Aide Traduction



  • @Ormeaux

    Petit exemple tiré du "Latin Liturgique" qui traîne un peu partout sur internet:

    Oraison: Omnipotens sempiterne Deus, qui humano generi, ad imitandum
    humilitatis exemplum Salvatorem nostrum carnem sumere et crucem subire
    fecisti, concede propitius, ut et patientiae ejus habere documenta et
    resurrectionis consortia mereamur.

    Très pénible à lire et alambiqué. Dans la "méthode" l'auteur fournit une petite analyse pour aider à décortiquer:

    Architecture de l'oraison:
    Deus qui fecisti Salvatorem sumere carnem et subire crucem,
    concede ut mereamur

    - 1 habere documenta patientiae ejus.
    - 2 (habere) consortia resurrectionis ejus.

    C'est le genre d'analyse dont je parle: prendre le temps de décortiquer et de remettre en "bon ordre" la structure interne du texte.

    Traduction:

    Dieu tout-puissant et éternel, qui au genre humain, afin que son exemple
    d'humilité soit imité, avez fait que notre Sauveur prenne chair et subisse la croix,
    accordez dans votre bonté que nous ayons le témoignage de sa patience et que nous méritions d'être consorts de sa résurrection.

    C'est malheureusement cet amour de l'alambiqué qui rend le latin si difficile à étudier et lire, et l'empêchera toujours de redevenir une lingua franca tant que les gens s'attacheront à ce style pompeux.



  • Le génie latin est différent du français. Le latin préfère les longues périodes, les propositions subordonnées, les incises et le verbe principal en dernier. Si vous trouvez difficile de suivre le cours d'une longue phrase, c'est parce que vous n'est pas habitués. De même qu'au début on traduit dans sa tête et avec la pratique on commence à comprendre directement le texte, ainsi avec les longues périodes, les débutants les réarrangent pour les mettre dans l'ordre français, mais avec la pratique on apprend naturellement à mettre certaines idées en suspens pendant qu'on enregistre d'autres pour revenir aux idées initiales.

    Voici un résumé intéressant:

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  • @daniel

    Je me demandais quand tu allais répondre aux provocations!
    Tout d'abord, je ne suis pas convaincue que ce genre latin là ait jamais été réellement utilisé à l'oral. On l'écrivait, oui, mais au moment de parler, à mon avis on changeait de registre.
    Mais, en dehors de cela. Pour nous autres AUJOURD'HUI, ce style est un problème je trouve. Il empêche qu'on puisse se servir de cette langue. Et pire, il ralentit son enseignement.
    Si les gens s'attachaient moins à la forme et plus à la substance on avancerait mieux. Quelle intérêt de continuer à avoir toutes ces propositions les unes dans les autres, quand on peut couper les phrases tout en conservant le sens exact?
    Et les prépositions?

    Bref, l'art de se tirer dans le pied. On est jamais obligé de continuer à faire ce qui ne marche plus.



  • Il y a effectivement une question de registre. Même les personnes les plus instruites ou les plus pompeuses ne parlent pas comme elles écrivent, à moins d'écrire comme un illettré. Il y a peut-être seulement les Américains qui écrivent comme ils parlent, mais pas les Français ni les Romains. Ce n'est pas qu'à l'écrit qu'on le fait. J'écoutais les discours des candidats à la présidentielle, c'était une langue très soignée et à juste titre sinon ils auraient été ridiculisés.

    Mais je ne suis pas convaincu que les longues périodes étaient restreintes à la langue littéraire ou oratoire chez les Romains. La preuve, c'est l'oraison que vous avez reproduite. Le latin liturgique est foncièrement un latin populaire!



  • @daniel a dit dans Aide Traduction :

    Il y a peut-être seulement les Américains qui écrivent comme ils parlent

    Même pas.

    J'écoutais les discours des candidats à la présidentielle, c'était une langue très soignée et à juste titre sinon ils auraient été ridiculisés.

    En effet. Il y a pourtant une nuance entre langage soigné et langage soutenu.

    Mais je ne suis pas convaincu que les longues périodes étaient restreintes à la langue littéraire ou oratoire chez les Romains. La preuve, c'est l'oraison que vous avez reproduite. Le latin liturgique est foncièrement un latin populaire!

    Sauf que étant liturgiques, ces genres de textes sont répétés à l'infini sur toute une vie et on fini par s'habituer aux structures, aux formules, aux formes et aux expressions consacrées telles que les "quaesumus...", "Da propitius...", "Sucipe...", "...ut mereamur..." et autres!
    Ce sont des textes écrits pour l'Éternel et pour l'éternité; ils peuvent bien être pompeux.

    C'est autre chose que devoir se farcir les embrouilles de Cicéron avec un énième quidam sur ce même registre.



  • pour revenir au sujet lol,

    comment traduire cette phrase?

    Itaque ad Mānēs, in regiōnem tenebrōsam dēscendit, unde nēmō ad lūcem caelum-que unquam ascenderat.

    De nouveau vers les esprits de la mort, dans une région tenebreuse, il descendit, d'ou personne vers la lumière et le ciel toujours avait monté

    il descendit d'ou personne avait monté... toujours vers la lumière et le ciel?

    ça fait plus de sense, mais les virgules me mélange et je doit assumer des mots dans la 2ème proposition que je ne sais pas.

    Le unde nemo et le unquam me mélange. Il y a quelquechose qui blocque.



  • @Ormeaux

    À vérifier mais pour moi unde...nemo...umquam se traduit "D'ou...personne...jamais".
    En gros, "il descendit vers les enfers, bla bla, d'ou personne n'est jamais revenu".
    Ad caelum et lucem interprétés comme "à la surface", "vers la lumière du jour", "n'a jamais revue la lueur du jour" etc. ce genre d'expression signifiant qu'on ne sort jamais des Enfers...
    Acenderat traduit comme "remonté", "revenu", "retourné".
    Itaque comme et ita donc comme "et ainsi" (dans le sens de "et c'est ainsi que", "et c'est pourquoi" "et voila que")...



  • @Sonia ça fait du sense, merci.

    donc,
    Itaque ad Mānēs, in regiōnem tenebrōsam dēscendit, unde nēmō ad lūcem caelum-que unquam ascenderat.
    Et donc vers les esprits des morts, dans une region tenebre il descendit, d'ou jamais personne n'avait remonté vers la surface.

    parfait.



  • ouf, j'ai commencé le premier de Camilla et il me botte le derrière. Le niveau de difficulté en comparant le dernier de Julia et le premier de celui-ci est fou. J'aime ça. C'est beaucoup d'effort par contre. Comme cette phrase ci, je n'arrive pas ¸à la traduire.

    Quī sunt Campī Ēlysiī, et in quā regiōne iacent?
    Qui sont les Champs Élysee, et dans quelle région reposent-ils?
    Qui sont les gens du Champs d'élyse, et...
    Il y a les champs élysée qui, et dans quelle...
    Il y a des gens qui les champs élysee, et... Je ne sais pas.



  • Il faut essayer de comprendre sans traduire. Le quī est l'interrogatif pluriel, qui peut se traduire de plusieurs façons en français.



  • @daniel J'essaye lol, c'est plus façile à dire qu'a le faire. Merci pour la piste, j'ai chercher plus profondément les façons de qui et j'ai trouvé.

    C'est quoi les Champs Élysées, et ou est-ce qu'ils ce situe ( et dans quelle région ils se situent)



  • C'est quoi, qu'est-ce, que sont... Exactement! bravo.



  • @daniel a dit dans Aide Traduction :

    Il faut essayer de comprendre sans traduire.

    Amen.