Maison d'édition latine



  • Je rêve de fonder une maison d'édition de livres en latin et de livres bilingues, mais il faudrait s'attendre à ne réaliser aucun profit et trouver des bénévoles. La Filion serait un bon projet de départ. Une partie du travail est déjà fait, puisque la traduction de Filion est déjà disponible en HTML et nous avons aussi une édition numérique de la Vulgate (qui differe sans doute de la Filion quant à l'orthographe et la ponctuation, mais tant pis). Il resterait à transcrire les notes et de faire la mise en page, et le monde francophone aurait de nouveau ce nec plus ultra des bibles catholiques à sa disposition.

    J'ai beaucoup de rêves de ce genre, mais si peu de ressources et de temps!



  • @daniel

    Pourquoi? Les Budé et les Loeb sont pas mal non?
    N'est-ce pas plus facile de travailler sur des maisons existantes (lobbying) plutôt que de commencer de zéro?
    Sinon, si tu sais déjà quoi et comment faire, il y a Kickstarter, Indiegogo et Gofundme. Le projet Bibliotheca a été un gros succès.



  • Pourquoi? La réponse me semble assez évidente pour quiconque a déjà songé à acheter un Budé: les prix exorbitants. Une deuxième raison, évidente pour le lecteur catholique: l'absence totale d'ouvrages religieux en latin (sauf quelques livres liturgiques très chers). Et n'allez pas me dire que les livres usagés suffisent. Ce n'est pas tout le monde qui a le temps de flâner dans les bouquineries, ou qui vit dans une métropole ou de telles bouquineries existent. Et ces livres se font de plus en plus rares. Beaucoup de livres ne sont même pas disponibles dans l'usagé, ce que j'ai découvert quand j'ai voulu acheter les dialogues de Sénèque et les Tusculanes de Cicéron.

    Croyez-vous qu'il peut être rentable pour une maison de baisser les prix et de publier du religieux pour les quelques grenouilles de bénitier qui lisent le latin? Seule une maison qui a des motifs idéologiques plutôt qu'économiques pourrait l'accomplir à l'aide de bénévoles ou de dons.



  • @daniel
    C'est une excellente idée. Probablement que ce projet devrait commencer par la Bible Filion, ensuite le bréviaire. Pour ma part ce sont les oeuvres des saints en latin que j'aimerais rendre accessible, par exemple Saint Robert Bellarmin.

    Mais il faut avant que je finisse d'apprendre mon latin!



  • @daniel a dit dans Vulgate - Versions et circuits :

    Pourquoi? La réponse me semble assez évidente pour quiconque a déjà songé à acheter un Budé: les prix exorbitants.

    C'est vrai, mais on les trouve d'occasion.

    Une deuxième raison, évidente pour le lecteur catholique: l'absence totale d'ouvrages religieux en latin (sauf quelques livres liturgiques très chers).

    En effet, mais il n'y a plus de marché pour ça. Tu trouves de la production chrétienne/catholique dans les langues vernaculaires.

    Croyez-vous qu'il peut être rentable pour une maison de baisser les prix et de publier du religieux pour les quelques grenouilles de bénitier qui lisent le latin?

    Je crois que c'est plus problable que d'avoir des ouvrages moins chers par ce biais là que par de l'auto-production, pour des questions d'économie d'échelle.

    Seule une maison qui a des motifs idéologiques plutôt qu'économiques pourrait l'accomplir à l'aide de bénévoles ou de dons.

    Vraiment?
    J'en suis pas sûre. Il y a des coûts de structures qui nécessitent des économies d'échelle pour qu'un tel projet soit rentable.

    Par contre, des projets comme Kickstarter puvent émerger. J'ai bien aimé la campagne de Bibliotheca, mais Adam étais déjà du milieu de l'édition et du livre.
    Ça j'y crois. En faisant campagne dans les bons milieux en ligne, tu peux ameuter suffisamment de monde pour financer un projet. D'ailleurs le denier missel de la FSSPX a été financé comme ça il me semble.



  • En effet, mais il n'y a plus de marché pour ça. Tu trouves de la production chrétienne/catholique dans les langues vernaculaires.

    C'est précisément ma réponse à ton idée de vouloir convaincre une maison d'édition à publier de tels ouvrages. Il n'y a pas de marché pour ça.

    Je crois que c'est plus problable que d'avoir des ouvrages moins chers par ce biais là que par de l'auto-production, pour des questions d'économie d'échelle.
    J'en suis pas sûre. Il y a des coûts de structures qui nécessitent des économies d'échelle pour qu'un tel projet soit rentable.

