La prononciation du latin

Au cours des siècles, il y a eu d’innombrables façons de prononcer le latin. Jusqu’à récemment, chaque pays avait sa prononciation nationale. Dans les anciens manuels de latin, c’est la prononciation francisée que l’on retrouve le plus souvent. Heureusement, les prononciations locales ne sont pratiquement plus utilisées aujourd’hui. Il demeure deux prononciations courantes: la prononciation restituée et la prononciation ecclésiastique. Par chance, les deux prononciations se ressemblent assez pour qu’elles soient mutuellement intelligibles.

La prononciation restituée

Pour connaître les règles de base, veuillez consulter les paragraphes 1 à 5 de la grammaire de Petitmangin. Dans cette grammaire, on appelle la prononciation restituée la prononciation «ancienne» (§ 2), par opposition à la prononciation francisée «généralement adoptée en France» que l’on employait à l’époque de Petitmangin.

La plus grande difficulté est de savoir respecter l’accent tonique (et, dans la prononciation restituée, la quantité des voyelles). Pour apprendre à bien placer l’accent tonique, nous vous proposons un excellent texte qui s’applique tant à la prononciation restituée qu’à la prononciation ecclésiastique:

Ce que nous savons de la manière dont les Romains prononçaient le latin n’est pas strictement observé par la plupart des locuteurs modernes. La prononciation employée dans les écoles et les universités n’est qu’une imitation de la prononciation restituée. Par exemple, la quantité des voyelles est rarement observée, la ton de l’accent n’est pas haussé (si par chance le locuteur se donne la peine de faire ressortir l’accent) et on néglige la nasalisation du -m final. Donc, en réalité on emploie une sorte de prononciation académique, qui ressemble plus à la prononciation ecclésiastique qu’à la prononciation restituée.

La prononciation ecclésiastique

Aussi appelée la prononciation à l’italienne, il s’agit de prononcer le latin comme si l’on parlait italien. C’est en fait la prononciation nationale d’Italie qui, contrairement à la prononciation francisée, profitait de l’autorité de l’Église pour rayonner hors de ses frontières.

La différence principale entre la prononciation restituée et la prononciation ecclésiastique est la quantité des voyelles, qui se fait entendre dans la prononciation restituée, alors qu’on ne fait pas la différence entre une voyelle longue et une voyelle brève dans la prononciation ecclésiastique. Toutefois, connaître les voyelles longues et brèves n’est pas moins important pour la prononciation ecclésiastique si l’on souhaite placer l’accent sur la bonne syllabe.

D’autre part, la prononciation ecclésiastique donne un son différent à certaines lettres. La référence pour connaître le son des lettres est le document suivant:

En pratique, la seule différence entre la prononciation ecclésiastique et la prononciation restituée, telle qu’on l’emploie dans le monde académique, est le son de certaines lettres. Les autres différences sont plutôt théoriques et ne sont pas respectées par la plupart des locuteurs modernes.