus et les Romains s’étant évanoui, Fabricius, devenu consul, fut envoyé contre lui. Le camp de Fabricius étant proche de celui du roi, une nuit le médecin du roi vint trouver Fabricius et lui promit d’empoisonner le roi, s’il lui assurait une récompense. Fabricius le fit reconduire chargé de chaînes à son maître et fit avertir Pyrrhus de l’attentat auquel son médecin s’était engagé. Le roi étonné fit, dit-on, cette réflexion: «Voilà bien Fabricius: il est plus difficile de le faire dévier de la vertu que d’écarter le soleil de sa route.»

THÈME D’IMITATION, XII, §§ 1-2. – § 1. 1. Pyrrhus imperavit ut Fabricio aurum et munera offerrentur1 ad eum pelliciendum. – 2. Tuis muneribus non suas pellectus; horrendo beluae2 hujus stridore non commovebor. – 3. Aulaeo remoto, signum dabis. – 4. Audies Fabricium munera Pyrrhi repudiavisse neque3 beluae conspectu exterritum esse. – 5. Si elephas iste capiti meo proboscidem admoveret, non exterrerer; sed placide4 subriderem.

§ 2. 1. Tibi magnum praemium propono, si patriam deserueris5 ad mecum vivendum. – 2. Anno interjecto, medicus consul factus est. – 3. Ad regem ibis6, eique dices omnem spem pacis ablatam esse. – 4. Scito7 solem a cursu suo non posse averti. – 5. Quanquam eum8 virum bonum judicabat, corrumpere voluit.

1. Remarquer la concordance des temps, Gr. §, 250. – 2. Belua, à lui seul, signifie «animal énorme», comme fera, «animal sauvage». – 3. Neque au lieu de et non qui serait fautif, Gr. § 98, 4°. – 4. On pourrait dire aussi avec l’adjectif: placidus subriderem. – 5. Ou mieux: si, patria deserta, mecum vivere volueris. – 6. Ou, avec l’impératif futur (Gr. § 212): ito… dicito… – 7. Sur l’impératif de scire, voir Gr. § 61. – 8. Ce complément est commun à deux verbes, Gr. § 155.

3. Fabricius, au moment où il était en ambassade auprès de Pyrrhus, entendit Cinéas raconter qu’il y avait à Athènes un homme qui, faisant profession de philosophie, soutenait que toutes nos actions devaient viser à notre plaisir personnel. On raconte que Fabricius s’écria: «Fasse le ciel que cette conviction devienne celle de nos ennemis, afin que, s’adonnant au plaisir, ils en soient plus aisés à vaincre.» Rien ne fut plus étranger à ses habitudes que la recherche du plaisir et de la dépense. Toute son argenterie se réduisait à une seule salière et à une petite patène qui servait aux sacrifices; elle était d’ailleurs portée sur un pied de corne. Il dînait au coin de son feu en mangeant des racines et des légumes qu’il avait arrachés en nettoyant son champ, lorsque les ambassadeurs des Samnites vinrent lui offrir une grande somme d’argent. Il leur fit cette réponse: «Aussi longtemps que je saurai refréner mes passions, cet argent me sera inutile: portez-le à ceux qui en ont besoin.»

4. Caïus Fabricius était brouillé avec Rufinus à cause de la dissemblance de leur caractère, l’un dédaignant l’argent, l’autre passant pour cupide et voleur. Cependant comme Rufinus était fort brave et bon général et qu’une guerre importante était à prévoir, Fabricius s’employa pour le faire nommer consul. Rufinus remerciant un jour Fabricius de l’avoir fait créer consul en dépit de leur inimitié, celui-ci lui répondit: «Il n’y a pas à me dire merci d’avoir préféré être pillé plutôt que d’être vendu comme esclave.» Plus tard, Fabricius, devenu censeur, l’exclut du Sénat parce qu’il possédait dix livres d’argenterie. Fabricius demeura toute sa vie clans une glorieuse pauvreté; il mourut si pauvre qu’il ne laissa pas de quoi payer la dot de ses filles. Le Sénat leur tint lieu de père et les maria en leur fournissant une dot sur les fonds du trésor public.

THÈME D’IMITATION, XII, §§ 3-4. – § 3. 1. Te audivi narrantem1 legatos a Samnitibus Fabricio supellectilem argenteam obtulisse. – 2. Pecunia non indigeo, sed tantum herbis radicibusque ad cenandum. – 3. Narrant2 hostes nostros luxu voluptatibusque victum iri. – 4. Nihil mihi alienius3 est quam cupiditates. – 5. Cupiditatibus imperemus, quo facilius nos sapientes profiteri possimus. – 6. Herbas vellam, ad purgandum agrum.

§ 4. 1. C. Fabricius cum consule simultatem gerebat. – 2. Avarus4 ille homo senatu motus est, quamvis5 bonus esset imperator. – 3. Bellum nobis imminebat6, neque7 nos compilari aut venire volebamus. – 4. Auctores senatui fuimus ut consulis partes sibi desumeret. – 5. Adeo furax erat ut senatu motus sit8. – 6. Si inops de cesseris, senatus filias tuas collocabit. – 7. Gratias age Fabricio, quia nihil erat quod te consulem crearet.

1. Te audivi narrare aurait un sens différent, Gr. § 224. – 2. Ou narrantur, en employant la tournure personnelle, Gr. § 149 et 260. – 3. Ce comparatif n’est pas très usité: on pourrait dire aussi magis alienum. – 4. Avarus signifie proprement «cupide». – 5. Quamvis plutôt que quanquam, Gr. § 299, 1°. – 6. Pour l’emploi de imminere et sa construction, Gr. § 158*. – 7. Neque, au lieu de et non, Gr. § 98 4°. – 8. La concordance des temps est négligée ici, où il s’agit d’une proposition consécutive, Gr. § 250.

XIII. – Appius Claudius Caudex.

1. C’est sous le consulat d’Appius Claudius que commença la première guerre punique. Messine, ville de Sicile, étant assiégée par les Carthaginois et par Hiéron, tyran de Syracuse, Appius Claudius fut envoyé à son secours. Étant consul, pour se renseigner sur les ennemis, il passa dans une simple barque de pêcheur le détroit qui sépare l’Italie de la Sicile. Des envoyés vinrent le trouver de la part d’Hannon, général carthaginois, pour l’exhorter à maintenir la paix. Comme le consul ne voulait accepter aucune proposition, à moins que les Carthaginois ne levassent le siège, Hannon irrité s’écria qu’il ne souffrirait pas que les Romains se lavassent même simplement les mains dans la mer de Sicile. Cependant il ne put empêcher Claudius de faire passer une légion en Sicile et de chasser les Carthaginois hors de Messine. Hiéron fut ensuite vaincu près de Syracuse. Effrayé par cette menace, il demanda l’amitié des Romains et demeura désormais leur fidèle allié.

XIV. – Caïus Duilius.

1. Caïus Duilius fut le premier à remporter une victoire navale sur les Carthaginois. Voyant que les vaisseaux romains étaient inférieurs en rapidité à ceux de Carthage, il inventa des crochets de fer qu’on appela «corbeaux». Cette invention fut fort utile aux Romains, car en lançant ces «corbeaux» ils saisissaient le navire ennemi, ensuite, jetant un pont d’un bord à l’autre, ils y passaient et combattaient avec l’épée comme sur terre. Aussi les Romains, qui étaient plus vigoureux, l’emportèrent aisément. Dans ce combat, on prit trente navires ennemis et on en coula treize. Duilius, après sa victoire, revint à Rome et triompha le premier à l’occasion d’un combat naval. Aucun succès ne fut plus agréable aux Romains, parce que, ne pouvant être vaincus sur terre, ils acquéraient aussi désormais la suprématie sur mer. Aussi Duilius obtint pour toute sa vie le droit de revenir chez lui, lorsqu’il avait dîné en ville, en se faisant précéder dans les rues (en public) d’un porteur de torche et d’un joueur de flûte.

2. Hannibal, qui commandait la flotte carthaginoise, sauta de son navire dans une barque et échappa ainsi aux Romains. Craignant d’être châtié dans son pays pour avoir perdu sa flotte, il recourut à la ruse pour détourner la rancune de ses concitoyens: il envoya un de ses amis à Carthage avant qu’un messager eût pu y apporter la nouvelle du désastre. Cet ami, une fois entré dans le Sénat, déclara: «Hannibal vous fait demander s’il doit livrer bataille au commandant romain qui vient d’arriver avec une flotte considérable.» Les sénateurs répondirent tout d’une voix: «Sans aucun doute il doit livrer bataille.» Et l’autre de dire: «Il l’a fait et il a été vaincu.» Ainsi les sénateurs furent dans l’impossibilité de blâmer ce qu’eux-mêmes avaient jugé nécessaire. Hannibal évita par ce moyen le supplice de la croix: car c’est le châtiment que les Carthaginois infligeaient aux généraux malheureux.

THÈME D’IMITATION, XIV, §§ 1-2. – § 1. 1. Tibicen praecinebat, cum a cena redibamus1. – 2. Naves vestrae velocitate, nostrae robore superant2. – 3. Victoria illa Romanis cum3 maximo fuit usui, tum nulla eis gratior fuit. – 4. Apprehendite ferrea manu navem facilisque vobis victoria erit. – 5. Ei concessum est ut omnes punicas naves mergeret. – 6. Navali proelio, Romani naves Carthaginiensium, qui mari plurimum poterant4, ceperunt aut merserunt.

§ 2. 1. Num confligendum est? – 2. Non est dubium quin amissae classis poenas des. – 3. Nuntius, saltu in scapham se demittendo5 supplicium effugit. – 4. Re male gesta, astutia civium6 offensam avertemus. – 5. Eum damnare non potestis, quoniam ejus classis hostium manus effugit. – 6. Hoc poenae genus non effugies. – 7. Te consulo7, num8 Romani cum copiis maritimis Carthaginiensium confligere debeant. Vincenturne?

1. L’indicatif à cause de la répétition de l’action, Gr. § 315. – 2. Praestare est plus employé en ce sens. – 3. Cum…, tum…​, d’une part…​, d’autre part; non seulement…​, mais encore. – 4. Littéralement: qui pouvaient le plus sur mer. – 5. Le gérondif à l’ablatif marque le moyen et se différencie ainsi du simple participe demittens, Gr. § 239. – 6. Le possessif n’est pas nécessaire Gr. § 139. – 7. L’interrogation indirecte qui suit est amenée suffisamment par l’idée de «consulter» pour (savoir), contenue dans ce verbe, Gr. § 281. – 8. Num, dans l’interrogation indirecte, n’a pas exactement le même sens que dans l’interrogation directe (Gr. § 256*).

XV. – Marcus Atilius Régulus.

1. Marcus Régulus infligea une grande défaite aux Carthaginois. Le Carthaginois Hannon vint alors le trouver comme pour faire la paix, en réalité pour gagner du temps, en attendant que des troupes nouvelles fussent amenées d’Afrique. Quand il aborda le consul, des cris s’élevèrent et quelqu’un fit entendre ces mots: «Il faut le traiter comme les Carthaginois ont traité, il y a quelques années, le Romain Cornélius.» Or ce Cornélius, attiré perfidement sous prétexte de pourparlers, avait été arrêté par les Carthaginois et jeté en prison. Hannon commençait à craindre; mais il détourna le danger en répondant habilement: «Si vous agissez ainsi, vous ne vaudrez pas mieux que les Africains.» Le consul fit taire ceux qui voulaient user de représailles et fit une réponse digne de la gravité romaine: «La loyauté romaine, dit-il, te délivre de cette crainte.» On ne put faire la paix parce que d’un côté le Carthaginois n’était pas sincère, et de l’autre le consul préférait la victoire à la paix.

2. Régulus fut le premier des généraux romains qui passèrent en Afrique. II prit la ville de Clypée ainsi que trois cents forteresses. Il ne lutta pas seulement contre les hommes, mais aussi contre les monstres. Tandis que son camp était établi près du Bagrada, un serpent d’une taille surprenante se mit à inquiéter l’armée romaine: il fit périr de nombreux soldats en les saisissant dans sa gueule énorme; il en écrasa plus encore sous les coups de sa queue; il en tua quelques-uns simplement avec son haleine empestée. Les traits ne pouvaient le percer, car ses écailles, formant une cuirasse impénétrable, résistaient aisément à tous les coups. Il fallut recourir aux machines de guerre et l’abattre en amenant les balistes, comme s’il se fût agi d’une citadelle fortifiée. Il succomba enfin sous les coups de lourdes pierres, mais son sang empoisonna le fleuve et la région voisine de sorte que les Romains durent transporter ailleurs leur camp. Régulus envoya à Rome la peau de cet animal: elle mesurait cent vingt pieds en longueur.

THÈME D’IMITATION, XV, §§ 1-2. – § 1. 1. Hanno timuit, donec Regulus eum liberavit1. – 2. Cum consul comprehensus et in vincula conjectus est, clamor exoriri coepit. – 3. Si tempus trahet2, par pari referemus. – 4. Paucis ante diebus copiae novae Romam advenerant. – 5. Si idem facis quod3 Carthaginienses, nihilo istis melior es. – 6. Nonne mavis tacendo4 hoc periculum avertere?

§ 2. 1. Monstrum, quod dejecimus, Romam mittemus. – 2. Cum anguibus ingentis magnitudinis5 dimicabimus. – 3. Hujus beluae squamae, quae lorica duriores erant, nostros milites elidebant. – 4. Vicina regio pestilenti ejus halitu inficietur. – 5. Nisi machinas advexissemus6, ingenti ore nos corripuisset.

1. Pour l’emploi de l’indicatif après donec, alors qu’on a le subjonctif dans le texte, voir Gr. § 321-322. – 2. Gr. § 303, 2°. – 3. Sur idem qui, voir Gr. § 132. – 4. Gr. § 239. – 5. Ou ingenti magnitudine, Gr. § 114. – 6. Gr. § 308.

3. Régulus, en raison de ses succès, se vit proroger son commandement pour l’année suivante. Quand il l’apprit, il écrivit au Sénat que, dans le domaine de sept arpents qu’il possédait, son intendant était mort et qu’un esclave, profitant de l’occasion, s’était enfui en emportant l’outillage agricole. Il demandait en conséquence qu’on lui envoyât un successeur en Afrique, de peur que, par suite de l’abandon de ses terres, sa femme et ses enfants n’eussent pas de quoi se nourrir. Au reçu de cette lettre, le Sénat fit racheter aux frais de l’État les instruments que Régulus avait perdus; il mit en adjudication la culture de son domaine et fournit des aliments à sa femme et à ses enfants. Régulus abattit ensuite en de nombreux combats la puissance des Carthaginois et les força à demander la paix; comme il ne voulait l’accorder que moyennant des conditions fort dures, ses adversaires demandèrent le secours des Lacédémoniens.

4. Les Lacédémoniens envoyèrent aux Carthaginois Xanthippe, homme fort versé dans l’art de la guerre, qui battit complètement Régulus. De toute l’armée romaine il ne resta que deux mille hommes. Régulus lui-même fut pris et jeté en prison. Il fut envoyé ensuite à Rome pour négocier le rachat des prisonniers. Il avait juré de revenir lui–même à Carthage, si l’affaire ne s’arrangeait pas. Arrivé à Rome, il fut introduit dans le Sénat et y exposa ce dont il était chargé. Tout d’abord, il refusa de donner son avis sur la question, alléguant que, tombé entre les mains de l’ennemi, il n’était plus sénateur. Pourtant, comme on lui ordonnait de dire ce qu’il en pensait, il déclara qu’il n’était pas utile de rendre aux Carthaginois leurs prisonniers: c’étaient des jeunes gens, disait-il, et des chefs adroits, tandis que lui, il était accablé par l’âge. Son avis l’ayant emporté, on garda les prisonniers.

5. Régulus, malgré les efforts de ses proches et de ses amis qui voulaient le retenir, retourna à Carthage. Il n’ignorait d’ailleurs pas qu’il se rendait chez un ennemi impitoyable pour subir d’affreux supplices; mais il pensait qu’il fallait tenir son serment. Quand il fut de retour, les Carthaginois le firent périr dans les pires tortures: après lui avoir coupé les paupières, ils le tinrent quelque temps enfermé dans l’obscurité; puis à l’heure où le soleil était le plus ardent, ils le firent soudain sortir et l’obligèrent à fixer les yeux sur le ciel. Enfin ils l’enfermèrent dans un coffre de bois, garni intérieurement de pointes acérées. Son corps épuisé était percé, quelle que fût la position qu’il prît, par ces pointes de fer; aussi mourut-il par l’effet de l’insomnie et de la souffrance continuelle. Telle fut la fin de Régulus, plus illustre et plus magnifique encore que sa vie, en dépit de la gloire dont elle fut longtemps remplie.

THÈME D’IMITATION, XV, §§ 3-5. – § 3. 1. Rusticum ejus instrumentum ei in proximum annum auferetis. – 2. Ubi cognovimus villicum ejus aufugisse, id ejus uxori1 scripsimus. – 3. Regulus auxilium a senatu petivit, ut uxorem filiumque2 alere posset. – 4. Regulus, cum3 Carthaginienses coacti essent agros deserere, petivit ut iis pax durissimis conditionibus daretur. – 5. Ob res Reguli bene gestas, ejus agellus publica pecunia cultus est.

§ 4. 1. Vir ille tam belli peritus est ut te victurus4 sit. – 2. Senatus mandata de permutandis5 captivis tibi exponam. – 3. Ex omnibus senatoribus6 duo tantum, ne sententiam dicerent, recusarunt. – 4. Quanquam in hostium potestatem venerant, negabant se captivos esse. – 5. Nisi hoc jusjurandum dederitis7, in carcerem conjiciemini.

§ 5. 1. Redire Carthaginem coacti sumus et a crudelissimis hostibus retenti. – 2. Non ignoramus Reguli exitum ejus vita clariorem fuisse. – 3. Licet ferreis stimulis confossi, jusjurandum conservarunt8. – 4. Ex arca illa lignea educti sumus. – 5. Inter crudelissima supplicia captivi caelum intuebantur. – 6. Sole ardente9 Carthaginem profecti sumus.

1. Ou ad uxorem, Gr. § 171*. – 2. Le singulier de liberi, -orum, les enfants, n’est pas usité. – 3. Le participe passé français est souvent rendu en latin par cum avec le plus-que-parfait du subjonctif (Gr. § 319*). – 4. Le participe en urus avec esse forme une périphrase qui permet de rendre l’idée du futur au subjonctif, Gr. § 342, 1°. – 5. Permutare signifie proprement «changer». – 6. Ou avec le génitif partitif: omnium senatorum. Gr. § 153. – 7. Gr. § 303, 2°. – 8. Ou conservaverunt, Gr. § 63. – 9. A entendre comme un ablatif absolu sur la forme ardente ou ardenti; Gr. 58*.

XVI. – Appius Claudius Pulcher.

1. Appius Claudius, qui était d’une absurde témérité, partit en campagne comme consul contre les Carthaginois. Il blâmait publiquement la conduite des généraux qui l’avaient précédé et se vantait de terminer la guerre, le jour même où il verrait l’ennemi. Avant de livrer un combat naval, il prit les auspices. Le pullaire l’ayant prévenu que les poulets sacrés ne sortaient pas de la cage et ne mangeaient pas, il se mit à railler et dit: «Qu’on les jette à l’eau: au moins ils boiront puisqu’ils ne veulent pas manger.» Cet acte fit entrer une crainte superstitieuse dans l’esprit de ses troupes. Peu après, un combat fut livré et les Romains subirent un grand désastre. Huit mille d’entre eux furent tués et vingt mille faits prisonniers. Aussi Claudius fut condamné par le peuple. Cet événement fit aussi le malheur de Claudia, soeur du consul. Un jour que, revenant du spectacle, elle se trouvait pressée par la foule, elle s’écria: «Si seulement mon frère vivait et commandait encore la flotte!» Elle donnait à entendre qu’elle souhaitait de voir diminuer le nombre excessif des citoyens. Claudia, elle aussi, fut condamnée pour cette parole impie.

XVII. – Paul-Émile et Térentius Varron.

1. Hannibal était arrivé en Apulie. Les deux consuls quittèrent Rome pour marcher contre lui; c’étaient Paul-Émile et Térentius Varron. Paul- Émile préférait l’adroite temporisation de Fabius. Au contraire Varron, violent et téméraire, aimait les mesures énergiques. Tous deux établirent leur camp auprès d’une bourgade nommée Cannes. En cet endroit, le hasard avait entretenu la témérité naturelle de Varron en lui donnant l’avantage dans de légers engagements. Aussi, malgré son collègue, il rangea l’armée en bataille et donna le signal du combat. L’armée romaine fut vaincue et anéantie. Ce fut le coup le plus rude qui atteignît jamais l’État romain. Paul-Émile, criblé de traits, y périt. Un tribun militaire, l’ayant aperçu en plein combat tout couvert de sang, lui dit: «Paul-Émile, prends ce cheval et fuis. Éloigne-toi plutôt toi-même, lui répondit Paul-Émile; cours avertir les sénateurs de fortifier la ville et de la garnir de postes de soldats ayant l’arrivée de l’ennemi vainqueur. Laisse-moi expirer au milieu de ce carnage de mes soldats.» L’autre consul put s’échapper avec quelques cavaliers.

2. Tout le monde félicitait Hannibal de sa victoire et lui conseillait de prendre lui-même du repos et d’en donner à ses troupes. Seul, un de ses officiers, nomme Maharbal, persuadé qu’il n’y avait pas de temps à perdre, exhortait Hannibal à marcher immédiatement sur Rome, sûr de dîner, quatre jours après, au Capitole. Comme Hannibal ne se rangeait pas à cet avis, Maharbal ajouta: «Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire.» On croit généralement que la perte de temps qui se fit ce jour-là sauva Rome et son empire. Le lendemain, au lever du jour, les Carthaginois s’occupèrent de recueillir les dépouilles. Il y avait là, sur le sol, tant de cadavres de Romains qu’on envoya à Carthage trois boisseaux de bagues enlevées aux doigts des chevaliers et des sénateurs; Hannibal se dirigea ensuite vers la Campanie, dont les plaisirs l’affaiblirent ainsi que l’ardeur de ses troupes.

THÈME D’IMITATION, XVII, §§ 1-2. § 1. 1. Ex tribunis unus signum dabit, cum Hannibalis exercitum conspexerit. – 2. Paulus AEmilius, gravi vulnere afflictus, cruore oppletus erat. – 3. Nuntia Romanis exercitum eorum caesum esse 1. – 4. Nuntia Romanis ut2 aciem instruant. – 5. Non patiar consulem istum, invitis tribunis, signum dare, priusquam milites nostri Cannas perveniant. – 6. Temeritatem tibi insitam non sequar; consulis cunctatio mihi magis placet.

§ 2. 1. Statim ad urbem perrexit, ut victoria uteretur. – 2. Illud consilium ci exercituique ejus3 salutis fuit. – 3. Anulus hic, quem e digito4 detraxi, Romam mittetur. – 4. Mihi suasit ut cum senatoribus equitibusque epularer. – 5. Illud consilium non probavit5, posteroque die tot milites fessi fuerunt ut exercitus ardor elangueret6. – 6. Ubi primum illuxit, nobis gratulatus est, nosque7 hortatus est ut spolia legeremus.

1. La proposition infinitive, parce qu’il s’agit d’un simple renseignement, Gr. § 264. – 2. Ici, la proposition complétive avec ut est réclamée par le sens du verbe qui marque une intention, Gr. § 273. Mais voyez surtout Gr. § 275. – 3. C’est ejus qui convient quand possesseur et possédé sont unis par «et», Gr. § 142*. – 4. Meo n’est pas nécessaire, Gr. § 139. – 5. Ou bien, en tournant par le passif, illud consilium ei non pobatum est. Sur ce datif avec probari, voir Gr. § 185*. – 6. On pourrait dire aussi elangueri, en négligeant la concordance des temps, comme il arrive dans les propositions consécutives, Gr. § 250*. – 7. Nos pourrait être sous-entendu; ce ne serait pas une dérogation à la règle § 155, mais une application de la règle § 139.

3. Jamais Rome ne fut aussi effrayée qu’en recevant la nouvelle de ce désastre. Néanmoins personne ne parla de faire la paix. Bien plus, on alla au–devant de Varron, qui était responsable de ce malheur, et tous les ordres le remercièrent de n’avoir pas désespéré de la République. S’il avait été un général carthaginois, il aurait été puni de son imprudence par les tortures les plus cruelles. Tandis qu’Hannibal passait son temps à Capoue dans l’oisiveté et le repos, les Romains reprirent un peu haleine. On manquait d’armes: les dépouilles prises autrefois à l’ennemi furent enlevées des temples et des portiques. Le trésor était vide: les sénateurs s’empressèrent de mettre leurs biens à la disposition de l’État et les chevaliers suivirent leur exemple. On n’avait pas de soldats: on vit s’enrôler des enfants qui portaient encore la robe prétexte, c’est-à-dire qui n’avaient pas encore dix-sept ans, mais qui semblaient assez robustes pour porter les armes. On acheta des esclaves aux frais de l’État et on les arma. Cette mesure parut préférable au rachat des prisonniers, et pourtant ce rachat aurait coûté moins cher.

4. Hannibal ayant autorisé les prisonniers à se racheter, dix d’entre eux furent envoyés à Rome pour traiter cette affaire. Hannibal n’exigea pas d’autre garantie que le serment de revenir au camp, s’ils n’obtenaient pas gain de cause. Le Sénat ne fut pas d’avis de les racheter et pourtant il n’en aurait pas coûté une grosse somme: mais il fallait que les soldats romains fussent bien convaincus qu’ils devaient vaincre ou mourir. Un de ces députés, sorti du camp, y était rentré presque aussitôt sous prétexte qu’il avait oublié quelque chose. Ensuite il avait rejoint ses compagnons avant la nuit. Comme ils n’obtinrent pas gain de cause, ce député rentra chez lui. Il prétendait que son retour au camp l’avait délivré de l’obligation imposée par le serment. Quand la chose s’ébruita, le Sénat le fit arrêter et reconduire chargé de chaînes à Hannibal. Ce qui brisa surtout l’audace d’Hannibal, ce fut cette grandeur d’âme du Sénat et du peuple romain au milieu même de la défaite.

THÈME D’IMITATION, XVII, §§ 3-4. – § 3. 1. Dum servi armantur1, captivos redimere coepimus. – 2. Gratiae patribus actae, quod equitum exemplum imitati essent2. – 3. Si de exercitu nostro desperaris3, pavoris tui poenas dabis. – 4. Si hostibus obviam ieris, libentes tibi eorum spolia dabimus. – 5. Nuntio non satis virium4 erat ad faciendam acceptae cladis mentionem.

§ 4. 1. Senatu non aliud a nobis postulavit, quam ut vincamus aut moriamur. – 2. Romani milites tam excelso erant animo, ut audacia eorum non frangeretur5. – 3. Romanus ille, quem senatus non redimendum censuit, ad Hannibalis castra ductus est. – 4. Jura te paulo post comites assecuturum6.

1. Ou armabantur; pour le présent après dum, voir Gr. § 324. – 2. Le subjonctif conformément à la règle § 285; voir aussi § 287. – 3. Pour desperaveris, Gr. § 63. – 4. Une expression comme satis virium peut être employée au nominatif ou à l’accusatif, Gr. § 91, 2°. – 5. Ou fracta fuerit, en négligeant la concordance des temps, Gr. § 250*. – 6. L’infinitif futur est obligatoire, d’après la règle § 265.

XVIII. – Marcus Claudius Marcellus.

1. Le préteur Claudius Marcellus montra le premier qu’on pouvait vaincre Hannibal. Celui-ci s’étant approché de Nole, dans l’espoir de s’en emparer par trahison, Marcellus rangea ses troupes en bataille devant les portes de la ville, engagea le combat et mit les Carthaginois en déroute. Hannibal, après cet échec, conduisit son armée devant Casilinum, petite ville de Campanie. Il n’y avait là qu’une faible garnison et cependant le manque de blé faisait paraître le nombre des soldats encore trop considérable. Hannibal, en adressant aux habitants des paroles conciliantes, essaya d’abord de les décider à lui ouvrir les portes. Puis, comme ils restaient fidèles à l’alliance romaine, il se disposa à ébranler les portes et à en briser les verrous. A ce moment, deux cohortes, qui se tenaient prêtes à l’intérieur, font une sortie violente et massacrent les Carthaginois. La honte décida Hannibal à renoncer à son entreprise. Il laissa quelques troupes autour de Casilinum, pour n’avoir pas l’air d’abandonner son projet, et se retira à Capoue dans ses quartiers d’hiver, où il fit demeurer son armée durant la majeure partie de l’hiver.

