Question sur l'emploi du gérondif à l'ablatif, mais avec le sens du génitif



  • Ayant complété les exercices de 6e de Petitmangin, et également la lecture de Most-Coulombe, je lis présentement les "Textes latins du programme" de 6e par Petitmangin (pdf ici).

    Je suis tombé sur un cas particulier que je trouve intéressant, et dont j'aimerais avoir la confirmation que ma compréhension est bonne.

    Je suis à la page 26, paragraphe #1. On y retrouve la phrase suivante :

    Heli vero habebat filios perditis moribus, adeo ut populum a colendo Deo abducerent, [...]

    Ma traduction assez litérale :

    Mais Héli avait deux fils perdus de vices, à tel point qu'ils éloignaient le peuple d'honorer Dieu, [...]

    En note de bas de page, on indique que c'est le gérondif qui est utilisé ici, et on donne une référence à la grammaire vers §240 qui nous explique en fait l'emploi du génitif du gérondif, et non l'ablatif comme dans la phrase que j'ai citée (colendo).

    Ce que j'en déduis, c'est que normalement nous aurions colendi au génitif, mais puisque nous avons la préposition ab devant, le génitif se transforme en ablatif, même s'il faut garder le sens du génitif (qui demeure en quelque sorte en arrière plan).

    En effet, colendo se traduit normalement par "en honorant", ce qui n'a pas de sens dans notre exemple. Au contraire, colendi se traduit par "d'honorer", ce qui justement aurait dû être utilisé si nous n'avions pas eu de préposition ab. Mais la préposition ab ne fait par perdre le sens du génitif, même si le mot a changé de cas en ablatif.

    Est-ce que j'ai bien compris?

    De plus, on indique en bas de page que Deo (ablatif) aurait pu être écrit Deum (accusatif). J'en déduis que c'est parce qu'il est complément d'objet direct du verbe colo. Donc, c'est un autre exemple où le cas utilisé ne correspond pas au sens que l'on doit déduire ...



  • Le génitif du gérondif n'est pas plus "normal" que les autres cas. Il se trouve que la grammaire de Petitmangin a employé le génitif dans l'illustration, mais ce n'est pas la signification de base. La signification de base est celle qu'on donnerait à un verbe transformé en nom, souvent exprimé en français par l'infinitif, mais pas nécessairement. Ta traduction est correcte sémantiquement, mais "éloigner quelqu'un d'honorer Dieu" n'est pas grammaticalement correct en français. Il faut trouver une autre tournure. Pourquoi ne pas employer un nom qui désigne une action? Par exemple: il détournait le peuple du culte de Dieu. Le nom participe autant à la nature du gérondif que le verbe.



  • La grammaire de Petitmangin n'explique pas convenablement la nature du gérondif. Je préfère ici la grammaire de Sausy:

    C. LE GÉRONDIF ET L’ADJECTIF VERBAL EN -ndus.
    1. EMPLOIS COMMUNS
    375. Remarques générales.
    1) Le gérondif sert de déclinaison à l’infinitif, pris comme nom. Il le remplace à tous les cas, sauf au nominatif, comme complément d’un nom, d’un adjectif ou d’un verbe.



  • Le tableau de conjugaison des verbes dans la grammaire de Petitmangin indique que le sens du gérondif à l'ablatif est "en honorant". Je comprends donc que ce n'est pas toujours le cas. J'imagine que le tableau de conjugaison donne uniquement le sens le plus commun (sans préposition) par souci de simplicité, sans prendre en compte qu'il est possible d'avoir des prépositions qui change le sens.

    Effectivement ma traduction est grammaticalement incorrecte en français. C'était pour mieux faire voir qu'il y avait un "génitif" du gérondif selon Petitmangin. Mais en fait il n'y en a pas selon ton explication. On devrait plutôt dire dans ce cas que c'est un ablatif du gérondif.


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