PREMIÈRES LEÇONS DE LATIN — CORRIGÉ DES EXERCICES

RECOMMANDATION IMPORTANTE

Si vous désirez tirer de ce cours le maximum de profit, ne consultez jamais le corrigé d’un devoir avant d’avoir fait vous-même le devoir complètement, de manière à bien apercevoir les difficultés de l’exercice proposé. Il est, en effet, plus utile de s’être trompé et de rectifier son erreur, que de ne pas avoir vu qu’on pouvait se tromper. D’ailleurs il faut bien se convaincre que la source essentielle des progrès, c’est l’effort personnel accompli en faisant les devoirs. De là vient que des élèves intelligents et consciencieux retirent souvent un bénéfice inattendu des leçons de professeurs médiocres: c’est leur travail personnel qui les enrichit. Ne vous servez donc de ces corrigés que pour contrôler votre travail, et non pour vous dispenser de l’effort que vous fourniriez si vous aviez à faire un devoir en classe.

PREMIÈRE LEÇON

Amaverunt, 3e pl. parf. indic. = ils aimèrent, ils ont aimé ou ils eurent aimé. — Deestis, 2e pl. prés. indic. de desum = vous manquez. — Obsunt, 3e pl. prés. ind. de obsum = ils nuisent, ils font obstacle. — Fuistis, 2e pl. parf. ind. de sum = vous fûtes, vous avez été ou vous eûtes été. (Dorénavant nous ne donnerons qu’une seule traduction pour les parfaits.) — Legisti, 2e sg. parf. ind. = tu as lu. — Audivere, 3e pl. parf. ind. = ils ont entendu (une autre forme serait audiverunt). — Adest, 3e sg. ind. prés. de adsum = il est présent. — Scripsit, 3e sg. parf. ind. = il a écrit. — Delevimus, 1re pl. parf. ind. = nous avons détruit. — Legistis, 2e pl. ind. parf. = vous avez lu. — Scripserunt, 3e pl. parf. ind. = ils ont écrit (on pourrait avoir aussi scripsere). — Afuit, 3e sg. ind. parf. de absum = il a été absent (notez que le parfait afui n’a pas de b, malgré absum). — Delevit, 3e sg. ind. parf. = il a détruit. — Legere, 3e pl. ind. parf. = ils ont lu. (Une autre forme serait legerunt; legere est aussi la forme de l’infinitif présent actif «lire», mais nous ne l’avons pas encore étudiée.) — Obfuit, 3e sg. ind. parf. de obsum = il a nui, il a fait obstacle. — Amavisti, 2e sg. ind. parf. = tu as aimé. — Adfuistis, 2e pl. ind. parf. de adsum = vous avez été présents. — Abest, 3e sg. ind. prés. de absum = il est absent. — Dees, 2e sg. ind. prés. de desum = tu manques.

2° J’ai été présent = adfui. — Tu as détruit = delevisti. — Ils ont lu = legerunt ou legere. — Vous faites obstacle = obestis — Il a écouté = audivit. — Nous fûmes absents = afuimus (se rappeler qu’il n’y a pas de b au parfait afui de absum). — Tu as écrit = scripsisti. — Nous avons aimé = amavimus. — J’ai manqué = defui. — Il écrivit = scripsit. — Toi, tu as écrit, moi j’ai lu = Tu scripsisti, ego legi. — Je suis = sum. Vous avez détruit = delevistis. — Vous manquez = deestis. — Ils ont fait obstacle = obfuerunt (ou, plus rarement, obfuere). — Il est présent = adest. — Ils ont entendu = audiverunt (ou, plus rarement, audivere). — Nous manquons = desumus. Vous avez été absents = afuistis.

DEUXIÈME LEÇON

Singulier

Pluriel

Nominatif

Magna silva

Magnae silvae

Vocatif

Magna silva

Magnae silvae

Accusatif

Magnam silvam

Magnas silvas

Génitif

Magnae silvae

Magnarum silvarum

Datif

Magnae silvae

Magnis silvis

Ablatif

Magna silva

Magnis silvis

Je, sujet de trouve, nominatif. — Compatriote, complément déterminatif de expérience, génitif. — Vous, compl. direct de a quittés, accusatif. — Jeune, attribut de qui, nominatif, puisque qui est lui-même sujet de a quittés et est par conséquent au nomin. (Bien noter que jeune ne se rapporte pas grammaticalement à compatriote, car les deux mots ne sont pas dans la même proposition: compatriote est dans la principale, jeune est dans la subordonnée relative). — Mondes, c. dir. de avoir vu, accus. — Divers, épithète de mondes, accusatif comme lui, car l’adjectif s’accorde avec le nom en genre, nombre et cas.Vous, compl. d’attribution de enseignerai («je n’enseignerai pas à vous»), datif. — Art, c. dir. d’enseignerai, accus. — Spécialité, sujet de est, nomin. — Etrangère, attribut de spécialité, nomin. (L’attribut se met au même cas que le sujet.). — Vie, c. dét. de terme, gén. — Recettes, sujet de sont, nomin. — Nombreuses, attribut de recettes, nomin. — Objet, c. dir. de poursuivre, acc. — Bien, compl. dir. de poursuivre (ou: apposition à objet), accus. — Semblables, c. dét. de bien, gén. — Patrie, c. dét. de service, gén. — Exceptions, compl. circ. de manière (= avec des exceptions) ou de restriction de est, ablatif. — Mains, c. circ, de lieu, au figuré, de est, ablatif. — Expérience, c. dét. de résultat, gén. — Goût, c. dir. de j’ai eu, acc. — Vie, c. dét. de goût, gén. — Tristesse, c. circ. de manière de verrai, abl. — L', c. dir. de ai goûtée, acc. — Jeunes, c. dir. de félicitant, acc. (Noter qu’ici jeunes est un adjectif pris comme nom, par conséquent il est traité comme un nom.) — Vie, sujet de est, nomin. — Eux, c. circ. de lieu, au figuré, de est, abl. — Excellente, adjectif se rapportant à chose; or chose est attribut de vie, qui est sujet de est. Donc vie, chose et excellente sont tous les trois au nominatif.

TROISIÈME LEÇON

Populus, popule, populum, populi, populo, populo. Populi, Populi, populos, populorum, populis, populis.Niger, niger, nigrum, nigri, nigro, nigro. Nigri, nigri, nigros, nigrorum, nigris, nigris.Verbum, verbum, verbum, verbi, verbo, verbo. Verba, verba, verba, verborum, verbis, verbis.

Laboureur, sujet de voulut;colombe, c. dir. de tuer; — flèche, c. circ. d’instrument de tuer;fourmi, sujet de mordit;laboureur, c. dir. de mordit;flèche, c. dir. de lancer;fourmi, sujet de sauva;colombe, c. dir. de sauva.

Tum agricola voluit occidere columbam sagitta. Formica autem momordit agricolam, non potuit emittere sagittam recte. Ita formica servavit columbam.

QUATRIÈME LEÇON

Homo, homo, hominem, hominis, homini, homine. Homines, hommes, homines, hominum, hominibus, hominibus.Avis, avis, avem, avis, avi, ave. Aves, aves, aves, avium, avibus, avibus.Caput, caput, caput, capitis, capiti, capite. Capita, capita, capita, capitum, capitibus, capitibus.Urbs, urbs, urbem, urbis, urbi, urbe. Urbes, urbes, urbes, urbium, urbibus, urbibus.

Nota. — Les fautes à éviter portent sur le génitif pluriel (thèmes en i, avec gén. pl. en ium: avis, parce qu’il est parisyllabique, et urbs, parce que le radical urb- se termine par deux consonnes), et sur l’accusatif de caput, semblable au nominatif parce qu’il est neutre; ne pas oublier non plus que les pluriels neutres sont en a.

2° Venero, 1er sg. fut. ant. de venire, «venir», dont le parfait est veni (radical ven- + futur simple de sum), «je serai venu.». — Dixerunt, 3e plur. du parf. indic. de dicere, «dire», dont le parf. est dixi, «ils ont dit». — Dixerint, 3e pl. fut. ant. de dicere, «ils auront dit». — Inquit, 3e sg. du parf. ind. inquit, verbe défectif, «il dit». — Venit, 3e sg. parf. ind. de venire, «il est venu». — Veneratis, 2e pl. pl.-q.-parf. indic. de venire: «vous étiez venus». — Possumus, 1re pl. ind. prés. de possum, «nous pouvons». — Estis, 2e pl. prés. ind. de sum, «vous êtes». — Defuit, 3e sg. parf. ind. de desum, manquer, «il manqua». — Aberas, 2e sg. imparf. indic. de absum, «tu étais absent».

3° Le rat des champs et le rat de ville. Un jour le rat de ville invita le rat des champs à dîner. La nourriture était excellente. Mais soudain des chiens aboyèrent non loin, et les convives effrayés coururent dans un trou. Alors le rustique: «Adieu, dit-il, j’aime mieux vivre en sécurité dans ma pauvre cabane de la forêt».

CINQUIÈME LEÇON

Singulier. Nominatif et vocatif: virilis, virilis, virile. Accusatif: virilem, virilem, virile. Génitif: virilis. Datif et ablatif: virili pour les trois genres. (Noter que le génitif, le datif et l’ablatif sont les mêmes pour les trois genres, et que l’ablatif des adjectifs parisyllabiques est en i; revoir à ce propos l’ablatif de civis, nom, qui est cive; mais l’ablatif sg. du neutre parisyllabique mare est mari. Cet ablatif sg. de la 3e déclinaison est difficile.)

Pluriel. Nomin. et accus.: viriles, viriles, virilia. Gén.: virilium. Datif et ablatif: virilibus.

Singulier. Nomin. et acc.: animal magnum. Gén.: animalis magni. Dat.-abl.: animali magno. Pluriel. Nomin., voc. et acc.: animalia magna. Gén.: animalium magnorum. Dat.-abl.: animalibus magnis.

Abessem, 1e sg. subj. imp., «que je fusse absent» ou «je serais absent»; — audiverat, 3e sg. p.-q.-parf. indic., «il avait entendu»; — audiverit, 3e sg. fut. ant., «il aura entendu»; ou subj. parf., «qu’il ait entendu»; — audivisset, 3e sg. subj. p.-q.-parf., «qu’il eût entendu», ou «il aurait entendu»; — adsit, 3e sg. subj. prés., «qu’il soit présent» ou «il serait présent»; — adesset, 3e sg. subj. imparf., «qu’il fût présent» ou «il serait présent»; — adfuisse, infinitif parfait, «avoir été présent»; — aderat, 3e sg. indic. imparf., «il était présent»; — aderit, 3e sg. futur simple de adsum, «il sera présent»; — ades, 2e sg. de l’indicatif présent, «tu es présent»; ou de l’impératif: «sois présent».

Dans cet exercice, il fallait bien se rappeler que le subjonctif peut aussi avoir le sens du conditionnel, et bien analyser les composés de sum: le préfixe n’a aucune action sur le temps, le temps du composé est celui du verbe sum.

4° «Je serais»: conditionnel présent, donc subjonctif présent: sim (si l’hypothèse est encore réalisable), ou imparfait: essem (si l’hypothèse n’est plus réalisable). — «Il aura été», futur ant.: fuerit. — «Qu’il ait été», subj. parf.: fuerit (même forme que le fut. ant.). — «Etre»: esse, — «J’écouterais», condit. prés., donc subj. prés. ou imparf. Comme nous n’avons pas encore étudié les subj. prés. autres que celui de sum, donnons seulement l’imparfait: audirem. — «Que nous eussions écouté», subj. plus-que-parf.: audivissemus. — «Que vous ayez été», subj. parf.: fueritis. — «Vous avez été présents», parf. ind.: adfuistis. — «Qu’ils soient absents», subj. prés.: absint. — «Sois présent», impératif présent: ades.

Esses jam doctus, si audires, sed tua mens semper abest.

Nota. — Dans des exercices de ce genre, on trouve souvent des fautes dues à ce que les élèves ne savent pas bien leur conjugaison française: ils confondent par exemple le futur antérieur j’aurai été, avec le conditionnel passé j’aurais été, etc. Si vous avez oublié tant soit peu votre conjugaison française, revoyez-la très soigneusement.

Dans la dernière phrase, la fin: «ton esprit est toujours absent» montre que l’hypothèse «si tu écoutais» est contraire à la réalité; on emploiera donc l’imparfait du subjonctif, et non le présent. Dans une phrase comme: «Dans un an tu serais savant si tu écoutais bien en classe d’ici là», l’hypothèse serait encore réalisable et on emploierait le présent du subjonctif.

SIXIÈME LEÇON

Fructus, fructus, fructum, fructus, fructui, fructu. Fructus, fructus, fructus, fructuum, fructibus, fructibus.Genu, genu, genu, genus, genui, genu. Genua, genua, genua, genuum, genibus, genibus.

Rapio, rapis, rapit, rapimus, rapitis, rapiunt.Flebam, flebas, flebat, flebamus, flebatis, flebant.

3° Tu nourris: nutris; — vous écoutiez: audiebatis; — il avertit: monet (présent) ou monuit (parfait); — ils lisent: legunt; — nous avertissions: monebamus; — j’aurai détruit (futur antérieur): delevero; — j’aurais aimé (condit. passé = subj. p.-q.-parf.): amavissem; — il aimait: amabat; — tu as aimé: amavisti; — ils écoutent: audiunt; — avoir été: fuisse; — tu seras présent (futur de adsum): aderis; — vous aurez été présents (fut. ant.): adfueritis; — que vous ayez été présents (subj. parf.): adfueritis (notez que le fut. ant. et le subj. parf. ont la même forme, sauf à la 1e pers. sg.); — ils ont été présents: adfuerunt.

Corvus, in arbore insidens, caseum in rostro tenebat. Tum vulpes, odore attracta: «Ave, optime, inquit; Hercule, formosissimus es. Si cantas bene quoque, es sine dubio pulcherrimus incolarum silvae». Stultus corvus cupit praeclaram vocem ostendere et rostrum aperit. Caseus fallit et vulpes subridens praedam statim rapit.

Nota. — On oublie souvent dans cet exercice que vulpes est du féminin, contrairement à renard en français, et que la personne que l’on apostrophe (ici: cher) se met au vocatif.

SEPTIÈME LEÇON

Dies optatus, dies optate, diem optatum, diei optati, diei optato, die optato. Dies optati, dies optati, dies optatos, dierum optatorum, diebus optatis, diebus optatis.

2° Sapientior (masc. et fém.), sapientius (neutre); — sapientissimus, a, um.Nigrior, nigrius;nigerrimus, a, um.Fortior, fortius;fortissimus, a, um.Similior, similius;simillimus, a, um.

Attention aux superlatifs irréguliers; les revoir si on s’est trompé.

Implebo, implebis, implebit, implebimus, implebitis, implebunt.Dicam, dices, dicet, dicemus, dicetis, dicent,

Rapies, fut., «tu voleras»; — cantes, subj. prés., «que tu chantes» ou «tu chanterais»; — cantas, ind. prés., «tu chantes»; — cantabas, imparf. indic., «tu chantais»; — cantares, subj. imparf., «que tu chantasses» ou «tu chanterais»; — raperes, subj. imparf., «que tu volasses» ou «tu volerais»; — rapiebas, ind. imparf., «tu volais»; — cantabis, fut., «tu chanteras»; — fleas, subj. prés., «que tu pleures» ou «tu pleurerais»; — fles, indic. prés., «tu pleures»; — fleretis, subj. imparf., «que vous pleurassiez» ou «vous pleureriez»; — flebitis, fut., «vous pleurerez»; — nutriam, fut. ind., «je nourrirai», ou subj. prés., «que je nourrisse» ou «je nourrirais»; — nutriat, subj. prés., «qu’il nourrisse» ou «il nourrirait»; — nutriet, fut., «il nourrira».

Attention aux confusions possibles entre les futurs et les subjonctifs présents.

5° Beaucoup de jeunes filles romaines avaient de jolis visages. — Ni le frémissement des flots, ni l’assaut des vents n’effrayent les matelots habiles. — Les bons citoyens obéissent aux lois. — Le vent remue les branches du chêne. — Les chevaux labourent les champs et traînent les chariots. — Le haut chêne est tombé à terre. — La pauvreté n’effraye pas le poète. — Nous nous reposons volontiers à l’ombre des hautes branches. — Les soldats désirent toujours la victoire. — Les Romains avaient établi des lois sages.

HUITIÈME LEÇON

Rara avis, rara avis, raram avem, rarae avis, rarae avi, rara ave. Rarae aves, rarae aves, raras aves, rararum avium, raris avibus, raris avibus.

Vos video;me vides;se videt;nos videmus;mihi suum equum dat;tibi equum do;vobis equos do;sum vobiscum;non sum optimus vestrum.

Attention au cas des pronoms. Dans: «Il me regarde», me est compl. dir., accus.; — dans «il me donne», me est compl. d’attribution, datif.

Bene scribere est difficile (neutre, parce que l’infinitif est considéré comme un nom neutre). — Conserva cupidinem discendi (l’infinitif compl. dét. d’un nom se met au gérondif-génitif en di). — Equus est aptus currendo (gérondif-datif en do après aptus). — Laboro ad vivendum (pour = ad et gérondif-accusatif en dum). — Video horribile dictu (supin en u après les adjectifs qui marquent une impression; — le neutre de l’adjectif traduit à lui tout seul: chose; — on pourrait d’ailleurs le remplacer par: rem horribilem; res est du féminin, d’où l’adjectif aussi au féminin en accord avec res).

Rapiens, rapturus;delectans, delectaturus;puniens, puniturus;flens, fleturus;scribens, scripturus.

Attention à bien distinguer le radical et la terminaison, par exemple fleo, rad. fl., comme moneo, rad. mon.; bien former le partic. fut. avec le radical du supin.

Puella in umbra altae quercus quiescebat. Secum pulchrum canem habebat. Videbat in agris vicinis equos arantes terram. In via pastor cum agnis suis ad vicum reveniebat.

Ne pas oublier que: quercus, «chêne», est fém. en latin; que «se reposer» se traduit par un verbe non pronominal en latin; que «elle» pour représenter le sujet se traduit par le réfléchi se, et que cum se place après se; que le participe présent s’accorde en latin, contrairement au français.

NEUVIÈME LEÇON

Juppiter, que l’on écrit aussi Jupiter, avec un seul p, a pour génitif Jovis, sur lequel on décline naturellement les autres cas: Jovem, Jovi, Jove. En réalité, le nominatif est composé du radical Jov- et de pater, titre de respect donné au «père des hommes et des dieux», comme on l’appelle souvent.

Deorum. La déclinaison de deus offre plusieurs particularités. Le vocatif est deus, contrairement à Domine. Miserere mei, Deus: «aie pitié de moi, mon Dieu»; formule fréquente dans la liturgie.

Au pluriel, on retrouve la même particularité que dans la déclinaison de is, ea, id, c’est-à-dire qu’on a: nominatif: dei, ou dii; dat.-abl.: deis ou diis, comme on avait ei ou ii, eis ou iis. Parfois même, par contraction, on a di et dis, pour dii et diis.

Remarquez tout de suite de quel profit peuvent vous être des lectures approfondies comme celles que nous faisons aujourd’hui. Presque chaque mot nous offre matière, soit à apprendre un détail nouveau, soit à revoir un détail déjà vu, mais plus ou moins oublié. Peu à peu, grâce à la répétition, tous ces détails de mots et de tournures vous deviendront aussi familiers — ou presque — que les mots français dont vous vous servez tous les jours.

Hominum. Homo, hominis signifie «un être humain»: homme, femme ou enfant. Vir, viri, au contraire, signifie: «un homme en tant que mâle»: cf. en français la différence entre humanité et virilité: «Les faiblesses de l’humanité», et «La virilité du caractère».

Pater, gén. patris, «père» (cf. franç.: paternel, etc.) fait au génitif pluriel patrum, sans i, Pourtant ce nom est parisyllabique, mais ce n’est pas un thème en i.

On a de même dans mater, matris, «mère»: matrum; dans frater, fratris, «frère»: fratrum.

Deorum et hominum pater et rex, «père et roi des dieux et des hommes», est un titre accolé à Jupiter. C’est ce qu’on appelle grammaticalement une apposition.

Cum = «avec»; il est suivi de l’ablatif. Nous avons déjà vu, à propos de Dominus vobiscum, «que le Seigneur soit avec vous», et de: un vade mecum, un «viens avec moi», c’est-à-dire un objet dont on ne se sépare jamais, que cette préposition se place après les pronoms personnels.

Ceteris. L’adjectif ceteri, ae, a, presque toujours au pluriel, signifie «tous les autres». La locution: et cetera, «et toutes les autres choses, et tout le reste», a passé en français, en anglais…​ etc.: c’est bien le cas de le dire.

Deis: on aurait pu avoir, selon ce que je viens de dire: deis, diis ou dis.

In = «dans» ou «sur», selon le sens. Ici, naturellement: «sur».

Sedet, de sedeo, es, 2e conjugaison. Nous retrouvons ce mot dans le français résider, résidence. Sedeo signifie soit: «être assis», soit: «siéger, résider». Siège a les deux sens de sedeo, dont il vient: une chaise pour s’asseoir; et l’endroit où on réside.

«Jupiter se tient sur l’Olympe, avec tous les autres dieux».

Cinctus: participe passé de cingere, o, is, cinxi, cinctum: «ceindre, entourer». Je vous rappelle que cinxi est le parfait, et cinctum le supin. Ce sont les temps primitifs que l’on donne toujours avec l’infinitif et les deux premières pers. sing. de l’indicatif présent.

Nubibus, abl. pl. de nubes, nubis, «nuage». Ablatif, parce que complément circonstanciel de manière: «entouré de nuages».

Fulmina, accusatif plur. neutre de fulmen, inis, «foudre, éclair». Saisissons l’occasion de rappeler une fois de plus que tous les pluriels neutres sont en a. Les noms neutres en en, inis, sont très nombreux. De fulmen vient en français fulminer: «lancer des éclairs» (au figuré).

Gerit, du verbe fréquent gerere, o, is, gessi, gestum: «porter» (ici) et aussi (ailleurs) «faire»: gerere bellum = «faire la guerre». Notre mot geste en vient: c’est ce que l’on fait.

Quae, accus. pl. neutre de qui, quae, quod, pronom relatif. C’est le complément direct de excudunt.

«Il porte dans sa main les éclairs, que Vulcain et ses aides les Cyclopes forgent dans les antres fumants de l’Etna».

Ejusque. Je crois que c’est la première fois que nous rencontrons ce que, qu’il ne faut pas confondre avec le pronom relatif quae. Que est toujours collé à la fin d’un mot, et fait corps avec lui. Il signifie et, placé avant le mot qu’il suit. On dit indifféremment pater et mater, ou pater materque.

Ejus, génitif de is. «Vulcain et les aides de lui», c’est-à-dire «ses aides».

Les Cyclopes sont bien connus. Ce sont des colosses qui n’ont qu’un œil au milieu du front, ce qui, entre nous, devait leur faire une figure assez peu esthétique.

