Lectio LXIX



  • Bonjour,
    Quelqu'un pourrait-il me donner des explications sur le sens de :
    "Non auferétur sceptrum de Iuda, et dux de fémore eius, donec veniat ille qui mittendus est; et ipse erit exspectátio gentium.", particulièrement sur la 1ère partie de la phrase (en gras, surtout "et dux de fémore eius" que je ne comprends pas... ), Merci !
    Bonne journée,
    Rémi



  • Je suis curieux de savoir ce que ça veut dire, car je n'ai pas réussi à le trouver. Du moins, ce que j'en comprends ne fait pas tellement de sens. Je n'ai même pas trouvé le mot luda dans le Gaffiot. Je traduirais Non auferétur [...] dux de fémore eius : Le chef ne sera pas emporté au sujet de sa cuisse. Et dans ce contexte, eius aurait normalement dû être suo. Il faudra que quelqu'un vienne à notre secours. :)

    Mise à jour : ok, je comprends que c'est Juda et non luda (avec L minuscule). Ça fait plus de sens, mais il m'en manque un bout.



  • C'est un passage d'un prophète cité dans l'Évangile, cité mot-à-mot si je ne m'abuse. Ce n'est pas le latin qui est problématique, mais le passage qui est obscure. L'explication est donnée plus bas:

    In benedictióne et prophetia data Iudae, dixit sceptrum non discessúrum esse a Iuda donec veníret ille qui mittendus erat.

    La référence à la cuisse est un hébraïsme. Il semblerait que les Hébreux voyaient un lien entre la cuisse et la procréation. La prophétie nous dit qu'il y aurait toujours une lignée royale dans la tribu de Juda d'où descendrait le Messie.



  • Finalement, et après quelques recherches, j'ai trouvé ceci dans la bible Fillion :
    Gen. XLIX.10 , Fillion traduit et précise en NdBdP :
    Non auferetur sceptrum de Iuda, et dux femore eius :
    « Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité »
    NdBdP : « c-à-d parmi ses descendants. L’hébreu, d’entre ses pieds, peut se ramener à cette idée ; ou bien, pris à la lettre, il fait allusion à la manière dont les anciens monarques tenaient leur long sceptre : quand ils étaient assis, son extrémité inférieur reposait entre leur pieds. »

    On trouve aussi en Gen. XXIV.9 :
    Posuit ergo servus manum sub femore Abraham domini sui, et juravit illi super sermone hoc.
    Il semblerait donc que la cuisse soit, métaphoriquement ou symboliquement, le siège d’une certaine puissance ou, du moins, un signe d’abnégation ou d’assentiment pour celui qui glisse sa main dessous (ou se prosterne aux pieds du patriarche ou d'un roi) ? peut-être est-ce aussi une mauvaise traduction de l’hébreu vers le latin ? et qu’il faudrait peut-être lire pieds plutôt que cuisse. Je ne suis évidemment pas sûr de cette interprétation...
    Merci pour vos réponses,
    bonne journée,
    Rémi



  • et aussi Gen. XLVII.29 :
    Cumque appropinquare cerneret diem mortis suae, vocavit filium Joseph et dixit ad eum : Si inveni gratiam in conspectu tuo, pone manum tuam sub femore meo et facies mihi misericordiam et veritatem, ut non sepelias me in AEgypto;



  • Il nous faudrait un bibliste pour obtenir davantage de précisions.



  • @daniel
    Pour revenir à Non auferétur [...] dux de fémore eius, je comprends que le mot de peut également remplacer l'emploi du génitif, est-ce bien le cas? Donc, le de latin ne se traduirait donc pas toujours très bien par au sujet de, ou à propos de.

    Aussi, je croyais que ejus, signifiant son ou le sien, n'était utilisé que lorsque le possesseur n'était pas le sujet du verbe. Mais il semble que ça ne soit pas toujours le cas. Donc, faudrait-il corriger Petitmangin (voir Observation 120) ? :)



  • @matthieu

    De n'a jamais le sens du génitif. Dans cette phrase, il a sensiblement le même sens que e (ex).

    C'est bien la règle pour eius, mais dans le cas qui nous occupe, en toute vraisemblance ce n'est pas le chef lui-même qui enlève, mais quelqu'un d'autre.


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