2. Quand le froid fut devenu moins rigoureux, Hannibal revint à Casilinum, que la continuation du siège avait réduite à une extrême disette. Marcellus désirait secourir cette place, mais une crue du Volturne l’en empêchait. Gracchus, qui se trouvait non loin de Casilinum avec la cavalerie romaine, fit recueillir du blé de tous côtés dans la campagne, en remplit plusieurs tonneaux, puis envoya un émissaire aux magistrats de Casilinum pour les avertir d’arrêter les tonneaux charriés par le fleuve. La nuit suivante, les tonneaux, abandonnés au milieu du fleuve, suivirent le fil de l’eau, et le blé fut impartialement distribué entre tous les habitants. On recommença le lendemain et le surlendemain. Mais le stratagème fut découvert; Hannibal fit placer des chaînes en travers du fleuve et arrêter les tonneaux. Alors les Romains répandirent des noix, qui suivaient le courant jusqu’à Casilinum, où on les recueillait avec des claies. Ces vivres soulagèrent quelque temps la disette des alliés.

3. Finalement, on en vint à une telle famine, que les habitants de Casilinum mangèrent des courroies de cuir et des peaux enlevées aux boucliers après les avoir amollies dans l’eau bouillante. Ils ne s’abstinrent pas de manger des rats et d’autres animaux. Un avare, qui avait pris un rat, aima mieux le vendre deux cents deniers, que de le manger lui-même, pour calmer un peu sa faim. Le vendeur et l’acheteur eurent chacun le sort qu’ils méritaient: l’avare mourut de faim et ne profita pas de son argent; l’autre vécut grâce à cette nourriture qu’il avait achetée. Enfin, on arracha toutes les herbes et toutes les racines des terrassements inférieurs du rempart. Les ennemis y firent passer la charrue; alors les habitants de Casilinum y jetèrent des semences de raves. Hannibal, étonné, s’écria: «Vais-je donc rester devant Casilinum jusqu’à ce qu’elles poussent?» Et lui qui avait refusé jusque-là d’entendre parler de conditions, ne s’opposa plus dès lors à une capitulation honorable.

4. Plus tard, la Sicile ayant quitté le parti des Romains pour celui des Carthaginois, Marcellus, devenu consul, mit le siège devant Syracuse, la plus célèbre ville de Sicile. Ce siège dura fort longtemps: ce ne fut qu’au bout de trois ans que la ville fut prise par Marcellus. Il en serait venu à bout plus tôt, s’il n’y avait eu à Syracuse à ce moment un grand homme, Archimède, merveilleux inventeur dont les machines ruinaient rapidement tous les efforts des Romains. Après la prise de Syracuse, Marcellus, intéressé par l’extrême habileté de cet homme, ordonna qu’on épargnât sa vie. Mais Archimède, occupé à dessiner attentivement des figures sur le sol, ne s’aperçut pas de la prise de sa patrie. Un soldat pénétra chez lui pour piller et lui demanda d’une voix menaçante qui il était. Archimède, absorbé dans la recherche de la solution de son problème, ne répondit pas. Aussi, le soldat le tua. Marcellus fut fort affligé de sa mort et prit soin de sa sépulture.

5. Marcellus, après avoir reconquis la Sicile revint aux environs de Rome et demanda à y entrer en triomphateur. Il n’obtint pas cette faveur, mais seulement l’ovation. La veille, sans y être autorisé par le Sénat, il triompha sur le mont Albain. Ensuite, pour la cérémonie de l’ovation, il fit entrer dans la ville devant lui une grande quantité de butin. En même temps que la représentation de Syracuse captive, on portait de nombreux objets d’art appartenant à cette ville et des statues célèbres dont elle regorgeait. Marcellus fit tout déposer au temple de l’Honneur et de la Vertu: il ne réserva rien pour sa maison ni ses jardins. L’année suivante, il fut encore envoyé contre Hannibal. Il y avait entre le camp des Carthaginois et celui des Romains une colline que Marcellus désirait occuper; mais il voulut d’abord explorer lui-même les lieux. II s’y rendit avec quelques cavaliers; mais il tomba dans une embuscade et y périt, le corps traversé d’un javelot. Hannibal, ayant trouvé le cadavre de Marcellus, lui fit de magnifiques funérailles.

LEXIQUE LATIN-FRANÇAIS

A

A ou ab, (prép. +ablatif), de, hors de; à partir de, depuis; par. Abduco, is, ĕre (duxi, ductum) emmener, enlever; abducere ab (gér.), détourner de. Abeo, is, ire (abii, abitum), s’en aller, partir. Aberam, de absum. Abesse, de absum. Abii et abi, de abeo. Abjicio, is, ĕre (jeci, jectum), jeter. Ablatus, de aufero. Abluo, is, ĕre (lui, lutum), laver. Abrahamus, i, m. Abraham (nom propre). Abreptus, de abripio. Abripio, is, ĕre (ripui, reptum), emporter, entraîner. Abscondo, is, ĕre (condi, conditum), cacher. Absens, entis, absent. Absolvo, is, ĕre (solvi, solutum), absoudre, acquitter. Abstineo, es, ēre (tinui, tentum), s’abstenir de (ab), épargner. Absum, abes, abesse (afui), être absent, être éloigné; multum, tantum abest ut, il s’en faut de beaucoup, de tant; haud multum, parum abest quin, peu s’en faut que. Absumo, is, ĕre (sumpsi, sumptum), détruire. Abundantia, ae, f. abondance. Abundo, as, (rég.), abonder en (+ablatif). Ac (conj.), et. Acca Laurentia, m, f. Acca Laurentia (nom propre). Accedo, is, ĕre (cessi, cessum), s’approcher; entrer dans (+accusatif); s’ajouter; accéder (à une résolution). Accendo, is, ĕre (cendi, censum), allumer, exciter. Accessi, de accedo 1. Accĭdo, is, ĕre (cidi), arriver. 2. Accīdo, is, ĕre (cīdi, cisum), couper (en partie). Accingo, is, ĕre (cinxi, cinctum), ceindre, armer, préparer. Accio, is, ire (civi, citum), appeler, faire venir. Accipio, is, ĕre (cepi, ceptum), recevoir, accueillir; subir (un malheur, etc.). Accipiter, tris, m. épervier (oiseau). Accitus, de accio. Acclamo, as, (rég.), crier. Acclivis, e, incliné, en pente. Accommodo, as (rég.), adapter, mettre. Accubui, de accumbo. Accumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), prendre place, se mettre (à table). Accurro, is, ĕre (curri, cursum), accourir. Accusatio, onis, f. accusation. Accuso, as (rég.), accuser. Acer, acris, acre, vif, énergique, fongueux, cruel. Acerbitas, atis, f. dureté Acerbus, a, um, sévère. Accerrime, de acriter. Achilles, is, m. Achille (nom propre). Acies, iei, f. tranchant (d’une arme); armée (rangée en bataille); ligne de bataille; bataille. Acquiro, is, ĕre (quisivi, quisitum), acquérir. Acrior, de acer. Acriter, (acrius, acerrime), avec acharnement. Acutus, a, um, aigu, pointu. Ad (prép. +accusatif), à, vers; auprès de; pour; selon. Adamus, i, m. Adam (nom propre). Addico, is, ĕre (dixi, dictum), vouer à, condamner à (+datif). Addo, is, ĕre (addidi, additum), ajouter. Adduco, is, ĕre (duxi, ductum), amener, conduire (ut, à ce que). Adduxi, de adduco. Adegi, de adigo. 1. Adeo (adv.), à tel point (ut, que); tellement. 2. Adeo, is, ire (ivi, itum), aller vers, aller trouver (quelqu’un); adire pericula, affronter les dangers. Adeptus, de adipiscor. Aderant, adesse, de adsum. Adhaereo, es, ēre (haesi, haesum), être attaché, adhérer. Adhibeo, es, ēre (hibui, hibitum), appliquer, ajouter; employer. Adhuc (adv.), encore. Adigo, is, ĕre (adegi, adactum), enfoncer. Adipiscor, eris, i (adeptus sum), obtenir, atteindre. Adire, de adeo. Aditus, ūs, m. accès, entrée. Adjeci, de adjicio. Adjicio, is, ĕre (jeci, jectum), ajouter. Adjumentum, i, n. aide, secours. Adjuvo, as,_ are_ (juvi, jutum), aider. Administro, as (rég.), diriger, administrer. Admiratio, onis, f. admiration, étonnement. Admiror, aris (rég.), admirer, s’étonner. Admitto, is, ĕre (misi, missum), admettre, accueillir, commettre. Admodum (adv.), extrêmement. Admoneo, es, ēre (monui, monitum), avertir. Admonitus, ūs, m. avis, avertissement. Admoveo, es, ēre (movi, motum), approcher (transitif), employer. Adno, as (rég.), nager vers; s’approcher en nageant. Adolesco, is, ĕre (adolevi, adultum), grandir. Adolevi, de adolesco. Adoperio, is, ire (operui, opertum), couvrir; adopertus, a, um, couvert, voilé. Adorior, oreris, iri (ortus tum), dép. attaquer. Adoro, as (rég.), adorer. Adrastus, i, m. Adraste (nom propre). Adscribo, is, ĕre (scripsi, scriptum), écrire en sus, ajouter (par écrit). Adspecto, as (rég.), voir; regarder. Adspectus, ūs, m. vue, aspect. Adspexi, de adspicio. Adspicio ou aspicio, is, ĕre (spexi, spectum), voir, apercevoir, regarder. Adsto, as, are (stiti, statum), se tenir auprès de (+datif). Adsum, ades, adesse (adfui), être présent, arriver, être arrivé. Adulescens, entis, m. adolescent, jeune homme. Adulescentulus, a, um, très jeune. Adulor, aris (dép. rég.), flatter. Adultus, de adolesco, qui a grandi, devenu grand. Adveho, is, ĕre (vexi, vectum), amener. Advena, ae, m. étranger. Advenio, is, ire (veni, ventum), arriver. Adventus, ūs, m. arrivée. Adversor, aris (rég. dép.), être contraire, s’opposer à. Adversum ou adversus (prép. +accusatif), contre. Adversus, a, um, placé en face ou par devant, (blessure) reçue par devant; contraire, malheureux; ex adverso, vis-à-vis; au neutre: accident, malheur. Advoco, as (rég.), convoquer. Advolo, as (rég.), arriver (en volant), accourir. aedes, is, f. temple; au pluriel maison, palais. aedificium, ii, n. édifice, construction. aedifico, as (rég.), bâtir, construire. aegaeum (i) mare (is), n. la mer Egée. aeger, gra, grum, malade. aegeus, i, m. Egée (nom propre). aegre, avec peine, difficilement; aegre ferre, supporter avec peine, se désoler de ce que. aegritudo, dinis, f. chagrin, douleur. aegyptius, ii, um, égyptien. aegyptus, i, f. Égypte (contrée). aemilius, ii, m. Émile (nom propre). aeneus, a, um, d’airain, de bronze. aequalis, e, égal, du même âge; compagnon. aequaliter, (adv.) de façon égale. aequitas, atis, f. équité, modération. aequus, a, um, égal, juste, modéré, favorable; aequo animo, tranquillement. Au neutre: chose juste, raisonnable; plus aequo, plus qu’il ne faut, trop (G.C. 129). Aer, aeris, m. (accusatif aera), air. aerarium, ii, n. trésor (public). Aerius, a, um, qui s’élève dans l’air, élevé. aerumna, ae, f. misère. aes, aeris, n. cuivre; monnaie; aes alienum, argent emprunté, dette. aesculapius, ii, m. Esculape (dieu de la médecine). aestas, atis, f. été. aestuo, as (rég.), avoir chaud. aetas, atis, f. âge, vie; époque, extrema aetas, grand âge, vieillesse. aeternus, a, um, éternel. aetna, ae, f. Etna (montagne et volcan). Afer, fra, frum, africain; Afri, orum, m. pl. les Africains. Affectus, de afficio. Affero, fers, ferre (attuli, allatum), apporter. Afficio, is, ĕre (feci, fectum), frapper (d’une peine, malheur, etc.), atteindre, punir. Affigo, is, ĕre (fixi, fixum), attacher. Affirmo, as (rég.), affirmer. Affixus, de affigo. Afflatus, ūs, m. souffle. Affligo, is, ĕre (flixi, flictum), frapper, abattre, faire tomber. Africa, ae, f. Afrique (contrée). Afui, de absum. Agamemnon, onis, m. Agamemnon (nom propre). Agellus, i, m. petit champ, petit domaine. Ager, gri, m. champ, territoire, campagne. Agger, eris, m. terrassement. Aggredior, deris, i (aggressus sum), attaquer, assaillir, entreprendre. Agito, as (rég.), agiter. Agmen, inis, n. troupe (en marche), armée. Agnosco, is, ĕre (novi, nitum), reconnaître. Ago, is, ĕre (egi, actum), pousser, conduire, faire; faire le rôle de; agere cum, agir (se comporter) avec quelqu’un ou traiter avec quelqu’un, agere vitam, passer sa vie; agere de, traiter de quelque chose; agere sextum annum, être dans sa sixième année; aliud agere, (litt.; faire autre chose), être distrait. Agresitis, e, rustique, champêtre, grossier. Agricola, ae, m. laboureur. Agrippa, ae, m. Agrippa (nom propre). Aio, ais, ait, dire. Ala, ae, f. aile (d’oiseau). Alacer, cris, cre, gai, joyeux. Alauda, ae, f. alouette. Alba, ae, f. Albe (ville). Albanus, a, um, d’Albe, albain; Albani, orum, m. pl. les Albains. Albugo, inis, f. taie (tache blanche dans l’oeil). Alces, is, f. élan (animal). Algeo, es, ēre (alsi, alsum), avoir froid. Alias, (adv.) une autre fois. Alibi (adv.), ailleurs. Alienus, a, um, étranger, éloigné. Alimentum, i, n. aliment. Aliquandiu (adv.), pendant quelque temps. Aliquando (adv.), quelquefois. Aliquantulum (adv.), un peu, Aliquantum (adv.), passablement. Aliquis, qua, quod et quid, quelque, quelqu’un, aliquid, quelque chose. Aliquot, (indéclinable), quelques-uns, quelques. Aliquoties ou aliquotiens (adv.), plusieurs fois. Aliter (adv.), autrement; aliter ac ou atque, autrement que. Alius, a, ud, autre, un autre. Allatus, de affero. Allevo, as (rég.), soulager. Allia, ae, f. Allia (rivière). Allicio, cis, cĕre (lexi, lectum), attirer, inviter. Alliensis, e, de l’Allia. Alligo, as (rég.), attacher. Alloquor, ĕris, i (allocutus sum), dép. parler à quelqu’un (+accusatif). Alo, is, ĕre (alui, altum), nourrir, entretenir. Altare, is, n. autel. Alter, era, erum, l’autre, l’un des deux; le second. Altitudo, inis, f. hauteur. Altus, a, um, haut, élevé. Alveus, i, m. nacelle. Amalthaea, ae, f. Amalthée (chèvre). Amans, antis (de amo), qui aime, affectionné. Amazon, onis, f. Amazone. Ambio, is, ire (ivi, itum), solliciter, chercher à gagner quelqu’un. Ambo, ae, o, les deux, tous deux. Ambulo, as (rég.), se promener, Amens, entis, troublé, égaré. Arnica, ae, f. amie. Amice (adv.), amicalement. Amicitia, ae, f. amitié. Amicus, i, m. ami. Amissus, de amitto. Amitto, is, ĕre (misi, missum), perdre. Amnis, is m., fleuve, rivière. Amo, as (rég.), aimer. Amoenus, a, um, agréable. Amor, oris, m. amitié, amour. Amoveo, es, ēre (movi, motum), éloigner, écarter. Amplector, eris, i (plexus sum), dép. embrasser. Amplexor, aris (dép. rég.), embrasser. Amplexus, de amplector. Amplitudo, inis, f. grandeur. Amplius (adv.), plus, davantage; non amplius, pas davantage; nihil amplius, rien de plus. Amplus, a, um, spacieux, magnifique, riche. Amulius, ii, m. Amulius (nom propre). Ancile, is, n. ancile (bouclier sacré). Angelus, i, m. ange. Ango, is, ĕre (anxi), tourmenter. Anguis, is, f. serpent. Angulus, i, m. angle, coin. Angustiae, arum, f. plur. Passage étroit, défilé. Angustus, a, um, étroit. Anhelo, as (rég.), respirer difficilement, être hors d’haleine. Anien, enis, m. l’Anio (rivière). Anima, ae, f. souffle, vie. Animadversio, onis, f. châtiment, punition. Animadverto, is, ĕre (verti, versum), observer, remarquer. Animal, alis, n. animal. Animans, antis (neutre au pluriel), être animé. Animus, i, m. âme; esprit, intention, disposition (d’âme); courage, confiance. Annona, ae, f. récolte de l’année, denrées, vivres. Annuo, is, ĕre (ui, utum), consentir, Annus, i, m. année. Anser, eris, m. oie. Ante (prép. avec l’accusatif), devant, avant; (adv.), auparavant. Antea (adv.), auparavant. Antecedo, is, ĕre (cessi, cessum), précéder, surpasser; prendre les devants. Antefero, fers, ferre (tuli, latum), préférer. Antequam ou ante quam, avant que. Antiquus, a, um, antique, ancien, précédent, d’autrefois. Antonius, ii, m. Antoine. Antrum, i, n. antre, grotte. Anulus, i, m. anneau, bague. Anxius, a, um, inquiet, tourmenté. Aper, pri, m. sanglier. Aperio, is, ire (perui, pertum), ouvrir, découvrir, déclarer. Aperte (adv.), ouvertement. Apertus, de aperio. Aperui, de aperio. Apis, is, f. abeille. Apollo, inis, m. Apollon (dieu grec). Apparatus, ūs, m. préparatifs; magnificence; instruments. Appareo, es, ēre (parui, paritum), apparaître, se montrer. Impersonnel: être clair, évident. Apparo, as (rég.), préparer. 1. Appello, as (rég.), appeler. 2. Appello, is, ĕre (puli, pulsum), faire aborder (un bateau); au passif: aborder. Appendo, is, ĕre (pendi, pensum), peser. Appeto, is, ĕre (petii, petitum), chercher à saisir; désirer; aimer (un aliment). Appius, ii, m. Appius (nom propre). Applico, as, are (avi et ui, atum et itum), appliquer, appuyer, adosser. Appono, is, ĕre (posui, positum), mettre sur (ad), servir, présenter. Apprecor, aris (dép. rég.), souhaiter en priant (à quelqu’un, +datif). Apprehendo, is, ĕre (prehendi, prehensum), saisir. Appropinquo, as (rég.), approcher, Appuli, appulsus, de appello 2. Apto, as (rég.), appliquer. Aptus, a, um, propre à, convenable pour. Apud (prép. avec accusatif), auprès de, chez, devant (quelqu’un). Apulia, ae, i. Apulie (contrée). Aqua, ae, f. eau. Aquila, ae, f. aigle. Ara, ae, f. autel. Aratrum, i, n. charrue. Arbiter, tri, m. témoin. Arbitror, aris (dép. rég.), estimer, juger. Arbor, oris, f. arbre. Arca, ae, f. coffre, caisse, cercueil; arche (de Noé, d’alliance). Arcadia, ae, f. Arcadie (contrée). Arceo, es, ēre (arcui), écarter, empêcher. Arcesso, is, ĕre (cessivi, cessitum), mander, appeler. Archimedes, is, m. Archimède (nom propre). Arcus, ūs, m. arc; arc-en-ciel. Ardens, entis, ardent, brûlant (v. ardeo). Ardeo, es, ēre (arsi, arsum), brûler. Ardor, oris, m. ardeur, chaleur. Arduus, a, um, haut, élevé. Arena, ae, f. sable, plage. Argenteus, a, um, d’argent. Argentum, i, n. argent. Argius, ou Argivus, a, um, d’Argos, argien; Argivi, orum, m. plur. les Argiens. Argolis, idis, f. Argolide (contrée). Argumentum, i, n. sujet (d’un écrit), preuve. Arguo, is, ĕre (ui, utum), accuser. Ariadna, ae, f. Ariane (nom propre). Aries, etis, m. bélier. Aristides, is, m. Aristide (nom propre). Aristogiton, onis, m. Aristogiton (nom propre). Arma, orum, n. plur. armes. Armilla, ae_,_ f. bracelet. Armo, as (rég.), armer. Aroma, atis, n. aromate, parfum. Arreotus, de arrigo. Arreptus, de arripio. Arrigo, is, ĕre (rexi, rectum), dresser. Arripio, is, ĕre (ripui, reptum), saisir. Ars, artis, f. art, métier; au plur. préceptes, conduite. Arte (adv.), étroitement. Articulus, i, m. articulation. Artifex, icis, m. artiste. 1. Artus, a, um, étroit, profond (sommeil). 2. Artus, ūs, m. membre. Aruns, untis, m. Aruns (nom propre). Arx, arcis, f. citadelle. Ascendo ou adscendo, is, ĕre (scendi, scensum), monter, gravir. Asia, ae, f. Asie. Asinarius, ii, m. ânier. Asinus, i, m. âne. Aspecto, aspectus, voir adspecto, etc. Aspernor, aris (dép. rég.), repousser, refuser. Aspicio, voir adspicio. Assequor, eris, i (secutus sum), atteindre, obtenir. Assideo, es, ēre (sedi, sessum), camper auprès ds (+datif). Assidue (adv.), continuellement. Assigno, as (rég.), assigner, confier. Assuesco, is, ĕre (suevi, suetum), s’accoutumer. Assuetus, a, um, accoutumé, habitué à. Assumo, is, ĕre (sumpsi, sumptum), prendre (avec soi). Assurgo, is, ĕre (surrexi, surrectum), se lever. Assyria, ae, f. Assyrie (contrée). Assyrii, iorum, m. plur. les Assyriens. Astutia, ae, f. ruse, habileté. Asylum, i, n. asile, refuge. At (conj.), mais. Athenae, arum, f. plur. Athènes (ville). Atheniensis, e, athénien; plur. les Athéniens. Atilius ou Attilius, i, m. Atilius (nom propre). Atque (conj.), et. Atqui (conj.), or. Atrox, ocis, terrible, affreux, impitoyable. Attamen, cependant. Attendo, is, ĕre (tendi, tentum), faire attention, être attentif. Attente (attentius, attentissime), attentivement. Attentus, a, um, attentif. Attica, ae, f. Attique (contrée). Attollo, is, ĕre (sans parfait ni supin), soulever, relever. Attonitus, a, um, stupéfait. Attraho, is, ĕre (traxi, tractum), tirer à soi. Attrecto, as (rég.), toucher. Attuli, de affero. Atys, yos (accusatif Atyn), m. Atys (nom propre). Auctor, oris, m. conseiller, garant, responsable, auteur. Auctoritas, atis, f. autorité, considération. Auctus, de augeo, Audacia, ae, f. audace, hardiesse. Audacter (audacius, cissime) adv., audacieusement. Audax, acis, audacieux. Audeo, es, ēre (ausus sum), oser. Audio, is, ire (audii, auditum), apprendre, écouter, exaucer. Aufero, fers, ferre (abstuli, ablatum), emporter, enlever. Aufugio, is, ĕre (fugi), s’enfuir. Augeo, es, ēre (auxi, auctum), augmenter, accroître, grandir. Augurium, ii, n. présage, signe. 1. Augustus, a, um, majestueux. 2. Augustus (s.-e. mensis), août (mois). Aulaeum, i, n. rideau. Aulicus, a, um, de la cour; serviteur (du roi), courtisan. Aura, ae, f. vent, air. Aureus, a, um, d’or. Auris, is, f. oreille. Aurora, ae, f. aurore. Aurum, i, n. or (métal). Auspicium, ii, n. divination (d’après les oiseaux), présage. Ausus, de audeo. Autem, mais. Auxi, de augeo. Auxilium, ii, n. aide, secours. Avarus, a, um, cupide, avare. Avello, is, ĕre (velli, vulsum), arracher, détacher. Aversor, aris (rég.), se détourner de, repousser. Aversus, a, um, opposé, (placé) par derrière. Averto, is, ĕre (verti, versum), détourner, déplacer. Avide (adv.), avec empressement, avidement. Avidus, a, um, empressé, avide. Avis, is, f. oiseau. Avolo, as (rég.), s’envoler. Avunculus, i, m. oncle Avus, i, m. grand-père, au plur. aïeux, ancêtres.

B

Bacchus, i, m. Bacchus (nom propre). Baculus, i, m. (ou baculum, n.), bâton. Bagrada, ae, m. le Bagrada (fleuve). Baiae, arum, f. plur. Baies (ville). Balbus, i, m. Bègue (nom propre). Ballista et balista, ae, f. baliste (machine de guerre). Balteus, i, m. baudrier (ceinturon). Barba, ae, f. barbe. Barbari, orum, m. pl. les Barbares, les Perses. Barbatus, a, um, barbu. Basis, is, f. base, piédestal Beatus, a, um, heureux. Bellicosus, a, um, belliqueux. Bellicus, a, um, de guerre, militaire. Bello, as (rég.), faire la guerre. Bellum, i, n. guerre. Belua, ae, f. bête sauvage, bête féroce. Bene (adv.), bien. Benefacio, is, ĕre (feci, factum), faire du bien. Beneficentia, ae, f. bienfaisance. Beneficium, ii, n. bienfait; beneficio (+génitif), grâce à. Beneficus, a, um, bienfaisant. Benevolentia, ae, f. bienveillance. Benevolus, a, um, bienveillant. Benigne, (adv.), avec bienveillance. Benignus, a, um, bienveillant. Benjaminus, i, m. Benjamin (nom propre) Bestia, ae, f. bête. Bibliotheca, ae, f. bibliothèque. Bibo, is, ĕre (bibi, bibitum), boire. Biennium, ii, n. espace de deux ans. Bini, ae, a, deux (G. 34). Bitumen, inis, n. bitume. Bonum, i, n. le bien; bona, orum, n. plur. les biens, la fortune. Bonus, a, um, bon. Bos, bovis, plur. bovea, boum, bobus, m. boeuf. Bracchium, ii, n. bras. Brevi, (adv.), bientôt. Brevis, e, court. Brevitas, atis, f. concision, brièveté Breviter (adv.), en peu de mots, brièvement. Brutus, i, m. (nom propre). Bucina, ae, f. trompe, cor. Byssinus, a, um, de lin.