Specubus, abl. plur. de specus, us, 4e déclin.: «caverne». Manus, type de la 4e, fait à l’abl. manibus. On devrait donc avoir specibus. Mais quelques noms de la 4e déclin., dont specus, ont l’abl. pl. en ubus. Il n’y a d’ailleurs pas là matière à confusion.

«Il (Jupiter) a pour frères Neptune et Pluton, et il a partagé avec eux l’empire du monde». Fratres est un attribut de Neptune et Pluton, et se met par suite au même cas qu’eux, c’est-à-dire ici à l’accusatif.

His, ablatif pluriel de hic. Divisit: parfait de dividere, o, is, divisi, divisum, d’où le mot français division. Remarquons à ce propos que beaucoup de mots français sont formés du supin.

«Le ciel et la terre sont tombés en partage à Jupiter, les mers à Neptune, les enfers à Pluton».

Cesserunt est à la fin de la phrase: c’est la place la plus normale du verbe en latin. C’est le parfait de cedere, o, is, cessi, cessum. Ce verbe, fréquent, signifie proprement «marcher». Ici, nous pourrions employer, pour traduire, une locution analogue à ce verbe «marcher»: «le ciel et la terre sont revenus à Jupiter». Cedere a encore le sens de «céder», c’est-à-dire s’écarter de quelque chose pour le laisser à un autre: cedere cubiculo alicui, «céder sa chambre à quelqu’un», c’est exactement s’en aller de sa chambre (d’où l’ablatif, qui marque toujours éloignement) pour quelqu’un.

Les verbes composés de cedere sont nombreux: procedere, «s’avancer»; — succedere, «s’avancer pour prendre la place de quelqu’un», c’est-à-dire «succéder» à quelqu’un; — accedere, «marcher vers», d’où «accéder»; — decedere, «sortir», d’où, en sous-entendant l’ablatif vita, «sortir de la vie», «décéder».

Comme vous le voyez, c’est un verbe sur lequel il y a beaucoup à dire.

Maria, plur. de mare, is, dont la déclinaison a déjà retenu toute notre attention: gén. pl. marium, abl. sing. mari.

«A chacun des autres dieux et déesses est son office», c’est-à-dire en bon français: «Chacun des autres dieux et déesses a son rôle».

Cuique, datif de quisque, «chacun». Dans ce mot, seul quis se décline.

Alius, a, ud, pronom-adjectif, «autre», a le neutre en d, le gén. en ius, et le datif en i, comme tout pronom adjectif qui se respecte: alius, alii. Alter, a, um, signifie aussi «autre». Mais il ne s’emploie que quand on parle de deux personnes ou de deux choses, tandis qu'alius s’emploie quand on parle de plus de deux.

Vel: «ou, ce qui revient au même». L’autre mot qui signifie ou est aut; il sert, au contraire, à distinguer nettement deux idées: aut dii sunt, aut non sunt: «ou bien il y a des dieux, ou bien il n’y en a pas». Notez en passant la tournure: «des dieux sont» = «il y a des dieux».

Lucis, gén. de lux, «lumière», a donné en français de nombreux mots: lucide, etc.

Idemque gaudet: «et le même (Apollon) aime», c’est-à-dire «et il aime aussi». Notez bien ce sens de idem, qui est fréquent.

Gaudet, du verbe gaudere, eo, es, «se réjouir», qui fait au parfait gavisus sum. Ce verbe est donc actif aux temps formés du présent, et déponent aux temps formés du parfait. Je vous rappelle qu’un verbe déponent est un verbe qui se conjugue au passif, mais qui a le sens actif. Gaudere est donc à moitié déponent; on dit couramment: c’est un verbe semi-déponent. Les semi-déponents sont fort rares.

Favet, de faveo, es, favi, fautum, «favoriser». Remarquons que de fautum, supin, vient le mot français: un fauteur, «celui qui favorise», surtout employé dans cette locution: «un fauteur de désordre».

Le verbe favere gouverne le datif (ici: poetis). C’est donc un exemple d’un verbe qui, en français, a un complément d’objet direct, et qui cependant n’admet pas un accusatif en latin. Ce cas arrive quelquefois.

«Phébus ou Apollon, fils de Jupiter, est l’auteur de la lumière; il aime aussi la cithare et le chant, et favorise les poètes».

Virtutis, gén. de virtus, signifie quelquefois «vertu», mais plus souvent «courage, valeur, mérite»; il s’applique surtout à la valeur militaire.

Armorum, gén. plur. de arma, nominatif pluriel neutre qui n’a pas de singulier, «les armes». Il y a en latin ainsi des mots qui ne s’emploient pas au singulier. En français, cf. funérailles, par exemple.

«Le dieu de la vaillance et des armes est Mars, qui tient la lance et le bouclier» ou mieux: «qui tient une lance et un bouclier».

«Mercure exécute sur la terre les commissions de Jupiter et des dieux, et il est le patron des marchands».

Terris, abl. plur. de terra, ae. Nous disons «la terre», au singulier, mais le latin dit terrae, au pluriel, pour désigner «le monde»; terra désigne le sol, la terre en tant que matière, ou la terre en tant que «globe terrestre».

Le pluriel vient sans doute de ce que les Latins pensaient: les différents pays.

Après avoir bien compris le détail d’une explication, il vous est vivement recommandé de relire le texte latin, lentement, en entier, en vous remémorant mentalement, au passage de chaque mot, les remarques qui ont été faites dessus.

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Ille vir fortis, ille vir fortis, illum virum fortem, illius viri fortis, illi viro forti, illo viro forti. Illi viri fortes, illi viri fortes, illos viros fortes, illorum virorum fortium, illis viris fortibus, illis viris fortibus.

DIXIÈME LEÇON

Singulier

Nominatif:

quidam

quaedam

quoddam

Accusatif:

quemdam

quamdam

quoddam

Génitif:

cujusdam

Datif:

cuidam

Ablatif:

quodam

quadam

quodam

Pluriel

Nominatif:

quidam

quaedam

quaedam

Accusatif:

quosdam

quasdam

quaedam

Génitif:

quorumdam

quarumdam

quorumdam

Datif:

quibusdam

Ablatif:

quibusdam

Nota. — Quoddam est adjectif; le pronom («une certaine chose») est quiddam.

Audiar, audieris (ou audiere), audietur, audiemur, audiemini, audientur.Capiar, capiaris (ou capiare), capiatur, capiamur, capiamini, capiantur.Legebar, legebaris (ou legebare), legebatur, legebamur, legebamini, legebantur.Monerer, monereris (ou monerere), moneretur, moneremur, moneremini, monerentur.

Puella quam video est pulchra.Puella cujus vultum video a matre amatur.Miles de quo loquor est fortis.Milites quorum dux eram fortes erant.Animalia quae video asini sunt.Discipuli quibus loquor me semper audiunt.

Attention à bien analyser les pronoms relatifs: genre et nombre de leur antécédent, mais cas voulu par leur fonction à eux. — Dans: «le soldat dont je parle», bien remarquer que dont n’est pas complément déterminatif d’un nom (génitif), comme dans: «dont je vois le visage»; il signifie: au sujet duquel je parle: de quo. Ne pas employer le datif, qui signifierait: à qui je parle.

4° Le chapitre des déesses était court…​ et gracieux par son sujet.

Je ne reviens pas sur Jupiter (gén. Jovis).

Duxit est le parfait de ducere, o, is, duxi, ductum, «conduire». Ce verbe est fréquent. Il a donné de nombreux composés: conducere, d’où nous avons tiré «conduire» et «conducteur»; adducere, d’où «adduction» (d’eau); reducere, «réduire»; seducere, «séduire»; deducere, «déduire». Il est remarquable aussi par son impératif présent: duc, sans e, contrairement à lege. Il y a ainsi quatre impératifs irréguliers sans e: dic, de dicere, «dire»; duc; fac, de facere, «faire»; et fer, de ferre, «porter». Ces deux derniers se trouvent dans des formules liturgiques connues: Domine, salvam fac Rempublicam. «Seigneur, sauvez la République»; et Da robur, fer auxilium: «donne-nous de la force, porte-nous secours» (fin du Chant O salutaris, que beaucoup de compositeurs ont mis en musique).

«Jupiter prit Junon pour femme».

Ducere uxorem = mot à mot «conduire, emmener comme sa femme». Cette tournure vient de ce que, dans la cérémonie du mariage romain, on simulait un rapt: le fiancé était censé «enlever» sa fiancée et la conduire chez lui. Notez qu’il n’y a aucune préposition ni conjonction devant uxorem, bien que nous traduisions «pour femme». On dit de même: «Les Siciliens choisirent Cicéron pour avocat»: Siculi elegerunt Ciceronem patronum. Uxorem, patronum, sont des attributs de Junonem, Ciceronem.

Conubium, conubii, neutre = «mariage». On a ici le gén. plur., complém. dét. du nom deam, déesse.

Dea, «déesse», a une déclinaison régulière. Mais, comme au datif et à l’ablatif pluriel deis est la même forme pour dea et pour deus, si on veut spécifier qu’il s’agit de déesses, on remplace deis par deabus, forme imitée de la 3e déclinaison. On trouvera par exemple: cum omnibus deis et deabus, «avec tous les dieux et toutes les déesses». Même remarque pour filia, «fille», qui peut faire filiabus, pour éviter une confusion avec filiis, de filius, «fils». Dixit filiis et filiabus: «il dit à ses fils et à ses filles».

Mais ces emplois sont fort rares.

Cui: vous reconnaissez le dat. sing. de qui, quae, quod.

Le sujet de dedit, «il», c’est toujours Jupiter. Dedit est le parfait de dare, o, as, dedi, datum, «donner». «Junon, déesse des mariages, à qui il a donné comme servante Iris».

Seu, ou sive (on trouve les deux formes) veut dire: ou. On trouve souvent sive…​ sive…​ dans le sens de: «soit…​ soit…​»

Nunc dea bellatrix, nunc pacis amantissima; nunc répété = «tantôt…​ tantôt…​» On peut employer dans le même sens: modo…​ modo…​

Bellatrix vient de bellum, i, «la guerre»: cf. français belliqueux.

Pacis, gén. de pax, «la paix»; français: pacifique, etc…​

Amantissima; exemple de superlatif d’un participe présent: «très amateur», «aimant beaucoup».

Artium, gén. pluriel de ars, artis; le radical terminé par deux consonnes (art) montre que le thème est en i.

Inventrix; le masculin est inventor. Cf. français: acteur, actrice.

Athenis: ablatif, parce que complément circonstanciel de lieu: «à Athènes».

Athenisque = et Athenis.

Honore: ablatif de honos, honoris. «Minerve ou Pallas, fille de Jupiter, tantôt déesse guerrière, tantôt grande amie de la paix, a inventé beaucoup d’arts, et est honorée surtout à Athènes».

Venus, génitif Veneris. Praestat, de praestare, où on retrouve le préfixe prae, «devant, à la tête de»: «l’emporte sur», verbe après lequel on met le datif: omnibus (de omnis) deabus, mot vu quelques lignes plus haut. Forma est à l’ablatif, comme complément circ. de manière. Forma = «beauté». Formosus = «beau».

«Vénus l’emporte en beauté sur toutes les déesses».

Autem: «quant à», se met toujours après le premier mot de la phrase.

Protegit: le verbe est à la fin de la phrase, c’est normal.

«Quant à Cérès, elle protège les moissons; Vesta protège les foyers et les pénates.»

Moisson: messis, is, 3e déclin. Messidor, dans le calendrier révolutionnaire aux noms si évocateurs, était le mois des moissons.

Focus, i, 2e déclin. = «foyer». Pénates, «les génies domestiques», a fini par signifier tout simplement la «maison».

Praeest, de praesum, praeesse, «être à la tête de». Voilà deux fois de suite que nous rencontrons le préfixe prae. Venatus, us, 4e déclin. = «chasse». Venando, gérondif en do, de venari, «chasser», verbe déponent. Nous avons vu que le gérondif est une sorte de déclinaison du verbe: le gérondif en di sert de gén., le gérondif en do sert de datif et d’ablatif. Ici, c’est l’ablatif: «en chassant», compl. circ. de manière.

«Diane, fille de Jupiter, préside à la chasse, et parcourt, en chassant, les monts et les bois».

La dernière phrase commence par des accusatifs, c’est-à-dire des compléments directs. Le seul nominatif est Graeci, c’est donc le sujet du verbe orabant et du verbe colebant (colere, o, is, colui, cultum).

«Les Grecs priaient aussi (quoque) et honoraient les Muses, les Nymphes, les Naïades, et de nombreux dieux dans tous les événements de la vie».

ONZIÈME LEÇON

1° Tu pouvais: poteras; — il sera utile: proderit; — que nous puissions: possimus; — vous avez pu: potuistis; — nous sommes utiles: prosumus; — ils ont été utiles: profuerunt; — ils auront été utiles: profuerint; — qu’ils aient été utiles: profuerint; — vous aurez pu: potueritis; — que vous ayez pu: potueritis.

Singulier. Nom. voc. acc.: id animal; gén.: ejus animalis; datif: ei animali; ablatif: eo animali.Pluriel. Nom. voc. acc.: ea animalia, génitif: eorum animalium; datif-ablatif: eis ou iis animalibus.

3° La version que je vous avais indiquée dans cette leçon était particulièrement facile à comprendre, d’abord parce qu’elle parlait de légendes bien connues, ensuite parce qu’elle se composait d’une énumération, sans aucune complexité de construction grammaticale.

Non tantum…​ sed etiam…​ «Non seulement, mais encore». C’est une locution fréquente. A la place de tantum, on a souvent modo, ou solum, toujours avec le même sens. Remarquez en passant que cet emploi de tantum diffère complètement de celui que nous verrons dans une prochaine leçon de grammaire: «tant» ou «autant». Tantum laborat: «il travaille tant». Tantum aquae: «tant d’eau».

Quorum, gén. plur. masc. de qui, compl. déterm. du superlatif clarissimi: «dont les plus célèbres».

«Non seulement les dieux, mais aussi les héros (demi-dieux) étaient en honneur», ou, en meilleur français: «Les Grecs n’honoraient pas seulement les dieux, mais aussi les héros, dont les plus célèbres sont Hercule, Persée, Bellérophon et Jason».

Duodecim: douze. Nous apprendrons bientôt les noms de nombre.

Labor, laboris, masculin, comme tous les noms en or, sauf de très rares exceptions. Labor = «travail, labeur». En anglais, «Labour Party» veut dire: «Parti travailliste», et non pas: «Parti des laboureurs».

Perfecit est le parfait de perficio, composé de facere, facio, is, feci, factum, «faire». En composition, l'a se change en i, d’où perficio, au présent; et en e au supin: perfectum. Per indique, en général, l’idée de «à travers»: nous le verrons bientôt à propos des questions de lieu: transeo per Romam, «je passe à travers Rome». De l’idée de «à travers», on passe facilement à l’idée de «jusqu’au bout», puis «complètement», sens que per a souvent en composition, comme ici: perficere, «faire jusqu’au bout»; de là notre français parfaire, et l’adjectif parfait.

Hercule est un dieu particulièrement populaire. On dit encore de nos jours: «c’est un Hercule»; «une force herculéenne». Les Latins employaient fréquemment comme juron (juron correct, d’ailleurs, comme notre «parbleu») Hercule, ablatif: «par Hercule», souvent contracté en Hercle.

Ictu, ablatif de ictus, 4e déclin.: «coup».

Humi: génitif-locatif, dont nous parlerons dans la prochaine leçon: «à terre».

Stravit: parfait de sternere, o, is, stravi, stratum, «étendre».

Il y a un certain nombre de verbes irréguliers en latin, comme vous voyez. Il est bon de les connaître, pour ne pas être embarrassé par des formes venant du parfait ou du supin. A ce propos, je vous signale que certains dictionnaires donnent les principaux parfaits et supins dans la liste générale des mots, tandis que d’autres en ont fait une liste spéciale en tête du dictionnaire.

Ejus, «de lui», pour dire: «sa» (peau). On ne peut pas employer ici suus, parce que la peau n’est pas celle du sujet Hercule.

Cepit parfait de capere, io, is, cepi, captum, «prendre». Ne pas confondre le parfait cepi avec le parfait coepi, «j’ai commencé», qui n’a pas de présent. On appelle «défectifs» (même origine que «défaut»), les verbes comme coepi, qui ne se conjuguent pas à tous les temps.

Lacus, génitif de la 4e déclinaison.

Transfixit, parfait de transfigere, o, is, fixi, fixum, «transpercer».

Pedibus, de pes, pedis, «pied». Ablatif, complément de manière de praeditam: «douée de pieds d’airain».

Derivato Alphaeo. Nous avons ici une tournure fréquente, appelée ablatif absolu. C’est un complément circonstanciel accompagné d’un participe, le tout à l’ablatif. Exemple: «La ville ayant été prise, l’ennemi se retira»: urbe capta (abl. abs.), hostis discessit. «L’ouvrage fini, le laboureur se repose»: opere finito, agricola quiescit. — Parfois, il n’y a pas de participe exprimé: c’est que le participe présent du verbe être est alors sous-entendu. On ne peut pas l’exprimer pour une bonne raison: c’est qu’il n’existe pas, ainsi que je vous l’ai dit quand nous avons étudié le verbe être. Exemple: Cicerone consule: «Cicéron étant consul», — ou plus élégamment: «sous le consulat de Cicéron».

Dans la plupart des cas, il conviendra de changer la tournure en français, car nous n’employons les participes présents que très rarement. «Après avoir pris la ville, l’ennemi se retira. Quand il a fini son travail, le laboureur se repose. Sous le consulat de Cicéron…​, etc.». Ici: «en détournant le cours de l’Alphée». En et le participe présent, sorte de gérondif français, est une tournure française courante, contrairement au participe présent employé seul.

Purgavit. Le verbe purgare, «nettoyer», nous a laissé le mot purger, «nettoyer l’intestin», cher aux médecins de Molière. On dit aussi: «purger une hypothèque», c’est-à-dire la laver, la faire disparaître, en la remboursant. «Expurger un texte», c’est le nettoyer aussi, en n’y laissant rien de choquant.

Vincere, vinco, is, vici, victum, «vaincre», est un verbe fréquent. Le radical du présent nous a donné «vaincre», et le supin: «victoire, victorieux», sans compter le prénom «Victor», d’heureux présage…​ Il ne faut pas confondre vincere avec vincire, io, is, vinxi, vinctum (n partout), qui signifie «lier», d’où le mot vinculum, «lien»; — ni avec vivere, «vivre», qui fait vivo, is, vixi, victum: ce supin nous a donné en latin victus, us, 4e déclinaison, «vivres», d’où le français victuailles.

On place quelquefois sur l'a de aurea et de mala, une demi-circonférence inférieure: c’est le signe que la voyelle est brève. Les neutres pluriels sont en a bref, comme le nominatif singulier de la 1re déclinaison: rosă. Au contraire, l’ablatif singulier de la 1re déclinaison: rosā est en ā, ainsi que nous l’avons vu récemment. Pour indiquer que l'a est long, on le surmonte d’un trait horizontal.

Ces traits et ces demi-cercles sont des signes purement conventionnels que les éditeurs mettent pour faciliter le travail aux élèves. Mais il ne faudrait pas croire qu’on les trouve dans les textes latins.

Rapuit mala aurea horti Hesperidum: «Il enleva les pommes d’or du jardin des Hespérides».

Mālum = «pomme», quand l'a est long. Mălum, avec un a bref = «un mal, un malheur». Ne pas confondre…​

Aureus, a, um, est l’adjectif formé de aurum, «or». La formation est analogue à celle de l’adjectif français doré, mais aureus indique la matière et pas seulement l’aspect.

Hortus, i, m., «jardin», nous a donné horticulture et ses dérivés.

Humeris, sans préposition, complément de moyen: «par ses épaules». On aurait pu avoir aussi: in humeris.

Pro gouverne toujours l’ablatif. Il signifie: «à la place de». Si on veut indiquer «en faveur de qui» on agit, on se sert simplement du datif. «Je travaille pour mes enfants»: liberis meis laboro.

Vinctum, participe passé de vincire, «lier», dont nous venons justement de parler.

«Hercule accomplit douze travaux: d’un coup de massue, il étendit à terre le lion de Némée, et il revêtit sa peau (et il se fit un manteau de sa peau); il décapita l’hydre de Lerne; il prit vivant le sanglier d’Erymanthe; il transperça de ses flèches les oiseaux du lac Stymphale; il dépassa à la course la biche aux pieds d’airain; en détournant l’Alphée, il nettoya les écuries d’Augias; il vainquit les Amazones; il tua le monstre Géryon; il enleva les pommes d’or du jardin des Hespérides; il porta la terre sur ses épaules, à la place d’Atlas; il étrangla Antée, fils de la Terre; enfin, il descendit aux enfers, ramena Cerbère enchaîné, et délivra Thésée».

Comes, comitis, «compagnon», nous a donné en français plusieurs mots: comte: primitivement: «compagnon du roi»; et comité: «réunion de compagnons».

Contulit, parfait de confero, fers, ferre, supin collatum. Le changement de l'n, ou plus exactement de l'm, car con- est mis pour cum, en l devant un l est un phénomène fréquent, nommé assimilation, ou allitération. Notez que dans ces deux mots, le d de ad est lui-même assimilé à s (assimiler), puis à l (allitération).

Conferre beneficium, «apporter, répandre un bienfait». In et l’accus., parce qu’il y a mouvement vers la personne qui reçoit le bienfait.

Occidendo, gérondif en do, ablatif: «en tuant».

«Thésée, compagnon d’Hercule, rendit un très grand service aux Athéniens en tuant le Minotaure. Ce monstre était semblable (ressemblait) par son corps, à un homme; par sa tête, à un taureau».

Je suppose que vous avez bien vu la construction: Hoc monstrum erat simile (neutre de similis) homini (datif), «à un homme»; corpore (abl.) «par le corps»; tauro (datif) «à un taureau»; capite (abl. de caput, itis, n.) «par la tête».

«Enfermé dans le Labyrinthe de Crète, il dévorait chaque année sept jeunes gens».

Quos, accus., compl. dir. de exigebat, «que Minos (c’était le roi de Crète) exigeait des Athéniens». L’emploi de ab après exigere est normal, puisque ab est la préposition de l’éloignement. Exiger quelque chose de quelqu’un, c’est bien éloigner de lui quelque chose.

Ob = «à cause de», veut l’accusatif: «à cause de son fils Androgée tué par eux».

Interfectus, part. passé de interficere, «tuer».

Ab eis, «par eux». Le complément d’un verbe passif, quand c’est un nom de personne, se met à l’ablatif avec a ou ab. Exemple: «Je suis aimé par Dieu»: amor a Deo. Si le complément est un nom de chose, on emploie l’ablatif seul: «Je suis accablé par le chagrin»: maerore conficior (de maeror, is, m.).

«Mais, tandis que Thésée (dum Theseus) revient (de redeo) vainqueur, il ne se souvient pas (non meminit) de suspendre au mât (malus, i) des voiles (velum, i, n.) blanches, annonce (indicium, i, n.) de la victoire, et son père, Egée, apercevant (part. prés. de aspicere, io, is) des voiles noires crut (credidit, parfait de credere, o, is) que son fils était mort, et, accablé (confectus, part. passé de conficior, is, ere) par la douleur il se jeta (se projecit) dans la mer (mare, accus., parce qu’il y a mouvement) qui, pour cette raison (propterea) fut appelée (dictum est) (parfait passif de dicere, o, is, dixi, dictum, dire) Egée».

