COMMENT PRONONCER CORRECTEMENT LE LATIN

QUOMODO RECTE ENUNTIENTUR VERBA LATINA

Note
Ce texte a été reproduit à partir du site d’Olivier Rimbault

(Explanationes partim excerptae e Cleti Pavanetto libro q.i. Elementa linguae et grammaticae Latinae, a.2001 Romae ed., p.14-15, additionibus et commentationibus nostris per litteras italicas inclusis.)

PRAECIPUAE LEGES — REGLES PRINCIPALES

In his infra vérsibus non redíbimus ad appellationem linguae Latinae XXIII litterarum vel phonématum. Nam in quovis libro de grammática Latina explicatur satis bene (ac exemplis cuique vernáculae huius témporis linguae aptióribus) is modus enuntiandi quem "clássicum" vel "restitutum" appellant idemque, ut Augusta aetate apud urbanos quidem et expolitos Romanos, sic hodie viget apud plerosque Latinistas (1).

Dans les lignes qui suivent, nous ne reviendrons pas sur la manière de prononcer les 23 lettres ou phonèmes du latin. En effet on trouve dans n’importe quelle Grammaire latine une explication assez bien faite (et avec des exemples adaptés à chaque langue vernaculaire de notre temps) sur la prononciation qu’on appelle "classique" ou "restituée" et qui est en vigueur aujourd’hui chez la plupart des latinistes, comme elle le fut à l’époque d’Auguste, du moins chez les Romains citadins et bien éduqués (1).

Verbum Latinum dividitur in syllabas: syllabae vero sunt longae aut breves. Vocalis longa linéola recta (ˉ) signatur, brevis vero semicírculo (˘). Longitúdine aut brevitate vocálium sensus verborum mutari potest: ita, pōpulus índicat árborem (Italice: pioppo), pŏpulus vero signíficat gentem (vulgo: pópolo). Summum momentum tribuebant Romani rectae enuntiationi. Cícero ait: "Si páulum modo offensum est, ut aut áliquid contractione brévius fíeret aut productione lóngius, theatra tota reclamant". (2)

Le mot latin est divisé en syllabes, mais les syllabes sont ou longues ou brèves. Une voyelle longue est signalée par un petit trait droit (ˉ), tandis qu’une brève l’est par un demi-cercle (˘). Selon la longueur ou la brièveté des voyelles, le sens des mots peut changer: ainsi, pōpulus désigne l’arbre (en français: le peuplier), mais pŏpulus veut dire le peuple. Les Romains donnaient une très grande importance à la correction de la prononciation. Cicéron dit: "A la moindre petite erreur, qu’une longue soit émise en étant abrégée ou une brève en étant allongée, tous les spectateurs protestent." (2)

Accentus in prisco sermone Latino residebat in prima verborum syllaba, sicut mos fuit apud Indo-Europaeos. In Latinitate clássica fuit melódicus, id est canebatur in altiore nota: apud nos (Italos) viget consuetudo exprimendi accentum intentiore vocis sono. Labente témpore inváluit pernota lex paenúltimae syllabae, ex qua accentus pónitur in paenúltima syllaba, quando est longa: occī́do (Itálice: uccido); recedit in tértiam a postrema (sive antepaenúltimam), si paenúltima est brevis: óccĭdo (Itálice: tramonto).

L’accent, dans le latin des origines, résidait sur la première syllabe des mots, comme c’était la coutume chez les Indo-Européens. En latin classique, il était mélodique, c’est-à-dire qu’il était chanté sur une note plus élevée: chez nous (les Italiens) reste en vigueur l’habitude de faire ressortir l’accent par une émission plus intensive de la voix. Au cours du temps a prévalu la loi bien connue de la syllabe pénultième, en vertu de laquelle l’accent est placé sur l’avant-dernière syllabe quand elle est longue: occī́do ("occire" en vieux français, "tuer"); l’accent recule sur la troisième syllabe avant la fin (ou antépénultième) si l’avant-dernière est brève: óccĭdo ("tomber", "se coucher" pour le soleil, d’où "occident").

