"Latino sine flexione" le latin simplifié



  • Dans un commentaire récent, j'ai remarqué que le latin est trop difficile pour servir de langue internationale, quand même qu'il retrouverait son influence politique et économique de jadis. Mais il existe une langue dérivée du latin qui s'appelle le Latin sans flexion (Latino sine flexione) qui est comme une forme moderne de latin. C'est la langue que le latin aurait dû devenir plutôt que le français, l'italien ou l'espagnol. Le LSF est immédiatement intelligible pour un latiniste, mais il a l'avantage d'être infiniment plus facile à apprendre pour ceux qui ne connaissent pas le latin et il peut servir de langue intermédiaire pour ceux qui voudraient plus tard étudier le latin classique. Puisque le vocabulaire de base est le même dans les deux langues, on peut étudier d'abord le LSF sans apprendre les innombrables terminaisons nominales et verbales du latin classique, ni les règles subtiles de la syntaxe latine, ni les formes irrégulières. L'étudiant part avec une longueur d'avance s'il connaît déjà le vocabulaire et il peut se concentrer sur la grammaire. On pourrait par exemple enseigner le LSF aux enfants à la petite école et poursuivre avec le latin classique à l'école secondaire pour les élèves plus doués ou plus motivés. Ceux qui ne feront pas de latin classique auront quand même l'avantage de connaître le vocabulaire latin, l'un des principaux avantages d'avoir étudié le latin relativement à l'étymologie française.



  • Voici le texte écrit par le créateur de Latino sine flexione qui est écrit en latin au début mais qui transitionne graduellement au LSF à mesure qu'on explique les règles de cette langue. Une lecture fascinante!
    http://www.gutenberg.org/files/35803/35803-h/35803-h.htm



  • C'est fort bien intéressant. J'ai quasiment tout compris ce qui était écrit en LSF grâce à ma connaisance du français, de l'espagnol et du latin. On a ôté la terminaison -us mais bon. Personnellement, moi j'aurais juste voulu qu'un professeur du secondaire nous ait initié au latin, juste 5 minutes, en nous présentant les inflexions du latin. Mais ça, c'est un des malheurs du Québec ; c'est qu'on suit l'idéal du modernisme où tout doit être nouveau et le passé révolu, parce que nous sommes sortis de la grande noirceur et que nous sommes entrés dans la lumière du progrès. À cause de cette narration de l'histoire du Québec, on a dû enlever le classicisme du curriculum scolaire et poursuivre le néant.

    Sans vouloir trop disgresser du sujet, je crois que la restauration de tout classicisme, avant tout, ici au Québec, doit passer par la réconciliation avec le passé de Duplessis, qui a été élu 9 fois dont 5 fois comme premier ministre, après tout.

    Memor esto itaque unde excideris



  • @Claudius
    Je me réjouis lorsqu'il y a des gens comme vous qui honorent la mémoire de notre ancien premier ministre Duplessis. Deo gratias!

    @daniel
    Très intéressant. Cela permettrait en effet de diminuer le temps requis à l'apprentissage de la morphologie et la syntaxe. Cependant, je crois malheureusement que ça ne sera jamais possible, du fait qu'il faut avoir une masse critique d'ouvrages d'intérêt à lire ou de personnes qui le parlent pour donner la motivation aux gens de l'apprendre. Les communistes ont essayé, à ce qu'il me semble, de surmonter cet obstacle, mais même avec leur énorme motivation et leurs moyens, ils n'ont pas réussi. Il semble vraiment que l'histoire (véritable) de la tour de Babel y soit pour quelque chose. C'est dans la volonté de Dieu que les hommes aient de la difficulté à se comprendre, pour éviter que le mal se répande trop vite sur la terre ... (les communistes diront que ça empêche le "progrès").



  • @matthieu a dit dans "Latino sine flexione" le latin simplifié :

    C'est dans la volonté de Dieu que les hommes aient de la difficulté à se comprendre

    J'ai de la difficulté avec ce postulat. C'est comme dire que Dieu veut qu'il y ait de la maladie, donc on devrait arrêter la recherche médicale. Il y a des distinctions à faire.

    Le langage humain est un outil pour communiquer. (C'est plus qu'un simple outil, mais c'est surtout cela.) Comme tout outil, procédé ou méthode, il y a place à de l'amélioration. C'est pourquoi je ne suis pas opposé à la création de nouvelles langues utilitaires, à condition qu'elles n'aient pas pour objectif de remplacer les langues naturelles.

    Dans le mouvement des langues artificielles, il y a eu beaucoup de dérives. Les espérantistes primitifs avaient l'idée de fondre les nations en une masse qui parleraient une seule langue. C'est l'anti-Babel. Là-dessus, je suis d'accord pour dire que c'est contraire à la nature et à la volonté divine. C'est comparable aux dérives de la médécine moderne, comme l'eugénisme, la programmation génétique, le clonage, etc., où l'homme se prend pour Dieu et cherche à "améliorer" la nature.

    Mais d'autres partisans des langues artificielles n'y voient qu'un outil destiné à complémenter les langues nationales et à les protéger. Puisqu'il faut une langue internationale (l'anglais pour le moment), il est préférable que la langue internationale soit neutre et respectueuse des langues nationales, contrairement à l'anglais qui tend à remplacer les langues régionales.

    Les bienfaits d'une langue internationale sont évidents même dans l'Église où le latin a joué ce rôle jusqu'au milieu du 20e siècle. Personne ne dirait que le rôle du latin dans l'Église est contraire à la volonté divine. Au contraire, on pourrait dire que l'abandon du latin est un geste désorganisant et désordonné. Il y a donc des distinctions à faire.



  • @daniel
    Le Latin est certes une langue difficile mais moins que le Chinois, l'Arabe ou que le Hindi car au moins la calligraphie des lettres du Latin nous est familière, c'est une difficulté en moins. En abandonnant le Latin dans les faits, certains membres du clergé sont responsables de cet désaffection du Latin. au lieu de nous faire dessiner au catéchisme c'etait le Latin qu'il fallait nous apprendre à travers les prières catholiques cela aurait peut-être suscité des vocations linguistiques et sacerdotales. Le renouveau du Latin ne pourra arriver qu'avec un renouveau de l'Eglise Catholique. Vu la mauvaise volonté du clergé en général, ce renouveau ne sera que grâce à une Nouvelle Pentecôte.