Credidit filium mortuum esse. Nous avons ici un exemple de proposition infinitive. Après les verbes qui signifient dire, croire, penser, le latin emploie toujours l’infinitif. En français, nous pouvons dire: «cet homme croit qu'il est savant (indicatif), ou: «croit être savant» (infinitif). Le latin n’a pas le choix: il emploie toujours l’infinitif et, ce qui est plus curieux, il met le sujet de cet infinitif à l’accusatif. Cette tournure est, vous le voyez, très différente de nos habitudes françaises, et l’emploi d’un sujet à l’accusatif a de quoi renverser toutes vos idées sur l’emploi des cas.

«Je crois que Dieu est saint»: credo Deum esse sanctum. «Je dis que la terre est ronde»: dico terram esse rotundam. Notez que les attributs: sanctum, rotundam, s’accordent toujours avec le sujet.

Nous reviendrons sur cette «proposition infinitive».

DOUZIÈME LEÇON

Doctior, doctius;doctissimus, a, um.Acrior, acrius;acerrimus, a, um.Melior, melius;optimus, a, um.Magis praecipuus, maxime praecipuus.Similior, similius;simillimus, a, um.

Si vous avez fait des fautes, revoyez soigneusement la leçon sur les superlatifs irréguliers.

2° Je suis allé, ivi ou ii (remarquez en passant cet exemple d’un passé actif conjugué avec le verbe auxiliaire être; ne pas confondre de semblables parfaits actifs avec des présents passifs); — il sortait: exibat; — va: i (notez ce monosyllabe, qui figure dans la formule de l’absolution catholique: I in pace, fili, «va en paix, mon fils»); — qu’il sorte: exeat; — nous irions: eamus ou iremus; — il était revenu: rediverat ou redierat; — vous avez abordé: adivistis, adiistis ou adistis (notez cette contraction); — video pueros euntes ad scholam (ne pas oublier de faire accorder le participe présent avec le nom; revoir, si on l’a oublié, le participe présent de ire: iens, euntis); — devoir aller: iturus esse (infinitif futur).

Perseus. Il ne faudrait pas, dans une autre version, confondre ce héros avec un autre Perseus, qui fut roi de Macédoine au deuxième siècle avant notre ère, et qui fut vaincu par le consul Paul-Emile.

Capite caeso. Encore un ablatif absolu, qui est décidément une tournure fréquente. Il s’agit d’un complément circonstanciel, accompagné d’un participe. De caput nous avons plusieurs dérivés: chef, notamment (le latin ca devient normalement en français che: par exemple, caballus est devenu cheval). Le mot capital est d’origine savante, c’est-à-dire calqué par les savants modernes sur le mot latin, au lieu d’avoir été peu à peu déformé par la prononciation populaire au cours des siècles. Deux mots synonymes, dont l’un est de formation savante, et l’autre de formation populaire, s’appellent des doublets. Le doublet de capital est cheptel, qui signifie: «troupeau» (cheptel vif) ou «machines» (cheptel mort) existant dans une ferme.

Mais, quel que soit l’intérêt de ces questions d’étymologie, ne nous laissons pas entraîner trop loin de caput.

Insidens, part. prés. de insideo, «être assis sur». Ici, pour un cavalier, on dira «monté sur». Ce verbe est composé de in, «sur», et de sedeo. En composition, e, comme d’ailleurs a, se change souvent en i. Nous avons déjà vu perficere, venant de facio.

Sedeo, «être assis», fait au parfait sedi. Tout voisin est le verbe sidere, o, is, sedi aussi au parfait, qui signifie «s’asseoir». La différence entre ces deux verbes est la suivante: sedeo indique qu’on est assis (verbe d’immobilité), et sidere, qu’on s’assied (verbe de mouvement). La différence se retrouve dans tous les composés. A côté de insideo, «être assis» (mouvement achevé), que nous avons ici, on a insido, «se placer sur» (mouvement en train de se faire).

Equo alato est une apposition à Pegaso, par suite, au même cas que lui.

Nato, ablatif toujours, donc se rapportant à equo; c’est le part. passé du verbe nascor, nasceris, nasci, natus sum, verbe déponent qui signifie «naître».

De, préposition qui veut l’ablatif. De signifie ou bien: «de haut en bas»: descendere, «descendre»; ou bien: «venant de», pour indiquer notamment l’origine, comme c’est le cas ici: «né du sang de la Gorgone». Enfin nous avons vu le sens: «au sujet de», lorsqu’il s’agit par exemple de traduire un titre de chapitre, de livre, etc.

Sanguis, inis, m., «sang». Remarquez la place de Gorgonis, avant sanguine. C’est l’habitude générale: le complément se met avant le mot complété. Tout à l’heure, nous avions: Medusae capite; Pegaso insidens, etc. Notez toutefois que ce n’est qu’une habitude générale, car, comme je l’ai dit au début du cours, il n’y a pas d’ordre fixe des mots en latin.

Terrarum orbis: mot à mot: «le cercle des terres», c’est-à-dire «la terre», «le monde».

Virgo, virginis: «la jeune fille». Ce mot nous a donné: vierge, et virginal.

Servavit, de servare, qui signifie «sauver»; nous l’avons en français dans conserver, préserver. Il ne faut pas le confondre avec servire, qui signifie «être esclave», «servir» dans le sens de «être en servitude».

Ducere uxorem: «prendre pour femme», a déjà été vu au chapitre premier: «Jupiter prit Junon pour femme».

«Persée, après avoir coupé la tête de Méduse, monté sur Pégase, cheval ailé né du sang de la Gorgone, parcourut le monde, et sauva la jeune Andromède, qu’il prit pour femme».

Postea, adverbe composé de post, «après», préposition qui gouverne l’accusatif.

De post, nous avons en français: la postérité = les descendants, ceux qui viennent après; et postérieur: un événement postérieur à un autre.

Post signifie aussi: «derrière». Beaucoup de prépositions ont ainsi à la fois un sens local et un sens temporel. Par exemple, ante, qui veut aussi après lui l’accusatif, = dans le temps: avant; dans l’espace: devant. Avant, en français, a aussi les deux sens: «il est né avant moi»; «mettre la charrue avant les bœufs».

Pegaso accepto: encore un ablatif absolu: «Pégase ayant été reçu». Accipere = recevoir.

A Minerva, «ayant été reçu de Minerve». A et l’ablatif est tout à fait logique, puisqu’un cadeau implique forcément l’éloignement du donateur.

Dum = «tandis que». Notez qu’après dum, on a normalement le présent de l’indicatif, même si le verbe de la proposition principale est au passé. C’est le cas ici: decidit et periit (parf.), dum cupit (prés.).

Autre exemple: dum ea geruntur, Caesar in Galliam profectus est: «pendant que ces choses se passaient, César partit en Gaule». Gerere est un verbe que nous avons déjà vu: «porter», puis «faire». Geruntur est au présent passif.

Decĭdit. Je vous signale que l'i est bref. Voici pourquoi. Deux verbes opposés comme sens: caedere, o, is, cecidi, caesum, «couper, tuer»; et cadere, o, is, cecidi, casum, «tomber», font d’abord tous les deux, au parfait, cecidi, et, ensuite, font tous les deux en composition — cidere: occidere, concidere, decidere, etc. Nous savons, en effet, que a et e font tous deux en composition: i. La seule différence entre, par exemple: occidere, «tomber», de cado, et occidere, «tuer», de caedo, c’est la quantité de l'i: bref dans les composés de cado, long dans ceux de caedo; bref dans cecĭdi, venant de cado, long dans cecīdi venant de caedo. Decidit, avec i bref, vient de cado, et signifie «tomber». J’ai déjà noté ce sens du préfixe de: «du haut de».

Decidit pourrait, à vrai dire, être soit le présent, soit le parfait. Ce qui nous montre que c’est ici le parfait, c’est qu’il est coordonné à periit, lequel ne peut être qu’un parfait.

Ideo = «pour cela».

Inter = «entre, parmi»; il gouverne aussi l’accusatif, comme ante et post.

Venant de stella, «étoile», nous avons le mot constellation, etc.

Mors, mortis, «la mort». Collocatus est, parf. passif de collocare.

«Ensuite Bellérophon, ce même Pégase ayant été reçu de Minerve», c’est-à-dire en bon français: «à qui Minerve avait donné ce même Pégase, tua la Chimère; en voulant atteindre le ciel, il tomba et se tua. Aussi fut-il placé, après sa mort, au milieu des étoiles».

Denique, «enfin», marque la fin d’une énumération. Lorsque «enfin» marque le soulagement de l’impatience: «Enfin, vous voilà…​» on le traduit par tandem.

Medeae magicae artis peritae: voilà une «cascade» de génitifs. Il faut entendre: «grâce à l’aide de Médée»; peritae, «habile»; artis magicae, «dans l’art magique». Notez que l’adjectif peritus veut après lui le génitif: peritus musicae, «habile dans la musique».

Vellere, ablatif de vellus, eris, n., «toison». Rien de commun avec le verbe velle, «vouloir».

Potitus est: parfait du verbe déponent potior, «s’emparer de», potiri, à l’inf., qui gouverne l’ablatif: ici: vellere.

Quod a pour antécédent vellere.

In regno Colchorum, «dans le royaume des Colchidiens». Nous disons plutôt en français: «le royaume de Colchide». Mais le latin dit toujours: Rex Romanorum, «roi des Romains», et non «roi de Rome»; dux Macedonum, «chef des Macédoniens», et non «chef de la Macédoine», etc.

«Enfin Jason, chef des Argonautes, grâce au secours de Médée, habile dans l’art magique, s’empara de la toison d’or, qu’un dragon très cruel gardait dans le royaume de Colchide».

Travaux, sujet de sont, nomin.; — qu', pronom relatif, a pour antécédent travaux, labores en latin, masc. plur., compl. dir. de a faits, donc accus.; l’acc. masc. pl. de qui est quos;Hercule, sujet, nomin.; — célèbres, adj. attribut de travaux (labores), donc au nomin. masc. pl. comme lui; — écuries, compl. d’objet indirect de parlons; mais il ne faut pas le mettre au datif, car le datif, après parler, signifie parler à; on emploiera de et l’ablatif: au sujet de;Augias, compl. dét. de écuries, gén.; — qu', pron. relat., a pour antécédent écuries, en latin stabulum, neutre; l’antécédent étant du neutre et au pluriel, et le pron. rel. étant compl. dir. de nettoya, ce pron. rel. se mettra à l’acc. n. pl., soit: quae;écuries, sujet de étaient, nomin.; — pleines, adj. attribut de écuries (stabulum en latin, neutre); au nominatif, comme le sujet écuries que cet adj. qualifie; au neutre plur. comme lui; — fumier, compl. de l’adjectif pleines, gén. ou abl., le dictionnaire vous indique que plein admet ces deux constructions; — nombreuses vaches, compl. dét. de fumier, gén.; — aucun homme, sujet de avait pu, nomin.; — les, pronom personnel, représente écuries, donc aux mêmes nombre et genre: stabulum est neutre, et il est au pluriel; les est compl. dir. de nettoyer, accus.; l’acc. neut. pl. de is est ea;Hercule, sujet, nomin.; — fleuve, compl. dir. de dériva, acc.; si vous employez flumen, qui est neutre, n’oubliez pas que l’acc. neutre est semblable au nomin.; — qui, pr. rel.; l’antéc. est fleuve, c’est-à-dire flumen, neutre, ou fluvius, masc.; selon le mot choisi, n’oubliez pas de mettre le relatif au neutre ou au masc.; en tout cas, qui est au nomin. comme sujet de fit;ouvrage, compl. dir. de fit, acc.; — seul, attribut de qui, nominatif sing., même genre de qui, c’est-à-dire que fleuve: neutre si vous employez flumen, masc. si c’est fluvius.

Duodecim labores quos Hercules fecit clarissimi sunt. Loquimur etiamnunc de stabulis Augiae, quae purgavit. Ea stabula erant plena stercoris (ou stercore) multarum vaccarum. Nullus homo ea purgare potuerat. Sed Hercules flumen derivavit, quod opus solum fecit (ou: fluvium, qui opus solus fecit).

TREIZIÈME LEÇON

Ferrer, ferreris (ou ferrere), ferretur, ferremur, ferremini, ferrentur, «que je fusse porté» ou «je serais porté».

a) Voyez bien comment les mots se rapportent les uns aux autres: filius, à Paris; regis, à Priami; uxorem, à Helenam; regis, à Menelai.

Cum quo, avec qui; hospitium, des rapports d’hospitalité; erat, existaient; sibi, pour lui. Ou: «avec qui il était en relations d’hospitalité». On appelait hospes une personne de connaissance chez qui on descendait quand on allait en voyage: car les anciens pratiquaient peu les hôtels. — Sibi renvoie naturellement au sujet Paris; c’est le rôle du réfléchi.

Indicere bellum est la locution classique pour «déclarer la guerre».

«Pâris, fils de Priam, roi de Troie, enleva Hélène, femme de Ménélas, roi de Sparte, avec qui il était en relations d’hospitalité. Aussi les Grecs déclarèrent la guerre aux Troyens, et assiégèrent Troie pendant dix ans».

«Le roi de Mycènes, Agamemnon, conduisait (ou: commandait) leur armée. Avec lui partirent d’Aulis son frère Ménélas, le roi des Myrmidons, Achille, le plus vaillant des Grecs, avec son ami Patrocle, les deux Ajax, Diomède, l’éloquent Nestor, et le roi d’Ithaque, l’astucieux Ulysse».

Notez tous les et, et, et. C’est une habitude assez fréquente.

Ambo, «les deux», se décline absolument comme duo.

Nous avons déjà parlé de l’habitude des Latins de dire: «roi des Troyens», pour «roi de Troie», etc.

«Mais, pendant le siège de la ville, Achille, ayant reçu un affront d’Agamemnon, se retira dans son camp».

Contumelia accepta, est encore un ablatif absolu.

Ab Agamemnone, «venant d’Agamemnon»; sens classique de ab, qui est la préposition de l’éloignement.

Castra, castrorum, nom neutre toujours au pluriel, «un camp».

Recessit, parfait de recedo.

«Son absence rendit du courage aux Troyens, qui livrèrent beaucoup de combats victorieux».

Ejus, de lui; on ne peut pas employer suus, parce qu’il s’agit de l’absence d’Achille, qui n’est pas le sujet de la phrase.

Revocare animos, «rappeler le courage de». Remarquez cet emploi pluriel de animus.

Committere pugnam = «engager la bataille». Committere est composé de mittere, o, is, misi, missum, «envoyer».

b) Troja capta, ablatif absolu. Nous avons déjà assez parlé de cette tournure.

Pour bien traduire la phrase, courons au verbe, qui, naturellement, se trouve à la fin: manebant. Comme vous pouvez le voir, dans le lexique ou dans le dictionnaire (mais, pour l’instant, un petit lexique vous suffit), manere signifie d’abord «demeurer, rester». De là le mot manoir: demeure du seigneur; manant: paysan qui restait sur le domaine; permanent, «qui demeure», etc. Puis ce verbe «neutre», c’est-à-dire qui ne comporte pas de complément direct, a pris un sens actif: «attendre, être réservé à quelqu’un». La parenté de ce second sens avec le premier est facile à saisir.

Ici donc, le sujet est crudelia fata: «des sorts cruels». De fatum, nous avons fatalité, etc. Le compl. dir. est duces.

«Après la prise de Troie (notez que j’ai encore changé de tournure pour traduire l’ablatif absolu), des sorts cruels attendaient les chefs des Grecs».

Nam: «car, en effet». Un synonyme est: enim. Mais enim ne commence jamais la phrase, il se place toujours après le premier mot. Nous avons déjà vu la même particularité pour autem.

Notons à ce sujet que le latin aime beaucoup relier toutes les phrases entre elles, soit par des relatifs, soit par des conjonctions de coordination: nam, enim, autem, sed, vero, etc.

La construction de la phrase Agamemnonem est facile. Conjux Clytaemnestra interfecit Agamemnonem. Mais pourquoi Agamemnonem est-il placé en tête de la phrase? — Parce que c’est sur lui que l’auteur veut appeler notre attention. «En ce qui concerne Agamemnon». Il faudra bien vous rappeler que le latin, s’il ne suit pas un ordre grammatical pour placer ses mots, suit un ordre tout de même. Ou bien il commence par le mot essentiel, comme c’est le cas ici; ou bien il suit un ordre chronologique, c’est-à-dire qu’il expose les faits dans l’ordre où ils se sont passés. Nous dirions par exemple: «L’ennemi pilla la ville qu’il avait prise». Le latin dira: Urbem quam ceperat hostis diripuit, parce que la prise de la ville a évidemment lieu avant le pillage.

Domum, accus. de domus, veut dire «à la maison», à la question quo, c’est-à-dire quand il y a mouvement vers elle; il n’y a pas de préposition devant domum, pas plus que devant un nom de ville. Nous avons déjà vu tous ces détails.

Regressum, participe passé du verbe déponent regredior. Ce part. passé a donc le sens actif: «qui était revenu». Il est à l’acc. en accord avec Agamemnonem. «Car Agamemnon, revenu chez lui victorieux, fut tué par sa femme Clytemnestre».

On traduit souvent conjux par «épouse». On s’imagine sans doute que ce mot est plus «noble» que «femme». Mais en réalité, le mot épouse est un mot vieilli, dont personne ne se sert plus dans la conversation.

Interficere, «tuer», a déjà été vu.

Diomedes vero: «quant à Diomède». Notez ce sens de vero, qui est aussi, souvent, celui de autem. Dans d’autres cas, vero et autem signifient mais, comme sed et verum. «Quant à Diomède, chassé de sa patrie, il partit en exil».

E devant une consonne, ex devant une voyelle, signifie «hors de», avec l’ablatif, naturellement, qui est, répétons-le une fois de plus, le cas de l’éloignement.

Exsilium, à l’accus. après in, parce qu’il y a mouvement vers l’exil. Profectus est, parfait de proficiscor, eris, profectus sum, «partir».

«Ajax, fils de Télamon, fou de colère parce qu’il n’avait pas obtenu les armes d’Achille, se donna la mort».

Amens vient de a, préfixe privatif (a indiquant toujours l’éloignement) et de mens, mentis, esprit: «qui a perdu l’esprit». Mens nous a donné mental; il est connu aussi par ce proverbe souvent cité: mens sana in corpore sano: «un esprit sain dans un corps sain», — qui doit être la devise de tout homme digne de ce nom.

Ira, colère, à l’ablatif, comme complément de cause de amens. Nous avions en vieux français: ire = colère.

Quod = «parce que»; cette conjonction veut après elle l’indicatif. Il ne faut pas la confondre avec le pronom relatif neutre.

Arma, armorum, neut. pl., «armes», a déjà été vu.

Impetrare, «obtenir», a donné en français un mot qui ne figure guère que sur les diplômes universitaires, où on lit: «Signature de l’Impétrant», c’est-à-dire de celui qui obtient le diplôme.

Dedit, parfait de dare, dedi, datum, «donner». Du supin datum vient datif: cas de la personne à qui on donne quelque chose.

«Et Ajax, fils d’Oïlée, frappé par Neptune de son trident, fut noyé dans la mer».

Percussus, part. passé de percutere, io, is, percussi, percussum, «frapper». Ce verbe est donc de la 3e conj. mixte. Nous avons en français: fusil à percussion centrale; et répercussion (contre-coup).

A Neptuno: nom de personne, complément du passif, à l’ablatif précédé de a ou ab. Règle amor a Deo.

Tridente, ablatif, comp. circ. d’instrument.

In mare, accus., à cause du mouvement vers.

Demersus est: ind. parf. passif de demergere, o, is, demersi, demersum, «plonger». Mergere, sans préfixe, a le même sens, et se trouve dans la devise de Paris, dont la barque, fluctuat, nec mergitur, «est agitée par les flots, mais ne sombre pas».

Je viens de parler du sens «quant à» de autem et de vero.

Error, is, «voyages errants». Au sens moral, le mot erreur est bien connu. Error est du masculin, comme d’ailleurs tous les noms en or, sauf: trois féminins: soror, uxor, arbor; quatre neutres: ador, blé; aequor, plaine, et notamment plaine liquide, mer; cor, cœur; marmor, marbre.

Perpessus, part. passé de perpeti, ior, eris, «souffrir». Le verbe simple est pati, patior, pateris, passus sum, d’où la «passion» de Jésus, c’est-à-dire ses souffrances; per ajoute l’idée de «jusqu’au bout».

Mala, accus. plur. de malum, i, «mal, malheur».

Labor, is, m., signifie non seulement travail, mais peine, souffrance. Laborare veut dire non seulement travailler, mais souffrir.

Decem annos: accusatif de durée: «pendant dix ans». Quand le compl. circ. marque une durée, on trouve tantôt l’ablatif, tantôt l’accusatif, qui, vous le voyez, sert fort souvent à exprimer le compl. circ.

Et potuit revisere Ithacam: allez, naturellement, chercher le verbe à la fin de la phrase. Potuit, parfait de posse, possum, potes, «pouvoir». Nous avons parlé récemment de sa conjugaison. Je vous rappelle que le radical du verbe est pot, auquel vous ajoutez les formes du verbe être. Devant un s, le t s’assimile, c’est-à-dire se transforme en s.

Domi: locatif-génitif de domus: «à la maison».

Reliquerat, plus-que-parfait de relinquere, o, is, reliqui, relictum, «laisser».

«Ulysse, après avoir longtemps erré par toutes les mers, après avoir souffert pendant dix ans bien des maux et bien des peines, put revoir Ithaque, sa fidèle épouse Pénélope, et son fils Télémaque, qu’il avait laissé tout enfant à la maison».

Vous pouvez remarquer que, pour traduire cette dernière phrase dans un français agréable, j’ai changé plusieurs tournures latines. Mais j’ai respecté scrupuleusement le sens. Si j’ai gardé cette fois épouse, malgré ce que j’ai dit plus haut de ce mot vieilli, c’est qu’il y a dans toute l’expression «sa fidèle épouse» un cachet de noblesse en rapport avec le texte latin.

QUATORZIÈME LEÇON

Virgo, virgo, virginem, virginis, virgini, virgine. Virgines, virgines, virgines, virginum, virginibus, virginibus.Caput, caput, caput, capitis, capiti, capite. Capita, capita, capita, capitum, capitibus, capitibus.

Ne pas oublier que dans les neutres, les nominatif, vocatif, accusatif sont semblables.

2° Nous voudrions: velimus ou vellemus; — il aimait mieux: malebat; — vous ne vouliez pas: nolebatis; — il veut: vult; — tu auras préféré: malueris; — vouloir: velle; — que nous n’ayons pas voulu: noluerimus, — qu’ils veuillent: velint; — ne veuille pas lire: noli legere; — vous voulez: vultis.