C

Cadaver, eris, n. cadavre, corps mort. Cado, is, ĕre (cecĭdi, casum), tomber. Caecus, a, um, aveugle, invisible. Caedes, is, f. meurtre, massacre. Caedo, is, ĕre (cecīdi, caesum), battre, trancher, tailler en pièces, tuer. Caelius (ii) mons (montis), m. le mont Célius. Caelum, i, n. ciel. Caeruleus, a, um, azuré. Caesus, de caedo. Caius, ii, m. Caïus (nom propre). Calamitas, atis, f. calamité, malheur. Calamitose (adv.), malheureusement, par malheur. Calamus, i, m. roseau, flûte. Calcar, aris, n. éperon. Calco, as (rég.), fouler aux pieds, marcher sur. Calendae, arum, f. voir Kalenda. Calidus, a, um, chaud. Callide (adv.), adroitement. Callidus, a, um, habile, rusé. Calor, oris, m. chaleur. Calx, calcis, f. talon. Camelus, i, m. chameau. Camillus, i, m. Camille (nom propre). Campania, ae, f. la Campanie (contrée). Campestris, e, de plaine, de plein air. Campus, i, m. plaine. Candidus, a, um, blanc. Canis, is, m. f. chien. Canistra, orum, n. plur. paniers, corbeilles. Cannae, arum, f. plur. Cannes (ville). Cano, is, ĕre (cecini, cantum), chanter, jouer (d’un instrument), sonner (du cor). Canto, as (rég.), chanter. Cantus, ūs, m. chant. Capio, is, ĕre (cepi, captum), prendre, saisir; captus (+ablatif), privé de l’usage de. Capitolium, ii, n. le Capitole (citadelle de Rome). Capra, ae, f. chèvre. Caprea, ae, f. chevreuil. Captivitas, atis, f. captivité. Captivus, i, m. captif, prisonnier. Capto, as (rég.), tâcher de prendre, prendre. Captus, de capio. Capua, ae, f. Capoue (ville). Caput, itis, n. tête; vie; capitale (d’un pays; partie essentielle (d’un repas). Carcer, eris, m. prison. Carduus, i, m. chardon. Careo, es, ēre (carui, caritum), manquer, être privé ou exempt de (+ablatif). Carmen, inis, n. chant; poème. Carnifex, ficis, m. bourreau. Caro, carnis, f. chair, viande. Carpo, is, ĕre (carpsi, carptum), brouter. Carthaginiensis, e, Carthaginois. Carthago, inis, f. Carthage (ville). Carus, a, um, cher. Casa, ae, f. cabane, chaumière. Caseus, i, m. fromage. Casilinates, um, m. plur. habitants de Casilinum. Casilinum, i, m. Casilinum (ville) Cassis, idis, f. casque (de métal). Castellum, i, n. forteresse. Castra, orum, n. plur. camp; (à Rome) caserne. Casus, ūs, chute, hasard, événement, Catena, ae, f. chaîne. Catulus, i, m. petit (d’un animal). Cauda, ae, f. queue. Causa, ae, f. cause, raison, motif; question, affaire; causa (+génitif), en vue de. Causor, aris (dép. rég.), donner pour raison, alléguer (prop. infinit.). Cavea, ae, f. cage. Caveo, es, ēre (cavi, cautum), prendre garde (ne, que ou de). Caverna, ae, f. ouverture (souterraine). Cecidi, de cado et de caedo. Cecini, de cano. Cedo, is, ĕre (cessi, cessum), se retirer, partir de; reculer (+datif) devant quelqu’un; céder; cedere loco, lâcher pied. Celebro, as (rég.), célébrer, vanter. Celer, eris, ere, prompt, rapide. Celeriter (adv.), rapidement. Cella, ae, f. petite chambre. Celo, as (rég.), cacher (G. 161). Celsus, a, um, élevé, haut. Cena, ae, f. dîner (repas du soir). Ceno, as (rég.), dîner, souper. Censeo, es, ēre (censui, censum), être d’avis, penser. Censor, oris, m. censeur. Centaurus, i, m. centaure. Centum, cent. Centuria, ae, f. centurie (classe de citoyens). Centurio, onis, m. centurion (officier romain). Cepi, de capio. Cerberus, i, m. Cerbère (chien qui garde les enfers). Ceres, Cereris, f. Cérès (déesse). Cerno, is, ēre (crevi, cretum), voir. Certamen, inis, n. combat, lutte, concours. Certatim, (adv.) à l’envi, à qui mieux mieux. Certe (adv.), assurément, du moins; certius, avec plus de certitude. Certo, as (rég.), lutter, rivaliser. Certus, a, um, certain, fixe, déterminé; certiorem facere aliquem, informer quelqu’un; au passif: certior fieri, être informé. Cervix, icis, f. nuque, cou. Cervus, i, m. cerf. Cessator, oris, m. paresseux. Cessi, de cedo. Cesso, as (rég.), être oisif; tarder. Ceteri, ae, a, tous les autres. Chanaan (indéclinable), le pays de Chanaan. Charta, ae, f. papier (papyrus). Chirographum, i, n. billet; écrit. Cibaria, iorum, n. plur., vivres, provisions. Cibus, i, m. nourriture, aliment. Cicero, onis, m. Cicéron (nom propre). Cilicium, ii, n. cilice. Cimon, onis, m. Cimon (nom propre). Cineas, ae, m. Cinéas (nom propre). Cingo, is, ĕre (cinxi, cinctum), ceindre; armer (à la ceinture); entourer. Circa (prép. avec accusatif), autour de; (adv.), à l’entour. Circiter (adv.), environ. Circum (prép. avec accusatif), autour de. Curcumaro, as (rég.), entourer en labourant. Circumcludo, is, ĕre (clusi, clusum), enfermer (dans un cercle). Circumdo, as, are (dedi, datum), mettre (+accusatif) autour de (+datif), entourer. Circumduco, is, ĕre (duxi, ductum), promener autour. Circumeo ou circueo, is, ire (ii, itum, composé de eo), faire le tour de, visiter, parcourir. Circumfundo, is, ĕre (fudi, fusum), répandre autour. Circumsisto, is, ĕre (voir circumsto), entourer. Circumspicio, is, ĕre (spexi, spectum), regarder à l’entour. Circumsto, as, are (steti, statum), se tenir autour, entourer. Circumtego, is, ĕre (texi, tectum), couvrir tout autour. Circumvenio, is, ire (veni, ventum), entourer, cerner, assaillir (par derrière), accabler (injustement). Circumvolito, as (rég.), voltiger autour de. Citatus, a, um, rapide, pressé. Citerior, oris, plus rapproché. Cithara, ae, f. cithare, lyre. Cito (adv.), vite. Citrus, i, f. citronnier. Civis, is, m. citoyen, concitoyen» Civitas, atis, f. État, cité. Clades, is, f. désastre. Claelia, ae, f. Clélie (nom propre). Clam (adv.), clandestinement. Clamator, oris, m. criard. Clamito, as (rég.), crier (fort ou à différentes reprises). Clamo, as (rég.), crier. Clamor, oris, m. cri. Clandestinus, a, um, caché, secret. Clangor, oris, m. cri. Clarus, a, um, clair, sonore; illustre. Classicum, i, n. signal (de la trompette). Classis, is, f. flotte. Claudia, ae, f. Claudia (nom propre). Claudius, ii, m. Claudius (nom propre). Claudo, is, ĕre (clausi, clausum), fermer, enclore. Claustra, orum, n. plur. traverses, verrous. Clausus, de claudo. Clava, ae, f. massue. Clavus, i, m. clou. Clemens, entis, humain, généreux. Clementer, (adv.), avec bonté. Clementia, ae, f. douceur, clémence* Clipeus, i, m. bouclier. Clivus, i, m. pente. Clusini, orum, m. plur. les Clusiniens. Clusium, ii, n. Clusium (nom propre). Clypea, ae, f. Clypée (ville). Coactus, de cogo. Cocles, itis, m. (Horatius) Coclès (nom propre). Codicillus, i, m. (au plur.), lettre. Codrus, i, m. Codrus (nom propre). Coegi, de cogo. Coepi, isti, isse, commencer (au passé, G. 85). Cogito, as (rég.), penser (à +accusatif ou de), réfléchir. Cognatio, onis, f. parenté. Cognatus, a, um, parent, apparenté à. Cognitus, de cognosco. Cognomen, inis, n. surnom. Cognosco, is, ĕre (cognovi, cognitum), connaître, reconnaître, apprendre. Cogo, is, ĕre (coegi, coactum), réunir, contraindre, forcer. Cohaereo, es, ēre (haesi, haesum), être uni, adhérer. Collacrimo, as (rég.), pleurer (ensemble ou abondamment). Collatinus, i, m. Collatin (nom propre). Collatus, de confero. Collaudo, as (rég.), combler de louanges. Collectus, de colligo. Collega, ae, m. m. collègue. Colligo, is, ĕre (legi, lectum), rassembler. Collis, is, m. colline, coteau. Colloco, as (rég.), mettre, placer, poser; marier (une fille). Colloquium, ii, n. entretien. Colloquor, ĕris, i (locutus sum), s’entretenir. Collum, i, n. cou. Colo, is, ĕre (colui, cultum), cultiver; honorer; pratiquer (la vertu, un métier). Color, oris, m. couleur. Columba, ae, f. colombe. Coma, ae, f. chevelure. Comedo, is, ĕre (edi, esum), manger. Comes, itis, m. f. compagnon, compagne. Comitium, ii, n. le comitium (partie du forum romain). Comitor, aris (dép. rég.), accompagner. Commeatus, ūs, m. vivres, provisions. Commemoro, as (rég.), rappeler, faire mention de, citer, parler de (+accusatif). Commendo, as (rég.), recommander. Commigro, as (rég.), aller s’établir, émigrer. Commilito, onis, m. compagnon (d’armes). Committo, is, ĕre (misi, missum), engager (le combat); confier; committere se, se risquer. Commode (adv.), commodément, à l’aise. Commodo, as (rég.), prêter. Commoror, aris (dép. rég.), séjourner, demeurer. Commoveo, es, ēre (movi, motum), émouvoir. Communico, as (rég.), communiquer; (aliquid cum aliquo, quelque chose à quelqu’un). Communis, e, commun, public. Compar, aris, égal, pareil, bien assorti. Comparatio, onis, f. acquisition. Compareo, es, ēre (parui), se montrer, apparaître. Comparo, as (rég.), préparer, acquérir, acheter. 1. Compello, as (rég.), adresser la parole à (+accusatif), appeler. 2. Compello, is, ĕre (puli, pulsum), pousser, forcer (à quelque chose). Comperio, is, ire (peri, pertum), trouver, découvrir, apprendre Compilo, as (rég.), dépouiller, piller. Complector, eris, i (plexus sum) embrasser, saisir. Comploratio, onis, f. lamentation. Complures, ium, nombreux, beaucoup de. Compono, is, ēre (posui, positum), arranger; componere pacem, faire la paix. Compos, otis, maître de, qui a obtenu. Comprehendo, is, ĕre (prehendi, prehensum), saisir, arrêter (un malfaiteur). Compressus, de comprimo. Comprimo, is, ĕre (pressi, pressum), serrer. Comprobo, as (rég.), confirmer. Compulsus, de compello. Conari, de conor. Conatus, ūs, m. effort. Concedo, is, ĕre (cessi, cessum), céder; concéder; avouer; (intrans.) se retirer. Concessi, de concedo. Concessus, de concedo. Concido, is, ĕre (cidi), tomber, s’abattre. Concilio, as (rég.), concilier, gagner, procurer. Concilium, ii, n. assemblée, réunion. Concito, as (rég.), pousser, exciter. Conclamo, as (rég.), crier (ensemble). Conclave, is, n. salle. Concordia, ae, f. concorde. Concrepo, as, are (pui, pitum), faire du bruit, craquer. Conculco, as (rég.), écraser. Concurro, is, ĕre (curri, cursum), courir (ensemble), accourir, s’entrechoquer, combattre. Concursus, ūs, choc, rencontre, rassemblement, affluence. Condemno, as (rég.), condamner. Condicio, onis, f. condition. Condidi, de condo. Condimentum, i, n. assaisonnement. Condio, is, ire (ii, itum), assaisonner. Condiscipulus, i, m. condisciple. Conditor, oris, m. fondateur. Condo, is, ĕre (condidi, conditum), fonder; composer (un écrit); mettre, en foncer. Condono, as (rég.), pardonner; condonare aliquid alicui, pardonner quelque chose par égard pour quelqu’un, condonare aliquem alicui, pardonner à quelqu’un par égard pour quelqu’un. Conduco, is, ĕre (duxi, ductum), louer (prendre à louage). Confectus, de conficio. Confero, fers, ferre (contuli, collatum), porter (ensemble), apporter, réunir, mettre en commun. Confertus, a, um, serré, pressé, dense. Confessio, onis, f. aveu. Confestim, (adv.), aussitôt. Conficio, is, ĕre (feci, fectum), confectionner, achever; régler (des affaires); broyer (la nourriture); épuiser, accabler, tuer. Confictus, de confingo. Confido, is, ĕre (fisus sum), compter sur, avoir confiance dans (+datif). Confingo, is, ĕre (finxi, fictum), imaginer, inventer. Confirmo, as (rég.), fortifier, raffermir. Confiteor, eris, eri (fessus sum), avouer. Conflagro, as (rég.), brûler. Conflicto, as (rég.), tourmenter. Confligo, is, ĕre (flixi, flictum), combattre, lutter. Confluo, is, ĕre (fluxi, fluxum), arriver (en foule). Confodio, is, ĕre (fodi, fossum), percer, cribler (de blessures). Confugio, is, ĕre (fugi, fugitum), se réfugier; avoir recours à. Confundo, is, ĕre (fudi, fusum), mêler, confondre. Confusus, de confundo. Congero, is, ĕre (gessi, gestum), entasser, accumuler. Congestus, de congero. Congrodior, dĕris, di (gressus sum), lutter, combattre de près. Congrego, as (rég.), rassembler. Congressus, ūs, m. entrevue, entretien. Congruo, is, ĕre (grui), s’accorder avec (+datif). Conjicio, is, ĕre (jeci, jectum), jeter; in fugam, (mettre) en fuite. Conjugium, ii, n. mariage. Conjungo, is, ĕre (junxi, junctum), joindre, unir. Conjuratio, onis, f. conjuration, complot. Conjuro, as, (rég.), conspirer, comploter; confuratus, i, m. un conjuré. Conjux, ugis, m. f. époux, épouse. Connubium, ii, n. mariage. Conor, aris (dép. rég.), s’efforcer, tâcher de. Conquiro, is, ĕre (quisivi, quisitum), chercher (soigneusement), rechercher. Conquisitus, de conquiro. Conscendo, is, ĕre (scendi, scensum), monter sur (+accusatif). Conscientia, ae, f. sentiment, conscience. Conscriptio, onis, f. rédaction, contrat. Consecro, as (rég.), consacrer. Consecutus, de consequor. Consedi, de consido. Consensus, ūs, m. accord, unanimité. Consequor, eris, i, (secutus sum), rejoindre; acquérir, obtenir. Consero, is, ĕre (serui, sertum), engager; (manus ou manum, le combat). Conserui, de consero. Conservo, as (rég.), conserver, observer, respecter. Consessus, ūs, m. assemblée. Considero, as (rég.), considérer, réfléchir à (+accusatif), Consido, is, ĕre (sedi, sessum), se poster; se calmer. Consilium, ii, n. délibération; résolution, projet; conseil, avis. Consimilis, e, (entièrement) semblable. Consisto, is, ĕre (stiti), se placer, s’arrêter. Consolatio, onis, f. consolation. Consolor, aris (dép. rég.), consoler. Consors, sortis, qui participe à, compagnon de. Conspectus, ūs, m. présence, vue. Conspergo, is, ĕre (spersi, spersum), arroser, mouiller, couvrir (de poussière). Conspexi, de conspicio. Conspicio, cis, cĕre (spexi, spectum), apercevoir. Conspicor, aris (dép. rég.), apercevoir. Conspicuus, a, um, remarquable. Conspiro, as (rég.), conspirer, comploter. Constans, antis, constant, persévérant. Constanter, (adv.) constamment, avec persévérance. Constantia, ae, f. fermeté. Consterno, as (rég.), bouleverser. Constiti, de consisto. Constituo, is, ĕre (ui, utum), établir, placer, présenter; fixer. Consto, as, are (stiti, statum), se composer de, consister en (+ablatif); (imperson.) constat, c’est un fait certain que (infin.). Consuesco, is, ĕre (suevi, suetum), s’accoutumer, avoir coutume; consuevi, j’ai coutume (G.C. 85, 1°). Consuetudo, inis, f. coutume, habitude. Consul, is, m. consul. Consulo, is, ĕre (sului, sultum), consulter, demander; (+datif), veiller à. Consumo, is, ĕre (sumpsi, sumptum), manger, absorber; détruire, faire mourir; passer (le temps). Consumptus, de consumo. Consurgo, is, ĕre (surrexi, surrectum), se lever (ensemble). Contamino, as (rég.), souiller. Contemno, is, ĕre (tempsi, temptum), mépriser. Contemplor, aris (dép. rég.), contempler. Contemptor, oris, m. celui qui méprise; dédaigneux de. 1. Contemptus, de contemno. 2. Contemptus, ūs, m. mépris. Contendo, is, ĕre (tendi, tentum), diriger sa course vers, marcher vers. Contentio, onis, f. ardeur, débat. Contentus, a, um, se contentant de, satisfait. Contero, is, ĕre (trivi, tritum), écraser. Conterreo, is, ĕre (terrui, territum), frapper de terreur. Conticeo ou conticesco, is, ĕre (cicui), se taire. Continens, (entis) terra (ae), f. le continent. Contineo, es, ēre (tinui, tentum), arrêter, retenir; maintenir (dans le devoir). 1. Continuo, (adv.) aussitôt. 2. Continuo, as (rég.), continuer. Continuus, a, um, continu, continuel. Contio, onis, f. assemblée. Contorqueo, es, ēre (torsi, tortum), brandir, lancer. Contra (prép. avec l’accusatif), contre; (adv.) au contraire. Contractus, a, um, de contraho. Contraho, is, ĕre (traxi, tractum), rassembler; resserrer, contracter. Controversia, ae, f. discussion. Contuli, de confero. Coutumelia, ae, f. affront. Contundo, is, ĕre (tudi, tusum), écraser. Convallis, is, f. vallon. | Convectus, de conveho. Conveho, is, ĕre (vexi, vectum), transporter, réunir. Convenio, is, ire (veni, ventum), venir ensemble, s’assembler; (impers.) convenit, il est (il fut) convenu que. Converto, is, ĕre (verti, versum), tourner; attirer (les regards); traduire; convertere se, retourner sur ses pas; (au passif) se retourner. Convicium, ii, n. insulte. Convinco, is, ĕre (vici, victum), convaincre, confondre (d’un crime). Convivium, ii, n. festin. Convoco, as (rég.), convoquer, réunir. Coorior, orĕris, oriri (ortus sum), naître, éclater. Copia, ae, f. abondance; permission, pouvoir; (au plur.) troupes, forces militaires. Coquo, is, ĕre (coxi, coctum), faire cuire. Coram (prép. avec ablatif), devant, en présence de. Corinthius, a, um, corinthien; (au plur.) les Corinthiens. Corinthus, i, f. Corinthe (ville). Coriolanus, i, m. Coriolan (nom propre). Corioli, orum, m. fpl. Corioles (ville). Corium, ii, n. peau, cuir. Cornelius, ii, m. Cornélius (nom propre). Corneus, a, um, de corne (matière). Cornu, ūs, n. corne. Corona, ae, f. couronne. Corpus, oris, n. corps. Correptus, de corripio. Corrigo, is, ĕre (rexi, rectum), corriger, améliorer. Corripio, is, ĕre (ripui, reptum), saisir. Corroboro, as (rég.), affermir. Corrumpo, is, ĕre (rupi, ruptum), corrompre, gâter, séduire. Corvus, i, m. corbeau. Corybantes, bantum, m. pl. les Corybantes, prêtres de Cybèle. Costa, ae, f. côte (de la poitrine). Cotidie, (adv.) chaque jour. Coxi, de coquo. Crastinus, a, um, de demain, du lendemain. Crates, is, f. claie, treillis. Creator, oris, m. créateur. Creber, bra, brum, fréquent, nombreux. Crebro (adv.), fréquemment. Credo, is, ĕre (credidi, creditum), croire (+datif); confier prêter (+accusatif). Credulitas, atis, f. crédulité. Credulus, a, um, crédule. Creo, as (rég.), créer; nommer (un magistrat). Crepitus, ūs, m. bruit, son. Cresco, is, ĕre (crevi, cretum), croître, grandir. Creta, ae, f. la Crète (île). Crevi, de cresco. Crimen, inis, n. accusation; crimen inferre alicui, accuser qqn de (+génitif) Crinis, is, m. cheveu, chevelure. Croesus, i, m. Crésus (nom propre). Cruciatus, ūs, m. torture. Crucio, as (rég.), torturer. Crudelis, e, cruel. Crudelitas, atis, f. cruauté. Crudeliter, (adv.) cruellement. Cruentus, a, um, sanglant. Cruor, oris, m. sang (répandu). Crus, cruris, n. jambe. Crux, crucis, f. croix, gibet. Cubiculum, i, n. chambre à coucher. Cubile, is, n. gîte. Cubitum, sup. de cubo. Cubitus, i, m. coudée (mesure de longueur). Cubo, as (cubui, cubitum), être couché. Cucurri, de curro. Culcita, ae, f. matelas. Culmus, i, m. tige. Culpa, ae, f. faute. Culter, tri, m. couteau. 1. Cultus, de colo. 2. Cultus, ūs, m. culte (des dieux); genre de vie. 1. Cum (prép. avec ablatif), avec. 2. Cum, alors que, comme, lorsque; puisque, quoique (G. 99 bis); cum… tum, d’une part, d’autre part; non seulement, mais encore. Cumque, pour et cum. Cumulo, as (rég.), combler. Cunabula, orum, n. plur. berceau. Cimae, arum, f. plur. berceau. Cunctatio, onis, f. lenteur, temporisation. Cupide, (adv.) avec ardeur; comp. cupidius, avec plus d’ardeur. Cupiditas, atis, f. désir; passion. Cupidus, a, um, désireux de (+génitif). Cupio, is, ĕre (ivi, itum), désirer. Cur, pourquoi? Cura, ae, f. soin, souci; hoc mihi curae est, c’est un souci pour moi, je m’occupe de. Cures, ium, m. plur. Cures (ville). Curia, ae, f. curie (division du peuple, lieu de réunion du Sénat.) Curiatius, ii, m. Curiace (nom propre). Curo, as (rég.), soigner, avoir soin de, se soucier de (+accusatif); (avec gér.) faire (faire). Curro, is, ĕre (cucurri, cursum), courir. Currus, ūs, m. char. Cursor, oris, m. courrier. Cursus, ūs, m. course; cours (d’un fleuve); marche (des astres). Curulis, e, voir sella. Curvo, as (rég.), courber. Cuspis, idis, f. pointe. Custodia, ae, f. garde. Custodio, is, ire (ii, itum), garder. Custos, odis, m. garde, gardien, protecteur. Cybele, es, f. Cybèle (mère des dieux). Cyclades, um, f. plur. les Cyclades (îles). Cyclops, opis, m. cyclope; plur. les Cyclopes. Cycnus, i, m. cygne (oiseau). Cyrsilus, i, m. Cyrsile (nom propre).

D

Daedalus, i, m. Dédale (nom propre). Damno, as (rég.), condamner; blâmer; damnare capite, condamner à mort. Damnum, i, n. dommage, peine, châtiment. Damon, onis, m. Damon (nom propre). Datus, de do. David, Davidis, m. David (nom propre). De (prép. avec ablatif), de, du haut de; au sujet de, pour. Dea, ae, f. déesse. Debello, as (rég.), vaincre. Debeo, es, ēre (debui, debitum), devoir être tenu à ou de. Decedo, is, ĕre (cessi, cessum), sortir, disparaître, mourir. Decem, dix. Deceptus, de decipio. Decerno, is, ĕre (crevi, cretum), décider (de faire). Decerpo, is, ĕre (cerpsi, cerptum), cueillir. Decerto, as (rég.), combattre. Decessi, de decedo. Decet, uit, ēre (impers.), il convient, il est convenable que (infin.). Decido, is, ĕre (cidi), tomber. Decimus, a, um, dixième. Decipio, is, ĕre (cepi, ceptum), tromper, abuser. Declaro, as (rég.), montrer, faire voir. Decoro, as (rég.), orner, parer. Decrevi, de decerno. Decubui, de decumbo. Decumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), s’étendre. Dedi, de do. Deditio, onis, f. capitulation; action de rendre, de livrer. Dedo, is, ĕre (dedidi, deditum), livrer, appliquer. Deduco, is, ĕre (duxi, ductum), conduire, accompagner (par honneur), escorter. Deerant, de desum. Deesse, deest, de desum. Defatigatio, onis, f. fatigue. Defatigo, as (rég.), fatiguer. Defeci, de deficio. Defendo, is, ĕre (fendi, fensum), défendre, protéger (ab, contre). Defensio, onis, f. défense. Defero, fers, ferre (tuli, latum), porter, apporter; confier (un rôle); dénoncer. Defessus, a, um, fatigué. Deficio, is, ĕre (feci, fectum), manquer, s’affaiblir, perdre connaissance; deficere ab…​ ad, faire défection, abandonner le parti de…​ pour prendre le parti de. Defigo, is, ĕre (fixi, fixum), enfoncer, rendre immobile. Defluo, is, ĕre (fluxi, fluxum), descendre (en coulant). Deformis, e, difforme, hideux. Dehortor, aris (dép. rég.), dissuader, détourner de. Dein, après, puis, ensuite. Deinceps, de suite, dans la suite. Deinde, ensuite, après. Dejicio, is, ĕre (f_eci, fectum_), jeter (à bas), abattre, faire tomber (en frappant); asséner (un coup); deficere loco, déloger d’une position. Delabor, ĕris, i (lapsus sum), glisser, tomber.

Delatus, de defero. Delecto, as (rég.), charmer, amuser, gagner. Delenio, is, ire (rég.), apaiser. Deleo, es, ēre (rég.), détruire, anéantir. Delibo, as (rég.), goûter. Deliciae, arum, f. plur. délices, plaisirs. Deligo, as (rég.), attacher. Deliteo, es, ēre et delitesco, is, ĕre (delitui), se tenir caché. Delphi, orum, m. plur. Delphes (ville). Delus, i, f. Délos. Demaratus, i, m. Démarate (nom propre). Demigro, as (rég.), se retirer (d’un lieu). Demisi, de demitto. Demitto, is, ĕre (misi, missum), baisser; jeter (de haut en bas); se demittere, descendre. Demosthenes, is, m. Démosthène (nom propre). Demum, (adv.) alors seulement, enfin. Denarius, ii, m. denier (monnaie). Denego, as (rég.), refuser. Denique, (adv.) enfin. Dens, dentis, m. dent; défense (du sanglier). Densus, a, um, épais, serré. Denudo, as (rég.), dépouiller (des vêtements). Denuntio, as (rég.), annoncer, signifier. Depello, is, ĕre (puli, pulsum), chasser. Depono, is, ĕre (posui, positum), déposer, mettre à terre, quitter, renoncer à; débarquer. Deprecor, aris (dép. rég.), implorer. Deprehendo, is, ĕre (prehendi, prehensum), trouver, surprendre. Depulsus, de depello. Derideo, es, ēre (risi, risum), railler. Descendo, is, ĕre (scendi, scensum), descendre, entrer dans. Describo, is, ĕre (scripsi, scriptum), tracer; diviser. Desero, is, ĕre (serui, sertum), abandonner. Desertus, a, um, de desero; (adj.) abandonné; désert. Desiderium, ii, n. regret. Desidia, ae, f. paresse. Designo, as (rég.), indiquer, désigner. Desii, de desino. Desilio, is, ire (silii ou silui, sultum), sauter (en bas), se jeter de, s’élancer à bas de. Desino, is, ĕre (desii, desitum), cesser. Desisto, is, ĕre (destiti, destitum), cesser, renoncer à (ab). Desperatio, onis, f. désespoir. Desperatus, de despero; (adj.), désespéré. Despero, as (rég.), désespérer (rem, d’une chose). Despicio, is, ĕre (spexi, spectum), mépriser. Despondeo, es, ĕre (spondi, sponsum), promettre, fiancer. Desponsus, de despondeo. Destino, as (rég.), destiner; fixer; projeter (de faire). Destiti, de desisto. Destringo, is, ĕre (strinxi, strictum), tirer (du fourreau). Desum, dees, deesse (defui), manquer (+datif). Desumo, is, ĕre (sumpsi, sumptum), prendre. Detego, is, ĕre (texi, tectum), découvrir. Deterior, deterius (compar.), plus mauvais, moins solide. Deterreo, es, ēre (terrui, territum), détourner, dissuader. Detestabilis, e, abominable. Detestor, aris (dép. rég.), maudire, exécrer, avoir en horreur. Detineo, es, ēre (tinui, tentum), retenir. Detraho, is, ĕre (traxi, tractum), ôter, enlever. Detrecto, as (rég.), refuser. Detrimentum, i, n. dommage, préjudice. Detrudo, is, ĕre (trusi, trusum), jeter en bas, précipiter. Detuli, de defero. Deturbo, as (rég.), jeter à bas de. Deus, i, m. Dieu; deus, un dieu. Deversor, aris (dép. rég.), loger, aller loger (en voyage). Deverticulum, i, n. chemin de traverse. Deverto, is, ĕre (verti, versum), se détourner (pour aller), venir loger. Devici, de devinco. Devinco, is, ĕre (vici, victum), vaincre (complètement). Devoro, as (rég.). dévorer. Devotus, de devoveo. Devoveo, es, ĕre (vovi, votum), vouer, promettre. Dextera ou dextra, ae, f. main droite. Diana, ae, f. Diane (déesse). Dicio, onis, f. pouvoir. Dico, is, ĕre (dixi, dictum), dire; appeler, nommer, élire; parler (en public). Dictator, oris, m. dictateur. Dictito, as (rég.), dire souvent. Dictum, i, n. parole; bon mot. Dictus, de dico. Didici, de disco. Dies, diei, m. et f. jour, in dies, de jour en jour. Differo, fers, ferre (distuli, dilatum), différer, remettre (à plus tard); (intransitif) être différent. Difficile, (adv.) difficilement (comparatif: difficilius). Difficilis, e, difficile. Difficultas, atis, f. difficulté. Diffido, is, ĕre (fisus sum), ne pas se fier à, se défier de (+datif). Diffundo, is, ĕre (fudi, fusum), répandre, (au passif) s’étendre. Digero, is, ĕre (gessi, gestum), distribuer. Digitus, i, m. doigt. Dignitas, atis, f. dignité, rang. Dignus, a, um, digne. Digredior, dĕris, di (gressus sum), partir, s’éloigner. Dijudico, as (rég.), discerner. Dilanio, as (rég.), déchirer, mettre en pièces. Dilexi, de diligo. Diligenter, (entius, entissime) soigneusement. Diligentia, ae, f. zèle, diligence. Diligo, is, ĕre (lexi, lectum), aimer. Diluculum, i, n. point du jour. Diluvium, ii, n. déluge. Dimico, as (rég.), combattre. Dimidius, a, um, demi; dimidia pars, la moitié. Dimitto, is, ĕre (misi, missum), laisser partir, renvoyer, abandonner, renoncer à. Dinumero, as (rég.), compter. Dionysius, ii, m. Denys (nom propre). Dirigo, is, ĕre (rexi, rectum), diriger, pousser. Diruo, is, ĕre (rui, rutum), démolir, détruire. Discedo, is, ĕre (cessi, cessum), s’éloigner, s’en aller (chacun de son côté), s’entr’ouvrir. Disciplina, ae, f. enseignement, discipline. Disco, is, ĕre (didici, discitum), apprendre, savoir. Discordia, ae, f. discorde. Discordo, as (rég.), se mettre en désaccord. Discrepo, as (rég.), n’être pas d’accord, différer. Discrucio, as (rég.), torturer. Discumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), prendre place à table. Discutio, is (cussi, cussum), dissiper, écarter. Disjungo, is, ĕre (junxi, junctum), séparer. Dispensator, oris, m. intendant. Dispergo, is, ĕre (spersi, spersum), répandre çà et là, disperser. Displiceo, es, ēre (plicui, plicitum), déplaire. Dispono, is, ĕre (posui, positum), arranger, préparer. Dissero, is, ĕre (serui, sertum), discourir. Dissimilis, e, dissemblable, différent. Dissimilitudo, inis, f. dissemblance, différence. Dissimulo, as (rég.), dissimuler. Dissuadeo, es, ēre (suasi, suasum), dissuader, déconseiller. Disto, as, are (sans parfait ni supin), être éloigné. Distraho, is, ĕre (traxi, tractum), tirer en sens divers, déchirer. Distribuo, is, ĕre (bui, butum), répartir, partager. Disturbo, as (rég.), détruire. Ditissimus, superlatif de dives. Diu, longtemps. Diuturnus, a, um, qui dure longtemps, long. Diversus, a, um, contraire, éloigné. Dives, divitis, riche. Divido, is, ĕre (visi, visum), partager. Divinitus, (adv.) par la volonté divine. Divinus, a, um, divin. Divitiae, arum, f. pl. richesses, biens. Dixi, de dico. Do, das, dare (dedi, datum), donner; dare poenas, être puni. Doceo, es, ēre (docui, doctum), enseigner, instruire, montrer (que, infinitif). Doctrina, ae, f. éducation, science. Documentum, i, n. leçon. Dodonaeus, a, um, de Dodone. Dolium, ii, n. tonneau. Dolor, oris, m. douleur, souffrance. Dolose (adv.), artificieusement. Dolus, i, m. ruse, fourberie, stratagème. Domicilium, ii, n. domicile, séjour. Dominatus, ūs, m. pouvoir suprême. Dominus, i, m. maître; le Seigneur, Dieu. Domo, as, are (domui, domitum), dompter, réduire. Domus, ūs (ablatif domo), maison, famille, patrie; domi (locatif), à la maison, dans la paix. Donec, jusqu’à ce que. Dono, as (rég.), donner; gratifier quelqu’un de. Donum, i, n. don, présent, récompense. Dorienses, ium, m. pl. les Doriens (peuple). Dormio, is, ire (rég.), dormir. Dorsum, i, n. dos. Dos, dotis, f. dot. Dubitatio, onis, f. hésitation. Dubito, as (rég.), hésiter à (+infinitif); non dubitare quin, ne pas douter que. Dubium, ii, n. doute. Dubius, a, um, douteux. Ducenti, ae, a, deux cents. Duco, is, ĕre (duxi, ductum), conduire, tirer, commander; ducere uxorem, se marier, épouser; ducere funus, célébrer les funérailles. Ductor, oris, m. conducteur. Duilius, ii, m. Duilius (nom propre). Dulcis, e, doux, cher. Dum (conj. avec indicatif), pendant que, tandis que, jusqu’à ce que; (avec subjonctif) jusqu’à ce que, pourvu que. Dummodo, (conj.) pourvu qu Dumus, i, m. buisson. Duo, ae, o, deux. Duodecim, douze. Duplex, icis, double. Duplico, as (rég.), doubler. Duplus, a, um, double. Durus, a, um, dur. Dux, ducis, m. guide, chef, général.