    Les économies d'échelle, oublie ça, il n'y aura jamais des tirages de plus que quelques dizaines de livres à la fois. Je me doute que même la collection Budé, la Teubneriana, etc., se vendent à perte, mais les éditeurs maintiennent ces collections pour le prestige qu'elles leur apportent.

    Par contre, des projets comme Kickstarter puvent émerger. J'ai bien aimé la campagne de Bibliotheca, mais Adam étais déjà du milieu de l'édition et du livre.
    Ça j'y crois. En faisant campagne dans les bons milieux en ligne, tu peux ameuter suffisamment de monde pour financer un projet. D'ailleurs le denier missel de la FSSPX a été financé comme ça il me semble.

    Je n'y crois pas, puisque cette méthode dépend du nombre, tout comme les fameuses économies d'échelle. Cela peut marcher pour un livre très prisé, comme un missel, mais pas pour la plupart des livres écrits en latin. Il ne peut jamais être "rentable" de publier un livre sans vendre des centaines d'exemplaires au bas mot. Donc, il faut se résigner à ce fait et chercher du financement ailleurs que dans les ventes, c'est-à-dire par du travail de bénévoles et par des dons. Ce que j'envisage n'est pas une entreprise commerciale, mais un travail de rechristianisation et de résurrection des humanités gréco-latines, donc fondé sur des motifs idéologiques et non économiques.



  • @daniel
    Je vais prier la Mère de Dieu pour que ce projet aboutisse ... Bien sûr ce projet est insuffisant en lui seul pour une rechristianisation, mais il fait parti de plusieurs choses importantes à restaurer. La catéchisme et la sainteté des chrétiens est bien entendu ce qui est le plus important, et ça commence par soi-même. Ne faisons pas comme les gauchistes et les communistes qui veulent changer le monde entier sauf eux-mêmes.



  • @daniel a dit dans Maison d'édition latine :

    En effet, mais il n'y a plus de marché pour ça. Tu trouves de la production chrétienne/catholique dans les langues vernaculaires.

    C'est précisément ma réponse à ton idée de vouloir convaincre une maison d'édition à publier de tels ouvrages. Il n'y a pas de marché pour ça.

    Pas d'accord! Comme tu le dis toi-même, il y a des enjeux de prestige etc.
    Une maison d'édition peut lancer des projets à perte, en récupérant ses coûts sur d'autres collections, juste pour des questions d'image. L'exemple parfait: Gallimard et sa Pléiade (je ne dis pas que La Pléiade perd de l'argent, mais on peut se rattraper ailleurs. Par contre, le prestige est immense).

    D'ailleurs, l'an dernier, L'Éneide a été publiée dans un texte bilingue latin/français, et je crois bien que ça s'est bien vendu. Par contre $$$.

    Et que dire du Cantique des Cantiques de chez Diane de Selliers en quatre langues! Pas donné mais pas volé non plus.

    Ces genres de projets sont viables car soutenus par une grande maison. On peut faire du lobbying auprès de ces genres de maison pour obtenir de temps en temps certains textes.

    Les économies d'échelle, oublie ça, il n'y aura jamais des tirages de plus que quelques dizaines de livres à la fois. Je me doute que même la collection Budé, la Teubneriana, etc., se vendent à perte, mais les éditeurs maintiennent ces collections pour le prestige qu'elles leur apportent.

    Ça, je veux bien te croire. Mais le prestige, c'est quelque chose.
    Je dirais même plus: dans les années à venir, avec l'étiolment du marché du livre, les seules maisons qui survivront sont celles qui ont une base fidèle. Bien sûr, en échange, les prix exploseront, nous ramenant aussi à ce qu'était le marché de l'édition au Moyen Age et à la Renaissance: un club privé pour personnes aisées et éduquées (le gentilhomme et la gente dame).

    Pour l'instant, les grandes maisons peuvent compenser leurs pertes des collections de prestige sur les collections grand publique. Pourquoi ne pas en profiter?

    Par contre, des projets comme Kickstarter peuvent émerger. J'ai bien aimé la campagne de Bibliotheca, mais Adam étais déjà du milieu de l'édition et du livre.
    Ça j'y crois. En faisant campagne dans les bons milieux en ligne, tu peux ameuter suffisamment de monde pour financer un projet. D'ailleurs le denier missel de la FSSPX a été financé comme ça il me semble.

    Je n'y crois pas, puisque cette méthode dépend du nombre, tout comme les fameuses économies d'échelle.