J. P. Mazières († 2012), Tolosanae universitatis magister, his verbis rem exponit: I - OMNIA verba DUARUM syllabarum, ait, fácile enuntiantur quóniam accentus Latinus, verbis raríssimis exceptis (vide infra), NUMQUAM in postrema pónitur! Ergo iam scis inter 55% et 65% ex occurréntibus vócibus recte enuntiare quóniam tot Latina verba ex única aut duabus syllabis consistunt.

J. P. Mazières, professeur à l’Université de Toulouse, présente les choses en ces termes: I – TOUS les mots de DEUX syllabes, dit-il, sont facilement prononcés puisque l’accent latin, à de très rares exceptions (cf ci-dessous), n’est JAMAIS placé sur la dernière syllabe! Par conséquent vous savez déjà prononcer correctement entre 55% et 65% des mots que l’on rencontre puisque telle est la quantité des mots composés d’une ou de deux syllabes.

II - Quómodo ígitur accentus cognóveris verborum plus quam duarum syllabarum? Per legem paenúltimae syllabae. Quae lex clare illustratur cum paenúltima syllaba ad minus áltera consonanti quasi "claúditur". Tunc enim vocalis longa fit ut accentus non ultra recedat: ádvĕnis sed advḗntum; vídĕo sed vidḗndo. Quae clausura num fiat necne si attenderis, fere 80% e Latinis verbis recte enuntiabis.

II – Comment alors saurez-vous accentuer les mots de plus de deux syllabes? Par la loi de la syllabe pénultième (ou avant- dernière). Loi clairement illustrée lorsque l’avant- dernière syllabe est comme "fermée" par au moins une deuxième consonne. En effet, dans ce cas, la voyelle devient longue de sorte que l’accent ne recule pas plus loin: ádvĕnis mais advḗntum; vídĕo mais vidḗndo. Si vous observez bien si cette clausure se produit ou non, vous énoncerez correctement presque 80% des mots latins.

III - Nunc pauca relinquuntur quorum plerorumque accentum faciliores leges morphológiae et poesis patefáciunt:

- plerumque, duae cum vocales consequuntur, prima brevis est: amŏ́vĕo sed amovḗtis; réquĭes sed requiḗtis; ímpĭus, a, um, cet.

- revise deinde coniugationes cum longa vocale (amā́re, amā́bam, amā́bĭmus sed amabā́mus; vidḗre, vídĕo, vidḗmus; audī́re, audī́mus) et cumque brevi vocale (pétĕre; cápĕ́re, cápĭmus sed capiḗbam, capiḗmus, cet.);

- revise étiam differéntias inter perfectum et infectum (révĕnit / revḗnit; cónfĭcit / confḗcit sed confēcī́sti);

- item revise nonnullas nóminum adiectivorumque desinéntias (-ṓrum, -ā́rum, -ĭum, -ĭbus) imprimisque tértiae declinationis imparisyllabicorum (m.: scríptor, scriptṓris, scriptṓribus; n.: témpus, témpŏris, tempórĭbus; f.: grávĭtas, gravitā́tis, cet.);

- revise tandem suffixa frequentiora sicut -ŭlus (ridícŭlus, a, um), -ū́rus (adventū́rus, a, um), -ī́ssĭmus (beatī́ssĭmus, a, um), cet. Tunc demum ca 95% e vocábulis, secundum computationes J. P. Mazières magistri, sine magna difficultate enuntiari possunt.

III – Il en reste à présent un petit nombre dont la plupart ont un accent mis en évidence par les lois assez faciles de la morphologie et de la poésie:

- La plupart du temps, lorsque deux voyelles se suivent, la première est brève: amŏ́vĕo mais amovḗtis; réquĭes mais requiḗtis; ímpĭus, etc.

- Revoyez ensuite les conjugaisons à voyelle longue (amā́re, amā́bam, amā́bĭmus mais amabā́mus; vidḗre, vídĕo, vidḗmus; audī́re, audī́mus) et à voyelle brève (pétĕre; cápĕ́re, cápĭmus mais capiḗbam, capiḗmus, etc.).