E

E (ou ex), de, hors de; depuis; d’après. Ebrius, a, um, ivre. Ebur, oris, n. ivoire. Eburneus, a, um, d’ivoire. Ecbatana, orum, n. plur. Ecbatane (ville). Ecce (interj.), voici, voilà (que). Eculeus, i, m. chevalet (de torture). Edico, is, ĕre (dixi, dictum), ordonner (par édit). Edisco, is, ĕre (edidici, ediscitum), apprendre par coeur. 1. Edo, is, ĕre ou esse (edi, esum), manger. 2. Edo, is, ĕre (edidi, editum), faire entendre, proférer. 1. Educo, as (rég.), élever (un enfant). 2. Educo, is, ĕre (duxi, ductum), mener dehors, faire sortir, emmener, retirer; dégainer (une épée). Effero, fers, ferre (tuli, latum), emporter, transporter (de joie); rendre fier; efferre laudibus, vanter. Efficio, is, ĕre (feci, fectum), effectuer, produire, réaliser. Effigies, iei, f. image, portrait. Efflo, as (rég.), pousser en soufflant; rendre; efflare animam, rendre l’âme. Effluo, is, ĕre (fluxi, fluxum), s’écouler. Effodio, is, ĕre (fodi, fossum), creuser, extraire. Effossus, de effodio. Effugio, is, ĕre (fugi, fugitum), échapper à (+accusatif). Effundo, is, ĕre (fudi, fusum), répandre, verser, produire (en abondance). Effusus, de effundo. Effutio, is, ire (rég.), dire (inconsidérément). Egenus, a, um, indigent. Egeo, es, ēre (egui), être pauvre, être dans le besoin. Egeria, ae, f. Egérie (nom propre). Egero, is, ĕre (gessi, gestum), retirer, extraire. Egestas, atis, f. besoin, privation. Egestus, de egero. Ego, mei, moi, je. Egredior, deris, di (gressus sum), sortir. Egregie (adv.), remarquablement. Egregius, a, um, remarquable, éminent. Egressus, de egredior. Ejeci, de ejicio. Ejicio, is, ĕre (jeci, jectum), jeter (hors), rejeter, chasser. Elabor, beris, bi (elapsus sum), s’écouler (en parlant du temps). Elanguesco, is, ĕre (elangui), s’affaiblir. Elapsus de elabor. Elatus, de effero. Eleganter, (adv.) bien, honorablement. Elegi, de eligo. Elephantus, i et elephas, phantis, m. éléphant. Elido, is, ĕre (elisi, elitum), écraser, briser. Eligo, is, ĕre (legi, lectum), choisir (comme). Eloquens, entis, éloquent. Eloquentia, ae, f. éloquence. Eluceo, es, ĕre (luxi), briller. Emergo, is, ere (mersi, mersum), sortir, (de l’eau). Emineo, es, ēre (ui), s’élever au-dessus des autres; sortir; être saillant, proéminent; se montrer. Emisi, de emitto. Emitto, is, ĕre (misi, missum), faire sortir, lancer, lâcher; émettre, faire entendre. Emo, is, ĕre (emi, emptum), acheter. Emptor, oris, m. acheteur. Emptus, de emo. En (interj.), voici (que). Enarro, as (rég.), raconter (en détail). Enascor, eris, i (enatus sum), naître (de). Enim, car; en effet. Ensis, is, m. épée, glaive. 1. Eo (adv.), là (avec mouvement). 2. Eo (ablatif de is). 3. Eo, is, ire (ivi, itum), aller, marcher. Eodem, (adv.) au même endroit (avec mouvement). Ephori, orum, m. pl., les Ephores (magistrats de Lacédémone). Epigramma, atis, n. inscription. Epirotae, arum, m. pl. les Epirotea (peuple). Epulae, arum, i. plur. festin. Epulor, aris, (dép. rég.), manger, banqueter. Eques, itis, m. cavalier; chevalier (romain). Equestris, e, équestre. Equidem, (adv.) certes, à la vérité Equitatus, ūs, m. cavalerie. Equito, as (rég.), aller à cheval. Equus, i, m. cheval. Erectus de erigo. Erexi, de erigo. Erga, (prép. avec accusatif), envers. Ergo, donc. Erigo, is, ĕre (rexi, rectum), élever, relever; tenir droit; dresser. Eripio, is, ĕre (ripui, reptum), retirer, enlever; eripere se, se soustraire à. Ero, de sum. Erro, as (rég.), errer. Error, oris, m. détour (qui égare); erreur. Eruca, ae, f. chenille. Erudio, is, ire (rég.), instruire, former. Erumpo, is, ĕre (rupi, ruptum), se précipiter (hors de); jaillir; pousser; éclater. Eruo, is, ĕre (ui, utum), arracher. Esaus, i, m. Esaü (nom propre). Esca, ae, f. nourriture. Esse, de sum et de edo 1. Esto, estote, impératif de sum. Esurio, is, ire (ii), avoir faim. Et (conj.), et; même, aussi. Etenim (conj.), en effet. Etiam, même; aussi, encore. Etiamsi, quand même, même si. Etruria, ae, f. Étrurie (contrée). Etruscus, a, um, d’Étrurie, étrusque; Etrusci, orum, m. plur. les Étrusques. Etsi, même si; quoique. Eunti, euntibus, de eo 3. Europa, ae, f. Europe (contrée). Eurotas, ae, m. Eurotas (fleuve). Eurybiades, is, m. Eurybiade (nom propre). Eurydice, es, f. Eurydice (nom propre). Eurystheus, i, m. Eurysthée (nom propre). Eva, ae, f. Ève (nom propre). Evado, is, ĕre (vasi, vasum), s’échapper, parvenir. Evenio, is, ire (veni, ventum), arriver, avoir lieu. Eventus, ūs, m. résultat. Everto, is, ĕre (verti, versum), renverser, détruire. Evoco, as (rég.), appeler, faire venir. Evolo, as (rég.), s’envoler. Evolvo, is, ĕre (volvi, volutum), dérouler, raconter. Ex (prép. avec ablatif), voir e. Exactor, oris, m. celui qui exige; exécuteur. Exagito, as (rég.), poursuivre, tourmenter. Exanimo, as (rég.), ôter la vie, tuer; glacer (d’épouvante); exanimalus, mourant, mort, épuisé. Exaresco, is, ĕre (arui), se dessécher, (entièrement). Exaro, as (rég.), nettoyer en labourant. Exaudio, is, ire (rég.), entendre (de loin). Excedo, is, ĕre (cessi, cessum), sortir, dépasser. Excello, is, ere (cellui), l’emporter; exceller. Excelsus, a, um, élevé, noble. Exceptus, a, um, de excipio. Excessi, de excedo. Excido, is, ĕre (cidi), tomber (hors de), s’échapper (de). Excipio, is, ĕre (cepi, ceptum), recevoir, recueillir, accueillir; prendre, surprendre; soutenir (un choc), arrêter (une attaque); excepter. Excito, as (rég.), éveiller. Excitus, a, um, éveillé. Exclamo, as (rég.), crier, s’écrier. Excusatio, onis, f. justification, excusa. Excussus, de excutio. Excutio, is, ĕre (cussi, cussum), renverser. Exemplum, i, n. exemple, modèle. Exeo, is, ire (ivi, itum), sortir. Exerceo, es, ēre (cui, citum), pratiquer (un métier); (au passif) s’exercer. Exercitatio, onis, f. exercice; pratique; adresse. Exercitatus, a, um, exercé, expérimenté. Exercitus, ūs, m. armée. Exhaurio, is, ire (hausi, haustum), épuiser, Exhaustus, de exhaurio., Exhibeo, es, ēre (bui, bitum), montrer, présenter. Exigo, is, ĕre (exegi, exactum), passer (le temps); tirer (un châtiment) de. Exiguus, a, um, petit. Exii, de exeo. Exilis, e, mince, grêle. Eximius, a, um, remarquable, rare. Exire, de exeo. Existimatio, onis, f. opinion, jugement. Existimo, as (rég.), juger, croire. Exitium, ii, n. ruine, destruction, Exitus, ūs, m. sortie; fin; mort. Exorior, oreris, oriri (ortus sum), naître, éclater, s’élever; devenir. Exorno, as (rég.), orner. Exoro, as (rég.), fléchir (par prières). Exortus, de exorior. Expedio, is, ire (rég.), dégager, délivrer, fournir, préparer. Expeditus, de expedio; (adj.) dispos, rapide. Expello, is, ĕre (puli, pulsum), chasser, bannir. Expergefacio, is, ĕre (feci, factum), éveiller. Expergiscor, ĕris, i (experrectus sum), se réveiller. Experior, iris, iri (expertus sum), essayer, éprouver. Experrectus, de expergiscor. Expiatio, onis, £. expiation. Expio, as (rég.), purifier, expier, réparer. Expleo, es, ēre (rég.), remplir; étancher (la soif). Explicatus, de explico. Explico, as, are (avi et ui, atum et itum), raconter, exposer; explicare se, se tirer (d’une difficulté). Explorator, oris, m. éclaireur. Exploro, as (rég.), observer, épier, reconnaître. Expono, is, ĕre (posui, positum), abandonner, exposer (un enfant); montrer, expliquer, raconter. Expositio, onis, f. abandon, exposition (d’un enfant). Exposui, de expono. Exprimo, is, ĕre (pressi, pressum), presser (le jus d’une grappe); exprimer; représenter. Exprobro, as (rég.), reprocher. Expugno, as (rég.), prendre (une ville). Expuli, de expello. Expulsus, de expello. Exquiro, is, ĕre (quisivi, quisitum), chercher (avec soin), demander. Exquisitus, de exquiro; (adj.) choisi, raffiné. Exsecratus, de exsecror; (adj.) maudit. Exsecror, aris (dép. rég.), détester. Exsequiae, arum, f. plur. funérailles. Exsequor, eris, i (secutus sum), exécuter. Exsero, is, ĕre (serui, sertum), sortir, tirer (la langue). Exsilio, is, ire (ii ou ui), sauter, bondir; s’élancer (dehors); tressaillir. Exsilium, ii, n. exil. Exsisto, is, ĕre (exstiti), s’élever; apparaître, se montrer (sortir). Exsolvo, is, ĕre (solvi, solutum), payer, subir (une peine). Exspectatio, onis, f. attente; curiosité Exspecto, as (rég.), attendre. Exspiro, as (rég.), expirer, rendre le dernier soupir. Exstinguo, is, ĕre (stinxi, stinctum), éteindre; faire mourir; exstinctus, mort. Exstiti, de exsisto et de exsto. Exsto, as, are (stiti, statum), être saillant. Exstruo, is, ĕre (struxi, structum), bâtir, construire. Exsul, ulis, m. exilé, banni. Exsulo, as (rég.), s’expatrier. Exsultans, antis, sautant, joyeux. Exta, orum, n. plur. entrailles (des victimes). Exemplo, (adv.) sur-le-champ, aussitôt. Extendo, is, ĕre (tendi, tensum ou tentum), étendre, allonger. Extermino, as (rég.), chasser. Exterreo, es, ēre (terrui, territum), épouvanter. Extollo, is, ĕre (extuli, elatum), vanter. Extra (prép. avec accusatif), hors de. Extraho, is, ĕre (traxi, tractum), retirer, extraire. Extremus, a, um, extrême (qui est à l’extrémité (G. 117); dernier. Extuli, de effero. Exuo, is, ĕre (exui, exutum), dépouiller.

F

Fabella, ae, f. petit récit, fable. Fabius, ii, m. Fabius (nom propre). Fabricius, ii, m. Fabricius (nom propre). Fabricor, aris (dép. rég.). façonner, forger. Fabula, ae, f. récit, fable. Facile (adv.), facilement. Facilis, e, facile. Facinorosus, a, um, criminel. Facinus, oris, n. action; crime Facio, is, ĕre (feci, factum), faire, agir. Factum, i, n. fait, action. Factus, voir fio, et facio. Facultas, atis, f. possibilité, permission; au plur. richesses. Facundus, a, um, éloquent. Fagus, i, f. hêtre. Falerii, iorum, m. plur. Faléries (ville). Falisci, orum, m. plur. les Falisques (peuple). Fallo, is, ĕre (fefelli, falsum), tromper, échapper aux regards de (+accusatif); fallere fidem, violer la foi jurée. Falso (adv.), à faux, à tort. Falsus, a, um, faux. Fama, ae, f. bruit, renommée; fama est, on raconte que. Fames, is, f. faim, famine, disette. Familia, ae, f. famille. Familiaris, e, ami, intimé, familier; res familiaris, les biens, la fortune. Familiariter, (adv.) familièrement. Famulus, i, m. serviteur. Fanum, i, n. sanctuaire. Fastus, a, um, faste. Fatalis, e, fatal. Fateor, ēris, ri (fassus sum), avouer. Fatigo, as (rég.), fatiguer. Fatum, i, n. destin. Fauces, ium, f. plur. gorge, gueule. Faustulus, i, m. Faustulus (nom propre) Faustus, a, um, heureux, prospère. Fautor, oris, m. partisan, protecteur. Faveo, es, ĕre (favi, fautum), favoriser (+datif), être favorable à. Feci, de facio. Fecundus, a, um, fertile. Fefelli, de fallo. Fel, fellis, n. fiel. Felicitas, atis, f. bonheur, félicité. Felix, icis, heureux. Femina, ae, femme. Fenestra, ae, f. fenêtre. Fera, ae, f. bête sauvage. Ferax, acis, fertile. Fere (adv.), presque, à peu près. Feriae, arum, f. plur. vacances, congé. Ferio, is, ire (sans parfait ni supin), frapper. Fero, fers, ferre (tuli, latum), porter, supporter; comporter; établir (une loi); rapporter, raconter, dire; prae se ferre, montrer, afficher (aux yeux de tous). Ferox, ocis, fougueux, fier, violent. Ferreus, a, um, de fer, en fer. Ferrum, i, n. fer, glaive, couteau. Fertilis, e, fertile. Ferus, a, um, sauvage, rude, fougueux. Ferveo, es, ere (ferbui), être chaud. Fervidus, a, um, ardent, bouillant. Fessus, a, um, fatigué. Festinatio, onis, f. hâte. Festino, as (rég.), se hâter. Festus, a, um, de fête. Fictilis, e, d’argile. Ficus, ūs ou i, f. figuier. Fidelis, e, sûr, fidèle, à qui on peut se fier. Fidenter, (adv.) avec assurance. Fides, ei, f. foi, sincérité; loyauté, honnêteté; croyance; fidem facere, donner crédit, faire croire; fidem adhibere, ajouter foi, croire; fidem datam fallere, violer la loi jurée, manquer à sa parole. Fides, fidium, f. plur. cordes de la lyre, lyre. Fido, is, ĕre (fisus sum), avoir confiance (dans, +datif). Fiducia, ae, f. confiance, assurance. Fidus, a, um, sûr, fidèle. Figo, is, ĕre (fixi, fixum), attaches. Figura, ae, f. forme. Filia, ae, f. fille. Filius, ii, m. fils. Filum, i, n. fil. Fingo, is, ere (finxi, fictum), façonner, sculpter; feindre, contrefaire; fingere animo, imaginer, se représenter (par l’imagination). Finio, is, ire (rég.), finir, terminer. Finis, is, m. f. fin, terme. Finitimus, a, um, voisin, limitrophe. Fio, fis, fiĕri, (factus sum), devenir, être fait, se faire. Firmo, as (rég.), fortifier, rendre solide. Firmus, a, um, solide. Fixus, de figo. Flagellum, i, n. fouet. Flagitiosus, a, um, infâme. Flagitium, ii, n. action honteuse. Flamen, inis, m. flamine (prêtre romain). Flecto, is, ĕre (flexi, flexum), plier; fléchir, adoucir. Fleo, es, ĕre (rég.), pleurer. Flexi, de flecto. Flexus, ūs, m. détour. Flo, as (rég.), souffler. Floreo, es, ēre (florui), être florissant. Flos, floris, m. fleur. Fluito, as (rég.), flotter surnager. Flumen, inis, n. cours d’eau, fleuve. Fluo, is, ĕre (fluxi, fluxum), couler. Fluvius, ii, m. rivière. Foculus, i, m. foyer, brasier. Focus, i, m. foyer. Fodio, is, ĕre (fodi, fossum), creuser. Foede (adv.), horriblement. 1. Foedus, a, um, laid, affreux. 2. Foedus, eris, n. traité, alliance. Folium, ii, n. feuille. Fons, fontis, m. source, fontaine. Fore, forem, de sum. Fores, forium, f. plur. porte. Forma, ae, f. forme, apparence; figure (de géométrie). Formica, ae, i. fourmi. 1. Formido, as (rég.), redouter. 2. Formido, dinis, f. crainte, effroi. Formo, as (rég.), former, façonner. Fortasse (adv.), peut-être. Forte (adv.), par hasard, peut-être, justement. Fortis, e, brave, courageux. Fortiter (adv.), courageusement. Fortitudo, inis, f. courage, bravoure, fermeté. Fortuna, ae, f. fortune, sort, succès. Forum, i, n. place publique, le (à Rome). Fovea, ae, f. fosse. Fractus, de frango. Fragor, oris, m. bruit, fracas. Frango, is, ĕre (fregi, fractum), briser, abattre; calmer. Frater, tris, m. frère. Fraus, fraudis, f. mauvaise foi, fraude, tort. Fregi, de frango. Frequens, entis, nombreux. Frequenter (adv.), en grand nombre. Frequentia, ae, f. affluence, foule. Fretum, i, n. détroit. Frigus, goris, n. froid. 1. Frons, frondis, f. feuillage. 2. Frons, frontis, f. front. Fructuosus, a, um, avantageux. Fructus, ūs, m. fruit, produit. Fruges, gum, f. plur. récoltes, céréales. Frumentum, i, n. blé. Fruor, ĕris, i (fruitus sum), jouir de. Frustra (adv.), en vain. Fruticetum, i, n. fourré, lieu plein de broussailles. Fudi, de fundo. Fuga, ae , f. fuite. Fugio, is, ĕre (fugi, fugitum), fuir. Fugo, as (rég.), mettre en fuite. Fulmen, inis, n. foudre. Fumus, i, m. fumée. Funale, is, n. torche. Funda, ae, f. fronde. Fundamentum, i, n. fondement. Fundo, is, ĕre (fudi, fusum), verser, répandre; faire entendre; produire; mettre en déroute. Fungor, eris, i (functus sum), s’acquitter de. Funus, eris, n. funérailles. Furax, acis, n. enclin au vol. Furca, ae, f. fourche. Furius, ii, m. Furius (nom propre). 1. Furor, aris (rég. dép.), voler. 2. Furor, oris, m. folie, accès de folie. Furtum, i, n. vol, larcin. Fustis, is, m. bâton. Fusus, de fundo. Futurus, a, um, de sum; (adj.) futur.

G

Gabelus, i, m. Gabelus (nom propre). Galea, ae, f. casque. Galli, orum, m. plur. les Gaulois. Gaudeo, es, ēre (gavisus sum), se réjouir. Gaudium, ii, n. joie. Gavisus, de gaudeo. Gelidus, a, um, glacé, frais. Geminatus, a, um, doublé, double. Geminus, a, um, double. Gemitus, ūs, m. gémissement, lamentations, cri (d’un oiseau). Gemma, ae, f. bourgeon. Gemo, is, ĕre (ui, itum), gémir. Gener, eri, m. gendre. Gens, gentis, f. famille; nation, peuple Genui, de gigno. Genus, eris, n. sorte, genre, race, origine. Gero, is, ere (gessi, gestum), porter, faire, diriger; exercer (une charge); gerere se, se conduire. Gesto, as (rég.), porter. Gestus, de gero; res gestae, les actions, l’histoire; res praeclare gestae, les exploits. Geta, ae, m. Géta (nom propre). Gibber, eris, n. bosse. Gigas, gigantis, m. géant. Gigno, is, ĕre (genui, genitum), mettre au monde. Gladiator, oris, m. gladiateur. Gladius, ii, m. glaive, épée. Glomus, eris, n. pelote. Gloria, ae, f. gloire, honneur. Glorior, aris (dép. rég.), être fier, se glorifier de. Gloriosus, a, um, glorieux. Gluten, inis, n. colle. Goliathus, i, m. Goliath (nom propre). Gordius, ii, m. Gordius (nom propre). Gracchus, i, m. Gracchus (nom propre). Gradus, ūs, m. pas, marche; rang, degré d’un théâtre. Graecia, ae, f. la Grèce (contrée). Graecus, a, um, grec; plur. les Grecs. Gramen, inis, n. gazon. Grandis, e, grand; grandis natu, (homme) avancé en âge. Gratia, ae, f. reconnaissance; remerciement; bonne entente; faveur; referre gratiam alicui, s’acquitter envers qqn (d’une dette de reconnaissance); gratias agere, remercier (+datif); gratiā, en vue de (+génitif). Gratulor, aris (dép. rég.), féliciter (+datif), gratulari alicui rem, féliciter qqn de qqe chose. Gratus, a, um, agréable, reconnaissant. Gravis, e, pesant, grave, important; dur, difficile, pénible. Gravitas, atis, f. gravité, dignité. Graviter, (adv.) gravement, fortement. Gravo, as (rég.), alourdir. Gregis de grex. Grex, gregis, f. troupeau, troupe. Grus, gruis, f. grue (oiseau). Gurges, itis, m. gouffre, eau profonde. Gusto, as (rég.), goûter. Gustus, ūs, m. goût. Gyges, ae, m. Gygès (nom propre).

H

Habeo, es, ēre (ui, itum), avoir, posséder; regarder comme, (au passif) passer pour; traiter (qqn bien ou mal); se habere, être, se porter. Habilis, e, commode (à tenir). Habito, as (rég.), habiter. Habitus, ūs, m. maintien, attitude. Haec, fém. ou neutre plur. de hic. Haedus, i, m. chevreau. Haereo, es, ēre (haesi, hasum), être fixé, rester attaché; se trouver arrêté. Halitus, ūs, m. souffle, haleine. Hamus, i, m. hameçon. Hannibal, alis, m. Hannibal (nom propre). Hanno, onis, m. Hannon (nom propre). Harmodius, ii, m. Harmodius (nom propre). Harundo, inis, f. roseau. Harundinetum, i, n. lieu couvert de roseaux. Haruspex, icis, m. haruspice. Hasta, ae, f. javelot, trait, lance. Haud, non, ne pas, pas. Haurio, is, ire (hausi, haustum), puiser, humer, boire. Hebraeus, a, um, hébreu; au plur. les Hébreux (peuple). Hector, oris, m. Hector (nom propre). Heli (indéclinable), Héli (nom propre). Herba, ae, f. herbe, légume. Herbula, ae, f. brin d’herbe. Hercules, is, m. Hercule (nom propre). Hercynia (ae) silva (ae), f. la forêt Hercynienne (en Germanie). Hereditarius, a, um, héréditaire, d’héritage. Hereditas, atis, f. héritage. Heres, edis, m. héritier. Heri (adv.), hier. Herodotus, i, m. Hérodote (nom propre). Heros, ois, m. héros, demi-dieu. Herus, i, m. maître (de maison). Hians, antis, (de hio), ouvert. Hiatus, ūs, m. crevasse, ouverture. Hiberna, orum, n. plur. quartiers d’hiver. 1. Hic, haec, hoc, ce, cet, celui-ci. 2. Hic (adv.), ici. Hiems, hiemis, f. hiver. Hiero, onis, m. Hiéron (nom propre)« Hilaris, e, joyeux, riant. Hilota, ae, m. Ilote. Hinc (adv.), d’un côté, d’ici. Hipparchus, i, m. Hipparque (nom propre). Hippia, ae, m. Hippias (nom propre). Hippodamia, ae, f. Hippodamie (nom propre). Hippolytus, i, m. Hippolyte (nom propre). Hircus, i, m. bouc. Hirundo, inis, f. hirondelle. Hisco, is, ĕre (sans parfait ni supin), ouvrir la bouche (pour parler). Hispanus, a, um, d’Espagne, espagnol. Hodie (adv.), aujourd’hui. Homerus, i, m. Homère (nom propre). Homicidium, ii, n. homicide, meurtre. Homo, inis, m. homme. Honestas, atis, f. honneur, probité. Honesto, as (rég.), orner, parer. Honestus, a, um, honorable, noble. Honor, oris, m. honneur, charge. Honoratus, a, um, de honoro; (adj.) honoré. Honorifice (adv.), avec honneur. Honoro, as (rég.), honorer. Hora, ae, f. heure. Horatius, ii, m. Horace (nom propre). Horrendus, a, um, terrible, horrible. Horreo, es, ēre (ui), être hérissé. Horreum, i, n. grenier, magasin. Horror, oris, m. frisson, horreur. Hortor aris, (rég. dép.), exhorter, engager (à, ut ou ad). Hortus, i, m. jardin. Hospes, itis, m. hôte, ami, étranger. Hospitalis, e, hospitalier. Hospitium, ii, n. hospitalité. Hostia, ae, f. victime. Hostilis, e, de l’ennemi, ennemi, hostile. Hostiliter, (adv.) en ennemi. Hostilius, ii, m. Hostilius (nom propre). Hostis, is, m. ennemi. Huc (adv.), là (avec mouvement). Hujusmodi, de cette sorte (voir modus). Humanitas, atis, f. humanité, bonté. Humanus, a, um, d’homme, humain. Humerus, i, m. épaule. Humus, i, f. sol, terre; humi, à terre. Hydarnes, is, m. Hydarnès (nom propre). Hydra, ae, f. hydre (serpent). Hymettus, i, m. l’Hyraette (montagne).

