Difficultés avec une antienne du bréviaire



  • Voici l'antienne #2 aux vêpres d'aujourd'hui (fête de Saint Michel Archange) :

    Dum præliarétur Míchaël Archángelus cum dracone, audíta est vox dicéntium: Salus Deo nostro, allelúia.

    Ma première difficulté : Dum præliarétur [...]

    La grammaire de Petitmangin indique (§99bis) que si le subjonctif est utilisé après dum, cela peut signifier soit "pourvu que" ou "jusqu’à ce que", mais dans notre cas la traduction nous indique qu'en réalité dum est traduit par "pendant que", et cela même si l'indicatif est nécessaire pour avoir cette signification.


    Ma deuxième difficulté : audíta est vox dicéntium

    Je ne comprends pas ce que veut dire dicentium. Je traduirais par "La voix a été entendu disant...". Mais je ne comprends pas comment dicentium peut être traduit par "disant". Je ne reconnais pas ce mot dicentium, si c'est un verbe ou nom (dico au participe présent n'aurait pas cette forme) ...


    Enfin, troisième difficulté : Est-ce que Salus Deo nostro doit être traduit par "Salut à notre Dieu" ou "Salut par notre Dieu"?



  • Bonjour,

    En ce qui concerne votre seconde difficulté, je dirais que l'usage du participe présent au génitif semble être le même que dans « Vox clamantis in deserto » au début de Marc.
    On aurait donc grossièrement : La voix de ceux disant (de ceux en train de dire) fut entendue.
    Pour le reste je ne saurais répondre.

    Cordialement,
    Jules



  • Jules a raison pour dicentium. Le participe est pris ici comme un substantif.

    Quant à dum, nous avons ici affaire au latin tardif. À ce sujet, nous avons un reçu un commentaire sur la page Facebook:

    Non omni scripto adhibendae sunt regulae latinitatis classicae, id est aetatis Ciceronianae. Sententia ex Apocalypsi sumpta est, quae graece scripta est, postea a viris non ad unguem classicis saec. II° ad latinitatem translata, et tandem saec. IV° a divo Hieronymo paululum mutata. Primum populo, non eruditis destinabatur. Quam ob rem est sermo humilis, graecumque variis in locis imitatur

    Troisième difficulté: c'est un datif. On le reconnaît par expérience.



  • J'imagine que je devrais traduire le commentaire:

    On ne doit pas appliquer à tout écrit les règles de la latinité classique, c'est-à-dire celles de l'époque de Cicéron. La phrase est prise de l'Apocalypse, qui a été écrit en grec, puis traduit en latin au deuxième siècle par des hommes pas tout à fait classiques et enfin au quatrième siècle par saint Jérôme, légèrement retouché. Il était destiné d'abord au peuple, pas aux érudits. Pour cette raison, c'est un langage humble, qui imite le grec dans divers passages.



  • Ayant terminé mes exercices de première année (Petitmangin), je me lance maintenant dans la lecture du bréviaire. J'aurai certainement d'autres difficultés de ce genre à résoudre.

    Donc un grand merci à tous pour votre aide généreuse!



  • @matthieu

    Dum veut tout autant dire "pendant que" , "lorsque" et "quand" en tous cas en ce que concerne la littérature chrétienne, comme le démontre bien l'utilisation qui en est faite dans le Stabat mater (Stabat mater dolorósa juxta Crucem lacrimósa, dum pendébat Fílius) ou dans le Libera me (Requiem) (Dum véneris iudicáre sǽculum per ignem). Dans ton exemple, il s'agit clairement de "pendant".

    Par contre je ne vois pas ce que voudrait dire "Salut à notre Dieu". Dieu EST le salut par essence; que signifierait qu'un groupe de personnes souhaite le salut à Dieu? Dieu a-t-il besoin d'être sauvé lui aussi? Ben merde alors, on est tous foutus!!
    Plus logique d'interpréter "le Salut par notre Dieu".
    Théologiquement, ça me pose un problème.



  • Plus logique d'interpréter "le Salut par notre Dieu".

    L'ablatif est grammaticalement problématique. Il nous faudrait un verbe pour faire de "deo nostro" un complément à l'ablatif.

    Un datif de possession est aussi logique: le salut appartient à notre Dieu.



  • @daniel a dit dans Difficultés avec une antienne du bréviaire :

    Plus logique d'interpréter "le Salut par notre Dieu".

    L'ablatif est grammaticalement problématique. Il nous faudrait un verbe pour faire de "deo nostro" un complément à l'ablatif.

    Un datif de possession est aussi logique: le salut appartient à notre Dieu.

    Ok.
    Donc, "à Dieu le salut" comme quand on dit "(c'est) à Dieu (qu'appartient) la gloire etc. in saecula saeculorum".
    Là en effet, oui. Ça reste un peu tordu tout de même.



  • @Sonia a dit :

    Dum veut tout autant dire "pendant que" , "lorsque" et "quand" en tous cas en ce que concerne la littérature chrétienne, comme le démontre bien l'utilisation qui en est faite dans le Stabat mater (Stabat mater dolorósa juxta Crucem lacrimósa, dum pendébat Fílius) ou dans le Libera me (Requiem) (Dum véneris iudicáre sǽculum per ignem). Dans ton exemple, il s'agit clairement de "pendant".

    Merci beaucoup Sonia pour ces explications.


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