La MEILLEURE méthode de latin



  • L'une des ressources dont je suis le plus fier au Cercle latin est la version numérique du manuel Le latin vivant par la méthode naturelle de William Most, traduit en français par notre compatriote Victor Coulombe. Nous avons obtenu la permission des Presses de l'Université Laval de la distribuer sur notre site web et vous avez la chance de pouvoir l'utiliser gratuitement.

    Cette méthode est simplement extraordinaire. J'ai eu l'occasion de la connaître en profondeur en la transcrivant. J'ai examiné beaucoup de méthodes de latin et je peux affirmer que celle de l'abbé Most est probablement la meilleure.

    Dans la préface, Coulombe explique un changement qui s'est opéré dans le milieu de l'éducation où l'on a entériné le principe selon lequel "on apprend les langues vivantes pour les parler, et les langues mortes (les langues anciennes) pour les lire". Il poursuit:

    Pour atteindre ce but, les manuels ont eu recours à la méthode analytique. C’était une erreur grave. Faute de l’avoir compris, nous devions déplorer encore en 1960, avec le Rapport de la Commission du Programme de la Faculté des Arts de l’Université Laval, que "nos bacheliers ne possèdent pas suffisamment le latin pour lire les auteurs classiques dans le texte". Le même Rapport de l’Université Laval a d’ailleurs rappelé très clairement le principe de J. Ferry: l’objectif principal de l’étude du latin est "la connaissance authentique et profondément humaine des grandes oeuvres; il importe donc d’arriver rapidement à une connaissance suffisante de cette langue pour pouvoir lire les oeuvres des maîtres". Voilà le but, mais par quelle méthode l’atteindre? L’histoire, la psychologie et la linguistique nous répondent: "Pas par la méthode analytique". Par quelle méthode alors? Par la méthode naturelle. En effet, avec la méthode analytique, on peut apprendre par coeur les déclinaisons, les conjugaisons et les règles de la syntaxe. On peut même être capable d’analyser et de traduire un texte, sans connaître vraiment la langue. Jacques Perret a dénoncé l’erreur de cette méthode grammaire-analyse-traduction de la façon suivante: "S’il n’est d’humanisme concevable que par un contact direct avec les grandes oeuvres du passé, on voit à plein qu’en sacrifiant dans les classes, la lecture, nécessairement intuitive, à l’analyse méthodique, c’est, à brève échéance, l’humanisme lui-même qu’on a frappé". Nous ajouterons avec lui: "Nous ne serions pas étonnés que cette substitution qui a dû être plus d’une fois imprudemment perpétrée fût une des infortunes de notre enseignement du latin et expliquât assez directement l’échec auquel il aboutit chez nos meilleurs élèves trop souvent incapables de lire couramment un texte de quelque étendue".

    En effet, avec la méthode analytique, qui n'enseigne pas vraiment la langue, on a voulu tuer le latin et, par extension, les humanités gréco-latines et chrétiennes. Le latin doit être enseigné autant que possible comme une langue vivante et on doit viser, à la suite de l'acquisition des bases, une lecture cursive des auteurs, ce qui permet d'apprendre à vraiment penser en latin. À défaut de pouvoir faire une immersion latine, la lecture cursive d'une grande quantité de latin est la seule façon de vraiment connaître le latin. Personnellement, ce n'est qu'après avoir lu la totalité de l'oeuvre de Tite-Live, il y a une décennie environ, que le latin a "débloqué" dans ma tête. J'ai progressé beaucoup depuis ce déblocage, grâce à la lecture suivie d'auteurs classiques et patristiques, mais il me reste beaucoup de chemin à faire. Au moins la voie est claire: la lecture suivie et cursive.

    La méthode Most-Coulombe s'inscrit parfaitement dans cet objectif. Si vous cherchez une méthode pour apprendre le latin, ne cherchez plus, vous avez trouvé la meilleure.



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  • @Hieronymus
    Des objections typiques provenant de l'establishment, il fallait s'y attendre. Toutes sans fondement, à mon avis. Est-ce qu'il y en a qui vous troublent?



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  • Dans l'article que vous avez cité, on critique la méthode pour deux principales raisons: elle ne présente pas la grammaire systématiquement et elle emploie des formes non classiques.

    La première raison est attribuable à la méthode naturelle. Il est normal qu'on n'aborde pas la langue de façon systématique et ordonnée, puisque ce n'est pas une méthode analytique. L'auteur de cet article a un penchant évident, puisqu'il n'a sans doute rien connu d'autre. Mais c'est justement pour contrer la méthode analytique que Most a mis au point sa méthode. Une méthode analytique a ses propres avantages, mais il ne faut pas exclure la méthode naturelle pour la seule raison qu'elle n'est pas assez analytique. C'est comme si je vous proposais un vin blanc et que vous me disiez qu'il n'est pas assez rouge à votre goût.

    La deuxième raison, c'est-à-dire les formes non classiques, révèle aussi les préjugés de l'auteur. Les objections quant au style des phrases latines, qui ne sont pas assez "correctes" à son goût, sont totalement impertinentes pour un débutant qui n'en a que faire du style. D'ailleurs il n'a même pas lu la méthode au complet, puisque les formes non classiques se retrouvent seulement dans la première moitié du livre. L'abbé Most transitionne assez rapidement vers les formes classiques. On remarque que l'auteur de l'article ne cite aucun exemple de phrase incorrecte vers la fin du volume. L'idée qu'il faille apprendre un latin rigoureusement classique dès le début est de la folie. Pourquoi ne pas profiter des ressemblances entre le bas latin et le français au début, puis passer aux formes classiques comme le fait si habilement l'abbé Most? Cet emploi du bas latin est encore plus avantageux pour les francophones dans l'édition française, puisque les ressemblances entre le français et le bas latin sont beaucoup plus nombreuses qu'avec l'anglais.



  • Je comprends très bien l'opposition à l'enseignement du latin si on l'enseigne comme l'auteur de cet article, monsieur J. De Foucault. Avec leurs méthodes grammaticales, ces types se sont assurés que des générations d'écoliers ne sachent pas lire le latin malgré des années de cours. Encore aujourd'hui, les écoliers qui font du latin n'arrivent pas à acquérir une compétence minimale. Les "nouvelles" méthodes scolaires ne sont rien d'autres que les anciennes méthodes grammaticales vidées d'une grande partie de leur contenu et agrémentées de capsules historiques et de petits jeux pour amuser les écoliers, à défaut de leur apprendre quelque chose. Même les profs sont incompétents et ne savent pas lire le latin couramment. Alors, une critique de la méthode Most-Coulombe de la part d'un type provenant de ce milieu, je n'y accorde pas beaucoup de crédibilité. C'est justement pour ces raisons que la méthode a été faite. On a voulu une méthode qui enseigne vraiment le latin et non une méthode qui occupe les élèves durant des années sans fin, sans jamais leur apprendre la langue.

    Pourquoi tient-on encore à des vieilles méthodes qui ne fonctionnent pas pour la plupart des gens? Pourquoi n'a-t-on jamais voulu rendre le latin accessible? Est-ce un désir de la part des latinistes érudits de conserver leur prestige? Est-ce qu'il y a un agenda caché visant à éliminer l'enseignement du latin? Devant une situation aussi ridicule, on ne peut que présumer la mauvaise foi.



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