Thème. — Médée: sujet de était, nominatif, Medea. Etait, imparfait de être: erat. La fille: attribut de Médée, se met au même cas qu’elle, c’est-à-dire ici: au nominatif: filia.

Je n’ai pas besoin de vous rappeler à ce propos qu’avec le verbe être, on ne trouve jamais un complément direct, mais bien un attribut. Le complément d’objet direct d’un verbe désigne la personne ou la chose qui subit l’action exprimée par le verbe: «je frappe la table», «j’écoute l’orateur». Au contraire, l’attribut désigne la même personne ou la même chose que le sujet. «Médée était la fille». «Je deviens savant»: je et savant désignent la même personne, je ne fais aucune action sur savant, savant est une qualité, une manière d’être qui vient s’ajouter à je.

L’attribut se met au même cas que le sujet, c’est-à-dire en général au nominatif. Toutefois, dans la proposition infinitive, où le sujet se met à l’accusatif, l’attribut se met aussi à l’accusatif. Credo Deum esse sanctum, «je crois que Dieu est saint». Sanctum est l’attribut de Deum et se met au même cas que lui.

«Médée était la fille du roi». Roi, étant le complément déterminatif de fille, se met au génitif. Rex fait au génitif regis.

«De Colchide»: c’est encore un complément déterminatif de roi, donc encore un génitif. Colchide se dit Colchis, idis. Mais nous avons déjà remarqué plusieurs fois qu’en latin on a l’habitude de dire: «roi des Romains», au lieu de «Roi de Rome», etc. Nous préférerons dire: «roi des Colchidiens»: Colchorum. Medea erat filia regis Colchorum.

Plaçons maintenant ces mots d’une manière plus conforme au goût latin, c’est-à-dire donnons le complément avant le mot complété. Nous aurons alors: Medea Colchorum regis filia erat.

«C’était une jeune fille très habile dans les arts magiques». Le pronom sujet (ce) ne se traduit généralement pas. Jeune fille, attribut de ce, sera au nominatif: virgo. Habile se dit peritus. En français, nous avons le mot impéritie — incapacité. «La bataille de Cannes fut perdue par l’impéritie du consul Varron». Très habile est le superlatif: peritissima.

Le complément de l’adjectif peritus se met au génitif. Ex.: «habile dans la musique»: peritus musicae. Vous devez savoir cela, puisque vous avez traduit: magicae artis perita. Si vous l’aviez oublié, le dictionnaire vous l’indiquerait, car il a toujours la bonté de vous renseigner sur les constructions employées avec les adjectifs, et il vous offre même des exemples pour que vous compreniez mieux.

Dans notre thème, nous avons «arts magiques» au pluriel. Ars, artis, fait au génitif pluriel artium, avec un i, car le radical art de ce nom de la 3e déclinaison est terminé par deux consonnes. Quant à magicus, il fait au gén. plur. fém. magicarum, comme bonarum. Notez que ars est féminin en latin, tandis que art est masculin en français.

Construisons notre phrase traduite. Magicarum artium peritissima virgo erat.

«Pendant que» = dum. Cette conjonction, qui gouverne l’indicatif, offre cette particularité curieuse qu’on trouve après elle l’indicatif présent, même lorsqu’en français le verbe est à l’imparfait. Nous y reviendrons plus tard. Nous dirons donc: «Pendant que Jason parle». Dum Jason loquitur. Loquor, loqueris, locutus sum, verbe déponent, nous a donné plusieurs dérivés et composés en français: locution, colloque, loquace, etc.

«Avec»: cum et l’abl.: cum rege (rex, regis). «Son père»: père est une apposition à roi et se mettra au même cas que lui, à l’ablatif patre.

Quant à son, devons-nous le traduire par suus? Pour cela, il faudrait que le possesseur (si l’on peut ainsi parler) du père soit le sujet de la proposition. Or, le sujet qui parle, c’est Jason, et le roi est le père de Médée. On ne peut donc pas employer suus. On traduira: cum patre ejus (d’elle).

«Elle trouva»: parfait: ea existimavit. Je traduis elle par ea, pour que le sens soit clair, car on pourrait se demander si le sujet de existimavit est Jason, le père, ou Médée. Comme le verbe signifie «penser», nous mettrons après lui la proposition infinitive, comme après tous les verbes qui signifient dire, croire, penser. La proposition infinitive consiste à mettre le verbe à l’infinitif et le sujet à l’accusatif. Le sujet, c’est il; nous le traduirons par is, ea, id, ou ille, a, ud, ce qui fera soit eum, soit illum.

Il est important de remarquer que le sujet de la proposition infinitive doit toujours être exprimé, même si c’est un pronom. Cela mérite d’être signalé, car généralement le pronom sujet ne se traduit pas. «Il était», à l’indicatif, par exemple, se dit erat, sans pronom. Mais ici il faut exprimer le sujet: eum, ou mieux illum, car la jeune fille a pour lui de l’admiration et illum indique cette nuance.

Le verbe, en français, est à l’imparfait. Mais, puisque nous devons employer la proposition infinitive, nous ne pouvons employer que l’infinitif présent, car il n’y a pas d’infinitif imparfait. Nous traduirons donc: existimavit illum esse.

Les attributs: très beau, très courageux, se mettront, comme toujours, au même cas que le sujet, c’est-à-dire ici à l’accusatif. Beau se dit pulcher et il ne faut pas oublier que les adjectifs en er forment leur superlatif d’une manière spéciale, en ajoutant rimus au nominatif: pulcherrimus. Fortis, «courageux», fait au contraire régulièrement: fortissimus.

Illum esse pulcherrimum et fortissimum.

«Elle se mit à» = elle commença à = coepit. Le verbe coepi est défectif, c’est-à-dire qu’il lui manque certains temps: il ne se conjugue qu’au parfait et aux temps qui en dérivent. Après coepit, on trouve l’infinitif: coepit amare illum. Le pronom l', complément direct de aimer, est ainsi traduit par l’accusatif de ille.

«Dum Jason cum ejus patre loquitur, ea existimavit illum pulcherrimum et fortissimum esse, illumque amare coepit».

«Pendant la nuit»: compl. circ. de temps, ablatif: nocte. «Elle l’aborda», parfait de adire: adivit eum, accusatif de is, car l' est le compl. direct de aborda. «Et lui dit»: dixitque ei, datif, car lui est compl. indirect de dit. «Qu’elle pouvait», proposition infinitive, parce que venant après le verbe dire: se posse.

J’appelle votre attention sur se. L’emploi de ce réfléchi est obligatoire: 1° quand il est le complément d’un verbe et qu’il désigne le sujet de ce verbe. Ex.: «Pierre s’aime», Petrus se amat. «Il se dit», sibi dicit, etc. — 2° quand il est dans une proposition complétive et qu’il désigne le sujet de la proposition principale. Par exemple: «Il dit qu’il est courageux», dicit se esse fortem; «il demande que tu viennes à lui», rogat ut ad se venias. Le terme de «proposition complétive» vous effraye peut-être. Définissons-la: une proposition qui joue le rôle de complément direct du verbe principal. «Que dit-il? Qu’il est courageux». «Que demande-t-il? Que tu viennes».

Le verbe «pouvoir», posse, vous est connu. C’est un composé de sum. Possum (pour potsum), potes, etc. L’infinitif posse (au lieu de potesse) et le parfait potui (au lieu de potfui) vous ont été signalés.

Dixitque se eum adjuvare posse.

«Elle lui donna des philtres magiques». Magica philtra (accusatifs pluriels neutres, toujours en a) ei (datif de is) dedit (parfait à redoublement, déjà vu).

«Grâce à son aide» = par son aide, ablatif: auxilio (le mot se trouve d’ailleurs dans la version sur Médée) ejus. Je ne puis pas mettre suo, car c’est Médée qui aide, et elle n’est pas sujet de la phrase (de tua).

«Jason tua le dragon qui gardait la toison d’or». Jason cecidit (de caedere) draconem (compl. dir., accus.) qui custodiebat (imparf. de custodire, vu dans la version) aureum vellus (accus. neut., toujours semblable au nominatif).

Ita, ejus auxilio, Jason draconem cecidit, qui aureum vellus custodiebat.

Vous voyez, par cet exemple, combien un thème latin demande de soin au débutant pour ne pas être fautif. Ce n’est pas tout que d’avoir appris des règles: il faut les trouver présentes à sa mémoire quand il s’agit de les appliquer: cela demande un certain esprit d’à-propos. C’est un exercice difficile, mais excellent pour développer notre faculté d’attention.

4° La version (fin de la Guerre de Troie) doit vous avoir semblé moins difficile, car vous commencez, j’espère, à vous familiariser avec le latin. Comme j’ai beaucoup insisté sur le thème, j’insisterai moins sur cette version.

«Même (etiam), ils mettaient le feu aux navires des Grecs (exactement: ils mettaient des flammes sous les navires), lorsque (cum, suivi de l’indicatif) Patrocle, ayant revêtu les armes d’Achille, arriva soudain (repente: beaucoup d’adverbes sont en e).

Remarquez le participe passé passif indutus, exactement «ayant été revêtu», qui est construit avec l’accusatif arma. C’est que ce passif a au fond le sens d’un pronominal: «s’étant revêtu de» (ayant été revêtu par lui-même), «ayant revêtu». On trouve aussi indutus avec l’ablatif: indutus armis, «revêtu des armes», ce qui est plus normal, le complément circonst. se mettant à l’ablatif.

«Mais Hector, fils de Priam, le plus remarquable des Troyens par sa valeur, le tua. Alors Achille revint impétueusement (revolavit) au combat, il attaqua Hector et le vainquit (vici, parfait de vincere, o, is), et, pour venger Patrocle, il traîna (traxit) trois fois (ter) autour des murailles de la ville le corps de son ennemi tué (caesi, gén. de caesus, part. passé de caedere). Cependant il rendit (reddidi, parfait de reddere, o, is) en échange de (pro) une rançon (merces, mercedis) le corps de son fils à Priam suppliant (supplici, dat. de supplex, icis), et pas beaucoup (non multo) après (post), il périt lui-même».

Arrêtons-nous un instant sur ulciscendi Patrocli causa. On traduit «pour» de diverses manières, mais notamment par le gérondif en dum avec ad: ad legendum, «pour lire»; et par le gérondif en di, avec causa ou gratia: legendi causa ou gratia. On pourrait avoir ici: causa ulciscendi Patroclum, «pour venger Patrocle». Mais, lorsque le gérondif est suivi d’un compl. direct, on change habituellement la tournure: on met le compl. direct, au cas du gérondif: ce serait ici le génitif: causa Patrocli, et on remplace le gérondif par le participe en dus, da, dum, appelé aussi adjectif verbal, que l’on fait accorder avec ce nom: causa Patrocli ulciscendi. «Le plaisir de lire des histoires» se traduit: voluptas legendi historias, ou mieux: voluptas historiarum legendarum.

Remarquez aussi l’emploi de multo (ablatif) devant post, qui est une sorte de comparatif. Nous avons déjà dit que devant un comparatif, on se sert toujours d’un adverbe à l’ablatif: multo major, «beaucoup plus grand».

«Bientôt les Grecs, fatigués de l’attente, construisirent un énorme (ingens, ingentis) cheval de bois (exactement: ex ligno, «tiré du bois»; on dit de même: vas ex auro, «un vase d’or»), dans les flancs (latus, lateris) duquel (cujus) leurs (eorum) chefs les plus courageux se cachèrent (lateo, lates). Alors, le retour en Grèce (accusatif, parce qu’il y a mouvement vers) ayant été simulé» ou, en meilleur français: «ayant feint de retourner en Grèce», ils laissent sur le rivage (litus, litoris) la fatale machine, que (quam, accus., compl. dir. de transportant) les Troyens joyeux transportent avec grand effort (conatu, ablatif de manière) à l’intérieur de (intra) la ville. Mais (at) pendant la nuit (noctu, ancien ablat. de nox, noctis), les Grecs sortent du cheval, ouvrent à leurs soldats les portes de la ville, bouleversent tout (omnia, accus. neutre pluriel, toutes choses) par le fer et par le feu, emmènent les habitants captifs (en captivité) et rasent la ville» (exactement: égalent la ville au sol) (la mettent au niveau du sol).

QUINZIÈME LEÇON

Mille septingenti sexaginta unus, 1761; — quinquaginta duo, 52; — duo milia, 2.000; nonaginta duo, 92; — mille nongenti decem, 1910.

2° 42 = XLII; — 63 = LXIII; — 1655 = MDCLV; — 17 = XVII; — 400 = CD.

3° 40e = quadragesimus; — 52e = quinquagesimus secundus; — 19e = undevicesimus; — 453e = quadringentesimus quinquagesimus tertius.

4° La première proposition est déjà intéressante: nullae leges erant civitati, «aucunes lois n’étaient à la cité», cela signifie en somme: «la cité n’avait pas de lois». Cette tournure par le verbe être et le datif est l’équivalent le plus fréquent du verbe avoir français. «J’ai un livre» se traduit: «un livre est à moi», mihi est liber.

Le mot civitas est à bien connaître. Il signifie état, ensemble des citoyens (cives). On le traduit souvent par ville, parce que les états de l’antiquité se réduisaient généralement à une ville et sa banlieue. Mais il faut le distinguer nettement de urbs, qui signifie ville en tant qu’ensemble des maisons. On pourrait dire: urbs, ville, sens matériel; civitas, ville, sens moral. Il existe encore un autre mot pour ville, c’est oppidum, i, n. Son sens est «ville fortifiée», ville au sens militaire.

Quia, «parce que». Nous avons déjà vu dans ce sens quod. Enfin il existe un autre mot: quoniam. Quod, quia, quoniam veulent après eux l’indicatif.

Habebatur. Le verbe habere signifie «posséder», c’est l’ancêtre de notre verbe avoir. Mais au passif il prend un sens assez éloigné: «être tenu pour», «être regardé comme».

Libido regum: le caprice, la volonté des rois; habebatur: était regardée, était considérée; pro legibus: comme tenant lieu de lois.

Bien noter aussi le sens de pro, «à la place de». Quand on veut traduire pour dans le sens de «dans l’intérêt de», on se contente en général du datif sans préposition: «il travaille pour lui-même»: sibi laborat.

«Mais à ce moment (tunc ou tum, les deux formes existent) la cité n’avait pas de lois, car la volonté des rois en tenait lieu. Aussi choisit-on Solon, homme d’une équité remarquable, qui avait été l’élève des philosophes de l’Asie, philosophe lui-même, et poète, afin qu’il fondât pour ainsi dire un état nouveau sur des lois».

Comme ma traduction s’éloigne quelque peu par endroits des mots latins, il est indispensable que je l’explique.

Lectus est, parfait de l’indicatif passif de legere. Mais jusqu’ici vous ne connaissiez ce verbe legere qu’avec son sens de lire. Or ce n’est pas celui qu’il a ici, mais bien celui de élire, que nous retrouvons en français dans les composés, non seulement élire, mais collection, sélection, toutes choses qui impliquent l’idée d’un choix.

J’ai traduit ce «Solon fut choisi» par la tournure française: «on choisit Solon». C’est que le français n’aime guère le passif et aime beaucoup les on. Cette prédilection pour on va même parfois très loin; dans le langage familier, on signifie souvent nous, ou vous. «Adieu, on s’en va» (= nous). «Eh bien, est-on prêt?» (= êtes-vous prêts?) Or, le latin ne possède pas de mot équivalent à ce précieux on. Il est donc obligé d’avoir recours à diverses tournures, mais plus particulièrement à la tournure par le passif. Voilà pourquoi j’ai traduit: Solon lectus est; par «on choisit Solon».

Justitiae insignis, au génitif. Le complément de qualité peut se mettre au génitif, en le considérant comme complément de nom; ou à l’ablatif, en le considérant comme complément circonstanciel. C’est ainsi qu’on dit: puer egregiae indolis, ou egregia indole, «un enfant d’un excellent naturel» (egregius, indoles).

Audire veut dire ici: «écouter les leçons de», d’où «être l’élève de».

Ut, avec le subjonctif, signifie souvent «afin que».

Velut, composé de ut, signifie «comme», «pour ainsi dire».

«D’abord, Solon divisa les citoyens en quatre classes, selon leur fortune». Notez que, après dividere in, on trouve l’accusatif, parce qu’il y a pour ainsi dire mouvement: on dirige les citoyens vers les quatre classes.

Le sens primitif de ex est: «en sortant de», d’où «en partant de», «d’après».

Census, 4e déclinaison, c’est «la fortune». Le mot cens a passé en français. «Sous la Restauration, le système électoral était censitaire. Seuls les citoyens aisés étaient électeurs».

«Il fit sortir de prison les esclaves qui n’avaient pas pu payer leurs dettes, et donna aux paysans une partie des terres qu’auparavant possédaient seulement les nobles».

Emisit est le parfait de emittere, composé de mittere, o, is, misi, missum, «envoyer». E ou ex, comme préfixe, indique généralement la sortie.

De carcer, carceris, m., nous avons en français: incarcérer.

Aes alienum, exactement: «le bronze d’autrui», c’est-à-dire «l’argent», d’autrui, qu’on lui a emprunté, qu’on lui doit: «la dette».

Solvere, «délier». Ici, délier une dette, c’est la faire cesser en la remboursant.

Ager, agri, nous a donné agriculture et ses composés.

Antea, «auparavant».

Principes: de princeps, principis.

Tantum = «seulement». Nous avons déjà noté les deux sens de tantum: «tant» et «seulement».

Rusticus, de rus, ruris, la campagne.

Partem, de pars, partis, f., la part.

Nous avions, en somme, dans cette version, un bon nombre de mots fréquents et intéressants.

Passons un peu plus rapidement sur la fin du chapitre: «Il voulut ensuite (deinde) que tout (omnia, neutre pluriel: toutes choses), se fît (fieri, passif irrégulier de facere) par la volonté de tous (omnium, gén. pl.) et il donna (dedit, de dare) à l’assemblée (contioni, dat. de contio, onis) des citoyens, à élire les archontes, les magistrats et quatre cents sénateurs».

Le verbe fieri, que nous venons de rencontrer, sert de passif à facere, «faire», aux temps simples. Il signifie, selon les cas, «être fait», comme ici, ou bien «devenir», sens voisin. Les temps composés passifs de facere sont réguliers: factus sum, etc. Il n’y a de curieux que les temps simples. Le présent de l’indicatif, fio, se conjugue comme audio: fio, fis, fit, fimus, fitis, fiunt. L’imparfait fiebam; le futur fiam, fies; le subjonctif présent fiam, fias; tous ces temps sont absolument régulièrement formés sur un infinitif de la 4e conj. fire, qui n’existe pas.

L’imparfait du subjonctif: fierem, fieres, est naturellement tiré de l’infinitif fieri.

Il est à noter que seul de ces temps simples, fieri a une terminaison passive. Tous les autres temps simples ont la forme active, malgré leur sens passif.

Eligendos. Nous avons déjà vu plusieurs exemples de ce «participe en dus» (ou «adjectif verbal). Il donna les sénateurs «devant être élus»: «il donna les sénateurs à élire».

«Il fonda aussi (quoque) l’Aréopage, tribunal qui (exactement: «lequel tribunal») était composé (constabat, imparfait de constare) des citoyens (ex, parce qu’il y a l’idée de: «tiré de») qui avaient été archontes; et il donna (parfait de praebeo) aux Athéniens l’ostracisme (exactement: le suffrage des coquilles), afin (ut) qu’ils pussent jeter en exil ceux (eos) qu’ils estimaient nuire (noceo) à l’Etat».

Vous reconnaissez dans ces derniers mots une proposition infinitive: quos est le sujet, à l’accusatif, de nocere.

«Enfin (denique), il se servit (usus est, parfait du verbe déponent utor, uteris) de l’argent (argentum désigne le métal; c’est pecunia qui signifie «la richesse») que les Athéniens tiraient (ducebant, imparfait de ducere) des mines (metallum) du Laurium, pour (ut et le subj.) introduire (inferre) des arts nouveaux dans sa patrie, et pour construire une flotte».

Notez les deux sens de classis: «flotte» et «classe».

J’espère qu’en faisant vos versions, vous avez toujours soin de repasser les détails appris autrefois et dont vous n’étiez plus bien sûrs: la conjugaison de ferre et de possum: la déclinaison de qui, quae, quod, etc. C’est à force de revoir qu’on retient solidement.

SEIZIÈME LEÇON

1° Etudions le thème donné dans la leçon seize.

J’ai déjà dit que cet exercice du thème était des plus profitables. Permettez-moi d’insister encore sur son utilité, car on y fait parfois des objections. Le but de l’étude du latin, dit-on, ce n’est pas d’écrire ni de parler en latin, mais bien d’être capable de comprendre les auteurs latins: c’est-à-dire de faire des versions et non des thèmes.

A cela il faut répondre:

1° Le thème constitue un entraînement en vue de la version, en nous faisant faire connaissance, comme la version, mais d’une autre façon, avec les mots et les tournures latines. Cette connaissance «en partant du français» complète et éclaire la connaissance que nous pouvons en avoir «en partant du latin». Elle nous permet d’en faire une analyse plus précise, de nous en rendre un compte plus exact. Car on peut deviner une version. Mais on ne peut faire un thème sans faute qu’en appliquant rigoureusement les règles grammaticales. Or, pour comprendre à fond une version, la connaissance rigoureuse de ces règles est indispensable: seule, elle permet de bien saisir les nuances de la pensée.

2° Le thème latin est une excellente étude de français, car il oblige, pour traduire avec précision, à saisir le sens véritable, la nuance exacte, des mots et des tournures françaises. Il arrive souvent que, si nous lisons seulement du français, nous croyons le comprendre, parce qu’aucun mot ne nous surprend dans le texte; mais en réalité, notre intelligence de ce texte est seulement superficielle; parfois même, nous commettons des contresens graves. Quand, au contraire, il s’agit de traduire, nous sommes forcés de choisir, entre les divers sens que chaque mot français peut avoir, le sens qui correspond exactement à la pensée de l’auteur. Ainsi il faut que nous arrivions à comprendre le texte absolument clairement.

3° Enfin le thème latin est un excellent exercice d’attention et à ce titre il est essentiellement éducatif.

Mais je n’ai pas à vous faire une leçon de pédagogie à propos du thème latin: je m’empresse de clore cette digression et j’aborde le thème en question.

C’est encore un thème d’imitation, où sont employés les mots de la version sur Pisistrate.

«La tyrannie de Pisistrate ne fut pas cruelle»: Pisistrati tyrannis non saeva fuit.

Rien que de très simple: tyrannie, sujet, nominatif; Pisistrate, compl. déterm. de tyrannie, gén.; cruelle, attribut de tyrannie, nom. fém. sing.

Ma construction est normale: le complément avant le mot complété, et le verbe à la fin de la phrase.

«Il laissa aux Athéniens une très grande liberté». Atheniensibus maximam libertatem reliquit.

Liberté est complément direct de laissa: accusatif.

Très grande: le superlatif de magnus est irrégulier. L’adjectif s’accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom.

Athéniens: complément d’attribution, datif.

«Cependant le peuple supporta avec peine son pouvoir». Populus tamen ejus imperium aegre tulit.