- Révisez aussi les différences entre le perfectum (l’achevé) et l’infectum (l’inachevé): révĕnit (il revient) / revḗnit (il revint); cónfĭcit (il fait) / confḗcit (il a fait) mais confēcī́sti (tu as fait).

- Revoyez de la même manière quelques désinences de noms et d’adjectifs (-ṓrum, -ā́rum, -ĭum, -ĭbus) et en particulier celles des impari-syllabiques de la 3ème déclinaison (m.: scríptor, scriptṓris, scriptṓribus; n.: témpus, témpŏris, tempórĭbus; f.: grávĭtas, gravitā́tis, etc).

- Revoyez enfin les suffixes assez fréquents comme -ŭlus (ridícŭlus, a, um), -ū́rus (adventū́rus, a, um), -ī́ssĭmus (beatī́ssĭmus, a, um), etc. C’est alors près de 95% des mots, selon les calculs du professeur J. P. Mazières, qui peuvent être prononcés sans grande difficulté.

IV - Restant quidem paucíssima quae per usum memória servabuntur. Léxico enim quantitates (breves longasve) indicante, usus nec leges docet paenúltimam huius verbi amī́cus vel Latī́nus longam esse ut accentus supra eam ponendus sit. Item Cā́esar, Cā́esăris semper in prima syllaba (quae diphtonga est) accentum áccipit. (3)

IV – Certes, il en reste un très petit nombre qui peuvent être mémorisés par l’usage. En effet, avec l’aide du dictionnaire qui indique les longueurs, c’est l’usage et non les règles qui nous enseigne que la pénultième de am ̄ícus ou de Lat ̄ínus est longue de sorte que l’accent doit être placé sur elle. De même Cā́esar, Cā́esăris est toujours accentué sur la première syllabe. (3)

LEGES MINUS SAEPE OCCURRENTES — REGLES DE MOINDRE OCCURRENCE

A - Cum adiuncta vócula -ce ad lítteram c est redacta per apócopen, tunc pónitur in postrema: illíc (ex illíce); istác, istúc, illúc;

A – Lorsque la particule -ce qui s’ajoute à un mot est réduite à la lettre c par apocope, alors l’accent se place sur la dernière syllabe: illíc (de illíce); istác, istúc, illúc;

B - hoc fit étiam in imperativo verborum, quae cum dicendo, vel ducendo, vel faciendo sunt compósita: addíc (ex ad-díce); addúc, olfác, calefác;

B – c’est ce qui arrive aussi à l’impératif des verbes qui sont des composés de dicere, ducere ou bien facere: addíc (de "ad-díce"); addúc, olfác, calefác;

C - hoc évenit in nominativo singulari nóminum gentiliciorum, quae éxeunt in -as: Arpinás (per syncopen ex primigénia forma Arpināt[i]s); nostrás (ex nostrāt[i]s), Quirís (ex Quirit[i]s); atque étiam in verbis temporalibus audít (ex audīvit), perít (ex perīvit), fumát (ex fumāvit);

C – cela se produit au nominatif singulier des gentilices qui se terminent en -as: Arpinás (par syncope de la forme primitive "Arpināt[i]s"); nostrás (de "nostrāt[i]s"), Quirís (de "Quirit[i]s"); mais aussi avec les verbes audít (pour "audīvit"), perít (pour "perīvit"), fumát (pour "fumāvit");

D – in conjugatione verborum temporálium compositorum, cuius géneris sunt: calefácio, patefácio, satisfácio, perstat in paenúltima; quam ob rem dícitur: calefácis, patefácit; sed calefít in forma passiva, quia pars bisyllábica cale- in verbis temporálibus fácere et fíeri iuxtapónitur et manet quodam modo seiuncta;

D – dans la conjugaison des verbes composés du genre calefácio, patefácio, satisfácio, l’accent reste sur l’avant-dernière syllabe; pour cette raison, on dira calefácis, patefácit; mais calefít à la forme passive, parce que la partie bisyllabique cale- est accolée aux verbes fácere et fíeri et reste d’une certaine manière à part;

