Accent tonique sur les monosyllabes?



  • J'ai lu les instructions sur la façon de bien prononcer le latin dans la section Ressources, mais il ne semble pas y avoir une explication claire à savoir s'il faut toujours mettre l'accent tonique sur les monosyllabes.

    Ailleurs sur Internet, on indique qu'il faut mettre l'accent tonique sur toutes les monosyllabes, sauf les prépositions et conjonctions. Est-ce vrai? Qu'en est-il vraiment?



  • L'accent tonique devrait être compris comme une variation d'intensité entre les syllabes. S'il n'y a qu'une syllabe, il n'y a pas de variation, donc il n'est pas question d'accent. Quelle différence y a-t-il entre un monosyllabe avec l'accent tonique et sans? (aucune, à mon avis.)

    Certains mots monosyllabes sont enclitiques, comme -que. Ils font partie du mot qu'ils suivent et affectent l'accent tonique de ce mot en ajoutant une syllabe.



  • En effet, si l'on considère un mot monosyllabe hors d'une phrase, ma question n'a pas vraiment de sens. Je les sous-entendais à l'intérieure de phrases.

    Petitmangin indique dans ses exercices qu'il ne faut pas mettre d'accent sur les monosyllabes, et Desessard dans sa méthode n'en met pas non plus. Mais d'autres disent qu'il faut mettre un accent tonique lorsque ce n'est pas une préposition ou une conjonction, et je crois avoir déjà lu quelque part qu'il fallait toujours accentuer les monosyllabes ...



  • Je parlais d'une variation d'intensité entre syllabes, pas entre les mots. Je ne vois pas comment on peut mettre un accent (ou pas en mettre) sur un mot monosyllabe. Par définition, il faut plus qu'une syllabe pour en accentuer une.



  • Ça m'amène donc à poser cette question : est-ce que l'accent tonique est une variation dans la hauteur du son, ou dans son intensité, ou force?

    La façon dont je m'imagine l'accent tonique est celle-ci : il y a comme deux notes de musique possibles dans la prononciation des syllabes ; une note basse, lorsqu'il n'y a pas d'accent tonique, et une note haute lorsqu'il faut mettre un accent. Rien n''empêcherait d'utiliser la note "haute" pour prononcer les monosyllabes, n'est-ce pas?

    Et si l'accent tonique était une variation dans la force du son (avec deux intensités différentes), on pourrait tout de même appliquer le même principe il me semble ...

    Merci de m'éclairer!



  • Ça dépend de l'époque où l'on se place. Certains croient qu'à l'époque classique l'accent était "musical" comme tu décris. Mais ce n'était déjà plus le cas à l'époque impériale. En latin moderne, tant dans la prononciation restituée qu'ecclésiastique, l'accent tonique est une plus grande intensité (ou force, si tu préfères ce terme) comme en italien ou en anglais.



  • Ça m'éclaire beaucoup en effet!

    Donc, qu'est-ce qui empêcherait d'utiliser la deuxième intensité (celle plus élevée ou accent tonique) pour prononcer certaines monosyllabes?

    Je comprends de toute façon qu'il faut utiliser l'intensité basse pour les monosyllabes, donc pas d'accent tonique.



  • C'est qu'il n'y a pas d'intensité "haute" ou "basse" dans l'absolu, c'est toujours relativement aux autres syllabes. Je sais que tu n'es pas un relativiste... :) Donc tu prononceras les monosyllabes avec l'intensité que tu voudras, beaucoup ou peu, ce sera jamais l'accent tonique à proprement parler, ce sera simplement un mot prononcé avec beaucoup (ou peu) d'intensité.



  • 💡 Tout est clair maintenant. Merci! 💡





  • Parfait! Mon accent tonique est justement principalement de type "musical" parce que je trouve cela plus facile à faire. J'ai plus de difficulté à m'appliquer à changer l'intensité que la "mélodie".

    Aussi, à partir de maintenant, je prononcerai le plus souvent les monosyllabes avec la "note" basse, en sachant, comme tu le dis, que ce n'est pas une erreur si je ne le fais pas. Je me fie ainsi sur les instructions de Petitmangin et Desessard dans leurs exercices.



  • Non, Matthieu, l'article parle de l'accent à l'époque romaine. C'est toujours présumé en milieu académique qu'on ne parle plus le latin. Aujourd'hui l'accent est strictement d'intensité, même chez les partisans du latin vivant qui emploient la prononciation restituée.



  • À moins que j'aie une difficulté à comprendre le français, mais il me semble que ce que tu dis n'est pas ce que l'article affirme. Je cite la conclusion (où je mets l'accent en gras) :

    Reprenons une partie de la citation de Nougaret sur l’accent latin: « Ce n’est que vers la fin du IIe siècle après J.-C. que l’accent perd peu à peu son caractère musical pour se muer en accent d’intensité». Comme nous venons de voir que pour le français, l’intensité s’exprime par l’élévation mélodique de la voix, il est peut-être nécessaire de remettre en cause cette manière de voir.