Notez bien la place de tamen, deuxième mot de la phrase.

Revoyez la conjugaison irrégulière de ferre, fero, fers, tuli, latum.

Imperium, compl. direct, accusatif neutre, toujours semblable au nominatif.

Son: le possesseur est Pisistrate. Il n’est pas sujet de la phrase (c’est populus). On ne peut donc traduire par suus; il faut employer «de lui», ejus.

«Et, des deux fils de Pisistrate, l’un fut tué par Harmodius et Aristogiton». Et, ex duobus Pisistrati filiis (ou: duorum Pisistrati filiorum) alter ab Harmodio et Aristogitone occisus est.

Cela devient un peu plus difficile. Le verbe fut tué est au passif et au parfait de l’indicatif. Revoyez la conjugaison de ce temps au besoin. Et aussi les temps primitifs de occidere, o, is, occidi, occisum.

Le complément d’un verbe passif se met à l’ablatif, précédé de ab si c’est un nom de personne (exemple: amor a Deo).

L’un, l’autre, en parlant de deux, se traduit par alter, alter. Quand il s’agit de plus de deux, on met alius.

Ex filiis (ablatif): «parmi les fils». On peut aussi mettre le génitif.

Revoir, à propos de deux, la déclinaison de duo.

«L’autre fut envoyé en exil»: alter in exsilium missus est (ou actus est). Je ne reviens pas sur alter. Mittere, o, is, misi, missum; agere, o, is, egi, actum. In est suivi de l’accusatif, parce qu’il y a mouvement vers l’exil.

«Pour venger son frère». Venger, verbe déponent: ulciscor, eris.

Nous avons plusieurs façons de traduire pour:

1° «Afin qu’il vengeât son frère»: ut ulcisceretur fratrem. Le verbe est au subjonctif parce que ut, dans le sens de afin que, veut après lui le subjonctif. L’imparfait est amené par la concordance des temps, le verbe principal étant au passé (alla).

Ad ulciscendum fratrem: ad et le gérondif en dum.

Ulciscendi fratris causa (ou gratia) : gratia (ou causa) et le gérondif en di. On pourrait avoir: causa ulciscendi fratrem (compl. direct, accusatif). Mais lorsqu’un gérondif est suivi d’un complément direct, on met ce complément direct au cas du gérondif (ici: le génitif), et on remplace le gérondif par le participe en dus, da, dum, que l’on fait accorder avec le complément: causa fratris ulciscendi.

Vous remarquez que nous n’avons pas traduit son, parce qu’il n’y a pas de doute possible sur le possesseur.

«Celui-ci alla trouver le roi de Perse Darius». Ille Persarum regem Darium adiit.

Adire, adeo, adis, adivi, ou adii, aditum, composé de ire. Revoyez la conjugaison de ce verbe irrégulier.

Darius, apposition à roi, se met au même cas que lui.

On dit normalement «roi des Perses» et non «Roi de Perse».

«Et lui dit qu’il voulait être soldat dans l’armée que Darius préparait contre Athènes», cui dixit se velle militem esse in exercitu quem Darius adversus Athenienses parabat.

Je traduis «et lui dit» par «à qui il dit». Le latin aime relier les propositions les unes aux autres par des relatifs (ou, dans d’autres cas, par des conjonctions).

Dicere, o, is, dixi, dictum. Après le verbe dire, on emploie la proposition infinitive. L’infinitif n’a pas d’imparfait; je le remplace par le présent car, en style direct, on aurait: «et lui dit: je veux…​» (présent).

Comme le sujet de la proposition complétive «qu’il voulait» est le même que celui de la principale, «il lui dit», on doit employer se, pronom réfléchi. Le sujet d’une proposition infinitive se met à l’accusatif.

Velle, infinitif de volo, vis, verbe très irrégulier. Revoyez sa conjugaison. Esse, «être». — Militem, attribut de se, au même cas que lui.

In exercitu, à l’ablatif, parce que être n’indique pas le mouvement de direction vers.

Quem, pronom relatif, au même genre et au même nombre que son antécédent exercitus, qui est du masculin (tandis que armée, en français, est du féminin), et à l’accusatif comme complément direct de préparait.

Athenienses, plutôt que Athenas, comme nous l’avons vu plus haut pour Persarum rex.

Comme vous le voyez, ce thème, malgré son apparence inoffensive, renfermait traîtreusement un certain nombre de difficultés. J’espère que vous les avez toutes bien comprises maintenant.

2° Au cours de votre version vous avez pu remarquer les points suivants:

Civitate ita constituta, ablatif absolu: «l’Etat ayant été ainsi établi», c’est-à-dire: «après qu’il eut établi l’Etat sur ces bases».

Athenis, ablatif: question unde. Pas de préposition devant les noms de villes. Profectus est, parfait de proficiscor, eris, verbe déponent, «partir». Per, «grâce à». Dolus, «une ruse».

Triginta annos, complément circonstanciel de durée, à l’accusatif. Il pourrait aussi être à l’ablatif.

«L’Etat une fois établi sur ces bases, Solon partit d’Athènes, et Pisistrate, s’étant emparé par ruse du pouvoir (mot à mot: «la tyrannie ayant été occupée par ruse»), fut pendant trente ans le chef des Athéniens.

«Après sa mort, Hippias et Hipparque gardèrent le pouvoir de leur père (mot à mot: paternel), mais bientôt Harmodius et Aristogiton tuèrent Hipparque au milieu des fêtes des Panathénées, et peu après (non multo post) les Athéniens, guidés par le souvenir (memores, se souvenant) de leur ancienne indépendance, envoyèrent en exil Hippias».

La dernière phrase est la plus difficile:

Ille, celui-ci; profectus, étant parti; in Persas, chez les Perses (= en Perse); se obtulit (parfait de offerre), s’offrit; ducem (attribut de se), comme chef; adversus suam patriam, contre sa propre patrie; regi Dario, au roi Darius; inferenti (datif sing. du part. prés. inferens, de inferre), portant; bellum, la guerre; Atheniensibus, aux Athéniens.

Lycurgue

Ut, «de même que»; instituta Solonis, «la constitution de Solon» (instituta, plur. neutre, «les choses établies»); effecerunt Athenas, «rendirent Athènes»; validas (qui est sous-entendu), «forte»; ita, «de même»; leges Lycurgi, les lois de Lycurgue», effecerunt Lacedaemonem validam, «rendirent Lacédémone forte».

Mortuo fratre: ablatif absolu. «Son frère Polydecta, roi des Lacédémoniens (de Lacédémone) étant mort, Lycurgue aurait pu (potuisset, plus-que-parf. subj. du verbe possum, «pouvoir», sens d’un conditionnel passé) revendiquer la royauté pour lui-même; mais il préféra (maluit, parfait de malo, composé de volo) la rendre (id = regnum) avec une parfaite loyauté (summa fide, ablatif de fides) à son neveu Charilaos, lorsque (cum et l’indicatif) il (son neveu) fut arrivé à l’âge d’homme (mot à mot: «âge adulte»).

Dans l’intervalle (mot à mot: dans le temps du milieu, c’est-à-dire entre la mort de Polydecta et la majorité de Charilaos) il établit des lois pour les Lacédémoniens, qui n’en avaient pas (non habentibus = n’en ayant pas).

Il partagea l’administration de l’Etat entre les ordres (per, mot à mot: «à travers»; ordre a le même sens que, sous l’ancien régime, les trois ordres: clergé, noblesse et tiers-état). Il donna (dedit) aux rois la direction (potestatem) des guerres; aux magistrats le pouvoir judiciaire (mot à mot: «les jugements»); au Sénat la garde des lois; au peuple le pouvoir d’élire le sénat ou de nommer magistrats ceux qu’il voudrait (vellet, imparf. du subj. de volo).

Il partagea les propriétés de tous également entre les citoyens; il ordonna aux jeunes gens de ne pas se servir (uti) de plus d’un seul vêtement (una veste) pendant toute l’année; il voulut que tous prissent leurs repas en public, et il ne permit pas que quelqu’un dinât avec plus de raffinement (cultius, comparatif de culte, adverbe), ni avec plus d’opulence (opulentius, comparatif de opulenter) qu’un autre (alterum, accusatif, sujet de la proposition infinitive epulari).

DIX-SEPTIÈME LEÇON

1° «Il ordonna de mener les enfants, non à la place publique, mais à la campagne, pour qu’ils passent leurs premières années, non dans le luxe, mais dans le travail et dans les fatigues».

Praecepit, parf. de praecipio; le supin est praeceptum, d’où le mot français précepte. Deduci est l’infinitif présent passif de deducere, «conduire». Pueros deduci est une proposition infinitive, amenée par le verbe praecepit, qui signifie «dire». In forum, in agrum, accusatif après in, parce qu’il y a direction vers la campagne, la place publique.

Agere vitam: «passer sa vie»; agere annos, «passer des années». Agerent: imparfait du subjonctif. L’imparfait, parce que le verbe principal est au passé: concordance des temps.

Luxuria: ne pas traduire par luxure, mais bien par luxe.

Opus, operis, neutre. Labor, is, masculin, comme tous les mots en or, sauf sept: uxor, soror, arbor, féminins (femme, sœur, arbre); ador (le blé), aequor (la plaine, particulièrement la plaine liquide, la mer), cor (le cœur), marmor (le marbre), neutres.

«Il leur donna pour règle de ne rien étendre sous eux pour dormir, de se passer de mets délicats, et de ne pas revenir à la ville avant d’être devenus des hommes».

Eos substernere: encore une proposition infinitive, amenée par statuit. Eos est également sujet de degere et de redire.

Notez le sens de somni causa: «en vue du sommeil». Nous avons déjà vu ce sens de causa, avec le gérondif en di, dans le sens de pour: legendi causa (ou gratia): «pour lire».

Vitam degere, «passer sa vie», absolument comme vitam agere: d’ailleurs degere n’est qu’un composé de agere.

Sine pulpamento: «sans ragoût, sans mets délicats».

Redire, composé du verbe ire, étudié autrefois parmi les principaux verbes irréguliers.

Prius quam, «avant que». Facti essent: plus-que-parfait subj. de fieri, «devenir». La règle de l’emploi de priusquam est intéressante, et donne une idée exacte du sens général des modes en latin:

1° Lorsque priusquam se rapporte à un fait passé par rapport à la proposition principale, et qu’il indique simplement un rapport de temps, le verbe suivant se met à l’indicatif: profectus sum priusquam venisti, «je suis parti avant que tu n’arrives». En effet, dans ce cas, il s’agit de faits sans rien d’hypothétique, et l’indicatif est le mode adéquat pour rendre cette nuance de fait.

2° Si priusquam se rapporte à un acte hypothétique par rapport à l’idée principale, ou s’il indique une intention, le verbe se met au subjonctif: «je ne voulais pas partir avant que tu n’arrives», nolebam proficisci priusquam venires (j’avais le désir que tu viennes, mais je n’en étais pas absolument sûr tant que je ne t’avais pas vu arriver).

Tullius venit ad consules priusquam ludi committerentur: «Tullius vint trouver les consuls avant que les jeux ne fussent commencés»: il eut soin d’arriver avant le commencement. Il y a donc intention.

Le subjonctif est, en effet, le mode du doute, de l’hypothèse, de l’intention.

Ici, Lycurgue donne un ordre. Il y a intention.

«Il voulut que les plus grands honneurs appartinssent, non aux riches ni aux puissants, mais aux vieillards, et certes jamais plus de respect ne fut accordé à la vieillesse».

Esse et le génitif: «être le partage de». Dives, divitis, «riche». A côté du superlatif normal de cet adjectif: divitissimus, nous avons vu tout à l’heure le superlatif ditissimus, venant de dis, ditis.

Potens, potentis; senex, senis. Remarquez que l’on a au génitif pluriel senum, sans i, bien que le nombre de syllabes soit le même au nominatif et au génitif singulier. C’est une exception à joindre à pater, mater, frater: patrum, matrum, fratrum.

Honores esse: proposition infinitive après voluit.

Nec: traduire comme s’il y avait: et…​ non…​ Il n’y a que lorsque nec est répété qu’il signifie ni. Nec Lucius, nec Marcus: «ni L., ni M.».

Unquam: «jamais»; nec unquam = et nunquam.

«Comme ces lois paraissaient d’abord trop sévères, Lycurgue raconta qu’Apollon en était l’auteur».

Le verbe videre, à l’actif, signifie voir. Mais au passif, videri veut dire: «paraître, sembler». Duriores: le comparatif, employé seul, a le sens de trop (= plus qu’il ne faut) (c’est le cas ici), ou de assez, dans l’acception de «notablement» (= plus que la moyenne).

Finxit, parfait de fingere, o, is, finxi, fictum, «imaginer, feindre». Cf. le français fiction.

«Puis, pour leur donner une durée étemelle, il fit prêter à ses concitoyens le serment de ne rien changer à ses lois avant son retour, et il fit semblant de partir pour l’oracle de Delphes. Mais il partit en Crète, et s’y exila toute sa vie».

Obligavit cives: «il enchaîna ses concitoyens par un serment». Jusjurandum: exemple de mot double, dont les deux parties se déclinent. Gén. jurisjurandi. De même respublica, gén. reipublicae; tresviri, triumvirorum.Mutaturos esse: infinitive amenée par «le serment que»; c’est l’infinitif futur actif. Reverti, verbe déponent: «revenir». Priusquam reverteretur: le subjonctif, parce que son retour était hypothétique, comme toute action à venir. Cretam: accusatif de direction, question quo. Pas de préposition parce que les noms d’îles sont généralement traités comme les noms de villes. Egit exilium perpetuum: locution analogue à agere vitam, «passer sa vie».

«Il mena là (ibi) un exil perpétuel».

2° La plupart des questions ont leur réponse dans l’explication de la version. Ajoutons seulement:

Ind. prés. de redire: redeo, redis, redit, redimus, reditis, redeunt. Futur: redibo, redibis, redibit, redibimus, redibitis, redibunt. Subj. prés.: redeam, redeas, redeat, redeamus, redeatis, redeant.

Maximus est le superlatif de magnus, dont le comparatif est major.

Voluit est le parf. de volo. Infinitif prés.: velle. Subj. prés.: velim, velis, velit, velimus, velitis, velint.

DIX-HUITIÈME LEÇON

Tibi impero ut scribas.Tibi imperaveram ut scriberes.Tibi imperabo ut scribas.Tibi imperavissem ut scriberes.

Revoir, si on l’a oubliée, la règle de concordance des temps. — Pour «j’aurais commandé», se rappeler que le condit. passé se traduit par le subj. plus-que-parfait.

Bataille de Marathon.

«Les Milésiens, soutenus par les Athéniens, s’étaient révoltés contre Darius. Aussi le roi de Perse, poussé par des exilés grecs, parmi lesquels Hippias, prit l’offensive contre la Grèce».

Milet, ville grecque d’Asie Mineure. Il y avait en Asie Mineure de nombreuses colonies grecques, très commerçantes, très florissantes. Elles avaient été soumises par les Perses.

Deficere, io, is, defeci, defectum: «faire défection, abandonner la cause de quelqu’un, se révolter contre lui». Le complément de deficere, dont le sens est, en somme, «se retirer de», est à l’ablatif avec ab, ce qui est logique, puisque ab et l’ablatif indiquent l’éloignement.

Atheniensibus adjuvantibus: abl. abs., «Les Athéniens aidant», c’est-à-dire «avec l’aide des Athéniens».

Adjuvare, adjuvi, adjutum, «aider».

Quare est en un seul mot, mais c’est l’ablatif de quae res: quare, «par laquelle chose», «à la suite de quoi». En français, quare nous a donné car.

Rex, regis, «roi». Mots de la même famille: regere, diriger et gouverner, et ses composés: dirigere, corrigere, etc.; regnare, régner; regnum, royaume et règne.

Persarum: le nom des habitants, plutôt que le nom du pays.

Impulsus, part. passé de impellere, o, is, impuli, impulsum, «pousser». Cf. français: impulsion, impulsif.

Le complément d’un verbe passif se met à l’ablatif seul, si c’est un nom de chose: maerore conficior, «je suis accablé par le chagrin»; et à l’ablatif précédé de ab, si c’est un nom de personne: amor a Deo, «je suis aimé de Dieu». Exsul, is, «exilé, banni». Inter quos: on aurait pu avoir quorum, ou ex quibus, comme on dit: «un des soldats»: unus militum, unus ex militibus, ou unus inter milites.

Inferre, o, infers, intuli, illatum, composé de ferre: «porter dans, porter contre».

Graeciae, datif, parce qu’il y a direction vers. Le datif est le contraire de l’ablatif. On aurait pu avoir aussi in et l’accusatif.

Inferre bellum, «porter la guerre à la Grèce», «prendre l’offensive contre la Grèce».

«Les Athéniens, à la nouvelle de l’arrivée de Darius, demandèrent du secours aux Lacédémoniens. Mais, sans attendre leur secours, ils rangèrent en bataille dix mille citoyens et mille auxiliaires Platéens dans la plaine de Marathon».

Les Lacédémoniens, soit par mauvaise volonté et jalousie à l’égard des Athéniens, soit par scrupule religieux réel, prétendirent que leur religion leur interdisait de partir en campagne avant le changement de lune. Ils arrivèrent après la bataille.

Audito adventu: «l’arrivée de Darius ayant été apprise». Audire, «entendre», a souvent le sens de «entendre dire», d’où «apprendre».

Adventus, us, 4e déclin., composé de ad et venire.

Petere, o, is, ivi, itum, «demander». Cf. franç.: pétition. Après ce verbe, on trouve ab et l’ablatif, parce qu’on cherche à obtenir quelque chose de quelqu’un, donc à lui soutirer quelque chose. Il y a éloignement.

Exspectare, «attendre». Cf. franç.: être dans l'expectative, c’est-à-dire attendre.

Non expectato auxilio: «le secours n’étant pas attendu», c’est-à-dire «sans attendre le secours». Vous voyez combien l’ablatif absolu est fréquent en latin.

Decem milia civium, «dix milliers de citoyens». Mille auxiliares, «mille auxiliaires». Nous avons déjà étudié, dans les noms de nombre, l’emploi de mille avec un nominatif, pour le singulier, et de milia, avec un génitif, au pluriel. Mille est indéclinable, tandis que milia se décline: gén. milium, dat. milibus.

Platée était une ville de Béotie, le pays au Nord-Ouest de l’Attique.

Campus, i, «plaine», a donné en français champ. Ne pas prendre campus pour «le camp», qui se dit en latin castra, castrorum, nom pluriel neutre.

In est suivi de l’ablatif parce qu’il n’y a pas direction vers la plaine. C’est dans la plaine même qu’ils se rangent en bataille.

Marathonius est un adjectit qui signifie «de Marathon». C’est fréquemment que le latin emploie un adjectif, dans des cas où nous employons un nom précédé de de. Ainsi on dit: «un vase d’argent»: vas argenteum: «le haut de l’arbre»: summa arbor; «le milieu de la ville»: media urbs.

Instruere, o, is, uxi, uctum, «disposer, préparer». Instruere aciem (acies, aciei, f., 5e déclin.): «ranger l’armée en bataille», est un terme technique militaire.

«Miltiade commandait l’armée. Les Grecs avaient une telle ardeur que malgré les mille pas qui séparaient les deux armées, ils arrivèrent au pas de course sur l’ennemi avant de lancer leurs flèches».

Praeesse, «être à la tête de», est un composé de esse, que nous avons déjà vu. Il gouverne le datif, comme la plupart des composés de esse, par exemple: defuit officio, «il a manqué à son devoir». Prae, «en avant», a donné en français le préfixe pré, qui se retrouve dans beaucoup de mots: préface, préfet, etc.

Exercitus, us, 4e déclin. C’est l’armée en tant que «corps constitué». Acies, aciei, 5e déclin., c’est l’armée rangée en bataille, ainsi que nous l’avons à la ligne suivante; agmen, agminis, neut., c’est l’armée en marche.

Alacritas, tatis, f., «vivacité, ardeur», est le nom de l’adjectif alacer, alacris, alacre, «vif». Il y a un très grand nombre de noms abstraits en tas; ce sont eux qui nous ont donné nos mots en té: bonté, charité, etc.

Alacritas fuit Graecis: «l’ardeur fut aux Grecs». C’est une tournure fréquente, qui équivaut à: «Les Grecs eurent de l’ardeur». C’est ainsi qu’on dit: Est mihi liber, «un livre est à moi», pour traduire: «J’ai un livre».

Animus, c’est «l’esprit, l’âme»; au pluriel, animi signifie «sentiments». Quant à anima, ae, qu’on trouve aussi, il signifie «âme» dans le sens de «vie», souffle vital, par exemple dans l’expression: «rendre l’âme».

Tam magna: «si grande, tellement grande». On trouve souvent, au lieu de tam magna: tanta (tantus, a, um).

Ut: «que», indiquant la conséquence, gouverne le subjonctif.

Fuit: le latin emploie le parfait dans ce cas, alors que nous employons plutôt l’imparfait. Exemple: Caesar fuit magnus imperator, «César était un grand général».

Cum, devant essent, c’est-à-dire devant un imparfait du subj. peut avoir tous ses sens, et je le traduis, pour commencer, par «alors que»: «alors que mille pas étaient entre les deux armées»; mais cette traduction est provisoire. Puisque l’auteur veut nous faire remarquer l’ardeur des Grecs, il faut comprendre: «malgré la grande distance, ils allèrent si vite que…​» Cum a donc le sens de «quoique».

Inter veut toujours après lui l’accusatif, comme ad (vers), ante (devant), post (derrière, après).

Essent: le verbe être se traduit souvent par «il y a», «il y avait», etc. Citato cursu, abl. de manière. Citare signifie «mettre en mouvement, presser, hâter». «Par une course pressée», c’est-à-dire «au pas de course».

Ante jactum, «avant le jet, avant le lancement des flèches». Les anciens commençaient normalement la bataille par une décharge de flèches, et n’en venaient au corps à corps qu’ensuite.

Venerint: parfait du subjonctif.

«On combattit avec un tel courage que les Perses, vaincus, se réfugièrent sur leurs navires. Hippias, instigateur de cette guerre, fut tué au milieu des ennemis».

Pugnatam est, 3e pers. sing. neutre du parf. ind. passif de pugnare. Cet emploi du neutre passif est appelé: «passif impersonnel», et sert à traduire l’idée de on. «Il fut combattu, l’action de combattre fut faite, on combattit». Exemples: Itur, «on va» (de ire); «on vient»: venitur (de venire); «on est venu»: ventum est.

Tanta, «si grand», synonyme de tam magna, ainsi que nous le disions.

Virtus, utis, f., signifie parfois «vertu», mais plus souvent «valeur militaire, courage».

Victi, part. passé de vincere, o, is, vici, victum, «vaincre». Il y a trois verbes dont les parfaits et les supins se ressemblent et ne doivent pas être confondus: vincere, o, is, vici, victum, «vaincre» (victoire, invincible).

Vincire, io, is, vinxi, vinctum, «enchaîner» (vinculum, lien).

Vivere, vivo, vivis, vixi, victum, «vivre» (victuailles).

Navis, is, f., «navire». L’accusatif après in, parce qu’il y a mouvement vers les navires (question quo).