E – cum verbo adiunguntur enclítica -que, -ve, -met, -dum, -ne, -ce, si accentus syllabae verbi cui adiunguntur résidet in tértia a postrema, novus accentus pónitur in paenúltima étiam cum haec est brevis: scélera, sceleráque; ómnia, omniáque; excipiuntur verba in quibus vis primigénia partículae evánuit et ipsa per epéctasin ita conglutinata est cum verbo praecedenti ut étiam novam significationem adipiscatur: éadem, útinam, útique. Sed plerắque, utrắque, per analógiam cum masculinis plerī́que et utrī́que.

E – lorsque s’ajoute à un mot les enclitiques -que, -ve, -met, -dum, -ne, -ce, si l’accent du mot auquel ils s’ajoutent se pose (habituellement) sur la troisième syllabe avant la fin, le nouvel accent se place sur l’avant-dernière, même lorsque celle-ci est brève: scélera, sceleráque; ómnia, omniáque; font exception les mots dans lequel le sens primitif de la particule n’est plus perçu et elle-même est si bien accolée par extension au mot qui existait avant que l’on obtient un nouveau signifiant: éadem ("les mêmes choses" mais eádem, "par le même endroit"), útinam, útique. Mais on prononce plerắque, utrắque par analogie avec les masculins plerī́que et utrī́que.

Sunt qui cénseant accentum posse perstare in paenúltima verbi syllaba si postrema est brevis: sceléstĕ, sceléstĕque; transire vero in postremam dumtaxat si haec est longa: rosā, rosáque (4); tamen A. Traina et L. Pasqualini (5) aliique fere omnes grammátici tenent accentum semper ponendum esse supra postremam verbi syllabam quam séquitur enclíticum.

Certains pensent que l’accent peut rester sur l’avant-dernière syllabe du mot si la dernière est brève: sceléstĕ, sceléstĕque; mais qu’il passe sur la dernière tout au moins lorsque celle-ci est longue: rosā, rosáque (4); cependant A. Traina et L. Pasqualini (5) et presque tous les autres linguistes soutiennent que l’accent doit toujours se placer sur la dernière syllabe du mot que suit l’enclitique.

F – in casu vocativo nóminum in -ius, accentus pónitur in paenúltima syllaba, quamquam brevis est: Vergíli, Gregóri; quidam tamen grammátici malunt légere: Vérgĭli, Válĕri (6), Tárquĭni, ut testatur I. Zenoni (7);

F – au vocatif des noms en -ius, l’accent se place sur l’avant-dernière syllabe, même si elle est brève: Vergíli, Gregóri; cependant, certains linguistes préfèrent lire Vérgĭli, Válĕri (6) , Tárquĭni, comme en atteste I. Zenoni (7);

G – plerumque accentus in postrema syllaba pónitur quando vócula interrogativa -ne ad litteram n' est redacta per apócopen: tantón' (ex tantóne), satín' (ex satisne), audín' (ex audisne).

G – le plus souvent l’accent est sur la dernière syllabe lorsque la particule interrogative -ne est réduite par apocope à la lettre n': tantón' (pour "tantóne"), satín' (pour "satisne"), audín' (pour "audisne").

ULTIMAE HORTATIONES — ULTIMES EXHORTATIONS

Cum Latina verba pure exprímere id roget ut quantitatem cuiusque syllabae simul et verbi accentum respiciamus, tamen permulti sunt, etiam apud doctíssimos, qui quantitates sonare vix sciant, quod sane Latinum non in cunis didícimus. Hac autem in re Latinistae e Finnis magistri habentur quod eorum aures oraque vernácula lingua ad distinctionem brevium et longarum optime erudita sunt (8) . Sed iam tempore Romanorum appellatio Latini sine dubio non omnino eadem fuit in provínciis atque in Urbe, sicut hódie Quebecenses Francogállicum non eodem modo sonant ac Parísii. Ne tamen haec ómnia te sollícitent! Nam satis bene ages si quidem lítteras modo restituto enuntiabis accentumque saépius recte pones. Ita enim faciendo, non solum poetarum carmínibus sed étiam oratorum eloquéntia multo plus fruéris (9) . Eos quoque bene intéllegas Germanos, Ítalos omnesque hómines ex alienis terris oriundos qui tecum Latine colloquantur! Tandem numquam satis repetemus vivum ac fere quotidianum usum óptimum ómnium paedagógum esse: quam saepíssime te exerce in bene legendo. Quin étiam Latine loquaris? Hoc non nisi stultis et superbis ridículum est quia non est mélior via exercitationis quam vivus et activus sermonis usus ut res pénitus in memória nostra imprimantur et insideantur. (10)