I

ibam, ibo, de eo. Ibi (adv.), là. Ibycus, i, m. Ibycus (nom propre). 1. Ictus, a, um, frappé; ictum foedus, traité conclu. 2. Ictus, ūs, m. coup. Idcirco (adv.), pour cela; idcirco ut, précisément pour que. Idem, eadem, idem, le même, la même. Identidem (adv.), de temps en temps. Ideo (adv.), pour cela, pour cette raison. Igitur, (adv.) donc. Ignavia, ae, f. lâcheté. Ignavus, a, um, lâche. Igneus, a, um, de feu. Ignis, is, m. feu. Ignominia, ae, f. ignominie, honte. Ignoro, as (rég.), ignorer. Ignosco, is, ĕre (novi, notum), pardonner (mais voir ignotus). Ignotus, a, um, inconnu. Ille, illa, illud, ce, cette; celui-là; celle-là. Illo (adv.), là (avec mouvement, mais voir ille). Illuc (adv.), là (avec mouvement). Illucesco, is, ĕre (luxi), commencer à faire jour, briller. Illustris, e, glorieux, célèbre. Illuxi, de illucesco. Imago, inis, f. apparence. Imbellis, e, lâche. Imber, bris, m. pluie. Imbuo, is, ĕre (ui, utum), imprégner, pénétrer. Imitor, aris (dép. rég.), imiter. Immanis, is, e, horrible, énorme. Immaturus, a, um, prématuré, déplacé. Immemor, oris, qui ne se souvient pas, oublieux de (+génitif). Immineo, es, ĕre (sans parfait ni supin), être prochain, imminent, menacer. Imminuo, is, ĕre (ui, utum), diminuer. Immitto, is, ĕre (misi, missum), envoyer (vers ou contre), lancer dans. Immo (adv.), bien plus, et même. Immobilis, e, immobile. Immoderatus, a, um, déréglé. Immolo, as (rég.), immoler. Immortalis, e, immortel. Immuto, as (rég.), changer, modifier. Imo, voir immo. Impar, aris, inégal, inférieur. Impatiens, entis, qui ne peut supporter, impatient. Impedio, is, ire (rég.), gêner, empêcher (ne, que ou de), G.C. 278, 279. Impendeo, es, ĕre (sans parfait ni supin), être imminent. Imperator, oris, m. général. Imperatum, i, n. ordre. Imperium, ii, n. autorité, pouvoir; commandement; empire. Impero, as (rég.), commander (+datif), ordonner. Impertio, is, ire (rég.), faire part de, donner. Impetro, as (rég.), obtenir. Impetus, ūs, m. élan, choc, attaque; impetum facere in, se jeter sur. Impiger, gra, grum, diligent. Impius, a, um, impie, sacrilège. Impleo, es, ēre (rég.), emplir, remplir. Implico, as, are (ui, atum ou itum), entrelacer, envelopper; (au passif) être atteint (d’une maladie). Impono, is, ĕre (posui, positum), mettre sur ou dans. Importunus, a, um, insupportable. Impositus, de impono. Impotens, entis, qui n’est pas maître de. Imprimis (adv.), principalement. Improbe (adv.), mal, malhonnêtement. Improbus, a, um, malhonnête, pervers. Improviso (ex), à l’improviste. Imprudens, entis, qui ne fait pas exprès: imprudens occidi, j’ai tué par mégarde. Imprudenter (adv.), imprudemment, par ignorance. Impudentia, ae, f. effronterie, impudence. Impugno, as (rég.), attaquer. Impunitas, atis, f. impunité. Imus, a, um, qui est au bas, au fond (G. 117). In (prép. avec ablatif ou accusatif), dans, sur; envers (avec accusatif). Incalesco, is, ĕre (calui), s’échauffer. Incedo is, ĕre (cessi, cessum), marcher, s’avancer, pénétrer, s’établir dans; saisir (l’esprit). Incendo, is, ĕre (cendi, censum), brûler, enflammer, incendier. Inceptum, i, n. entreprise, projet. Inceptus, de incipio. Incertus, a, um, incertain, mal assuré, ne sachant pas. Incessi, de incedo. 1. Incido, is, ĕre (cidi), tomber dans ou sur, rencontrer. 2. Incido, is, ĕre (cidi, cisum), graver. Incipio, is, ĕre (cepi, ceptum), commencer. Incisus, de incido 2. Incitatus, de incito; (adj.), rapide. Incito, as (rég.), exciter, pousser. Inclamo, as (rég.), pousser un cri, crier (ut, de, infinitif). Inclino, as (rég.), pencher, incliner. Inclitus, a, um, célèbre, illustre. Includo, is, ĕre (clusi, clusum), enfermer. Inclusus, de includo. Incola, ae, m. habitant. Incolumis, e, sain et sauf. Incommodus, a, um, incommode. Inconsiderate (adv.), inconsidérément, sans réflexion. Inconsultus, a, um, inconsidéré. Incredibilis, e, incroyable. Increpo, as, are (ui, itum), retentir; gourmander, réprimander. Incubo, as, are (cubui, cubitum), être couché sur ou contre. Incursio, onis, f. incursion. Incus, udis, f. enclume. Incutio, is, ĕre (cussi, cussum), frapper, asséner. Inde (adv.), de là, d’un côté, ensuite. Index, dicis, m. dénonciateur, signe. Indicium, ii, n. dénonciation, indication, indice, preuve. 1. Indico, as (rég.), révéler, dénoncer. 2. Indico, is, ĕre (dixi, dictum), annoncer, déclarer (la guerre). Indigeo, es, ēre (ui), avoir besoin de. Indignatio, onis, f. indignation. Indignitas, atis, f. indignité. Indignor, aris (dép. rég.), s’indigner, être indigné (de ce que, +infinitif ou quod). Indignus, a, um, indigne de. Indoles, is, f. naturel, caractère. Induco, is, ĕre (duxi, ductum), introduire. Indulgens, entis, indulgent, faible. Induo, is, ĕre (ui, utum), vêtir, revêtir, mettre. Industria, ae, f. activité; de industria, à dessein, exprès. Industrius, a, um, actif, zélé. Ineo, is, ire (ivi, itum, de eo), entrer dans, commencer; se rendre (à un banquet); inire consilium, prendre une résolution. Inermis, e, non armé, sans armes. Infandus, a, um, affreux, abominable. Infans, antis, m. petit enfant, bébé. Infantia, ae, f. première enfance. Infectus, de inficio. Infelix, icis, malheureux Infensus, a, um, hostile. Inferi, orum, m. plur. les enfers (séjour des morts). Inferiae, arum, f. plur. victime (offerte aux mânes). Infero, fers, ferre (tuli, illatum), lancer, introduire dans; inferre bellum, faire la guerre à (+datif). Infesto, as (rég.), attaquer, ravager, dévaster. Infestus, a, um, menaçant, ennemi, hostile. Inficio, is, ĕre (feci, fectum), imprégner, infecter, gâter. Infidus, a, um, infidèle. Infigo, is, ĕre (fixi, fixum), enfoncer, graver. Infimus, a, um, le plus bas, qui est en bas (G. 117). Infirmus, a, um, faible. Infixus, de infigo. Inflammo, as (rég.), enflammer. Inflo, as (rég.), souffler dans, enfler, gonfler. Infra (prép. avec accusatif), au-dessous de. Infula, ae, f. bandelette (ornement sacré). Ingemisco, is, ere et ingemo, is, ĕre (ui, itum), gémir, pousser un gémissement. Ingenium, ii, n. esprit, intelligence, caractère. Ingens, entis, grand. Ingratus, a, um, ingrat. Ingravesco, is, ĕre (sans parfait ni supin), s’aggraver. Ingredior, dĕris, di (gressus sum), entrer; ingredi domum, entrer dans une maison. Ingressus, de ingredior. Inimicitia, ae, f. inimitié, haine. Inimicus, a, um, ennemi. Inire, de ineo. Initium, ii, n. commencement. Injectus, de injicio. Injicio, is, ĕre (jeci, jectum), jeter ou mettre sur, inspirer (un sentiment). Injuria, ae, f. injustice, tort, mauvais traitement. Injussu, sans l’ordre ou contre l’ordre de. Innocens, entis, innocent. Innotesco, is, ĕre (notui), être connu. Innoxius, a, um, innocent. Innumerabilis, e, innombrable. Inopia, ae, f. disette. Inopinans, antis, pris au dépourvu, surpris. Inops, opis, pauvre, misérable. Inquam (inquis, inquit, G. 85), dis-je, dis-tu, dit-il. Insania, ae, f. folie. Inscendo, is, ĕre (scendi, scensum), monter sur. Insecutus, de insequor. Insedi, de insideo et insido. Insequor, ĕris, i (secutus sum), suivre, venir après; poursuivre. Insero, is, ĕre (serui, sertum), mettre (+datif, dans, sur, à), introduire. Insideo, es, ēre (sedi, sessum), être assis sur. Insidiae, arum, f. plur. embûches. Insidior, aris (dép. rég.), tendre des embûches. Insido, is, ĕre (sedi, sessum), s’asseoir. Insigne, is, n. signe, ornement. Insignis, e, particulier, remarquable; grand, illustre. Insilio, is, ire (ui ou ii), s’élancer, sauter sur ou dans. Insinuo, as (rég.), glisser (transitif). Insinuer. Insisto, is, ĕre (stiti, stitum), donner des soins à; se mettre en devoir de (faire). Insitus, de insero; (adj.), naturel, inné. Insolenter (adv.), insolemment. Inspecto, as (rég.), regarder. Inspicio, is, ĕre (spexi, spectum), regarder attentivement, examiner. Instar (indéclinable), équivalent; (avec génitif) comme. Institi, de insisto et de insto. Instituo, is, ĕre (ui, utum), établir, organiser, construire. Institutum, i, n. institution, usage. Insto, as, are (stiti, statum), approcher, serrer de près (l’ennemi, datif); insister. Instructus, de instruo. Instrumentum, i, n. attirail, instruments. Instruo, is, ĕre (uxi, uctum), ranger, disposer; pourvoir de, munir. Insula, ae, f. île. Insuper (adv.), en outre. Intactus, a, um, non touché, intact. Integer, gra, grum, intact, non blessé; de integro, de nouveau, de plus belle. Intellego, is, ĕre (lexi, lectum), comprendre, s’apercevoir (de ou que). Intendo, is, ĕre (tendi, tentum), appliquer; intendere animum ad, s’appliquer à. Intentus, a, um, attentif, aux aguets. Inter (prép. avec accusatif), entre, parmi. Intercipio, is, ĕre (cepi, ceptum), arrêter (au passage par surprise); prendre. Intercludo, is, ĕre, (clusi, clusum), fermer, barrer. Interdum (adv.), de temps en temps. Interea (adv.), pendant ce temps. Interemi, de interimo. Intereo, is, ire (ii, itum, comp. de eo), mourir. Interesse, de intersum. Interfector, oris, m. meurtrier, assassin. Interficio, is, ĕre (feci, factum), tuer. Interfui, de intersum. Interim (adv.), pendant ce temps, cependant. Interimo, is, ĕre (emi, emptum), faire mourir, tuer. Interire, de intereo. Interitus, ūs, m. mort. Interjectus, a, um, placé entre, écoulé. Intermitto, is, ĕre (misi, missum), interrompre. Internecio, onis, f. carnage. Interpello, as (rég.), interrompre. Interpono, is, ĕre (posui, positum), placer entre, interposer. Interpres, etis, m. interprète (qui explique). Interpretatio, onis, f. explication, sens. Interpretor, aris (dép. rég.), expliquer, estimer (que). Interritus, a, um, non effrayé, intrépide. Interrogo, as (rég.), interroger, demander. Interrumpo, is, ĕre (rupi, ruptum), rompre, couper. Intersum, es, esse (fui), assister, se mêler à. Intervallum, i, n. intervalle, distance. Intervenio, is, ire (veni, ventum), survenir. Intrepidus, a, um, intrépide. Intro, as (rég.), entrer (+accusatif, dans). Introduco, is, ĕre (duxi, ductum), introduire. Introitus, ūs, m. entrée. Intromitto, is, ĕre (misi, missum), introduire. Intueor, eris, ēri (tuitus sum), regarder, fixer. Intuli, de infero. Intus (adv.), au dedans, à l’intérieur. Inultus, a, um, non vengé, sans vengeance. Inusitatus, a, um, extraordinaire. Invado, is, ĕre (vasi, vasum), attaquer, envahir, s’emparer de, se jeter (sur). Invalesco, is, ĕre (valui), se fortifier, se développer, s’établir. Invenio, is, ire (veni, ventum), trouver. Inventor, oris, m. inventrix, icis, f, celui, celle qui trouve; inventeur, inventrice. Inverto, is, ĕre (verti, versum), retourner. Investigo, as (rég.), découvrir. Invicem (adv.), alternativement; réciproquement. Invictus, a, um, non vaincu, invincible. Invideo, es, ēre (vidi, visum), porter envie, haïr; voir invisus. Invidia, ae, f. haine, indignation. Invidiosus, a, um, impopulaire. Inviso, is, ĕre (vidi, visum), aller voir, visiter. Invisus, a, um, odieux à, haï de. Invito, as (rég.), inviter (ut, à faire). Invitus, a, um, qui agit malgré soi (G. 117); contraire. Invoco, as (rég.) appeler, invoquer. Ipse, ipsa, ipsum, même; lui-même, elle-même (G. 41). Ira, ae, f. colère. Irascor, ĕris, i (iratus sum), s’irriter (+datif, contre). Iratus, a, um, irrité (+datif, contre). Irrideo, es, ēre (risi, risum), ee moquer, railler. Irrigo, as (rég.), arroser. Irrisus, ūs, m. moquerie. Irrumpo, is, ĕr_e (_rupi, ruptum), fondre sur, faire irruption dans. Irruo, is, ĕre (ui), envahir, se jeter sur. Irrupi, de irrumpo. Is, ea, id, ce, cet, cette; il, elle; id est, c’est-à-dire. Isaacus, i, m. Isaac (nom propre). Israel, elis, m. Israël (nom propre). Israelita, ae, m. Israélite. Iste, a, ud, ce, cet (G. 41) Isthmus, i, m. Isthme* Ita (adv.), ainsi, ita…​ ut (+subjonctif), en sorte que; (+indicatif), comme. Italia, ae, f. Italie. Itaque (conj.), c’est pourquoi. Item (adv.), de même. Iter, itineris, n. chemin, passage; marche; iter facere, faire route, marcher. Iterum, (adv.) de nouveau, une seconde fois. Ivi, de eo.

J

Jaceo, es, ēre (ui), être étendu, être couché. Jacobus, i, m. Jacob (nom propre). Jactito, as (rég.), répéter (en se vantant). Jacto, as (rég.), jeter (souvent), lancer; jactare se, se vanter. Jaculum, i, n. javelot, trait. Jam (adv.), déjà, maintenant, bientôt; non jam, ne plus. Jamdiu (adv.), depuis longtemps. Jamjam (adv.), bientôt, immédiatement. Jamque, pour et jam. Janiculum, i, n. Janicule (colline à Rome). Janus, i, m. Janus (dieu romain). Jeroboamus, i, m. Jéroboam (nom propre). Jocor, aris (dép. rég.), plaisanter. Jocus, i, m. plaisanterie. Josephus, i, m. Joseph (nom propre). Jovis, génitif de Jupiter. Jubeo, es, ēre (jussi, jussum), ordonner, inviter (prop. infin.). Jucunditas, atis, f. charme, agrément. Jucundus, a, um, agréable. Judas, ae, m. Judas (nom propre). Judex, icis, m. juge. Judicium, ii, n. jugement. Judico, as (rég.), juger. Jugerum, i, n. (plur. jugera, um, ibus), arpent. Jugulo, as (rég.), égorger, tuer. Jugulum, i, n. gorge. Jugum, i, n. joug; hauteur, chaîne de montagne; sub jugum mittere, faire passer sous le joug. Jumentum, i, n. bête de somme. Juncus, i, m. jonc. Jungo, is, ĕre (junxi, junctum), joindre, associer, former (amitié, alliance). Junior, comparatif de juvenis. Junius, i, m. Junius (nom propre). Juno, onis, f. Junon (déesse). Jupiter, Jovis, m. Jupiter (dieu antique). Jure (ablatif de jus), justement, à bon droit; optimo jure, selon la meilleure règle de. Jurgium, ii, n. contestation, querelle. Juro, as (rég.), jurer. 1. Jus, juris, n. droit, justice; voir jure. 2. Jus, juris, n. sauce, brouet (des Spartiates). Jusjurandum, jurisjurandi, n. serment. Jussi, de jubeo. 1. Jussus, a, um, de jubeo; ayant reçu l’ordre de (+infinitif). 2. Jussus, ūs, m. ordre. Justitia, ae, f. justice, équité. Justum, i, n. le juste, la juste mesure. Justus, a, um, juste; voir justum. Juvenis, is, m. jeune homme; (adj.) jeune. Juventus, utis, f. jeunesse; jeunes gens. Juvo, as, are (juvi, jutum), aider, secourir; (impersonnel) juvat, il plaît, il est utile, agréable (+infinitif). Juxta, (prép. avec accusatif) auprès de.

K

Kalendae, arum, f. plur. calendes, premier jour du mois.

L

1. Labor, oris, m. travail, labeur, peine. 2. Labor, ĕris, i (lapsus sum), glisser, tomber. Laboro, as (rég.), travailler; souffrir, être près de succomber. Labrum, i, n. lèvre; bord. Labyrinthus, i, m. le Labyrinthe. Lac, lactis, n. lait. Lacaenus, a, um, lacédémonien. Lacedaemon, onis, f. Lacédémone (ville). Lacedaemonius, a, um, de Lacédémone, lacédémonien; au plur. les Lacédémoniens (peuple). Lacero. as (rég.), déchirer* Lacesso, is, ĕre (ivi, itum), attaquer. Lacrima, ae, f. larme. Lacrimo, as (rég.) y pleurer. Lacus, ūs, m. lac. Laedo, is, ĕre (laesi, laesum), endommager. Laetitia, ae, f. joie, allégresse. Laetor, aris (dép. rég.), se réjouir. Laetus, a, um, joyeux. Laevinus, i, m. Lévinus (nom propre). Laevus, a, um, gauche; laeva (manus), la main gauche. Lambo, is, ere (lambi, lambitum), lécher. Lamenta, orum, n. plur. lamentations. Lamentor, aris (dép. rég.), se lamenter, déplorer. Lancea, ae, f. lance; javelot. Lapideus, a, um, de pierre. Lapillus, i, m. petit caillou. Lapis, idis, m. pierre, borne militaire. Lapithae, arum, m. plur. les Lapithes (peuple). Lapsus, de labor 2. Laqueus, i, m. lacet, corde. Lassitudo, inis, f. lassitude, fatigue. Late (adv.), au loin. Lateo, es, ēre (ui), être caché, se tenir caché. Latinus, a, um, latin. 1. Latro, as (rég.), aboyer. 2. Latro, onis, m. voleur, brigand. Latus, eris, n. côté, flanc. Laudabilis, e, louable. Laudo, as (rég.), louer. Laus, laudis, f. louange, gloire, honneur. Lautus, a, um, riche, somptueux,. Laxus, a, um, lâche, mal serré. Lectica, ae, f. litière, chaise à porteur. Lectulus, i, m. lit. 1. Lectus, de lego; (adj.), lectissimus, a, um, choisi, d’élite. 2. Lectus, i, m. lit. Legatio, onis, f. ambassade, députation. Legatus, i, m. ambassadeur, envoyé, député. Legio, onis, f. légion. Lego, is, ĕre (legi, lectum), lire, choisir, recueillir. Lenio, is, ire (rég.), adoucir, apaiser. Lenis, e, doux, lisse. Leniter, (adv.) doucement. Lens, lentis, lentille. Leo, onis, m. lion. Leonidas, ae, m. Léonidas (nom propre). Lepus, leporis, m. lièvre. Levis, e, léger, peu considérable. Levo, as (rég.), soulager. Lex, legis, f. loi, condition. Libens, entis (qui agit) volontiers (G. 117). Libenter (adv.), volontiers. 1. Liber, era, erum, libre. 2. Liber, libri, m. livre. Liberalis, e, généreux. Liberalitas, atis, f. générosité. Liberi, orum, m. plur. enfants. Libero, as (rég.), délivrer. Libertas, atis, f. liberté. Libertus, i, m. affranchi. Libet, libēre (libuit ou libitum est) il plaît. 1. Licet, licēre (licuit ou licitum est), il est permis. 2. Licet (conj. avec subjonctif), quoique, bien que. Lictor, oris, m. licteur. Ligneus, a, um, de bois, en bois. Lignum, i, n. bois, morceau de bois. Ligo, as (rég.), lier. Limax, acis, m. limace. Limen, inis, n. seuil (d’une porte). Limpidus, a, um, limpide. Limus, i, m. limon, argile. Lineamentum, i, n. trait. Lingua, ae, f. langue, parole. Linio, is, ire (rég.), enduire. Litterae, arum, f. plur. lettre; belles-lettres; littérature. Litus, oris, n. rivage. Loco, as (rég.), mettre, placer, louer, mettre en adjudication. Locuples, etis, riche. Locus, i, m. (au plur. loca, orum, n.) lieu, place, rang; (voir cedere). Locusta, ae, f. sauterelle. Locutus, de loquor. Longe (adv.), beaucoup, de beaucoup Longinquus, a, um, éloigné, lointain; e longinquo, de loin. Longus, a, um, long (avec accusatif, G.C. 163). Loquor, eris, i (locutus sum), parler, dire. Lorica, ae, f. cuirasse. Lorum, i, n. courroie. Luce, lucis, de lux. Lucretia, ae, f. Lucrèce (nom propre)* Luctor, aris (dép. rég.), lutter. Luctus, ūs, m. douleur, deuil. Lucus, i, m. bois sacré. Ludibrium, ii, n. dérision. Ludiorus, a, um, amusant. Ludo, is, ĕre (lusi, lusum), jouer, s’amuser. Ludus, i, m. jeu, exercice, spectacle, école; ludi magister, maître d’école. Lugeo, es, ēre (luxi, luctum), pleurer, être en deuil. Lugubris, e, lugubre, funèbre. Lumen, inis, n. lumière. Luna, ae, f. lune. Lupa, ae, f. louve. Lupus, i, m. loup. Lustratio, onis, f. cérémonie purificatoire. Lustro, as (rég.), passer en revue. Lutetia, ae, f. Lutèce (Paris). Lux, lucis, f. lumière. Luxi, de lugeo. Luxus, ūs, m. faste, goût de la dépense. Lycurgus, i, m. Lycurgue (nom propre). Lydia, ae, f. Lydie (contrée). Lydius, a, um, lydien. Lyra, ae, f. lyre.

M

Machina, ae, f. machine, appareil. Macilentus, a, um, maigre. Macte esto (+ablatif), bravo pour. Maculo, as (rég.), tacher, souiller. Madefacio, is, ĕre (feci, factum), mouiller, détremper. Maereo, es, ēre (sans parfait ni supin) s’affliger. Maeror, oris, m. chagrin. Maestitia, ae, f. afflction. Maestus, a, um, triste, affligé. Magis (adv.), plus, davantage. Magister, tri, m. maître (qui enseigne). Magistra, ae, f. celle qui enseigne, maîtresse. Magistratus, ūs, m. magistrature, charge, magistrat. Magnifice, magnifiquement, fièrement. Magnificentia, ae, f. somptuosité. Magnificus, a, um, magnifique. Magnitudo, inis, f. grandeur, taille (grande). Magnopere (adv.), beaucoup, très. Magnus, a, um (major, maximus), grand. Maharbal, alis, m. Maharbal (nom propre). Majestas, atis, f. majesté, grandeur. Major, comparatif de magnus, plus grand, majores, les ancêtres, les aïeux. Male (adv.), mal. Malo, mavis, malle (malui), aimer mieux, préférer. Malum, i, n. mal, malheur. Malus, a, um (pejor, pessimus), mauvais, méchant. Mandatum, i, n. mandat, ordre, instructions. Mando, is, ĕre (mandi, mansum), mâcher, manger. Mane (adv.), le matin; postero mane, e lendemain matin. Maneo, es, ēre (mansi, mansum), demeurer, durer. Manes, ium, m. plur. mânes (âme d’un mort). Manifestus, a, um, manifeste, évident. Manipulus, i, m. gerbe. Manlius, ii, m. Manlius (nom propre). Mano, as (rég.), couler. Mansi, de maneo. Mansuefio, fis, fieri (factus sum), s’apprivoiser. Mansuetudo, inis, f. douceur. Manus, ūs, f. main, grappin, troupe. Marathonius, a, um, de Marathon. Marcellus, i, m. Marcellus (nom propre). Marcius, ii, m, Marcius (nom propre). Marcus, i, m. Marcus (nom propre). Mardonius, ii, m. Mardonius (nom propre). Mare, maris, n. mer. Maritimus, a, um, maritime Maritus, i, m. mari. Marmor, oris, n. marbre. Mars, Martis, m. Mars (dieu romain). Mater, tris, f. mère. Matrimonium, ii, n. mariage. Matrona, ae, f. mère de famille, dame. Maturesco, is, ĕre (maturui), mûrir. Maxime (adv.), le plus, très, surtout. Me, accusatif et ablatif de ego. Media, ae, f. Média (contrée.) Medicamentum, i, n. médicament remède. Medicus, i, m. médecin* Mediocris, e, moyen. Meditor, aris (dép. Rég.) méditer, préparer Medius, a, um, qui est au milieu, au centre (G. 117); moyen; medium, ii, n. milieu, intervalle, place; tollere e medio, supprimer, faire disparaître. Medus, a, um, mède; au plur., les Mèdes (peuple). Megara, ae, f. Mégare (ville). Mehercule (interj.), par Hercule. Mei, voir ego et meus. Mel, mellis, n. miel. Melior (comparatif de bonus), meilleur. Melius (adv.), mieux. Membrana, ae, f. pellicule. Membrum, i, n. membre (du corps). Memini, meminisse, se souvenir. Memor, oris, qui se souvient, reconnaissant. Memorabilis, e, mémorable. Memoria, ae, f. mémoire, souvenir. Memoro, as (rég.), raconter. Mendacium, ii, m. mensonge. Menenius, ii, n. Ménénius (nom propre). Mens, mentis, f. esprit, intention. Mensis, is, m. mois. Mentio, onis, f. mention, proposition. Mercator, oris, m. marchand. Mercatura, ae, f. négoce; mercaturas facere, faire le commerce. Merces, edis, f. salaire; prix, récompense. Mercurius, ii, m. Mercure (dieu grec). Mereo, es, ēre (ui, itum), ou mereor, eris, ēri (meritus sum), mériter; bene mereri de aliquo, bien mériter de qqn, lui rendre de grands services. Mergo, is, ĕre (mersi, mersum), plonger, couler, submerger. Meridies, iei, m. midi. Merito (adv.), avec raison, à bon droit. Meritum, i, n. service (rendu). Meritus, de mereo; (adj.), mérité. Mersus, de mergo. Messana, ae, f. Messine (ville). Metuo, is, ĕre (ui, utum), craindre. Metus, ūs, m. crainte, anxiété. Meus, a, um, mon, mien. Mi, voc. de meus Mico, as, are (micui), étinceler. Miles, itis, m. soldat. Milia, plur. de mille. Militaris, e, militaire. Militia, ae, f. service militaire, campagne, guerre. Mille, mille. Minaciter (adv.), d’une manière menaçante. Minae, arum, f. plur. menaces. Minax, acis, menaçant. Minerva, ae, f. Minerve (déesse). Minime (adv.), le moins, tris peu, pas du tout. Minimus, a, um, le moindre, le plus petit, très petit. Minister, tri, m. serviteur; ministre. Ministerium, ii, n. fonction. Ministro, as (rég.), servir. Minor, aris, (dép. rég.) menacer, dire en menaçant. Minor, comparatif de parvus, plus petit. Minos, ois, m. Minos (nom propre). Minotaurus, i, m. le Minotaure. Minuo, is, ĕre (ui, utum), diminuer. Minus (adv.), moins, Mirabilis, e, admirable, étonnant. Miraculum, i, n. chose étonnante. Mirifice (adv.), merveilleusement. Miror, aris (dép. rég.), s’étonner, admirer. Mirus, a, um, admirable, merveilleux, étonnant. Miser, era, erum, malheureux. Miseratio, onis, f. compassion, pitié Misere (adv.), misérablement. Misereor, eris, ēri (misertus sum), avoir compassion de. Miseret (me), impersonnel, j’ai pitié (G. 81). Misericordia, ae, f. compassion. Misi, de mitto. Missus, de mitto. Mitesco, is, ĕre (sans parfait, ni supin), s’adoucir, diminuer. Mitigo, as (rég.), rendre doux, apprivoiser. Mitis, e, doux. Mitto, is, ĕre (misi, missum), envoyer. Modicus, a, um, modique, exigu. Modius, ii, m. boisseau. Modo (adv.), tout à l’heure; tout récemment; seulement; modo…​ modo, tantôt…​ tantôt; voir modus. Modulor, aris (dép. rég.), régler, diriger. Modus, i, m. mesure, degré; nullo modo, nullement; in modum (+génitif), à la manière de. Moenia, ium, n. plur. murailles, remparts. Moles, is, f. masse. Molestia, ae, f. désagrément. Molior, iris, īri (molitus sum), soulever (avec effort), ébranler, forcer (une porte). Mollio, is, ire (rég.), assouplir, amollir, civiliser. Mollis, e, mou. Moneo, es, ēre (ui, itum), avertir. Monitum, i, n. avertissement. Monitus, ūs, m. avertissement, avis. Mons, montis, m. mont, montagne. Monstrum, i, n. monstre. Monumentum, i, n. souvenir, monument. Mora, ae, f. délai, retard. Morbus, i, m. maladie. Mordicus (adv.), en mordant. Morior, morĕris, mori (mortuus sum), mourir; mortuus, i, m. un mort. Moror, aris (dép. rég.), tarder, demeurer; (transitif), retarder. Mors, mortis, f. mort. Morsus, ūs, m. morsure. Mortalis, e, mortel. Mortifer, fera, ferum, mortel. Mortuus, de morior. Mos, moris, m. coutume, moeurs, caractère; gerere morem alicui, faire la volonté de qqn. Moveo, es, ēre (movi, motum), mouvoir, déplacer, écarter; exciter, provoquer (un sentiment); movere castra, lever le camp; movere arma, prendre les armes. Mox (adv.), bientôt, puis. Mucius, ii, m. Mucius (nom propre). Mugio, is, ire (rég.), mugir. Mulceo, es, ēre (mulsi, mulsum), caresser, adoucir, charmer. Mulco, as (rég.), avec male, maltraiter. Mulier, eris, f. femme. Multiplex, icis, multiplié, grand. Multitudo, inis, f. multitude, grand nombre. 1. Multo, multum (adv.), beaucoup. 2. Multo, as (rég.), punir. Multus, a, um, nombreux, en grand nombre (voir multo 1); multa nox, nuit avancée. Mundus, i, m. le monde, l’univers. Munio, is, ire (rég.), munir, fortifier, défendre. Munitio, onis, f. retranchement, tranchées, fortifications. Munitus, de munio; (adj.) fortifié. Munus, eris, n. fonction; don, présent, faveur. Murus, i, m. mur, rempart. Mus, muris, m. rat. Musca, ae, f. mouche. Musica, ae, f. musique. Musicus, i, m. musicien. Mutatio, onis, f. changement. Mutilus, a, um, écourté, tronqué, Muto, as (rég.), changer. Mutus, a, um, muet. Mutuus, a, um, mutuel, réciproque. Myrteus, a, um, de myrte. Mysi, orum, m. plur. les Mysiens (peuple). Mysia, ae, f. la Mysie (contrée). Mysius, a, um, de Mysie. Mysterium, ii, n. mystère, cérémonie secrète.

