La méthode Bézard



  • Toujours dans la lignée de l'apprentissage du latin au moyen de la Vulgate...

    J'ai dans ma bibliothèque depuis bien longtemps un volume intitulé Introduction à l'étude élémentaire du latin (Histoire de l'Orient racontée par Israël). On peut voir l'essentiel du livre, sans les explications pédagogiques destinées aux enseignants, dans Gallica sous le titre Premiers mois de latin.

    À l'époque de Bézard, on employait comme premier texte l'Epitome Historiae Sacrae, un résumé de l'histoire sainte rédigée par l'Abbé Lhomond, celui même qui a vulgarisé la grammaire latine au 18e siècle.

    En bon pédagogue, Bézard a remarqué que l'Epitome était trop avancé pour des débutants. Faute de sources plus appropriées, il s'est tourné vers la Vulgate. Les latinistes ont généralement horreur de la Vulgate parce que son niveau de langage est excessivement simple et certains diraient barbare, puisqu'il se rapproche des langues modernes sur le plan de la syntaxe. N'en déplaise aux puristes, c'est précisément le genre de texte qu'il nous faut pour faire le pont entre les rudiments du latin et les textes classiques. Les catholiques seront particulièrement heureux de cet état de faits.

    La méthode Bézard a été conçue pour être enseignée à des enfants âgés de 10 ans. En feuilletant les pages, on voit que c'est ramener l'enseignement du latin au plus simple. Le vocabulaire est réduit au strict essentiel. Les exercices sont parfaitement adaptés.

    Une particularité de sa méthode est l'importance qu'elle accorde à l'usage d'un cahier où l'élève note tous les nouveaux mots et les règles grammaticales. Le manuel indique, tout au long du livre, la page précise du cahier et même la position sur la page où l'élève doit inscrire tel mot ou tel règle de grammaire. Selon Bézard, tenir ce cahier aide l'élève à retenir ce qu'il apprend. C'est une idée intéressante, surtout si elle permet de réduire l'apprentissage par coeur de listes de vocabulaire, une activité plutôt abrutissante et démotivante. Je peux confirmer par mon expérience personnelle qu'à une certaine époque de mon étude du latin, le fait d'écrire les nouveaux mots rencontrés m'aidait à les retenir. À un moment donné on n'a plus besoin de le faire et on développe la capacité de retenir les nouveaux mots plus facilement.

    Ce qui frappe le plus dans le livre de Bézard est l'attention portée au détail. Chaque heure de cours est déterminée d'avance, chaque activité pédagogique. C'est donc un manuel qui va au-delà de la théorie et qui avance très loin dans la technique pédagogique de l'enseignement du latin. Même dans l'édition abrégée (Premiers mois de latin) les consignes pédagogiques sont très nombreuses (et parfois énervantes). Le livre aurait grandement profité d'une variation dans la typographie qui aurait permis de plus facilement distinguer entre les consignes pédagogiques et la matière à apprendre.

    Bézard avait prévu que sa méthode puisse aussi être employée par des autodidactes. C'est pourquoi il a publié un corrigé des exercices. Fait étrange: on n'a pas de tableau des déclinaisons (outre la première), ce qui présuppose que l'enseignant dispensera ces renseignements. Donc, un autodidacte se verrait dans l'obligation d'aller chercher dans une grammaire. J'ai commandé le corrigé des exercices, donc j'ai hâte de voir s'il contient des renseignements particuliers à l'usage d'autodidactes. À l'heure actuelle, je doute que le manuel de Bézard puisse être utilisé par un autodidacte sans difficulté.

    En complément, voici un article qui explique la méthode de Bézard.


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