Alors qu’une juste prononciation des mots latins demanderait que nous veillions à la quantité de chaque syllabe en même temps qu’à l’accent du mot, un très grand nombre de gens, même parmi les plus savants, savent à peine faire entendre les quantités, puisqu’évidemment nous n’avons pas appris le latin au berceau. Dans ce domaine d’ailleurs, les latinistes finlandais sont tenus pour des maîtres parce que leurs oreilles et leurs bouches ont été très bien éduquées par leur langue vernaculaire à la distinction des brèves et des longues (8). Mais à l’époque des Romains déjà, la prononciation du latin, sans aucun doute, n’était pas tout à fait la même dans les provinces qu’à Rome, tout comme aujourd’hui les Québécois ne prononcent pas le français avec le même accent que les Parisiens. Cependant ne soyez pas tourmentés par tout cela! Car vous ferez du bon travail simplement en prononçant les lettres selon la prononciation restituée et en plaçant assez souvent l’accent d’une manière correcte. De la sorte en effet, vous savourerez mieux les œuvres poétiques mais aussi l’éloquence rhétorique (9). Vous comprendriez même correctement les Alle- mands, les Italiens et tous les étrangers qui discuteraient avec vous en latin! Enfin nous ne répéterons jamais assez qu’un usage vivant et presque quotidien est le meilleur des pédagogues: entraînez-vous le plus souvent possible à bien lire. Et pourquoi ne parleriez-vous pas en latin? Seuls les sots et les orgueilleux trouvent cela ridicule car il n’y a pas de meilleure méthode d’entraîne- ment que l’utilisation vivante et active du langage afin que les choses s’impriment et restent profondément ancrées dans notre mémoire. (10)

NOTAE:

(1) Vide e.g. Grammaire Latine, A. Cart, P. Grimal, J. Lamaison et R. Noiville (Paris, Nathan ed.), § 4.

Hoc summário scribendo, ad exemplum Cleti Pavanetto libelli, te iuvávimus quo réctius verba Latina enuntiares. Nam "si nihil invénies signatum, accentus est in paenúltima syllaba". Nullum ergo accentum adscrípsimus nisi quo antepaenúltima syllaba contentiore et elatiore voce legenda est. Ceterorum vero verborum paenúltimam clarius sonare oportet. Attamen véniam pétimus quod non nobis potestas fuit accentus supra lítteram Y inscribendi ("sYllaba" in antepenúltima accentum habet).

En écrivant ce résumé, à l’exemple du livre de Cletus Pavanetto, nous vous avons aidé à prononcer les mots latins plus correctement. En effet, "si vous ne trouvez aucun signe d’accentuation, c’est que l’accent est sur l’avant-dernière syllabe du mot". Par conséquent, nous n’avons pas écrit d’autre accent que celui qui oblige à prononcer l’avant-avant-dernière syllabe par une émis- sion de voix plus marquée et plus élevée. Tandis qu’il faut faire résonner plus clairement l’avant-dernière syllabe de tous les autres mots. Cependant qu’on nous excuse du fait que nous ne pouvions pas ajouter l’accent au-dessus de la lettre y (le mot "syllaba" est accentué sur l’avant-avant-dernière syllabe).