    Non, puisque ce sont des projets d'adhésion: tu contribues au coût du projet, et, encore une fois, c'est pas donné. Les projets ne démarrent qui s'ils sont financés, sinon chacun récupère son argent. Donc cela dépend de la propention de ce lectorat précis à débourser pour ce projet. Tu peux même socialiser (demander à certains de contribuer plus, alors que tous recevront le même bouquin au bout).
    Par contre, on n'est pas pris dans les politiques éditioriales et les agendas et priorités des maisons d'édition. Tu passes par-dessus tout ça pour rejoindre directement un publique précis.

    Cela peut marcher pour un livre très prisé, comme un missel, mais pas pour la plupart des livres écrits en latin. Il ne peut jamais être "rentable" de publier un livre sans vendre des centaines d'exemplaires au bas mot.

    Si tu ne fait que ça, en effet c'est mort.
    En passant, les missels et autres bréviaires qui sont sont sortis ces dernières années (au Barroux et autres) m'ont l'air d'avoir été de grands succès.

    Donc, il faut se résigner à ce fait et chercher du financement ailleurs que dans les ventes, c'est-à-dire par du travail de bénévoles et par des dons. Ce que j'envisage n'est pas une entreprise commerciale, mais un travail de rechristianisation et de résurrection des humanités gréco-latines, donc fondé sur des motifs idéologiques et non économiques.

    À ce moment là, il faudrait regarder du côté des groupuscules qui ont produits des ouvrages à travers l'histoire: la production révolutionnaire, la production gauchiste (trotskiste, maoiste, léniniste, ce-que-tu veux-iste), droitarde, résistante, subversive, l'église des temps premiers, les sectes, la production X des débuts etc. Et voir comment ils s'y sont pris, quels méthodes etc. Levée de fonds? Acquisition de petite presse à domicile? Production manuelle?

    Et SURTOUT, quel intérêt de faire ça, plutôt que tout simplement imprimer des PDF et aller les relier chez Bureau en Gros?



  • @matthieu a dit dans Maison d'édition latine :

    @daniel
    C'est une excellente idée. Probablement que ce projet devrait commencer par la Bible Filion, ensuite le bréviaire.

    Le bréviaire?
    Il y a tellement de bréviaires disponibles qu'on en a le tournis!

    Et tout ça c'est du neuf, et dans la forme extraordinaire seulement!
    On trouve plein d'occasions, et il y a aussi toute une gamme dans la forme ordinaire.



  • Bonjour,

    Je possède un exemplaire de la Bible Fillion acheté 350 euros chez un bouquiniste parisien. C'est le meilleur prix qu'on puisse trouver.
    Et personne ne s'est lancé dans la réédition car cela serait infiniment plus cher pour peu de demandes.
    Ce sont les notes qui sont intéressantes et aujourd'hui on peut les lire dans le version électronique sur le site jesusmarie qui satisfait tout le monde.

    Je pense qu'il est illusoire de vouloir tout mettre dans une Bible aujourd'hui et il existe beaucoup de commentaires ailleurs qui par définition sont vite démodés.
    Mieux vaut avoir une bonne Bible en un volume et des commentaires dans des ouvrages séparés. Ou bien avec des commentaires peu volumineux comme dans la Glaire reimprimée.

    A noter que la Fillion n'est pas une vraie traduction sur la Vulgate car le texte est corrigé par le grec et l'hébreu.



  • @Hieronymus
    Tu as raison à mon avis. Et comme Sonia indique, les bréviaires sont déjà très répandus.

    Ce qui reste alors, c'est les écrits des saints en langue originale latine. On peut oublier les maisons d'édition car il n'y aurait pas de question de prestige.



  • @matthieu a dit dans Maison d'édition latine :

    @Hieronymus

    Ce qui reste alors, c'est les écrits des saints en langue originale latine. On peut oublier les maisons d'édition car il n'y aurait pas de question de prestige.

    Si justement!
    Il y a des quantités d'éccrits chrétiens qui sont publiés dans des éditions bilingues. Le vrai problème c'est le prix et la maîtrise ou non de l'anglais et du grec. Sinon, il y a un grand intérêt pour des auteurs chrétiens.Ce qu'il y a, c'est que pour le grand public, ces auteurs ne sont pas perçus comme des "saints" mais simplement comme des philosophes, des auteurs, des intellectuels, des savants etc. dont les écrits sont d'un grand intérêt général dans l'histoire de la pensée. La dimension chrétienne est juste un des éléments. C'est pas si pire je trouve. C'est fini l'époque du combat anti-chrétien, les commentaires sont bien plus modérés et équilibrés.