N

Nactus, de nanciscor. Nam, namque, car, en effet. Nanciscor, ĕris, i (nactus sum), trouver (par hasard), rencontrer. Nando, nare, voir no. Narro, as (rég.), raconter. Nascor, eris, i (natus sum), naître, pousser; natus, âgé de (G. 198, 2°). Natalis, e (jour), de naissance, anniversaire. Natio, onis, f. nation. Nato, as (rég.), nager. Natura, ae, f. nature; natura rerum, l’ensemble des choses, la Nature. 1. Natus, de nascor. 2. Natus, ūs, m. (à l’ablatif), par la naissance, au point de vue de l’âge. Naufragium, ii, n. naufrage. Nauta, ae, m. matelot. Navalis, e, de vaisseau, naval. Navicula, ae, f. petit bateau, barque, Navigo, as (rég.), naviguer. Navis, is, f. navire, vaisseau. Navus, a, um, diligent. 1. Ne (adv. interr.), est-ce que, si (placé après un mot, G. 92). 2. Ne (nég. et conjonction); ne pas; que ne pas; que (après «craindre, empêcher»); afin que ne pas, de peur que; ne…​ quidem, pas même, non plus. Nec, ni, et ne pas (voir neque). Necatus, de neco. Necdum, pour et nondum, et pas encore. Necessarius, a, um, nécessaire, pressant, critique, dangereux. Necesse (adj. indéclinable), nécessaire; necesse est, il est forcé, il est inévitable (que). Necessitas, atis, f. nécessité; situation critique (dangereuse). Necis, génitif de nex. Neco, as (rég.), faire périr, tuer. Nedum (conj.), à plus forte raison, bien loin que. Nefarius, a, um, abominable. Nefastus, a, um, néfaste. Neglego, is, ĕre (lexi, lectum), négliger, dédaigner. Nego, as (rég.), dire non; nier; dire que ne…​ pas. Negotium, is, n. affaire, charge; dare negotium alicui ut, charger qqn de (faire). Nemeaeus, a, um, de Némée. Nemo (inis), G. 44, IV), personne, aucun. Nempe (adv.), à savoir, c’est-à-dire. Nemus, oris, n. bois, forêt. Nepos, otis, m. petit-fils. Neptunus, i, m. Neptune (dieu antique). Nequaquam (adv.), pas, du tout, en aucune manière. Neque (pour et non, parfois et ne), et ne pas, si. Nequicquam (adv.), en vain, inutilement. Nero, onis, m. Néron (nom propre). Nervus, i, m. corde (d’une lyre). Nescio, is, ire (rég.), ignorer, ne pas savoir. Neu, neve (pour et ne), et que ne pas. Nex, necis, f. mort (violente). Nidus, i, m. nid (d’oiseau). Niger, gra, grum, noir. Nihil, rien (G. 44, IV), nihilo, en rien, nullement; pro nihilo putari, être méprisé. Nihilominus (adv.), néanmoins. Nimis, nimium (adv.), trop. Nimius, a, um, excessif, trop grand. Niniva, ae, f. Ninive (ville). Nisi (conj.), si ne pas; si ce n’est (que), à moins que. Niteo, es, ēre (ui), briller. Nitor, ĕris, i (nisus et nisus sum), s’appuyer sur (+ablatif). Nive, ablatif de nix. Nix, nivis, f. neige. No, nas (rég.), nager. Nobilis, e, connu, célèbre, noble. Nobilitas, atis, f. noblesse (les nobles). Nobilitatus, a, um, fameux, devenu fameux. Noceo, es, ēre (cui, citum), faire du mal à, nuire. Noctu (adv.), de nuit. Nocturnus, a, um, nocturne. Nodus, i, m. noeud, jointure (des membres). Noemus, i, m. Noé (nom propre). Nola, ae, f. Nole (ville). Nolo, non vis, nolle (nolui), ne pas vouloir. Nomen, inis, n. nom. Nomino, as (rég.), nommer. Non (adv.), non, ne pas. Nondum (adv.), pas encore. Nonne (adv.), est-ce que ne…​ pas; n’est-il pas vrai que (G. 92); si. Nonnullus, a, um, quelque; nonnulli, quelques, quelques-uns. Nonnunquam (adv.), parfois, quelquefois. Nos (nostri, nostrum, nobis), nous. Noster, tra, trum, notre, nôtre; nostri, les nôtres, nos soldats. Nosti pour novisti, de novi. Notus, a, um (de nosco), connu. Noverca, ae, f. belle-mère, marâtre. Novi (de nosco), je sais, je connais. Novus, a, um, nouveau. Nox, noctis, f. la nuit. Nubes, is, f. nuage. Nubo, is, ĕre (nupsi, nuptum), se marier à (en parlant de la femme). Nudo, as (rég.), dépouiller (de ses vêtements). Nudus, a, um, dépouillé, dévêtu, nu. Nullus, a, um, nul, aucun. Num, est-ce que par hasard; si (G. 92). Numa, ae, m. Numa (nom propre). Numen, inis, n. divinité. Numerus, i, m. nombre; catégorie; cadence. Numitor, oris, m. Numitor (nom propre). Nummus, i, m. pièce (de monnaie.) Nunc (adv.), maintenant. Nunquam (adv.), jamais. Nuntio, as (rég.), annoncer. Nuntius, i, m. messager; nouvelle. Nuptiae, arum, f. plur. noces, mariage. Nurus, ūs, f. belle-fille, bru. Nusquam (adv.), nulle part, nulle part ailleurs. Nutrio, is, ire (rég.), nourrir. Nutus, ūs, m. signe de tête, volonté. Nux, nucis, noix.

O

Ob (prép. avec accusatif), devant; à cause de, pour. Obdormisco, is, ĕre et obdormio, is, ire (rég.), s’endormir. Obduco, is, ĕre (duxi, ductum), couvrir, étendre devant (+datif). Obeo, is, ire (ii, itum, comp. de eo), trouver, rencontrer; obire diem supremum, mourir. Obire, de obeo, Objicio, is, ĕre (jeci, jectum), exposer, opposer (pour la défense). Oblatus, de offero. Oblectamentum, i, n. amusement. Oblecto, as (rég.), charmer, faire plaisir à. Oblitus, de obliviscor. Oblivio, onis, f. oubli. Obliviscor, ĕris, i (oblitus sum), oublier (+accusatif ou +génitif). Obnoxius, a, um, exposé à (+datif). Obruo, is, ĕre (rui, rutum), recouvrir, cacher; accabler, écraser; obruere lapidibus, lapider. Obscuro, as (rég.), obscurcir. Obscurus, a, um, obscur, ténébreux. Obsecratio, onis, f. supplication. Obsecro, as (rég.), supplier. Obsedi, de obsideo. Obsequor, eris, i (secutus sum), obéir (+datif). Observo, as (rég.), observer, accomplir. Obses, idis, m. otage. Obsessus, de obsideo. Obsideo, es, ēre (sedi, sessum), assiéger. Obsidio, onis, f. siège. Obsoletus, a, um, détérioré, fané (par l’usage). Obstinatus, a, um, opiniâtre, obstiné. Obsto, as, are (stiti, statum), faire obstacle, s’opposer. Obstupefacio, is, ĕre (feci, factum), frapper de stupeur, étonner. Obstupesco, is, ĕre (stupui), être frappé de stupeur. Obtempero, as (rég.), céder, obéir. Obtestor, aris (rég.), supplier. Obtigit, de obtingit. Obtineo, es, ēre (tinui, tentum), posséder, avoir, occuper. Obtingit, ĕre (obtigit), échoir, arriver. Obtrunco, as (rég.), égorger, tuer. Obtuli, de offero. Obvenio, is, ire (veni, ventum), survenir, arriver. Obviam, (prép. avec datif) au-devant, à la rencontre de. Obvius, a, um, allant au-devant, se trouvant sur le passage. Occasio, onis, f. occasion, moment favorable. Occasus, ūs, m. coucher (des astres). 1. Occīdo, is, ĕre (occidi, occasum), tomber, tomber mort. 2. Occĭdo, is, ĕre (occidi, occisum), tuer. Occulte (adv.), de façon secrète, en cachette. Occultus, a, um, caché. Occumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), tomber mort; périr; occumbere mortem, mourir (de mort violente). Occupo, as (rég.), s’emparer de (+accusatif); occuper; occupari in (+ablatif ou gérondif), être occupé à. Occurro, is, ĕre (curri, cursum), venir au-devant, à la rencontre, rencontrer (+datif). Ocrea, ae, f. jambière (pièce de l’armure. Octo, huit. Oculus, i, m. oeil. Odi, odisti, odisse, haïr. Odiosus, a, um, odieux, haï. Odium, ii, n. haine. Odor, oris, m. odeur, parfum. Odoratus, a, um, parfumé. Offendo, is, ĕre (fendi, fensum), choquer, offenser; (adj.) offensus, a, um, (+datif), fâché contre. Offensa, ae, f. mécontentement. Offero, fers, ferre (obtuli, oblatum), offrir. Officium, ii, n. devoir, service. Offundo, is, ĕre (fudi, fusum), répandre sur (+datif). Olea, ae, f. olivier (arbre). Olim (adv.), autrefois; un jour (dans l’avenir). Oliva, ae, f. olivier (arbre). Olympia, ae, f. Olympie (ville). Olympius, a, um, des jeux olympiques. Olympus, i, m. Olympe (montagne); ciel. Omitto, is, ĕre (misi, missum), mettre de côté; laisser; abandonner; laisser tranquille. Omnino (adv.), tout à fait, complètement. Omnis, e, tout, chaque. Onero, as (rég.), charger, combler. Onus, oneris, n. fardeau. Opera, ae, f. travail, soin; operam dare (+datif), s’appliquer à, soigner; operae pretium est, il vaut la peine, il est intéressant de (voir opus, eris, plur. opera). Operio, is, ire (operui, opertum), couvrir. Opes, opum, f. plur., ressources, force, puissance. Opimus, a, um, gras. Opinio, onis, f. opinion, croyance; major opinione, plus grand que l’on ne croit. Opis, voir ops. Oportet, ēre (oportuit), il faut. Oppeto, is, ĕre (ivi, itum), encourir; oppetere mortem, périr. Oppidanus, i, m. habitant (d’une ville; au plur. souvent: les assiégés). Oppidum, i, n. ville (fortifiée). Oppleo, es, ēre (rég.), remplir; oppletus a, um, rempli. Opportune (adv.), justement, heureusement. Opportunitas, atis, f. avantage, Opprimo, is, ĕre (pressi, pressum), attaquer à l’improviste, accabler, écraser. Oppugnatio, onis, f. attaque, assaut, siège. Oppugno, as (rég.), assaillir. Ops, opis, f. secours; opem ferre, porter secours. Optabilis, e, souhaitable. Optatum, i, n. souhait. Optimates, um ou ium (m. plur.), les grands, les nobles. Optimus, a, um (superlatif de bonus), excellent, le meilleur. Optio, onis, f. choix. Opto, as (rég.), souhaiter (ut, que). 1. Opus, eris, n. ouvrage, travail, métier, oeuvre. 2. Opus est, impersonnel, besoin est, il faut. Ora, ae, f. rivage, côte. Oraculum, i, n. oracle, prédiction. Oratio, onis, f. discours; orationem habere, prononcer un discours. Orator, oris, m. orateur, député. Orbis, is, m. cercle; orbis terrae ou terrarum, la terre, le monde (terrestre). Orbo, as (rég.), priver. Ordino, as (rég.), arranger, régler. Ordo, inis, m. ordre, classe, rang (social); ex ordine, par ordre, successivement. Oriens, entis, de orior; (nom) l’Orient. Origo, inis, f. origine, naissance. Orior, oriris, oriri (ortus sum), naître; se lever (astre); s’élever, commencer. Ornamentum, i, n. ornement, objet d’art. 1. Ornatus, de orno. 2. Ornatus, ūs, m. costume. Orno, as (rég.), orner; équiper; honorer; gratifier. Oro, as (rég.), prier. Orpheus, i, m. Orphée (nom propre), 1. Ortus, de orior. 2. Ortus, ūs, lever (des astres). 1. Os, oris, n. bouche, visage. 2. Os, ossis, n. os. Osculor, aris (dép. rég.), baiser, embrasser. Ostendo, is, ĕre (tendi, tensum), monter; (au passif) se montrer. Ostento, as (rég.), montrer, étaler (aux regards). Ostium, ii, n. porte. Otiose, (adv.) dans l’oisiveté. Otiosus, a, um, oisif, désoeuvré. Otium, ii, n. repos, loisir. Ovidius, ii, m. Ovide (nom propre). Ovis, is, f. brebis. Ovo, as (rég.), triompher par l’ovation; être triomphant, Joyeux. Ovum, i, n. oeuf.

P

Pacatus, a, um, pacifié, pacifique. Paciscor, ĕris, i (pactus sum), faire une convention. Pactio, onis, f. accommodement. Pactus, voir paciscor et pango. Paene, (adv.) presque. Paenitet, ēre (uit), se repentir (G. 159). Paenula, ae, f. manteau (de voyage). Pala, ae, f. chaton (de bague). Palaestra, ae, f. palestre (lieu d’exercice), exercice. Palam (adv.), publiquement, en public (mais voir pala). Palatum, i, n. palais (bouche). Pallium, ii, n. manteau (grec). Palma, ae, f. paume (de la main); palmier; branche de palmier, palme. Palmes, itis, m. branche (de vigne). Palpebrae, arum, f. plur. paupières. Palpito, as (rég.), s’agiter. Paludamentum, i, n. habit (militaire), manteau (de guerre). 1. Palus, i, m. poteau (d’exécution). 2. Palus, udis, f. marécage, étang. Pango, is, ĕre (pepigi, pactum), convenir (de qqe chose, +accusatif). Panis, is, m. pain. Papilio, onis, m. papillon. 1. Par, paris, égal, pareil. 2. Par, paris, n. paire, couple. Paradisus, i, m. paradis. Parce (comp. parcius), modérément. Parco, is, ĕre (parsi ou peperci, parsum et parcitum), faire grâce à, épargner (+datif). Parens, entis, m. ou f. père, mère; (au plur.), les parents (père et mère). Pareo, es, ĕre (ui, itum), obéir. Paries, etis, m. mur. Pario, is, ĕre (peperi, partum), enfanter, mettre au monde; acquérir. Pariter (adv.), de même, également. Parma, ae, f. bouclier (rond). Parmula, ae, f. petit bouclier. Paro, as (rég.), préparer; (avec infinitif), se disposer à. Pars, partis, f. partie; côté, direction; (au plur.) rôle; parti politique; partes populares, parti démocratique. Particeps, cipis, participant; qui partage. Partim (adv.), en partie. Partitio, onis, f. partage Partus, de pario. Parum (adv.), peu, trop peu. Parumper (adv.), pendant un peu de temps. Parvulus, a, um (très) petit; (nom) très jeune enfant. Parvus, a, um, (minor, minimus), petit, faible. Pasco, is, ĕre (pavi, pastum), faire paître, nourrir, élever; (au passif) pascor, se nourrir de. 1. Passus, a, um, de pando (adj.), épars. 2. Passus, de patior. 3. Passus, ūs, m. pas. Pastor, oris, m. berger, pasteur. Pastoralis, e, de berger, pastoral. Patella, ae, f. petit plat, patène. Pateo, es, ĕre (ui), être ouvert, s’étendre. Pater, tris, m. père; (plur.) pères conscrits, sénateurs. Paterfamilias, patrisfamilias, m. père de famille, maître de maison. Paternus, a, um, paternel, du père. Patienter (adv.), patiemment. Patior, pateris, pati (passus sum), souffrir, supporter, laisser (infinitif). Patria, ae, f. patrie. Patricius, a, um, patricien, noble. Patrius, a, um, national. Pauci, ae, a, en petit nombre; peu nombreux; pauciores, moins nombreux; paucissimi, très peu nombreux. Paulatim (adv.), peu à peu. Paulisper (adv.), pendant quelque temps. Paulo, paulum, un peu; paululum, très peu, quelque peu. Paulus ou Paullus, i, m. Paul (nom propre). Pauper, eris, pauvre. Paupertas, atis, f. pauvreté. Pausanias, ae, m. Pausanias (nom propre). Pavidus, a, um, effrayé. Pavor, oris, m. peur, crainte. Pax, pacis, f. paix. Peccatum, i, n. faute. Pecco, as (rég.), commettre une faute, une erreur. Pecto, is, ĕre (pexi, pexum), peigner. Pectus, oris, n. poitrine. Pecunia, ae, f. argent, somme d’argent. Pecus, oris, n. bétail, troupeau. Pediculus, i, m. pied (d’un vase). Pedis, génitif de pes. Pedum, i, n. houlette. Pejor, comparatif de malus, Peleus, i, m. Pélée (père d’Achille). Pellicio, is, ēre (pellexi, pellectum), séduire, gagner. Pellis, is, f. peau, cuir. Pello, is, ĕre (pepuli, pulsum), chasser, repousser; frapper; toucher (un instrument de musique). Peloponnesus, i, f. Péloponnèse (contrée) Pendeo, es, ēre (pependi), être suspendu. Penetro, as (rég.), pénétrer. Penitus (adv.), profondément. Penna, ae, f. aile. Penuria, ae, f. disette, manque de vivres. Peperci, de parco. Peperi, de pario. Per (prép. avec l’accusatif), à travers, par, dans; pendant. Perago, is, ĕre (peregi, peractum), faire, terminer, accomplir. Peragro, as (rég.), parcourir. Percello, is, ĕre (culi, culsum), abattre, épouvanter. Percontor, aris (dép. rég.), s’informer; interroger; demander (ab, à). Perculsus, de percello. Percussi, de percutio. Percussor, oris, m. assassin. Percutio, is, ĕre (cussi, cussum), frapper; blesser; conclure (un traité). Perditus, a, um, de perdo; (adj.) perdu, corrompu. Perdo, is, ĕre (perdidi, perditum), perdre, détruire. Perduco, is, ĕre (duxi, ductum), conduire. Peregrinor, aris (dép. rég.), voyager (à l’étranger). Perennis, e, intarissable. Pereo, is, ire (ii, itum, comp. de eo), périr. Perfectus, a, um, de perficio; (adj.) accompli, parfait. Perfero, fers, ferre (tuli, latum), porter. Perficio, is, ĕre (feci, fectum), achever, exécuter. Perfidia, ae, f. perfidie. Perfidus, a, um, perfide. Perforo, as (rég.), percer, trouer. Pergo, is, ĕre (perrexi, perrectum), aller, continuer son chemin; continuer de (faire). Perhibeo, es, ēre (ui, itum), raconter, prétendre (que). Perhorresco, is, ĕre (sans parfait ni supin), frissonner. Perhumaniter (adv.), très généreusement. Periculosus, a, um, dangereux. Periculum, i, n. danger. Perinde, ac ou atque, comme. Perire, de pereo. Peritus, a, um, habile (dans, +génitif). Perlatus, de perfero. Perlustro, as (rég.), parcourir. Permaneo, es, ēre (mansi, mansum), demeurer (jusqu’à la fin). Permeo, as (rég.), pénétrer dans. Permissus, ūs, m. permission. Permitto, is, ĕre (misi, missum), permettre. Permulceo, es, ēre (mulsi, mulsum), caresser, flatter. Permuto, as (rég.), échanger. Pernicies, iei, f. perte, malheur, désastre. Perniciosus, a, um, pernicieux, funeste. Pernicitas, atis, f. rapidité. Pernobilis, e, très célèbre. Perpessio, onis, f. endurance; courage à endurer (qqe chose). Perpetuo (adv.), sans interruption; continuellement. Perpetuus, a, um, non interrompu, continu, continuel. Persae, arum, m. plur. les Perses (peuple). Perscrutor, aris (rég. dép.), fouiller. Persequor, ĕris, i (secutus sum), poursuivre, courir après. Persolvo, is, ĕre (solvi, solutum), payer (intégralement). Perspectus, a, um, de perspicio; (adj.) évident.. Perspicio, is, ĕre (spexi, spectum), examiner, apercevoir (clairement). Persto, as, are (stiti, statum), persister, persévérer. Perstringo, is, ĕre (strinxi, strictum), saisir, serrer. Persuadeo, es, ēre (suasi, suasum), persuader; persuasum habere, être persuadé. Perterreo, es, ēre (ui, itum), épouvanter. Pertraho, is, ĕre (traxi, tractum), traîner (vers). Perturbo, as (rég.), troubler fortement. Perutilis, e, très utile. Pervenio, is, ire (veni, ventum), arriver, parvenir; revenir (par héritage à (qqn). Pervicacia, ae, f. obstination. Pes, pedis, m. pied; pied (comme mesure de longueur). Pessimus, a, um, superlatif de malus. Pestilens, entis, empesté, empoisonné. Pestilentia, ae, f. peste, épidémie. Peto, is, ĕre (ivi, itum), gagner (un lieu), atteindre; petere ab aliquo (demander à qqn); petere fuga salutem, chercher son salut dans la fuite. Phaedra, ae, f. Phèdre (nom propre). Phaon, onis, m. Phaon (nom propre). Pharao, onis, m. Pharaon (roi d’Égypte). Pharetra, ae, f. carqnois. Phidias, ae, m. Phidias (nom propre). Philistaei, orum, m. pl. Philistins (peuple). Philosophus, i, m. philosophe. Phintias, ae, m. Phintias (nom propre). Phocii, orum, m. plur. Phocidiens (peuple). Phrygia, ae, f. Phyrgie (contrée). Pietas, atis, f. vertu; piété; piété filiale. Pignus, oris, n. gage. Pilosus, a, um, velu. Pilum, i, n. javelot (des Romains). Pincerna, ae, échanson; praefectus pincernarum, grand échanson. Pindus, i, m. le Pinde (montagne). Pingo, is, ĕre (pinxi, pictum), peindre. Pinguis, is, gras. Pinus, i, f. arbre. Pirithous, i, m. Pirithoüs (nom propre). Piscatorius, a, um, de pêcheur. Piscis, is, m. poisson. Pisistratus, i, m. Pisistrate. Pistor, oris, m. boulanger; praefectus pistorum, grand panetier. Pitthaeus, i, m. Pitthée (nom propre). Pius, a, um, vertueux, pieux. Placabilis, e, qni n’est pas implacable, sensible. Placeo, es, ēre (ui, itum), plaire. Placidus, a, um, paisible. Placo, as (rég.), apaiser. Plango, is, ere (planxi, planctum), se frapper la poitrine (en signe de deuil). Planities, iei, f. plaine. Planta, ae, f. plante, végétal. Plataeae, arum, f. plur. Platées (ville). Plaustrum, i, m. chariot. Plausus, ūs, m. applaudissement. Plebes, ei ou plebs, ebis, f. le peuple, la plèbe. Plectrum, i, n. archet. Plenus, a, um, plein, rempli. Plerique, pleraeque, pleraque, la plupart. Plerumque (adv.), la plupart du temps. Pluit, ĕre, (pluit), il pleut. Plures, plura (compar. de multi), plus nombreux. Plurimi, ae, a (superlatif de multi), très ou les plus nombreux; quam plurimi, les plus nombreux possible. Plurimum (adv.), beaucoup, très, le plus. Plus (adv.), plus, davantage. Pluto, onis, m. Pluton (nom propre). Pluvia, ae, f. pluie. Poculum, i, n. coupe. Podagra, ae, f. goutte (maladie des pieds). Poema, atis, n. poème. Poena, ae, f. peine, punition, châtiment; panas dare, fournir une expiation, être châtié. Poenus, a, um, Carthaginois; au plur. les Carthaginois (peuple). Poeta, ae, m. poète. Polliceor, eris, ēri (pollicitus sum), proposer, promettre. Polluo, is, ĕre (ui, utum), souiller. Pompa, ae, f. procession. Pompilius, ii, m. Pompilius (nom propre). Pomponius, ii, m. Pomponius (nom propre). Pondo (indéclinable), une livre (en poids). Pondus, eris, n. poids. Pono, is, ĕre (posui, positum), placer, établir. Pons, pontis, m. pont. Popularis, is, m. concitoyen; (adj.) du peuple. Populor, aris (dép. rég.), ravager. Populus, i, m. peuple. Porrigo, is, ĕre (porrexi, porrectum), présenter, offrir. Porro (adv.), or. Porsenna, ae, m. Porsenna (nom propre). Porta, ae, f. porte. Portendo, is, ĕre (tendi, tentum), présager, annoncer. Portentosus, a, um, monstrueux. Porticus, ūs, f. portique. Porto, as (rég.), porter, transporter. Positus, de pono. Possideo, es, ĕre (sedi, sessum), posséder. Possum, potes, posse (potui), pouvoir. Post (prép. avec accusatif), derrière, après; (adv.), après, plus tard. Postea (adv.), ensuite, après, puis. Posterus, a, um, suivant; in posterum, pour l’avenir; posteri, orum, m. plur. les descendants. Postquam ou post quam (conj.), après que. Postremo (adv.), enfin. Postremus, a, um, dernier. Postulatio, onis, f. demande. Postulo, as (rég.), demander. Postumius, ii, m. Postumius (nom propre). Potens, entis, puissant. Potes, potest, Voir possum. Potestas, atis, f. pouvoir, autorité, domination; autorisation (potestatem facere, donner la permission). Potior, iris, iri (potitus sum), s’emparer de (+ablatif). Potius (adv.), plutôt. Petui, parfait de possum. Prae (prép. avec ablatif), devant, de préférence à, plus que; à cause de. Praeacutus, pointu. Praebeo, es, ēre (ui, itum), fournir; praebere se, se montrer (tel ou tel). Praecepi, de praecipio. Praeceps, cipitis (qui tombe) la tête la première; se dare praecipitem, se précipiter. Praeceptum, i, n. précepte, ordre. Praecido, is, ĕre (cidi, cisum), trancher. Praecino, is, ĕre (cinui, centum), jouer (d’un instrument devant qqn). Praecipio, is, ĕre (cepi, ceptum), ordonner, prescrire, recommander. Praecipito, as (rég.), précipiter (transitif); tomber; se coucher (astre). Praecisus, de praecido. Praeclare (adv.), avec éclat. Praeclarus, a, um, remarquable, très beau, magnifique. Praecurro, is, ĕre (curri ou cucurri, cursum), courir en avant. Praeda, ae, f. butin, proie. 1. Praedico, as (rég.), dire hautement, prétendre. 2. Praedico, is, ĕre (dixi, dictum), prédire, annoncer. Praeditus, a, um, doué de (+ablatif). Praedo, onis, m. voleur, brigand. Praedor, aris (dép. rég.), piUer, voler. Praeesse, de praesum. 1. Praefectus, de praeficio. 2. Praefectus, i, m. chef, officier, gouverneur. Praefero, fers, ferre (tuli, latum), porter (devant soi). Praficio, is, ĕre (feci, fectum), mettre qqn à la tête de qqe chose (praeficere aliquem alicui rei), établir comme chef. Praefixus, a, um, garni (à son extrémité)* Praeluceo, es, ēre (luxi), éclairer. Praemitto, is, ĕre (misi, missum), envoyer en avant. Praemium, ii, n. récompense. Praenosco, is, ĕre (sans parfait), connaître d’avance. Praeruptus, a, um, abrupt. Praescio, is, ire (ivi, itum), savoir d’avance. Praesertim (adv.), surtout. Praesidium, ii, n. troupe (chargée de protéger), garnison, poste. Praesto, as, are (stiti, statum), l’emporter; surpasser (+datif); (avec accusatif); rendre (tel ou tel); faire (une fonction); impersonnel, praestat, il vaut mieux. Praesum, praees, praeesse (praefui), être à la tête de (+datif). Praeter (prép. avec accusatif), excepté, praeter spem, contre toute espérance. Praeterea (adv.), en outre. Praetereo, is, ire (ivi, itum, comp. de eo), passer; praetereuntes, les passants. Pratextatus, a, um, vêtu de la robe prétexte. Praetor, oris, m. préteur (magistrat). Praetorius, a, um, du général; praetoria cohors, la garde (d’un chef). Prandium, ii, n. repas (du matin). Pratum, i, n. pré, prairie. Preces, um, f. pl. prière, prières. Precor, aris (dép. rég,), prier; demander avec prières à (ab); souhaiter; bene precari alicui, bénir (souhaiter du bien à qqn). Premo, is, ĕre (pressi, pressum), presser, serrer; accabler. Pretiosus, a, um, coûteux, précieux. Pretium, ii, m. prix; rançon; operae pretium, voir opera. Priamus, i, m. Priam (nom propre) Pridem (adv.), auparavant, naguère. Pridie (adv.), la veille. Primo (adv.), d’abord. Primogenitus, a, um, premier-né, aîné; jus primogeniti, droit d’aînesse. Primores, um, m. plur. les premiers, l’élite. Primum (adv.), d’abord; quam primum, la plus tôt possible. Primus, a, um, premier; prima luce, dès l’aurore. Princeps, cipis, premier; le premier personnage; principes, les premiers citoyens, les grands; (sous l’empire) princeps, le prince, l’empereur. Prior, oris, premier (de deux); précédent. Pristinus, a, um, précédent, ancien. Prius (adv.), auparavant. Priusquam, ou prius quam (conj.), avant que. Privo, as (rég.), priver. Pro (prép. avec ablatif), devant, pour, en guise de; en retour de; esse pro, servir de. Probo, as (rég.), approuver, prouver. Proboscis, cidis, f. trompe (d’éléphant). Probrum, i, n. injure. Procas, ae, m. Procas (nom propre). Procedo, is, ĕre (cessi, cessum), s’avancer, avancer. Procerus, a, um, grand. Processi, de procedo. Proclamo, as (rég.), crier fortement. Procrustes ou Procustes, ae, m. Procuste (nom propre). Procul (adv.), loin, au loin. Proculus, i, m. Proculus (nom propre). Procumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), se pencher (en avant), se coucher. Procurro, is, ĕre (curri ou cucurri, cursum), avancer. Proditio, onis, f. trahison. Proditor, oris, m. traître. Proditus, de prodo. Prodo, is, ĕre (didi, ditum), révéler, trahir, tromper; transmettre (un souvenir). Produco, is, ere (duxi, ductum), faire sortir, présenter, montrer. Proelium, ii, n. combat. Profecto (adv.), assurément. Profero, fers, ferre (tuli, latum), présenter, produire, citer; proferre in medium, mettre à la disposition du public. Proficio, is, ĕre (feci, fectum), réussir; nihil, en rien; aliquid, en qqe chose. Proficiscor, eris, i (fectus sum), partir. Profiteor, eris, ēri (professus sum), déclarer; se donner pour. Profui, de prosum. Profundus, a, um, profond Progenies, iei, f. race. Progredior, ĕris, i (gressus sum), avancer, s’avancer. Prohibeo, es, ēre (bui, bitum), écarter; interdire, empêcher (quominus, que). Proinde (conj.), par conséquent. Projicio, is, ĕre (feci, fectum), jeter (en avant). Prolabor, eris, i (lapsus sum), glisser, tomber. Promero, es, ēre (ui, itum), et promereor (dép.), mériter; bene de aliquo, bien mériter de qqn, l’obliger. Promissum, i, n. promesse. Promissus, de promitto. Promitto, is, ĕre (misi, missum), promettre. Pronus, a, um, incliné, penché en avant. Prope (adv.), près, presque; (prép. avec accusatif), près de; (comparatif propius, plus près). Propello, is, ĕre (puli, pulsum), repousser. Propemodum (adv.), presque. Propensus, a, um, bien disposé pour. Propero, as (rég.), se hâter (d’aller, de faire). Propinquus, a, um, voisin, proche parent. Propior, ius (sert de comparatif à propinquus), plus voisin, plus rapproché (voir prope). Propitius, a, um, propice, favorable. Propono, is, ĕre (posui, positum), proposer, offrir; imposer; sibi proponere, se proposer (comme résolution). Propter (prép. avec accusatif), le long de, à cause de. Propterea (adv.), c’est pourquoi; propterea quod ou quia, parce que. Prorepo, is, ere (repsi, reptum), ramper, se traîner. Prorogo, as (rég.), prolonger, proroger. Proserpina, ae, f. Proserpine (déesse). Prospectus, ūs, m. vue; esse in prospectu, être en vue. Prospere (adv.), avec bonheur, heureusement. Prospicio, is, ĕre (spexi, spectum), regarder (en avant), apercevoir (au loin). Prosterno, is, ĕre (stravi, stratum), renverser. Prosum, prodes, prodesse (profui), être utile. Protego, is, ĕre (texi, tectum), couvrit, protéger. Protendo, is, ĕre (tendi, tentum ou tensum), tendre, étendre. Proterve (adv.), insolemment. Protuli, de profero. Provenio, is, ire (veni, ventum), pousser, croître. Providentia, ae, f. Providence. Providentior, comparatif de providus. Provideo, es, ēre (vidi, visum), prendre des précautions; pouvoir, procurer. Providus, a, um, prévoyant, prudent. Provoco, as (rég.), provoquer; en appeler (au peuple). Proxime (adv. superlatif de prope), très près; quam proxime, le plus près possible. Proximus, a, um (superlatif de propior), qui est le plus voisin; précédent, prochain; suivant; in proximo, auprès. Prudentia, ae, f. expérience, intelligence, sagesse. Publice (adv.), publiquement, officiellement, aux frais de l’Etat. Publicus, a, um, public. Pudet, pudere (puduit), avoir honte (G. 86,2); me pudet, j’ai honte de (+génitif). Pudor, oris, m. honte. Puella, ae, f. jeune fille. Puer, eri, m. enfant; jeune esclave. Puerilis, e, enfantin. Pueritia, ae, f. enfance. Pugio, onis, m. poignard. Pugna, ae, f. bataille, combaté Pugno, as (rég.), combattre. Pugnus, i, m. poing. Pulcher, chra, chrum, beau. Pulchritudo, inis, f. beauté. Pulfio, onis, m. Pulfion (nom propre). Pullarius, ii, m. pullaire (augure chargé des poulets sacrés). Pullus, i, m. poulet. Pulmentum, i, n. plat, ragoût. Pulso, as (rég.), frapper, jouer (d’un instrument de musique. Pulsus, de pello. Pulvis, pulveris, m. poussière. Punicus, a, um, punique, de Carthage. Purgo, as (rég.), justifier, disculper. Purificatio, onis, f. purification. Puteus, i, m. puits. Putiphar, aris,m. Putiphar (nom propre). Puto, as (rég.), penser, estimer (que). Pyrrhus, i, m. Pyrrhus (nom propre). Pythagoreus, a, um, pythagoricien (disciple de Pythagore).

