Ce que les documents de l’Église nous disent sur le latin

N. B. — La plupart des traductions sont les miennes (je suis allé vite, désolé des tournures boiteuses), puisque les traductions françaises ne sont pas disponibles sur le site web du Vatican (faut-il s’en étonner?). — D.A.

Pius PP. XI, Officiorum Omnium, 1922

Pie XI, Officiorum Omnium, 1922

Ecclesia, ut quae et nationes omnes complexu suo contineat, et usque ad consummationem saeculorum sit permansura, et prorsus a sui gubernatione vulgus arceat, sermonem suapte natura requirit universalem, immutabilem, non vulgarem.

L’Église a besoin d’une langue qui est, de sa propre nature, universelle, immuable et non populaire, parce qu’elle comprend toutes les nations sous son giron, parce qu’elle doit demeurer jusqu’à la consommation des siècles et parce qu’elle écarte la foule de son gouvernement.

Huiusmodi cum sit sermo latinus, divinitus provisum est ut is mirifico esset usui Ecclesiae docenti, idemque Christifidelibus doctioribus ex omni gente magnum ministraret vinculum unitatis; iis dando scilicet non solum unde, vel locorum intervallo disiuncti vel in unum locum congregati, facile inter se sensa mentis et consilia conferrent, sed etiam, quod maius est, unde, quae Ecclesiae matris sunt, altius cognoscerent et cum Ecclesiae capite artius cohaererent. Utraque de causa, ut cetera omittamus, liquet clerum, ante alios, latinae linguae perstudiosum esse oportere.

Étant donné que la langue latine remplit ces critères, il a été divinement pourvu qu’elle serait d’une merveilleuse utilité à l’Église enseignante et qu’elle fournirait un grand lien d’unité aux enseignants chrétiens de tous les peuples, en leur donnant non seulement un moyen d’unir leurs opinions et leurs projets, qu’ils soient éloignés ou réunis en un seul lieu, mais aussi (ce qui est plus important) un moyen de connaître plus profondément les choses de la mère l’Église et de se joindre plus étroitement à la tête de l’Église. Pour ces raisons parmi d’autres, il est évident que le prêtre plus que les autres hommes doit être très studieux de la langue latine.

Quod si in quopiam homine laico, qui quidem sit tinctus litteris, latinae linguae, quam dicere catholicam vere possumus, ignoratio quemdam amoris erga Ecclesiam languorem indicat, quanto magis omnes clericos, quotquot sunt, decet eiusdem linguae satis gnaros esse atque peritos! Horum profecto est latinitatem tanto tueri constantius, quanto a sapientiae catholicae adversariis qui saec. XVI Europae in una Fidei doctrina consensionem labefactarunt, acrius eam norunt oppugnari.

Si l’ignorance du latin, qu’on peut vraiment appeler la langue catholique, chez un homme laïque par ailleurs bien éduqué démontre une faiblesse de son amour envers l’Église, combien plus convient-il à tous les prêtres, aussi nombreux soient-ils, de connaître cette langue et de la maîtriser! Ils devraient d’autant plus protéger cette langue qu’ils la voient violemment assiégée par les adversaires de la sagesse catholique qui ont fait tomber le consensus de l’unique doctrine de la Foi au XVIe siècle.

Quare - quod ipsum in iure canonico cautum est - [3] in litterarum ludis, ubi spes sacri ordinis adolescunt, accuratissime sermone latino volumus alumnos institui, hanc etiam ob causam, ne deinde, cum ad maiores disciplinas accesserint, quae latine utique et tradendae et percipiendae sunt, fìat, ut prae sermonis inscitia plenam doctrinarum intelligentiam assequi non possint, nedum se exercere scholasticis illis disputationibus, quibus egregie iuvenum acuuntur ingenia ad defensionem veritatis.

C’est pourquoi - ce qui est d’ailleurs prévu dans le droit canonique - nous voulons que l’on instruise très bien dans la langue latine les étudiants des écoles où l’on forme des futurs prêtres, pour éviter aussi qu’en parvenant aux études supérieures où l’on enseigne en latin ils ne comprennent pas pleinement la doctrine en raison de leur ignorance du latin, en plus de ne pas être capables de participer aux débats scolastiques qui forment le génie de la jeunesse en vue de la défense de la vérité.

Ita iam non continget, quod saepius dolemus fieri, ut nostri clerici sacerdotesque, cum haud satis operae litterarum latinarum studio dederint, neglectis Patrum Doctorumque Ecclesiae copiosis voluminibus, quibus Fidei dogmata exhibentur cum dilucide proposita tum invicte defensa, idoneam sibi doctrinae copiam a recentioribus petant auctoribus, in quibus fere non modo perspicuum dicendi genus et accurata disserendi ratio solet, sed fidelis etiam dogmatum interpretatio desiderari.

Ainsi il n’arrivera plus ce que l’on regrette souvent, que nos clercs et prêtres, puisqu’ils n’ont pas mis assez d’effort dans l’étude des lettres latines et ont négligé les copieux volumes des Pères et des Docteurs de l’Église où les dogmes de la Foi sont exhibés clairement et défendus victorieusement, cherchent chez les auteurs récents une quantité suffisante de doctrine, auteurs qui non seulement n’ont pas un style clair et une méthode soignée, mais aussi n’ont pas une interprétation fidèle des dogmes. (Trad. DA)

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Pius PP. XII, Mediator Dei, 1947

Pie XII, Mediator Dei, 1947

Latinae linguae usus, ut apud magnam Ecclesiae partem viget, perspicuum est venustumque unitatis signum, ac remedium efficax adversus quaslibet germanae doctrinae corruptelas.

L’usage de la langue latine, à l’honneur dans une grande part de l’Église, est un signe visible et gracieux d’unité et un remède efficace contre toutes les corruptions de la saine doctrine. (Trad. DA)