Avancement de mon étude de latin



  • Voici un compte rendu de mon étude.

    Je suis maintenant à l'exercice 296 sur 321. Donc j'ai presque terminé.

    J'ai commencé en décembre 2015 les exercices de la méthode de Petitmangin (première année scolaire).

    J'ai calculé grosso modo 1 heure par exercice (environ 320 heures au total). Certains sont plus rapides d'autres moins. À cela, il faut ajouter 700 heures de mémorisation pour le vocabulaire et la grammaire avec Anki. 700 heures c'est pour toute la morphologie de Petitmangin ainsi que 2350 mots. Je suis d'intelligence moyenne, donc ça donne une idée de l'investissement nécessaire en temps. Il faut prendre en compte qu'il y a une certaine perte de temps dû au manque d'optimisation des cartes Anki au début de mon étude. Les cartes ont toutes été retravaillées pour qu'elles soient plus faciles à mémoriser. Je n'ai malheureusement pas profiter de cela, donc le 700 heures pourrait être réviser à la baisse. Dans la deuxième année d'étude de Petitmangin, il y a encore 1800 mots à mémoriser. Cette fois, je ferai mes cartes correctement dès le début, donc je verrai si cela a une incidence majeure sur le temps de mémorisation nécessaire.

    Écrire les exercices me semblait profitable au début. Mais maintenant, c'est évident que c'est plus productif de ne plus les écrire. Je tente de donner les réponses dans ma tête en me laissant un certain temps de réflexion et d'effort. Si je ne trouve pas après une quinzaine de seconde, je regarde immédiatement dans le corrigé. J'avance ainsi petit à petit par bout de phrase. Je fais tout de même tous les exercices. Les thèmes sont utiles pour me préparer à l'oral.

    Le temps de mémorisation avec Anki pourrait paraître excessif, mais ce n'est pas l'impression que j'en ai. Mon impression est plutôt que c'est le temps le mieux investi pour moi. Les exercices sont très faciles et plaisants à faire lorsque tout est bien mémorisé. De plus, apprendre avec Anki ne demande pas beaucoup d'effort, seulement du temps. Donc, la méthode est "facile" en bout de ligne, seulement longue. Elle s'adapte à tous les niveaux d'intelligence, donc est adaptée pour une classe car cela permettrait de mettre tous les élèves au même niveau et s'assurer du contrôle de leur avancement.

    Anki m'indique toujours si j'avance trop vite, car on se rend compte très rapidement que l'on s'embourbe. Aussi, Anki permet de ne jamais reculer (jamais besoin de refaire deux fois le même exercice), même après des périodes de pause. Après 4 mois de pause (déménagement, etc.), j'ai repris sans problème où j'avais arrêté. Présentement, si j'arrêtais mon avancement dans mon étude de latin, je devrais tout de même faire une révision minimale d'environ 30 minutes par jour pour ne pas perdre mes acquis (le temps requis diminue toujours et cela devrait éventuellement me demander 10 minutes par jour, à suivre ...). Donc, cela oblige à une certaine discipline.

    Plus j'avance, plus les exercices sont faciles, au contraire de Orberg apparamment. Donc, on pourrait dire que la méthode de Petitmangin profite de la motivation du débutant pour lui demander plus d'effort, et l'effort diminue avec le temps pour encourager la persévérance. C'est la conclusion que j'en tire.

    N'importe quelle méthode de latin devrait pouvoir fonctionner avec cette méthode (Anki), y compris Orberg. Mais je dois avouer que je ne connais pas tellement les autres méthodes. Les exercices de Petitmangin me semble très bien écrits. Je ne vois pas comment cela pourrait être mieux ...

    Je suis tellement enthousiasmé que je compte faire les deux autres années de Petitmangin, et lire les 7 années de textes latin du "programme" que j'ai acheté en usagé avec les livres des maîtres. Je compte éventuellement les scanner et les mettre en ligne.



  • Heureux d'apprendre que ça achève.

    Il y a un grand danger de vouloir trop maîtriser la matière. Ça peut empêcher d'avancer. Je pense que c'était ton défaut. C'est le défaut opposé de la plupart des gens qui avancent trop vite sans maîtriser la matière, comme ceux qui suivent un cours de latin et qui doivent avancer au rythme de la classe mais qui n'étudient pas assez à la maison. C'est important de trouver un équilibre.

    Si je fais un calcul rapide, ma première année de latin avec Wheelock (il y a déjà 20 ans) a du me demander 50 heures de lecture active et d'exercices et peut-être le même temps en révision passive (tableaux et vocabulaire), pour faire un grand total de 100 heures. Ce n'est pas le nombre d'heures qui compte, mais l'emploi judicieux de son temps. Tout ce que je faisais, c'est que je traînais le livre avec moi et je le lisais quand j'avais un moment de libre. Rarement plus que 15 minutes à la fois, mais plusieurs fois par jour. Je faisais environ deux chapitres par semaine et ça m'a pris environ six mois pour passer à travers (il y a une quarantaine de chapitres si je me souviens bien). Wheelock est méprisé par beaucoup de gens, mais mon expérience me prouve que c'est malgré tout une bonne méthode. Bien que les manuels de ce genre écrits en anglais foisonnent dans le domaine public, je n'ai encore rien vu de tel en français dans le domaine public. Je pense que le livre de Déléani et celui de Dubuisson sont du même type que Wheelock, mais ils sont encore sous copyright.