Ejus, gén. de is, ea, id, démonstratif.

Bellum, i, n., «guerre», nous a donné belliqueux.

Cecidit, L’auteur a soin d’indiquer, dans certaines éditions, que l'i de ci est bref. C’est donc que nous avons affaire au parfait de cadere, «tomber» (supin casum), et non au parfait de caedere, «tuer» (supin caesum). Ces deux verbes font au parfait cecidi; mais a donne i bref, et ae donne i long.

DIX-NEUVIÈME LEÇON

Plus nous avançons, plus, évidemment, nous rencontrons de choses déjà vues. Il semblerait donc que je doive avoir de moins en moins de remarques à vous faire au cours de nos lectures. En réalité, je n’ai pas à craindre le chômage; car les circonstances dans lesquelles on rencontre un mot déjà vu ne sont presque jamais celles où on l’a rencontré la fois précédente; et il est nécessaire de montrer comment ce que l’on en a dit autrefois s’adapte à ces nouvelles circonstances.

D’ailleurs, il ne suffit pas de voir quelque chose une seule fois pour le retenir. C’est en revoyant six fois, dix fois lu même chose, qu’on finit par la savoir d’une manière définitive. Tout ceci pour m’excuser de mes redites perpétuelles: elles sont voulues. Puissent-elles seulement n’être pas inutiles!

Léonidas aux Thermopyles

Il s’agit là d’un des épisodes les plus fameux de toute l’histoire ancienne. On sait qu’un monument fut élevé pour commémorer la mort glorieuse des 300 Spartiates, avec ces mots: «Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici en obéissant à ses lois».

«Après la mort de Darius, son fils Xerxès fut roi. Il prépara pendant cinq ans la guerre contre les Grecs. Il arma 700.000 Perses, 300.000 alliés, et il équipa 1.200 navires».

Dario mortuo, ablatif absolu: «Darius étant mort». Mori, morior, moreris, mortuus sum, 3e conjug. mixte, déponent.

Filius ejus, son fils, et non pas filius suus, car le possesseur de filius, Darius, n’est pas le sujet de la phrase: le sujet est Xerxès.

Obtinere n’a généralement pas le sens de «obtenir», mais bien de «tenir»: «posséda la royauté».

Quinquennium: un espace de cinq ans; le complément circ. de temps qui marque la durée peut se mettre, soit à l’ablatif, soit à l’accusatif. Ex.: Regnavit tres annos ou tribus annis, «il régna trois ans».

Instruxit, parfait de instruere, o, is, instructum, «préparer».

Numéro, abl., «par le nombre», compl. de manière sans aucune utilité.

«Comme s’il avait été le maître de la nature elle-même, il voulait niveler les montagnes, et recouvrir de ponts certaines mers. Mais sa retraite fut aussi honteuse et déshonorante que son entrée en Grèce fut terrible».

Veluti, ou velut, sans i, signifie «de même que»; c’est un composé de ut. «De même que s’il était (sous-entendu) maître». Notons qu’on trouve aussi parfois uti au lieu de ut, dans le sens de: «de même que».

Ducere montes in planum, mot-à-mot: «conduire les montagnes dans la plaine», c’est les niveler. Il s’agit d’un canal que Xerxès avait fait creuser à travers le mont Athos. Quant au pont, c’était un immense pont de bateaux sur l’Hellespont (les Dardanelles).

Tam quam, «aussi…​ que…​»

«Car comme Léonidas, roi de Lacédémone, avait occupé les défilés des Thermopyles avec 7.000 soldats, Xerxès, méprisant leur petit nombre, ordonna d’engager le combat».

Le premier cum est une conjonction: «alors que»; le second est une préposition: «avec».

Contemptu, abl. de contemptus, «avec le mépris».

Eorum paucitatis: «du petit nombre d’eux», «de leur petit nombre».

Jussit, parf. de jubeo.

«On combattit là pendant trois jours. Le quatrième jour, Léonidas renvoya ses alliés et il affermit le courage de ses soldats de telle sorte qu’ils savaient, l’âme prête au sacrifice, qu’ils marchaient à la mort».

Ita…​ ut et le subj., «de telle sorte que».

Se ire, proposition infinitive après scirent.

«Aussitôt, ils prennent les armes, et ces 300 hommes font irruption dans le camp des 500.000; ils tuent, ils abattent tout. Le combat dura du début de la nuit jusqu’à l’après-midi. A la fin, sans avoir été vaincus, mais fatigués de vaincre, les Lacédémoniens tombèrent pour leur patrie».

Capere, io, is, cepi, captum, «prendre». Cf. en français: captif, etc.

Trecenti. Les centaines sont en i, ae, a, comme boni, bonae, bona. Les dizaines sont en a, sauf viginti (20), et indéclinables.

Vir, viri, 2e déclinaison, «l’homme», «le guerrier». Au contraire, homo, inis, 3e déclinaison, «l’être humain» en général. Cf. la différence entre viril et humain.

Castra, castrorum, neutre pluriel, signifie «un camp».

Quingenti, ae, a = D, c’est-à-dire 500; au contraire, quinquaginta, indéclinable = L = 50; 50e se dit quinquagesimus, d’où la quinquagésime, le 50e jour avant Pâques.

Irrumpere, o, is, irrupi, irruptum; français: irruption. Comme la préposition in (dans) est contenue dans ce verbe (in, rumpere) on ne l’a pas répétée devant castra: entrer dans le camp. Dans ces exemples, on a l’accusatif, parce qu’il y a direction vers le camp.

Caedere, o, is, cecidi, caesum, «tuer».

Sternere, o, is, stravi, stratum, «renverser, étendre». De là les mots: se prosterner = se courber jusqu’à terre, en signe de respect; prostré = abattu (par la douleur), et le nom dérivé: prostration = abattement; consterner; stratifier = étendre en couches.

Omnia, pluriel neutre, «toutes choses», mis ici pour «tous les hommes qu’ils rencontrent».

Proelium, i, neutre: «combat». Synonyme: pugna, «bataille». A: «depuis»; cette préposition marque normalement le point de départ. Ex.: a solis ortu usque ad occasum, laudabile nomen Domini, «depuis le lever (ortus, us, 4e déclin.) du soleil (sol, solis) jusqu’à son coucher (occasus, us) (c’est-à-dire de l’orient à l’occident), «le nom du Seigneur mérite d’être loué» (mot à mot: est louable) (dans le Laudate, pueri, Dominum, psaume chanté aux enterrements d’enfants).

Principium, i, n., a donné en français: principe; étudier quelque chose dès le principe = dès le début.

Nox, noctis, fém., «nuit» (f. nocturne).

Major, compar. de magna, «la plus grande partie du jour».

Dies, diei, 5e décl., «jour», cf. diurne, quotidien.

Trahere, o, is, traxi, tractum, «traîner»; français: tracteur, etc. Ici: «faire traîner le combat, le faire durer».

Postremus, superlatif formé avec post, «après» = «dernier»; ad postremum: (arrivés) «à la dernière chose», c’est-à-dire «enfin». Il existe un comparatif: posterus, «suivant», qui nous a donné en français: postérité, postérieur.

Victi, de vincere, «vaincre». Revoyez les trois verbes:

Vincere, vici, victum, vaincre.

Vincere, vinxi, vinctum, lier.

Vivere, vixi, victum, vivre.

Vincendo, gérondif en do, ablatif de l’infinitif: «fatigués par le fait de vaincre».

Pro: l’expression pro patria est un des très rares exemples de ce sens de pro = «en faveur de»; d’ordinaire, pro signifie «à la place de»: esse pro parente: «être à la place de père, tenir lieu de père».

Occiderunt: occidere, occidi, occasum, composé de cadere, «tomber». Occidere, occidi, occisum, vient de caedere, «tuer».

Bataille de Salamine

«Cependant Xerxès, ayant éprouvé deux revers (vulnus, eris, neutre, «blessure») sur terre (= en combat terrestre) décida de tenter la fortune sur mer (= de la mer). Pendant ce temps, les Athéniens avaient construit 200 navires. Quand ils avaient consulté l’oracle sur la guerre, il leur avait conseillé de protéger leur ville par des murs de bois».

Eis, dat. plur. de is, désigne les Athéniens.

Construction: l’oracle avait conseillé (suadeo, suasi, suasum) à eux consultant au sujet de (de) la guerre.

Ut, «que», ils protégeassent (tueor) leur vie (salus, salutis, «leur salut»); ligneus, adj., «de bois».

«Aussitôt ils montent sur leurs navires et ils mettent en sûreté (demandare) leurs femmes et leurs enfants, avec leurs objets les plus précieux, dans des îles écartées, après avoir abandonné leur ville.

D’autres villes imitèrent (imitari, verbe déponent) l’exemple des Athéniens. Donc Xerxès incendia Thespies, Platée et Athènes, vides d’hommes.

Toute la flotte (classis) des alliés avait occupé le défilé du détroit (fretum, i) de la rade de Salamine, afin qu’elle ne pût pas être cernée par le grand nombre (des navires de Xerxès) (ne = ut non).

Mais un désaccord s’élève (oriri, déponent) entre les chefs des états (civitas, atis), et ils voulaient se disperser (dilabi, or, eris) les uns d’un côté, les autres d’un autre (alii alio), pour protéger chacun leurs biens.

Alors Thémistocle, craignant que (ne) les forces (vires, virium, 3e déclinaison) des alliés ne soient diminuées par leur dispersion, fait dire (nuntiat) ceci (ces choses) à Xerxès par un esclave fidèle (per, «par l’intermédiaire de»): «Tu peux (possum, potes) prendre (t’emparer de) très facilement (facilis a pour superlatif spécial facillimus) (toute) la Grèce rassemblée (contractum) en un seul (uno) lieu; si les états qui veulent s’en aller maintenant (jam) sont dispersés, tu les poursuivras un à un (singulas) avec plus de mal», («avec un travail plus grand»).

Après si, nous avons déjà dit qu’on trouve toujours le même temps que dans la proposition principale, ici, le futur.

Consectaberis, 2e pers. sing. du futur consectabor, du verbe consectari, déponent.

«Par cette ruse, il pousse le roi à donner le signal de la bataille. Les Grecs aussi, surpris par l’arrivée des ennemis, entonnent (chantent) le Péan et engagent le combat avec leurs forces réunies».

Paeana est une forme grecque, c’est l’accusatif de Paean, Paeanis; la 3e décl., en grec, a l’acc. en a. Le latin conserve la forme grecque dans un certain nombre de mots de cette langue.

Collatis est le participe passé (abl. plur.) du verbe conferre, parfait contuli, supin collatum, avec assimilation de l'n en l devant l'l de latum.

Viribus, abl. de vires, virium, «forces». Singulier: vis. Surtout ne pas confondre avec le mot vir, viri, «homme».

«Pendant ce temps, le roi, comme un spectateur de la bataille, reste sur le rivage avec une partie de ses navires: au contraire (autem) Artémise, reine d’Halicarnasse, qui était venue en aide à Xerxès, conduisait (cieo) le combat avec une grande ardeur (acerrime, noter le superlatif de acriter) parmi les généraux qui se trouvaient au premier rang (primos).

Cependant le combat était douteux (anceps, gén. ancipitis), mais les Ioniens, selon l’ordre de Thémistocle, commencèrent à se retirer peu à peu de la bataille (pugnae, dat. après subtrahere). Leur défection découragea les Perses (exactement: brisa le courage (animos, au plur.) des Perses) et bientôt vaincus au combat ils se tournent vers la fuite (vertor, verbe passif équivalant à un pronominal). Dans ce trouble beaucoup de navires des ennemis furent pris et beaucoup de navires furent submergés.»

VINGTIÈME LEÇON

Miltiade, Thémistocle, Aristide

«Miltiade, fils de Cimon, qui avait délivré Athènes et toute la Grèce, se vit accorder l’honneur que voici: sur le portique qu’on appelle le Poecile, la bataille de Marathon fut peinte et son portrait fut placé au premier plan parmi les dix généraux grecs».

Ma traduction, pour être bien française, s’éloigne par endroits quelque peu du texte. Je vous le ferai remarquer au fur et à mesure.

La construction de la phrase n’offre pas de difficulté. Hic honor: «cet honneur, l’honneur que voici»; on trouve plus souvent le nominatif honos; tributus est, parfait passif de tribuere, «fut attribué»; Miltiadi, «à Miltiade».

En français, j’ai commencé par remplacer le passif par l’actif, parce que le latin est très amateur de passif, mais que le français l’est beaucoup moins. J’aurais pu traduire: «on accorda à Miltiade l’honneur suivant». La traduction du passif latin par on en français (il n’y a pas d’équivalent latin à notre on) est très souvent recommandable. Mais ici je vous ai exprès suggéré un autre tour: «Miltiade se vit accorder». Notez cet emploi de «se vit», qui est un gallicisme, c’est-à-dire une tournure propre au français. Dans les gallicismes comme celui-ci, le verbe (ici «se voir») n’a plus son sens propre. C’est ainsi qu’on dit: «Le lièvre aime à être mangé faisandé»; entendez: «il est recommandable de manger le lièvre faisandé» (si votre estomac s’accommode de cette préparation particulière); mais n’allez pas vous imaginer que le testament d’un lièvre ait jamais contenu une clause de ce genre. — De même dans «Miltiade se vit accorder», les yeux de Miltiade ne jouent aucun rôle actif.

Porticus, us, est de la 4e déclinaison et féminin, ce dont vous vous rendez compte par quae, qui suit. Dans cette expression: quae Poecile vocatur, Poecile est un attribut de quae, c’est pour cela qu’il est au même cas que lui, au nominatif. Ce mot Poecile, génitif Poeciles, est, comme vous le voyez, en dehors des déclinaisons que nous avons apprises jusqu’ici. C’est en effet un nom grec. Il y en a un certain nombre, que le latin transcrit tels quels, avec leur forme grecque. On ne les trouve guère qu’au nominatif singulier, rarement au génitif qui est souvent en es, et assez souvent à l’accusatif qui est soit en n, soit en a. Ne vous inquiétez pas trop de ces «hellénismes»: le dictionnaire vous donne toujours à leur sujet les indications nécessaires.

Pugna Marathonia: emploi d’un adjectif là où nous employons un nom avec de; exemple déjà vu: vas argenteum, «un vase d’argent», etc.

Depicta est, «fut peinte». La présence de est ne doit pas vous faire prendre ce temps pour un présent. C’est le parfait de l’indicatif. La notion du passé étant déjà incluse dans le participe depicta, il est inutile de l’introduire encore dans l’auxiliaire.

«Son portrait fut placé le premier au nombre des dix chefs grecs». Cette traduction serait à la fois moins claire et moins française que celle que je vous ai proposée.

Ponere, o, is, posui, positum, «placer». Nombreux dérivés en français: position, poser, etc.

«Cependant, par la suite, il fut accusé de trahison, et condamné à une amende. Ne pouvant payer cette amende, il fut jeté en prison et y mourut».

Ici encore, j’ai fait exprès de ne pas suivre le texte de trop près. Je pense que vous avez remarqué les différences.

Attamen, «cependant». Ou trouve plus souvent tamen tout seul, mais généralement il est placé après le premier mot de la phrase, tandis que attamen se place le premier, ce qui est compréhensible puisque tamen est alors placé après le mot at; qui signifie «mais».

Proditionis: le complément des verbes qui signifient accuser se met au génitif. Exemple: «accuser quelqu’un de vol», insimulare aliquem furti (de furtum).

Après les verbes qui signifient condamner, on a soit l’ablatif, comme ici, soit encore le génitif. Exemple: «condamner quelqu’un à mort», condemnare aliquem capite ou capitis (caput, capitis, neutre: «la tête»).

Vous pouvez remarquer que le latin n’a, dans la phrase que nous venons d’étudier, qu’une seule proposition: «accusé, il fut condamné». Au contraire, j’en ai fait deux: «il fut accusé, et il fut condamné». C’est que le génie des deux langues est, à cet égard, différent. Le latin aime les phrases longues, bourrées de participes, de relatives, de propositions subordonnées de toute nature. Le français, au contraire, est partisan des phrases courtes, rapides, dégagées.

Pecunia, «somme d’argent», «argent», pour désigner la monnaie, s’oppose à argentum, qui désigne le métal. En français, le substantif pécune est vieilli; mais l’adjectif pécuniaire (que beaucoup estropient en faisant le barbarisme «pécunier») est très fréquent. Qui donc n’a pas à se préoccuper de la question pécuniaire?

Cum solvere non posset: «comme il ne pouvait pas payer». J’ai traduit par le participe présent: «ne pouvant pas», selon ce que j’avais dit dans la leçon sur cum.

Vinculum, i, neutre, «lien»; apparenté au verbe vincire, io, is, vinxi, vinctum, «enchaîner». Vincula publica, «la prison»; l’accusatif, parce qu’il y a mouvement de direction vers.

Ibi: revoyez les différentes façons de dire là, selon le cas: Ubi sum? «où suis-je?» (sans changement de lieu). — Ibi.Quo vadis? «où vas-tu?» (mouvement vers un lieu). — Eo.Unde venis? «D’où viens-tu?» (mouvement d’éloignement d’un lieu). — Inde.Qua transis? «Par où passes-tu?» — Ea.

Obire, «aller au devant de, rencontrer». Nous avons déjà rencontré ce préfixe ob, dans obstacle: ce qui se dresse devant vous. — Obire diem supremum, «rencontrer son dernier jour, mourir». On trouve même obire tout seul dans ce sens, de même que decedere s’emploie tout seul pour decedere vita, «sortir de la vie». On appelle «obituaire» un registre où l’on note les dates et détails divers relatifs à des sépultures. Dans les hôpitaux, le participe futur obiturus, «qui va mourir», permet parfois au médecin de donner une explication à ses étudiants sans risquer d’être compris du malade examiné…​

«Même Thémistocle n’échappa pas à la jalousie de ses concitoyens. Car, condamné, lui aussi, pour trahison, il partit d’abord à Argos, puis il passa à Corcyre, puis il se réfugia chez Admète, roi des Molosses, et enfin en Asie, près d’Artaxerxès, fils de Xerxès».

Remarquez: ne Themistocles quidem, «pas même Thémistocle». On insère entre ne et quidem le mot sur lequel porte la négation.

Invidia, «envie, jalousie». — Civis, «citoyen» et «concitoyen». — Nam, «car», a pour synonyme enim, qui se place toujours après le premier mot de la phrase: damnatus enim est.Et, «aussi, même»; ce n’est plus ici une conjonction de coordination, mais un adverbe. — Proditionis: je ne reviens pas sur le génitif auquel on met le complément du verbe accuser ou condamner.Argos, acc. plur. comme si le nominatif était Argi, nom de ville. Corcyram, à l’accusatif, parce qu’il y a mouvement vers (question quo); sans préposition, parce que c’est un nom de ville. Au contraire, on a in Asiam, parce que c’est un nom de pays. Ad, «vers», et apud, «chez», gouvernent tous deux l’accusatif.

«Gratifié de riches présents par Artaxerxès, il se fixa à Magnésie et y mourut. Mais ses restes furent ensevelis secrètement en Attique par ses amis».

Remarquez la construction du verbe donare: la personne à l’acc., la chose donnée à l’abl. — Au contraire le verbe dare, qui est le mot courant pour dire «donner», se construit comme en français: do vestem pauperi, «je donne un vêtement au pauvre» (vestis, is, fém.; pauper, pauperis). — Munus, muneris, neutre, «présent, cadeau». Cf. munificence. Il y a beaucoup de noms neutres en us, eris: vulnus, eris, «blessure», etc.

Ab Artaxerxe: nom de personne complément du passif, ablatif avec ab. Exemple classique: amor a Deo.

Magnesiae, génitif-locatif de Magnesia. On met ainsi au génitif, à la question ubi (complément de lieu sans mouvement) les noms de ville de la 1re et de la 2e déclinaison du singulier. Autres exemples de «locatif»: domi, «à la maison»; humi, «à terre»; ruri, «à la campagne», de rus, ruris, 3e déclin.

Mortuus est, parf. de mori, morior, moreris.Os, ossis, neutre: «os, ossements»; ne pas confondre avec os, oris, neutre, «bouche».

Sepultus, partic. de sepelire, sepelivi, sepultum.

«Aristide, fils de Lysimaque, était à peu près du même âge que Thémistocle. Il prit part au combat naval de Salamine, et fut le chef des Athéniens à Platées».

Aequalis: ce mot vient de aequus, a, um, «égal»; il signifie: «du même âge», «contemporain», et se construit soit avec le génitif, soit avec le datif, comme c’est le cas ici: Themistocli. Interesse, «assister à», avec le datif (pugnae). — Ad Salamina, ad Plataeas, «près de». Notez bien ce sens de ad devant un nom de ville. On sait que les noms de villes, compléments de lieu, ne prennent pas de préposition. Sum Romae, «je suis à Rome». Eo Romam, «je vais à Rome». Mais pour traduire l’idée de près de, on se sert de la préposition ad. Vous comprenez donc la différence qu’il y aurait entre: Eo Romam, «je vais à Rome»; et Eo ad Romam, «je vais près de Rome».

«Mais ensuite, discrédité auprès du peuple par Thémistocle, il fut condamné par l’ostracisme à un exil de dix ans. Pourtant il était si remarquable par son désintéressement qu’on l’appelait le Juste».

Le verbe collabefio est composé: 1° du préfixe cum (sous la forme col, par assimilation de m en l devant labe); 2° du verbe déponent labi, labor, lapsus sum, «tomber»; 3° du verbe fieri, fio, fis, passif de facere, facio, «faire». L’actif (inusité) signifierait donc: «faire tomber». Toutes les langues utilisent les mêmes images, puisqu’on dit maintenant encore: «faire tomber un ministère».

Testulis, ablatif pluriel de testula, «coquille». On sait que dans ce mode de suffrage (ostracisme) les Athéniens se servaient de coquilles d’huîtres comme bulletins de vote.

Exsilio, abl. de exsilium; nous avons déjà vu que le compl. du verbe condamner se met à l’ablatif ou au génitif: damnare capite ou capitis, «condamner à mort». — Abstinentia est à l’ablatif, il excellait par son désintéressement. Retenez bien cette traduction de abstinentia, c’est la meilleure dans la plupart des cas; les mots «honnêteté» ou «probité» conviendraient d’ailleurs aussi bien ici. Dans l’antiquité, beaucoup d’hommes politiques ont passé pour peu honnêtes; leurs opinions variaient souvent selon les «pots de vin» qu’ils recevaient; les rois qui voulaient asservir Athènes, notamment Philippe, roi de Macédoine, père d’Alexandre, avaient soin de payer des orateurs pour conseiller à l’assemblée du peuple des mesures propres à affaiblir Athènes en face de ses ennemis. De nos jours, heureusement, les hommes politiques sont tous aussi désintéressés qu’Aristide.

Adeo ut, exactement: «jusqu’à ce point (ad eo, adverbe de lieu) que». Ut, marquant la conséquence, gouverne le subjonctif.