    Ces ouvrages valent la peine, surtout qu'il n'y a presque que ça. L''Église elle-même ne publie plus on dirait.

    Si vous explorez la collection Budé des Belles Lettres, la Loeb de Harvard, la Dumbarton (dont les prix sont corrects je trouve) aussi de Harvard, etc. il y a quantité d'auteurs chrétiens publiés dont certains sont des grands chouchous comme St Augustin, St Jérôme etc.

    Découverte récente pour moi, il y a aussi la collection des Sources Chrétiennes au Cerf, qui a l'air bilingue aussi (à confirmer), et TRÈS fournie. Mais encore une fois $$$.

    Encore une fois, comme le dit Daniel, tout est affaire de prix. On peut aussi budgeter ces ouvrages ou se les faire offrir, mais si on veut arracher les lettres classiques à cette ghettoïsation haut de gamme il faut trouver autre chose.
    Sinon, l'avenir est au retour de la culture de gentilhomme et de la gente dame. Fini le grand public.



  • Je suis étonné de te voir dire qu'il y a quantité d'écrits chrétiens publiés en édition bilingue. Je dirais que c'est vraiment exceptionnel d'en trouver et attention au portefeuille! L'époque "grand public" est déjà terminée ou, plutôt, n'a jamais vraiment existé, si on regarde les prix des bestsellers.

    Ce que j'aimerais voir, c'est deux séries, l'une en latin et l'autre latin-français, vendue au prix du coutant, ou même subventionnée par un imprimeur catholique. Chaque livre devrait coûter le prix d'un roman de poche.



  • Voici une mission utile à tous les latinistes :
    Réviser la Fillion pour qu'elle soit conforme au latin et en faire une édition bilingue, avec références marginales, sans notes.
    Elle existe déjà en fichiers texte, cela facilitera le travail d'édition.



  • Réviser la Fillion pour qu'elle soit conforme au latin et en faire une édition bilingue, avec références marginales, sans notes.

    Et puis la traduction de Glaire et Vigouroux, a-t-elle été faite strictement d'après la Vulgate? Pourquoi ne pas privilégier celle-ci?



  • @daniel C'est une bonne question. Je ne sais pas si elle est plus conforme au latin.
    Mais la Glaire est déjà rééditée, en monolangue cependant. (elle est épuisée mais une nouvelle réédition est prévue début 2017).



  • @daniel a dit dans Maison d'édition latine :

    Je suis étonné de te voir dire qu'il y a quantité d'écrits chrétiens publiés en édition bilingue. Je dirais que c'est vraiment exceptionnel d'en trouver et attention au portefeuille! L'époque "grand public" est déjà terminée ou, plutôt, n'a jamais vraiment existé, si on regarde les prix des bestsellers.

    Les éditions du Cerf sont une maison d'édition chrétienne. Cette collection bilingue en langue ancienne doit répondre à un besoin chez les intellectuels.
    Je suis d'accord qu'il n'y a jamais eu de "grand public" mais il y a eu, jadis, un marché scolaire que l'on peut assimiler à un "genre" de grand public. C'était le marché-cible des Loeb et surtout des Budé: les étudiants classe moyenne cultivée et plus.

    Tu peux te les fairer offrir: au lieu de recevoir 5 cossins tu leur demandes de se mettre ensemble et de t'en offrir un.

    Ce que j'aimerais voir, c'est deux séries, l'une en latin et l'autre latin-français, vendue au prix du coutant, ou même subventionnée par un imprimeur catholique. Chaque livre devrait coûter le prix d'un roman de poche.

    C'est mort.
    La seule option que je vois, c'est de tomber par miracle sur une vieille presse dans un sous-sol d'église ou de monastère, et de suer le burnous soi-même sur les pages.



  • @daniel
    La solution est peut-être dans l'édition "en ligne", gratuite (http://www.blurb.fr/amazon), les "clients" achètent un exemplaire (ou plus s'ils le désirent) directement sur Amazon. Il faut évidemment faire préalablement la mise en page avec Blurb… je sais faire…



  • @Rémi
    Quelque chose comme ceci?



  • @daniel
    Oui tout à fait, mais peut-être avec une mise en page un peu moins… "rigide"…
    Blurb permet d'utiliser directement un logiciel de mise en page (InDesign). Il me semble qu'avec Lulu il faut envoyer un PDF… ce qui ne pose d'ailleurs aucune difficulté… La plate-forme de Blurb permet en outre de commercialiser directement en ligne depuis Amazon et, je crois, avec un (des ?) réseau(x) de libraires.


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