Au-delà des bases du latin

Vous avez terminé une méthode d’initation au latin, vous avez réussi l’exploit d’apprendre les formes et vous avez acquis un vocabulaire de base. Félicitations, vous pouvez déjà lire des textes simples comme la Vulgate. Mais si vous ouvrez un livre de César ou de Cicéron, vous serez rapidement déconcerté. Entre les éléments de la grammaire et la lecture des oeuvres classiques, il y a un gouffre qui paraît à première vue infranchissable.

Les structures simples et logiques d’un manuel de latin ne sont pas celles d’une langue organique et vivante. Chaque ligne des auteurs est truffée d’expressions, de tournures de phrases, de sous-entendus et d’omissions qui ajoutent une difficulté au moins égale à celle de la morphologie et du vocabulaire que vous avez appris. Apprendre à naviguer dans ces eaux remplies de bas-fonds, de rochers et d’obstacles est un art qui s’apprend par la pratique.

La méthode que nous recommandons pour aller au-delà des bases est composée des éléments suivants:
1. lire des textes gradués;
2. faire du petit latin;
3. se constituer un petit dictionnaire.

Les textes gradués

Pour atténuer le choc du passage de la grammaire à la lecture, il est nécessaire de suivre un régime de lecture gradué. Il faut donc commencer avec des textes conçus pour les débutants et progresser vers les auteurs classiques.

Nous recommandons particulièrement les textes de l’abbé Lhomond, d’abord Epitome Historiae Sacrae, puis De Viris Illustribus. On choisira une édition qui comporte une traduction française pour contrôler sa compréhension et pour apprendre en lisant.

Quand vous aurez assez progressé pour commencer à lire les auteurs classiques, il faudra éviter la poésie dans un premier temps. Commencez avec Eutrope, César et Népos. Comme étape intermédiaire, nous recommandons Tite-Live, les discours de Cicéron et les pères de l’Église latine. Parmi les auteurs les plus avancés sont Tacite et Cicéron dans sa correspondance.

Faire du petit latin

Faire du petit latin, c’est lire un texte en latin en notant les passages problématiques, puis consulter une traduction pour comprendre ces passages difficiles. Dès que vous commencerez à lire des auteurs latins, il est très utile, voire indispensable, de lire de cette façon. Il faut résister à la tentation de consulter la traduction dès la première embûche. Réfléchissez à la phrase problématique pendant plusieurs minutes. Pensez aux divers sens qu’un mot peut avoir. Consultez les exemples dans le dictionnaire. Analysez le contexte pour trouver des indices. Ne regardez la traduction qu’en dernier recours pour vous dépanner. Quand vous penserez avoir tout compris, contrôlez votre compréhension en lisant la traduction intégrale du passage.

En résistant à l’envie de consulter la traduction, vous serez forcé de développer vos propres mécanismes de résolution des problèmes de compréhension. Ces mécanismes, souvent inconscients, sont indispensables pour vraiment comprendre les auteurs et pour commencer à penser comme un Romain.

Lecture recommandée

Se constituer son propre dictionnaire

À mesure qu’on lit, il faut retenir les nouveaux mots que l’on rencontre. Comme aide-mémoire, il est très profitable de tenir une liste de mots avec leurs sens. Parfois, le simple fait d’écrire le mot nous aide à retenir son sens. Il n’est pas nécessaire que la liste soit en ordre alphabétique. Quand on voit un mot déjà rencontré, on peut ajouter des nouveaux sens ou même des exemples, comme une partie de phrase.