«Il fut aussi choisi pour fixer combien d’argent chaque cité donnerait pour le trésor commun, que l’on devait réunir à Délos, et, tout en ayant dirigé des affaires si considérables, il mourut dans une telle pauvreté qu’il laissa à peine de quoi payer ses obsèques».

Delectus est, parfait passif de deligo, delegi, delectum, «choisir», composé de legere, qui signifie tantôt «lire» et tantôt «choisir». Le mot delectus, us, 4e déclinaison, signifie «choix», et en particulier «levée de soldats». En français, nous avons prédilection: «Horace est mon auteur de prédilection», celui que je choisis, que je préfère.

Ici.: ut et le subjonctif = «pour que».

Quantum quaeque civitas daret est une proposition interrogative indirecte, c’est-à-dire une proposition subordonnée, complément direct (du verbe constituere), et commençant par un mot interrogatif (quantum). Ces propositions interrogatives indirectes se mettent au subjonctif.

Pecuniae, au génitif, est le compl. de quantum.Quisque, quaeque, quodque, «chaque, chacun», est un composé déjà étudié de quis.Ad = «pour». — Deli, génitif locatif de Delos, petite île. — Comparandus, adj. verbal, appelé aussi participe d’obligation: «qui doit être rassemblé». Autre exemple de cet adj.: virtus est amanda, «il faut aimer la vertu». — Comparare est composé de parare, «préparer», et de cum, «ensemble»; ne pas le traduire par comparer. Il y a un autre verbe comparare, formé de par, «égal», et de cum, qui signifie: «apparier», d’où «comparer».

Cum, avec le plus-que-parfait du subjonctif peut avoir tous ses sens. Je le traduis d’abord par «alors que» en mot à mot: «alors qu’il avait été à la tête de si grandes choses»; le sens est: «bien qu’il eût été». J’ai choisi une autre tournure: «tout en ayant dirigé», pour vous montrer comment on peut varier les traductions.

In tanta paupertate, «dans une si grande pauvreté»; ut reliquerit vix, «qu’il laissa à peine» (ut et le subj.: conséquence); unde, «d’où»; efferretur (de efferre) «il fût emporté» (hors de chez lui), c’est-à-dire «enterré». Unde: du sens local, on passe au sens de moyens, de ressources, «de quoi». Le subj. imparfait efferretur, est amené parce que la proposition est interrogative indirecte.

2° Etude des conjonctions cum et ut:.

Cum solvere non posset, «parce que»; — cum tantis rebus praefuisset, «quoique»: cum dans ces deux cas est toujours suivi du subjonctif. Ut justus appelleraretur, «de sorte que»; — ut constitueret, «afin que»; — ut reliquerit, «de sorte que»: dans ces deux sens, ut est toujours suivi du subjonctif.

Prépositions: dans in porticu, in numero, in Attica, in paupertate, nous avons l’ablatif parce qu’il n’y a pas changement de lieu. Dans: in vincula, in Asiam, l’accusatif est amené par le changement de lieu vers un autre endroit que celui où l’on était précédemment.

Quant aux autres prépositions, elles sont toujours suivies du même cas: ad et apud, de l’accus., ab, de l’ablatif.

VINGT ET UNIÈME LEÇON

1° Le thème proposé dans la leçon 21 était une application des mots vus dans le chapitre sur la peste d’Athènes.

«De nombreux habitants étaient venus de la campagne à Athènes, pour ne pas être pris par les Lacédémoniens».

Multi incolae rure Athenas venerant, ne a Lacedaemoniis caperentur.

Rure: abl. de rus, ruris, neutre. Il y a l’ablatif parce qu’il y a éloignement (question unde); il n’y a pas de préposition, car nous avons appris que domus, «la maison», rus, «la campagne», humus, «la terre», suivent le sort des noms de villes et ne prennent pas de préposition quand ils sont compléments de lieu.

Athenas: l’acc., parce qu’il y a mouvement vers. Mais pas de préposition, parce que nom de ville.

Ne = ut non, «afin que…​ ne pas». Je vous rappelle que, dans une phrase négative: 1° ut indiquant l’intention se remplace par ne; tandis que 2° ut indiquant la conséquence («de telle sorte que») est suivi de non; tam sagax est ut decipi non possit; «il est tellement sagace qu’il ne peut pas être trompé».

Caperentur, imparfait du subj. passif. L’imparfait, parce que le verbe principal venerant est à un temps passé: règle de la concordance des temps; l’infinitif présent capere donne tout de suite l’imparfait du subjonctif: caperem (à l’actif), car «l’imparfait du subjonctif est le temps le plus simple à former».

A Lacedaemoniis; le complément du verbe passif se met à l’ablatif avec ab lorsque c’est un nom de personne. Règle: amor a Deo.

«Une partie de cette multitude fut tuée par une terrible maladie».

Hujus multitudinis pars terribili morbo occisa est.

Hujus: excellente occasion pour revoir la déclinaison un peu difficile de hic, haec, hoc. Accus.: hunc, hanc, hoc; gén.: hujus; dat.: huic; ablatif: hoc, hac, hoc. Et le pluriel comme celui de bonus: hi, hae, etc., sauf le nominatif et l’accusatif neutres haec.

Terribili; l’ablatif des adjectifs parisyllabiques est en i. Nominatif fortis («courageux»), deux syllabes; génitif fortis, deux syllabes; d’où génitif pluriel fortium; ablatif singulier forti. Mare, maris, neutre, «la mer», fait aussi à l’ablatif singulier mari; tandis que les masculins et les féminins font: civis, («citoyen»), masc., ablatif cive; avis (oiseau), féminin, abl.: ave.

Morbo (de morbus, i, m.) à l’ablatif sans préposition, parce que c’est un nom de chose complément du passif. Règle: maerore conficior, «je suis accablé de chagrin».

Occisa est, parfait indicatif passif (féminin, se rapportant à pars) de occidere, o, is, occidi, occisum, composé de ob et de caedere, o, is, cecidi, caesum.

«Périclès lui-même, l’orateur le plus célèbre d’Athènes, dont les conseils étaient presque toujours suivis par le peuple, mourut».

Pericles ipse, clarissimus Atheniensium orator, cujus consilia populus fere semper sequebatur, periit.

Ipse, «lui-même», ipsa, ipsum; gén. ipsius; datif, ipsi, suit la déclin. pron.

Clarus, «célèbre», fait au superlatif, régulièrement, clarissimus. Si vous voulez employer conspicuus, «remarquable» il faut vous rappeler que les adjectifs terminés en eus, ius, uus, n’ont pas de superlatif en issimus; on ajoute devant eux maxime: maxime conspicuus. — Si vous voulez employer celeber, celebris, celebre (3e décl.), qui d’ailleurs signifie plutôt: «fréquenté», en parlant d’un endroit, il faut vous rappeler que les adjectifs terminés en er forment leur superlatif en errimus: celeberrimus, comme pulcherrimus.

J’ai traduit Atheniensium, «des Athéniens», plutôt que Athenarum, «d’Athènes», selon ce que nous avons vu maintes fois. «Roi de Rome» = «roi des Romains» = Romanorum rex.

Dont est le complément déterminatif de conseil; il est donc au génitif; il remplace Périclès, masc. sing. Le génitif masc. sing. de qui est cujus.

Le verbe sequi, sequor, eris, secutus sum, «suivre», est déponent (sens actif, forme passive). On ne peut donc l’employer au passif, et il est nécessaire de changer la tournure. J’ai donc traduit: «dont le peuple (sujet, nom.) suivait les conseils (compl. direct, acc. de consilium, i, n.)».

«Les Grecs parlèrent de cette peste pendant de longues années».

Graeci de illa peste per multos annos locuti sunt.

Loquor, eris, locutus sum, «parler», verbe déponent. — De et l’abl: «au sujet de». — Per et l’accusatif, «à travers» (dans l’espace), et «pendant» (dans le temps). «De longues années» ne signifie pas autre chose que «de nombreuses années». C’est un gallicisme, qu’il faut bien se garder de traduire tel quel.

Versions: Peste d’Athènes, Paix de Nicias.

«L’année suivante, une peste épouvantable, venant du territoire de l’Egypte, envahit Athènes, dans laquelle, de tous côtés, de très nombreux paysans s’étaient réfugiés, afin d’éviter les incursions des ennemis. Bientôt la maladie enleva presque le dixième des habitants, et Périclès lui-même périt».

Insequenti, ablatif en i du participe présent employé adjectivement insequens, insequentis, du verbe insequor, «suivre». L’ablatif est en i parce que cet adjectit se rapporte à un nom de chose; s’il se rapportait à un nom de personne, il serait en e: insequente. Ainsi: «cela a été dit par un homme prudent»: hoc dictum est ab homine prudente. — «Il a répondu par un mot prudent»: voce prudenti respondit.

Orta, participe passé du verbe déponent oriri, ortus sum. «s’élever»: «s’étant élevé»: cf. le mot oriens = orient = levant.

Fines, pluriel de finis: «les limites», d’où «le territoire». — Invasit parfait de invadere.In quibus, ablatif parce qu’il n’y a pas de direction vers; Athenae, arum, étant un nom toujours pluriel, le pronom relatif est lui-même au pluriel. Plurimi, superlatif de multi, «nombreux», dont le comparatif est plures.Absumpsit, parfait de absumere, o, is, absumpsi, absumptum, composé de sumere, «prendre». — Periit, parfait de perire, composé de ire, eo, is, ivi, itum, verbe irrégulier.

«Alors, poussés par les conseils de Cléon, homme nouveau, les Athéniens cernent l’île de Sphactérie, dans laquelle trois cents Lacédémoniens, après avoir lutté longtemps, certes, mais en vain, furent forcés de se rendre».

Compulsi, participe, se rapportant à Athenienses, du verbe compellere, o, is, compuli, compulsum, «pousser». — Homo novus, «homme nouveau», c’est-à-dire plébéien dont les ancêtres n’avaient jamais exercé de magistratures. — Cingere, o, is, cinxi, cinctum, «entourer». Sphacteriam insulam: les deux mots sont au même cas, car Sphactérie est une apposition à île. Il ne faut pas être dupe de notre tournure française («l’île de Sphactérie»). Sphactérie n’est pas un complément déterminatif; les deux mots désignent la même chose, jouent le même rôle, et sont, par conséquent, au même cas. De même: urbs Roma, «la ville de Rome». Ou, en français, des tournures comme celles-ci: «Ce coquin de Robert»; «cet imbécile de Nicodème», etc.

Luctati, participe passé de luctari, déponent: «ayant lutté». — Coacti sunt, indicatif parfait passif de cogere, coegi, coactum, «forcer», composé de cum et de agereDedere, o, is, dedidi, deditum, «livrer», composé de dare, «donner».

«Les Lacédémoniens, irrités, décident de réduire Athènes par la faim (fames, is, f.), et Brasidas, chef des Lacédémoniens, gagne (petit, de petere, «se dirige vers») la Thrace (ancienne Turquie d’Europe), de laquelle les Athéniens tiraient (ducebant) leur blé; là (ibi), il prend la ville d’Amphipolis. Mais bientôt Brasidas et Cléon tombèrent (= furent tués) en combattant (dimicare) courageusement, et la paix (pax, pacis) fut conclue à l’instigation de Nicias, laquelle (paix) dura (valere «valoir») seulement (tantum) six ans».

Siècle de Périclès

«Jamais, cependant, la gloire d’Athènes ne fut plus grande; car elle se montra la maîtresse de toute la Grèce, comme disait Périclès, dans tous les arts».

Major, au masc. et fém., majus au neutre, comparatif irrégulier de magnus.Magistra, féminin de magister, tri, «celui qui enseigne». — Totius, gén. de totus, «tout entier», pronom-adjectif qui suit, comme unus, solus, etc., la déclinaison pronominale. — Ut avec l’indicatif: «de même que, comme». Aiebat, imparfait de aio, verbe défectif employé seulement au présent: aio, ais, ait, aiunt; à l’imparfait (toutes les personnes); et à la 3e pers. sing. du parf., «dire». — Artibus, abl. pl. de ars, artis, f. — Se, acc. du pron. réfl., désigne Athenae, sujet sous-entendu de praebuerunt.Praebere, eo, es, ui, «fournir, donner».

«En effet, Eschyle, Sophocle et Euripide, auteurs de tragédies, mettaient en scène beaucoup de héros et de rois, et émouvaient de différentes façons les âmes de tous; quant à Aristophane, poète comique, au théâtre de Bacchus, il raillait les défauts de tout le monde et de «Peuple» lui-même et il corrigeait les mœurs en riant».

Inducere in scenam, conduire sur la scène, expression consacrée pour «représenter». Notez le sens de autem: «quant à». — Omnium, gén. pl. de omnis, «de tous». — Ipsius, gén. de ipse.Ridendo, gérondif-ablatif de ridere.Mos, moris, m. «mœurs».

«Les œuvres (opus, operis, n.) d’Hérodote, de Thucydide, de Xénophon, montrent que l’histoire aussi (quoque) fut florissante alors.

En outre, des philosophes célèbres se distinguaient; les jeunes gens écoutaient chaque jour (cotidie) Socrate, le plus connu (nobilis) d’entre eux (quorum, gén. plur. du pron. relatif: «desquels») et d’excellents orateurs, parmi lesquels étaient Antiphon, Andocide, Lysias et Périclès lui-même, à l’assemblée du peuple (contio, onis) et dans les tribunaux (tribunal, is, n., même déclinaison que mare, comme tous les noms neutres en al et ar) donnaient (dare, dedi, datum) des conseils à leurs concitoyens, ou plaidaient des procès (dicere causam, «plaider une cause»).

Non seulement les belles-lettres, mais encore tous les arts étaient florissants (vigeo, «être fort, vigoureux»). En effet, l’architecte Ictinus bâtissait le Parthénon, et Callimaque l’Erechtheion. Dans ces temples, on plaçait les superbes (pulcherrimus, superl. de pulcher) statues d’artistes (artifex, icis) comme Phidias, Myron et un peu plus tard Praxitèle (mot à mot: «les statues étaient placées»). Enfin, un portique qui s’appelait (mot à mot «qui était appelé») le Poecile, fut orné par le peintre Polygnote.»

22. Mort de Socrate

«C’est à cette époque que Socrate, qui fut appelé à bon droit le père de la philosophie grecque, fut condamné à mort par les juges. On l’accusait faussement de corrompre la jeunesse et de vouloir introduire des dieux nouveaux dans la cité.

Ses disciples voulaient le faire sortir de prison, mais il refusa. «Un bon citoyen, dit-il, obéit toujours aux lois de sa patrie»; et il but courageusement la ciguë dans son cachot, au milieu de ses disciples en pleurs.

Socrate, il est vrai, n’a rien écrit; mais les plus illustres de ses disciples, Platon et Xénophon, nous ont transmis sa doctrine».

Il y a peu de chose à dire dans cette version au point de vue de la latinité.

Damnatus est capitis (caput, capitis, n.): le complément qui indique la condamnation peut se mettre soit au génitif, soit à l’ablatif.

Quasi = «comme si». «Il était accuaé comme s’il…​»

Vellet, imparfait du subjonctif du verbe velle, volo, vis, «vouloir», verbe très irrégulier déjà vu.

Cum discipuli ejus cuperent, «alors que ses disciples désiraient…​» Pour alléger la traduction, j’ai coupé la phrase. Le français n’aime pas les phrases longues.

Tradidi est le parfait de tradere, «livrer, transmettre». Le supin est traditum, d’où tradition: ce qui est transmis de génération en génération.

VINGT-DEUXIÈME LEÇON

Bataille d’Arbèles. Mort de Darius.

«De nouveau, après avoir traversé l’Euphrate et le Tigre, Alexandre conduit son armée contre Darius; les deux rois rangent leur armée en bataille près de la ville d’Arbèles. Alexandre, accablé par les soucis, succomba au sommeil avant la bataille, et son ami Parménion eut du mal à l’éveiller. Les Macédoniens s’élançaient au combat avec le mépris de l’ennemi qu’ils avaient tant de fois vaincu; beaucoup de Perses s’enfuirent; beaucoup furent tués, et Darius chercha son salut dans la fuite».

Denuo est une sorte de contraction pour de novo. De forme ainsi avec l’ablatif un certain nombre de locutions adverbiales. De repente, «soudain»; de nocte, «nuitamment».; de improviso, «à l’improviste»; etc…​

Tigris, Tigridis, masc.; Euphrate, is, masc.

Aciem instruere, «ranger l’armée en bataille». Je vous rappelle que acies, aciei, 5e décl., c’est «armée en ligne de combat»; exercitus, us, du participe passé de exercere, «troupe exercée»; agmen, inis, neutre, de agere, conduire, «armée en marche».

Ad ou apud, «près de»: ne pas confondre avec le sens habituel de ad, qui est «vers». — Arbela, orum, est un neutre plur.

Somnus arripuit Alexandrum, «le sommeil saisit Alexandre». Notez ma traduction par une autre tournure: «Alexandre succomba au sommeil».

Excitare, «éveiller»; on oublie parfois ce sens qui est pourtant assez fréquent.

Aegre, «avec peine». «Il fut éveillé avec peine par Parménion». Il est plus français de dire: «Parménion eut du mal à l’éveiller».

Cum contemptu, «avec mépris». Cum indique l’accompagnement; quand au contraire il s’agit d’un instrument, «avec» ne se traduit que par l’ablatif. «Il est venu avec une épée», venit cum gladio. «Il le frappe avec une épée», eum ferit gladio.

Diffugerint, de dis et fugere. Le préfixe dis exprime la dispersion: «ils s’enfuirent de différents côtés». Occisum est le supin de occidere, «tuer» (ob-caedere). Au contraire le supin de occidere, «tomber» (ob-cadere) est occasum.

Commisit, parfait de committere, supin commissum, «confier». «Darius confia son salut à la fuite».

«Par ce combat, Alexandre s’empara de l’empire de l’Asie. Il entra en grande pompe à Babylone, et il occupa Suse et Persépolis, villes très riches (locuples, locupletis). Dans cette ville, troublé par l’ivresse (mot à mot: «échauffé par le vin»), il tua au milieu d’un banquet (epulae, arum, fém. plur.) son ami Clitus, qui lui avait sauvé la vie près du fleuve du Granique (mot à mot: «qui avait sauvé la vie de lui-même»). Peu de temps après, Darius mourut. Lorsque (ubi) on annonça (nuntiatum est, passif, a pour sujet id) cette nouvelle (id) à Alexandre, il donna l’ordre d’ensevelir son corps selon la coutume royale (mot à mot: «que son corps soit enseveli») et de l’enterrer parmi les tombeaux de ses ancêtres» (mot à mot: «que ses restes soient portés vers les tombeaux de ses ancêtres; majores a souvent le sens de «ancêtres»).

Expédition dans l’Inde. Mort d’Alexandre.

«Cependant toute l’armée s’indignait de ce qu’Alexandre adoptait les coutumes et le luxe des Perses. Le roi, de son côté, s’indignait beaucoup d’être l’objet des propos malveillants de ses compagnons; emporté par la colère, il fit mettre à mort Parménion, son fils Philotas et d’autres chefs».

Inter haec, ou interea (en un seul mot): «au milieu de ces choses», d’où «pendant ces choses», «cependant» (au sens propre).

Indignatio omnium erat totis castris, «l’indignation de tous était dans tout le camp»; il y avait une indignation générale dans tout le camp.

Remarquez que in, «dans», n’est pas exprimé devant totis. C’est une omission fréquente devant ce mot. Tota Graecia, «dans toute la Grèce», etc. Rappelons que castra est un nom pluriel avec le sens d’un singulier: «le camp».

Quod, «parce que», est suivi du subjonctif parce qu’on rapporte la pensée des soldats; c’est un exemple de style indirect.

Mos, moris, masculin, signifie tantôt «les coutumes» (d’un peuple), tantôt «le caractère» (d’un homme).

Rex autem, «quant au roi». Notez ce sens de autem et aussi de vero; ces deux mots se placent tous deux après le premier mot de la phrase.

Se carpi, proposition infinitive complément de indignabatur. Carpere signifie «cueillir», puis, en appliquant ce mot à des animaux, «brouter» de l’herbe, d’où la déchirer, ce qui a donné le sens, que nous avons ici, de «déchirer par des paroles».

Se: le pronom réfléchi est employé dans une proposition complétive pour désigner le sujet du verbe principal (ici indignabatur). — L’emploi de suorum suit la même règle.

Sermo signifie «conversation».

Elatus, participe passé de efferre, «porter hors de», d’où «mis hors de lui».

Imperavit ut. Ut indiquant l’intention se construit avec le subjonctif: interficerentur, «qu’ils fussent tués».

«Ensuite il se dirigea vers l’Inde, afin de donner à son empire l’Océan et l’Extrême Orient pour bornes».

Exactement: «pour limiter son empire par l’Océan».

«Il donna son amitié et de nombreux royaumes à l’un des rois de l’Inde, du nom de Porus, à cause de sa valeur. Après beaucoup de dangers et beaucoup de fatigues dans de vastes déserts, Alexandre avait déjà commencé à ramener son armée, et il était déjà rentré à Babylone, lorsque, saisi par la fièvre, il mourut au bout de quelques jours, à l’âge de trente-trois ans, au milieu de ses victoires».

Labor a trois sens: travail, fatigue, souffrance. Il est facile de comprendre comment le sens s’est étendu peu à peu.

Le verbe coepi est défectif, usité seulement aux temps composés.

Regredi, ior, eris, regressus sum, «revenir». Les verbes composés de gradior, «marcher» sont nombreux: aggredior, congredior, regredior, progredior. Nous avons en français: agression, congrès, régression, progrès et progression.

Febri, ablatif de febris. Un certain nombre de noms en is ont l’ablatif en i et l’accusatif en im. Vous les étudierez plus tard.

Corripere, io, is, corripui, correptum, est un composé de rapio et de cum.

Post paucos dies, «après peu de jours».

Notez la manière de dire «âgé de»: «âgé de trente-trois ans», tres et triginta annos natus; cet accusatif est analogue à l’accusatif de durée: regnavit tres annos, «il régna trois ans».

Decessit, parfait de decedere, decessi, decessum, «sortir», d’où «sortir de la vie».

Mort de Démosthène et de Phocion

«Après la mort d’Alexandre, tandis que ses lieutenants se partagent le monde, les Etats de la Grèce se liguent contre la Macédoine, à la voix de Démosthène».

Dum et l’indicatif, «tandis que». — Legatus signifie souvent «ambassadeur, député»; dans d’autres cas, comme ici: «général en second». — Orbis terrarum, «le cercle des terres», correspond tout à fait à notre mot «le monde». — Conjurare, «comploter».

«Mais vainqueurs dans un premier combat, près de Lamie, les Grecs furent bientôt vaincus près de Cranon. Alors Démosthène, forcé de fuir de sa patrie, gagna l’ile de Calaurie, et là se réfugia en suppliant dans le temple de Neptune».

Coactus, part. passé de cogere, coegi, coactum, «forcer», composé de agere.

«Puis, pour ne pas tomber vivant aux mains des ennemis, il avala un poison enfermé dans le roseau qui lui servait à écrire: et aussitôt, ayant poussé un gémissement, il expira».