(2) Cicero, Orator, 51, 173. Haec differéntia summi momenti est ut verborum tertiae conjugationis distinguantur nonnullae formae: légĕris vel légĕre (tu es lu) sed legḗris vel legḗre (tu seras lu): lĕ́gĕre etiam esse potest infinitivus modus praesenti tempore et activa forma (lire) cum lēgḗre pro lēgḗrunt nonnumquam scribatur (ils ou elles lurent). Denique lĕ́gĕre (sois lu) imperativus quoque esse potest forma passiva!

(3) In Langues anciennes en Europe, Actes de l’université d’été de Carcassonne 1993, CNARELA, pp.61-62.
Johannes-Petrus Mazières etiam edidit discum audibilem (Comment prononcer le latin?) qui apud ARTELA Editions (Tolosae) comparari potest. / Jean-Pierre Mazières a même édité un CD audio qui peut être commandé à ARTELA Editions, s/c C.Gabaude, 2 cheminement H.Bosco, 31000 Toulouse (€ 10.- frais de port compris).

De eodem argumento Angliciloquentes libellum duasque taeniolas magneticas a Stephano G. Daitz confectas apud Bolchazy Americanum editorem emere possunt: The Pronunciation and Reading of Classical Latin (The Living Voice of Latin and Greek Litterature), London, Jeffrey Norton Publishers, 1984 / Les Anglophones peuvent acheter sur le même sujet le petit livret et les deux cassettes audio de Stephen G. Daitz, chez l’éditeur américain Bolchazy.

(4) Cfr I. Zenoni, Morfologia Latina, Venezia 1927, pp.7-8.

(5) Cfr A. Traina-L. Pasqualini, Morfologia Latina, Cappelli editore, Bologna 1985, pp.15-16.

De hac re tamen adhuc nunc disputatur non solum inter grammaticos sed etiam inter eos qui vivum sermonem adhibent! Brennus Legranus, amicus et auctor acroasis q.i. « De textibus latinis recitandis », non Cleti Pavanetto ceterorumque Italorum sed Marci Bordelon Americani auctoritatem et probationem sequitur. Solutio huic dissensioni in versibus Latinis inveniri posse videatur. Nam primo, pedes heterodynamici rarissime occurrunt in fine hexametri. Sed quid probat hos duos ex Aeneidis libro I° non homodynamicos esse?

Italiam fato profugus Laviniaque venit (v.2) (Laviníaque aut Laviniáque?)
Karthago, Italiam contra Tiberinaque longe (v.13) (Tiberínaque aut Tiberináque?)

Itidem pedes homodynamicos exspectantur in plerorumque pentemetrorum hemistichiis alteris. Sed quis pro certo declarabit hos duos non heterodynamicos esse?..

Dummodo sim, quaeso, segnis inérsque vocer (Tibullus, ex Elegiarum libro I°, I, v.58)
Cum cecidit fato consul utérque pari (Ovidius, ex Tristium libro IV°, 10, v.6)

(6) Cfr A.Gellius, Noctes Atticae, 13, 26, 1s.

(7) Cfr op. mem., p.7, nota 1.

(8) Erasmus, XVI° s. ineunte, hoc vitium iam vituperabat. Lege Colloquia Familiaria, II, ubi Claudius Balbum e Gallia in Bataviam redeuntem de itinere percontatur:

Cl. Sonasne probe sermonem Gallicum?
Ba. Immo et Latinum sono Gallice.
Cl. Nunquam igitur scribes bona carmina.
Ba. Cur ita?
Cl. Quia periit tibi syllabarum quantitas.

Cl. Prononces-tu bien le français?
Ba. Mieux, je prononce le latin à la française.
Cl. Alors tu ne feras jamais de bons vers (latins).
Ba. Pourquoi cela?
Cl. Parce que la quantité des syllabes n’existe plus pour toi.

Nunc per interrete facile est Finnos Latina verba recitantes audire: http://areena.yle.fi/1-1931339

(9) Cfr e.g. E.Berger, Stylistique latine, § 179 (de rythmo).

(10) Te confer ad paginam "CONSILIA, INSTRUMENTA ET FONTES" (in parte q.i. DIDACTICA).