    Ça fait longtemps que je cherche un équivalent en français, mais tout ce que je trouve ce sont des manuels scolaires qui ont tous les mêmes défauts: un vocabulaire beaucoup trop grand et la répétition sur plusieurs années de la même matière en ajoutant à chaque année un peu plus de détails grammaticaux, mais en employant encore plus de nouveaux mots, ce qui empêche l'élève de maîtriser un vocabulaire de base. Je pense que les méthodes comme les exercices de Petitmangin ne s'attendent même pas à ce que l'élève apprenne le vocabulaire par coeur. Quand on regarde les anciennes méthodes scolaires dans Gallica, elles ne se donnent même pas la peine de diviser le vocabulaire par exercice: ils emploient un lexique à la fin de l'ouvrage et l'élève doit chercher chaque mot(!). L'objectif de ces méthodes n'est pas d'apprendre à l'élève du vocabulaire, mais uniquement de l'exercer à la grammaire. Les mots sont choisis au hasard, sans aucune méthode, pour illustrer les points grammaticaux. Ce n'est pas étonnant que les élèves passaient leur temps le nez dans le dictionnaire pour faire leurs fameuses versions et thèmes. Ils étaient totalement dépendants de leur précieux Gaffiot. Conséquence: ils avaient la technique pour traduire (laborieusement et mécaniquement), mais ils ne pouvaient pas LIRE et encore moins S'EXPRIMER en latin. Petitmangin est l'héritier de cette méthode traditionnelle. Il a mis le vocabulaire en tête de chaque exercice, mais seulement pour sauver du temps, pas pour l'apprendre par coeur. Évidemment on peut apprendre les 2300 mots par coeur et ça réglera le problème, donc tu as parfaitement raison de dire que n'importe quelle méthode peut fonctionner avec Anki. Mais apprendre 2300 mots par coeur en même temps que les tableaux de grammaire, c'est un peu sadique, n'est-ce pas? C'est pourquoi il vaut mieux employer une méthode qui utilise un vocabulaire CIBLÉ, fondé sur les mots les plus fréquents en latin et qui répète les mêmes mots souvent dans les exercices. La plupart des manuels de ce type emploient entre 500 et 1000 mots.

    Concernant la méthode d'Orberg, c'est vrai que beaucoup de gens abandonnent parce qu'ils la trouvent difficile. Mais c'est probablement pour la même raison qu'ils abandonnent les méthodes grammaticales: ils avancent trop vite sans consolider leur connaissances et ils s'embourbent dans la nouvelle matière qui dépend de la matière déjà apprise.



  • @daniel a dit dans Avancement de mon étude de latin :

    Si je fais un calcul rapide, ma première année de latin avec Wheelock (il y a déjà 20 ans) a du me demander 50 heures de lecture active et d'exercices et peut-être le même temps en révision passive (tableaux et vocabulaire), pour faire un grand total de 100 heures.

    Je ne crois pas qu'il faut comparer comme cela car après ces 100 heures, tu n'avais pas appris autant de vocabulaire, et les exceptions dans la morphologie, etc. Pour comparer, il faudrait que je réussisses à lire aisément Tite-Live et qu'on compare ensuite le nombre d'années que cela m'aura pris. De cette façon, nous aurions le temps que nous aurions pris chacun à atteindre ce niveau. Combien d'années cela t'a-t-il pris au juste ?

    Aussi, il y a la question de l'intelligence. Je crois sérieusement que ton QI est plus élevé que le mien! :)



  • C'est pas tout à fait comparable, mais c'est justement pour démontrer qu'il n'est pas nécessaire d'apprendre toutes les exceptions ou des mots peu fréquents pour lire des textes de deuxième année. Je ne suis pas convaincu que les heures supplémentaires passées à mémoriser au complet la grammaire de Petitmangin feront une différence significative en deuxième année.

    Je ne peux pas te dire combien d'années pour Tite-Live parce que je n'ai pas étudié le latin de façon continue. Mais il a fallu lire pas mal de textes faciles avant d'aborder les auteurs classiques et je me souviens que c'était malgré tout très difficile.

    Ce n'est pas une question de QI. Même les petits Romains les plus idiots apprenaient à parler latin mieux que moi!



  • @daniel a dit dans Avancement de mon étude de latin :

    mais c'est justement pour démontrer qu'il n'est pas nécessaire d'apprendre toutes les exceptions ou des mots peu fréquents pour lire des textes de deuxième année.

    Accordé. Puisqu'il n'y avait pas de guide m'indiquant ce qui était strictement nécessaire à apprendre pour faire les exercices de la première année, alors j'ai tout appris me disant que ça servira plus tard. J'estime à peut-être 30 à 40% de temps ainsi "perdu" (ou plutôt, investi à long terme).

    Si j'avais à recommencer, je ferais probablement de même, car je trouve très pratique d'avoir toute la grammaire en tête. En fait, je n'ai pas appris tous les détails par coeur, mais j'en sais assez pour me référer rapidement au bon endroit dans la grammaire lorsque je rencontre une difficulté.

    Je t'accorde également ton point en ce qui concerne la quantité de vocabulaire que j'ai apprise. Personnellement, si je recommençais, je ferais probablement de même pour différentes raisons. Par contre, ce n'est pas que je voulais encourager les gens à apprendre le plus de vocabulaire possible, mais plutôt expliquer les avantages d'un outil comme Anki, peu importe la quantité de connaissance apprise. Aussi, sachant le nombre de mots que j'ai appris et le temps requis, les gens peuvent faire un petit calcul pour estimer le temps qui leur sera nécessaire pour apprendre la liste de vocabulaire de leur propre méthode de latin (ex : "méthode de latin facile").

    Enfin, je crois qu'il serait bon de mettre à disposition sur le site des cartes Anki pour la "méthode de latin facile".


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