Q

Quadraginta (indéclinable), quarante. Quadrans, antis, m. petite pièce de monnaie. Quadrigae, arum, f. plur. attelage de quatre chevaux. Quadrupes, edis, (marchant) sur les pieds et les mains. Quaenam, voir quisnam. Quaero, is, ĕre (quaesivi, quaesitum), chercher, demander; quaerere aliquid ex ou ab aliquo, demander qqe chose à qqn. Quaeso (verbe défectif, G.C. 85, 2*), je te prie. Qualis, e, quel; de quelle sorte; (tel) que. Quam (adv.), combien; que (après comparatif); (le plus) possible (avec superlatif). Quamdiu ou quandiu, aussi longtemps que. Quamvis (conj. subj.), quelque…​ que, quoique. Quando (conj.), quand; (parfois pour aliquando, G.C. 151). Quandoquidem (conj.), puisque. Quanquam (conj. +indicatif), quoique, bien que. Quanto, combien (avec comparatif). Quantum (adv.), autant que; combien; (après tantum) que. Quantus, a, um, combien grand; (aussi grand) que. Quapropter, c’est pourquoi. Quare (adv.), pourquoi? c’est pourquoi. Quartus, a, um, quatrième. Quasi, comme, comme si. Quattuor (indéclinable), quatre. Que (placé à la suite d’un mot), et. Quercetum, i, n. forêt de chênes. Quercus, ūs, f. chêne (arbre). Queror, ĕris, i (questus sum), se plaindre, déplorer. 1. Questus, de queror. 2. Questus, ūs, m. plainte. Qui, quae, quod, qui, celui qui (G. 42). Quia (conj.), parce que. Quicquam, neutre de quisquam. Quicumque, quaecumque, quodcumque, quel…​ que; quiconque, quel qu’il soit qui; (omnia) quaecumque, tout ce qui, tout ce que. Quidam, quaedam, quoddam et quiddam (G. 44, I), (un) certain, un certain homme. Quidem (adv.), à la vérité, il est vrai; ne…​ quidem, pas même, non plus. Quidni (interr.), pourquoi ne…​ pas? Quidquid, neut. de quisquis. Quies, etis, f. repos, cessation, sommeil. Quiesco, is, ĕre (quievi, quietum), se tenir en repos, se reposer. Quietus, a, um, calme, tranquille. Quin (adv. et conj.), que ne? Pourquoi ne pas? (sans interr.) que ne; sans que; quin etiam, bien plus. Quindecim (invar.), quinze. Quinque (invar.), cinq. Quintus, a, um, cinquième. Quippe (adv.), en effet; quippe qui, lui qui, en effet (G. G. 329). Quirinus, i, m. Quirinus (nom propre). Quis, quae, quod ou quid (G. 42), quel? qui? (parfois pour aliquis, quelqu’un, G.C. 151). Quisnam, quaenam, quodnam ou quidnam (G. 44), qui? qui donc? Quel donc? Quisquam, quaequam, quodquam, quelqu’un, quelque; quicquam, quelque chose; (avec nég.) personne, rien (G. G. 150). Quisque, quaeque, quodque ou quidque, chaque, chacun. Quisquis, quicquid ou quidquid, quel… que; qui (quoi) que ce soit qui; quidquid est id, quoi qu’il en soit; quidquid se traduit souvent commodément par «tout ce qui» Quo (adv.), où (avec mouvement); où? (conj.) afin que par lÀ (G.C. 290). Quocumque, partout où; de quelque côté que (avec mouvement). Quod (conj.), de ce que, parce que; ce fait que (G.C. 280); quod si, que si, et si. Quominus (conj.), que…​ ne (G.C. 279). Quomodo (adv.), comment; comment? Quondam (adv.), autrefois. Quoniam, du moment que, parce que puisque. Quoque (adv.), aussi. Quorsum (adv.), où? vers quel but? Quot (indéclinable), (autant) que, aussi nombreux que (avec ou sans tot). Quotannis (adv.), tous les ans. Quousque (adv.), jusques à quand.

R

Rabies, iei, f. rage. Radius, ii, m. rayon. Radix, icis, f. racine. Rages, is, f. Ragès (ville). Raguel, Raguelis, m. Raguel (nom propre). Ramus, i, m. branche, rameau. Rana, ae, f. grenouille. Raphael, elis, m. Raphaël (nom propre). Rapina, ae, f. pillage. Rapio, is, ĕre (rapui, raptum), traîner, entraîner; enlever. Rapto, as (rég.), traîner. Raptus, de rapio. Rapum, i, n. rave. Ratio, onis, f, moyen, manière; méthode, système; reposcere rationem rei ab aliquo, demander compte de qqe chose à qqn, le rendre responsable. Ratus, a, um, voir reor. Rebecca, ae, f. Rébecca (nom propre). Recedo, is, ĕre (cessi, cessum), reculer, se retirer. Recens, entis, frais, nouveau. Recessurus, de recedo. Recido, is, ere (recidi), retomber. Recipio, is, ĕre (cepi, ceptum), reprendre, recouvrer; recevoir; se recipere, se retirer, revenir, se rendre (à un endroit). Recliffo, as (rég.), appuyer. Reconcilio, as (rég.), rétablir (entente, concorde). Recondo, is, ĕre (didi, ditum), mettre en réserve; cacher. Recordor, aris (dép. rég.), se souvenir de (+génitif). Recte (adv.), bien; comme il faut) sagement. Rectus, a, um, droit. Recumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), être couché. Recupero, as, (rég.), recouvrer, reprendre. Recuso, as (rég.), refuser; refuser de (ne, +subjonctif). Reddo, is, ĕre (reddidi, redditum), rendre. Redegi, de redigo. Redeo, redis, ire (ivi ou ii, itum, comp. de eo), revenir. Redigo, is, ĕre (egi, actum), réduire Redit, de redeo. Redimo, is, ĕre (redemi, redemptum), racheter. Redintegro, as (rég.), recommencer (entièrement); ranimer (l’espoir). Redire, de redeo. Reditus, ūs, m. retour. Reduco, is, ĕre (duxi, ductum), ramener; reductus, a, um (adj.), écarté. Redux, ucis, revenu, de retour. Refectus, de reficio. Refero, fers, ferre (rettuli, relatum), rapporter; remporter; rendre; referre in ou inter, mettre au rang de; referre gratiam alicui, témoigner (par des actes) sa reconnaissance à qqn; referre pedem, reculer. Reficio, is, ere (feci, fectum), réparer; remettre, rétablir (en ganté). Refringo, is, ĕre (fregi, fractum), briser, rompre. Regalis, e, royal. Regia, ae, f. palais. Regio, onis, f. région. Regius, a, um, royale; du roi. Regno, as (rég.), être roi, régner. Regnum, i, n. autorité royale; royauté; règne; royaume. Rego, is, ĕre (rexi, rectum), gouverner. Regredior, dĕris, i (gressus sum), retourner, revenir, battre en retraite. Regulus, i, m. Régulus (nom propre). Reipublicae, voir respublica. Relabor, ĕris, i (lapsus sum), rentrer dans son lit (fleuve). Relatus, de refero Relego, as (rég.), reléguer, exiler. Relictus, de relinquo. Religio, onis, f. religion, piété; crainte religieuse, scrupule. Religiosus, a, um, vénéré. Religo, as (rég.), attacher. Relinquo, is, ere (liqui, lictum), laisser, abandonner. Reliquiae, arum, f. plur. le reste, les restes. Reliquus, a, um, restant, qui reste, autre; reliqui, les autres. Remaneo, es, ēre (mansi, mansum), demeurer, subsister. Remansi, de remaneo. Reminiscor, ĕris, i (sans parfait), se rappeler (rem, rei ou de re). Remitto, is, ĕre (misi, missum), renvoyer, lâcher. Removeo, es, ēre (movi, motum), écarter. Remunero, as (rég.), ou remuneror, aris (dép. rég.), récompenser. Remus, i, m. Rémus (nom propre). Renascor, eris, i (natus sum), renaître. Renovo, as (rég.), renouveler. Renuntio, as (rég.), rapporter, annoncer. Reor, reris, reri (ratus sum), croire, penser (fermement) que; ratus, ayant pensé, persuadé que. Repello, is, ĕre (puli, pulsum), repousser. Rependo, is, ĕre (pendi, pensum), donner (en échange), rendre. Repente (adv.), tout à coup. Reperio, is, ire (repperi, repertum), trouver. Repono, is, ĕre (posui, positum), replacer. Reporto, as (rég.), reporter,, rapporter. Reposco, is, ĕre (sans parfait ni supin), réclamer; (voir ratio). Reppuli, de repello. Reprehendo, is, ĕre (hendi, hensum), reprendre, blâmer. Repromitto, is, ĕre (misi, missum), promettre en retour. Repto, as (rég.), ramper. Repudio, as (rég.), rejeter, refuser. Repugno, as (rég.), opposer de la résistance, résister; être opposé. Repurgo, as (rég.), nettoyer. Reputo, as (rég.), repasser dans son esprit, réfléchir. Requiro, is, ĕre (quisivi, quisitum), chercher, rechercher. Res, rei, f. chose; réalité; la chose publique; les affaires publiques. Rescindo, is, ĕre (scidi, scissum), couper, démolir. Rescio, is, ire (ii, itum), venir à savoir, être informé de. Rescissus, de rescindo. Reseco, as, are (secui, sectum), couper. Reservo, as (rég.), réserver, conserver. Resisto, is, ĕre (restiti, restitum), s’arrêter, résister. Respergo, is, ĕre (spersi, spersum), arroser. Respicio, is, ĕre (spexi, spectum), se tourner pour regarder. Respiro, as (rég.), respirer, reprendre haleine. Respondeo, es, ēre (spendi, sponsum), répondre. Responsum, i, n. réponse (voir respondeo). Respublica, rei publicae, f. l’État, la république. Restiti, de resisto, Restituo, is, ĕre (ui, utum), replacer, rétablir; rendre. Rete, is, n. filet. Retineo, es, ēre (tinui, tentum), tenir, retenir, garder, conserver. Retraho, is, ĕre (traxi, tractum), tirer en arrière, retirer; ramener. Rettuli, de refero. Reus, i, m. accusé; responsable. Revera (adv.), réellement, en réalité. Reverentia, ae, f. respect, déférence. Revertor, ĕris, i (versus sum), revenir, retourner. Revoco, as (rég.), rappeler, ramener à. Rex, regis, m. roi. Ridiculus, a, um, plaisant, comique. Rigeo, es, ēre (ui), être raide, être fixe. Rigidus, a, um, raide, dur. Rigo, as (rég.), arroser. Ripa, ae, f. rive. Risus, ūs, m. rire, risée. Rite (adv.), selon les rites, religieusement. Rivus, i, m. ruisseau. Rixa, ae, f. rixe, lutte. Robinson, onis, m. Robinson (nom propre). Robur, oris, n. vigueur, force. Robustus, a, um, vigoureux. Rogo, as (rég.), demander, prier (ut, que ou de). Roma, ae, f. Rome (ville). Romanus, a, um, romain; au plur. les Romains. Romulus, i, m. Romulus (nom propre). Roscidus, a, um, chargé de rosée. Rostrum, i, n. bec (d’oiseau); groin. Ruben, enis, m. Ruben (nom propre). Rudis, e, inculte, grossier. Rufinus, i, m. Rufinus (nom propre). Ruina, ae, i. chute, écroulement. Rumor, oris, m. bruit (qui court), nouvelle. Ruo, is, ĕre (rui, rutum), se précipiter. Rupes, is, f. roche, rocher. Rure, ruri, voir rus. Rursum, ou rursus, de nouveau, ensuite. Rus, ruris, n. campagne (G. 193). Rusticitas, atis, f. grossièreté. Rusticus, a, um, rustique, champêtre; de labourage; (nom) paysan.

