Accent tonique sur les monosyllabes?



  • C'est qu'il n'y a pas d'intensité "haute" ou "basse" dans l'absolu, c'est toujours relativement aux autres syllabes. Je sais que tu n'es pas un relativiste... :) Donc tu prononceras les monosyllabes avec l'intensité que tu voudras, beaucoup ou peu, ce sera jamais l'accent tonique à proprement parler, ce sera simplement un mot prononcé avec beaucoup (ou peu) d'intensité.



  • 💡 Tout est clair maintenant. Merci! 💡





  • Parfait! Mon accent tonique est justement principalement de type "musical" parce que je trouve cela plus facile à faire. J'ai plus de difficulté à m'appliquer à changer l'intensité que la "mélodie".

    Aussi, à partir de maintenant, je prononcerai le plus souvent les monosyllabes avec la "note" basse, en sachant, comme tu le dis, que ce n'est pas une erreur si je ne le fais pas. Je me fie ainsi sur les instructions de Petitmangin et Desessard dans leurs exercices.



  • Non, Matthieu, l'article parle de l'accent à l'époque romaine. C'est toujours présumé en milieu académique qu'on ne parle plus le latin. Aujourd'hui l'accent est strictement d'intensité, même chez les partisans du latin vivant qui emploient la prononciation restituée.



  • À moins que j'aie une difficulté à comprendre le français, mais il me semble que ce que tu dis n'est pas ce que l'article affirme. Je cite la conclusion (où je mets l'accent en gras) :

    Reprenons une partie de la citation de Nougaret sur l’accent latin: « Ce n’est que vers la fin du IIe siècle après J.-C. que l’accent perd peu à peu son caractère musical pour se muer en accent d’intensité». Comme nous venons de voir que pour le français, l’intensité s’exprime par l’élévation mélodique de la voix, il est peut-être nécessaire de remettre en cause cette manière de voir.

    La distinction entre accent d’intensité et accent mélodique ne tient pas en français : il s’agit d’une seule et même réalité dont il est simplement difficile de se rendre compte sans instruments spéciaux (sauf dans quelques cas comme l’interrogation ou l’accent de Suisse romande). Ce résultat, acquis par la linguistique contemporaine, permet de proposer l’hypothèse qu’il en était de même en latin où le double aspect a bien été noté mais où il a été situé en termes d’oppositions alors qu’il s’agissait peut-être de la même réalité, l’intensité étant mélodique. Comme les spécialistes français voyaient leur langue « à accent d’intensité » héritière du latin tardif, ils reportaient sur le latin cette caractéristique. Les italiens ou les espagnols n’avaient pas ce sentiment car ils percevaient leur propre accent comme mélodique. D’où cette hypothèse : si l’accent français est d’intensité mélodique, l’accent mélodique et l’accent d’intensité du latin n’étaient peut-être également qu’une seule et même chose et le français en a hérité à sa manière.



  • L'article a été écrit dans une perspective historique. Il ne dit pas que le latin d'aujourd'hui est ou doit être prononcé avec un accent mélodique. Si tu te mets à essayer de le faire, tu seras bien le seul. Ce serait plus qu'anachronique et franchement bizarre, surtout que tu préconisés la prononciation ecclésiastique où l'accent d'intensité, comme en italien, est la seule norme.



  • @matthieu a dit dans Accent tonique sur les monosyllabes? :

    Ce résultat, acquis par la linguistique contemporaine, permet de proposer l’hypothèse qu’il en était de même en latin où le double aspect a bien été noté mais où il a été situé en termes d’oppositions alors qu’il s’agissait peut-être de la même réalité, l’intensité étant mélodique.

    Ici, il parle vraisemblablement du latin en général, tardif ou classique.

    Il est bien possible que tu aies raison, mais l'auteur de l'article émet l'hypothèse que cette vision des choses n'est peut-être pas la bonne. Il a analysé le son des langues modernes pour en arriver à son hypothèse, comme il explique dans l'article. Oui, au début de l'article, il expliquait les choses comme tu le dis, mais pour en arriver à émettre l'hypothèse que notre vision des choses n'était peut-être pas juste.

    Cet article me mêle plus qu'autre chose. Ce que je retiens en fin de compte, c'est de ne pas avoir d'opinion "dogmatique" sur la question. Et aussi de tenter de mettre de l'intensité dans mon accent tonique ... :)



  • Le latin contemporain dont je parle n'est pas le latin "tardif". Le terme "tardif" désigne habituellement le latin des pères de l'Église jusqu'au milieu du premier millénaire. Cela fait 1500 qu'il n'y a plus de latin tardif.

    Quand il dit que notre vision des choses n'est pas juste, il parle de notre compréhension de l'impact de l'accent en latin classique et "tardif" sur le français. Il ne parle pas du tout du latin contemporain. Le latin contemporain n'intéresse pas le moindrement les chercheurs. En fait, cet article n'a absolument rien à voir avec le latin ecclésiastique et je l'ai cité seulement en complément d'information sur l'accent mélodique en latin classique.



  • Je pense que je viens de comprendre la source de ta confusion. Tu lis des choses concernant la prononciation sur l'internet sans savoir qu'elles concernent seulement le latin ancien et non le latin contemporain (et plus particulièrement la prononciation ecclésiastique), par exemple quand tu as lu quelque chose à l'effet qu'il faut accentuer les monosyllabes. Il faut oublier tout ce que tu as lu concernant la prononciation, même ce qui se trouve dans la grammaire de Petitmangin. Tout cela n'est que supposition et du domaine de la théorie. La prononciation ecclésiastique, au contraire, ne fait aucun doute: l'accent en est un d'intensité, exactement comme en italien. Tu ferais mieux de consulter une grammaire de l'italien qu'une grammaire de latin classique.



  • @matthieu a dit dans Accent tonique sur les monosyllabes? :

    Cet article me mêle plus qu'autre chose. Ce que je retiens en fin de compte, c'est de ne pas avoir d'opinion "dogmatique" sur la question. Et aussi de tenter de mettre de l'intensité dans mon accent tonique ... :)

    Dans un texte ecclesiastique bien fait, les accents toniques sont écrits; il n'y à qu'à les marquer.
    Et comme la prononciation de l'itatlien contemporain (une soupe réalisée à partir du dialecte toscan et de la prononciation ecclésiastique) dérive de celle de l'église, et non pas l'inverse, tu peux te baser sur la prononciation du clergé italien.


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