    La distinction entre accent d’intensité et accent mélodique ne tient pas en français : il s’agit d’une seule et même réalité dont il est simplement difficile de se rendre compte sans instruments spéciaux (sauf dans quelques cas comme l’interrogation ou l’accent de Suisse romande). Ce résultat, acquis par la linguistique contemporaine, permet de proposer l’hypothèse qu’il en était de même en latin où le double aspect a bien été noté mais où il a été situé en termes d’oppositions alors qu’il s’agissait peut-être de la même réalité, l’intensité étant mélodique. Comme les spécialistes français voyaient leur langue « à accent d’intensité » héritière du latin tardif, ils reportaient sur le latin cette caractéristique. Les italiens ou les espagnols n’avaient pas ce sentiment car ils percevaient leur propre accent comme mélodique. D’où cette hypothèse : si l’accent français est d’intensité mélodique, l’accent mélodique et l’accent d’intensité du latin n’étaient peut-être également qu’une seule et même chose et le français en a hérité à sa manière.



  • L'article a été écrit dans une perspective historique. Il ne dit pas que le latin d'aujourd'hui est ou doit être prononcé avec un accent mélodique. Si tu te mets à essayer de le faire, tu seras bien le seul. Ce serait plus qu'anachronique et franchement bizarre, surtout que tu préconisés la prononciation ecclésiastique où l'accent d'intensité, comme en italien, est la seule norme.



  • @matthieu a dit dans Accent tonique sur les monosyllabes? :

    Ce résultat, acquis par la linguistique contemporaine, permet de proposer l’hypothèse qu’il en était de même en latin où le double aspect a bien été noté mais où il a été situé en termes d’oppositions alors qu’il s’agissait peut-être de la même réalité, l’intensité étant mélodique.

    Ici, il parle vraisemblablement du latin en général, tardif ou classique.

    Il est bien possible que tu aies raison, mais l'auteur de l'article émet l'hypothèse que cette vision des choses n'est peut-être pas la bonne. Il a analysé le son des langues modernes pour en arriver à son hypothèse, comme il explique dans l'article. Oui, au début de l'article, il expliquait les choses comme tu le dis, mais pour en arriver à émettre l'hypothèse que notre vision des choses n'était peut-être pas juste.

    Cet article me mêle plus qu'autre chose. Ce que je retiens en fin de compte, c'est de ne pas avoir d'opinion "dogmatique" sur la question. Et aussi de tenter de mettre de l'intensité dans mon accent tonique ... :)



  • Le latin contemporain dont je parle n'est pas le latin "tardif". Le terme "tardif" désigne habituellement le latin des pères de l'Église jusqu'au milieu du premier millénaire. Cela fait 1500 qu'il n'y a plus de latin tardif.

    Quand il dit que notre vision des choses n'est pas juste, il parle de notre compréhension de l'impact de l'accent en latin classique et "tardif" sur le français. Il ne parle pas du tout du latin contemporain. Le latin contemporain n'intéresse pas le moindrement les chercheurs. En fait, cet article n'a absolument rien à voir avec le latin ecclésiastique et je l'ai cité seulement en complément d'information sur l'accent mélodique en latin classique.



  • Je pense que je viens de comprendre la source de ta confusion. Tu lis des choses concernant la prononciation sur l'internet sans savoir qu'elles concernent seulement le latin ancien et non le latin contemporain (et plus particulièrement la prononciation ecclésiastique), par exemple quand tu as lu quelque chose à l'effet qu'il faut accentuer les monosyllabes. Il faut oublier tout ce que tu as lu concernant la prononciation, même ce qui se trouve dans la grammaire de Petitmangin. Tout cela n'est que supposition et du domaine de la théorie. La prononciation ecclésiastique, au contraire, ne fait aucun doute: l'accent en est un d'intensité, exactement comme en italien. Tu ferais mieux de consulter une grammaire de l'italien qu'une grammaire de latin classique.



  • @matthieu a dit dans Accent tonique sur les monosyllabes? :

    Cet article me mêle plus qu'autre chose. Ce que je retiens en fin de compte, c'est de ne pas avoir d'opinion "dogmatique" sur la question. Et aussi de tenter de mettre de l'intensité dans mon accent tonique ... :)

    Dans un texte ecclesiastique bien fait, les accents toniques sont écrits; il n'y à qu'à les marquer.
    Et comme la prononciation de l'itatlien contemporain (une soupe réalisée à partir du dialecte toscan et de la prononciation ecclésiastique) dérive de celle de l'église, et non pas l'inverse, tu peux te baser sur la prononciation du clergé italien.


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