Gemitus, us, 4e déclin.; editus, part. passé de edere, o, is, edidi, editum, «produire»; ici: «pousser»; mot à mot: «un gémissement ayant été poussé».

«Peu après, accusé faussement de trahison, l’orateur Phocion, sur l’ordre de la Macédoine, but la ciguë en prison».

Nous avons déjà noté que les compléments qui indiquent l’accusation se mettent au génitif. — Jussus, us, 4e déclin.

La Grèce, province romaine.

«Mais dès ce moment, le destin de la Grèce déclina de plus en plus. Les Romains avaient attaqué Philippe, roi de Macédoine, allié d’Hannibal, et, après l’avoir vaincu, ils avaient proclamé que les Grecs étaient libres et indépendants. Mais la Grèce était déchirée par de nombreuses dissensions, car les Achéens et les Etoliens luttaient avec âpreté pour l’hégémonie. Ce fut en vain que Philopoemen, émule d’Epaminondas, fit ses efforts pour qu’au moins les Achéens, dont il était le chef, n’aient pas de désaccords entre eux; car Messène fit défection, et Philopoemen reçut l’ordre de s’empoisonner. Alors les Romains envahirent de nouveau la Grèce; Corinthe fut prise et détruite: le nom même de «Grecs» fut supprimé, et la Grèce devint une province de l’empire Romain, sous le nom d’Achaïe».

Jam, «à partir de maintenant». — Magis atque magis: «plus et plus», «de plus en plus». — Res: «les affaires», la fortune. Inclinare: «faire pencher»; au passif: «pencher», d’où «décliner».

Inferre bellum alicui, «porter la guerre chez quelqu’un». — Immunis, de in privatif et munus, «charge, obligation, impôt, tribut»; immunis, «qui ne doit pas de tribut». Le tribut était le principal signe de la dépendance.

Contendere, «tendre, faire effort, lutter». Le sens général de «faire effort» a donné encore comme sens dérivés: 1° «se diriger vers»; 2° «affirmer, prétendre».

Nitor, niteris, niti, nisus sum, «s’efforcer de». Le verbe nitor, suivi de l’ablatif, a aussi pour sens fréquent: «s’appuyer sur». Nitor hasta, «je m’appuie sur ma lance».

Saltem, «du moins».

Praetor, «général», titre romain. Les historiens latins ont l’habitude de donner aux magistrats étrangers des titres romains.

Dissidere, eo, es, dissedi, exactement «être assis à part», d’où «être en désaccord».

Jussus est, parf. passif de jubere, «ordonner». Juberi, passif, signifie «être commandé», «recevoir l’ordre».

Denuo = de novo, a été vu plus haut.

Invadere, o, is, invasi, invasum, d’où «invasion».

Capta, part. passé de capere, io, is, cepi, captum, «prendre».

Diruta, part. passé de diruere, «détruire». J’ai traduit l’ablatif absolu «Corinthe ayant été détruite» par une propos. principale: «Corinthe fut…​» J’ai déjà dit maintes fois que le français n’aimait pas les phrases longues et enchevêtrées.

Ablatum est, parf. passif de aufero, aufers, abstuli, ablatum. Le préfixe ab se présente ici sous trois formes différentes qu’il est bon de noter. Auferre signifie «ôter»; c’est de ablatum que viennent ablatif et ablation.

Achaia nomine, «Achaïe par le nom».

Facta est, parfait de fieri, fio, fis, «devenir», qui sert de passif à facere. Les temps composés sont d’ailleurs régulièrement formés avec factus.

VINGT-TROISIÈME LEÇON

Epitaphe d’une Romaine

«Passant, mes paroles sont courtes: arrête-toi et lis-les jusqu’au bout. Voici le tombeau, guère beau, d’une femme belle. Ses parents la nommèrent Claudie. Elle chérit son mari de tout son cœur. Elle donna le jour à deux enfants. Elle laisse l’un sur terre; elle a déposé l’autre sous la terre. Elle est restée à la maison; elle a filé la laine. J’ai dit. Continue ton chemin».

Il y a peu de chose à dire de ces vers.

Perlegere, «lire jusqu’au bout»: sens habituel de per, de même que le sens du superlatif lorsque per est devant un adjectif ou un adverbe: perfacilis, «très facile».

Hic, adverbe de lieu: «ici» est le tombeau.

Sepulchrum haud pulchrum pulchrae, jeu de mots facile à comprendre; grâce à beau et tombeau, on arrive à le traduire, ce qui n’est pas souvent possible pour les jeux de mots.

Haud est une négation plus énergique que non.

Nomine nominaverunt: pléonasme peu utile, et peu facile à traduire en bon français.

Dilexit, parfait de diligere, supin dilectum. Français: prédilection.

Cor, cordis, «cœur», un des rares mots neutres en or.

Natus, «fils», participe passé de nascor, eris, natus sum, «naître».

Alterum est le mot correct quand on parle de deux personnes. Alium, qui lui répond ici, ne serait donc pas correct en prose. Mais on sait que les poètes prennent couramment des libertés avec la syntaxe.

Le verbe linquere est plus rare que son composé relinquere.

Locavit sub terra = «enterra».

Domum servavit, lanam fecit: ce sont les éloges adressés régulièrement aux femmes romaines. La femme, en ce temps-là, ne prenait aucune part à la vie publique.

Le verbe servare, «sauver, conserver, garder», ne doit pas être confondu avec servire, «servir, être l’esclave de».

Abi, impératif présent de abire, «s’en aller».

La Campanie

«La Campanie est le plus beau de tous les pays, non seulement de l’Italie, mais du monde entier».

Pour traduire en meilleur français, je n’ai pas suivi tout à fait la construction de la phrase latine: «Le pays (plaga) de la Campanie est le plus beau de tous ceux, non seulement de l’Italie…​»

Nous avons déjà vu non modo, sed etiam; équivalents: non tantum, ou non solum, verum etiam.Totius, génitif de totus, «tout entier». — Orbis terrarum, «le monde». — Pulcherrima, superlatif d’un adjectif en er.

«Rien n’est plus doux que son climat; il y a deux printemps pour les fleurs. Rien n’est plus fertile que son sol: aussi dit-on que Bacchus et Cérès s’y font concurrence. Rien n’est plus hospitalier que ses côtes: là se trouvent ces ports fameux, Caiète, Misène, et Baies aux sources chaudes».

Mollius, comparatif neutre de mollis, «doux». Le complément du comparatif est ici à l’ablatif: caelo. On pourrait avoir une autre construction: quam caelum (sous-entendu: est molle). — Notez le sens de caelum: «climat».

En passant, disons que caelum n’a pas de pluriel; on trouve seulement en poésie, rarement d’ailleurs, un pluriel caeli, orum, m., que les écrivains ecclésiastiques ont adopté: Pleni sunt caeli et terra gloria tua (dans le Sanctus).

Vernat = «c’est le printemps»; verbe dérivé de ver, veris, n., «le printemps». Le sens de la phrase est: «les plantes fleurissent deux fois dans l’année, comme elles fleurissent ailleurs au printemps».

Uberius, comparatif neutre de l’adjectif uber, uberis, 3e déclin.

Solum, «sol», a l'o bref, tandis que solum, «seulement» a un o long.

Liber, Liberi, vieux dieu latin de la fécondité, identifié ensuite avec le dieu grec Bacchus, dieu du vin.

Ceres, Cereris, déesse des moissons. De là céréales.

Certamen, «combat, rivalité». La construction est: certamen, le combat (Liberi et Cereris); dicitur, est dit; esse ibi, être là.

Mari, ablatif de mare; nous avons insisté autrefois sur cet ablatif en i des noms parisyllabiques neutres. Au lieu de «mer», j’ai traduit par «côtes», pour la clarté de la phrase française; le sens n’en est nullement changé.

Hic, adverbe de lieu. «là». — Illi a le sens élogieux, comme fréquemment. Nobiles, dérivé de novi, «je connais», signifie «bien connu».

Tepens, part. prés. de tepeo, «être chaud». L’adjectif tepidus a donné «tiède». — «Baies (nom pluriel), chaude par ses sources». Fons, fontis, apparenté au verbe fundere, «verser», est du masculin. De là en français le genre masculin dans «les fonts baptismaux».

«Là, les montagnes sont revêtues de vignes: le Gaurus, le Falerne, le Massique, et le plus beau de tous, le Vésuve, qui imite le feu de l’Etna. Des villes nombreuses sont situées au bord de la mer (ad: près de): Formies, Cumes, Pouzzoles, Naples, Herculanum, Pompéi et Capoue elle-même, la capitale (exactement: «le chef des villes»), que l’on comptait autrefois parmi les trois plus grandes villes du monde, avec Rome et Carthage».

L’année agricole

«La course annuelle du soleil se divise, trois mois par trois mois, en quatre parties: le printemps, l’été, l’automne et l’hiver».

Terni, ae, a, est un adjectif distributif. On a de même singuli, «un par un», bini, «deux par deux», quaterni, «quatre par quatre», etc.

Devant ver, il faut sous-entendre: quae sunt; «parties qui sont»; autrement les quatre saisons devraient être à l’accusatif, en tant qu’appositions à quatuor partes, accusatif après in indiquant une sorte de mouvement.

Aestas, aestatis, «l’été», ne doit pas être confondu avec aetas, aetatis, «l’âge».

«Au printemps, on fait certains semis. Il faut labourer le sol inculte, et extirper les plantes qui y ont poussé, avant que leurs graines ne tombent à terre. Il ne faut pas labourer moins de deux fois».

Fiunt, de fieri, passif de facere. J’ai traduit le passif par on, habitude recommandée.

Rudis, «inculte», s’emploie aussi en parlant de l’homme grossier, ignorant.

Oportet, «il convient, il est opportun, il faut». Au lieu de l’infinitif, on trouve souvent après lui le subjonctif; oportet proscindas, «il faut que tu laboures».

Enatae, part. passé de enascor, eris, i, composé de nascor, «naître».

Après priusquam, on a le subjonctif, parce que l’action exprimée par le verbe est future et hypothétique. Il y a une idée d'intention: on ne veut pas laisser aux graines le temps de tomber à terre. Lorsqu’au contraire le verbe qui suit priusquam exprime seulement un fait, il se met à l’indicatif.

Exemple: «Je suis arrivé avant qu’il ne parte», adveni priusquam profectus est. On voit nettement par cet exemple la différence entre l’emploi de l’indicatif et l’emploi du subjonctif, d’une manière générale.

Semen, inis, n., «semence». Cadere, o, is, cecidi, casum, «tomber».

Exarandum, participe d’obligation: «il faut labourer». Du verbe arare, nous avons conservé «araire», charrue vieux modèle, et «aratoire» (instrument).

«En été, il faut couper les moissons (mot à mot: «que les moissons soient coupées»). — Demeti, infin. prés. passif de demetere, messui, messum, «faucher».

«En automne, par temps sec, on peut commodément soigner les vignes et les bois. En hiver, il faut émonder les arbres, lorsque les écorces ne sont mouillées ni par la gelée ni par la pluie».

Je suppose que vous avez bien vu la tournure passive: «les vignes peuvent être soignées les arbres sont à émonder».

Careo, c’est «manquer de», «ne pas avoir de».

Cortex, icis, nous a donné en français «décortiquer», etc.

VINGT-QUATRIÈME LEÇON

La cour de Phébus

La difficulté des versions en vers réside surtout dans la construction des phrases, où les mots se suivent souvent dans un grand désordre. Cela résulte de ce que les vers latins sont formés de successions déterminées de syllabes longues et de syllabes brèves; le poète doit, par exemple, avoir deux longues de suite, ou bien une longue suivie de deux brèves. Pour arriver à ces successions, il est parfois obligé de placer les mots sans tenir compte de leurs rapports logiques entre eux. Mais cette construction désordonnée n’a pas d’inconvénient, puisque la terminaison de chaque mot suffit à indiquer sa fonction dans la phrase.

Phoebus, velatus veste purpurea, sedebat in solio lucente smaragdis claris, «Phébus, revêtu d’un habit de pourpre, était assis sur un trône qui étincelait d’émeraudes éclatantes».

«A sa droite et à sa gauche se tenaient le Jour, le Mois, l’Année, les Siècles, les Heures placées à intervalles égaux; le printemps nouveau, ceint d’une couronne de fleurs; l’été, nu, portant des guirlandes d’épis; l’automne, sale d’avoir foulé les grappes; et l’hiver glacé, avec ses cheveux blancs tout hérissés.»

A dextra. Notez bien ce sens de ab, «du côté de». J’ai déjà dit bien des fois que ab indiquait toujours l’origine; c’est du sens de «en partant de» qu’on est arrivé au sens que nous avons ici. Avec dextra, le mot manu est sous-entendu. De même nous disons: «à main droite» ou «à droite» tout court.

Notez le mot ver, veris, «le printemps». L’ablatif vere ne doit pas être confondu avec l’adverbe vere, «vraiment»; ni, à plus forte raison, avec vero, qui signifie «mais».

Stabat vient du verbe stare, o, as, steti, statum, «se tenir debout».

Cinctum est le participe passé passif de cingere, o, is, cinxi, cinctum, «ceindre, entourer». Corona florente, «d’une couronne florissante» = «d’une couronne de fleurs».

Ne pas confondre aestas, «l’été», avec aetas, l’âge».

Gerere, o, is, gessi, gestum, «porter»: verbe très fréquent. Nous avons déjà vu gerere dans le sens de «faire»: gerere bellum, «faire la guerre».

Sordidus uvis calcatis, «sali par les grappes foulées». — Calcare, «fouler aux pieds». La construction du dernier vers est: Hiems, l’hiver; hirsuta, hérissé; capillis canis (ablatif, complément circonstanciel), sous le rapport de ses cheveux blancs. Canus, cana, canum, «blanc»; ne pas confondre avec canis, is, «le chien». Do panem canis canibus, «je donne du pain aux chiens blancs».

L’emplacement d’une ruche

«D’abord, il faut établir les ruches près de la ferme, autant que possible à un endroit où il n’y a pas d’échos, car ce bruit peut causer le départ des abeilles. Ensuite, il faut que cet emplacement ne soit pas brûlant en été, mais soit exposé au soleil en hiver; il est très important qu’elles trouvent dans le voisinage une nourriture abondante et de l’eau pure. S’il n’y a pas de nourriture fournie par la nature, il faut que le propriétaire sème les fleurs que les abeilles aiment le mieux: ce sont la rose, le serpolet, la mélisse, le pavot, la fève, la lentille, le pois, le basilic, le glaïeul, les plantes médicinales, et surtout le cytise et le thym, dont le premier est excellent pour la santé des abeilles, et le second pour la production du miel».

L’agriculture était l’occupation essentielle des Romains. Plusieurs auteurs, notamment Varron, Caton, Columelle, nous ont laissé des traités d’agronomie. Naturellement, les recherches des savants, surtout depuis un siècle, ont considérablement amélioré les méthodes de culture et d’élevage. Les engrais chimiques, les machines, la sélection des semences, par exemple, ont augmenté les rendements dans des proportions dont les anciens auraient été stupéfiés. Cependant une longue pratique avait déjà permis aux Romains d’avoir de solides connaissances agricoles.

L’apiculture, notamment, a fait d’énormes progrès par l’invention des ruches à cadres. Néanmoins plusieurs des conseils donnés ici par Varron sont toujours utiles.

Primum ou primo, adverbe, «premièrement, d’abord». Primum vivere, dit le proverbe, «d’abord vivre»; deinde philosophari, «philosopher ensuite»…​ seulement. Car faire de la philosophie sans songer d’abord à s’assurer des moyens d’existence, est une méthode ultra-dangereuse.

Secundum, qui veut parfois dire: «secondement», de même que primum veut dire «premièrement», a encore d’autres sens; c’est en effet devenu une préposition qui a le sens de «immédiatement en second après quelque chose», d’où «à la suite de», «après», puis «à côté de», sens que nous avons ici. D’autres fois, «d’après», «selon», par exemple, dans le Credo: Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, «et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures».

Villa, «maison de campagne» et surtout «ferme».

Du mot mel, mellis, neutre, «miel», vient mellarium, «ruche».

Oportet, verbe impersonnel, «il faut», nous a donné en français «opportun»: qu’il faut faire, dire, etc. Après ce verbe, nous avons ici l’infinitif: oportet jacere; plus bas, nous avons la proposition infinitive avec sujet à l’accusatif: oportet hunc locum esse apricum. Souvent oportet se construit avec le subjonctif: «il faut que tu viennes», oportet venias.

Potissimum, «le plus possible»: ce superlatif vient de l’adjectif potis, e, «possible»; l’adverbe au comparatif: potius, «plutôt», est fréquent. On le retrouve dans cette devise bien connue: Potius mori quam foedari, «plutôt la mort qu’une souillure» (plutôt mourir que d’être souillé, d’être déshonoré). La racine pot est la même que dans le verbe possum, potes, «pouvoir».

Ubi, «là où», «dans un endroit où».

Imagines, de imago, inis, «les images de la voix, les échos».

Causa fugae, «une cause de fuite, de départ».

Non fervidus, exactement «non bouillant»; le verbe ferveo, «bouillir», nous a donné en français effervescence = ébullition. — Quand les ruches sont exposées à une trop grande chaleur, les gâteaux de cire ont tendance à fondre, et le travail des abeilles, dans une atmosphère surchauffée, est rendu très pénible.

Interest magni. Les adverbes de quantité: «plus, moins, combien, beaucoup», etc., qui accompagnent un verbe de prix ou d’estime, se mettent soit au génitif, soit à l’ablatif. Ici interest magni (gén.) a le sens de: «il est précieux, il est d’un grand prix». Nous disons de même en français: «il est très intéressant».

Pabulum, «pâture, nourriture», apparenté au verbe pascere, «nourrir, faire paître», dont le supin est pastum, d’où pasteur (pastor).

Frequens: «nombreux, abondant».

Ce conseil de Varron est toujours excellent. Les abeilles peuvent aller chercher leur nourriture fort loin, jusqu’à trois kilomètres, dit-on. Mais lorsque la distance à parcourir est longue, elles ne peuvent porter qu’une petite charge; d’autre part, elles perdent leur temps à faire du chemin au lieu de butiner. L’eau pure est indispensable pour élever le couvain, c’est-à-dire les larves qui se transformeront en abeilles.

Serere, o, is, sevi, satum, «semer».

Ea quibus apes delectantur, «ces choses (ces plantes) par lesquelles les abeilles sont charmées», c’est-à-dire «que les abeilles aiment».

Hoc désigne toujours l’objet le plus rapproché; illud, le plus éloigné.

Au lieu de apium, on trouve parfois apum.

Thème

Si nous donnons un titre à ce thème, ce sera en français: «Les abeilles». En latin, la tournure habituelle est de apibus, «au sujet des abeilles». La préposition de gouverne l’ablatif.

«Les abeilles sont des animaux très utiles». Apes animalia utilissima sunt.

Animal, is, est un nom neutre. Les noms neutres en al et en ar, qui étaient primitivement terminés en ale, are, continuent à se décliner comme les parisyllabiques du type mare, c’est-à-dire qu’ils ont: 1° le gén. plur. en ium; 2° le nom. pl. en ia; 3° l’abl. sing. en i.

Le superlatif de utilis est régulier: utilissimus. Il s’accorde avec animalia, plur. neutre.

«Car elles donnent à l’homme le miel, qui le nourrit agréablement, et la cire, dont les usages sont très variés». Homini enim mel dant, quod eum jucunde alit, et ceram, cujus usus maxime varii sunt.

Le verbe «donner»: dare, o, as, dedi, datum, est bien connu. Pour traduire «car» on a le choix entre nam, qui se met en tête de la phrase, et enim, qui se met toujours le deuxième mot.

«Homme» ici veut dire «être humain», et non spécialement «homme» par opposition à «femme». Aussi faut-il employer homo, et non vir. Ce complément d’attribution se met naturellement au datif.

Mel, mellis, est du neutre; l’accusatif est donc semblable au nominatif.

Le relatif, dont l’antécédent est mel, sera, lui aussi, du neutre; et comme ce relatif est le sujet de nourrit, il est au nominatif. Le relatif nominatif neutre singulier est quod.

Le verbe «nourrir»: alere, o, is, nous a donné en français aliment.

«Le», pronom personnel, compl. dir. de nourrit, se traduit par l’accus. d’un pronom démonstratif, is, hic ou ille, car il n’y a pas de pron. pers. de la 3e pers. en latin. On peut donc avoir eum, hunc ou illum.

«La cire» est aussi le compl. dir. de donnent. Ce mot est donc à l’accus.

«Dont», pron. relatif, a pour antécédent ceram, fém. sing.; c’est le compl. dét. du nom usages. Il faut donc le mettre au génitif. Le relatif fém. sing. gén. est cujus: ce génitif est d’ailleurs le même pour les trois genres.

«Les usages»: usus, us, 4e déclin., est au nom. comme sujet de sont: usus.

«Variés», adj. attribut de usages, s’accorde avec lui, c’est-à-dire qu’il sera aussi au nom. plur. masc. Varius fait au nom. plur. varii. Comme cet adjectif se termine en ius, il n’a pas de superlatif en issimus. On forme le superlatif en faisant précéder l’adjectif de maxime (cas général pour les adjectifs en eus, ius, uus).

«Rien n’est plus digne d’admiration que la vie de ces insectes, qui nous enseignent comment on peut travailler avec activité et avec joie».

Nihil dignius admiratione est quam vita illarum bestiolarum, quae nos docent quomodo strenue et laete laborare possimus.

«Rien», nihil, pronom neutre.

Son attribut: «plus digne», sera donc aussi au neutre. Le comparatif neutre est en ius: dignius. Après l’adj. dignus, on trouve, nous dit le dictionnaire, généralement l’ablatif. L’abl. de admiratio, onis, est admiratione.

«Que», après le comparatif, se traduit par quam. «La vie» est le sujet de «est digne d’admiration» sous-entendu, donc au nomin.: vita.

«De ces insectes», compl. dét. du nom vie, se met au gén. plur.

«Qui» a pour antécédent bestiolarum, qui est au fém. pl.

Ce qui est sujet de enseignent, il est donc au nom. Le nom. plur. fém. du relatif est quae.

Le verbe «enseigner» est doceo, 2e conjug. Après ce verbe, le nom de la personne complément se met à l’accusatif, comme en allemand: Ich lehre dich, et en anglais: to teach some one. L’accusatif de nous est nos.

«Comment», adverbe, se dit quomodo, ce qui signifie «de quelle manière», ablatif de qui modus.

«Comment on peut travailler» est une prop. subord. complém. dir. de enseignent qui commence par un mot interrogatif («comment?»). C’est donc ce qu’on appelle une interrogation indirecte. Dans les prop. interr. ind., le verbe se met toujours au subjonctif.

«On peut». Le mot «on» n’existe pas en latin. On peut traduire par la 1re pers. plur.: «nous pouvons travailler». On pourrait aussi traduire par le passif impersonnel: «comment il peut être travaillé»: quomodo laborari possit.

«Avec activité et avec joie» seront traduits de préférence par deux adverbes. Mais on pourrait traduire aussi comme en français: cum ardore et cum gaudio. Se rappeler alors que la prép. cum gouverne l’ablatif.