S

Sabini, orum, m. plur. Sabins (peuple), Sacculus, i, m. petit sac. Saccus, i, m. sac. Sacer, cra, crum, sacré; consacré à. Sacerdos, otis, m. prêtre. Sacrificium, ii, n. sacrifice. Sacrum, i et sacra, orum, n. plur, chose sacrée, sacrifice. Saepe, (adv.) comparatif saepius, superlatif saepissime, souvent; saepius, assez souvent, souvent, plus souvent. Saepio, is, ire (saepsi, saeptum), entourer. Saevio, is, ire (rég.), user de rigueur contre (in, +accusatif). Sagacitas, atis, f. finesse d’odorat. Sagitta, ae, f. flèche. Sagittarius, ii, m. archer. Salii, iorum, m. pl. les Salions (prêtres de Mars). Salinum, i, n. salière. Saltem (adv.), au moins, du moins. Salto, as (rég.), danser. 1. Saltus, ūs, m. saut. 2. Saltus, ūs, m. bois, pâturage. Saluber, ou salubris, is, e, salutaire, sain, dispos. Salus, utis, f. salut, conservation (de la vie, santé, liberté). Salutaris, e, salutaire. Saluto, as (rég.), saluer. Salve, salvete, salut (G.C. 83). Salvus, a, um, bien portant, sain et sauf. Sambuceus, a, um, de sureau. Samnis, itis, m. Samnite; plur. les Samnites (peuple). Samuel, elis, m. Samuel (nom propre). Sancio, is, ire (sanxi, sanctum), établir, ordonner. Sanctus, a, um, saint (voir sancio), Sane (adv.), certes. Sanguis, inis, m. sang. Sano, as (rég.), guérir (transitif). Sanus, a, um, sain. Sapiens, entis, sage. Sapienter (ativ.), sagement, habilement. Sapientia, ae, f. sagesse. Sardes, ium, f. pl. Sardes (ville). Satelles, itis, m. garde (d’un prince). Satio, as (rég.), rassasier, lasser. Satis (adv.), assez. Satisfacio, is, ĕre (feci, factum), satisfaire (quelqu’un, +datif). Saturnus, i, m. Saturne (dieu antique). Saucius, a, um, blessé. Saul, ulis, m. Saül (nom propre). Saxosus, a, um, pierreux. Saxum, i, n. rocher, pierre. Scalae, arum, f. plur. échelle. Scapha, ae, f. barque. Sceleratus, a, um, criminel, scélérat. Scelus, eris, n. crime, forfait. Scidi, de scindo. Scientia, ae, f. connaissance; science. Scilicet (adv.), à savoir, en effet. Scindo, is, ēre (scidi, scissum), déchirer. Scio, is, ire (scivi ou scii, scitum), savoir. Scipio, onis, m. bâton. Sciscitor, aris (dép. rég.), s’informer, demander. Scito, impératif de scio. Scriba, ae, m. greffier, secrétaire. Scribo, is, ĕre (scripti, scriptum), écrire. Scriptor, oris, m. écrivain; legum scriptor, écrivain. Scriptus, de scribo. Scrobis, is, m. f. trou, fosse. Scrutor, aris (rég.), fouilles. Scutum, i, n. bouclier. Scyphus, i, n. coupe. Scyron, onis, m. Scyron (nom propre). Scyros, i, m. Scyros (île). Se, accusatif et ablatif de sui. Secedo, is, ĕre (cessi, cessum), se séparer. Secreto (adv.), en secret. Secum, pour cum se. Secundum (prép. avec accusatif), après. Secundus, a, um, second, deuxième. Securis, is, f. hache (ablatif, securi). Securus, a, um (qui est) sans inquiétude; sûr. Secus (adv.), autrement. Secutus, de sequor. Sed (conj.), mais. Sedeo, es, ēre (sedi, sessum), être assis, se percher, demeurer. Sedes, is, f. siège; séjour, emplacement; mutare sedem, changer de séjour, émigrer. Sedi, de sedeo et sido. Seditio, onis, f. sédition, querelle. Sedo, as (rég.), apaiser. Sedulo (adv.), soigneusement, avec loyauté, avec zèle. Segnis, e, inactif, paresseux. Segniter (adv.), avec mollesse, nonchalamment. Segnities, iei, f. lenteur, paresse. Sella, ae, f. siège; sella curulis, chaise curule. Semel (adv.), une fois, une seule fois; non ou haud semel, plus d’une fois. Semen, inis, n. semence, graine. Semianimis, e, à demi vivant. Semita, ae, f. sentier. Semper (adv.), toujours. Senator, oris, m. sénateur. Senatus, ūs, m. sénat. Senectus, utis, m. vieillesse. Senes, plur. de senex. Senesco, is, ĕre (senui), devenir vieux, vieillir. Senex, senis, m. vieillard; comparatif senior, plus âgé. Senilis, e, de vieillard, sénile. Senones, onum, m. plur. les Sénons (peuple). Sensim (adv.), peu à peu. Sententia, ae, f. opinion. Sentio, is, ire (sensi, sensum), sentir, s’apercevoir (de ou que). Senui, de senesco. Separatim (adv.), séparément. Sepelio, is, ire (rég.), ensevelir. Sepono, is, ire (posui, positum), mettre à part, mettre en réserve. Septem, sept; septemdecim, dix-sept. Septeni, ae, a, sept chaque fois. Septimus, a, um, septième. Sepulcrum, i, n. sépulcre, sépulture, tombeau. Sepultura, ae, f. sépulture. Sepultus, de sepelio. Sequana, ae, m. la Seine (fleuve). Sequor, ĕris, i (secutus sum), suivre; venir après; résulter; adopter. Serio (adv.), sérieusement. Sermo, onis, m. conversation, paroles. Sero (adv. comparatif serius), tard, trop tard. Serpens, entis, m. f. serpent; voir aussi serpo. Serpo, is, ere (serpsi), ramper, se répandre. Sertum, i, n. guirlande. Servilis, e, d’esclave, servile. Servitus, utis, f. esclavage. Servo, as (rég.), conserver, sauver, garder; tenir (serment, promesse). Servus, i, m. esclave. Sese, comme se (G.C. 40, note). Sessor, oris, m. cavalier, conducteur. Seu (comme sive), soit, soit que. Severitas, atis, f. sévérité. Sex, six. Sextus, a, um, sixième. Si (conj.), si; à supposer que. Sic (adv.), ainsi, de même. Sicco, as (rég.), dessécher. Siccus, a, um, sec; siccum, i, n. lieu sec. Sicilia, ae, f. Sicile (île). Siculus, a, um, de Sicile, Sicilien. Sicut (adv.), de même que. Sido, is, ĕre (sedi, sessum), s’asseoir. Significo, as (rég.), indiquer, annoncer, témoigner; vouloir dire. Signum, i, n. signe; signal; statue. Silentium, ii, n. silence. Silex, ici s, m. f. pierre, rother. Silva, ae, f. forêt, bois. Silvestris, e, sauvage. Simeon, onis, m. Siméon (nom propre). Similis, e, ressemblant, semblable, pareil. Similitudo, inis, f. ressemblance. Simonides, is, m. Simonide (nom propre). Simplex, icis, simple. Simul (adv.), ensemble, en même temps; simul ac ou atque, dès que. Simulacrum, i, n. représentation; statue (d’un dieu). Simulo, as (rég.), faire semblant; feindre, simuler. Simultas, atis, f. inimitié, brouille. Sin (conj.), si au contraire. Sine (prép. avec ablatif), sans. Singularis, e, singulier, extraordinaire. Singuli, ae, a, un (à la fois), un (de chaque côté), chacun. Sinis, is, m. Sinis (nom propre). Sinister, tra, trum, gauche; sinistra (s. e. manus), main gauche. Sino, is, ĕre (sivi, situm), laisser, permettre. Sitio, is, ire (rég.), avoir soif. Sitis, is, f. soif. Sive (conj.), ou si, ou bien; soit,soit que. Soboles, voir suboles. Socer, eri, m. beau-père. Socia, ae, f. compagne. Societas, atis, f. association; participation; alliance. Socius, i, m. associé, ami; complice; allié. Sodalis, is, m, camarade, ami. Sol, solis, m. soleil. Solatium, ii, n. soulagement; consolation. Solemnis, voir sollemnis. Soleo, es, ēre (solitus sum), avoir coutume; (adj.) solitus, a, um, habituel; solitum, i, n. ce qui est habituel (G.C. 129). Solers, voir sollers. Solidus, a, um, solide. Solitudo, inis, f. solitude. Solitus, voir soleo. Solium, ii, n. trône. Sollemnis, e, régulier, solennel. Sollers, ertis, habile, sage. Sollicitus, a, um, inquiet; qui est aux aguets. Solon, onis, m. Solon (nom propre). 1. Solum, i, n. sol. 2. Solum (adv.), seulement. Solus, a, um, seul; désert; solitaire. Solutus, de solvo. Solvo, is, ĕre (solvi, solutum), dénouer, délier; payer. Somniator, oris, m. rêveur. Somnio, as (rég.), avoir un songe; faire un rêve; rêver. Somnium, ii, n. rêve, songe. Somnus, i, m. sommeil. Sonitus, ūs, bruit, fracas. Sono, as, are (ui, itum), résonner, Sonus, i, m. son. Sordidus, a, um, sale, grossier. Soror, oris, f. soeur. Sororius, a, um, de la soeur. Sors, sortis, f. sort; hasard; tirage au sort. Sortior, iris, iri (sortitus sum), obtenir (par le sort). Spargo, is, ĕre (sparsi, sparsum), jeter (çà et là), répandre. Sparsus, de spargo. Sparta, ae, f. Sparte ou Lacédémone (ville). Spartani, orum, m. plur. Spartiates (peuple). Spartiatae, arum, ne. plur. Spartiates (peuple). Spatium, ii, n. espace, distance. Species, iei, f. aspect. Spectaculum, i, n. spectacle. Spectatus, a, um (de specto), éprouvé, reconnu. Specto, as (rég.), regarder, assister à (un spectacle); être tourné vers; tendre, viser. Specula, ae, f. poste d’observation. Speculator, oris, m. éclaireur. Speculor, aris (rég. dép), être à l’affût, observer, guetter. Specus, ūs, m. caverne. Spelunca, ae, f. caverne, antre. Sperno, is, ĕre (sprevi, spretum), dédaigner, mépriser. Spero, as (rég.), espérer. Spes, spei, f. espérance, espoir. Spica, ae, f. épi. Spina, ae, f. épine. Spiritus, ūs, m. souffle, soupir; esprit, sentiment, passion. Splendeo, es, ĕre (ui), briller. Splendide (adv.), avec magnificence. Splendidus, a, um, resplendissant, magnifique. Splendor, oris, m. éclat. Spolio, as (rég.), dépouiller. Spolium, ii, n. dépouille. Spondeo, es, ēre (spopondi, sponsum), promettre, s’engager à. Sponsus, i, m. fiancé. Sponte (ablatif de spons), spontanément, naturellement, volontairement; mea sponte, de mon propre mouvement. Spopondi, de spondeo. Spretus, de sperno. Sprevi, de sperno. Squama, ae, f. écaille. Squamatus, a, um, fait de mailles. Stabilis, e, stable, durable. Stans, stare, de sto. Statim (adv.), aussitôt; statim ut, aussitôt que. Statio, onis, f. campement; poste (de troupes). Statua, ae, f. statue. Statuo, is, ĕre (ui, utum), décider (de ou que). Status, ūs, m. situation, état. Stella, ae, f. étoile. Stercus, oris, n. ordure, excrément. Sterno, is, ĕre (stravi, stratum), étendre, couvrir, garnir de. Stimulus, i, m. aiguillon. Stipendium, ii, n. solde (militaire). Stirps, stirpis, f. souche; race. Sto, stas, stare (steti, statum), se tenir (debout). Stolidus, a, um, sot, stupide. Strages, is, f. carnage, massacre. Stragula (ae) vestis (is), f. étoffe qu’on étend, couverture. Stratus, de sterno. Strenue (adv.), diligemment. Strenuus, a, um, actif, alerte. Strepitus, ūs, m. bruit, vacarme. Strictus, de stringo. Stridor, oris, m. cri, barrissement. Stringo, is, ĕre (strinxi, strictum), serrer, tirer (épée, poignard). Strues, is, f. tas, monceau. Strymon, onis, m. Strymon (fleuve). Studeo, es, ēre (ui), s’appliquer à, étudier. Studiose (adv.), avec soin, avec zèle. Studiosus, a, um, zélé (pour, +génitif). Studium, ii, n. zèle; ardeur; désir; goût; étude. Stulte (adv.), sottement. Stultitia, ae, f. stupidité, folie. Stultus, a, um, sot, insensé. Stupeo, es, ēre (ui), être interdit, ébahi, Stupor, oris, m. stupeur, stupéfaction. Styx, ygis, f. Styx (fleuve des enfers). Suadeo, es, ēre (suasi, suasum), conseiller. Suavis, e, agréable, délicieux. Suavitas, atis, f. douceur, charme. Suaviter (adv. comparatif suavius, superlatif suavissime), agréablement. Sub (prép. avec accusatif et ablatif), sous; vers (une époque); sub lucem, vers l’aurore. Subduco, is, ĕre (duxi, ductum), conduire (à l’écart). Subegi, de subigo. Subigo, is, ĕre (egi, actum), soumettre, conquérir. Subito (adv.), soudainement. Subitus, a, um, subit, soudain. Subjicio, is, ĕre (jeci, jectum), soumettre. Sublevo, as (rég.), soulever, pousser; soulager. Sublicius (ii) pons (pontis), m. pont; sublicius (fait en charpente). Sublimis, e, haut; in sublime, en l’air. Sublustris, e, un peu éclairé. Submitto, ou summitto, is, ĕre (misi, missum), abaisser; au passif (s’abaisser, décroître); adj., summissus, a, um, bas. Suboles, is, f. race, enfant. Subrideo, es, ēre (risi, risum), sourire. Subripio, is, ĕre (ripui,reptum), dérober. Subruo, is, ĕre (rui, rutum), creuser par-dessous, saper. Subscribo, is, ĕre (scripsi, scriptum) écrire au-dessous. Subsequor, ĕris, i (secutus sum), suivre de près. Subsidium, ii, n. secours, remède. Subterraneus, a, um, souterrain. Subvenio, is, ire (veni, ventum), venir au secours de, protéger (+datif). Succedo, is, ĕre (cessi, cessum), succéder; avoir lieu, réussir (bien ou mal). Succenseo, es, ēre (ui), s’irriter (+datif, contre). Successor, oris, m. remplaçant, successeur. Successus, ūs, m. succès, réussite. Succinctus, a, um, armé (à la ceinture). Succresco, is, ĕre (crevi), croître par-dessous ou à la suite. Succurro, is, ĕre (curri, cursum), venir au secours de qqn (alicui); venir à la pensée de qqn (alicui). Sudor, oris, m. sueur. Sues, de sus. Suffetius, ii, m. Suffetius (nom propre). Suffixus, a, um, cloué, attaché (en haut). Sui, sibi, se, de soi, à soi, etc.; voir aussi suus. Sum, es, esse (fui), être (G. 54). Summa, ae, f. somme, ensemble; summa imperii, le commandement suprême. Summissus, voir submitto. Summopere (adv.), avec le plus grand soin. Summoveo, es, ēre (movi, motum), écarter. Summus, a, um, le plus haut (G. 117); (qui est) à la surface; grand, souverain, extrême; summum, i, n. sommet. Sumo, is, ĕre (sumpsi, sumptum), prendre, entreprendre. Supellex, supellectilis, f. mobilier. Super (prép. avec accusatif ou ablatif), sur, au-dessus de; (adv.). par-dessus. Superbia, ae, f. orgueil. Superesse, supererat, de supersum. Superincumbo, is, ĕre (cubui, cubitum), se coucher par-dessus, peser sur (+datif). Superinduo, is, ĕre (ui, utum), endosser (par-dessus). Superior, oris, plus élevé. Superjacio, is, ĕre (jeci, jectum), jeter dessus ou par-dessus. Supero, as (rég.), surpasser, dépasser, vaincre. Superstes, stitis, survivant. Supersum, superes, superesse (superfui), rester, survivre (+datif, à qqn.) Supervenio, is, ire (veni, ventum), survenir. Supinus, a, um (mis ou couché), sur le dos. Suppedito, as (rég.), fournir. Supplex, icis, m. f. suppliant. Supplicium, ii, n. supplice; (peine de) mort. Supra (adv. ou prép. avec l’accusatif), au dessus de. Supremus, a, um, suprême, dernier. Surgo, is, ĕre (surrexi, surrectum), se lever. Surrexi, de surgo. Sus, suis, m. (. pore. Suscipio, is, ĕre (cepi, ceptum), prendre (sur soi), se charger de (faire, avec gérondif ou adj. verbal G.C. 243). Suspendo, is, ĕre (pendi, pensum), suspendre, tenir suspendu; se suspen dere, se pendre. Suspicio, onis, f. soupçon; in suspicionem venire, être soupçonné (G.C. 204). Sustineo, es, ēre (tinui, tentum), soutenir, porter, résister à (+accusatif). Sustuli, de tollo. Suus, a, um, son, sa; sien, le sien. Syracusae, arum, f. pl. Syracuse (ville). Syracusanus, a, um, syracusain; (plur.) les Syracusains (peuple).

T

Tabernaculum, i, n. tente; tabernacle. Tabes, is, f. langueur. Taceo, es, ēre (tacui, tacitum), taire (qqe chose), se taire. Tacitus, a, um, silencieux, sans rien dire. Tacui, de taceo. Taedet, ēre (taesum est), être dégoûté de (me taedet, +génitif, G. 159). Taeter, tra, trum, affreux, hideux. Talentum, i, n. talent (grosse somme d’argent). Talis, e, tel, pareil. Tam (adv.), si, aussi; tam cito, si vite. Tamen (conj.), cependant, pourtant. Tandem (adv.), enfin, à la fin. Tango, is, ĕre (tetigi, tactum), toucher. Tanquam (adv.), comme. Tantopere ou tanto opere, tant, tellement. Tantum (adv.), autant, autant que; seulement. Tantus, a, um, si grand, aussi grand. Tarditas, atis, f. lenteur, incapacité. Tardo, as (rég.), ralentir, retarder. Tardus, a, um, lent. Tarentinus, a, um, de Tarente; (au plur.) les Tarentins (peuple). Tarpeia, ae, f. Tarpéia (nom propre). Tarpeius, a, um, de Tarpeia (roche Tarpéienne). Tarquinius, ii, m. Tarquin (nom propre) Tartara, orum, n. plur. le Tartare, les enfers. Tatius, ii, m. Tatius (nom propre). Taurinus, a, um, de taureau. Taurus, i, m. taureau. Tectum, i, n. toit, maison. Tego, is, ĕre (texi, tectum), couvrir, cacher, protéger. 1. Tellus, i, m. Tellus (nom propre). 2. Tellus, uris, f. la terre (comme déesse). Telum, i, n. trait, arme. Temerarius, a, um, imprudent, inconsidéré. Temere (adv.), à la légère, au hasard. Temeritas, atis, f. imprudence. Tempestas, atis, f. époque; orage. Templum, i, n. temple. Tempus, oris, n. temps, date. Temulentus, a, um, ivre. Tendo, is, ĕre (tetendi, tentum ou tensum), tendre, s’étendre. Tenebrae, arum, f. plur. ténèbres. Tenebricosus, a, um, ténébreux, obscur. Teneo, es, ēre (tenui, tentum), tenir; occuper; retenir, empêcher; observer (une règle). Tener, era, erum, tendre, jeune. Tento, as (rég.), tenter, essayer. Tentorium, ii, n. tente. Tenui, de teneo. Tenuis, e, mince, faible. Tepidus, a, um, tiède. Terentius, ii, m. Terentius (nom propre). Tergum, i, n. dos; a tergo, par derrière. Terni, ae, a (étant) par groupes de trois (G.C. 34). Terra, ae, f. terre. Terreo, es, ēre (ui, itum), effrayer. Terrester, tris, tre, qui a lieu sur terre, terrestre. Terribilis, e, effrayant. Terror, oris, m. épouvante. Tertius, a, um, troisième; tertio ou tertium (adv.), pour la troisième fois. Testimonium, ii, n. témoignage. Testis, is, m. témoin. Testor, aris (dép. rég.), prendre à témoin. Tetigi, de tango. Texi, de tego. Texo, is, ĕre (texui, textum), tisser. Theatrum, i, n. théâtre. Themistocles, is, m. Thémistocle. Thermopylae, arum, f. plur. les Thermopyles. Thesaurus, i, m. trésor. Theseus, i, m. Thésée (nom propre). Thespii, iorum, m. plur. les Thespiens (peuple). Tiberis, is, m. le Tibre (fleuve). Tibicen, inis, m. joueur de flûte. Tigillum, i, n. poutre, soliveau. 1. Tigris, is ou idis, m. f. tigre (animal). 2. Tigris, is ou idis, m. le Tigre (fleuve). Timeo, es, ēre (ui), craindre. Timiditas, atis, f. poltronnerie. Timor, oris, m. crainte. Tingo, is, ĕre (tinxi, tinctum), tremper, teindre. Tinnio, is, ire (rég.), tinter, bourdonner. Titan, anis, m. titan; (au plur.) les Titans (géants de la mythologie). Titus, i, m. Titus (nom propre). Tobias, ae, m. Tobie (nom propre). Toga, ae, f. toge, robe. Tolero, as (rég.), supporter. Tollo, is, ĕre (sustuli, sublatum), élever, ramasser; prendre, faire disparaître, supprimer; tollere in crucem, mettre en croix. Tonitrus, ūs, m. tonnerre; coup de tonnerre. Tormentum, i, n. torture. Torquatus, i, m. Torquatus (nom propre). Torques ou torquis, is, m. f. collier. Torrens, entis m. torrent. Tot (adj. indéclinable), autant de. Totidem (adj. indéclinable), tout autant de. Totus, a, um, tout entier (G. 44, III, 4°). Tracto, as (rég.), manier. Trado, is, ĕre (tradidi, traditum), livrer, confier, transmettre. Traduco, is, ĕre (duxi, ductum), conduire (au delà), faire passer. Traho, is, ĕre (traxi, tractum), tirer, traîner; prolonger; traîner en longueur. Trajicio, is, ĕre (jeci, jectum), faire passer; passer, traverser; transpercer. Trano, as (rég.), traverser en nageant. Tranquillitas, atis, f. calme, tranquillité. Tranquillus, a, um, tranquille. Transactus, de transigo. Transeo, is, ire (ivi ou ii, itum, comp. de eo), passer, traverser. Transfero, fers, ferre (tuli, latum), transporter. Transfigo, is, ĕre (fixi, fixum), transpercer, Transfodio, is, ĕre (fodi, fossum), transpercer. Transfuga, ae, m. transfuge, déserteur. Transfugio, is, ĕre (fugi, fugitum), déserter, passer à l’ennemi. Transgredior, deris, di (gressus sum), traverser, franchir. Transigo, is, ĕre (egi, actum), décider, terminer. Transilio, is, ire (silui ou silii, sultum), sauter par-dessus, franchir. Transitus, ūs, m. passage. Transmitto, is, ĕre (misi, missum), traverser; faire passer (par ex. un fleuve à une armée). Transtuli, de transfero. Transvolo, as (rég.), traverser en volant, survoler. Trecenti, ae, a, trois cents. Tredecim (indéclinable), treize. Trepido, as (rég.), s’agiter, trembler. Tres, tria, trois. Triangulum, i, n. triangle. Tribunal, alis, n. tribunal; tribunal (dans un camp). Tribunus, i, m. tribun (du peuple). Tribuo, is, ĕre (ui, utum), donner, accorder. Tributum, i, n. tribut, impôt. Trigemini, orum, m. pl. jumeaux (au nombre de trois). Triginta, trente. Tristis, e, triste, funeste Triticum, i, n. froment. Triumpho, as (rég.), triompher. Triumphus, i, m. triomphe. Troezen, enis, f. Trézène (ville). Trojanus, a, um, troyen; (au plur.), les Troyens (peuple). Trucido, as (rég.), égorger, massacrer. Truncus, i, m. tronc (d’arbre). Trux, trucis, m. farouche. Tu, tui, etc., tu, toi. Tueor, eris, eri (tuitus sum), défendre, protéger. Tugurium, ii, n. cabane, chaumière Tuli, de fero. Tullus, i, m. Tullus (nom propre). Tum (adv.), alors; puis; tum…​ tum, tantôt…​ tantôt. Tumultus, ūs, m. tumulte, désordre. Tumulus, i, m. élévation de terrain, éminence. Tunc (adv.), alors. Tundo, is, ĕre (tutudi, tusum), battre (à coups redoublés). Tunica, ae, f. tunique. Tunicatus, a, um, vêtu d’une simple tunique. Turba, ae, f. foule. Turbo, as (rég.), troubler. Turpiter (adv.), d’une manière honteuse. Tute, pour tu-te, toi-même (G.C. 40, note). Tutela, ae, f. protection, tutelle. Tutor, aris (dép. rég.), protéger. Tutus, a, um, sûr, (qui est) en sûreté, à l’abri de (ab). Tuus, a, um, ton, ta; tien, le tien. Tyrannis, idis, f. tyrannie. Tyrannus, i, m. tyran. Tyrtaeus. i, m. Tyrtée.

U

1. Uber, eris, abondant; uberrime (adv.), très abondamment. 2. Uber, eris, n. mamelle. Ubertas, atis, f. abondance, fécondité. Ubertim (adv.), abondamment. Ubi (adv.), où? où; dès que; ubi primum, aussitôt que. Ubinam (adv.), où donc? Ulciscor, eris, i (ultus sum), se venger; venger, punir. Ullus, a, um (génitif ullius), quelque, aucun; neque ullus, comme et nullus (G.C. 150), et aucun. Ulterior, oris, ultérieur, (qui est) de l’autre côté. Ultimus, a, um, extrême, dernier; ad ultimum, au dernier degré. Ultor, oris, m. vengeur. Ultra (adv.), au delà, désormais, non… ultra, ne plus. Ultro (adv.), en prenant les devant, de soi-même. Ululatus, ūs, m. hurlement. Umbra, ae, f. ombre. Una (adv.), ensemble, de compagnie. Unda, ae, f. eau, onde. Unde (adv.), d’où? d’où; du côté duquel; au moyen de quoi; par suite de quoi. Undecim (indéclinable), onze. Undecimus, a, um, onzième. Undique (adv.), de tous côtés. Unguis, is, m. ongle. Unice (adv.), particulièrement, pardessus tout. Unicuique, datif de unusquisque, Unicus, a, um, unique. Universus, a, um, tout entier; universi, tous sans exception. Unquam (adv.), quelquefois; jamais (avec nég. G.C. 150). Unus, a, um (génitif unius), un, un seul. Unusquisque, unaquaeque, unumquodque, chaque, chacun. Urbs, urbis, f. ville. Urgeo, es, ēre (ursi), presser, tourmenter. Ursus, i, m. ours. Urus, i, m. ure (boeuf sauvage). Usquam (adv.), quelque part, en quelque circonstance. Usque (adv.) jusque; usque eo dum, jusqu’à ce que. 1. Usus, a, um, de utor. 2. Usus, ūs, m. usage, utilité. Ut (conj. G. 99 bis), avec subjonctif, afin que, en sorte que, que; avec indicatif, comme, dès que; ut statim, aussitôt que. Uter, utra, utrum, lequel des deux? Uterque, utraque, utrumque, l’un et l’autre. Uti (conj.), comme (voir ut et uter). Utilis, e, utile. Utilitas, atis, f. intérêt. Utiliter (adv.), utilement. Utinam, (subj.), plaise ou plût au ciel que! fasse le ciel que. Utor, ĕris, i (usus sum), se servir. Utpote (adv.), comme. Utrinque (adv.), des deux côtés, de part et d’autre. Uva, ae, f. grappe (de raisin). Uxor, oris, f. épouse, femme; uxorem ducere, prendre comme femme, épouser; se marier.

V

Vacca, ae, f. vache. Vacillo, as (rég.), chanceler. Vacuus, a, um, vide, libre, désert; exempt (de+ablatif ou ab). Vagina, ae, f. gaine, fourreau. Vagio, is, ire (rég.), crier (en parlant des nouveau-nés*). *Vagitus, ūs, m. vagissement, cri (de l’enfant). Valde (adv.), fort, beaucoup. Vale (plur. valete), porte-toi bien, adieu (voir valeo). Valeo, es, ēre (ui), se bien porter, être fort; avoir de l’influence; l’emporter. Validus, a, um, robuste. Vallis, is, f. vallée, vallon. Vallum, i, n. rempart. Vanus, a, um, vain. Varenus, i, m. Varenus (nom propre). Varietas, atis, f. variété. Varius, a, um, varié, divers. Varro, onis, m, Varron (nom propre). Vas, vadis, m. caution (celui qui se porte garant pour un autre). Vasto, as (rég.), ravager. Vastus, a, um, vaste, désert, énorme. Vates, is, m. devin. Ve (après un mot auquel il est joint), ou ou bien. Vehemens, entis, violent. Vehementer, (adv.) fortement. Veho, is, ĕre (vexi, vectum), transporter. Veientes, ium, m. plur. les Véiens (peuple). Vel, ou, ou bien; même. Velim, velitis, de volo. Vellem, de volo. Vello, is, ĕre (velli ou vulsi, vulsum), arracher. Velo, as (rég.), voiler, revêtir. Velocitas, atis, f. vitesse, rapidité. Velox, ocis, rapide. Velum, i, n. voile (de navire). Velut ou veluti (adv.), comme. Vena, ae, f. filet (d’eau). Venatio, onis, f. chasse; gibier. Venator, oris, m. chasseur. Venatus, ūs, m. chasse. Venditor, oris, m. vendeur. Vendo, is, ĕre (vendidi, venditum), vendre. Venenum, i, n. poison. Veneo, venis, ire (ii, itum, comp. de eo), être vendu. Veneror, aris (dép. rég.), saluer, adorer. Venia, ae, f. pardon, permission; bona venia, indulgence. Venio, is, ire (veni, ventum), venir, arriver. Venor, aris (dép. rég.), chasser. Venter, tris, m. ventre. Ventito, as (rég.), venir fréquemment. Venturus, participe futur de venio. Ventus, i, m. vent. Venus, eris, f. Vénus (déesse). Venustas, atis, f. grâce, agrément. Vepres, ium, m. plur. buissons. Ver, veris, n. le printemps. Verber, eris, n. coup. Verbero, as (rég.), frapper. Verbum, i, n. mot, parole; verba facere, parler. Vere (adv.), vraiment. Vereor, eris, eri (veritus sum), craindre, respecter. Vergilius, ii, m. Virgile. Veritus, de vereor. Vero (conj.), or, mais. Versor, aris (dép. rég.), être, vivre, se trouver. Versus, ūs, m. vert. Vertex, icis, m. sommet. Verto, is, ĕre (verti, versum), tourner; vertere in fugam, mettre en fuite. Verumtamen (conj.), mais, cependant. Verus, a, um, vrai; verum, i, n. le vrai, la vérité. Verutum, i, n. javeline, javelot. Vescor, ĕris, i (sans parfait), manger, se nourrir de (+ablatif). Vespera, ae, f. le soir. Vespere (adv.), le soir. Vesperus, i, m. le soir. Vesta, ae, f. Vesta (déesse). Vester, tra, trum, votre, vôtre. Vestibulum, i, n. entrée, vestibule. Vestimentum, i, n. vêtement. Vestio, is, ire (rég.), revêtir. Vestis, is, f. vêtement, étoffe. Veto, as, are (vetui, vetitum), défendre, interdire. Vetus, veteris (comparatif veterior, veterrimus), ancien, vieux; d’autrefois, antérieur. Vetustas, atis, f. ancienneté; temps, vétusté. Vexo, as (rég.), maltraiter, persécuter, tourmenter. Via, ae, f. chemin, route, rue, méthode; via sacra, la voie sacrée. Viator, oris, m. voyageur. Vicesimus, a, um, vingtième. Vicinus, a, um, voisin. Victor, oris, m. vainqueur. Victoria, ae, f. victoire. 1. Victus, de vinco. 2. Victus, ūs, m. nourriture, subsistance; genre de vie. Viculus, i, m. bourgade (petite). Vicus, i, m. bourgade. Videlicet (adv.), c’est-à-dire. Video, es, ēre (vidi, visum), voir, apercevoir; (au passif) videor, eris, ēri (visus sum), paraître, sembler. Vigeo, es, ēre (ui), être vigoureux. Vigilia, ae, f. veille, insomnie. Viginti (indéclinable), vingt. Vilis, e, à vil prix, commun. Villa, ae, f. maison de campagne, ferme, Villicus, i, m. fermier, intendant. Vincio, is, ire (vinxi, vinctum), lier, enchaîner. Vinco, is, ĕre (vici, victum), vaincre. Vinctus, de vincio. Vinculum, i, n. lien; au plur. liens, chaînes, fers, prison. Vindico, as (rég.), reconquérir (liberté, etc.); punir, venger; se vindicare, se délivrer (de, ab). Vinum, i, n. vin. Vir, viri, m. homme; mari. Vireo, es, ēre (ui), être verdoyant. Vires, de vis 2. Virga, ae, f. bâton. Virgo, inis, f. jeune fille. Virtus, utis, f. courage* vertu. 1. Vis, de volo. 2. Vis, f. (vim, vi, plur. vires, ium), au sing. violence; au plur. forces. Viscera, um, n. plur. entrailles. Viso, is, ĕre (visi, visum), venir voir. 1. Visus, a, um, de video. 2. Visus, ūs, m. vue (faculté de voir). Vita, ae, f. vie. Vitis, is, f. vigne. Vitium, ii, n. vice, défaut. Vito, as (rég.), éviter. Vitulus, i, m. veau. Vivo, is, ĕre (vixi, victum), vivre. Vivus, a, um, vivant. Vix (adv.), difficilement; à peine. Vixdum (adv.), à peine. Vixi, de vivo. Vobis, de vos. Voco, as (rég.), appeler. Volatus, ūs, m. vol. Volito, as (rég.), voltiger. 1. Volo, as (rég.), voler. 2. Volo, vis, velle (volui), vouloir. Volsci, orum, m. pl. Volsques (peuple). Volubilis, e, enroulé, qui s’enroule. Volucris, is, f. oiseau. Voluntarius, a, um, volontaire. Voluntas, atis, f. volonté; bienveillance. Voluptas, atis, f. plaisir. Volvo, is, ĕre (volvi, volutum), rouler, méditer. Voro, as (rég.), dévorer. Vos (vestri, vestrun, vobis), vous. Votum, i, n. voeu, souhait. Voveo, es, ēre (vovi, votum), promettre par un voeu que (+infinitif). Vox, vocis, f. voix, parole. Vulcanus, i, m. Vulcain. Vulgaris, e, commun, ordinaire. Vulgo (adv.), communément. Vulgus, i, n. le public, le peuple. Vulnero, as (rég.), blesser. Vulnus, eris, n. blessure; (au figuré) désastre. Vulpes, is, f. renard. Vulsi, de vello. Vult, vultis, de volo. Vultur, uris, m. vautour. Vulturnus, i, m. Vulturne (rivière). Vultus, ūs, m. visage, air, physionomie.

X-Z

Xanthippus, i, m. Xanthippe (nom propre). Xerxes, is, m. Xerxès (nom propre). Zephyrus, i, m. Zéphyre, vent, zéphyr.